Gattaz au bazooka

Gattaz veut tout remettre en cause à l’Université du Medef : 12 mesures « turbo » de plus de destruction sociale, Smic, seuils sociaux, impôt à 75%…

Le président du Medef Pierre Gattaz, s’est moqué encore une fois du « Pacte de responsabilité », et a lancé un nouveau pavé dans la mare. Il prépare l’Université d’été du Medef comme un « round » avec le gouvernement, Valls ayant annoncé sa présence.

« La situation économique du pays est catastrophique. La croissance n’est pas là ! Il n’y a plus d’investissement et plus d’embauche », dramatise-t-il dans un entretien au Figaro paru lundi 21 juillet. Evoquant le pacte de responsabilité qui vient d’être pourtant voté par les députés, il annonce attendre « la phase 2 ». « Le noyé a été ramené sur la plage, il faut le réanimer », a-t-il dit. Pierre Gattaz exerce un chantage : que « nos gouvernants obtiennent auprès des employeurs et des investisseurs français et étrangers leur confiance. » Il exige une remise en cause complète du pacte de responsabilité, tel qu’il est défendu par le président de la République et Valls. C’était pas la peine de vanter le « sommet social » des 6 et 7 juillet.

Le président du Medef exige qu’Hollande mange son chapeau jusque dans les détails. Il propose de commencer par dire  « clairement que l’on va abandonner dès maintenant la taxe à 75 % sur les très hauts revenus. » Estimant que « le pacte seul ne suffira pas à redresser la France », Pierre Gattaz annonce qu’une « douzaine de  » mesures turbo  » pour générer de l’emploi rapidement » seront présentées à l’université d’été du Medef.

12 destructions sociales de plus

« Il faut regarder le sujet des seuils sociaux (obligations sociales liées au nombre de salariés, NDLR), parler de l’interdiction du travail le dimanche et après 21 heures. Le niveau du Smic doit pouvoir être discuté avec les partenaires sociaux, pour que les populations très éloignées de l’emploi – 1 million de chômeurs n’ont pas vu une entreprise depuis deux ans au moins – puissent retrouver un travail », a-t-il ajouté. Smic jeune, sous smic, CE, DP, CHSCT, DS, tous les droits syndicaux vont valser. Comme si tout cela avait une quelconque incidence sur l’emploi, là ou les patrons n’utilisent délibérément que 70 % de leurs capacités productives et préfèrent placer leur argent dans la spéculation et la rente aux iles Caïman.

Déjà Valls a fait un coup d’état contre nos finances publiques, pour plaire à Gattaz. 41 Milliards pour les patrons, 50 milliards en moins pour nos besoins publics. Ce qui veut dire en résumé que pendant que les actionnaires se doreront la pilule aux Caïmans, les éclisses seront défaillantes sur le réseau ferré de France. Pendant que les plans sociaux se multiplieront, les services publics déclineront, l’argent coulera à flots pour les patrons. Mais là le Medef sent le gouvernement Valls si veule, tellement à plat, démoralisé, qu’il se lâche sans même attendre le retour de ses valets de droite UMP : il exige tout et tout de suite, en finir avec les 35 h, avec le code du travail, travailler le dimanche, de nuit, baisser les salaires en plus des retraites, ne plus payer d’impôts, c’est l’hallali…

Ils vont vous baisser les salaires :  « 30 % de moins » -  ce qui a été fait en Gréce avec les resultats catastrophiques que l’on sait.

Voilà l’objectif recherché par tout les moyens : baisser les salaires augmenter les dividendes. Augmenter le chômage pour augmenter les profits. Baisser les impôts pour hausser les marges. François Hollande a avoué qu’il ne voyait pas l’horizon s’éclaircir,  que le chômage allait continuer de monter : il s’est donc enfermé dans la spirale suicidaire que lui impose le patronat. Le Medef l’a compris et n’arrête plus, encore, encore, encore.  On en est à 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues outre mer inclus : ca ravit Gattaz, c’est son moyen de chantage préféré, ça et la fameuse « dette » qu’il faut rembourser aux banquiers…

Ils vont nous faire un deuxième budget catastrophique à la grecque pour 2015. Non pas que ce soit nécessaire pour l’économie : au contraire cela induit la récession. Mais il s’agit de casser les droits sociaux, et les statuts des salariés, salaire et durée du travail. Rien de plus, rien de moins.

Car Hollande lui donne raison et capitule encore plus dans l’analyse : il reprend les seuls chiffres « libéraux », la seule comptabilité patronale, et le 21 juillet il s’est interrogé sur le retour aux 3 % de déficits, avouant que le ralentissement économique n’était « pas impossible » et que la croissance pouvait encore « s’affaiblir ». Il a insisté sur les « épreuves » et les « difficultés », s’est inquiété des « forces obscures qui travaillent la société française » et a reconnu que « les gens n’y croient plus ». (En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0203658841688-francois-hollande-se-montre-plus-sombre-sur-letat-du-pays-1026809.php?OEU12YYY1EdPbFRW.99) Hollande alimente le sentiment d’une « impuissance du politique » à laquelle, jure-t-il, il ne « se résout pas »… mais il renonce aux résultats !

Il disait qu’il devait être » « jugé sur les résultats », c’est fini : finie l’inversion de la courbe du chômage, fini l’espoir de redistribuer, il faut boire la coupe jusqu’à la lie, il n’y a « pas de chance » avant 2017. Mais pas question de changer : il  affirme qu’il ira jusqu’au bout dans cette voie, dans ce suicide, dans cet échec : « pour que le pays aille mieux ». Un membre du gouvernement explique : « S’enfoncer dans la problématique des résultats serait une erreur. Il n’y a pas de réponse de court terme. Il faut montrer le sens. L’enjeu, c’est le redressement. » Ca revient a une fuite en avant vers le cimetière de la gauche. C’est un renoncement à résister au pillage, aux exigences sans fin de la finance, des actionnaires, du Medef. C’est plier l’échine jusqu’au bout.

Cette épouvantable erreur d’orientation du gouvernement Valls qui prend aux pauvres pour donner aux riches, qui alimente le chômage pour assurer les marges, le Medef veut l’user jusqu’au bout, à chaud. Il tient Hollande, il serre la corde autour du cou. Après il n’y aura plus qu’à jeter les servants discrédités auprès de leurs électeurs trahis, ils perdront les régionales, malgré leur tentative désespérée d’en changer la règle du jeu au Monopoly Sim city. Puis ils perdront la présidentielle et les législatives, et basta, ce qui restera d’ossature sociale ils demanderont à l’UMP FN de l’achever en fanfare : Sécu, retraites, Sncf, Edf, services publics…

Le seul courage serait de dire « puisque le patronat ne veut rien entendre, on va s’appuyer sur le salariat »

Puisque Gattaz ne veut rien accepter, rien signer, rien partager des malheurs du pays, on va s’appuyer sur les forces vives de ceux qui produisent les richesses et qui n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Après tout les salariés c’est la base de la gauche, ce sont nos électeurs, ils sont majoritaires, ce sont ceux qui attendaient le changement en mai juin 2012. On aura tout fait pour que le patronat y participe, on va faire sans lui :

-        augmentation immédiate du Smic et de tous les salaires

-        embauche de centaines de milliers de nouveaux fonctionnaires dans les hôpitaux, les écoles, les travaux publics, les transports, les communications, les équipements collectifs, les services de contrôle

-        réforme fiscale avec une progressivité de l’impôt direct (IR IS), avec des mesures exceptionnelles sur les dividendes et le 1 % de ceux qui possèdent 25 % du pays : traque massive des 80 milliards de fraude fiscale, des 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, fin des « optimisations fiscales »

-        reconstruction d’un droit du travail protecteur, contre la précarité, contrôle des licenciements, droit syndicaux renforcés, en marche vers les 32 h, les 30 h, retour aux 60 ans

En quelques mois, la confiance sera revenue, le gouvernement sera plébiscité, la relance se sentira vite, les carnets de commande se rempliront et même les équilibres budgétaires s’amélioreront au lieu de décliner.

 

 

Les « 60 engagements » de François Hollande : An II

A  lire dans « D&S »  l’excellente revue mensuelle de la gauche socialiste depuis 21 ans  n° 216 spécial été 40 p… sur abonnements (30 euros = un an = 10 n°   chèque à l’ordre de « D&S’ C/O 85 rue Rambuteau 75 001 Paris)

D & S N°216 dimanche midi

Deux ans après l’élection de François Hollande, le gouvernement de Manuel Valls publiait, le 6 mai 2014, un document[1] intitulé «  60 engagements pour la France – Deux ans plus tard ». La lecture de ce document de 15 pages est surprenante : presque tous les engagements de François Hollande auraient d’ores et déjà été tenus ou seraient en très bonne voie de l’être. Comment, dans ces conditions, expliquer que le Parti Socialiste ait perdu 155 villes de  plus de 9 000 habitants lors des dernières élections municipales et que ces candidats soient arrivés, avec seulement 13,98 % des suffrages, loin derrière le Front National (24,85 %) et l’UMP (20,80 %), lors des élections européennes ?

Les électeurs de notre pays seraient-ils à ce point bornés et incohérents qu’ils aient apporté 10,3 millions de voix à François Hollande et à ses engagements au 1er tour de l’élection présidentielle en 2012 et seulement 2,2 millions de voix au Parti socialiste aux européennes de 2014 alors que les 60 engagements du Président de la République auraient déjà été presque tous mis en œuvre ?

Il n’est pas possible de faire l’économie d’un examen plus réaliste du sort réservé aux « 60 engagements de François Hollande », au moins aux plus marquants. Il n’est pas possible, non plus, de faire comme si toute une série de mesures qui n’étaient pas prévues au programme n’étaient pas  tombées sur la tête des habitants de notre pays, au cours des deux années de gouvernement socialiste.

1- Les engagements qui ont été tenus ou qui sont en bonne voie de l’être

- Engagement 7 : les frais bancaires

Les frais bancaires ont été plafonnés pour les clients des banques en situation de découvert régulier. Les plafonds ont été fixés à 8 euros par opération et à 80 euros par mois pour l’ensemble des clients, à  4 euros et 20 euros pour les clients les plus fragiles.

- Engagement 15 : les contributions des plus fortunés

Une tranche supplémentaire de 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par an a été créée. Les diminutions de l’impôt sur le revenu ont été plafonnées à 10 000 euros par an.

- Engagement 16 : l’allocation de rentrée scolaire devait augmenter de 25 %

Cette augmentation a effectivement eu lieu et 3 millions de famille en ont bénéficié dès la rentrée de septembre 2012.

- Engagement 17 : le retour sur les allégements de l’impôt sur la fortune

La 2ème loi de finances rectificative pour 2012 est revenue sur ces allégements décidés en 2011. La loi de finances pour 2013 a instauré un nouvel impôt sur la fortune relevant le taux d’imposition des plus gros patrimoines.

- Engagement 18 : la retraite à 60 ans pour ceux ayant cotisé la totalité de leurs annuités

Le décret de juillet 2012 permet à ceux qui ont commencé à travailler tôt de prendre leur retraite à 60 ans. 150 000 personnes ont profité de cette disposition en 2013.

- Engagement 22 : l’accès au logement

La loi relative à la Solidarité et aux Renouvellements Urbains a été renforcée en janvier 2013 en multipliant par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes refusant d’accueillir les ménages modestes. Elle augmente de 20 à 25 % la part des logements sociaux nécessaires dans les communes « en tension ».

La loi Alur de février 2014 met en place des dispositions permettant une plus grande transparence dans le processus d’attribution des logements sociaux.

- Engament 31 : le droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels

Le mardi 23 avril 2013, l’Assemblée nationale votait solennellement la loi autorisant le mariage des couples homosexuels et leur ouvrant le droit à l’adoption. La France est devenue le 14ème pays du monde à réaliser cette grande avancée démocratique.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, refusant de procéder par ordonnance ou en utilisant l’article 49 alinéa 3, a permis que se mène un large débat démocratique sur un sujet de société aussi important. Il a, cependant, dû s’arrêter en chemin et renoncer à faire voter une loi sur la  Procréation médicalement assistée (PMA), tant la politique sociale qu’il menait, l’avait coupée de sa base sociale, et l’empêchait d’aller plus avant sur le terrain sociétal. L’UMP l’avait parfaitement compris : le 13 avril 2013, à Lille, Jean-François Copé avait exigé « de suspendre la discussion de ce texte sur le mariage pour tous et de ne s’occuper que d’une seule chose, la lutte contre le chômage… »[2] Un an plus tard, alors que la politique sociale qu’il poursuit l’éloigne toujours plus du salariat, Manuel Valls vient, pour les mêmes raisons, de renoncer, sine die,  à faire voter la « loi famille ».

- Engagement 35 : la possibilité des saisir le tribunal de grande instance dans les cas manifestement contraire à l’intérêt de l’entreprise

La « loi Florange » a été votée le 29 mars 2014. Elle oblige les groupes de plus de 1 000 salariés, qui veulent fermer un site, à « rechercher » obligatoirement un repreneur en associant le Comité d’Entreprise.

Cette loi est un petit pas en avant mais ne permet pas de lutter efficacement contre les licenciements boursiers dont sont victimes des dizaines de millier d’ouvriers et d’employés. Le groupe n’a que l’obligation de « rechercher » un repreneur, pas d’en trouver un ni d’avoir à payer des indemnités de licenciement réellement dissuasives.

- Engagement 36 : les 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation

24 600 postes ont été créées en 2013 et 2014.

D’autres pas en avant ont été réalisés pour l’éducation prioritaire dans les collètes, pour la formation des enseignants avec la création des ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation), avec la réforme des rythmes scolaires… Mais il est très difficile de réformer l’Education nationale en diminuant les dépenses publiques. Il est tout aussi difficile de réformer l’Ecole qui réfracte toutes les contradictions de la société, sans transformer en même temps cette société, en faisant reculer le chômage de masse, la précarité et la pauvreté.

- Engagement 59 : le retrait immédiat de nos troupes d’Afghanistan

Les dernières troupes combattantes françaises ont effectivement quitté Kaboul le 15 décembre 2012.

- Engagement 59 : le soutien à la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien

Le 29 novembre 2012, la Palestine a obtenu le statut d’observateur non membre de l’Onu. C’est un pas important dans la reconnaissance internationale d’un Etat palestinien. La France y a apporté sa contribution en votant pour ce statut, aux côtés de 137 autres Etats.

 

2- Les engagements qui n’ont pas été tenus ou ne l’ont été que très partiellement

- Engagement 1 : la Banque publique d’investissement

BPIfance, la Banque publique d’investissement a certes été créée par la loi du 31 décembre 2012 et le document du Premier ministre se félicite du fait que le total de son bilan atteigne un total de « près de 54 milliards d’euros ». Tout est dit, pourtant, avec ce chiffre. Les bilans additionnés des banques françaises dépassent  8 000 milliards d’euros (400 % du PIB français). Le total du bilan de la 1ère banque française (BNP-Parisbas) atteint 2 000 milliards d’euros (100 % du PIB de notre pays).

Avec une banque publique dont le bilan ne représente que 2,7 % du PIB, la puissance publique s’est dotée d’un outil qui ne lui permet pas de jouer efficacement son rôle.

- Engagement 2 : Faire des PME une priorité

Des mesures ont été prises pour aider au financement des PME et des Entreprises de taille intermédiaire (ETI) : création d’un PEA destiné à les financer, création de nouveaux produits d’assurance-vie, doublement du plafond du livret de développement durable…

Mais nos gouvernements ne sont pas préoccupés de faire la distinction entre les entreprises qui sont juridiquement des PME ou des ETI et celles qui sont économiquement indépendantes des grands groupes.

La lecture de l’étude de l’Insee de mars 2012[3] aurait pourtant dû éclairer les gouvernements de gauche : avec seulement 2 millions de salariés du secteur marchand pour un total de 16 millions de salariés, les PME indépendants n’emploient que 12,5 % des salariés de ce secteur. Quant aux ETI indépendants, elles n’emploient que 116 000 salariés, celles sous contrôle d’un groupe français ou étranger emploient 2,8 millions de salariés.

La conséquence de cette situation est qu’à chaque fois que des aides publiques sont versées aux milliers de PME et d’ETI dépendantes des grands groupes, c’est le tiroir-caisse de ces grands groupes que l’on remplit. L’exemple le plus visible de cette mécanique est le chantage éhonté exercé par les grands groupes sur les PME sous leurs dépendances économiques, en exigeant que ces dernière leur reversent tout ou partie du Crédit d’impôt compétitivité emploi qu’elle percevait. Le médiateur des relations interentreprises, Pierre Pelouzet, avait tiré la sonnette d’alarme[4] tant le procédé était grossier et Fleur Pèlerin a fini par intervenir. Mais ce chantage n’est que la pointe émergée de l’iceberg.

- Engagement 5 : le statut public des entreprises détenues majoritairement par l’Etat

Malgré les protestations de toute la gauche contre la privatisation de GDF en 2008, la transformation de la Poste en Société anonyme en 2010, la situation de ces entreprises est restée inchangée. Pire, le gouvernement veut mettre la SNCF en ordre de bataille pour affronter l’ouverture à la concurrence prévue pour 2022, par le « quatrième paquet ferroviaire » européen.  Cette ouverture à la concurrence sera inéluctablement suivie par la privatisation de la SNCF. Les prix des billets augmenteront, l’équipement des trains et surtout leur sécurité seront tirés vers le bas, tout comme le statut et les salaires des salariés de la SNCF, seules les lignes rentables seront conservées. Ce sont cheminots qui doivent faire grève pour défendre le service public et le 5ème engagement de François Hollande mais ils sont dénoncés comme « preneurs d’otages » par un gouvernement de gauche, censé mettre en application cet engagement !

 

- Engagement 7 : séparer les activités spéculatives des banques de celles qui sont utiles à l’investissement

C’est sans doute l’une des décisions les plus graves prises par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et la majorité parlementaire. Aucune leçon de la crise bancaire de 2007-2008 n’a été tirée. Les activités spéculatives des banques avaient, pourtant, amené l’économie au bord du gouffre. Les banques n’ont rien changé (dans le meilleur des cas) à leurs comportements et font toujours courir un risque aussi énorme à l’économie et à la société.

La loi du 26 juillet 2013, pourtant, ne sépare que symboliquement les activités spéculatives des autres activités bancaires. Cette loi a été écrite sous la dictée du lobby bancaire. Moins de 1,5 % de l’activité totale des banques sera cantonné dans des filiales spécifiques[5].   Gaël Giraud, chercheur au CNRS et à l’Ecole d’Economie de Paris, avait pourtant précisé ce qu’il en était des activités des banques utiles à l’économie » : « Aujourd’hui, sur 8 000 milliards de total de bilan bancaire français, seuls 10 % servent au financement des entreprises. Et 12 % au financement des ménages. Le reste ce sont des opérations de marché ».

- Engagement 7 : la création d’une taxe sur les transactions financières

Le 6 mai 2014, François s’est félicité de la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières : « elle est là ! »

Mais cette taxe n’est pas vraiment là puisqu’elle ne sera mise en œuvre que le 1er janvier 2016 et ne concernera que les actions et un certain nombre de produits dérivés. La définition d’une assiette plus large a été reportée à plus tard.

En 2011, le produit de cette taxe devait s’élever à 57 milliards d’euros et concerner tous les pays de l’Union Européenne. En 2013, elle ne concernait plus que 11 pays de l’Union (sous la forme d’une coopération renforcée) et ne devait plus rapporter que 30 à 35 milliards d’euros. Aujourd’hui, la Commission européenne estime que cette taxe devrait rapporter 4,6 milliards d’euros par an.

La Finance n’a donc vraiment pas de quoi s’inquiéter : aucun « grain de sable » ne viendra gripper les rouages de la spéculation de fonctionner. Elle continuera de fonctionner avec toute la fluidité nécessaire… jusqu’à la prochaine crise.

– Engagement 9 : la réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2013 et l’équilibre budgétaire en 2017

Le déficit public atteignait 4,3 % du PIB en 2013 alors que la Commission européenne avait, comme le lui permettait le TSCG, fixé un calendrier exigeant un déficit de 3 % maximum à cette date. Ce calendrier ne pouvait être respecté et, faisant de nécessité vertu, la Commission a fini par « autoriser » la France à attendre la fin 2015 pour arriver à un déficit public égal à 3 % de son PIB.

La Commission ne s’arrêtera cependant pas en si bon chemin car la « règle d’or » fixée par le TSCG de 2012 impose l’équilibre budgétaire, c’est-à-dire un déficit qui ne soit pas supérieur à 0,5 % du PIB. Si notre gouvernement, comme François Hollande s’y est engagé, continue à suivre les préconisations de la Commission européenne, les politiques d’austérité ne sont donc pas près d’arrêter de produire leurs néfastes effets.

Pourtant, ces politiques d’austérité produisent exactement l’inverse de ce à quoi elles prétendent. En cherchant  à diminuer le déficit public avant d’avoir relancé la croissance, ces politiques étouffent la croissance et l’économie va de récession en stagnation. Au total, les recettes fiscales diminuent : en 2013, selon la Cour des comptes, les impôts ont rapporté 14,6 milliards d’euros de moins que prévu.

Les plans d’austérité produisent, comme partout en Europe, un triple désastre : économique, social et financier. Car le désastre est également financier puisque la dette publique de notre pays, au lieu de diminuer, n’a cessé d’augmenter : de 85,8 % du PIB fin 2011  à 93,5 % fin 2013 (chiffres de l’Insee).

- Engagements 9 : revenir sur les cadeaux fiscaux et les niches fiscales accordées aux grandes entreprises

La « niche Copé » a été quelque peu réduite mais cette « niche » ne représente (au total) qu’un manque à gagner de moins de 4 milliards pour l’Etat.

D’autres niches fiscales des grandes sociétés n’ont pas été remises en question. Elles représentent pourtant des manques à gagner d’une toute autre ampleur pour les finances publiques[6] : 34 milliards d’euros (en 2009) pour le « régime des sociétés mères-filiales » ; 18 milliards d’euros pour le « régime d’intégration fiscale »…

Pire, le « pacte de compétitivité » de Jean-Marc Ayrault a ajouté une autre niche fiscale de 20 milliards d’euros au bénéfice du patronat ; le « pacte de responsabilité » de Manuel Valls crée  une nouvelle niche de 15 milliards d’euros supplémentaires.

- Engagement 10 : le coup d’arrêt à la RGPP et perspectives salariales des fonctionnaires

Les perspectives salariales des fonctionnaires sont aussi gelées que la valeur du point de la Fonction publique. La valeur du point devrait être bloquée jusqu’en 2017, soit un blocage de plus de 7 ans, puisque les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls ont continué, dans ce domaine comme dans tant d’autres, malheureusement, la politique initiée par Nicolas Sarkozy.

La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), mise en place par Nicolas Sarkozy, n’a fait que changer de nom. Elle s’appelle maintenant la Modernisation de l’Action Publique (MAP) mais poursuit les mêmes objectifs : 60 milliards d’euros d’économie pour le quinquennat. Pour que le nombre d’agents de l’Etat n’augmente pas, comme le prévoit la MAP, il faudra supprimer 60 000 postes dans les autres administrations afin de compenser les 60 000 emplois supplémentaires dans l’Education nationale.

- Engagement 11 : la renégociation du traité européen de 2011

« Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre en privilégiant la croissance et l’emploi » écrivait François Hollande.

François Hollande a pourtant fait ratifier par le Parlement le TSCG rédigé par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, sans qu’une virgule en ait été changée.

Quant à la croissance, elle devait résulter du « Pacte de croissance » que François Hollande avait fait adopter par les chefs d’Etat et de gouvernement européens, en juin 2012. Le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, dans son éditorial du New York Times, le 5 juillet 2012 écrivait que ce pacte était « un pistolet à eau contre un rhinocéros qui charge ». Le montant de ce pacte (120 milliards sur 3 ans pour les 27 pays qui composaient alors l’Union européenne) était dérisoire. Pour sauver les banques, c’est 1 616 milliards d’euros que les Etats-membres de l’Union européenne avait su débloquer entre 2008 et 2011[7]. Ce pacte, dès le départ, était voué à l’échec. Il a d’ailleurs disparu dans le « triangle des Bermudes » et, aujourd’hui, François Hollande, lui-même, n’ose plus évoquer cette tentative de combler avec une petite cuillère le trou que les politiques d’austérité, programmées par le TSCG, continuent de creuser avec une pelleteuse.

- Engagement 12 : la défense d’un budget européen (2014-2020) au service de grands projets d’avenir

Pourtant, malgré cet engagement, pour la 1ère fois dans l’histoire de l’Union européenne, le budget pluriannuel (2014-2020) a diminué et François Hollande l’a approuvé. Les chefs d’Etat et de gouvernement avaient adopté (à l’unanimité) un budget européen en baisse de 3,5 % par rapport au précédent (2007-2013). Le 19 novembre 2013, le Parlement européen, à une large majorité de 537 députés sur 682, rassemblant la droite mais aussi l’essentiel des députés du Parti socialiste européen (PSE) ont donné le feu vert à cette diminution et les «  grands projets d’avenir » du 12ème engagement de François Hollande sont passés à la trappe.

- Engagement 13 : la proposition d’une nouvelle politique commerciale pour l’Union européenne

Cette nouvelle politique commerciale prend, malheureusement, tout son sens avec la négociation du traité transatlantique. Ce traité a pour objectif de niveler par le bas les normes sanitaires, financières, juridiques et sociales et d’imposer une concurrence exacerbée entre les salariés des deux continents.

Le gouvernement de notre pays, comme ceux de tous les pays de l’Union ont donné mandat à la Commission européenne pour négocier ce traité, dans le plus grand secret.

- Engagement 13 : agir pour une parité plus équilibré de l’euro

La politique déflationniste, menée à coup de politiques d’austérité dans tous les pays de l’Union européenne, est le facteur déterminant de l’augmentation de la valeur de l’euro par rapport au dollar. Il est incohérent de prétendre vouloir agir pour une « parité plus équilibrée de l’euro » et de mettre en œuvre des politiques d’austérité, comme celles menées par Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls qui produisent l’effet inverse.

- Engagement 14 : une grande réforme fiscale

L’instauration d’une tranche d’imposition de 75 % pour les revenus supérieurs à un million d’euros par an était une mesure transitoire (deux ans) et symbolique (320 millions d’euros par an). Elle a était censuré par le Conseil constitutionnel et mise à la charge des entreprises qui verseraient des salaires (pas des dividendes) supérieurs à un million d’euros par an. Les indépendants (artistes, avocats…) passeront au travers des mailles du filet.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a continué la politique de Nicolas Sarkozy en ne revalorisant pas les seuils des tranches d’imposition en fonction de l’inflation. En 2010, 17 millions de contribuables étaient imposés sur le revenu, en 2013, ils étaient 20 millions.

Le 16 mai 2014, Manuel Valls a annoncé sa volonté d’abaisser l’impôt sur le revenu de 3 millions de contribuables les plus modestes et d’y consacrer un milliard d’euros en 2014. Il suffit de comparer ce chiffre à celui des 35 milliards d’euros accordés au patronat pour constater que les deux plateaux de la balance ne sont pas vraiment équilibrés. Surtout, l’Impôt sur le revenu  représente (selon les chiffres de la CGT Finances) 15 % des impôts payés par un salarié gagnant 1 700 euros par mois. Les 85 % restants sont des impôts indirects (essence et surtout TVA). Pendant des années, le Parti Socialiste, a répété que l’impôt sur le revenu était le seul impôt juste parce qu’il est progressif et que la TVA était l’impôt le plus injuste puisqu’il frappe du même taux d’imposition le PDG et celui ou celle qui vit sous le seuil de pauvreté. Le gouvernement de Manuel Valls devrait en tirer les conclusions et s’attaquer en priorité à la TVA.

- Engagement 17 : renforcer les moyens de la lutte contre la fraude fiscale

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n’avait pas fait grand-chose en ce sens avant que n’éclate la sinistre affaire Cahuzac.

Désormais, les banques françaises devraient être obligées de rendre publiques toutes leurs activités dans tous les pays du monde et donc dans les paradis fiscaux. Il resterait, toutefois, à mesurer l’utilité pratique d’une telle mesure. A la question posée par Médiapart[8] de savoir s’il irait jusqu’à menacer les banques qui continueraient à avoir des filiales dans les paradis fiscaux de leur retirer leur licence bancaire, Pierre Moscovici s’était contenté de répondre « Je ne veux pas faire de politique fiction ». Les banques n’ont donc guère de souci à se faire.

Il serait nécessaire, également, que la liste des paradis fiscaux de Bercy s’étoffe quelque peu car elle est bien mince. C’est, malheureusement, l’inverse qui se produit puisqu’en janvier 2014, Jersey et les Bermudes étaient retirés de la liste des « Etats non-coopératifs » du Ministère de l’Economie et des Finances.

- Engagement 19 : la tarification des soins dans les hôpitaux publics

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 a modifié les conditions de contrôle de la tarification à l’activité (T2A) mais cette T2A est restée en place. La T2A, pourtant, « ne prend compte ni la complexité, ni la gravité, ni l’innovation[9] » et rembourse de façon standardisée des actes de natures très différentes : des actes chirurgicaux bien précis et des maladies chroniques dont le traitement repose sur des actes médicaux mais surtout sur un accompagnement interdisciplinaire, thérapeutique et social.

« La T2A a créé des bonnes et des mauvaises maladies : celles qui rapportent et celles qui coûtent[10] ». Les établissements privés se spécialisent de plus en plus  dans les secteurs rentables, comme la chirurgie orthopédiques, le service public récupérant les secteurs les plus coûteux : médecine interne, gériatrie, urgences… Cette tarification met en concurrence (déloyale) le secteur public (dont le déficit atteint 400 millions d’euros en 2013) et le secteur privé. Elle permet, ainsi, la réorganisation du secteur hospitalier au profit des cliniques privées, sous l’égide des Agences régionales de santé (ARS)

- Engagement 20 : la sécurisation de l’accès aux soins

La loi de finances rectificative de 2012 a, heureusement, supprimé les 30 euros imposés aux étrangers sans papier bénéficiaires de l’aide médicale d’Etat.

L’accès à la CMU et à l’aide à la complémentaire santé (ACS) a été élargi à 750 000 personnes supplémentaires en 2013, grâce à une hausse du plafond de ressources permettant d’en bénéficier. Les contrats souscrits restent, cependant, pour l’essentiel, des contrats « bas de gamme » qui ne permettent pas d’accéder à des soins de qualité. En 2013, 20 % des habitants de notre pays ont renoncé à des soins pour des raisons financières.

Les fermetures de lits et de services dans les hôpitaux publics n’ont guère ralenties. « Mourir à Paris en 2013 faute de place à l’Hôpital ? » titrait une tribune du Monde du 5 février 2013, signé par Gérard Kierzek, urgentiste à l’hôpital-Dieu et Christophe Girard, maire (PS) du IVème arrondissement de Paris.

En 2003, dans le cadre du « Plan Hôpital 2007″, l’ordonnance du 4 septembre supprimait la carte sanitaire nationale. Elle était remplacée par des Schémas régionaux d’organisation sanitaire (SROS), sous l’égide, là encore, des Agences régionales de santé. Les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls n’ont toujours pas rétabli cette carte sanitaire nationale, sans laquelle il paraît pourtant des plus aléatoires de vouloir planifier et sécuriser l’accès aux soins pour tous, sur l’ensemble du territoire français.

Le « numérus clausus » qui limite l’accès aux études médicales et paramédicales n’a pas été revu. C’est, pourtant, la pénurie de médecins qui est à l’origine des déserts médicaux dans de nombreuses régions, comme du rapport de forces favorable aux médecins libéraux, leur permettant d’obtenir, par exemple, le remboursement de dépassements d’honoraires par la Sécurité sociale.

- Engagement 22 : l’accès au logement

Dès l’été 2012, un plafonnement de la hausse des loyers lors du renouvellement du bail ou de la re-location a été instauré dans les 38 agglomérations françaises (prés de 1 290 communes concernées) où ils sont les plus élevés.

La loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové (loi Alur) du 24 mars 2014, crée un mécanisme stable d’encadrement des loyers régulant directement le niveau des loyers, complémentaire du décret de juillet 2012. Elle instaure, enfin, à partir du 1er janvier 2016, une garantie universelle des risques locatifs (GUL).

Malheureusement, Manuel Valls, cédant à la pression des lobbies des constructeurs, a annoncé, le 14 juin 2014,  que la loi Alur serait amendée, les décrets d’application n’étant pas encore parus. Les deux mesures visées sont l’encadrement des loyers et la Garantie universelle des risques locatifs !

- Engagement 24 : la lutte contre la précarité

Visiblement, la politique menée ne marche pas. Le nombre d’embauche en CDD (souvent de très courte durée) ne cesse d’augmenter et atteint maintenant 83,7 % des embauches Les femmes sont les plus touchées (85,5 %) avec les salariés de plus de 50 ans (84,6 %).

La loi Sapin du 14 juin 2013 prévoit une très légère sur-cotisation pour les contrats courts. Mais cela ne change rien à la précarité que subissent les salariés : l’intérim n’est pas concerné et son coût devient même inférieur à celui des CDD courts ; les CDD dits « d’usage » dans les secteurs qui emploient le plus de CDD ne sont pas concernés ; les CDD de plus de trois mois ne sont pas concernés : sans doute un salarié bénéficiaire d’un CDD de quatre mois n’est-il plus un salarié précaire ! Ce sont les intermittents du spectacle qui sont aujourd’hui le fer de lance de la lutte contre la précarité et qui essaient d’amener François Hollande à respecter son 24ème engagement.

- Engagement 30 : la lutte contre le « délit de faciès »

François Hollande s’était engagé  à mettre en œuvre « une procédure respectueuse des citoyens ».

Jean-Marc Ayrault avait précisé que cette procédure prendrait la forme de la délivrance d’un récépissé remis aux personnes subissant un contrôle d’identité. Manuels Valls, alors Ministre de l’intérieur, avait réussi à faire repousser cette proposition.

- Engagement 33 et 34 : combattre le chômage

C’est un échec complet. La « courbe du chômage » ne s’est pas inversée. Le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a augmenté de presque 500 000 (470 000) depuis que la gauche est au pouvoir. L’Unedic ne voit pas le chômage baisser d’ici 2017[11].

Les réponses apportées ne sont pas à la hauteur du problème. Les 500 000 « contrats de générations » induisent un effet d’aubaine considérable. Les entreprises se contentent d’embaucher les jeunes qu’elles auraient de toute façon embauchés et de garder des salariés de 55 ans qu’elles auraient de toute façon gardés. Mais, au passage, elles empochent les allégements de cotisations sociales. Cet effet d’aubaine joue également, mais moins fortement, pour les 150 000 emplois d’avenir. Au total, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) au lieu de 650 000 emplois, ces deux dispositifs ne créeraient que de 155 000 à 206 000 postes : 450 000 ou 500 000 de moins que le nombre prévu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Les deux seuls moyens efficaces d’agir contre le chômage sont : à court terme, la croissance, à moyen terme et long terme, la réduction du temps de travail. Deux solutions que François Hollande se refuse à appliquer.

Les politiques d’austérité menées par les gouvernements de gauche successifs empêchent toute croissance et enfoncent l’économie de notre pays dans la récession ou la stagnation. Il n’est pourtant possible de commencer à créer des emplois que lorsque la croissance atteint 1,5 %. Mais c’est une croissance de 1 % qui est prévue en 2014 !

A moyen et à long terme, seule la réduction du temps de travail permet de faire reculer le chômage de masse car, à chaque récession, les emplois créés lors des périodes de croissances ont tendance à disparaître. A la fin du XIXème siècle (il y a un peu plus d’un siècle) le temps de travail était de l’ordre de 70 heures par semaine : imaginons ce que serait le chômage aujourd’hui si ce temps de travail n’avait pas diminué de moitié ! C’est dans cette voie qu’il faut continuer et renouer avec la politique de réduction du temps de travail de Lionel Jospin qui avait permis de créer 400 000 emplois.  C’est pourtant le chemin opposé qu’a emprunté le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en augmentant, avec l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite, la durée de travail sur toute la vie.

- Engagement 41 : je fermerai la centrale de Fessenheim

Ségolène Royal, la Ministre de l’Ecologie de Manuel Valls tourne le dos à cet engagement en déclarant « Fermer un réacteur nucléaire, ce n’est pas juste tourner un bouton[12] ». Peut-être François Hollande ne le savait-il pas en prenant cet engagement ? Elle précise « le nom de Fessenheim n’a pas à être indiqué dans une loi. C’est un engagement présidentiel, juridiquement, c’est à l’entreprise de prendre ses responsabilités ». Certes, mais l’Etat est actionnaire à 85 % d’EDF…

- Engagement 47 : la réforme du statut pénal du chef de l’Etat

Malgré les conclusions de la Commission Jospin, le projet de loi constitutionnelle présenté en conseil des ministres le 13 mars 2013 ne prévoit aucune réforme du statut pénal du chef de l’Etat. Il ne prévoit que la fin de l’immunité présidentielle au civil.

– Engagement 48 : l’augmentation des pouvoirs d’initiative et de contrôle du Parlement

Le « président normal » n’a rien changé au rôle du Parlement. Le pouvoir, comme le veulent les institutions de la Vème République si souvent condamnées par le Parti socialiste,  reste toujours aussi concentré aux mains d’un seul homme. Les sénateurs et les députés subissent toujours les mêmes pressions de la part de l’« exécutif ».

Cette subordination du Parlement est de plus en plus mal ressentie par les députés de la majorité de gauche. Les députés FDG et une grande partie des députés EELV ont voté contre l’investiture de Manuels Valls. 41 députés socialistes se sont abstenus et les résultats calamiteux des élections européennes poussent d’autres parlementaires dans la même direction.

Il est temps que le pouvoir législatif revienne aux députés qui ont reçu leurs mandats, non du Président de la République, mais de leurs électeurs.

- Engagement 50 : le droit de vote des étrangers aux élections locales

Ce droit de vote devait être accordé aux étrangers résidant légalement en France depuis 5 ans.

Le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a enterré cette promesse, le  28 mai 2014, sur LCP : « Il n’y a pas de majorité constitutionnelle pour faire cela (…). Ce n’est pas la peine de poser des questions dont on sait qu’on n’a pas les moyens de les résoudre… » Pourquoi, dans ces conditions, François Hollande avait-il pris cet engagement ?

- Engagement 55 : la démocratie sociale

« Tout texte de loi concernant les partenaires sociaux devra être précédé d’une concertation avec eux »  précise ce 55ème engagement.

Mais la représentativité des syndicats de salariés ne découle pas d’une élection organisée le même jour pour tous les salariés en dehors des entreprises. Elle découle d’élections professionnelles, organisées dans chaque entreprise, laissant ainsi le terrain libre aux directions d’entreprises pour promouvoir des « syndicats maisons ».

Le Medef, quant à lui, a toujours refusé de se soumettre à une élection qui déciderait de sa représentativité au sein du patronat. Il veut que lui soit appliqué, non le principe déjà pas très démocratique d’ « une entreprise, une voix » mais le principe oligarchique d’« un millions d’euros de capital social, une voix ».

Mais cette « démocratie sociale «  est à géométrie variable. Le gouvernement s’en réclame quand trois syndicats « représentatifs » sur cinq signent l’Accord National Interprofessionnel. Mais quand seulement deux syndicats « représentatifs » acceptent de signer le « Pacte de responsabilité », il ne s’agit plus que d’un simple « relevé de conclusions ».

- Engagement 58 : la rupture avec la « Françafrique »

L’intervention militaire de la France, l’ancienne puissance coloniale, au Mali rend difficile de ne pas s’interroger sur la réalité de cette rupture, surtout lorsque l’on examine les quatre objectifs mis en avant par François Hollande pour justifier cette intervention.

1er objectif : rétablir la démocratie au Mali. Mais comment est-il possible de défendre la démocratie en s’alliant à des dictatures, même dans le cadre d’un mandat de l’Onu ? La France est intervenue à la demande d’un « Président malien par intérim », réfugié en France, dont la légitimité était problématique puisque le Président élu avait été chassé par un coup d’Etat militaire. Les alliés de la France, à l’exception notoire du Ghana et de la Côte d’Ivoire, sont le plus souvent des dictatures militaires, issus de putschs militaires, telles le Tchad d’Idriss Déby, le Burkina Fasso ou le Niger.

2ème objectif : empêcher que le Mali ne devienne un Etat islamique. Mais comment la France peut-elle atteindre ce but alors qu’elle prend l’initiative pour organiser la riposte aux Islamistes d’une conférence aux Emirats-Unis qui est non seulement une dictature mais aussi un Etat qui applique la charia ? Comment lutter contre l’instauration d’un Etat islamique en demandant à la Mauritanie d’assurer la logistique de l’opération et au Nigeria de participer à l’intervention militaire alors que la Mauritanie est un Etat islamique et que, dans le Nord du Niger, c’est la charia qui est appliquée par les tribunaux ?

3ème objectif : assurer la sécurité des habitants du Mali. Mais les exactions ne viennent pas seulement des Islamistes. Elles sont également le fait de l’armée malienne. Amnesty internationale dans son rapport de 2012 détaille « cinq mois de terreur » et dénonce « une série de violations des droits humains (…) de tortures » perpétrés par cette armée malienne qui combat aux côtés des militaires français de l’« opération Serval ».

4ème objectif : assurer, l’intégrité territoriale du Mali. Mais il suffit de regarder une carte du Mali pour constater l’étrangeté de cet objectif. La carte Mali, comme celle de la plupart des Etats africains, a été découpée au cordeau, sans aucun respect pour les populations, par les puissances coloniales à la fin du XIXème. Au nom de quoi les frontières imposées par la colonisation seraient-elle intangibles ?

Engagement 59 : favoriser la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine

Malgré l’obtention du statut de membre observateur de l’Onu, la question palestinienne reste dans l’impasse.

L’Etat d’Israël, en dépit des condamnations de l’ONU, continue sa politique de colonisation  et le « Mur »  dont l’objectif est d’annexer plus de 20 % des terres de la Cisjordanie n’a cessé de se renforcer. La Cour Internationale de Justice de la Haye, en 2004, avait pourtant déclaré « illégale » la construction de ce « Mur » et, pour Israël, « l’obligation de détruire cet ouvrage ». L’Union européenne et la France, cependant, n’ont rien fait pour obliger Israël à respecter ce jugement.

Pire, les circulaires Alliot-Marie et Mercier de 2010, qui assimilent à une incitation à la haine antisémite l’appel au « boycott » des produits israéliens, visant à dénoncer la politique de colonisation de l’Etat d’Israël, n’ont toujours pas été abrogées.

3-  Les 9 régressions qui n’étaient pas prévues dans les « 60 engagements »

Le pacte de compétitivité

Ce « pacte » entre le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et un patronat qui ne s’engage à strictement aucune contrepartie n’est pas un « pacte » mais un pari sur la bonne volonté du Medef d’investir et de créer des emplois plutôt que de spéculer ou de distribuer des dividendes.

Il prend la forme d’une distribution de 20 milliards d’euros par an au patronat. Le salariat paiera l’addition sous la forme, tout d’abord, d’une augmentation de la TVA (7 milliards d’euros). Sous la forme, ensuite,  de plus de 10 milliards de réduction des dépenses publiques qui touchera surtout les plus démunis, ceux qui ne peuvent pas payer des services privés, que ce soit les transports, les assurances santé complémentaires, les activités récréatives, sportives, culturelles de leurs enfants…

La loi Sapin du 14 juin 2013

La loi dite de « Sécurisation de l’emploi » est la traduction législative (presqu’intégrale) de l’Accord national interprofessionnel (ANI) signé par le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats de salariés « représentatifs », la CFDT, la CFTC et la CGC, le 11 janvier 2013.

Loin de sécuriser les emplois, cette lois sécurise les licenciements en « libérant » le patronat de nombreuses obligations légales et rend possible une flexibilité du travail que le code du travail refusait avant le vote de cette loi.

Les entreprises peuvent imposer, légalement, une flexibilité interne à leurs salariés : création de CDI « intermittents » qui n’ont plus rien de CDI, à « titre d’essai » dans plusieurs secteurs d’activité ; mobilité géographique ou professionnelles obligatoires sous peine de licenciement ;  baisse des salaires ou variation du temps de travail lorsque l’entreprise « connait des difficultés conjoncturelles ».

Les entreprises peuvent, tout aussi légalement, imposer une flexibilité externe : procédures de licenciements simplifiés, réduction à deux ans (contre cinq auparavant) de la période pendant laquelle un salarié peut saisir le tribunal des prud’hommes ; limitation de l’intervention du juge en cas de licenciements. Avec une telle loi, les « Goodyears » à Amiens n’auraient jamais pu garder leurs emplois pendant 7 ans après la décision de l’entreprise de les licencier ; il n’aurait pas fallu plus de 3 mois pour que leur sort soit réglé.

La contrepartie pour les salariés est, pour l’essentiel, une sécurisation individuelle constituée par des droits aux allocations chômage « rechargeables » et la création d’un compte personnel de formation qui ne pourra être utilisé sans l’accord de l’employeur. Les complémentaires-santé deviennent obligatoires dans toutes les entreprises mais les primes acquittées par les employeurs doivent maintenant être ajoutées aux revenus déclarés par le salarié. L’entrée de deux représentants des salariés au Conseil d’administration des entreprises de plus de 5 000 salariés ne concerne que 200 entreprises…Quant aux 24 heures minimum de travail hebdomadaires pour les temps partiels (essentiellement des femmes) le patronat ne veut plus en entendre parler.

La loi de juin 2013 est une fidèle application de la célèbre recette du pâté d’alouette : une alouette de sécurisation, un cheval de flexibilité.

La contre-réforme des retraites

Le 18ème engagement de François Hollande prévoyait l’ouverture d’ « une négociation globale dès l’été 2012 avec les partenaires sociaux ». Qui, cependant, pouvait penser que le Premier ministre, membre d’un parti dont les militants s’étaient retrouvés au coude-à-coude avec les millions de salariés qui manifestaient contre les projets de contre-réforme de nos retraites par la droite en 2003 et 2010, ferait voter une loi entérinant tous les reculs de la droite et les amplifierait ?

C’est pourtant ce qui s’est produit. Après que les socialistes aient protesté et manifesté contre l’augmentation du nombre de trimestres de cotisation en 2003, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault imposait une nouvelle augmentation de 6 trimestres. Qu’importe si, avant même cette augmentation du nombre de trimestres, 60 % des salariés du privé ne sont plus en activité mais en maladie, en invalidité ou au chômage quand ils prennent leurs retraites !

La loi du 21 janvier 2014 entérinait les mesures prise par Sarkozy : le  report de l’âge légal de la retraite à 62 ans ; le recul à 67 ans de l’âge butoir pour les personnes (essentiellement des femmes) n’ayant pas tous les trimestres de cotisation nécessaires avant cet âge.

François Hollande nous promettait le 28 août 2013 une « réforme juste et équilibrée ». Pour en juger, il suffit d’aller sur le site du Premier ministre : en 2040, le prélèvement cumulé serait de 16 milliards d’euros sur les revenus des retraités et des salariés en activité mais n’atteindrait que 0,8 milliards pour le patronat (les cotisations « pénibilité »).

Toutes les mesures présentées comme des « avancées sociales » n’étaient, en réalité que des limitations, réservées à certaines catégories de salarié(e)s, des reculs orchestrés par la contre-réforme, que ce soit pour les femmes travaillant à temps partiels, les apprentis, les étudiants pouvant racheter 4 trimestres (à quel prix ?) ou les salariés soumis à un travail pénible. Le Medef remet d’ailleurs, aujourd’hui, en question cette dernière mesure, sous prétexte qu’elle serait trop compliquée à mettre en œuvre…

Loin d’assurer la « pérennité de notre système de retraites solidaire » comme l’affirmait le 18ème engagement de notre Président de la République, cette réforme l’affaiblit considérablement. Quel jeune, aujourd’hui, pourrait avoir confiance en un système qui allonge continuellement la durée de cotisation alors que l’âge d’un premier travail stable recule toujours plus ?

Le Medef peut se frotter les mains : les profits et les dividendes ne seront pas mis à contribution et la place au soleil des retraites complémentaires (les fonds de pension) s’est encore agrandie.

Le « Pacte de responsabilité »

Le pacte de responsabilité accorde, chaque année, 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux et sociaux supplémentaires au patronat sans qu’il s’engage, là encore, à la moindre contrepartie en termes d’emplois ou de salaires.  Comment un Président de gauche, un Premier ministre de gauche, un Parlement de gauche ont-t-ils pu remettre « les clés du camion » au Medef et remettre, ainsi, leur sort entre ses mains ?

Le Medef soutire le maximum de ce qu’il est possible de soutirer à la majorité de gauche sans rien accorder en contrepartie. Il prépare, du même coup, en coupant le PS de sa base sociale, le retour de la droite qui lui a promis plus du double (130 milliards d’euros !) que ce que les gouvernements socialistes lui ont déjà accordé.

A ce cadeau au patronat, Manuel Valls a ajouté  un plan d’austérité de 50 milliards de restriction budgétaire pour satisfaire aux exigences de la Commission européenne. Ces restrictions se feront uniquement au détriment des salariés, des chômeurs, de ceux qui perçoivent des prestations sociales.

Qui va payer les 19 milliards de réduction des dépenses de l’Etat ? Qui, si ce n’est les fonctionnaires dont le pouvoir d’achat va continuer à diminuer puisque la valeur du point de la fonction publique est gelée ? Qui, si ce n’est tous ceux qui ne peuvent pas se payer le luxe d’utiliser des  services privés et qui dépendent des services publics pour tenter de mener une vie normale ?

Qui va payer les 21 milliards de restrictions budgétaires de la Sécurité sociale ? Les usagers d’un Hôpital public de plus en plus incapable de faire face aux besoins de la population ? Ceux qui verront les tarifs de leur mutuelle augmenter ? Ceux qui devront renoncer à des soins ?

Qui va payer les frais de la diminution de 10 milliards des dépenses des collectivités territoriales alors que ces dernières sont à l’origine de 70 % de l’investissement public ?

A la veille des européennes, toujours dans la même veine, Manuel Valls annonçaient, le 16 mai, une baisse d’impôts pour l’automne prochain. Mais cette baisse n’est en réalité, pour une grande part, qu’une annulation des augmentations qui devaient avoir lieu.

La stigmatisation des Roms

Les pratiques discriminatoires des autorités françaises contre les Roms s’étaient généralisées et intensifiées sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Elles n’ont pas cessé sous la présidence de François Hollande et un jeune Rom a été lynché à Pierrefitte-sur-Seine.

Manuel Valls, devenu Ministre de l’intérieur, a continué la même politique de démantèlement des camps que Brice Hortefeux ou Claude Guéant. Il n’a pas hésité à reprendre à son compte des idées proches de celles de l’extrême-droite en affirmant que l’insertion des Roms était impossible, pour la majorité d’entre eux, en raison « de leurs modes de vie extrêmement différents des nôtres » et que «les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie

Cette stigmatisation des Roms par un ministre socialiste est inacceptable.

L’insertion des Roms pose problème, avant tout, parce que notre pays applique toujours un régime transitoire aux ressortissants roumains et bulgares, que rien n’est prévu pour leur relogement décent lorsque les camps dans lesquels ils ont forcés de vivre sont démantelés, que le marché du travail ne leur est que partiellement ouvert et que très peu de progrès ont été réalisés en termes de scolarisation de leurs enfants.

Si notre gouvernement voulait vraiment s’en donner les moyens, l’insertion de 15 000 ou 20 000 Roms, qui ont fui la Roumanie ou la Bulgarie parce qu’ils y étaient persécutés, ne devrait pas être un problème insurmontable.

Il faudrait pour cela que Manuel Valls accepte de quitter la posture qui consiste à se poser en champion de la lutte contre l’insécurité en pointant du doigt une minorité déjà fragilisée. Cette posture a, d’ailleurs, fait long feu puisque, aux élections européennes, les électeurs du Front National ont, comme à chaque fois, préféré l’original à la copie. Plus de 50 % dans un sondage d’opinion, cela ne fait pas forcément 15 % dans une élection.

La stagnation, le recul du pouvoir d’achat et le « pacte de solidarité » de Manuel Valls

A l’exception, en 2012, du dérisoire « coup de pouce » de 6,45 euros par mois pour un salarié payé au Smic, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a suivi la même politique que Nicolas Sarkozy en n’accordant plus le moindre « coup de pouce » à l’augmentation du Smic.

La valeur du point a été « gelée » dans la Fonction publique ce qui signifie que le point n’ayant pas augmenté alors que les prix augmentaient, le pouvoir d’achat du point diminuait.

Les « assouplissements » apportés par Manuels Valls à la désindexation des retraites sur les retraites inférieures à 1 200 euros par mois ne signifient pas que le montant de ces retraites sera augmenté mais simplement une stabilisation de leur pouvoir d’achat. Manuels Valls avait d’abord annoncé son intention de réduire ce pouvoir d’achat, il a fini par renoncer et présente ce recul comme une avancée majeure.

Le pouvoir d’achat des salariés payés au Smic n’augmentera pas de 500 euros par an comme l’a annoncé notre gouvernement, dans son « pacte de solidarité ». Ce que Manuels Valls accorde de la main gauche, il le retire de la main droite. Il s’agit d’un simple tour de passe-passe. Le patronat n’aura pas à financer quoi que ce soit, ce sont les salariés qui financeront l’augmentation de leur salaire net en voyant diminuer leur salaire indirect, les cotisations sociales.

Quel sera le résultat de ce tour de bonneteau ? Soit le manque à gagner pour la Sécurité sociale sera financé par les impôts, mais cela ne pourra être que les impôts des salariés puisque Manuel Valls a annoncé la diminution des impôts payés par le patronat ; soit le manque à gagner de la Sécu ne sera pas financé par les impôts et dans ce cas, il n’y aura plus que trois possibilités : ou les salariés paieront de leurs poches les soins que la Sécurité sociale ne remboursera plus ; ou ils renonceront à ces soins ; ou les remboursements seront faits par les  assurances complémentaires mais dans ce cas, les salariés verront leurs cotisations augmenter.

Grâce au «  pacte de solidarité » de Manuel Valls, chaque salarié ne sera donc solidaire que de lui-même.

Manuel Valls ne fait d’ailleurs que reprendre, avec ce « pacte de solidarité », l’orientation proposée par Marine Le Pen (à une plus grande échelle : 200 euros par mois !) lors de l’élection présidentielle de 2012 « Je vais mettre en place une contribution sociale à l’importation qui me permettra de faire prendre en charge par l’Etat 200€ de cotisations salariales sur tous les salaires jusqu’à 1,4 fois de Smic. [Par conséquent] Tous les salaires jusqu’à 1,4 Smic vont immédiatement augmenter de 200 € nets. » [13]

Persuadé d’avoir trouvé le bon filon et que les salariés n’y verraient que du feu, Manuel Valls récidive en annonçant que le pouvoir d’achat des fonctionnaires, sera lui aussi augmenté, en diminuant leur salaire indirect, les cotisations sociales salariales. Comme pour les salariés du secteur privé, ce qui a été donné d’une main sera repris de l’autre, tout en fragilisant au passage, la Sécurité sociale.

La « nouvelle étape de la décentralisation »

Certes, le 54ème engagement de François Hollande affirmait « J’engagerai une nouvelle étape de la décentralisation » mais ce qu’a annoncé Manuel Valls, le 8 avril 2014, allait à l’encontre de toutes les déclarations et de tous les combats du Parti socialiste depuis la décentralisation mise en place par Gaston Deferre en mars 1982.

Le nouveau Premier ministre, le 8 avril 2013, annonçait que le nombre de régions serait diminué de moitié et que si les régions refusaient de fusionner, le gouvernement imposerait pour le 1er janvier 2017 une nouvelle carte des régions.

Toujours dans le but de satisfaire aux impératifs de réduction des déficits publics dans les délais imposés par la Commission européenne, notre Premier Ministre a, du même pas, annoncé que les conseils départements seraient supprimés à l’horizon 2021.

Manuel Valls, dans la foulée, annonçait la suppression de la clause de compétence générale qui permet à une collectivité d’intervenir dans un domaine de compétences dès lors que l’intérêt de son territoire peut être invoqué. La majorité de gauche l’avait pourtant réintroduite en 2013,  après sa suppression par la droite en 2010.

François Hollande, le 2 juin 2014, optait pour 14 régions, la disparition progressive des conseils généraux à l’horizon 2020 et  des intercommunalités qui, à partir du 1er janvier 2017, devraient compter 20 000 habitants minimum, au lieu de 5 000 aujourd’hui.

Les attaques incessantes contre le droit du travail

Le Medef ne veut pas entendre parler du droit du travail qu’il considère comme une contrainte nuisible à ses profits et qu’il faut réduire au minimum. Le gouvernement de Manuel Valls, comme celui de Jean-Marc Ayrault, obtempère.

L’amnistie de syndicalistes a été repoussée

La mesure, pourtant votée en première lecture, a été suspendue et des élus syndicaux sont poursuivis pour avoir refusé un prélèvement d’ADN.

L’indépendance de l’Inspection du travail est remise en cause

Alors qu’il faudrait doubler les effectifs de l’inspection du travail car il y a aujourd’hui 2 250 agents de contrôle pour 1,8 million d’entreprises en France, la loi en préparation, refusée par la majorité écrasante des inspecteurs et contrôleurs du travail, remet en cause son indépendance. Cette indépendance est pourtant garantie par la convention n° 81 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). La droite n’a pas osé s’attaquer à l’inspection du travail, ce n’est pas à la gauche de le faire.

Les élections prudhommales en danger

Pourtant, elles restent la seule grande élection nationale démocratique pour les salariés du secteur privé. Cette suppression faciliterait la remise en cause des tribunaux prud’homaux dont les jugements sont estimés beaucoup trop onéreux par le Medef.

Le repos du dimanche est progressivement remis en question

Le rapport de Jean-Paul Bailly prévoit non plus 5 dimanches, mais 12 dimanches d’ouverture. C’est un pas de plus dans la destruction du principe d’un repos collectif et socialisé dont nous avons tous besoin.

Le nouveau Ministre du Travail, François Rebsamen, vient de proposer un gel des seuils sociaux pendant 3 ans

Il reprend ainsi l’argumentation du patronat qui affirme qu’une entreprise de 9 salariés ne veut pas embaucher un 10ème de peur de devoir procéder à l’élection de  délégués du personnel et que le patron d’une entreprise de 49 salariés n’embauchera jamais un 50ème salarié, de peur de se retrouver avec un Comité d’entreprise sur les bras.

Pourtant, tous les syndicats de salariés refusent cette perspective qui fait du syndicalisme l’ennemi de l’emploi.

Pourtant, en 2008, le Parti Socialiste, par la voix d’Alain Vidalies, s’était élevé contre un amendement de l’UMP qui réclamait un gel des seuils sociaux pendant 3 ans : en 2008, 2009 et 2010.

Les banquiers et des politiciens de droite à l’Elysée

Les banquiers ont toute leur place à l’Elysée. Emmanuel Macron, venu de la Banque Rothschild a été secrétaire général adjoint de l’Elysée de mai 2012 à juin 2014. Il fût à l’origine du « pacte de compétitivité » comme du « pacte de responsabilité ». Il vient d’être remplacé en juin 2014 par Laurence Boonne, ancienne responsable chez Bank of America, connue pour son opposition à loi (pourtant dérisoire) de régulation bancaire.

Jacques Toubon, lui, est un homme politique de droite. Ancien Ministre de la culture d’Edouard Balladur et ex-garde des sceaux d’Alain Juppé, il vient d’être nommé, en remplacement de Dominique Baudis, au poste de « Défenseurs des droits ».  Comment François Hollande a-t-il pu proposer de nommer à ce poste, une personnalité qui s’est illustrée en votant contre la dépénalisation de l’homosexualité en 1982, en proposant, alors qu’il était ministre de la justice en 1995, l’amnistie des infractions commises par les commandos anti-IVG  et, toujours sous la casquette de ministre de la justice, en faisant affréter un hélicoptère à la recherche du procureur d’Evry jusque dans l’Himalaya dans l’espoir qu’il reviendrait sur la décision d’ouvrir une information judiciaire contre Xavière Tibéri ?

Quant à Jean-Pierre Jouyet, le nouveau Secrétaire général de l’Elysée, il vient à la fois du gouvernement Sarkozy et de la Finance. Il a été Secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy, chargé des affaires européennes, de mai à décembre 2007. Il dirigea Barclays France en 2005 et présida l’Autorité des marchés financiers de 2008 à 2012.

Conclusion : le 61ème engagement de François Hollande

Le 61ème engagement de François Hollande figurait, avec sa photo, sur la première page du petit opuscule distribué à des millions d’exemplaires  lors de l’élection présidentielle de 2012 : « Le changement c’est maintenant ».

Il serait temps de mettre ce 61ème engagement en pratique et de revenir à l’orientation du discours du Bourget, le tournant de la campagne présidentielle qui avait permis la victoire de François Hollande, lorsqu’il avait affirmé « Mon ennemie, c’est la finance ! »

Jean-Jacques Chavigné (23 juin 2014)


[1] Portail du gouvernement  (République française – Premier ministre – 06/05/2014)

[2] AFP 13/04/2013.

[3] Insee Première n° 1399 – Mars 2012 « Un tissu productif plus concentré qu’il ne semblait »

[4] Challenges – 18/07/2013 « Comment les grands groupes rackettent les PME grâce au Cice ».

[5] Voir, par exemple, les déclarations de Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale, devant la Commission des finances de l’Assemblée Nationale – Séance du 30 janvier 2013 – Compte-rendu n° 60.

[6] Assemblée nationale – Rapport d’information déposé par la Commission des Finances, présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur général, député, 30 juin 2010.

[7] Commission européenne « Rapport sur les aides d’Etat accordées par des Etats-membres des Etats-membres de l’Union européenne » – 21/12/2012.

[8] Entretien accordé à Martine Orange et Laurent Mauduit le 14/04/2013

[9]André Grimaldi, professeur de diabétologie à la Pitié- Salpêtrière (Paris) – Les dossier de Viva « Les effets pervers de la tarification à l’activité » Anne-Marie Thomazeau – 29/04/2014.

[10] André Grimaldi, ibid.

[11] Les Echos – 22/05/2014 « L’Unedic ne voit pas le chômage baisser d’ici 2017 »

[12] Le Monde – 18/06/2014

[13] Interview de Marine Le Pen sur RMC, Réponse aux auditeurs, Bourdin & Co, 6 janvier 2011.

Tony Benn 1925 2014

Tony Benn, le dernier grand socialiste britannique (1925-2014)

14 mars 2014 |  Par Philippe Marlière

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Tony Benn est mort ce matin à son domicile, au cœur de Notting Hill Gate. Il s’en est allé le même jour qu’un autre combattant pour le socialisme. C’était le 14 mars 1883 et il s’appelait Karl Marx. Il y a quelques mois, Benn s’était agacé que des médias unanimes l’entourent d’éloges et d’égards auxquels il n’avait pas eu droit lorsqu’il était encore actif dans la politique « institutionnelle ». Il s’était un jour écrié : « Si le Daily Telegraph (quotidien de droite) estime aujourd’hui que je suis un trésor national, alors je dois avoir fait quelque chose de mal ! ».

L’ancien ministre travailliste m’avait accordé un entretien en 2001 (que je reproduis ci-dessous). J’étais arrivé à 9 heures chez lui et l’avais quitté aux alentours de 13 heures. Il venait de démissionner du parlement après une carrière parlementaire qui avait duré 51 ans. Lorsqu’il avait cessé de siéger à Westminster, il avait annoncé sur le mode ironique qu’il affectionnait : « Je quitte mes fonctions de député afin de pouvoir enfin me consacrer à la politique ! » Derrière cette boutade, Benn énonçait qu’il ne croyait plus à la possibilité de changer radicalement les choses au sein des institutions politiques traditionnelles (le gouvernement ou le parlement). Fidèle s’il en est au Labour Party et aux syndicats du TUC, il souhaitait agir et parler en homme libre, ce qu’il fit inlassablement jusqu’à sa mort.

Lors de notre entretien, nous avions parlé de Tony Blair qu’il considérait comme un imposteur et un carriériste, du « New Labour » (selon lui, « le plus petit parti de l’histoire du mouvement ouvrier »), de sa carrière ministérielle dans les gouvernements Wilson et Callaghan, de socialisme, ou encore de christianisme et de marxisme. Sur tous ces sujets, Tony Benn était intarissable. Davantage, il était intéressant : combien d’hommes ou femmes politiques ai-je à ce jour trouvé intéressants ? Un très petit nombre, et il en était.

Tony Benn avait le sens aigu de la démocratie réelle, synonyme selon lui de choix librement consentis et agis par le peuple, contre les décisions oligarchiques du gouvernement, du Capital, mais aussi des cliques bureaucratiques dans les syndicats et son propre parti.

Après 2001, je le revis à trois reprises : en 2005, la gauche travailliste dirigée par John McDonnell avait invité Henri Emmanuelli à une conférence qui se déroulait au siège national des TUC. Benn, Emmanuelli et moi avions conversé pendant une heure. Pour le dire précisément, Benn s’était lancé dans un épique récit de l’histoire du mouvement ouvrier britannique. J’étais chargé de traduire ses propos. Emmanuelli regardait son interlocuteur de manière un peu amusée et, captivé par le passionnant orateur, il accepta sans broncher ce cours d’histoire improvisé. Quelque temps plus tard, je le surpris sur le quai de la gare d’Oxford. Il était assis sur un siège en toile pliable qu’il emportait en voyage. Il avait entrepris de faire une pause-thé dans ce lieu animé, sans prêter attention aux regards affectueux du public qui l’avait reconnu. L’année dernière, il était encore présent à la conférence annuelle de la gauche travailliste. Nous avions échangé quelques mots. Malade et très affaibli, il se déplaçait à grand peine. En me disant au revoir, il m’avait glissé : « Il faut continuer le combat ».

 

********

Notting Hill Gate, Londres, 5 juillet 2001.

 

Ses adversaires comme ses amis le reconnaissent volontiers : Tony Benn est un « monument national ». À soixante-dix-sept ans, sa silhouette fine, le visage étonnamment jeune et son accent upper-class, presque posh, sont familiers des Britanniques. Benn est aussi l’homme de nombreux paradoxes : il est l’un des rares hommes d’État européens à avoir commencé sa carrière politique au centre de son parti pour la terminer résolument à gauche. Issu des classes supérieures (son père était un vicomte, et à sa mort, en 1960, Tony Benn refusa la transmission du titre de pair pour pouvoir continuer à siéger à la chambre des Communes), il est devenu l’intransigeant défenseur de la classe ouvrière britannique. Intellectuel, il s’est rapproché des syndicats du TUC aux réflexes anti-intellectuels. Élevé dans la tradition chrétienne, il se réfère au marxisme et voit en Karl Marx un prophète des temps modernes.

Tony Benn a fait preuve d’une longévité politique extraordinaire au regard de la tradition politique britannique : élu pour la première fois député en 1950, il a pris sa retraite parlementaire en juin 2001. Il souligne toutefois que le départ de Westminster doit lui permettre de recouvrir une liberté de parole totale vis-à-vis du New Labour, et par conséquent de faire de nouveau de la politique. Candidat malheureux au poste de leader du Parti travailliste (en 1976 et en 1988), Tony Benn fut le chef de file de la gauche travailliste dans les années soixante-dix et quatre-vingt, créant, de facto, un courant bennite. Il fut également ministre pendant onze années, servant successivement dans les cabinets d’Harold Wilson et de James Callaghan.

Peu de temps après la réélection du New Labour en juin 2001, Tony Benn m’a reçu chez lui à Notting Hill Gate dans le centre de Londres. J’ai eu l’honneur d’être introduit dans le plus célèbre sous-sol du Royaume, le Benn’s Basement, où sont entreposés ses archives personnelles et l’enregistrement de centaines d’entretiens qu’il a donnés au cours d’un demi-siècle de vie publique. Tony Benn parle en social-démocrate de gauche du New Labour, ce « mini-parti » sans relais populaire qui a pris en otage le vieux Labour. Il évoque des souvenirs ministériels, sa conception de la social-démocratie, ses cadres de référence chrétien et marxiste ou encore le rôle d’agitateur politique qu’il a rempli à gauche et qu’il continue de remplir aujourd’hui auprès des mouvements sociaux.

Philippe Marlière : Comment expliquez-vous cette large victoire du New Labour en juin 2001, après quatre années d’exercice du pouvoir ?

Tony Benn : Le résultat est bon sur le plan électoral, mais mauvais sur le plan politique. Un électeur sur quatre a participé au scrutin, on ne peut pas considérer par conséquent qu’il s’agit d’un résultat brillant. Nous avons gagné parce que l’establishment britannique fait aujourd’hui acte d’allégeance au New Labour. Cela a commencé en 1997. En 1997, l’establishment britannique, la City, les médias avaient le choix suivant : ou bien voter pour John Major, qui était le faible leader d’un parti conservateur divisé, incapable de continuer à propager la philosophie thatchérienne, ou bien voter pour Tony Blair, le leader d’un parti uni et qui était désireux de poursuivre cette philosophie thatchérienne. En 1997, les Britanniques ont voté pour le changement, l’establishment a également voté pour le New Labour, mais pour que les choses ne changent pas. Il s’agit donc d’un vote répondant à des motivations très contradictoires. En 2001, cela a été la même chose. Les électeurs ont rejeté William Hague et les conservateurs pour une série de raisons et ont encore apporté leur soutien au Parti travailliste. Celui-ci s’est engagé à ne pas augmenter les impôts des catégories supérieures, et a promis aux multinationales qu’elles auraient ce qu’elles voudraient. […] Cette dernière élection a été « américaine », dans le sens où le « big business » a soutenu le Parti travailliste, s’attendant en retour à recevoir des cadeaux de la part du gouvernement ; des cadeaux qu’ils ont par ailleurs reçus. Ce qu’il convient de noter, c’est que de nombreux électeurs de gauche n’ont pas voté pour le Parti travailliste, mais ont reporté leurs suffrages sur des petits partis de gauche – même si cela n’a pas été un phénomène important – à l’exception de l’Écosse. Mais en règle générale, les électeurs travaillistes se sont abstenus, ce qui explique le taux de participation très bas [2] serait à l’aise dans le gouvernement. En réalité, il a fait partie du gouvernement jusqu’en 1999, car sa politique économique a été poursuivie par Blair, en particulier sur le plan des dépenses publiques [4] pourrait être au gouvernement, mais par contre les syndicats ou la gauche du Parti travailliste en sont exclus. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à la naissance d’un « gouvernement national ». […]

Le mouvement d’érosion de la démocratie constitue la plus grande menace, et l’avocat le plus déterminé d’une telle tendance n’est autre que Blair. Il veut nommer seul le Chairman du parti [6]. Il souhaiterait pouvoir nommer tout le monde et nous renvoyer à l’ère d’une monarchie médiévale renommée aujourd’hui « modernisation ». […] Je ne crois pas que cela va marcher. Je pense que ce dont nous avons besoin c’est construire un mouvement populaire, non sur une base de gauche sectaire, mais reposant sur ce que nous défendons : contre la Guerre des étoiles, contre les privatisations, pour que l’on traite décemment les personnes âgées, pour la défense de l’environnement. […] Blair n’a jamais rien trahi, parce que je pense qu’il n’a jamais cru en rien de particulier. Ce n’est pas comme Neil Kinnock [8] qui préconisait l’instauration de la représentation proportionnelle, une Europe fédérale, des liens resserrés avec les États-Unis, la fin du lien organique avec les syndicats, la fin du socialisme ; toutes ces idées sont en train de perdre du terrain, car elles ne répondent pas aux besoins des gens.

PM : Pensez-vous que le Parti travailliste soit le parti britannique le mieux placé pour se battre en faveur de la justice sociale ou pour empêcher le démantèlement total du Welfare state ?

TB. : Je suis membre du Parti travailliste depuis presque soixante ans. J’ai adhéré à l’âge de dix-sept ans et pendant toute ma vie j’ai été dans le mouvement ouvrier, et je l’ai soutenu de toutes les manières possibles, car je pense qu’il constitue le seul instrument à ma disposition pour réformer la Grande-Bretagne. J’ai vu ce parti évoluer sur la gauche, puis sur la droite à de nombreuses reprises. Il est aujourd’hui, de toutes les périodes que j’ai vécues, le plus à droite. […] Il y a des individus qui disent que le Parti travailliste est irrécupérable car Blair a détruit toute forme de démocratie interne, et les membres aujourd’hui n’ont plus aucun espoir de se faire entendre à l’occasion des congrès annuels du parti. Dans une certaine mesure, ils ont raison, à ceci près que la démocratie formelle n’est pas la chose qui peut influencer le leadership. […] Je pense que vous avez besoin d’un tant soit peu d’organisation pour être en mesure de mener un combat politique. […]

PM : Quels devraient être les principaux objectifs politiques d’un parti social-démocrate aujourd’hui ?

TB : D’abord, il doit être démocratique. La démocratie, c’est la chose la plus controversée, la plus importante. Il faut développer et encourager des structures démocratiques, et cela signifie prendre des initiatives au niveau local et aussi davantage de démocratie industrielle. Je pense qu’il doit y avoir davantage de redistribution des richesses parce que l’écart entre les riches et les pauvres est plus important, et dans le monde il atteint des niveaux incroyables. On ne peut pas avoir la paix sans la justice sociale. […]

PM : Seriez-vous aujourd’hui toujours opposé à la réécriture de la Clause IV des statuts du Parti travailliste ?

TB : La Clause IV [10] en faveur de ce « terroriste » bien connu [12] et comme membre du Conseil des ministres à Bruxelles. J’ai eu une vie incroyablement intéressante et je l’ai rédigée dans son intégralité [1] 59 %, soit le taux de participation le plus bas pour une élection législative depuis 1945.

[2] Ancien ministre conservateur dans les gouvernements de Margaret Thatcher et de John Major.

[3] Les rapports officiels montrent que le gouvernement New Labour a moins investi dans les services publics entre 1997 et 1999 que Kenneth Clarke lorsqu’il était ministre des Finances dans le gouvernement Major.

[4] Leader du Parti libéral-démocrate jusqu’en 2000.

[5] À l’été 2001, Charles Clarke, un proche du Premier ministre, a effectivement été nommé Chairman du Parti travailliste par Tony Blair, sans que cette nomination n’ait été soumise au vote des adhérents ou n’ait reçu l’assentiment de la direction du parti.

[6] Shaun Woodward était un député conservateur jusqu’à quelques mois avant l’élection de juin 2001. Ayant quitté les conservateurs et rejoint le New Labour, Tony Blair imposa sa candidature dans un bastion travailliste du nord du pays, en dépit des contestations des militants de la circonscription.

[7] Leader du Parti travailliste entre 1983 et 1992.

[8] Peter Mandelson, l’éminence grise de Tony Blair et ex-ministre, qu’on présente comme l’un des concepteurs du New Labour.

[9] Réécrite à la demande de Tony Blair en 1994 dans un sens résolument post-social-démocrate, la Clause IV prévoyait que l’objectif du Parti travailliste était la « socialisation des moyens de production ».

[10] Où se trouve le siège de l’ambassade d’Afrique du sud.

[11] Nelson Mandela, pour ne pas le nommer.

[12] Tony Benn a été ministre des Postes et Télécommunications (1964-1966) ; ministre de la Technologie (1966-1970) ; ministre de l’Énergie (1969-1970) ; ministre de l’Industrie et de la Poste et des Télécommunications (1974-1975) et ministre de l’Énergie (1975-1979).

[13] Plusieurs volumes des Benn Diaries ont été publiés. Ils proposent aux lecteurs une chronique personnelle de la vie politique britannique depuis plus de cinquante ans.

Twitter : @PhMarliere

 

Derrière le vote ou non, de la politique de Valls, c’est une question de vie ou de mort pour la gauche et le PS

J’ai déjà écrit plusieurs fois sur ce blog, qu’il fallait mettre la politique de Valls en minorité au Parlement et lui substituer une alliance et une politique rouge rose verte, telle qu’elle y existe.

Le Lab d’Europe1 avait transformé mon article, en titrant « Filoche appelle à renverser Valls ». En fait j’appelais à mettre en minorité la politique suicidaire de Valls. « Renverser » non, mais mettre en minorité, bloquer et se substituer, oui. S’il s’en trouvait obligé de partir, ce ne serait qu’une conséquence de son entêtement à nous entrainer dans le mur et le résultat de notre résistance pour défendre une ligne de gauche.

Mais c’est vrai, il faut voter « contre », provoquer le break, et imposer une alternative, vite, c’est urgent. Pas de crainte, nous avons la relève.

Les 40 % du Bn du PS du 18 février 2014 et « l’appel des 100 » députés d’avril 20014 convergent. Déjà 41 députés se sont abstenus en avril et ont manifesté ainsi leur position contre l’austérité. C’est un grand évènement.

Battre la politique de Valls est devenu vital, c’est absolument nécessaire de battre les collectifs budgétaires qui vont prendre des dizaines de milliards, à nos services publics, à notre santé, à nos collectivités territoriales, pour les donner – en vain – aux patrons.

Nécessaire en politique (pour le symbole, le lisible) et en pratique (pour la vie concrète de nos concitoyens qui va être affectée par ce pillage).

Une bataille essentielle se joue, en ce moment, et à l’automne, à l’Assemblée.

J’y reviens, en clair, parce que des députés parmi les plus offensifs de l’appel des 100 avaient dit « « - Nous irons jusqu’au bout ». Et ils ne l’ont pas fait dans le premier vote sur le collectif budgétaire. Ils semblent vouloir le faire pour le collectif sécurité sociale.

Nous comprenons les problèmes tactiques, et les grandes difficultés.  Mais le temps compte.

Dehors, ca presse, jamais le PS n’a été autant haï. S’il y avait un vote aujourd’hui, moins de 50 députés survivraient à l’élection et conserveraient leur mandat. Que personne ne craigne de n’être pas reconduit, ou ré investi par le parti, ce n’est pas le parti qui tranchera, ce seront les électeurs.  De toute façon, les choses sont engagées, reculer c’est perdre à tous les coups. Que chacun ne calcule pas individuellement ses chances dans sa circonscription, les électeurs ne voteront pas au mérite, ils feront un vote général, comme aux municipales et aux européennes. Pas d’illusion, ce sera terrible, éliminatoire !

Alors, quand il faut prendre les risques, ses responsabilités, et pour faire tourner le cours politique d’une pareille situation, il ne faut pas le faire à moitié : de plus en plus de salariés sont impatients et sans espoir, ils se moquent d’un argumentaire « tactique » sur le vote du collectif austéritaire, la seule question est « le vote-t-on ? » – C’est un vote « contre » qui bloque pas l’abstention ? Comment faire face à ce nouveau coup dur qui nous prend nos services publics, nous gele nos salaires pour abreuver le patronat ? Ce n’est plus le moment de donner des coups d’épée dans l’eau. L’heure est grave.

Si on veut provoquer le seul événement important, un « choc » qui oblige l’exécutif à revoir sa politique, il faut apparaît dehors qu’il faut voter CONTRE même si dedans des bien des difficultés existent.

Que se passera t il ? Valls l’a dit : « Je ne veux pas être un Premier ministre qui n’avance pas ». Il menace ? Il démissionnera ? Tant mieux, Il est minoritaire, sa nomination était une erreur. Il repose sur une tête d’épingle. Sur une demie motion du congrès de Toulouse. S’il reste et passe en force, la gauche sera éliminée. Pas seulement éliminée, mais « blairisée » en même temps. Pour le coup « la mort de la gauche» et du PS serait un vrai risque.

Pour sauver la gauche, il n’y a pas d’autre choix, il faut la sauver de la politique actuelle de Valls.

Pour se sortir de là, il faut imposer le changement de l’exécutif. C’est ça, la chance de la survie de la gauche. Et de la survie des députés. Pas seulement des « 100 », mais de la majorité de l’Assemblée. Il faut donner le coup de pied au fond de la piscine pour remonter, sinon c’est cuit. Le sort des députés Verts et FdG est totalement lié avec celui des députés PS. Pas d’issue séparée, pour personne.  Il faut rassembler les socialistes actuellement divisés par la politique de Valls. il faut rassembler toute la gauche. Sans unité des socialistes, toutes motions confondues, sans unité de toute la gauche, c’est cuit. A ne pas préparer dés maintenant, une majorité rouge rose verte, ensemble, ils se condamnent à mort aux aussi.

Qu’on ne prononce en aucun cas le mot « dissolution ». Il n’en est pas question. Il faudra seulement que l’exécutif et la présidence prenne acte de la situation qui sera créée par la volonté parlementaire. Question de démocratie. Il faut un peu de VIe République entrant dans la Ve République. Un président mis en minorité par sa propre majorité, doit impérativement en tenir compte, on n’imagine pas le contraire une seule seconde, car s’il ne le faisait pas, il serait battu..

Donc, si, face a un chantage au vote bloqué, les 100 (et plus !) députés se rebellent, ils sauveront la mise, ils sauveront la gauche de la catastrophe annoncée, ils répondront à leurs électeurs, ils redonneront de l’espoir, courage, c’est le chemin de l’honneur. C’est de leurs rangs que doit sortir un autre gouvernement, un Premier ministre, des ministres de gauche, capables de faire une politique de gauche, attendue par les électeurs de gauche qui ont voté à gauche majoritairement en mai juin 2012. A gauche.

 

 

Mon intervention au BN du PS du mardi 1er juillet – « sommet social » 6 et 7 juillet ? Que faire face à la malignité patronale ? Leur céder tout ?

C’est bon qu’on en vienne à ce Bureau national à discuter concret des points de la négociation sociale en cours à la veille du « sommet prévu » les 6 et 7 juillet. Le rapport de François Kalfon soulève de nombreuses questions loin d’être résolues cependant. Car le fond de tout problème est que le Medef ne négocie rien et bloque même le comportement de tous les autres syndicats, tant patronaux que salariés.

C’est d’autant plus irritant que le Medef n’est pas un syndicat, mais une « union » (qui ne saurait se réclamer par exemple de la loi Waldeck-Rousseau comme ils le font abusivement pour ce qui est de leur financement- toujours opaque). Le Medef est un groupuscule électoral, un clan puissant mais non représentatif. Si au lieu de leur faire concession sur concession, on leur appliquait une légalité républicaine, tout changerait.

Pourquoi on n’impose pas le respect de l’ANI de 2008 sur la représentativité patronale, ils l’ont signé, c’est la « loi Bertrand » d’août 2008 ? On pourrait se mettre les petits et moyens patrons de notre côté,  je l’ai dit, mille fois ici, et dans le BN du parti et à des ministres, et suis toujours surpris que ça n’obtienne aucun écho, aucun résultat. Ce serait élémentaire à faire. pourquoi ne le fait on pas ?

Si bien que le Medef nous tape dessus en permanence alors qu’il est si vulnérable. Si on régulait, je le redis encore, la sous-traitance, en responsabilisant vraiment les donneurs d’ordre (pénalement, financièrement, économiquement) pour tout ce qui est sous leurs ordres, en alignant les entreprises intervenantes sur la convention collective de l’entreprise utilisatrice le temps de la mission ( ce qui rétablirait le véritable sens d’une sous traitance technologique et non pas une sous traitance d’abus de main d’œuvre), en facilitant la reconnaissance des unités économiques et sociales, les « groupes »…. Si on passait ces trois lois, on renverserait la situation et on aurait de notre côté 1,2 million d’employeurs… Le Medef se verrait isolé… Pourquoi ne le veut on pas ? Je vous dis cela, moi je m’en fou, c’est pour le bien du parti et du gouvernement, je n’y ai pas d’intérêt personnel comme tous ces technocrates, prétendus qui défendent leur pitance à coup d’ignorances…

Observons que l’absence de négociation contractuelle et le non respect des lois du travail aboutit à une « concurrence » totalement faussée… contrairement à la « philosophie » que l’UE prétend nous imposer. Mais là on laisse faire semble t il… Ce n’est donc pas la faute à l’Europe mais NOTRE faute si, par exemple, sur 254 conventions collectives avec minima salarial, il n’y en a que 104 semble t il qui atteignent le Smic…

On est maintenant non seulement hors du respect de l’état de droit (respect du code du travail) dans l’entreprise, mais on est hors du respect des engagements contractuels. C’est pour cela que je suis surpris des déclarations du ministre J.M Le Guen qui juge que « le code du travail est répulsif » à l’emploi, et du Premier ministre qui re-propose pour la nième fois de « simplifier le code du travail ». J’ai peur que ces deux-là ne sachent pas de quoi il s’agit et ne fassent bien rire leurs interlocuteurs patronaux. Le Code du travail a été simplifié drastiquement depuis 10 ans. Il a  même été entièrement ré-écrit par la droite elle-même entre 2004 et 2008. Plus de 500 lois ont été supprimées. Il a été diminué de 10 % ce qui est énorme. C’est un des plus petits codes, il ne fait pas 3990 pages comme le croient certains, trop avides de l’attaquer, mais seulement 675 p. Darcos, éphémère ministre du travail inculte ne le savait pas et avait déjà proposé de le (re) « simplifier ». Si Dalloz publie encore 3990 pages, c’est avec les arrêtés, les décrets, les jurisprudences, les commentaires, les sommaires, les glossaires, comme si on éditait Françoise Sagan amendée par Marcel Proust, « Bonjour tristesse » complété par « La recherche du temps perdu ».

La vraie question, c’est le viol massif autant des lois que… des contrats.

Car notre candidat FH proposait de constitutionnaliser les « contrats » plutôt que la loi, mais les patrons sont encore plus empressés à violer les contrats que la loi. Ils ont ainsi violé allégrement l’ANI du 11 janvier 2013 dont on a tant parlé et qui a tant été vanté. Le bilan n’est a pas encore été fait, pourtant il était prévu, moi je l’ai fait et je vais publier ce travail bientôt, on peut dire que rien de ce qui a été annoncé n’a été tenu, dans aucun domaine. Ce qui interroge et devrait interroger les « technos » qui suivent ça et n’y connaissent rien – sauf ce qui plait aux conseillers très vicieux de  Gattaz !

Les « contrat courts » ont explosé. Les « stages » ont explosé, ils se permettent d’être passé de 600 000 stages à 1 600 000 stages… eux qui ne veulent pas embaucher ! Les licenciements ont explosé (alors que l’accord s’appelait de « sécurisation de l’emploi »). Les institutions représentatives du personnel ont reculé. Les CHSCT ont reculé. L’information des salariés a reculé. Par exemple, la « base de données unique » est un leurre, avant, c’est vrai il existait diverses dates butoirs, 31 mars, 31 juin, pour donner les informations aux CE, DP, etc.… il n’y en a plus, une fois ces contraintes calendaires sautées, il n’y a plus d’informations…

Les accords de flexibilité « interne » ou externe » deviennent autant de moyens de casser les garanties des contrats de travail, que d’abuser du prêt illicite de main d’œuvre et du marchandage.

Regardez, j’ai lu que des députés croyaient qu’on allait mieux contrôler le CICE par le droit accordé pour cela aux CE. C’est faux bien sur. Car seulement 3 % des entreprises doivent avoir un CE. ¼ de celles là n’en ont pas. Encore ¼ ont des CE « bidons ». Et sur les 50 % des 3 % qui en ont, ça ne marche pas, ça ne se fait pas, en pratique, d’autant qu’il a été rajouté que les expertises demandées par les CE, les CE devaient en payer 20%. Ce qui complique encore.

L’utilisation de plus de 350 000 travailleurs détachés sur notre sol – notamment dans le bâtiment- ou le dumping social est pratiqué ardemment par les employeurs français qui trichent avec le droit français (obligation de payer les Smic bruts) permet de mesurer l’état d’esprit réel des patrons : ni le code, ni la loi, ni leurs paroles, ni leur signature ne les embarrassent, ils violent tout ça allégrement.

Et l’inspection du travail, pas besoin de la dire, est très démobilisée par la loi qui la frappe. Sa capacité de contrôle et de sanction a été gravement atteinte.

Quand Bouygues annonce 1250 emplois en moins, que dire ? ils reçoivent tout, CICE, baisse de cotisations, aides multiples, rachat de leurs actions à bon prix ? Ils nous ont menti sur Alstom avec le PDG d’Alstom, ils n’ont aucune loyauté, aucune reconnaissance et n’ont pas l’intention d’en avoir, rien ne le manifeste, au contraire tous leurs actes prouvent le contraire.

Ils avaient tous signé dans l’ ANI, un « plancher » pour les temps partiel de 24 h… Rappelons les communiqués triomphants du gouvernement et de certains syndicats, celui de Nadjat Valaud-Belkacem, sur l’avancée superbe que c’était censé représenter pour les femmes à temps partiels. D’abord il y a eu 5 dérogations (temps partiels déjà existants, moins de 26 ans, soins aux personnes, taches domestiques, en cas de volonté exprimée du salariée…) et il devait y avoir des négociations par branches… Cela devait se conclure avant le 1er janvier 2014. Rien n’a été conclu. Il a donc fallu que le gouvernement Ayrault cédant à cet état de fait fasse une saisine rectificative le 22 janvier et le 22 février 2014 une loi reportant cela au 30 juin. Nous sommes le 1er juillet, aucune négociation n’a avancé ni dans la distribution, ni dans le nettoyage, ni dans les organismes de santé, d’enseignement, ni dans la chaussure, etc.… Alors la loi, rappelons-le, voulue par les patrons eux mêmes, va s’appliquer… contre leur gré et cela sera évidemment saboté. Les voilà d’ailleurs qui officiellement remettent en cause ce seuil plancher de 24 h !

Pareil pour la pénibilité !

J’ai déjà dit plusieurs fois ici combien de système d’individualisation de la mesure de la « pénibilité » pour l’accès au droit à la retraite, était impossible à mettre en place, insurmontable, conflictuel et dégradant. Mais à l’époque le gouvernement a choisi là aussi de valoriser cette « avancée » présentée comme « considérable » dans de nombreux discours (et par la CFDT). Mais il y fallait 25 décrets étalés sur un an pour une mise en place en 2015. J’ai animé comme inspecteur du travail, en agriculture des « CRAIT » ou l’on accordait des « points » aux accidentes et invalides du travail, c’étaient des commissions avec le médecin, l’inspecteur, la préfecture, qui distribuaient, en fait des points et des salaires correspondants à l’ampleur des handicaps. Ce travail d’individualisation est épouvantable à faire : c’est pour cela que le système de négociation par branche et par métier est le seul digne et humain. L’individualisation des droits entre les différents égoutiers, dont l’espérance de vie moyenne est  de 58 ans, à cause du nombre de cancers, qui avaient la retraite à 50 ans et qui sont passés à 55… le tri entre eux, entre celui qui va bien, encore, et celui qui va mal, déjà, est inhumain, pas digne. Il faut donc garder des « régimes spéciaux » négociés, et non pas chercher à « trier » comme des bestiaux,  les salariés selon leur degré d’usure individuelle.

Bon mais les patrons ont imposé de ne plus négocier des « régimes spéciaux » adaptés aux métiers et branches.  Il leur a été concédé que ce serait un tri individuel selon des critères de « pénibilité ». Et maintenant ils ne veulent même plus cela. Ils ne se sentent plus, ils ont donc osé faire du chantage au boycott du « sommet social » qui leur accorde 35 milliards sans contre partie… rien qu’à cause de cela. Eux les patrons savent ce qu’est un rapport de force : ils sentent du « mou » en face d’eux, ils en profitent un maximum. Le gouvernement leur donne le doigt, ils prennent la main,  la main leur est donnée, ils prennent le bras, puis l’omoplate.

Là encore cela avait été négocié, et c’était un « contrat ».
Là encore c’était devenu ensuite « une loi »…

Et là encore, c’est remis en cause.

Et le Premier ministre avant même qu’il y ait une autre négociation et une autre loi, leur cède. Sans consulter les syndicats, surtout ceux qui avaient signé (la CFDT). Et sans attendre le sommet social des 6 et 7 juillet. On atteint un… « sommet » en effet !

Pire, le Premier ministre rentre dans les détails, et abandonne unilatéralement six des dix critères de « pénibilité » et il énumère ceux qu’il garde, et pour traiter ce qui en survit, il nomme un partisan connu depuis 20 ans comme adversaire du droit du travail, Michel de Virville.

On est dans l’arbitraire total sans autre logique que la destruction aussi bien du droit que de la négociation.

Je ne rajoute pas la question du gel des seuils sociaux, déjà traitée ici, qui semblait écartée, tellement c’est ridicule, mais hier la voilà revenue, sans doute encore pour plaire au groupuscule Medef. On a franchement l’impression que tous ceux qui dirigent ainsi, ne connaissent rien à l’entreprise, au patronat, aux rapports de forces,  à l’état de droit au travail…

Oubliais-je que le gouvernement a proposé de diminuer les indemnités des accidentes du travail et des maladies professionnelles ? C’est pire que scandaleux. On avait manifestement quand Sarkozy et Fillon avaient ouvert cette brèche honteuse, là-dessus. Je me rappelle encore le grand meeting unitaire à ce sujet, de toute la gauche et de toutes les associations, en 2009, avec Benoit Hamon. Il a fallu que certains de nos députés qu’on présente comme « frondeurs » mais qui ont tellement, tellement raison, s’y opposent… Aux dernières nouvelles ce ne serait que reporté…

Le Premier ministre a dit à la France entière qu’il ne pouvait « rien faire pour les salariés », mais il fait tout pour les patrons. Or ce qui saute aux yeux, c’est que les patrons ne font rien pour le Premier ministre, ni pour la France.

Seuls 2 syndicats sur 8, CFTC et CFDT, ont signé le « relevé de conclusions » qui s’appelle indûment (tellement il est creux) « pacte de responsabilité ».  Au congrès de Marseille de la CFDT, les 2/3 des délégués étaient contre cette signature. La CGT et FO s’interrogent sur leur participation au « sommet » de la semaine prochaine. On ne peut que les comprendre. Le Medef ose par dessus tout cela, en rajouter, et défier gouvernement et syndicats : il y a quelque chose d’irrationnel, d’incohérent, et d’inconsistant dans tout cela, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nuit noire » à l’Assemblée nationale

trouvé ça sur internet  dans la nuit « paroles » de charlotte picard

Paroles

Nuit noire.

Je ne sais pas ce que j’ai vu. C’était tendu. Ça tirait fort.

Ce que j’ai vu je ne l’ai pas vu. Le plus tendu, le plus tiraillant n’était pas là. C’était entre les deux. Entre avant et après. J’imagine.

Comment décider de bloquer un parlement parce qu’on ne peut l’entendre bouger ? Je ne sais pas. Je sais que demain, lorsqu’on va se réveiller, ceux qui célèbrent ce soir la victoire de la France et n’ont pas vu ce débat sans vote, ce peut être vote bloqué, ceux-là, une partie de ceux-là vont crier au scandale. Certains pérorer à la dissolution. Certains menacer à la dissolution. Mais il y a une autre solution. Il n’y a jamais qu’une seule solution. Il y a dix solutions.

Je m’excuse, il est tard. Il est tard dans la nuit, il est tard dans la République, il est tard dans la démocratie. Il est un temps où un Premier Ministre peut regretter que certains appellent à « une reparlementarisation à outrance » (Mais où serait l’outrage ?) pour menacer de la « mort de la Gauche ». Il est tard comme un jour où on ne veut plus de parole, plus que du silence, plus que du vide.

Mais la nature a horreur du vide. Elle le remplira. Elle le remplit. Elle met la folie à sa place. Quand la démocratie dort, le reste prend sa place. La consommation prend sa place. L’automatisme des actes prend la place. Quand on n’ose plus choisir, on n’est plus. Alors, le pire advient.

Aujourd’hui, ma République est sur une voie de garage. Soit on pète le mur du fond, soit on fait marche arrière. Moi je veux qu’on pète le mur. Je veux voir le jour, je veux voir ce que depuis ma naissance on me dit avoir existé. Je veux voir la Politique agir. Je veux un monde où la chose publique est décidée par des hommes et non par des systèmes. Moi, je veux qu’on pète le mur. Je veux cultiver le jardin qui est derrière le mur. Je veux me nourrir de ce qu’on nous cache. Je veux avancer, debout.

Je vois ce qui se passe. Je ne le comprends pas. Pas beaucoup. Pas entièrement. Un peu. Mais je le vois et je peux vous dire que la lumière est belle. Elle est belle. Forte. Elle fait mal aux yeux. Elle brûle. Mais elle éclaire. Enfin. Lumières.

Je veux qu’on arrête la nuit. Je veux qu’on arrête la nuit. Je veux le jour. Et des possibles.

Je veux choisir.

Et si on te demande… Je suis fière d’être au Parti Socialiste. Parce que je n’y ai pas adhéré pour ce qu’il est aujourd’hui, au moment M. Non. Je suis fière de faire partie de cette histoire-là, le Socialisme. Ça, c’est pour le passé. OK. Mais aujourd’hui je suis très fière de cheminer auprès de ceux qui font, je l’espère, son futur. Le futur que je lui souhaite. Un futur qui dessine la société au lieu d’uniquement la gérer a posteriori.

Je suis fière d’être au Parti Socialiste, parce qu’il crie, il pleure, il a mal, mais il vit, il respire et il vit, d’idées et d’idéaux, encore.

 

charlotpicard.tumblr.com

Adhérez au Parti socialiste maintenant, demain

Urgent : Message à caractère informatif:

Vous considérez que le Parti Socialiste n’a pas la bonne orientation politique.
Vous constatez que les autres partis de gauche ne parviennent pas à infléchir la politique nationale.
Vous exigez que le Parti Socialiste joue son rôle, et obtienne que soient tenus les engagements pris lors de la présidentielle 2012.

Une seule solution: faire bouger la ligne officielle du PS

Comment ? En faisant en sorte que tous les citoyens qui défendent une orientation de gauche nous aident à défendre le meilleur de l’histoire du PS !

empêcher qu’il bascule vers une ligne Valls

prenez vos responsabilités et venez nous aider à obtenir le changement de cap et de direction de ce parti !
Aujourd’hui nous pesons près de 40 %
Le changement tient donc à… peu.

nous sommes le meilleur du Parti socialiste, la tradition du Parti socialiste, le Parti socialiste, nous sommes socialistes ! Une équipe minoritaire essaie d’en prendre le contrôle, ils sont minoritaires à la base, mais ils croient tenir le gouvernement et faire main basse sur le parti,

nous sommes légitimes, ils sont blairistes, aidez nous à défendre la meilleure tradition historique de la gauche française qu’ils veulent mettre à mal

La fenêtre de tir: le prochain congrès

Comment ? En prenant votre carte suffisamment tôt pour avoir le droit d’y voter

Pourquoi ? Parce le congrès détermine l’orientation politique du PS. La motion arrivée en tête représente l’orientation.

La deadline ? Idéalement le 1er juillet.

ils ont commencé à annoncer un congrès à la sauvage, en novembre ou décembre 2014,

ils peuvent fixer la date limite des adhésions pour voter, six mois avant,

Pourquoi ? Parce que le congrès devient dans ce cas un enjeu pour toute la gauche,

le parti est pluraliste et tant mieux, vous y adhérez avec vos idées sociales, pas libérales

choisir la gauche de notre pays, où choisir la troisième voie venue d’ailleurs, libérale et apparatchik

celle qui défend le code du travail ou celle qui trouve que le code du travail est « répulsif »

Combien ça me coûte ? 20 €

Alors: on continue à se plaindre où vous venez nous aider ??

NB: à celles et ceux qui attendent qu’un parti dise exactement ce qu’ils ont envie d’entendre pour y entrer, alors ils risquent de regarder passer les trains un moment. Un parti n’existe que par ce que ses militants exigent de lui. Les autres sont spectateurs. Comme toujours dans les démarches de résistance(s)…

https://www.parti-socialiste.fr/agissons-ensemble/adherez-au-ps

 

adhérez sans tarder par lettre commandée à PS 10 rue de Solferino 75007 Paris,  ou et a votre fédération ou et a votre section…

 

renvoyez nous copie, info, etc..

 

d’apres gerald Elbaze

Le Guen, Borgel, Camba, Valls le « quarteron » veut il prendre le parti à la hussarde ? de la Mnef lambertisée à l’alliance avec l’ultra droitier du PS Valls – par Stéphane Alliés dans Médiapart

Le Guen, de la Mnef lambertiste à l’alliance avec Valls

27 juin 2014 |  Par Stéphane Alliès

Jean-Marie Le Guen peut-il rester au gouvernement ? Le secrétaire d’État aux relations avec le parlement est une pièce essentielle dans le dispositif de Manuel Valls, tout comme Jean-Christophe Cambadélis. Ces trois-là se connaissent depuis presque quarante ans. Ils n’ont cessé de se rapprocher au gré des intrigues étudiantes et des congrès socialistes.

 

Épinglé par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (lire notre enquête), Jean-Marie Le Guen est aujourd’hui en difficulté. Alors qu’on lui reproche d’avoir sous-évalué son patrimoine de 700 000 euros, la situation du secrétaire d’État aux relations avec le parlement porte un mauvais coup à la majorité et à son chef, Manuel Valls. Après l’affaire Cahuzac, un ministre du budget convaincu de fraude fiscale, puis l’affaire Aquilino Morelle, un conseiller élyséen influent pris en conflit d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques, c’est un nouveau coup dur pour l’un des plus ardents soutiers du pouvoir socialiste. Il concerne une nouvelle fois le rapport à l’argent.

 

Le Guen est le seul réel choix de Manuel Valls dans le gouvernement formé au lendemain des municipales. Jusqu’ici, François Hollande s’était tenu à distance du premier cercle des apparatchiks strausskahniens, comme de l’agence Euro-RSCG. Mais face à la situation politique catastrophique, et après une telle déroute électorale, le président pense ne pas avoir d’autre choix que de promouvoir son ministre de l’intérieur. Et celui-ci demande que l’un de ses proches, le député Jean-Jacques Urvoas, le remplace Place Beauvau. Refus élyséen : un compromis se fera sur Bernard Cazeneuve. Valls fait alors une nouvelle requête.

Le secrétaire d’État aux relations avec le parlement doit être quelqu’un qu’il connaît bien et qui prolonge le retour d’autorité qu’il entend imprimer sur une majorité qu’il veut refaçonner. Ce sera Jean-Marie Le Guen, qui avait été le responsable des questions de santé dans l’équipe de campagne de Hollande. Dans le même temps, Harlem Désir est exfiltré de la direction du PS pour un sous-maroquin aux affaires européennes. Seul candidat, Jean-Christophe Cambadélis s’installe au premier étage du siège de Solférino, secondé par le député Christophe Borgel et quelques proches de Manuel Valls (le nouveau porte-parole, son suppléant Carlos Da Silva, et le sénateur Luc Carvounas, responsables des relations extérieures du parti).

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En vingt-quatre heures, Manuel Valls a su construire un dispositif réduit, mais avec les bonnes personnes aux postes cruciaux. Pas majoritaire au sein du PS, il se révèle ainsi capable d’en prendre le contrôle pour lui imposer un aggiornamento (lire ici), comme on s’empare d’une vulgaire AG de fac à l’Unef.

Pièce essentielle de ce dispositif, Jean-Marie Le Guen s’impose vite. Brutal, il est devenu la bête noire des députés PS dissidents, qu’il traite tour à tour de « soi-disant socialistes » ou de « gauchistes ». Sur la forme, il incarne au parlement, jusqu’à la caricature, le ton martial du premier ministre – Le Guen, va souvent beaucoup plus loin que son mentor, qui sait au moins y mettre les formes. Avant le vote du 29 avril sur la trajectoire budgétaire, il a longuement fait pression sur de nombreux députés tangeants.

« Il m’a appelé, ça a duré 45 minutes, lui a parlé 44 minutes ! » raconte un élu, le jour du vote de confiance sur la déclaration de politique générale de Valls. « Le Guen, c’est le candidat qui fait du porte-à-porte et dont tu dis : “Ouf, heureusement qu’il est passé, j’ai failli voter pour lui” », dit un autre. « C’est quand même un mec qui, au bout de cinq minutes de discussion, peut menacer de vous péter la gueule… », soupire un dirigeant du parti, quand un député écolo jure l’avoir vu dans les coulisses du Palais-Bourbon saisir au collet l’un des hésitants socialistes.

Lors des débats sur le budget à l’assemblée, Le Guen joue les vigies, l’œil braqué sur l’hémicycle, pour s’assurer que les “frondeurs” sont bien minoritaires. Et il déclenche des suspensions de séance pour tenter de discipliner les récalcitrants. La stratégie n’est pas toujours payante. Le 29 avril, 41 députés PS se sont abstenus, du jamais-vu. Faute de débats, les réunions du groupe PS à l’assemblée se vident un peu plus chaque mardi. À celles des Verts, Le Guen a carrément été interdit de présence.

De la prise de la Mnef à la conquête jospinienne du PS

Sur le fond, il applique et partage à la perfection son souhait de « dépassement de la gauche ». « Il théorise en permanence le post-socialisme », s’amusait, il y a quelques mois, Emmanuel Maurel, qui ne cachait pas pour autant avoir plaisir à se disputer avec Le Guen. Les partenaires de la gauche ne sont pas franchement la tasse de thé du secrétaire d’État. Il a passé toute l’avant-campagne municipale à tenter de dissuader Anne Hidalgo de s’allier avec les communistes dès le premier tour.

Cette même Hidalgo derrière laquelle il s’est finalement rangé, après avoir entretenu l’illusion de se présenter face à elle, lors d’une primaire qui n’a pas eu lieu. Comme il s’était préparé à concourir face à Bertrand Delanoë, à la fin des années 1990, avant d’en être empêché par le scandale de la Mnef (où il a été mis en cause avant de bénéficier d’un non-lieu).

À cette époque, Jean-Marie Le Guen est rattrapé par son passé militant. Et par ses alliances nouées vingt ans plus tôt avec une partie de ces « gauchistes » français qu’il abhorre tant désormais. Au mitan des années 1970, le jeune médecin mitterrandien est le chef des Jeunesses socialistes (alors sous l’autorité d’Edith Cresson, secrétaire national à la jeunesse du PS). La gauche anticommuniste est en plein émiettement, après la rupture du programme commun avec le PCF, en 1977, et le jeune Le Guen a pour mission de faire converger l’Organisation communiste internationale (OCI) des trotskystes lambertistes et le PS de Mitterrand. Pour ce faire, il va nouer une relation intime avec le nouveau chef de file des étudiants lambertistes, Jean-Christophe Cambadélis, dit Kostas.

Le camarade Kostas vient de remplacer Charles Berg, sombre bureaucrate exclu (et devenu le volubile producteur de cinéma Jacques Kirsner), à la tête du « secteur jeune » des « lambertos ». « Ce qui était effrayant chez Berg est devenu ludique et pour tout dire séduisant avec Jean-Christophe », résumait Jean-Marie Le Guen dans les colonnes du Monde, à l’occasion d’une remarquable saga sur la Mnef lamberto-mitterrandienne, publiée en 1999 (Histoire d’une génération, lire ici, ici et ici).

Ensemble, Le Guen et Cambadélis vont réunifier l’Unef non-communiste, sur le dos des trotskystes étudiants de la LCR, alors emmenés par Julien Dray. Le « deal » est passé au milieu de l’hiver 1978, dans le bureau d’André Bergeron (secrétaire général de FO), en présence de Pierre Lambert. Ce « Yalta étudiant » débouchera sur le congrès de Nanterre en 1980 et la création de l’Unef-id, puis, dans la foulée, la prise de la Mnef, débarrassée de la concurrence interne des chevènementistes du Cérès et des communistes. Suite logique de l’alliance : l’OCI soutient Mitterrand dès le premier tour de la présidentielle de 1981, et les militants de l’Unef-Id font la campagne. Lors de la fête de la victoire, à la Bastille, le service d’ordre est assuré par les lambertistes, et Cambadélis s’exprime à la tribune.

Jean-Marie Le Guen, en 1989.
Pour Jean-Marie Le Guen, c’est un long compagnonnage politique qui s’engage avec « Camba », qu’il estime alors être le « leader d’une génération ». À la Mnef, ils sont les deux chefs du conseil d’administration, mais aussi des employés fort bien rémunérés. Le Guen occupera les postes de directeur médical de la mutuelle de 1982 à 1993, puis de conseiller stratégique jusqu’en 1997 (son salaire est de 25 000 francs par mois en 1982, ainsi que le révèle, en 1982, un rapport de la Cour des comptes enterré par le pouvoir), avant d’être élu député du XIIIe arrondissement.

Au cours de leur instruction de l’affaire de la Mnef, écrit Le Monde, « chaque tiroir ouvert par les juges laisse apparaître, au choix, un ami de Jean-Christophe Cambadélis ou un proche de Jean-Marie Le Guen ». Des deux leaders politiques de la Mnef, seul Cambadélis écopera d’une sanction judiciaire (six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende), pour recel d’abus de confiance.

Les deux hommes vont également manœuvrer ensemble dans l’appareil du PS, après la démission de l’OCI de Cambadélis, en 1986. Kostas rejoint alors le parti socialiste avec plus de 300 cadres lambertistes du « secteur étudiant ». Le Guen et Cambadélis vont faire la paire, l’un pour prendre la fédération de Paris (en 1987), l’autre pour devenir député du XIXe arrondissement (sans cesse réélus depuis). Ensemble, ils sont “mitterrandistes tendance Jospin”, lui aussi un ancien de l’OCI.

Au fameux et tumultueux congrès de Rennes, en 1990, avec les rocardiens, ils organiseront la salle délétère et les huées à l’encontre de Laurent Fabius. Puis ils s’attelleront à parfaire la “synthèse jospinienne” alors initiée, réconciliant première et deuxième gauche. Ils se rapprochent du chef des jeunes rocardiens d’alors, Manuel Valls, qu’ils connaissent depuis l’Unef du début des années 1980, et qui est aussi administrateur de la Mnef. C’est à ce moment surtout que se constitue le premier cercle du nouvel espoir de la deuxième gauche, Dominique Strauss-Kahn. Si ce dernier sera battu par Henri Emmanuelli pour succéder à un Michel Rocard démissionné après la déroute des européennes de 1994, il sera, trois ans plus tard, le ministre star de la « dream team » du gouvernement Jospin. Avant d’en démissionner, suite à sa mise en examen dans le dossier de la Mnef.

Une fois le scandale dissipé, Cambadélis et Le Guen sont désormais les premiers lieutenants de DSK. C’étaient déjà eux qui parlaient à la presse lors du congrès de Brest en 1997, attisant la rivalité gouvernementale avec la ministre du travail, Martine Aubry. Après le 21 avril 2002, ce sont encore eux qui accompagnent “Strauss” dans sa marche vers la primaire à la candidature présidentielle de 2007 (où il sera battu avec Laurent Fabius par Ségolène Royal).

Toujours ensemble, Le Guen et Cambadélis noueront et organiseront ensuite la nouvelle alliance, dite des « reconstructeurs », avec Martine Aubry et Laurent Fabius, puis Bertrand Delanoë et l’aile gauche de Benoît Hamon, leur permettant d’emporter in extremis le congrès de Reims en 2008 (face à Ségolène Royal). Ce sont enfin eux qui prépareront le « pacte de Marrakech », voulant qu’Aubry soutienne DSK à la primaire de 2011. Tout roulait à merveille, jusqu’à un petit matin blême new-yorkais.

Le Guen et Cambadélis seront parmi les plus ardents défenseurs de leur champion déchu après l’affaire du Sofitel. Tous deux débitent le même élément de langage, étrange pour qui le connaît aussi bien qu’eux : « Ça ne ressemble pas à Dominique » (lire ici et ici). Le Guen va même plus loin et affirme que « l’affaire n’est pas crédible. Il peut y avoir des circonstances, il peut y avoir des hallucinations ». Francs-tireurs au service de “Strauss”, ils tirent là leurs dernières cartouches, avant de rester quelques temps dans l’ombre (Camba n’obtient pas le PS et se voit préférer Harlem Désir, Le Guen n’obtient pas le ministère de la santé auquel il postulait) et de revenir avec Manuel Valls.

Le Guen, de la Mnef lambertiste à l’alliance avec Valls

27 juin 2014 |  Par Stéphane Alliès

Les mêmes étaient déjà montés au créneau lors de la chute de Ben Ali, pour relativiser les propos antérieurs du directeur du FMI sur le « modèle tunisien » à suivre. « Dominique ne parle assurément pas de modèle politique, mais de modèle économique. Et il a bien raison d’affirmer que les éléments de croissance ne sont pas tout », rétorque alors à Mediapart Jean-Christophe Cambadélis. Sitôt le Raïs tombé, Jean-Marie Le Guen défend, lui aussi, a posteriori, DSK, interrogé par Mediapart : « Dominique aurait dû faire un bras d’honneur à Ben Ali, alors que le régime est reconnu par l’ONU et donc à ce titre membre du FMI ? Et puis quoi ?! Il parlait d’économie, et personne n’a jamais dit le contraire sur ce modèle tunisien. Il pensait à un modèle économique plus ouvert, qui permet la création d’une classe moyenne, avec un système éducatif très développé. »

Les duettistes vont également, à plusieurs reprises, afficher leur soutien à Laurent Gbagbo, malgré sa mise au ban de l’Internationale socialiste et la rupture des liens du PS français avec le parti socialiste ivoirien. En 2008, Jean-Marie Le Guen se rend avec Jack Lang auprès du président ivoirien, allant jusqu’à s’afficher au milieu de la nuit en boîte, à Abidjan. Il déclare à son retour à Mediapart avoir été « impressionné par la dimension humaine, profonde et solide du président Gbagbo ». Puis, c’est avec Cambadélis qu’il y retourne, en octobre 2011, en pleine campagne électorale ivoirienne (lire ici).

À chaque fois, François Hollande est embarrassé et ne se prive pas de le faire savoir, comme premier secrétaire du PS en fin de règne ou candidat à la présidentielle tout juste investi. « Les déclarations qui ont été faites à Abidjan n’engagent que leurs auteurs », déclare-t-il à Mediapart en avril 2008, insistant sur « les zones d’ombre du pouvoir, de la partition et du rapport avec les opposants, qui ont expliqué le souhait du PS de ne pas maintenir ses liens avec Gbagbo. » En janvier 2012, le candidat à la présidentielle Hollande doit à nouveau se distancier, dans un entretien aux Inrockuptibles : « Je n’ai pas compris pourquoi tels ou tels socialistes sont allés rendre visite à Gbagbo pendant la campagne. (…) Ils auraient dû se caler sur la position que j’avais moi-même fixée en 2004 : Gbagbo est infréquentable. Ça aurait évité quelques malentendus. »

Jean-Marie Le Guen s’est peu à peu affirmé dans les années 2000, comme Valls, comme un soliste dans les instances nationales du PS. Il aime jouer sa partition, devant les caméras. Et quand Martine Aubry propose à Valls de quitter le parti s’il ne s’y retrouve pas, il est l’un des rares à prendre sa défense.

Jean-Marie Le Guen partage les aspirations individualistes et singulières de Manuel Valls lors de certains votes dans l’hémicycle. Il ne suit pas, par exemple, la position du parti sur la reconnaissance de la Palestine (et signe une pétition d’élus lancée par l’UMP Claude Goasguen), quand Valls vote en solo et « en conscience » l’interdiction du voile intégral proposée par la droite, malgré la position commune du reste du groupe PS, qui préfère l’abstention.

Par Stéphane Alliès

Ces socialistes français qui ont misé sur la victoire de Gbagbo

Par Lénaïg Bredoux et Ludovic Lamant

Tous deux marginalisés à la droite du parti, Valls et Le Guen signeront ensemble, en octobre 2010, une tribune se prononçant pour la mise en œuvre de la TVA sociale, appelant à « amorcer un véritable big bang fiscal, ne s’interdire aucun tabou et interroger toutes les facettes de notre système fiscal, y compris la TVA ». Briseurs de tabous autoproclamés, ulcérant l’opposition socialiste de l’époque, les voici désormais en position d’influer sur l’avenir du socialisme français. Depuis qu’il est devenu secrétaire d’État, Jean-Marie Le Guen est devenu un bras armé de Manuel Valls. Tout juste nommé, aux journalistes qui lui demandent si François Hollande pourra être candidat en 2017, il se contente de répondre : « C’est une question qui se posera. » Mais c’est d’abord celle de son maintien en poste qui est désormais posée.

Intervention au BN du PS du mardi 24 juin : « délétère » vous avez dit « délétère » ?

Oui, Jean-Christophe, dans son introduction, vient de s’inquiéter à juste titre  de l’atmosphère délétère qui règne dans le pays, avec toutes les affaires de l’UMP, et la distanciation qui en résulte vis-à-vis de toutes les forces politiques.  C’est bien vrai, mais ça vise quand même et c’est logique, en premier, le parti qui est au pouvoir, nous le PS et toute la gauche. Ce n’est « pas la faute du peuple » c’est notre faute. la faute à notre politique, rappelons que nous dirigions tout 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, l’AN, le Sénat, la PR, et que la gauche était largement majoritaire, nous pouvions agir et nous pouvons encore agir.

C’est notre action qui est en cause, pas la « désindustrialisation », pas la « mondialisation », « pas la crise » », c’est NOUS qui décevons. Je ne sais comment le dire, je n’ai jamais senti pareil rejet,  il y a une hargne…

-       Une haine !

-       Oui une haine, contre notre parti. Tout vient de ce qu’il y a un sentiment profond, sans précédent, de trahison amère. On ne fait pas ce qu’on a promis. On manque à nos promesses, des millions de nos électeurs nous en veulent pour ça.

 

Dans l’élection partielle de dimanche à Valenciennes, nous obtenons 7,12 % soit 1,81 % des inscrits. Je sais c’est une circonscription de droite… laquelle s’est unie UMP-UDI-Modem pour la gagner. Seul le FN passe la barre des 12,5% pour rester au second tour, le PCF à 10,27 %, les Verts ont 3,56 %. Ca fait 20,95 % pour la gauche, mais divisée elle est éliminée. En plus de la politique d’austérité, la désunion de la gauche rose rouge verte ne paie pas.

Je sais en 1993, on avait eu 7,15 %, c’était l’année où il nous restait 52 députés, l’année la plus basse. Nous y sommes donc encore, ou à nouveau. Avec ce genre d’étiage, de score généralisé, en ce moment, on aurait moins de 50 députés en tout et pour tout. Mais l’UMP-UDI-Modem passe malgré leurs déboires délétères à 47,02 %, notons le !

(rajout en note :  pour être plus précis : en 1988, le PS obtenait 34,8 % des suffrages exprimés et 258 députés (275 avec les apparentés) ; en 1993, il recueillait 17,6 % des suffrages exprimés et n’avait plus que 52 députés (57 avec les apparentés).  Une perte de 206 (PS)  ou de 218 députés (PS + apparentés) En 1993, la droite gagnait largement mais avec moins de voix en chiffres absolus qu’en 1981 quand elle avait perdu ! Il n’y avait pas eu passage de voix de gauche a droite, la gauche s’était effondrée sur elle même dans l’abstention, tout simplement.)

Mais ce qui compte c’est qu’il n’y a que 25 % de votants : 75 % ne votent pas. C’est là que c’est très délétère. Ce sont notamment NOS électeurs qui ne votent pas ! Ils ne vont pas non plus voter ailleurs. Ils ne votent pas à droite, il n’y a pas de glissement à droite. Ils ne votent pas à gauche non plus, surtout pas pour la partie Mélenchon du FdG qui nous agresse tous les jours. Non ils s’abstiennent, comme en 1993. Comme les 23 et 30 mars et le 25 mai derniers. Et c’est là le problème. Chaque jour où on annonce une politique d’austérité qui fait le jeu de la droite et du patronat, on perd des électeurs… et là 1,81 % des inscrits pour le parti au pouvoir, ce n’est pas rien quand même ! Il FAUT entendre.

 

Ah au passage, à propos du Front national, il y a quelque chose qui me fait peu à peu réfléchir, c’est quand Jean Christophe parle de plus en plus fréquemment de « tripartisme », je ne comprends pas bien, j’ai du mal à imaginer un « tripartisme », alors qu’il y a deux classes fondamentales dans ce pays, je vois bien le bloc UMP FN possible, mais pas trois blocs… Bon, faudra qu’on en rediscute au fond…

 

Et j’entends aussi Alain qui dit qu’il ne faut pas exagérer, que tout le monde sait qu’on atteindra pas les 3 % de déficit… qu’on est obligés de l’afficher, mais que ca ne se fera pas et qu’en pratique, chacun le sait. Qu’est ce qu’il veut dire ? Les bras m’en tombent car c’est encore pire, on affiche un objectif désespérant qui fait souffrir les gens et on ne l’atteindra pas ? Mais c’est le cumul de la haine à la fin que nous aurons…

 

Pascale parle « des nominations.. » Oui, il y 2,3 ou 4 millions d’électeurs qui n’aiment pas la nomination de Toubon. (Ou de Florence Boone) Ceux qui, politisés, savent… c’est un symbole qui les repousse.

Mais pour 10 ou 12 millions, ce n’est pas ça qui compte, c’est la misère. Le chômage augmente. On a même l’impression qu’on n’en parle plus ici comme avant. On a renoncé à l’objectif prioritaire « d’inverser la courbe ». Chaque mois ça monte et on ne fait rien de fort, de réel.

Ah si on propose le « pacte de responsabilité », celui dont personne ne veut, celui que les syndicats rejettent, que le patronat rejette, celui qui coute 35 milliards… et on met mal à l’aise l’Assemblée, on divise les députés, le parti, la gauche, la dessus… pour rien ! ou plutôt pour du mal !

Car non seulement il ne créera pas d’emploi, mais cela vient d’être dit hier par Lenglet sur France 2 devant 5 millions de spectateurs, au JT, il y a aura 250 000 emplois en moins à cause de ce « pacte », et 190 000 potentiellement crées… Les gens qui n’y connaissent rien, ça fait peur, on exige qu’ils fassent 50 milliards d’économies, qu’on donne 35 milliards aux patrons pour qu’ils embauchent et ça va faire 60 000 emplois en moins ? On dément mollement, « c’est Bercy, c’est de la macro économie, ce n’est pas sur… ».. mais c’est dit bon sang ! C’est entendu. Par exemple Bouygues, qui va toucher des sous sur les 2 milliards qu’on met sur Alstom sans empêcher GE de prendre l’énergie, il annonce 1250 suppressions d’emplois dans son groupe, il y en a des familles touchées, concernées dans le groupe par cette annonce, dans le bâtiment… quel effet croit on que ça a ? C’est ca qui compte. C’est ça qui fait la haine, on va donner des sous, nos sous, à Bouygues pour qu’il fasse de l’emploi et il…  licencie ?

Alors les députés qui amendent le collectif budgétaire, qui repoussent ces choix mortifères sont légitimes, c’est eux que notre parti doit soutenir dans cette voie… pas les condamner. Ils nous défendent nous, socialistes, nous la gauche, ce sont eux qui empêchent la gauche de « mourir »… qui essaient de dissiper ce climat que Jean Christophe qualifie de « délétère ».

 

Il me reste un petit truc à dire à Jean-Christophe qui m’a « dénoncé » nominalement, moi « Gérard Filoche » hier lundi matin,  en direct, sur I télé, à propos de la réunion de Bellerive-sur-Allier en affirmant qu’on y aurait cherché « une construction commune du PS avec le NPA ». Quand l’AFP m’a appelé pour vérifier je suis tombé des nues : rien dans nos appels pour Bellerive-sur-Allier qui a été un succès, 300 socialistes de 65 départements, ni dans le déroulement de la réunion n’impliquait, ni n’associait le NPA (lequel n’aurait pas voulu et ne veut d’ailleurs pas). Rien. On me dit que c’est à cause d’une légende d’une photo de l’Huma qui le dit, mais depuis quand sommes-nous responsables des légendes des photos ou des titres des journaux ? Il aurait suffi de vérifier que ca n’avait pas de sens politique, de lire nos textes, de me donner un coup de fil, tout a été filmé et transparent, et sera sur site.  On me dit qu’un des 50 intervenants de la salle en parlant aurait mentionné qu’il était du NPA…  mais depuis, on l’a retrouvé, c’est un ancien socialiste de Saintes qui est à St Etienne et qui est venu, intéressé, à titre personnel en voisin. Il faut mieux nous réserver s’il y a des polémiques entre nous pour des questions de fond sérieuses, non ? C’est toi Jean-Christophe qui  a dit qu’entre les deux « Gégé » il y avait de la place pour du débat, qu’il faut nous respecter, pas faire des attaques non respectueuses pour rien. Alors là, pour le coup, c’est le cas. L’Huma fait parler cet intervenant de Bellerive, sous le nom de Damien, en fait il s’appellerait Didier, et toi, Jean-Christophe tu le mentionnes sous le nom de Benoit, c’est dire si c’est sérieux, et si la source est… irréelle ! Arrêtes donc ça et corriges cette erreur svp ! Et puis il faut que je te dise, depuis ton attaque sur I télé, cher Jean-Christophe, je me suis frénétiquement démené pour vérifier s’il n’y avait eu aussi, par malheur, dans la salle, à Bellerive, un intervenant masqué du POI

 

 

PS : ce matin déclaration de Yves Poutou,

Nous n’avons en effet pas invité le NPA à la réunion des « socialistes contre l’austérité » à Bellerive sur Allier, … parce que le NPA ne le veut pas et a refusé aussi bien de venir aux « socialistes affligés » le 7 juin qu’à tout autre réunion du même type. Ca n’avait donc pas de sens politique. Comme ca n’en avait aucune de la part de JC Cambadélis d’attaquer cela sur Itélé. Philippe Poutou le confirme à sa façon… aujourd’hui hélas. Je dis bien aussi : hélas…  parce qu’il fut un temps ou Olivier Besancenot, invité par Henri Emmanuelli, Benoit Hamon et…. moi, en 2010 avait fait le déplacement à Vieux Boucau jusque dans les landes pour participer à une réunion de socialistes d’UMA. Cela a été possible un temps. Ca n’avait d’ailleurs, soulignons-le, au passage, pas fait réagir la 1e secrétaire du PS à l’époque.

Il ne s’appelle pas « Damien » mais Didier puis JC Cambadelis en BN l’appelle « Benoit » c’est vous dire si c’est sérieux… assez pour que le 1er secrétaire fasse une « dénonciation » sur Itélé

Sur I télé lundi 22 juin au matin, JC Cambadelis se lance dans une polémique contre le rassemblement de Bellerive-sur Allier, il dénonce ce rassemblement dit « de Gérard Filoche » qui a(aurait) proposé une « construction du PS avec le NPA ».

 

A la suite, l’AFP appelle Gérard Filoche, qui dément. Puis qui envoie une brève rectification au secrétariat de JC Cambadélis. (cf ci dessous) Puis « le lab d’Europe1 » à son tour appelle pour s’informer. Gérard Filoche remet les choses au point, une deuxième fois.

 

Puis « le lab » rappelle en disant que l’entourage de Cambadélis s’appuie sur l’article de l’Humanité qui parle d’un certain « Damien » qui aurait parlé au nom du NPA.

 

On ne sait de quel « Damien » il s’agit, on dément à nouveau.

 

Aucune invitation n’a été lancée au NPA. Il n’était pas représenté dans aucun des débats. Aucun organisateur, membre du BN, ou député, n’a parlé de « construction » du PS avec le NPA cela n’a aucun sens politique aujourd’hui.

 

 

Quand on cherche à savoir, quand même quelle est l’origine de l’extrait de l’article de l’Humanité qui fait tant de bruit, des témoignages arrivent de participants, vers le milieu de la journée du lundi 23 juin, on croit découvrir, qu’il s’agit d’un ancien socialiste de Saintes, qui est en fait maintenant dans la Loire, à St Etienne, qui est venu,  sans mandat du NPA, qui ne s’appelle pas « Damien » mais Denis Rivier qui aurait brièvement parlé à un moment (dans la liste d’une 50 d’intervenants de la salle).

 

C’est dire si tout ça est bien artificiel.

 

Et cela re déclenche chez moi, le souvenir qu’il s’est présenté à Bellerive, un copain au demeurant fort fraternel et charmant, qui m’a rappelé avoir été dans un collectif qui m’avait invité à St Etienne il y a plusieurs années pour parler de droit du travail, je n’ai pas plus de souvenirs précis sur lui, sinon qu’il est bien sympathique, mais qu’à coup sur, il ne devait s’attendre, en venant en voisin et à titre personnel  à notre réunion, être l’instrument involontaire d’une polémique de ce type, créée de toute pièce à la télé…

 

lundi 23 juin vers 10 h : au secrétariat de JCC

Salut camarade,

L’AFP m’appelle à l’instant parce que ce matin sur i télé (je n’ai pas vu cette émission) Jean-Christophe aurait critiqué notre rassemblement à Bellerive sur Allier parce qu’il y aurait le NPA,  mais nous en sommes totalement surpris, le NPA n’était pas invité, aucun de ses porte-paroles n’était invité, aucun des ordres du jour ne l’impliquait, aucune de nos interventions développées à la tribune par les députés ou les membres du BN organisateurs ne l’ont cité…

France 3, La Montagne, l’Humanité peuvent témoigner de ce qui s’est passé,

et l’intégralité des débats sur trois jours a été filmée, et ces films sont à disposition,

nous nous battons pour un gvt rose rouge vert appuyé sur la majorité de l’assemblée nationale  comme tu le sais et ne cessons de le dire,

il faudrait, sans vouloir donner d’injonction, que Jean-Christophe, sans doute mal informé, corrige ce propos, pas la peine de faire des querelles qui n’ont pas lieu d’être ni de sens, on a mieux à débattre sur le fond

voila le texte de notre appel voté à l’unanimité des présents le dimanche 22 juin

Merci bien à toi, fraternellement socialiste, Gérard

 

Il y a eu une cinquantaine (ou plus) d’interventions en trois jours de militants de la salle, il y a eu un militant wallon, un socialiste suisse, et nous n’avons pas proposé de construction avec la Suisse.  Et une sophrologue et nous n’avons pas proposé de convertir le PS a la sophrologie. J’espère, du coup, qu’il n’y a pas eu de membre du POI, de l’ancien parti de Jean-Christophe Cambadelis. Allez, stop !    Car la seule « construction » que nous avons longuement défendue, c’est celle d’un gvt rouge rose vert, est ce que cette polémique a été faite pour faire diversion à ça ?

 

 

GF

 

 

 

 

voir le récit de Paul Allies :

 

Gauche en forme

23 juin 2014 | Par Paul AllièsMediapart.fr

 

Ce week-end, deux centaines de militants socialistes se sont réunis à Bellerive-sur Allier près de Vichy pour débattre du thème: « Rassembler la gauche et les écologistes » proposé par la revue « Démocratie et socialisme » de Gérard Filoche. L’échange entre membres de diverses tendances du PS mais aussi avec les représentants des diverses formations de gauche a été une incontestable réussite. Un moment heureux dans ce contexte de démoralisation entretenu par les propos mortifères de M. Valls et J.C. Cambadelis.

La palette des opinions représentées était très large: pour ce qui est du PS, les membres de divers courants de gauche, mais aussi des parlementaires proches de B. Hamon et des amis d’A. Montebourg étaient là. Emmanuel Maurel, l’efficace leader de l’opposition montante (et tout nouveau député européen) incarnait une synthèse des sensibilités qui se dessine semaine après semaine. On croisait des parlementaires comme Marie-Noelle Lienemann, Barbara Romagnan ou Pourria Amirshahi, une bonne dizaine de membres du Bureau National et pas mal d’élus locaux. Tous se sont accordés sur une « ligne anti-austérité » en parfait écho au combat des députés sur le Pacte de responsabilité et le collectif budgétaire (l’appel des 100). Mais ce qui a fait le grand intérêt de leur présence c’est le dialogue public avec la quasi totalité des représentants des formations de gauche: d’Europe Ecologie les Verts au PCF en passant par quatre autres composantes du Front de Gauche (« République et Socialisme », « Ensemble », « Gauche unitaire », « Parti de Gauche »). Julien Bayou, porte-parole d’EE-LV côtoyait le nouveau maire communiste de Montreuil Patrice Bessac ou la première adjointe (PG) au maire de Grenoble, Elisa Martin.

De cette confrontation devenue particulièrement rare par les temps qui courent, on retiendra deux choses: la crédibilité d’une alternative à gauche et la promotion d’une 6° République comme bien commun à celle-ci.

- L’alternative à gauche: elle est à plusieurs détentes. Dans le PS, la question est clairement posée d’un dépassement des frontières de motions, donc des courants tels que représentés dans les instances du parti depuis le congrès de Toulouse. Il apparaît que les gauches peuvent converger sur la base de la bataille engagée par les parlementaires contre la politique économique et sociale du gouvernement.  Parmi ces derniers, les amis de Martine Aubry sont aux avant-postes (Jean-Marc Germain et Christian Paul notamment); ils n’étaient pas là ce week-end mais leur travail a été invoqué et ils sont un pôle important dans la construction de cette alternative. L’accord sur quelques points de principe (l’Europe, la République démocratique, la justice fiscale et budgétaire, la relance par l’investissement) devrait faciliter celle-ci. Se dessinerait alors la possibilité d’une majorité de congrès capable de faire le lit des démoralisations et abandons cumulés depuis deux ans. Cette alternative est aussi en débat en dehors du PS. L’échange avec cinq composantes du Front de Gauche (PCF inclus) a fait apparaitre un point d’accord essentiel: la volonté de trouver des bases communes de rassemblement lesquelles se dessinent déjà contre les politiques européennes et nationales d’austérité. Comme l’a souligné Christian Picquet: « on ne s’en sortira pas les uns sans les autres et encore moins les uns contre les autres. Sous quelque forme que ce soit, la « théorie » des deux gauches est un piège mortel« .  Dés lors que l’alternance se bâtit avec des socialistes qui concrétisent une démarche autonome (réclamée par Elisa Martin), tout le monde s’accorde en dehors du PS pour considérer celui-ci est un enjeu: ni un cadavre à la renverse, ni un parti de droite ou sans militant ; il peut être, si une nouvelle gauche s’y construit,  un des chainons susceptible d’interrompre le cycle dépressif décrit comme à plaisir par ses actuels dirigeants. Du côté du Front de Gauche, plusieurs comme Lucien Jallamion (République et Socialisme) avancent l’idée qu’il faut aussi revoir le clivage « dans et hors le PS » en allant jusqu’à un travail d’inventaire  de « la gauche de la gauche ». Et le dialogue sur des « points de rassemblement » devrait le faciliter, l’exigence d’une nouvelle République étant l’un des plus évidents.

 

- La  Sixième République est apparue en effet comme un bien commun à toutes les sensibilités présentes.  Le « désastre du présidentialisme » (François Calavet d’Ensemble-Front deGauche) conduit une nouvelle fois la gauche à un point de non-retour. Le grand renoncement de celle-ci à changer les institutions une troisième fois alors qu’elle est au pouvoir, est un refus d’engager une révolution démocratique qui éloigne encore un plus ses électeurs des urnes et ses militants de l’engagement. Le propos de Mendès-France a été rappelé selon lequel « la question démocratique est partie intégrante de la question sociale: si vous ne réformez pas la République, vous ne pourrez réformer l’école ni mener une bonne politique économique« . De même qu’a été rappelé le fait que M. Valls a été l’auteur d’un rapport (« Pour un pacte républicain rénové ») en février 2011 où il faisait l’apologie du régime en place. Il avait été retiré de l’ordre du jour du Bureau National du PS par Martine Aubry devant la probabilité de son rejet s’il avait été soumis au vote. Pour autant le PS est le seul parti qui n’ait jamais abordé au fond la question du changement de République. C’est donc un sujet qui devra être au centre de l’alternative de gauche au prochain congrès; mais pas tant sur le principe même du changement que sur ses modalités concrètes, sociales, politiques et juridiques. Sur ce point aussi, le débat de Bellerive a fait bouger les choses: le problème de la Constituante comme point de passage obligé (revendiqué avec force, on s’en souvient par Jean-Luc Melenchon lors de la dernière campagne présidentielle)  a été posé pour ouvrir la voie, a dit Emmanuel Maurel,  « tout de suite, sans attendre, à une 6° République essentielle pour affirmer que la démocratie est une condition préalable d’exercice du pouvoir par la gauche ».  Et il a été proposé que ce débat se décline dès la rentrée en débats locaux de tous ordres et dans toutes les formations, avec le concours éventuel de la Convention pour la 6° République, représentée à cette réunion.

Une réunion qui vient s’ajouter à d’autres du même type. Le samedi 14 juin devant un public nombreux, s’était tenue à la Mairie du XI° arrondissement à Paris une rencontre du même type à l’initiative d’ »Un monde d’avance » (le courant de B. Hamon au PS). Jean-Marc Germain (proche de M. Aubry) et Pierre Laurent (secrétaire général du PCF) y avaient pris la parole. Ces réunions sont le signe qu’un mouvement est lancé et qu’il y a une gauche en forme. « Elle peut mourir » a cru pronostiquer M. Valls. Elle a déjà commencé à renaitre. Sans lui.

URL source: http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-allies/230614/gauche-en-forme

 

Voir la version en ligne

Cher(e)s camarades,

Le rassemblement de Bellerive-sur-Allier nous a permis de d’échanger pendant 3 jours avec des camarades issus de plusieurs sensibilités du PS et venus de 65 départements. Malgré les grèves de train, la coupe du monde et la fête de la musique, nous avons réuni plus de 300 militants au centre de la France qui ont pu confronter leurs analyses et chercher ensemble les solutions à la crise que nous traversons. Des représentants des verts, du Front de gauche, du Parti communiste, de la Gauche unitaire ainsi que plusieurs de nos députés mobilisés contre la politique menée étaient aussi présents. Nous remercions tous les participants qui ont contribué au succès de cette manifestation.

La motion 4 a pris part largement au débat en rappelant la spécificité de son diagnostic. Nous avons demandé l’application des 6O engagements du président candidat. Nous avons défendu la nécessité de dépasser le dogme de la croissance et de partager le travail pour lutter contre le chômage de masse afin de construire un nouveau mode de développement durable, écologique et solidaire. Nous avons aussi défendu la nécessité d’une économie réelle qui ne soit pas l’otage des marchés financiers. Nos idées ont été approuvées par les députés Barbara Romangan et Pouria Amirshahi. Nous avons été entendus et le communiqué signé collectivement en témoigne.

Bellerive-sur-Allier est un point de départ, une initiative qui doit être dupliquée dans toutes nos régions. De telles rencontres avec les militant(e)s sont essentielles pour convaincre du bien fondé de nos positions. Nous ne devons pas craindre le débat d’idées mais au contraire saisir toutes les occasions d’échanger sur le fond car c’est ainsi que nous pourrons surmonter les divergences et construire le grand rassemblement dont la gauche a tant besoin.

La motion 4 a un rôle central à jouer dans la refondation de notre parti sur les bases d’une gauche courageuse, responsable et innovante. La redistribution des richesses est un préalable à toute dignité humaine mais nous savons que cela reste insuffisant pour répondre aux enjeux du XXIe siècle et retrouver l’espoir en une société d’émancipation. Nous devons redonner du sens au projet socialiste.

La « pacte de responsabilité » n’a jamais été notre horizon pas plus que la baisse du « coût du travail ». Quand le gouvernement parviendra-t-il à le comprendre ? La gauche a toujours été porteuse d’un projet de transformation sociale. Il nous appartient maintenant de le formuler. C’est une tâche à laquelle la motion 4 doit s’employer avec force et détermination comme l’a toujours fait notre Premier signataire Stéphane Hessel. La reconstruction de la gauche ne se fera pas sans nous.

Amitiés socialistes

Patrick Ardoin, Frédéric Lutaud
Membres du Bureau national

Appel de Bellerive-sur-Allier

Nous socialistes réunis les 20-21-22 juin à Bellerive sur Allier, nous sommes venus de 65 départements à l’appel de différentes sensibilités du Parti socialiste.

Indignés et mobilisés contre la politique du gouvernement, contre l’austérité, contre le chômage de masse, nous demandons l’application des engagements du discours du Bourget qui ont fait la victoire de mai-juin 2012. Le pacte de responsabilité, la « politique de l’offre » et la baisse du « coût du travail » n’ont jamais été dans le programme du candidat président. Si des millions d’électeurs de gauche se sont abstenus aux municipales et aux européennes, c’est parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans la politique suivie depuis 20 mois.

Les électeurs de gauche n’ont pas voté pour donner 41 milliards sans contrepartie aux employeurs. Ils n’ont pas voté non plus pour une austérité budgétaire de 50 milliards d’euros. Nous, socialistes, voulons une réorientation de la politique du gouvernement et une finance soumise aux exigences de l’économie. Nous voulons la mise en œuvre d’un nouveau mode de développement écologique et durable. Nous voulons la réduction du temps de travail pour renouer avec le plein emploi et assurer le maintien des retraites. Nous voulons redistribuer les richesses par une augmentation significative des salaires. Nous voulons une réforme fiscale, avec un impôt progressif et durable, qui s’attaque au capital, aux dividendes, aux fraudes fiscales. Nous voulons faire reculer les inégalités, défendre et élargir les services publics, renforcer le droit du travail, contrôler les licenciements et relocaliser les emplois.

Nous pensons que ces aspirations sont majoritaires dans notre parti, dans le salariat, dans la population. Il n’y a aucune fatalité à la prétendue « mort de la gauche » si nous menons une politique économique et sociale de gauche responsable et courageuse, tout simplement en étant de gauche, en incarnant la gauche, en agissant à gauche !
Avec 40 % du bureau national du PS et avec « l’appel des 100 députés » socialistes, nous soutenons pleinement les élus, députés et sénateurs socialistes qui s’opposent à l’austérité à l’occasion du collectif budgétaire. Nous voulons que le pouvoir émane des parlementaires et non que tout soit décidé par un seul homme.

Ensemble et en confrontant, en rapprochant nos points de vue, nous nous sommes préparés ce week-end aux échéances sociales urgentes et aux débats nécessaires et programmés (états généraux, congrès) au sein du Parti socialiste et de toute la gauche.
Nous savons que rien de grand ne s’est jamais fait sans unité de toute la gauche. Convaincus que le rassemblement de Bellerive-sur-Allier préfigure un rassemblement plus large, nous appelons à un gouvernement d’union de la gauche, rouge, rose, vert qui repose sur la majorité de l’Assemblée nationale et sur le mouvement social mobilisé.

Nous appelons au sursaut des socialistes et de toute la gauche.

MLG (maintenant la gauche – motion 3), OPLPV(Oser Plus Loin Plus Vite – motion 4), UMA (Un Monde d’Avance), Socialistes contre l’austérité, NVS (Nouvelle Voie Socialiste), D&S (Démocratie et socialisme)

Pouria Amirshahi, Barbara Romagnan, Patrick Ardoin, Marie-Noëlle Lienemann, Frédéric Lutaud, Emanuel Maurel, Gérard Filoche au rassemblement de Bellerive-sur-Allier.

Paroles prononcées au Bureau national du 17 Juin 2014

Oser Plus Loin Plus Vite
La motion 4 du Parti socialiste
http://www.oplpv.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Echanges sur face book au fur et a mesure lundi 23 juin : :

 

Maintenant on me dit qu’il y avait un « Damien » du NPA qui a parlé…Damien qui ? il y a eu 50 interventions libres de la salle, il y avait aussi un orateur wallon, un orateur suisse et on n’a pas proposé une fusion des régions avec ! il y avait une sophrologue, on n’a pas proposé au PS de se convertir… Ca va, stop ! Tout a été filmé, et on voit qui a été invité, qui a parlé, et de quoi… notre appel de Bellerive est public… le communique final… on défend une majorité rose rouge verte appuyée sur la majorité à l’Assemblée nationale, c’est clair, non ? donner à croire qu’on aurait défendu une « construction du PS avec le NPA » est.. disons… abusif de la part de notre cher Jean-Christophe, pourvu qu’il n’y ait pas eu dans la salle et qui nous aurait échappé, un orateur du POI l’ancien parti de Jean-Christophe Cambadelis

 

 

Le NPA a refuse de venir aux Glières, aux socialistes affligés…. Q ui pense qu’ils étaient invités à Bellerive aux « socialistes contre l’austérité » et qu’on proposerait une « construction du PS avec le NPA » ? c’est sérieux comme polémique ?

 

 

Quand bien-même il y eut un membre du NPA… En quoi est-ce un problème ? Ce n’est pas une honte d’être au NPA que je sache. Il est loin le temps où Camba militait au PCI…

 

 

GF   bien sur ! et on n’a pas d’exclusive ! et le PS officiel a su, il n’y a pas si longtemps rencontrer olivier Besancenot. Et même on aurait pu l’ inviter comme UMA et Henri Emmanuelli l’avaient fait à Vieux Boucau ! si on ne l’a pas fait c’est que ça n’avait pas de sens aujourd’hui à nos yeux, pour un gouvernement rose rouge vert… allez stop ! c’est une polémique diversion, lisez plutôt le compte rendu de l’excellent rassemblement de Bellerive sur allier et le communiqué final ! L’appel de Bellerive !

 

 

Oui Gérard il y avait un militant du NPA de Saint Etienne, avec qui j’ai échangé quelques mots, il est intervenu à la Tribune très brièvement.. Il a été socialiste à la section de SAINTE avant c’est pour ça que je connaissais. Quoi qu’il en soit notre rassemblement a été formidable. Merci de nous avoir redonner du baume au coeur. Amitiés.

 

 

Sylvain Brousse « On ne soutient pas le gouvernement, nous on est le PS vraiment de gauche ! », mais on écrit plusieurs post pour expliquer que quand même, on ne veut pas du NPA… Sait-on jamais, Le Guen pourrait faire les gros yeux…

 

mais Sylvain Brousse, en plus, ce n’est même pas vrai qu’on « ne veut pas du NPA »… ce n’est pas le sujet, vu qu’il ne serait pas venu et qu’il ne veut pas de gvt rouge rose vert,   Henri Emmanuelli Benoit Hamon avait invité sans probléme le NPA et Olivier Besancenot à Vieux boucau,  et il était venu à l’époque (en 2009 ?)

Si on rectifie JCC c’est parce que son propos vise à empêcher les militants socialistes d’écouter le reste de l’appel de Bellerive

 

et des tweets divers dont voici certains retrouvés cici

 

JC Cambadelis invité de Christophe Barbier sur I>Télé http://shar.es/Mg5jX via @jccambadelis @gerardfiloche

Olivier Biffaud Donc @gerardfiloche dément chercher une alliance avec le NPA comme l’en soupçonne @jccambadelis dans cette vidéo à 4′ http://www.cambadelis.net/2014/06/23/linvite-de-christophe-barbier-sur-itele-12/ …

Haut du formulaire

 

Bas du formulaire

@bif_o @gerardfiloche @jccambadelis une alliance avec ces droitiers du NPA?

@ChristianDomine Mais il ne dément pas vouloir faire tomber le gouvernement Valls http://blog.francetvinfo.fr/scenes-politiques/2014/06/23/les-opposants-au-sein-du-parti-socialiste-combien-de-divisions.html … #CestUnPeuCompliqué ;)

 

  1. Gerard Filoche@gerardfiloche 49 min

@bif_o @jccambadelis c’est un hoax ! faut il te le répéter ! ca n’a aucun sens politique d’aucune sorte ! rien

  1. Gerard Filoche@gerardfiloche 36 min

@bif_o @jccambadelis raté, damned, mauvaise dénonciation sur mauvaise information…

  • ·
  • 2 h

laurent degousée a ajouté votre Retweet à ses favoris

3 h:

Quand @jccambadelis dénonce une alliance entre le socialiste @gerardfiloche et le NPA… qui n’existe pas http://ow.ly/ykHPM

 

 

 

30 ans après l’OCI, @jccambadelis lutte toujours contre le pablisme… Cc @gerardfiloche #vismaviedelamberto http://lelab.europe1.fr/Quand-Jean-Christophe-Cambadelis-denonce-une-alliance-entre-le-socialiste-Gerard-Filoche-et-le-NPA-qui-n-existe-pas-15181 …

@bif_o 4 sensibilites PS ont été présentes, et 5 sensibilites du FDG et le porte parole des verts, c’est tout, basta, le reste est hoax

Quand même difficile d’imaginer que @jccambadelis ne comprenne pas les débats autour d’une majorité rouge-rose-verte… cc @gerardfiloche

Quand @jccambadelis dénonce une alliance entre le socialiste @gerardfiloche et le NPA… qui n’existe pas http://ow.ly/ykHPM

20 ans après avoir quitté la LCR pour le PS, @gerardfiloche vise un « mariage » du PS avec le NPA : 100 fois sur le métier remet ton ouvrage !

Donc @gerardfiloche dément chercher une alliance avec le NPA comme l’en soupçonne @jccambadelis dans cette vidéo à 4′ http://www.cambadelis.net/2014/06/23/linvite-de-christophe-barbier-sur-itele-12/ …

 

  • 2 h

Jessica Masson a retweeté un Tweet dans lequel vous êtes mentionné

2 h:

.@gerardfiloche pas officiel? Perte de mémoire peut-être? Le #NPA est pourtant cité dans l’article de l’Huma!

 

ce dernier tweet jessica masson est avec ceux d’olivier biffaud empressé a reprendre la thèse absurde d’une « construction PS – NPA »