Halte à la baisse des « experts » du smic, au contraire il faut l’augmenter massivement

Ca y est, depuis le début cette fameuse commission d’experts, mise en place sous Sarkozy et confirmée sous Hollande, veut atteindre son but, « baisser le cout du travail ».

Pourtant pour calmer ces « experts », il suffirait de les payer au Smic, ça reglerait le problème. Et vite.

et il faudrait un gouvernement de gauche vraiment, qui hausserait les salaires et baisserait le cout du capital, car « hausser le smic et baisser les dividendes » telle est la solution à tous nos maux.

c’est l’inégalité dans la société qui provoque la « crise », réduire les inégalités c’est en sortir.

Nous défendons un Smic à 1800 euros, un partage du travail à 32 h par semaine, et une taxation des dividendes car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.

Hausser le Smic, baisser les dividendes

Même du point de vue invoqué pour faire l’actuelle mauvaise politique de Macron (« croissance », rétablissement des équilibres, réduction des déficits, inversion de la fameuse « courbe » du chômage) les objectifs ne sont pas atteints. Ils ne pouvaient pas être atteints comme cela ni sous Hollande, encore moins avec le « traitement de cheval » sous Macron..

Il faut  rompre avec toutes ces théories affichées ou honteuses,  de la fameuse « baisse du coût du travail », de la réduction des dépenses publiques, de la diminution de la protection sociale, de la fin « des statuts » et droits (dont on a pu vérifier que Nicolas Sarkozy, François Fillon, comme Emmanuel Macron au cours de leur campagne présidentielle,  en avaient fait leur cheval de bataille : qu’est ce qui a fait que des responsables de gauche ont cru à cela, sinon qu’Hollande les avait entrainé dans cette voie sans issue).

Au contraire, il faut repartir tout à fait autrement, il faut augmenter les salaires, il faut redistribuer les fruits du travail et ceux qui doivent payer pour la relance, pour la sortie de la crise, ce sera les riches, les actionnaires, les banquiers, les rentiers. Leur taux de marge, leurs profits scandaleusement élevés doivent être plafonnés, imposés, revenir dans le giron collectif. Le symbole sera que, en proportion du Smic, du salaire minima, nous instaurerons un salaire maxima. Nous instaurerons des tranches d’impôt directes qui corrigeront les criantes inégalités engendrées par la rapacité sans limites des financiers. Rien que cela est l’amorce d’un changement de société., la seule issue.

Contre Macron, avec le salariat, nous voulons une société de partage, une société d’économie mixte secteur privé et public, nous voulons contrôler les entreprises et non pas « laisser faire » leurs chefs et actionnaires.

Il est utile de bien comprendre que « les inégalités sont les meilleures ennemies de la croissance » ( dixit Eric le Boucher, lui même, Le Monde, 27 06 2015). Ce n’est pas parce que les riches sont plus riches qu’ils vont se décider à sauver le monde et qu’un jour… ils vont généreusement se décider à investir et à faire de l‘emploi. Mieux vaut rapprocher les premièrs de cordée des derniers de cordée, en solidarité, plutôt qu’étirer la cordée et ses risques.

Il faut faire le contraire de la propagande de ce que défendent les  libéraux : le ruissellement bidon, aidez ceux d’en haut et ceux-ci aideront ensuite ceux d’en bas. ça, ça ne marche jamais. Il s’agit de la fameuse sottise connue sous le nom de théorème de Schmidt (Helmut Schmidt, un ancien chancelier allemand) « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ».  Depuis que cette ânerie malintentionnée a été prononcée (et trop souvent et complaisamment citée comme aphorisme incontournable), on a bien vu les profits, mais guère les investissements et pas les emplois : tout ça s’est arrêté en route.

Comme ceux qui osent défendre ouvertement la théorie du ruissellement : versez du champagne dans le verre du haut de la pyramide de verres et ca coulera dans les verres qui sont en-dessous. La vérité est que ça ne ruisselle pas, les verres du bas de la pyramide attendent toujours le champagne. Au contraire, ça siphonne, les profiteurs du dessus sont comme les célèbres Shadocks, ils pompent, ils pompent, ils pompent et n’en ont jamais assez. Quand les riches sont devenus riches, ils veulent devenir encore plus riches et la compétition, c’est entre eux. Sinon comment comprendre le monde actuel avec ses 62 hommes qui possèdent plus que la moitie des humains de la planète ?

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait estimé en octobre 2015 que « l’énorme augmentation des inégalités globales de revenus » dans le monde était « l’aspect le plus significatif – et le plus inquiétant – du développement de l’économie mondiale au cours des 200 dernières années ».

Or même le FMI a publié une étude qui montre que les inégalités sont l’une des causes importantes du « mystérieux » ralentissement tendanciel de la croissance mondiale et des profits mondialement. Selon cette étude, augmenter de 1 point de PIB les revenus des 20 % les plus riches fait baisser la croissance de 0,08 point dans les cinq années qui suivent. En revanche, augmenter de 1 point les 20 % les plus pauvres l’accélère de 0,38 point. La raison est que les plus pauvres consomment plus de ce qu’ils gagnent que les plus riches, qui, eux, épargnent plus. Cette publication en confirme d’autres. L’OCDE a calculé que «le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et à la Suède»

Où commence donc tout ça ? Quand ils vous disent que le « coût » du travail est trop élevé, que votre salaire est trop haut et qu’il les empêche de faire des profits ce qui les empêche de faire des emplois…

Pour le smic à 1800 euros

Les rumeurs prêtaient à Macron l’intention de céder au Medef et d’accepter des Smic par branches ou par régions, y compris en mettant fin aux « coups de pouce » de revalorisation. Cela entre dans sa logique.

Les « experts » proposent de le faire. Plus de « revalorisation automatique ». Finie. Baisser le Smic faute de le supprimer.

La logique opposée, celle  des 1800 euros n’est ni excessive, ni révolutionnaire, ni spoliatrice, c’est simple justice, et en même temps simple régulation économique et sociale : ni la droite ni l’extrême droite, ni le capitalisme ne mettront cela en place naturellement, mais la gauche doit le faire, et c’est son rôle de le proposer, son idéal, son efficacité de le réaliser.

Des journalistes non informés mais qui se croient chargés d’informer osent écrire d’un trait de plume que « la hausse du smic est une « solution simpliste ».

C’est d’autant plus facile et rapide à faire, en échappant aux pressions des lobbys, que la hausse du smic et des minimas sociaux dépend du gouvernement. Cela ne suffira pas mais cela donnera confiance tout de suite à des millions de gens sur le fait que leur vie change, que le nouveau pouvoir vraiment de gauche, agira pour eux.

Les actionnaires et financiers, et leurs 95 % de médias, organiseront une campagne immédiate contre cette mesure, mais cela aura l’avantage d’être clair : dans une bataille droite, Macron, Medef, banques, contre la gauche au pouvoir, la vie politique nationale se réorganisera,  camp contre camp, salariat contre patronat et la suite des choix politiques que nous proposerons obtiendra un intérêt massif et un appui populaire.

En 2016, un salarié payé au SMIC pour un temps plein (35 h hebdomadaire, 151 h 66 mensuel) touche moins de 1.150 euros net par mois, 1 466,62 euros brut, ce qui porte le Smic annuel brut à 17.600 euros.

Il a été revalorisé au 1er janvier 2017 de seulement + 0,6 % pour passer à 9,67 euros brut (contre 9,61 euros en 2015) Pour rappel, en 2015, la revalorisation a été de 0,8 % (contre +1,1 % en 2014). En vérité, les gouvernements  Hollande, Ayrault, Valls ont déjà gelé le Smic aux seules augmentations légales.

Le SMIC ou salaire minimum interprofessionnel de croissance est le salaire horaire en dessous duquel l’employeur n’a pas le droit de descendre pour rémunérer un salarié et ce, quelle que soit la forme de sa rémunération (travail à la durée, au rendement, à la tâche, à la pièce, à la commission ou au pourboire). Le SMIC assure aux salariés dont les salaires sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d’achat. Mais il y a près de 2,8 millions de temps partiels. Même si 85 % des contrats sont en Cdi (95 % entre 29 ans et 54 ans).

Nous refusons la façon dont Macron veut reproduire ce qui se passe en Allemagne ou des “mini jobs” sont proposés aux immigrés, réfugiés à 80 centimes de l’heure. Nous refuserons aussi que les patrons appellent des “travailleurs détachés” sur notre sol, pour casser ce smic brut, avec des salaires bruts plus bas, fixés au niveau de leur pays d’origine. Le Smic brut s’appliquera à nouveau à tout salarié travaillant sur le territoire français. A travail égal salaire égal.

Nous refuserons aussi qu’existent des conventions collectives et accords de branches ou d’entreprises, ayant des minima conventionnels inférieurs au Smic. La loi l’emportera, pas de minimas conventionnels inférieurs, pas d’accord de branche inférieurs a la loi, principe de faveur.

Pareillement pour les indices de base du statut de la fonction publique. Tout revalorisation du Smic l’emportera aussitôt sur toutes les négociations : la loi l’emportera sur le contrat, et celles ci devront reprendre à partir des niveaux du smic. Ce qui aura pour effet de booster les négociations salariales annuelles obligatoires et pousser les grilles de salaire a la hausse.

Le Smic net – qui correspond au salaire que perçoit effectivement le salarié – est en effet obtenu en déduisant du smic brut les différentes cotisations sociales salariales : ce ne sont pas  “de charges” ce sont des “cotisations” et du “salaire brut”. Cela ne fait pas partie (contrairement aux “théories” et vocabulaire courant en usage chez les libéraux) des impôts ni des prélèvements obligatoires puisqu’il s’agit d’une part du salaire mutualisée entre tous les travailleuses et travailleurs, mise dans un pot commun, les organismes – de droit privé – de la protection sociale, collectés et redistribués pour la protection sociale, familles, logement, chômage, maladie, accidents du travail, retraite.

 

Macron, ennemi farouche du salaire net et brut,  propose aussi de réfléchir sur la « participation » et « l’intéressement » : ce sont des mesures qui prétendent faire profiter les salariés des « bons résultats » d’une entreprise. Ce procédé est déjà obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés quels que soient leur secteur d’activité ou leur effectif.

La participation concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat, elle se conclue par accord avec les délégués syndicaux, le CE et en outre l’accord doit être approuvé par les 2/3 du personnel. Le calcul de la participation se fait selon une formule complexe. Les sommes sont bloquées pendant 5 ans. S’il n’existe pas d’accord dans l’entreprise, elles sont même bloquées pendant 8 ans.

La participation permet à l’employeur et aux salariés de bénéficier d’avantages sociaux et fiscaux. Ainsi, pour l’employeur, les sommes de la réserve de participation :

- sont exonérées de la taxe sur les salaires ;

- sont déductibles de l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu.

La réserve de participation est exonérée de cotisations sociales et patronales.

Pour les salariés, les sommes dues au titre de la participation :

-   sont exonérées de cotisations sociales ;

sont soumises à la CSG et la CRDS après un abattement de 5 % ;

-   sont non imposables.

Pourquoi choisir la participation, et ne pas augmenter les salaires là où il y a en a le plus besoin : 23,6 % des salariés des TPE, (moins de 11 salariés, 18,6 % des salariés) sont rémunérés au Smic : commerce, restauration, tourisme, jeunes de moins de 25 ans, CDD, saisonniers, peu ou pas diplômés, femmes précaires, temps partiels…  27,4 % des employés et 20,2 % des ouvriers non qualifiés sont au Smic !

La participation n’est pas du salaire, pas davantage que l’intéressement : elle ne donne pas matière à cotisations,  et ne contribue pas à remplir les caisses de protection sociale au même titre que le salaire brut. Elle est difficile à mettre en oeuvre et longue à donner des fruits. Au contraire, la hausse des salaires à cet effet bénéfique entre tous, d’aider à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale puisqu’une partie de l’augmentation du salaire brut va alimenter notamment les caisses de retraite et d’assurance- maladie.

En les employeurs jouent à faire varier la participation et l’intéressement, en présentant leurs comptes de résultats différemment, en investissant, vendant, échangeant ou en rachetant leurs actions, être leurs différentes sociétés, au sein du groupe etc. ce qui fait qu’un salaire est plus « sûr ».

 

Le sens des 1800 euros

Et la hausse du Smic a un effet en cascade : elle bouscule la hiérarchie des grilles de salaires, niveau coefficient, échelon, et obligeant à renégocier, concerne tous les salariés et pas seulement ceux du bas de l’échelle. Ce que ne ferait pas la participation !

Faire tout de suite du bien aux gens.

Attacher la sympathie populaire au gouvernement de gauche unie que nous voulons substituer  au gouvernement de droite extreme thatcherien de Macron. Etre capable ainsi de résister aux campagnes de matraquage d’opinion anti hausse du Smic que les 95 % des grands médias des 7 milliardaires ne manqueront pas de faire aussitôt. (Avant qu’on ait le temps de faire une loi réglementant la presse, empêchant les concentrations, et le cumul des titres de journaux et des marchés publics, et privés : des mesures de démocratisation institutionnelle vers une 6° République).

Le Smic à 1800 euros c’est le meilleur gage de popularité, de dynamique garantie pour marcher ensuite par la loi vers le retour de la retraite à 60 ans, vers les 32 h, vers un salaire maxima à 20 fois le smic.

Macron a « l’argent au cœur », nous voulons  « le social au cœur », c’est s’appuyer sur les acteurs principaux du pays, les salariés soit 93 % des actifs. C’est donner des garanties liées aux jeunes, aux chômeurs, aux handicapés, aux retraités, avec la hausse des minimas sociaux.

C’est pour cela que le Medef veut légiférer pour ôter au gouvernement la capacité de fixer le taux du Smic – à la façon dont ils lui ont déjà enlevé le contrôle de la monnaie et des banques. Il voulait une commission d’experts, puis des mécanismes incontournables à la façon dont l’ordo libéralisme a fixé des « principes » (inflation à 1,5 %, déficit à 3 puis 0 %, dette à 60 %). Le choix politique de peser sur les salaires au nom d’impératifs économiques supérieurs (de droit divin ?) fixés par les patrons, (ses profits et dividendes) c’est un rêve de Medef.

Nous sommes au contraire avec un Smic brut à 1 800 € (ce qui était la proposition de la Cgt, laquelle a ajusté en 2016 sa revendication à 2000 euros) par mois pour un travail à temps plein ce qui signifie un Smic net de 1 386 € par mois ce qui n’est pas très élevé contrairement aux cris du patronat.

En 2016, le Smic brut s’élève à 1 467 € par mois : il augmentera donc de 333 €

Le Smic net s’élevant alors à 1 129 € par mois : il augmentera donc de 257 euros

Le Smic n’a pas eu de coup de pouce depuis 10 ans, à l’exception de celui, dérisoire, de 0,6 % au 1er juillet 2012 : 6,46 € par mois et l’équivalent de moins de deux baguettes de pain par semaine. Le pouvoir d’achat du Smic n’a pas augmenté depuis 2007.

Or les femmes représentent 80 % des salariés au Smic et sont particulièrement touchées. Entre juin 2012 et mai 2016, le Smic a augmenté de 11,5 %, quasiment la même évolution que celle de l’indice des prix à la consommation : + 10,5 %.

Ce retard doit être rattrapé.

Objectif carnets de commande remplis

Nous fixerons donc l’objectif de permettre, tout d’abord, aux salariés de vivre décemment s’ils travaillent à temps plein mais aussi s’ils travaillent à temps partiel. Le seuil de pauvreté étant égal à 60 % du revenu médian, soit 975 euros par mois pour une personne seule, nous voulons déjà sortir 1,9 million de travailleurs… des travailleurs pauvres.

A ceux qui disent c’est impossible, rappelons-leur qu’en juin 1968 qu’en juin 1968 le salaire minimum a augmenté de 33 % et même de 55 % dans l’agriculture. Les entreprises s’en sont trouvées mieux !

La hausse des salaires est consommée immédiatement par les salariés les plus pauvres. A l’artisan qui se plaindra d’avoir du mal à augmenter son seul compagnon, on lui dira, que si tous les salariés sont augmentés en même, certains feront enfin réparer leur gouttière, ce qu’ils avaient différé jusque-là.  Pareil pour le petit éditeur qui souffre de ne pouvoir augmenter ses neuf salariés, il vendra plus de livres.

L’élément moteur de la croissance économique, reste l’augmentation de la consommation malgré la pression ininterrompue sur les salaires. Immédiatement des millions de salariés achèteront massivement des produits de première nécessité.  C’est cela, les fameux « carnets de commande » des entreprises.

L’augmentation du Smic mettrait de l’énergie dans ce moteur et permettrait aux PME, notamment à celles qui sont indépendantes des grands groupes, de trouver un débouché à leur production et d’embaucher. On ne peut calculer le coût de l’augmentation du Smic sans tenir compte de la dynamique qu’elle entrainerait. On connaît le résultat tout au long des 4 dernières années : car le Smic a été bloqué et le chômage a quand même augmenté. Mais une hausse du Smic donnerait des retours en cotisations, impôts, commandes

En Allemagne, le Smic, ça marche

«  Le smic, c’est le chômage ». C’était le slogan de la campagne électorale d’Angela Merkel en septembre 2013 !

Mais elle a perdu l’élection et obtenu 8 sièges de moins et 800 000 voix de moins que le total gauche SPD, Die Linke, et les Grünen. C’est parce que les leaders de la gauche allemande n’ont pas voulu faire une coalition ensemble qu’Angela Merkel est restée Chancelière : le Spd a préféré gouverner avec la droite qu’avec la gauche (ce qui s’est mal terminé pour lui aux élections suivantes en septembre 2017), mais, au moins a t il mis dans la balance la création d’un Smic allemand.

Les économistes libéraux prévoyaient des licenciements massifs si ce Smic était mis en place. Ils se sont encore trompés !

Le patronat allemand prétendait que cela aboutirait à la suppression de 200 000 emplois en 2016. Contrairement à ces mauvaises prophéties, le salaire minimum en Allemagne fixé à 8,50 euros de l’heure, depuis le 1er janvier 2015, n’a ni pénalisé l’emploi ni favorisé l’inflation, selon une étude de l’IAB, institut de Nuremberg de recherche pour le marché du travail et l’emploi. L’institut a interrogé environ 16.000 entreprises, 20 % seulement ont affirmé avoir été affectées directement ou indirectement par la mise en place du salaire minimum. Seulement 18 % des entreprises ont augmenté le prix de leurs produits ou services. Seules 4,7 % des entreprises, soit moins de 1 entreprise sur 20, ont choisi de réduire leur personnel.

Voilà une expérimentation grandeur nature en faveur du Smic dont Macron devrait s’inspirer au lieu, chaque fois, de chercher dans un autre pays ce qu’il de pire comme exemple.

La même étude montre que de nombreuses entreprises, par contre, ont tenté de déroger au Smic pour payer moins leurs salariés : apprentis, stagiaires et chômeurs chroniques, peuvent, temporairement, percevoir moins de 8,50 euros de l’heure. Beaucoup d’entreprises ont opté pour la sous-traitance, le CDD ou la réduction des heures de travail. Et enfin se sont multipliés les « travailleurs détachés » qui sont de facto une fraude aux Smic.

Ce smic doit être adopté par tous les employeurs, hormis ceux évoluant dans certains secteurs, ayant signé des accords préalables. Les stagiaires et les personnes embauchées suite à un chômage de longue durée, ne sont pas pris en compte pour ce smic. Mais il a augmente els salaires pour 3,7 millions de travailleurs en 2015 et pour 4,7 millions de travailleurs en 2017.

Le SMIC allemand doit être réajusté tous les deux ans, en fonction des prix du marché. Il est passé à 8,84 brut de l’heure. Et la grande nouvelle c’est qu’il a dépassé celui de la France et atteint 1498 euros.

Ce qui n’empêche pas les patrons français de prétendre que  « la France est malade du smic » et Macron de leur tendre l’oreille attentive.

Salaires minimum dans l’Union européenne et aux Etats-Unis

L’Allemagne n’est pourtant pas seule à avoir introduit une loi pour le salaire minimum : 22 États membres de l’UE sur 28 ont un Smic. Seuls Chypre, Danemark, Autriche, Italie, Finlande et Suède n’ont pas de Smic.

En 2017, les pays ayant le Smic horaire le plus élevé sont le Luxembourg, avec 1998,59 euros, l’Irlande avec 1563,25 euros, la Belgique avec 1531,93 euros, les Pays-Bas avec 1551,60 euros, l’Allemagne, on l’a vu avec 1498 euros, et la France, en 7° position avec 1480,27 euros. (Le Smic du Royaume uni atteint 1396,90).

Ensuite viennent l’Espagne 825,65 €, la Slovénie 804,96 €, Malte 735,63 €, la Grèce 683,76 €, le Portugal 649,83 €, l’Estonie 470,00 €, la Pologne 453,48 €, la Slovaquie 435,00 €, la Croatie 433,35 €, la Hongrie 411,52 €, la République tchèque 407,09 €, la Lettonie 380,00 €, la Lituanie 380,00 € , la Roumanie 275,39 €, la Bulgarie 235,20 €.

L’Italie a pris la décision d’instaurer un Smic, elle aussi.

Première réflexion, en 7° position, la France, paie 10 ans de blocage du Smic.

Mais pour rendre la comparaison possible, Eurostat a calculé ce que représentent les salaires minima allemands et français en standard de pouvoir d’achat. Résultat : 1443,17 euros de l’autre côté du Rhin contre 1391,18 en France. Le salaire minimum allemand est donc plus élevé que le Smic français ce qui contredit bien des idées macroniennes reçues.

Ensuite, l’écart est de 1 à 9 entre le smic luxembourgeois et le smic bulgare.  Encore faut-il les comparer en « parité de pouvoir d’achat » : là les écarts sont plus resserrés, de 1 à 5, et surtout la France se trouve en 12° position (situation qui n’est compensée que de façon relative grâce à de meilleures prestations sociales, liés au cotisation sociales… que Macron veut supprimer !) !

Dans ce contexte, l’augmentation du Smic que nous préconisons en France sera « en phase » et aura un effet stimulant sur la mobilisation de tous les salariés européens qui ne supportent plus l’austérité sans fin et l’accroissement inouï des inégalités.

Revendiquer un Smic européen, comme « perspective » unificatrice, joue un rôle : cela sert à combattre le « dumping social » et donc les déplacements frauduleux de population salariée type travailleurs détachés. Si le niveau des salaires se rapproche dans l’UE, à quoi bon s’exiler ? A quoi bon délocaliser ?

On peut et on doit « aimer » le plombier polonais, le maçon portugais, l’ouvrier du bâtiment letton, le sidérurgiste tchèque, le chauffeur bulgare, le docker maltais, les aimer au point de vouloir qu’ils gagnent autant qu’un salarié français sans que celui-ci perde son niveau de salaire. Cela revient à lutter pour un « Smic européen » aligné progressivement et de façon dynamique par le haut

Pour un Smic unique européen :

En Europe, encore, où l’essentiel de notre sort économique se joue, (c’est pourquoi nous sommes favorables à des États unis d’Europe, à une Europe fédérale, mais avec harmonisation fiscale et sociale « par le haut », pas par le bas à la façon Macron), non seulement notre salaire brut annuel moyen est proche de celui de l’Europe des 27 et inférieur à celui de l’Europe des 15, mais les écarts avec les plus « compétitifs » diminuent de moitié si l’on tient compte du pouvoir d’achat respectif des salaires, et sont encore plus réduits si l’on « rapporte les coûts salariaux à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité de travail » ! Si l’on introduit une dimension temporelle depuis dix ans, on constate qu’une dynamique de rattrapage est à l’oeuvre.

Car si les écarts sont grands (de 1 à 9) entre les salaires moyens de l’UE des 15 et ceux des 10 nouveaux entrés en 2004, ils s’atténuent de 1 à 5 si l’on compare en « parité de pouvoir d’achat »,

Ils sont divisés de moitié lorsque les salaires sont exprimés en « unités de standard de pouvoir d’achat ».

Avec ce mode de calcul, le salaire moyen polonais qui était de 6,6 fois inférieur au salaire moyen britannique exprimé en euros n’est plus « que » 3,3 fois inférieur à ce même salaire exprimé en « unités de standard de pouvoir d’achat ».

Si ces écarts salariaux sont appréciés « par rapport à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité du travail », ils sont encore considérablement réduits.

C’est réaliste (et nécessaire) de combattre pour un  Smic européen. De même qu’il est réaliste de combattre pour un droit du travail européen aligné vers le haut, selon le principe de faveur, et d’empêcher le « dumping social » que Macron, lui, veut généraliser. Le désordre de la pensée que Macron traine sur tous les sujets que nous sommes en train d’examiner, le chômage, l’emploi, les salaires, l’empêche d’avoir une quelconque vision à proposer contre les libéraux à l’Europe, il se situe même a leur tête, « premier de cordée ».

 

Pour mémoire, exemple et réflexion, il existe une tentative de quasi Smic mondial… pour les marins. Étonnant, non ? Et avant-gardiste. Reconnu par seulement 48 pays, il a été négocié entre la Fédération patronale des armateurs et la Fédération internationale des transports, et installé en 1994. Il est réajusté tous les deux ans en « parité de pouvoir d’achat » et il atteignait 600 dollars à son origine. Sur les 48 pays signataires (ce n’est pas assez) 18 pays sont européens : il existe donc une ébauche de Smic européen, au moins dans une branche.

Ce n’est qu’un exemple de ce qui pourrait être (mieux) fait dans bien des secteurs : par exemple les routiers. Si la perspective en était politiquement tracée, (quand nous aurons minorisé et battu Macron c’est ce que nous ferons) un calendrier de négociations et de lois pourrait être planifié et mis en œuvre par branches puis par régions, puis par pays, dans l’Europe des 27  pour aligner les différents Smic progressivement au niveau le plus élevé, d’abord en parité de pouvoir d’achat puis en euros.

Dés qu’une telle perspective existe, délocalisations et « principe du pays d’origine » (ex-directive Bolkestein devenue à 80 % la directive MacCreevy, puis des « travailleurs détachés ») perdraient de leur intérêt : pourquoi emmener les machines là-bas s’il est prévu que le salaire de là-bas rattrape celui d’ici ? Pourquoi s’exiler pour venir travailler de Pologne en France, si le salaire polonais est programmé pour un même Smic européen ?

 

Si le seul horizon d’un Smic européen était fixé, par exemple pour 2025 ou 2030… tout change en Europe : le dumping social perd de son intérêt, délocalisations et trafic de main d’œuvre sont condamnés à reculer à terme… Ensuite, négocier par branche, par paliers, par zone géographique, par groupes de pays, dans la perspective d’un Smic, cela s’est toujours fait ainsi : le Smig en France a pris du temps avant de devenir le Smic, les abattements de zones ont été supprimés et nationalement le Smic a été aligné, mensualisé, hier sur 173 h 33 h, puis sur 169 h, aujourd’hui sur 151 h 66.

En 2004, le programme du Parti socialiste défendait encore « l’harmonisation progressive des droits sociaux au niveau le plus haut et l’instauration d’un salaire minimum européen et l’Europe des 35 h« . Il appelait aussi à une « nouvelle hiérarchie des règles internationales, des droits environnementaux, sociaux et humains devant être prioritaires sur le droit des affaires et de la concurrence ». Il obtint alors 30 % des voix aux élections européennes du 13 juin 2004. Hélas, il renonça à cette juste et populaire position lors du débat, en 2005, sur le « TCE » (traité constitutionnel européen) ce qui lui valut d’en payer le prix électoral en 2007. Revenu au pouvoir en 2012, il renonça, avec Hollande et Macron, a tout objectif progressiste et il perdit les élections européennes de 2014, où le Front national fut pour la première fois en tête.

 

Il faut tirer l’humanité et l’Europe vers le haut, et non pas l’abaisser au nom de la prétendue « concurrence » et du pseudo « libre-échange ». « L’OIT et l’OMC doivent devenir deux organismes agissant à parité de façon à introduire le droit du travail comme élément constitutif du droit de la concurrence ». (In « Avis » du Conseil économique et social, pour Seattle, nov. 1999). L’OMS (organisation mondiale de la santé) et une OME (organisation mondiale de l’environnement) devraient voir, au même titre que l’OMC, leurs recommandations s’imposer, et susceptibles de sanctions.

 

Qui ne voit pas la dynamique salariale possible dans l’Europe des 15 puis des 25 et 27 ? Qui croit que l’impressionnante envolée de la croissance en Chine, Inde ou en Russie ne va pas déboucher sur des revendications des salariats de ces pays ? Le choix est partout entre une politique qui fait régresser et épouse les pires déréglementations de la mondialisation financière libérale et une politique qui contrecarre les ravages antisociaux, les pillages des richesses produites par les salariés, qui défende protection sociale et environnement.

Faute d’ouvrir de telles perspectives, ce sont celles du désespoir et du nationalisme, de la « concurrence internationale » qui resurgissent : l’UE après le Brexit s’en trouve menacée d’éclatement. faire reculer les smic au lieu de les unifier vers le haut c’est la mort de l’UE.

Raisons de plus pour rompre avec Macron et l’étroitesse de ses visions de start up européennes, de baisse du cout du travail, de soumissions aux critères des libéraux et des banques.

La compétitivité ne se limite pas au coût du salaire

L’argument est toujours le même : « votre hausse du smic à 1800 euros portera atteinte à la compétitivité ». Mais la compétitivité par les coûts des produits ne se limite pas au coût du salaire, elle doit intégrer le coût du capital, celui des dividendes distribués.

Et tout dépend encore des choix des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 50 % du PIB, et des 80 % des PME, PMI, ETI, nous ne cessons de le dire, en dépendent. Et le million de petites entreprises TPE de moins de 11, dépendent aussi davantage de celles d’en-dessus, des donneurs d’ordre que de la part direct des salaires dans leur chiffre d’affaires. Ces choix c’est à l’état social, et stratège de les encadrer,

La compétitivité est liée à la qualité, au niveau de gammes des produits et donc aux investissements de recherche et développement réalisés par les entreprises.

Et, de ce point de vue, notre pays est très en retard sur l’Allemagne. En 2010, les entreprises allemandes ont consacré 31 milliards d’euro à la recherche- développement, les entreprises françaises seulement 15 milliards. Entre 2001 et 2010, trois fois plus de brevets ont été déposés en Allemagne qu’en France. Les grandes sociétés françaises ont fait le choix d’augmenter la distribution de dividendes plutôt que d’augmenter la recherche-développement.

Cette dernière s’élevait à 42 % des dividendes versés en 1992 et seulement à 25 % en 2010. Comment s’étonner, dans ces conditions,  du manque de compétitivité de l’économie française ? les patrons français coutent trop cher ! Le rôle de l’État est déterminant pour remédier à cette situation. Verser 61 milliards de crédit d’impôts sans « contrepartie », sans contrôle des embauches correspondantes, c’est du « laisser faire », et ce laisser-faire, on en a le résultat, employeurs et actionnaires n’ont pas embauché mais spéculé.

Et la responsabilité du patronat français, du Medef, de ceux là meme qui ont mis en place Macron, est terrible ! C’est le plus rapace, le plus assisté, toujours à se plaindre toujours à  réclamer, toujours a menacer, mais le plus médiocre quant aux résultats obtenus.

La compétitivité « hors coût » est, enfin, très importante. Cette compétitivité passe par les infrastructures, les transports, l’enseignement, les services publics et donc par les investissements publics. Le rôle de l’État, là encore, est déterminant. Les 61 milliards donnés l’ont été à court terme au secteur privé au détriment du secteur public – ce qui à long terme affaiblira l’environnement des entreprises.

Cette hausse du smic à 1800 euros va t elle « nous affaiblir dans la mondialisation » ?

S’il y a bien une bêtise répandue, c’est celle là : a-t-on remarqué que la précarité et les bas salaires étaient s’installés dans des secteurs qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale ? C’est le cas pour les 850 000 salariés de la restauration, de même que pour les 1,1 million de salariés du bâtiment, ou les 1,7 million de la grande distribution, et pour quantité de services aux personnes.

Le secteur ou il y a la précarité la plus grande, le turn over le plus important, les durées du travail les plus longues, les flexibilités les plus fortes, les maladies professionnelles et la pénibilité parmi les plus élevées, et les salaires les plus bas… n’est pas soumis a la compétition internationale, ce sont les HCR (hôtels, cafés, restaurants) et la grande distribution.

Comment les « majors » du bâtiment, les Bouygues, Vinci, Eiffage, Lafarge,  extraient-ils tant de milliards d’euros des… travailleurs du bâtiment ? Eux non plus ne sont pas soumis à la mondialisation ! Au contraire, ils l’organisent à l’inverse, en faisant venir des centaines de milliers d’immigrés sous-payés, et « détachés » sans cotisations sociales de notre niveau.

En matière de concurrence internationale et d’emploi, les entreprises ne sont pas, en France, défavorisées par le poids de prétendues « charges sociales » !

Surtout quand la France est au 7° rang du smic européen au 12° rang en pouvoir d’achat.

Des milliards d’exonérations de cotisations sociales ont été accordées depuis vingt ans aux entreprises françaises : elles n’ont nullement débouché sur la baisse du chômage. Pas plus avec le CICE de 61 milliards. Toues les études montrent que cela a été une gabegie, un fiasco total.

On pourrait faire autrement : « - Haussez les salaires, baisser le poids des dividendes » et les entreprises françaises resteraient aussi « compétitives » pour le coût de leurs produits, non ? Au lieu que ce soit les salariés qui se serrent la ceinture, ce serait les capitalistes qui le feraient. Envisageable, non ?

Guillaume Duval d’Alternatives économiques l’écrivait : « Si, à niveau de richesse comparable, le chômage est le plus important chez nous que chez nos voisins, c’est justement parce que ceux qui ont un emploi en France, sont particulièrement productifs. »

Rajoutons : c’est aussi parce que leurs employeurs sont particulièrement rapaces.

Ce sont en effet, les salariés français qui sont les plus productifs au monde selon les chiffres du BLS, Bureau of Labor Statistics, organisme américain peu suspect de sympathie syndicale, ni de francophilie. « Un Français produit 71 900 dollars de richesse en moyenne au cours de l’année 2005, certes moins que les 81 000 dollars produits par un salarié américain mais beaucoup plus que les 64 100 dollars d’un Anglais, les 59 100 des Allemands, les 56 300 dollars des Japonais ». (Article dans Libération le 7 mai 2007 : « Les Français ne sont pas des paresseux »).

Aux Etats-Unis, la Californie (devenue, en 2016, la 6ème  puissance économique mondiale, devant la France) a décidé d’augmenter son salaire minimum de moitié, à 15 euros de l’heure à l’horizon 2022. L’État de New-York s’est fixé le même objectif pour 2018. Les démocrates d’Hillary Clinton, il est vrai sous la pression de Bernie Senders, ont proposé proposent une hausse de 44,7% du Smic américain en le portant à 15 dollars. Six états américains ont vote en faveur de cette proposition en novembre 2016, dont la Californie, New York, le Michigan, le Wisconsin…

Qui peut prendre de haut, qui a des arguments pour refuser notre proposition circonstanciée anti Macron  et anti Medef : augmenter massivement les salaires ?

Peu importe qu’il n’y ait aucun risque de « délocalisations », le chantage de la propagande totalitaire façon Medef et Macron est utilisé quand même : il faut flexibiliser l’emploi pour « s’adapter à la mondialisation ». Il faut « adapter le droit du travail aux besoins des entreprises » (F Hollande conférence de presse septembre 2015).

Elle a bon dos, la mondialisation !

Si nous pouvons renverser Macron et sa politique,  nous proposerons d’augmenter le smic à 1800 euros et par exemple d’interdire dans toute entreprise, sauf dérogation préalable et exceptionnelle de l’inspection du travail, plus de 5 % de CDD ou d’intérim : la précarité reculerait aussi rapidement qu’elle a progressé.

Si au lieu de reprendre le discours fataliste de la précarité induite par la mondialisation, la prochain quinquennat  réglementait le temps partiel, réinstaurait un contrôle de la puissance publique sur les licenciements abusifs et boursiers, encadrait la sous-traitance et prenait des mesures législatives pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale (en rendant les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche et en instaurant les deux jours de repos consécutifs pour tous), le progrès de la précarité s’inverserait.

En quoi la mondialisation nous empêcherait-t-elle de hausser le smic et de mieux partager les richesses… en France ? Le présent plaidoyer écarte tous les mauvais arguments de la propagande libérale et de l’horreur économique qu’elle impose à notre monde.

Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les impôts justes, c’est-à-dire les impôts sur le revenu, progressifs et redistributifs (et l’impôt sur la fortune, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les profits pétroliers) et de baisser les impôts injustes (TVA, taxe d’habitation, redevances diverses) ?

Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les salaires, de restaurer ainsi nos caisses de protection sociale et de relancer la consommation, l’économie du pays ?  Sinon l’égoïsme du patronat et des banquiers français ?

Rien en Europe, rien dans le monde ne nous contraint à développer la précarité, à attaquer le droit du travail et à liquider nos services publics…

C’est criminel de favoriser les 363 000 familles riches payant l’impôt sur la fortune (ISF), et aucune exigence « mondiale » ne nous l’impose : même pas le chantage à leur « départ », car s’ils fraudent ou fuient, nous les rattraperons, aucun n’échappera au fisc, aujourd’hui chaque centime est localisable, identifiable dans n’importe quelle banque de la planète.

En quoi, alors, le refus d’augmenter le Smic serait-il dicté par les impératifs de la mondialisation ?

La France est le deuxième ou troisième pays importateur et exportateur de capitaux, tant la confiance mondiale dans son économie est grande.

Cinquième puissance mondiale, jamais elle n’a été aussi riche : il serait possible, redisons-le face aux chantage a la mondialisation, de redistribuer ces richesses – par le smic à 1800 euros, les 32 heures, la retraite à 60 ans – pour sortir nos banlieues du chômage et de la misère, relancer l’emploi, soutenir la santé pour tous, l’école, la formation, la recherche, la culture et l’ensemble des services publics.

Ce n’est pas la concurrence internationale qui nous impose des choix politiques contraires, mais une conversion idéologique au néolibéralisme régnant outre-Atlantique et à l’ordo-libéralisme allemand.

Ce ne sont pas seulement les effets de la mondialisation qui expliquent le développement de la précarité en France depuis vingt ans, mais des choix politiques.

D’ailleurs, on va le vérifier, Macron fait du zèle, plus que ce que les libéraux européens lui demandent ; on va le prouver, « les recommandations européennes du 27 mai 2017 concernant la France sont bien en deçà des ordonnances scélérates « anti travail » que Macron impose à notre pays.

Oui l’état peut beaucoup.

Oui les lois et les décisions juridiques peuvent s’imposer aux entreprises. Oui, la puissance publique peut encadrer celles ci (puisque le patronat en est incapable). Le volontarisme mérite un éloge.

Prenons l’exemple, de l’entrée des femmes sur le marché du travail dans les années 1970, progressivement et assez rapidement, mais à temps plein, jusqu’à aujourd’hui.

Si un changement est intervenu, si, aujourd’hui, 85 % des temps partiels sont dévolus à des femmes à 80 % non qualifiées, c’est essentiellement à la suite de mesures juridico-politiques.

À la veille des élections législatives de 1993, Pierre Bérégovoy croyait pouvoir baisser le taux de chômage en autorisant 50 % d’exonérations de cotisations sociales pour tout emploi à temps partiel. Même Édouard Balladur, en lui succédant, trouvera la mesure excessive et ramènera l’exonération à 30 %. Mais le mal était fait, et l’on passa, entre 1993 et 1995, de 11 % de temps partiels à 17 % : des métiers entiers sont concernés comme dans la branche de la grande distribution qui se rue sur l’aubaine.

On ne dit plus « caissier » mais « caissière » et le temps partiel y devient la règle avec tous ses aléas (des journées d’une amplitude de 12 heures pour 6 heures réellement payées au Smic).

De même, ce sont les « allers retours » juridiques sur la définition et l’usage des CDD, entre les lois Auroux, les lois Chirac-Séguin (1986-1988), les lois Rocard (1989), la loi quinquennale Balladur-Giraud (janvier 1994) qui ont facilité leur expansion. La loi Sapin du 14 juin 2013, fait mine de modifier cela et impose (en apparence, pour plaire à la direction CFDT, mais celle ci s’est fait « rouler ») des temps partiels « plancher à 24 h par semaine », mais les lois Macron (8 août 2015) puis El Khomri (loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite loi El Khomri) suppriment à leur tour cela. Il s’agit bel et bien de mesures politiques successives, pas de fatalité ni d’impératifs catégoriques économiques.

Pareillement, le travail de nuit des femmes, a été imposé par la Cour de justice européenne en 1990, au nom « de l’égalité professionnelle femmes-hommes ». Le ministère du travail français en 1992 avait cédé à tort sur ce point, à la pression de l’UE. Cette flexibilité cruelle a créé de l’emploi. Pourtant cette égalité professionnelle aurait du se réaliser en limitant encore le travail de nuit des hommes aux seules contraintes absolue où il était impossible de faire autrement. Et voilà, depuis plus de 25 ans, il y a un million de salariés de plus la nuit et ce sont des femmes. Et il y a davantage de souffrance au travail (le travail de nuit ça nuit et ça fait mourir plus tôt) et aussi davantage de chômage.

Dans un livre collectif de débat Travail flexible, salariés jetables [1], le mensuel Alternatives économiques jugeait bon d’écrire qu’il n’y avait que « Gérard Filoche qui croyait que la lutte contre la précarité et la flexibilité pouvait se régler par des mesures juridiques ». C’est pourtant bien de cette façon qu’elles se sont développées et, réciproquement, c’est par volontarisme politique que le gouvernement Jospin est parvenu, un temps, à les faire reculer avec les 35 h.

Quand on veut, on peut.

Surtout quand les mesures qu’on prend vont dans l’intérêt de dizaines de millions de salariés. Quand elles vont à l’encontre, comme les mesures libérales a répétition de ces dernières décennies, elles échouent toutes.

Si, de 1997 à 2001, la France a accumulé les records de créations d’emplois et de baisse du chômage avec 2,1 millions d’emplois créés et 750 000 chômeurs en moins, si elle a connu une période de croissance plus importante que des pays de même niveau et si le taux de chômage des jeunes est passé de 28 % en 1997 à 18,7 % en 2000, c’est bien le résultat de mesures politiques et juridiques. Les trois années 1998-1999-2000, sous Lionel Jospin, sont les plus exceptionnelles de l’histoire du XXe siècle en matière d’emploi, de droit du travail, de développement du salariat et de recul de la précarité. Si bien que lorsqu’on souligne les reculs des trente ans écoulés, il faut préciser : en dépit de ces trois années-là. Au cours de cette période, la masse salariale a augmenté, les caisses de protection sociale sont devenues excédentaires, la précarité a même légèrement reculé (- 0,4 % environ), de même que les CDD (- 33 000, soit une baisse de 1,5 % entre mars 2000 et mars 2001), les temps partiels (- 0,6 %) et les emplois aidés (qui sont passés de 455 000 à 408 000), le chômage partiel a quant à lui fortement baissé (- 64 % en 1999). L’intérim baissait au début de 2001 mais il avait ré-augmenté au second semestre 2001.

Dans le mouvement socialiste mondial de l’époque, le gouvernement « rouge-rose-vert » de Lionel Jospin avait des caractéristiques plus avancées qui le distinguaient significativement des tenants de la « troisième voie » Clinton-Blair et aussi totalement opposé dans l’esprit et la pratique, à toute la politique conduite à partir de 2012.

Davantage proche de ce que fut le premier gouvernement de la gauche en 1981-1982, Lionel Jospin avait opéré certains choix volontaires que le reste de la social-démocratie européenne avait refusés : les 35 heures sans perte de salaire, des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la couverture maladie universelle (CMU), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées…

En 2002, la France était alors, de façon relative, l’un des pays au monde les plus avancés socialement. La droite se plaignait qu’il y ait trop d’argent dans les caisses, et brocardait, tout le monde l’a oublié,  la « cagnotte publique » du gouvernement Jospin. Selon la droite, il y avait trop d’argent dans les caisses ! Pas assez de dettes sans doute ?

Cette parenthèse heureuse a été refermée à partir de 2002 avec l’avènement d’une « droite décomplexée » appuyée par un patronat Medef « refondé », financiarisé, décidé à imposer un aggiornamento en matière de droit du travail.

Et c’est François Hollande trahissant tous les espoirs liés au retour de la gauche en mai juin 2012 qui a cassé tout cela, et sur certains points, le code du travail, de façon plus terrible que les droits de Chirac et Sarkozy revenant sur les 40 h de Blum, les 39 h de Mitterrand, et les 35 h de Jospin.

Il faut pour résister à la mondialisation, non pas déréglementer mais au contraire un droit du travail strict, contrôle et sanctionné qui appuie et s’appuie sur le rapport de force social, et abroger pour cela la scélérate loi El Khomri de 2016.

Cette question du code du travail, de l’ordre public social ou non, aggravée par Macron, est maintenant un enjeu social, théorique, pratique, entre la gauche et la droite, elle a crée un fossé entre socialistes et ex-socialistes, ceux qui se sont adaptés quasi totalement aux théories libérales macroniennes, et ceux, la gauche socialiste qui se sont acharnés à essayer de sauver un minimum de transformations sociales.

Hollande lui, a choisi, avec Macron, de casser ce qu’avaient fait Léon Blum, François Mitterrand et Lionel Jospin en matière de réduction du temps de travail, des 40 h aux 39 h et aux 35 h. Macron a entrainé un certain nombre d’ex socialistes, vite désarçonnés, repentants mais trop tard. La gauche socialiste, avec le reste de la gauche maintient l’alternative : 1800 euros, 60 ans, 32 h, 5 % de précaires, pas de salaires supérieurs à 20 fois le Smic…

 

23 Commentaires

  1. socrate
    Posted 6 décembre 2017 at 13:52 | Permalien

    dans une époque de mondialisation intensive , un appel d’air au moins disant social ; et au mieux disant fiscal croire qu on peut augmenter le smic tout en restant dans l’union européenne telle qu’est est relève du doux rève…

    https://www.youtube.com/watch?v=JlXCwe1ZQKI

  2. gregory
    Posted 7 décembre 2017 at 16:35 | Permalien

    Aucun de ces pseudo expert n’est payé au smic, que savent-il des personnes qui sont payé au smic ?

  3. Bourdais Marc
    Posted 7 décembre 2017 at 18:28 | Permalien

    Je n’ai pas beaucoup d’illusions sur le degré d’empathie des experts, surtout si l’on tient compte des éventuels conflits d’intérêts. Ils considèrent le SMIC comme une variable d’ajustement, un chiffre parmi d’autres dans leur univers arithmétique.

    Le « reste à vivre », serait plus parlant même si ce type de calcul ajouterait encore de l’humiliation à leurs railleries. Les nantis sont très forts pour expliquer à ceux qui n’ont rien qu’ils peuvent se passer de tout le reste.

    Dans le même temps, ils veulent des salariés ponctuels, mobiles, motivés, impliqués, polis, raisonnables et en bonne santé… et puis c’est tellement vulgaire de parler d’argent quand on a la chance de travailler !

    Votre bon maître.

  4. Gilbert Duroux
    Posted 7 décembre 2017 at 20:00 | Permalien

    Une leçon d’élégance de Ruffin à tous ces cochons encravattés de l’Assemblée nationale :
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=12&v=qaBrXzrNWPU

  5. ELLE
    Posted 8 décembre 2017 at 10:01 | Permalien

    Le raisonnement de Gérard Filoche est juste et prouvé par une argumentation sans faille.

    Augmenterle smic,tirer les mesures sociales europeennes parle haut,jouersur la redistribution des richesses par des mesures fiscales fortes et ciblées, sont pour moi une évidence et bénéfieraient à une grande majorité de la population vivant en France.

    Alors pourquoi le vote démocratique promeut des hommes et femmes politiques qui depuis Jospin agissent autrement ?

    Pour moi, c’est la question centrale à se poser.

    Quand j’écoute les gens autour de moi, je constate qu’être assimilé à des riches ou à des pauvres ne plait pas.

    Etre riche comme le croit le petit épargnant, fait peur et le pousse à rejeter d’emblée toute politique sociale, craignant de perdre sa fierté de toute une vie de labeur et de faire mauvaise figure vis a vis de ses enfants.

    Etre consideré comme pauvre, c’est perdre sa dignité et passer pour un pauvre type ou une pauvre femme qui n’a pas su conduire sa vie.

    C’est pourquoi, je pense que les mots riches et pauvres devraient être bannis du vocabulaire des militants qui sont pour la justice sociale, car ils renvoient à une peur et une culpabilité, non fondées, mais ancrées dans notre culture française.

  6. Posted 8 décembre 2017 at 11:34 | Permalien

    C’est a la fois en tant qu’ami de Gérard et comme militant juif-israélien que je m’adresse a vous aujourd’hui.
    Je connais Gérard Filoche depuis plus de 45 ans, et si j’ai eu parfois des divergences politiques avec lui, j’ai une certitude: il n’est pas et n’a jamais ete raciste. Un point c’est tout.
    Gérard est aujourd’hui une double victime: victime d’abord des nouvelles technologies et de la rapidité des réseaux sociaux. Les militants de notre génération en ont fait souvent l’expérience, par des réactions trop hâtives qu’il nous faut immédiatement corriger… ce qu’a évidement fait Gérard.
    Mais quand on est un militant qui dérange, on n’a pas droit a l’erreur. Et le faux pas de Gérard a fournit un prétexte a ses nombreux adversaires dans et hors du PS pour lancer une cabale contre lui, et le délégitimer.
    Gérard Filoche est aujourd’hui la victime d’une campagne qui instrumentalise la terrible accusation d’antisémitisme pour le détruire et faire taire ses combats.
    L’accusation d’antisémitisme pour faire taire des voix qu’on ne veut pas laisser s’exprimer est d’une terrible efficacité: demandez a Daniel Mermet ou encore a Edgar Morin comment ils ont vécu cette accusation infamante quand ils dénonçaient les crimes israéliens dans les territoires occupes au début des années 2000.
    Cette instrumentalisation de l’accusation d’antisémitisme dont Gérard est aujourd’hui la nouvelle victime, est aussi une banalisation de ce fléau. Or l’antisémitisme Français est encore aujourd’hui trop réel pour qu’on se paie le luxe de le banaliser, même s’ils sont nombreux ces antisémites vieille-France qui se sont recyclés dans l’islamophobie qui est plus dans l’esprit de notre temps de régression.
    (…)
    En prenant la défense de Gérard Filoche, on ne rend pas seulement justice a un militant calomnié ; on lutte également contre ce renouveau d’une culture de délation et de diabolisation de tout ceux ou celles qui refusent de célébrer la messe de la pensée unique. En accusant un homme comme Gérard Filoche d’être antisémite, c’est la lutte commune contre tous les racismes qui est attaquée
    michael warcharski

  7. Posted 9 décembre 2017 at 23:55 | Permalien

    Gérard Filoche est exclut du parti socialiste.
    C’est un paradoxe cruel : combien de fois ai-je débattu avec lui pour l’inciter à quitter ce parti qui n’avait plus de socialiste que le nom ? Un parti qu’il ne désespérait pas de changer de l’intérieur ; de ramener au socialisme, le vrai, dans un combat qui se confond avec sa vie elle-même. Et aujourd’hui c’est ce même parti qui le chasse sous un prétexte fallacieux. Au regard de ses engagements, c’est insoutenable d’évincer Gérard Filoche pour avoir tweeté je ne sais quelle ânerie sur Macron entourés de banquiers juifs ? Il s’en est expliqué, il s’en est excusé et à l’heure où les députés votent le droit à l’erreur pour les fraudeurs du fisc c’est le pompon de voir Gérard Filoche désigné à la vindicte populaire pour une connerie vite rattrapée. Gérard Filoche n’est pas antisémite répétons le sur tous les tons pour que les socialistes atteints de surdité l’entendent enfin. Mais cette accusation n’est sans doute un leurre. Elle en cache une de plus grave à leurs yeux. Gérard Filoche n’a renoncé ni à la lutte des classes, ni à la défense des droits sociaux, ni à l’abaissement du temps de travail, ni aux combats historiques de la gauche : Gérard Filoche n’a pas renoncé à être socialiste. C’est cela qui est inacceptable pour ceux de ce parti qui ont, depuis longtemps, fait une croix sur les idéaux de Jaurès. A nouveau nous sommes devant un paradoxe : Gérard Filoche est exclut du parti socialiste parce qu’il est socialiste !
    Vive la Sociale !

    Gérard Mordillat

  8. Posted 9 décembre 2017 at 23:56 | Permalien

    « Quand il sont venus arrêter les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste
    Quand ils sont venus arrêter les syndicalistes, je n’ai rien dit je n’étais pas syndicaliste
    Quand ils sont venus arrêter les juifs, je n’ai rien, je n’étais pas juif
    Quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester »
    Pasteur Niemoeller
    Nous n’avons pas le droit de nous taire sur l’abomination qui s’est abattue sur Gérard Filoche qui a consacré sa vie professionnelle, associative, militante, politique à la lutte contre les injustices quelles qu’elles soient et les discriminations quelles qu’elles soient .. et bien évidemment contre le racisme et l’antisémitisme, ça va sans dire…
    Alors cette image, je l’ai vue passer pendant les quelques malheureuses minutes où elle était sur tweeter : à part Macron, je n’ai rien vu, le fond était sombre, on ne distinguait pas les fameux visages, Rothschild ? Qui connaît le visage de Rothschild ? Drahi ? qui connaît le visage de Drahi ? Il est juif ? Même pas, il est libanais (mais tant qu’on y est !) Les drapeaux ? Invisibles dans la 1e version de cette image, qui par la suite a été trafiquée avec un fond illuminé… A l’instar de chercheurs spécialistes des documents de propagande des années trente, je n’ai rien vu ! Et comme eux, je dis que pour décrypter cette image immédiatement il fallait être soit obsédé par les traces d’antisémitisme soit antisémite soi même… cette image, ne pouvait être postée que par quelqu’un aux antipodes de l’antisémitisme…
    Et pourtant : après recherches, oui, c’est une image antisémite, réalisée par un site antisémite… celui qui consiste à relier le monde de l’argent « à la juiverie internationale » (terme élégant de l’extrême droite antisémite) qui mènerait au chaos du monde… cet antisémitisme primaire là qui a amené aux horreurs que l’on sait…
    Alors d’où je parle ? Je suis la petite fille du frère de Léon Blum : mon père et son père, très proches « d’oncle Léon » ont vécu directement dans leur chair cet antisémitisme là mon père lynché, sa mère déportée, le jeune frère René brulé vif, nu, au milieu de ses livres devant le four crématoire, Léon Blum a été l’homme le plus honni, le plus haï, la plus grande cible de l’extrême droite et de l’antisémitisme… dans ma famille l’antisémitisme, on connaît…
    Alors quand j’ai entendu sur toutes les radios (France inter…) toute les télés que Gérard était « l’auteur d’un tweet antisémite » mon sang n’a fait qu’un tour : qui ose dire des choses aussi abominables de Gérard Filoche ???
    Comment peut on accuser Gérard de pareille infamie ? Puis j’ai écouté le BN du PS : « Gérard Filoche est exclu du PS parce que « auteur » d’un post antisémite. Puis plainte en justice d’associations pour « incitation à la violence et à la haine raciale » dans quel cauchemar sommes nous ? Ces gens là savent-ils de quoi ils parlent ? Non ! Il y a des moments où l’inculture, la bêtise, la veulerie, le bas calcul deviennent des dangers publics ! Ils utilisent les pires moyens et formulations de l’extrême droite antisémite avec la caisse de résonnance des réseaux sociaux, la vitesse de propagation des pires infamies, (dont celle qui touche Gérard), font des réseaux sociaux, dans ces moments là, le pire des procureurs, n’importe qui peut accuser qui n’importe quand, de n’importe quoi ! Oui, il faut être vigilant, mais oui, il faut parler, et dire, pour défendre l’honneur de Gérard Filoche

    Christine Blum-Reboul sociologue et attac

  9. Posted 9 décembre 2017 at 23:56 | Permalien

    déroulé

    Mot de Michel Warschawski (président du Centre d’information alternative de Jérusalem)

    Gus Massiah (économiste et altermondialiste)

    Olivier Dupuis (CGT RTE EDF)

    Christine Blum (consultante formatrice, petite nièce de Léon Blum)

    Jacques Boutault (EELV, maire du 2d arrondissement de Paris)

    Jean Paul Bussy (CGT interim)

    Jacques Bidet (philosophe)

    Anne de Haro (CGT Prud’hommes)

    Willy Pelletier (sociologue, Fondation Copernic)

    Mot de Gérard Mordillat

    Sandra Demarcq (direction du NPA)

    Daniel Mermet (journaliste et producteur)

    Lucien Jallamion (République et Socialisme)

    Karl Ghazi (UD CGT 75)

    Jean-Pierre Mercier (CGT PSA)

    Laurent Degousée (Solidaires)

    Julien Boieldieu (synd cgt de l’Inspection du travail)

    Patrick Brody (Commerce CGT)

    François Ruffin (réalisateur, député France Insoumise)

    Eric Thouzeau (GDS)

    Gérard Filoche

  10. Posted 9 décembre 2017 at 23:57 | Permalien

    Sont aussi signataires parmi les 15 000

    Gilbert Achcar universitaire
    Etienne Adam, syndicalsite, 14
    Danielle Auroi, ancienne deputée EELV
    Marinette Bache conseillère de Paris,
    Francine Bavay écologie sociale
    Jean Claude Chailley Attac
    Marie-Laure Dufresne-Castet avocate
    Alain Dugrand écrivain
    Ian Dufour, inspecteur du travail CGT
    Michelle Ernis, conseillère municipale St Etienne du Rouvray
    Pascale Fautrier écrivain
    Jo Forcadell, dessinateur,
    Bernard Friot réseau salariat
    Bruno Gaccio
    Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle
    Jiho dessinateur,
    Stéphane Kadri, avocat
    Marcel Francis Kahn
    Jérôme Lambert, député,
    Hervé Le Corre, écrivain,
    Jacques Laborit, psychanaliste
    Stéphane Maggi
    Daniel Mermet,
    edgar morin
    Gilles Perret, réalisateur,
    Denis Robert
    Barbara Romagnan, ex députe PS
    Danielle Simonnet
    Aizzedine Taibi maire de Stains
    Chloé Verlhac Tignous
    Michael Warcharwski
    Maryse Wolinski

  11. Gilbert Duroux
    Posted 10 décembre 2017 at 1:14 | Permalien

    Je ne voudrais pas me pousser du col, mais Gérard Mordillat dit exactement ce que je dis depuis des lustres et qui m’a valu plus d’une fois les foudres de Gérard Filoche. Mais peut-être qu’aujourd’hui GF va admettre que le PS n’a même plus besoin d’avoir un idiot utile en son sein ? Plus besoin d’alibi de gauche, le parti dit socialiste assume de ne plus être socialiste. Val avait raison de réclamer un changement de nom. Il faut laisser l’étiquette de socialiste aux socialistes.

  12. Pierre
    Posted 10 décembre 2017 at 12:36 | Permalien

    Le deces d’un chanteur tres populaire a emu et rassemblé plus de gens dans les rues que n’ont emu et rassemblé les manifs contre les ordonnances macron et la casse du code du Travail. Je sais, il ne faut pas etre negatif ni desesperer. Maid personnellement, ça m’inquiète. Oui il y a eu le front populaire et des luttes sociales en France. Mais si les patrons ont eu peur pendant un temps, c’est parce qu’en Russie ou en Espagne, des pays tres proches de la France, des gens ont montré qu’ils etaient prets a risquer leur vie pour un ideal et il y a eu beaucoup de morts. Aujourdhui , les patrons n’ont plus peur et les salaries français doivent s’unir et attaquer comme le firent en leur temps les republicains espagnols ou les paysans et proletaires russes. Aujourd’hui personne ne peut faire peur aux patrons a leur place. Auront ils la volonte de s’unir et le courage d’aller en premiere ligne ? De payer le prix tres risqué de l’engagement ? Je ne pense pas. Sinon pour defendre Gerard Filoche, tout le Ps serait vent debout et revolté.

  13. Posted 10 décembre 2017 at 14:50 | Permalien

    Convergences et structures salariales dans l’Union européenne
    Olivier Filatriau, Vincent Marcus, Insee
    Alors que l’ouverture des marchés du travail offre de nouvelles possibilités pour les salariés européens, le thème de la comparaison des salaires en Europe est au coeur du débat public. Or, d’un pays à l’autre de l’Europe des 25, la situation salariale est très diverse.
    Ainsi, en 2004, le salaire brut annuelmoyen d’un travailleur à temps complet de l’industrie ou des services est au moins cinq fois plus élevé en France qu’en Slovaquie.
    Plus généralement, le clivage reste fort entre, d’une part, les pays de l’ex-Europe des 15 et d’autre part, les dix nouveaux pays entrés dans l’Union européenne. Ces derniers se caractérisent globalement par un salaire moyen inférieur à 7 000 euros dans l’industrie et les services, alors qu’il dépasse les 30 000 euros en moyenne pour les pays de l’UE15 et s’élève à 29 600 euros en France.
    Cependant, si l’on tient compte du pouvoir d’achat respectif des salaires, les écarts entre nouveaux pays membres et pays de l’UE15 diminuent de moitié. Plus encore, lorsqu’on rapporte les coûts salariaux à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité du travail, l’hétérogénéité entre pays est encore plus réduite. Enfin, si l’on introduit une dimension temporelle, on constate qu’une dynamique de rattrapage est à l’oeuvre.
    Elle a pu s’observer en Europe du Sud, elle s’ébauche à l’Est. Mais les disparités salariales existent aussi au sein de chaque pays en fonction du niveau de formation, de l’âge, du sexe ou du secteur d’activité. Ainsi, partout en Europe un niveau de formation initial élevé tire le salaire à la hausse,même si dans les pays scandinaves où l’effort de formation continue est important, l’effet du diplôme est moins marqué.
    Partout également, le salaire moyen des femmes est inférieur à celui des hommes mais cet écart est moindre dans les pays où les femmes participent le plus au marché du travail.

  14. Posted 10 décembre 2017 at 17:35 | Permalien

    Sur France info ils ont passé une émission ce matin (7h10) « l’instant détox » qui parle de ton tweet et qui t’accable.
    Il faut retrouver l’émission et demander un droit de réponse.
    Anne

  15. Gilbert Duroux
    Posted 11 décembre 2017 at 17:12 | Permalien

    Macron continue à faire son marché au sein du PS, avec pour but de finir de démolir ce parti. C’est Delanoë qui est maintenant dans le collimateur :
    http://www.lepoint.fr/politique/bertrand-delanoe-dans-le-viseur-d-emmanuel-macron-11-12-2017-2178835_20.php

    J’apprends, au passage, que le ministre des Affaires étrangères, Le Drian, est toujours au PS. Je croyais que le PS était dans l’opposition. On m’aurait menti ?

  16. Pro-Autogestion
    Posted 13 décembre 2017 at 1:31 | Permalien

    Bonjour !

    Si vous voulez aider par un geste simple les travailleurs de carrefour en lutte contre l’ouverture forcée des magasins le dimanche et la suppression de 5000 emplois, une action à faire tout de suite : tapez sur google « carrefour market » ou « carrefour city » sur Google et dans la rubrique « avis Google », laissez un message de soutien à cette lutte et d’opposition à cette énième attaque patronale !

  17. Posted 13 décembre 2017 at 12:16 | Permalien

    reçu ça :

    MNL ne prend aucun risque, ce n’est pas le moment de se fâcher avec la direction… Elle va refonder le PS avec l’aile droite sans aucun scrupule. Surtout depuis qu’elle a voté l’exclusion de Gérard Filoche. Quand on a des camarades comme ça, on a pas besoin d’adversaire…

    Le 13 décembre 2017 à 01:53, Jean-Michel B a écrit :

    Défendre ses intérêts d’apparatchik ? Elle risquait quoi? Ne pas obtenir ses 5% de membres du CN pour le congrès?

    Le mercredi 13 décembre 2017 à 00:25:58 UTC+1, FL a écrit :

    MLN, la gauche à contre coeur, c’est une belle défintion.

    Celle qui sait s’asseoir sur ses convictions quand il s’agit de défendre ses intérêts d’apparatchik.

    J’ai une autre définition : le cancer de de la gauche.

  18. Posted 13 décembre 2017 at 13:13 | Permalien

    petit bilan Agenda G Filoche 2° semestre 2017

    Réunions GDS conférences téléphoniques et le 1ier mercredi de chaque mois

    1er septembre : sortie de deux livres : « Décortiquons les ordonnances anti travail » (120 pages, 10 euros, Ed. D&S)

    « 100 ans après la révolution russe racontée aux ados » ( Ed. L’esprit du temps)

    Mardi 5 septembre : réunion ordonnances anti travail Nantes 44 Attac (330)

    Mercredi 6 septembre : Ministère environnement CGT de 12 h 30 (130) à 14 h puis réunion à Saint-Pierre-du-Perray 91 (45)

    Samedi 9 septembre : réunion avec MLG : Paris 15° matin et a-m : Copernic BdT Paris (500)

    Mardi 12 décembre : manifestation, puis meeting Charleville-Mézières 08 (130)

    Agenda Gérard Filoche vendredi 15, samedi 16 septembre, dimanche 17 à la fête de l’Humanité Vendredi 17 h débat travail Agora (40) Samedi 7 h 50 – 9 h France culture en direct puis 10 h débat stand Ensemble (200) puis 11 h présence stand Tarbes puis 14 h RV pot accueil de Pierre Laurent puis de 15 h à 17 h Agora grand débat travail procès des ordonnances (2000) puis 1à 9 h : stand là-bas si j’y suis » Daniel Mermet (150) Le reste du temps et dimanche à la lettre « F » au Village du livre toute la journée

    Lundi 18 septembre : 9 h à 17 h : Bourse du travail Paris Pôle emploi (450)

    Mardi 19 septembre : réunion Champigny FSU anti-ordonnances 94 (65)

    Jeudi 21 septembre : Grabels Montpellier FI (90)

    Samedi 23 septembre : réunion « PHASE » 17 h Donnemarie-Dontilly 77 (55)

    Mardi 26 septembre : réunion Bourg-en-Bresse anti-ordonnances 01 (75)

    Jeudi 28 septembre : réunion anti ordonnances Sciences Po Rennes 35 (120)

    Samedi 30 septembre : CN du PS + réunion amicale Clermont-Ferrand 63

    Lundi 2 octobre matin- samedi 7 octobre soir : 100 ans d’Octobre à St Petersbourg

    Mardi 10 octobre : ITV Sud radio matinale + Manifestation + BN du PS

    Mercredi 11 octobre : meeting à Morlaix 29 (100)

    Jeudi 12 octobre : retour matin à 9 h 30 et réunion de D&S de 13 h à 17 h

    Vendredi 13 octobre réunions : avec JF Pélissier puis RV Zined Drief le Monde

    Lundi 16 octobre à 14 h : Palais de justice de Paris, CGT de la construction (100)

    Mardi 17 octobre : BN du PS

    Mercredi 18 octobre 10 h 30 congrès de l’UL 92 (30) soir : présentation du film « L’assemblée » à Paris

    Jeudi 19 octobre : librairie Jonas Paris 13° 20 h 30 (40)

    Vendredi 20 octobre : réunion anti-ordonnances LdH à Tourcoing (35)

    Mardi 24 octobre : BN du PS

    Jeudi 26 octobre : meeting étudiant à Paris 1 Tolbiac 18 h (120)

    Mercredi 25 et samedi 28 octobre : colloque Maison des Potes Paris (80)

    Jeudi 2 novembre : au Méliès à Montreuil film sur Jules Durand (200)

    Mardi 7 novembre : BN du PS

    Jeudi 9 novembre, réunion animation GDS + réunion 100 ans de révolution russe Nanterre à 19 h (60)

    Vendredi 10 novembre : CGT EDF Nice (60) + Cannes CGT EDF (35)

    Samedi 11 novembre : réunion PGE à Marseille forum (400)

    Mardi 14 novembre : BN du PS

    Jeudi 16 novembre procès PSA Versailles (500) + manifestation à Paris

    W-end des 17 et 18 novembre : Var Toulon 83 fête du livre (100 et mille)

    Mardi 21 novembre : congrès CGT alimentaire à Angers (400)

    Jeudi 23 novembre : film octobre à St-Ouen l’Aumône avec JJ Rue (60)

    Vendredi 24 novembre : réunion en Suisse Genève puis Lausanne canton de Vaud (30 + 40)

    Mercredi 29 novembre : à 20 h : avec Attac à Carcassonne (45)

    Samedi 9 décembre : réunion contre les accusations fausses Bdt paris

    Lundi 11 décembre : réunion à St Etienne (50)

    Soit 35 réunions dans 21 départements en 3 mois avec 5 935 participants en moyenne 180

  19. Dominique Babouot
    Posted 13 décembre 2017 at 13:21 | Permalien

    Marie noelle Linemann est adhérente du ps et respecte la discipline du parti et c’est bien ainsi, vous vouliez faire du ps un champs de bataille permanent, vous avez échoué parce que les militants ont compris que c’était la raison principale de l’ampleur de cet échec (je ne dis pas que nous aurions gagné si il n’y avait pas eu de fronde)
    Vous etes absents depuis le début des débats sur la refondation dans les fédérations.
    A Toulouse, notamment tous les lundis et quelquefois d’autres jours sont organisées des réunions pour parler de différents sujets, on ne vous y voit point.
    Ce sont les sections ou l’aile gauche était la plus présente ou elle brille maintenant par son absence!

    Mais, bon dieu, quand on n’est pas d’accord on vient le dire! Alors oui les rares militants comme moi qui n’ont pas déserté et qui n’ont pas fait de « conneries » dont on se demande encore si elle n’a pas été faite exprès, sont inaudibles. J’ai rédigé une note pour ma section destinée à la fédé, le passage ou je réclamais la clarté a été censuré non pas parce qu’on ne le partageait pas mais parce que cela risquait de « crisper » les militants m’a-t-on dit! Si il y avait plus de monde pour me soutenir, il y aurait eu sans doute des chances que ce texte passe, ils préfèrent critiquer la social-démocratie définie comme une invention de la bourgeoisie pour empecher la classe ouvrière de se défendre en théorie que de condamner ce quinquennat dans la pratique, voilà ou on en est au ps!
    Et Cessez de roumèguer sur vos blogs, venez dans l’arène!
    Depuis le début vous pratiquez la politique de la chaise vide, avec l’espoir de tout renverser au congrès, vous n’y arriverez pas parce que les règles auront changé entre temps!
    Cela ne sera d’ailleurs pas plus mal, cela vous nuira peut être à vous mais cela évitera que des personnages qui n’ont rien à faire dans notre parti parce qu’ils sont de droite aillent tous les jours dans les médias dire au nom du parti le contraire de ce que nous aurons décidé collectivement!

  20. Posted 13 décembre 2017 at 15:24 | Permalien

    t’as decide collectivement que Urvoas et Cahuzac se comporteraient ainsi ?

  21. Posted 13 décembre 2017 at 15:36 | Permalien

    Bonjour,

    La lumière vient du sud-ouest : le redressement économique et social du Portugal prend Bruxelles à contre-pied.

    Pourquoi n’organiserions nous pas une campagne unitaire de débats publics dans toute la France pour présenter le modèle portugais et débattre de la mise en œuvre d’une politique similaire en France ?

    Avec l’aide de Michel Cahen, nous pourrions mobiliser Francisco Louça (fondateur et animateur du « Bloc de Gauche ») ainsi que des dirigeants des autres partis de gauche portugais (PS, PC et verts) accompagnés de responsables des organisations de gauche françaises (PS, PCF, EELV, FI, Générations, Ensemble!, GDS, etc, et peut-être Attac…) celles qui seront d’accord pour s’engager dans cette campagne unitaire. Celle-ci sera, pour nous, un premier pas vers la constitution d’une fédération de toute la gauche.

    Qu’en pensez-vous ?

    Amicalement,
    Pierre Ruscassie

    Remarque : l’unité de la gauche réalisée au Portugal n’est pas de même nature que l’Union de la Gauche dirigée par François Mitterrand (1972-1977) qui était une confédération scellée par un accord multilatéral (PS, PCF, MRG).
    Au Portugal, il s’agit d’une alliance plus embryonnaire, de forme confédérale mais scellée par des accords bilatéraux avec le PS de la part de chacun des autres partis selon le modèle que fut la Gauche plurielle dirigée par Lionel Jospin. Mais en France, PCF, Verts et PRG participaient au gouvernement, alors que, au Portugal, seul le PS a des ministres.

  22. Posted 13 décembre 2017 at 16:08 | Permalien

    DEBOUT !
    LE BLOG DE JEAN GADREY Faites entendre votre voixAlter & Co
    Le krach financier qui se profile
    JEAN GADREY
    03/12/2017

    Le krach qui se prépare n’est pas forcément pour demain, mais on s’en approche. Personne ne sait quel en sera le facteur déclencheur (et donc quand cela se produira) car les candidats sont nombreux pour ce titre, mais tous les signaux sont au rouge foncé. L’année 2018 pourrait bien voir une réédition du plongeon de l’année 2008. En pire, car ce qui a été fait depuis dix ans est largement insuffisant, comme on va le voir, et les capacités des États (bien plus endettés qu’en 2008), des banques centrales et des banques privées à amortir le choc sont nettement moindres qu’en 2008.

    Pourquoi ce diagnostic de signaux au rouge foncé ?

    Note : ce billet est une version fortement développée et accompagnée de quelques graphiques d’une courte tribune à paraître dans Politis jeudi prochain 7 décembre.

    UNE BULLE BOURSIÈRE SANS PRÉCÉDENT OU PRESQUE

    D’abord et surtout, la bulle boursière actuelle bat tous les records, y compris ceux de 2008. Le Dow Jones tutoie ou dépasse les 24.000 points contre moins de 14.000 au sommet de 2008, record précédent. L’autre grand indice, le Nasdaq, n’est pas en reste (graphiques ci-dessous) Les spécialistes des bulles boursières utilisent un indicateur plus fiable (indice de Shiller, qui tient compte des fluctuations conjoncturelles et de l’inflation). Lui aussi est au plus haut. Il dépasse le niveau atteint juste avant le krach de 1929, bien qu’il soit inférieur à son record séculaire, au moment de la « bulle de la nouvelle économie » en 2000.

    Graphique 1. Le Dow Jones du 01/01/1997 au 02/12/2017

    20 ans de Dow Jones

    Graphique 2. Le Nasdaq depuis 20 ans, graphique du 02/12/17

    20 ans de Nasdaq

    NON PAS UNE BULLE, MAIS DES BULLES

    Ensuite, la bulle ne concerne pas que les actions. La bulle obligataire (surtout celle des obligations d’État) n’est pas moins gonflée, comme l’indique un graphique que l’on peut consulter en suivant ce lien : https://www.businessbourse.com/2017/11/27/la-plus-grosse-bulle-obligataire-en-800-ans-dhistoire-ne-cesse-denfler/ C’est d’autant plus significatif que, dans le monde, le marché global des obligations porte sur un stock de valeur estimé à plus de 100.000 milliards de dollars, contre environ 64.000 pour le marché des actions, et que le volume des transactions sur les obligations (700 milliards de dollars PAR JOUR !) est plus de trois fois supérieur à celui qui porte sur les actions (source : https://www.fool.com/knowledge-center/5-bond-market-facts-you-need-to-know.aspx)

    S’y ajoutent, aux États-Unis, une nouvelle bulle immobilière, moins explosive que la précédente mais assez nette (l’indice des prix du logement approche désormais celui d’avant la chute de 2007), et trois grosses bulles de crédit qui enflent rapidement : celle de la dette étudiante, dont le montant avoisine les 1500 milliards de dollars, celle des crédits automobiles (plus de 1100 milliards de dollars), et celle des dettes sur les cartes de crédit, de plus de 1000 milliards de dollars. Le total de la dette des ménages (environ 13.000 milliards$) dépasse dans ce pays le niveau d’avant 2008, portée principalement et à nouveau par des prêts hypothécaires (environ 9000 milliards$). Source : https://www.latribune.fr/economie/international/la-dette-des-menages-americains-depasse-son-record-de-2008-747135.html

    On pourrait aussi évoquer, parmi d’autres facteurs déclenchants possibles, la bulle de la dette des entreprises chinoises, plus énorme encore que celle des ménages américains. Le pouvoir chinois se veut rassurant, mais dans une tribune publiée il y a quelques jours par le très officiel Quotidien du Peuple, le gouverneur – il est vrai sur le départ – de la Banque centrale chinoise dénonçait des risques financiers “nombreux, vastes, cachés, complexes, contagieux et dangereux”…

    LES BANQUES ONT REPRIS DES PRATIQUES À HAUTS RISQUES

    Autre facteur d’un probable plongeon : les leçons de la crise de 2008 ont été largement oubliées, le lobby bancaire étant toujours aussi actif pour contribuer à cet oubli et pour trouver et soutenir des responsables politiques proches de ses intérêts. En particulier, les banques américaines ont recommencé à vendre des prêts à des emprunteurs peu solvables : 23 millions d’Américains peu solvables ont un prêt automobile subprime, et 7 millions n’ont pas payé leurs prêts étudiants, dont 700.000 retraités qui n’ont pas fini de rembourser ! Quant à la titrisation de ces prêts douteux pour les revendre à des spéculateurs (technique qui a amplifié la crise des subprimes) elle a repris de plus belle.

    Voir sur ces questions Michel Crinetz, blogueur à la fois sur ce site et sur Médiapart, qui connaît ces questions de près comme ancien superviseur financier, dans ces deux billets : « Vivement la prochaine grande crise financière ! La dernière avant une vraie réforme… » http://blogs.alternatives-economiques.fr/michel-crinetz/2017/09/11/vivement-la-prochaine-grande-crise-financiere-la-derniere-avant-une-vraie-reforme%E2%80%A6 (11 septembre 2017), et « renaissance des subprime » https://blogs.mediapart.fr/michel-crinetz/blog/080917/renaissance-des-subprime (8 septembre 2017)

    Voici un court extrait de ces analyses : « le système financier a été réformé [aux États-Unis] par la loi Dodd-Franck ; l’a-t-il été correctement, et suffisamment ? Pas suffisamment, et de loin, puisqu’il a laissé subsister les trois mécanismes ayant créé, diffusé et amplifié les risques subprime ». Ces trois mécanismes sont la vente de prêts à des emprunteurs peu solvables, la titrisation de ces prêts à hauts risques pour les vendre à des spéculateurs de court terme, et la possibilité non interdite de création de produits dérivés ou synthétiques à partir de ces crédits à risque élevé.

    LES BANQUES CENTRALES ONT ABUSÉ DE L’INJECTION DE LIQUIDITÉS SANS EXIGER DES BANQUES PRIVÉES LA MOINDRE CONTREPARTIE

    Par ailleurs, les politiques d’injections massives de liquidités par les banques centrales depuis dix ans (au total 9000 milliards de dollars depuis 2008, et ces derniers temps 200 milliards d’euros par mois !), d’abord pour soutenir le secteur financier dès 2008, ensuite pour tenter de relancer une croissance atone, ont fortement amplifié la spéculation avec cet argent « tombant du ciel », et non pas l’investissement utile, ce qui aurait pourtant été possible si ces banques n’étaient pas celles… du capital financier. Ces politiques dites de « quantitative easing » ne peuvent plus guère se prolonger. Mais toutes ces banques tremblent à l’idée de freiner ce que Stiglitz appelait déjà en octobre 2008 « une transfusion sur un patient souffrant d’hémorragie interne ».

    Je cite à nouveau Michel Crinetz : « Les banques centrales en sont réduites à créer toujours plus d’argent pour le capital financier, de l’argent toujours plus liquide et plus fugace, ce qui augmente le risque de crise. La contrepartie de la monnaie centrale créée est composée de titres financiers dont, dopé par cette création monétaire continue, le prix ne cesse de monter. »

    CERTAINS ACTEURS FINANCIERS COMMENCENT À SE POSER DES QUESTIONS, MAIS ILS SONT DÉBORDÉS PAR « L’EXUBÉRANCE IRRATIONNELLE » DE LEUR PROPRE « BASE »

    Dernier indice de trouble dans la famille finance : ce sont depuis peu de grandes banques, ou certains de leurs analystes, qui s’inquiètent pour la suite des événements, notamment la Deutsche Bank, la Bank of America et même… Goldman Sachs. Ainsi que le FMI. Mais la raison ne peut suffire quand règne sur ces marchés l’exubérance irrationnelle, une expression (et le titre d’un gros livre qui date de 2000 pour la traduction française) de Robert Shiller, reprise ensuite par Alan Greenspan, ancien patron de la Fed. On peut aussi citer dans le même ordre d’idée cet autre titre de livre : « de l’euphorie à la panique : penser la crise financière », par André Orléan (éditions Rue d’Ulm, 2009, 111 pages, 7,10 euros).

    Je cite pour conclure l’excellent Michel Crinetz :

    « Jusqu’où le volume de cette bulle peut-il gonfler avant qu’elle explose ?

    La réponse n’est pas économique mais psychologique : un jour un grand investisseur prend peur et commence à vendre en masse, entraînant à sa suite le reste du troupeau. Alors le cyclone balaye les marchés financiers, et rien ne va plus.

    Même les banques centrales ne vont plus : elles diront que ce n’est plus un problème de liquidité, mais un problème de solvabilité, pas de leur ressort. Comme après la crise de 2008, où les États ont dû intervenir directement pour sauver plusieurs de leurs grandes banques.

    Ce jour-là, les États désormais vraiment à court d’argent devront enfin reprendre le contrôle de leurs banques centrales. Et enfin solidifier la liquidité pour des financements durables : ce ne sont pas les besoins qui manquent… »

  23. Gilbert Duroux
    Posted 13 décembre 2017 at 19:00 | Permalien

    Encore une fois, j’avais tout bon pour Lienemann. Je me faisais insulter par Gérard pour l’avoir démasquée.
    Je vais faire mon Caliméro : c’est vraiment trop injuste, on me croit jamais.

Déposer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera jamais transmise.

*