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Unifions toutes les sensibilités de gauche (indépendantes, opposées à la politique de Macron) en une fédération démocrate et sociale rose rouge verte

C’est normal que la crise aigüe du PS provoquée par la trahison du quinquennat Hollande fasse de multiples réflexions, débats, oppositions, rebondissements, ruptures, reconversions, recomposition à gauche. Comme il s’agit de centaines de milliers de militants anciens et nouveaux, de millions d’électeurs, d’une longue tradition, culture, toute l’histoire de la gauche est en jeu.

En rompant avec le socialisme et la gauche pour rejoindre Macron, des centaines de cadres désertent. Le « centre » tient ce qui reste de l’appareil comme, il peut, en se voulant « autonome et vigilant » mais en affirmant de façon suicidaire qu’il s’agit de faire « réussir le quinquennat Macron ».

Le PS est « mort » déjà en 1958, 1968, 1969, 1983, 1993, 2002, 2007, 2012, et qu’en sera t il en 202 ?  regardons au Portugal par exemple, ou 5 ans après Socrates ceux qui juraient que le PS était mort se sont alliés avec lui, ou comme en Allemagne ou le Spd pourrait s’allier à gauche avec Die Linke et les Grünen. Sans oublier le Labour ou Corbyn a remplace les blairistes…

Il reste 17 000 élus de terrain au PS français, hors les quelques milliers viennent de déserter leurs traditions, abandonner leurs origines, piétiner leurs valeurs, pour rejoindre la droite Macron, entrainant finalement à la base, assez peu de gens désorientés.

Mais il résiste toute une ossature historique militante, des élus, des municipalités, des départements, des régions, qui valent le coup, des implantations de longue date, des « vrais » socialistes expérimentés, et… un grand nombre de millions de voix en déshérence qui sont allées à l’abstention, exceptées les 2,4 millions de voix de Benoit Hamon et plusieurs millions de voix « utiles » chez JL Mélenchon.

Tout vieil appareil, tant qu’il n’est pas remplacé, renait de ses cendres.

 

Et on ne voit pas pointer spontanément un grand parti de gauche pluraliste, démocratique, comme le salariat en a tant besoin. Il va falloir y travailler.

il faut rassembler tout ce qui peut l’être, de sain et combatif, de socialiste et unitaire.

A côté du PS, on le voit, il y a cent éclatements, la gauche c’est 19 partis de gauche, 30 orientations en leur sein, et 8 syndicats au moins.  La gauche est plurielle rouge, rose verte. Et, parce que divisée, parce que ses dirigeants n’ont pas été à la hauteur, elle vient de connaitre un immense désastre.

Comme le PS, le parti communiste est malheureusement divisé et affaibli. Les verts sont éclatés et affaiblis en multiples écoles.  La « France insoumise » est une création plébiscitaire et sans tradition. La gauche socialiste un temps regroupée dans la motion B, atteignant 30 % et 25 voix, est re-divisée en sensibilités même si Christian Paul souhaite « un rassemblement de Mathias Fekhl à Gérard Filoche ». Partout il y a des richesses militantes et intellectuelles, nombreuses et talentueuses, elles ne méritent pas d’être « dégagées » mais rassemblées.

Le renouveau ne va venir du jour au lendemain. La gauche ce n’est pas un système plébiscitaire ni bonapartiste.  La gauche ne se réduit pas aux harangues et aux estrades. C’est un maillage de partis, de syndicats, d’associations, de militants de territoires, entreprises, quartiers, bureaux, écoles,  c’est une mixité fraternelle et créatrice, un lieu de mémoire et de création, d’attente et de dynamisme. Il faut tisser.

En une seule journée, ce mardi 9 mai, deux nouveaux  mouvements ont été appelés publiquement : celui de Benoit Hamon, celui de Martine Aubry, Anne Hidalgo, Christiane Taubira.  Les « hamonistes » se réunissent.  Les « aubrystes » se réunissent.  « Maintenant la gauche » se réunit.  Et aussi la gauche socialiste, indépendante qui a survécu depuis 1995, que nous avons construite obstinément malgré les crises, avec nos réseaux militants, syndiqués et associatifs,  dedans et dehors, appuyée par la revue D&S qui paraît opiniâtrement pour la 24 ° année, le social au coeur…

Notre proposition est de rassembler et unifier tout cela. Pragmatiquement, Consciemment. Pas à pas. En toute fraternité et transparence.  Il ne faut pas nier les différences, les traditions de chacun sensibilité, ni leur imposer une verticalité à tout cela.  Ca ne sert à rien de multiplier les structures,  les mouvements n’y d’en créer deux par jour dans une absurde course de vitesse et de compétition. .

Ca ne sert à rien de se mouler dans la V° République et ses écuries présidentielles.  Robert Buron appela en 1965 à un « mouvement objectif 1972 ». Puis en 1969 à un aussi grand mouvement « objectif 1976 ».

La méthode que nous proposons est de mettre en place un « conseil national régulier de la gauche unie » et d’y représenter toute les sensibilités de gauche des plus petites aux plus grandes sans préalable, ni exclusive – afin d’apprendre à travailler en commun. La méthode qui a permis de lancer « l’appel des cent » de faire une plateforme, de prendre quelques initiatives, au cas pas cas, et pas à pas. Une fois qu’on a défini les grandes valeurs communes, les  façons pratiques de travailler, on avance au gré des événements, des luttes sociales et des échéances électorales.

Avec cette volonté d’aboutir, la pratique du consensus, on s’en sort !

 

Présidence jupitérienne après présidence normale ?

Faire réussir la France derrière Macron ? mais c’est folie, erreur totale ! On peut être déjà pleinement certains que le programme affiché de Macron va nuire à la France entière et surtout au salariat qui produit pourtant l’essentiel des richesses ! Il faut le dire clairement ! Dés le début, empêcher toute illusion, préparer au combat toutes les forces sociales

il faut tout faire pour empêcher Macron d’avoir une majorité
empêcher Macron de casser le code du travail
empêcher Macron de moduler la durée du travail par l’âge
empêcher Macron de briser le salaire brut, de supprimer l’obligation par le capital de payer le protection sociale, et la faire payer par nous mêmes a travers nos impôts
empêcher Macron de supprimer l’ISF
empêcher Macron d’imposer un service obligatoire pour les jeunes
empêcher Macron de supprimer 120 000 fonctionnaires
empêcher Macron de redonner 41 milliards au Medef
empêcher Macron de trois ans de blocage de salaires
empêcher Macron de la hausse de la CSG qui va frapper les retraités
empêcher Macron d’imposer un système de retraite par points
nous, à G D&S, c’est un programme qui nous va et nous appelons à l’unité la dessus.

 

 

 

 

Hollande avait dit qu’il ferait une présidence normale.

Macron a dit que sa présidence serait « jupitérienne ».

En partant, après un quinquennat de fiasco total, a avoir ignoré une mobilisation de masse de 3,5 millions au cours de 14 manifestations étalées pendant six mois de 2016,  Hollande se permet de conseiller à Macron de « ne pas négliger le dialogue social ».

Pourquoi ?

Parce que Macron a placé en premier dans son agenda  une espèce de « droit de suite »  de son ancienne  « loi Macron 2 »  refusée par Valls et rebaptisée, loi El Khomri par icelui.

Il se propose, comme Fillon voulait le faire, d’agir par ordonnances dont il souhaite faire voter l’habilitation en plein début d’été. Comme si Jupiter-le-petit avait donc à prouver un entêtement malin, à effacer, se venger, réparer une contrariété datée de fin 2015,  tout en ayant peur des opposants, des syndicats, du salariat.

ça suffit pour appeler à empêcher Macron de « réussir ». Il faut appeler à une majorité de gauche contre lui les 11 et 18 juin. Il faut appeler à l’empêcher d’avoir une majorité pour commettre ses forfaits annoncés.

Quelle urgence à casser encore plus le code du travail ?

Le droit du travail, c’est la déclaration universelle des droits de l’homme, c’est la déclaration de Philadelphie, c’est la charte européenne des droits des humains en 1999, c’est l’OIT, c’est un droit universel, pas des combines boutique par boutique, par de la prétendue « négociation sociale » au cas par cas, au hasard de 1,2 million d’entreprises toutes différentes d’histoire, de taille, de métiers, de risques, de finance. C’est  le droit des femmes et des hommes au travail de résister dignement à l’exploitation, c’est la soumission des entreprises au respect de la vie intime des femmes et des hommes qui y sont salariés et non pas la soumission des humains aux désidératas des entreprises, de leurs patrons, de leurs actionnaires. C’est le respect des statuts, des lois, des protections républicaines contre les despotismes privés.

A part humilier les humains qui travaillent, paralyser les syndicats, empêcher l’action et la conscience collective, affaiblir les institutions représentatives du personnel, faire circuler le sentiment de précarité et de peur, cela ne rapporte pas directement  aux 1000 entreprises qui produisent 50 % du Pib  : la flexibilité est l’ennemie de l’emploi, la dérégulation est l’ennemie de la compétitivité, ce sont les salariés bien formés, bien traités, bien payés, stables en CDI, qui sont les plus productifs, les plus performants, les plus novateurs.

Les CDD, intérims, contrats atypiques, l’ubérisation, la fausse sous-traitance, les prêts illicites de main d’œuvre, le marchandage, le travail dissimulé, les travailleurs dits « détachés » sont un environnement menaçant, mais sont extérieur aux grandes entreprises et ne peuvent les faire fonctionner.  C’est surtout dans le bas des entreprises (un million de moins de 10 salaires, 4,2 millions de salariés) qu’existe déjà largement le non droit, l’absence de statut, le plus de précarité, de turn over, les mains d’oeuvre les moins formées, les durées du travail les plus longues, les salaires les plus bas, les conventions collectives les plus faibles,  les contrôles les moins importants,  les accidents du travail et les maladies professionnelles les plus nombreuses,  les durées de vie les plus courtes. (Exemple : la restauration, une branche de 850 000 salariés, pourtant pas soumise à la concurrence de la mondialisation ni dans l’UE).

Jupiter a quelque chose d’irrationnel à commencer par là.  Mais une fois annonce, il aura quelque chose d’irrationnel à reculer. Ceci dit il n’y a pas de centre pas de ligne, et les foudres de Jupiter  vont devoir frapper erratiquement.

Quelle manœuvre derrière le report du prélèvement de l’impôt à la source au 1er janvier 2018 ?

Le ministre du budget sortant,  Christian Eckert s’en étonne et s’en indigne. Toute cette opération couteuse et planifiée de longe date, l’a été avec l’approbation, au moins tacite du ministre de l’économie Emmanuel Macron.

Pourquoi changer ? si vite et en premier ? Macron  veut détruire tout notre système social basé sur le salaire et le travail à commencer par la protection sociale basée sur le salaire, payée par le capital et ses actionnaires, sous forme de salaire brut.

Apres avoir fait évacuer sous Hollande, les allocations familiales, il veut faire évacuer le reste des éléments du salaire brut : les cotisations chômage, les assurances maladie, et les retraites de la feuille de paie.

Feuille de paie qui cesse d’être obligatoire, qui est « simplifiée » pour que des millions de salariés ne voient pas clairement ce qui va leur arriver.

Macron, en bon zélote du Medef, veut en finir avec tout le système du CNR existant depuis 72 ans. Il veut que l’impôt replace les cotisations de la feuille de paie. C’est à dire, qu’il veut que ce soit nous, les citoyens, nous toutes et tous, les salariés, qui payent à la place de l’entreprise et du capital. En majorité par l’injuste TVA.

Pour cela  Macron vient d’annoncer qu’il veut revenir sur le prélèvement de l’impôt à la source afin de réussir en janvier 2018 sa manipulation : baisser formidablement le brut pour hausser légèrement le net. Car a quoi sert de son point de vue de faire cette manipulation, si l’impôt a la source, vient abaisser le salaire net pendant qu’il abaisse le salaire brut ?  Des millions de salariés seront massivement choqués et viendront dire à leur patron « pourquoi tu me paies moins ?  ».

Minoritaire dans le pays, mal élu, par une somme de rejets plus de projets, par des « non » plus que par des « pour », Macron a besoin d’obtenir aux élections législatives une majorité parlementaire pour engagez ce sale boulot prévu dans ses embryons encore cachés de programme d’ensemble.

Soutenons des candidats de gauche unitaires rose rouge verts indépendants et qui s’engagent à combattre Macron, pas à l’aider à réussir.

Pour beaucoup d’électeurs de gauche il sera impossible de voter pour des candidats aux législatives qui ne répondraient pas clairement à cette question : « candidats qui vous réclamez de la gauche, serez-vous ou non dans l’opposition à Emmanuel Macron ? ».

Il faut, partout où cela est encore possible, travailler à des candidatures d’union aux législatives. La Gauche démocratique et sociale (*) est partie prenante de toutes les initiatives qui permettront d’ici les 4 et 11 juin, mais aussi au-delà, d’affirmer le rassemblement d’une gauche rose-rouge-verte d’opposition à la majorité présidentielle macroniste.

 

 

 

 

(*)La Gauche démocratique et sociale est un réseau de militant-es regroupés au tour de la revue Démocratie&Socialisme dans la foulée de la campagne Filoche2017. Elle tiendra sa deuxième convention nationale les 24 et 25 juin prochain à Paris pour débattre sur les voies de la reconstruction de la gauche et faire le point sur les combats sociaux contre les ordonnances Macron contre le droit du travail.

Soutenez, adhérez à GDS !

 

 

Voici la déclaration de la Commission exécutive confédérale de la CGT
réunie le 10 mai 2017 : « La CGT appelle solennellement Emmanuel MACRON à
renoncer à imposer  de nouveaux reculs sociaux par ordonnance ou 49.3″.
Déclaration de la Commission exécutive confédérale
Barrer la route au FN et amplifier la mobilisation sociale
Les citoyens ont fait preuve d’une grande responsabilité en faisant barrage
au front national. Toutefois, le score élevé qu’obtient sa candidate est une
blessure importante. Sans attendre de nouvelles échéances électorales, la CGT
continuera résolument à lutter, avec les salariés, contre les conséquences
désastreuses de l’influence grandissante de l’extrême droite.
Depuis sa création, la CGT a toujours combattu l’extrême droite et le
fascisme, elle est restée fidèle à ses valeurs tout au long de son histoire.
La CGT a appelé les salariés à ne donner aucune voix à ce parti raciste,
xénophobe, sexiste, homophobe, libéral et anti social. Mais c’est au
quotidien, et non pas seulement au soir du premier tour de l’élection
présidentielle, que la CGT et ses syndicats combattent le front national.
Les idées d’extrême droite se nourrissent et se développent sur la
désespérance sociale, sur les promesses non tenues, les reniements, les
besoins sociaux non satisfaits, la démocratie bafouée et la promotion de
politiques d’austérité en France comme en Europe. La CGT exige une Europe
sociale et solidaire.
Assurément, les leçons du 21 avril 2002 n’ont pas été retenues. La
responsabilité des hommes et femmes politiques au pouvoir depuis est engagée.
Ils devraient s’interroger au lieu de culpabiliser les seuls citoyens.
Ceux qui demain seront au gouvernement et au parlement doivent être conscients
de la lourde responsabilité de leurs actes et des politiques qu’ils mettront
en œuvre. Ne pas stopper celles qui ont conduit à une telle situation nous
condamnerait à la revivre.
Le Président de la République a été élu par défaut par une grande partie
de ses électeurs. Nombre d’entre eux ont combattu une loi portant son nom,
une majorité s’est mobilisée pendant des mois contre la loi Travail,
largement inspirée et soutenue par
Emmanuel MACRON. Il doit en prendre acte. Considérer qu’il s’agirait là
uniquement d’un vote d’adhésion et un blanc-seing à son programme, comme
il l’a fait, jusqu’aux derniers instants de sa campagne, aux risques de
renforcer le FN, serait irresponsable.
La CGT appelle solennellement Emmanuel MACRON à renoncer à imposer  de
nouveaux reculs sociaux par ordonnance ou 49.3.
Alors que des aspirations à une alternative sociale sont fortes, que des
exigences à vivre mieux et dignement s’expriment, la responsabilité du
nouveau Président et du futur gouvernement est engagée à plusieurs titres.
Les luttes n’ont jamais été aussi nombreuses durant cette période
électorale traditionnellement vécue comme une période de « trêve
sociale ». Il est essentiel que les travailleurs se syndiquent plus nombreux,
s’organisent et se mobilisent pour leurs revendications, dans les
administrations, les entreprises et les territoires sur toutes les questions qui
les concernent et les impactent.
La seule solution pour éradiquer les idées d’extrême droite, c’est de
répondre aux aspirations des citoyens, du monde du travail dans une société
plus juste, plus fraternelle, solidaire et dans un monde de paix.
La CGT se place résolument dans une dynamique revendicative offensive pour agir
contre tout projet régressif. Elle a des propositions concrètes dans les
domaines sociaux et économiques pour sortir durablement de la crise. Elle
appelle les syndicats, avec les salariés et retraités, à amplifier les luttes
pour gagner de nouvelles conquêtes sociales.
Montreuil, le 10 mai 2017

 

 

 

 

Dix mesures qu’Emmanuel Macron souhaite renforcer

  • La réforme territoriale

Ce qu’a fait Hollande. A partir de 2015, trois lois ont modifié l’organisation du territoire, créant un nouveau statut pour les métropoles, en passant de vingt-deux régions à treize et en renforçant le rôle des intercommunalités.

Ce que prévoit Macron. Emmanuel Macron veut supprimer avant 2022 « au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés de l’une de nos grandes métropoles » : le Rhône pourrait être fusionné avec la métropole de Lyon par exemple. Il compte aussi réduire de 10 milliards d’euros les dotations aux collectivités locales.

  • Le non-cumul des mandats

Ce qu’a fait Hollande. La loi sur le non-cumul des mandats, votée en 2014, ne s’applique pleinement qu’à partir de 2017 : les députés, sénateurs et députés européens ne pourront pas cumuler leur mandat avec une autre fonction exécutive locale (maire, président ou vice-président de région, département ou intercommunalité).

Ce que prévoit Macron. Pour assurer un renouvellement dans la vie politique, le nouveau président compte renforcer le non-cumul en lui ajoutant une dimension temporelle : il veut limiter à trois le nombre de mandats identiques d’affilée. Son accord avec François Bayrou implique aussi l’instauration d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale.

  • La transparence de la vie politique

Ce qu’a fait Hollande. La loi du 11 octobre 2013 oblige les membres du gouvernement, les parlementaires et les responsables d’exécutifs locaux à déclarer leur patrimoine. Les données sont consultables soit sur Internet, soit en préfecture, et les citoyens peuvent saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en cas de doute.

Ce que prévoit Macron. Une grande loi de moralisation de la vie publique est prévue, afin d’interdire aux élus et ministre d’embaucher des collaborateurs familiaux. Les parlementaires devront justifier l’utilisation de leur indemnité de frais de mandat et ne pourront plus exercer des activités de conseil en parallèle. Les candidats à toute élection devront aussi présenter un casier judiciaire vierge (niveau B2).

  • L’extension du service civique

Ce qu’a fait Hollande. François Hollande s’était engagé à étendre le service civique, créé en 2010, pour renforcer la cohésion nationale. Le dispositif, devenu « universel », devrait bénéficier à 150 000 jeunes en 2017.

Ce que prévoit Macron. Son projet renoue avec le service militaire obligatoire, abandonné en 1997. Celui-ci serait considérablement réduit, à un mois seulement, mais concernerait tous les jeunes de 18 à 21 ans.

  • Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)

Ce qu’a fait Hollande. Ce dispositif, mis en place en 2013 pour les entreprises employant des salariés, consiste en un crédit d’impôt sur les salaires inférieurs à 2,5 fois le smic. Il visait à favoriser les embauches et à renforcer la compétitivité des entreprises, mais son efficacité en matière d’emplois est contestée.

Ce que prévoit Macron. En remplacement du CICE, Emmanuel Macron compte faciliter l’embauche des salariés peu qualifiés en exonérant de manière pérenne les emplois au smic de cotisations patronales. Il réduira aussi l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 %.

  • La loi travail

Ce qu’a fait Hollande. La loi El Khomri réformant le code du travail a été adoptée en juillet 2016 malgré plusieurs mois d’intense mobilisation. Certaines mesures ont été retirées, comme le plafonnement des indemnités prud’homales. Les crispations se sont concentrées sur le principe de faire primer les accords d’entreprise sur les accords collectifs (branche, secteur) dans certains domaines.

Ce que prévoit Macron. Le président veut agir dès l’été sur la réforme du travail, en légiférant par ordonnances après une « concertation accélérée » avec patronat et syndicats. Il compte amplifier la primauté des accords d’entreprise, plafonner les indemnités prud’homales et fusionner les instances représentatives du personnel.

  • La banque publique d’investissement

Ce qu’a fait Hollande. Créer une banque publique d’investissement était le premier des soixante engagements de François Hollande et il a été rapidement tenu : Bpifrance, mise en place fin 2012, a été saluée comme un succès.

Ce que prévoit Macron. Emmanuel Macron, qui avait participé à la création de Bpifrance, compte « conforter son rôle » pour accompagner les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) à l’export et financer l’innovation. La banque publique devrait aussi piloter un fonds de 10 milliards d’euros pour financer l’innovation dans l’industrie.

  • Le mariage pour tous

Ce qu’a fait Hollande. La loi Taubira de mai 2013 a permis le mariage entre personnes de même sexe, malgré l’opposition des conservateurs de La Manif pour tous. Le texte n’autorise pas la procréation médicalement assistée (PMA), pourtant promise par François Hollande, ou la gestation pour autrui (GPA).

Ce que prévoit Macron. Pour le nouveau président, le mariage pour tous est un « acquis fondamental » qui doit être renforcé par l’ouverture de la PMA aux femmes seules ou en couple homosexuel. Il reste hostile à la gestation pour autrui, mais autorise la transcription à l’état civil des enfants nés de GPA à l’étranger.

  • Les recrutements d’enseignants

Ce qu’a fait Hollande. Après des coupes budgétaires sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, François Hollande a souhaité faire de l’école une priorité en recrutant 60 000 enseignants en cinq ans, en scolarisant les moins de trois ans… Mais tous les recrutements n’ont pas tous été réalisés durant le quinquennat.

Ce que prévoit Macron. Le président nouvellement élu souhaite limiter à douze élèves les classes de CP-CE1-CE2 en zone d’éducation prioritaire, en redéployant les effectifs et en créant environ 4 000 à 5 000 postes durant le quinquennat (alors qu’il prévoit de supprimer 120 000 postes sur l’ensemble des fonctionnaires). Il compte aussi revaloriser le salaire des enseignants qui travaillent dans les secteurs les plus difficiles.

  • La guerre aux djihadistes au Mali, en Irak et en Syrie

Ce qu’a fait Hollande. Le président socialiste a impliqué la France dans plusieurs interventions militaires d’envergure : début 2013 contre les milices islamistes au Mali, fin 2013 pour rétablir la paix en Centrafrique, puis à partir de septembre 2014 contre l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Ce que prévoit Macron. Emmanuel Macron assume la continuité de la politique contre l’EI. Il compte « frapper les terroristes directement dans leurs repaires pour les empêcher d’établir des bases territoriales, notamment dans nos zones d’intérêt proches (Afrique, Méditerranée, Proche-Orient) » et prône un renforcement des services de renseignement. Pour cela, il souhaite porter le budget de la défense à 2 % du produit intérieur brut (PIB).

 

Trois mesures auxquelles Emmanuel Macron ne touche pas

  • La réduction de la part du nucléaire

Ce qu’a fait Hollande. La loi sur la transition énergétique de 2015 a fixé l’objectif de réduire de 75 % à 50 % la part d’énergie nucléaire à l’horizon 2025. Le décret sur la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin), la plus vieille des dix-neuf centrales françaises, a été signé en toute fin de quinquennat, mais conditionné à l’ouverture de l’EPR de Flamanville (Manche).

Ce que prévoit Macron. Le programme d’En marche ! confirme l’objectif de réduction du nucléaire à 50 %, et la fermeture de Fessenheim, mais reste flou sur leurs modalités. Pour les autres centrales, il attend les conclusions de l’Autorité de sûreté du nucléaire.

  • La fin de vie

Ce qu’a fait Hollande. La loi Claeys-Leonetti adoptée en 2016 a instauré un droit à la sédation profonde jusqu’au décès pour les malades en phase terminale et un respect des directives contre l’acharnement thérapeutique, sans autoriser ni l’euthanasie (geste médical destiné à causer la mort) ni le suicide assisté (réalisé par le patient lui-même).

Ce que prévoit Macron. Emmanuel Macron ne souhaite pas rouvrir cette question délicate lors d’un débat législatif. Il prône une application de la loi actuelle et affirme que les questions éthiques de société ne sont pas la priorité de l’exécutif.

  • L’état d’urgence

Ce qu’a fait Hollande. L’état d’urgence a été décrété à la suite des attentats perpétrés à Paris et à Saint-Denis dans la soirée du 13 novembre 2015. Depuis, cette mesure exceptionnelle a été prolongée à trois reprises jusqu’au 15 juillet 2017. Elle permet de renforcer les pouvoirs des autorités civiles, mais restreint certaines libertés publiques.

Ce que prévoit Macron. Emmanuel Macron n’évoque pas l’état d’urgence dans son projet, mais adopte une position pragmatique lorsqu’il est interrogé à ce sujet par Mediapart, expliquant qu’il « fera le point avec les services de renseignement » pour décider s’il faut le maintenir ou le lever, tout en soulignant le risque politique d’être accusé de laxisme en cas d’attentat.

 

Cinq mesures sur lesquelles Emmanuel Macron veut revenir

  • L’encadrement des loyers

Ce qu’a fait Hollande. Le plafonnement des loyers était la mesure phare de la loi ALUR sur le logement voté en 2014. Mais il n’est pour l’instant appliqué qu’à Paris et à Lille, avec une efficacité limitée.

Ce que prévoit Macron. Le nouveau président craint que l’encadrement des loyers n’affaiblisse l’offre de logement et la rénovation. Il propose pour l’instant de conserver ce dispositif, mais compte bien l’« évaluer ». Sa priorité est de construire davantage de logements dans les zones sous tension (Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur), en particulier pour les jeunes, et de rendre plus transparente l’attribution de logements sociaux.

  • Le prélèvement de l’impôt à la source

Ce qu’a fait Hollande. L’impôt sur le revenu doit être prélevé à la source (c’est-à-dire sur les salaires des contribuables) à partir du 1er janvier 2018. Mais sa mise en place se heurte à de nombreuses difficultés d’ordre technique.

Ce que prévoit Macron. Le nouveau président s’inquiète des risques de désorganisation et préfère prévoir une « expérimentation » limitée en 2018, avant d’envisager une généralisation qui serait repoussée d’au moins un an.

  • Le tiers payant généralisé

Ce qu’a fait Hollande. La loi santé, effective depuis début 2017, permet aux patients de ne pas avancer les frais de santé remboursés par la Sécurité sociale. Ce dispositif devrait être généralisé en novembre.

Ce que prévoit Macron. Le président est dubitatif sur l’intérêt de cette réforme : il compte « faire évaluer le dispositif dans les premières semaines du mandat » et souhaite privilégier « non pas un tiers payant généralisé, mais un tiers payant généralisable » non obligatoire.

  • La réforme des rythmes scolaires

Ce qu’a fait Hollande. Instaurée en 2013 et généralisée en 2014 à toutes les écoles, la réforme des rythmes scolaires a rétabli une demi-journée supplémentaire d’école en maternelle et primaire, avec une journée plus courte et des temps d’activités périscolaires (TAP), activités prises en charge par les mairies. Son bilan est assez mitigé en particulier sur la qualité et le coût de ces TAP.

Ce que prévoit Macron. Le nouveau président ne compte pas abroger la réforme, mais il souhaite laisser aux mairies et aux collectivités « la possibilité, si elles le souhaitent, de sortir des rythmes scolaires », soit en revenant à la semaine de quatre jours soit en supprimant les activités périscolaires.

  • La réforme du collège

Ce qu’a fait Hollande. A la rentrée 2016, les programmes du collège ont changé, pour intégrer davantage de travail en groupe et d’enseignements interdisciplinaires, et une seconde langue dès la cinquième. La réforme a été critiquée car elle supprimait les classes européennes, le latin et le grec.

Ce que prévoit Macron. Le projet du président maintient la réforme mais propose de rétablir l’enseignement du latin et du grec, ainsi que les classes bilangues (qui n’ont jamais été entièrement supprimées).
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/05/10/loi-travail-cumul-des-mandats-cice-que-va-faire-macron-des-reformes-du-quinquennat_5125208_4355770.html#ir9Wq8G1eIaLpFrl.99

 

Mon intervention au Bureau national du PS mardi 9 mai On ne peut être pour la politique de Macron et socialiste

La « mort du Parti socialiste », comme le défend, dehors, Manuel Valls,  et ici, encore dedans, Jean-Marie Le Guen et quelques autres, la « fin du PS unitaire d’Epinal, » comme le dit Jean-Christophe Cambadelis, ce serait une perte pour toute la gauche, pour toute l’histoire et les intérêts présents du salariat, de celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, de la force sociale qui produit l’essentiel des richesses de ce pays et qui est exploitée férocement par la finance, la banque, la rente, l’oligarchie, le Medef.

Le Parti socialiste est un élément décisif souvent majoritaire à gauche, de la longue bataille émancipatrice d’un siècle pour la journée de 8 h, pour la semaine de 40, de 39 et de 35 h, pour les 3, 4, 5° semaine de congés payés, pour la retraite à 60 ans, pour la sécurité sociale, l’école et les services publics, pour un droit du travail universel attachés aux besoins humains, pour la redistribution des richesses.

 

Il faut sauver ce parti socialiste là, dans la gauche !

 

Bien au delà de ceux qui sont dans cette salle, la mort de ce parti serait une mauvaise nouvelle tragique et durable pour toute la gauche, ce serait la perte de mémoire, de tradition, de références, de luttes, d’avancées parmi les plus grandes de l’histoire sociale.

Evidemment pour sauver le meilleur de ce parti-là, un grand parti pluraliste avec un droit démocratique des courants à la proportionnelle, il faut qu’il revienne à gauche, il faut qu’il rompe avec la déviation libérale,  avec ce terrible quinquennat qui a trahi tous nos espoirs. En mai juin 2012, nous avions tout, les électeurs de gauche nous avaient tout donné, la présidence l’assemblée, le sénat, les régions, les départements, les villes, il a fallu une  formidable dose de trahison, de rupture avec nos principes, notre programme, notre histoire, les attentes profondes du salariat, pour que tout soit perdu, et que nous soyons menacés de disparaître même de l’Assemblée nationale.

 

Entre 7 et 43 députés seraient « sauvables » nous dit on sur plus de 300 sortants ?

 

Alors une chose est certaine, pour les sauver et pour reconstruire le parti socialiste et la gauche, il faut revenir aux meilleures sources, il faut défendre davantage de droit du travail, davantage d’impôts directs et progressifs sur la fortune et les multinationales, davantage de hausse des salaires bruts et nets et de baisse des dividendes, davantage de protection sociale et de services publics. C’est ça la politique moderne du XXI° siècle. Il faut arrêter de crier « vive l’entreprise » « entreprises, entreprises » comme les sectes libertariennes, et il faut imposer un contrôle des entreprises dans l’intérêt général, par la puissance publique, celle des salariés, et des usagers. Il faut que la politique, une économie mixte, l’emporte sur l’ordo-libéralisme, que la démocratie transparente l’emporte sur les manipulations opaques des  marchés. Il faut opposer le socialisme au capitalisme, et reprendre la lutte de classes.

 

Et bien sur, pas tomber dans les bras ce Macron, ce Guizot du 19° siècle.

 

Macron c’est le putsch d’un homme de cabinet, gonflé en bulle par les banques, le Medef et les 7 milliardaires qui possèdent 95 % des médias de ce pays. On ne peut être socialiste et approuver la suppression de l’ISF. On ne peut pas être socialiste  et soutenir une nouvelle casse du code du travail, de l’ordre public social : le droit du travail, c’est la déclaration universelle des droits de l’homme, c’est la déclaration de Philadelphie, c’est la charte européenne des droits des humains en 1999, c’est l’OIT, c’est un droit universel, pas des combines boutique par boutique, c’est  le droit des femmes et des hommes au travail de résister à l’exploitation, c’est la soumission des entreprises au respect des femmes et des hommes qui y sont salariés et non pas la soumission des humains aux entreprises. C’est le respect des statuts, des lois, des protections républicaines contre les despotismes privés.

 

On ne peut pas être pour Macron et être socialiste.

 

Ni philosophiquement, ni idéologiquement,  ni socialement. Macron vous le savez, ce n’est pas seulement le « Jupiter » qui écrase la démocratie, hors parti, hors parlement et qui annonce un gouvernement par ordonnance en plein été pour éviter les oppositions sociales, les contre pouvoirs, les syndicats, il veut détruire tout notre système social basé sur le salaire et le travail. Il veut briser la protection sociale basée sur le salaire, payée par le capital et ses actionnaires, sous forme de salaire brut. Apres avoir évacué les allocations familiales, il vaut évacuer les cotisations chômage, maladie, retraites de la feuille de paie. Il veut en finir avec tout le système du CNR existant depuis 72 ans. Il veut que l’impôt, c’est à dire, nous toutes et tous, les salariés, payions à la place de l’entreprise et du capital. Pour cela il veut depuis hier revenir sur le prélèvement de l’impôt à la source afin de réussir en janvier 2018 sa manipulation : baisser formidablement le brut pour hausser légèrement le net.

 

On ne peut donc pas comme le propose jean Christophe Cambadelis « souhaiter la réussite du quinquennat ».

 

Macron c’est la droite, il n’y a pas de centre possible. Si on avait souhaité la réussite du septennat Giscard en 1974, on aurait sans doute pas gagné en 1981. Si on avait souhaite la réussite du quinquennat Sarkozy en 2007, on n’aurait sans doute pas gagne en 2012.  Si on souhaite la réussite du quinquennat Macron, il faut aller à « en marche » et se ranger derrière Jupiter ! Les électeurs préféreront la copie à l’original. Qu’est-ce que c’est que des candidats qui souhaitent la réussite de leurs adversaires ? Surtout quand on est haïs, nous Ps, à cause du quinquennat sortant, se placer ainsi dans la prochaine campagne législative c’est courir vers la défaite.  C’est suicidaire. Il faut résister, reconstruire, pas s’incliner. Pas voter le Budget, pas voter les futurs cadeaux à la Finance et au Medef.

 

Et pour résister il faut appeler  à l’union de la gauche, comme toujours, rassembler notre camp pas aller dans celui d’en face.

 

Stéphane le Foll vient de dire que « la France maintenant c’est Macron, Le Pen ». Bien sur que non ! Heureusement que non ! Les candidats de ce deuxième tour sont décalés avec la France réelle. La France réelle c’est 93 % des actifs salariés, 6,6 millions de chômeurs, et 1 % d’oligarques qui possèdent et décident de tout. Toutes les études le précisent : Macron est élu par bien peu de supporters réels de son programme ultra libéral mais davantage par la négative, par beaucoup de gens qui ne voulaient ni Fillon, ni Le Pen, et qui faute d’unité à gauche entre Hamon et Melenchon n’ont pas pu croire que allions gagner le 23 avril. Il n’y a pas 33 % de racistes dans ce pays, malgré les voix obtenu par Le Pen, rappelons que 82 % des français étaient favorables à l’accueil des migrants. Le libéralisme est le fourrier du fascisme, Macron n’est pas un barrage face à Le Pen mais un marche pied, son bulletin de vote nous a juste permis de gagner du temps, mais toute sa politique libérale pro finance, chaque jour, va nourrir l’extrême droite. Seule la politique de la gauche peut faire reculer le Front national.

 

J’entends que Alain dit que « Mélenchon n’est pas à gauche ». Allons il faut être sérieux :

 

évidemment que oui, quand bien même, à son tour, Mélenchon dissout confusément les frontières de classe de la gauche pour les noyer dans un « peuple » abstrait.  Les socialistes devraient toujours préférer l’Internationale à la Marseillaise. La gauche a failli être majoritaire le 23 avril, seule la division l’en a empêché. C’est vrai Mélenchon a choisi une méthode plébiscitaire qui ne gagnera jamais : sans unité la gauche ne peut pas gagner. La gauche ce n’est pas seulement les harangues, c’est un maillage par les partis, les syndicats, les associations, les élus, c’est une union, une addition, un assemblage, une implantation démocratique en profondeur, une fraternité respectueuse enthousiaste et dynamique, ca ne marche pas à la schlague  ni à l’épuration.  Ca fonctionne au rassemblement pas au dégagisme. C’est une divergence, réelle, pas insurmontable. Sur 80 % du programme, notamment social, nous étions et pouvions et aurions du être d’accord. Et nous aurions gagné,  ce qui réglait bien d’autres questions du même coup.

 

Il ne faut pas s’arrêter au premier obstacle. L’unité de la gauche est un combat durable et opiniâtre.  C’est une stratégie durable.

 

Il n’existe pas deux gauches irréconciliables, ni dehors, ni ici dans cette salle. Ceux qui disent cela c’est parce qu’ils veulent la mort de toute la gauche et du PS à la fois, ils n’y croient plus, leur intérêts, individuels et collectifs, ne sont plus les nôtres. En fait il y a un seul salariat, il lui faut une seule gauche. Et il n’y en a pas d’autre stratégie que l’union de la gauche rose rouge verte, (ce serait le meilleur sigle pour les législatives) pour résister  à Macron, raviver toutes les cultures du meilleur de la gauche, les rassembler, les unir. Le paradoxe c’est qu’on a perdu a cause des lois El Khomri, et que Macron, petit Jupiter totalitaire entêté,  s’apprête à faire pire : mais les yeux vont vite s’ouvrir sur cette évidence. Dés cet été contre les ordonnances de destruction des droits de l’homme dans les entreprises, les socialistes devront être dans la rue avec les syndicats, ce n’est pas parce qu’on a perdu contre et à cause des loi El Khomri Macron qu’on va forcément perdre contre la surenchère scélérate des ordonnances Macron anti code du travail.

 

Gérard Filoche

 

Quand Macron parle dans l’hygiaphone, ça n’aseptise pas son violent programme anti social

Lors du contact avec les salariés en grève de Whirlpool, Macron avait demandé à son entourage un « hygiaphone » pour leur parler plus fort. Sans doute sa méconnaissance de l’objet idoine, le mégaphone, n’explique pas tout. En effet, dans les « incivilités » que le candidat Macron promet d’éradiquer figurent les « crachats » qui seront punis « d’amendes immédiates et dissuasives ».

Dans le même temps, pour illustrer le nouveau « droit à l’erreur pour tous » qu’il veut instituer, il cite le cas d’un malheureux employeur en affirmant qu’ « aujourd’hui, un employeur qui oublie de déclarer à l’URSSAF la prime de Noël qu’il verse à ses salariés est condamné à une amende ». Sans doute est-ce là le monde imaginaire qui se raconte dans les « casse-croûte » à la Rotonde.

Avec Macron, cet employeur « pourra demain faire valoir son droit à l’erreur ». Car il faut qu’on se le dise : « L’administration sera d’abord là pour conseiller avant de sanctionner, la sanction étant limitée aux manquements délibérés, répétés ou particulièrement graves ».  C’est ce qui se disait, au milieu du XIXème siècle, au début de l’inspection du travail.

 

en fait de droit à l’erreur examinez celle là : Macron veut encore baisser le cout du travail et augmenter les dividendes qui ont atteint leur niveau historique  record a 56 milliards en 2015

 

 

Macron c’est le droit à l’erreur pour les patrons et la soumission pour les salariés : son programme, craché dans l’hygiaphone, cela donne cela :

 

 

 

MACRON, derviche tourneur autour d’un axe fixe

Du contenu social de son programme écrit

 

« En même temps » ; « Je suis d’accord avec vous » … et ses allers retours sur la plupart des questions importantes, le tout noyé dans un verbiage technocratique. Avec Macron, on pourrait penser que rien n’est figé et partant que quelques progrès pourraient être grappillés sous la présidence d’un président si ouvert à tous les changements.

Oui, on pourrait sauf si l’on n’est ni amnésique ni analphabète.

Tous les actes politiques de Macron, sans exception, sont ceux de la régression sociale. Et ils ont l’autonomie de pensée d’une photocopieuse délivrant à tour de bras des copies des exigences du conseil d’administration des multinationales (la Commission Européenne) et de son bras local (Le Medef et l’Institut Montaigne) : de la co-rédaction du rapport Attali qui faisait pour Sarkozy la liste des dérèglementations, demandées par la dite Commission, à la loi qu’il a signée directement (loi Macron) et à celles qu’il a dû par souci de faisabilité politique laisser signer à Rebsamen (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/260515/rebsamen-jusquau-bout-de-lani) et à El Khomri (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/120616/loi-uberel-khomri-48-reculs-avant-le-senat),

Macron force le respect, à voir tant d’énergie et de constance déployées au service de ses commanditaires. On ne peut d’ailleurs attribuer à rien d’autre qu’à cet attachement à ne pas les décevoir l’annonce tactiquement risquée de faire passer par ordonnance en trois mois une loi travail puissance dix.

Ceux qui ont suivi l’histoire et le contenu des trois lois précitées (lois Macron, Rebsamen et El Khomri) n’ont aucun mal à décrypter le programme de Macron pour les présidentielles, celui qui est écrit, et à y distinguer ce qui n’est que la reprise de régressions déjà intervenues dans ces lois (une photocopieuse manque de mémoire), ce qui relève de dispositions prévues par les projets de loi mais que la lutte avait permis de faire retirer, et enfin de nouvelles et très importantes régressions.

La grille de lecture de ce programme est la même depuis les débuts du capitalisme : on retrouve invariablement les trois mêmes objectifs TGV, Travailler plus longtemps (faire travailler plus longtemps), Gagner Moins (raboter les salaires), Virer plus vite et à pas cher. Le tout en s’assurant la plus grande impunité.

Quel sera le contenu de l’ordonnance, déjà écrite, qui doit intervenir dès le mois de juillet ? On peut imaginer que, compte tenu du délai, l’essentiel tiendra dans la reprise des grands « principes » de la commission Badinter, destructeurs du droit existant (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/280116/rapport-badinter-peine-de-mort-pour-le-droit-du-travail), que la lutte contre la loi travail avait permis de faire retirer.

 

  1. A. TRAVAILLER PLUS

1/ Reprendre la tentative inachevée de la loi travail sur la durée légale

Le programme Macron reprend l’idée qui structure toutes les règlementations urbi et orbi depuis que le capitalisme financiarisé étend son règne sur l’ensemble de la planète :  une loi floue, réduite à quelques grands principes n’induisant aucune obligation, des règles fixées par accords (si possible par accord collectif d’entreprise plutôt que par accord de branche et mieux encore par « accord » individuel du salarié), et à défaut d’accords, un plancher bien bas de droits minima qu’on qualifiera volontiers d’ « universels » pour transformer un recul en progrès.

Sur la durée légale (35 h), la lettre de mission d’El Khomri pour Badinter insistait bien sur le grand soin qu’il devait prendre à ne pas entrer en contradiction sur ce point avec les volontés gouvernementales. L’affaire était délicate car il fallait à la fois mettre à bas la durée légale du travail tout en affirmant le contraire. Le résultat fut, dans les premières moutures de la loi travail jusqu’au mois d’avril 2016 où il fut retiré, un projet d’article de loi maintenant la durée légale et une introduction au code du travail faite de grands principes destinés à structurer toute sa réécriture (prévue pour deux années) qui supprimait la durée légale discrètement : elle était remplacée par une « durée normale » que des accords d’entreprise pourraient modifier (« La durée normale du travail est fixée par la loi. Celle-ci détermine les conditions dans lesquelles les conventions et accords collectifs peuvent retenir une durée différente. Tout salarié dont le temps de travail dépasse la durée normale a droit à une compensation »). Une grossière manœuvre que le Conseil d’Etat avait relevée mais non censurée.

On verra dans l’ordonnance express prévue par Macron pour cet été si la manœuvre revient. La chose est probable car Macron a déjà annoncé que l’ordonnance édicterait les grands principes du droit du travail destinés à être mis en musique par des accords.

2/ Des apprentis à vie

Le contrat d’apprentissage sera supprimé (« le contrat d’apprentissage est trop rigide ») et fusionné avec le contrat de professionnalisation.

A quel âge ? Tout petits déjà : « nous développerons les périodes de pré-apprentissage ».

A quel niveau ? Toute la fac : « Demain, l’alternance pourra se faire sur les trois années de la licence professionnelle »

Et jusqu’à quand (la limite aujourd’hui est de 25 ans et, à titre « expérimental » depuis la loi travail, de 30 ans) ? No limit : « Nous ferons converger les deux contrats d’alternance qui existent aujourd’hui en un contrat unique, souple, adapté à la demande des entreprises et des branches, sans borne supérieure d’âge ».

3/ Plus d’heures supplémentaires

« Nous rétablirons les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires »

4/ Des services publics extensibles

« Nous élargirons les horaires d’ouverture des services publics pour les adapter aux contraintes des usagers : certains services publics ouvriront le samedi et en soirée »

« Nous ouvrirons les bibliothèques en soirée et le week-end »

 

  1. B. GAGNER MOINS

1/ Avancer sur la suppression des salaires minima de branche

Dans les grands principes qui doivent continuer à relever de la loi, le programme Macron ne cite dans la partie « Dialogue social » de son programme que « durée légale du travail, salaire minimum, égalité professionnelle… ». Les salaires minima conventionnels au dessus du SMIC qui sont la hantise de l’Union européenne (conventions collectives supprimées en Grèce, décimées en Espagne) ne sont pas mentionnés. Mais le programme Macron prévoit de passer de 700 conventions collectives actuellement à un nombre compris entre 50 et 100 (« nous pouvons viser d’en avoir entre 50 et 100 »). Et il semble bien que, contrairement à aujourd’hui, les salaires minima seront fixés par accord d’entreprise, la branche n’intervenant qu’à défaut : « C’est seulement à défaut d’accord d’entreprise que la branche interviendra. Ainsi, les conditions de travail et les salaires notamment seront négociés au plus près du terrain ».

2/ Avancer sur la dilution du SMIC

La formulation utilisée pour la définition du SMIC par la commission Badinter (« Un salaire minimum est fixé par la loi »), retirée discrètement en avril 2016 lors de l’examen de la loi travail, pourrait revenir. Elle faisait l’impasse sur les critères actuels de fixation : l’obligation de le réévaluer en fonction du coût de la vie, et celle de garantir une augmentation au moins égale à la moitié de celle des salaires réels moyens (sans même parler des « coups de pouce » annuels que le gouvernement, bras courts et poches profondes, oublie depuis des lustres).

3/ Des apprentis à vie (voir A 2) à pas cher

« Nous unifierons la grille de rémunération des alternants et confierons aux branches le soin d’augmenter par accords les montants des planchers fixés par la loi »

4/ Des chômeurs moins indemnisés

Plus de radiation :

« Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification, sont refusés ou que l’intensité de la recherche d’emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues »

Des indemnités chômage dont le montant ira decrescendo au fur et à mesure de la reprise de l’assurance chômage par l’Etat, privé des cotisations sociales destinées à son fonctionnement, le début de la fin de l’assurance chômage solidaire :

« Parce qu’il assume en dernier ressort la responsabilité du chômage et de la précarité, l’État prendra en charge le système d’assurance-chômage »

 

Une prise en charge supplémentaire, les démissions de salariés (sous certaines conditions) :

« Ce droit ne sera utilisable qu’une fois tous les cinq ans. En contrepartie, l’insuffisance des efforts de recherche d’emploi ou le refus d’offres raisonnables entraîneront la suspension des allocations »

Une autre prise en charge supplémentaire, l’assurance chômage pour tous :

« Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection »

5/ Une Sécurité sociale en miettes

Des salaires socialisés (cotisations sociales versées à la Sécurité sociale) qui retournent par dizaine de milliards d’euros dans les poches des patrons :

« Aujourd’hui, pour beaucoup d’employeurs, il est difficile d’embaucher parce que le coût du travail pour les salariés peu qualifiés est trop élevé »

« Nous rétablirons les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires »

« Nous simplifierons la vie des entreprises, en transformant le CICE en allégement permanent de cotisations sociales de 6 points »

« Nous faciliterons l’embauche des salariés peu qualifiés, en atteignant zéro charge générale au niveau du SMIC » « Pour les entreprises, c’est une baisse de charges de près 1800 euros par an et par salarié »

« La majeure partie des contributions actuelles des entreprises pour la formation sera progressivement converti en droits individuels pour les actifs »

 

Des salaires socialisés (cotisations salariales) qui ne seront plus versés à la sécurité sociale, non totalement compensées par une hausse de la CSG :

 

« Demain, nous ferons moins peser la protection sociale sur le travail pour soutenir leur pouvoir d’achat » « Nous augmenterons le revenu net de chacun, en réduisant les cotisations sociales » « Ces mesures seront financées par une hausse de moindre ampleur de la CSG »

 

Le début de la fin des régimes de retraites spécifiques et l’instauration d’un régime unique (par points) beaucoup moins favorable aux salariés du privé et du public, injuste, non solidaire, totalement individualisé, et ouvrant la voie à un régime de retraite par capitalisation :

 

« Nous créerons un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé » « Il faudrait regrouper l’ensemble des régimes sociaux en un seul, commun aux salariés, employeurs et indépendants » « Les cotisations, aux régimes de base comme aux régimes complémentaires, qu’elles soient versées sur les bases de revenus ou acquises au titre de la solidarité (pour les chômeurs par exemple) seront inscrites sur un compte individuel et revalorisées chaque année selon la croissance des salaires. Ainsi, chaque euro cotisé accroîtra de la même manière la pension future »

« Le total des droits accumulés sera converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance. L’allongement de l’espérance de vie est donc pris en compte en continu »

« On saura que, quand des personnes ont une retraite plus élevée, c’est qu’elles-mêmes, leurs employeurs, ou l’Etat au titre de la solidarité, ont cotisé davantage »

« Les taux de cotisation pourront rester différents. Par exemple, les indépendants pourront continuer à cotiser moins que les salariés et à avoir en conséquence une pension de retraite moindre : ils ont souvent constitué, en parallèle, une épargne qui peut être par exemple leur fonds de commerce et servira à leur assurer un revenu »

 

 

Diminution des cotisations versées par les indépendants et petits entrepreneurs qui passeront du RSI à la Sécurité sociale (« Nous supprimerons la caisse qui gère le Régime Social des Indépendants (RSI) pour l’adosser au régime général ») :

 

« Nous réduirons nettement les cotisations sociales qui pèsent sur les indépendants (professions libérales, commerçants, artisans, agriculteurs…) : 500 euros de moins par an pour un revenu de 3000 euros nets par mois »

« Nous supprimerons les charges des micro-entreprises (nouveau nom des auto-entrepreneurs) la première année et doublerons les plafonds pour permettre à plus d’entreprises de bénéficier de cette mesure et du régime fiscal de la micro-entreprise »

 

 

  1. C. VIRER PLUS VITE et À PAS CHER

1/ Le rêve patronal enfin à portée

Une mesure déjà tentée par Macron ministre, mais si scandaleuse qu’elle avait été annulée par le Conseil constitutionnel :

« Nous réduirons l’incertitude sur les coûts de licenciement » « Nous instaurerons un plafond et un plancher pour les indemnités prud’homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse »

2/ Une dissolution de la procédure prud’homale

« Nous créerons, dans chaque département, un tribunal de première instance qui fusionnera l’ensemble des tribunaux locaux spécialisés de première instance. Ce tribunal traitera l’ensemble des matières dans des pôles dédiés : pénal, social, affaires familiales, commercial, civil »

« Nous ramènerons le nombre de modes de saisine de 15 à 2 pour les procédures civiles. Aujourd’hui, chaque juridiction, chaque contentieux, a sa propre procédure. Cette complexité ne permet pas un accès fluide au juge. Elle génère des lenteurs, et peut même être source de nullités. Nous fusionnerons donc les procédures civiles en deux : une avec avocat obligatoire pour les affaires complexes, et l’autre sans avocat obligatoire pour les contentieux du quotidien »

« Nous favoriserons la création de plateformes de règlement amiable des litiges qui lorsqu’elles seront tenues par des professionnels associant avocats huissiers ou notaires pourront conclure des accords ayant la force d’un jugement »

3/ Des démissions bienvenues

Les salariés démissionnaires pourront toucher le chômage. Que du miel pour les employeurs qui devaient dépenser énergie voire monnaie pour se débarrasser de salariés refusant de céder aux pressions pour obtenir cette démission.

 

  1. D. MILLE SUCRERIES

ET AUTRES MESURES DE DESARMEMENT DES TRAVAILLEURS

1/ Sous couvert d’ « égalité des chances »…

« Lorsqu’une entreprise, où qu’elle soit située, embauchera un habitant des quartiers prioritaires de la politique de la ville en CDI, elle bénéficiera d’une prime de 15 000 euros, étalée sur les trois premières années : ce sera comme si elle ne payait plus de charges. En CDD, la prime sera de 5000 euros sur les deux premières années »

2/ Une formation professionnelle sous totale dépendance patronale :

« Nous ferons converger les contrats existants et impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations »

« Les formations professionnelles doivent être davantage basées et conditionnées par les exigences des métiers et filières professionnelles et l’excellence de celles-ci porter sur  l’employabilité »

« Nous rendrons publics les taux d’insertion professionnelle et le salaire à l’issue des formations en apprentissage en vue d’une labellisation des CFA et des lycées professionnels »

3/ Dissolution des représentants du personnel

Toutes les entreprises (les moins de 200 salariés avant la loi travail, les moins de 300 salariés après la loi travail) pourront, sur décision de l’employeur, réduire le nombre de représentants du personnel, le nombre de réunions, le nombre d’heures de délégation et dénaturer leurs anciennes attributions en fusionnant délégués du personnel, comité d’entreprise et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans une délégation unique du personnel :

« Une instance unique de représentation reprenant l’ensemble des attributions des comités d’entreprises, délégués du personnel et CHSCT sera mise en place dans toutes les entreprises et tous les groupes sans limitation de plafond »

Les employeurs pourront contourner entièrement les organisations syndicales majoritaires en décidant seuls de recourir à un référendum auprès des salariés :

« Tout accord d’entreprise résultera soit d’un accord majoritaire avec les syndicats, soit d’un référendum à l’initiative de l’employeur ou des syndicats sur la base d’un accord minoritaire »

Des représentants des salariés désarmés idéologiquement :

« Nous renforcerons la formation des représentants des salariés. Au-delà des compétences en droit social, ces formations doivent aussi porter sur les enjeux spécifiques de la gestion d’une entreprise, pour que syndicats et employeurs parviennent à mieux se comprendre et aboutir à des solutions communes plutôt que de confronter des positions stériles »

Des syndicats dépendants financièrement :

« Nous permettrons à chaque salarié d’apporter des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix »

4/ Dissolution de l’inspection du travail

A la longue liste des mesures de casse de ce service public (loi et décret Sapin du 14 juin 2013 et du 30 mars 2014, loi Macron du 6 août 2015, loi Rebsamen du 17 août 2015, loi travail du 8 août 2016, ordonnance du 7 avril 2016, décret du 12 avril 2017 qui créé un « code de déontologie pour les inspecteurs du travail), Macron ajoute le déclin de son rôle dans la  sanction des discriminations :

« Nous demanderons au Défenseur des Droits, en partenariat avec des associations et les partenaires sociaux, de favoriser des campagnes de testing, de contrôles aléatoires et imprévus à grande échelle, et de rendre publics les résultats » « Nous renforcerons les prérogatives du Défenseur des Droits en matière d’accompagnement des personnes discriminées afin qu’il assure pleinement son rôle de médiateur entre la victime et l’entreprise pour une résolution plus rapide du litige »

5/ Une haute administration triée par le CAC40

« D’ici la fin 2017, les directeurs d’administration centrale et les principaux dirigeants des organismes publics seront nommés ou confirmés au terme d’une procédure transparente, après revue de compétences et entretien »

« Nous recruterons un quart au moins des directeurs d’administration centrale en dehors de la fonction publique sur la base d’appels à candidatures ouverts visant à identifier les meilleures compétences techniques et managériales »

6/ Des services publics définitivement transformés en entreprises et voués à la désespérance

« Chaque service accueillant du public (hôpital, école, tribunal, caisse d’allocations familiales…) devra afficher, trimestriellement au moins, ses résultats en termes de qualité de service sur la base d’indicateurs concrets (délai de traitement d’un dossier, qualité de l’accueil au guichet, taux de remplacement des enseignants à l’école…). Les usagers seront associés à leur définition »

« Nous demanderons à chaque lycée professionnel et université de publier ses résultats (débouchés, salaires, etc.) sur les 3 dernières années »

« Nous mettrons fin à l’évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques afin de mieux prendre en compte les spécificités de chacune »

« Les ministres seront comptables du respect des objectifs de dépense publique qui leur auront été assignés. Ils auront le choix des moyens pour les atteindre (investissement, réorganisations, évolution des effectifs, rationalisation des achats…). Une loi fixera pour la durée du quinquennat les objectifs de dépense de chaque grand secteur d’administration. Les ministères qui dépassent leurs objectifs se verront reverser une partie des gains réalisés »

« …le secteur public est trop fermé sur lui-même. L’action publique gagnerait à s’ouvrir beaucoup plus à l’expérience de profils variés issus de la sphère de l’entreprise, du monde associatif, de la recherche ou des organisations internationales »

« Nous introduirons plus de souplesse dans la gestion des carrières avec des rémunérations plus individualisées et la promotion des mobilités »

Des services publics réduits à des interfaces informatiques :

« D’ici 2022, 100% des démarches administratives pourront être effectuées depuis Internet »

« Nous redéploierons les effectifs de la fonction publique pour créer des postes dans les services qui répondent à l’évolution des besoins des citoyens. Nous les réduirons là où des réorganisations et le numérique permettent de rendre le même service avec un moins grand nombre d’agents »

« Nous réduirons le nombre d’agents publics de 120 000 emplois sur la durée du quinquennat. Cela correspondra à un volume de 50 000 postes non-renouvelés dans la fonction publique d’Etat et d’environ 70.000 dans la fonction publique territoriale »

« Nous lancerons un plan pour la justice numérique. Nous permettrons notamment de dématérialiser toutes les procédures concernant des litiges inférieurs à 4000 euros »

« Nous établirons dans chaque département un tribunal de première instance qui sera le guichet unique permettant un accès facilité au juge »

« Les procédures en matière pénale seront progressivement numérisées du début de l’enquête jusqu’au jugement définitif »

« Nous mettrons à la disposition des gestionnaires publics les moyens de financer et de conduire des réorganisations génératrices de gains d’efficacité et de qualité de service »

Des services publics transformés en fournisseurs d’études de marché :

« Les administrations chargées d’autoriser des activités (l’ouverture d’un hôtel, ou l’obten­tion d’une licence de chauffeur privé, …) devront mettre à disposition leurs données. Face aux géants étrangers, des nouvelles start-ups pourront ainsi s’adresser par exemple à tous les hôteliers pour leur offrir de nouveaux services »

Des universités toujours plus « autonomes » :

« Elles pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations »

7/ Hormis la retraite, un statut des fonctionnaires prétendument non touché… mais « en même temps »… :

« Nous renforcerons la mobilité dans et vers la fonction publique » « Le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause, mais il sera modernisé et décloisonné, par un assouplissement du système rigide des corps » « Nous mettrons en particulier fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existant et exerçant des fonctions similaires »

Fin progressive du statut de fonctionnaire pour ceux qui ne sont ni soldat, ni flic, ni juge :

« Nous développerons le recrutement sur contrat dans les fonctions non-régaliennes, afin de permettre au service public d’attirer des professionnels d’expérience en fonction des besoins »

8/ Suppression du statut de contractuels de la fonction publique

Pas pour les titulariser… :

« Nous alignerons le statut des contractuels publics sur le droit du travail commun »

9/ Institutionnalisation de la guerre de tous contre tous

Tout à sa campagne électorale, Macron n’a peut-être pas vu qu’une de ses propositions était déjà mise en œuvre par le gouvernement auquel il a participé, pendant sa présence (loi Rebsamen et loi El Khomri) et tout récemment (décret n°2017-351 du 20 mars 2017) : le fichier de données personnelles « Compte Personnel d’Activité » est déjà logé auprès de la Caisse des dépôts et consignations et celui dénommé « Portail numérique des droits sociaux » l’est auprès de la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole. Ces fichiers organisent le marché des travailleurs, leur mise en concurrence et la destruction progressive de la Sécurité sociale, en individualisant les droits (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/201216/le-compte-personnel-d-activite-lurgence-du-debat-citoyen).

« Nous créerons un compte citoyen en ligne (site et application), qui rassemblera sur une même interface tous les droits, notamment ceux liés à la santé, à la trajectoire professionnelle, à la formation, à la situation fiscale, aux droits civiques »

10/ Des départements supprimés ou rendus exsangues

« Nous supprimerons au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés de l’une de nos grandes métropoles »

« En concertation avec les élus, nous simplifierons l’administration territoriale en confiant aux services des métropoles les compétences des conseils départementaux où elles se situent »

« Nous apporterons un soutien à la performance des collectivités locales et un appui à leur modernisation »

11/ Des services publics-privés pour les employeurs

La mise en œuvre d’une disposition déjà prévue dans la loi travail… :

« Un site Internet unique donnera à chaque TPE ou PME les obligations légales et conventionnelles qu’elle doit respecter en fonction de sa situation »

… avec une nouveauté, l’assurance impunité :

« Les réponses fournies en ligne seront valables face à l’administration »

12/ ISF maintenu, mais plus pour tous

L’Impôt Sur la Fortune devient « Impôt sur la Fortune Immobilière », les revenus mobiliers échapperont demain à cet impôt. Enfin !

« L’Impôt de Solidarité sur la Fortune ne concernera plus l’investissement qui sert l’économie (actions, parts, titres d’entreprises) »

13/ Un Impôt sur les sociétés réduit

Il passera de 33 à 25 %. Aujourd’hui les grandes entreprises qui optimisent ne paient en réalité que 8%. Combien paieront-elles demain ?

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PS : les extraits du programme de Macron, disponible sur Internet (http://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme), sont en italique

 

 

Richard Abauzit

Macron élu par défaut, abstention, et nul, pas par adhésion

Communiqué Gérard Filoche, BN du PS, au soir du second tour, 7 mai 2017

 

a propos du putsch d’un membre de cabinet appuyé par 95 % des grands propriétaires de médias, par les grandes banques, l’oligarchie et le Medef.

Le libéralisme, la finance sont le dangereux marche pied de Le Pen.

En 2002 au 2ème tour des présidentielles le FN obtenait 5,525 millions de voix, en 2017 il en rassemble entre 10 et 11millions. Voilà où conduisent quinze ans de politique libérale d’austérité ! Le quinquennat de François Hollande a trahi tous les espoirs de mai juin 2012.

Ce jour, en votant comme nous l’avons fait, nous n’avons gagné que du temps.

Emmanuel Macron est élu par défaut, par contrainte, pas par adhésion.

C’est le putsch d’un homme de cabinet, d’un prédicateur hors sol, sponsorisé par le Medef et les grandes banques. C’est un système antidémocratique qui l’amène au pouvoir alors que la majorité écrasante des électeurs n’imaginaient même pas vouloir d’un pareil président.  Au premier tour il a réuni moins d’un électeur sur quatre et une partie importante de son électorat était là, déjà, pour ne pas avoir à choisir entre Fillon et Le Pen.

Au 2ème tour, en dépit de l’apparence du score, son programme ultra-libéral  reste refusé par l’écrasante majorité des français.

J’appelle au sursaut de toute la gauche et à son unité pour les élections législatives du 11 et 18 juin.

Le 23 avril s’il y avait eu l’unité entre J L Mélenchon et B Hamon il y aurait eu un candidat de gauche vainqueur à ce 2éme tour. Cela prouve que la gauche est forte, et que seule la gauche unie peut gagner, c’est à dire la gauche des partis et élus, des syndicats, des associations, des organisations de jeunesse qui maillent le territoire, les entreprises, les quartiers, les bureaux, les écoles et universités. Ca ne se joue pas que sur les estrades et les harangues, mais sur le terrain de la négociation, de l’action commune en profondeur, des accords politiques, du travail quotidien, et sinon, la gauche est divisée et condamnée à la déroute.

Aux législatives la même cause, la division, conduirait aux mêmes résultats. Dans chaque circonscription, il faut une candidature unique sur un programme de gauche pour s’opposer à l’extrême-droite et au libéralisme de la droite et de Macron. Une candidature qui réunisse les partisans de Mélenchon, d’Hamon, des Verts, des communistes, des Alternatifs, des Socialistes anti Macron pour gagner une majorité nouvelle à l’Assemblée Nationale.

Les diviseurs, d’où qu’ils viennent,  porteraient à nouveau la responsabilité de l’échec et des futurs reculs sociaux …

J’appelle à la constitution de conseils citoyens dans les villes, les départements pour que toutes et tous nous puissions porter nos exigences, faire connaître les attentes sociales, écologiques, citoyennes …

Pas d’état de grâce !

Dés la première heure, le combat commence contre ce président et le gouvernement qu’il va nommer pour casser nos droits sociaux. Par contre l’unité de toute la gauche, si elle se réalise, ne se servira pas seulement au bulletin de vote : quand il y a nécessité, la grève générale et l’occupation des entreprises sont la seule solution, et nul n’a écrit que si nous n’avons pas gagné contre la loi El Khomri nous ne gagnerons pas demain contre les ordonnances Macron.

L’unité de la gauche à laquelle nous appelons, servira dés l’été et l’automne, à mobiliser contre les ordonnances scélérates de casse du code du travail, contre « l’ubérisation » d’une partie du salariat, et la hausse massive du chômage et des petits boulots précaires, contre la suppression du salaire brut et de la protection sociale financée par le capital, contre la suppression de 120 000 fonctionnaires dont le pays a tant besoin, contre la suppression de l’impôt sur la fortune remplacée par une TVA payée par les pauvres, en un mot contre la surexploitation de notre travail et de nos vies par la finance macronisée.

 

Utiliser le bulletin Macron, en se pinçant le nez, pour barrer la route à l’extrême droite

 

Cet article paraîtra, mardi, dans la lettre hebdomadaire de D&S.

J’ai pensé, cependant, qu’il serait bon qu’il puisse contribuer, grâce aux camarades de D&S qui seraient d’accord avec les arguments développés, à alimenter les discussions, lors des manifestations du 1er mai.

Cela m’a paru d’autant plus nécessaire que je ne suis pas du tout sûr qu’il serait possible d’avoir beaucoup de discussions, le 1er mai 2018 si, par malheur Marine Le Pen l’emportait.  Les seules manifestations autorisées auraient toutes les chances d’être celles qui auraient pour objet la glorification de Jeanne d’Arc et les seules banderoles admises, celles des syndicats « Front national ». A moins, bien sûr, de prendre au sérieux la « dédiabolisation » du Front national.

Il est possible, également, d’espérer que la grève générale balaierait l’extrême-droite aussitôt son arrivée au pouvoir. Je ne suis pas sûr, cependant, que cette perspective soit le fruit d’une bonne appréciation du rapport de force entre les classes sociales, aujourd’hui, dans notre pays. Il me paraît impossible de faire courir un risque aussi considérable au salariat. La politique du pire est toujours la pire des politiques et je suis persuadé qu’aucun camarade de D&S ne la défend.

Amicalement,

JJ C

 

 

Utiliser le bulletin Macron, en se pinçant le nez, pour barrer la route du pouvoir à l’extrême droite

Par Jean-Jacques Chavigné

 

Beaucoup, à gauche et dans les syndicats, s’interrogent sur la possibilité de voter blanc ou de s’abstenir. C’est un point du vue parfaitement respectable. Tout le monde réfléchit et peut changer d’avis jusqu’au 7 mai, avant 19 h ou 20 h.

 

Nous sommes, de toute façon, d’accord sur un point essentiel : si Macron l’emporte, l’unité contre lui, devra se faire entre tous ceux qui s’opposent à sa politique d’agression contre le salariat,  qu’ils aient décidé de voter Macron ou qu’ils aient décidé de voter blanc, comme de s’abstenir.

 

La question de fond qui se pose, cependant, à nous, dans l’immédiat, est de décider s’il faut considérer que la dangerosité de Macron est la même que celle du Front national. L’objectif de cet article est de montrer que ce n’est pas le cas et que le Front national est beaucoup plus dangereux que Macron pour l’indépendance des organisations syndicales, les libertés publiques et les droits des salarié(e)s, des jeunes, des retraité(e)s, des minorités déjà discriminées.

 

Il n’y a, pour autant, aucune illusion à se faire et il faut appeler un chat un chat et une calamité une calamité. Les dirigeants de la gauche ayant été incapables de s’unir au 1er tour de la présidentielle, les électeurs de gauche, n’ont plus le choix, au second, qu’entre deux calamités : Le Pen et Macron.

 

 

Les calamités Le Pen et Macron sont loin, cependant, d’avoir la même dangerosité

Macron taperait à coups redoublés sur le salariat, les chômeurs, les jeunes, les retraités, imposerait la baisse des dépenses publiques et la hausse des dividendes. En accentuant les politiques néolibérales de Sarkozy et de Hollande, il généraliserait la pauvreté, la précarité et ouvrirait un boulevard au Front national en 2022. Mais, même divisées et affaiblies, les organisations syndicales indépendantes pourraient continuer à s’exprimer et le mouvement social aurait, encore, la possibilité de se mobiliser contre Macron. La gauche aurait le temps de se reconstruire et de s’unir pour opposer une alternative à l’extrême droite.

Les coups de Le Pen contre le salariat seraient encore plus durs.  Le FN s’acharnerait à le diviser et à  démanteler les organisations syndicales indépendantes du patronat et de l’État. Son objectif est la construction d’un « État fort » qui mettrait danger nos libertés publiques.  Le mouvement social serait tétanisé par la prolifération de syndicats Front national, l’interdiction et la répression violente de toute manifestation. La reconstruction de la gauche aurait toutes les chances de devoir se faire dans les catacombes ou, pour le moins, dans des conditions extrêmement difficiles. Il deviendrait de plus en plus difficile de faire lâcher le pouvoir à l’extrême droite : il n’y a guère d’exemples, dans l’histoire, où elle y a renoncé de son plein gré.

 

Macron et la calamité néolibérale

Il n’y a pas la moindre illusion à se faire sur Macron. C’est un homme politique de la droite néolibérale la plus dure, économiquement et socialement. Les marchés ne s’y sont pas trompés : le lendemain de son arrivée en tête au 1er tour de la présidentielle, le CAC 40 augmentait de 4 % (sa hausse la plus importante depuis 2013) et les valeurs bancaires de 8 %.

L’ancienne présidente du Medef, Parisot, se voit déjà à la tête du premier gouvernement de Macron.

 

Le programme de Macron prévoit une baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 %, une exonération d’impôt sur la fortune pour les patrimoines de valeurs mobilières, une pérennisation du CICE sous la forme d’une diminution de 6 à 10 points des cotisations sociales patronales. La lutte contre l’optimisation fiscale et les paradis fiscaux n’y a aucune place.

Macron aligneraient les régimes de retraites de la fonction publique et des services publics, sur le régime général, c’est-à-dire vers le bas, pour obéir aux injonctions de la très néolibérale Commission européenne. Les salaires bruts ne seraient pas augmentés et la baisse des cotisations sociales des salariés serait financée par une augmentation du taux de la CSG sur les retraites. L’exonération de la taxe d’habitation ne pourrait être financée que par une augmentation de la TVA. Un chômeur ne pourrait pas refuser plus de deux emplois « décents », même s’il est payé 25 % de moins que son précédent salaire et Macron a toujours refusé de se prononcer sur le montant des allocations chômage, leur durée et leur dégressivité.

Dès juillet, Macron aggraverait, par voie d’ordonnances, la catastrophique loi El Khomri.

 

Le nombre de fonctionnaires diminuerait de 120 000 : 70 000 pour les collectivités territoriales, 50 000 dans la fonction publique d’État. Les dépenses publiques diminueraient de 60 milliards d’euros, aux dépens de la Sécurité sociale, des allocations chômage et des services publics.

L’objectif de Macron est de généraliser le travail précaire, le travail à temps partiel, les travailleurs pauvres, les travailleurs « ubérisés », pour augmenter, toujours plus, les dividendes des actionnaires.

L’avenir qu’il nous réserve est celui des huit millions de salariés qui subissent les « minijobs » à 450 euros par mois en Allemagne ou celui des salariés « bénéficiant » d’un contrat « zéro heure » au Royaume-Uni.

 

Le Pen et la calamité identitaire, liberticide

Après l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN, en 2011, les médias dominants s’extasiaient sur la « dédiabolisation » de ce parti. Au même moment, sa nouvelle présidente consolidait ses positions à l’intérieur du FN, en s’alignant sur l’orthodoxie frontiste : rôle central de la « préférence nationale », dénonciation du « remplacement pur et simple de la population française »… [if !supportFootnotes][1]

La filiation du FN permet de comprendre pourquoi, malgré de nombreuses difficultés, ce dernier a pu tenir le choc pendant plus de 40 ans.

Les fondateurs du FN, en 1972, incarnaient (au sens propre du terme) cette filiation : des vétérans du PPF de Doriot et de la Waffen-SS, aux militants d’Ordre nouveau, en passant par les anciens de l’OAS et l’Union et Fraternité Française de Pierre Poujade.

C’est cette filiation qui a fourni au FN son ossature idéologique et son encadrement militant : de Victor Barthélémy (ancien bras droit de Doriot) au GUD, en passant par le « néofasciste » François Duprat, l’ancien d’Occident et d’Ordre nouveau Carl Lang, le « révisionniste » Bruno Gollnish … [if !supportFootnotes][2][endif] En catastrophe, avant le second tour de la présidentielle, le FN a dû changer de « président par intérim », Jean-François Jalkh se retrouvant publiquement accusé d’avoir tenu des propos négationnistes.

 

Ces racines du Front national se sont nourries de deux terreaux. D’abord, les politiques néolibérales menées depuis 30 ans, qui n’ont cessé (à l’exception de l’intermède Jospin) d’alimenter le chômage de masse. Ensuite, le terreau d’un imaginaire « sudiste » analogue à celui des « petits Blancs » aux États-Unis. Cet imaginaire imprègne toute la société française, du nord au sud. Il est le signe « d’un état d’esprit, d’une mentalité particulière apparue en France dans les combats désespérés pour la sauvegarde de l’Algérie française » Une mémoire coloniale, reconstruite et embellie, va progressivement se muer en une mémoire de revanche et d’exigence d’un « retour » de tous les « Arabes », qu’ils soient ou non Français pour l’état-civil : « Puisque les Algériens ont voulu l’indépendance de l’Algérie, pourquoi sont-ils en France et comment osent-ils réclamer encore l’égalité citoyenne » [if !supportFootnotes][3][endif]

Le programme social des « 144 engagements de Marine Le Pen » n’est qu’un miroir aux alouettes.

Son 10ème engagement, en supprimant l’obligation d’être un syndicat « représentatif » pour pouvoir se présenter au premier tour des élections professionnelles, a pour fonction essentielle de permettre la construction de syndicats FN dans les entreprises et la fonction publique. Le FN a essayé, en vain, d’y parvenir pendant des années, mais la loi s’y opposait. Il veut donc changer la loi.

Après avoir divisé en profondeur le salariat avec la « priorité » nationale et s’être employé à démanteler les syndicats indépendants du patronat et de l’État (en l’occurrence, l’État FN) le Front national n’aurait plus, comme l’a toujours fait l’extrême droite, qu’à jeter ses mesures « sociales » aux oubliettes.

Ces mesures n’auraient eu  pour seule fonction que de lui permettre d’arriver au pouvoir. Marine Le Pen aurait pourtant laissé de nombreux indices de ce qui adviendrait de ses mesures « sociales » : en appelant, par exemple, à interdire les manifestations contre la loi El Khomri ou, sur le parking de Whirpool, le 26 avril, en tirant dans le dos de l’intersyndicale (CFDT, CGT, CGC…) qu’elle qualifiait de « deux ou trois personnes qui ne représentent qu’eux-mêmes ».

 

Le FN n’est pas l’UKIP britannique qui s’est effrayé de sa victoire au Brexit et n’a pas cherché à arracher le pouvoir aux Conservateurs. Le FN veut le pouvoir. Si Le Pen l’emportait à la présidentielle, le FN utiliserait la menace d’une « vague bleu Marine » aux élections législatives, pour recomposer la droite, sous son hégémonie.

Le principal objectif du FN est l’instauration d’un « État fort ». La France serait « libre »… mais pas ses habitants. C’est le leitmotiv de toutes les extrêmes droites, pour lesquelles l’individu doit s’effacer devant une entité supérieure : la nation, l’État, une identité nationale fantasmée…

La Constitution de la Vème République a été élaborée et ratifiée sous la pression du coup d’État militaire de 1958 à Alger. Elle comporte de nombreux articles qui permettraient de remettre en cause les libertés publiques, bien au-delà de l’état d’urgence, notamment l’article 16. Le FN ajouterait à cette effrayante panoplie la possibilité de multiplier les « référendums » à l’initiative de seulement 500 000 citoyens, sur tous les sujets, y compris la peine de mort. Comment envisager de laisser le pouvoir au Front national avec une telle Constitution ?

 

L’opposition virulente entre le « eux » et le « nous », a toujours été le fondement de la politique du FN, de son « identité nationale ». Il a rompu avec l’antisémitisme de ses débuts, mais c’est pour mieux opposer les « Français de souche » aux « Musulmans ».

Avec l’arrivée du FN au pouvoir, le danger serait grand de voir passer à l’action les adeptes de la théorie du « Grand Remplacement » [if !supportFootnotes][4][endif] qui agitent le fantasme de la substitution d’une population d’origine maghrébine et sub-saharienne à une population d’origine européenne. Le « plan de désarmement des banlieues » du FN ne pourrait qu’encourager tous les nostalgiques de la « bataille d’Alger » à passer à l’action. Les menées de tous ces fanatiques, combinées à la politique discriminatoire du FN, risqueraient fort d’embraser les « banlieues » et les « quartiers ». La menace d’une véritable guerre civile serait omniprésente.

Ne pas attendre des autres qu’ils fassent ce qu’on ne fait pas soi-même

Certains, à gauche, estiment que de très nombreuses forces politiques appellent à voter Macron et que Le Pen ne pourra qu’être battue. Il serait donc possible de s’abstenir ou de voter blanc. C’est une position difficile à défendre : comment demander aux autres de faire ce qu’on ne veut pas faire soi-même ?

Le résultat n’est pas acquis d’avance, loin s’en faut.

Comme l’a montré son intervention sur le parking de Whirpool, Marine Le Pen est une agitatrice qu’il ne faut pas sous-estimer. Une agitatrice qui n’hésite pas à utiliser, avec cynisme et démagogie, le désarroi de salariés menacés de perdre leurs emplois.

Le Pen a beau jeu de qualifier Macron de « trader » et d’épingler son mépris pour tous ceux qui ne portent pas de « costard ».

Que Dupont-Aignan se rallie à Le Pen, c’est aussi un évènement qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer.  Dans un paysage politique qui semblait quelque peu figé, ce ralliement fait bouger les lignes et peut déclencher un effet « boule de neige ».

Une bonne partie des électeurs de Fillon voteront Le Pen, même si certains hésitent encore.  L’Église catholique, contrairement à 2002, se refuse à prendre position. « Sens commun » et « La manif pour tous » clament à tout vent qu’il n’est pas possible de voter Macron.

 

Le score obtenu par Le Pen, même battue, aurait indubitablement une grande importance.

Avec plus de 40 % des suffrages, le FN ferait plus que doubler ses résultats de 2002, réussirait à percer le fameux « plafond de verre » et pourrait commencer à recomposer la droite sous sa direction, afin d’aborder l’élection présidentielle de 2022, dans de bien meilleures conditions qu’en 2017. Le ralliement de Debout la France est un signe de très mauvais augure : c’est la première fois qu’au second tour de la présidentielle, un parti de droite annonce son soutien au FN. En 2002, seul le MNR de Bruno Mégret, une autre organisation d’extrême droite, avait appelé à voter pour lui.

 

Surtout, pas de « front républicain » !

Toutefois, mettre un bulletin Macron dans l’urne pour battre le FN, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen pour y parvenir, n’implique en rien un soutien à ce politicien de droite ou un quelconque « front républicain ».

Voter pour Macron le dimanche et le combattre dès le lundi nous est imposé par les institutions de la Vème République qui ne permettent qu’à deux candidats d’être présents au second tour de la présidentielle.

Valls appelle à donner les moyens de gouverner à Macron, lors des élections législatives qui suivront. Si Macron était élu, il faudrait tout faire, au contraire, pour qu’il n’ait pas de majorité à l’Assemblée nationale. Il utiliserait aussitôt cette majorité (obtenue, sans doute, avec l’appui d’une partie de la droite) pour taper à bras raccourcis sur le salariat.

La meilleure façon de l’empêcher d’obtenir cette majorité serait de ne pas reproduire l’erreur de la présidentielle et de rassembler la gauche, de Hamon à Mélenchon.

[if !supportFootnotes]

 

[endif]

[if !supportFootnotes][1][endif]- Voir : « Les faux-semblants du Front National » – Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Meyer – Édition SciencesPo – 2015.

[if !supportFootnotes][2][endif]- Voir : « Dans l’ombre des Le Pen – Une histoire des numéros 2 du FN » – Nicolas Lebourg, Joseph Beauregard – Édition nouveau monde 2012.

[if !supportFootnotes][3][endif]- « Les mémoires dangereuses - De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui » – Benjamin Stora avec Alexis Jenni – Éditions Albin Michel 2016.

[if !supportFootnotes][4][endif]- Voir : Renaud Camus « Le Grand Remplacement » – Éditions David Reinharc – Novembre 2011.

 

 

le « vrai » travail ? pour le 1er mai cinq ans après

Le « vrai » travail ?

Le “vrai” travail ? Celui des 600 accidents mortels, des 700 suicides, des 4500 mutilés au travail par an ? Celui des droits violés, des licenciements sans motif et des heures supp’ impayées ?

Le « vrai » travail ?  Celui des maladies professionnelles, des 100 000 morts de l’amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

Le « vrai » travail ? Celui dont Sarkozy a diminué le niveau des indemnités journalières en cas d’arrêt forcé pour accident du travail ?

Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage « libre et non faussée » entre Otis, Koné, Schindler et Thyssen

Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire alors que de récentes études scientifiques ont découvert des nouvelles fibres cancérogénes ?

Le « vrai » travail ? Celui de l’ouvrier de 55 ans devant son marteau piqueur ?   De l’instituteur de 62 ans pour sa 41e rentrée devant sa classe d’enfants ?   De l’infirmière qui soigne encore à 65 ans ?   De ceux pour lesquels le travail est devenu si pénible physiquement et mentalement depuis le report de l’âge de la retraite ?

Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des 800 000 emplois saisonniers, des millions d’intérims et de CDD à répétition ?  Celui des millions de précaires ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires…  pourquoi le travail ne le serait-il pas? » (Parisot)

Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à se loger et à vivre décemment avec leurs salaires, ceux qui dorment dans mobiles homes, qui mangent des pâtes à partir du 10 du mois, et n’ont de la viande que 3 fois par mois, que les « franchises » empêchent d’aller chez le toubib, et qui ne peuvent se payer ni le dentiste ni des lunettes  ?

Le “vrai” travail ? Celui des travailleurs handicapés exclus du dispositif retraite anticipée et pour lesquels les patrons paient une faible taxe plutôt que de les embaucher

Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?  85 % des temps partiels sont des femmes non qualifiées, ont elles un « vrai » travail ?

Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?

Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil bien franchouillards ?

Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 à partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?

Le « vrai » travail ? Celui du partage féroce et forcé du temps de travail entre sur-travail sous-travail et sans-travail, avec des centaines de millions d’heures supplémentaires, trois millions de temps partiels à 60 % subi,  cinq millions de chômeurs ?

Le « vrai » travail ? Celui des 1 à 4 millions de travailleurs du dimanche (essentiellement des femmes pauvres et précaires), des 4,3 millions qui travaillent de nuit, de ceux qui subissent des horaires postés, 3X8, 4X8, modulés, annualisés, flexibilisés au détriment de leur vie de famille ?

Le « vrai » travail ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

Le “vrai” travail ? Celui  d’exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?  Tandis que des petits agriculteurs et ouvriers agricoles exploités par les intermédiaires et grands commerces survivent dans la misère.

Le “vrai” travail ?  Celui des manœuvres, la « viande » que méprisent les contremaîtres dans les grosses entreprises de BTP ?

Le “vrai” travail contre le droit du travail ?  Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ? Le pauvre exploité apeuré qui  souffre, se tait, et approuve son patron comme une dinde qui vote pour Noël ?

Le “vrai” travail « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot. Et la mise à mort du statut de la Fonction publique par une « RGPP » indigne ?

Le « vrai » travail ? Pas celui des fonctionnaires, car naturellement ces gens-là ne travaillent pas… ce sont des boulets improductifs selon Sarkozy.

Le « vrai » travail… sans loi ?  Celui sans état de droit dans les entreprises,  sans protection des contrats,  sans promotion dans les carrières, sans garantie de l’emploi ?

Le « vrai » travail sans protection sociale ? Sans salaire brut, sans cotisations, ce que Sarkozy rebaptise « charges sociales » et qu’il veut abaisser, le Medef réclamant leur suppression?

Le « vrai » travail ? Celui des conventions collectives, vieillies, foulées aux pieds par un patronat qui ne les négocient plus ?

Le “vrai” travail sans syndicat ?  Mais sans syndicat,  il n’y aurait rien, pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de code du travail

Le « vrai » travail  ?  Sans CHSCT, sans hygiène sécurité, sans médecine du travail renforcée et indépendante, sans inspection du travail, alors que Sarkozy a affaibli toutes ces institutions  ?

Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, harcèle, casse.

Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, souffrances, suicides, chantage à l’emploi, management de combat ?

Le « vrai » travail ? Celui sans justice qui remet en cause les élections prud’hommes et taxe de 35 euros ceux qui sont obligés de les saisir pour faire valoir leurs droits

Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, restauration, nettoyage, transports, entretien, industrie.  Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, et meurent sans retraite.

Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

Le « vrai » travail ?  Celui soumis au chantage à l’emploi, aux licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, boursiers et incontrôlés ?

Le « vrai » travail ? Celui soumis à la spéculation de la finance, des fonds de pension cyniques et rapaces, celui des Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, Freescale, de Lejaby, de Pétroplus, ou des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?

Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

Le « vrai » travail ?  Celui des fausses externalisations, de la fausse sous-traitance, du marchandage, du prêt illicite de main d’oeuvre, des marchés truqués  ?

Le “vrai” travail ? Celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des villas dorées, avec des millions d’euros cachés aux Iles Caïman ?

Le “vrai” travail ? Celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des spéculateurs, traders ou autres banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

Le travail n’a jamais enrichi personne, ce qui enrichit c’est d’exploiter le « vrai » travail des autres.

Le « vrai » travail ? Celui de Maurice Lévy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés et des patrons qui s’augmentent de 30 % par an.

 

Les « 144 engagements » de Marine Le Pen : un volet social, un volet identitaire, un volet TPE-PME, un volet État fort, un volet à l’usage de la Finance et des grands groupes.

La lecture du programme présidentielle de Marine Le Pen a un goût de déjà vu, quelque chose de banal qui devrait nous inquiéter. Ses « 144 engagements » se déclinent en 7 parties : de « Une France libre » (sic) à « la France durable » où le Front national s’essaie au patriotisme écologique, tout en refusant la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Une lecture transversale de ce programme permet d’y voir beaucoup plus clair dans ce catalogue, volontairement insipide, en mettant en évidence les cinq véritables volets qui le structurent : un volet social, un volet identitaire, un volet TPE-PME, un volet État fort, un volet à l’usage de la Finance et des grands groupes.

1-Le volet social

Le programme de Marine Le Pen n’a plus grand-chose à voir avec celui de son père dans les années 1980, son électorat ouvrier et employé l’oblige à avancer des mesures très différentes.

Les « 144 engagements » préconisent : la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation, le retrait de la loi El Khomri, le maintien des 35 heures, le dégel et la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, la préservation du statut de la fonction publique, le maintien de la SNCF et de la Poste dans le service public, la garantie du remboursement des soins,  l’augmentation des effectifs de la fonction publique hospitalière, la création d’un 5ème risque pour la Sécurité sociale (la dépendance), le refus de toute hausse de la TVA et de la CSG, le maintien de l’ISF, une baisse de 10 % sur les trois premières tranches de l’impôt sur le revenu…

Pour trois raisons, ces mesures n’auraient, cependant, pas la moindre chance d’être mises en place.

1-Aucun moyen de financer ces mesures n’est prévu

Les 144 mesures prévoient la baisse de l’impôt sur les sociétés, la baisse de l’impôt sur le revenu, la baisse des droits de mutation, la baisse des cotisations sociales… La dette publique et ses intérêts continueraient à être payés rubis sur l’ongle. Comment les mesures sociales du Front national pourraient-elles être financées ?

Leur financement repose sur trois fantasmes : le « coût » de l’immigration, une taxe de 3 % sur les importations (les autres pays liraient le journal et n’instaureraient pas une taxe du même type…), la possibilité pour la Banque de France de distribuer la nouvelle monnaie nationale, par hélicoptère.

2- Le salariat serait profondément divisé et affaibli par la mise en œuvre du volet identitaire du FN

Or, aucune mesure sociale importante n’a eu lieu sans qu’elle ait été accompagnée de luttes sociales de grandes ampleurs (40 heures en 1936, Sécurité sociale en 1945, délégués syndicaux en 1968, 39 heures et retraite à 60 ans en 1981, 35 heures en 1999).

3-  L’indépendance des syndicats subirait une attaque brutale

L’ « engagement n°10 » supprime l’obligation d’être un « syndicat représentatif » pour pouvoir présenter des candidats au 1er tour des élections professionnelles. Ce serait la porte grande ouverte aux syndicats patronaux et aux syndicats FN.

Le FN cherche à reprendre le rôle qui a été toujours dévolu à l’extrême droite par la classe dominante : mettre fin à l’indépendance des syndicats vis-à-vis du patronat et de l’État.

2-Le volet identitaire

Ce volet reprend toutes les mesures préconisées par le FN depuis des dizaines d’années : fin de l’« automaticité » du regroupement familial et de l’acquisition de la nationalité par le mariage, suppression du droit du sol, inscription dans la Constitution de la « priorité nationale », attribution des logements sociaux en priorité aux Français, allocations familiales réservées aux familles françaises, suppression de l’Aide médicale d’État…

La laïcité identitaire, très loin de la loi de 1905 qui est une loi de tolérance, frapperait avant tout les musulmans en « étendant la laïcité à l’ensemble de l’espace public », ce qui signifierait l’interdiction du foulard islamique à l’Université, dans la rue ou les entreprises.

Le diable se niche dans les détails. Le FN se soucie du bien-être animal mais c’est uniquement pour « interdire l’abattage sans étourdissement préalable », sans dire un mot des pratiques courantes dans bien des abattoirs qui ne fournissent pas de viande halal. Quand à l’oppression des femmes, elle ne peut être que de la responsabilité d’un « islamisme », jamais défini.

L’application de ces mesures discriminatoires ne pourrait que faire le jeu de Daesh qui entend creuser le plus profondément possible le fossé entre les musulmans et les autres habitants de notre pays.

3-Le volet « petite bourgeoisie »

La petite bourgeoisie (petits commerçants, patrons de TPE et PME, artisans) a toujours servi de base sociale de l’extrême droite. Aujourd’hui, cette petite bourgeoisie ne regroupe plus que 7 % de la population active, mais la nostalgie de cette base sociale, massivement mobilisée dans les années 1950 par Pierre Poujade, est tenace au Front national. D’autant plus tenace que cet électorat lui est très fidèle.

Les « 144 engagements » multiplient les mesures en faveur des TPE-PME, des artisans et des commerçants : abaisser leurs cotisations sociales, créer un taux intermédiaire de l’impôt sur les sociétés à 24 %, instaurer un bouclier social pour les indépendants après refonte totale du RSI, geler les autorisations accordées aux grandes surfaces, autoriser l’apprentissage à partir de 14 ans, fusionner les organisations représentatives des salariés pour les PME entre 50 et 300 salariés…

Les agriculteurs ne sont pas oubliés : soutien du « modèle français des exploitations familiales », arrêt de « l’explosion des normes administratives »…

Le FN n’omet pas non plus les titulaires de patrimoines importants, en permettant à chaque parent de transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfant tous les 5 ans (encore mieux que Fillon !)

4-Le volet État fort

Lorsque le FN parle de liberté, il ne s’agit presque jamais de libertés individuelles. Ces dernières ne sont traitées que sous l’angle des « libertés numériques » et du libre choix de scolarisation des enfants par leurs parents.

La France serait « libre » mais pas ses habitants. C’est le leitmotiv de toutes les extrêmes droites pour lesquelles l’individu doit s’effacer devant une entité supérieure : la nation, l’État, une identité nationale fantasmé…

La liberté est ramenée, selon un des piliers de la pensée FN, à la seule  « sécurité » : au rétablissement des frontières nationales et à la sortie de l’espace Schengen, à l’extension de la « légitime défense » pour la police et la gendarmerie et au « désarmement des banlieues ».

L’arme décisive du FN dans ce domaine est l’instauration d’un « véritable référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500 000 électeurs ». Avec un tel référendum pouvant traiter de toutes les questions, il ne serait pas difficile au FN de rétablir la peine de mort, sans que les « 144 engagements » aient à reprendre (« dédiabolisation » oblige) cette mesure revendiquée par le FN depuis 1972.

Le catalogue répressif pourrait continuer à s’égrener avec l’instauration du port d’un uniforme à l’école, la création de 40 000 places supplémentaires dans les prisons, la mise en place de « peines planchers »…

Enfin, sans expliquer, là encore, comment leur financement serait possible, l’État fort du FN embaucherait 50 000 militaires supplémentaires, construirait un deuxième porte-avion, porterait le budget militaire annuel à 3 % du PIB, pérenniserait la force de dissuasion nucléaire et rétablirait un service militaire obligatoire d’« au moins 3 mois ».

5-Le volet à l’usage de la Finance et des grands groupes

Ce volet ne figure bien sûr pas explicitement dans les « 144 engagements », c’est un volet « en creux ». Comment pourrait-il en être autrement pour un parti qui se prétend antisystème ?

Ce volet est pourtant décisif pour le FN qui sait fort bien qu’il ne parviendra pas au pouvoir ou ne pourra s’y maintenir, sans l’accord de la classe dominante, de la Finance et des grands groupes.

La Finance n’est jamais attaquée dans les « 144 engagements ». Les risques que font courir à notre économie le maintien du modèle d’un système bancaire ne séparant pas le financement de l’économie réelle des investissements spéculatifs, ne sont  jamais évoqués.

Les cotisations sociales des entreprises continueraient à diminuer et le patronat continuerait à être le premier «  assisté » du pays avec un CICE que le programme du FN propose de pérenniser.

Aucun impôt supplémentaire ne viendrait frapper le capital.

Alors qu’en 2012 Marine Le Pen proposait une augmentation de 200 euros nets pour les salaires jusqu’à 1 500 € mensuels, les « 144 engagements » ne prévoient aucune augmentation des salaires. L’augmentation des salaires de 2012 est remplacée par une prime de pouvoir d’achat (PPA) financée par une très hypothétique contribution sociale de 3 % sur les importations. Ce changement indique clairement la volonté du FN de ménager les intérêts des grands groupes.

Les mesures en faveur des PME se gardent bien de distinguer les PME indépendantes de celles qui dépendent des grands groupes. Pourtant les PME dépendantes des grands groupes  emploient 40 % des salariés des PME et, à chaque fois qu’elles perçoivent une subvention ou une baisse de « charges », ces dernières finissent dans la poche des actionnaires des grands groupes.

Le FN prend toutes ses précautions pour indiquer à la Finance et aux grands groupes qu’ils n’ont rien à craindre de son éventuelle arrivée au pouvoir.

Les « 144 engagements » font très attention à ne pas employer les formules de  « sortie de l’euro ou de « sortie de l’Union européenne », mais avancent l’idée de « négociations » qui serait « engagée avec nos partenaires européens », le référendum sur l’appartenance à l’Union européenne ne venant qu’après ces « négociations ».

Le FN offre ses services au système, à la classe dominante au cas où l’Union européenne, minée par la politique de ses dirigeants, menacerait d’exploser : il serait alors encore plus urgent pour la Finance et les grands groupes de mettre au pas le salariat dans notre propre pays.

JJC

 

Cher Benoit cher Jean-Luc (à lire in nvel obs)

Le comédien s’adresse au leader de La France insoumise et au candidat du Parti socialiste.

Philippe Torreton Philippe Torreton Publié le 27 avril 2017 à 06h53
Cher Benoît, cher Jean-Luc,

Voilà, c’est fait, on a perdu.

La gauche regarde le deuxième tour de cette élection présidentielle sur le banc de touche. Je vous imagine travaillant déjà sur l’autre vote, les législatives, l’un s’arrachant les cheveux pour espérer survivre et l’autre planifiant sa revanche.

L’acteur Philippe Torreton. (Matt Carr/AFP)

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C’était prévisible et nous étions quelques-uns à le craindre. Nous avons écrit, interpellé, manifesté, chroniqué, éditorialisé mais rien n’y a fait.

Lettre ouverte de Philippe Torreton à Hamon et Mélenchon : « Et nous, on fait quoi ?

Je n’ai jamais souhaité que l’un se retire pour l’autre, je n’ai jamais souhaité la capitulation de l’un devant l’autre. Vous incarnez tous les deux des idées, des idéaux, des priorités, vous représentez des hommes et des femmes, des engagements, des années de lutte et de militantisme.

Je voulais, avant toute chose, un programme commun et je pensais bêtement que deux candidats qui pourfendent le régime présidentiel de la Ve République, ainsi que la personnalisation des campagnes électorales qui en découlent, s’entendraient pour reconnaître qui était le mieux placé pour incarner ce programme dans ce système à bout de souffle.

Je voulais une addition d’intelligences.

Je voulais, c’est bête à dire aujourd’hui, que la gauche gagne.

Nous sommes des millions à ne pas être fans de vous, des millions à vous trouver des qualités indéniables à l’un comme à l’autre, et c’est difficile de ne pas être fan, c’est beaucoup plus pratique intellectuellement de projeter tous ses espoirs sur quelqu’un.

Je ne vais pas faire ici l’inventaire de ce qui ne me plaît pas chez l’un et chez l’autre, d’autant que, par miracle, une chose était différente cette fois-ci, et cette chose, j’étais venu modestement te la dire, cher Jean-Luc, en direct et en face sur France 2 : pour la première fois, dans l’histoire de la Ve République, deux grandes forces de gauche avaient placé l’écologie au centre de leur programme.

Les urgences écologiques étant criantes, hurlantes même, j’espérais que celles-ci vous imposeraient de faire front commun. Après tout, l’imminence d’un danger qui menace une collectivité unit, en principe, les membres de cette collectivité pour le combattre, qui que nous soyons et quelles que soient nos divisions, l’histoire nous l’a prouvé à maintes reprises : Valmy, la Résistance, la demi-finale France Allemagne en 1982, etc… mais cela, ce n’est que le bon sens et visiblement le bon sens en politique passe après les poitrines bombées et les mentons relevés.

Il va falloir expliquer aux gosses que la lutte contre la pollution et le combat contre des choix de société contre nature attendront au moins encore cinq ans, qu’il y avait visiblement une urgence plus impérieuse encore, mais cette urgence-là, je vous laisse le soin de l’expliquer à nos enfants, chers Benoît et Jean-Luc.

Maintenant que c’est fini pour la gauche, il reste un second tour. L’extrême droite est là, à un scrutin de l’Elysée, comme en 2002, sauf qu’en 2002 nous étions abasourdis, choqués et dans la rue pour faire front commun, c’était au temps où le sentiment du danger commun nous regroupait encore.

Dimanche soir, j’ai vu Benoît appeler à faire barrage au Front national sans ambiguïté mais nous avons été des millions à constater que La France insoumise est mauvaise perdante : elle boude et fait la gueule et se retrouve incapable d’appeler à voter Macron, comme son leader délégué général avait appelé du temps où il était cadre sup au PS à voter Chirac. Pourtant, en termes de probité et de batterie de cuisine aux fesses, entre Chirac et Macron, il y a un monde.

Si la gauche avait été unie, la soirée de dimanche 23 avril n’aurait pas permis de montrer ce visage crispé de La France insoumise car, unie, la gauche aurait battu le Front national et nous aurions dansé et chanté place de la République jusqu’aux premières lueurs du jour…

Un point me questionne : si Marine Le Pen et Emmanuel Macron c’est pareil, blanc bonnet et bonnet blanc comme disent les anciens, alors que dire de vous deux ? C’est de la gémellité ? Deux clones tristes? Alors pourquoi ne vous êtes-vous pas unis pour le premier tour ? Vous si proches ?

Encore une interrogation pour vous Jean-Luc, ça fait quoi de voir ses électeurs dragués par l’extrême droite ? C’est le plan B européen qui se met en marche ?

Je vous salue du fin fond de ma déception et de mon absence totale d’autosatisfaction d’avoir eu raison.

Philippe Torreton