Macron : répression violente contre les gilets jaunes et aussi contre les chômeurs

Macron systématise une violente répression contre les revendications sociales légitimes des gilets jaunes. Il systématise aussi une méchante répression contre les chômeurs.

Pour Macron, les chômeurs sont des « rien », il les méprise parce qu’ils « attendent tout de l’autre », qu’ils sont des « fainéants » des « illettrés », des « alcooliques » qu’ils ne « traversent pas la rue pour chercher du travail », qu’ils ne « cherchent pas des clients au lieu d’un patron », qu’ils n’ont « pas le sens de l’effort » !

 

 

Macron le dit « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants », il pense que n’importe qui doit accepter n’importe quel boulot, même au détriment de sa qualification, de son salaire antérieur, de sa vie familiale et personnelle. Il prône la fin du droit du travail, l’ubérisation de la société : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ».

Macron ne fait rien contre les fraudeurs fiscaux et patronaux, comme Ghosn et tant d’autres qui ne paient pas les impôts qu’ils doivent à la République. Macron encourage les heures supplémentaires qui créent du chômage en plus. Macron ne contrôle ni le travail illégal ni les 516 000 travailleurs détachés officiels discriminés surexploités et sous-payés dans le pays.

Macron, a donc publié une lettre de cadrage pour (re)prendre 4 milliards aux assurances chômage. « En même temps » que ses voeux, le 30 décembre il a fait publier un décret afin de sanctionner toutes celles et ceux qui, au chômage, ne bosseraient pas assez.

Le contrôle des « obligations » incombant aux Demandeurs d’Emploi et les sanctions deviennent maximum :

- 1e absence = 1 mois de radiation sans allocation

- 2e absence = 2 mois de radiation sans allocation

- 3e absence = 4 mois de radiation sans allocation

La radiation entraîne de fait la suspension du revenu de remplacement puisque l’inscription est une condition du versement de toutes les allocations versées par Pôle Emploi. C’est la pire des répressions : empêcher de vivre, de se nourrir, de se loger, de circuler. Alors que les chômeurs ont cotisé pour une assurance, que ce n’est pas une aumône mais un dû.

 

Contre Macron, la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, article 23 alinéa 1 précise bien : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail, et à la protection contre le chômage »

 

Nous revendiquons l’instauration d’un statut du salarié-e avec continuité du socle contractuel et maintien du salaire entre deux emplois ; l’obligation de reclassement des salarié-es sans limite de temps ; le financement patronal mutualisé pour ces droits. Le bon programme anti-Macron, il existe.

Gérard Filoche

 


 

lire chronique dans l’ Humanité Dimanche « au boulot n° 423″    9° année

 


 

 

9 Commentaires

  1. yann
    Posted 16 janvier 2019 at 12:10 | Permalien

    Refusant d’utiliser twitter ,je me permet de réagir à votre tweet du 16 janvier 2019:

    « #Ghosn apres Ghosn ou Lactalis, retour vérité sur Alstom véritable thriller d’Etat. Bradage par Macron en 2014 d’Alstom à l’américain General Electric (GE), lire : « Le Piège américain ». Les premiers de cordée c’est décidément la chienlit »

    Donc que pensez vous de ce qui se passe dans l’entreprise Technip qui en 2017 après fusion
    sans doute avec l’accord de Macron (ministe des finances de Hollande) via je pense la banque d’affaire Rotshild? et qui devient TechnipFMC et est donc délocalisé au Royaume Unis.
    Direction de TechnipFMC:
    – Douglas Pferdehirt (directeur général)
    – Thierry Pilenko (président exécutif)
    Donc le DG est américain et le président exécutif français ayant fait la plus grande partie de sa carrière à Houston…

    Pour rappel, Technip a du verser 338 millions d’amendes aux USA en 2010.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Techniphttps://fr.wikipedia.org/wiki/Technip

  2. patriotejaune
    Posted 16 janvier 2019 at 13:06 | Permalien

    Si Pôle Emploi était totalement réformé car trop coûteux et en raison de l’insuffisance de ses résultats pour beaucoup de demandeurs d’emploi. La réforme devrait leur permettre librement de s’y inscrire ou se désinscrire, de demander des entretiens-conseils, d’accepter ou refuser des propositions d’emploi, stages, formations, bilans… Plutôt que ce soit à P.E. de contraindre les demandeurs d’emploi à réaliser ces actions, plutôt inutiles jusqu’à présent pour beaucoup d’entre eux. En raison des cotisations, les allocations chômage devraient être versées systématiquement en fin de mission, sans conditions, ni contrôles, ni aucune radiation sauf cas de force majeure. Les agences devraient être réduites et servir uniquement à aider à trouver un emploi grâce à des agents pros et volontaires, non pas des contrôleurs-radieurs ! Jusqu’à présent bcp de demandeurs d’emploi ressentent plutôt que le but de cet organisme n’est pas toujours d’aider mais plutôt de forcer, soumettre, humilier, que la radiation est une raison économique. On dirait une sorte de répression ! LA LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS POUR BIEN VIVRE ET ETRE PRODUCTIF/VE ! GILETS JAUNES MANIFESTEZ POUR L’EXISTENCE D’UNE TELLE LOI !

  3. Posted 16 janvier 2019 at 13:38 | Permalien

    onjour,

    L’âge limite (jusque auquel il est possible de travailler) dans la Fonction publique dépend de l’année de naissance. 1952 : 65 ans et 9 mois. 1953 : 66 ans et 2 mois. 1954 : 66 ans et 9 mois. 1955 et après : 67 ans.

    Il est possible de demander une dérogation en cas de carrière incomplète.

    Mais :
    - Cette dérogation ne peut aller au-delà de l’âge nécessaire pour bénéficier du taux plein, dans la limite de 10 trimestres.
    - Dépend de l’aptitude physique.
    - Dépend, également, de l’intérêt du service.

    Au maximum donc, si toutes les conditions sont remplies et si la personne est née en 1955 ou après : 69,5 ans.

    Amitiés,
    JJ

  4. Benoist-Martin
    Posted 21 janvier 2019 at 0:36 | Permalien

    Chasse le chômeur, il revient au galop car il n’y a plus de boulot ! C’est simple ! Radions les entreprises qui ne servent à rien, qui n’embauchent que leurs proches alors qu’ils « embauchent » parfois en CDD ou pas ! Combien d’entreprises sont aujourd’hui capables d’ouvrir les portes et d’embaucher massivement en CDI ?

  5. Posted 21 janvier 2019 at 7:12 | Permalien

    Je partage l’intégralité de ce que tu écris là!
    J’ai simplement exprimé mon regret de constater que les critiques sont souvent, à GDS (sans engager toute la sensibilité bien sûr), plus spontanément adressées à Génération.s et Benoît Hamon qu’aux autres composantes de gauche. Cela dit, GDS ne mène pas le débat sur le fond (projet, identité et stratégie politique) avec la FI, alors qu’il est central, même si l’urgence est , justement, celle de l’unité; débat central parce que la FI, et Mélenchon pour aller à l’essentiel, vont bloquer la reconstruction de la gauche jusqu’en 2022…

    Sur mon appartenance actuelle à G.s je me suis déjà expliqué plusieurs fois: mon souhait était en fait celui d’un départ massif de toute « la gauche du PS » en 2017 pour créer une nouvelle organisation sociale, écologique et démocratique; c’est selon moi le cas de G.s avec, néanmoins, une construction qui est celle d’un mouvement dont le fonctionnement interne dilue l’expression « statutaire » des différences (il est vrai que la confrontation des motions au PS a longtemps été un moteur politique…jusqu’à ce que la -les- minorité(s) ne soient plus que l’alibi démocratique d’une majorité, toujours la même depuis des décennies, toujours plus sociale-libérale) ! C’est l’atomisation de ces forces encore rassemblées au congrès de Poitiers qui est malheureusement advenue et BH y a pris sa part, ce qui est sans doute regrettable, je le concède, mais l’évaporation instantanée des frondeurs après la (leur) défaite aux législatives n’y est pas pour rien non plus.

    Sur l’actualité aussi, la réponse de Benoît Hamon, à la lettre de Macron est selon moi remarquable quant aux perspectives de sortie de la crise qui secoue le pays. C’est celle de Génération.s bien sûr, avec un rappel de propositions propres et sujettes à débat. Elle me convient . Je la joins ici à « l’attention » de celles et ceux qui auraient négligé de la parcourir…

    Meilleures amitiés

    Jacky

  6. Posted 21 janvier 2019 at 16:36 | Permalien

    Plus rien ne sera jamais comme avant.

    En 2019, on peut désormais mourir en faisant un “petit job étudiant”.

    Vous n’aviez pas senti la crise ?
    La politique ça-vous-z’intéresse-pas ? Vous mangez à votre faim en zappant sur 36 chaînes ? Les pauvres c’est les autres ?

    Pour payer ses études d’économie, Franck Page livrait des repas avec Uber Eats. Jusqu’à ce jeudi 17 janvier à 12h10 en grande banlieue de Bordeaux où, à un croisement de la zone industrielle de Pessac Bersol, un camion qui tournait pour aller rejoindre l’autoroute l’a accroché et traîné sur plusieurs dizaines de mètres. Il est mort sur le coup.

    Franck était un gars comme tant d’autres avec CE p’tit truc en plus. Des proches écrivent sur Facebook qu’il était “solaire”. Sa dernière vidéo Facebook, nous montre un vrai talent de danseur Hip-hop par ses figures assez complexes, alors qu’il semblait avoir commencé depuis peu. Ça n’était pas un de ses mabouls qui roule n’importe comment, à la recherche de sensations et/ou de performances. D’ailleurs, lors de l’accident, Franck était arrêté au feu rouge…

    Depuis longtemps on savait que ça allait arriver. En juillet 2015 déjà, immobilisé par un poignet cassé, j’écrivais dans un premier texte, sorte de -bouteille-à-la-mer- : “Comment Uber va tuer”.
    Cela-dit depuis, il n’y avait pas eu de mort en France et je commençais à me dire que le problème était surtout social. Que le vélo était finalement assez sûr en ville où vitesse et taille des véhicules motorisés sont limités. Les cyclistes étaient donc jusque-là relativement épargnés. Des petits accidents, tout au plus. Parfois sérieux, mais rien qui n’empêche des vies de reprendre leurs cours après quelques semaines de soins.

    Sauf que les choses ont changé.

    Uber Eats, Deliveroo, Stuart, Glovo livrent désormais de plus en plus loin en dehors des centres urbains.
    Sauf que faire du vélo en zone quasi piétonne dans le centre d’une métropole est totalement différent de la grande banlieue, d’une zone d’activité commerciale, d’unezone industrielle voire la campagne qu’est souvent la “banlieue” de province.
    Moins ou pas de lumière la nuit (dés 18h l’hiver et on roule souvent jusqu’à minuit), voies plus rapides, semi-remorques ou cars qui vous frôlent à 80 km/h…

    Feu rouge où Franck est mort
    Feu rouge où Franck est mort
    Moi-même à vélo, en 2015, je me suis fais toucher par un bus (le 164) sur le Boulevard de Verdun à Courbevoie. Ce n’est pourtant pas la brousse, hein. Toujours est-il que le bus m’a attrapé le guidon. Heureusement, je n’allais pas vite et j’ai pu me rattraper sans tomber.

    Oooh je n’étais pas en livraison hein. À cette époque, je passais juste par là juste pour aller bosser sur Paris comme des milliers de vélotaffeurs, ces gens qui vont au “taff” à vélo, souvent sur des itinéraires réguliers dont ils ont appris avec le temps à connaître les nombreux dangers.
    Pour ma part je pédalais d’Argenteuil à Paris-centre… mais après ce -putain_de_bus-, j’ai fini par prendre le train jusqu’à St-Lazare pour minimiser les risques.

    Sauf que c’est désormais des milliers de jeunes souvent sans grande connaissance du vélo qui se retrouvent dans des zones perdues à livrer un burger mou et tiède au banlieusard que la pub Uber Eats affichée dans sa lointaine gare RER a convaincu qu’il pouvait consommer exactement comme le CSP+ hyper centré qu’il n’est pas encore.
    Oh oui, le résultat est le même : Tu commandes et t’es livré sur ton palier. Sauf que le livreur prend 10 x plus de risques pour t’apporter ta bouffe. Et ça t’en a rien à foutre. Le p’tit gars qui transpire sur le paillasson n’en a pas vraiment conscience non plus. Il s’est sans doute fait quelques frayeurs sur la route avec le souffle d’un camion passé trop près et trop vite ou l’automobiliste qui a pillé devant son nez. Mais il se dit que : “C’est le job…”.
    En fait il ne se dit pas tout seul…

    …ON LUI DIT !

    Par contre il y a d’autres choses qu’on ne lui a pas dit.
    Il ne sait donc pas ce qu’est le droit du travail ou la protection sociale. Il ne sait pas davantage que “ces trucs” sont justement construits pour que les dangers et la mort se tiennent le plus loin possible du Monde du Travail.

    Will shu, PDG de Deliveroo : « Les riders Deliveroo sont des héros » (traduit d’une vidéo promotionnelle néerlandaise)
    Will shu, PDG de Deliveroo : « Les riders Deliveroo sont des héros » (traduit d’une vidéo promotionnelle néerlandaise)

    Alors voilà, en cas de pépin une petite voix lui dit juste : « que c’est la vie”… aidée en cela par les plateformes qui lui disent aussi : « que c’est un super taff !”, “Qu’il est un vrai héros !”. Quand il a commencé, certains de ses potes, déjà heureux d’avoir gagné quelques milliers d’euros “rien-qu’en-f’zant-du-vélo”, lui ont même sûrement dit que : “c’était un taff MOR-TEL !”

    Jusqu’à un feu rouge, un camion… et c’est la mort qui lui murmure.

    jerome pimot merci

  7. Posted 22 janvier 2019 at 11:22 | Permalien

    OMMUNIQUE UNITAIRE
    Marée populaire Amiens – Jaunes Rouges Verts : Faire converger nos gilets·Dimanche 20 janvier 2019
    Picardie Debout!, PCF 80, Ensemble ! 80, FI Amiens, PG 80, Solidaires 80, Sud 80, CGT 80, UNEF, LDH 80, Alternative Libertaire, NPA 80, FSU 80

    Depuis maintenant 10 semaines, un profond mouvement de contestation cherche à s’opposer dans la rue à la politique du gouvernement.
    Bien au-delà d’une simple contestation de la hausse des taxes sur le carburant, le mouvement des Gilets Jaunes se fait désormais l’écho d’une revendication massivement partagée contre d’un côté les cadeaux qui se démultiplient pour le patronat et les plus riches, avec la suppression de l’ISF, et de l’autre le gel des salaires, les retraites et les allocations de misère, ainsi que la revendication d’un élargissement des droits politiques des citoyens.
    Face à cette exigence d’Égalité exprimée massivement dans la rue, le gouvernement, accroché à la défense de ses intérêts de classe s’est enfermé dans la répression physique et judiciaire des manifestants. Les techniques hyperviolentes du maintien de l’ordre appliquée depuis des années dans les quartiers populaires et qui ont déjà fait de nombreux morts sont aujourd’hui déployées à grande échelle pour intimider et réprimer celles et ceux qui manifestent.
    Depuis le début du mouvement, un décompte militant fait état de 6475 manifestants interpellés, 5339 gardes à vue, 153 mandats de dépôt, de centaines de blessés, dont 14 personnes éborgnées par des tirs de LBD 40 et de 1 décès suite à un tir de grenade. Il y a eu à ce jour 200 signalements pour des violences policières et 78 enquêtes ouvertes par l’IGPN, alors même qu’aucun policier n’a été – pour le moment – suspendu.
    Nul ne peut croire que cette répression policière n’est pas le fait du gouvernement Macron, qui par la matraque, voudrait arrêter la mobilisation en cours. C’est Macron qui permet le déchainement de la violence policière, c’est Macron qui est responsable des violences en refusant de répondre aux revendications.
    En plus des violences physiques en forte augmentation de la part des forces de l’ordre, nous avons vu fleurir tout un arsenal juridique et une série d’arrêtés préfectoraux entravant ou interdisant tout bonnement la tenue de rassemblements et de manifestations sur l’ensemble du territoire. Le département de la Somme n’est pas exempt de cette politique répressive avec des arrêtés concernant les manifestations depuis 3 week-ends consécutifs, et notamment une interdiction de manifester du vendredi 28 décembre au soir jusqu’au mercredi 2 janvier.
    Les organisations membres de la Marée Populaire signataires réaffirment que le droit de manifester est un droit fondamental et s’engagent à s’opposer à la politique répressive du gouvernement sur tous les fronts.
    Elles appellent donc à se rassembler le Samedi 26 janvier à 14 heures, place de l’Hôtel de ville d’Amiens pour exiger l’amnistie de toutes les personnes poursuivies, condamnées et/ou emprisonnées pour avoir exercé leur droit de manifestation, ainsi que l’arrêt des violences policières sur l’ensemble du territoire.

  8. Posted 24 janvier 2019 at 8:47 | Permalien

    francois dubreuil

    Bonsoir,

    1 il y a désormais 103 mobilisations Climat planifiées ce WE en France et dans le monde.
    https://www.facebook.com/groups/282323685828662/permalink/332669977460699/

    2 A paris, la manifestation du mouvement des foulards rouges après divers couacs internes à ce mouvement et un lâchage par la LRM a modifié son parcours et partira de Nation pour aller à Bastille. Ceux qui étaient inquiets d’un risque de confusion peuvent donc venir en toute tranquillité.
    cf https://tinyurl.com/y7qbwseb

    3 EELV et Générations IDF ont déjà mis l’événement à leur agenda, nous apprécierions si tous les partis qui ont soutenu les marches climat jusqu’ici continuaient à le faire. Le programme en version communication sortira incessamment.Les grandes lignes sont : une vaste session d’intelligence collective sur comment changer d’échelle dans l’action pour le climat dès maintenant, avec 5 thèmes :
    1/ « Fin du monde, Fin du mois » >> comment avancer vers la solidarité climatique

    2/ « Changer sa ville » (Paris, Romainville, Ivry, Gonesse)
    >> Comment donner un maximum d’ampleur et d’efficacité aux luttes en cours.

    3/ « Mobilisation étudiante et lycéenne »
    >> Comment accentuer et amplifier les mobilisations estudiantines pour le climat, en cours et à venir ?

    4/ « Quel Grand débat ? »
    >> Comment faire de la justice sociale et climatique LE sujet du grand débat ?

    5/ « Désobéir pour le climat ?
    >> Quelles cibles, action & moyens d’actions ?

    Ensuite il y aura une animation collective, puis des prises de paroles en lien avec les 5 thèmes (scientifique, parent, gilet jaunes, RAC, NAAT … et surprises …)
    Compte rendu du travail en commissions, concert.

    Et sur la place des animations pour les enfants, de l’information scientifique …

    Venir habillé chaudement est un plus, avec un thermos de thé/café/vin chaud et des gobelets recyclables pour servir les voisins c’est sympa.

    Coté cadre de mobilisation les autocollants sont bienvenus, tracts idem, pas les grandes banderoles et drapeaux, on n’est pas dans une marche mais sur un rassemblement point fixe. (cf le consensus de mob des évts précédents, drapeaux banderoles OK en fin de cortège quandd on marche, pas dans les rassemblements).

    Voilà je pense avoir tout dit.
    On repart ensuite pour le 16 mars, avec en perspective si possible une grande grève le 15 mars, si certains sentent qu’un sujet pourrait faire l’objet d’un texte commun, faites signe.

    Avec l’espoir de voir l’événement être mis à l’agenda de nouvelles organisations, amitiés écologistes et solidaires

  9. Posted 24 janvier 2019 at 12:31 | Permalien

    Un jeune de 18 ans meurt pour Uber et un ouvrier de 68 ans meurt auto entrepreneur

    Un jeune avec des lunettes de piscine, et un K-way noir, façon black block :
    « – Moi, je veux pas de patron, d’ailleurs je me suis mis à mon compte, je suis auto entrepreneur ».
    « – Mais pourquoi tu manifestes contre Macron alors puisque que tu es son héros ? ».
    Macron, c’est la « France start up », une grande société « low cost » avec des institutions « light ». C’était écrit dans son livre intitulé « Révolution » : une « société post salariale », « sans statut ». Sur le coup, les électeurs n’ont pas bien saisi la fine fleur de ce projet, et dans le « Grand débat » Macron se garde d’en parler, ce qui ne l’’empêche pas de clamer qu’il ira « jusqu’au bout « et même qu’il va « accélérer » cette « Révolution ».

    Les « auto entrepreneurs » ça vient de loin : dix ans qu’ils ont été inventés, 2009-2019 : conçus par les ultra libéraux, par Alain Madelin, Hervé Novelli, c’est le droit de s’auto exploiter soi-même à bas prix. L’auto entreprise, c’est le monde de Mad Max. L’auto exploitation sans frein.

    Dés 2015, Macron avait œuvré à remplacer le contrat de travail par des contrats commerciaux : « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants », « Je le dis aux jeunes ne cherchez pas des patrons, cherchez des clients ». C’était le retour des besogneux du XIX° siècle, des appointés, journaliers, tâcherons, loueurs de bras, trimardeurs. Pour faire plus moderne, ça s’appelle start-upeurs, développeurs, incubateurs, programmeurs, auto entrepreneurs (« AE ») mais c’est vieillot comme avant la naissance du salariat.

    Les AE voituriers d’Uber sont « souples », ils peuvent conduire 14 h par jour et 100 heures par semaine, sans même toucher le Smic, ils paient tout, la bagnole, l’assurance, les accidents, les 25% de commission à Uber, et il ne leur reste rien pour leurs congés, maladie ou retraite.

    Ca touche tous les secteurs et plateformes : ainsi les pilotes et hôtesses de Ryan Air sont des « AE », tout comme des professeurs de boites de cours du soir, des nounous, des femmes de ménage, des fabricants de sandwichs dans des chaines de restauration, des informaticiens, des tailleurs de pierre dans le bâtiment et les célèbres « pédaleurs » de Deliveroo qui livrent les pizzas en des délais records.

    Ils n’ont même pas à traverser la rue, ils s’inscrivent directement en ligne et le paiement des cotisations sociales, des impôts et taxes est regroupé dans un impôt unique et proportionnel au chiffre d’affaires. Il leur faut seulement respecter les plafonds de chiffre d’affaires définis pour la micro-entreprise, c’est-à-dire 70.000 euros par an maximum pour les activités de services, et 170.000 pour les ventes de marchandises.

    Encart : Il existe 1,18 million d’AE sur le papier. Mais 39 % sont « bidons » et seulement 61 % existent dans les faits soit 729 000. Moyenne de chiffre d’affaires 1200 euros par mois. Sur ce chiffre d’affaire le revenu touché médian mensuel est de 250 euros. 25 % ont moins de 70 euros. 10 % ont plus de 1160 euros.

    Du coup la protection sociale est hyper réduite. Ca permet aux grandes entreprises d’utiliser ces micro-entrepreneurs sans avoir à les gérer. Les questions d’horaires de travail, de droit aux congés, de formation, de chômage sont désormais à la charge du travailleur « indépendant » lui-même.
    Il leur suffit de tomber malade pour comprendre :
     » – Je me suis cassé la main dans une chute en vélo en livrant une pizza, je me suis aperçu que j’étais très insuffisamment couvert, ça m’a couté 6000 euros, pas à Deliveroo mais de ma poche ».
    Certes les jeunes ne pensent pas forcément à l’accident ni à leur retraite, mais, s’ils ne sont pas obligés de cotiser, quand ça arrive, il est trop tard.
    Pour compenser, rattraper, il faut alors travailler plus longtemps, plus durement.

    C’est comme ça qu’un ouvrier a été conduit à bosser le 3 janvier 2019 dans les Yvelines alors qu’il avait 68 ans : c’est même le Préfet qui l’a indirectement embauché « dans le cadre d’un statut d’auto-entrepreneur sous-traitant de l’entreprise » elle-même chargée de l’entretien de la Préfecture de Versailles. « Cette société avait un contrat avec la préfecture pour le nettoyage des chenaux, précise le directeur de cabinet du préfet Thierry Laurent. La victime était précisément chargée de nettoyer les gouttières ». Le vieil homme, AE de 68 ans, travaillait seul en hauteur, il est tombé du 3° étage, il est mort, les secours sont arrivés trop tard, juste pour cacher le corps avec des bâches en attendant l’enquête.
    Tout employeur donneur d’ordre imposant un travail au-delà des limites physiques, isolées, et sans l’ensemble des moyens que la technologie permet pour alléger et sécuriser la tâche, conduisant à un accident mortel peut être condamné lourdement pour « une faute inexcusable ». Mais là c’est un auto employeur.

    Idem avec ce jeune de 18 ans, Franck Page.

    Il avait tout l’avenir devant lui. A quoi pensait-il ce jeudi midi 17 janvier sur son vélo ? A la musique, à la danse, à son cours d’éco ? A 18 ans, il était passionné de hip hop et de break dance, ses amis disaient de lui qu’il était un prodige dans ces disciplines. Il était d’origine ivoirienne, habitait Marmande, faisait ses études d’économie à l’Université de Bordeaux. Il travaillait pour gagner un peu d‘argent, pour le compte de UBEReats, c’est à dire qu’il livrait des repas, payé à la course. Alors qu’il aurait du être dans un amphi avec une allocation d’étude universitaire. Plutôt que d’étudier, il lui fallait pédaler vite, afin d’assurer l’horaire pour que le client mange chaud et bien.

    Faut il mettre en danger des jeunes étudiants en vélo pour livrer des pizzas en grande vitesse ?

    A 13 h 40, à la hauteur de la bretelle d’entrée de l’A360, dans le sens extérieur de l’échangeur 14 à Pessac Saige-Ladonne, avenue Antoine Bequerel, il a été percuté par un camion et est décédé dans l’accident. Le conducteur, un Girondin de 47 ans, ne s’est pas rendu compte du choc et a poursuivi sa course, en le trainant sur plusieurs centaines de mètres, jusqu’à l’entrée de la rocade avant d’être interpellé par un autre conducteur de poids lourds, témoin de la scène et de s’arrêter.


    Les coursiers à vélo sont très souvent victimes d’accidents, rappelle Arthur Hay, de la CGT des coursiers à vélo de Bordeaux. « Nous en avons tous plusieurs par an, heureusement moins graves, mais nous sommes très vulnérables ». Le syndicaliste souligne l’absence de formation aux règles de sécurité et la rémunération à la course. « Il faut aller vite, on n’a pas le choix. Si tu respectes le code de la route tu ne t’en sors pas ».

    Quel droit va s’appliquer ? Il est auto entrepreneur, pas salarié. Ce n’est pas un accident mortel de travail mais un accident de la route ?

    Heureusement, des décisions de justice ont été prises contre Uber, en Espagne, en Californie, ou à Londres, et la justice Néerlandaise vient de reconnaître à son tour que les livreurs Deliveroo ne sont pas des travailleurs indépendants et doivent être considérés comme des salariés.
    En France aussi, Uber a perdu plusieurs procès, la Cour d’appel de Paris, le 3 décembre 2018, vient de les condamner. Les juges reconnaissent aisément qu’il existe un « lien de subordination juridique permanent » entre les donneurs d’ordre et les AE. Le Medef a essayé d’argumenter qu’il s’agit d’une « soumission librement consentie » et non pas d’une « subordination juridique ». Rien n’y fait, les juges requalifient quand même les contrats, les accidents : ils peuvent pour cela s’appuyer sur le droit du travail mondial de l’OIT ou européen de l’UE. Mais ces victoires de la jurisprudence ne suffisent pas, il faut que la loi prenne le relais de ces décisions de justice.

    Macron et ses épigones n’ont pas du tout l’intention d’aller dans ce sens, au contraire : le député LREM Aurélien Taché vient tout juste de proposer une nouvelle loi, fêtant les « dix ans des AE » en rendant « universel » ce régime « pour tous les actifs » ! :

    « En cas de cessation d’activité, les AE n’auront pas droit au chômage, mais selon les promesses électorales de Macron ils pourront toucher 800 euros par mois pendant 6 mois. A des conditions d’accès très restrictives : il faudra avoir travaillé au moins 2 ans avec au minimum 10.000 euros de revenus, et être placé en redressement ou liquidation judiciaire ».
    Ce même député macronien Aurélien Taché poursuit : « – Je ne fais pas partie de ceux qui veulent sacraliser le travail salarié (sic) Le travail indépendant est une forme de liberté, de progrès. » « Je ne suis pas favorable au versement de cotisations par le donneur d’ordre ou les plateformes … Je soutiens plutôt l’idée d’un régime universel, payé par l’impôt, qui assurerait un socle minimum de protection, auquel s’ajouteraient des cotisations du micro-entrepreneur pour accéder à une mutuelle, se couvrir contre tel ou tel risque. » … L’intérêt d’avoir un système universel est de pouvoir passer d’un statut à l’autre, ce qui deviendra de plus en plus courant dans le futur ».

    Ces cotisations volontaires seraient librement choisies, par les intéressés eux-mêmes au niveau souhaité : vous cotisez peu si vous le voulez quand vous êtes jeunes, mais si, en conséquence vous n’avez pas assez de retraite, hé bah, vous travaillerez sur les toits à l’âge de 68 ans.

    Ce système macronien pousse jusqu’au bout l’individualisation, la déstructuration de toute Sécurité sociale collective. La « Révolution » Macron est bel et bien une « contre révolution ».

    Gérard Filoche

Déposer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera jamais transmise.

*