Un état « totalement en faillite » ? Non. La France n’a jamais été aussi riche de son histoire

Le ministre du Travail a affirmé sur Radio J que la France était « un Etat totalement en faillite » avant de préciser plus tard avoir ironisé sur une formule prononcée par François Fillon en septembre 2007. Mais il n’en a pas moins conservé la conclusion qu’il en tirait : « C’est la raison pour laquelle il a fallu mettre en place des programmes de réduction des déficits et aucune sirène ne doit nous détourner de cet objectif de la diminution des déficits, c’est fondamental pour le financement de notre économie et la création d’emplois ». Puis Michel Sapin a corrigé à l’AFP : il ne considérait pas la France comme un « Etat totalement en faillite ». Dans le Journal du Dimanche, Michel Rocard estimait lui, à sa façon, qu’« il y a le feu » mais il en tirait des conclusions différentes : « Aussi longtemps que nous n’aurons pas fait accepter à nos partenaires européens un ralentissement dans la réduction de la dette, nous serons sous contrainte » Il plaide pour ce ralentissement.

Voilà deux politiques opposées dans un même parti : diminuer les déficits en priorité ou bien ralentir la réduction de la dette (indigne) pour se sortir de la crise.

La France n’est pas en faillite !

En effet ! Cette expression de François Fillon (celui ci l’avait prononcé AVANT la crise dite des subprimes !) figure dans la panoplie traditionnelle de la droite, du Medef, pour exercer un chantage contre les salaires et tous les droits sociaux des salariés. Cela consiste à mentir éhontément : « Tout va mal, serrez-vous la ceinture », c’est le leitmotiv habituel, le sempiternel rabâchage des libéraux.

La vérité, c’est que la France n’a jamais été aussi riche, les profits et dividendes n’ont jamais été aussi importants dans tous les domaines, la finance ne s’est jamais autant goinfrée de produits dérivés, les 500 premières familles ont gagné 271 milliards dans la seule année 2011, 10 % possèdent 50 % du patrimoine, le CAC 40 a distribué 36 milliards de dividendes, les riches font 80 milliards de fraude fiscale, les profits ont pris 10 points par rapport aux salaires…

Et s’il y a le feu, s’il y a urgence sociale, ce n’est pas parce que nous avons des déficits c’est parce que nous les remboursons en priorité !

C’est parce que nous gaspillons des dizaines de milliards à sauver les fraudeurs des banques au lieu de les investir en emplois en urgence dans les écoles, les hôpitaux, les services publics, l’industrie, la recherche !
Le croyez-vous, mais le 24 décembre dernier, le ministre des Finances, Pierre Moscovici a versé 2 585 000 000 euros à Dexia SA (programme 731, action 01) J0 du 27/12/12 texte 16/127. Dexia a obtenu encore une fois cette somme sans contrepartie en dépit de la gabegie honteuse de ses trafiquants de dirigeants. Des milliards pour les spéculateurs, et pas pour Florange, Petroplus, Goodyear ? Est ce que c’est la bonne façon de « financer notre économie et de créer des emplois » ?

Est ce que la bonne façon de financer notre économie et de créer des emplois c’est de faire 20 milliards de crédit d’impôts aux patrons ? (et de n’augmenter le Smic que de 3 centimes horaires ?)

Comment une prétendue « France en faillite » peut-elle si mal placer ses ressources ?

Si c’est pour amadouer les marchés et les employeurs, ca échouera, c’est connu, ca échoue toujours ce genre de politique ! Le patronat n’est pas la solution du problème mais la cause ! C’est lui qui multiplie les plans sociaux parce qu’il préfère la Bourse à l’industrie, des marges de 15 % à des marges de 5 %.

Ce ne sont donc pas les patrons qu’il faut amadouer, au contraire il faut les dominer, contrôler les licenciements, pas les faciliter ! Et pour cela ce sont les salariés qu’il faut mobiliser : la relance viendra de ceux qui travaillent et non pas de ceux qui préfèrent les dividendes, les surprofits, les placements boursiers et les îles Caïman.

Le Medef n’a pas du tout l’intention d’aider la gauche à gagner et s’il a extorqué le maximum de ce qu’il pouvait à la CFDT dans l’ANI du 11 janvier, ce n’est pas par empathie, mais c’est pour faire perdre la gauche, dans l’opinion des salariés et par la multiplication des plans sociaux qui s’en trouveront ensuite facilités !

26 Commentaires

  1. Newey Corinne
    Posted 28 janvier 2013 at 21:57 | Permalien

    Monsieur Gérard Filoche

    Pensez-vous à quitter le parti socialiste qui n’en a plus que le nom et qui a trahi les classes populaires ?

    D’avance merci de votre réponse

    Corinne Newey

  2. Filoche
    Posted 29 janvier 2013 at 7:19 | Permalien

    Non

  3. tambour
    Posted 29 janvier 2013 at 7:49 | Permalien

    Voilà un bel article que l’on pourrait traduire par : ceux qui savent nous mentent effrontément. Comment nous faire croire, un élève de CM1 saurait nous l’expliquer ; que nous allons un jour rembourser des milliards et des milliards €, jamais mais est ce le plus important, non, c’est juste le bâton pour rester dans le rang. Voyez ce qu’en dit Étienne Chouard !!

  4. Newey Corinne
    Posted 29 janvier 2013 at 12:28 | Permalien

    Merci de votre réponse Monsieur Filoche, néanmoins vous me permettrez de la trouver « insuffisante » et donc décevante.

  5. jules
    Posted 29 janvier 2013 at 13:59 | Permalien

    Avant Mitterrand, la France ne vivait pas à crédit.

    La dette de la France est restée stable à 20% du PIB entre 1973 et mai 1981 alors que la France a connu 2 terribles chocs pétroliers.

    Avec François Mitterrand, la dette est passée de 20% du PIB à 50% du PIB entre 1981 et 1995.

    Aujourd’hui, la dépense publique représente 56% du PIB contre 46% en 1980.

    Soit 200 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires.

    Cette flambée des dépenses publiques est responsable de la dette.

  6. Posted 29 janvier 2013 at 15:25 | Permalien

    bah non tous ces chiffres sont du pipo absolu, tout a changé avec la privatisation de la monnaie en 1973,
    et il n’y avait que 63 % de dette /PIB en 2002 quand Lionel Jospin est parti (critère dit de Maastricht c’était 60/PIB)
    si on avait conservé le même taux d’imposition que Lionel Jospin en 1999, il n’y aurait pas eu de déficit jusqu’en 2009 !
    on n’a pas eu de problème de dépenses mais un problème de recettes
    et de 2007 à 2012 Sarkozy a baisse les recettes de 110 milliards par an soit 550 milliards, on est passé par sa faute de 63 %/PIB de dette à 89/PIB
    on n’a pas dépensé plus de 1996 à 2009 plutôt légèrement moins ! Les dépenses ça ne se compare pas en euros mais en évolution pourcentage par rapport au PIB !
    ensuite dans le détail : « dépenses publiques » ça ne veut rien dire de clair, il y a TROIS budgets en France
    - le budget des caisses de Sécu 450 milliards ne génère que 10 % de déficit et 10 % de la part de la dette (et c’est contesté, c’est rien en fait)
    - le budget des collectivités territoriales 73 milliards ne génère que 11,5 % de la dette
    - le budget de l’état 300 milliards à cause des raisons sus-dites génère 78,5 % de la dette existante

  7. Posted 29 janvier 2013 at 15:28 | Permalien

    j’ai répondu mille fois, en détail, en théorie, en pratique, en histoire, en sociologie, en programme, en action, remontez ces commentaires, vous le verrez,
    le PS est le plus grand parti de la gauche et même s’il a une mauvaise politique (hélas ce n’est pas la première fois depuis un siècle que des partis de gauche ont une mauvaise politique)

  8. Newey Corinne
    Posted 29 janvier 2013 at 15:53 | Permalien

    A Jules,

    Erreur, la « dette » vient des décisions prises par Giscard et Pompidou en 1973, qui ont interdit à l’Etat de se financer « lui-même » et l’ont obligé à emprunter aux banques privées avec des taux d’intérêts ; le plus gros de la dette aujourd’hui est le fruit de ces intérêts, cumulés sur les années écoulées depuis 1973….

  9. Newey Corinne
    Posted 29 janvier 2013 at 15:55 | Permalien

    Cher Gérard Filoche,

    Eh bien si le parti socialiste est le plus grand parti de gauche, on est pas tirés d’affaires…..

  10. Posted 29 janvier 2013 at 16:03 | Permalien

    en effet nous n’avons aucune chance de gagner sans l’entrainer dans un grand mouvement social unitaire…

  11. Posted 29 janvier 2013 at 16:05 | Permalien

    c’est ce que j’ai écris…
    et ensuite… ?

  12. Newey Corinne
    Posted 29 janvier 2013 at 17:49 | Permalien

    réponse à votre com de 16 h 03

    …et vous pensez, qu’avec vos petits bras musclés et armé de votre (renommée et incontestable) pugnacité, vous l’amènerez à « évoluer » vers ce grand mouvement social de l’intérieur…
    Je suis désolée de ne pas partager votre enthousiasme… la nomination hier d’Anne Lauvergeon, qui a ruiné Areva sans qu’aucun « reproche » ne lui ait été fait, au contraire, et Trichet, à AEADS semble montrer que nous n’avons pas quitté la république des « copains »….

  13. luc
    Posted 29 janvier 2013 at 21:57 | Permalien

    Voici un article sur l’utilisation de la planche à billets au Zimbabwe.

    En mars 2007 le taux d’inflation du Zimbabwe passait la barre des 50 % par mois, soit le seuil pour définir une « hyperinflation » et équivalent à 12 875% d’inflation par an. Depuis lors, les choses ont très largement empiré.

    La cause de l’hyperinflation est un Etat qui force la Banque Centrale du Zimbabwe à imprimer de l’argent. L’Etat finance ses dépenses en émettant de la dette que la Banque Centrale du Zimbabwe doit acheter avec de nouveaux dollars zimbabwéens.

    Steve Hanke La planche à billets et l’hyperinflation au Zimbabwe
    http://www.grioo.com/ar,la_planche_a_billets_et_l_hyperinflation_au_zimbabwe_,15960.html

    Vsiblement, certains en France voudraient copier le Zimbabwe.

  14. G. Ladio
    Posted 30 janvier 2013 at 10:49 | Permalien

    Ces déclaration de sapin m’effraient beaucoup ! ne sont-ils pas en train d’envisager la destruction de la fonction publique ? que vont devenir nos carrières et nos retraites de fonctionnaires ????

    moi s’il en arrivent là je déchire ma carte !

    le parti envisage-t-il de punir cet énergumène ????

    amitiés socialistes

  15. Posted 30 janvier 2013 at 12:49 | Permalien

    bah bien sur le Zimbabwe c’est LE modèle par excellence… il ne nous viendrait pas à l’idée de copier la FED aux USA ni la banque japonaise, ni d’en revenir à avant 1973 quand ça marchait et qu’on ne payait pas des agios usuriers aux banksters privés, non pensez vous, vive le Zimbabwe !

  16. luc
    Posted 30 janvier 2013 at 21:41 | Permalien

    Gérard Filoche ne connait pas l’emprunt national de Antoine Pinay en 1952.

    Un emprunt destiné a stoppé l’inflation dont la cause était la planche à billets.

  17. Gille Rillon
    Posted 31 janvier 2013 at 12:59 | Permalien

    le fonctionnaire a toujours du mal à comprendre les théorie monétaire, par exemple d’où provient l’argent qui le paie chaque mois …

  18. Posted 31 janvier 2013 at 14:25 | Permalien

    tout salarié privé comme public produit plus que ce qu’il gagne, donc aucun d’eux, privé comme public, n’a de difficulté pour savoir d’où vient l’argent qui le paie : de son travail !

  19. Posted 31 janvier 2013 at 14:48 | Permalien

    c’était surtout un immense cadeau aux riches, puisque les impôts étant trop bas, l’état leur « empruntait » gentiment à taux confortable ce qu’il ne leur prenait pas par l’IR. Célèbre emprunt Pinay, à la meilleure fortune des plus riches !
    quant à la « planche à billet » (sic), maintenant c’est la « planche » des usuriers qui reçoivent 1000 milliards à 1 % de la BCE et les reprête à 6, ou 7 %… banksters voleurs. Banksters récidivistes qui viennent encore d’être repris la main dans le sac à trafiquer le LIBOR ! Ils ne cesseront que lorsqu’il seront menacés d’avoir leur tête au bout d’une pique !

  20. Gille Rillon
    Posted 31 janvier 2013 at 16:48 | Permalien

    et alors il faut de tout pour faire un monde, y compris des riches ! tu préfèrerais qu’il n’y ait que des SDF ?

  21. Posted 1 février 2013 at 11:53 | Permalien

    le cliché à deux balles « faut de tout pour faire un monde » Des nazis ? des le Pen ? des racistes ? des scientologues ? des libertariens ? le Klu Klux Klan ? des intégristes à genoux devant l’Assemblée nationale ? des banksters ? Dexia ?

  22. nemo
    Posted 5 février 2013 at 17:59 | Permalien

    Et lorsqu’il n’y aura plus de riches pour payer, soit parce que vous les aurez tondus jusqu’à l’os, soit parce qu’ils auront fui avant, comment ferez-vous ?

  23. Posted 5 février 2013 at 21:32 | Permalien

    pauvre ignorant revenant sans cesse ici défendre les riches (qui le méprisent) … une seule année des bénéfices des 500 familles (271 milliards) et on relance l’économie, la Sécu, l’école, les hôpitaux, les transports… (rappel le budget annuel de l’état est de 300 Milliards)

  24. Nemo
    Posted 8 février 2013 at 22:29 | Permalien

    C’est tellement facile de compter sur l’argent des autres…. Malheureusement on ne peut pas augmenter les impôts à l’infini, et en France ils sont déjà parmi les plus élevés . Il faut donc dépenser moins, ce que la gauche est incapable de faire mais qu’elle fera quand même, contrainte par le réalisme économique… Le socialisme s’arrête là où s’arrête l’argent des autres…

  25. Posted 9 février 2013 at 2:07 | Permalien

    mais c’est totalement faux, les impôts sont bas, trop bas et pas assez directs ni progressifs, il faut 20 tranches graduelles, et au-dessus de 20 fois le Smic de revenu il faut tout prendre,
    si on avait gardé le taux d’imposition de1989 il n’y aurait pas eu de déficit jusqu’en 2009…
    les déficits sont venus de la baisse des recettes pas de la hausse des dépenses.
    les dépenses, en fait ont baissé de 1996 à 2009… ce n’es pas parce que nous dépensions trop que la dette a augmenté, c’est parce que la droite à trop baissé les impôts

  26. lionel mutzenberg
    Posted 15 février 2013 at 12:40 | Permalien

    Mon cher Nemo, ces riches qui sont riches, ça vous passionne ! Mais dites moi, ils sont devenus riches comment ? Seraient ils riches en naissant, avec des compte en banque bien remplis, sans avoir travaillé ?
    La richesse est le produit du travail; le problème avec le capitalisme c’est que, moins vous travaillez, plus vous êtes riche.
    Encore faudrait il se mettre d’accord sur ce que c’est, un riche ?
    Des gens riches il y en toujours eu, et il y en aura toujours ; je connais peu de salarié qui veulent, à tout prix, devenir riche, si ce n’est un instant , ou, comme tout à chacun le rêve vient embellir la réalité.
    Vivre décemment est l’espoir de tous les français.Point.
    Le problème c’est la répartition des richesses créées par le travail de tous. Avec 2000 milliards de PIB, il est possible de faire vivre correctement toute la population, sauf si une minorité de nantis se goinfre de rémunérations, avantages, et autres primes divers et variées, à l’image du PDG de chez Renault.
    Aucun salarié, aucun entrepreneur, ne mérite une rémunération de plus de 13 millions d’euros par an. Enfin si le mérite veut encore dire quelque chose.
    Les riches sont riches, parce que les pauvres sont pauvres. Jusqu’à quand ?

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