L’état de droit, c’est moi, Macron Bonaparte de pacotille

 

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

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L’État de droit, c’est moi !

27/07/2018 | Jean-Jacques Chavigné
Bien des Bonaparte avaient leurs hommes de mains, leurs nervis, leurs sociétés du 10 décembre, leurs fonctionnaires plus fidèles à leur chef qu’aux institutions, pour nettoyer le terrain de tout ce qui aurait pu gêner le Bonaparte. C’était le cas pour le Napoléon 1er, pour Napoléon III, dit le petit, pour de Gaulle, et son Service d’action civique (S.A.C.) mais aussi pour Mitterrand avec sa « cellule de l’Élysée » et ses nervis en tenues de plongeurs sous-marins, coulant le Raimbow Warrior en 1985. 

La « société du 10 décembre » de Macron a encore quelque chose d’artisanal mais il est à craindre qu’elle soit appelée à un bel avenir quand on observe la façon dont Macron essaye d’en finir avec la crise actuelle.

Macron est un Bonaparte de pacotille

Macron est un Bonaparte de pacotille car un Bonaparte se doit d’apparaître comme étant au-dessus des classes, comme un « arbitre » au dessus des partis, tout en faisant la politique de la bourgeoisie, aujourd’hui, celle des 0,1 % les plus riches qui possèdent les grandes entreprises, les médias (75 premières pages de magazine pour Macron avant qu’il n’ait sorti une seule ligne de son programme en 2016-2017) et les banques.

Napoléon Bonaparte, comme son nom l’indique, était un vrai Bonaparte, Louis-Napoléon l’était un peu moins, mais tous les deux, non contents d’apparaître (conjoncturellement pour le second) au-dessus des classes, s’appuyaient sur une multitude de petits propriétaires terriens qui voyaient en eux les héritiers de la Révolution française. La Révolution qui leur avait permis d’accéder à la propriété de leur lopin de terre. Ils pouvaient donc, tous les deux,  gagner à coup sûr leurs plébiscites.

De Gaulle s’appuyait sur tous ceux qui croyaient voir encore en lui le dirigeant de la France libre et celui qui pouvait les préserver d’un nouveau coup d’État militaire, succédant à celui du 13 mai qui avait permis au « Général » d’accéder au pouvoir et de se tailler une Constitution à sa mesure, celle de 1958. Il pouvait donc, sans coup férir, gagner ses référendums… jusqu’à celui de 1969.

Macron, le chargé d’affaire des 0,1 % les plus riches ne peut s’appuyer que sur les dirigeants de start-up et une fine couche de cadres supérieurs, ce qui n’est pas grand-chose. Sa volonté d’apparaître au-dessus des classes, d’être à la fois « et de droite et de gauche », a rapidement fait long feu et il n’a pas fallu un an pour qu’il apparaisse aux yeux du plus grand nombre pour ce qu’il est réellement : le « président des très riches ». Et dès sa mise en place, le Premier ministre s’est trouvé réduit  au rôle de 1er commis de ce chargé d’affaires de la bourgeoisie.

Si Macron était un véritable Bonaparte, il soumettrait sa réforme institutionnelle à un référendum. Il en est bien incapable, car il sait que le résultat serait couru d’avance. De Gaulle, à chaque référendum affirmait « C’est moi ou le chaos ! ». Avec Macron, c’est déjà le chaos.

La contradiction entre la haute idée que Macron se fait de lui-même et le vide politique sidéral qui accompagne sa « pensée complexe » ont fini par éclater au grand jour. La contradiction devenait de plus en plus flagrante pour qu’il en soit autrement. Il semblait avoir remporté une victoire contre les cheminots et pourtant aucun boulevard ne s’ouvrait devant sa politique, contestée par des couches de plus en plus larges de la société. Ceux qui faisait encore confiance en sa volonté de « transparence » sont, maintenant, de plus en plus nombreux à percevoir l’opacité de son pouvoir.

La stature de Bonaparte de Macron ne tient qu’aux institutions de la Vème République, mises en place par Charles de Gaulle. Ces institutions sont, pourtant, devenues rapidement trop larges pour ses successeurs : Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et surtout, maintenant, pour Macron, cet ingénu néolibéral. Ingénu parce qu’il n’a aucune expérience, aucune épaisseur politique et qu’il reste persuadé qu’un État se gère comme une entreprise avec tout l’arbitraire, la violence sociale qui en découle : un Trump au petit pied. Néolibéral parce qu’il est persuadé que la théorie du ruissellement » (même rebaptisée des « premiers de cordées ») est la seule réaliste et qu’il n’y a pas d’alternative.

Pas de Président sans l’appui d’un puissant parti

Tous, sauf Macron, avaient un parti puissant et expérimenté qui leur avait permis de gagner l’élection et de labourer le terrain des circonscriptions : le PS, l’UDF ou le RPR et ses nombreux avatars.

Les débats à l’Assemblée nationale ont montré l’amateurisme, le caractère évanescent de la REM dont les députés se sont trouvés incapables de répondre aux accusations des oppositions, de gauche comme de droite. Tous se réfugiaient derrière le Bonaparte de salon et lorsque ce dernier est passé du statut de « Jupiter » à celui de « muet du sérail », ils se sont retrouvés complètement déboussolés, incapables de gérer une crise à laquelle leur chef était incapable de faire face.

Ce n’est pas avec un tel parti dont les capacités politiques se limitent à la répétition des « éléments de langages » de l’Élysée, que Macron peut espérer « repartir à la conquête de l’opinion ».

Que faire après que tous les fusibles aient grillé les uns après les autres ?

Macron a d’abord affirmé que tous les responsables seraient sanctionnés. Mais, après que tous les fusibles politiques aient grillé, que tous les personnages audités par les Commissions d’enquête parlementaires se soient défaussés sur l’Élysée ou, plus honteusement, sur leur propre administration, il a été obligé de changer son fusil d’épaule.

Incapable de s’adresser à l’ensemble des citoyens, il a fini par avouer, devant son clan qui lui doit tout, qu’il était le seul responsable de l’ « affaire Benalla» qui devient donc l’ « affaire Macron-Benalla ». Il a même ajouté : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher ! »

Cette posture est non seulement d’une insigne lâcheté mais elle est aussi lourde de conséquences.

Elle est d’une insigne lâcheté car les articles 67 et 68 de la Constitution sont extrêmement difficiles à mettre en œuvre et qu’en pratique, un président de la République, est irresponsable juridiquement, tout comme il est irresponsable politiquement, puisqu’il peut dissoudre l’Assemblée nationale, alors que cette dernière ne peut pas mettre fin à ses fonctions. Il est donc impossible d’aller « le chercher » ! Il le sait et c’est pourquoi il joue les matamores.

Cette posture est, surtout, très lourde de conséquence car elle prend le risque que tout haut fonctionnaire se sente, demain, lui aussi irresponsable juridiquement, supposant qu’en dernier ressort, le Chef de l’État, mis devant le fait accompli, couvrirait ses turpitudes en se déclarant « seul responsable » comme il l’a fait pour l’ « affaire Macron-Benalla ». La démocratie vient, là encore, d’en prendre un sacré coup.

La « démocratie illibérale » de Macron

Tout son discours sur la « démocratie illibérale », contre le hongrois Victor Orban et son comparse polonais, déjà bien mis à mal par l’inscription de l’essentiel de l’état d’urgence dans le droit commun, la brutalité des interventions policières (très rarement sanctionnée) contre les manifestations ou sa politique envers les migrants, se retrouve maintenant vidé d’une très grande partie de son contenu.

L’État c’est moi affirmait Louis XIV. Macron répète l’aphorisme du Roi soleil mais sous la forme d’une farce, en décrétant que l’État de droit, c’est lui puisqu’il a tous les droits. Il affirme être le « seul responsable » de l’affaire Macron-Benalla alors qu’il sait fort bien que la Constitution de 1958 le rend « irresponsable ». Il n’hésite pas, non plus, à se moquer cyniquement des étroites limites que cette Constitution impose à la « démocratie libérale » en déclarant avec arrogance « qu’ils viennent me chercher ! »

Macron ne semble même pas comprendre l’effet boomerang d’une telle phrase qui jette une lumière crue sur  les limites étroites imposées à la démocratie par la Constitution de 1958 et le pouvoir discrétionnaire dont dispose un président de la République.

Une réforme constitutionnelle qui a du plomb dans l’aile

Macron aura sans doute quelques difficultés à faire passer sa réforme constitutionnelle. L’Assemblée nationale dont il veut diminuer la représentativité et les pouvoirs est, en effet, apparue comme l’un des derniers remparts de la démocratie face au pouvoir personnel, discrétionnaire de Macron.

La seule réforme constitutionnelle à avoir un sens, dans l’immédiat, serait d’en finir avec l’irresponsabilité d’un chef de l’État qui n’a aucun compte à rendre et qui s’en vante.

Un Président évanescent et un parti majoritaire sans consistance

La flagrante évanescence du Président, incapable de s’adresser directement aux citoyennes et aux citoyens en pleine période de crise, aussi bien que l’apparition au grand jour d’une inconsistance aussi sidérante de LREM, rendent encore plus difficile d’accepter la politique menée par ce chargé d’affaires des 0, 1 % les plus riches qu’est Macron.

Napoléon (encore lui) disait que l’on pouvait tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus. Macron commence peut-être à s’en apercevoir. C’est à la baïonnette, avec un petit bataillon encore en formation mais appuyé par la grosse artillerie des médias dominants que Macron  avait conquis la présidence de la République, sur un champ de bataille bouleversé de fond en comble par le quinquennat misérable de Hollande, le « costume » de Fillon, la division de la gauche au 1er tour de la présidentielle et la nécessité de faire barrage à l’extrême droite au second.

Aujourd’hui, Macron se réfugie derrière la ligne Maginot des institutions de la Vème République mais ces institutions ne peuvent pas tout. Encore faut-il un homme (ou une femme) capable de les assumer et un parti majoritaire qui soit autre chose qu’un poulet sans tête, courant dans tous les sens, quand son chef fait faux bond et trouve plus prudent de se planquer derrière les murs de l’Élysée.

 

Jean-Jacques Chavigné

Bagagiste

Les bagagistes à Roissy, chez Fedex, sont obligés par leur employeur de porter des tenues uniformisées. Leur entretien est couteux, y compris celui des blousons chauds pour l’hiver. L’estimation des salariés, factures de pressing à l’appui, est en moyenne de 176 euros par mois. Dans ces cas là, de façon générale c’est l’employeur qui dédommage soit par prime forfaitaire, soit par note de frais réels. Fedex refuse : « N’allez pas au pressing » Ah oui, il faut les laver soi-même, et en dehors du boulot, bien sur ?

Les salariés, comme le mentionnait France inter ce matin 25 juillet,  sont obligés d’aller aux prud’hommes pour faire valoir leur droit.

C’est comme ces bagagistes poussés à devenir auto entrepreneurs : « Mettez vous à votre compte, faites vous payer à la pièce », tant par valise transportée, tant pour la durée et la longueur du transport, et payez vous mêmes vos assurances et protections sociales. Et comptez sur le pourboire du client, plus que sur le salaire versé par le donneur d’ordre.

 

Avant Hollande et El Khomri, Macron et Pénicaud,  le paiement du travail à la tache était clairement interdit. Le salaire devait être calculé en équivalent horaire, et les taux appliqués ne devaient pas être inférieurs au Smic net et brut. L’état de droit s’appliquait ainsi dans tout contrat de travail. Et les conventions collectives intervenaient en complément pour les primes de panier, de salissure, d’habillement et de douche, de nettoyage d’uniforme, de  temps de déplacement professionnel, de façon à pallier aux nuisances engendrées par le travail. Ce n’étaient pas des « régimes spéciaux » mais des conventions légitimes.

 

« J’ai entendu dire qu’il était en charge de la logistique des bagages »  disait sur BFM, le délégué général de « La République en marche », Christophe Castaner  à propos d’Alexandre Benalla qui se serait occupé des valises des « Bleus » sur le bus Impérial remontant les Champs Elysées au retour du Mondial de football. Payé à la tache ? De quelle convention collective relevait-il ?  Le 24 juillet, Macron a même fait applaudir le bagagiste Benalla. Peu de bagagistes se voient attribuer 7193 euros hors primes, logements et voiture de fonction. Toujours bien habillé, surtout pour TF1, comment les costumes et le pressing de M. Benalla ont ils été financés ?

 

Gérard Filoche  lire chaque semaine la chronique sur Humanite Dimanche, N°403 8° année

Il n’y a pas d’affaire Benalla, Crase, Mizerski mais une affaire Macron

23/07/2018 | la rédaction
C’était prévisible. Arrivé là « par effraction », créé artificiellement par les magnats des gros médias, le Medef, le Cac 40 et les banques, sans parti et sans base sociale réelle, Macron avait les pieds d’argile. 

Tout était résumé dans son choix de se dire jupitérien, un pouvoir personnel arbitraire au-dessus de tout : la 5ème République dans ses pires travers. Chargé de la colossale mission « thatchérienne » de créer une société post-salariale sans statut, de casser la SNCF et les services publics, de supprimer la Sécurité sociale et la retraite liée au salaire, ce Jupiter devait inévitablement déraper à la moindre occasion.

C’est son fantasme de toute puissance qui a explosé quand il a voulu renforcer les pouvoirs discrétionnaires de la 5ème République avec moins de députés et davantage d’autorité, y compris policière, dont il a abusé contre les salariés en grève, contre les cheminots, les postiers, les étudiants, les lycéens, et lorsqu’il a envisagé et commencé à faire fonctionner un corps spécial, sorte de garde présidentielle adaptée à ses mœurs  et ambitions.

L’affaire Benalla-Kraze-Mizerski et Cie fait exploser en plein vol le système Macron et donne l’occasion de le remettre au pas.

- Clarté et transparence : contrôle public du Parlement, de ses instances, des corps intermédiaires, des tribunaux avec des jugements et des sanctions  à hauteur de la gravité des faits.  Démission de tous les responsables impliqués.

- Cela suffit les impunités, après l’affaire Cahuzac, et à l’heure de l’affaire Urvoas-Solère qui devrait exploser elle aussi.

-Disons stop au coup de force de la révision constitutionnelle pour concentrer les pouvoirs, dont on voit à l’œuvre ce que cela donne avec Benalla.

-Imposons, au contraire, une marche à une 6ème République sociale, parlementaire, démocratique, transparente.

-Sinon, ce sera la continuation du quinquennat dans un sens autoritaire, réactionnaire et anti-social. La France n’a pas à subir encore 4  ans ces orientations et pratiques qui vont avec. La question de la destitution de Macron est posée. A la représentation nationale, de décider s’il faut faire usage de l’article 60 de la Constitution.

La responsabilité des forces de gauche est grande dans une telle situation. Reconstruire une alternative de gauche majoritaire est plus que jamais urgent. Il faut en finir avec la fragmentation actuelle de la gauche à un moment où le pouvoir macronien vacille.

 

 

affaire Macron : celle la elle est belle, les 3 la main dans le sac Mizerski, Benalla, Crases 3 des barbouzes recensés directeurs adjoint et « charges de mission » de l’Elysée et de LREM au boulot

Le temps au boulot

Pas besoin d’être Einstein pour connaître la relativité du temps. Il suffit d’’être contraints de bosser pour gagner sa vie. Je me souviens trop bien de mes deux années de travail de nuit, aux NMPP, quand j’étais ouvrier du livre. C’était dans le grand hangar boulevard Mac Donald, à la porte d’Aubervilliers, quand nous nous étions trois cent à recevoir, trier, préparer l’expédition des journaux la nuit. Il y avait une immense horloge qui trônait centralement et qu’on voyait de partout avec ses immenses aiguilles. Foutue horloge ! Foutues aiguilles ! Entre 9 h du soir et minuit, la grosse aiguille ne montait jamais. Elle trainait, trainait, et trainait encore et encore entre 22 puis 23 h avant d’arriver à minuit. C’était encore pire entre minuit et 3 h du matin : même quand on la regardait à la dérobée, l’aiguille ne redescendait pas, c’était long, long. Entre 2 h et 3 h du matin on croyait que ça durait 6 h. Apres 3 h ca allait mieux car la pause était à 4 h30 et on allait manger. Les femmes en grande majorité buvaient du muscat, et les hommes de la bière brune en mangeant notre plateau repas. Grâce à cet alcool, la dernière ligne droite s’effilochait plus vite et on prenait notre métro à 5 h 30. Ouf…
Pour ma fille qui a ses plannings RATP et commence à l’aube en ouvrant la grille de sa station tous les matins de la semaine à 5 h 20, c’est son « grand repos » qui lui parait court. Là, elle vient d’en avoir un de quatre jours. Superbe première belle journée, elle est libre, elle peut dormir, récupérer ! Le temps est long. Et puis le deuxième jour, elle s’éclate, elle sort et fait même la fête, youpi, elle vit. Survient le troisième jour, il est bon encore, on en profite un maximum, mais c’est déjà le troisième, jour, la veille du quatrième, le si proche, et finalement terrible quatrième, celui où on sait qu’on va reprendre le lendemain à 5 h 20, réveil à 4 h.
On ne va pas se consoler, en pensant qu’un quinquennat pour un « rien » comme Macron, ça peut lui paraitre long aussi, de quoi lui permettre de penser qu’il a tout le temps pour casser la Sécurité sociale, et puis hop un bon copain à vous, appelé Benalla fait une grosse bêtise et ça vous raccourcit le temps.
Gérard Filoche
lire rubrique « au boulot » chaque semaine dans l’Humanité dimanche

La « Sécurité sociale » chassée de la Constitution française ?

Ca fait des décennies que patronat et haut appareil d’état voulaient revenir sur le Sécurité sociale payée à la source, sous forme de « salaire brut » par les employeurs.

Au début les caisses de Sécurité sociale, fruit du travail, étaient logiquement gérées par les syndicats. (Cf. « La sociale » de Gilles Perret). Les ordonnances de 1966-67 De Gaulle-Pompidou remirent en cause cette gestion en donnant au patronat 50 % du contrôle des caisses (alors qu’auparavant les patrons n’avaient que 11,5 % des sièges selon le juste principe « un humain une voix »). Puis ils repoussèrent sine die les élections démocratiques aux caisses de sécurité sociale, les dernières ayant eu lieu en 1983. Michel Rocard en 1988 inventa une CSG, contribution qui n’était ni impôt ni cotisation, une sorte de « sas » pour passer du salaire brut à l’impôt, du système dit « de Bismarck » au système dit « de Beveridge ». Mais le Conseil constitutionnel freina et imposa quand même que cette CSG aille dans les caisses sociales, pas dans les caisses de l’état.

Michel Rocard puis Edouard Balladur différèrent les élections à la Sécu. Alain Juppé les supprima carrément et confia au Parlement la gestion du budget (appelé LFSS), resté distinct, des caisses Sécu. Ils appelèrent alors les « cotisations » des « charges » et les « réduisirent » peu à peu sous prétexte de « baisser le coût du travail ».

Aujourd’hui Macron annonce « la suppression des cotisations sociales » prélevées à la source et payées par les employeurs. Il veut les remplacer par des impôts prélevés à la source. Tout ira dans les caisses de l’état. Fin du salaire brut. Fin des cotisations pré affectées aux différentes caisses. Elles seront remplacées par des prélèvements non pré-affectés – donc à la merci des majorités politiques du moment. Un seul impôt, un seul budget, la « Sécu » n’est plus un sanctuaire, n’est plus un budget séparé.

Le budget de la Sécu ne générait que 10 % de la dette présumée du pays et il avait été puissamment soumis à l’austérité et à « la règle d’or » et brutalement équilibré. Le budget de l’état génère, lui, 78,5 % de la dette présumée : en fusionnant les deux budgets, ils vont pouvoir purger encore plus et réduire le volume du budget social, le vider de son « dingue de pognon ».

Curieuses gens, et capables de tout, hein, les ultra libéraux qui, prétendument, veulent « moins d’état »  : la Sécu était de droit privé, ils l’étatisent pour mieux la contrôler et la tuer.

Mais pour ça, il fallait changer la constitution : ils ont voté le 3 juillet de supprimer « Sécurité sociale » dans la Constitution française, et ne plus mentionner que « protection sociale ». Devant notre vive réaction, ils ont du reculer mais provisoirement, la bataille reste devant nous. Ils tentent encore, (Olivier Veran, le même député, amendement 1521, article 34 de la constitution) reviennent à la charge le 19 juillet afin d’essayer de « mélanger » l’institution  » Sécurité sociale »  sur le même plan que la « protection sociale » en général, leur idée étant de ne plus se heurter aux objections du conseil constitutionnel sur le « budget séparé ». C’est un peu comme si vous, vous remettiez l’argent de vos économies, de votre livret A d’épargne sur votre compte courant…

S’ils parviennent à achever ainsi cette contre-révolution sera achevée, ils auront mis 70 ans pour supprimer « la Sécu » issue du Conseil national de la Résistance.

 

Gérard Filoche

 

 

à lire chaque semaine la rubrique « Au boulot » dans l’Humanité Dimanche  -   ici la n° 399, 8° année

La « Sécurité sociale » chassée de la Constitution française


 

lundi 2 juillet 19 h Gérard Filoche au siège du PCF pour l’unité de la gauche pour une Europe Sociale https://youtu.be/NbFiNh99XOs via @YouTube

lundi 2 juillet 19 h  Gérard Filoche au siège du PCF pour l’unité de la gauche pour une Europe Sociale https://youtu.be/NbFiNh99XOs via @YouTube

 

Merci aux camarades du PCF pour la réunion du 2 juillet 2018.

Nous, GDS,  avions proposé à la mi mars 2018 à toutes les forces de gauche de se rencontrer a la fois pour soutenir les luttes sociales, notamment celle des cheminots, et à la fois sur le terrain politique en vue d’une liste commune aux élections européennes.

GDS a rencontré, pour cela, bilatéralement courant mars, le PCF, Générations, Ensemble, R&S, Nouvelle Donne.  Nous avons aussi proposé de rencontrer le NPA  et EELV,  FI et le PG.

 

A chacune nous avons proposé un texte « martyr » (cf.  site GDS) pour commencer à bâtir une plate forme électorale, appuyée sur 5 points centraux et fondamentaux :

-       1°) Contre la dictature de la finance : Halte à la fraude et l’évasion fiscale en Europe : 1000 milliards sont ainsi détournés. Priorité pour récupérer de toutes nos forces et par tous moyens ces 1000 milliards contre les fraudeurs, spéculateurs, banques, multinationales, pour une autre Europe sociale. La BCE doit prêter directement aux états.

-       2°) Egalité entre les peuples et les salariés : halte à la discrimination entre salariés européens, dénonciation immédiate de la directive « travailleurs détachés », salaire minimum en Europe aligné sur le haut, durée maxima du travail de 48 h respectée partout, un code du travail protégeant les travailleurs rédigé selon le principe de faveur

-       3°) Mieux être écologique : Halte à la destruction de l’environnement par la pollution (Volskwagen, le tout autoroute au lieu du fer et du fret) de la santé par l’agro industrie alimentaire et la malbouffe, et mise en œuvre décuplée des énergies durables

-       4°) Démocratie : priorité à l’Europe des élus, du Parlement contre l’UE technocratique, bureaucratique, libérale

-       5°) Europe ouverte préparant et permettant l’accueil des migrants, une Europe pacifiste  de coopération, de solidarité, pas de camps, pas de surarmement ni d’ingérences militaires.

Il s’agit de travailler, non pas à l’unité de pensée entre tous, mais à une plateforme électorale commune percutante, sur quelques slogans clefs, les meilleurs possibles capables de passer et de mobiliser largement.

 

La gauche actuelle est une mosaïque en danger mortel de morcellement si elle ne s’unit pas. Face à Macron, pourtant c’est plus vital que jamais de s’unir. Ce que nous n’aimons pas dans l’UE, c’est le poison Macron, c’est le libéralisme, pas l’Europe, Si la gauche choisit  de s’unir, elle peut passer en tête et rendre de l’espoir, renverser la donne actuelle. Rédiger une excellente plateforme commune n’est pas difficile, s’il y a une volonté pour cela.

 

Ceux qui, ayant déjà soutenu ensemble les luttes sociales, doivent commencer vite a rédiger une telle plateforme, il y aura une prime a l’unité parmi les électeurs et cela contribuera à faire réfléchir, et à faire venir travailler autour d’une table commune les composantes de la gauche qui refusent ou s’interrogent encore.

 

C’est pour cela que nous nous félicitons de l’invitation dans le même sens que le PCF nous a adressé ce lundi 2 juillet dans ses locaux. Nous les en remercions. Nous nous réjouissons que Ensemble, R&S, ND, Générations et des Verts, aient répondu à l’appel. Nous proposons qu’une méthode de travail soit mise en œuvre assortie d’un calendrier, dans les meilleurs délais, et nous serons présents à l’université d’été du PCF et à la Fête de l’Humanité en ce sens.

 

Bien cordialement, pour GDS

Gérard Filoche

 

Douleur

Evidemment cela attire les yeux.  L’ouvrier est en train de démonter l’échafaudage au coin des rues Lescot et de la Petite truanderie. Il est en bas de l’assemblage de poutrelles métalliques, chaussé de tennis blancs usés sales, essayant d’attraper  cinq à six planches en bois que son collègue du dessus lui descend avec à-coups par la poulie et une corde. On voit tout de suite qu’il n’arrive pas à attraper les planches,  elles sont disjointes, et tournent sur elles mêmes car la corde les balance.

Bras levés et tendus, dans une position inconfortable, il les rattrape une à une, les regroupe du mieux qu’il peut, et, de ses deux mains, parvient à les saisir. Posées sur leur extrémité sur le sol, elles ne menacent plus de le cogner, ils les agrippent enfin pour les emmener au camion, derrière. Il peine et vacille avec ses deux mains serrées et le poids des six planches à la fois.

Il parvient à ma hauteur : il n’a pas de gants.

Que lui dire ? C’est un petit homme fluet. Il me voit l’observer intensément et cela déclenche un regard d’inquiétude chez lui. Je vois alors ses deux mains ensanglantées. L’une est carrément cisaillée sur le coté. Le sang coule.

Nos regards se croisent j’essaie de dire « vos mains, les gants »  je ne suis qu’un vieil inspecteur du travail retraité, sans pouvoirs. Il me fait signe à la fois qu’il ne parle pas, il est visiblement étranger, je dirais syrien mais rien n’est sûr, et il me montre, dans sa poche arrière des petits gants mal pliés qui dépassent. Mais ce sont des gants de plastique, pas épais donc pas protecteurs, voilà pourquoi il ne les met pas.

Que dire ? Rien.

Moi, j’ai fait des trucs comme ça dans mon jeune temps. Mon père a eu une main brisée, les deux tendons coupés par le retour du ciseau sur la meule. La souffrance au travail est insupportable.  Il faudrait plus d’inspecteurs, de syndiqués, de contrôles, de contre pouvoir face aux patrons.

Des bons gants ca doit être possible à imposer, non ?

Pas dans ce monde où Macron qui chasse déjà les migrants, a dit aussi : « « Je n’aime pas le terme pénibilité donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur ».

 

Gérard Filoche

 

 

chronique « au boulot » a lire chaque semaine dans l’humanité dimanche

 

Revue exceptionnelle, une des meilleures de la gauche, D&S n° 256 spécial été 18 mensuel 26° année

Un sommaire d’enfer comme toujours pour cette revue exceptionnelle, une des meilleures de la gauche, D&S n°256 spécial été 18 mensuel 26° année,
Sommaire
D&S n° 256 Le 26 juin 2018
Edito
P. 3 Une riposte unitaire devient vitale
Actualité
P. 4-5 Combattre l’islamophobie et défendre la laïcité
P. 6-7 Une stratégie “populiste” pas si populaire !
Politique
P. 8 à 10 Macron creuse un précipice sous ses pieds Fin des cotisations, fin de la Sécu ?
Social au cœur
P. 11 Au Rouvray, la lutte et l’unité ont payé !
Question d’éco
P. 12-13 Un rapport accablant à tout point de vue
En théorie
P.14-15 Le salariat aujourd’hui 3
Sa place dans la société et sa composition égalité
P. 16 En Irlande, un vent de liberté s’est levé écologie
P. 17 La vacance de M. Hulot
Notre histoire
P.18-19 Centenaire 15 Juin 1918 : Durand réhabilité
International
P. 20 Le G8 des pompiers pyromanes
P. 21 Le gouvernement « libéral-populiste » italien
P. 22 Armée suisse : le peuple tranchera
P. 23 Post-it Palestine
Suites et poursuite d’un nettoyage ethnique
P. 24 Liberté pour Sentsov et Koltchenko

 

sur abonnements : 30 euros = 10 n° de 24 pages = un an    soutien a partir de 40 euros

A débattre – Projet de texte « martyr » pour une plateforme commune européennes à gauche – G Filoche

L’Union Européenne actuelle et ses dirigeants néolibéraux, de droite et d’extrême droite sont en train d’écrire, un nouvel épisode tragiquement inhumain contre les migrants.

Au lieu de s’organiser entre tous les états de l’UE pour les accueillir dans des conditions dignes, les voilà honteusement rejetés à la mer.

 

Fermée à l’extérieur, l’UE est tout aussi menacée à l’intérieur.

L’UE dégrade le sort de la majorité de ses peuples, par une politique faite de compétition économique sauvage, d’austérité, d’inégalités sociales, de fraude fiscale, de chômage de masse, de blocage des salaires, de recul des droits sociaux, des retraites et du travail, pour le seul intérêt des multinationales et des grandes banques.

 

Cette Union Européenne là, nous n’en voulons plus.

Elle tend d’ailleurs à s’auto-menacer d’explosion, au profit des nationalistes, des xénophobes, et tous les belligérants identitaires potentiels. Un sabordage dans ce sens là, nous n’en voulons pas non plus.

Soyons clairs : ce n’est pas la belle idée de l’Europe que nous voulons rejeter, c’est l’actuelle UE, ses diktats, ses violences, ses régressions.

 

Ce que nous n’aimons pas dans l’UE, en fait, c’est Macron. N’allons donc pas en ne dénonçant que l’UE, excuser Macron.  Macron ne cède pas aux libéraux de l’UE, il va au devant d’eux.  Ce que nous n’aimons décidément pas dans l’UE ce n’est pas l’Europe…  c’est le néolibéralisme.

 

Depuis 2017, les électeurs ont eu le temps de se rendre compte que le mal ne vient pas d’ailleurs mais en priorité  de la « casse sociale » de Macron. Par exemple, Macron a davantage cassé le code du travail français par ses Ordonnances que ne l’est le code du travail allemand, ou que ne lui demandaient les « recommandations » européennes du 27 mai 2017.  Autre exemple, c’est Macron qui a  voulu casser la SNCF et les services publics.

 

Du coup, ce n’est pas la dénonciation des traités qui est un préalable à une autre politique : c’est une autre politique défendue qui aura pour effet de rendre caduques les traités en vigueur. Cela sautera alors aux yeux de tous les peuples européens – imposant une renégociation dans un sens antilibéral.

 

Bataillons donc pour un Smic partout s’alignant progressivement sur le plus élevé, une retraite à 60 ans, un durée maxima du travail à 48 h, une semaine de 32 h légale sans perte de salaire, pas de salaire > a 20 Smic, pas plus de 5% de précaires par entreprises. Bataillons contre Macron pour instaurer ces choix en France et cela contribuera à balayer l’UE libérale ! Non pas par un retour aux nationalismes mais pour marcher vers une véritable et nouvelle Union sociale.

 

Nous serons plus unis à gauche en défendant nos droits ici, comme nous le faisons en solidarité avec le mouvement social, et nous éviterons de nous diviser sur un préalable de quitter l’UE.  Quand à l’effet, il sera le même, si on réussit à placer, ici, le social au cœur, tous les plans A, B et C se succéderont très vite. L’idée d’une Europe sociale et démocratique redeviendra attractive. Au fond, cela dépendra de l’exemple que nous donnerons,  de la mise en oeuvre pratique d’une politique sociale et écologique quand nous  viendrons au pouvoir.

 

Pour l’heure et pour préparer cela, nous pouvons et devons, question de choix et de volonté, nous unir pour les élections européennes spécifiques de 2019 sur une plateforme d’actualité, un socle commun, qui peut être en cinq points :

 

1°) Fiscalité : frapper les paradis fiscaux et dividendes

L’interdiction de la fraude fiscale et de l’optimisation fiscale, une fiscalité qui s’impose à toutes les multinationales, GAFAM et autres. Une assiette commune consolidée de l’impôt sur les sociétés (ACCIS), et un impôt européen sur la fortune, adoptée à la majorité qualifiée permettant un véritable budget européen d’investissement et de solidarités. La BCE doit prêter directement aux états et la règle de plomb de zéro déficit doit être rejetée. Exigence de la séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives des banques, politique douanière active aux frontières de l’UE.

 

2°) Social : au cœur de toute la campagne

La fin de la mise en compétition des salariés et l’arrêt de la destruction de leurs droits du travail et sociaux : retour à l’état de droit dans les entreprises, avec réduction des durées légales et maxima du travail, établissement d’un Smic européen dans les 27 pays et harmonisation progressive de celui-ci, vers le haut, en parité de pouvoir d’achat. Dénonciation immédiate unilatérale de la directive organisant la discrimination des « travailleurs détachés ». A travail égal salaire égal, femmes hommes, et travailleurs immigrés. Partage des richesses. Pour un véritable statut du salariat, et le renforcement de toutes les protections sociales, maladie, chômage, retraites, liées et payées à la source en même temps que le travail.

 

3°) Ecologie en tête : mieux être

Développement de tous les services publics de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’eau, des transports collectifs (rail, fret ferroviaire) et du logement. Combat contre toutes les fraudes et gabegies détruisant l’environnement, le climat, la santé, la planète. La politique agricole doit pouvoir répondre aux besoins des paysans pas aux impératifs de l’agro-industrie, pour une alimentation saine et accessible aux peuples d’Europe.

 

4°) Démocratie contre technocratie, bureaucratie, oligarchie :

Bataille un fonctionnement démocratique d’une Europe au service des peuples, en renforçant le plus possible les droits du Parlement (élargissement du périmètre d’application de la procédure législative ordinaire, droit d’initiative législative). Garantie de l’égalité de tous les droits fondamentaux des humains, femmes et hommes, immigrés, jeunes, selon leurs qualifications, et quels que soient l’âge, l’origine, la langue.

 

5°) Europe ouverte et pacifiste pas guerrière :

Harmonisation d’une politique européenne ouverte, partagée et digne, de l’accueil et du droit d’asile, fin du système de Dublin. Pour une Europe non agressive, la réduction des armes partout, une Europe soucieuse de la paix dans le monde et d’échanges négociés, équitables et régulés (ONU, OMC, OIT, OMS, OME). Une Europe faite d’humanité, de partage, attractive et non pas faite de compétition, de sélection, de régression et de répression.

 

Empêchons Macron de légitimer en 2019 son pouvoir politique acquis en 2017 par « effraction ».

 

Regroupons la gauche contre Macron et, avec les électeurs, tenons la dragée haute à tous les plans de casse sociale, ici et dans l’UE. A quoi ça sert de défendre 5 plateformes différentes et de perdre au lieu de nous grouper, d’avoir le meilleur rapport de force possible sur la meilleure plateforme possible ?

 

L’essentiel en 2019 n’est pas de savoir qui est en tête de la gauche, il est de mettre la gauche en tête contre Macron.

 

Etre premier à gauche mais loin derrière Macron ?  Où être ensemble à gauche, mais devant Macron, tel est le choix.  Clairement choisissons l’unité à gauche sur la meilleure plateforme possible.

 

 

Dans Huffington Post : encore serveuse à New York il y a 6 mois, Alexandria Ocasio-Cortez bat à plate couture un ponte du parti démocrate

Cette novice en politique de 28 ans a remporté la primaire haut la main face à un démocrate en place depuis 1999… et n’en a pas cru ses yeux

27/06/2018 10:50 CEST | Actualisé27/06/2018 14:07 CEST

Par Maxime Bourdeau

CAPTURE SPECTRUM NEWS NY

Encore serveuse il y a 6 mois, cette jeune latina bat un ponte du parti démocrate (et n’en croit pas ses yeux)

ÉTATS-UNIS – Le pari était tellement fou que les grands médias américains ne lui avaient pas accordé une grande attention. Contre toute attente, la novice en politique de 28 ans Alexandria Ocasio-Corteza pourtant battu le numéro quatre du parti démocrate Joe Crowleylors des primaires pour élire le représentant du 14e district de New York ce mardi 26 juin.

Élu et ré-élu représentant dans l’État de New York depuis 1999, Joe Crowley était considéré comme un potentiel successeur de Nancy Pelosi au poste de chef des démocrates à la Chambre. Sa défaite face à une militante latino-américaine n’ayant jamais participé à une élection, née dans le Bronx et soutenue par le sénateur Bernie Sanders et la candidate au poste de gouverneure Cynthia Nixon, est une véritable claque pour le parti.

Comme la jeune femme l’expliquait dans sa vidéo de campagne et le rappelle un portrait publié cette semaine dans Vogue, elle n’avait jamais envisagé de se lancer en politique. Il y a quelques mois encore, Alexandria Ocasio-Cortez était serveuse dans un restaurant. En cas de victoire lors des élections de mi-mandat en novembre, elle pourrait devenir la plus jeune élue du Congrès.

View image on Twitter

Jeff Stein

@JStein_WaPo

This photo is from Nov. 14, 2017. Alexandria Ocasio-Cortez, 28, was then working as a bartender.

Less than a year later, she defeated the likely next Speaker of the House, and will almost certainly be the youngest woman ever elected to Congress

4:00 AM – Jun 27, 2018

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Ce sont avant tout l’explosion des loyers et des frais médicaux dans la ville qui l’ont poussée à se présenter à cette primaire, dans l’espoir de rendre New York à la classe moyenne, assurait-t-elle dans son clip électoral (ci-dessous).

Kyle Griffin

@kylegriffin1

In case you haven’t seen, here’s the viral campaign ad from Alexandria Ocasio-Cortez that raised her profile.

4:50 AM – Jun 27, 2018

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Alors qu’elle cumulait un retard de dizaines de points dans les sondages il y a quelques mois, Alexandria Ocasio-Cortez l’a emporté ce mardi avec 15 points d’avance. Un coup de tonnerre qui a surpris tout le monde outre-Atlantique, y compris la candidate dont la réaction estomaquée lors l’annonce des résultats a été filmée et partagée des milliers de fois sur Twitter, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Celle qui s’identifie comme une démocrate socialiste pourrait donc entraîner un glissement vers la gauche pour le parti démocrate, qui se mesurera aux républicains conservateurs de Donald Trumpen novembre. Un glissement qui a de quoi donner quelques sueurs froides à Andrew Cuomo -l’actuel gouverneur de New York adoré de l’establishment démocrate- qui aura à affronter à l’automne l’ancienne star de « Sex and the City » Cynthia Nixon qui propose un programme bien plus à gauche.

Ben Dreyfuss

@bendreyfuss

 

The video of Alexandria Ocasio-Cortez realizing she won is my favorite thing in the whole world 

http://

bit.ly/2MpOF92

(via ‪@NY1)

6:03 AM – Jun 27, 2018

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Beau joueur, son adversaire dans cette primaire démocrate a pris sa guitare et lui a dédié une chanson en apprenant qu’il avait perdu. « C’est pour Alexandria Ocasio-Cortez », a lancé Joe Crowley avant d’entamer « Born To Run » (qui pourrait ici se comprendre comme « née pour se présenter à une élection ») de Bruce Springsteen.

Holly Figueroa O’Reilly BWCS

@AynRandPaulRyan

Joe Crowley (‪@JoeCrowleyNY) is playing guitar and singing « Born to Run », dedicated to the candidate who just primaried him, Alexandria Ocasio-Cortez (‪@Ocasio2018

Classy af. Well done, sir.‪#NY14

4:30 AM – Jun 27, 2018

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Donald Trump lui aussi y est bien sûr allé de son commentaire. « Wow! Le député qui déteste Trump, Joe Crowley, qui, comme beaucoup s’y attendaient, devait prendre la place de Nancy Pelosi (comme chef de file du parti démocrate, ndlr), vient de PERDRE son élection primaire. En d’autres termes, il s’est fait sortir! », a commenté le président sur Twitter.

« C’est un choc que personne n’avait vu venir. Il aurait peut-être dû être plus gentil et respectueux envers le président », a-t-il continué ramenant à lui cette défaite. Il est plus probable que Crowley a au contraire payé sa politique trop centriste alors que de nombreux électeurs démocrates attendent que le parti prenne un virage plus à gauche en guise de réponse ferme à la politique ultra-conservatrice de Trump…

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

Wow! Big Trump Hater Congressman Joe Crowley, who many expected was going to take Nancy Pelosi’s place, just LOST his primary election. In other words, he’s out! That is a big one that nobody saw happening. Perhaps he should have been nicer, and more respectful, to his President!

4:18 AM – Jun 27, 2018

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