Procès intenté contre notre camarade Gérard Filoche : Report de l’audience au 26 septembre 13 h 30 Palais de Justice de Paris

Il s’est bien passé quelque chose d’irrationnel et très excessif le 11 avril devant la 17° chambre correctionnelle : dix avocats se sont présentés pour appuyer la requête du Parquet,  en se portant partie civile  au nom de « l’association Ben Gourion », de l’association « France Israël » de l’« alliance Général Koenig »,  d’Avocats sans frontière » ( Goldnadel) du BNVCA,  du CRIF, de la LICRA, du MRAP… La défense était prête au complet, mais l’audience est repoussée de 6 mois.

Leur but,  à les entendre et à les lire est essayer d’accuser notre camarade, pourtant militant antiraciste et combattant contre l’antisémitisme de longue date…

Cet engouement à surement d’autres motifs que celui qui est affiché…

Notre camarade a donc publié un livre pour l’occasion et il l’a distribué aux représentants du Parquet, du tribunal, et aux dix avocats en question.  Ainsi qu’à toute la presse.  Ce livre développe ce que sont ses réelles positions, celles qu’il a défendues en théorie et en pratique pendant 50 ans, tout au long de sa vie.

Dans l’introduction à cet ouvrage, Gérard Filoche explique :

« Convoqué par le Parquet de Paris devant le Tribunal de la 17° Chambre à Paris, le 11 avril 2018, « pour provocation publique à la haine ou à la violence raciste » et sachant combien la justice est débordée, je me suis d’abord indigné de la nature de cette poursuite.

Je suis bien placé pour apprécier, pendant trente ans, comme inspecteur du travail, l’importance des « classements sans suite » (3 PV sur 4 !) de nos procès verbaux et l’absence des poursuites dressées dans le cadre de nos missions, lorsqu’ils visaient les infractions et la délinquance patronale. La justice est, hélas, en manque de moyens et qu’elle agisse ainsi en diligence et en opportunité m’a troublé.

Ce procès m’a paru tellement injuste et contraire à tout ce que je suis et à toute mon action depuis 55 ans de vie consciente, moi, militant syndical et politique, de gauche, anticapitaliste, antiraciste actif et constant, opposé de tout mon être à l’antisémitisme, que j’ai failli baisser les bras et suivre mon Conseil, qui m’expliquait : « Cela n’a pas de sens, pourquoi te défendre, tu n’as rien à te reprocher, toute ta vie plaide pour toi, laisse ce procès se dérouler, justice se fera forcément ».

Mais non, ce n’est pas mon caractère, ni ma responsabilité, il ne faut pas laisser faire. Cela ne m’accable pas. Cela me rend combatif.  C’est une occasion de plus de manifester contre le racisme et l’antisémitisme. Je l’ai donc saisie ! « 

Commandez, lisez, diffusez :

MANIFESTE CONTRE LE RACISME ET L’ANTISEMITISME

 


Commande : tarif unitaire 10 euros (frais de port offerts) 112 pages, format 11 X 18, 200 000 signes,  règlement par chèque à l’ordre de « Com’Garonne » C/O 28 rue de la bruyére 31120 Pinsaguel  ou par virement à titulaire : Com’garonne sarl  Domiciliation : Crédit coopératif Toulouse IBAN FR76 4255 9000 2121 0096 3390 293 et adresse mel commegaronne@orange.fr

Soutien financier indispensable : les frais d’avocats sont déjà prévus à hauteur de 12 000 euros, c’est énorme (équivalent de 6 mois de sa retraite)  et il est impossible pour Gérard Filoche d’y faire face (c’est un des objectifs recherchés par les si nombreux adversaires) alors nous faisons appel à celles et ceux qui peuvent donner un coup de main : chèques à l’ordre de « G.Filoche-soutien »  C/O G. Filoche 85 rue Rambuteau 75001 Paris mel gerard.filoche@gmail.com

Commandez aussi le livre en nombre et en le finançant  largement pour assurer sa diffusion massive

 

Amplifier les mobilisations dans l’unité ! (lettre hebdomadaire de D&S – 35 000 exemplaires)

Qu’est-ce que le néo-libéralisme macronien ? C’est la volonté de construire une société où les individus sont en permanence en compétition les unEs avec les autres.

Macron comme Thatcher : un retour au 19ème siècle

Ce que veut Macron c’est une société sans statut porteur de droits. Ce n’est pas le seul statut des cheminots qui est en cause, ce sont tous les statuts et institutions sociales :

    • le statut de salarié (ordonnances adoptées cet automne par les députés de la République en Marche dans la foulée de la loi El Khomri)
    • le statut de fonctionnaire (propositions CAP 22)
    • la Sécurité Sociale (remise en cause de son financement par les cotisations au profit de l’impôt) .

Ces institutions et statuts sociaux sont le résultat des luttes sociales et politiques. Ce sont des progrès, des acquis que les patrons ont du céder et qu’ils veulent reprendre aujourd’hui.

Le bras de fer

Le MEDEF et Macron, son représentant à la tête de l’Etat, font le pari de pouvoir l’emporter face à un salariat divisé par le chômage, la précarité, et déçu par la politique menée par la gauche de 2012 à 2017. Pourtant les salariés résistent. Depuis deux mois, les luttes se multiplient : gardiens de prison, fonctionnaires, retraitéEs, étudiantEs, salariéEs des EHPAD, d’Air France ou de Carrefour…Les mobilisations s’amplifient et convergent contre la casse sociale orchestrée par Macron. Avec un point fort, la lutte des cheminots que Macron veut écraser comme Thatcher l’a fait avec les mineurs.

L’unité pour gagner

Malgré des divisions au plan des confédérations, l’unité syndicale se construit comme à la SNCF.

L’unité nécessaire, c’est aussi celle de ces 12 organisations politiques de gauche (dont la GDS) en défense du service public et en soutien aux cheminotEs.

Plusieurs rendez-vous de mobilisation nationale interprofessionnelle sont en perspective : 19 avril, 1er Mai…A chaque étape, construire et rassembler ! Respecter le rôle des organisations syndicales et avoir toujours le souci du rapport de force pour gagner. C’est dans ce cadre que l’on doit débattre de la proposition d’un rassemblement national pour « faire la fête à Macron » le 5 mai. La lutte sera longue.

Différentes échéances doivent rythmer la mobilisation pour la faire grandir et gagner !


Gare du Tréport : la gauche unie

Le 5 avril dernier, la gauche au côté des cheminots pour le maintien des lignes dans les régions Lire la suite…

Rail et services publics : tribune unitaire

Après avoir tenu deux conférences de presse ensemble, 12 organisations de gauche (dont la Gauche démocratique et sociale) viennent de signer une tribune commune en défense de tous le services publics et en solidarité avec la grève des cheminots.…Lire la suite…

Contre le racisme et l’antisémitisme

Un nouveau livre de Gérard Filoche paraît le 11 avril : « Contre le racisme et l’antisémitisme ». Pour le commander au tarif unitaire de 10 euros (frais de port offert) , on peut le commander à Com’Garonne 28 rue de la Bruyère 31120 Pinsaguel. On…Lire la suite…

 

 

« Manifeste contre le racisme et l’antisémitisme » livre parution le 11 avril, Gérard Filoche

Non à la casse du service public ferroviaire !

Après avoir tenu deux conférences de presse ensemble, 12 organisations de gauche (dont la Gauche démocratique et sociale) viennent de signer une tribune commune en défense de tous le services publics et en solidarité avec la grève des cheminots. On peut la retrouver sur le site du journal L’Humanité.

 

 

 

Pour la défense  et le développement de tous les services publics !

 

Le mouvement unitaire du 22 mars a constitué un beau premier succès en défense du service public. En réponse, le gouvernement apporte pour seule perspective la casse de la SNCF. Elle s’accompagne d’une attaque frontale contre les cheminot-es, la préparation de la privatisation de l’entreprise publique via la mise en concurrence et la fermeture programmée de milliers de kilomètres de voies ferrées .

 

Depuis trop longtemps, l’abandon progressif du transport de marchandises par train qui s’est traduit par la fermeture de gares de triage et la prime accordée à la route et au transport routier plombe la SNCF et notre environnement. De plus, l’ouverture par E. Macron de lignes de transports par cars au détriment du rail est un non-sens écologique et un mépris pour les personnes à faibles revenus, alors qu’il faudrait plutôt développer des tarifs sociaux SNCF. Nous ne voulons pas du tout-camion qu’accentue ce projet de loi. Nous voulons au contraire que soit pris le virage de la transition écologique en dynamisant en autre le fret ferroviaire.

 

La priorité accordée aux grandes lignes TGV donne plus aux territoires les plus riches, et moins aux territoires les moins peuplés. Nous ne voulons pas d’une France où toute l’activité serait concentrée dans quelques grandes métropoles et quelques grands centres financiers, et où la plupart des territoires, des zones rurales, des villes moyennes seraient abandonnés. Nous voulons que soit valorisé et respecté l’ensemble des territoires par la desserte des zones rurales et des villes moyennes. Nous voulons le développement du réseau ferré avec la réouverture de lignes et de gares de proximité.

 

Notre pays a donc besoin d’une relance des investissements dans le réseau ferré. L’Etat doit prendre en charge la dette qu’il a fait porter à l’entreprise publique indûment, et accorder des recettes pérennes pour le développement du service public ferroviaire. Il s’agit pour cela de financer les transports vertueux d’un point de vue écologique et de l’égalité du territoire comme le train, plutôt que les transports polluants comme la route et l’aérien doublement subventionnés par l’Etat : de manière directe et indirecte à travers les dépenses de santé et d’adaptation environnementale induites par la pollution.

 

La mobilisation des cheminot-es et de leurs organisations syndicales est juste et légitime. Nous soutenons totalement leur mouvement de grève, porteur de progrès pour l’ensemble des populations et des territoires. Leur victoire est essentielle pour le service public, pour un aménagement des territoires équilibré et pour affronter les enjeux environnementaux et énergétiques du 21e siècle

 

Elle l’est aussi pour les droits collectifs de tous les salarié-es. Le gouvernement Macron cible le « statut » des cheminot.e.s dans le but de remettre en cause tous les statuts du travail, toutes les conquêtes sociales, dans le secteur privé  tout autant que dans les services publics avec par exemple la santé indexée sur la rentabilité et la mise en place de la sélection pour l’entrée à l’université.

 

En conséquence, nous appelons au retrait immédiat du projet de loi proposé par le gouvernement.

 

Nous soutenons les mobilisations et les grèves décidées par les travailleuses et travailleurs. Nous pensons utile que se développent des collectifs d’usagers sur le territoire, à soutenir les caisses de grève mises en place. Nous appelons  à engager un débat démocratique, pour le développement du ferroviaire, de tous les services publics, pour les enjeux environnementaux et sociaux d’aujourd’hui.  Nous sommes disponibles pour converger tous ensemble, avec toutes celles-ceux qui le souhaitent, dans des initiatives et manifestations publiques citoyennes à large échelle, localement et nationalement, au service des mobilisations sociales et de la jeunesse.

 

Clémentine Autain (Députée LFI) ;  Eliane Assassi (Sénatrice, présidente du groupe CRCE) ; Marinette Bache (conseillère  de Paris, République et Socialisme) ; Ugo Bernalicis (député LFI ;)  Olivier Besancenot ( NPA) ; André Chassaigne (député communiste, président du groupe GDR) ; Pascal Cherki (Génération.s) ; Éric Coquerel (co-coordinateur PG) ; David Cormand (EELV) ; Sybille Fasso ( Gauche démocratique et sociale), Gérard Filoche (Gauche démocratique et sociale) ; Benoit Hamon (Génération.s) ; Lucien Jallamion (République et Socialisme) ; Jean-Yves Lalanne (Gauche démocratique et sociale) ; Pierre Laurent ( secrétaire national du PCF) ; Sarah Legrain (PG) ; Myriam Martin (Porte-parole d’Ensemble !) ; Claire Monod (Génération.s) ; Jean-François Pellissier ( porte-parole d’Ensemble) ;  Christian Pierrel (PCOF) ; Christine Poupin (NPA), Philippe Poutou (NPA) ; Hella Kribi Romdhan (Génération.s) ; Simone Sebban (Nouvelle Donne) ; Eric Thouzeau (Gauche démocratique et sociale) ; Marie-Pierre Vieu ( députée européenne membre de la commission transport, groupe PCF-FDG-GUE).

 

 

solidarité avec les grèves des cheminots, de Carrefour, des étudiants, d’Air france, des Ephad,

emma dessine pour les cheminots

Cette bande dessinée casse les idées reçues sur le « statut privilégié » des cheminots et explique leurs réelles revendications

Par Nathan Weber il y a 11 jours

Aujourd’hui, c’est le grand jour, la panique. Vous vous y étiez préparé depuis longtemps, comme on se prépare à une catastrophe de grande ampleur. La grève générale ! La révolution !

Vous avez fait des réserves de vivres, vous vous êtes renseigné sur le site de la RATP et de la SNCF, vous avez consulté les itinéraires des mouvements sociaux afin de ne pas vous retrouver bloqué en allant au travail, peut-être même êtes-vous partis plus tôt ce matin au bureau afin d’être dans les temps. Et comme beaucoup, vous avez maudit en votre for intérieur ces fonctionnaires fainéants, confortablement assis sur leurs avantages, qui empêchent les honnêtes gens d’aller bosser.

Ultra-privillégiés, les cheminots ? Des enfants gâtés de la république, qui en demandent toujours plus malgré la sécurité de l’emploi, et leurs 3 jours de congés payés supplémentaires ? Vous êtes sûr ? Si l’énervement qui peut vous habiter lorsque vous voyez votre train annulé ou votre voiture bloquée par une manif est compréhensible, le statut des cheminots est loin d’être aussi idyllique que certains ne semblent l’imaginer.

Suppression massive d’emplois, destruction programmée du service public, transformation de la SNCF en société anonyme, abandon du statut de cheminot à l’embauche : les cheminots ont leurs raisons d’être en colère, et outre la dégradation de leurs conditions de travail, les usagers du rail sont également concernés. C’est pour lutter contre les préjugés, les fantasmes qui nourrissent souvent le clivage entre travailleurs du privé et du public, que la dessinatrice Emma a publié une bande dessinée intitulée « Les preneurs d’otages ».

Emma est une développeuse Web et dessinatrice engagée, dont nous vous avions déjà présenté le travail à plusieurs reprises. Elle a publié des bandes dessinées très explicatives et intéressantes sur l’accouchement, sur le clitoris, ou encore sur la charge mentale, qui ont énormément tourné sur les réseaux sociaux;

 

Emma réalise pas mal de dessins engagés sur plein de sujets différents, vous pouvez découvrir ce qu’elle fait sur sa page Facebook, la suivre sur Twitter ou encore profiter de ses planches directement sur son site emmaclit.com

Elle est également l’autrice du livre Un autre regard, paru en 2017 aux éditions Massot.

 

 

 

Les illustrations sont diffusées avec l’aimable autoristation de la dessinatrice Emma.

 

 

En 4 pages, texte de référence, « Ce que veut la GDS » Le social au cœur Démocratie et unité de la gauche

 

Sans idées, il n’y a pas d’action, pas de transformation sociale efficace. Mais la théorie a besoin de s’appuyer sur une force sociale. Nous ne sommes pas seulement des militants, des intellectuels, des syndicalistes, etc., nous n’existons que dans la mesure où nous parvenons à incarner une force sociale. La force sociale qui seule permet la transformation sociale, c’est le salariat.

 

Le salariat rassemble les personnes qui produisent les richesses et qui n’en reçoivent pas la part qu’elles méritent. 90 % des actifs de notre pays sont salariés. Quant aux jeunes, ce sont des salariés en formation, les chômeurs sont des salariés temporairement privés d’emploi et les retraités sont des salariés qui vivent grâce aux salariés en activité. Il peut y avoir des salariés non écologistes, des salariés athées ou croyants, et même des salariés de droite, mais leur point commun, c’est leur condition sociale, leur place dans les rapports de production. Ils n’ont que leur force de travail à vendre et ils sont confrontés au capital, aux patrons et aux actionnaires. Le Medef, le CAC 40, la droite veulent les payer le moins cher possible et faire reculer même ce qu’ils gagnent actuellement. Le rapport d’Oxfam montre que le 1 % des Français les plus riches détiennent 22 % des richesses, les 10 % plus de 50 %. À l’échelle mondiale, le 1 % des plus riches a accaparé 82 % de la richesse produite en 2017. Il y a une lutte de classes. C’est le cadre politique dans lequel nous sommes. C’est le cadre de notre action.

Le camp du salariat

L’Organisation internationale du travail constate qu’il y a au un milliard de salariés de plus dans le monde dans les trente dernières années. C’est l’économie informelle qui recule partout. La vague de fond en Inde, au Brésil, en Chine, c’est la croissance du salariat. C’est le développement et la puissance du salariat qui est l’avenir de notre société. Notre force, c’est de s’appuyer sur cette puissance-là, car c’est elle sociale qui peut l’emporter sur toute la planète.

Notre conception de la gauche, c’est qu’elle doit être d’abord et avant tout l’expression politique de cette force sociale à l’origine de la création de richesses. Et même si le salariat est très divers, pluriel, de culture multiple, il est plus homogène qu’il ne l’a jamais été dans le passé sur le plan socio-économique. Il n’a jamais été aussi fort numériquement. Nous partageons l’idée qu’il y a des institutions – comme la Sécurité sociale, les instances représentatives du personnel ou le droit du travail – qui constituent des acquis pour le salariat et qu’il s’agit de défendre et élargir. Le salariat détient les clés de la situation pour construire une VIe République, démocratique, sociale, écologiste, féministe, laïque, internationaliste, pacifiste. Pour atteindre cet objectif, il faut unifier la grande force sociale qu’est le salariat.

 

Rétablir le rapport de force

Sans unité à gauche, le salariat reste éclaté, sans force. Il doit y avoir aujourd’hui à gauche 20 organisations qui le représentent et dans chaque organisation, il y a au moins trois ou quatre positions. Nous sommes pour le pluralisme et le débat, la confrontation de tous les points de vue, c’est ainsi que l’on avance.

Mais il faut chercher les points sur lesquels se mettre d’accord. C’est la seule méthode qui permette de mobiliser l’énergie du salariat pour qu’il obtienne des victoires politiques. C’est en concentrant nos énergies sur sa mobilisation, la défense de ses droits fondamentaux que l’on obtient une force sociale mobilisée suffisante pour réaliser tous les autres objectifs : sauver notre écosystème et obtenir des avancées démocratiques. Pour établir le rapport de force, il faut rassembler et mobiliser des millions de salariés. Notre objectif permanent est d’y parvenir, sinon on fait de la politique hors-sol, on ne peut passer de la théorie à l’action.

 

Unir la gauche

L’appartenance à la gauche est déclarative. Il n’y a pas de tribunal pour décider qui est à gauche et qui ne l’est pas. Les gens qui se disent à gauche sont de gauche, tout comme ceux qui se disent écologistes sont écologistes. Et au sein de la gauche, l’essentiel se joue en son cœur. Elle ne se constitue pas sur ses marges ; ni à l’extrême gauche, ni au côté du social-libéralisme. Quand elle est en mouvement, l’unité se fait au cœur des revendications et du sentiment majoritaire. Non pas par épuration, mais par addition. C’est pourquoi il faut une volonté pour qu’il y ait une coordination permanente du maximum de forces de gauche, sans exclusive, mais en faisant en sorte que l’on discute, que l’on débatte et quand on est d’accord sur un point, on le met en œuvre collectivement en se respectant tous.

Il n’y a plus aujourd’hui de force de gauche dominante. Il y a des forces plus importantes que d’autres, mais aucune des forces de gauche existantes ne l’emporte de façon claire, définitive et tranchée. Aucun parti n’est hégémonique comme par le passé. Il faut respecter les petits, les moyens, les grands, se mettre autour de la table et s’écouter. La démocratie, c’est écouter tout le monde car quand on additionne les petits, les moyens, les grands et que l’on retient ce qui unit, on obtient une dynamique qui se fait au cœur de la gauche sur les revendications essentielles.

S’il n’y avait pas eu la grève à Latécoère et à Bréguet en 1936, Léon Blum aurait pu faire du Hollande. Il y a un rapport entre les appareils et les masses. Ce que nous voulons, c’est que les masses prennent le pas sur les appareils parce que cela crée un contrôle sur les dirigeants des appareils et permet d’aller plus loin, d’entraîner tous ceux qui se disent sans parti, sans étiquette. C’est à ce moment que les salariés se mettent en mouvement et qu’ils peuvent déployer toute leur conscience, leur créativité, leur dynamisme, car une fois que l’on a un contrôle sur les appareils, que ceux-ci n’ont plus le même pouvoir et que le mouvement de masse est en action, alors l’envie de vaincre se répand chez tous ceux qui ne sont ni dans les partis, ni dans les syndicats.

 

Le social au cœur

La première des revendications, c’est baisser les dividendes pour augmenter les salaires. Exiger la redistribution des richesses commence par l’objectif d’un Smic à 1800 euros. Après dix ans de stagnation, augmenter le salaire minimum est une priorité pour vivre décemment, et commencer à réduire les égalités femmes-hommes : 60 % des salariés payés au Smic sont des femmes.

Aucune rémunération ne doit dépasser plus de 20 fois le Smic. Les écarts actuels n’ont aucune justification : que produirait un PDG sans salariés ? Rétablir la justice sociale, c’est limiter les écarts de rémunération dans les entreprises. L’usage abusif de la précarité sera sanctionné et le recours au CDD, à l’intérim, aux stages, doit-être encadré. Le CDI doit rester la norme pour les entreprises : 5 % de CDD maximum dans les entreprises.

Ensuite, il faut réduire la durée légale du travail. Pas de réduction possible du chômage de masse sans se battre pour les 32 heures, voire les 28 comme les salariés d’IG Metall en Allemagne l’ont revendiqué. Il n’y a pas d’autre issue face à la révolution numérique et informationnelle, et demain l’intelligence artificielle. Dans tous les pays industrialisés, les gains de productivité économisent du travail humain. On produit de plus en plus avec de moins en moins d’heures de travail (12 % de moins depuis les années 1950 et le PIB a augmenté de 800 %). Et si plus de gens travaillent aujourd’hui qu’à l’époque, nous le devons à la réduction du temps de travail. Combien de chômeurs aujourd’hui si le temps de travail n’avait diminué de moitié au XXe siècle ? Les 35 heures ont créé 350 000 à 450 000 emplois, mais cela reste insuffisant dans une société où l’INSEE recense plus de 6 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues, où environ 1,5 million de personnes sont au RSA, où environ 5 % des salariés travaillent à temps partiel subi et où 3,2 millions de Français sont exposés à l’épuisement professionnel (burn-out). Il faut poursuivre en passant à 32 heures par semaine.

Mais il y a aussi des millions d’emplois à créer dans la fonction publique, les hôpitaux, les écoles, le social, dans le domaine culturel, associatif et écologique, à travers des coopératives de production, etc. La répartition des richesses à travers des mesures comme le rétablissement de la progressivité de l’impôt et la lutte contre l’évasion fiscale (environ 80 milliards d’euros) et l’évitement fiscal (90 milliards) fourniront des ressources pour financer ces nouveaux emplois.

La cotisation sociale est un enjeu majeur pour notre modèle social. Elle permet l’affectation de la valeur ajoutée produite par le travail avant le taux de profit et le versement des dividendes. Contrairement à la CSG qui fait dépendre notre protection sociale de l’impôt sur le revenu des salariés et des retraités, ainsi que des revenus du capital dont on connaît la capacité d’évasion fiscale. La fiscalisation du financement de la Sécurité sociale remet l’avenir du système de protection sociale entre les mains du ministère des finances et des majorités gouvernementales du moment. C’est pour ces raisons que la droite et le patronat souhaitent étendre la CSG et diminuer voire éliminer la cotisation. Nous nous opposons donc à la CSG et à son extension comme mode de financement de la protection sociale. Nous voulons une protection sociale universelle assise sur les cotisations. Nous proposons aussi la création de deux nouvelles branches de la Sécurité sociale pour financer un salaire étudiant et prendre en charge la dépendance.

Nous sommes pour un salaire pour tous. Chacun.e doit pouvoir disposer d’un salaire dès la majorité qui lui permette de vivre décemment et bénéficier du maintien intégral de son salaire entre deux emplois (Sécurité sociale professionnelle). Le financement doit reposer sur le principe de la cotisation, au sein d’une Sécurité sociale gérée par les représentants des salariés, comme ce fut le cas à sa création.

Le départ à la retraite à taux plein doit revenir à 60 ans. Profitons d’une retraite en bonne santé et libérons le travail pour la jeunesse. Le chômage sévit après 57 ans : arrêtons de diminuer le déficit des caisses de retraite en creusant celui de l’assurance chômage.

 

L’enjeu écologique

Limiter l’empreinte de l’humain sur son environnement, tout en améliorant la qualité de vie et en favorisant le développement du pays, c’est le défi de la transition énergétique et écologique.

La crise environnementale est d’abord énergétique. Il s’agit d’organiser la transition vers une économie sans carbone. Se passer de combustibles fossiles constitue LE grand défi du XXIe siècle, le défi de la lutte contre les changements climatiques. Il s’agit d’organiser une transition énergétique permettant de sortir de la double dépendance au nucléaire et au pétrole.

Les solutions à la crise écologique sont les mêmes que les solutions à la crise économique : l’économie comme moyen, le développement social et individuel, comme finalité, et le respect des équilibres écologiques comme condition. Le réchauffement climatique nous impose la transition énergétique : augmentons massivement la part des énergies renouvelables en passant à 30 % en cinq ans, tout en développant la rénovation thermique ainsi que l’agro-écologie. Le basculement de notre agriculture intensive vers un modèle respectueux de la biodiversité et de notre alimentation participe d’une démarche générale et conjointe pour l’amélioration de nos conditions de vie. Soumettre les objectifs économiques aux exigences prioritaires de santé publique et de protection de l’environnement : tel devrait être le concept fondateur de la nouvelle agriculture dont la France a besoin pour demain !

L’enjeu écologique contribue à réactualiser plusieurs marqueurs de la gauche : la démocratie, les instruments de l’intervention publique, le rôle d’un État stratège, la stimulation des initiatives locales au plus près de la population. Pour cela, il s’agit de rompre avec la logique actuelle de maximisation du profit et de la remplacer par une logique de maximisation du bien-être qui ne peut s’affranchir de la contrainte environnementale.

 

Changer l’Europe

Une avancée vers une Union européenne fédérale, pleinement démocratique et sociale est indispensable. Contrairement aux nationalistes et aux populistes, nous ne réduisons pas le projet européen aux politiques d’austérité actuelles. Nous prônons un « saut fédéral » démocratique et solidaire. Nous défendons la perspective que le Parlement européen voie ses pouvoirs augmentés, notamment en obtenant le droit d’initiative législative. Nous voulons en effet que cette institution devienne le pivot du système institutionnel de l’Union européenne.

Mais notre vision de l’Union ne s’arrête pas à la question institutionnelle : nous affichons comme objectifs politiques majeurs la solidarité, y compris financière, européenne et l’harmonisation sociale et fiscale par le haut en commençant par l’instauration d’un Smic européen par étapes et par la création d’un budget fédéral substantiel qui serait financé par un impôt européen sur les sociétés. Ce budget devrait financer de manière volontariste des investissements publics, en priorité dans les régions les moins développées de l’Union afin d’harmoniser les conditions et les salaires par le haut. Nous défendons aussi le principe des négociations collectives à l’échelle européenne, la meilleure manière d’éliminer la dynamique du moins-disant social et salarial en permettant aux organisations syndicales de présenter un front uni transnational face au patronat et aux grandes entreprises.

Nous voulons aussi que la BCE soit un outil au service de la puissance publique. Ceci suppose qu’elle puisse prêter directement aux États et que sa politique repose en premier lieu sur une politique monétaire et du crédit favorable à l’emploi.

Nous proposons donc une réorientation considérable de la construction européenne. Dans la période de crise que nous traversons, beaucoup de choses sont possibles et nous aurons des alliés à travers l’Europe pour défendre ensemble les mesures que nous proposons. D’ailleurs, une alliance européenne transnationale des forces de gauche, qui veulent construire une Union sociale et démocratique, est incontournable pour construire le rapport de force social et politique nécessaire.

 

Lutter pour la paix

La France fait partie des cinq premiers pays vendeurs d’armes du monde. Les dépenses militaires ont doublé entre 2004 et 2016. Elles sont passées de 1000 à 2000 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Tant que de telles sommes seront dépensées, les guerres se multiplieront. La multiplication des inégalités sociales, comme la guerre économique servent de terreau partout à l’éclatement de conflits.

Combattre les inégalités sociales, protéger la planète du réchauffement et de la pollution, c’est s’inscrire dans une perspective internationaliste. La guerre économique entre les grandes puissances mondiales pourrait bien entraîner des conflits plus terrifiants encore que ceux du XXe siècle. Nous militons avec acharnement pour le désarmement mondial. En particulier, la France devrait signer le traité pour l’interdiction des armes nucléaires. Moins de dépenses d’armement, ce sera autant de budget disponible pour la défense de la planète et le progrès social.

 

Reconstruire la gauche

Sans unité de la gauche, rien n’est possible. C’est pourquoi nous mettons en débat nos fondamentaux :

- le Smic à1 800 euros ;

- 32 heures par semaine ;

- un maximum de 5 % de CDD dans les entreprises ;

- pas de rémunération supérieure à 20 fois le Smic ;

- retraite à 60 ans ;

- 30 % d’énergies renouvelables en cinq ans ;

- instauration d’une VIe République laïque, démocratique et sociale.

Et nous appelons à la constitution, sur tous les territoires, de comités de liaison qui visent à unifier la gauche et à construire l’alternative à Macron.

 

attention, nous vous communiquerons bientôt, notre texte de référence détaillé, il fait 12 pages, et il reprend tous les éléments programmatique que D&S a défendu depuis 25 ans, en l’actualisant en 2018, il sera imprimé séparément de d&S à disposition de toutes celles et ceux qui veulent nous rejoindre et travailler avec nous… à le défendre et à l’améliorer

 


 

Ratification de la GroKo par le SPD Mais qu’allait-il faire dans cette galère ?

Deux tiers des membres du SPD qui ont participé à la consultation militante ont opté pour la continuation de la grande coalition en ratifiant l’accord avec les conservateurs. Si ses partisans constituent un peu plus de la moitié de la totalité des membres du parti, il reste que les Jusos (les Jeunes socialistes) et une partie de l’aile gauche voulaient entrer dans l’opposition pour se réinventer et élaborer une politique plus sociale.

 

Mais cette stratégie risquait à court terme d’aboutir à l’exact opposé, puisqu’elle impliquait presque mécaniquement l’organisation de nouvelles élections dont la formation d’extrême droite AfD serait certainement sortie renforcée. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, une coalition alternative formée par le SPD, Die Linke et les Verts – qui existe dans les Länder de Berlin et de Thuringe – est encore dans les limbes au niveau national.

Mais regardons plus près certains points de l’accord. S’ils sont souvent présentés comme un succès du SPD dans les négociations avec la CDU-CSU, ils montrent aussi de sérieuses limites.

 

Dans les entreprises

  1. Au niveau du droit du travail, la grande coalition entend mener à bien certaines réformes. Les CDD sans justification devraient être limités à 2,5 % des effectifs dans les entreprises de plus de 75 salariés. Leur durée devrait être raccourcie à 18 mois – au lieu de 24 actuellement – et seul un renouvellement – au lieu de trois – devrait être autorisé. Les CDD de plus de cinq ans chez le même employeur seront proscrits. En outre, un droit de retour à plein-temps après une période de temps partiel devrait être mis en place dans les entreprises de plus de 45 salariés – mais plafonné à un salarié sur 15 dans les entreprises employant jusqu’à 200 salariés – ce qui est un pas en avant, surtout pour les femmes.
  2. Pour les chômeurs de longue durée, on se dirige vers la création d’emplois aidés censés servir l’intérêt général. Mais les ressources financières couvrent seulement la moitié des besoins, si bien que les chômeurs concernés gagneraient seulement le salaire minimum et non celui prévu par la convention collective concernée. Notons par ailleurs que, dans le secteur des soins, des mesures pour assurer l’application des conventions collectives font cruellement défaut.
  3. Le régime de Hartz IV n’est pas remis en question par les leaders du SPD, alors qu’il entraîne un déclassement évident en cas de chômage et sera incapable de jouer un rôle d’amortisseur social lorsque la crise économique qui est en train de mûrir éclatera.

 

La protection sociale

  1. En ce qui concerne la Sécurité sociale, le financement paritaire entre employeurs et salariés de l’assurance maladie légale obligatoire est rétabli, mais une assurance purement publique ne verra pas le jour. Quant à l’actuel niveau moyen de la retraite, il sera stabilisé jusqu’à 2025 à 48 % du salaire moyen après 45 ans de cotisations, ce qui correspond à la prévision actuelle des caisses de retraite. En outre, un supplément de 10 %, plafonné à un minimum de 80 euros, devrait être introduit pour la pension de retraite minimum en cas de durée de cotisations supérieure à 35 ans. La pension d’incapacité devrait elle-aussi être revalorisée.
  2. Mais ces mesures n’empêcheront pas certains salariés de tomber sous le seuil de pauvreté qui s’élève à 1 050 euros (60 % du salaire moyen) en Allemagne. Le niveau de la retraite tend à baisser depuis des longues années et devrait atteindre 43 % du salaire moyen d’ici 2030. Avec la création massive de bas salaires, notamment sous Schröder, la pauvreté s’instille insidieusement dans les rangs des retraités. Le recours à l’épargne a donc de beaux jours devant lui, même s’il contribue davantage à sécuriser les profits des compagnies d’assurances que le niveau de vie des assurés…
  3. L’accord CDU-SPD est tellement bancal en matière de dépenses sociales qu’il prévoit la création d’une commission chargée de présenter d’ici mars 2020 un rapport sur l’avenir du système de retraite.

 

Des investissements…

  1. Dans le secteur de l’éducation, 12 milliards d’euros seront consacrés entre autres à l’accompagnement des élèves de primaire et aux investissements dans les écoles, mais les ressources allouées ne devraient couvrir que 10 % des besoins. Enfin, il y aura davantage de moyens pour la formation continue des salariés et plus d’aides financières pour les étudiants. Au total, ces mesures sont clairement plus avantageuses que celles qui avaient été négociées entre les conservateurs, les libéraux du FDP et les Verts.
  2. Dans la santé, il est prévu d’embaucher 8 000 aides-soignants pour les 13 000 établissements de soins, ce qui signifie qu’il n’y aura même pas une embauche par structure de soins ! Ces créations de postes seront loin de compenser ceux qui ont été supprimés suite aux reformes de la politique de santé réalisées sous Schröder en 2003…

 

… qui confirment la règle d’or !

  1. Les dépenses publiques supplémentaires – qui couvrent notamment les investissements éducatifs, mais aussi ceux consacrés à la digitalisation, à la santé, au logement et à l’accueil des migrants par les communes et les régions… – sont évaluées à 46 milliards d’euros. Mais tout cela ne remédie pas au sous-investissement chronique dans nombre d’infrastructures publiques et ne permet pas de satisfaire les besoins en service public. La règle d’or de la rigueur budgétaire est sacro-sainte en Allemagne… Quant aux charges fiscales, elles sont plafonnées au niveau actuel et la taxe de solidarité baissera de 10 milliards d’euros à partir de 2021. Le SPD, qui exigeait davantage d’impôts pour les gros revenus, n’a pas été entendu par la CDU et par sa succursale bavaroise.
  2. Au final, les mesures fiscales contenues dans l’accord se basent sur la continuation de la politique monétaire des bas taux d’intérêt et le spread des risques entre les pays de l’Eurogroupe grâce auquel l’Allemagne a économisé 290 milliards d’euros depuis 2008. En effet, l’Allemagne n’est pas davantage préparée à une hausse des taux d’intérêt qu’à un brusque changement de conjoncture économique. Il va sans dire que, si l’Europe entrait en crise, les dégâts seraient considérables chez les nombreux perdants du « modèle allemand ».

 

Coopération à géométrie variable

  1. La grande coalition veut approfondir la coopération franco-allemande et avance l’idée d’un nouveau Traité de l’Élysée. Mais, pour ce qui est des migrants, à la demande de la CSU, il y aura plus des restrictions au regroupement familial avec un statut particulier pour les réfugiés venant de la Syrie.

 

À l’heure des bilans

  1. Il y a, dans cet accord de gouvernement, un mélange de mesures néolibérales et de clauses contrecarrant l’austérité. La perpétuation de la logique ayant abouti au Pacte européen de stabilité et la généralisation des partenariats publics-privés dans les dispositifs d’investissement font incontestablement partie de son versant ordo-libéral. C’est moins vrai des clauses en appelant à davantage de régulation au niveau européen et des velléités de stabilisation de l’Union du texte qui prend en compte une partie des propositions de Macron, notamment celle d’un budget d’investissement pour la zone euro et la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds monétaire européen (FME).
  2. Toutefois, si une taxe « substantielle » sur les transactions financières est évoquée dans l’accord, sa mise en place ne sera pas le seul fait du nouveau ministre social-démocrate des Finances, mais dépendra largement de la volonté du président Macron et son gouvernement d’y inclure, non seulement les actions, mais aussi les produits dérivés.

 

Armin Duttine, responsable syndical,

membre de Die Linke et ancien membre du SPD,

le 4 mars 2018.

 

Pour vaincre Macron : les trois niveaux d’unité

éditorial de D&S n°352 mars 2018 ( abonnez vous ! 40 euros par an 10 excellents numéros)

 

 
Ces deux derniers mois, l’unité des salariés pour défendre leurs droits élémentaires se dessine dans nombre de secteurs : des gardiens de prison et des Ehpad, jusqu’aux hospitaliers, aux fonctionnaires, aux cheminots, aux pilotes d’Air France et aux employés de la RATP, aux jeunes, aux chômeurs et aux les retraités, en passant par les salariés de Carrefour, d’Auchan, de MN&S, de PSA ou encore de Ford. Chacun va à son rythme, mais les rythmes s’accélèrent et convergent contre la casse sociale orchestrée par Macron.

 
Le bras de fer commence

 

Macron veut une « société sans statut » et une société « post-salariale ». Ce « projet » nous concerne toutes et tous. Ce n’est pas un statut contre un autre, c’est le droit du travail et les conventions collectives, contre l’ubérisation.Ce n’est pas le seul le statut des cheminots qui est en jeu. Ce sont tous les statuts privé et public que le Thatcher français remet en cause. Il veut une société flexibilisée, sans droit, ni loi. Pour cela, il casse le salaire brut et la Sécurité sociale payée à la source par les patrons, et il casse la fonction publique et tout ce qui ressemble de près ou de loin à un service public. La SNCF ne mérite pas le procès qu’on fait d’elle. C’est le plus beau transport en commun du monde, même s’il faut investir dans l’infrastructure, baisser les prix, étendre le réseau, ce qui est à portée de main s’il y a une volonté politique, puisque la SNCF était bénéficiaire l’an dernier. Mais il ne faut surtout pas ne pas céder au tout-camion, au tout-autocar, au tout-autoroute, car « Mon train, j’y tiens ». Les cheminots ont un métier dur, qualifié, qui ne doit pas être bradé.L’unité syndicale est essentielle pour développer le rapport de force et faire reculer Macron. En 2016, environ 80 % des syndicats étaient contre la loi El Khomri. Cette fois, c’est 100 % qui manifestent pour la SNCF et pour les services publics. Cette unité est la clef du succès. Elle doit être respectée, les syndicats sont indépendants et rassemblent une majorité du salariat, 90 % d’actifs qui constituent la cible de Macron. Cela va être un rude combat, les manifestations n’y suffiront pas. Il faudra passer au cran supérieur. C’est pour cela qu’a été envisagé un plan de grève de trois mois. L’occupation des entreprises est en fait ce qui ferait reculer le Medef et Macron à coup sûr. Mais elle ne se décrète pas, c’est à la majorité des salariés d’en décider.

 
Tous ensemble !

 

L’unité des organisations de gauche va de pair avec l’unité syndicale et c’est pourquoi la GDS a saisi l’occasion proposée par Olivier Besancenot d’organiser une réunion unitaire le mercredi 14 mars. Nous étions douze (Alternative Libertaire, EELV, Ensemble!, la GDS, Génération.s, le groupe parlementaire de la France insoumise, le NPA, Nouvelle Donne, le PCF, le PCOF, le Parti de Gauche et République et Socialisme) et c’est un grand pas en avant.Le communiqué sur lequel la réunion a débouché est encourageant : « Cheminots et les cheminotes ne sont comptables de rien. Pas plus que les étudiant-e-s qui perdent une partie de leurs APL, les retraité-e-s qui voient la CSG augmenter, les personnels de soins […], les chômeur-se-s ou les fonctionnaires. Pas plus que les migrant-e-s qui subissent une politique indigne. Macron et Philippe veulent en faire des boucs émissaires ? Nous affirmons collectivement qu’ils et elles sont les victimes des politiques libérales menées depuis tant d’années, qui expliquent la montée de l’extrême droite partout en Europe. Ils nous veulent désunis ? Nous répondons que nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l’accès au service public, à commencer par le ferroviaire […], mais aussi l’ensemble des fonctionnaires et l’intérêt des usagers ».Une conférence de presse commune a eu lieu avec un gros succès le mercredi 21 mars à 9 h 30 place de la République. Des déclarations et tribunes unitaires ultérieures sont prévues et nous avons proposé de les décliner avec des meetings en commun un peu partout

 
Notre parole GDS  (rejoignez nous ! ensemble nous sommes efficaces )

 

Après le 22 mars, les grèves d’avril ont auront ? un sens clair à gauche : « Macron, ça suffit ! Assez de casse sociale ! Le thatchérisme ne passera pas en France ! Tu dois entendre le pays qui gronde face au chaos dont tu nous menaces. L’unité des salariés, des syndicats et de la gauche, nous la construisons, et nous te battrons ».

Johanny, Arnaud-Landau, Vacheron… : ces 30 militants qui quittent le Parti socialiste LE PUY-EN-VELAY

Politique

Publié le 31/03/2018 à 09h45

Johanny, Arnaud-Landau, Vacheron... : ces 30 militants qui quittent le Parti socialiste 

Photo d’illustration © Aurelien Morissard

Trente militants de Haute-Loire ont officialisé samedi leur départ du Parti socialiste. Parmi eux des figures locales à l’instar d’Arlette Arnaud-Landau, Laurent Johanny ou encore Raymond Vacheron. Un véritable coup de tonnerre…

« La rénovation du PS est ratée, ce qui oblige à reconstruire la gauche à l’extérieur ». Dans une tribune transmise à notre rédaction, 30 militants de Haute-Loire ont annoncé samedi leur départ du Parti socialiste. Et parmi ceux qui claquent la porte, on retrouve des membres bien connus comme Arlette Arnaud-Landau (ancienne maire du Puy, vice-présidente de la Région Auvergne), Laurent Johanny (chef de l’opposition au conseil municipal du Puy, conseiller communautaire) ou encore Raymond Vacheron (ancien militant syndical). Selon eux, ce PS qui ne change pas se condamne à mourir… « Nous avons donc logiquement décidé de quitter le Parti socialiste, ce qui n’est pas sans quelques déchirements, et de nous consacrer à la refondation d’une gauche unie, progressiste, prête à affronter les défis de ce vingt-et-unième siècle, en ayant analysé le passé, la réalité du monde actuel ».

« Nous avons tiré la sonnette d’alarme, mais sans résulat »

Ils en expliquent les raisons dans une tribune intitulée « Pourquoi nous quittons le Parti socialiste. « Cinq années de présidence de François Hollande, piétinant nos valeurs fondamentales sociales et économiques, ont conduit à une défaite sans précédent de la gauche.(…) Pendant 5 ans, aux côtés de certains députés, minoritaires mais loyaux vis-à-vis de nos électeurs, nous avons tiré la sonnette d’alarme, tant à l’assemblée que dans le parti, rappelé sans relâche les engagements pris par François Hollande, mais sans résultat. Lors des dernières élections présidentielles, nous avons vu nombre de responsables socialistes trahir honteusement leur parole (…) ».

« Une absence de remise en cause »

Et de revenir sur l’élection jeudi d’Olivier Faure en tant que premier secrétaire du Parti : « Les électeurs nous ont abandonnés, en masse, comme les militants. Le Parti Socialiste est passé de 150 000 adhérents à moins de 40 000. Le résultat du vote récent pour le Congrès du Parti Socialiste est clair. C’est, pour les trois quarts des votants, la continuité, sans tirer le bilan des dérives passées. Si nous avons observé avec intérêt les idées portées par Emmanuel Maurel dernièrement, son score dit bien la sclérose de l’appareil du parti. En Haute-Loire, le score « poutinien » de Stéphane Le Foll démontre l’absence totale de remise en cause de la tête de la fédération et, pire, sa compatibilité avec la politique menée par Macron ».

Et maintenant ?

La question de la destination de ces désormais anciens du PS se posent même si Laurent Johanny appelle à « transcender les appareils pour se consacrer à la refondation d’une gauche unie, progressiste,prêt à affontrer les défis ». Et le communiqué de préciser : « Comme nous le faisions hier à l’intérieur du PS, nous continuerons à participer à toutes les initiatives d’échanges, d’actions, de construction, en s’efforçant de dépasser les stériles combats d’appareils. La question centrale n’est pas de savoir qui apparaîtra sur l’affiche, mais bien d’élaborer les bases d’une offensive collective, constructive, imaginative, face à la destruction massive des conquis sociaux et des droits démocratiques et aux enjeux sociétaux de demain ».

 

Les 30 militants de Haute-Loire à avoir signer cette tribune :  Arlette Arnaud-Landau, Sylvie Berodias, Clémence Borel, Christian Bourquard, Sabine Chirol, Franck Cortese, Annie Coste, Irène Dufeutrelle, Jacques Floquet, Françoise Givers, Geneviève Grolleau, Agnès Hay, Laurent Johanny, Christian Lafond, Didier Luce, Jean-Pierre Mahaie, Jean-Paul Maisonnial, Sarah Marcon, Sébastien Marcon, Martine Pierron, Gaston Raveyre, Michèle Robert, Michel Roche, Gérard Roqueplan, Fernand Rosier, Andrée Roussel, Catherine Teyssonneyre, Raymond Vacheron, Paul Valette, Emmanuel Wiederhold.