Gilets jaunes : avant tout un magnifique mouvement social

 

Une douzaine de livres viennent de sortir sur les Gilets jaunes. On sent le précipité dans l’écriture. D’autant que le mouvement est en cours, et que l’explosion est plutôt devant nous que derrière nous. Mais il ressort de ces ouvrages, qui reposent sur des enquêtes et des études universitaires, même quand leurs auteurs sont orientés à droite, que le mouvement réel est bel et bien orienté à gauche, comme nous le savions, à la GDS, depuis le tout début.

 

Pas besoin d’être grand clerc en effet pour le deviner : un mouvement social produit et exige du social au cœur. Dès que les masses rentrent dans l’action, ce n’est pas Le Pen qui récolte. Elle en est tout bonnement incapable. Ce sont les questions de salaires, d’emploi, de justice fiscale – bref, de partage des richesses – et de démocratie qui l’emportent. Et ça, c’est la gauche !

 

Un mouvement qui vient de loin

Quand la société est bloquée, l’explosion sociale intervient comme un séisme régulateur. Et la société est agressée depuis deux décennies. Depuis 2002, la droite exerce un pouvoir sans partage, et elle pille de façon rapace le travail pour le seul compte du capital.

Le salariat s’est appauvri, il a été surexploité et toutes les mesures sont allées dans un seul sens : blocage des salaires nets, allongement des durées du travail, pillage des cotisations sociales, diminution des pensions, casse du Droit du travail, accroissement de la précarité (contrats atypiques, temps partiel, intérim, CDD, contrats de mission, à la tâche…), affaiblissement de toutes les institutions représentatives du personnel salarié (CE, DP, DS, CHSCT, auxquelles on pourrait ajouter la médecine et l’inspection du travail, les prud’hommes, la Sécurité sociale, les mutuelles..).

À un moment donné cette succession de mesures réactionnaires se heurte à un ras le bol qui suscite une explosion. Nous y sommes.

La profondeur du rejet social du libéralisme a été telle que, sous Hollande, même le PS s’est en partie dressé contre lui – fait sans précédent dans l’histoire de la Ve République. Il fallu une succession de coups de forces pour imposer l’ANI, les lois Sapin, Rebsamen, Macron, et c’est par le biais du 49.3 que sont passés le CICE, et les lois El Khomri. En 2016, 30 % du PS et la majorité écrasante de la gauche ont manifesté quatorze fois, avec le soutien de 80 % de l’opinion, contre la scélérate loi El Khomri. En vain. Le pouvoir a été plus opposé au mouvement social que Chirac lui-même ne l’était en 1986, en 1995 et en 2006. Le trio Hollande-Valls-Macron n’a rien cédé. Hollande l’a payé cher, puisqu’il a été dans l’incapacité de se représenter. Valls a été balayé électoralement lors des primaires. Mais, divisée, la gauche, au sein et hors du PS, n’a malheureusement pas réussi à se doter d’un candidat unique.

 

L’explosion

C’est alors que Macron est arrivé « par effraction », comme il l’a lui-même reconnu. Et il s’est immédiatement attelé à aller beaucoup plus loin et plus vite que Sarkozy et Hollande dans la casse de notre modèle social. Il faut prendre au sérieux ses objectifs affichés : la « France start-up », une société « sans statuts », « post-salariale », « ubérisée ». Il s’agit là d’un programme libertarien en rupture totale avec le programme du Conseil national de la Résistance dont on fête les 75 ans.

Avec un parti en carton-pâte, mais avec l’appui de la finance, des banques, du CAC 40, du Medef et de 95 % des grands médias, Macron s’est lancé à l’assaut du pays. Il a commencé par donner le coup de grâce au Code du travail sans réaction majeure. Il s’en est ensuite pris à la SNCF, malgré la résistance des cheminots soutenus par une majorité de la population. Comme Valls en son temps, Macron se sent autorisé, face aux manifestants, à mentir, nier, masquer, refuser de négocier quoi que ce soit. Il menace même maintenant de tirer et tuer.

C’est alors qu’une partie du salariat qui n’avait encore jamais bougé s’est mise en mouvement. Comme si elle y était obligée. Comme s’il était impossible de faire autrement. C’est le produit de l’absence de frein, mais aussi de victoires syndicales ces dernières années. C’est le résultat de l’énorme trahison de la gauche officielle (assimilée dans son ensemble à Hollande). Un an de combats puissants en 2016 n’avait pas suffi ; Nuit debout, occupant les places des villes l’année suivante, non plus. De nombreux salariés du bas de l’échelle, les plus frustrés, les plus victimes de ces vingt années de régression sont entrés en action, en remplacement des syndicats KO, des partis de gauche éparpillés et divisés, face à Macron l’apprenti-sorcier.

Comme toujours, ce sont les profondeurs de la société qui se sont soulevées. La fameuse taxe carbone sur les carburants servit de détonateur. Depuis le 17 novembre 2018, nous sommes dans une crise sociale géante. C’est la majorité écrasante du pays qui s’est révélée avec les Gilets jaunes, parce qu’elle a toujours rejeté, sans savoir comment faire, ni y parvenir, avec des espoirs successifs trahis depuis des décennies, cet ordo-libéralisme impitoyable qui l’asservit, la surexploite et l’opprime férocement. Le rejet d’une écologie punitive, le lien entre « fin du mois » et la « fin du monde », l’exigence mêlée de défense de la planète et de justice sociale, l’ont vite emporté contre les pseudo-Verts cyniques et pillards, « à la de Rugy », appuyés par Total et Lactalis.

 

Face à la contre-révolution

La forme qu’a prise l’explosion est due à la violence sociale de Macron. La lutte de classes a fait un bond énorme en avant. C’est notre classe, le salariat, qui a bougé. C’est la venue à la conscience majoritairement, empiriquement, que « trop c’est trop » ! Ils sont trop riches là-haut et ils nous en prennent trop ! Il fallait bloquer. Il fallait se faire entendre de façon radicale, nouvelle, démocratique et spontanée. La dictature de la finance est devenue la plus fréquemment dénoncée : contre ceux d’en haut, de l’oligarchie, des riches, des politiciens corrompus, des menteurs qui ne comprennent pas le peuple !

Les banderoles, les tags, les panneaux, les slogans sont intarissables avec un sens tout à fait révolutionnaire de la formule : « Qui ne casse rien n’a rien », « Fin du moi, début du nous », « Fini le banquet des banquiers ? », « Plus de banquise, moins de banquiers », « Je veux dormir avec toit », « Le grand dégât », « Macron-Magnon », « Rendez l’ISF d’abord ! », « Google, paie tes impôts ! », « Nous déclarerons nos manifs quand vous déclarerez vos revenus », « Pas de Cartier pour les pauvres », « En plus des gaz, la poudre aux yeux »… Les Gilets jaunes s’inscrivent dans la longue histoire des « guerres des pauvres », des révoltes et des révolutions, à la suite des sans-culottes, des communards, des soixante-huitards.

Cette explosion révolutionnaire se concentre contre Macron, le mal élu, qui ne représente pas le peuple, et encore moins le salariat. Il n’a jamais travaillé et il hait le travail. Le capital est son maître, et ça se voit ! Macron n’est fort que du soutien de la finance et du patronat, mais il est faible car il est isolé socialement. Il a des pieds d’argile. Son « parti » n’a pas l’assise de la « vieille droite », ni même celle d’un PS qui peine pourtant à sortir de sa crise.

Macon incarne tout ce que des millions de citoyens en souffrance (50 % de salaires inférieurs à 1 700 euros, 9 millions de pauvres, 7 millions de retraités en dessous de 1 000 euros, 6 millions de chômeurs) ne peuvent plus supporter. Comme son but est de transférer les 500 milliards de salaire brut affectés aux caisses sociales pour les ventiler dans le budget courant de l’État, la violence de ses choix budgétaires se ressent cruellement.

 

Pathétiques pare-feux

Cette contre-révolution mise en œuvre par Macron est devenue insupportable pour la société et elle a provoqué un rejet qui stupéfie la classe dominante : cette dernière n’a d’abord eu que mépris pour les Gilets jaunes, considérés initialement comme de gentils « zozos », puis devenus d’affreux « jojos ». Du 17 novembre au 10 décembre, le pouvoir surpris a frémi, puis il a décidé de frapper un grand coup médiatique et ne rien changer, reculer en apparence pour continuer comme avant. Mais faire payer des « primes d’activité » à certains salariés par d’autres salariés, financer les heures supplémentaires de ceux qui en font par ceux qui n’en font pas, ne pas toucher aux symboles comme l’ISF, ne rendre aux retraités qu’une partie infime de ce qui leur avait été pris, cela ne pouvait pas prendre face à l’énorme soulèvement mûrissant sur les ronds-points. Le 12 décembre, une aide-soignante quarantenaire d’Avignon déclarait par exemple comme un défi : « J’ai plus appris en trois semaines qu’en trente ans de ma vie, on ne va pas lâcher maintenant ! »

Tout en s’agitant plus de 70 heures en direct sur toutes les chaînes de télé, dans des « débats » où il est le seul à parler, Macron s’isole et s’épuise, loin des réalités de la mobilisation qui se poursuit. Le summum dans l’échec fut atteint le 27 janvier, lors de la « grande manifestation » pro-Macron, conçue comme celle du 30 mai 1968 en soutien à De Gaulle…, mais qui ne rassembla que quelques centaines de participants ! Un autre bide ridicule eut lieu au Salon de l’agriculture où il lui fallut faire venir 200 figurants pour se protéger des autres visiteurs.

Le pseudo grand débat devait servir à gagner du temps, à occuper le terrain sans rien concéder sur le fond, pour user les manifestants et distraire leurs soutiens. Macron y frimait en parlant de tout, plutôt que de redistribution des richesses ! Ils pariaient tous que le mouvement ne passerait pas Noël ou que l’hiver l’épuiserait. Ils ont fait démonter un à un les ronds-points et les barrages. Ils se sont évertués à propager de basses calomnies. Tout a été essayé : antisémites, homophobes, fascistes, barbares, analphabètes, casseurs, voyous, black blocs… Mais la puissance du mouvement ne s’est pas relâchée ; il a résisté de façon courageuse. Les mensonges sur les chiffres réels de participants (divisés systématiquement par dix par le ministre de l’Intérieur) n’y ont rien fait.

 

Répression sans précédent

D’où une répression dont la violence est sans précédent depuis la guerre d’Algérie. Mine de rien, pour défendre Hayek, il faut forcément matraquer. Peut-être pas jusqu’aux extrémités et aux crimes perpétrés par Pinochet, mais le néo-libéralisme reste sans pitié, quelles que soient les circonstances. La violence policière a donc atteint des sommets avec des méthodes de barbouzes inqualifiables : 600 blessés graves, 9 000 arrestations, 4 000 condamnations. Tout a été utilisé : lacrymogènes, parcage, nasse, passages à tabac, LBD, grenades offensives, etc. La loi anti-manifestation a été durcie comme aux pires moments de notre histoire. La police a été autorisée à faire peur, la terreur étant censée limiter le nombre de manifestants. Au contraire du préfet Grimaud qui, en Mai 68, écrivait aux policiers : « si un policier frappe un manifestant à terre, il se frappe lui même », Castaner et Macron ont lâché cyniquement la bride à leur piétaille au point d’être condamnés par l’ONU, par l’UE et par toutes les institutions internationales de défense des Droits de l’Homme.

Le 16 mars, le « grand débat » s’est donc achevé. C’est un échec total, puisqu’il a mobilisé moins de 200 000 personnes. Mais Macron, parti à contre-temps au ski, réagit comme un apprenti-dictateur : refusant toujours de répondre socialement et politiquement, il annonce, illuminé, poussé par la droite, que ses propres exécutants ont été trop mous. Il les limoge et annonce que, le samedi suivant, il frappera encore plus fort qu’avant. Et peu importe le nombre de victimes…

 

Élargissement en vue

La puissance des revendications des Gilets jaunes se confirme par son audience majoritaire dans le pays : le soutien de l’opinion se situe entre 85 % et 55 %, ce qui constitue un record après quatre mois de matraquage médiatique sans précédent. Vu le tombereau de mensonges, de calomnies, d’attaques insensées déversées tout azimut pendant cette période, le fait que la popularité des Gilets jaunes soit restée majoritaire est « incroyable, mais vraie ».

La participation progressive des syndicalistes, les jonctions avec les manifestations plus « classique », les meetings communs jaune-rouge-vert, le soutien de quelques grands intellectuels, les débats publics ont contribué à faire pencher le mouvement à gauche, vers les revendications traditionnelles du salariat : des 42 revendications du 27 novembre aux douze mots d’ordre triés et hiérarchisés par 700 Gilets jaunes de Toulouse, de la plateforme de Commercy à celles rédigées dans la perspective de l’AG de Saint-Nazaire (les 5, 6 et 7 avril), on a un ensemble de mesures sociales positives. La radicalisation s’est faite en cours de route et dans le bons sens. La peur des « récupérations » s’est estompée. Les faux porte-parole propulsés par certains médias ont été obligés peu à peu de disparaître ou de se taire. Les pseudo-listes de Gilets jaunes ont fait flop. Le mouvement se structure, s’autogère et se cultive recherchant des racines, des cultures, des organisations ayant du savoir-faire. Les questions sont devenues : comment s’élargir ? que faire ? jusqu’où aller ? comment gagner tous ensemble ?

La violence – chacun l’a compris – nous place dans un étau ; le pouvoir s’en sert comme d’un épouvantail. « Qui ne casse rien n’a rien », rétorquent certains Gilets jaunes trop pressés d’en découdre. Il faut faire avec, mais tout en propageant l’idée que ce qui fait gagner, ce n’est pas la casse, c’est la masse. L’élargissement.

La caractéristique principale du mouvement des Gilets jaunes est d’ores et déjà sa durée : quatre mois ! Tous les historiens, tous les militants savent combien c’est long. Malgré le froid, les coups de matraque, la destruction des barrages, les condamnations à la chaîne, la peur orchestrée, le manque de moyens matériels, des dizaines de milliers de nouveaux militants sont nés ; cela n’aurait pu se faire si le mouvement des Gilets jaunes n’exprimait pas quelque chose de très profond. C’est ce que veulent masquer les Macron et Cie : ils ont perdu, mais ils veulent nier leur défaite idéologique et sociale et se déclarent prêts à tout. Jusqu’à tuer ?

« On n’a pas fait tout ça pour rien ! » « On ne va pas lâcher ! » : à tout moment, la tension est forte et le rebond possible. Ceux qui annoncent depuis des mois que « le mouvement s’essouffle » en ont déjà été pour leurs frais. En fait, tout ce mouvement est en quête d’un printemps géant. Macron ne pourra pas, comme il l’espère encore, s’en tirer avec de la contre-façon.

 

On peut gagner !

Rien, quoi qu’ils en disent, ne fera rentrer le torrent impétueux dans son lit. Ce mouvement inédit est le signe prémonitoire d’une véritable révolution à venir, capable d’embraser tout le pays. C’est ce que les militants socialistes, communistes, écologistes et « insoumis » doivent dire et expliquer haut et fort : si Macron ne répond pas, la situation pourrait bien devenir pré-révolutionnaire.

Nous devons faire passer la peur de leur côté et emmagasiner la confiance dans le nôtre. Oui, on peut gagner ! Oui, on va gagner ! À bas la répression ! C’est le macronisme qui est dans l’impasse. Comme nous l’avions prévu dès son avènement, sa politique de casse sociale systématique est inacceptable et inacceptée. Il est impossible d’ubériser 90 % d’actifs salariés, de leur faire tout perdre et de les reclasser en « indépendants agiles », dans des start-up qui les emploient en contrat commercial et les sous-paient. Cela ne se fera pas. Jamais cela n’arrivera.

Il faut qu’il recule. Qu’il cède et prennent les mesures sociales qui s’imposent. La société a explosé et elle attend des réponses concrètes, non des discours lénifiants. Fini le blocage des salaires ! Finie la casse des retraites ! Il faut inverser le cours de l’histoire. Lors des deux précédentes décennies, les droites au pouvoir ont trop tiré sur la corde ; l’équilibre est devenu impossible. Il faut que le capital rende au travail : 300 euros de hausse des salaires et baisse des dividendes ! La plateforme de douze mesures que la GDS soumet à toute la gauche (voir ci-contre) est une issue proposée à l’affrontement.

 

Nos tâches

La tâche des militants de la Gauche démocratique et sociale est donc de donner le meilleur contenu politique possible au mouvement. Elle est aussi de participer à l’action quotidienne, d’aider, de renforcer la mobilisation et sa démocratie interne. Elle est par ailleurs de contribuer à l’unité de la gauche afin de construire, avec d’autres, un véritable pôle attractif (nous l’avons initié dès novembre 2018 à Nantes, à Toulouse, à Paris). Elle est enfin de faire adhérer à la GDS, car nous sommes utiles au cœur de toutes ces actions, mais pas assez nombreux !

 

Gérard Filoche

 

 

un texte de Daniel Mermet : non a la violence

 

La France est prise en otage par une minorité de casseurs en bandes organisées, qui n’ont d’autre but que la destruction et le pillage. C’est un appel à la résistance et à la fermeté contre cette violence sauvage qui s’impose à tous aujourd’hui. Depuis trop longtemps, ces milieux radicaux ont reçu le soutien du monde intellectuel et d’un certain nombre de médias. Il faut radicalement dénoncer ces complicités criminelles. Oui, criminelles. C’est un appel à la révolte contre cette violence que nous lançons devant vous aujourd’hui.

Non à la violence subie par plus de 6 millions de chômeurs [1], dont 3 millions touchent moins de 1 055 euros bruts d’allocation chômage [2].

Non à la violence du chômage qui entraîne chaque année la mort de 10 000 personnes selon une étude de l’INSERM [3].

Non à la violence subie par près de 9 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté (1 015 euros nets mensuels pour une personne seule), dont 2,7 millions de mineurs [4].

Non à la violence des inégalités devant la mort : l’espérance de vie d’un ouvrier est de 71 ans, l’espérance de vie d’un cadre supérieur est de 84 ans, soit 13 ans de différence [5].

Non à la violence de la destruction consciente de l’environnement, et de la destruction consciente des femmes et des hommes au travail.

Non à la violence subie par les agriculteurs : tous les trois jours, un agriculteur se suicide en France [6].

Non à la violence subie par les 35 000 morts de l’amiante entre 1965 et 1995 [7]. Aujourd’hui toujours, chaque année, 1 700 personnes meurent des suites de l’amiante [8].

Non à la violence des inégalités dans l’éducation : 17 000 écoles publiques ont fermé depuis 1980, selon l’INSEE [9].

Non à la violence en matière de logement : 4 millions de mal-logés en France selon la fondation Abbé Pierre, dont 140 000 sans domicile fixe [10]. On compte 3 millions de logements vacants en France [11].

Non à la violence subie par les morts retrouvés dans la rue : au moins 500 morts chaque année, selon le collectif Les Morts de la Rue [12].

Non à la violence subie par 1,8 millions d’allocataires du Revenu de solidarité active, un RSA de 550,93 euros mensuels pour une personne seule [13].

Non à la violence subie par les 436 000 allocataires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, un minimum vieillesse de 868,20 euros pour une personne seule [14].

Non à la violence subie par les 2 millions de personnes qui reçoivent l’aide alimentaire, dont 70 % sont des femmes [15].

Non à la violence de l’évasion fiscale, soit un vol de 80 milliards d’euros chaque année par quelques-uns au détriment de tous, de l’éducation par exemple ou de la santé [16].

Vous pouvez continuer et compléter cette liste des vraies violences.

Mais ces chiffres et ces statistiques ne sont que des indications qui ne permettent pas vraiment de mesurer la profondeur de la violence subie par les corps et les âmes d’une partie des gens de ce pays. Violence de la fin du mois, violence des inégalités, violence du mépris de classe, violence d’un temps sans promesses. C’est évident, simple et profond. Leur violence en réponse n’est rien en face de la violence subie. Elle est spectaculaire, mais infiniment moins spectaculaire que la violence partout présente. Sauf que celle-ci, on ne la voit plus, elle est comme les particules fines dans l’air que l’on respire et d’ailleurs elle n’existe pas pour ceux qui ne l’ont jamais vécue, pour ceux qui sont du bon côté du doigt, pour ceux qui exercent cette violence et qui sont les complices, les véritables complices de cette violence-là, autrement meurtrière, autrement assassine. Mais pour les « petits moyens », depuis trop longtemps, elle est écrasante, mutilante, aliénante, humiliante. Et subie, depuis trop longtemps subie.

Ils se battent bien sûr, ils luttent, ils cherchent les moyens de lutter, les moyens de s’en sortir pour eux et leurs enfants. Pour tous.

Et un jour, quelqu’un a enfilé un gilet jaune.

Daniel Mermet

L’équipe de Là-bas attend vos messages sur le répondeur au 01 85 08 37 37 !

Notes

[1] Catégories A, B, C, D et E confondues, voir Pôle emploi, « Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au 4e trimestre 2018 », janvier 2019.

[3] Pierre Meneton, Emmanuelle Kesse-Guyot, Caroline Méjean, Léopold Fezeu, Pilar Galan, Serge Hercberg, Joël Ménard, « Unemployment is associated with high cardiovascular event rate and increased all-cause mortality in middle-aged socially privileged individuals », International Archives of Occupational and Environmental Health, novembre 2014.

[4] Institut national de la statistique et des études économiques, Les revenus et le patrimoine des ménages
Édition 2018
, 05 juin 2018.

[5] Nathalie Blanpain, « L’espérance de vie par niveau de vie : chez les hommes, 13 ans d’écart entre les plus aisés et les plus modestes », Institut national de la statistique et des études économiques, 6 février 2018.

[6] V. Gigonzac, E. Breuillard, C. Bossard, I Guseva-Canu, I. Khireddine-Medouni, « Caractéristiques associées à la mortalité par suicide parmi les hommes agriculteurs exploitants entre 2007 et 2011 », Santé publique France, 18 septembre 2017.

[8] Julie Carballo, « Amiante : 2 200 nouveaux cancers et 1 700 décès par an en France », Le Figaro, 20 janvier 2015.

[9] Institut national de la statistique et des études économiques, « Tableaux de l’économie française. Édition 2018 », 27 février 2018.

[10] Fondation Abbé Pierre, « 24e rapport sur l’état du mal-logement en France 2019, 1er février 2019.

[11] Institut national de la statistique et des études économiques, « Le parc de logements en France au 1er janvier 2018 », 02 octobre 2018.

[12] Les Morts de la Rue, « Liste des morts de la rue », 5 février 2019.

[13] Ministère des Solidarités et de la Santé, « Nombre d’allocataires du RSA et de la Prime d’activité », 02 mars 2018.

[14] Caisse nationale d’assurance vieillesse, « Minimum vieillesse et ASI », 5 juin 2018.

[15] Banques alimentaires, « Rapport d’activité 2017 ».

 

edito du monde diplomatique avril 2019 cordon sanitaire

Rapport Lecocq, nouvelle loi anti travail

 

Y’a t il encore « trop » de contraintes et « trop » de contrôle » sur les entreprises ? Dans le monde libertarien, d’Hayek, Friedman et Macron, doit régner « la dictature de la liberté », il ne faut donc pas entraver la productivité, la compétitivité, et c’est le sens du nouveau rapport « Lecocq » du nom de la députée LREM du Nord.

Ce dangereux rapport se propose de continuer la besogne des lois Hollande- El Khomri et des ordonnances Macron-Pénicaud : en finir avec le contrôle de l’inspection du travail, pour privilégier la notion individualiste de « responsabilité », conçue comme une « performance globale (sic) » de l’entreprise.

Chaque salarié deviendrait le propre acteur de sa santé au travail : le lien de subordination qui caractérise le contrat serait de facto aboli, l’employeur quasi dégagé de sa responsabilité, et le salarié possiblement accusable de son propre malheur.

« - T’es tombé, t’avais pas mis de garde-corps, c’est ta faute, puisque le règlement de l’entreprise prévoit qu’il faut mettre un garde corps ».

«  -Tu es un acteur de ta sécurité autant que le patron, tu seras responsable de tes bilans de santé autonomes…

« - Tu réaliseras toi même ton examen, poids, taille, fréquence cardiaque, tension artérielle, tu seras guidé par vidéo et toutes les informations seront collectées  a distance par un « Service de santé au travail »

Ce serait la fin du document unique collectif de prévention et de sécurité. Le but serait de « desserrer la contrainte » qui pèserait sur l’entreprise,  donc de décharger l’employeur  de rendre des comptes de la mise en œuvre de ses obligations face au juge en cas d’accident.

Il serait aussi de donner la priorité aux « accords d’entreprise » sur les accords de branche ou sur la loi :  la prévention ne serait plus d’ordre public social, elle deviendrait aménageable par « négociation » au cas par cas. Laquelle « négociation » deviendra la dernière roue du carrosse, une fois que les CHSCT ont été supprimés, et alors que le nombre total des élus du personnel est divisé par deux. Le chantage à l’emploi l’emportera évidemment, dés lors que ce n’est plus la loi qui décide,  sur la sécurité, l’hygiène, les conditions de travail.

Ce cynisme et cette violence avec lequel Hollande puis Macron ont entrepris de casser la protection des salariés au travail  témoigne de la brutalité des exigences des patrons et de la finance : rien ne doit entraver la recherche du profit maximum même pas 550 morts au travail par an, 700 suicides liés au travail par an, 4500 handicapés du travail par, 650 000 arrêts du travail par an, des dizaines de milliers de maladies professionnelles dont un nombre considérable et sous-estimé de cancers, de troubles musculo-squelettiques, de cas de surdité.

Gérard Filoche

 

Macron fait des lois contre les chômeurs 15 ans après l’échec des lois « Hartz »

François Hollande, en janvier 2014, en déplacement en Allemagne les avaient vantées. Macron dans le gouvernement Valls aussi.  Il s’agit des « lois Hartz », lesquelles entre 2003 et 2005, sous Gerald Schröder avaient réduit les droits des chômeurs allemands. Reparlons-en puisque Edouard Philippe est en train de reprendre le même genre de lois contre les chômeurs français.

 

Les quatre lois de Peter Hartz  (du nom d’un DRH de Volkswagen qui avait ensuite fini en prison pour corruption)  préconisaient l’assouplissement du travail intérimaire, limitaient les possibilités d’un chômeur de refuser un emploi, réduisaient les allocations chômage avant de les suspendre. Elles encourageaient les mini jobs, avec un salaire minimum dérogatoire en diminuant les cotisations sociales : cela a frappé 4 millions de sous-salariés. Elles instauraient un système de performances des agences de l’emploi avec primes par chômeur « placé ».  Elles avaient imposé une baisse drastique des revenus des chômeurs, 60 % de l’ancien salaire (67 % pour une personne avec enfants). Et les « Ein-euro-jobs » les boulots à « 1 euro » que les chômeurs longue durée ne pouvaient pas refuser sauf à perdre leurs allocations : la « contrepartie à  l’ aide sociale » selon l’actuel gouvernement français.

 

Plus de 10 ans après, une étude approfondie a été faite de de ces lois Hartz, et à partir d’un fichier de 430 000 personnes travaillant au sein de 340 000 entreprises, entre 2000 et 2007, deux chercheurs, Bradley et Kügler  en concluent qu’elles ont conduit, en moyenne, à une baisse, très faible, du chômage (– 0,16 %), mais surtout à une diminution, beaucoup plus substantielle, des salaires (– 4 %).

Ni emploi, ni salaire : le bilan des réformes Hartz est « intégralement négatif » pour les salariés. Et très grave pour les moins qualifiés, dont l’emploi a diminué de 0,6 %, et le salaire moyen de… 10 %. Au delà d’un an de chômage, les personnes basculaient dans un système d’assistance avec seulement 370 euros par mois. Le nombre d’emplois n’a guère augmenté entre 1000 et 2016 : 9,3% (contre 8,3 % en France, mais en France, la population active s’est augmentée de 5,9 % contre 2,2 % en Allemagne). Tout au plus, des CDI ont-ils été remplacés par des contrats temporaires et de contrats de travail à temps partiel.

Alors pourquoi Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’apprêtent ils à imposer des lois Hartz contre le chômage en France si on sait que ça n’a pas marché là bas ?

Au lieu d’adapter, 10 ans après, des mesures qui se sont révélées catastrophiques, il vaudrait mieux partager le travail avec une semaine de 32 h, une retraite à 60 ans, et hausser massivement les salaires de 300 euros pour relancer l’économie, ca sera plus bien utile contre le chômage.

Gérard Filoche

 

 

 

16 mars, fin de « son pseudo grand débat » : le temps des mesures d’urgence

Le temps est venu de mesures d’urgence

11/03/2019 | la rédaction

La liste est longue des revendications portées depuis 4 mois. Le débat devra se poursuivre pour apporter des réponses et des solutions sur l’ensemble des problèmes soulevés. Il faut en prévoir les modalités pour que rien ne soit enterré. Mais il faut maintenant des mesures d’urgence.

La politique doit servir les intérêts de la majorité de la population. C’est ce que disent les gilets jaunes depuis 4 mois. Il faut un débouché au mouvement.

Des mesures d’urgence doivent être prises dès maintenant sur les salaires, les pensions, les allocations, la fiscalité. Nous mettons en débat 12 mesures immédiates.

 

D’abord les salaires, les pensions, les allocations pour vivre

Première mesure : porter le Smic à 1800 euros, augmenter tous les salaires de 300 euros par mois, mettre un terme au gel du point d’indice des fonctionnaires, plafonner les salaires à 20 fois le Smic

Seconde mesure : augmenter le minimum vieillesse de 300 euros par mois, ré-indexer les pensions de retraites sur la hausse des prix, suspendre la réforme des retraites

Troisième mesure : revaloriser en proportion l’allocation adulte handicapé et tous les minima sociaux, indexer les allocations familiales sur l’inflation

 

Fiscalité juste, partage des richesses et solidarité, des services publics partout et pour tous.

Quatrième mesure : supprimer la TVA sur les produits de première nécessité.

Cinquième mesure : suspendre les exonérations de cotisations sociales.

Sixième mesure : rétablir immédiatement l’ISF, convoquer une conférence nationale sur la réforme fiscale avec un impôt direct et progressif, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale.

Septième mesure : suspendre les privatisations envisagées (barrages hydrauliques, autoroutes) dont celle des Aéroports de Paris dans la loi Pacte.

Huitième mesure : Geler toutes les fermetures de services publics et de réduction d’effectifs (transports, hôpitaux, école, fonction publique, etc..)

 

Engager la transition écologique

Neuvième mesure : Taxer le kérosène des avions et le fioul lourd des super tankers

Dixième mesure : Rétablir les « petites lignes » de train et développer le ferroutage, taxer les entreprises de transport qui pratiquent le dumping social à l’intérieur de l’Europe

Onzième mesure : mettre en place un plan massif de rénovation énergétique des bâtiments

 

La nécessité d’une profonde réforme démocratique

La 5èmeRépublique ne permet pas une représentation réelle et démocratique des citoyens. Il faut aller vers une 6ème République démocratique et sociale …

Douzième mesure : Organisation d’États Généraux à partir de juin ou septembre 2019 représentatifs de tous les départements et composés à l’image de la population avec des ouvriers, des employés etc

Les États Généraux auront pour tâche :

-de travailler à une réforme constitutionnelle avec l’introduction de la proportionnelle, et la suppression de l’élection d’un président au suffrage universel. Mieux vaut un pouvoir collectif qu’un pouvoir personnel.

Ce travail devrait déboucher sur l’élection d’une Assemblée Constituante pour permettre l’instauration d’une 6èmeRépublique parlementaire.

-d’approfondir toutes les questions soulevées dans la société ces derniers mois par les gilets jaunes, la jeunesse lycéenne, étudiante, les syndicats et associations …

Ces États Généraux devraient se décliner au niveau local.

Unis pour être plus forts

Quatre mois de mouvement et de débats doivent déboucher sur des changements profonds. Ils doivent associer le plus grand nombre, faire l’objet d’échanges partout.

Mettons, tous ensemble, ces propositions en débat pour les enrichir et les porter collectivement.

 

Pour la Gauche démocratique et sociale (GDS)

Gérard Filoche

 

15 % d’Inspection du Travail en moins

Quand Macron prononce de belles paroles en faveur de l’égalité salariale femmes-hommes ne le croyez  surtout pas ! Quand Macron s’agite à propos de la directive discriminant les « travailleurs détaches » ne le croyez pas davantage ! Quand Macron prône des « bonus malus » à propos des « contrats courts », c’est encore du pipeau.

Parce que cela ne peut pas se faire en supprimant 15 % des effectifs de l’inspection du travail cette année !  Or, chacun l’a lu dans la (bonne) presse, c’est l’annonce que vient de faire la ministre du travail, Pénicaud. Les inspecteurs du travail sur le terrain sont autour de 1600 pour 1,2 million d’entreprises et 19 millions de salariés concernés. Une entreprise a une chance d’être visitée une fois tous les 10 ans. Mais, depuis, les lois Sapin, Macron, El Khomri, Pénicaud ont ratiboisé l’indépendance  de l’inspection (et laminé les prud’hommes).  Comment, en supprimant encore 15 % des effectifs, contrôler et sanctionner les infractions aux inégalités salariales, aux fraudes aux travailleurs « détachés », aux contrats précaires injustifiés ?

Pour l’inégalité salariale sexiste, il est possible de l’éradiquer en moins d’un an : si on oblige toutes les entreprises à tenir un registre, si on contrôle ces registres et si les inspecteurs peuvent en référé saisir le juge pour que celui-ci impose une astreinte, ce sera vite réglé. C’est faisable mais il faut s’en donner les moyens. C’est là que Macron est démasqué, il retire ces moyens.

Pour les « travailleurs détachés » Macron avait fait semblant de s’agiter dans l’Union européenne pour modifier leur statut. En pratique il avait confirmé la discrimination principale qui permet aux patrons français de les surexploiter en les  payant moins cher, c’est à dire sans le salaire brut, sans les cotisations sociales françaises.  La Cour des comptes vient d’appeler « à une plus grande fermeté » car  elle estime que « le système de sanctions de la France est trop faible contre la fraude aux travailleurs détachés ». Toutes les procédures de l’inspection sont chronophages et difficiles faute de moyens : comment vérifier à Sofia ou Varsovie si le complément des salaires est payé !

Pour les millions de « contrats courts », qui croit qu’une inspection du travail affaiblie pourrait contrôler un système complexe de « bonus malus » et sanctionner les centaines de milliers de patrons qui en abusent ? Il faut les interdire ! Mais Macon et le Medef ne veulent pas.

Alors quand Muriel Pénicaud, déclare que « d’ici 2022, la section comptera un agent de contrôle pour 10 000 salariés » soit 15 % de moins et avec diminution du nombre d’assistants de contrôle chargés de l’accueil du public, on sait à coup sur que Macron ment.

Gérard Filoche

 

La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés

 

Les revendications sociales des gilets jaunes, dans 95 % des cas sont celles de la gauche : les 42 revendications du 17 novembre, celles de Toulouse adoptées et classées une à une, celles de « l’Assemblée des assemblées » de Commercy, celles qui se discutent en vue de la prochaine coordination des ronds-points à Saint Nazaire les 5, 6 et 7 avril. Augmentation massive du smic et des salaires, des retraites, des minimas sociaux, redistribution des richesses, chasse à la fraude fiscale, rétablissement de l’ISF, renationalisation des services, autoroute, rail, eau, électricité, gaz ; gratuité des transports en commun, égalité salariale femmes-hommes, états généraux pour la transition écologique, l’énergie verte et la protection de la biodiversité, etc.

Dans les meetings dans la Drôme ou dans les Yvelines ce sont les mêmes débats : par exemple, les retraités demandent la suppression des 1,86 % de CSG, l’indexation totale des pensions sur l’indice du coût de la vie, la garantie des pensions de réversion et un rattrapage de 3 % compte tenu des pertes passées.

La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés.

C’est comme la « Prime Macron » qui est, en fait, une « Prime Gilet jaune ». Si les gilets jaunes bloquent Macron, ce sera une victoire pour tous.

Mais l’inverse menace : si elle gagne, la Macronie envisage d’en profiter pour aller plus loin.

La voilà donc qui s’interroge sur un « second jour de solidarité » c’est à dire un jour férié en moins pour les patrons et aussi sur la suppression de la 5° semaine de congés payés. Elle vise à faire de l’auto-entreprise un contrat universel qui pourrait remplacer le contrat de travail. Elle baisse de plus de 4 milliards les indemnités des chômeurs, et vise à supprimer l’allocation chômage pour les ruptures conventionnelles. Elle met à l’ordre du jour la rupture conventionnelle dans la fonction publique. Elle veut augmenter les seuils sociaux, pour faire passer à 100 salariés l’existence d’un comité d’entreprise. Elle parle d’un nouveau jour de carence en cas de maladie.  Elle force le pas sur la casse des retraites et le système par points. Elle désengage les patrons de payer les cotisations sociales maladie dans le salaire brut. Elle ré envisage même à nouveau une fiscalité sur l’essence et le diesel.

La contre révolution Macron serait sans limite : « Les puissants ne cèdent jamais rien, ni la liberté, ni le pain » (in « La guerre des pauvres ») Eric Vuillard (Ed Actes sud)

« Qui ne casse rien n’a rien » répondent désespérément des Gilets jaunes. Mais pour gagner ce qui compte ce n’est pas la casse, c’est la masse. L’ensemble des salariés est dos au mur. Il y a des moments dans l’Histoire ou ne pas lutter ensemble, c’est perdre tout.

Gérard Filoche

 

 

Nous, Macron, l’UE, le Brexit, Corbyn, et le nouveau referendum en GB

Depuis une dizaine d’années, l’idée est apparue à gauche que l’UE n’est pas réformable et qu’il faut en sortir pour pouvoir mettre en œuvre un programme socialiste.

C’est évidemment juste, c’est une union capitaliste, faite par des capitalistes, pour des capitalistes. Ce sont les marchés capitalistes qui la dirigent pas la démocratie citoyenne. C’est pourquoi nous avons voté contre les traités de Maastricht au TCE jusqu’au TSCG.

Mais comment sortir du capitalisme européen et français sans briser la perspective de l’unité européenne ? En combinant luttes sociales et politiques, réformes et révolutions dans chaque pays ou le mouvement social le met à l’ordre du jour et le permet. Jusqu’à bouleverser pour la reconstruire,  l’Europe entière.

Est-ce que ca commence par « sortir » pays par pays de l’UE ?

A qui ça servirait de « sortir » la France de l’UE en ayant Macron à sa tête ?  1°) c’est impossible 2°) C’est Macron qui codirige l’Europe, il est même devenu le pire leader ordo-libéral de celle-ci. Il incarne totalement, le Medef-CAC40-banques. Certains voudraient faire croire que Macron est un « pantin » entre les mains de l’UE. C’est une bien mauvaise façon d’excuser et défendre Macron. La France n’est pas la Grèce, elle fait un quart de l’UE à elle toute seule, aucune institution, aucune pseudo « unanimité », ni Malte ni l’Estonie, ne peuvent l’empêcher d’agir si elle le décide. Or ce que décide Macron c’est de faire le pire de ce que les marchés exigent de lui, pire que les recommandations de l’UE quand il casse le code du travail, casse la SNCF, casse la sécurité sociale, il va plus loin, plus brutalement, en France, dans les attaques anti sociales. C’est le Thatcher français. C’est lui, le mal. C’est lui le poison. Notre ennemi n’est pas ailleurs, dans un autre pays ou d’ans l’UE, il est chez nous. Ce n’est pas de l’UE qu’il faut sortir, c’est de Macron. Macronxit ! D’ailleurs,  les anglais qui sont sortis de l’UE se rendent compte du problème, il ne leur reste que le système Thatcher, le capitalisme en profite pour les écraser.

L’impasse de la sortie de l’UE

L’exemple du Brexit démontre l’impasse que constitue la stratégie qui consiste à sortir pays par pays. Le Brexit est le projet de l’aile réactionnaire du Parti Conservateur. Il ne s’appuie pas que sur le rejet populaire de l’austérité, ni de l’ordo-libéralisme de l’UE, il s’appuie sur la nostalgie pour l’empire britannique, la haine des immigrants et le nationalisme anglais le plus étroit. Et plus le temps passe, plus l’alignement des forces montre comment la droite trouve une cohérence politique et intellectuelle dans un tel projet : les partisans les plus résolus du Brexit se regroupent autour des Conservateurs tandis que les syndicats et l’écrasante majorité des adhérents et électeurs du Parti Travailliste en concluent qu’il faut remettre en cause cette décision.

Mis devant la perspective de redéfinir la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, les dirigeants syndicaux et travaillistes ont pu vérifier que plus les multi-relations existantes sont remises en cause, plus leur propre bourgeoisie en tire des conséquences néfastes pour l’emploi, les finances publiques et s’en sert pour chantage réduisant les marges d’une éventuelle politique de gauche  d’un gouvernement.

On estime que le Brexit, bien qu’il n’ait toujours pas eu lieu, coûte déjà à l’économie britannique environ 930 millions d’euros par semaine[1]tandis que les projections du gouvernement britannique estiment que dans tous les cas, l’économie se portera moins bien qu’aujourd’hui après la sortie[2]. Il devient plus difficile et non pas plus facile de vouloir argumenter pour remettre en cause l’austérité dans de telles conditions.

La réaction du mouvement syndical et du Parti Travailliste :

Face à cette réalité, le mouvement syndical et le Parti Travailliste ont adopté la position qu’il fallait préserver au maximum la relation actuelle, en demeurant dans l’union douanière voire le marché unique. Faute de quoi, il faudrait un nouveau référendum avec l’option de pouvoir rester dans l’UE.

Nous y sommes. Lundi 25 fevrier, Corbyn a fait savoir que son parti soutiendra l’organisation d’un nouveau référendum où les électrices auraient à choisir entre l’accord négocié par Theresa May (massivement rejeté par le parlement britannique en janvier) et le maintien dans l’UE. Dans une telle campagne, l’alignement des forces politiques sera clair : d’un côté le Parti Conservateur, de l’autre les autres partis avec Corbyn à leur tête et le mouvement syndical en soutien. Voilà qui clarifie les choses.

Remain and reform

La perspective de Corbyn n’est officiellement pas de défendre le statu quo ni l’UE actuelle : le slogan des travaillistes sera Remain and reform – « Rester et réformer ». C’est la bonne ligne : il faut que la gauche européenne redouble d’efforts pour obtenir la réorientation de l’UE. Un gouvernement Corbyn à Londres pourra être un allié de poids dans cette bataille : nous – le reste de la gauche européenne – avons tout à gagner d’une victoire du maintien dans un éventuel second référendum outre-Manche.

Bien sur, il faut être clairs : rester ce n’est pas faire du Hollande ni du Tsipras, si nous voulons « sortir de Macron » c’est pour engager une véritable politique de gauche, sur le programme que nous croyons juste et nécessaire de mettre en œuvre, et vite : 1800, 60, 32, 20, 5… La mise en œuvre déterminée  d‘un tel programme, en parallèle avec le retour d’une politique sociale en GB, avec le Portugal, l’Espagne, etc. c’est ça qui changera l’Europe, mettra fin à l’austérité, forcera à la re-discussion des traités, à la rupture avec l’UE capitaliste pour une ré orientation vers l’Europe sociale que nous voulons.


[1]https://www.theguardian.com/business/2019/feb/14/brexit-has-cost-uk-economy-at-least-80bn-since-vote-bank-of-england-rate-setter

[2]https://www.theguardian.com/politics/2018/nov/28/uk-significantly-worse-off-under-all-brexit-scenarios-official-forecast-gdp

 

Déclaration : Netflix et le gouvernement russe unis dans la calomnie anti-Trotsky

Lire hors-ligne :
Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky, et le Centre d’Etudes, de Recerches et de Publications-CEIP León Trotsky d’Argentine et du Mexique s’élèvent, aux côtés de dizaines de personnalités du monde universitaire et politique pour réfuter les calomnies portées contre le révolutionnaire russe dans la série « Trotsky », retransmise par Netflix.

***

Netflix, entreprise étatsunienne, propose la série Trotsky, réalisée par Alexander Kott et Konstantin Statsky. Rossiya 1, la chaîne la plus regardée en Russie, l’avait sortie en novembre 2017. Pour le centenaire de la Révolution russe, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et contrôlant, par conséquent, Rossiya 1, avait choisi Trotsky comme sujet principal de cette superproduction en huit épisodes.

Compte-tenu du passé stalinien de Poutine, à la tête du KGB, et du fait qu’il ne cache pas sa nostalgie à l’égard de la Grande-Russie tsariste, on ne pouvait attendre qu’une telle série présente de façon honnête et objective la personnalité et l’œuvre de celui qui, avec Lénine, a été le plus important dirigeant de la Révolution d’Octobre. En ressortant les vieilles calomnies anti-Trotsky, quel est l’objectif de Poutine ? Pourquoi falsifier le passé et les révolutionnaires, alors que le pays a avancé dans la restauration capitaliste et que rien ne semble s’opposer à la nouvelle bourgeoisie russe ni à Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans ? Pourquoi Netflix, dont l’audimat se compte en millions d’abonnés, a choisi de retransmettre cette série ?

Voici quelques-unes des falsifications qu’elle véhicule :

1. D’après les réalisateurs, il ne s’agit pas d’un documentaire, même s’ils affirment s’être inspirés de faits réels pour écrire Trotsky. Cependant, la série a recours aux mêmes falsifications qu’utilisaient les impérialistes, le tsarisme ou le stalinisme pour calomnier Trotsky et ses partisans alors qu’avançait la bureaucratisation de l’URSS. Toutes ces calomnies ont été réfutées par la Commission Dewey réunie spécialement à Mexico, en 1937, et constituée de personnalités indépendantes.

2. A l’encontre de la vérité historique et de la vision que pouvaient avoir de lui, à l’époque, ses proches mais y compris des personnes ne lui étant pas favorables, Trotsky est dépeint comme une personnalité égocentrique, messianique, autoritaire, inhumaine, envieuse, autant de caractéristiques qui seraient liées à ses origines juives, sans cesse rappelées dans la série. Au cours de sa vieillesse, il souffre d’hallucinations, étant rongé par le remord des crimes qu’il aurait commis pendant la révolution.

3. Jacson (Ramón Mercader) est présenté comme un stalinien honnête, doté d’esprit critique et de sensibilité, et qui établit un rapport réel avec Trotsky dans l’idée d’écrire sa biographie, ce à quoi ce dernier accède, dans la série. En réalité, Trotsky ignorait tout des liens de Jacson avec le stalinisme. Leurs rapports n’ont jamais été que très brefs, toujours sur demande de Mercader qui, en tant qu’agent du NKVD, avait été chargé par Staline d’assassiner Trotsky.

4. Au cours des deux révolutions russes la série montre des ouvriers, des paysans, des soldats, le peuple russe, manipulés par des dirigeants ambitieux tels que Lénine ou Trotsky et qui prennent des décisions en leur nom. En 1905, les soviets sont présentés comme de simples théâtres pour y faire entendre leurs discours. La lutte de classes n’existe pas. Tout est affaire d’affrontement et de vengeance entre individus. Mais la révolution de 1917 n’a pas seulement été l’un des mouvements de masses les plus importants et radicaux de l’histoire contre le tsarisme, mais également contre le gouvernement bourgeois provisoire et face à la contre-révolution de Kornilov. Elle a restauré le pouvoir des soviets, qui ont vu la participation centrale des exploité.es et des opprimé.es, dirigés par le Parti Bolchévique. La série, à l’inverse, présente la révolution comme une lutte mesquine pour le pouvoir, et les révolutionnaires comme des psychopathes manipulateurs.

5. La série ment également sur les rapports de Trotsky aux femmes. Une grande bolchévique comme sa première épouse, Alexandra, est dépeinte comme une femme au foyer que Trotsky aurait abandonné avec ses deux filles. Natalia, sa seconde épouse, conquiert Trotsky grâce à sa beauté. Après leur mariage, elle se transforme, tour à tour, en sa secrétaire personnelle et, elle aussi, en femme au foyer, absorbée par l’éducation de ses enfants dont Trotsky ne s’occupe aucunement et qu’il utilise y compris comme bouclier humain lors d’une tentative d’assassinat qui aurait eu lieu pendant la révolution. Alors que la série occulte le rôle du stalinisme dans la mort de ses quatre enfants, leur disparition serait l’une des fautes qui poursuivent Trotsky jusqu’à son propre assassinat. Larissa Reisner est présentée comme une femme fatale, accompagnant (sexuellement, surtout) Trotsky dans le train blindé et faisant office de secrétaire particulier. La réalité est tout autre. Alexandra Sokolovskaïa était la dirigeante du premier cercle marxiste auquel Trotsky adhéra alors qu’il avait seize ans. Tous deux furent déportés en Sibérie avec leurs deux filles. C’est Sokolovskaïa qui aida Trotsky à s’évader, choisissant, elle, de rester en Russie. Natalia Sedova appartint au commissariat soviétique à l’Education après la révolution. Les enfants soutinrent toujours le militantisme de leurs parents, notamment Léon Sédov, l’un des principaux collaborateurs de Trotsky et l’un des principaux organisateurs de l’Opposition de Gauche russe dans la clandestinité. Larissa Reisner, elle, écrivit à propos de la guerre civile, mais pas à partir du train blindé. Elle joua un rôle important au sein de la Cinquième armée, tout comme au cours de la révolution. Elle s’embarqua avec la flotte de la Volga, prit part aux combats et participa à la révolution allemande. Ce fut l’une des principales militantes bolchéviques jusqu’à sa mort, en 1926.

6. La relation entre Trotsky et Lénine, avant la révolution, est présentée comme une lutte entre égos faite d’accords de circonstances, au point où Lénine tente de faire chuter Trotsky d’un balcon. Staline, dans la série, est présenté quant à lui comme le secrétaire de Lénine. Au moment de l’insurrection d’Octobre, Lénine, caché, ne refait son apparition que lorsque Trotsky se demande où il se trouve, et après la victoire de la révolution. La série occulte le fait que Lénine menait un combat au sein du Comité Central du Parti bolchévique à propos du lancement nécessaire et immédiat de l’insurrection, de même que son accord avec Trotsky au sujet du fait qu’il s’agirait-là du début de la dictature du prolétariat. On songera au fait que, historiquement, à la suite de la prise du pouvoir et en attendant l’ouverture du Congrès des soviets, c’est côte-à-côte que Lénine et Trotsky règlent les derniers détails. Pour ce qui est de la véritable vision de Lénine au sujet de Staline, il suffit de lire son « Testament », ainsi que ses critiques au sujet des méthodes « chauvinistes grand-russes », à propos de la question géorgienne.

7. Au cours des négociations de Brest-Litovsk avec l’Empire allemand, Trotsky, dans la série, donne l’ordre de distribuer des tracts subversifs afin de provoquer une révolte contre le Kaiser, ce qui aurait échoué et justifié l’offensive allemande. Les principaux opposants à la signature du traité sont, toujours dans la série, les anciens généraux tsaristes et non, comme cela a été véritablement le cas, les Socialistes Révolutionnaires. Jacson accuse Trotsky de ne pas avoir défendu la Russie avec les Cosaques. La série oublie que c’est le Congrès des Soviets qui avait approuvé le décret sur la paix pour mettre fin à la guerre, l’une des grandes revendications des masses ; et que face à l’absence de réponse des alliés la Russie soviétique dut engager des négociations avec l’Allemagne où la social-démocratie appuyait le bellicisme de son propre impérialisme. Lénine autant que Trotsky voyaient les négociations de Brest-Litovsk comme une tribune en faveur de la révolution mondiale, notamment de la révolution en Allemagne.

8. Lorsqu’on lui demande de construire l’Armée rouge, Trotsky est présenté, depuis le train blindé, comme une sorte de rock-star, à mi-chemin entre le sex-symbol et l’assassin qui approuve même un massacre de civils au cours d’un enterrement. En 1918, selon la série, une révolte se prépare à Kronstadt. La révolte, en tant que telle, éclata en 1921. Dans la série, cependant, Trotsky invente des accusations et présente de faux témoins pour faire appliquer la peine de mort contre son dirigeant. Pour ce qui est de la guerre civile, la série ne fait mention que de l’offensive tchèque sans parler des quatorze armées impérialistes et des armées blanches pro-tsaristes contre lesquelles l’Armée rouge dut combattre sur l’immensité du territoire soviétique. Aucune mention, non plus, des années de blocus économique impérialiste, ou du fait que la flotte ennemie a pu n’être qu’à 30 km de Petrograd. Pour ce qui est de Kronstadt il faut prendre en compte que la composition de la garnison, lors de la révolte, était absolument distincte de celle de 1917, lorsque ses marins avaient été l’avant-garde de la révolution. L’une des confirmations du caractère contre-révolutionnaire de la révolte était le fait qu’elle avait été annoncée, deux semaines à l’avance, dans la presse internationale et les gazettes d’exilés russes. Trotsky signalera également la réaction haussière des marchés lorsque fut faite l’annonce du soulèvement de Kronstadt.

9. A aucun moment la série ne fait mention de la fondation de la III° Internationale. Trotsky déclare cependant que son objectif est de conquérir le monde. Pour la série, toujours, l’histoire de la révolution s’achève avec la mort de Lénine. L’Opposition de Gauche, la contre-révolution stalinienne, les procès de Moscou, rien de cela n’existe, pas plus que l’arbitraire carcéral, les tortures, les déportations en camps de concentration et les assassinats que subirent la quasi-totalité des dirigeants bolchéviques de la révolution et toutes celles et tous ceux qui étaient soupçonnés de défendre une ligne oppositionnelle vis-à-vis du régime bureaucratique. Renversant l’histoire, tous les crimes sont attribués à Trotsky, y compris l’exécution des Romanov. Il s’agit d’un énième mensonge puisque ni Lénine ni Trotsky ne donnèrent cet ordre.

10. Ce n’est qu’au dernier épisode qu’apparaît la véritable identité de Jacson. Trotsky, malade, demande à Jacson d’entrer chez lui alors qu’un télégramme en provenance de l’ambassade du Canada l’informe de son identité. Trotsky frappe alors Jacson-Mercader, qui lui répond en saisissant un piolet qui est pendu au mur de la chambre où se trouvent les deux hommes. La série suggère par conséquent que c’est le révolutionnaire russe qui aurait tout fait pour que le soi-disant journaliste l’attaque. La manière dont l’attentat est présenté est donc une nouvelle falsification. En effet, on sait que Staline souhaitait faire assassiner Trotsky avant le début de la Seconde Guerre mondiale dans la mesure où il savait qu’un conflit aurait pu engendrer une révolution politique en URSS. C’est pour cette raison et en fonction de la perspective de la révolution sociale dans les pays capitalistes que Trotsky et ses partisans fondèrent la IV° Internationale. On songera au fait que lors d’une entrevue, en août 1939, entre Hitler et l’ambassadeur français à Berlin, Coulondre, le Führer avait déclaré qu’en cas de guerre, « le vrai gagnant [serait] Trotsky ». C’est le nom que les bourgeoisies impérialistes avaient donné au spectre de la révolution. La série, par conséquent, est la justification de l’assassinat du soi-disant monstre appelé Trotsky.

Les signataires de ce texte rejettent ces falsifications de l’histoire qui tentent d’enterrer l’évènement le plus important du point de vue de la lutte pour l’émancipation des classes laborieuses de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, de même qu’elles cherchent à occulter le legs de ses principaux dirigeants.

 

Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky

Centre d’Etudes, de Recherches et de Publications-CEIP León Trotsky (Argentine-Mexique)

 

Premiers signataires

Fredric Jameson, Duke University (Etats-Unis)

Slavoj Žižek, philosophe

Mike Davis, écrivain, UCLA, (Etats-Unis)

Nancy Fraser, sociologue, New School for Social Research, New York (Etats-Unis)

Edwy Plenel, journaliste, directeur de Mediapart (France)

Isabelle Garo, philosophe (France)

Sebastian Budgen, éditeur, Verso (Londres-New York)

Michel Husson, économiste (France)

Catherine Samary, économiste, Université Paris Dauphine

Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College (Angleterre)

Tithi Bhattacharya, professeure d’histoire, Purdue University (Etats-Unis)

Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS (France)

Cinzia Arruzza, New School for Social Research, New York (ETATS-UNIS)

Jean-Jacques Marie, historien (France)

Andrea D’Atri, militante féministe, fondatrice de Pan y Rosas (Argentine)

Bhaskar Sunkara, rédacteur en chef de Jacobin (Etats-Unis)

Suzy Weissman, professeur de science politique, Saint Mary’s College, Californie (Etats-Unis)

Ricardo Antunes, sociologue, Universidad Estadual de Campinas, Unicamp (Brésil)

Robert Brenner, historien, Directeur du Centre d’histoire sociale et d’histoire comparée, UCLA (Etats-Unis)

Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College (Angleterre)

Christian Castillo, sociologue, Université de Buenos Aires et Université Nationale de La Plata (Argentine)

M. Tamás, philosophe, Central European University (Hongrie)

Eric Toussaint, historien, Université de Liège (Belgique)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Patrick Silberstein, éditeur, Éditions Syllepse, Paris (France)

Beatriz Abramides, enseignante-chercheuse, Université Pontificale de Sao Paulo (Brésil)

Valerio Arcary, enseignant-chercheur, Instituto Federal de São Paulo (Brésil)

Vera Aguiar Cotrim, philosophe, USP (Brésil)

Manuel Aguilar Mora, historien, Université Autonome de Mexico, (Mexique)

Silvia Aguilera, éditrice LOM (Chili)

Claudio Albertani, professeur, Université Nationale Autonome de Mexico (Mexique)

Jorge Alemán, psychanalyste et écrivain (Argentine/État Espagnol)

Ademir de Almeida, acteur (Brésil)

Jean Georges Almendras, journaliste (Uruguay)

Guillermo Almeyra, historien (UNAM y UAM-X/Mexique, UBA/Argentine)

Pablo Anino, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Checchino Antonini, journaliste, directeur de L’Anticapitalista (Italie)

Anthony Arnove, éditeur, Haymarket Books (ETATS-UNIS)

Eric Aunoble, historien, Université de Genève (Suisse)

Paula Bach, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Raquel Barbieri Vidal, Théâtre Colón de Buenos Aires (Argentine)

Emmanuel Barot, philosophe, Université Toulouse Jean Jaurès (France)

John Barzman, historien, Université du Havre (France)

Corrado Basile, historien, Editions Altergraf (Italie)

Jean Batou, professeur d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Bernhard H. Bayerlein, professeur d’études romanes, Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne)

Elaine Behring, UFRJ (Brésil)

Hebert Benítez Pezzolano, enseignant-chercheur, Université de la République (Uruguay)

Maria Silvia Betti, enseignante-chercheuse, USP (Brésil)

Alma Bolón, Université de la République (Uruguay)

Pablo Bonavena, sociologue, UNLP/UBA (Argentine)

Mathieu Bonzom, MCF études nord-américaines, Université Paris 1 (France)

Simon Bousquet, président du Centre Culturel Gabriela Mistral (Chili)

Nick Brauns, historien et journaliste, Berlin (Allemagne)

Hernán Camarero, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Pedro Campos, historien, UFRJ (Brésil)

Miguel Candioti, enseignant-chercheur, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Francisco Cantamutto, économiste, Sociedad de Economía Crítica (Argentine)

Aldo Casas, anthropologue, revue Herramienta (Argentine)

Paolo Casciola, historien, directeur du site aptresso.org (Italie)

Yurij Castelfranchi, sociologue, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Hugo Cavalcanti Melo Filho, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Leónidas Ceruti, historien, Rosario (Argentine)

Nora Ciapponi, militante socialiste (Argentine)

Alfonso Claverías, député de Podemos pour Huesca (État Espagnol)

Osvaldo Coggiola, historien, Université de Sao Paulo (Brésil)

Eurelino Coelho, historien, Universidade Estadual de Feira de Santana (Brésil)

Martín Cortés, enseignant-chercheur, UAB (Argentine)

Lívia Cotrim, sociologue, UPC-SP (Brésil)

Tatiana Cozzarelli, militante féministe, Left Voice (ETATS-UNIS)

Helmut Dahme, sociologue, Vienne (Autriche)

Juan Dal Maso, Casa Marx, Neuquén (Argentine)

Mercedes D’Alessandro, docteure en économie (Argentine)

Max Delupi, journaliste et acteur, Córdoba (Argentine)

Luiz Antonio Dias, enseignant-chercheur, PUC-SP (Brésil)

Ariane Díaz, UBA (Argentine)

Savana Diniz Gomes Melo, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Felipe Demier, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Juan Duarte, enseignant, Université de Buenos Aires (Argentine)

Jean-Numa Ducange, historien, Université de Rouen-Normandie (France)

Elsa Drucaroff, écrivaine (Argentine)

Andy Durgan, historien, Université de Londres (Royaume-Uni)

Samuel Farber, historien, CUNY (Etats-Unis)

Juan Fajardo, directeur de la section en langue espagnole de Marxist Internet Archive

Susan Ferguson, enseignante associée, Wilfrid Laurier University (Canada)

Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite

Grijalbo Fernandes Coutinho, juge du travail et doctorant, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Brais Fernández, magasine Viento Sur (État Espagnol)

Esteban Fernández, professeur de philosophie, Université du Costa Rica (Costa Rica)

Olga Fernández Ordoñez, fille de Carlos Fernández, garde-du-corps de Trotsky pendant son exil à Mexico (Mexique)

Wladek Flakin, historien, Berlin (Allemagne)

Leonardo Flamia, journaliste (Uruguay)

Virgínia Fontes, historienne, UFF (Brésil)

Alfredo Fonticelli, journaliste (Uruguay)

Franck Gaudichaud, politiste, Université Grenoble Alpes (France)

Daniel Gaido, historien, Université Nationale de Córdoba (Argentine)

Francesca Gargallo Celentani, écrivaine féministe (Mexique)

Alejandro Gálvez Cancino, professeur de l’Université Autonome Métropolitaine (Mexique)

Gabriel García Higueras, historien, Université de Lima (Pérou)

Manuel Garí, économiste (État Espagnol)

Diego Giachetti, historien, Turin (Italie)

Mike Goldfield, enseignant-chercheur, Wayne State University (ETATS-UNIS)

Horacio González, sociologue, ex-directeur de la Bibliothèque Nationale (Argentine)

Jorge Gonzalorena Döll, historien et sociologue (Chili)

Isabella de Faria Bretas, doctorante, Universidade Nova de Lisboa (Portugal)

Eduardo Grüner, sociologue, Université de Buenos Aires (Argentine)

Gastón Gutiérrez, journaliste, Ideas de Izquierda (Argentine)

Pepe Gutiérrez-Álvarez, Fondation Andreu Nin (État Espagnol)

Alejandro Horowicz, sociologue, UBA (Argentine)

Srecko Horvat, philosophe (Croatie)

Claudio Katz, économiste, UBA (Argentine)

Paul Le Blanc, professeur d’histoire, La Roche College, Pittsburgh (Etats-Unis)

Renato Lemos, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Gabriela Liszt, chercheuse au CEIP León Trotsky (Argentine)

Antonio Liz, historien, Madrid (Etat espagnol)

Diego Lotito, journaliste, IzquierdaDiario.es (État Espagnol)

António Louçã, historien et journaliste (Portugal)

Cynthia Lub, docteure en histoire, Université de Barcelone (État Espagnol)

Filippo Del Lucchese, Université Brunel (Royaume-Uni)

Eduardo Lucita, membre de Economistas de Izquierda (Argentine)

David McNally, professeur d’histoire, Université de Houston (Etats-Unis)

Javier Maestro, enseignant-chercheur, Université Complutense de Madrid (État Espagnol)

Matías Maiello, sociologue, Université Nationale de Buenos Aires (Argentine)

Rosa Maria Marques, économiste, PUC-SP (Brésil)

Josefina L. Martínez, journaliste et historienne (État Espagnol)

Jamila M.H. Mascat, philosophe, Université de Utrecht (Pays-Bas)

Claudia Mazzei Nogueira, enseignante chercheuse, Université Fédérale de Sao Paulo (Brésil)

Reginaldo Melhado, juriste, Universidade Estadual de Londrina (Brésil)

Demian Melo, historien, UFF (Brésil)

Luciano Mendonça, historien, UFGG (Brésil)

Esteban Mercante, économiste, rédaction de Ideas de Izquierda et la Izquierda Diario  (Argentine)

Massimo Modonesi, historien, sociologue et politiste, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Rodrigo Quesada Monge, historien retraité (Costa Rica)

Warren Montag, Occidental College, Los Angeles (Etats-Unis)

Luís Carlos Moro, avocat du travail (Brésil)

Antonio Moscato, historien, Université du Salento-Lecce (Italie)

Bill V. Mullen, enseignant chercheur, Purdue University (ETATS-UNIS)

Lucía Nistal, enseignante-chercheuse, UAM (État Espagnol)

Rosana Núbia Sorbile, historienne, IFSP (Brésil)

Ángel Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Antonio Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Pablo Oprinari, sociologue, coordinateur de Ideas de Izquierda (Mexqiue)

Joel Ortega Juárez, professeur de journalisme retraité, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Pelai Pagès, enseignant-chercheur, Université de Barcelone (État Espagnol)

Gilbert Pago, historien, ex directeur de l’IUFM de Martinique (Martinique)

Ugo Palheta, sociologue, Université de Lille (France)

Jaime Pastor, politiste, Université Nationale d’Enseignement à Distance (Etat espagnol)

António Pavón Cuellar, psycologue et philosophe, Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo (Mexique)

Ariel Petruccelli, historien, UNCo (Argentine)

Charles Post, sociologue, Université de la Ville de New York (CUNY) (Etats-Unis)

Pablo Pozzi, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Stéfanie Prezioso, professeure d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Sean Purdy, historien,USP (Brésil)

Gastón Remy, économiste, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Fábio Resende, acteur (Brésil)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Universidad Nacional de Rosario (Argentine)

Darren Roso, chercheur indépendant, Melbourne (Australie)

Andrea Robles, éditrice, Editions IPS-CEIP (Argentine)

Carlos Rodríguez, journaliste, Página 12 (Argentine)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Gonzalo Adrian Rojas, enseignant-chercheur, Universidade Federal de Campina Grande (Brésil)

Alicia Rojo, historienne, Université de Buenos Aires (Argentine)

Fernando Rosso, journaliste, La Izquierda Diario (Argentine)

Pierre Rousset, Europe Solidaire et sans Frontières (France)

Maxwell Santos Raimundo, acteur et musicien (Brésil)

Franklin Jones Santos do Amarante, animateur culturel (Brésil)

Alejandro Schneider, historien, UNLP/UBA (Argentine)

Gustavo Seferian, juriste, Universidade Federal de Lavras (Brésil)

Joseph Serrano, doctorant, UC Berkeley (ETATS-UNIS)

Paulo Slachevsky, éditeur LOM (Chili)

Laura Sotelo, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Héctor Sotomayor, enseignant-chercheur, Université Autonome de Puebla-BUAP (Mexique)

Jorge Luiz Souto Maior, USP (Brésil)

Ted Stolze, philosophe, Cerritos College, Norwalk (ETATS-UNIS)

Fabiane Tejada, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Pelotas (Brésil)

Juliana Teixeira Esteves, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Jean Baptiste Thomas,  MCF études hispaniques, Ecole polytechnique, Paris (France)

Iuri Tonelo, éditeur de Esquerda Diário, doctorant en sociologie, Unicamp (Brésil)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Edison Urbano, directeur de Ideas De Esquerda (Brésil)

Paula Varela, politiste et enseignante, Université de Buenos Aires (Argentine)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Livia Vargas González, philosophe, UCV-UFOP (Vénézuéla/Brésil)

Omar Vazquez Heredia, docteur en sciences sociales, UBA (Vénézuela)

Miguel Vedda, enseignant-chercheur, Faculté de Philosophie et Lettres, Université de Buenos Aires (Argentine)

Romero Venancio, philosophe, Universidade Federal de Sergipe (Brésil)

Gabriel Eduardo Vitullo, enseignant-chercheur, Universidade Federal do Rio Grande do Norte (Brésil)

David Walters, éditeur de Marxist Internet Archive

Florian Wilde, historien, Berlin

Rolf Wörsdörfer, enseignant-chercheur, Université Technique de Darmstadt (Allemagne)

 

Organisations politiques, premiers signataires

Nicolás del Caño, Myriam Bregman, Emilio Albamonte, pour le Parti des Travailleurs pour le Socialisme (PTS-Argentine) ; Santiago Lupe pour le Courant révolutionnaire des Travailleuses et des Travailleurs (CRT-Etat espagnol) ; Sulem Estrada, Miriam Hernandez et mario Caballero, pour le Mouvement des Travailleurs Socialistes (MTS-Mexique) ; Ángel Arias, pour la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS-Venezuela); Javo Ferreira, Violeta Tamayo et Elio Aduviri pour la Ligue Ouvrière Révolutionnaire pour la Quatrième Internationale (LOR-CI, Bolivie) ; Juan Cruz Ferre, pour Left Voice (Etats-Unis) ; Simone Ishibashi, Diana Assunção et Maíra Machado pour le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT-Brésil) ; Stefan Schneider, pour l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (RIO-Allemagne) ; Damien Bernard, Daniela Cobet et Juan Chingo pour Révolution Permanente (France) ; Sebastián Artigas pour le Courant des Travailleurs Socialistes (CTS-Uruguay) ; Dauno Tótoro pour le Parti des Travailleurs Révolutionnaires (PTR-Chili) [Fraction Trotskyste pour la Quatrièmle Internationale (FTQI), à l’origine du réseau en six langues (allemand, anglais, catalan, espagnol, français et portugais) des journaux en ligne La Izquierda Diario]

Giacomo Turci, Scilla Di Pietro, Fraction Internationaliste Révolutionnaire (FIR)-La Voce delle Lotte, Massimo Civitani, SI-Cobas, coordination de Rome (Italie)

Romina del Plá, Néstor Pitrola, Jorge Altamira, Marcelo Ramal, Gabriel Solano, membres de la direction nationale du Parti Ouvrier (PO) d’Argentine.

Rafael Fernández, Natalia Leiva, Lucía Siola et Nicolás Marrero, membres de la direction nationale du PT (Uruguay)

Philippe Poutou, Olivier Besancenot, Alain Krivine et Christine Poupin, pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, France).

Gérard Filoche Gauche démocratique et sociale,  GDS France

Gaël Quirante, Sud Poste 92, Anasse Kazib, Sud Rail et Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse, Nouveau Parti Anticapitaliste (Francia).

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale, Arlette Laguiller, Armonia Bordes et Chantal Cauquil, anciennes euro-députées, pour Lutte Ouvrière (France)

Guilherme Boulos, ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Parti Socialisme et Liberté (PSOL) et coordinateur du Mouvement des Travailleurs Sans-Abri (MTST) (Brésil)

Marcelo Freixo, député fédéral du PSOL pour Rio de Janeiro et Tarcisio Motta, conseiller du PSOL de Rio de Janeiro (Brésil).

Pour le Mouvement Gauche Socialiste (MES) : Juliano Medeiros, président national du PSOL, Luciana Genro, ancienne candidate à l’élection présidentielle, députée pour le PSOL, Roberto Robaina, direction nationale du PSOL, Israel Dutra, secrétaire RI du PSOL, Pedro Fuentes, rédacteur en chef du site Izquierda em Movimento, membre de la direction du MES, Fernanda Melchionna, David Miranda, Sâmia Bomfim, députés fédéraux du PSOL (Brésil)

Pour le Courant Socialiste des Travailleurs/PSOL : Babá, conseiller de Rio de Janeiro, Pedir Rosa, dirigeant du SINTUFF et du CST/PSOL, Rosi Messias,  membre de la direction exécutive du PSOL et de la direction nationale du CST/PSOL (Brésil).

Alan Woods, Tendance Marxiste Internationale (TMI), rédacteur en chef de In Defence of Marxism, et Rob Sewell (TMI), rédacteur en chef de Socialist Appeal (Grande Bretagne)

Juan Carlos Giordano et Mercedes Petit, membre de la direction nationale de Gauche Socialiste, (IS, Argentine) ; Orlando Chirino, Parti Socialisme et Liberté (PSL, Venezuela) ; Enrique Fernández Chacón (UNIOS, Pérou) ; Enrique Gómez Delgado, Mouvement au Socialisme (MAS, Mexique) [Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)]

Alejandro Bodart, Sergio García, Celeste Fierro, Vilma Ripoll, Guillermo Pacagnini, Mariano Rosa pour le Mouvement Socialiste des Travailleurs (MST) d’Argentine et pour Anticapitalistes en Réseau-IV Internationale

Brais Fernández (Viento Sur) ; Paula Quinteiro (deputée au Parlement galicien) ; Manuel Garí (économiste) ; Raul Carmago (député à l’Assemblée de Madrid) ; Jesús Rodríguez (économiste); Ángela Aguilera (députée au Parlement andalou) ;  Ana Villaverde (députée au Parlement andalou); Mari García (députée au Parlement andalou); Sonia Farré (députée au Parlement espagnol). [Anticapitalistes, Etat espagnol]

Franco Turigliatto, ancien sénateur pour le Parti de la Refondation Communiste, membre de la direction nationale de Gauche Anticapitaliste (SA-Italie)

Thiess Gleiss, membre de la direction nationale de Die Linke et Lucy Redler, membre de la direction nationale de Die Linke et porte-parole de SAV (Allemagne)

Edgard Sanchez, membre de la direction nationaledu Parti Révolutuionnaire des Travailleurs (PRT, Mexique)

Roman Munguia Huato, Ismael Contreras Plata pour la Ligue d’Unité Socialiste (LUS) et pour le Mouvement de reconstruction du syndicat enseignant (Mexique)

José Luis Hernández Ayala, Pedro Gellert, Heather Dashner Monk, Marcos Fuentes, Emilio Téllez Contreras y Héctor Valadez George, membres de la Coordination Socialiste Révolutionnaire (CSR, Mexique)

Collectif Communisme et Liberté (CCeL) de Rio de Janeiro (Brésil)

Comuna, Rio de Janeiro (Brésil)