Le travail ne se raréfie pas, c’est une comète en expansion infinie

 

Un article intéressant sur le dernier rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (le COE, où siègent des « personnels qualifiées, des représentants syndicaux et patronaux) qui, de fait, s’inscrit en faux contre le chiffre de 43 % d’emplois (cité par Benoît Hamon) qui devraient être détruits par l’économie numérique et la « robotisation ».

La « fin du travail » ou au moins sa raréfaction est donc loin d’être assurée et le revenu universel perd sa principale justification. Cette justification est d’ailleurs contradictoire. En effet, la proposition d’un « revenu universel » part de l’idée que le rapport de forces social ne permet pas au salariat de s’opposer à la raréfaction rapide de l’emploi mais qu’il pourrait imposer un revenu universel. Or, si ce revenu universel est d’un niveau permettant de dépasser le seuil de pauvreté (1 000 euros nets mensuels en France, 60 % du revenu net médian) ou même égal aux 750 € du projet de Hamon, il implique, pour pouvoir être instauré, un rapport de forces autrement plus important que celui qui serait nécessaire pour imposer les 32 heures et un renforcement-extension de notre Sécurité sociale permettant de répondre aux besoins des jeunes, des retraités, des précaires et des chômeurs qui ne perçoivent aucune allocation-chômage.

Il faudrait arracher à la classe dominante 350 à 500 milliards d’euros par an. Sur un blog de Médiapart, un soutien de Hamon écrivait qu’il s’agissait d’une « révolution sociale et pacifique ». Sur le papier, sans doute. Mais, dans la réalité, comment imaginer que la classe dominante acceptera « pacifiquement » un transfert de 20 ou 25 % du PIB à ses dépens ?

Le rapport du COE se situe en droite ligne des travaux de David Autour qui distingue « emploi » et « tâche ». Alors que le chiffre de Hamon s’inscrit (43 %) en droite ligne du rapport de Frey et Osborne qui ne s’intéresse qu’aux emplois et qui chiffrait à 47 % les emplois menacés de suppression par l’évolution technologique aux États-Unis. Le rapport met en garde « contre des analyses frustres et partielles qui ne s’intéressent qu’aux destructions brute d’emplois et contre l’idée que le progrès technique s’attaque à des métiers dans leur globalité : non, il a un impact sur le contenu de certaines tâches« . Ce sont pourtant ces analyses « frustres et partielles » que Hamon qualifie de « seules analyses sérieuses« , pour le besoin de la cause.

Le COE précise également que « des mécanismes de compensation » peuvent réduire, voire compenser intégralement les pertes d’emplois initiales« . Ce qui signifie que les 10 % d’emplois « très exposés » aux mutations technologiques peuvent parfaitement être compensés et l’emploi global ne pas diminuer, voire augmenter. C’est exactement ce qui s’était passé dans les banques : l’emploi y avait augmenté de 25 % en 30 ans alors que le rapport Nora-Minc prévoyait, du fait de l’informatisation, une hécatombe d’emplois dans ce secteur.

De toute façon, la seule réponse à ce risque est la réduction du temps de travail, comme cela a toujours été le cas depuis la révolution industrielle et les révolutions technologiques qui ont suivi.

Il ne faut pas négliger, cependant, un fait : la proposition de revenu universel trouve un appui réel dans ce « mélange de frayeur sur un futur sans emploi et du rêve d’une société où on ne travaillerait pas » et ce mélange est particulièrement prégnant dans la jeunesse.

La proposition de Hamon affaiblit le salariat d’un double point de vue.

D’abord en alimentant, à son corps défendant sans doute,  la frayeur sur ce « futur sans emploi » qui a pour fonction de tétaniser les salariés et de les empêcher de riposter en imposant une forme d’organisation du travail qui respecte et améliore leurs conditions de travail et surtout de réduire le temps de travail. Il est significatif que Hamon qui défendait les 32 heures en septembre affirmait en décembre 2016 qu’on lui avait prêté à tort cette idée, mais que son projet était bien différent : celui d’un revenu universel.

Ensuite, en ouvrant un boulevard aux propositions des libéraux d’un revenu universel « pour solde de tout compte » qui permettrait, une fois un filet minimum de sécurité mis en place de ne plus avoir à se soucier du droit à l’emploi ou à la sécurité sociale et de « marchandiser » tout ce qui, aujourd’hui, est socialisé.

Ce n’est pas un hasard si le revenu universel prend une telle place dans les débats : les médias dominants en profitent pour avancer sous le même appellation de « revenu universel » un tout autre contenu que ce que propose Hamon. Ainsi La Tribune du 7 janvier, dans un article intitulé « Le revenu universel : une propositions réaliste ? » surmonté d’une grande photo de Benoît Hamon, ne dit pas un seul mot du contenu du projet de ce dernier. L’article se contente de reprendre la proposition d’un « think tank » très libéral » « GérérationLibre » : un « Liber« , « un revenu de liberté pour tous ». Ce revenu ne couvrirait que les besoins de base (habillement, nourriture, transport, énergie, télécommunications). Il serait d’un montant de 480 euros par mois pour les adultes, de 270 euros pour les 14-18 ans et de 200 euros pour les moins de 14 ans et remplacerait nombre de minima sociaux. En contrepartie, le thinktank propose la mise en place d’une Libertaxe, soit un impôt à taux unique de 23%, une « flat-tax », qui remplacerait l’impôt sur le revenu. « Gérnérationlibre » aurait ainsi, selon l’article de la Tribune,  répondu aux critiques de l’OFCE sur le projet d’Hamon, alors que le projet de GénérationLibre et celui d’Hamon n’ont rien à voir, si ce n’est l’appellation de « revenu universel ».

Le but de Hamon est, à l’évidence, de gagner des voix dans la jeunesse pour l’emporter dans la primaire. Mais à quel prix  ?

Jean-Jacques Chavigné

 
Automatisation : peu d’emplois risquent de disparaître

Moins de 10% des emplois sont « très exposés » aux mutations technologiques et présentent donc le risque d’être supprimés, mais près de la moitié devront évoluer, estime le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dans un rapport publié jeudi. Seule une « faible part », soit « moins de 10% », des emplois ont « un indice d’automatisation élevé »: ils « cumulent des caractéristiques qui les rendent vulnérables au vu des avancées technologiques actuelles », c’est-à-dire qu’ils présentent un « risque de suppression », explique le COE dans une vaste étude sur les impacts de la nouvelle vague d’innovations (intelligence artificielle, robotique, objets connectés, impression 3D, traitement des données de masse dit « big data »…).

Ces emplois « très exposés » aux technologies d’automatisation sont le plus souvent des métiers manuels et peu qualifiés, notamment de l’industrie: ouvriers non qualifiés, agents d’entretien, caissiers, énumère le Conseil, instance rattachée au Premier ministre. A eux seuls, les agents d’entretien représentent 21% de l’ensemble des emplois exposés (320.000), détaille-t-il. Une part bien plus grande des emplois, près de 50%, pourraient en revanche « voir leur contenu évoluer ». Il s’agit aussi de métiers peu qualifiés mais davantage dans le secteur des services: conducteurs, agents d’exploitation des transports, agents de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration, aides à domicile…

« Notre rapport met en garde contre des analyses frustres et partielles qui ne s’intéressent qu’aux destructions brutes d’emplois, et contre l’idée que le progrès technique s’attaque à des métiers dans leur globalité: non, il a un impact sur le contenu de certaines tâches », explique à l’AFP Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.  »Il s’agit des mêmes personnes, mais elles feront des choses différentes, et les évolutions vont dans un sens de complexification et d’addition de compétences », ajoute-t-elle. Pour le COE, des « mécanismes de compensation » peuvent « réduire, voire compenser intégralement les pertes d’emplois initiales ». Le potentiel de créations d’emplois directs est, selon lui, « significatif » dans le numérique, « plus mesuré à court terme » dans la robotique, « compte tenu principalement de la faible taille du secteur actuellement en France ».

Ce volume des créations d’emplois n’est néanmoins pas chiffrable. « On sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne. Mais au cours des vingt dernières années, où l’on assiste déjà à une numérisation accélérée, le volume global de l’emploi sous l’effet des technologies a plutôt augmenté », analyse Mme Carrère-Gée. Le fait d’assister à des progrès technologiques « qui défient l’imagination » créent dans le débat public « un mélange de frayeur sur un ‘futur sans emploi’, et de rêve d’une société où l’on ne travaillerait pas », poursuit-elle. Selon elle, « ce n’est ni l’un, ni l’autre, rien n’est écrit ».

 

 

Cher Arnaud, cher Benoit

Paris, le 11 janvier

Cher Arnaud, cher Benoit

 

Avec mes amis nous avons bien reçu vos deux courriers et avons travaillé collectivement à partir d’eux. Dans chacun de vos projets, nous avons relevé de nombreux points convergents avec les propositions que j’ai moi-même formulées et que nous avons souvent défendues ensemble ces dernières années.

La question de la VI ème République et de la démocratie figure en bonne place, la réforme fiscale, la lutte contre la finance, la rénovation thermique des bâtiments, la nécessité de dé-carboner et de développer les énergies renouvelables, la question de l’Europe …

 

Tous les deux, vous avez pris l’engagement d’abroger la loi travail, et vous déclarez la nécessité de salaires réévalués.

 

Tous les deux vous proposez un programme de gouvernement commun avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

 

Voila qui fait que vous êtes clairement notre choix et qu’on doit gagner tous ensemble le 29 janvier.

 

Nous avons aussi – au-delà des nuances bien naturelles – des différences qui méritent débat. Pour éclairer notre choix fraternel entre vous deux pour le 22 janvier

 

 

1°) Ainsi, je ne suis pas d’accord avec la façon de donner une place centrale dans cette campagne au revenu universel d’existence.

La façon dont cette question est présentée s’apparente, à mes yeux, à, nos yeux, à une remise en cause du modèle de protection sociale auquel nous tenons. Remplacer le salaire brut, les cotisations sociales sur le travail, par la fiscalisation, l’impôt, c’est renoncer à faire payer la protection sociale par le capital, les actionnaires, les employeurs, et dériver vers un simulacre de revenu payé en fait par les travailleurs eux-mêmes. Un  revenu de 550 à 850 euros échelonné dans un lointain 2020 et qui mobilise des centaines de milliards, bien plus qu’il ne faut pour faire reculer le chômage immédiatement en haussant le smic à 1800 euros, revenant à la retraite à 60 ans, à une semaine de 32 h, à la limitation de la précarité à 5 % et au contrôle des licenciements. C’est lâcher la proie pour l’ombre. C’est la fin des principes du programme du CNR ce qui réjouit tous les libéraux. Le succès médiatique de cette réflexion devrait inquiéter  ceux qui se sont jetés imprudemment, à nos yeux, dans sa défense. Cela oppose le renforcement de notre système de protection sociale à nouveaux droits très incertains.

Il faut bien sûr en débattre, d’autant que la discussion existe dans la société. Mais cela ne peut pas être à nos yeux l’engagement majeur pour les 5 prochaines années, dans une élection présidentielle emportée dans une confusion plus proche de Milton Friedman que de John Maynard Keynes.

On peut améliorer en urgence notre système de minimas sociaux, le faire évoluer comme le Smic, créer une allocation  autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans sans ressources. Comme l’allocation d’études universitaires, elle devra être soumis aux cotisations sociales pour ouvrir des droits tant à la santé qu’à la retraite dans le cadre d’une Sécurité Sociale étendue et renforcée. Le montant de cette allocation sera porté à 80 % du Smic (Cf. Appel des 100).

 

 

 

2°) L’heure n’est pas, et n’a jamais été à baisser le coût du travail mais à augmenter les salaires bruts et nets, notre smic est plus bas qu’en Allemagne, qu’en Grande-Bretagne et même que dans de nombreux états aux Etats-Unis…

Nous proposons de réfléchir et de relativiser cette affaire de revenu universel, ce qui sera forcément le cas avec le reste de la gauche, en rediscutant sans préalable d’augmenter le Smic, les minima sociaux, la hausse des petits salaires et petites retraites, l’attribution à la jeunesse d’une allocation d’autonomie et aux seniors d’une allocation dépendance,  qui comptent pour la protection sociale toute la vie.

Nous sommes aussi pour supprimer progressivement le millefeuille de complémentaires, assurances prévoyances, mutuelles qui coûte cher et est injuste et inefficace, revenir à une seule cotisation universelle, proportionnée, et à une « grande sécurité sociale » gérée démocratiquement par tous les salariés.

La question de la « raréfaction » du travail est discutable et discutée. Il nous semble plutôt que le travail est une comète en expansion, il y en a pour toutes et tous s’il est partagée, ainsi que les richesses qu’il produit. Ce qui est certain c’est que la réduction massive du temps de travail interrompue au début des années 2000 doit se poursuivre. Elle est un marqueur de gauche ! Le travail humain – quand bien même sa quantité peut évoluer à la baisse – va rester une constante des prochaines années parce qu’il est la source des profits de quelques-uns.

Or nous connaissons les effets d’un boom démographique avec environ  850 000 naissances annuelles depuis l’an 2000. Mécaniquement, cela va amener, en tenant compte des jeunes en formation, 350 000 demandeurs jeunes sur le marché du travail chaque année. Si rien n’est fait, ces jeunes s’ajouteront aux 1,3 millions de demandeurs d’emploi de plus que connaît notre pays depuis 2012. Le partage du travail est donc urgent et impératif, non seulement vers 32 h mais vers 30 h, etc. Voila ce qu’il faut indiquer comme direction générale. Travailler mieux, moins, tous et gagner plus.

Le projet à porter doit, à mon sens, à notre sens, à D&S, parler aux millions de salariés (jeunes ou moins jeunes) avec ou sans emploi, aux millions de retraités. Il doit se concentrer en quelques points en travaillant leur visibilité.

Salaires et retraites font partie des premières questions qui intéressent des millions de nos concitoyens car c’est leur vie au quotidien.

De ce point de vue, je ne crois pas qu’il faille augmenter le salaire net des feuilles de paie ou des pensions en réduisant la CSG ou les cotisations sociales. Le salaire brut est en réalité un ensemble de droits et besoins : immédiats pour les uns, indirects pour les autres.

Je crois nécessaire de parler davantage du salaire. Augmenter les salaires au delà de l’évolution du coût réel de la vie est nécessaire pour celles et ceux qui ne parviennent pas « à joindre les deux bouts ». A prendre sur les dividendes et le capital comme moyen de redistribuer les richesses d’abord. Les profits ont pris 7 points aux salaires, il s’agit de corriger cela

L’Etat doit donner le « la ». Cela peut passer par une initiative à l’échelle européenne. Ce niveau d’action est de toute manière indispensable ! Mais il faut annoncer qu’au-delà d’un délai court, des mesures unilatérales seront prises pour le Smic, les minima de branches, l’égalité femmes-hommes, le point d’indice de la fonction publique, les pensions de retraite etc. …(Tout comme pour dénoncer immédiatement la directive « travailleurs détachés »).

Pour avoir l’oreille des salariés, il faut ce type de proposition forte sur les salaires et les pensions de retraite ainsi que sur une réelle allocation dépendance. Pour avoir l’oreille de la jeunesse, il faut lui assurer les moyens de son autonomie dès 18 ans. La question d’un service civil ou national obligatoire ne constitue pas une attente de la jeunesse. Sa faisabilité et son coût sont discutables. Le développement d’un service civil et national sur la base du volontariat avec des formations qui lui soient liées me semble amplement suffisant pour la prochaine législature.

 

3°) Quant à l’union de la gauche, il me semble qu’il faut préciser que l’objectif est d’aboutir à un socle commun de propositions pour gouverner.

On ne résoudra pas toutes les divergences, il faut un programme commun de gouvernement. Quelques axes clairs pour toutes et tous. Dégagés au consensus. Dès le lundi 30 janvier.

Cette méthode pour faire l’unité à gauche permet de conduire à la candidature unique sans laquelle la gauche ne peut gagner en 2017. Et de régler le « casting » qui va avec.

Un tel rassemblement ne peut se construire en allant jusqu’à Macron. Emmanuel Macron lui-même ne se dit pas de gauche. Nous ne combattons pas pour une unité de la gauche avec le centre, une partie de la droite, car cela nuit immédiatement à l’unité de la gauche elle même. Il faut écarter, minoriser Macron l’homme du centre tout autant que Valls, l’homme de la droite de la gauche. Ils sont les deux visages d’un même projet qu’ils ont appliqué en commun !

Enfin, permettez-moi de vous dire qu’il faut commencer à travailler la convergence entre vous, entre nous, pour préparer la victoire le 29 janvier. Afficher ces convergences aidera à préparer les discussions avec Yannick Jadot et Jean Luc Mélenchon dès le 30 janvier auxquelles toute la gauche doit être associée – condition de la dynamique et de la réussite.

Je suis disponible pour discuter avec vous, de tout cela, ce serait le mieux.

Et pour m’engager davantage, avec tous mes amis de D&S, participer à des réunions publiques dès maintenant.

J’ai bien conscience qu’en fonction de nos échanges, cela peut signifier l’engagement auprès de l’un de vous deux seulement d’ici le 22 janvier. C’est pourquoi je pose, nous posons dès maintenant toutes les questions de convergences entre nous.

 

Pour qu’on se comprenne tous bien, je défends avec clarté, franchise, nos idées, celles de Démocratie & socialisme et de ses militants, mais je n’en fais évidemment pas des préalables à l’action commune. Un accord restreint mais clair vaut mieux que mille discussions pourvu que ce soit franc. A quoi serviraient des programmes aussi excellents soient ils qui resteraient dans les tiroirs si nous n’avons que le choix entre LR et le FN au 2° tour ?

Il faut rassembler et donc choisir donc les axes qui peuvent le permettre. L’unité est impérative et ne peut se faire qu’avec cette méthode du consensus gagnant et dynamique.

Notre préoccupation principale est, au delà du débat, de sélectionner ce qui permet de parvenir à une entente : c’est la seule façon de gagner le 23 avril en additionnant assez de voix pour être et gagner au deuxième tour du 7 mai.

De la même façon, je veux vous dire notre disponibilité pour le travail nécessaire et les discussions pour rassembler toute la gauche sans Valls…  ni Macron. Le travail engagé au sein de l’Appel des 100 (et ses 50 mesures) peut s’avérer utile en ce sens.

Je souhaitais vous faire ce retour avant le premier débat télévisé et me tiens à votre disposition pour poursuivre ces échanges.

 

Dans l’attente, je vous adresse, cher Arnaud, cher Benoît, l’expression de mon amitié socialiste, unitaire et combattive et aussi celle de tous mes amis de D&S.

 

Gérard Filoche

 

 

Il y a 3 ans, Mario Soarès, déclarait « L’austérité conduit l’Europe vers la dictature » « la révolution est inévitable en Europe »

Mario Soares vient de disparaitre à l’âge de 92 ans. Un deuil de trois jours est déclaré au Portugal. L’ancien président et leader du Parti socialiste dans la révolution portugaise des années 1974, 1975, 1976, était venu en France présenter son dernier livre il y a trois ans.  D&S avait rendu compte de cela. Nous le replions ici. Dans la tradition du livre publié en 1984 « Printemps portugais » (Ed.  Action, 600 p) qui est une analyse exhaustive de la révolution des oeillets.


Par Gérard Filoche

« Etat d’urgence » du Portugal à l’Europe, un livre de Mario Soares

Mario Soares, 88 ans, ex- premier ministre, (1976-78 et 1983-1985) et ancien président socialiste de la République portugaise (1986 à 1996) , vient de publier aux « Editions de la différence » un petit livre de 140 pages qui devrait faire événement par la vigueur de sa dénonciation de « l’austérité libérale qui conduit l’Europe à la dictature ».

Politique d’austérité criminelle

« La crise de la zone euro – provoquées par l’idéologie néolibérale et par la politique d’austérité imposée principalement par l’Allemagne de la chancelière Merkel – a mené le Portugal et presque tous les autres pays de la monnaie unique à la ruine ».

« Il faut en finir avec cette crise maintenant », reprend Mario Soares avec le prix Nobel Paul Krugman. Il faut réduire drastiquement cette « maudite » politique d’austérité (qu’il qualifie même de « criminelle » – p.97) pour faire reculer la récession dans les pays en proie aux marchés spéculatifs et faire baisser le fléau du chômage. »

« Le Portugal vit ses pires moments depuis 1974 » s’exclame Mario Soares qui demande carrément au Parti socialiste de ne pas « rester entre deux » et de voter avec le PCP la condamnation du gouvernement de droite PDS CDS-PP de Pedro Passos Coelho. « Il est en train de tuer le pays, à cause de sa politique néolibérale qui exige la stabilité et le paiement à la troïka (formée par le FMI, la BCE, et la commission européenne), elle-même vassale des marchés qui ne pensent qu’à gagner de l’argent. »

Dette : « nous ne paierons pas »

« On nous oblige à payer des intérêts exorbitants en échange de leur prêt. Je suis partisan de la méthode de l’Argentine et du Brésil qui, lorsqu’ils se sont trouvés dans cette situation, ont dit : « nous ne paierons pas ». Il n’ont pas payé et personne n’est mort, bien au contraire ».

Paralysé, le gouvernement de droite a dû reculer, et s’embourbe. Et en attendant il enfonce le pays dans la misère, proposant de supprimer 208 000 emplois en 2014, avec les plus grandes coupes jamais réalisées dans les dépenses sociales… Comme partout la droite imbécile veut vendre, ici la TAP (transports aériens portugais) et les CTT (Correios de Portugal, créée en 1520) qui dégagent pourtant 74 millions d’euros de bénéfice, et veut fermer 200 bureaux de Poste. Mais quand ils ont voulu, sur ordre de la Commisssion européenne, baisser les cotisations sociales patronales de 22,5 à 18, 5 % et hausser les cotisations salariales de 11,5 % à 18,5 %, il y a eu 1,5 million de manifestants en mars 2013 (l’équivalent de 11 millions en France) et le sale projet a été annulé.

Unité de toute la gauche

Mario Soares pousse le PS à son congrès de Santa Maria da Feira à « donner un nouveau souffle à la gauche » (contre l’austérité, pour le plein emploi, et l’Etat social) par un dialogue avec le Bloc et le PCP lui-même, et les syndicats UGT et CGTP. Il s’est fait acteur pour que les alliances entre ces forces de gauche progressent. Il appelle le nouveau leader du PS, Antonio José Seguro, à pousser les feux en ce sens ; ce serait le premier gouvernement de coalition de toute la gauche au Portugal surmontant les divisions des années révolutionnaires de 1974-76.

En septembre 2012 et mars 2013, le refus des mesures de la troïka, a donné d’énormes mobilisations de masse sans précédent depuis la révolution des Œillets. Elles poussèrent aux « rencontres de toute la gauche » : le 30 mai 2013 dans un grand amphithéâtre de l’Université de Lisbonne, archi-bondé, devant 2300 personnes, PS, PS PCP, Bloc de gauche, ont engagé la voie pour « libérer le Portugal de l’austérité ». Et, de fait, le Portugal est le pays le plus mobilisé d’Europe.

Révolution au Portugal et en Europe : inévitable

Mario Soares, appelle au départ de ce gouvernement qui détruit l’Etat social et la démocratie : « J’espère que le jour de son départ pour notre bien à tous, est proche et que retentira une explosion de joie pacifique semblable à celle de la révolution des Œillets »

« Un jour viendra – plutôt proche que lointain – où tout changera dans la politique, dans les finances et surtout dans l’éthique, pour le bien du Portugal et des Portugais. Parce que c’est toute l’Europe qui est en crise et qu’elle ne va pas se laisser entrainer dans le gouffre ».

« il est aujourd’hui prouvé que l’austérité ne profite qu’aux marchés spéculatifs et à ceux qui les commandent. Mais elle ravage les Etats et les peuples. Et pas seulement les Etats dits périphériques ou du sud, comme on l’a prétendu un peu vite. Voyez la Hollande, la France et l’Allemagne. «

Soares serait à la gauche socialiste aujourd’hui en France : « Le dilemme est simple : ou on lutte contre le chômage, la pauvreté généralisée, la récession et on garantit l’état social, dans tous ses aspects, tant qu’il est encore temps, ou l’Union européenne sombre dans le chaos. » (p.93)

Il rappelle les souvenirs du 25 avril 1974, il y a 40 ans et de Grandola Vila Morena la chanson de la révolution qui est a nouveau entonnée partout. « Quant à une révolution (pacifique !) en Europe, pour mettre un terme à la crise, elle arrivera en son temps. C’est inévitable. J’espère que le Portugal y contribuera par son exemple. »

Les deux réponses de Arnaud Montebourg et de Benoit Hamon à Gérard Filoche

 

Cher Gérard,

 

J’ai bien pris connaissance de ton courrier du 30 décembre. Tu y formules, avec la force et la sincérité des convictions qui te caractérisent depuis toujours, ta volonté intacte et celle de tes amis de Démocratie & Socialisme de continuer à mener votre combat pour sanctionner le bilan du quinquennat incarné aujourd’hui par Manuel Valls, faire réussir les primaires et faire gagner la gauche socialiste.

 

« La gauche pour repartir et regagner une confiance de masse ne peut faire autrement que de rompre avec cet échec de 5 ans, qui nous a fait perdre 5 élections, qui a produit 1,3 million de chômeurs de plus, qui a donné 41 milliards de CICE au patronat au lieu d’aider l’emploi direct, une austérité qui a cassé la relance, et brisé 100 ans de droit du travail » écris-tu en introduction de ce courrier. Je souscris évidemment et pleinement à ce constat lucide qui a été à la base même de mon retour dans le combat politique et de mon propre engagement dans cette primaire.

 

J’approuve également la vision stratégique selon laquelle « la reconquête de notre électorat passe forcément par une bataille pour l’unité de la gauche » qui ne peut évidemment être incarnée par ceux qui n’ont eu de cesse de la fracturer.

 

J’ajoute que des points majeurs du projet que tu souhaitais présenter à nos concitoyens figure dans mon propre projet : l’encadrement des rémunérations des dirigeants d’entreprises, la réforme fiscale, la réforme bancaire, la transition écologique, la marche vers une République nouvelle.

Nous avions, du reste, déjà fait le constat de ces multiples convergences lors de notre précédente rencontre.

 

Face à l’urgence de la situation politique, face à l’enjeu historique qui n’est autre que celui de la survie même dans le paysage politique français d’une gauche socialiste telle que nous l’avons toujours conçue, j’ai tendance à penser que ces convergences sont suffisamment décisives pour que nous unissions en effet et sans tarder nos forces.

 

J’apporte néanmoins les précisions que tu as légitimement souhaitées sur certains aspects de mon programme:

 

- sur la hausse des salaires. Je partage l’idée qu’une société du travail doit être organisée autour de la juste rémunération de celui-ci. L’oubli du salariat et plus généralement des couches populaires et moyennes qui travaillent mais peinent à tirer les fruits de leur travail est, depuis trop longtemps, une des négligences majeures de la gauche à l’origine de nombre de ses déconvenues.

 

Je mets donc la question du pouvoir d’achat -qui a reculé en moyenne de 350 € par ménages depuis 2010- au cœur de mon projet économique. Je suis en outre convaincu que cette relance du pouvoir d’achat est une des clés du redémarrage de l’économie française. Je propose donc de récupérer 10 mds € dans les montants alloués au CICE pour baisser la CSG en dessous de 2000 € brut par mois et augmenter ainsi de façon immédiate et significative le salaire net (1.200 € par an pour un smic). Je propose également d’indexer selon une négociation sociale, qui se triendra branche par branche, l’évolution des salaires sur les gains de productivité réalisés dans l’entreprise. Il n’y a aucune raison que les seuls dividendes et la rémunération du capital captent exclusivement les efforts réalisés par l’ensemble de la communauté des salariés de l’entreprise.

J’attaquerai également cette question du pouvoir d’achat par l’extension de la solidarité : je propose notamment la création d’une mutuelle publique à 10 € par mois pour les personnes ayant des trop petits revenus, et qui n’accèdent pas néanmoins à la CMU.

En ce qui concerne spécifiquement la hausse du Smic, qui suscite immédiatement des débats sur la concurrence par les prix, si l’augmentation raisonnable des salaires au plan national me paraît une nécessité, je suis favorable à porter d’emblée le combat au niveau européen. Les espagnols viennent d’adopter une loi d’augmentation des salaires de 8%, les allemands ont fait une hausse de 5% dans l’industrie (et dans la fonction publique) : dans le cadre du nouveau Traité de Rome que la France proposera, je proposerai un sommet social européen pour traiter cette question de la revalorisation concertée des salaires des travailleurs européens dans tous les pays européens, afin d’enrayer la spirale de la concurrence à la baisse des salaires dans toute l’Union. La fin -unilatérale s’il le faut- de la directive « travailleurs détachés » qui a (scandaleusement) institué le dumping social à domicile, s’inscrit dans ce cadre exigeant. Cela n’empêchera pas de décider unilatéralement des hausses du Smic français, en lien avec le retour de la croissance et des carnets de commandes que notre politique macroéconomique active produira. J’ajoute que je demanderai au Parlement de voter une loi encadrant les rémunérations des dirigeants d’entreprises cotées, en obligeant tout dirigeant de grande entreprise qui s’augmentant de 5%, ou s’octroyant des parts variables devra accorder la même augmentation à ses salariés, et la même part variable.

 

- sur la loi El Khomri, qui institue « le travailler plus pour gagner moins », ma réponse est claire : elle doit être purement et simplement abrogée et remplacée par une vraie loi de progrès, combattant la précarisation (pénalisation financière du recours aux CDD) et organisant la protection des travailleurs des plate-formes numériques.

J’ajoute que plutôt que le revenu universel, proposition irréaliste qui me parait témoigner en outre d’une acceptation fataliste du chômage de masse, j’entends instaurer une véritable sécurité professionnelle, donnant à tout chômeur des droits réels à l’insertion et la formation. Je propose la societe des 3 contrats, afin d’éradiquer le chômage de masse, rappelant que le plein emploi est l’état normal d’une économie : soit une personne dispose d’un contrat de travail, soit à défaut il lui sera proposé un contrat de formation professionnelle d’une durée d’un an ou 18 mois afin d’apprendre un nouveau métier, soit en cas de chômage de longue durée, il pourra lui être proposé un contrat d’activité à durée déterminée (proposition ATD Quart Monde) solvabilisant par les dépenses d’aide aux chômeurs des métiers que le marché ne permet pas de rémunérer, notamment dans l’économie du partage qui connaît un engouement précieux sur le terrain.

 

- sur le rassemblement de la gauche, il est clair enfin qu’au lendemain d’une victoire à la primaire, je me tournerai vers nos alliés communistes et écologistes pour les interpeller sur la nécessité de mettre fin à une dispersion, dangereuse, improductive et suicidaire.

Si la ligne alternative que nous incarnons l’emporte, les difficultés politiques et idéologiques qui faisaient obstacle à ce rassemblement seront levées, tant pour les présidentielles que pour les législatives.

Convaincu que le succès et le renouveau de la gauche passe par le retour de l’élaboration collective, je serai d’ailleurs prêt moi-même à réouvrir la discussion programmatique en ce sens.

 

Te remerciant encore pour ta démarche et tes combats, je reste, cher Gérard, à ta disposition pour approfondir cette discussion et t’assure à mon tour de mon amitié socialiste et personnelle.

arnaud montebourg, le 3 janvier 2017

 

 

 

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Cher Gérard,

Je te remercie de ton courrier dont j’ai pris connaissance avec une grande attention. Je souhaite te présenter ici les orientations stratégiques pour la gauche et pour le pays que je vais défendre dans le cadre de cette primaire citoyenne de la gauche des 22 et 29 janvier.

Face au projet ultralibéral et conservateur de François Fillon nous devons donc por- ter un projet résolument de gauche et ambitieux. Cela devra passer par une refonte complète de notre protection sociale. Face à la raréfaction du travail, au chômage de masse, à la crise du salariat, notre protection sociale est fragilisée. Après l’instaura- tion de la sécurité sociale en 1945, il nous faut penser la protection sociale du XXIème siècle. Cette révolution de la protection sociale que j’appelle de mes vœux a un nom : le revenu universel. Il s’agit du versement mensuel de 750 euros à tous les Français majeurs en complément de leur salaire, de leur chômage ou de leur retraite, pour que chacun soit protégé de la pauvreté, qu’il ait du travail ou en soit privé. Ainsi protégé du risque d’exclusion, chacun pourra en conscience choisir de renoncer à toute ou partie de son activité professionnelle, allonger la durée de ses études, reprendre une forma- tion, s’engager bénévolement, créer sa propre activité, ou tout simplement béné cier de davantage de temps pour s’investir dans sa vie personnelle et familiale.

Si nous ne pensons pas le monde qui change, nos enfants en subiront les consé- quences. Il est impératif de penser et d’anticiper les mutations que nous connaissons et qui ne cesseront de se renforcer, notamment celles qui bouleversent le monde du travail. Aujourd’hui, en France, certains souffrent de ne pas avoir de travail, d’autres d’être surmenés, tandis que quelques-uns qui s’y plaisent font des lois Travail pour tous les autres.

Quand la gauche oublie la question sociale, elle s’oublie. Et, c’est parce que ce quin- quennat a mis la question sociale de côté que, consultations électorales après consul- tations électorales, les Françaises et les Français nous ont tourné le dos. Renouer avec les salariés, la jeunesse, les retraités est ma première priorité. C’est pourquoi une des premières mesures que je prendrai si je suis élu Président de la République sera de demander au gouvernement de déposer un projet de loi a n d’abroger la loi travail faisant ainsi écho à la mobilisation des salariés et de leurs organisations syndicales que nous avions relayée en son temps à l’Assemblée Nationale. Elu Président, je pro- céderai également sans attendre à une revalorisation substantielle du SMIC, de tous les minima sociaux et du point d’indice de la fonction publique.

L’écrasante majorité des salariés n’ont choisi ni leur emploi, ni leur rémunération. Pour une part sans cesse croissante d’entre eux les conditions concrètes d’exercice de leur activité salariée se sont profondément dégradées. C’est pourquoi j’entends faire de la lutte contre la souffrance au travail un des axes majeurs de mon projet social. A ce titre, entre autre, le burn out devra être reconnu comme une maladie professionnelle. Ce n’est pas l’inspecteur du travail combattif que tu fus qui me démentira sur ce point. J’entends également que les lois et les règlements qui protègent les salariés dans leurs conditions d’hygiène et de sécurité soient respectées. Les moyens et les préro- gatives de l’inspection du travail seront réévaluées. Le droit du salarié ne saurait être un mot creux.page2image3072 page2image3232 page2image3392 page2image3552 page2image3712

 

La centralité de la question sociale doit aller de pair avec la nécessité d’organiser la transition écologique de notre appareil de production. Produire oui, produire en France aussi quand c’est possible, mais surtout produire quoi et comment ? Nos grands an- ciens disaient à juste titre que le capitalisme oppressait l’homme et la nature. Si, comme moi, l’on partage ce constat alors on ne peut pas faire de l’accroissement sans n de la production de la marchandise l’horizon indépassable de la gauche. A trop se préoccuper de la seule valeur d’échange des marchandises on en vient à oublier de questionner leur valeur d’usage. J’assume donc vouloir ouvrir en grand le débat sur le dépassement du productivisme. Je l’ai dit : je ne serai plus jamais socialiste sans être écologiste. Je ne suis pas décroissant mais je rejette la croissance telle qu’on la conçoit aujourd’hui. Disons le simplement : il était faux et absurde de penser que le seul fait de produire et de consommer davantage suf rait à apporter à tous le bonheur et la joie. Le problème ici, comme souvent, c’est notre incapacité à penser au delà d’une oppo- sition binaire. Non, je ne suis pas décroissant mais oui, j’af rme que notre course au productivisme au prix de notre planète est un non-sens.

Je veux dénoncer cette stratégie des grands lobbys industriels qui consiste à fabri- quer du doute. Ils nous disent «le réchauffement climatique n’existe pas», «à vouloir protéger l’environnement vous allez faire perdre de la compétitivité aux entreprises françaises et détruire des emplois», «les perturbateurs endocriniens ne sont pas dan- gereux». Combien de temps allons-nous laisser ces lobbys dicter notre conduite ? Combien de temps allons-nous renoncer à poser des limites au marché quand c’est nécessaire pour protéger notre environnement et notre santé ?

Parce que nous savons l’impact très néfaste des pesticides et des perturbateurs endo- criniens sur notre santé, j’interdirai tous les produits qui comportent un risque réel de dangerosité. Nous ne pouvons pas prendre le risque de nous retrouver demain face à des scandales sanitaires d’une gravité insoupçonnée parce que nous aurions choisi de céder aux lobbies privés. La fabrique du doute n’est rien d’autre qu’une tromperie qui veut nous détourner de l’intérêt général.

Je ferai sortir la France du diesel à l’horizon 2025 pour lutter contre la pollution de l’air, responsable de la mort de 49 000 Français.e.s chaque année. Je mettrai n à l’avantage scal accordé au diesel, je ferai installer des bornes de recharge électrique sur tout le territoire et je nancerai la recherche sur l’autonomie des batteries pour voiture élec- trique.

C’est aussi pour garantir la suprématie de l’intérêt général sur la force des lobbies que je constitutionnaliserai les biens communs. Nous devons aller aujourd’hui au delà du principe de précaution. Les droits à boire une eau pure et à respirer un air pur doivent être inscrits et protégés dans la Constitution. Pourquoi ? Parce que demain, avec cette base juridique, nous pourrons nous tourner vers ces entreprises qui exploitent à titre privé ces communs, dégagent des pro ts considérables mais ne font pas l’objet d’im- pôt spéci que. Nous pourrons poser le principe d’une scalité qui se concentre sur les entreprises qui aujourd’hui exploitent à titre privé les communs. Cette idée là, je la ramène des Etats-Unis lors ma rencontre avec Bernie Sanders en septembre dernier, où se posent les mêmes questions. Alors oui, constitutionnalisons les communs.page3image3072 page3image3232 page3image3392 page3image3552 page3image3712

 

Enfin, notre démocratie est à réinventer. Notre démocratie est malade, fébrile et ver- rouillée. Nous l’avons laissée devenir intermittente. A la con ance des citoyens en leur Constitution et à la vigueur des débats politiques se sont substitués, progressivement, la lassitude et le rejet d’un système qui se protège lui-même et qui ne donne plus la parole au peuple. On prie les citoyens de devenir des consommateurs de démocratie, de mettre leur bulletin dans l’urne, de faire acte de présence, puis de se taire pendant cinq ans. Nous les avons délibérément écartés des choix qui les concernent, considé- rant que le peuple était trop instable et trop inculte pour décider.

Il nous faut passer à une VIème République. Mes propositions sont nombreuses et la tâche reviendra aux Français de décider pour leurs institutions. Je n’en citerai ici que quelques unes.

Je commencerai par reconnaître le vote blanc pour ce qu’il est : un geste civique. Si la somme des votes blancs et des abstentions atteint la majorité absolue (50%), l’élection doit être annulée et un nouveau scrutin doit être programmé.

Réintégrer les citoyens exclus de la démocratie, c’est aussi reconnaître le droit de vote aux élections locales pour les étrangers.

J’inscrirai également immédiatement dans la Constitution le 49.3 citoyen, un pouvoir réel, concret, qui mettra n à la démocratie intermittente. Il permettra aux citoyens d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens ou de suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement pour que celle-ci soit soumise à référendum.

En n, je donnerai le pouvoir aux citoyens d’écrire la loi de manière collaborative par l’écriture d’“amendements citoyens” sur le modèle du projet de loi pour une Répu- blique numérique.

C’est à ces conditions que nous pourrons créer une dynamique populaire et citoyenne de nature à favoriser le rassemblement de la gauche.

J’assume et je me réjouis que mon projet comporte de nombreuses passerelles avec le programme d’autres candidats de gauche qui n’ont pas à ce stade souhaité participer à la primaire citoyenne.

Oui je pense que le chemin du rassemblement de la gauche est le seul à même d’éviter la confrontation mortifère que tous les commentateurs politiques annoncent entre Fran- çois Fillon et Marine Le Pen. Oui, il ne tient qu’à nous de faire échouer cette chronique d’un naufrage annoncé. Oui, la gauche a rendez-vous avec son histoire. Je connais tes engagements, sache que ma candidature s’inscrit dans cet objectif de rassemblement, de clarté et d’ambition pour la gauche et notre pays.

Amitiés socialistes

Benoit Hamon

Tour Montparnasse
33 avenue du Maine, 75015 Paris

benoithamon2017.fr

 

 

 

les réponses de D&S paraissent bientôt   D&S n°241 janvier 2017

 

 

 

 

 

Le projet de revenu universel de Benoît Hamon : solution ou diversion ?

A lire dans le prochain D&S n°241 janvier 2017 abonnez vous, 30 euros pour 10 N° et un an  : chèque à l’ordre de « D&S » C/O G. Filoche 85 rue Rambuteau 75 001 Paris.  Réunion nationale de tous les amis de D&S le samedi 4 février de 10 h à 18 h

 

Le revenu universel signifie le versement à chaque personne habitant en France, qu’elle soit ou non au travail, d’une allocation mensuelle individuelle, d’un montant égal pour tous. Ce revenu diffère des actuels minima sociaux, versés à un ménage et non à un individu et liés à des conditions de ressources.

Le « revenu décent » de Manuel Valls se contente de regrouper les actuels minima sociaux qui restent réservés à certains ménages en difficulté, et n’a donc rien d’universel.

Le projet de Benoît Hamon prévoit de parvenir en trois étapes à un revenu universel de 750 euros mensuels. Dès 2017, le RSA augmenterait de 10 % et les jeunes de 18 à 25 ans y auraient accès[1].

Le débat sur le projet de revenu universel a le mérite de mettre en évidence les défauts de notre protection sociale

C’est un système compliqué : il compte 10 minima sociaux avec, à chaque fois, des montants et des réglementations spécifiques.

C’est un système intrusif, parfois stigmatisant et souvent peu respectueux de la vie privée car il exige de nombreux contrôles. Il nécessite, par exemple, de vérifier que deux personnes ne vivent pas en couple pour pouvoir percevoir chacune 524 € mensuels au titre du RSA (1 048 € au total). Si ces deux personnes cohabitent, elles n’ont droit, au total, qu’à 786 euros.

35 % des personnes concernées ne demandent pas le RSA auquel elles ont droit.

Les moins de 25 ans n’ont pas droit au RSA.

Les effets du « numérique » et de la « robotisation » sur l’emploi

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le 4 janvier, Benoît Hamon affirmait : « Selon toutes les études sérieuses, ce sont des centaines de milliers d’emplois peu ou pas qualifiés qui ont commencé à être détruits dans les économies occidentales. »  Cette affirmation pose plusieurs questions.

La destruction des emplois peu ou pas qualifiés dans les économies occidentales ne tient-elle pas avant tout à la mondialisation libérale ?

La productivité du travail augmentait de 5 % par an dans les années 1945-1975, mais  n’augmente plus, depuis plus de 30 ans, que de 1,5 à 2 % dans la plupart des pays occidentaux. Comment concilier cette constatation avec l’affirmation que le progrès technique raréfierait l’emploi ?

En présentant son programme le 17 août 2016[2], Benoît Hamon se référait à l’étude de deux chercheurs d’Oxford sur la « robotisation », Frey et Osborne, qui estimaient que 47 % des emplois seraient exposés, aux États-Unis, à être automatisés. Il affirmait, en effet : « En raison de la révolution numérique, 43% des emplois en France seraient menacés ».

Pourquoi ne se basait-il pas plutôt sur les travaux de David Autour ? Ils sont  pourtant autrement plus précis car ils introduisent une différence fondamentale entre tâches et emplois. Sur la base de cette distinction, une étude récente de l’OCDE estime que 9 % seulement des emplois seraient confrontés aux EU à une forte probabilité d’être automatisés.[3]

Taxer les « robots » plutôt que de diminuer le temps de travail, comme le propose Benoît Hamon, évoque fâcheusement les Luddistes anglais du début du XIXème siècle qui cassaient les machines pour tenter de sauver leurs emplois. Ils avaient, cependant, l’excuse de ne pas connaître les lois qui imposeraient la journée de 10 heures ou de 8 heures, la semaine des 40 heures, des 39 heures, des 35 heures.

La comparaison avec la création de la Sécurité sociale en 1946

La comparaison faite par Benoît Hamon avec la création de la Sécurité sociale en 1946 tend à décrédibiliser son projet plutôt qu’à l’étayer, tant les situations sont différentes.

Le PIB de notre pays doublait alors en quelques années. Ce n’était pas la mondialisation libérale, mais le protectionnisme et le keynésianisme qui régnaient dans les pays occidentaux. Le rapport de forces était extrêmement favorable au salariat, très mobilisé, face à un patronat considérablement affaibli par sa collaboration avec les Nazis. De plus, le projet de Sécurité sociale unissait l’ensemble du salariat en créant un salaire indirect, financé en grande partie par les cotisations sociales patronales, mais géré par les représentants syndicaux élus par les salariés.

La réduction du temps de travail passe aux oubliettes

Benoît Hamon tire un trait sur la façon dont la société a jusqu’à maintenant répondu de façon progressiste à l’augmentation de la productivité du travail : en diminuant la durée du travail. De 70 à 35 heures par semaine, au cours du XXème siècle…

Le 9 décembre, Benoît Hamon se défendait d’avoir proposé d’abaisser la durée légale du travail à 32 heures par semaine. « Depuis que je suis entré en campagne, on me prête de vouloir faire les 32 heures », a-t-il déclaré, expliquant qu’il n’entendait pas revenir sur les 35 heures mais « encourager le temps partiel »[4], mis en place par des accords d’entreprises et financé par la mobilisation d’une partie du CICE de François Hollande.

Les lois Aubry, en 1998 et 1999, avaient imposé une réduction du temps de travail par la loi et mis au placard la loi de Robien qui voulait réduire le temps de travail au moyen d’accords d’entreprise. Benoît Hamon propose de revenir à la loi de Robien.

Le coût du projet de revenu universel

Benoît Hamon fixe le coût de son projet à environ 300 milliards d’euros par an. Guillaume Allègre et Henri Sterdyniak estiment que pour ne pas dégrader la situation des actuels titulaires de minima sociaux, le coût d’un revenu universel s’élèverait à « 588 milliards soit (compte-tenu des économies de prestations réalisables) des dépenses supplémentaires de l’ordre de 480 milliards ». Ils précisent que cela représenterait « 22 points de PIB ou encore 35 points de CSG »[5].

Si l’on s’en tient à 300 milliards d’euros annuels, il faudrait, néanmoins, multiplier par deux le rendement de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés, de l’ISF, de la taxe foncière et de la CSG. Ce doublement se ferait au détriment des seuls revenus les plus élevés puisque Benoît Hamon veut, à juste titre, s’attaquer à ces seuls revenus. Cela reviendrait donc à multiplier les impôts des plus riches par 4 ou 5, selon le produit de la lutte contre l’évasion fiscale qu’il préconise !

Une diversion dangereuse

Le projet de Benoît Hamon demanderait une modification de la répartition de la richesse nationale beaucoup plus importante que celle qui serait nécessaire pour imposer une réduction du temps de travail à 32 heures par semaine, revenir à la retraite à 60 ans et corriger les plus importants défauts de notre système de protection sociale. Elle exigerait également une mobilisation sociale beaucoup plus massive : la classe dominante ne lâchera pas 300 milliards d’euros sans les défendre bec et ongles.

Alors, pourquoi lâcher la proie pour l’ombre ?

Pourquoi renoncer aux moyens qui ont permis au salariat de faire reculer le chômage de masse et la pauvreté : la réduction du temps de travail et l’extension de la sécurité sociale ?

Le projet de revenu universel de Benoît Hamon, de surcroît, rendrait difficile la mobilisation sociale. A la différence d’une réduction du temps de travail qui profiterait à tous les salariés, il diviserait le salariat. D’un côté, ceux qui percevrait le revenu universel sans travailler ni payer de cotisations. De l’autre ceux qui travailleraient pour financer leur propre revenu universel et celui des autres. Dans ces conditions, le risque serait considérable d’ouvrir un boulevard au projet des néolibéraux : un revenu universel « pour solde de tout compte »

Dans cette perspective, la société, une fois qu’elle se serait acquittée du versement de ce revenu universel, n’aurait plus à se soucier de fournir un travail, de financer les dépenses de santé, de chômage ou de retraites. Ce qui était socialisé deviendrait marchandise : un véritable Eldorado pour les fonds de pension et les sociétés d’assurance.

La solution passe avant tout par la réduction du temps de travail

La réduction du temps de travail, sans réduction de salaire, reste l’instrument décisif pour assurer le droit de chacun à avoir un emploi, grâce aux 32 heures par semaine (dans un 1er temps) et le retour de la retraite à 60 ans.

Cette réduction du temps de travail devrait s’accompagner d’un plan massif de création d’emplois dans la fonction publique pour répondre aux besoins sociaux : santé, vieillissement de la population, enseignement, transition énergétique…

Notre protection sociale devrait également s’étendre et se renforcer afin de corriger ses principaux défauts.

  • Les minima sociaux devraient atteindre 1 000 euros mensuels pour se situer au-dessus du seuil de pauvreté.
  • Ils devraient être individualisés et accessibles dès l’âge de 18 ans.
  • Tous les chômeurs devraient être réintégrés dans l’assurance-chômage, alors que seul un chômeur sur deux perçoit, aujourd’hui, une allocation chômage.

Jean-Jacques Chavigné


[1] Voir le site « Benoît Hamon 2017 ».

[2] RTL – 17 août 2016 – « Primaires à gauche : Benoît Hamon détaille son projet pour 2017 ».

[3] Michel Husson – A l’encontre – 10 juin 2016 – « Le grand bluff de la robotisation ».

[4] Le Monde – 09/12/2016-« Élections présidentielles 2017 ».

[5] OFCE – 15 décembre 2016 – « Le revenu universel : une utopie utile ? »

 

Sans candidat de la gauche socialiste le 29 janvier, la présidentielle est perdue pour toute la gauche

la trahison évidente de Hollande valls et cie est une chose pour 2012 2017
la division qui ferait perdre la gauche et élire Fillon pour 2017 2022 en est une autre

 


Sans candidat de la gauche socialiste le 29 janvier, la présidentielle est perdue pour toute la gauche

Venez par millions les 22 et 29 janvier, votez pour Montebourg ou Hamon, assurez la défaite de Valls, la défaite de la loi El Khomri, la défaite du 49,  la défaite des lois Macron, la défaite de l’ANI et la loi Sapin, soldez le bilan du quinquennat, nettoyez la gauche du social libéralisme, recréez les conditions de l’unité de la gauche et de la victoire

Avec Valls aucune unité de la gauche n’est possible

S’il y a plusieurs candidats de gauche nous serons éliminés des le premier tour

Nul ne peut gagner les 23 avril et 7 mai sans additionner de façon dynamique les voix de toute la gauche

Un candidat de la gauche socialiste élu le 29 janvier c’est une chance d’un programme de gouvernement commun dès les 30 janvier

Le 30 janvier le candidat de la gauche socialiste élu travaille avec JL Mélenchon et Y Jadot pour un programme commun de gouvernement

Dans ce cas la gauche peut gagner en 2017

 

Contrôler les travailleurs détachés par une « carte personnelle d’activité » ? de qui se moque t on ? Il y en a 450 000 en France le patronat en fait venir chaque jour. Ce n’est pas une question de contrôle, c’est incontrôlable ! C’est une vaste escroquerie à grande échelle qu’il faut interdire vite !

Et pas par la prétendue « carte personnelle d’activité » inaugurée ce  2 janvier 2017

Elle est un danger aux libertés du travail, un flicage de l’ouvrier entre les mains des patrons fraudeurs. Elle va jouer le rôle d’un nouveau « livret ouvrier » comme avant 1856. Elle ne servira évidemment pas pour les 450 000 contrôles mais contre des millions d’ouvriers du bâtiment en France et en Europe.

Parce ce que 450 000 « détaches » à bas prix, dont les cotisations sont prétendument payées au tarif du pays d’origine, ça ne peut pas se contrôler pas, ça s’abroge ou pas.

Et ça fait des années que ça traine : le gouvernement doit dénoncer immédiatement unilateralement la directive « travailleurs détachés », elle est base d’un trafic massif de main d’oeuvre, de concurrence déloyale, d’une surexploitation accrue dans toute l’Europe et en France.

Ainsi en tant que premier ministre Manuel Valls avait « menacé » en septembre 2016 l’Union européenne de ne « plus appliquer la directive concernant les travailleurs détachés » ! Quelle audace ! Quel crâne discours !

On pourrait donc ne pas appliquer des directives européennes ? Tiens donc ! En voilà une idée qu’elle est bonne ! Surtout quand elle ronge de façon scandaleuse les droits fondamentaux de tous les salariés concernés !

Car cette question-là monte en puissance depuis longtemps et concerne autour de 450 000 salariés exploités sauvagement par des patrons français sur le territoire français en concurrence déloyale avec d’autres salariés, français ceux-là. Ce ne sont pas les salariés qu’il faut opposer entre eux, mais combattre le système patronal des libéraux de l’UE qui les spolie.

Les grands « majors » du bâtiment notamment, les Bouygues, Vinci, Eiffage, et cie se font des milliards en ne payant pas au tarif français les cotisations sociales de ces ouvriers importés de Hongrie, de Bulgarie, de Pologne, de Tchéquie… Ils sont censés les payer au tarif de leur pays d’origine… Mais nul ne sait ce qu’il en est, vu que le montage des filières de sous-traitance crée d’opaques écrans contre toute tentative de contrôle des inspections du travail.

Ainsi le cynisme patronal fausse le droit de la concurrence et réalise le triple objectif de baisser le coût du travail, celui de la protection sociale et d’augmenter le taux de chômage.

Mais ça, on le sait depuis des années ! Est-ce suffisant de « menacer » de dénoncer ce système pourri ? Quand il s’agit de casser le code du travail, Valls était  catégorique «  Ce ne sera pas une réformette mais une révolution ». Quand il s’agit d’empêcher une fraude établie et prolongée contre les salaires et cotisations de 450 000 salariés surexploités, il « menace »

Dans la casse du code du travail, il y a le CPA

 

La « carte personnalisée d’activité » infalsifiable, et plastifiée fabriquée à Douai à 10 millions d’exemplaires, mise en service ces jours-ci est un des maillons de tout ce qui s’appelle « CPA »  carte personnalisée d’activité : un piège individualisé pour remplacer et supprimer les droits collectifs, Big brother à la place du code du travail et des conventions collectives.

Ils ont inventé  cette carte ad vitam  » bouche-trous » spécial précaires, appelée  » carte personnelle d’activité » comme s’il en était besoin pour occuper nos périodes de chômage, de turn over, d’exclus de l’emploi. En fait cette carte à puce personnelle  » ad vitam » compterait nos « points pénibilité » nos points « épargne temps » nos « heures de formation » nos « indemnités chômage » tout ce qui est subsidiaire à nos droits du travail collectifs, ce qui serait déduit des cotisations sociales et de nos salaires nets et bruts. Et elle serait d’abord  une carte d’identité  de travail pour contrôler la main d’oeuvre étrangère .

 

A commencer donc par le bâtiment. ce 3 janvier 2017

 

Cette carte suivrait notre carrière individualisée, nous soumettrait un par un à une comptabilité de petites allocations, aléatoires et supplétives à l emploi et à ses présumées vicissitudes. Isolante et peu attractive, cette CPA, « carte piégée d assisté » aurait surtout pour fonction de contrôler nos vies de travail et de les soumettre aux employeurs : car à quoi et à qui servira t elle sinon à être contrôlée et fliquée par les patrons lors de l’embauche comme l’ancien  » livret ouvrier » aboli en 1856 par Napoléon III ?

Rien ne vaut le code, l’état de droit, le contrôle ferme des licenciements, nos cotisations sociales et notre salaire brut.

 

Le « Compte Personnel de Formation », institué au commencement par l’A.N.I du 11 janvier 2013, concerne les salariés, tous les salariés du privé. Il s’agit d’une application informatique, gérée par la Caisse des dépôts et consignations. Ce « compte » est obligatoire et sa mise en œuvre, reportée d’un an, a débuté le 1er janvier 2016. La carte d’identité professionnelle, le nouveau « livret »  en janvier 2017.

ils ne parlent plus de droit « droit a la formation, DIF, mais de compte.

De fait, le CPA et sa carte d’identité , le  « compte », traitement automatisé de données personnelles, est le nouveau livret ouvrier du XXIème siècle.

Un livret ouvrier numérique qui englobe un « passeport d’orientation, de formation et de compétences » mis en place par les lois n° 2009-1437 du 24 novembre 2009 et n°2014-288 du 5 mars 2014 qui est la déclinaison française du grand C.V électronique européen (« Europass ») mis en place en 2004. Le « compte » ne recense pas que les informations sur la formation du salarié, il comprend au moins 83 champs, dont l’identifiant le plus liberticide, celui de la sécurité sociale, le handicap éventuel, l’adresse éventuelle à l’étranger, les numéros de téléphone et l’adresse électronique, les périodes d’inactivité avec les dates et les causes, la durée du travail, la rémunération, l’effectif de l’entreprise, la date éventuelle de décès.

Le « Compte personnel d’activité » ne viendrait qu’achever le processus totalitaire qui a pour objet et pour effet de mettre en concurrence tous les travailleurs (salariés ou non) et de donner aux employeurs tous les arguments pour en jouer.

 

Si on demande à des inspecteurs du travail ce qu’il faudrait faire pour réellement lutter contre le travail non déclaré, ou contre les fameux 450 000 « travailleurs détachés » européens à basse protection sociale, ils ont les réponses.

Mais, depuis un quart de siècle que les gouvernements successifs disent que cela fait partie de leurs actions prioritaires, ceux qui sont en première ligne pour en juger savent qu’il y a là un gros mensonge. La logique à court terme du capitalisme, un maximum de profits, passe par un minimum de salaires et pour cela, tous les moyens sont bons, des salariés et des heures non déclarés aux salaires légal et conventionnels non respectés.

la loi Macron avait  aussi masqué l’affichage sous le titre « Lutte contre la prestation de service internationale illégale ».

il s’agissait de diminuer les contrôles en fait :  par l’organisation du laisser-faire pour les infractions au détachement illégal de salariés.

Mode d’emploi : si un agent de contrôle constate des infractions au salaire minimum, à la durée du travail ou « des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », il doit… donner un « délai » (qui sera fixé par décret…) à l’employeur pour se mettre en règle ! Si rien n’est fait au terme du délai, l’agent de contrôle doit… faire un « rapport administratif » à l’« autorité administrative » (non désignée par la loi, mais ce sera le D.I.R.E.C.C.T.E). Celui-ci, au vu de ce rapport et « eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés » pourra, par « décision motivée » suspendre la prestation en question pour « une durée ne pouvant excéder un mois » ; il met bien sûr fin à la mesure si l’employeur justifie de la cessation de ses manquements ; et si l’employeur refuse de suspendre son activité, il peut fixer une amende administrative mais avec circonspection : il doit en effet prendre en compte, non seulement les« circonstances et la gravité du manquement » mais aussi le « comportement de son auteur ainsi que ses ressources et ses charges ». Les employeurs ne sont décidemment pas des citoyens comme les autres.

 

Une partie du patronat du bâtiment  s’est affranchie depuis plusieurs années des obligations du code du travail et de la convention collective en faisant venir plus de 350 000  salariés « détachés » sur les chantiers.

Cela  a pour conséquence une exploitation féroce de salariés contraints par la misère dans leur pays  d’accepter les conditions de ces négriers.  Mais cela a aussi des conséquences directes sur tous les salariés de nos professions en privant d’emploi des jeunes, en tirant vers le bas les salaires (les minima de nos professions ont été bloqués pendant deux ans). C’est plus de 50 000 emplois nets a temps plein en moins dans la profession en France.

Et cela crée derrière la fausse concurrence, pas libres et totalement faussée, derrière le torpillage du salaire brut, ds rivalités, du racisme, de la xénophobie. C’est pour cela que la première mesure d’un président doit etre de l’abroger unilatéralement, immédiatement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne faut pas baisser le coût du travail il faut augmenter les salaires et baisser le cout des actionnaires, des dividendes, du capital

Le seul vrai salaire qui compte c’est le salaire brut, il est trop bas

Vouloir baisser le salaire brut pour hausser le salaire net c’est une manipulation anti sociale, anti salaire socialisé

Il ne faut pas baisser le salaire, il faut l’augmenter, brut et net.

La CSG existe, elle est classée comme une contribution sociale. Ce n’est pas un impôt. Elle doit aller dans les caisses de protection sociale.

(Historiquement nous sommes contre la CSG et pour des cotisations sociales, nous sommes contre la fiscalisation de la sécurité sociale, contre son étatisation, pour qu’elle soit à nouveau gérée par les syndicats)

Nous sommes pour des cotisations sociales pré affectées. pas pour les baisser mais pour les augmenter selon les besoins sociaux : retraites, maladie, chômage…

 

 

 

Une seule Sécu pour tous ! halte au millefeuille des complémentaires et mutuelles

- Comment voyez-vous l’articulation entre assurance maladie de base et complémentaires santé ? (Quel devrait être selon vous le panier de soins remboursable pas l’assurance maladie ? Faut-il augmenter les remboursements de la Sécurité sociale ? L’optique et le dentaire devraient-ils basculer intégralement vers les complémentaires ? Les complémentaires se plaignent de ne pas pouvoir co-piloter le système avec l’assurance-maladie, qu’en pensez-vous ?)

J’ai une position tout à fait tranchée et révolutionnaire : je suis opposé à tout le système de complémentaires, d’assurance prévoyance, et de mutuelles multiples. Je suis contre ce millefeuille absurde, couteux, et injuste. Absurde parce qu’il est complexe, lourd, bureaucratique. Couteux parce que les frais de gestion sont augmentés de façon scandaleuse : alors que la gestion de la « Sécu » coute environ 4,5 % de frais, celle des autres systèmes coûte autour de 25 %. Il existe maintenant 1100 mutuelles, ça n’a aucun sens, plus aucun rapport avec le mutualisme des origines. La seule vraie grande mutuelle doit redevenir la sécurité sociale, avec des cotisations uniques et proportionnées pour toutes et tous. Ceux qui cherchent toujours des simplifications devraient s’en réjouir non ? Des économies seront réalisées et on pourra enfin rembourser la lunetterie et la dentisterie, entre autres. Et ce sera plus juste pour tout le monde, ce sera le retour à l’égalité équilibrée de tous devant l’accès aux soins. Je le dis aussi pour toutes les cotisations des « indépendants » type RSI : elles doivent toutes revenir à la Sécu, aux caisses de protection sociale.

Ensuite comment cela doit il être « piloté » ? Démocratiquement ! La LFSS de Juppé 1995 est un échec : Bercy fait tout bureaucratiquement et quelques députés se relaient dans l’Assemblée nationale pour valider… Non, il faut en revenir à une gestion par les représentants des salariés et assurés eux mêmes, avec des élections à toutes les caisses sociales. Puisqu’il s’agit du principal des trois budgets de la nation, celui qui génère le moins de dette et de déficit, il doit être contrôle géré par ceux qui sont concernés : cela donnerait naissance a un « parlement social ». Les syndicats pourraient faire campagne tous les cinq ans, défendre leurs programmes sociaux et ça leur donnerait un rôle constructif réel et définirait leur représentativité.

Que les salariés des Mutuelles se rassurent à propos de l’emploi, ils seront ré embauchés à la Sécurité sociale !  Que nul ne s‘inquiète, cela dégagera d’énormes économies de frais de gestion pour le bien de tous, salariés et usagers !

J’ajoute qu’il y aura vraiment une nouvelle  branche jeunesse pour les jeunes en formation de 18 à 25 ans, et une branche dépendance pour le quatrième âge.

-   L’ANI, soit la complémentaire obligatoire en entreprise, a abouti à une forte segmentation des couvertures : CMU, ACS, complémentaire en entreprise, complémentaire seniors, complémentaire individuelle. Envisagez-vous une réforme pour sortir de cette complexité ? Comment voyez-vous les choses à ce sujet ?

Je me suis opposé à l’ANI du 11 janvier 2013 sur presque tous les points mais particulièrement celui-là. J’ai défendu les fondements de la Sécurité sociale tels qu’ils étaient posés dans  Les Jours heureux, le programme du Conseil national de la Résistance : « Chacun contribue selon ses revenus, chacun reçoit selon ses besoins. » Les mutuelles ont imposé leur maintien à côté de la sécurité sociale, sur la base d’une contribution volontaire et d’un « retour » plus ou moins inégal. Plus on avait les moyens de « se payer » une bonne mutuelle, plus on pouvait escompter recevoir.

Cela a ouvert une brèche qui n’a cessé de s’agrandir : les assurances privées fonctionnent avec le même principe, mais avec la rétribution des actionnaires en plus… enfin, en moins pour les salariés.

L’ANI, a rendu obligatoire l’adhésion des salariés à une complémentaire santé, qui peut être une mutuelle (56 % du marché actuel de 25 milliards d’euros), ou une institution « paritaire » de prévoyance (17 % du marché) ou encore une assurance privée (27 % du marché), ce qui a effacé le principe de base de la sécurité sociale.

Cela a aggravé le « millefeuille » diversifié et inégal de cotisations et assurances privées « complémentaires » au détriment des principes fondamentaux de la sécurité sociale : des cotisations proportionnelles de toutes et tous, collectées par les mêmes caisses et redistribuées à chacun selon ses besoins.

Le système du « millefeuille » cotisations, mutuelles, complémentaires, prévoyance et assurances, contribue aussi à dissimuler l’origine de la richesse liée au travail et à détourner ce salaire socialisé que sont les cotisations sociales vers la poche des dirigeants des organismes  «complémentaires ». Et les sommes en jeu, autour de 4 milliards d’euros, ne sont pas négligeables.

Mais pour ceux qui n’avaient pas de « complémentaire santé », est-ce que ce n’est quand même pas mieux que rien…

Chaque recul est justifié par ce type d’arguments : « mieux que rien ». Le recul de tous contre le « bénéfice » de quelques-uns. Il faut d’abord signaler que la complémentaire santé n’est pas acquise pour tous : les jeunes non-salariés, les retraités et les chômeurs ne sont pas concernés. Pour les salariés, il reste environ 400 000 personnes qui n’ont pas de complémentaire santé.

Le nombre de 4 millions de personnes, parfois avancé, correspond au nombre de salariés qui n’ont pas de couverture par leur entreprise et qui, depuis le 1er janvier 2016, sont censés l’avoir par contrat d’entreprise. Mais ces personnes cotisent plus que les autres salariés, l’ANI ayant fixé à 50/50 le partage de la cotisation entre le salarié et l’employeur, alors que la moyenne de la répartition était de 47/53. À noter aussi que le Medef, au sein duquel les sociétés d’assurances tiennent une bonne place, a combattu pour que ce soit les chefs d’entreprise qui décident en dernier ressort de l’affectation de ces prélèvements. Le Conseil constitutionnel, « au nom de la liberté d’entreprendre », a donné raison au Medef et ce sont donc les grands groupes d’assurances qui en bénéficient.

Pour autant, la concurrence a été féroce pour s’accaparer le marché, car tous les contrats actuels, qu’ils soient d’entreprise ou de branche, sont revus au moment de leur renouvellement. Le mode de désignation de l’organisme complémentaire est le seul point qui ait fait l’objet de débats acharnés, entre la négociation de l’ANI et l’adoption de la loi Sapin du 14 juin 2013 et même au-delà, avec un recours en Conseil d’État pour faire respecter la « saine » concurrence.

Et quel bénéfice pour le salarié ? Un « panier de soins » plus réduit que tous les autres … Les « avantages » prévus pour la dentisterie et la lunetterie sont inférieurs à ceux de la « complémentaire santé » liée à la C.M.U ! Pour ces nouvelles complémentaires, l’ANI précise aussi que les contrats donnent lieu à exonération de cotisations sociales pour les patrons, mais que le tout pour le salarié, est soumis à fiscalité !

-   Quelle est votre position sur le tiers payant généralisé ? Quelles sont les mesures que vous préconisez pour améliorer l’accès aux soins ? Comment lutter contre les déserts médicaux ?

Plus brièvement : le tiers payant doit être systématique, et les moyens doivent être donnés à tous les médecins et maisons de santé pour ce soit pris en charge de façon simple et efficace. Les progrès de la numérisation vont permettre cela et enlever toutes les lourdeurs de gestion et de paiement.

L’accès aux soins ? Mais il faut supprimer immédiatement le numerus clausus, et former un nombre important de médecins compétents non seulement pour nos besoins nationaux dans tout le pays mais pour les exporter dans les pays en développement qui en ont tant besoin et avec lesquels nous coopérons.

Il n’est pas difficile, à l’image de ce qui se fait dans l’installation et les mouvements de la fonction publique, avec des aides et subventions de faciliter des parcours assistés de médecins jeunes et en cours de carrière afin d’empêcher tout désert médical. Ne serait ce que par le développement aidé de maisons de santé généralistes ou spécialisées (PMI).

-   Quelle est la mesure phare que vous souhaitez mettre en avant sur ces questions de financement et d’organisation de la protection sociale santé ?

La fin du « millefeuille » !  Le retour à une grande Sécurité sociale appuyée sur les fruits du travail, gérée démocratiquement par le Parlement social des organisations syndicales des salariés, jeunes en formation, chômeurs et retraités, ce sera économie et démocratie, justice et égalité.

(Rappelons à tous qu’il y a trois budgets séparés en France.

-             Le budget de l’état qui pèse environ 300 milliards, génère 78,5 % de la dette présumée du pays : non pas parce que l’état dépense trop, mais parce qu’il n’a pas assez de recettes ! (si le taux d’imposition de Lionel Jospin avait été maintenu de 1999 jusqu’à aujourd’hui, il n’y aurait de dette !)

-                 Le budget des collectivités territoriales environ 200 milliards ne génère, lui, que 11,5 % de la dette présumée du pays. Le réduire c’est nuire a toute l’économie, aux investissements de toutes sortes et à la protection sociale.

-                 Le budget de la protection sociale pèse environ 450 milliards, c’est le plus important mais il est presque équilibré et n’a généré que 10 % de la dette présumée du pays (soit 210 milliards sur 2100 milliards environ).

Notons que ce dernier est le seul auquel a été appliquée la brutale « règle d’or » de Mme Merkel : il ne connaît presque plus de déficit… ce qui est un scandale, car, avec 6,625 millions de chômeurs, il devrait être en grand déficit ! Si ce n’est pas le cas, c’est que la vis a été serrée partout : soins dé-remboursés, hôpitaux traités honteusement comme des entreprises, renvoi au financement par « millefeuilles » privé couteux… et au détriment des malades les plus démunis et des personnels de santé gravement surexploités et maltraités – comme on le voit encore avec les infirmières en lutte.)


 

Le socialiste de gauche élu le 29 janvier aura un rôle décisif pour construire un gouvernement de toute la gauche avec Mélenchon et Jadot

Mobilisation pour les primaires de gauche les 22 et 29 janvier

Les grands médias essaient de la jouer négative : ils annoncent ce matin que la primaire socialiste de fin janvier sera un échec. France inter relaie même l’idée qu’élire » un figurant »  mobilise moins que d’élire un gagnant potentiel, et que c’est ça qui fait la différence avec la primaire de la droite.

Mais ils ne réussiront pas à désintéresser la gauche de l’enjeu de la primaire citoyenne ouverte à toute la gauche et aux écologistes.

D’abord parce que les sondages indiquent que 2 millions d’électeurs de gauche ont l’intention de se déplacer. Et ça, avant même que les débats réels aient commencé

Les inscriptions sur les listes électorales sont en hausse de 160 %, plus de 600 000 inscrits de plus, nous sommes dans un pays hyper politisé qui n’a pas l’intention de se laisser priver de ses choix possibles, dans cette élection décisive sous la V° République.

Ensuite, parce que le succès ou l’échec de la gauche le 23 avril et le 7 mai va dépendre du choix du 29 janvier

Ce ne sont absolument pas des « primaires socialistes », car les socialistes encartés, il n’en reste plus beaucoup ! Seulement 30 000 ont voté le 8 décembre 2016 pour désigner leurs candidats aux législatives et sénatoriales.  S’il y a 1 970 000 citoyens de gauche qui ont l’intention de venir voter, ca devrait être pour la gauche socialiste, pas pour conforter la politique suivie depuis cinq ans par Hollande-Valls-Macron ou Cambadelis.

 

Si, par malheur, c’était un socialiste droitier comme Valls qui l’emportait, l’affaire serait pliée, pour deux raisons :

-       avec Valls, c’est foutu, c’est impossible, il n’y aura pas d’unité de la gauche, il perdra, il sera même derrière Mélenchon, et la gauche sera éliminée des le 23 avril à 20 h.

-       Avec Valls et son social-libéralisme, plus libéral que social, il est impossible de proposer une réelle alternative politique à Fillon. Valls c’est 30 % de Fillon. C’est plié sur le fond.

 

Tandis qu’avec Hamon ou Montebourg, ils l’ont annoncé tous les deux, s’ils gagnent le 29 janvier, ils appelleront Mélenchon et Jadot afin de construire un programme commun de gouvernement.

Un tel programme ne peut être qu’au carrefour des trois. Il ne peut qu’unifier la gauche en son cœur.

Et dès lors tout redevient possible, la victoire de la gauche redeviendra possible à cette présidentielle. Elle écartera  le triste bilan du quinquennat et ouvrira un horizon rempli d’espoir.

Ce sera un déclic. Ce sera l’élément nouveau de la campagne. Ca renversera la table.

On pourra à nouveau parler de redistribution des richesses comme instrument immédiat de la relance, de la sortie de crise, hausse du smic et des salaires, réduction du temps de travail à 32 h, retour à la retraite à 60 ans, pas de salaire supérieur à 20 smic, réforme bancaire et fiscale…

Comme au Portugal, on pourra avoir une plateforme PCF, PG, PS et non seulement battre Fillon mais gouverner à gauche pour de bon de 2017 à 2022.

 

Pour cela il faut résister aux grands médias qui, en sabotant la primaire, tentent de saboter les chances de sursaut et de victoire de la gauche.

Venez voter, par millions.

Venez battre Valls le héros du 49 3 et de la scélérate loi El Khomri.

Venez sanctionner la politique catastrophique qui nous a été imposée, contre notre gré, depuis 2012.

Venez participer à nettoyer la gauche de l’image du quinquennat sortant.

Venez participer à la reconstruction de la gauche.

Venez choisir un candidat unitaire qui peut faire l’unité.

Venez choisir un programme qui va dans le bon sens et forcément encore davantage à travers l’alliance avec Jadot et Mélenchon.

 

 

Ci-joint un montage vidéo avec l’enregistrement son de l’itw de Gérard à LCP/Sud Radio du 2 janvier 2017

C’est ici :

Gérard FILOCHE faisait le point sur la primaire de gauche à laquelle il ne pourra participer et sur les programmes des participants de gauche et…
YOUTUBE.COM

 

(Résumé de l’intervention de Gérard Filoche sur Sud Radio ce mardi 3 janvier à 8 h)

 

Primaire à gauche : Filoche n’a « pas choisi » entre Hamon et Montebourg


Par Jérémy Jeantet
Publié le 03/01/2017  à 09:07

 

Après avoir vu sa candidature à la primaire de la gauche invalidée, Gérard Filoche se dit confiant quant à la mobilisation des électeurs. Il souhaite que se tourne la page Valls, indiquant également ne pas avoir choisi entre Benoit Hamon et Arnaud Montebourg.

Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste 

JOEL SAGET / AFP
Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste

Invité politique du Grand Matin Sud Radio, Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, s’est dit confiant sur la mobilisation des électeurs pour la primaire de la gauche.

« Nous n’en sommes qu’au début, nous ne votons que dans 21 jours, a-t-il rappelé. Je pense qu’il y aura un engouement similaire à celui qu’il y a eu pour la droite. Ce n’est pas impossible de faire comme en 2011. »

« Le PS a été totalement arbitraire, anti-démocratique »

Quelques semaines après l’invalidation de sa candidature, Gérard Filoche assure être plus intéressé par « le débat d’idées » que par sa propre personne, mais il ne décolère pas pour autant : « Ils avaient décidé avant que je ne serais pas candidat, qu’il n’y en aurait que 7. Ils ont été totalement arbitraires parce que, parmi les 7, 3 n’ont pas de parrainages. Jean-Christophe Cambadélis avait même dit qu’Emmanuel Macron pourrait se présenter sans parrainages. Ils se sont moqués du monde, ont été totalement anti-démocratiques. »

S’il n’est donc pas candidat, il avoue ne pas savoir qui il soutiendra, entre Arnaud Montebourg et Benoit Hamon. Et confie que l’objectif premier, c’est de « battre Manuel Valls »« Manuel Valls, c’est Brutus. Il a tué Hollande et après, il dit qu’il va défendre son bilan. Valls, c’est le 49.3, le CICE, le travail le dimanche. C’est tout le contraire d’une politique de gauche. Il faut dire ‘ça suffit’ à Manuel Valls. »

« Avec Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg, on peut changer »

A l’inverse, lui se dit favorable au « retour à la retraite à 60 ans, à la réduction du temps de travail à 32 h, à interdire les salaires de plus de 20 fois le Smic. Je me bats pour que Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg reprenne ces éléments. »

« Avec Valls, on connaît, c’est comme du pudding qu’on mange depuis 3 ans, a poursuivi Gérard Filoche. Je sais qu’avec Hamon ou Montebourg, on peut changer. Ils ont dit que s’ils gagnent, ils appellent Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon pour proposer un programme commun de Gouvernement. S’il y a un accord, ce sera un accord de Gouvernement et c’est Fillon qui perdra. »

Une approche politique qu’il reprend pour évoquer le sort sans-abris qui n’arrivent pas à trouver d’hébergements malgré l’activation du plan grand froid : « J’ai visité le Samu social la semaine dernière. Ils ont des moyens insuffisants parce que Cazeneuve, Sapin et Valls sont au pouvoir et que, depuis 5 ans, ils ont rendu l’argent à la finance et pas aux gens. Moi, je veux une gauche qui fasse du bien aux gens et pas à la finance. »

Réécoutez l’interview de Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, invité politique de Caroline Jacquier dans le Grand Matin Sud Radio


 

Cher Arnaud, Cher Benoît,

 

Le Comité national d’organisation ou La Haute Autorité, surtout la direction actuelle du PS, n’ont pas validé ma candidature aux primaires citoyennes ouvertes à la gauche et aux écologistes des 22 et 29 janvier.

Le nombre significatif de mes soutiens : celui de nombreux élus socialistes, celui des quelques 13 500 citoyens de gauche, puis des 5 500 signataires du recours mobilisés en 48 h ont légitimé le discours de campagne que je tenais depuis le mois de juin 2016. C’est parce que ma candidature répondait à un besoin social profond (la défense des petits salaires et des petites retraites) que Jean-Christophe Cambadelis s’est montré déterminé à empêcher que je puisse parler aux électeurs de gauche.

Ils ont fait exploser les critères de sélection des postulants candidats en cours de route : parrainages ou pas, BAP ou pas, « wild card » ou pas… Le juge des référés a ouvert la porte à cette reconnaissance de l’éclatement scandaleux des règles mais il a refusé de s’engager plus loin.

Malgré mon éviction, mes amis et moi, et ceux qui nous ont rejoint, nous voulons plus que jamais sanctionner le bilan du quinquennat incarné aujourd’hui par Manuel Valls : c’est le TSCG, le CICE, les lois Sapin (ANI), les 6 trimestres supplémentaires pour la retraites, les lois Macron, El Khomri et six 49.3 scélérats.  Nous voulons faire réussir les primaires et faire gagner la gauche socialiste.

 

La gauche pour repartir et regagner une confiance de masse ne peut faire autrement que de rompre avec cet échec de 5 ans, qui nous a fait perdre 5 élections, qui a produit 1,3 million de chômeurs de plus, qui a donné 41 milliards de CICE au patronat au lieu d’aider l’emploi direct, une austérité qui cassait la relance, et enfin ils ont brisé 100 ans de droit du travail –même le dimanche ! … Sans oublier le refus de l’amnistie des syndicalistes, le projet de déchéance de nationalité après le rejet des roms et la stigmatisation des musulmans, ni les voyages en Chine pour dénigrer les 35 h ou en Arabie Saoudite pour dénigrer les salariés d’Air France traités, depuis là-bas, de « voyous ».

Après tant de déception, et, disons-le, d’un sentiment de trahison qui fait si mal, la reconquête de l’électorat, à la présidentielle et d’abord aux primaires, passe forcément par une bataille pour l’unité de la gauche autour d’un projet convaincant, répondant clairement à ses attentes et à une exigence sociale exacerbée.

 

Le projet que je souhaitais présenter à nos concitoyens porte le social au cœur avec des mesures phares à satisfaire dès le début du quinquennat et parmi elles : une hausse significative du SMIC et des plus bas revenus, la  réduction du temps de travail à 32 h hebdomadaires, la limitation du travail précaire, le contrôle des licenciements boursiers, le plafonnement légal des rémunérations annuelles des  dirigeants d’entreprises, l’extension des conditions de retour à la retraite à 60 ans, une réforme fiscale, une réforme bancaire, une transition écologique, une marche à la VI° République.

 

L’ espoir du succès de la gauche à la présidentielle passe par le rassemblement de ses composantes autour d’un socle commun porté par une candidature unique, que j’appelle inlassablement de mes vœux depuis plus d’un an.

 

J’ai l’intention, avec mes amis de Démocratie & Socialisme, avec tous ceux qui m’ont soutenu,  de poursuivre cette bataille politique. Nous souhaitons que cette bataille pour battre Valls et mettre le social au cœur soit le fait d’un rassemblement large afin que les 22 et 29 janvier, le renouveau socialiste l’emporte et que celui de vous deux qui sera le mieux placé gagne la bataille face à Manuel Valls et son bilan antisocial.

 

Au départ, vous vous en souvenez, puisque je vous ai écrit et contacté à plusieurs reprises depuis septembre, j’avais voulu qu’on fasse des gestes clairs de rassemblement entre nous quatre – avec Marie-Noëlle Lienemann. Je vous le propose de nouveau.

Je vous suggère de l’accepter car il y a deux tours, et il va falloir additionner impérativement nos voix,  les vôtres et celles qui s’apprêtaient à venir spécifiquement me soutenir, il faut pour cela une dynamique politique.

 

Je suis prêt à faire campagne avec vous pour battre Manuel Valls et je souhaite, pour cela, que vous apportiez des précisions dans le débat public sur :

- la hausse des salaires et la façon de prendre sur les dividendes (qui n’ont jamais été aussi élevés)

- la façon dont vous envisagez l’abrogation de la loi El Khomri

- la façon dont vous comptez tous deux proposer en cas de victoire, dès le 30 janvier un programme de gouvernement commun à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, car nous le savons, sans dynamique unitaire la gauche sera écartée le 23 avril à 20 h.

- les  initiatives que vous comptez prendre pour parvenir à une candidature unique sur la base d’une plateforme commune afin d’aborder au mieux non seulement la présidentielle mais aussi les législatives.

 

Dans l’attente de vous lire et de nous rencontrer, je vous adresse, cher Arnaud, cher Benoît, l’expression  de mon amitié socialiste, unitaire et combattante et aussi celle de tous mes amis organisés autour de la revue mensuelle « Democratie & socialisme ».

 

Gérard Filoche, vendredi 30 décembre