CN PS 8 juillet : Cambadelis démissionnaire impose une direction provisoire, droitière, ni collégiale, ni efficace, ni légitime

Si l’on avait voulu un compromis provisoire digne, il  aurait fallu un collège resserré de moins de 10 personnes, au moins 5 de la gauche du parti choisis par la gauche du parti et représentant toutes ses sensibilités, et 5 choisis de même par la droite et le centre du parti qui avaient soutenu la politique du quinquennat sortant.

Cela aurait indiqué au moins une prise de conscience, et une ouverture à un changement de cap.

Là non, sur 28 membres, il y a 3 membres de la motion B c’est à dire de la gauche socialiste rassemblée au congrès de Poitiers, cette motion faisait 30 % des voix, là elle compte pour  10 %. Comme si la sanction des événements était de renforcer  les adulateurs de tout ce qui a fait plonger le parti dans la catastrophe historique où il est.  Un des porte-paroles choisi espérait jusqu’au bout aller au gouvernement et gobait tout de façon adulatrice, quatre sont des anciens ministres qui ont tout couvert jusqu’au dernier jour, les autres ont combattu la gauche en défendant la scélérate loi El Khomri. Pourquoi en rajouter à ce point-là ?

 


Dans cette salle du CN de l’ex PLM St-Jacques, on a vu des CN qui rassemblaient près de 400 personnes, là, il y en avait, ce dimanche 8 juillet,  90, et seulement 60 ont voté pour cette scandaleuse « direction », ça ne peut pas marcher comme cela, il faut que les militants s’en emparent, si c’est encore possible, soient consultés, votent pour un premier secrétaire provisoire jusqu’à un congrès rapproché.

On vérifie à ce CN qu’il n’y a même pas un début d’effort de lucidité consensuelle à la direction sortante pour essayer de sauver le parti en redressant la barre, ils osent continuer à dire que si on a perdu « c’est la faute aux frondeurs »  (pas un frondeur a la direction provisoire) et « à la gauche du parti qui n’a pas été loyale » ! (Doit on encore leur dire que ce n’est pas à cause de la division du parti mais a cause de la politique suivie que tout a été perdu ? Que la chronologie est claire, la mauvaise politique a précédé la défaite aux élections qui elle même a précédé la « fronde » laquelle a été trop tardive et pas assez ferme pour empêcher le désastre et sauver la gauche et le parti ? )

Ils ne tirent aucun bilan, ils nous enfoncent et ne combattent même pas Macron correctement : certes officiellement le PS est « dans l’opposition », mais seulement 5 députes sur 29 ont voté CONTRE la motion de confiance à la droite Edouard Philippe.

On ne peut pas dire que les 21 députés qui se sont « abstenus », et les 3 qui ont voté « pour », en dépit de la position de leur propre parti, ne savaient pas quelle était la nature réactionnaire très à droite de la politique économique anti sociale qui va être mise en œuvre par le gouvernement Edouard Philippe-Macron. .

 

Hélas, au moment du vote, dans ce CN, la gauche du parti s’est divisée, s’il y a eu 10 voix contre et 20 abstentions :  on ne peut que regretter les conditions dans lesquelles trois des nôtres ont été associés à cette direction scandaleuse et l’ont accepté. D’abord, ils ont accepté que ce soit Cambadelis qui choisisse qui d’entre nous y participait ce qui est sans principe et odieux. Ensuite, après avoir combattu seulement sur le fait que des « amis de Hamon » puissent y être (dans ce cas, le seul Régis Juanico) ils nous ont enfermé dans un piège absurde : Cambadelis affirmait qu’il y avait une symétrie entre les « amis de Macron » et les « amis de Hamon » et que ni l’un  ni l’autre ne devaient donc être au PS encore moins à sa direction. C’était nier que dans un cas, il s’agissait d’une clarification élémentaire, sans hésitation, de camp et de classe, contre la droite Macron. Dans l’autre, il s’agissait d’une question, certes très délicate, d’unité de la gauche à laquelle le parti devait trouver une solution au moins habile. Certes Hamon a décidé seul et dans des conditions inconnues pour nous de quitter le PS, ce n’est pas le choix, à ce stade de la grande majorité de la gauche du parti, tant que tous les combats politiques collectifs n’ont pas été démocratiquement menés à leur terme.

Alors,  en acceptant de façon « conciliabulesque », la présence de Régis Juanico « ami de Hamon », Cambadelis en « conte partie » imposa une « charte de loyauté » comme s’il fallait séparer le loyal Juanico du déloyal Hamon.

A notre surprise à  nous, D&S,  tout cela a été accepté par les autres représentants de la gauche, qui pourtant, en privé, disent s’interroger sur le sens de tout cela.  Nous leur disons qu’ils ne se sont pas correctement comportés et le leur reprochons. La candidature de Gérard Filoche avait été déposée, il n’a même pas été possible d’en discuter, ni démocratie, ni reconnaissance, alors que le Parti, s’il ne fait pas le choix d’une orientation à la Corbyn sera soumis au sort du Pasok. . Nous avons donc compté les 10 qui ont voté contre, et 20 de plus se sont abstenus sans doute a demi satisfaits de la vraie fausse concession de Cambadelis et de cette direction scandaleuse.

Est-il encore possible de sauver quelque chose de ce marasme un peu terrifiant ?  Nous sommes du genre à mener les combats jusqu’au bout, pas à moitié. S’il y a une chance d’aboutir, c’est en ne reconnaissant pas cette direction pseudo collégiale, qui n’est ni statutaire, ni efficace.

S’il y a encore une chance c’est de donner la parole aux militants, ce sont eux la seule et unique chance, par l’application des statuts, l’élection d’un secrétaire provisoire, la tenue d’un congrès rapproché. Nous le dirons au BN qui est maintenu, Nous en appelons aux militants. Et nous le disons au reste de la gauche socialiste, nous n’avons pas d’objection à des compromis, mais jamais de ce type, là c’est honteux.

 

 

 

La direction provisoire paritaire est composée de 16 membres (en fait de 28 personnes) :

8 femmes :

- Nadège AZZAZ

- Ericka BAREIGTS

- Carole DELGA

- Frédérique ESPAGNAC

- Nathalie KOENDERS

- Valérie RABAULT

- Laurence ROSSIGNOL

- Isabelle THIS SAINT-JEAN

8 hommes :

- Guillaume BACHELAY

- Luc CARVOUNAS

- Matthias FEKL

- Régis JUANICO

- Jean-Marc GERMAIN

- François KALFON

- Emmanuel MAUREL

- Rachid TEMAL

La direction provisoire est assistée du Trésorier du Parti, Jean-François DEBAT, ainsi que par trois collectifs :

Coordination des élu-e-s :

- Olivier FAURE (Président du Groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale)

- François REBSAMEN (Président de la FNESR)

- Christine REVAULT D’ALLONNES – BONNEFOY (Présidente de la DSF)

- En raison du renouvellement sénatorial, le/la prochain-e président-e du groupe socialiste au Sénat

Coordination des territoires :

- Hussein BOURGI

- Emmanuel GREGOIRE

- Mathieu KLEIN

- Pernelle RICHARDOT

Porte-parolat :

- Karim BOUAMRANE

- Sébastien DENAJA

- Julien DRAY

- Estelle GRELIER

La direction provisoire nommera des chargé-e-s de mission pour des tâches précises tout en veillant à ce que les secrétaires nationaux poursuivent leurs actions.

Les instances du Parti socialiste, dont le Bureau national, restent en place et suivront les travaux de la direction provisoire.

 

13 Commentaires

  1. Dominique Babouot
    Posted 9 juillet 2017 at 10:04 | Permalien

    Bien! Pour la première fois depuis des mois, voilà un texte qui mérite qu’on le lise!
    Faut-il que vous en ayez gros sur la patate, cette fois la coupe déborde, tant mieux!
    Vous restez? Alors Bon Courage!
    En plus il n’y a pas d’hésitation à avoir, les électeurs ont déserté, ils ont abandonné le ps!

    Je ne veux pas jouer les cassandres, mais ne vous faites pas trop d’illusions sur les militants qui restent(une poignée), c’est peut etre 30000 à tout casser et ce n’est pas les 2400000 électeurs de la primaire socialiste qui avaient intronisé Hamon!

    En ce qui me concerne, je reste théoriquement de fait membre du parti, bien que je n’ai participé à aucune des batailles électorales de ce printemps, si on nous demande d’aller voter, j’irai voter, par contre si on me demande de repayer une cotisation avant de connaitre le résultat de la consultation éventuelle des militants, j’avoue que je vais beaucoup hésiter!

  2. Dominique Babouot
    Posted 9 juillet 2017 at 10:07 | Permalien

    Un renversement de situation tel que Corbyn en Angleterre ou Sanchez en Espagne est très aléatoire!

  3. Dominique Babouot
    Posted 9 juillet 2017 at 10:10 | Permalien

    Une question?

    Emmanuel Maurel?

    Il s’agit bien de celui qui était le signataire de la motion Maintenant la Gauche à la quelle vous aviez participé au congrès de Toulouse!

    Comment a voté Marie-Noelle Linemann?

  4. sansressources
    Posted 9 juillet 2017 at 10:34 | Permalien

    l’expérience prouve que le PS reste le PS, arrangements, basses manœuvres, mépris des militants, décidément on ne le changera jamais, et puis le PS applique soigneusement l’adage, on ne change pas une équipe qui perd, mettez du neuf bon sang, vous serez plus crédible

  5. Posted 9 juillet 2017 at 10:44 | Permalien

    a ce que j’ai cru voir Maurel et Lienemann ont vote pour

  6. Dominique Babouot
    Posted 9 juillet 2017 at 10:58 | Permalien

    Merci!

    Ainsi vous ne les avez pas suivi!

    Bravo! Pour une fois vous n’aurez pas à vous livrer à des circonvolutions acrobatiques pour justifier ce qui ne peut pas l’etre!

    Par contre vous etes bien isolés et pire qu’au congrès de Toulouse!

    Bon courage!

  7. Dominique Babouot
    Posted 9 juillet 2017 at 13:46 | Permalien

    La situation en France a changé en ce printemps 2017!

    Le ps doit rompre avec ses habitudes, dire comme le dit Camba qu’il refuse de choisir entre les deux finalistes de la primaire ne saurait se pousuivre!

    Le temps ou la majorité du ps pouvait se prévaloir du soutien de la majorité du peuple de gauche est révolu!

    Le peuple de gauche est nettement anti-libéral et anti-capitaliste, aussi bien le premier tour de la présidentielle que les primaires l’ont clairement montrés.

    La gauche n’est pas seule en France, il y a aussi le centre, le centre-droit, la droite et l’extrème-droite c’est aussi l’indication donnée par les élections présidentielles!

    Ce qui a été condamné, c’est bien la politique de compromission de l’actuelle majorité du ps et je pense que malgré les illusions des nostalgiques de ce compromis boiteux, c’est durable et perenne.

    Ceux qui ne sont pas contents, qui veulent etre au gouvernement avec le centre et le centre droit peuvent le faire, nous sommes en démocratie mais ils doivent en tirer les conséquences en quittant le parti et en allant rejoindre En marche comme Valls l’a fait, pour une fois il a été clair!

    Quant à Benoit Hamon, effectivement son geste n’est pas très clair, effectivement dès l’instant qu’il n’a pas été suivi par aucun des camarades les plus proches avec le quel il a travaillé au ps.

    Pire ceux-là ont renoué avec les vieux démons de la collaboration avec les socio-libéraux à la quelle se sont toujours adonnés les compagnons de feu Henri Emmanuelli, il n’est pas inexact que de dire que ce qu’on appelle la gauche socialiste n’existe pas! Ceux qui parlent de posture dans les congrès ont bien raison, d’ailleurs lorsqu’on observe le parcours politique sur le long terme de certaines de ces personnes, on s’apercoit qu’il n’y a aucune cohérence!
    C’est le cas de Marie-Noelle Lienemann qui a été longtemps rocardienne.
    Cela pose sérieusement le problème des alliances de circonstances que peuvent contracter les gens sincèrement à gauche dans ce parti. Il y a rien de plus frustrant et peu motivant que d’entreprendre un projet avec des gens dont on n’est pas sur de la sincérité!
    Si le pluralisme dans un parti politique c’est cela alors il vaut mieux y renoncer!

  8. Gilbert Duroux
    Posted 9 juillet 2017 at 13:53 | Permalien

    Pour retenir les derniers adhérents au PS, il a été décidé que tout le monde fera partie de la direction. Tout le monde… sauf Gérard Filoche. Faut pas déconner tout de même.

  9. Djoub
    Posted 9 juillet 2017 at 14:44 | Permalien

    Sérieux, Lienemann a voté pour? C’est vraiment triste. Qui reste-il encore à vos côtés?

  10. Posted 9 juillet 2017 at 18:56 | Permalien

    Petite question : lors du recours pour les primaires PS Gérard Filoche a été condamné à verser des frais irrépétibles au PS : les lui a-t-on réclamés ? Où en est le processus de sanction.
    Je suis de tendance libérale et de droite mais je préfère des socialistes qui défendent des idéaux et alertent le législateur pour faire des lois qui ne soient pas déséquilibrées au détriment des plus faibles (c’est aussi mon côté catho) à des opportunistes sans convictions

  11. Gilbert Duroux
    Posted 9 juillet 2017 at 20:19 | Permalien

    Faut pas faire semblant de s’étonner. Ça fait longtemps que je le dis que les Dray, Lienemann, et Cie, supposés être à la gauche du PS, ne sont que des opportunistes qui, à un moment donné, ont choisi l’aile gauche du PS parce que ça semblait un créneau porteur. Le PS, c’est un parti politique où l’on entre pour faire carrière, par par conviction. Gérard est un contre exemple. Il est l’alibi de gauche du PS. Seulement, à chaque fois, il se fait avoir. On l’a même empêché de participer à la primaire alors qu’il représentait un courant qui n’était pas représenté par ailleurs.

  12. Pacifiste
    Posted 10 juillet 2017 at 0:01 | Permalien

    Gérard, avec ton blog, tu fais plus de boulot que tout le reste du PS… Tu fais gagner du temps aux syndicalistes et aux anti capitalistes pour la lecture et l’analyse des textes… Alors merci!
    On voit bien que le PS a la tête dans le cul, mais ils seront obligés, tôt ou tard, de se faire remarquer. Dans la vie réelle et à l’assemblée nationale, ils devront se démarquer de MACRON ou devenir des LREM…
    Si, comme je le pense, les profits ne servent plus qu’à financer les restructurations et les délocalisations, MACRON va très très vite être détesté et le PS sera obligé d’utiliser tes positions pour exister aux élections européennes.

  13. Posted 10 juillet 2017 at 10:37 | Permalien

    Bravo. Merci de comprendre
    C est pas siuvent que des encouregements se menifestent pour tout mon travail

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