Contre la privatisation d’ADP, mobilisation générale !

 

Le Conseil constitutionnel a validé la proposition de référendum sur la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP).  Une grande mobilisation populaire pour recueillir les 4,7 millions de signatures de citoyen.ne.s. doit maintenant s’engager. Nous pouvons mettre en échec  le gouvernement Macron-Philippe !

Macron veut privatiser Aéroport de Paris, la Française des jeux, Engie et  les barrages hydrauliques… Il est possible de l’en empêcher. Il est possible d’organiser une grande campagne dans tout le pays sur la question des biens publics et de leur gestion. La scandaleuse privatisation des autoroutes a été un jackpot pour les groupes privés. Ca suffit !

Contre la privatisation de la Poste, en 2009, un large rassemblement s’était constitué afin d’organiser une votation citoyenne, qui avait rencontré un succès en nombre de participants. Il faut reprendre le même chemin. Dans les localités, les départements, les régions et au plan national, constituons des comités unitaires contre les privatisations avec pour tâche d’amener des millions de citoyens à se prononcer en faveur d’un referendum contre la privatisation d’ADP. Associations, syndicats et formations politiques de gauche peuvent converger avec un seul et unique but : organiser et développer la mobilisation pour gagner !

Les militant.e.s du réseau de la Gauche démocratique et sociale (GDS) sont disponibles pour cette bataille unitaire, afin de mettre un coup d’arrêt à la politique néo-libérale de bradage des biens publics aux intérêts privés.
Pour tout contact : Gérard Filoche (06 07 48 11 67)Eric Thouzeau (06 40 59 65 04)

 

 

Traitrise de Castaner et de tous les médias qui l’ont suivi ! Le système démasqué (Acrimed)

Hôpital Pitié-Salpêtrière : désinformation générale et mensonges médiatiques

par  Frédéric LemaireMaxime FriotPauline Perrenot, Jeudi 2 Mai 2019

https://www.acrimed.org/Hopital-Pitie-Salpetriere-desinformation-generale

Les médias audiovisuels ont piétiné l’information. Une fois de plus. Les événements survenus à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, en fin de manifestation du 1er mai, ont débouché sur un vaste épisode de désinformation relayé par de nombreuses télévisions et radios. Un épisode qui témoigne de la précipitation des journalistes, y compris de certains journalistes de terrain, de l’absence totale de vérification et de recoupement des sources, de la reprise en boucle de la communication gouvernementale et de la hiérarchie hospitalière, de la marginalisation de témoignages contradictoires, et enfin, d’un mensonge délibéré.

Au soir du 1er mai, BFM-TV est en boucle sur la Pitié-Salpêtrière en affirmant sans recul ni nuance, bandeau après bandeau, que l’hôpital a été « pris pour cible » par des manifestants. Cette information, qui s’avérera erronée, s’appuie sur la parole surmédiatisée des autorités. À commencer par Christophe Castaner et Agnès Buzyn. Dans la soirée, les deux ministres sont univoques sur Twitter :


… dans la suite de Martin Hirsch, le directeur général de l’AP-HP :

Le soir même, de nombreux témoignages sous forme écrite ou en images remettent pourtant en cause la version des autorités, comme ceux relayés par le journaliste David Dufresne et par la photographe ValK.

Le lendemain, le service Checknews de Libération et les Décodeurs du Monde publient deux articles qui achèvent de discréditer un peu plus la version officielle d’une « attaque » de l’hôpital par des manifestants. Ces derniers auraient, en réalité, cherché un refuge suite à des charges policières et au gazage de la manifestation.

Les témoignages des manifestants disponibles le jour même auraient dû inviter les journalistes à la plus grande prudence. Mais les chaînes de télévision et de radio n’ont pas attendu pour s’emballer, et apporter leur contributions à un vaste épisode de désinformation.

Dans la soirée, BFM-TV est en boucle :



Sans tarder et sans le moindre recul, certains journalistes n’hésitent pas à emboîter le pas de la communication gouvernementale sur Twitter. C’est le cas par exemple de Thierry Arnaud, éditorialiste de BFM-TV, et de Fabienne Sintès, du 18/20 de France Inter :


Le lendemain matin, dans sa revue de presse sur France Inter, Frédéric Pommier s’en donne à coeur joie :

Sur le Huffington Post, retour sur l’un des incidents : ces dizaines de manifestants qui ont fait irruption dans les locaux de la Pitié-Salpêtrière… Des individus « violents et menaçants », selon les mots de la directrice de l’hôpital… Là encore, on serait tenté d’employer le mot « crétins ».

Et comment qualifier une telle leçon de journalisme ? Sur Twitter et sur son site web, la radio publique s’illustre également en accompagnant l’article reprenant les termes de la directrice de l’hôpital d’une photo… prise devant le commissariat du 13e arrondissement [1] :

Une grossière manipulation à laquelle France Info s’est également livrée, et qui a été pointée par Checknews. La chaîne d’info publique recevait d’ailleurs le matin même… Martin Hirsch, en titrant sans aucune distance : « L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière pris pour cible ».

Dans la matinale d’Europe 1, Audrey-Crespo Mara accueille quant à elle Agnès Buzyn. La journaliste rappelle que « c’est dans cet hôpital qu’un capitaine de compagnie de CRS venait d’être admis en urgence relative après avoir reçu un pavé dans le visage ». Si elle mentionne que les versions divergent et que « des manifestants disent qu’ils cherchaient à se réfugier après une charge des forces de l’ordre », Audrey Crespo-Mara tient pour acquise la version d’une intrusion violente et pratique le journalisme d’insinuation : « Savez-vous ou pas si c’est lié à l’admission de ce capitaine d’une compagnie de CRS ? »

CNews est à l’unisson. Marie Aubazac revient sur la garde à vue des manifestants en se posant une question grave : « pourquoi [ces personnes] sont entrées dans cet hôpital ? »… et en y répondant sous forme de deux questions subsidiaires :

Est-ce qu’elles voulaient s’en prendre à un établissement public ? Ou est-ce que c’est parce qu’un CRS qui a été blessé à la tête lors de la manifestation avait été pris en charge à ce moment-là ?

Bref : les manifestants sont-ils coupables, ou coupables ?

Sur RTL, c’est en grand journaliste d’investigation qu’Yves Calvi interroge la directrice de l’hôpital, et mise sur la dramatisation. Florilège :

- Si les manifestants avaient réussi à rentrer dans ce service de réanimation dont ils ont tenté, vous venez de nous le confirmer, de forcer la porte, qu’aurait-il pu se passer ?

- Vous avez eu peur ? Je vous pose la question simplement.

- Il fallait aussi qu’ils décident de monter au 1er étage, pour aller à l’entrée du service de réanimation. Ce que je veux dire c’est que c’est un trajet qui n’est pas neutre.

- Ils ne sont donc pas venus pour se cacher ou se protéger, ils sont venus pour attaquer votre hôpital, c’est comme ça que vous percevez ce qui s’est passé ?

- Il y a une différence entre une intrusion qu’on devrait de toute façon ne jamais faire dans un hôpital et ce qui finit par ressembler à une attaque. En l’occurrence, on a des gens qui sont montés au premier étage et qui ont tenté de forcer le service de réanimation. Comme les mots ont un sens et qu’en ce moment tout est sensible, c’est pour ça que j’insiste.

Plus tard sur RTL, Christelle Rebière s’interroge aux actualités de 12 h 30 : « que s’est-il vraiment passé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière ? » Pour le savoir, la journaliste interviewe Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et délégué CGT. Une interview qui va rapidement virer… à l’interrogatoire. Lorsque le médecin commence à affirmer que les manifestants n’ont fait que se réfugier dans le périmètre de l’hôpital, la journaliste le coupe, exaspérée : « Non mais franchement, c’est devenu un refuge un hôpital aujourd’hui ? » Et lorsqu’il évoque la « surmédiatisation » de cette affaire, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : « Enfin attendez, excusez-moi mais on a quand même jamais vu ça, vous pouvez pas nous dire que c’est juste une affaire comme ça, alors qu’Agnès Buzyn nous explique qu’en plus les grilles de l’hôpital ont été forcées… » Le médecin tente de poursuivre mais est aussitôt coupé par la journaliste : « en plus après on retrouve une dizaine de personnes aux portes du service de réanimation, c’est quand même extrêmement grave d’arriver jusque-là dans l’hôpital, non ? » La journaliste, visiblement excédée par l’absence de condamnation de cette inexcusable « intrusion », coupera court à la poursuite de l’entretien.

Quelques heures plus tôt, dans « L’Heure des pros » (CNews), Pascal Praud et Jérôme Béglé (directeur adjoint de la rédaction du Point) en étaient quant à eux déjà à regretter… le laxisme pénal à venir !

- Jérôme Béglé : Je suis pessimiste parce que je suis assez convaincu que ces 30 personnes ne vont pas faire de prison ferme, parce que on va dire… d’abord les 30 vont pas être condamnées aux mêmes peines, ça va mettre des semaines pour pas dire des mois pour qu’elles soient condamnées, puis il y aura des appels, puis on sait très bien, parce que vous pouvez pas…

- Pascal Praud : Non mais vous pouvez déjà les mettre à l’ombre très tranquillement ces 30 personnes qui rentrent dans un hôpital…

Un débat qui avait commencé dans l’ivresse des profondeurs, dans lesquelles l’éditorialiste Jean-Claude Dassier plongeait la tête la première :

J’espère, j’espère pour eux qu’ils étaient alcoolisés. Parce que contrairement à ce qu’on raconte, ou on fait semblant d’oublier, il y a aussi beaucoup d’alcool (…) J’espère pour eux parce que sinon je sais pas comment expliquer une intrusion dans un hôpital. Ça interroge, ça pose beaucoup de questions, on va y revenir, mais là pour moi c’est stupéfaction, c’est… j’espère pour eux qu’ils avaient forcé sur la bière !

Une fois n’est pas coutume, remettons nous-en à la lucidité de Pascal Praud, pour qui « la Salpêtrière (…) sera un marqueur. C’est-à-dire que quand on fera la séquence, il y aura eu l’Arc de triomphe, il y aura eu le Fouquet’s et il y aura eu aujourd’hui la Salpêtrière. Ce sont des marqueurs, et j’ai l’impression qu’à chaque fois, on monte d’un cran d’une certaine manière. » Des marqueurs, en effet. Mais d’un traitement médiatique de plus en plus ahurissant.
***
Ce nouvel épisode de fièvre médiatique montre une fois de plus l’adhésion presque immédiate de certains journalistes et médias à la communication gouvernementale. Les cortèges tout juste dispersés, le tapis rouge médiatique s’est déroulé pour Agnès Buzyn, Martin Hirsch et la directrice de la Pitié-Salpêtrière alors même que leurs versions d’une « attaque » de l’hôpital étaient déjà largement remises en cause. Cet épisode montre aussi l’outrance des plus zélés relais médiatiques du gouvernement et de la préfecture. Leur mépris vis-à-vis d’autres paroles, notamment de celle des manifestants comme des personnels de l’hôpital. Et en définitive, le piétinement de la déontologie journalistique la plus élémentaire.
Frédéric Lemaire, Maxime Friot et Pauline Perrenot

 

 

Castaner a gravement menti. Il doit démissionner !

Nous reproduisons ici un communiqué de la Gauche démocratique et sociale (GDS) exigeant la démission du ministre de l’intérieur.

 

Le ministre de l’intérieur Christophe Castaner s’est rendu coupable mercredi d’une fake news éhontée à propos de la répression de la manifestation du 1e mai à Paris.

 

Castaner ne peut en aucun cas continuer à servir depuis la place Beauveau. Son mensonge prouve de manière formelle sa volonté délibérée de salir le mouvement social et de créer un climat liberticide de peur. Si nous sommes encore dans un pays où les libertés publiques valent quelque chose, Castaner doit démissionner tout de suite, sans attendre les résultats de l’enquête en cours sur les événements de la Pitié-Salpétriere.

 

Les vidéos qui ont vu le jour et les témoignages recueillis par les journalistes ne laissent aucun doute sur ce qui s’est passé. Dans n’importe quel autre Etat-membre de l’Union européenne, Castaner ne serait déjà plus ministre.

 

Cela suffit avec cette politique liberticide qui cherche à terroriser le mouvement social. Cela suffit avec ce pouvoir de plus en plus autoritaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

300 000 emplois dans l’hôtellerie restauration ? suffit il de traverser la rue ?

 

Ils ont un culot à toute épreuve, les patrons de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) : principal syndicat patronal du secteur (un million de salariés), au cours de leurs « Assises de la restauration commerciale » ils ont affirmé qu’ils « recruteraient volontiers près de 300 000 salariés » mais qu’hélas, il y avait pénurie de main d’œuvre ! En gros 300 000 fainéants actuellement parmi les chômeurs, refuseraient de « traverser la rue » pour venir travailler dans leurs cuisines, cafés, restaurants et hôtels.

Mais quel boulot ?

C’est la branche où les salaires sont les plus bas,

les horaires sont les plus longs,

les heures supplémentaires les moins payées,

les conditions de travail les plus épuisantes,

les maladies professionnelles les plus nombreuses,

la précarité la plus développée,

le travail illégal le plus poussé,

les immigrés les plus maltraités

les pourboires (loi Godart) détournés,

la violence au travail la plus fréquente (hiérarchie brutale, des apprentis sont battus),

le turn over le plus systématique,

la convention collective la moins intéressante,

la représentation syndicale et celle des salariés la plus faible !

Et tout ça n’est pas dû à la mondialisation ni « à l’Europe », il n’existe pas de concurrence internationale !

Ce n’est pas dû aux impôt ni aux taxes : le patronat de la restauration a bénéficié d’une baisse de la TVA à 5,5 % pendant plus de 5 ans et il n’en a rien fait : il n’a ni modernisé, ni baissé les prix, ni haussé les salaires. Ils se sont mis cette niche fiscale dans la poche et ils ont continué à frauder : 25 % des emplois ne sont pas déclarés, la quasi totalité des heures supplémentaires ne sont jamais recensées ni payées. Il y en a qui utilisent des auto-entrepreneurs pour faire des sandwiches et d’autres qui abusent des immigrés, à la plonge ou aux fourneaux. Et on ne parle pas là des « petits restos », les grandes « chaines » (250 000 salariés) sont les pires.

Et ils voudraient encore un CDI plus flexible ?

Question de mentalité : André Daguin, grand patron de la restauration conseillait ses collègues vis à vis des personnels : “Vous devez être ceux qui menacent, pas ceux qui sont menacés. Vos dents doivent rayer le parquet. L’indulgence est comme la pitié, elle vous déshonore et elle déshonore aussi ceux qui en bénéficient. La société a besoin de durs, pas de mous. L’ennui, c’est qu’il y en a beaucoup, des mous, beaucoup trop. Il faut arrêter de reculer le moment de l’effort. Ne soyez pas indulgents avec vos salariés. Il y a tout plein de bac + 12 qui sont infoutus de travailler, ils ne sont même pas capables de trouver un balai pour faire le ménage. Quand on doit licencier quelqu’un, il ne faut pas cacher la vérité. Vous savez, c’est aussi difficile pour celui qui coupe que pour celui qui est coupé. Moi, je préfère les assassins aux escrocs : les escrocs, les gens les trouvent sympas. Les assassins, non, évidemment ; mais pourtant, ils ont un grand mérite, c’est de ne pas être hypocrites ».

 

Changer de mentalité patronale, changer de pratique, supprimer les contrats courts, hausser les salaires, respecter les horaires, prendre des personnels bien formés, bien payés, bien traités, et c’est vrai, on aura 300 000 emplois de plus, et un bien meilleur service aux clients lié à une qualité de vie des personnels.

Gérard Filoche (lisez chaque semaine l’Humanité dimanche, chronique « au boulot » n°440)

http://www.regards.fr itv de Gérard Filoche pour « Midinales »

Alors que la gauche française est divisée, Gérard Filoche veut croire que l’union des gauches est toujours possible. A la veille d’une nouvelle mobilisation qui aura lieu lors du traditionnel 1er mai, on fait le point avec lui sur la situation sociale et politique. Le membre fondateur de la Gauche Démocratique et Sociale est l’invité de #LaMidinale.

http://www.regards.fr

VERBATIM

Sur les élections en Espagne
« Il ne faut jamais dire que la social-démocratie est définitivement morte. »
« Il faut toujours réfléchir sur les conditions dans lesquelles ces partis-là existent et gagnent et comment la gauche peut exister. Mais surtout, il ne faut pas être sous leur dépendance pour mener une véritable politique de transformation sociale. »

Sur le compromis en politique
« La politique, c’est une question de fond, ça dépend du mouvement de masse qu’il y a derrière les appareils et comment il peut les bousculer. »
« Il faut du compromis mais il faut qu’ils soient les meilleurs possibles. Si c’est pour ressortir une politique à la Hollande avec la même trahison qu’ils ont fait pendant cinq ans, c’est non. »

Sur la proportionnelle en France
« Quand Macron veut 20% de proportionnelle, c’est pour diminuer le nombre de députés et concentrer le pouvoir autour du président donc il ne faut pas l’accepter. »
« Il faut plus d’élus. Il faut mille élus avec des petites circonscriptions. »
« Il faut plus d’élus, il faut que les gens participent, que les élus soient contrôlés, révocables et qu’il y ait une limite dans le temps et dans le cumul des mandats. »

Sur les annonces du président
« C’est une contre-révolution. »
« Macron avait déjà écrit ça dans son livre Révolution c’est-à-dire l’idée d’une France uberisée, une société sans statut, post-salariale, sans loi ni droit et sans sécu. »
« Macron est obligé de mettre des bémols, il a un peu chaud aux fesses. »
« Au bout de six mois d’agitation, il n’a pas répondu aux gilets jaunes. »
« Quand on travaille, on veut un salaire, on ne veut pas des aides, on ne veut pas l’aumône. »
« Il faut que le capital paye, que les patrons payent. Et que fait Emmanuel Macron ? Du passe-passe. »

Sur les gilets jaunes
« Mon cœur bat avec les gilets jaunes. »
« Je suis gilet jaune depuis tout petit. »
« Il faudrait 300 euros tout de suite, pour tout le monde. »
« C’est une question de répartition des richesses entre le capital et le travail. »

Sur les violences policières
« C’est le règne de la peur qui fait reculer les manifestations. »
« C’est un terrorisme d’Etat. Ils savent ce qu’ils font avec les tirs et les arrestations. C’est une répression sans précédent dans notre pays. »
« Emmanuel Macron mène une guerre sociale. »

Sur les européennes
« Je crois que je vais voter pour l’une des listes de gauche. »
« Franchement, c’est désespérant : il y aurait une liste commune, on serait à 30-35%. »
« Ils se tapent dessus alors qu’il y a peu de différences quand on les écoute attentivement. Ils disent à peu près la même chose. »
« Pourquoi ne peut-on pas se mettre d’accord sur ce qui unit et mettre de côté ce qui nous sépare ? »
« Il ne faut pas qu’il y ait de chef, de tribun ou de césar. Il faut qu’il y ait un collectif. »

Sur l’après-européennes
« Si on ne réussit pas à bousculer la politique de Macron, avec les gilets jaunes et les organisations syndicales, c’est parce qu’il n’y a pas d’issue politique. »
« Il ne suffit pas d’additionner les partis mais on ne peut pas le faire sans les partis. »
« Pour dépasser les partis, il faut additionner les partis. »
« Pour faire le Front populaire, il a quand même fallu mettre Thorez, Cachin et Blum sur la même tribune. »
« C’est pas mal qu’il y ait des sensibilités différentes parce qu’il faut du débat dans la gauche. »
« L’unité, c’est pas se rallier, ni de se soumettre, c’est de se respecter. »

Sur la fédération populaire de Mélenchon
« Je préfère l’union de la gauche parce qu’au moins, on sait de quoi il s’agit. Dans le peuple, il y a les patrons. »
« J’ai toujours un peu de difficulté à parler de collaboration de classes. Pour moi, il y a des classes sociales, donc c’est l’unité de ma classe : ma classe, c’est le salariat. Le salariat, c’est la gauche. La gauche, c’est le salariat et je veux unir le salariat. »
« L’appartenance à la gauche est déclarative. Il n’y a pas de tribunal pour juger qui y est et qui n’y est pas. »

Sur le 1er mai
« Gilets jaunes et gilet rouges. »
« Je milite pour qu’il y ait des millions de manifestants. »
« A un moment donné, les digues vont se rompre. L’explosion est devant nous, elle n’est pas derrière. »
« Je suis un vieux soixante-huitard. Mais jeune de coeur. Il faut que les entreprises soient occupées et que la grève soit générale. Ça ne se décrète pas mais même si ça ne se décrète pas, il fait agir dans ce sens. »

 

1er mai 2019 : finance très violente contre peuple très en colère + le mensonge de Castaner à propos de l’hôpital la Pitié

 

J’étais heureux dans le métro ligne 4 vers 13 h hier 1ermai, car la rame était archi pleine et on se rendait tous au départ de la manifestation, prévue à 14 h 30 Boulevard Montparnasse vers place d’Italie. Il allait y avoir beaucoup de monde au défilé.

En voulant sortir station Montparnasse, 5 sorties sur 7 étaient fermées. Ce sont celles qui débouchaient tout de suite sans encombre sur la place. Il faut remonter vers la gare, sorties 1 ou 2 Océane ou Bienvenue. C’est long mais à la sortie Bienvenue très loin du rassemblement, il y a contrôle de police, fouilles, corps à corps,  tous les jeunes au faciès sont visés, pas moi avec mes 73 ans. C’est juste oppressant. Je redescend à pied tout le long de la Tour, j’arrive sur la place où il y a quelques ballons  FSU, CGT, Sud engagés dans le boulevard.

Je cherche le stand de Siné mensuel. Je cherche mes amis de GDS au point de rendez vous. J’essaie de remonter en tête pour saluer des camarades, mais rien n’a commencé  quand la police balance des lacrymogènes.

Ca fait de plus en plus mal aux yeux ces saletés. Tout le monde reflue. Attention, il n’y a ni « black blocks », ni casseurs, les gens qui sont là n’ont aucune action belliqueuse. Ils sont seulement colère de se faire traiter ainsi.  En fait l’information circule (et plus tard les images le confirmeront) : la police a délibérément attaqué la tête du cortège syndical, l’empêchant de se former et d’avancer.

Je cause avec mes voisins et voisines, des gilets jaunes, des syndicalistes, on parle naturellement de Macron qui refuse toute écoute, toute attention à nos revendications, salaires, retraite, on compare nos sorts, nos infos, nos actions… ou est-ce qu’on s’est vus ? A Elancourt. A Aubervilliers. A la Bourse du travail. A Dreux. On me remercie « pour les vidéos ». On fait des selfies. On blague mais pas longtemps, deuxième vent pourri de gaz lacrymogènes, on reflue, certains me protègent, me conseillent de reculer, on y est contraint, puis on recommence à essayer d’avancer.

Je croise et salue Philippe Martinez qui reflue et qui a été pris comme cible, devant. On est revenus place Montparnasse. On ré avance, on va aller au pas, il faut 45’ pour revenir là où on étaient bloqués une heure plus tôt. On est « nassés » comme au temps de Marcellin, les flics sont au contact, ferment toutes les rues. J’ai un tract de la GDS, Gauche démocratique et sociale, à distribuer (en faveur de l’unité de la gauche) mais c’est quasi impossible. Ce système de la nasse, du blocage, proximité flic et gaz avec manifestants, est une vraie provocation ; le bon système quand un ministre de l’Intérieur ne veut pas provoquer, c’est de rendre les flics invisibles. Là, ils sont sous le nez des éventuels lanceurs de projectiles, et nous sommes coincés sous leurs ripostes, matraques…

J’apprends que d’autres stations de métros sont fermées, et que les gens ne peuvent pas nous rejoindre, que devant la Rotonde on ne passe qu’au compte-goutte. Que ça grenade à Gobelins. Les morceaux de manifestations, devant, sont disloqués. Pas à pas, nous on atteint les 7 Parnassiens. Pas à pas la Coupole (pas gardée mais quand il n’y a pas amas-provoc de flics, ca se passe mieux). Il faut une heure et demie pour arriver à Vavin puis remonter jusqu’à Port-Royal. Découragés, les militants FSU on replié leur gros ballon. Attac avait prévu un cortège amusant de masques Benalla, il ne se verra guère. Des points fixes sont bousculés. Quelques poignées de militants de FI et de Générations. Des voitures qui transportent des handicapés manifestants sont immobilisées. On rage tous là, car en pratique c’est le droit de manifester qui est interdit.

Le gouvernement ment  comme des arracheurs de dents sur ses buts véritables : tout est fait pour dissuader, faire peur, freiner, repousser. Mais il est vrai pour l’en empêcher, il manque aussi un grand cortège de gauche structuré dynamique, unitaire.

En fait, il faut bien le comprendre si Macron fait peur de façon délibérée, c’est parce qu’il a peur lui même.

Depuis six mois, si Macron n’avait pas orchestré ce terrorisme d’état, cette violence policière de plus en plus forte, il y aurait eu des millions de manifestants dans les rues, comme le 13 mai 68.

Ce régime est isolé, il ne veut pas négocier, il ferme systématiquement toutes les portes aux aspirations de la majorité des salariés, mais attention, cela exacerbe les rages.

Entre 1968 et 2006, les pouvoirs négociaient : la dictature enragée de la finance ne le permet plus.

En plus de les contrôler, de le dissuader, de les frapper, ils mentent sur les chiffres de manifestants il disent 10 000 là ou il y 100 000. Tout le monde le sait, tout le monde voit les vraies images des cortèges massifs dans toutes les villes du pays depuis six mois, mais ca ne fait rien, ils mentent. Hier encore, ils mentent, et en plus, le soir, et ils dénaturent : à chaque mobilisation, un petit génie médiatique trouve un truc, il dénigre sur un thème, soit l’Arc de triomphe napoléonien, soit Finkielkraut, soit le Fouquet’s, soit les commerces, et là c’est l’hôpital la Pitié. Castaner envoie un tweet qui tombe sur le coup de la loi : mensonge, la Pitié n’a pas été attaquée ni envahie, intox filmée, mais il s’en moque, c’est le cynisme complet, le mal est fait, ils ne s’excuse même pas, il a distillé a des millions d’exemplaires, son mensonge public, faux mais le poison est répandu : « Castaner démission » normalement, mais les médias des grands milliardaires le protègent.

Et tout ça sans répondre aux revendications légitimes, Macron a fait 150 h de télé, plus 2 h 30 de conférence de presse,  sans prononcer le mot salaire, pourtant objet de la principale revendication.

Mais est ce que toutes ces manœuvres, toutes ces violences de Macron, toute  cette répression policière inédite et féroce, ca va suffire à empêcher l’explosion ? Je ne crois pas. Il la retarde, certes. Mais c’est un mouvement d’une profondeur, d’une durée, d’une énergie, d’une créativité sans précédent soutenu par une majorité dans le pays. Il est basé sur des besoins énormes insatisfaits, ça accumule sa puissance. Il suffit de parler avec les gens, ils étouffent. La vapeur va sortir. Ce sera comme toujours de façon inattendue mais encore plus violente.

Macron certes n’a encore rien lâché, il le sait, mais il devrait pourtant entendre avant qu’il ne soit trop tard pour lui.

 

 

20 000 à Toulouse le 1er mai

Toulouse, un 1er Mai sur la ligne jaune

01 MAI 2019 | PAR EMMANUEL RIONDÉ

Le 1er Mai toulousain a donné à voir un mouvement serein et déterminé, au sein duquel les convergences entre mouvement social, climatique et gilets jaunes continuent de se construire.

Toulouse (Haute-Garonne), de notre correspondant. - Il était 13 h 20 cet après-midi quand l’hélicoptère de la gendarmerie a fait son apparition dans le ciel toulousain, sous les huées goguenardes des quelques milliers de manifestants demeurant dans le secteur Saint-Cyprien / Pont Saint-Pierre. Des consignes passées au téléphone – « Ne vous embarquez surtout pas sur les quais, là-bas on va se faire déboîter… » – et des masques à gaz accrochés en tours de cou, comme autant de marques de ce que sont devenues les manifestations toulousaines depuis cinq mois. Des policiers en civil, masqués pour la plupart d’entre eux, et des CRS bloquent les accès au centre-ville. Quelques premiers tirs de lacrymos vers 13 h 30 augurent de la séquence « tension » d’un 1er Mai qui, jusque-là, s’était passé sans heurts, mais avec une belle intensité politique.

L’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires, les gilets jaunes et les militants climat s’étaient donné rendez-vous à 10 heures sur la place Esquirol. La manifestation, dense, a rassemblé selon nos estimations plus de 10 000 personnes, 20 000 selon la CGT. Un cortège déterminé autant que pacifique, donnant à voir un mouvement qui semble très loin de « l’essoufflement » régulièrement annoncé. Et une convergence toujours plus aboutie des différents secteurs mobilisés.

 

Le 1er Mai 2019, à Toulouse. © MR

 

« C’est le 1er Mai, c’est normal qu’on soit là. Les syndicats sont à nos côtés tous les samedis, alors on est là aussi, l’union fait la force, résumait, à l’heure du départ, Christophe, l’une des figures des gilets jaunes toulousains, un brin de muguet dans une main, un mégaphone dans l’autre. Avant de poursuivre : « Ce qu’il a sorti Macron l’autre soir, on s’y attendait un peu à vrai dire. Alors, même s’ils emploient de plus en plus la force, on va continuer. On va travailler sur le terrain, s’organiser petit à petit, faire des propositions, construire… » Depuis des semaines, tous les mardi soirs, les gilets jaunes se retrouvent pour travailler en atelier.

Non loin de là, Mathilde, collégienne de 13 ans, est venue « pour défendre le climat », une question dont, selon elle, « on ne se rend pas assez compte ». Elle regrette qu’il n’y ait pas plus de jeunes comme elle. « C’est tombé pendant les vacances, résume lucide, son père. La manif précédente, ils étaient nombreux, ça leur avait fait sécher les cours. »

Au pied du camion de la CGT, Cédric Caubère, le secrétaire départemental de l’UD-CGT 31, a pris le micro : « Emmanuel Macron ne sera jamais l’antidote contre l’extrême droite ; le seul antidote contre le fascisme, c’est la conscience des travailleuses et des travailleurs de former une classe, et de la nécessité de s’organiser. » Il invite à « créer les conditions d’une grève générale massive et interprofessionnelle ».

Une intervention aux accents révolutionnaires de nature à donner des frissons d’angoisse au maire Jean-Luc Moudenc qui, dans un entretien accordé à Actu Toulouse, a fait part de ses inquiétudes. L’édile y dénonce « cette porosité et cette complicité entre le mouvement des gilets jaunes, tel qu’il est aujourd’hui, et l’extrême gauche ». Mardi 30 avril, des gilets jaunes se sont rassemblés place du Capitole, parvenant à accrocher des banderoles en façade de la mairie : « Justice sociale », « Justice climatique », « Reprenons le pouvoir ».

Sur un coin de la place, des militants de la Fédération anarchiste vendent leur dernier ouvrage, tout fraîchement édité, Les Gilets jaunes : points de vue anarchistes. Dans le cortège, les femmes en lutte, les Kurdes, les antifas, Act-up, ou le nouveau collectif Palestine vaincra, tractent, échangent, tendent leurs banderoles entre les arbres. Le collectif AutonoMIE est aussi de la partie.

 

La manifanfare à Toulouse, le 1er Mai 2019. © MR

 

Cela manquait un peu à Toulouse, c’est une première et elle est saluée comme il se doit par de nombreux manifestants qui se massent autour d’eux, sourire aux lèvres : La Manifanfare, regroupant une bonne vingtaine de musiciens, prend sa place dans le cortège. Pas aussi affûtée politiquement que la « fanfare invisible parisienne », mais assumant une tonalité « funk »: « On a un répertoire plutôt New Orleans que chants de lutte, résument Lorraine et Jimi, leurs cuivres en bandoulière. Mais on veut être dans les manifs du mouvement social, et suivre tout ça, désormais… »

 

Il est 12 heures et « Le chiffon rouge » de Fugain retentit alors que les syndicalistes invitent à la dissolution du cortège et convient les manifestants à prendre « le pot de l’amitié » à la Bourse du travail. Une partie d’entre eux s’y rend, une autre poursuit la manif vers le Bazacle, qui accueille traditionnellement des rencontres le 1er Mai. Sous la bannière Greenpeace, Justine, Caroline, Hélène, Éric et Aurore sont satisfaits de la journée et ne s’étonnent plus de la convergence observée : « Les gilets jaunes défendent aussi la cause climatique », assure Justine, militante climat dont le fils et la fille « ont un gilet jaune ». Pour elle, « aucun gouvernement, pas plus que Macron ou l’UE n’est à la hauteur des enjeux, ça c’est clair. Mais la société civile se mobilise, c’est bien, on avance, il faut le relever et le dire. »

 

On travaille moins ? Macron menteur une fois de plus

 

 

« La France travaille beaucoup moins que ses voisins » répète Macron. Faux, la preuve en est dans toutes les statistiques et dans tous les graphiques ! C’est épuisant cette obstination à mentir. « L’état c’est moi, le mensonge c’est moi ! » et « tous les médias à mes ordres vont répéter après moi et en chœur mes mensonges ».

 

Le salariat français bosse et produit beaucoup !

 

La DARES prend la peine de puiser dans Eurostat des enquêtes sur les forces de travail, 2016 et 2018, on y voit la durée moyenne de travail des salariés en Europe, et la France (36,3 par semaine)  est 3° derrière le Royaume-Uni (36,8 h semaine) et l’Espagne (36,4 h) mais devant la Suède (36,2) l’Italie, (35,5) l’Allemagne (34,8) la zone euro (34,9) le Danemark (32,3) les Pays-Bas (29,3).

Et la France a le plus fort taux de productivité au monde, devant les US, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni (PIB par heure travaillée en parité de pouvoir d’achat OCDE 2015).

Par contre le patronat français est nettement plus mauvais :

En création d’emploi (Eurostat : hausse cumulée sur 3 trimestres en 2018), la France est 25° position en UE ! Le taux d’utilisation des capacités de production, -0,5 sur le trimestre, à 84,4% – poursuit une baisse progressive. A 0,3 % au premier trimestre, la croissance française est repassée en dessous de celle de la zone euro. La balance commerciale française affiche un important et croissant déficit de 62,9 milliards d’euros en 2018. Le smic et les salaires sont bloqués, les dividendes explosent. La précarité est repartie à la hausse. Le Medef choyé par Macron (Flat tax, baisse de l’IS, ISF, CICE, suppression des cotisations sociales) ose s’inquiéter qu’il soit demandé un peu de « solidarité aux entreprises ».

Mais surtout les inégalités en partage du travail et des richesses s’accroissent

Il existe prés de 6 millions de salariés qui travaillent près de 60 h et six millions de chômeurs qui travaillent zéro heure. C’est un partage du travail imposé, brutal, sauvage qui disloque le pays. Le patronat fraude deux heures supplémentaires sur trois et Macron finance les autres très cher par l’impôt et sans cotisations sociales. Au total c’est un gâchis énorme, des centaines de milliards perdus, mais Macron s’en moque : il fait baisser les statistiques du chômage, comme Castaner le fait avec les chiffres de manifestants ! Il a quasiment osé parler de plein emploi, faisant passer à la trappe, les « riens » qui n’ont « pas traversé la rue » et ne se sont pas « bougés » pour « retrouver du boulot »…

Macron met en cause les 35 h alors qu’il faudrait passer aux 32 h (et un jour aux 28 h !) -  Contre ça, un seul slogan pour tous les salariés, capable d’unir la gauche dès qu’elle le veut : « travailler mieux, moins, tous et gagner plus » !

Gérard Filoche

 

 

 

 

le 7 mai à 18 h à la Bourse du travail : le grand procès de Macron

Préjudice d’anxiété

 

 

Qu’est ce que le « préjudice d’anxiété » ? Il est nécessaire d’y revenir vu l’importance qu’il a prit.

La loi du 23 décembre 1998, rendait possible un « départ à la retraite anticipée pour les salariés exposés à l’amiante » même lorsqu’ils n’ont pas développée de maladie.  En effet, asbestose, mésothéliome ou cancer de la plèvre peuvent attendre de longues années avant de se manifester. Parfois il est très tard pour se soigner et trop tard pour se plaindre car les procédures sont longues et vous êtes décédé avant d’avoir obtenu « réparation » ! (Ainsi que nous l’avons vu avec les verriers de Givors).

En 2010, la Cour de cassation, a reconnu le droit pour les salariés d’un établissement classé « amianté » selon l’article 41, de demander réparation d’un préjudice tenant à « l’inquiétude permanente » dans laquelle les plonge le risquede développer l’une des maladies liées à l’amiante.

En 2017, la Cour de cassation a limité le champ : pour que les plaintes prospèrent, il fallait  que  l’établissement soit classé « article 41 ».

Mais entre 1995 et 2009, l’Institut de veille sanitaire estime entre 61 000 et 118 000 morts, et d’ici 2050, entre 68 000 et 100 000 morts. Les procédures engagées par des salariés sont donc devenues de plus en plus nombreuses.

La Cour de cassation a opéré un revirement de jurisprudence,  le 5 avril 2019 : même s’il n’a pas travaillé dans un des établissements mentionnés à l’article 41, un salarié exposé à l’amiante et ayant, de ce fait,  « risqué » de développer une maladie grave, peut demander la réparation d’un préjudice d’anxiété sur le fondement du droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur, s’il apporte la preuve qu’elle n’a pas été respectée.

Bravo !  Mille fois bravo !

Pourquoi ce sain principe de « préjudice d’anxiété » reste t il dans un champ limité ?  D’autres risques graves sont en cause. Le préjudice d’anxiété frappe 6 millions de chômeurs et 15 000 chômeurs par an en meurent. L’espérance de vie de la profession des égoutiers est en moyenne de 58 ans. L’espérance de vie d’un ouvrier est en moyenne de 9 ans de moins qu’un cadre. L’espérance de vie en bonne santé est autour de 63 ans et elle baisse.

Sont frappés du préjudice d’anxiété tous ceux, qui, en écoutant Macron, ne sont plus surs de partir à 62 ans ni du nombre d’annuités exigées risquent de perdre leur retraite, désindexée de façon aléatoire un an sur deux, ou transformée en « points » de niveaux fluctuants.

Hors loi de 1998 et article 41, à lui seul, le discours de Macron nous insécurise dans une inquiétude permanenteet généralise le principe d’anxiété. Agissons pour obtenir réparation avant qu’il ne soit trop tard.

 

Gérard Filoche

 

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