30 juillet 1914 dernier meeting contre la guerre, à Bruxelles, « réunion de la dernière chance » du Bureau Socialiste International

Il en existe un extraordinaire récit romancé dans « L’été 14″ de Roger Martin du Gard.
Parmi les orateurs, Jean Jaurès le « réformiste » et Rosa Luxembourg la « révolutionnaire ». Deux vieux adversaires et complices qui se comprenaient intuitivement – traditionnellement elle traduisait en allemand les discours de Jaurès aux congrès internationaux.
Quand vint le tour de parler de Rosa Luxembourg, pour la première fois de sa vie, aucun son ne pouvait sortir de son gosier. Extinction complète de voix.
Nous devons comprendre cette extinction. Dans la journée, à la réunion du BSI, la social-démocratie autrichienne avait donné le ton: la guerre va passer,nous ne l’empêcherons pas. La réunion de la dernière chance devenait la réunion de l’impuissance. Seule la social-démocratie polonaise et lituanienne, celle de Rosa Luxembourg, avec le PPS-aile gauche et le Bund, appellera à la grève générale qui sera balayée sous les mouvements de troupes, de même que les seules grèves anti-guerre à l’entrée en guerre auront lieu à Dublin et Cork à l’appel des syndicats de dockers et de marins liés à James Connoly et Jim Larkin.
Rosa Luxembourg a devant elle des milliers d’auditeurs prolétaires, socialistes, belges et venus de toute l’Europe, qui attendent ses paroles, passionnés.
Elle ne peut pas leur donner ce qu’ils attendent, elle ne peut pas leur dire : « par l’action commune, par la grève générale, par la révolution, nous allons tous ensemble empêcher la guerre et faire la paix entre les humains ».
Elle ne le peut pas, parce qu’elle sait que ce n’est pas vrai, que cela n’aura pas lieu, alors que c’est ce qu’ils voudraient entendre.
Mais elle ne peut pas non plus leur dire ce qu’elle sait, la vérité : « la guerre va avoir lieu, nous allons périr par millions, la barbarie va déferler et peut-être alors la révolution, dans quelques années, mais enlaidie, marquée, frappée par le grand carnage, surviendra pour y mettre fin. Préparons-nous, dans les tranchées, à l’arrière, dans les usines, aux champs, préparons nous au pire, pour tenir, pour une révolution qui ne sera pas celle que nous souhaitions, celle pour faire advenir les temps meilleurs, mais celle pour éviter la mort et sauver ce qui restera à sauver. »
Comment pourrait-elle leur dire une chose pareille ?
Alors, elle est aphone, bloquée. Tout le monde la regarde, inquiets, consternés. Alors, de la tribune, Jaurès, énorme, grandiose, vient lui poser ses grosses mains sur les épaules, il l’étreint, la présente à la salle et appelle à applaudir la « citoyenne Rosa Luxembourg déjà condamnée à la prison en Allemagne pour avoir combattu la guerre qui vient », il salue « la grande révolutionnaire ». Ovation, et Jaurès prend le relais, trouvant les mots chantants qui illuminent la foule sans l’illusionner mais sans la démoraliser non plus.
Le lendemain en fin d’après-midi, Jaurés était assassiné par un détraqué excité à la lecture de l’Action Française. Première victime de la grande guerre.
Quatre ans et demi plus tard Rosa Luxembourg avec Karl Liebknecht étaient assassinés par une bande de détraqués annonçant les bandes nazies, nées de la guerre.
N’oublions jamais.

Vincent Presumey

 

Macron prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l’histoire de notre pays. Du jamais vu.

La mort du salaire brut

 

Macron prépare la plus terrible attaque contre nos salaires de toute l’histoire de notre pays. Du jamais vu.

Il va supprimer le salaire brut.

Les grands médias des 9 milliardaires font mine de nier ou déforment la réalité : comme si seul comptait le salaire net en bas de la feuille de paie.

Mais non, c’est le salaire brut qui compte !

Réexpliquons le à nos concitoyens car le pouvoir cherche à supprimer les feuilles de paie papier et à les « simplifier » pour pas qu’on voit la manœuvre.

Le salaire net c’est pour payer la force de travail.

Le salaire brut c’est pour payer la reproduction de la force de travail.

Le salaire net on vit avec au mois le mois

Le salaire brut on vit avec tout au long de la vie.

Le salaire net vous permet de consommer et de vivre quotidiennement.

Le salaire brut vous permet de faire face à tous les aléas de la vie, quand vous avez besoin de logement, quand vous êtes en charge de famille, quand vous êtes malades, quand vous avez un accident du travail ou une maladie professionnelle, quand vous êtes au chômage, et quand vous êtes en retraite.

Les cotisations ne sont pas des impôts, elles sont obligatoirement pré affectées à ce pourquoi elles sont collectées, elles ne vont pas aux caisses publiques, car les différentes  caisses de Sécurité sociale sont de droit privé (et devraient être gérées par les cotisants, les représentants des salariés normalement élus comme cela l’était à l’origine de la « Sécu ». Allez revoir le film « La sociale » de Gilles Perret).

Le salaire brut ce n’est pas une « charge » comme ils le disent, c’est un bonheur.

C’est une partie du salaire mutualisée et redistribuée à chacun selon ses besoins, c’est ce qu’il y a de plus beau dans notre pays.

Le salaire brut vous est redonné en « temps différé » quand vous êtes malades, en « temps indirect » pour le logement, mais aussi en « temps réel » quand vous êtes en retraite (car dans ce cas il va en direct, de ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite, la retraite par répartition n’est pas une épargne !).

C’est le capital, l’actionnaire, l’employeur qui paient votre protection sociale, le salaire brut, chaque mois, en même temps que votre salaire.

Macron a déjà supprimé les cotisations familiales, il a baissé les cotisations parfois jusqu’à 1,6 ou 1,9 fois le smic.  Là, il supprime et remplace tout par l’impôt.

C’est vous, par vos impôts, qui paierez dorénavant à la place de votre patron. Un hold up de 470 milliards contre vous ! Un cadeau géant de 470 milliards pour le Medef.

Pour tenter de masquer ça, ils vont augmenter de quelques euros votre salaire net mais baisser de centaines d’euros votre salaire brut.

Ils baissent le haut de la feuille de paie en faisant croire qu’ils augmentent le bas de celle-ci. C’est un coup de bonneteau.

Et c’est pourquoi Macron diffère le prélèvement de l’impôt à la source prévu fin janvier 2018, purement pour manipuler, cacher cette énorme arnaque.

 

Gérard Filoche

 

 

L’insécurité du salarié

Comment lutter contre l’insécurité d’un salarié face à un patron voyou ?

 

Chaque année seulement 180 000 salariés saisissent les prud’hommes. 1 % des 18 millions de salariés parviennent à agir pour défendre leurs droits. C’est encore trop pour Macron.

Prenez cet exemple d’un petit patron de pizzeria de six salariés qui cesse de les payer pendant plusieurs mois en prétextant des difficultés, fait trainer toutes les créances, puis disparaît. Comment résister à un patron voyou de ce type ? Il faut d’abord que les salariés saisissent et paient un avocat, (5000 euros pour toute la procédure ?) car il y a peu de chances de trouver un défenseur syndical bénévole disponible pour la longue procédure qui va suivre.

Il faut saisir le tribunal des prud’hommes en référé pour non paiement des salaires. Même en référé, il va falloir deux mois au moins, sans oublier les vacances judiciaires.

Il faudra faire prendre acte de la rupture unilatérale des contrats de travail.

Il faudra saisir le tribunal d’instance pour aboutir à une liquidation judiciaire de l’entreprise.

Puis il faudra obtenir le paiement des salaires par les AGS, organisme de garantie des salaires. Pour obtenir d’éventuelles réparations, frais, indemnités de dédommagements, combien faudra t il de temps ? Et qui les paiera à l’arrivée, s’il y a plafond aux AGS comme il y aura plafond aux prud’hommes ?

Ces six salariés ne connaissant rien à la procédure, pour eux tous ces mots, prud’hommes, référé, tribunal d’instance, liquidation judiciaire, AGS, c’est du charabia. Ils sont déjà à courir après un autre salaire pour survivre, et presque découragés de rentrer dans leurs droits élémentaires. Même pour s’inscrire au Pole emploi, ils ne disposent pas des documents nécessaires.

Entre six mois et un an de leur vie vont se transformer en un terrible cauchemar de survie : tout va basculer, ils peuvent perdre leur famille, leur logement, sans secours suffisants pour obtenir des prêts ou des aides sociales. Le patron parti à l’étranger, s’étant rendu insolvable, est insaisissable.

L’actuelle mode Macron, c’est le culte des entreprises et des entrepreneurs. Il ne se préoccupe pas de ces 70 000 entreprises qui ferment ainsi chaque année (70 000 se créent aussi souvent éphémères). Ou plutôt si ! Dans un des 508 articles de la loi Macron du 9 août 2015, il a été prévu qu’en cas de liquidation judiciaire d’entreprise, le patron ne perde pas ses biens personnels, sa résidence principale : louable attention !

Mais qu’en est il de résidence principale achetée à crédit du salarié licencié ? Qu’en est il de la peur d’être licencié et d’être ainsi victime d’un escroquerie patronale ? Là, Macron n’invente pas de procédure ni de garantie rapide pour ces 6 salariés livrés à eux-mêmes.

Tout est là : casser le code du travail pour les gens qui ne sont rien, et construire des protections pour les gens qui ont tout.

Gérard Filoche

(lire la chronique « au boulot » chaque semaine dans l’Humanité-Dimanche)

Pour un salaire maxima limité à 20 fois le Smic

La « peste noire », arrivée en Angleterre, en août 1348, anéantit en 14 mois un tiers de la population. La valeur de la main d’œuvre monta tandis que celle du capital baissait. L’augmentation des salaires ruraux fut estimée à 48 %. La « gentry » ne le supporta pas.  Le roi Edouard III publia, le 18 juin 1350, une sorte de « code du travail » contre « la malice des servants ». « Toute personne, homme ou femme, âgée de moins de soixante  ans, qui n’a aucune occupation définie, aucune fortune particulière,  aucune possession foncière, devra travailler quand elle en sera requise, et accepter les gages usités en 1346 ou dans les cinq ou six années précédentes, sous peine de prison ». « Les selliers, pelletiers, corroyeurs, cordonniers, tailleurs, charpentiers, maçons, tuiliers, bateliers, charretiers et tous les artisans et  ouvriers ne doivent demander que les gages de 1346, sous peine de  prison ». Les salaires des manants furent bloqués par la terreur. Pas de « concurrence libre et non faussée ». Peine de mort pour celui d’en bas qui réclame un trop haut salaire en temps de crise ! Quand le travail menaça de coûter plus cher que le capital, le capital lui imposa un salaire maxima. L’inverse se fait encore attendre.

Au XXI° siècle, deux fléaux sont la spéculation bancaire et le chômage de masse. Deux redoutables pestes noires. Une bulle monétaire de 700 000 milliards d’euros. 202 millions de chômeurs, 11,09 % dans la zone euro. 878 millions d’humains souffrent de la faim. Alors que 3 hommes à eux seuls, possèdent plus que les 48 pays les plus pauvres. 1 426 milliardaires en février 2013. Un record. Leur fortune s’établit à 4 145 milliards d’euros en hausse de 17 %, 2 fois le PIB de la France.  Une telle disparité de richesses, c’est une forme de barbarie. Il y a forcément crime économique derrière pareille inégalité. C’est le cas en France où 500 premières familles ont gagné 271 milliards en 2011 presqu’autant que le budget de l’Etat. 10 % des habitants possèdent 50 % du patrimoine alors que 10 % du bas de l’échelle n’en possèdent que 1 %.

En France, le creux de la « crise des subprimes » est totalement effacé et les profits du CAC 40 ont explosé au détriment des salaires : 80,373 milliards d’euros, plus de 70 % par rapport à 2009 et 56 milliards de dividendes sont distribués à leurs actionnaires, record absolu de l’histoire de France

Sortez la crise de votre tête : jamais la France n’a été aussi riche et les richesses aussi mal redistribuées.

Si l’on prend la richesse moyenne par adulte, la France est 5° devant les Etats-Unis 7°. Elle est la 1iere nation européenne (4e rang au monde avec 12 100 milliards de dollars) devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Elle a davantage de milliardaires que le reste de l’Europe : 78. Elle est le troisième pays importateur de capitaux, et le pays le plus productif en taux horaire au monde. Les quatre plus grandes banques du pays ont 8000 milliards d’actif. Il y a 600 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux (Offshorleaks). Les 58 multinationales « évadent » 100 milliards au Luxembourg (Luxleaks) et ne paient quasiment pas d’impôt en France. Il existe 80 milliards de fraude fiscale et le pouvoir Macron refuse de lutter contre, de faire « sauter le verrou de bercy » qui les protège.

Les 100 Français les plus riches avec 2,8 milliards d’euros, ont gagné en un an ce qu’un salarié gagnerait en 1,3 millénaire ou 300 vies de labeur. Les 500 premieres familles disposent de 460 milliards, une fois et demi le budget de l’état. Il y a 2,2 millions de millionnaires en France soit 9 % du total mondial. La rémunération totale des présidents du CAC 40 atteint 3,06 millions d’euros en moyenne en 2009 soit 190 fois le Smic annuel. Les patrons s’augmentent bon an mal an 10 à 100 fois plus que leurs salariés. Carlos Tavares PSA et Carlos Ghosn Renault se paient 600 Smic et n’en n’ont pas assez, ils traficotent leurs actions pour gagner plus. Idem a Airbus ou les actionnaires trichent pour s’augmenter davantage.

La fameuse « crise des subprimes » n’a nui qu’aux salariés et profité qu’aux puissants. Selon le directeur du Bureau international du travail, Juan Somavia la croissance des salaires a été amputée de 50 % : « La récession n’a pas seulement été une catastrophe pour les millions de personnes qui ont perdu leur emploi, elle a aussi affecté les salaires de ceux qui l’ont conservé ». « La stagnation des salaires fut un important élément déclencheur de la crise, elle continue d’affaiblir la reprise ».

Le Smic horaire en France a été bloqué depuis 10 ans, 5 ans sous Sarkozy, 5 ans sous Hollande, il est de 1153 euros net. 9 millions de nos concitoyens ont moins de 900 euros. Le salaire médian est de 1700 euros. 95 % des salaires sont inférieurs à 3200 euros.

Et l’on ne pourrait pas fixer un plafond de revenu limité à 20 fois le Smic ? et l’on ne pourrait pas, du coup, augmenter massivement les salaires de ceux qui produisent vraiment les richesses soit 93 % de la population active ? Il ne serait pas juste de revendiquer un Smic à 1800 euros ?

 

 

 

CN PS 8 juillet : Cambadelis démissionnaire impose une direction provisoire, droitière, ni collégiale, ni efficace, ni légitime

Si l’on avait voulu un compromis provisoire digne, il  aurait fallu un collège resserré de moins de 10 personnes, au moins 5 de la gauche du parti choisis par la gauche du parti et représentant toutes ses sensibilités, et 5 choisis de même par la droite et le centre du parti qui avaient soutenu la politique du quinquennat sortant.

Cela aurait indiqué au moins une prise de conscience, et une ouverture à un changement de cap.

Là non, sur 28 membres, il y a 3 membres de la motion B c’est à dire de la gauche socialiste rassemblée au congrès de Poitiers, cette motion faisait 30 % des voix, là elle compte pour  10 %. Comme si la sanction des événements était de renforcer  les adulateurs de tout ce qui a fait plonger le parti dans la catastrophe historique où il est.  Un des porte-paroles choisi espérait jusqu’au bout aller au gouvernement et gobait tout de façon adulatrice, quatre sont des anciens ministres qui ont tout couvert jusqu’au dernier jour, les autres ont combattu la gauche en défendant la scélérate loi El Khomri. Pourquoi en rajouter à ce point-là ?

 


Dans cette salle du CN de l’ex PLM St-Jacques, on a vu des CN qui rassemblaient près de 400 personnes, là, il y en avait, ce dimanche 8 juillet,  90, et seulement 60 ont voté pour cette scandaleuse « direction », ça ne peut pas marcher comme cela, il faut que les militants s’en emparent, si c’est encore possible, soient consultés, votent pour un premier secrétaire provisoire jusqu’à un congrès rapproché.

On vérifie à ce CN qu’il n’y a même pas un début d’effort de lucidité consensuelle à la direction sortante pour essayer de sauver le parti en redressant la barre, ils osent continuer à dire que si on a perdu « c’est la faute aux frondeurs »  (pas un frondeur a la direction provisoire) et « à la gauche du parti qui n’a pas été loyale » ! (Doit on encore leur dire que ce n’est pas à cause de la division du parti mais a cause de la politique suivie que tout a été perdu ? Que la chronologie est claire, la mauvaise politique a précédé la défaite aux élections qui elle même a précédé la « fronde » laquelle a été trop tardive et pas assez ferme pour empêcher le désastre et sauver la gauche et le parti ? )

Ils ne tirent aucun bilan, ils nous enfoncent et ne combattent même pas Macron correctement : certes officiellement le PS est « dans l’opposition », mais seulement 5 députes sur 29 ont voté CONTRE la motion de confiance à la droite Edouard Philippe.

On ne peut pas dire que les 21 députés qui se sont « abstenus », et les 3 qui ont voté « pour », en dépit de la position de leur propre parti, ne savaient pas quelle était la nature réactionnaire très à droite de la politique économique anti sociale qui va être mise en œuvre par le gouvernement Edouard Philippe-Macron. .

 

Hélas, au moment du vote, dans ce CN, la gauche du parti s’est divisée, s’il y a eu 10 voix contre et 20 abstentions :  on ne peut que regretter les conditions dans lesquelles trois des nôtres ont été associés à cette direction scandaleuse et l’ont accepté. D’abord, ils ont accepté que ce soit Cambadelis qui choisisse qui d’entre nous y participait ce qui est sans principe et odieux. Ensuite, après avoir combattu seulement sur le fait que des « amis de Hamon » puissent y être (dans ce cas, le seul Régis Juanico) ils nous ont enfermé dans un piège absurde : Cambadelis affirmait qu’il y avait une symétrie entre les « amis de Macron » et les « amis de Hamon » et que ni l’un  ni l’autre ne devaient donc être au PS encore moins à sa direction. C’était nier que dans un cas, il s’agissait d’une clarification élémentaire, sans hésitation, de camp et de classe, contre la droite Macron. Dans l’autre, il s’agissait d’une question, certes très délicate, d’unité de la gauche à laquelle le parti devait trouver une solution au moins habile. Certes Hamon a décidé seul et dans des conditions inconnues pour nous de quitter le PS, ce n’est pas le choix, à ce stade de la grande majorité de la gauche du parti, tant que tous les combats politiques collectifs n’ont pas été démocratiquement menés à leur terme.

Alors,  en acceptant de façon « conciliabulesque », la présence de Régis Juanico « ami de Hamon », Cambadelis en « conte partie » imposa une « charte de loyauté » comme s’il fallait séparer le loyal Juanico du déloyal Hamon.

A notre surprise à  nous, D&S,  tout cela a été accepté par les autres représentants de la gauche, qui pourtant, en privé, disent s’interroger sur le sens de tout cela.  Nous leur disons qu’ils ne se sont pas correctement comportés et le leur reprochons. La candidature de Gérard Filoche avait été déposée, il n’a même pas été possible d’en discuter, ni démocratie, ni reconnaissance, alors que le Parti, s’il ne fait pas le choix d’une orientation à la Corbyn sera soumis au sort du Pasok. Nous avons donc compté parmi les 17 qui ont voté contre, et 20 de plus se sont abstenus sans doute à demi satisfaits de la vraie fausse concession de Cambadelis et de cette « direction » antidémocratiquement scandaleuse.

Est-il encore possible de sauver quelque chose de ce marasme un peu terrifiant ?  Nous sommes du genre à mener les combats jusqu’au bout, pas à moitié. S’il y a une chance d’aboutir, c’est en ne reconnaissant pas cette direction pseudo collégiale, qui n’est ni statutaire, ni efficace.

S’il y a encore une chance c’est de donner la parole aux militants, ce sont eux la seule et unique chance, par l’application des statuts, l’élection d’un secrétaire provisoire, la tenue d’un congrès rapproché. Nous le dirons au BN qui est maintenu, Nous en appelons aux militants. Et nous le disons au reste de la gauche socialiste, nous n’avons pas d’objection à des compromis, mais jamais de ce type, là c’est honteux.

 

 

 

La direction provisoire paritaire est composée de 16 membres (en fait de 28 personnes) :

8 femmes :

- Nadège AZZAZ

- Ericka BAREIGTS

- Carole DELGA

- Frédérique ESPAGNAC

- Nathalie KOENDERS

- Valérie RABAULT

- Laurence ROSSIGNOL

- Isabelle THIS SAINT-JEAN

8 hommes :

- Guillaume BACHELAY

- Luc CARVOUNAS

- Matthias FEKL

- Régis JUANICO

- Jean-Marc GERMAIN

- François KALFON

- Emmanuel MAUREL

- Rachid TEMAL

La direction provisoire est assistée du Trésorier du Parti, Jean-François DEBAT, ainsi que par trois collectifs :

Coordination des élu-e-s :

- Olivier FAURE (Président du Groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale)

- François REBSAMEN (Président de la FNESR)

- Christine REVAULT D’ALLONNES – BONNEFOY (Présidente de la DSF)

- En raison du renouvellement sénatorial, le/la prochain-e président-e du groupe socialiste au Sénat

Coordination des territoires :

- Hussein BOURGI

- Emmanuel GREGOIRE

- Mathieu KLEIN

- Pernelle RICHARDOT

Porte-parolat :

- Karim BOUAMRANE

- Sébastien DENAJA

- Julien DRAY

- Estelle GRELIER

La direction provisoire nommera des chargé-e-s de mission pour des tâches précises tout en veillant à ce que les secrétaires nationaux poursuivent leurs actions.

Les instances du Parti socialiste, dont le Bureau national, restent en place et suivront les travaux de la direction provisoire.

 

Est-ce que le code du travail a un effet sur l’emploi ?

Oui. Mais pas dans le sens où ils l’entendent.

L’INSEE a interroge 10 000 chefs d’entreprise. Seulement 18 % de ces patrons disent que le Code du travail est une barrière à l’embauche. Alors pourquoi Macron et le Medef veulent ils déréguler en priorité le code du travail ? Ce n’est pas pour l’emploi.

En quoi le code du travail a il un « effet emploi » ? 3 % des entreprises ont plus de 50 salariés, et il n’y a des comités d’entreprises, des CHSCT, des délégués syndicaux, que dans moins de la moitié de celles-ci. Sur 1,2 million d’entreprises,  il n’en existe que 44 000 qui ont un CHSCT : en quoi ça gêne l’emploi ?

Le droit à des délégués du personnel n’existe que dans les entreprises de plus de 11 salariés : seulement 20 % en ont. Un million d’entreprises de 1 à 10 salariés n’ont aucune institution représentative du personnel : en Allemagne, les délégués, c’est à partir de 5.

Le licenciement est extrêmement facile contrairement à ce qu’on nous dit : il suffit d’avoir un motif réel et sérieux. C’est pour cela que seulement 180 000 salariés (sur 18 millions) se plaignent aux prud’hommes. Pourquoi protéger les 1 % de patrons délinquants qui licencient de façon abusive et plafonner les sanctions qui les frappent légitimement ?

Porter le seuil de déclenchement d’un plan social à 30 licenciés au lieu de 10, ça ne sert qu’à faciliter le chômage : les patrons vont faire des « paquets » de 29 licenciés. Ca augmentera leurs marges sans qu’ils soient obligés de partager leurs gains de productivité.

En fait, Macron veut enlever les clapets, les freins, les droits qui empêchent les grandes entreprises de siphonner davantage les salaires afin d’augmenter leurs marges. Ses ordonnances, c’est pour abaisser les moyens juridiques de résistance et de protection des salariés et augmenter les dividendes.

En fait, c’est quand on renforce le code du travail et qu’on le contrôle qu’on crée de l’emploi. Il existe un milliard d’heures supplémentaires dissimulées, et c’est l’équivalent de 600 000 emplois. Fillon expliquait qu’en passant de 35 à 39 h, cela supprimait  500 000 emplois de fonctionnaires. Donc, en passant  de 35 h à 30 h on aurait fait 500 000 chômeurs de moins.

Exemple pratique : le patron d’une entreprise de nettoyage impose 250 h indues aux salariés au lieu de 151 h 66. Si l’inspection du travail dispose des moyens suffisants de contrôle et de sanction pour lui faire respecter les 35 h et les heures supplémentaires majorées, il est obligé d’embaucher 45 salariés simplement pour tenir ses chantiers. Plus les droits sont précis, contrôlés, respectés, plus le travail est partagé et, c’est facile à comprendre, plus il y a d’emplois.

Par contre, la flexibilité est l’ennemie de l’emploi, elle fait travailler plus longtemps en étant payés moins, ceux qui ont déjà un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas. Macron ce n’est pas le maitre des horloges, c’est le maître du chômage de masse et des petits boulots.

 

 

Appel à toute la gauche

Montreuil, le 25 juin 2017 

À tou-te-s les député-e-s qui voteront contre la confiance le 4 juillet,
À celles et ceux qui sont ou non élu-e-s,
À tou-te-s les militant-e-s de la gauche politique, écologiste, associative, sociale, féministe, anti-raciste, encarté-e-s ou non, Aux syndicalistes et aux militant-e-s des organisations de jeunesse, des organisations au service des droits,
À toutes celles et à tous ceux qui se battent pour l’émancipation individuelle et collective au quotidien,
À toutes et à tous,

Lettre ouverte à toute la gauche

Maintenant, il faut construire notre unité

La séquence électorale qui vient de s’achever solde le bilan catastrophique du quinquennat de Hollande. Aujourd’hui, face à la majorité absolue de La République en marche (LRM) et au faible nombre de députés de gauche, il s’agit de reconstruire la gauche !

Une alternative majoritaire est nécessaire et indispensable. Elle doit intégrer toutes les sensibilités et répondre aux urgences sociales, écologistes, démocratiques ainsi qu’aux enjeux sociaux, économiques, démocratiques européens.

Rien ne sera possible sans la volonté de regrouper toutes celles et tous ceux qui partagent l’essentiel.

Nous proposons d’engager le regroupement de toutes les forces disponibles, courants ou individus au sein de collectifs communs non cartellisés dans les villes et départements (comme au plan national).

Nous proposons d’engager une dynamique vertueuse et de montrer la voie du rassemblement possible de toute la gauche écologiste, sociale, insoumise.

La question de l’unité de la gauche est une question centrale.

Elle ne peut se réaliser que sur la base d’orientations partagées qui tournent le dos à la politique du gouvernement néo-libéral Macron-Philippe ou des gouvernements précédents.

Il ne peut y avoir de neutralité, d’abstention positive face à ce gouvernement.

Les bilans des expériences précédentes doivent être tirés. Ils ne constituent pas un préalable, mais la nécessité de cadres ouverts doit être prise en compte pour la construction d’une offre politique nouvelle.

Ouvrir la perspective d’une coalition de la gauche démocratique, sociale, écologiste.

Pour que cette création soit rendue possible, il faut :

- Un engagement des principaux courants de la gauche et de l’écologie opposés à Macron. Cet enga- gement n’est possible, en l’état, que si chaque force a des garanties de maintien de son indépendance.

Ce serait un premier pas vers la constitution d’une fédération rose-rouge-verte. Pour que cette coalition puisse devenir le cadre de recomposition, il faut :
- Une déclinaison locale de ladite coalition

- Une politique unitaire permettant de mener des batailles politiques en commun et d’élargir la coalition

- La possibilité d’adhésions directes à cette coalition

À défaut de gagner la bataille pour une coalition de toute la gauche démocratique, écologiste, sociale, c’est un autre paysage qui peut se constituer fait de confusion, de divisions et de nouvelles défaites. Nous n’avons pas le droit de prendre ce risque. Nous devons avancer pour bâtir l’outil nécessaire à des avancées sociales, écologistes, démocratiques pour le salariat, la jeunesse, les retraités : c’est-à-dire pour l’écrasante majorité de la population.

Pour construire une dynamique unitaire, il y a besoin de mener des batailles politiques communes. Celles-ci peuvent prendre plusieurs formes et se mener sur différents fronts.

La première campagne commune tombe sous le sens : contre les ordonnances, nous appelons à construire une opposition majoritaire au projet de Macron.

Nous nous inscrivons pleinement dans les initiatives en cours : initiatives politiques, syndicales, associatives ou citoyennes. Toutes doivent converger pour permettre une issue positive.

Cette campagne contre les ordonnances et plus globalement contre le big-bang anti-social voulu par Macron s’engage maintenant. Le temps est compté. La mise en place de collectifs unitaires doit être rapide avec des échéances à proposer pour rythmer cette campagne : en juillet avant le vote de la loi d’habilitation, en septembre avec des réunions publiques, des meetings unitaires et une démarche participative qui pourrait déboucher sur une votation citoyenne.

Les questions des élections européennes comme des prochaines municipales vont structurer la vie politique et permettre de construire une alternative majoritaire à gauche.

Avec toutes les forces qui le souhaitent, nous proposons de préparer ces batailles dès maintenant.

Les élections européennes de 2019 peuvent être un facteur de division renouvelée.
Elles peuvent aussi permettre de construire une large coalition. La politique du gouvernement soutenant les recommandations de la Commission européenne (réformes structurelles, baisse des dé cits…) peut constituer le champ d’une campagne unitaire pour une autre Europe anti-austéritaire ayant le social au cœur, combattant la pauvreté partout où elle s’est développée.

Quant aux municipales, des contacts peuvent être pris localement pour reconquérir les municipalités passées à droite en 2014 ou conserver celles qui sont dirigées par la gauche. À ce titre, il sera nécessaire de constituer des listes de l’alternative de gauche en lien avec les quartiers populaires et sur la base de projets co-construits en termes de mesures sur les questions sociales et environnementales.

Voilà trois axes de batailles politiques communes qui permettent de construire, dans l’action concrète, une force nouvelle tout en débattant des solutions et des moyens à mettre en œuvre pour une politique alternative.

Débattons, dès maintenant, ensemble des conditions et moyens pour engager ce processus.

A toutes et tous, nous adressons nos chaleureuses salutations avec l’espoir de nous retrouver prochainement dans nos villes, nos campagnes, nos banlieues comme au plan national.

Pour le Conseil national de la Gauche Démocratique & Sociale

Gérard Filoche, Jean-Yves Lalanne, Claude Touchefeu

 

Cette lettre ouverte est notamment adressée à :

Clémentine Autain, André Chassaigne, Eric Coquerel, David Cormand, Alain Coulombel, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Lucien Jallamion, Pierre Laurent, Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Claude Mamet, Myriam Martin, Emmanuel Maurel, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Christian Paul, Jean-François Pélissier, Christine Poupin, Philippe Poutou, François Ruffin, Danielle Simmonet, Marie-Christine Vergiat, Marie-Pierre Vieu…

GAUCHE DÉMOCRATIQUE & SOCIALE

Adresse nationale : GD, 4 Bvd Pierre Jannon 42 400 Saint-Chamond

 

 

 

 

 

Macron ordonne : de CDI et CDD en contrats de chantiers, de mission, de projets, de tâches

Une salariée a enchaîné 1117 CDD en 12 ans dans le Nord : elle a travaillé entre le 1er janvier 2002 et le 20 février 2014 pour la Caisse autonome nationale de la Sécurité Sociale des mines et a signé un peu plus de 90 contrats par an. Selon la Voix du Nord :  »Je prenais un poste à 21 h et j’enchaînais à 6 h »  « Je faisais des journées aussi bien que des nuits, comme agent de service hospitalier. D’abord, j’ai fait le ménage. Ensuite, j’ai été veilleuse de nuit puis j’ai soigné des patients. Parfois je prenais un poste à 21 h et j’enchaînais avec un autre qui commençait à 6 h. Une fois, j’ai même fait 3 semaines sans une seule journée de repos. »

 

C’est un record. Mais on sait que ce n’est pas la première fois. Il y a des dizaines de milliers de cas. Les patrons voyous privés et publics  abusent de la précarité.

 

Joël Collado, célèbre présentateur de la météo sur France inter et France info, a été « viré » fin 2015 après 21 ans de bulletins météo en CDD : il avait signé 215 contrats de travail depuis 1995. Il a fallu qu’il aille aux prud’hommes pour requalifier cette relation de travail « en contrat à durée indéterminée » avec   »licenciement sans cause réelle et sérieuse », selon le jugement prononcé fin avril 2017.  Il a obtenu la requalification en CDI de ses contrats avec Radio France et le versement de 36.000 euros, notamment sous la forme d’une indemnité de licenciement conventionnelle, d’une indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse, de dommages et intérêts pour préjudice moral, et de frais de procédure. (Macron veut plafonner ces indemnités légales infligées dans ces cas là).

 

Hollande, Valls, El Khomri et Macron avaient déjà permis la mise en œuvre de 3 CDD successifs en juin 2015. Ce qui frappait surtout les jeunes.

 

Mais les nouvelles ordonnances Macron vont légaliser cette délinquance patronale bien au delà et accroitre la précarité de ce type : le gouvernement compte assouplir, par convention ou accord collectif de branche, les CDD et l’intérim. Pourraient ainsi être négociés sans encadrement légal  les motifs de recours en emploi précaire, leur durée et leur succession sur un même poste ou avec le même salarié.

 

Les accords collectifs qui autorisent le recours au travail de nuit seraient aussi sécurisés, de même que le prêt de main-d’œuvre à but non lucratif « entre un groupe ou une entreprise et une jeune entreprise ». L’élargissement du recours aux CDI de projet, conclus « pour la durée d’un chantier » (actuellement réservés au BTP). Ces contrats pourraient être conclus « par accord de branche ou, à défaut, à titre expérimental ». Ce serait des CDD sans autre limite que le bon vouloir du patron qui définirait à sa convenance le moment de la « fin du chantier » de la « tâche » ou de « la mission ». Il n’y aurait même plus de terme précis pour interrompre le contrat, ni de procédure, le patron dirait « la tâche est finie ».

 

 

 

 

Adieu à la feuille de paie ?

 

Ils suppriment la feuille de paie papier pour une version électronique. En même temps ils veulent la « simplifier » au point qu’on ne verrait plus le salaire brut, ni le détail décisif des différentes cotisations pré affectées que nous mutualisons dans nos caisses sociales.

Que vise ce double souci affiché de progrès ou de simplification ? Pourquoi un bulletin informatisé devrait il être en même temps simplifié ? Est ce vraiment pour aider les entreprises ou embrouiller les salariés ?

Macron s’est engagé dans une manœuvre géante en vue des mois de janvier 2018 et 2019, pour modifier à la fois nos salaires, bruts et nets, nos cotisations et nos impôts.

Voilà un changement « technique » mis en œuvre bien opportunément par ceux qui ont intérêt à obscurcir nos moyens de contrôler la façon dont nos employeurs nous paient, dont nous cotisons à notre Sécu d’une part et dont l’impôt est prélevé par l’état d’autre part.

 

Les lois Sapin, Macron, El Khomri ont autorisé la dématérialisation de la feuille de paie… « sauf si le salarié refuse individuellement » et exige de recevoir une version papier. Qui utilisera ce droit ? Qui pourra l’imposer à son employeur ?

Un salarié sur 10 est déjà soumis à un bulletin de paie électronique. Comment sera assurée la sécurité de ces documents tellement essentiels, par exemple, pour le logement ou la retraite ?

26 % pensent déjà avoir perdu des bulletins de paie papier. Mais n’y a t il pas autant de risques pour l’informatique  que pour le papier ? Ceux qui ont un disque dur ou coffre fort virtuel sont 95 % à préférer le bulletin dématérialisé, mais 46 % n’ont pas de coffre-fort électronique ! 21 % ne veulent pas de bulletin dématérialisé, 5 % ne sont pas à l’aise avec les nouvelles technologies. 13 % ne sauront pas intégrer les anciens bulletins de paie dans un outil numérique et ni gérer une solution mixte. 45 % sont réticents à changer leurs habitudes et classent, mois après mois, leurs papiers dans un classeur ou toute autre solution non-numérique.

 

Le décret d’application paru au Journal Officiel décembre 2016 prévoit que « le salarié doit être informé 3 mois avant l’éventuelle fermeture d’un service en ligne, qu’il soit géré par l’employeur lui-même ou par un prestataire externe ». Combien, sur 25 millions de salariés concernés sauront récupérer les bulletins virtuels stockés ?

 

L’employeur est censé « garantir la disponibilité du bulletin de paie dématérialisé pendant 50 ans ou jusqu’aux 75 ans du salarié ». Bercy envisage déjà qu’on travaille 50 ans jusqu’à 75 ans ? Qui croit que ça marchera ? 70 000 entreprises disparaissent chaque année et autant se créent. Un million d’entreprises ont moins de 11 salariés et l’informatique y laisse à désirer.

 

Peut être vaut il mieux défendre encore nos bulletins de paie à la fois papier et bien détaillés ?

 

Gérard Filoche

 

 

 

Mon intervention au Conseil National du PS samedi 24 juin : s’abstenir face à Macron est indéfendable

Il faut, dans l’unité de toute la gauche,  combattre la politique anti-sociale de Macron :

Bonjour à toutes et à tous, bravo à la tribune,  franchement bravo, merci encore pour les conditions de mon intervention, merci vraiment, bien joué…

Bien. Vu les circonstances, je vais droit au fait sans fioriture : oui nous devons continuer au maximum à travailler ensemble pour reconstruire le parti socialiste, mais dans le bilan, le changement et la clarté. En votant contre la confiance au gouvernement Macron-Philippe. Sinon ce sera fini.

Nous devons « continuer à travailler ensemble » – pour répondre à la question posée expressément par Jean Christophe Cambadelis -  oui dans un grand parti de gauche, démocratique, socialiste, fonctionnant à la proportionnelle, avec des directions inclusives respectées.

Je ne réponds pas cela pas pour nous, pas pour celles et ceux qui sont dans cette salle, pas dans les « intérêts » des uns et des autres ici, pas pour les « élus » ni les « battus », pas pour l’appareil dirigeant du parti, mais pour les salariés, pour ceux qui souffrent dans le pays et vont souffrir encore plus de la politique anti sociale annoncée par la droite Macron. Il faut sauver le PS car s’il disparaît, c’est une défaite pour tous les salariés qui ont besoin d’un grand parti démocratique pluraliste social. Ce n’est pas un parti centraliste, plébiscitaire, vertical qu’il faut, mais une union de la gauche, un maillage des partis, syndicats, associations, dans les entreprises, bureaux, quartiers, territoires, rassemblant le maximum de sensibilités à gauche. A gauche, pas au centre, pas libéral.

Car nous ne sommes pas dans un « entre nous », nous sommes socialistes pas pour « occuper un espace » et défendre des places, mais pour défendre d’abord les salariés, le salariat, c’est à dire la majorité des exploités et des opprimés, de ceux, 93 % des actifs, la plus nombreuse, celle qui compte, ceux qui produisent l’essentiel  des richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. C’est notre base sociale.

Notre base sociale ce ne sont pas les prétendues CSP++ de Terra Nova, ni les « indépendants » auto entrepreneurs,  ni les chefs de start up, ni les traders, dits « classe moyenne », car avec eux ça ne fait jamais des majorités ! La majorité de notre base sociale, donc, ce sont ceux qui vendent leur force de travail, employés et ouvriers, c’est celle-là avec laquelle la politique droitière du quinquennat sortant nous a, hélas, fait rompre. Or sans répondre aux besoins et aspirations de cette base sociale, nous perdons et perdrons toutes les élections.

En 2012, les citoyens nous avaient tout donné : la présidence, le Sénat, l’Assemblée, 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, 61 départements sur 100. La politique du quinquennat nous a fait perdre sept élections de suite et conduit le parti socialiste et toute la gauche dans un désastre historique.

La division de la gauche qui en est résulté, faute d’accord entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon, a empêché l’occasion de sauver la seule chance encore possible de gagner la présidentielle. Puis la candidature Hamon a été ensuite affaiblie sciemment par  ceux du Parti socialiste qui l’ont sabotée en faveur de Macron. Si bien qu’un autre courant de gauche autour de Jean-Luc Mélenchon est passé devant porteur de divisions  nouvelles. Toute la gauche en paie le prix avec 71 députés sur 577. Et ce n’est pas fini, elle continuera d’en payer le prix, dans les luttes sociales, aux européennes et aux municipales si nous ne tirons pas les bilans nécessaires, si nous de clarifions pas le projet socialiste, si nous ne participons pas aux combats contre les projets scélérats du gouvernement Macron-Philippe.

 

Alors on nous dit que les bilans c’est pour plus tard.

Moi je souhaite que ce soit le plus tôt possible avec un congrès sur le fond Il faut éradiquer la politique qui nous a fait perdre.

Mais tout de suite, OK,  entrons dans l’opposition contre la « majorité présidentielle » et pour voter clairement contre la confiance a son gouvernement.

 

 

 

J’entends qu’il y en a qui défendraient l’abstention sur la confiance : sous prétexte d’attendre et voir. Mais c’est tout vu. On sait tout.

Macron c’est bien celui, sur la BBC, qui a félicité les Britanniques d’avoir « eu la chance d’avoir eu Margaret Thatcher ». Les grandes réformes de Macron, à part supprimer l’impôt sur la fortune, instaurer un CICE permanent pour les grandes entreprises, supprimer 120 000 fonctionnaires (alors que nous en manquons tellement !), Macron c’est la casse du code du travail et la baisse maxima du salaire brut.

Ils vont faire comment et dire quoi ceux qui veulent s’abstenir quand ils vont se trouver face aux ordonnances annoncées ?

Ils vont s’abstenir sur la mise en place  des referendums patronaux d’entreprises ?

 

 

Vont-ils s’abstenir sur les plans sociaux déclenchés à partir de 30 salariés au lieu de 10 salariés ? Vous savez ce que cela veut dire dans cette salle ? Jusqu’au présent le patronat faisait des licenciements par paquets de 9 pour ne pas avoir de responsabilités envers les salariés licenciés, là il va faire des « paquets de 29 », et ce sera des centaines de milliers de salariés virés sans la moindre aide, sans la moindre attention sociale.

Vont-ils s’abstenir sur la « barêmisation » des indemnités prud’hommes pour protéger les patrons délinquants et les licenciements abusifs ?  Vous le savez dans cette salle, cela veut dire un plafond pour protéger les patrons voyous et empêcher la justice pour les salariés qui en sont victimes. Alors que cela doit revenir a la décision des juges.

Vont ils s’abstenir sur les contrats de projets, de mission, de chantier réclamés depuis si longtemps par le Medef ? C’est à dire, vous le savez dans cette salle, la fin du CDI pour toutes et tous, le retour aux loueurs de bras à temps incertain, sauf pour les patrons qui décideront seules de la durée du contrat, les remplaceront comme ils veulent,  ne paieront plus de précarité, et mettront un terme aux contrats sans formalités sans motif, ni licenciements.

Vont ils s’abstenir sur le droit du licenciement ? car enfin il faut y revenir : faut il faciliter les licenciements ou contrôler les licenciements ? Ici vous avez tous vote au moins une fois pour le contrôle des licenciements, notre position traditionnelle, et puis le quinquennat a facilité les licenciements, allons nous nous abstenir ou revenir à une position de contrôle ?

Vont ils s’abstenir face au recul de l’état de droit dans les entreprises,  face au recul des négociations de branches, face aux négociations boutique par boutique, boite par boite, des droits des hommes et des femmes au travail ?  Vont ils s’abstenir dans le choix historique, théorique, pratique, juridique, entre soumettre les entreprises aux droits humains ou soumettre les droits humains aux entreprises ?

 

L’abstention est intenable face à la suppression des CHSCT. Déjà qu’il n’y en a que 44 000 dans 1,2 million d’entreprises, alors que le nombre d’accidents mortels du travail ré-augmente, alors que la souffrance au travail est de plus en plus grande.

Va t on continuer à s’opposer à une hausse du Smic ? Ne va t on pas réclamer une taxation des dividendes et une hausse des salaires, c’est à dire une redistribution des richesses entre capital et travail ?  Car de toute l’histoire de France, jamais le niveau des dividendes n’a été aussi élevé ! Ce qui va mieux en France au terme du quinquennat sortant, ce sont les riches, les multinationales, les 1000 entreprises qui produisent 50 % du PIB. Jamais leurs marges n’ont été aussi élevées. Mais pour autant ça ne « ruisselle » pas, au contraire, en haut, ils n’en ont jamais assez, ils siphonnent, ils pompent, car spéculer leur rapporte plus que d’embaucher, alors ils placent cela dans les paradis fiscaux et non pas dans l’emploi.

 

L’abstention est indéfendable face à la proposition de Macron de reporter d’un an, de janvier 2018 à 2019, le prélèvement de l’impôt à la source afin de masquer la suppression totale du salaire brut.

 

C’est une manipulation de millions de salaires pour baisser leurs salaires bruts en leur donnant l’illusion de quelques euros sur leur salaires nets.  Car Macron va décharger les actionnaires, le capital, les employeurs de l’obligation de payer la protection sociale de leurs salariés, salaire brut et super-brut. Il supprime des centaines d’euros de cotisations sociales payés jusque là par les employeurs (assurance maladie, chômage, retraite) afin de les faire payer à l’avenir par l’impôt, par nous toutes et tous. Notre modèle social, qui relève davantage de Bismarck que de Beveridge va devenir totalement Beveridge, anglo-saxon, et diminuer d’autant de moyens et d’efficacité. Cadeaux fabuleux fait au Medef contre les salariés.

 

Qui va s’abstenir en se disant socialiste, devant pareille contre révolution, qui va mettre mettre à bas, ce qui reste des « jours heureux » du programme du CNR, de la Résistance, de la seconde guerre mondiale ? On ne peut pas être socialiste et pour Macron. La ligne rouge est là. Et l’abstention ambiguë, c’est la prolongation assurée de la fin du Parti socialiste, des millions de nos lecteurs diront : « ils ne savent décidément pas tirer les leçons », ils « continuent d’être assis entre deux chaises », « on ne peut pas leur faire confiance davantage pour l’avenir » ! Nous repartirons pour cinq ans sans avoir la moindre chance de reconstruire le Parti socialiste et la gauche.  Morceau par morceau, ce sera la décomposition, les appels au renouveau se multiplieront mais sans sens.

 

Il n’y a qu’une claire et nette opposition face au gouvernement de droite thatchérien, de Macron qui soit compréhensible, lucide, préparatoire aux combats qu’on va à nouveau mener au nom des salariés du privé comme du public. Je sais qu’il y a des millions de gens, trompés qui croient encore ( à cause de l’aile droite du PS ?) que Macron est au centre, mais le « centre » ça n’existe pas, Macron, c’est la dictature exacerbée de la finance,  du Medef, du CAC 40, il faut le dire, l’expliquer, par un vote clair contre la confiance.

Je conclus en redisant que l’unité de la gauche est conditionnée par ce vote clair contre la politique de Macron et que sans unité de la gauche rose rouge verte, avec les Verts, le PCF et FI, il n’y a pas non plus d’avenir, ni de victoire, ni de « gauche de gouvernement », seulement un horizon de défaite pour les salariés, toute la gauche et les socialistes.