Mon intervention au BN du mardi 10 octobre : état d’urgence, « contre-budget PS 2018″, Portugal, cotisations sociales, emplois aidés, Catalogne

Merci à Guillaume pour son introduction, sur tous ces sujets internationaux et nationaux. Cela me donne envie de dialoguer sur chacun de ces points mais je n’ai pas le temps de le faire.  Je choisirais donc d’abord un point que tu as omis, de l’actualité. Je n’étais pas à Paris, mais j’ai bien compris que notre groupe parlementaire avait vote la loi sur l’introduction de l’état d’urgence dans le droit commun… Cela me semble très grave de céder ainsi sur les libertés publiques.  Pourtant au BN d’il y a quinze jours, une camarade nous avait alerté sur ce danger, et quelques interventions avaient indique que l’opinion au moins exprimée du BN était pour voter « contre ». Olivier Faure était là. Il n’a rien dit, il n’a pas interrogé ni consulté le BN, cela aurait du être son rôle, surtout s’il voulait ce type de vote. Mais il ne l’a pas fait. Cela pose la question : qui dirige ? J’ai aussi entendu Boris Vallaud ce matin défendre ce vote indéfendable sur France inter. Où on va ? Notre réunion de BN est fixée le mardi, cela va t il faire venir des parlementaires ? Le groupe n’est il pas subordonné au parti – même s’il s’appelle « nouvelle gauche » ? Car là c’est tout le groupe qui « fronde » par rapport au parti mais sur une ligne pas à gauche du tout.

 

Le deuxième point, c’est la question du budget 2018 alternatif que nous avons défendu. C’est bien de « proposer » : par exemple, il faudrait proposer de contrôler les licenciements conte les ordonnances qui facilitent les licenciements, il faudrait proposer d’augmenter le smic, et de baisser les dividendes, je ne cesse de le dire depuis des semaines, si  nous voulons nous reconstruire il faut proposer…  Mais proposer un budget d’austérité, un peu moins sévère que celui de Macron ne me semble pas du tout la bonne voie : car sauf erreur de ma part, il est proposé d’atteindre un « déficit » de 2,71 % soit bien en dessous de 3 %, et ce faisant c’est une austérité poursuivie, depuis cinq ans. Je suis contre pareil objectif, je suis pour une relance, car réduire les déficits augmente la dette comme cela s’est passé de 2012 à 2017, et comme Macron l’annonce encore pour 2018. Ce qui permet de réduire la dette tout le monde le sait et le dit, c’est de dépenser plus, en fait. Comment pouvons nous appeler à manifester aujourd’hui, une belle manifestation unitaire que ce soit dit au passage, même si hélas, nous n’étions pas assez nombreux de la direction provisoire, comme du BN…  Comment manifester aujourd’hui aux côtés des fonctionnaires, en défendant un « contre-budget » où il n’est pas prévu la moindre augmentation pour les salaires des fonctionnaires, ni pour le fonctionnement des services publics ? N’importe qui, étudiant ce « contre budget », ses choix et son périmètre voit bien qu’on n’a pas refusé de tirer le bilan du quinquennat, mais qu’au fond on propose de le poursuivre. Heureusement que les fonctionnaires n’ont pas étudié ce « contre budget ».

 

Prenons davantage exemple sur ce qui marche dans la social démocratie européenne, le Labour de Jeremy Corbyn, et le gouvernement portugais de gauche unie, PSP, PCP, BdG, qui sort concrètement de l’austérité qui avait été imposée par l’UE et la droite, et qui semble bien marcher. Ce qui est fait par un petit pays de 11 millions d’habitants devrait l’être par nous. Le PS a obtenu 38 % des voix dans les élections intermédiaires de dimanche dernier,  alors qu’il avait été balayé en 2010 après des années de politiques austéritaires de type Hollande, menées par Socrates. Ca prouve qu’en réduisant moins les déficits que ce qu’exige l’UE, en réduisant la durée du travail à 35 h, en augmentant le Smic, en recrutant des fonctionnaires, même si ce n’est pas extraordinaire, ca va mieux, le Portugal st présenté comme une exemple de relance. (Rappelons que pendant 40 ans ce pays avait 0 % de déficit et que c’est ainsi qu’il était devenu le pays le plus pauvre d’Europe)

 

Le troisième point, je voudrais ré alerter comme je le fais avec insistance depuis des mois sur la suppression annoncée des cotisations sociales chômage et maladie. Je n’ai jamais eu aucune illusion sur Macron, il n’y avait aucun doute, il suffisait de l’étudier, de le lire, pour comprendre qu’il était l’ennemi de la gauche, des socialistes, des salariés, des le début j’ai dénoncé Thatcher en lui, mais la suppression des cotisations sociales, est une vraie contre révolution de plus après la casse du code du travail : et nous ne nous préparons a combatte ça avec toute l’énergie nécessaire.  Mais en janvier ils sortent les cotisations chômage et maladie du bulletin de paie. Je ne voudrais pas que le groupe parlementaire vote cela sans nous consulter. Je voudrais qu’on fasse campagne nationale, explicative, en profondeur sur ce point. (Au passage, nos amis de FI défendent sur ce point l’idée qu’un impôt citoyen devrait financer la protection sociale, et à gauche, il est d’autant plus nécessaire de défendre que ce soit le salaire brut, les cotisations payées a la source par le patronat sur nos bulletins de paie).

 

Au passage, bravo d’avoir repris ma proposition de faire une campagne nationale contre la suppression des 150 000 emplois aidés, le plus grand plan anti social, de chômage du moment. Je suis allé dans des petites communes, Donnemarie-Dontigny, en 77, par exemple, ou la suppression de deux emplois aidés, provoque désastre mais c’est partout, il faut faire un vrai comite national quadrillant le pays, dénoncer les effets cas par cas concrets de cette sale politique de Macron…

 

C’est tout, mais juste un mot, faute de temps, a toute vitesse sur la Catalogne,  il faut un enthousiasme modéré au moins pour comprendre la force du mouvement social derrière la question nationale. L’état espagnol et sa constitution et la politique de Rajoy sont responsables de cela, et il faut dénoncer la répression, et défendre la démocratie et la négociation. Chaque fois que police, armée, et répression tentent d’écraser une question nationale cela la renforce en profondeur pour des décennies, jamais jamais jamais cela ne la solutionne. Il faudrait que notre parti le dise, exige le droit libre à l’autodétermination, et la fin de toute répression.

 

26 Commentaires

  1. sansressources
    Posted 11 octobre 2017 at 14:32 | Permalien

    Gérard
    j’ai des inquiétudes graves et des questions a te poser
    d’abord il faut savoir que je suis conseiller du salarié CGT
    mes questions
    en cas de licenciement abusif, le patron a le droit à l’erreur (pas le salarié, faut pas déconner)il pourra donc changer son motif, ou a tout le moins le compléter et y mettre de nouvelles choses, que devient alors l’intérêt de la convocation à l’entretien préalable, puisqu’elle est censé recevoir les explications du salarié, dans le cas ou le patron change le motif, re-convoquera-t-il le salarié pour entendre de nouveau sa défense, j’en doute
    de plus, le compte rendu du conseiller servira-t-il toujours a quelque chose, et pourra-t-il être modifier dans le cas ou le patron modifie le motif, j’en doute aussi
    et puis, dans le cas ou le licenciement d’un salarié protégé est refusé par l’inspecteur du travail, sur la base des motifs donnés au départ et en cas de modification de ces motifs, l’avis de l’inspecteur sera-t-il redemandé????, j’en doute toujours, et cet avis aura-t-il sa raison d’être, ne risque-t-il pas de disparaitre comme la convocation préalable???
    et j’ai bien d’autres questions, les effets pervers de cette loi anti travail n’ont pas fini de se révéler

  2. Dominique Babouot
    Posted 11 octobre 2017 at 15:42 | Permalien

    Catalogne:ce n’est pas la position du psoe.
    La constitution doit etre respectée et en plus les nationaux-populistes indépendantistes de Catalogne terrorisent la société catalane pour lui imposer leurs idées et ont organisé une pseudo-consultation qui leur donnent le prétexte pour déclarer l’indépendance alors que le peuple catalan dans son ensemble hésite.
    Qu’il y ait eu une répression policière le 1 er octobre et l’emploi disporportionné de la force pour faire respecter la légalité c’est un fait reconnu que personne ne conteste y compris les autorités espagnoles qui l’ont reconnu.
    Au lieu de demander l’auto-détermination de la catalogne sans réfléchir aux conséquences et à l’appui aux nationaux-poulistes catalans que cela génèrerait notre devoir internationaliste en tant que socialiste francais est d’etre au coté de nos camarades socialistes espagnols qui avec courage défendent à la fois, la légalité, l’unité des nations de l’espagne et l’évolution démocratique du systèmes des autonomies pour permettre que chaque nationalité espagnole puisse avoir sa place dans un état fortement décentralisé et non de les aider à en partir pour parfaire une balkanisation qui laisserait d’abord ce pays en suite l’europe entière sans défense face aux appétits internationaux qui eux maintiennent l’unité chez eux!

  3. Dominique Babouot
    Posted 11 octobre 2017 at 15:51 | Permalien

    Ce que Mr Puigdemont essaie d’imposer aux catalans et aux espagnols c’est un billet aller simple sans retour pour l’aventure comme Lepen en France qui est le seul à la soutenir, renseignez-vous avant de porter des jugements à l’emporte-pièce!

  4. Dominique Babouot
    Posted 11 octobre 2017 at 19:33 | Permalien

    Si vous vous arretiez de réagir d’une manière manichéenne (d’un coté un gouvernement incontestablement de droite et libéral, de l’autre un mouvement qui veut organiser une consultation locale) et que vous étiez donné la peine de jeter un coup d’oeil approfondi sur l’histoire récente de la Catalogne, vous vous apercevriez que la coalition qui dirige la generalitat et qui a été éluen 2015 avait un programme ne comportant aucune mesure sociale, mais uniquement l’objectif de l’indépendance sans dire expréssément la nature de l’état qu’on comptait créer, seules les mesures identitaires et nationalistes figuraient dans ce programme électoral!
    Quand on sait le noyau dur de cette coalition est le parti démocrate catalan qui a été au commande presque tout le temps depuis 1980 qui était autrefois simplement autonomiste qui ne réclamait pas l’indépendance, et qui dans les années 2008 a appliqué l’austérité à Barcelone comme le parti populaire l’appliquait à Madrid, en un mot un parti libéral et conservateur, l’équivalent catalan du parti populaire!
    Que l’extrème-gauche (hors socialistes) catalane se soit fourvoyée dans une alliance avec eux en espérant faire « mieux la révolution » dans ce nouvel état que dans l’ensemble de l’espagne, c’est son affaire mais par pitié ne les encourageons pas!
    Cela me rappelle une chose le stalinisme et l’utopie de la construction du socialisme dans un seul pays!
    Bizarre que Filoche dans un récent article sur la Russie de 1917 ou Cuba de 1959 en ait parlé et qu’il approuve les conneries de l’ERC (Gauche républicaine catalane, cad des socio-démocrates républicains et indépendantetistes de catalogne) et ne parlons meme pas de la CUP (anarchistes catalans anti-union européenne) dont les 10 députés au parlement de Barcelone ont permis à cette coalition dirigée par des nationaux populistes ultra-libéraux puissent organiser tout ce souk!
    peut etre était-ce qu’ils recherchaient tout simplement le bordel sans lendemain comme tous les anarchistes, tout cela se terminant bien sur par le retour de la réaction et de la dictature!

    On y vient ….

    Bravo pour votre soutien à ces apprentis sorciers alliés avec les mpires nationalistes ultra-réactionnaires qui existent.

    Le reve de ceux là est de transformer la Catalogne en un paradi fiscal sur le modèle du Luxembourg, de Monaco ou d’Andorre!

  5. Pro-Autogestion
    Posted 11 octobre 2017 at 23:12 | Permalien

    en greve jusqu’à la retraite

  6. Posted 12 octobre 2017 at 10:51 | Permalien

    Bonjour,

    Je reproduis ci-dessous un mail d’un maire PS d’une commune rurale du 76. Cela peut éclairer la discussion de demain sur comité de liaison, lettre ouverte aux socialistes etc …
    Nous allons nous réunir sur le 76 autour de cette proposition mi novembre …
    Merci de ne pas diffuser

    Le bilan du quinquennat (en très résumé) : on avait tous les leviers pour mettre en oeuvre une politique de réformes en profondeur, Présidence de la République, Sénat, Assemblée Nationale, Collectivités (Région, Département).
    On a tout perdu.
    Pour reconstruire, il faut tirer du passé ses erreurs, voire ses errements.

    Aujourd’hui, les enjeux sont les suivants : reconstruire une force à gauche capable de gagner les scrutins à venir et rassembler la gauche autour d’un projet commun.

    Il y a deux chantiers :
    - le National : des initiatives existent mais pour l’heure, aucun mouvement n’émerge vraiment. Concentrons-nous donc sur le second chantier, celui sur lequel on a la main… le local.
    - le Local : pour gagner, il faut une gauche unie, incarnée (les électeurs doivent savoir à qui ils ont affaire), présente (et visible) sur le terrain, force de proposition et porteuse d’un projet …

    La méthode que je propose : rassembler les forces de gauche, …, pour travailler ensemble, bâtir notre projet, le diffuser, réagir sur l’actu…
    Pour ce faire, je souhaite créer un collectif (sous forme associative), composée d’une AG qui vote nos propositions, d’un président qui coordonne l’ensemble, de rapporteurs qui animent des commissions thématiques.

    Objectif : dans 5 ans, être prêts.

    Pourquoi ne pas attendre la « refondation » du PS ?
    - parce que si c’est pour prendre les mêmes et recommencer, ça ne sert à rien
    - parce que le premier vote relatif à cette refondation ne posait pas les bonnes questions et n’a donc pas été suivi par les militants, qui quittent le navire en nombre
    - parce que pour être entendus, il nous faut nous structurer au niveau local et élargir notre cercle de militants actifs
    - parce que l’étiquette PS rebute bon nombre d’électeurs de gauche, sans parler de nos partenaires
    - etc…

    Rendez-vous ce soir pour échanger sur tous ces points, et d’autres.

  7. Posted 12 octobre 2017 at 11:22 | Permalien

    Bonjour,
    Avant toute chose,je dois vous dire que ce sont les copains d’ATTAC 78 Sud qui m’ont donnés vos coordonnées.
    Je souhaitais vous contacter car j’ai lu le livre que vous avez écrit avec la complicité de Patrick Raynal « Cerium » et qui m’a vivement intéressée.
    Interessant par tout ce que vous apportez de votre activité professionnelle,par ce quartier du 3iéme arrondissement que vous nous faites découvrir et par cette communauté chinoise dont on entend rarement parler mais qui est présente depuis des années et qui existe avec ses codes,ses rites et sa mafia!!
    Et puis tout ce que nous apprenons sur « les terres rares »….éoliennes,voitures hybrides,informatique ….on nous parle que de cela et certes c’est important mais vers quoi allons nous???
    Dans l’écriture de « Cerium »,entre Patrick Raynal et vous ….livre à deux mains,deux voix….qui a fait quoi ,comment vous étes-vous organisés,je ne sais pas mais je voulais vous faire une proposition.
    Adhérente d’une association culturelle-Les Amis de l’Estaminet et de la Culture – nous organisons tous les trimestres une rencontre auteur-lecteurs.
    Nous recevons donc un auteur et nous passons un moment avec lui.
    Dans un premier temps,un certain nombre de questions lui sont posées afin de mieux le connaître….sa démarche,son livre.
    Les personnes participant à ces rencontres,entre 20 et 30, connaissent l’auteur.
    En effet ,nous faisons circuler son livre.Cette démarche nous paraît essentielle .
    Dans un deuxiéme temps ,la rencontre se poursuit autour d’un repas partagé.
    Notre Présidente,une fine cuisiniére,tient à ces moments de convivialité où d’autres contacts sont possibles.Cela permet à ceux qui n’ont pu s’exprimer de le faire plus aisément autour d’un verre ou d’un morceau grignoté ensemble.
    Notre association fonctionne à partir d’un café-musique l’Estaminet et propose un certain nombre d’activités autour du culturel.
    Si notre démarche vous séduit,nous aimerions vous recevoir selon vos possibilités.
    Nous sévissons sur la commune de Magny les Hameaux dans les Yvelines.
    Voilà,tout bien entendu n’a pas été dit mais n’hésitez pas à me questionner.
    J’attends de vos nouvelles avec impatience.
    Cordialement.

    Dominique M

  8. Posted 12 octobre 2017 at 18:29 | Permalien

    Bonjour Gérard. Je suis un militant syndical, humaniste et j’espère un bel avenir pour nous et nos enfants. J’avoue être particulièrement perdu dans la période actuelle, politiquement je veux dire. Je comprends ton engagement, il m’inspire un profond respect! Je ne suis pour le moment impliqué dans aucun parti mais j’ai envie désormais de faire bouger les lignes. Alors que fais tu ces 5 prochaines années? Peut-être que je serai à tes côtés. Au plaisir. Fabrice C

  9. Pacifiste
    Posted 13 octobre 2017 at 5:16 | Permalien

    Je n’ai pas encore lu « Cérium » mais maintenant j’ai lu 2 ou 3 articles et vu 2 reportages sur le réacteur d’Aldo Steinfeld qui produira des hydrocarbures divers avec le CO2 atmosphérique et de l’eau … C’est hyper intéressant … et le cœur de ce truc est en Cérium (catalyseur de la réaction chimique) . Par ailleurs selon certaines sorces les plus grosse réserves mondiales de lanthanides se trouveraient en Corée du Nord ( au moins 60 % ) et la France ne serait pas démunie car il y en a aussi en Guyane …

  10. Posted 13 octobre 2017 at 8:51 | Permalien

    Complément sur les fonctions et le fonctionnement d’un appareil d’Etat

    Christakis,

    Cette discussion est circonscrite au conseil national de la GDS. C’est déjà un cercle réduit. De toute façon, nous ne pouvons pas nous abstenir de répondre à ces questions. Elles ne sont peut-être pas d’actualité immédiate, quoique les mobilisations en Catalogne peuvent nous y confronter rapidement. Pour ma part, j’apprends de cette discussion et je complète ma réflexion. Les rectifications que tu as apportées aux insuffisances présentées par les exemples que j’avais utilisés, sont appréciables et ont modifié mon jugement sur la nature administrative de l’UE.

    Nature administrative d’un Etat ou d’une organisation

    Comme natures administratives, je distingue par ordre croissant d’unification :
    • Etat isolé
    • Etats confédérés
    • Confédération d’Etats
    • Etats fédérés
    • Etat fédéral
    • Etat unifié (et isolé)

    Délégation de compétences et transfert de souveraineté

    Nous devons garder la distinction entre délégation de compétence et transfert de souveraineté, car ces deux exercices du droit à l’autodétermination font appel à des niveaux différents dans la hiérarchie des normes. A mon avis, ils devraient être définis ainsi :
    • une délégation de compétence nécessite seulement une décision législative ou réglementaire pour confier l’administration d’une compétence de son niveau à un organisme existant ou créé à cette fin (par exemple entre une commune et son inter-communalité) ; l’institution délégante peut reprendre à l’organisme délégataire l’administration de cette compétence par une décision de même niveau ou de niveau supérieur dans la hiérarchie des normes ;
    • en revanche, un transfert de souveraineté nécessite un traité inter-étatique ou un processus constitutionnel par lesquels un ou des Etats souverains transmettent à un autre, qu’ils ont créé, une part de leur souveraineté qui porte sur une même compétence ; par un autre traité ou par une modification constitutionnelle, un Etat fédéré peut décider de retrouver la part de souveraineté qu’il avait transmise à l’Etat fédéral ;
    • en exerçant leur droit à l’autodétermination, en tenant compte du mode d’administration et du mode de production qu’ils ont choisis, les peuples tracent eux-mêmes les frontières de leur territoire et de leur souveraineté.

    Rapports contractuels et rapports de délibération

    Les fonctions administrative et économique d’un Etat dépendent des rapports sociaux que permettent ses deux natures, administrative et économique, mais aussi des rapports sociaux que favorise le fonctionnement centraliste ou, selon le cas, décentralisé.
    La nature confédérale de l’Union Européenne, à ses débuts, fut édifiée assez démocratiquement au moyen de traités inter-étatiques, c’est-à-dire de rapports sociaux contractuels. Ceux-ci sont privilégiés par le libéralisme mais, parce qu’ils demandent l’unanimité, ils ne sont pas adaptés pour obtenir aisément que les Etats confédérés transfèrent à un Etat fédéral une part de leur souveraineté. Une telle responsabilité appartient au peuple souverain dans l’exercice de son droit à l’autodétermination. Pour être démocratique, l’édification d’une fédération demande que soit élue une Assemblée constituante au suffrage universel direct et que soit adoptée une Constitution fédérale : il faut recourir à des rapports sociaux de délibération, privilégiés par le républicanisme, le vote majoritaire du peuple.
    Or, depuis l’Acte unique (1986), la mise en œuvre de fonctions fédérales, comme le marché et la monnaie uniques, a encore eu recours à des traités. Les fonctions partiellement fédérales de l’UE proviennent de coups de force dont le plus connu est l’adoption du traité de Lisbonne par les Parlements alors que le même texte avait été rejeté par référendum dans deux pays : cette façon antidémocratique d’imposer une fonction fédérale cultive l’euro-scepticisme et le nationalisme. Je note que tu estimes que ce que j’appelle le coup de force de la CJE, ne l’est pas vraiment pour toi. Disons que ce saut fédéral a été réalisé selon des formes antidémocratiques : sans argumentation fédéraliste explicite et sans adopter une Constitution, pour si peu… c’était avancer masqué.

    Une superposition de fonctions fédérales et de fonctions confédérales

    Je t’attribuais comme définition de l’UE : « un Etat fédéral aux fondations et au fonctionnement antidémocratiques », tu réponds : « du coup, je ne formulerais pas les choses de cette manière » et tu nuances le caractère « antidémocratique ». Je propose une définition de l’UE : « cette superposition de deux natures contradictoires est instable et provisoire », tu réponds : « je suis d’accord » et tu ne récuses pas la « superposition » de caractères fédéraux et de caractères confédéraux. Je pense que tu es d’accord pour considérer qu’une Constitution démocratique est une condition nécessaire pour qu’un Etat souverain soit démocratique (Etat isolé, confédéré, fédéré, fédéral, unitaire). J’en déduis que nous sommes d’accord sur ces questions.
    Toutefois je voudrais rectifier la formule que j’ai utilisée, celle de « superposition de deux natures contradictoires » qui laisse croire que les Etats confédérés ont seulement consenti à déléguer des compétences au niveau supra-étatique, et que ces dernières sont en même temps des parts de souveraineté transférées à des institutions supra-étatiques. Pour le coup, la définition serait vraiment incohérente.
    Je remplace cette formule par : « l’UE n’a pas de nature administrative complètement définie, elle cumule des fonctions fédérales incomplètes (monnaie, commerce extérieur…) et des fonctions confédérales (compétences dont la souveraineté peut parfois être violée au nom d’une autre compétence) ».
    C’est formuler autrement ta remarque selon laquelle pour l’UE, il est difficile de raisonner en termes de confédération ou de fédération. Qu’en penses-tu ?

    Il faut distinguer la centralisation et l’unification.

    A mon avis, le mode d’administration dominant sur le territoire d’un Etat, définit sa nature administrative, de la même façon que le mode de production dominant sur le territoire d’un Etat, définit sa nature socio-économique. Le niveau d’unification atteint entre la Confédération d’Etats auparavant isolés et l’Etat unitaire (en passant par un Etat fédéral) correspond, selon le parallèle que j’établis, au niveau de démocratisation sociale qui conduit de l’Etat social (encore édifié sur le terrain capitaliste) à la république socialiste en passant par la transition d’une république sociale (qui n’a pas complètement aboli la marchandisation de la force de travail). Le parallèle que je fais ici peut guider l’élaboration d’une théorie de l’Etat.

    Tu écris : « Dans certains domaines, le niveau de centralisation politique [de l'UE] n’a rien à envier à celui d’un État fédéral comme les États-Unis. Dans d’autres – défense, politique étrangère surtout – on est en effet plus dans un dispositif confédéral. L’UE mélange les deux mais ce qui importe c’est que la direction dans laquelle elle va est clairement celle de la centralisation politique et donc de la fédéralisation des compétences. »

    Mais pour aujourd’hui, je veux seulement souligner que l’unification territoriale (Confédération d’Etats, Etat fédéral, Etat unifié) n’est pas la même chose que la centralisation du pouvoir politique.
    Le centralisme c’est l’absence de tampons entre les citoyennes-citoyens et le gouvernement. Ou bien les délégations et directions locales sont des organismes « déconcentrés » et non élus. Davantage de centralisme renforce les rapports élitistes, de subordination, la réduction de la démocratie crée des tendances séparatistes à la périphérie du territoire.
    La démocratie (le respect des droits universels) est plus facilement garantie si l’Etat est décentralisé, c’est-à-dire s’il existe des Conseils territoriaux élus au suffrage universel direct (et à la proportionnelle) pour administrer à leur échelle les politiques adoptées par la loi. Davantage de démocratie facilite la limitation des rapports capitalistes jusqu’à leur suppression et renforce l’aspiration à l’unification territoriale.
    Une fédération dont les Etats fédérés sont relayés par des Conseils locaux élus, est moins centralisée et plus démocratique qu’une Confédération qui est dépourvue de tels relais locaux.

    Amicalement,
    Pierre

    PS : J’ai encore été très long mais, jusqu’à maintenant, personne de la liste CN n’a protesté…

  11. Posted 13 octobre 2017 at 11:11 | Permalien

    Et accessoirement lisez « cerium » thriller écrit par Patrick Raynal et Gerard Filloche qui nous plonge dans le monde des patrons ripoux …

  12. Gilbert Duroux
    Posted 13 octobre 2017 at 12:35 | Permalien

    Aurélie Filippetti vient d’être virée du PS. Si on vire tous ceux qui sont un peu de gauche au PS (quand ils ne partent pas d’eux-mêmes, comme c’est le cas pour Hamond et maintenant Pascal Cherki), je ne vois pas comment tu vas pouvoir changer les choses de l’intérieur ?
    Fais gaffe, c’est peut-être toi le prochain à gicler.

  13. Dominique Babouot
    Posted 13 octobre 2017 at 16:03 | Permalien

    Donc le parti démocrate catalan veut transformer la Catalogne en paradis fiscal, mais cela ne se fera pas car les nationalistes du parti populaire à Madrid l’empêcheront!

    Ils pourront d’autant plus facilement l’empêcher que ils possèdent les armes constitutionnelles, juridiques, policières et militaires pour empêcher cela!

    Ils ont l’appui du principal parti d’opposition le parti socialiste ouvrier espagnol qui est satisfait du compromis de 1978 et qui n’a nulle envie de revenir aux situations de guerre civile que l’espagne a connu en 1936 avec à la clef la défaite, le cortège de morts et la fin des libertés publiques!

    Le gouvernement de Madrid a aussi le soutien de l’union européenne, Jean-Claude Junker a clairement dit que si la Catalogne obtenait l’indépendance, d’autres suivraient et qu’il n’avait nulle envie de voir une union européenne de 90 états!

    C’est tout à fait juste une telle configuration transformerait la maigre Europe politique et sociale qui existe en une vaste zone de libre-échange ou le véritable maître serait les marchés financiers!
    Dans l’état des rapports de force au niveau mondial , cet ensemble mou et sans défense ne manquerait pas d’attirer les convoitises, transformant notre continent en un lieu d’affrontements entre grandes puissances, ce qui veut dire conflits, ruine et malheur en prévision!

    D’autre part le psoe a obtenu du gouvernement central qu’il accepte d’ouvrir pour la première fois depuis 1978, le dossier de la révision constitutionnelle pour résoudre sans détruire l’état central le problème des nationalités en Espagne!

    Si cette question trouve une solution ce sera une excellente nouvelle pour les espagnols, le vrai débat , celui qui comme partout ailleurs est le débat économique et social pourra être relancé et on consacrera son énergie à abattre le capitalisme plutôt que de la consacrer à obtenir l’indépendance de sa région!

  14. JEAN
    Posted 15 octobre 2017 at 2:34 | Permalien

    Dominique Babouot. Il semblerait que vous soyez bien certain du juste combat à mener, celui qui doit  » combattre le capitalisme plutôt que d’obtenir l’indépendance de sa région « , fut-elle républicaine et anti-monarchiste. Je suis certain que cette vidéo dans le but que vous vous êtes choisi – et je vous comprends – retiendra toute votre attention
    TFUE :https://www.youtube.com/watch?v=INTtkLrt8wE

  15. Posted 15 octobre 2017 at 18:27 | Permalien

    Déclaration à l’issue de la consultation d’Ensemble
    adoptée par le Collectif National des 14 et 15 octobre

    « Ensemble! » vient de clore sa consultation interne autour d’un texte d’orientation commun et de trois options concernant ses rapports avec La France Insoumise.

    Chaque position a été soumise au vote de façon indépendante. Ce qui permettait l’expression de votes différenciés, y compris en faveur de plusieurs positions (d’où le fait que le total des pourcentages dépasse les 100%).

    ° La position n°1 obtient un score autour de 47 %
    ° La position n°2 obtient un score autour de 45 %
    ° La position n°3 obtient un score autour de 16 %

    Les textes des différentes positions sont disponibles ici : https://www.ensemble-fdg.org/content/textes-pour-la-consultation-des-collectifs-locaux-et-lassemblee-generale-de

    Les règles de fonctionnement du mouvement prévoient que ce dernier est engagé si une position atteint les deux tiers des voix.

    Aucune proposition n’atteint cette majorité qualifiée. Ce qui ne permet pas de dégager une position officielle du mouvement.
    
« Ensemble! », mouvement politique indépendant, poursuit son action et sa réflexion sur la situation politique et sur les perspectives politiques à défendre.

    Les membres d’ « Ensemble! » qui participent collectivement à la France Insoumise définiront les formes et objectifs de leur investissement.

    « Ensemble! » en tant que mouvement va redéfinir son fonctionnement pour assumer les nouvelles conditions de son intervention marquée par les choix différents de ses membres.

    Cette discussion va se poursuivre au cours de la prochaine Université d’automne du mouvement (du 28 au 31 octobre, à La Colle-sur-Loup) et dans la perspective de son Assemblée générale qui se tiendra à Nanterre les 2 et 3 décembre prochains.

    Pour tout contact :
    Myriam Martin : 06 10 12 12 58
    Jean-François Pellissier : 06 76 47 57 95

  16. Posted 15 octobre 2017 at 18:29 | Permalien

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE – FÉDÉRATION SUD ÉNERGIE

    PLAN DE SUPPRESSION DE 345 EMPLOIS CHEZ GE HYDRO ALSTOM GRENOBLE : SUD ÉNERGIE ACCUSE…

    L’hydro-électricité nationale indépendante est attaquée de toute part depuis quelques années par des acteurs étrangers politiques (la Commission Européenne) et économiques (General Electric…) majeurs :

    => la Commission Européenne, en la personne de Margrethe Vestager, met une pression politique intenable sur la France depuis des années pour que le renouvellement des concessions hydro-électriques (nos barrages) s’ouvre à la concurrence, sans même qu’EDF n’ait le droit d’y participer (démantèlement organisé) ;

    => General Electric, dans une guerre économique sans pitié (voir l’excellent documentaire « Guerre Fantôme » à ce sujet), avec l’aide d’un seul homme (Patrick Kron), et en 72h seulement, s’empare du fleuron national Alstom. General Electric vient d’annoncer le 19 juillet 2017 la suppression de 345 emplois sur les 800 du site grenoblois de GE HYDRO ALSTOM, seule usine française à savoir concevoir, fabriquer, mettre en service et maintenir les turbines de nos usines hydro-électriques, pièces maitresses de notre indépendance énergétique.

    EDF, de son côté, refuse volontairement et aveuglément de prendre le tournant nécessaire et écologique de la transition énergétique pour la transformer cyniquement en une transition sociale : les emplois statutaires et protégés de la grande hydraulique, du nucléaire, et du thermique charbon/gaz laissent petit à petit la place à des emplois précaires dans les filières vertes du solaire photo-voltaïque, de l’éolien et de la petite hydraulique. Des emplois sous-payés (35% de rémunération en moins) se développent dans des filiales « low cost » hors statut d’EDF ou même hors EDF :

    => L’Etat a mis en place la CSPE, une taxe payée par tous les usagers depuis le début des années 2000, incitation aux producteurs pour développer notamment le solaire photovoltaïque et l’éolien. Il a ainsi versé en 2016 2,6 milliards d’euros de subventions aux producteurs de solaire photo-voltaïque et 1,8 milliards d’euros aux producteurs d’éolien (à comparer aux 2,8 milliards d’euros de bénéfice d’EDF en 2016)

    => Qu’a fait EDF ? A-t-elle misé sur ces énergies renouvelables ? A-t-elle profité de ces subventions à la hauteur des bénéfices du groupe EDF tout entier ? S’est-elle développé dans le solaire, l’éolien et la petite hydraulique ? Bien sûr que non… EDF SA (emplois statutaires, protégés) ne produit rien, ni en solaire, ni en éolien, et est en train de démanteler sa petite hydraulique. EDF « low cost » (filiales hors statut comme EDF EN & la SHEMA pour la production, HYDROSTADIUM pour l’ingénierie) possède moins de 3% du parc solaire photo-voltaïque français (0,2GW sur 6,8GW de puissance installée en France fin 2016) pour ne produire que 2% de l’électricité solaire nationale (0,2 TWh sur 8,3 TWh produits en France en 2016) et possède à peine 7% de l’éolien français (0,8 GW sur 12,1 GW installés en France fin 2016) pour ne produire que 8% de l’électricité éolienne nationale (1,7 TWh sur les 20,7 TWh produits en France en 2016).

    => En février 2016, la Cour des Comptes calcule (p.130 de son rapport annuel) que pour obéir à la loi de transition énergétique (part du nucléaire réduite à 50% de la production électrique en 2025) dans un environnement de consommation stabilisée, EDF devra fermer 17 à 20 tranches nucléaires sur les 58 en service. En juillet 2017, Nicolas Hulot, nouveau ministre d’État de la Transition Écologique, parle lui aussi de la nécessaire fermeture de 17 réacteurs nucléaires sur le territoire national.

    => Que fait EDF ? Annonce-t-elle la liste des réacteurs concernés et les échéances de fermeture ? Lance-t-elle un formidable plan de reconversion de milliers de salarié-e-s du nucléaire vers ces énergies vertes de l’avenir ? Non, bien sûr, dans son plan stratégique CAP2030, Jean Bernard Lévy, actuel PDG du Groupe EDF mise tout sur le nucléaire (grand carénage, allongement de la durée de vie…) et sur l’EPR (qui n’a encore jamais tourné), et mise (seul contre tous) la santé économique du groupe sur le seul chantier de l’EPR d’Hinkley Point en Angleterre.

    General Electric, de son côté, a englouti le géant national Alstom en 72 heures, grâce à un seul interlocuteur français, Patrick Kron, PDG d’Alstom, menacé alors de poursuites judiciaires par les Etats-Unis d’Amérique pour corruption internationale, et finalement grâcié, puis largement remercié par un parachute doré de 6,5 Millions d’euros. Mais General Electric n’a pas agi seule, si l’on en croit les révélations du documentaire diffusé sur LCP, « Guerre Fantôme », de David GENDREAU et Alexandre LERAÎTRE. Non, General Electric s’est adjoint les services juridiques du cabinet d’avocat de Nicolas SARKOZY (ex-président de la République Française) et les services de conseil bancaire du Crédit Suisse, dont le vice président est François ROUSSELY, ex-président d’EDF (de 1998 à 2004, les années noires de la privatisation du service public de l’électricité…).

    SUD ÉNERGIE ACCUSE…

    => Nicolas SARKOZY (ex-président de la République Française),

    => François ROUSSELY (ex président d’EDF)

    => Patrick KRON (ex PDG d’Alstom)

    de confondre intérêt général et intérêt particulier, et d’avoir mis au service de leur intérêt particulier et de celui de General Electric tout leur savoir, tout leur réseau et toutes leurs connaissances acquises dans des hautes fonctions dédiées à l’intérêt général de la Nation.

    SUD ÉNERGIE DEMANDE DES COMPTES ET UNE PRISE DE POSITION CLAIRE À…

    => Emmanuel MACRON (actuel président de la République Française)

    => Jean Bernard LEVY (actuel PDG d’EDF)

    => Antoine CAHUZAC (actuel directeur du Pôle Energies renouvelables d’EDF SA et président du conseil d’administration de la filiale low cost EDF Energies Nouvelles)

    => Yves GIRAUD (actuel directeur de la production hydraulique d’EDF)

    avant le 17 octobre 2017 (dead line pour la possible intervention de l’Etat Français face à General Electric)

    au nom des 800 salarié-e-s de GE HYDRO ALSTOM de Grenoble,

    au nom des 6 000 salarié-e-s de la Production Hydraulique d’EDF,

    au nom des 25 000 agents du nucléaire d’EDF,

    au nom des trop nombreux sous-traitants précarisés d’EDF et de GE,

    au nom des millions d’usagers d’EDF qui paient la facture de cette transition sociale et de cet abandon de l’indépendance énergétique nationale au profit d’intérêts privés.

  17. Posted 16 octobre 2017 at 8:45 | Permalien

    Date: 16 octobre 2017 à 01:27:45 UTC+2
    Objet: Rapport Harris – Sondage Flash RMC Atlantico Harris Interactive. La réaction des Français suite à l’interview d’Emmanuel Macron sur TF1. LEVEE D’EMBARGO 4h30

    Bonsoir,
    Veuillez trouver ci-joint les résultats de notre enquête menée après l’interview d’Emmanuel Macron.

    A la demande de RMC et Atlantico.fr Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français, suite à l’interview du Président sur TF1 et LCI. Seules les personnes ayant vu en totalité, en partie ou ayant entendu parler de la prestation d’Emmanuel Macron ont été invitées à se prononcer sur l’interview. L’ensemble de l’échantillon ayant répondu aux questions relatives aux orientations politiques.

    Que retenir ?

    1 Que 61% des Français ayant été exposés à la prise de parole du Président (car ayant vu en totalité, en partie l’interview ou ayant regardé/entendu les émissions suivant avec diffusion d’extraits) déclarent ne pas avoir été convaincus.
    Dans un contexte où la prise de parole d’un responsable politique est souvent sujet à caution, Emmanuel Macron n’échappe pas à cette distance de la part des Français.
    Dans le détail, 96% des proches de La République En Marche se déclarent convaincus. La force de conviction étant un peu plus forte auprès des proches du Parti Socialiste (46%) que des Républicains (34%).
    Enfin, il semble que le « bruit » médiatique a été plutôt défavorable au Président. En effet, 54% des Français déclarant avoir vu la totalité de la prestation du Président à la télévision se déclarent convaincus. Si les téléspectateurs les plus assidus arborent un profil particulier (plus proches de LREM que la moyenne des Français) ceux-ci semblent avoir plus apprécié les réponses d’Emmanuel Macron que l’ensemble des Français.
    2 Indépendamment du jugement global, les Français ayant été exposés à la prise de parole du Président jugent la prestation du Président différemment selon les angles :
    La moitié se déclare convaincue lorsqu’il s’agit de l’international (50%), 40% lorsqu’il est question de la politique économique, 35% celle sociale.
    On le voit, ce sont bien les conséquences anticipées (sociales) qui semblent structurer au final le jugement.
    Les structures politiques d’appréciation ne changent pas (proches de LREM plus convaincus que les autres et systématiquement auprès d’une majorité de cette population) proches de la gauche plus que ceux de la Droite.
    3 Au final, l’axe politique apparait, aux yeux des Français, être et de gauche et de droite (56%). Reste que lorsque les personnes interrogées la positionne plus nettement, les orientations leurs apparaissent plus de droite (38%) que de gauche (6%).
    Ainsi sympathisants PS comme LR évoquent en premier lieu une politique et de gauche et de droite. Pour ceux considérant que la « balance » penche un peu plus d’un côté 41% des proches du parti socialiste comme 36% des Républicains parlent d’une politique de Droite. Seule une proportion congrue évoque des orientations à Gauche.

  18. Posted 16 octobre 2017 at 8:49 | Permalien

    Pierre,

    Je suis d’accord sur le besoin de répondre aux questions soulevées par notre échange. Il me semble, ceci dit, nécessaire de préciser l’enjeu politique de la discussion pour ne pas rester dans une réflexion sans boussole « pratique ». En relisant l’échange, je m’aperçois que le fond du débat est le lien entre démocratie et fédéralisme dans le cas précis de l’UE et ce que ça implique en termes d’orientation politique. En fait, la réforme de l’UE va très rapidement devenir une question politique incontournable et donc peut-être cet échange s’inscrit déjà dans le débat qu’il faudra avoir à ce propos.

    Donc, voici quelques réflexions et réactions supplémentaires sur les points que tu soulèves.

    « Délégation de compétences et transfert de souveraineté »
    Je comprends mieux la distinction et en effet elle a un sens. Dans le cas de l’UE, il s’agit donc clairement de transferts de souveraineté, y compris lorsque les décisions se prennent à l’unanimité au sein du Conseil. Pourquoi? Parce qu’une fois que vous avez pris une décision (par exemple, l’harmonisation des taux de la TVA), cette décision est contraignante et ne peut être remise en cause que par une nouvelle décision à l’unanimité. Donc même là, quand bien même chaque Etat-membre conserve un droit de veto via le mécanisme de l’unanimité, le droit européen a la même force que d’habitude (donc, par exemple, un Etat-membre ne peut baisser son taux de TVA en dessous du seuil de 15%).
    En revanche, je ne suis pas d’accord qu’un « Etat fédéré peut décider de retrouver la part de souveraineté » transférée. Ca ne peut pas être l’acte d’un Etat fédéré seul – il faut une réforme constitutionnelle comme tu l’indiques au début de la phrase qui réalloue les compétences entre niveaux fédéral et sub-fédéral.

    « Rapports contractuels etc. »
    Je pense que tu accordes trop d’importance à la forme juridique par laquelle la fédération européenne se construit. Que ça s’appelle traité ou constitution, le droit européen ainsi généré est supérieur aux droits nationaux et fonde un ordre juridique intégré – fédéral – et donc un ordre politique. Pour moi, la distinction relève du symbole. Par exemple, dans le TCE figuraient les symboles de l’Etat européen: drapeau, hymne et je ne sais plus trop quoi d’autre; ce n’est pas le cas du traité de Lisbonne.
    Et à nouveau, je suis pour être prudent avec le terme coups de force: oui le TCE avait été rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas, mais le traité de Lisbonne a tout de même été ratifié selon des procédures constitutionnelles (le Congrès en France) dans chacun des Etats-membres. On peut penser que les parlementaires n’auraient pas dû voter dans ce sens, mais ça ne change pas le fait que la procédure reste démocratique. Chaque modification du traité de Rome a procédé ainsi; jamais les procédures constitutionnelles n’ont été contournées. (Au passage, cette question en soulève une autre: pensons-nous que la démocratie plébiscitaire est supérieure à la démocratie parlementaire? C’est Marx qui parlait des plébiscites comme des outils bonapartistes et c’est de Gaulle qui en a généralisé l’usage en France, notamment pour contourner l’Assemblée Nationale.)

    Du coup, faut-il une Assemblée Constituante pour édifier une fédération démocratique? Je comprends l’idée, mais le problème est que ça revient à dire que les procédures constitutionnelles des Etats-membres par lesquelles a été construit l’ordre politique fédéral européen ne sont pas démocratiques. Je vois mal comment on peut défendre ça.
    Tu conclues assez logiquement qu’il n’y a pas eu d’argumentation fédéraliste et que donc il s’est agi d’avancer masqué. Et que cela nourrit le souverainisme. Ce serait trop long de se lancer dans une discussion de chacun de ces points. Je laisse ça à plus tard.

    « Superposition fonctions fédérales et confédérales »
    Sur ce point, je pense qu’on est d’accord sur la caractérisation mais je crois qu’on voit la chose de façon différente: pour toi, ce qui semble surtout distinguer fédération et conféderation, c’est l’outil juridique (Constitution vs traité) alors que pour moi, c’est la centralisation (cf. juste après sur ça) effective des compétences. Tu dis dans ton message complémentaire que l’UE n’est pas une fédération « car elle ne s’est pas donné de Constitution fédérale qui imposerait sa souveraineté, que ce soit démocratiquement ou non. » Je disais dans un précédent message que je vois le traité comme étant sur le plan de la substance une Constitution. Il remplit, en tous cas, toutes les fonctions d’une Constitution fédérale (fonder un ordre juridique intégré, repartir les compétences).

    « Distinguer centralisation et unification »
    Je suis d’accord. Mais pour préciser, tel que je l’ai utilisé jusqu’ici, le terme « centralisation » renvoie au degré de fédéralisation des compétences (donc à l’ »unification »), non pas leur administration (le centralisme administratif dont tu parles). Donc par exemple, que ce soit la politique commerciale extérieure ou la politique monétaire, elles sont centralisées (unifiées) mais quasiment entièrement decentralisées administrativement. Il n’existe par exemple pas de corps de douaniers européens; ce sont les Etats-membres qui perçoivent les droits de douanes qu’ils reversent ensuite entièrement au budget de l’UE. Et ce sont les banques centrales nationales qui menent les opérations de refinancement des banques ou les opérations sur les marchés de titres (qui mettent en oeuvre la politique monétaire européenne).

    Je crois mieux saisir maintenant un désaccord qui traverse cet échange: on envisage différemment le problème de la démocratie et de l’UE. Pour toi, la question première est de savoir si les transferts de souverainté se sont faits démocratiquement alors que pour moi, le principal problème est celui du régime politique de l’UE et donc la relative faiblesse du Parlement Européen (que j’attribue à la Ve République). Je pense qu’on reste en désaccord sur le premier point (transferts de souveraineté et démocratie) mais qu’on est d’accord sur le second.
    Je ne sais pas, en revanche, si on peut tomber d’accord sur les conséquences politiques malgré le désaccord: quand bien même les transferts de souveraineté auraient eu lieu de façon antidémocratique, est-ce qu’on estime en tant que fédéralistes par principe que la tâche politique est d’obtenir le régime politique le plus démocratique pour la fédération européenne? Ca implique les réformes suivantes dans le cadre institutionnel actuel : a) droit d’initiative législative étendu au Parlement Européen b) fin du huit-clos pour les réunions du Conseil des ministres et du Conseil Européen c) confirmation de chacun des Commissaires individuellement et non pas du collège dans son ensemble d) confirmation et possibilité de revocation des membres du comité exécutif de la BCE par le Parlement e) désignation d’un président du conseil d’administration du MES et confirmation et possibilité de revocation par le Parlement etc.

    Amitiés,
    Christakis

  19. Gilbert Duroux
    Posted 16 octobre 2017 at 15:30 | Permalien

    Au vu du sondage suite à l’intervention de Macron sur TF1, il se confirme que le PS a bel et bien réussi dans son entreprise qui consiste à faire croire que les idées de droite sont de gauche. Les proches du PS sont davantage convaincus par Macron que les proches de LR, c’est la meilleure preuve que la politique de droite du PS a produit ses effets. Les idées de gauche sont de plus en plus marginalisées au sein du PS. Pour Hamon, Cherki et leurs amis qui ne veulent plus servir de caution de gauche (idiots utiles), la vraie vie est ailleurs…

  20. Posted 16 octobre 2017 at 17:24 | Permalien

    reste 2,4 à 6 millions d’électeurs…
    combien sont ils autour de Hamon ? une équipe d’une douzaine et quelques centaines de suiveurs, pour l’heure ça ne va pas loin,

  21. Dominique Babouot
    Posted 16 octobre 2017 at 17:39 | Permalien

    @JEAN (14)

    Jean-Luc Mèlenchon a beaucoup changé entre 2012 et 2017, il n’hésitait pas à faire chanter l’internationale, désormais il lancele débat pour savoir s’il est encore utile de la chanter dans ses meetings. De meme au début de la crise catalane il avait salué la réaction unanime des espagnols (hors catalogne) contre la perspective d’une europe à 100 états ou le marché serait le vrai décideur. Maintenant il parle de tenir compte de la réalité pour discuter de l’intangibilité ou non des frontières dans l’europe, sans doute pour faire plaisir à son ami espagnol Pablo Iglesias il remet en cause petit à petit son le jacobinisme qui caractérise pourtant le fond de sa pensée politique et celà depuis longtemps meme lorsqu’il était encore au parti socialiste et qu’il animait le mouvement PRS!
    Melenchon changera encore et vous verrez que s’il est un jour élu président de la république, vous aurez des surprises!
    Que restera-t-il de ses idées du début qui m’ont tant séduit et cela malgré que j’étais resté au ps alors qu’il en était parti?
    Pour l’espagne, effectivement je préfère une monarchie constitutionnelle qui admettrait d’etre anti-libérale à des républiques indépendantes qui seraient ouvertement bourgeoises.
    Le roi d’espagne n’intervient pas dans le débat politique, il limite ouvertement son champs d’intervention à la défense du compromis de 1978 qui a permis la légalisation de tous les partis politiques et de tous les syndicats y compris ceux dont le projet politique est l’indépendance d’une région. Le roi d’espagne se bat pour l’unité de l’espagne, celà me convient et le psoe aussi!

  22. Dominique Babouot
    Posted 16 octobre 2017 at 17:55 | Permalien

    @GILBERT DUROUX 19
    Je ne suis pas d’accord avec toi, les quelques réunions aux quelles j’ai assisté prouvent que le soucis majoritaire des militants qui restent est encore le partage des richesses ce qui est la base de qui différentie la droite de la gauche. Que la plupart de ceux qui manoeuvrent pour reconstituer la direction aient un tout autre objectif est une autre affaire!
    L’incapacité évidente de la France Insoumise a fédérer un véritable mouvement politique et à prendre la place du ps tel l’objectif qu’elle avait annoncé compromet le shéma qu’on croyait évident lors de la présidentielle. Les conneries verbales de JLM qui se comporte en caractèriel achève de ramener hélas l’ancien schéma à l’ordre du jour, cela d’autant plus que la prochaine bataille se situe dans les municipalités. Le danger qui consiste à les laisser à la droite peut faire reflechir meme si l’action du parti est une fois de plus au niveau national, je ne souhaite pas que le ps disparaisse si rien ne devait le remplacer!
    l’activité ponctuelle que tu pratiques ne saurait suffir à nous éviter de plonger encore plus profond dans l’univers réactionnaire!

  23. Dominique Babouot
    Posted 16 octobre 2017 at 18:09 | Permalien

    Le sondage concerne uniquement ceux qui ont regardé l’interview de Macron.
    comment peut on déduire de là que les sympathisants du ps sont plus proche de Macron que de la droite.
    Je n’ai pas regardé la prestation de Macron parce que cela ne m’intérèsse pas!

  24. Dominique Babouot
    Posted 16 octobre 2017 at 18:11 | Permalien

    ERRATUM : Je voulais écrire plus pret de la gauche pas de la droite naturellement!

  25. Posted 16 octobre 2017 at 20:08 | Permalien

    reçu ce matin à 10 h 03 par mel

    LE PARACHUTE … DORE DU PREMIER DE CORDEE. Le choix de la cordée pour évoquer l’entreprise est bien significatif : Dans une cordée le premier choisit la route, le second parfois peut lui conseiller (si le vent ne hurle pas trop) de plutôt s’orienter à gauche ou à droite, les autres mettent leurs pas dans les traces de pas des 2 premiers. Si le premier dévisse les autres bloquent la corde et le retiennent.
    La métaphore présidentielle indique bien sa vision des hommes et des hommes dans l’entreprise : suite d’individualités qui suivent le premier, le guide, et dont la seule initiative et de le sécuriser en cas de chute. On aura perçu la couleur du parachute !
    Le temps passant, chacune et chacun s’il est raisonnable apprend le doute et le met en œuvre plutôt que d’être absolument certain de sa vérité. C’était mon cas hier soir. Je n’excluais pas avant le « grand » entretien de m’être partiellement trompé sur la personnalité et les orientations du Président Macron, embarqué que j’étais dans les polémiques de la toile, le désarroi des socialistes et l’inquiétude, prenant de l’âge, de ne pas m’être adapté aux changements du monde qui m’auraient échappés.
    Ce qu’on a vu ne laisse guère de place au doute : pas un regret pour les mots qui ont fait mal et tout au contraire la réaffirmation que les hommes sont divisés en riches et pauvres (ce qui est établi) et que c’est ainsi (ce qui pour moi ne l’est pas). L’espoir laissé aux pauvres dans ce discours de changer de catégorie est bien mince. Il revient aux riches de tirer les pauvres vers le haut. C’est pour cela qu’il faut moins taxer les riches pour qu’ils puissent mieux s’élever. Ce n’est pas par ruissellement que les autres en profiteront dit-il. C’est par gravité.
    Dans le registre du sport d’autres métaphores indiqueraient d’autres visions de l’entreprise : le capitaine dans une équipe de rugby et autres sports collectifs trace une toute autre vision des hommes réunis dans une entreprise commune. Ce n’est pas la voie présidentielle. La cordée.
    Dire les choses, oui. Mais ce retour affirmé du tout dire, avec les mots qu’il attribue aux gens de rien et ne rien cacher n’est Rien en soi. Il n’exonère pas le Président du contenu de ce qu’il dit. Et que dit-il, depuis le haut, condescendant, certain de sa vérité ? Inégalité naturelle, richesse par définition inégalement répartie, pauvres jaloux, charité de la réparation des plus grandes inégalités. Le monde serait ainsi gravé, resterait à le gérer ? Pour celles et ceux qui ont perdu la boussole : ceci n’est-il pas bien conservateur, bien de Droite ?
    Et tout ceci dans un langage de techno jouant en fait la partition du premier ministre et non pas celle du Président, citant une ou deux fois le parlement, dans une vision des institutions ou il est le seul maitre à bord…. avec un parachute doré.
    L’avenir s’annonce difficile !

  26. Gilbert Duroux
    Posted 17 octobre 2017 at 3:58 | Permalien

    @ Dominique Babouot
    Pourquoi tu me renvoies à Mélenchon ? J’en ai rien à foutre de Mélenchon.
    Par ailleurs, je ne parlais pas de ceux qui grenouillent à la tête du PS et qui l’on définitivement fait basculer à droite. Je parlais des sympathisants PS (les électeurs dont parlent Gérard). C’est eux qui m’intéressent. Et eux, ils sont davantage convaincus par Macron que les sympathisants de LR. Ça montre une chose, c’est que la politique de droite du PS a rempli son œuvre. On peut faire une analyse gramscienne : les droitiers du PS, s’ils ont fait perdre leur parti électoralement, ont gagné sur le plan des idées. Ce sont leurs idées qui sont majoritaires. Et je ne vois pas comment les idées de gauche pourraient reprendre la main au sein du PS vu que les militants sincèrement de gauche partent, écœurés, laissant le champ libre aux macroniens.
    Je fais le pari que pas plus qu’il n’a pu participer à la primaire « ouverte » (à tous vents), Gérard Filoche ne pourra pas postuler pour prendre la tête du PS. Ou s’il peut défendre une motion au congrès, elle aura un score ridicule. Ou bien encore on verra plusieurs motions « de gauche » s’affronter comme on l’a déjà vu par le passé.

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