Pourquoi Pierre Moscovici critique t il notre invitation à Olivier Besancenot ?

Notre motion, « C », « Un monde d’avance » (et D&S en son sein) qui tient ses journées nationales de rentrée à Vieux Boucau, (Landes, 40) les 17/18 et 19 septembre a lancé des invitations au sein de toute la gauche qui participe aux meetings unitaires depuis le mois d’avril 2010 autour de l’appel dit « Attac-Copernic » <http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/>.

En effet, plus de 350 meetings se sont tenus à partir du 6 mai 2010 ( celui de la Bellevilloise à Paris a inauguré la série) pour défendre la retraite à 60 ans contre le pillage prévu par Sarkozy-Woerth. Ces meetings on t été unitaires réunissant sur les mêmes estrades quasi tous les soirs, Pierre Laurent (PCF)  Razzy Hammadi (PS) ou Guillaume Bachelay (PS) les Verts (Cécile Duflot ou Alain Lipietz) Jean Luc Mélenchon ou Martine Billard (PG) Olivier Besancenot ( NPA), Annick Coupé ou Eric Beynel (Sud) Michel Angot ou Elisabeth Lahaye (FSU) Eric Aubin (CGT) Jacqueline Fraysse ou Jean-Jacques Boislaroussie (FASE), Jean-Marie harribey (Attac) ou Willy Pelletier (Copernic).

J’ai pris la parole à la tribune de 45 de ces meetings, au printemps dans toute la France, ils ont connu un succès croissant et ont participé à développer l’information, à construire la mobilisation, la confiance qui vont nous permettre de battre la sale contre réforme de Sarkozy-Fillon à partir du 7 septembre. C’est un fait exceptionnel : dans ces meetings la gauche constitue un front commun, du PS au NPA, du Front de gauche aux Verts… avec une bonne partie du mouvement syndical et associatif.

Près de 100 meetings sont prévus dans le mois qui vient, et notamment à l’espace Montreuil le 8 septembre (avec Cécile Duflot (Les Verts), Pierre Laurent (PCF), Olivier Besancenot (NPA), Benoit Hamon ou Razzy Hammadi (PS), Martine Billard (députée PG), Annick Coupé (Solidaires), Jacqueline Fraysse (députée FASE),  Christian Pierrel, (PCOF) GU, Jean-Marie Harribey (ATTAC), Willy Pelletier (Fondation Copernic),  Christiane Marty (féministe), Jean-Baptiste Prévost (UNEF) Oser le féminisme, FSU, SUD, CGT, Gérard Filoche..).

Le NPA dans son université d’été de Port-Leucate, le 27 août, a invité lui aussi toute la gauche (PCF, PS, Verts, PG, FSU, UNEF, CGT, Conf Paysanne, Fase, Attac, Copernic) et j’y étais aussi, témoignant que toute la gauche se sentait unie dans la défense de nos retraites. C’était donc naturel que nous organisions une même initiative le 19 septembre lors de l’université de rentrée de la gauche du parti socialiste à Vieux Boucau.

Alors pourquoi Pierre Moscovici explique t il que « Cela pose des problèmes de lisibilité ». « Le porte-parole doit se trouver au centre de gravité du parti » rajoute t il étonnamment. Comme si, ce faisant Benoît Hamon n’était pas au « centre de la gauche » ! Le député du Doubs « ne condamne pas » pour autant. Mais il distingue : « Il peut y avoir des fréquentations ponctuelles avec l’extrême gauche. Le 7 septembre, il y aura un arc de force très large dans la rue. Mais il faut être clair : nos alliances privilégiées ne sont pas avec elle. Je doute fort qu’Olivier Besancenot se retrouve sur nos propositions ». Sûrement, ce sera dur. Peut-être, mais cela ne vaut il pas d’essayer ? Pierre Moscovici, lui-même un ancien de la LCR, pense t il que la meilleure manière, est de lancer des anathèmes ? Est il contre une « « maison commune de la gauche » ?  Tendons plutôt la main, on verra s’il est saisie ou repoussée. Surtout qu’en face de Sarkozy sur les retraites, si on veut GAGNER, il faut rassembler toutes les forces à gauche, créer une dynamique !

On lit dans la presse  qu’au NPA, Pierre-François Grond, membre de la direction, se réjouit de l’invitation. « Pour nous, ce n’est rien d’autre qu’un meeting unitaire de plus contre la réforme des retraites ». Il regrette « les réticences de la direction du PS ». « On peut marcher séparément et frapper ensemble, surtout sur un sujet aussi crucial » explique fort bien celui qui fut, d’ailleurs, lui-même, l’invité, l’an dernier, de la motion C à Vieux Boucau.
Du côté de Jean-Luc Mélenchon, Éric Coquerel juge « aberrantes » les réticences socialistes et se félicite qu’il existe, au sein du PS, « un courant qui manifeste son refus clair et sans ambiguïté du projet du gouvernement ».
Pierre Laurent et Jean Vincent Placé, Jean-Marie Harribey et Willy Pelletier, seront là aussi à Vieux-Boucau… Comme sur toutes les estrades de France depuis six mois.

Proposer 41,5 annuités aurait pour seul effet de baisser le niveau des retraites :

C’est vrai qu’il y a encore du débat dans le PS, car le dernier tract national se prononce pour « 41,5 annuités de cotisations en, 2020 ». (Alors qu’aucun texte n’a pourtant été voté par une instance nationale autorisée en ce sens). Ce qui, là, pour le coup,  « pose des problèmes de lisibilité » car on ne peut faire une proposition pareille et refuser à la fois la « baisse du niveau des retraites » ! La moyenne de cotisation des salariés français dans la vie réelle est actuellement de 36,5 annuités et vouloir imposer 41,5 cela reviendrait à faire sauter les salariés  à la perche sans perche, car  2 sur 3 sont licenciés, malades, inaptes, bien avant 60 ans… et le seul résultat serait donc de baisser le niveau de leurs retraites puisqu’ils n’atteindront pas, dans l’immense majorité des cas, les annuités nécessaires, ils auront des décotes et devront travailler, où chômer jusqu’à 67 ans.
Voilà pourquoi, en nourrissant le débat, comme en participant à cette grande campagne unitaire de meetings avec Attac et Copernic, comme en soutenant les mobilisations syndicales, la motion C, « Un monde d’avance » (et en son sein, D&S) organise le meeting de Vieux Boucau.

60 ans, pas un an de plus, pas un euro de moins !

Gérard Filoche (CN du PS, motion C, D&S)

Au boulot n° 9 Huma-Dimanche : Terrible suicide chez Schindler

Le jeune salarié de 26 ans, Aurélien,  qui s’est fait écraser le 18 juin dernier par l’ascenseur qu’il réparait pour le compte de Schindler – et dont nous parlions ici le 10 juillet dernier – entre dans nos mémoires au fur et à mesure que se déroule l’enquête sur « l’arbre des causes » de son accident. Sa compagne, que nous avons rencontré, nous a raconté combien il ressentait le stress dans son métier dangereux et la pression qui s’exerçait sur lui pour, qu’en permanence, il intervienne sur les 37 ascenseurs dont il était responsable. Il lui avait dit les risques et le système de contrôle des « feuilles de mesures » qui calculaient ses actions préventives et correctives de façon minutée. Ainsi est-il mort en heure supplémentaire, débutant une intervention un vendredi à 17 h sur un appareil qui n’était pas en panne et pour lequel il n’y avait pas urgence.

En plus d’un salarié compétent, Aurélien, était un musicien, guitariste, « une belle âme » plein de rêves et d’envies, de voyage et de vie, un « homme merveilleux » qui manque atrocement à sa compagne, Anne.  Oui, les humains au travail ne sont pas des pions, des chiffres, des objectifs, des résultats financiers.

Comment ne pas y réfléchir avec ce qui vient d’arriver le 10 août à Albi, à nouveau chez Schindler où un collègue d’Aurélien, François, a mis fin à ses jours de façon atroce. François « était un très gentil garçon qui aimait la vie et qui était apprécié par ses collègues de travail. Il avait de multiples activités et était membre d’un club de cyclo-cross. C’était un excellent technicien sorti major de sa promotion à l’issue de son stage dans le centre de formation Schindler en 1991. Il aimait son travail et était très dévoué » écrit le syndicat CGT de l’entreprise. « Notre profession n’est pas facile et nous demande beaucoup d’attention. Nous n’avons pas le droit à l’erreur à cause de tous les dangers. On nous impose de plus en plus de résultats, notre hiérarchie nous met en permanence la pression et le stress est souvent là. Depuis quelque temps, les lettres recommandées pleuvent chez Schindler, suivies d’avertissements, de jours de mise à pied et de licenciements. C’est le règne de la terreur et le personnel est démoralisé et dégoûté d’être en permanence « recadré ». François, lui aussi, venait d’être sanctionné à deux reprises en l’espace de quelques mois, pour des motifs insignifiants à nos yeux. La dernière sanction datait du 13 juin dernier. Il ressentait une profonde injustice, il le vivait très mal car il avait peur d’être licencié. Tout cela a fini par le faire plonger dans la dépression. »

François a écrit une lettre, puis il s’est rendu dans un immeuble où il y avait un ascenseur Schindler dont il assurait la maintenance et ce qui lui permettait de détenir une clef d’accès. Il s’est étendu en fond de fosse sur les amortisseurs, et il a attendu que l’ascenseur l’écrase, ce qui s’est produit. A ses obsèques le vendredi 13 août dans le cimetière d’Arthès une jeune personne très proche de François a parfaitement résumé ce drame et a profondément touché toute l’assemblée :  » Son dévouement total et une grande injustice à son égard l’ont mené à sa perte « . Mais deux accidents mortels et un suicide chaque jour au travail, dans notre pays, c’est insupportable.

Agenda de meetings en cette rentrée 2010

Voilà en l’état mon agenda pour cette rentrée 2010 :

Vendredi 27 août : Port-Leucate NPA (1100 personnes)

Samedi 28 août : La Rochelle PS

Vendredi 3 septembre : meeting unitaire à Dax 40

Samedi 4 sept. 15h : meeting unitaire Fontenay-le-Comte 85

Lundi 6 septembre : premiers des « lundis retraite » au soleil

Mardi 7 septembre : grève intersyndicale

Mercredi 8 septembre : grand meeting unitaire parisien retraite espace Montreuil

Samedi dimanche 11/12 septembre : la fête de l’Humanité

Lundi 13 : deuxième des lundis retraite

Lundi 13 septembre : meeting unitaire Besançon (25)

Mardi 14 septembre : meeting unitaire Chartres (28)

Mercredi 15 septembre : meeting unitaire Toulouse (31)

Jeudi 16 septembre : meeting unitaire St Amand-Montrond (18)

Vendredi 17 puis samedi 18 dimanche 19 septembre : UMA Vieux Boucau Landes 40 : meeting unitaire dimanche 19 matin

Lundi 20 septembre : troisième des lundis retraite

Lundi 20 septembre : meeting unitaire Blois 49

Jeudi 23 septembre : Compiègne Oise 60

Vendredi 24 septembre : meeting unitaire Chaumont (10)

Lundi 27 septembre : quatrième des lundis retraite

Lundi 27 septembre : meeting unitaire Clermont-Ferrand

Mercredi 29 septembre : grève européenne CES

vendredi 1er octobre : meeting des 23 organisations de jeunesse

Samedi 2 octobre / Annecy ?

Lundi 4 octobre : St Ouen : Utopia : film + débat : « Mourir plutôt crever » Siné

Mardi 5 octobre : Nîmes ??

Vendredi 8 octobre : Châteauroux 37

Jeudi 14 octobre : Cholet Maine et Loire 49

Vendredi 19 novembre : Noyant 49

Samedi 20 novembre : Vendémiaires 10 h à Tours

Lundi 22 novembre : Université populaire d’Arcueil 94

Vendredi 26 novembre : colloque discrimination St-Etienne 42

Dimanche 28 novembre : Gisors 27

Fin novembre : Porte-les-Valence

De Port Leucate à La Rochelle (28/29 août)

En 72 h,  j’ai fait le tour de France, le 28 août, de Paris à Port-Leucate, à l’université d’été du NPA, 21 h, puis de nuit de Port-Leucate à Toulouse, Bordeaux, pour être à La Rochelle, à l’université d’été du PS, samedi 29 à 11 h avant de revenir à Paris ce dimanche. Invité par le NPA, soucieux, de parler de l’unité nécessaire de toute la gauche contre le pillage de nos retraites par Sarkozy-Woerth, j’ai ensuite fait fissa pour participer à l’université de mon parti à La Rochelle.


Vendredi 28 août, à l’université d’été du NPA, (j’étais venu avec mon ami Jacques Girma, notre camarade imprimeur D&S de Toulouse, ancien responsable de Rotographie – lequel m’a servi de chauffeur dévoué pour me ramener de nuit à Toulouse où j’avais un train à 6 h) j’ai vraiment été très cordialement accueilli par des « anciens » (de la LCR) comme par des « nouveaux » (du NPA) par François Sabado, Alain Montaufray, Sandra demarcq et Olivier Besancenot. Cela m’a fait plaisir.

Alain Krivine, lui, m’a tout de suite demandé si j’étais là comme « inspecteur du travail » ou « PS ». Je n’ai pas compris le sens de la question au début. Je lui ai répondu que j’étais là parce que son organisation, le NPA, m’avait invitée, et je n’étais guère « dissociable » ni « découpable » mais je n’étais pas évidemment pas « missionné »  pour parler  « en tant qu’inspecteur » (ni là, ni ailleurs), on pouvait naturellement me présenter officiellement comme membre du CN du PS.

Bien sûr, on peut redire, en passant, quel est mon métier…  cela a été fait mille fois par des médias, sans me demander mon avis, et même quand j’avais demandé expressément de ne pas le faire. ( Mon DDTE m’a supprimé toute prime et me reproche chaque année, dans ma « notation » :  « continue à s’exprimer dans les médias » ; cela a été encore le cas en juin 2010).

Beaucoup savent qui je suis et que je suis membre du CN du PS.  Cela a souvent été répété, précisé, y compris dans cette série de meetings retraite, sauf peut-être, pour ne pas faire redondant, quand il y avait un autre orateur PS comme Razzy Hammadi ou Guillaume Bachelay, il y a eu 350 meetings depuis le 6 mai, sans protocole, j’ai pris ma part à l’origine de cette unité-là, j’ai été invité et me suis exprimé (en mai et juin) dans 42 meetings moi-même, et nous sommes tous assez conscients des modalités originales de cette dynamique unitaire pour ne pas créer des problèmes de susceptibilités secondaires.

Donc, je disais que j’ai passé toute l’a-m du 28 à Port-Leucate, avec beaucoup de vieux camarades, même au bord de la mer, en me baignant. Avec plaisir et sans souci. Et tous les intervenants ont ensuite dîné ensemble pour « caler » nos interventions respectives au meeting, du soir, qui se tenait sur la plage, (voir photos) avec une tramontane féroce, devant 1100 personnes : nous étions 12 orateurs, PC, Verts, PG, Sud, FSU, Conf paysanne, UNEF, ou Fase, Attac, Copernic, moi…  Olivier Besancenot concluait.

Présenté rapidement par Sandra Demarcq, quand ce fut mon tour de parler, comme « inspecteur du travail », j’ai d’abord dit au micro, que j’étais content d’être là, que je remerciais pour l’invitation, mais que bientôt je serai en retraite de l’inspection, le 23 décembre prochain, alors, j’ai blagué en disant qu’il resterait possible de me présenter comme membre d’Attac (je suis membre du CS) , et de Copernic (j’en suis l’un des fondateurs) ou comme militant syndical CGT (cela fait 43 ans que j’en suis membre), et comme membre du CN du PS (depuis 16 ans !)…

Le meeting a été très bon, combatif et unitaire de 21 h à 23 h  : Olivier Besancenot a conclu en soulignant l’importance vitale de l’unité de la gauche en défense de la retraite à 60 ans à taux plein…

Curieusement, Le Monde, par Sylvia Zappi, a osé préciser que « le PS » n’avait pas répondu ce soir-là à l’invitation du NPA, ce qui était une façon de nier ma présence, et/ou ma responsabilité CN du PS pourtant explicitement affichée en l’occurrence : si Zappi était  présente, elle m’a forcément entendu, elle n’est pas venue me voir… (Si c’était disons, Manuel Valls ou un autre qui parlait, elle aurait à coup sur dit que c’était le PS)… mais c’est une journaliste sans déontologie, ce n’est pas la première fois qu’elle fait des sales coups comme ça, d’autant plus malveillants qu’elle est bien informée, que c’est une « ancienne » de la Ligue, et que cela lui plait de semer ce genre de zizanie.

« Libération », par contre, a bien écrit que j’étais inspecteur du travail ET membre de la direction du PS, relatant, ce qui est vrai, que j’avais essuyé « quelques sifflets » lorsque j’avais donné cette précision, mais que j’avais ensuite fait rire l’assemblée et que j’avais été applaudi. (cf. Libé 29 août ci-dessous) Lorsque j’ai relaté cet incident et ce truquage de Zappi à mon camarade Benoit Hamon, à La Rochelle, il n’en revenait pas que cette journaliste ait encore pu faire cela…

Pourtant le PS, tous les soirs, pendant tout le printemps a participé partout dans les meetings unitaires autour de l’appel Attac Copernic (http://www.exigences-citoyennes-retraites.net). Les grands médias font le blocus là-dessus : ils n’aiment pas l’unité de toute la gauche dans les luttes. Ils n’aiment pas une tribune où il y a le PS et le NPA, le PCF, le PG et les Verts… La majorité de la grand presse étouffe ce phénomène. Pourtant cela a été un événement !  350 meetings, presque tous unitaires. Exceptionnel ! Quand cela n’est pas étouffé, les gros médias (pas la Presse Quotidienne Régionale) cherchent des subterfuges : ils me « gomment » par exemple ou « oublient » que Razzy Hammadi à parlé.. .

Vont-ils continuer à truquer la réalité, ainsi, tous les soirs en septembre (cf. mon agenda ci-dessous) ?  Même que le 8 septembre à l’Espace Montreuil, une salle de 2000 places, toute la gauche sera là, et pour la première fois Benoit Hamon, lui-même alors que je suis aussi sur l’affiche… Ou à Toulouse le 15 septembre, ou à Rennes ou Clermont-Ferrand…

« UMA » ( « Un monde d’avance », motion C du congrès de Reims, 20 % des voix, Henri Emmanuelli, Benoit Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, etc…) tient son université de rentrée les 17/18/19 septembre à Vieux-Boucau, (Landes) nous serons entre 1200 et 1500 et le dimanche matin (le 19 sept) et  nous tenons un meeting unitaire aussi sur les retraites avec toute la gauche. J’ai transmis notre invitation à Olivier Besancenot qui a consulté ses camarades, et a donné sa réponse positive, samedi 29 août au matin, pour venir, il y aura aussi Pierre Laurent qui a dit « oui ». Il y en aura bien d’autres mais sous réserve, car nous attendrons les réponses définitives, nous avons invité aussi le PG, JL Mélenchon (ou Martine Billard..)  les Verts, Cécile Duflot, ou Jean-Vincent Placé.. etc, Willy Pelletier et Jean-Marie Harribey, etc.. de façon à ce que toute la gauche mobilisée soit là. Cela sera bientôt annoncé quand la liste sera complète.

Je relate ces petits « détails » car sinon ceux qui sont attentifs ne comprendraient pas que j’ai fait en 72 h un tour de France, une nuit quasi blanche, et dépensé au moins 400 euros, pour avoir participé vendredi soir à un meeting où le Monde dit que je n’y étais pas, et revenir samedi à 11 h à la Rochelle, ou au dernier moment, je n’ai pas eu la parole. (Il avait été convenu, vu que je n’arrivais que le samedi que je pourrais parler un certain temps de la salle dans la plénière sur les questions sociales, mais le président de séance, Claude Bartolone a laissé les 8 orateurs déborder et il a clos sans donner… la parole à la salle..)

Heureusement au moins que les militants, eux, savent !

60 ans a taux plein, pas un an de plus, pas un euro de moins ! Tous le 7 sept en gréve et dans la rue.

Voilà en l’état mon agenda pour cette rentrée 2010 :

Vendredi 27 août : Port-Leucate NPA (1100 personnes)

Samedi 28 août : La Rochelle PS

Vendredi 3 septembre : meeting unitaire à Dax 40

Samedi 4 sept. 15h : meeting unitaire Fontenay-le-Comte 85

Lundi 6 septembre : premiers des « lundis retraite » au soleil

Mardi 7 septembre : grève intersyndicale

Mercredi 8 septembre : grand meeting unitaire parisien retraite espace Montreuil

Samedi dimanche 11/12 septembre : la fête de l’Humanité

Lundi 13 : deuxième des lundis retraite

Lundi 13 septembre : meeting unitaire Besançon (25)

Mardi 14 septembre : meeting unitaire Chartres (28)

Mercredi 15 septembre : meeting unitaire Toulouse (31)

Jeudi 16 septembre : meeting unitaire St Amand-Montrond (18)

Vendredi 17 puis samedi 18 dimanche 19 septembre : UMA Vieux Boucau Landes 40 : meeting unitaire dimanche 19 matin

Lundi 20 septembre : troisième des lundis retraite

Lundi 20 septembre : meeting unitaire Blois 49

Jeudi 23 septembre : Compiègne Oise 60

Vendredi 24 septembre : meeting unitaire Chaumont (10)

Lundi 27 septembre : quatrième des lundis retraite

Lundi 27 septembre : meeting unitaire Clermont-Ferrand

Mercredi 29 septembre : grève européenne CES

Porte les Valence fin novembre

Besancenot appelle la gauche à ne «pas trembler sur les retraites

Libération par  Lilian ALEMAGNA envoyé spécial à Port-Leucate

Le porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot à la tribune de la 2e université d’été du parti, le 27 août 2010. (AFP)

« Le vent de la révolte a sonné! ». Rentrée collective et concours de métaphores sous des bourrasques pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Pour leur meeting d’université d’été, les camarades d’Olivier Besancenot ont invité vendredi soir, à Port-Leucate (Aude), des représentants syndicaux, associatifs et politiques pour demander le retrait du projet de loi de la réforme des retraites qui doit être débattu à la rentrée à l’Assemblée nationale.

Objectif affiché par cette coalition mobilisée depuis mai par Attac et la Fondation Copernic: une « grève générale » dès le 7 septembre, journée de mobilisation, qui «doit devenir le jour où toute la société se saisit de ce débat sur les retraites », a lancé Jean-Marie Harribey, un des dirigeants d’Attac sous les hourras des 800 personnes présentes.

Le PS appelé à défendre les 60 ans

«Autour de la réforme sur les retraites, il y a beaucoup du rapport de force global entre les classes, entre les exploiteurs et les exploités qui se joue», a lancé Olivier Besancenot à ses troupes. Pour le porte-parole du NPA, pour qui «la stratégie d’éparpillement des luttes n’a que trop duré», «la situation ne sera pas la même si Sarkozy fait passer sa réforme ou si c’est le mouvement ouvrier qui parvient à la stopper». Devant les difficultés du gouvernement, Olivier Besancenot voit même la possibilité d’une «crise de régime». «On peut affaiblir le camp d’en face mais à condition que la gauche ne tremble pas», a poursuivi le double candidat à la présidentielle, appelant notamment le PS à défendre clairement la retraite à 60 ans. «Il faut du cran! Il faut réclamer, non pas la réécriture mais l’abrogation, le retrait du projet de loi Woerth!», a-t-il demandé sous les applaudissements. «Nous ne devons pas être la génération qui attendu de perdre sur les retraites.

« Union de la gauche anticapitaliste »

«Nous devons retrousser nos manches pour ouvrir un nouveau rapport de force», a plaidé pour sa part Eric Corbeaux, chargé des retraites au PCF. «Nous en avons marre d’être le pot de terre contre le pot de fer sur ce projet, s’est-il insurgé. Nous voulons prendre la main sur ce projet.» Proche de Jean-Luc Mélenchon, Eric Coquerel s’est dit certain de «gagner comme nous avons gagné sur le traité constitutionnel européen», appelant à « l’union de la gauche anticapitaliste » et la « révolution citoyenne ». « Ce gouvernement devra en tirer les conséquences car il n’aura plus la légitimité de gouverner ce pays », a conclu le responsable du Parti de Gauche. Seul participant à recevoir quelques sifflets – avant de se faire applaudir et amuser l’auditoire – Gérard Filoche, inspecteur du travail et membre de la direction du Parti socialiste, a défendu la retraite à 60 ans et appelé à l’unité de tout la gauche: «Je dis 60! pas 61, pas 62! A taux plein! », s’est-il exclamé. Willy Pelletier (Fondation Copernic) a lui prévenu qu’«on bloquera le pays s’il le faut». Et pour tenir le coup, Michel David de la Confédération paysanne a rassuré tout le monde: «Si vous décidez de faire la grève générale, nous allons vous nourrir pendant ce temps!»

Mediapart :

Le NPA mise sur la rentrée sociale pour se refaire une santé » (Médiapart.fr)

vendredi 27 août 2010

Au village vacances des Carrats, les 1.200 militants du NPA, réunis  pour leur université d’été dans le décor à la Miami Beach de  Port-Leucate, ont le sourire aux lèvres malgré leur récente gamelle aux  élections régionales (2, 5% contre 6, 9% pour le Front de gauche). «L’année a été très dure, reconnaît tout de même Rodolphe, un militant parisien de 27 ans. Il  y a eu quelques journées de grève qui n’ont pas abouti à un mouvement  fort, contrairement à 1995 et 2003, alors les nouveaux militants n’ont  pas vu tout de suite que la lutte, l’organisation, ça paie

Et des anticapitalistes sans mouvement social, «c’est un peu comme un poisson hors de l’eau», lance cet enseignant en lycée professionnel. «En réalité, pendant la crise, les gens ont la tête dans le guidon, ce qui n’est pas propice à de grandes mobilisations», soupire un autre militant parisien, Patrick, 38 ans.

«On pensait que la crise allait ouvrir un boulevard aux  anticapitalistes mais les gens ont surtout peur pour leur situation, et  ils se tournent vers des choses plus immédiates et possibles»,  analyse Pierre-François Grond, numéro deux du NPA. Traversé par de  multiples interrogations (questions de laïcité et de féminisme, de  l’alliance avec le Front de gauche, du rôle des militants au sein des  syndicats, de la représentation qu’Olivier Besancenot ne veut plus  incarner seul) après un an et demi d’existence, le parti espère se  refaire une santé. Grâce avant tout à une rentrée sociale «très riche et avec plein de possibilités pour une organisation comme le NPA», dit Margarita Alauzet, membre du comité politique national.

Il s’agit donc de surfer sur la mobilisation contre la réforme des  retraites du 7 septembre. Autant le NPA ferme la porte à toute alliance  électorale qui inclurait de près ou de loin un Front de gauche  «compromis» avec le PS, autant il veut brasser large côté mouvement  social.

Vendredi soir, le traditionnel discours de clôture d’Olivier  Besancenot (qui n’est arrivé que jeudi après-midi) a d’ailleurs été  remplacé par un meeting unitaire pour le retrait du projet de loi sur  les retraites, rassemblant des représentants des Verts, du parti de  gauche de Jean-Luc Mélenchon, du parti communiste, du PS (à travers un  Gérard Filoche sobrement présenté comme inspecteur du travail), de  divers syndicats (dont la CGT) ainsi que d’Attac. «L’idée est de rappeler que ce serait bien que les universités d’été à gauche ne regardent pas que 2012, explique Olivier Besancenot. Les  élections de 2012 n’auront pas le même visage si Sarkozy fait passer sa  réforme ou si le mouvement social et ouvrier réussit à la stopper.»

«Accélérer la crise politique et sociale»

«L’enjeu de la rentrée est de battre le gouvernement sur les retraites, avec l’unité d’action la plus large possible, dit François Sabado, qui fut membre du bureau politique de la Ligue pendant trente ans. S’il perd, ça changerait beaucoup de choses car ce serait notre première victoire depuis longtemps. Et nous allons tout faire pour accélérer la crise sociale et politique.» Et d’ajouter : «Avoir Woerth comme ministre pour régler les retraites est un vrai problème pour le gouvernement.»

Derrière lui, ce n’est pas l’affiche, qui représente Eric Woerth et Nicolas Sarkozy sur fond d’un billet de 500 euros («Dehors! Parce qu’ils ne valent rien!»), qui le contredira. Patrick, par ailleurs syndicaliste CGT dans la fonction publique de la Ville de Paris, en est lui aussi convaincu : «La priorité, c’est d’infliger une défaite sociale à Sarkozy et de redonner le moral aux gens, car, si on attend les présidentielles 2012, on va arriver groggy.»

Malgré les revers des européennes et des régionales, l’effet Besancenot joue toujours à plein pour les présidentielles, selon un sondage  <http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100825.OBS8963/exclusif-sondage-le-match-besancenot-melenchon.html> TNS-Sofres-Logica, publié le 26 août par Le Nouvel Obs. S’il rengainait ses doutes et rempilait une troisième fois, le postier obtiendrait de 7% des voix (avec Martine Aubry comme candidate socialiste) à 9% des voix (si c’est DSK). «C’est plutôt le PCF qui a un problème pour la présidentielle: soit il s’aligne sur Jean-Luc Mélenchon, soit sur Martine Aubry, soit il présente son candidat qui fera les mêmes scores que Marie-George Buffet, estime François Sabado en réponse à l’attaque <http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Pierre-Laurent-Le-NPA-est-dans-une-impasse-216155/>  du nouveau patron du PCF, Pierre Laurent, qui tient son université d’été à partir d’aujourd’hui dans les Landes et, selon qui, les choix politiques du NPA «l’ont mené dans une impasse».

Chez les militants projetés dans une réflexion sur «le socialisme du XXIe siècle», fil rouge des conférences, la question des élections semble presque accessoire. «Je suis plus attachée à la propagation de nos idées dans l’opinion qu’aux scores électoraux», explique Gisèle, 41 ans, venue du milieu altermondialiste. «Ce n’est pas notre terrain, avoir des élus n’est pas un but en soi», hausse des épaules Rodolphe.

«Reprendre à zéro des débats difficiles»

Les questions de cuisine interne (organiser un porte-parolat collectif pour soulager Olivier Besancenot, décider de «critères de représentativité des candidats NPA», c’est-à-dire la question du voile,  etc.) ont été renvoyées au congrès de novembre. «La direction qui sortira du congrès élira en son sein des portes-paroles», détaille Olivier Besancenot, qui a trouvé les tribunes collectives des régionales «vachement plus enthousiasmantes» et voit dans un porte-parolat collectif «une façon de corriger le tir par rapport à ce qu’on est vraiment», comprendre un parti luttant contre la personnalisation du pouvoir.  Mais pour les historiques de la Ligue, un coup d’œil sur le public très divers qui circule entre les chapiteaux et la plage suffit à se rassurer.

«Il y a une réalité politique et sociale qui dépasse largement celle de la LCR», se réjouit François Sabado. Au sein du comité politique national, Margareta Alauzet, membre de la commission quartiers populaires et arrivée avec la création du NPA, assure avoir du mal à deviner «qui venait ou pas de la LCR». «Le clivage me paraît fallacieux car la page a été tournée très vite, dit cette jeune prof d’histoire-géo à Marseille. S’il reste des nostalgies, c’est plutôt au niveau local.»

Sur les 9.000 adhérents enregistrés lors de la création du NPA, 7.000 à 7.500 sont toujours présents. Un chiffre qui n’a pas bougé depuis un an selon Pierre-François Grond. «Tout le mouvement altermondialiste, anarchiste, etc., qui est entré a donné une bouffée d’oxygène», salue Sandrine, 31 ans, qui militait à la Ligue depuis 2003. «Mais ça rend aussi la ligne directrice plus difficile à construire», souligne Solange, ancienne instit de 58 ans, entrée au NPA à sa création après avoir longtemps flirté avec la LCR.

Certains ont l’impression d’une précipitation non maîtrisée. «Il faut qu’on reprenne à zéro des débats difficiles que nous n’avons pas eu le temps de mener, car nous nous sommes tout de suite trouvés embringués dans des échéances électorales qu’on ne contrôlait pas», regrette Antoine, 30 ans, militant à la Ligue depuis 1995. Avec de vrais clashs comme, dans le Vaucluse, sur la candidature aux régionales d’une militante NPA portant un voile, ce qui a provoqué une séparation des comités locaux.

«Mais, malgré ce “chaos créateur” (selon la formule <http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120210/le-npa-le-foulard-et-l-emancipation-avec-ilham-moussaid>  d’un autre militant), les envies NPA, contradictoires peut-être, persistent, remarque Jacques Fortin, militant avignonnais et historique de la LCR. Donc le projet NPA, tel qu’on l’avait tenté, est difficile, mais il est là.»  Et il joue gros, pariant sur un rentrée sociale dont il présentera ce soir le premier acte avec le meeting contre la réforme des retraites.

Par Louise Fessard.

Entre 60 et 62 ans, on ne fait pas joujou..

Daniel Cohn-Bendit ironise sur la différence entre 60 et 62 ans au travail. Il n’a jamais vu un ouvrier carreleur à genoux, ni une femme de service poussant son chariot, ni une serveuse et ses phlébites à répétition, il n’a pas idée d’une rentrée des classes pour un instituteur de 62 ans, ni comment vivrait chaque jour une infirmière qui court dans les couloirs de l’hôpital dans sa 63 ° année.
DCB dit que c’est une question de « marqueur » pour ceux qui veulent se distinguer sur les estrades entre Corinne Lepage et Jean Vincent Placé.
Ce n’est pas lui qui travaille de nuit, ni “posté” en trois-huit. Il ne pense ni aux chauffeurs, ni aux nettoyeurs, ni aux ouvriers agricoles, ni à ces 12 millions de salariés qui gagnent moins de 1450 euros par mois en souffrant au travail et qui comptent sur leur droit à la retraite.
DCB est aussi favorable à un Smic-jeune, à la privatisation de la Poste, et pour le travail du dimanche : chacun de ces sujets n’est sûrement pas un “marqueur” entre “réformistes” ou “révolutionnaires”, entre socialistes et “anticapitalistes” mais c’en est un entre une société de justice sociale et une société d’exploitation sans vergogne.
DCB n’a pas idée de l’importance des plus belles années de la retraite entre 60 et 65 ans après 40 ans de labeur. Ceux qui ont souffert au travail savent le bonheur de ces quelques années de repos en bonne santé.
Daniel Cohn-Bendit fait joujou entre “révolutionnaire” et “réactionnaire” au détriment du droit à la retraite, comme si cela n’avait pas un sens pour des millions de salariés souvent épuisés, inaptes, malades ou licenciés vers 55 ans.
Et les jeunes qui n’ont pas de boulot savent aussi ce que c’est que d’en attendre pendant 2 ou 3 ans de trop entre 25 et 29 ans… Ce qui serait pire en allongeant la durée du travail jusqu’à 62 ans, âge légal et surtout 67 ans, âge de la retraite à taux plein.
DCB ne sait-il pas qu’en Allemagne aujourd’hui il faut 35 annuités pour prendre sa retraite…  Ce serait un bon “marqueur” que de dire cette vérité-là, plutôt que de contribuer à ouvrir, à la veille de la grande démonstration unitaire de toute la gauche et de tous les syndicats, le 7 septembre,  un champ d’incertitude entre la retraite à 60 ans, un acquis social vital, et la retraite à 62 ans avec 42 annuités telle que Sarkozy veut l’imposer pour le compte de ses amis de la finance.
DCB nous dira sans doute que ce n’est pas non plus un “marqueur” d’exiger une retraite à taux plein à 60 ans, 75 % de reversement, calculée sur 10 ans ou sur les 6 derniers mois, indexée sur les salaires, sans retraite inférieure au Smic. Pour lui, ce sont des détails et sous prétexte de ne pas être “anticapitaliste”, ce sont des détails qu’il faut laisser de côté pour gagner des électeurs du Modem, c’est-à-dire vers la droite : mais ce serait ainsi que la gauche perdrait des millions d’électeurs de gauche qui ne votent plus, hélas, parce qu’on ne s’intéresse plus à ces “détails”, 35 h, 60 ans, ou 1600 euros, qui pour eux sont essentiels.

Le menuisier et la poussière de bois :

Dans le bas de l’escalier de l’immeuble de la rue de la Paix où je viens visiter une des grandes bijouteries de luxe, il y a de poussière partout, d’ailleurs cela me prend à la gorge et me fait tousser. Un homme, jeune, une trentaine d’années ponce d’immenses panneaux de bois, lui-même est couvert de poussière de bois claire, il en a sur les cheveux, jusque sur les sourcils, dans les oreilles. Il décape toute l’entrée, les moulures seront déposées et reposées, tout sera repeint. Ce sera magnifique.

Mais pour l’heure, l’homme n’a pas de masque, pas d’aspiration à la source de sa ponceuse, il transpire, halète sous l’effort, il en prend plein les poumons. Bien entendu, c’est un immigré – qui se révélera Kurde quand je lui poserai la question. Il me présentera une autorisation de travail datée, bien froissée, toute tâchée de sueur. Justement son patron arrive, un Kurde lui aussi. Je leur demande pourquoi il n’a pas de protection, ils me regardent tous les deux, en fait ils n’y ont jamais pensé, font des gestes d’impuissance, n’en ont pas, cela leur semble même impensable comme problème.

Ils sont deux dans leur entreprise et ce sont deux frères, ils doivent ramer toute leur journée, très difficilement, pour survivre et pour trouver quelques « marchés » comme ceux-là. Alors quand ils ont un boulot, ils le font vite et sans rechigner, leur santé est le cadet de leur souci. Leur donneur d’ordre doit être un gérant richissime de l’immeuble qui a sûrement dû les prendre au plus bas prix. Ils viennent d’une lointaine banlieue pour redorer le hall de la plus grande rue du Monopoly.

Que leur dire ? Je me suis présenté comme inspecteur du travail, ils se regardent, ils me craignent, à tort. Je lui demande s’il est menuisier, il hausse les épaules, et avec un fort accent, difficile à comprendre : « - Oui, ça et bien d’aut’s choses ». J’explique qu’il lui faut se protéger : ça, il entend, ça le fait sourire, gravement d’ailleurs, mais son regard reste sceptique. Je dis «  – Cancer ! »

« Cancer, oui, c’est le cancer qui attaque les menuisiers, cancer de la gorge et des sinus, la poussière de bois, c’est cancérigène ». Je le sais, mon père, René Filoche, menuisier sédentaire, quand il y en avait encore, à la SNCF, est décédé d’un cancer de la gorge, toute sa vie, il avait respiré sans protection, de la poussière de bois.

Les deux frères kurdes se regardent : qu’est-ce qu’ils ont à faire avec le cancer, pour l’heure c’est l’assiette du soir qui les motive. L’un me remercie, dubitatif. Je fais un signe avec ma main : un masque. Un masque au moins sur le nez. Mais serait-ce suffisant ? les EPI (Equipements de protection individuels) c’est rarement la meilleure solution. C’est comme en droit du travail, il vaut mieux des solutions collectives. Un aspirateur lié à la ponceuse ? A la source ? Mais ils n’ont que cette ponceuse-là et il faut qu’ils finissent dans la journée, ils ne vont pas rechercher un matériel improbable en Seine et Marne. Pas le choix.

Je regarde la main du menuisier : il a deux doigts raides visiblement accidentés. Cela me tire une bouffée que je réprime vite :  mon père était rentré, blessé un soir à la maison, je m’en souviens encore, il sortait de l’hôpital, la lame du rabot avait rebiqué sur la meule et lui avait coupé deux tendons de la main, la chirurgie réparatrice étant limité pour un ouvrier des années 50, il en avait gardé la trace toute sa vie, avec le major et l’auriculaire qui ne pouvaient plus se plier que très légèrement.  Je fais un signe à l’ouvrier kurde, en montrant sa main, et je l’interroge du menton : il me fait un bon sourire et me marmonne une explication avec une gestuelle : «  – Meule, meule, ciseau, accident, coupé, coupé, là, coupé… »

Gérard Filoche

Travail pénible et bonheur

« Au boulot » n° 6 : la rubrique de Siné Hebdo continue dans l’Humanité Dimanche. Ici le 5 août 2010.

Tripalium et bonheur

Au hasard d’une émission de France inter, sur la pénibilité au travail et les retraites (« Ca vous dérange » avec Philippe Bertrand, le 26 juillet) deux questions fondamentales ont été posées par des auditeurs. « Le travail n’est-il pas source d’émancipation ? » puisque tant et tant de jeunes n’ont que l’espoir d’en trouver pour s’en sortir ?  Ce n’est pas la jeune caissière Casino de Sainte Marie la Mer, embauchée pour les trois mois d’été seulement, qui dira le contraire : « - Malheureusement, ils ne veulent pas me faire travailler plus longtemps ». Elle n’a pas d’autre horizon que de manier avec ses poignets, entre le tapis roulant et sa caisse, une ou deux tonnes de marchandises chaque jour. Bien sûr qu’elle veut « travailler plus » ! Si elle était en CDI à temps plein, son rêve, elle serait plus sûrement victime de TMS (troubles musculo-squelettiques) mais elle pourrait avoir un vrai salaire donc un foyer et un jour une retraite. On ne peut survivre dans l’actuelle société sans aspirer à se faire exploiter, particulièrement si l’on veut se libérer du temps pour soi. Le bonheur en dépend. Pour échapper au travail, temps de supplice, tripalium, il faut le subir et le dépasser.

La deuxième question était : « Y a t il des métiers qui ne sont pas pénibles ? ». Sans doute 10 à 15 % des salariés se sentent-ils « heureux » au travail, épanouis dans ce qu’ils font, ils vont gaiement « bosser ». Et sans doute, 80 à 85 %  finissent-ils par se reconnaître dans leurs tâches, voire les aimer, même les moins valorisantes. Mais tous veulent augmenter leur salaire pour « faire autre chose ».

N’ayant que sa force de travail à vendre, le salariat, 92 % de la population active, s’efforce de le faire au meilleur prix, dans les conditions les moins pénibles, bien forcé de s’en accommoder idéologiquement. Oui, celui qui a contribué à bâtir le viaduc de Millau ressent une fierté, même s‘il y a eu, proches de lui, des compagnons morts au travail. Le menuisier vante ses meubles contournés. Le sidérurgiste vante ses rails d’acier rougeoyants. Mon ami l’ouvrier sertisseur de la rue de la Paix, taille des diamants splendides et monte des parures magnifiques pour les riches : il gagne aisément entre 4000 et 6000 euros, même s’il est engoncé dans son bas fauteuil de cuir, entre le bec de son chalumeau, la grosse loupe dans son œil et le nez sur une plaque ignifugée qui se révèlera composée d’amiante. Mais son rêve reste de partir faire le tour du monde à vélo, il veut se sortir du « lien de subordination juridique permanent » qui caractérise le contrat de travail. Ainsi, les retraités qui veulent, avant d’être « fichus », bénéficier d’un « salaire continué » pour « faire enfin autre chose » : créer, voyager, animer, découvrir, et s’émanciper de tout ce que le travail aliéné ne leur a, si longtemps, pas permis de faire. Les plus belles années de la retraite en bonne santé, entre 60 et 65 ans, ne sont pas pénibles.

Fielleux Fillon : principe de défaveur

« Au boulot » n° 5 : nouvelle série, la rubrique de Siné Hebdo continue dans l’Humanité Dimanche. ici le 22 juillet 2010


Fielleux Fillon

Comment peut-on soumettre des salariés comme ceux de General Motors à pareil chantage ? Soit vous travaillez en France pour le coût des Mexicains, soit on vous met à la porte ? Acceptez une baisse de salaire, acceptez de perdre vos congés payés, acceptez que les heures supplémentaires ne soient plus payées…sinon « au boulot », c’est fini.

Normalement, c’est la possibilité même d’un tel chantage qui devrait être interdite par le droit du travail au nom de l’ordre public social. En effet, la négociation annuelle (NAO) des salaires et des conditions de travail est obligatoire et aucun employeur ne devrait pouvoir imposer  une disposition contraire à la loi en bloquant les salaires sur plusieurs années.

Les 35 h sont d’ordre public social, 100 % des salariés dépendent d’une durée légale hebdomadaire à 35 h. C’est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, au point que toute attaque contre les 35 h est en fait une attaque contre les salaires puisque son seul résultat concret est d’en supprimer la majoration. Les majorations des heures supplémentaires sont « d’ordre public social » fixées à 25 %, de 50 % ou de 100 % selon les cas… L’ordre public social, ce sont les lois de la République qui s’imposent au marché. Le droit du travail est normalement constitutif du fameux « droit de la concurrence ». La prétendue formalité d’un « referendum » proposant aux salariés, par chantage, de renoncer à l’ordre public social est un non-sens : s’il y a un droit, il doit l’être pour tous et doit protéger y compris les salariés contre eux-mêmes, contre leur état de faiblesse.

Alors comment est-ce devenu possible ?

Notamment à cause de la loi Fillon du 4 mai 2004, une des plus scélérates des huit dernières années dans la destruction du Code du travail. Elle remet en cause ce qu’on appelait le « principe de faveur » et la hiérarchie des sources du droit du travail.  Le « principe de faveur » intervenait lorsqu’il y avait plusieurs sources de droit : entre la loi et un accord collectif, on retenait ce qui était le plus favorable au salarié. Ainsi l’ordre public social se diffusait comme source de progrès, il était impossible de « déroger » à ce qui était le plus avantageux pour les travailleurs. La hiérarchie des textes se déclinait depuis les lois, les accords interprofessionnels, les accords de branche jusqu’aux accords d’entreprise qui ne pouvaient être plus négatifs que les lois républicaines. Ce qu’a permis le fielleux Fillon, c’est de renverser cet ordre-là et d’autoriser les « dérogations » défavorables : un accord d’entreprise peut déroger à un accord de branche qui peut déroger à un accord interprofessionnel qui peut déroger à une loi, dès lors que celle-ci le prévoit. Ce qui est acquis au plus haut niveau peut être rogné au niveau le plus bas, là où le rapport de forces syndical est plus faible. Confirmé par la loi Bertrand en 2008, cela permet par exemple, de faire travailler plus en gagnant moins en ne majorant plus les heures supplémentaires. Abrogez aussi cette loi Fillon-là !

Le Medef fait pression pour que l’Assemblée ne vote pas en faveur d’une représentation syndicale dans les TPE

« Au boulot » n°4 : la rubrique de Siné Hebdo continue dans l’Humanité Dimanche. Ici le 15 juillet

« Pas de syndicats chez moi » ?

Il y a dans notre pays, un million d’entreprises de 1 à 10, les TPE, qui font travailler environ 3,4 millions de salariés. C’est là qu’il y a les durées du travail les plus longues, les salaires les plus bas, le plus grand nombre d’heures supplémentaires non déclarées, le plus de travail dissimulé, le plus gros nombre d’accidents et de maladies professionnelles, les conventions collectives les plus faibles, pas de délégués du personnel ni de syndicat. Si on prend en compte les entreprises de moins de 20 salariés, on estime qu’elles concernent 5 millions de salariés. Précisons que 97 % des entreprises ont moins de 50 et font travailler un salarié sur deux, soit 8 millions. Il n’est prévu juridiquement des délégués du personnel qu’à partir de 11 et des comités d’entreprises qu’à partir de 50. Souvent, et c’est le cas dans le bâtiment, la restauration, la confection, le nettoyage, ou les boîtes de production audiovisuelles, ces entreprises sont le fruit « d’externalisations » artificielles et elles ne dépendent que d’un seul donneur d’ordre. Il y est  quasi impossible, pour les salariés de se faire représenter et de s’y défendre.

Un seul droit a été créé par la gauche, les « conseillers du salarié ». Ce sont des « conseillers », en trop petit nombre, dont la liste est établie sur proposition des organisations syndicales, agréée par le Préfet, et disponible auprès des Mairies ou de l’inspection du travail. Tout employeur qui entreprend de licencier, doit avertir le salarié dans sa lettre de convocation à l’entretien préalable, que celui-ci peut se faire assister par un de ces « conseillers ». Une intervention qui peut parfois éviter que vous vous fassiez jeter comme un chien, par un petit patron excédé (1).

On aimerait que ce droit soit élargi : que les conseillers soient plus nombreux, disposent de crédits d’heures plus importants, qu’un numéro vert affiché dans l’entreprise permette de les joindre et qu’ils aient la possibilité d’intervenir aussi, sur demande des salariés, pour le respect des conventions collectives.

Mais imaginer cela est quasi criminel aux yeux du Medef et de la Cg-Pme. Alors que ces organisations patronales s’étaient engagées à négocier des formes de représentativité et d’expression des syndicats dans les TPE et que le gouvernement (Woerth ministre du travail, encore lui, en l’occurrence) s’était engagé à légiférer dans ce sens, elles ont fait un lobbying auprès de l’UMP pour faire repousser la loi au Sénat puis à l’Assemblée en plein été. « Pas de syndicat chez moi » affichaient les petits patrons récemment, devant Sarkozy lui-même, qui ne pipa mot. « Dialogue social dans les TPE, une fausse bonne idée » s’écrie Mme Parisot.

Trahison de la parole donnée, esprit du XIXe siècle, d’avant l’état de droit dans les entreprises, rien de surprenant chez ces gens-là, mais raison de plus pour ne pas les laisser faire.

Gérard Filoche

1) lire « 100 licenciements » de Didier Schneider, conseiller du salarié, 20 euros, Editions négatif

Arros et les 10 000 usés

« Au boulot » n°3  la rubrique de Siné Hebdo continue dans L’Humanité Dimanche du 17 juillet

Arros et les 10 000 usés

Un grand magazine publie un  reportage sur l’île d’Arros possédée dans les Seychelles par Mme Bettencourt et raconte qu’au cours de ses quatre séjours annuels, en plus de ses proches, de sa coiffeuse et de ses 17 domestiques locaux, elle emmenait son médecin urgentiste personnel, et qu’elle avait fait aménager la piste d’atterrissage de nuit en cas de souci de santé. Ca, c’est de la prévention !

Mais pour que cette milliardaire dispose de tant de moyens, il fallait bien qu’elle les prennent à d’autres : alors elle s’est payée des hommes politiques dont le job était de baisser ses impôts tout en pressurant le petit peuple, tiens par exemple, en supprimant les médecins du travail. Car pendant les tirades « outrées » de Woerth et les défenses « abracadabrantesques » de Sarkozy, la casse sociale continue. Mme Parisot, ré-élue chef du Medef voudrait – contre l’avis de 8 syndicats sur 8 -  en finir avec les visites médicales préventives liées à la santé au travail :  une fois tous les trois ou quatre ans, suffirait et seulement dans les secteurs dits « à risques », il y aurait des « Intervenants en santé au travail » en lieu et place de médecins, ces derniers ne seraient même pas protégés.

Déjà que la médecine du travail n’était pas indépendante, que sa fonction avait été réduite en même temps que ses effectifs et ses moyens, le Medef se propose donc de l’achever, carrément. Ce qui a un goût particulier lorsque M Woerth, le ministre visiteur du soir et mari de l’ex-employée de Bettencourt, se propose, refusant toute négociation de droit collectif par branche de métiers, de soumettre l’examen de la pénibilité au travail, « au cas par cas » à des « commissions tripartites patronat-médecine du travail et syndicats » pour sélectionner les quasi invalides qui pourront, de façon anticipée, aller du boulot au tombeau. M. Woerth a décidé dans son projet de loi pour piller nos retraites qu’il n’y en aurait pas plus de 10 000 par an. Les places seront chères pour ces « usés » au boulot avant le nouvel âge légal, 62 ans ou l’âge du taux plein, 67 ans : il faudra 20 % d’incapacité. Pauvre ouvrier du bâtiment dont les poumons ne seront remplis qu’à 18 % de poussière : il ne partira qu’en corbillard.

C’est pourquoi 1100  acteurs de la santé au travail, 550 médecins du travail et 550 inspecteurs et contrôleurs du travail ont lancé un « appel » très unitaire, déjà signé par  20 000 syndicalistes pour défendre la belle médecine du travail de prévention, indépendante créée en 1946. Sur cette base, ils viennent de publier une lettre ouverte au Ministre du travail, où ils demandent à être reçu : « Le comble du cynisme serait de coupler l’annihilation d’une  prévention indépendante du patronat, seule garante de l’efficacité, au détournement de l’activité des médecins du travail à des fins de tri et de sélection des salariés comme cela est prévu dans la réforme des retraites. » Site dédié : http://non-mort-médecine-travail.net

Gérard Filoche

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