A débattre – Projet de texte « martyr » pour une plateforme commune européennes à gauche – G Filoche

L’Union Européenne actuelle et ses dirigeants néolibéraux, de droite et d’extrême droite sont en train d’écrire, un nouvel épisode tragiquement inhumain contre les migrants.

Au lieu de s’organiser entre tous les états de l’UE pour les accueillir dans des conditions dignes, les voilà honteusement rejetés à la mer.

 

Fermée à l’extérieur, l’UE est tout aussi menacée à l’intérieur.

L’UE dégrade le sort de la majorité de ses peuples, par une politique faite de compétition économique sauvage, d’austérité, d’inégalités sociales, de fraude fiscale, de chômage de masse, de blocage des salaires, de recul des droits sociaux, des retraites et du travail, pour le seul intérêt des multinationales et des grandes banques.

 

Cette Union Européenne là, nous n’en voulons plus.

Elle tend d’ailleurs à s’auto-menacer d’explosion, au profit des nationalistes, des xénophobes, et tous les belligérants identitaires potentiels. Un sabordage dans ce sens là, nous n’en voulons pas non plus.

Soyons clairs : ce n’est pas la belle idée de l’Europe que nous voulons rejeter, c’est l’actuelle UE, ses diktats, ses violences, ses régressions.

 

Ce que nous n’aimons pas dans l’UE, en fait, c’est Macron. N’allons donc pas en ne dénonçant que l’UE, excuser Macron.  Macron ne cède pas aux libéraux de l’UE, il va au devant d’eux.  Ce que nous n’aimons décidément pas dans l’UE ce n’est pas l’Europe…  c’est le néolibéralisme.

 

Depuis 2017, les électeurs ont eu le temps de se rendre compte que le mal ne vient pas d’ailleurs mais en priorité  de la « casse sociale » de Macron. Par exemple, Macron a davantage cassé le code du travail français par ses Ordonnances que ne l’est le code du travail allemand, ou que ne lui demandaient les « recommandations » européennes du 27 mai 2017.  Autre exemple, c’est Macron qui a  voulu casser la SNCF et les services publics.

 

Du coup, ce n’est pas la dénonciation des traités qui est un préalable à une autre politique : c’est une autre politique défendue qui aura pour effet de rendre caduques les traités en vigueur. Cela sautera alors aux yeux de tous les peuples européens – imposant une renégociation dans un sens antilibéral.

 

Bataillons donc pour un Smic partout s’alignant progressivement sur le plus élevé, une retraite à 60 ans, un durée maxima du travail à 48 h, une semaine de 32 h légale sans perte de salaire, pas de salaire > a 20 Smic, pas plus de 5% de précaires par entreprises. Bataillons contre Macron pour instaurer ces choix en France et cela contribuera à balayer l’UE libérale ! Non pas par un retour aux nationalismes mais pour marcher vers une véritable et nouvelle Union sociale.

 

Nous serons plus unis à gauche en défendant nos droits ici, comme nous le faisons en solidarité avec le mouvement social, et nous éviterons de nous diviser sur un préalable de quitter l’UE.  Quand à l’effet, il sera le même, si on réussit à placer, ici, le social au cœur, tous les plans A, B et C se succéderont très vite. L’idée d’une Europe sociale et démocratique redeviendra attractive. Au fond, cela dépendra de l’exemple que nous donnerons,  de la mise en oeuvre pratique d’une politique sociale et écologique quand nous  viendrons au pouvoir.

 

Pour l’heure et pour préparer cela, nous pouvons et devons, question de choix et de volonté, nous unir pour les élections européennes spécifiques de 2019 sur une plateforme d’actualité, un socle commun, qui peut être en cinq points :

 

1°) Fiscalité : frapper les paradis fiscaux et dividendes

L’interdiction de la fraude fiscale et de l’optimisation fiscale, une fiscalité qui s’impose à toutes les multinationales, GAFAM et autres. Une assiette commune consolidée de l’impôt sur les sociétés (ACCIS), et un impôt européen sur la fortune, adoptée à la majorité qualifiée permettant un véritable budget européen d’investissement et de solidarités. La BCE doit prêter directement aux états et la règle de plomb de zéro déficit doit être rejetée. Exigence de la séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives des banques, politique douanière active aux frontières de l’UE.

 

2°) Social : au cœur de toute la campagne

La fin de la mise en compétition des salariés et l’arrêt de la destruction de leurs droits du travail et sociaux : retour à l’état de droit dans les entreprises, avec réduction des durées légales et maxima du travail, établissement d’un Smic européen dans les 27 pays et harmonisation progressive de celui-ci, vers le haut, en parité de pouvoir d’achat. Dénonciation immédiate unilatérale de la directive organisant la discrimination des « travailleurs détachés ». A travail égal salaire égal, femmes hommes, et travailleurs immigrés. Partage des richesses. Pour un véritable statut du salariat, et le renforcement de toutes les protections sociales, maladie, chômage, retraites, liées et payées à la source en même temps que le travail.

 

3°) Ecologie en tête : mieux être

Développement de tous les services publics de la santé, de l’éducation, de l’énergie, de l’eau, des transports collectifs (rail, fret ferroviaire) et du logement. Combat contre toutes les fraudes et gabegies détruisant l’environnement, le climat, la santé, la planète. La politique agricole doit pouvoir répondre aux besoins des paysans pas aux impératifs de l’agro-industrie, pour une alimentation saine et accessible aux peuples d’Europe.

 

4°) Démocratie contre technocratie, bureaucratie, oligarchie :

Bataille un fonctionnement démocratique d’une Europe au service des peuples, en renforçant le plus possible les droits du Parlement (élargissement du périmètre d’application de la procédure législative ordinaire, droit d’initiative législative). Garantie de l’égalité de tous les droits fondamentaux des humains, femmes et hommes, immigrés, jeunes, selon leurs qualifications, et quels que soient l’âge, l’origine, la langue.

 

5°) Europe ouverte et pacifiste pas guerrière :

Harmonisation d’une politique européenne ouverte, partagée et digne, de l’accueil et du droit d’asile, fin du système de Dublin. Pour une Europe non agressive, la réduction des armes partout, une Europe soucieuse de la paix dans le monde et d’échanges négociés, équitables et régulés (ONU, OMC, OIT, OMS, OME). Une Europe faite d’humanité, de partage, attractive et non pas faite de compétition, de sélection, de régression et de répression.

 

Empêchons Macron de légitimer en 2019 son pouvoir politique acquis en 2017 par « effraction ».

 

Regroupons la gauche contre Macron et, avec les électeurs, tenons la dragée haute à tous les plans de casse sociale, ici et dans l’UE. A quoi ça sert de défendre 5 plateformes différentes et de perdre au lieu de nous grouper, d’avoir le meilleur rapport de force possible sur la meilleure plateforme possible ?

 

L’essentiel en 2019 n’est pas de savoir qui est en tête de la gauche, il est de mettre la gauche en tête contre Macron.

 

Etre premier à gauche mais loin derrière Macron ?  Où être ensemble à gauche, mais devant Macron, tel est le choix.  Clairement choisissons l’unité à gauche sur la meilleure plateforme possible.

 

 

4 Commentaires

  1. socrate
    Posted 1 juillet 2018 at 21:27 | Permalien

    mettons la gauche en tete c’est bien le discours que beaucoup de français ne veulent plus entendre depuis l’accident de la présidentielle Hollande….
    la gauche …quelle gauche ?
    il faut s’entendre sur les définitions avant tout

  2. Posted 2 juillet 2018 at 16:31 | Permalien

    la gauche unie sur le meilleur programme possible

    le salariat est pluriel, la gauche aussi, le rassembler le plus majoritairement possible est pas seulement un objectif, mais une nécessité,

  3. Posted 2 juillet 2018 at 16:55 | Permalien

    Communiqué de Liem ( source Facebook)

    Éric Th

    « Ecarté sans raison du débat européen auquel j’ai contribué avec passion, c’est avec un immense regret que je suspends ma participation à la France insoumise.

    Communiqué
    Elections européennes :
    Les socialistes insoumis suspendent leur participation
    à la France Insoumise

    Membres fondateurs de la France Insoumise aux cotés de Jean-Luc Mélenchon, les socialistes insoumis (ex Nouvelle Gauche Socialiste) et l’économiste Liêm HOANG NGOC, co-auteur du programme économique du mouvement, se désolidarisent des choix politiques opérés aujourd’hui par la FI pour les élections européennes.
    Nous constatons que la liste de candidats éligibles en voie d’être proposée écarte les candidats les plus compétents pour mener le très dur combat qui s’annonce sur le terrain spécifique et fondamental de la politique économique. Or la défense de nos positions ambitieuses sur l’articulation plan A/plan B nécessite qu’elles puissent être portées au plus haut niveau de sérieux et de crédibilité.
    Alors que l’objectif de la FI est de crever un certain plafond de verre, la mise à l’écart de Liêm Hoang Ngoc, rapporteur sur la Troïka au Parlement européen en 2014, dont chacun s’accorde à dire qu’il est la plus forte voix de la FI pour porter ces propositions, tant au sein des institutions européennes qu’auprès du public, est une grossière erreur politique. Elle adresse un mauvais signal en direction des nombreux indécis qui s’interrogent sur la pertinence du discours de la FI sur l’Europe et sur le réalisme de son programme.
    Les Socialistes Insoumis, réunis en collectif national (composé des coordinateurs départementaux) dimanche 30 juin, demandent à la FI de reconsidérer cette liste. En attendant, nous décidons de suspendre notre participation à l’espace politique de la FI et de retrouver notre autonomie de parole et d’action.

    Le 30 juin 2018 »

  4. Gilbert Duroux
    Posted 4 juillet 2018 at 14:50 | Permalien

    Dès qu’il s’agit de pognon (celui qui va avec les élections), les partis retrouvent leur vraie nature, y compris du côté de ceux qui prétendent faire de la politique autrement, comme les Insoumis. C’est le système des partis qu’il faut revoir. Et également se poser la question de l’électoralisme. Faute de quoi, ce seront toujours les mêmes qui gagneront.
    C’est une évidence que les élections ne changeront rien s’il n’y a pas la rue pour accompagner le mouvement. Malheureusement, les bureaucrates des partis se satisfont des quelques plaçous réservés aux copains.
    Voir ici comment Bompart, le porte-flingue de Mélenchon, a verrouillé le processus de désignation des candidats aux européennes :
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/04/liste-de-lfi-aux-elections-europeennes-tout-etait-verrouille-par-la-direction-au-profit-de-petits-ar_1663959

Déposer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera jamais transmise.

*