Ne dites pas « Travail au noir » dites « Travail dissimulé »

Un salarié de 45 ans vient à la permanence de l’inspection du travail. Qu’est ce qu’il veut ? Se plaindre parce que son patron ne lui verse pas l’argent qu’il lui donnait chaque mois en liquide… pendant la période de son arrêt maladie. Etonnant non ?

L’histoire est la suivante : nous sommes dans un atelier de confection du 11° arrondissement de Paris qui fait travailler environ 25 salariés. Celui qui est dans notre bureau y bosse depuis plus de 10 ans. Il gagne 1500 euros nets.

Mais chaque mois l’employeur lui verse, et ce, depuis le premier jour, 300 euros en liquide qui ne figurent pas sur la feuille de paie. Le salarié a bien été obligé d’accepter ce système jusque là, il n’avait pas le choix.

Mais voilà l’homme est sérieusement malade et son traitement va provoquer plusieurs périodes d’arrêts plus ou moins longues. Du coup, le patron, ne lui verse plus « la part liquide » de son salaire. Chute brutale de son niveau de vie au moment où sa maladie lui coute, à lui et à sa famille. C’est là qu’on voit que c’est toujours le salarié qui tôt ou tard perd à subir du travail non déclaré.

Alors il vient voir l’inspection pour qu’elle fasse respecter ses droits… Car oui, il en a !

Même s’il a accepté longtemps un régime illégal, c’est de la responsabilité du patron. Lui, il n’est que subordonné. S’il n’avait pas accepté ce système, il n’aurait peut être même pas été embauché. S’il l’avait contesté plus tôt, il aurait été débauché ! Son patron c’est le genre à lui dire « - J’ai trop de charges sociales » et à tricher ainsi avec les URSSAF. Certes le salarié aurait pu, aurait du avoir conscience, résister, se syndiquer, venir plus tôt et exiger une régularisation. Certes cet homme s’était « arrangé » de ce système illicite.

On croit trop souvent que le « le travail au noir » ça concerne « l’immigre-pas-déclaré ». Non, l’expression « travail au noir » est une expression malsaine, certes « populaire » mais tordue, elle a des relents racistes. Ne l’utilisez jamais !

Il s’agit de « travail dissimulé » : à 80 % c’est le cas de salariés bel et bien « déclarés » auxquels le patron ne paie pas, ne déclare pas, ne majore pas les heures supplémentaires. Et vu les bas salaires et le chantage à l’emploi, les salariés ont du mal à se défendre.

Il est évident que si les ouvriers étaient mieux payés, ils n’iraient pas bosser le samedi ni le dimanche, dans le bâtiment par exemple. C’est pareil pour les caissières, femmes pauvres et précaires qui n’ont pas le choix et se disent « contentes de travailler le dimanche ». Un Français sur trois (31 %) se déclare prêt à recourir au travail non déclaré pour la garde de ses enfants si ses allocations familiales baissent…

Plus la finance règne, plus elle pille les salaires, plus elle dérégule, crée des besoins de « travail dissimulé » et il ne reste plus aux exploiteurs qu’à en profiter… au nom de la nécessité, de la « crise » dans laquelle ils se disent plongés. Allez voir en Grèce comment 11 plans d’austérité ont étendu le « travail dissimulé » !

3 Commentaires

  1. Pistre
    Posted 4 août 2013 at 8:24 | Permalien

    Lu et bien entendu mais pourquoi, dans le cas d’un travail dissimulé initié par le patron contre la volonté du salarié, celui-ci ne déclarerait pas ses revenus supplémentaires aux impôts, ce qui prouverait sa bonne foi ?

  2. Posted 26 juin 2014 at 10:32 | Permalien

    ne pas utiliser l’expression « travail au noir » mais travail dissimulé

  3. de pierrepont guillaume
    Posted 2 juillet 2015 at 21:42 | Permalien

    il semblerait aujourdhui qu en france il suffit a un employeur d ‘etre de nationalité étrangére pour echapper a toute comdanation pour travail dissimulé de fait ma compagne anglaise d abord embauchée  » au black  » pour 3 mois par un compatriote puis déclarée pendant un an ne peut faire valoir d aprés le tribunal de chambery (bravo la justice) la notion de travail dissimulé. Au titre que entre compatriote ce n’était pas du travail dissimulé mais plutot de la « solidarité entre compatriote » ….je vous laisse juge de l état de la justice dans notre pays qui laisse libre court a toutes les magouilles d’investiseurs étranger sur le territoire francais si jamais il n’as pas dépouillé un francais….je ne crois vraiment plus en la justice de ce pays et vous ? il faut savoir que l’employeur a été comdamné en premiére instance au tribunal des prud’homme a 30 000 euros d’amende mais heureusement pour lui la cour d ‘appel était la pour le sauver…..

One Trackback

  1. Par Vite CV le 26 juin 2014 à 0:09

    Chômage ou travail au noir, que choisir ?…

    Pendant que la lutte contre le travail dissimulé se renforce, les chances de travailler vont-elles devenir moins grandes et plomber encore un peu plus la croissance de l’économie française ? Le document vidéo ci-dessus a été tourné en caméra cachée et …

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