Dans l’intérêt de l’unité le 6 mai : débattre encore PS et toute la gauche :

De nombreux commentaires sur ce blog, sur le site de D&S, sur face book et sur tweet  appellent réponses.

Echange sur face book :  Reçu ça du PG 34 :    « Dans le principe c’est vrai qu’on préférerait sûrement pour une majorité ne pas revoir Sarkozy et surtout [!] ne pas avoir Le Pen au second mais… » « Peut-on encore parler de parti de « gauche » pour le parti socialiste ? »  « François Hollande n’a de gauche que sa démarche politique [sic] » avec les turpitudes de son origine de classe… et de sa fortune…

Réponse GF : Je suis surpris de l’évolution de camarades qui étaient au Parti socialiste hier avec des arguments théoriques et pratiques que nous utilisons encore avec mes amis de la gauche socialiste, de D&S. Pourquoi, depuis qu’ils ont changé d’avis, depuis le 6 novembre 2008, (ce qui est leur plein droit) nous « cartonnent »-ils  avec une violence inouïe parce que nous continuons à faire… ce qu’ils faisaient avec nous il y a peu de temps encore. Respect SVP de tous côtés et unité.

Autre réponse NP : Que cherchez vous à la fin? Que l’on s’excuse pour le PG 34 qui a dit ce qu’il pense et ressent profondément? Le PG n’est pas constitué entièrement de gens qui étaient au PS. Je sais, j’ai failli y aller…. Si c’est des excuses que vous voulez, demandez les au PG 31 et cessez de sous-entendre des amalgames. Vu le nombre de personnes au PG qui est un parti jeune, il se peut qu’il ne s’agisse que d’une 10aine de personnes. Rien à voir avec les centaines d’insultes que j’ai reçu en me pointant sur le forum du PS, il y a une dizaine d’années en ayant le malheur de dire que j’étais proche du NPA. Je ne vous demande pas d’excuses pour autant, je n’en tiens pas pour autant rigueur aux militants du PS ni à mes connaissances ou amis qui sont proches de ce parti. Je vous le dis tout net, vous utilisez là une méthode que vous devriez réprouver et bien peu sur ce message sont dupes. En tant que responsable politique et militant aguerri, vous auriez bien pu passer sur l’évènement, vous en avez vu d’autres. Vous cherchez ici à utiliser l’évènement sciemment et la seule conclusion qui s’impose est qu’après avoir tenté d’utiliser l’argument du vote de classe, vous tentez maintenant de créer des conflits ou d’attiser des tensions entre partis en faisant appel aux sentiments de groupe naturel et en espérant que l’esprit de généralisation abusif fasse le reste. Un brun de provocation en plus et vous parviendrez peut-être à vos fins. Mais pour ma part, Monsieur, je veux croire que mon analyse est fausse, car je sais que vous valez bien plus que cela, que vous êtes capable de supporter les insultes, les insinuations ou indignations, de ne pas en faire étalage, de calmer le jeu et d’enfin parler du fond et de ce que nous pourrions construire ensemble plutôt que de mettre de l’huile sur le feu et utiliser des bas instincts bien sordides. Je serai ravi de discuter du fond et du programme du PS, du Fdg et des autres avec vous et les militants PS et tous ceux qui le voudront. J’espère que ce n’est là qu’une faiblesse bien humaine et excusable due au stress et à l’exaspération que vous nous laissez entrevoir. Bien à vous monsieur, merci pour tout ce que vous fîtes et ce que vous ferez pour favoriser le débat serein à gauche qui seul aurait, je suis sûr que vous en êtes convaincu, une chance de créer les conditions d’une union.

Débattre encore sur le PS et la gauche :

GF : – Mais je ne demande aucune sorte d’excuse à personne. Je ne cherche à créer aucune « tension » ni surtout aucune division. Unité. Je suis pour l’unité de TOUTE la gauche. Tout va bien. Calme ! Mais c’est ainsi : il y a débat pour y arriver. Vous le reconnaissez, le PG est récent et divers, il s’agit d’une dizaine de personnes peut-être. Bien, mais moi, ce site en témoigne, face book ou tweet, ou sur mon blog, je reçois de partout inlassablement (à mes yeux de façon exagérée) des centaines de messages, (vérifiables, lisibles par tous sur tous les sites) de nombreux camarades PG qui, dans leur enthousiasme sans doute je veux bien le croire, se trompent sur la nature du PS. Et qui m’insultent ou polémiquent absurdement avec D&S, avec la gauche socialiste, au lieu de débattre sur le fond, de préparer nos retrouvailles nécessaires et dynamiques le 6 mai.

Je dis bien qu’ils se trompent sur la « nature de classe » du PS. Ils peuvent penser du mal de la politique concrète de la direction actuelle de ce parti  : après tout j’en pense aussi sur certains points, bien que j’en sois membre ! Mais autre chose est de penser que ce parti est  soit un ennemi soit représente la classe adverse.

Si j’appelle à l’unité c’est parce je pense que 8 partis (au moins) sont de gauche dans ce pays, et je sais que chacun d’eux croit être le meilleur, ce qui est normal. Si chacun de nous appartient à un parti c’est parce qu’il croit que c’est là qu’il est le plus efficace. Moi je crois que c’est au PS. Vous, vous croyez maintenant que c’est au PG. Bon, je ne vous le reproche jamais, mais faites pareil. Il ne faut pas nous invectiver à ce sujet cela n’a aucun sens, on ne se forcera pas à changer, hein ?

Il vaut mieux respecter les motivations de chacun et voir ce que, en dépit de nos appartenances différentes, on peut faire en commun. (par exemple pour 35, 60, 1700, 20)

Ce qui est dur à supporter (mais rassurez vous, je le supporte, je suis inébranlable en la matière) ce sont ces attaques qui disent  » si vous êtes au PS, vous êtes traîtres » ou « quittez le PS » ou « le PS n’est pas de gauche ».  C’est faux, pas très fraternel et ça fatigue. J’ai le droit de répondre que la part de militants qui y étaient encore hier, c’est un peu un zèle néophyte, non ?

Si ce parti est « traître », alors pourquoi ceux qui le disent ou le découvrent, y sont-ils restés si… longtemps ? Si ce parti a changé de nature de classe quand cela est-il arrivé ?  À quel moment ? Quelle est la preuve grave de cette rupture historique ?  S’il est traître pourquoi a t il encore tant d’audience ?  Pourquoi François Hollande est il encore le candidat le mieux placé pour chasser Sarkozy ?

Si ce parti est « traître », ou pas à gauche, comment envisager de s’allier avec lui demain ? Si ce parti est « traître » ou hors de sa classe, du salariat, comment percevoir les 3 millions de sympathisants de gauche qui sont venus voter lors des primaires pour désigner son candidat ? Comment peut-il y avoir 17 à 20 millions d’électeurs qui votent pour ce parti « pas à gauche »  ? (N’est-ce pas désespérant ?)

Que dire de la direction de la CFDT qui supporte plutôt la majorité actuelle de ce parti ? (Que la CFDT ne serait pas un syndicat comme l’avancent certains ? Mais alors pourquoi au congrès de juin 2010 de la CFDT, entre 40 et 60 % de ses militants exigeaient la retraite à 60 ans à taux plein ?) ) Comment un parti « traître » ou qui ne serait pas de gauche existe t il depuis un siècle à gauche en France ?  Pourquoi des millions d’électeurs resteraient-ils aveugles (ou trompés ?) à son égard ?

Comment expliquer sa continuité organisationnelle historique, la continuité de ses références programmatiques au socialisme (le PS s’y situe lui-même unanimement « dans la continuité de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Libération, de Mai 68 »…et il y défend une « économie mixte »  Cf. sa déclaration de principes fondamentaux adoptée sous la houlette de François Hollande, en juillet 2008…). Comment expliquer ses liens avec les syndicats, sa place dans les luttes, encore récemment, de nov-déc 95 au CPE aux retraites en 2003 ou 2010  ?

Ça ne sert à rien, c’est même gravement négatif d’affirmer que le PS n’est pas de gauche, car ça rend impossible l’unité. Le PS est de gauche, c’est même le plus grand parti de la gauche quoique vous en pensiez. Il y a seulement plusieurs formes organisées de la gauche et il ne faut pas prétendre qu’il n’y en a qu’une, c’est ça qui serait sectaire…

Encore et encore sur la nature de classe du PS :

Tout parti a une « nature de classe ». A ne pas confondre avec sa ligne politique. Parti républicain et parti democrate aux USa sont tous deux des « partis bourgeois » aucun des deux n’est le produit du mouvement ouvrier, ni situé a gauche. Ce n’est pas le cas en France, il y a deux camps : la droite est composée de l’UMP, d l’UDF, du FN. La gauche est composée du PS, du PCF, et d’autres partis, EELV, PG, MRC, NPA, LO… Un parti s’analyse au moins selon cinq critères : sa genèse historique et origine de classe, sa continuité organisationnelle et programmatique, ses liens avec le salariat, ses liens avec les syndicats, sa place dans les luttes sociales. Du point de vue de ces critères, la nature de classe du PS est hors de doute. Tenez, lisez le livre fait et édité par le PS lui même lors de son centenaire 1905-2005. (Lire aussi « Mai 68 histoire sans fin » qui est aussi le récit d’une expérimentation militante sur 30 ans entre 1964 et 1994 a propos de cette question).

Des camarades venus du PS, qui y ont milité sincèrement de longues années sont devenus parfois, les plus hostiles à ce parti. On peut comprendre leurs impulsions, mais il reste nécessaire d’éduquer, de préciser, de d’analyser la situation concrète.

Ils ont droit de changer d’avis, je ne les conteste pas… Mais pas forcément de sauter de l’autre côté du cheval. Pourquoi tomber dans un excès inverse ? Car on peut vouloir adopter une autre stratégie sans tomber dans l’erreur de manquer complètement d’analyse à propos de l’ancienne au sein du PS. Croire qu’il vaut mieux agir hors du PS pour « peser » n’implique pas forcément que ce parti à changé de nature (quand, comment ?) ou qu’on s’est trompé sur la nature de ce grand parti… de gauche. Et dès lors, il vaut mieux respecter ceux qui continuent…non ?

Le PS, écrit un interlocuteur, ne serait pas « le parti de la classe ouvrière ». Certes d’ailleurs aucun parti n’a représenté jusque-là, à lui seul, la classe ouvrière ». D’abord il vaut mieux dire à ce jour, le « salariat » c’est une meilleure expression que « classe ouvrière » (vu qu’il y a 6 millions d’ouvriers dont 2 millions d’industrie sur 23 millions de salariés actifs et…  (lire « Salariés si vous saviez… » Ed. La Découverte)

Ensuite, le mot « représente » est en effet discutable : il y au moins 8 partis de gauche qui prétendent « représenter » le salariat : sans doute une partie de tous le « représente »… Le salariat est à la fois unique et divers… Il n’y a qu’un salariat, il ne devrait y avoir qu’un parti. Il n’y a pas « deux gauches » de nature différente ? Réforme et révolution ne s’opposent pas. Mais il n’y a pas non plus « unité de pensée », il y a des courants, des sensibilités diverses. Démocratie ! Il faut accepter de reconnaître les sensibilités qui existant dans la gauche… et dans chaque parti, y compris le PGbien sûr. On pourrait être tous dans le même parti.

Je comprends (sans les approuver) ceux du PS qui ont rompu avec l’idée qu’il faut « peser » en priorité au sein du PS, Mais qu’ils ne « cartonnent » pas violemment et de façon obstinée, en priorité, ceux qui, comme D&S, la défende toujours.  Ainsi il y a aussi 8 syndicats : tous sont représentés dans les 8 partis de gauche et tous aussi sont représentés dans le PS. Même si parfois la direction de la CFDT parait avoir plus d’influence dans la direction du PS, elle n’est pas seule, la CGT fut parfois applaudie davantage (lors du congrès de Dijon de mai 2003) lorsque François Hollande appela à une retraite à 60 ans à taux plein

C’est en reliant le PS au mouvement syndical réel, tel qu’il est en France, qu’on le comprend le mieux, y compris dans sa diversité : par exemple le débat sur les retraites en son sein reflète le débat réel au sein du mouvement syndical. Ainsi, je suis socialiste et j’appelle au meeting de la CGT le 31 janvier pour une retraite à 60 ans à taux plein et non seulement je ne suis pas isolé mais  s’il y avait une consultation démocratique, je serais majoritaire aussi bien dans le PS qu’à gauche.

Il existe une réelle majorité au sein de la gauche, pour les 35 h, les 60 ans, un Smic à 1700 euros, pas de salaire au-dessus de 20 Smic ! Bataillons pour faire triompher ces points que nous avons en commun au-dessus nos partis plutôt que de risquer de les faire échouer en opposant nos partis entre eux.

 

Tous au meeting du 31 janvier pour le retour à une vraie retraite à 60 ans, avec la CGT

Bernard Thibault: « meeting CGT sur les retraites pour peser sur le débat électoral »

PARIS, 23 janvier 2012 (AFP) – Le meeting de la CGT le 31 janvier en faveur du retour à 60 ans de l’âge légal de départ à la retraite vise à peser dans le débat électoral, a affirmé lundi Bernard Thibault, en saluant une « évolution » positive de François Hollande à ce sujet.


« Il est normal qu’un syndicat de salariés n’hésite pas, pendant une campagne électorale, à exprimer les revendications qu’il souhaite voir reprises, ou prises en compte, par les partis politiques et les candidats », a souligné le leader de la CGT lors d’un point de presse.


« Sur les retraites, ce que nous attendons, c’est de revenir sur le dispositif tant combattu dans le pays », a-t-il dit, en réitérant les revendications de son syndicat : retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans et prise en compte de la pénibilité.


M. Thibault a souligné avoir discuté de ce sujet avec des candidats qu’il a eu l’occasion de rencontrer, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et le socialiste François Hollande.
« Je remarque que nos conversations ne sont pas sans effet, puisqu’il y a une évolution dans la prise de position de François Hollande » lors de son discours dimanche au Bourget, a estimé M. Thibault.


Le candidat PS a évoqué « le départ à la retraite à 60 ans pour une certaine catégorie de salariés, ceux qui ont 41 ans de cotisations » et proposé « des négociations derrière avec les syndicats, cela veut dire que la porte n’est pas fermée », s’est réjoui le numéro un de la CGT.


« Nos conversations n’ont pas été inutiles dans la manière dont François Hollande s’est exprimé sur le sujet des retraites », a-t-il insisté.
Selon lui, le rendez-vous avec les syndicats, proposé par François Hollande, pourrait avoir lieu, en cas de victoire, « très tôt, sans attendre le rendez-vous officiel de 2013″, fixé par la loi.


Eric Aubin, membre de la direction en charge de la question des retraites, a vu aussi « une évolution positive dans la position du Parti socialiste » sur les retraites.
La CGT a invité à ce meeting prévu le 31 janvier au Zénith à Paris les partis de gauche et leurs candidats à la présidentielle. Pour l’heure, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou (NPA) ont annoncé leur venue.


En revanche, elle n’a « pas convié les représentants des partis qui ont inspiré et soutenu la réforme de 2010″, a souligné M. Thibault, notamment François Bayrou qui « sur ce sujet n’était pas très ouvert à nos revendications », selon lui.


Six-mille militants et syndiqués se sont déjà inscrits pour prendre part au meeting et les autres pourront suivre l’événement en direct sur internet, indique la CGT.

Lettre ouverte des salariés de LEJABY Yssingeaux au Président de la République et au gouvernement.

Monsieur le Président,

Nous avons décidé, nous les 93 salariés de l’entreprise LEJABY à Yssingeaux en Haute-Loire de nous adresser à vous pour vous faire part de notre indignation.

Nous allons recevoir toutes et tous, nos lettres de licenciement après des dizaines d’années de travail au rendement pour des salaires voisins du SMIC. Nous sommes victimes des délocalisations des productions et de la recherche permanente de la baisse de la rémunération du travail.

Pour nous, le licenciement signifie, non seulement, la précarisation et l’angoisse mais aussi la marche inexorable vers les minima sociaux. Et nous avons bien conscience que nous ne sommes pas les seuls. Notre situation est semblable à des centaines de milliers de nos compatriotes.

Nous ne l’acceptons pas pour nous, nos familles et notre territoire.

Nous refusons cette perspective qui conduit à toujours plus de chômage et toujours moins de salaire!

Nous refusons les licenciements et voulons continuer à gagner notre vie en travaillant. Pour cela, nous demandons le redémarrage de notre atelier et la ré-industrialisation du site.

Beaucoup d’entre-nous ont plus de 35 ans d’ancienneté. Nous préférons être préretraités plutôt que chômeurs ou percevoir le RSA. Nous demandons donc la mise en place d’une préretraite à 55 ans, surtout à un moment où notre jeunesse est sans emploi.

Après une vie de travail, le chômage c’est la précarité. Au lieu de primes de licenciement dérisoires, nous voulons une prime de licenciement à la hauteur de la prime précarité, soit 10 % de nos salaires travaillés.

Unis et solidaires, nous attendons des réponses concrètes, pas des promesses, ni des discours.

Nous resterons mobilisés jusqu’à la réponse à ces exigences. Notre détermination est à la hauteur de notre colère contre l’injustice qui nous est faite. Et c’est un devoir de s’opposer à l’injustice.

En espérant être entendus, recevez nos salutations respectueuses.

Assemblée générale du personnel LEJABY Yssingeaux, le 23 janvier 2012.

 

 

 

 

Raymond Vacheron de la CGT Textile : « La logique du profit a tué l’entreprise »

Mots clés : emploi <http://www.humanite.fr/mot-cle/emploi>  entreprise <http://www.humanite.fr/mot-cle/entreprise>  lejaby <http://www.humanite.fr/mot-cle/lejaby> ,

Au-delà de 
la fermeture 
de la dernière usine Lejaby, comment expliquez-vous 
le phénomène de la désindustrialisation ?


Raymond Vacheron. On est dans 
une logique où il faut toujours faire plus de profit au détriment de l’emploi. À Lejaby, les salariées produisent sept soutiens-gorge 
de l’heure, et sur un soutien-gorge 
qui se vend 80   euros dans 
le commerce, seulement 2  euros servent à rémunérer le travail ! 
Ils vont économiser quoi en délocalisant ? Quarante ou cinquante centimes ? C’est ridicule ! Je ne veux pas faire l’apologie du capitalisme à l’ancienne, mais à l’époque 
de Maurice Bugnon (PDG de Lejaby de 1966 à 1995 – NDLR), le taux 
de profit était de 2 à 3  % par an, 
et cela suffisait à construire 
une industrie. Maintenant, il faut 15  % de profit, et on perd de plus 
en plus d’activité. Derrière 
le consortium de repreneurs 
Alain Prost, Christian Bugnon 
et Isalys, présentés comme 
des entrepreneurs, c’est un fonds de pension italien – Fiduciaria San Babila – qui est en réalité acquéreur !

Xavier Bertrand explique qu’il faut baisser le coût du travail pour maintenir nos industries, que pensez-vous 
de cette analyse ?


Raymond Vacheron. C’est un non-sens. Quand on connaît les filles de Lejaby, on sait bien qu’elles ne pouvaient pas 
se payer les produits qu’elles fabriquaient. Alors, si on diminue encore le pouvoir d’achat des salariés, ils pourront encore moins acheter 
ce qui est produit. La question, ce n’est pas le coût du travail, mais c’est de savoir s’il y a une vraie volonté politique de garder une industrie. La fermeture de l’usine d’Yssingeaux, c’est la mort du territoire de la Haute-Loire.

Propos recueillis par L. N.

À nouveau un inspecteur du travail s’est suicidé.

Un jeune inspecteur du Nord, Romain Lecoustre s’est pendu le 18 janvier. Il n’est hélas, pas le premier. Nous avons en mémoire la perte cruelle le 4 mai 2011 de notre collègue Luc Béal-Raynaldi. L’émotion nous frappe et nous laisse avec un goût amer, impuissant et vengeur.

Tous les syndicats, unis, ont appelé à faire grève mardi 24 janvier 2012.

Car la surcharge de travail et les pratiques de la direction locale du travail sont reconnues par tous les collègues de Romain, (un jeune homme qui n’avait pas besoin de se forcer pour sourire, qui était fraternel avec les autres) comme la cause principale de son suicide : passionné professionnellement, mais désespéré des blocages mis à son action, il avait déjà attenté à ses jours en juillet 2011.

Dès le 25 août, lui-même, ses proches collègues, les syndicats avaient alerté sur sa situation contre les multiples tracassins dont il était victime. En face il n’y a eu qu’inertie et déni de la hiérarchie face au risque psycho social évident encouru. Désorganisation des services, pression permanente contre les missions, mises en danger délibéré d’autrui, ont conduit à cet acte terrible.

Les chefs actuels de l’inspection du travail au plan national, nommés par la droite sont des ennemis de l’inspection. C’est difficile à croire de l’extérieur, mais c’est comme ça. Leur vision libérale ne colle pas avec le contrôle et la sanction des patrons dont ils sont les amis. Alors pour passer l’inspection à l’acide du Medef, ils veulent casser au bulldozer sa tradition de service public ouvert et utilisent, au nom de la « RGPP »  des méthodes similaires à celles qui ont fait tant de ravages à France Télécoms :

-   Casse des directions départementales et régionales, remplacées par des directions DIRECCT étrangères à la culture, aux missions de l’inspection et à ses critères d’indépendance définis par l’OIT (« l’inspection du travail a pour mission d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés » Convention 81 de l’OIT)

-   Pressions croissantes sur les chiffres et sur une organisation des contrôles non plus basés sur les besoins des ayants droits salariés mais uniquement déterminées par les « consignes » du Ministère (avec des « notations » hiérarchiques en forme de petites croix sur des longues et absurdes pages de questionnaires qui servent à juger les agents).

-   Individualisation et arbitraire des primes et promotions, mesures disciplinaires y compris sur le déroulement de carrière et le régime indemnitaire

-   Destruction des secrétariats de sections, remodelage forcé des moyens et fonctions

-   Sous-effectif chronique entraînant pour les agents, un débordement par les tâches, des intérims, aggravant en profondeur les conditions de travail et touchant à leur santé au travail.

À leur tête, Jean-Denis Combrexelle, le directeur général du travail nommé sous la gauche a servi la droite avec un zèle inouï. C’est le « Besson » du droit du travail, c’est lui qui a présidé à la sale « recodification » du code du travail entre décembre 2004 et le 1er mai 2008. C’est lui aussi qui pendant cette -période déjeunait chaque mois avec Denis Gautier-Sauvagnac, le chef corrompu du patronat qui détenait la caisse noire de 600 millions d’euros de l’UIMM.  Combrexelle a été félicité pour son œuvre destructrice du Code du travail depuis 10 ans par Xavier Bertrand.

C’est aussi Combrexelle qui avait encouragé l’entreprise Guinot à me faire un long procès pour « entrave à un CE ».

Pourvu qu’après mai-juin 2012, “la République rattrape” ces gens-là et corrige leurs méfaits !

Gérard Filoche

Danger : sondages ! (commentés par Dassault – Pinault – Arnaud- Bouygues – Lagardère – Rothschild)

Les médias nous présentent depuis plus d’un an les sondages comme des pronostics, des anticipations des votes qui auront lieu le jour de l’élection présidentielle. C’est faux. Il est donc urgent de nous livrer à une analyse critique de ces sondages.

L’échantillon

L’enquête BVA, par exemple, qui donne François Hollande loin en tête au 1er tour avec 30 % des voix contre 23 % à Nicolas Sarkozy, a été réalisée les 18 et 19 janviers 2012 « auprès d’un échantillon de 959 personnes inscrites sur les listes électorales recrutés par téléphone et interrogés par Internet ». Mais tout le monde n’a pas le téléphone (surtout s’il s’agit d’un téléphone fixe) et tout le monde n’utilise pas internet. Il s’agit donc d’un biais qui rend peu crédible la représentativité de cet échantillon.

La stabilité des choix

Prenons maintenant l’exemple de l’enquête IFOP du 17 au 20 janvier. Elle reconnaît que 57 % des personnes interrogées sont sûres de leurs choix. Et que 43 % peuvent encore changer d’avis. Un tel résultat devrait donc être manié avec précaution. Ce n’est surtout pas ce que font les médias qui prennent pour argent comptant les chiffres de l’enquête, sans la moindre nuance, sans la moindre mise en garde.

Les marges d’erreur

Selon BVA, pour un échantillon de 1000 personnes et pour un résultat de 20 % la marge d’erreur est (avec une probabilité de 95 %) égale à 2,5 ; à 2,8 pour un résultat est égal à 30 % ; à 1,8 pour un score égal à 10 % ; à 1,4 pour un score égal à 5 %.

Cela signifie que le score de François Hollande au 1er tour aurait 95 % de chance d’être compris entre 32,8 % et 27,2 %. Celui de Nicolas Sarkozy se situerait entre 25,6 % et 20,4 %.Celui de Marine Le Pen entre 16 et 20 %. Celui de Jean-Luc Mélenchon entre 8,6 % et 6,4 %.

Si François Hollande était à 27,2 % et Nicolas Sarkozy à 25,6 % cela n’aurait pas exactement la même signification que si ce dernier était à 20,4 % et François Hollande à 32,8 %. De la même façon, la situation ne serait pas du tout la même si Sarkozy était à 25,2 % et Le Pen à 16 % que si cette dernière était à 20 % et Sarkozy à 20,4 %. Mais ce n’est pas le problème des médias, entre le sensationnel et la nuance, ils hésitent rarement.

Les divergences entre les résultats des officines de sondages

Prenons l’exemple des résultats attribués à François Hollande. Pour l’IFOP (17-20 janvier), François Hollande obtiendrait 26,5 % des voix au 1er tour. Pour BVA (18-19 janvier) 30 %.

Avec les marges d’erreur précédentes, les scores censés être atteints par François Hollande pourraient varier de 23 % à 32,8 %. Une paille !

Sondages et pronostics

Les sondages n’ont pas valeur de pronostic affirment tous les instituts de sondage, il ne s’agit, selon eux que d’une « photographie, à un moment donné, de l’opinion ». Nous verrons, qui plus est, qu’à 3 mois du premier tour, il ne s’agit que d’une photo partielle de l’opinion. Mais les médias qui le savent parfaitement les utilisent comme s’il s’agissait de pronostics.

Il n’y a pas de « neutralité » dans les enquêtes : la majorité des officines de sondage sont dirigées par des patrons de droite et les sondages eux mêmes sont surtout payés par des commanditaires de droite, et en premier,  par les grands médias sarkozystes. Bien sûr, ils sont quand même tenus de refléter, en partie et de façon déformée,  les mouvements réels de l’opinion pour ne pas perdre toute crédibilité.  Mais qui croit une seconde que les sondages publiés par le JDD de Lagardère, par exemple, ne sont pas un instrument de combat mûri pour tenter de conditionner le plus possible la ré élection de Sarkozy ?

3 mois avant le 1er tour, les candidats ne sont pas encore connus. Si Marine Le Pen n’obtenait pas 500 signatures de « parrains », le paysage électoral ne serait pas exactement le même que si elle les obtenait. La campagne électorale n’a pas encore démarré. Les programmes de la plupart des candidats ne sont pas encore connus. La question posée par les instituts de sondage est « si dimanche prochain, vous deviez voter » ne correspond donc pas à la réalité puisque justement, ce n’est pas dimanche prochain que vous voterez…

Une majorité de personnes interrogées aujourd’hui refusent de répondre

A 3 mois du 1er tour, une majorité de personnes interrogées refusent encore de répondre aux questionnaires des instituts de sondage. Tout simplement parce que leurs opinions ne sont pas encore faites. Il ne s’agit pas des personnes qui ont accepté de répondre mais qui ne répondent pas à telle ou telle question mais de toutes celles qui refusent de répondre au questionnaire dans son ensemble.

Ce n’est qu’à une semaine du 1er tour que les sondages peuvent être considérés comme des pronostics.

Les médias présentent l’évolution de ces sondages comme une évolution de l’opinion d’un corps électoral qui serait immuable. C’est une supercherie : c’est, d’abord, le corps électoral sondé qui évolue au fur et à mesure que le nombre de personnes qui acceptent de répondre aux questionnaires des instituts de sondage augmentent. Un corps électoral sondé qui finit, une semaine avant l’élection mais pas avant par ressembler au corps électoral qui ira voter. C’est à ce moment là seulement que le vote peut avoir valeur de pronostic.

A trois mois d’une élection, ce sont les personnes les plus politisées qui répondent. Elles ne sont pas représentatives de l’ensemble des électeurs. Pour gagner une « présidentielle », il ne faut pas 3 ou 5 millions d’électeurs mais 20 millions !

A 6 mois de l’élection présidentielle de 1981, François Mitterrand était crédité de 18 % d’intentions de vote contre 36 % à Giscard (sondage IFOP), en avril 1981, François Mitterrand obtiendra 25,9 % des voix et Giscard 28,3 %.

En janvier 1995, Balladur était crédité de 29 % d’intention de vote contre 16 % à Chirac (IPSOS/SOFRES). 3 mois plus tard, Chirac obtiendra 20,8 % et Balladur 18,6 %.

En 2002, ce n’est que 15 jours avant le 1er tour que la présence de Le Pen au second tour est apparu comme probable, auparavant un second tour Jospin-Chirac était donné comme certain par tous les instituts de sondage.

Avant le début de la campagne électorale, les partisans du « Non » au référendum sur le Traité Constitutionnel européen de 2005 étaient crédités de 35 % des suffrages. Ils obtiendront, en fait, 55 % des suffrages.

Les pronostics de second tour avant le résultat du 1er n’ont strictement aucun sens

Tous les instituts de sondage l’affirment également : les pronostics sur l’issue du second tour n’a aucune signification tant que le 1er tour n’a pas eu lieu. Ce n’est que lorsqu’ils se trouvent dans la situation concrète du soir du 1er tour que les électeurs commencent à se poser réellement la question de leur vote du second tour. La réponse qu’ils y apportent dépend des appels des candidats pour lesquels ils ont voté et surtout des deux candidats qui resteront en liste. Que feraient les électeurs de Sarkozy dans un 2ème tour qui opposerait François Hollande et Marine Le Pen ? Ce n’est pas aujourd’hui qu’ils se posent la question.

Cela n’empêchaient pas les médias d’utiliser les sondages pour annoncer, un an et demi avant l’élection que DSK l’emporterait par 60 % contre 40 % au deuxième tour de l’élection ou, en janvier 2012, d’affirmer que François Hollande l’emporterait par 57 % contre 43 %.

Les instituts de sondage et les médias trouvent leur intérêt à ces tours de passe-passe

Les instituts de sondage trouvent leurs avantages à l’utilisation qui est faite de leurs sondages. Ce sont avant tout des sociétés commerciales qui, habituellement, vendent leurs services à des sociétés privées et qui trouvent dans l’étalage de leur raison sociale dans les gros titres une publicité aussi fabuleuse que gratuite.

Les médias y trouvent également leur compte. D’abord parce que cela facilite leur tâche. Plutôt que de s’intéresser aux programmes des candidats, il est plus facile de faire comme si ces sondages étaient des pronostics et de décrire l’élection comme une course hippique. Ensuite, parce que cela permet de vendre, en prenant quelques distances supplémentaires avec ce que disent les sondages, et d’affirmer en 1ère page, comme l’a fait Libération, que « 30 % n’exclurait pas de voter Le Pen » alors qu’il fallait pour arriver à ce chiffre amalgamer les 8 % qui avaient répondu « Oui, certainement », les 10 % qui avaient répondu « Non, certainement pas » et les 12 % qui avaient répondu « Non probablement pas ». Il n’y a que pour Libé que « oui » et « non » semblent vouloir dire la même chose. Enfin, parce que cela leur permet de manipuler l’opinion pour mettre en avant le candidat qu’ils veulent promouvoir. C’est exactement ce qui se passe actuellement avec Bayrou, dont les médias faisaient mine de s’étonner qu’à la mi-novembre il ait déjà atteint 7 % (le tiers de son score de 2007 !) et qu’il soit à 14 % à la mi-janvier alors qu’ils ont tout fait pour qu’il en soit ainsi. Leur objectif est évident : tenter que leurs anticipations se réalisent et parvenir, lors du 1er tour, à relativiser, le score du candidat socialiste, comme ils avaient réussi à le faire en 2007.

Ne nous nous laissons donc pas endormir par les sondages

La campagne électorale n’a pas encore commencé et François Hollande n’a pas encore gagné l’élection présidentielle. Tout dépendra maintenant non seulement de lui, mais de la mobilisation de tous les militants et sympathisants socialistes pour convaincre qu’il faut se débarrasser de Sarkozy et que seul François Hollande peut le battre.

Exerçons donc notre vigilance sur les gros médias possédés par Dassault – Pinault- Arnaud- Bouygues – Lagardère – Rothschild (et donc les rédacteurs en chef sont en train, en cette période décisive,  de faire le maximum pour mettre en coupe réglée les journalistes). Ils ne sont pas là pour éclairer les citoyens ni pour aider la gauche à gagner.

Jean-Jacques Chavigné (+ GF)

1 Les analyses d’Acrimed et en particulier des sociologues Patrick Champagne et de Julien Salingue pourront nous y aider.

Mme Parisot : sa liste de courses à Sarkozy pour le 29 janvier

 

Le Medef avec tous ses économistes néolibéraux bornés, Institut Montaigne, Fondation Concorde, Ethic, sont sur le pied de guerre. Rexocode/Medef a même tenté d’intoxiquer en prétendant, quitte à se faire sévèrement démentir par tous les instituts sérieux, qu’on ne travaillait pas assez et qu’on gagnait trop par rapport à l’Allemagne. (Alors que c’est le contraire, nous travaillons plus et gagnons moins). Ils passent dans tous les médias  pour exploiter l’opportunité : la perte du triple ridicule AAA exigerait des mesures rapides, décisives, rudes contre le code du travail. Selon eux, il ne faut pas minimiser mais dramatiser. Et imposer le maximum entre le pseudo  “sommet pour l’emploi” du 18 janvier et le discours annoncé par Sarkozy le 29 janvier. Qu’importe ce qu’il adviendra ensuite en termes de récession, de misère et de chômage. Ils sont “remontés” hargneux, avides et veulent en profiter tout de suite, à fond, pour tout casser de ce qui reste de nos droits.

La batterie des attaques envisagées est spectaculaire :

-       Remise en cause des 35 h, soit par suppression de la durée légale, soit par les 37 h avec baisse des salaires par suppression des majorations des heures supplémentaires

-       Suppression de la 5° semaine de congés payés

-       Suppression du Smic universel remplacé, comme la durée légale, par un Smic négocié par branche

-       Développement forcé et généralisé du chômage partiel par seule décision patronale avec salaires abaissés à 60 %, 75 %, sans qu’aucun salarié ne puisse refuser en se réclamant de son contrat de travail.

-       Prédominance des contrats imposés au niveau de l’entreprise sur la loi, avec possibilité de baisses de salaires, de baisses d’horaires, au gré de l’employeur

-       Remise en cause du CDI avec ces CDD de trente mois, la systématisation des ruptures individuelles non motivées,

-       Casse du statut de la fonction publique en précarisant l’ensemble des fonctionnaires qui subissent déjà un jour de carence et 0,27 % de salaire mensuel en moins

-       L’abaissement massif des salaires bruts en transférant les cotisations sociales payées par les patrons en TVA (dite sociale) payée par les salariés.

-       Permettre que tous les apprentis (600 000) puissent travailler de nuit et de dimanche (Villepin avait ouvert l’apprentissage aux enfants de 14 ans et le travail de nuit et du dimanche qu’à partir de 15 ans seulement)

-       Totale déréglementation du travail du dimanche, fin du principe de repos dominical.

-       Multiplier et vite les « contrats aidés » exonérés de cotisations sociales (sur les 340.000 contrats du secteur non-marchand (CUI-CAE) inscrits au budget, 225.000 devront être conclus au premier semestre).

-       Accélération de l’application du recul des départs en retraite et de la baisse du niveau des pensions. Mise à l’écart de toute réglementation sur la pénibilité. Fin de toute dispense de rechercher d’emploi pour les seniors.

-       Réduction du droit de grève dans les transports aériens et élargissement des services minimums imposés

Tout ça et en sus, le « traité pour une union économique renforcée » qui impose la « règle d’or » libérale à toute l’Europe par dessus et conte la volonté de ses citoyens.

 

Ça vous paraît énorme ? Pourtant lisez, ça fait florès partout.

Tout cela vient d’être mis sur la table de tous les cotés par le Medef.

Cyniquement, comme toujours, ils demandent le maximum pour obtenir le plus possible. C’est la stratégie du choc. Ils sont en guerre. Ils osent : ils terrorisent la gauche si elle ose défendre les 35 h, les 32 h, le Smic à 1700 euros, la retraite à 60 ans sans décote, ou le salaire maxima à pas plus de 20 Smic, mais, eux, ils sont sans foi ni loi.
La crise qu’ils ont suscitée entièrement par leur rapacité, par leur dictature financière en perdition, ils comptent bien l’exploiter au maximum pour nous « saigner » comme des animaux à l’abattoir. Ont-ils peur de perdre le 6 mai ? Et comme des occupants pillards qui se retirent, emportent-ils le maximum de butin avant ?

 

Comme le dit avec grande simplicité, Laurence Parisot, « tout cela est urgent, il faut simplement que les parlementaires de l’UMP fassent bouger les paramètres ».

Elle veut le faire maintenant, avant l’élection présidentielle et avec le Medef, elle fait le forcing sur Sarkozy (considèrent-elle que son élection est perdue ?) pour qu’il en fasse le maximum avant de partir. François Fillon est dans le coup, (croit-il lui aussi que c’est foutu pour Sarkozy et prépare t il le coup suivant ?)  a appelé le 10 janvier à un forcing législatif pour imposer le maximum de ces mesures. Le Pen et Bayrou défendent la même chose, Le Pen propose 70 milliards de rigueur, Bayrou veut 100 milliards de rigueur, et ces deux-là sont favorables à ces mesures réclamées par le Medef sous prétexte de flexibiliser le code du travail comme s’il ne l’était pas déjà trop depuis 10 ans). Le Pen rajoute qu’il faut écraser les droits syndicaux et le droit de grève pour être sûre que ça passera. Ces gens-là sont tous, de façon sinistre, pour que « le contrat l’emporte que la loi », mais sont prêts à se servir de la loi pour permettre de casser les contrats, faire baisser les salaires, d’augmenter encore plus la précarité ! D’une autre façon, ils veulent tous nous traiter comme sont traités actuellement les Grecs, les Italiens, les Portugais, les Espagnols.

 

Et AAAttention ils gagneront s’il n’y a pas une gauche à la hauteur en face, s’il n’y a pas un front syndical, s’il n’y a pas la volonté d’unité de toute la gauche. La seule façon : résister, alerter le peuple car les grands médias sont dominés par Bouygues, Lagardère, Pinault, Dassault, Arnaud, Rothschild, et tout cela est masqué, étouffé, dénaturé.

 

Gérard Filoche

Suites du naufrage du AAA sarkozyste

La note de 9 des 17 pays de la zone euro a été abaissée par l’officine Standard & Poor’s le vendredi 13 janvier. La France et l’Autriche voient leur note abaissée de AAA à AA+. Malte, la Slovaquie et la Slovénie voient également leurs notes abaissées d’un cran. L’Italie, l’Espagne, Chypre et le Portugal, quant à eux, sont dégradés de deux crans.

La ligne Maginot de Sarkozy s’effondre

Nicolas Sarkozy avait fixé lui-même l’objectif de sa fin de règne : conserver le triple AAA de la France. Au regard du critère qu’il avait lui-même fixé, il a lamentablement échoué.

Il n’avait pourtant pas lésiné sur les moyens : 3 G20, 7 sommets européens, le traité Européen du 9 décembre 2011 qui oblige les Etats signataires à intégrer la « règle d’or » dans leur Constitution, la contre-réforme des retraites, 2 plans de rigueur. Mais rien n’y a fait.

Sarkozy voulait absolument instrumentaliser le triple A, mais il a perdu ce que son conseiller Alain Minc avait qualifié de « trésor national ». Ce même conseiller qui affirmait le 28 octobre 2011 « Nicolas Sarkozy est accroché au AAA de la France de manière totale, il joue sa peau d’une certaine façon. C’est un choix profond. Il ne peut pas se permettre une dégradation ». C’est acté.

François Hollande, souhaitant desserrer l’étau des agences de notation, avait fait remarquer, à juste titre, que les marchés avaient d’ores et déjà entériné la perte de ce triple A. Il avait aussitôt été accusé de menées « contre la France » par les snipers de Sarkozy. Ces snipers sont ridiculisés.

Mais voilà, que tournant casaques, Fillon, Copé et Baroin tentent de minimiser la perte de la ligne Maginot qu’hier ils érigeaient en dernier rempart de la France. « Ce n’est pas une bonne nouvelle » mais ce n’est « naturellement pas une catastrophe (…) C’est comme si vous demandiez à un élève qui a eu 20 sur 20 pendant très longtemps et qui passe à 19 si c’est une catastrophe » affirmait Baroin le 13 janvier 2012. Mais pourquoi ne nous avait-il pas fait part de cette lumineuse pensée lors de la bataille de pillage de nos retraites ? À ce moment-là, en 2010, c’est au nom du triple AAA qu’ils nous ont imposé la pire réforme d’Europe contre nos retraites dont ils ont reculé l’âge et diminué le montant. Ils nous ont « saigné » au nom du triple AAA, ça n’a servi à rien, ils disent « ce n’est pas si grave » et ils annoncent qu’ils vont nous saigner encore…

Autre tentative de défense : Moody’s aurait confirmé le triple AAA. Nouvel échec : contrairement à ce que suggérait Sarkozy à Madrid, Moody’s (par ailleurs mise en examen aux US pour pratiques douteuses) pourrait « modifier la note française dans les prochains mois ». Il reste Fitch Ratings, mais chacun sait que cette troisième officine est dirigée par un ami de Sarkozy, 1er cercle UMP, directeur financier de Loréal, Marc Ladreit Delacharriére. Pas moyen de se rattraper aux branches : pour ceux qui disaient rechercher et accepter le diktat des « notateurs », c’est cuit. Le piège de « l’Arnaque des Actionnaires Anonymes » s’est refermé sur ses zélateurs sarkozystes.

Renchérissement du coût des intérêts de la dette publique

Certes, la perte du triple A de la France avait déjà été largement anticipée par les marchés financiers et les taux d’intérêts avaient augmenté de plus d’un point en six mois.

Mais cette perte risque fort, d’autant qu’elle intervient dans un contexte européen particulièrement tendu, de se traduire par une nouvelle augmentation des taux d’intérêts des titres de la dette publique qui seront émis pour pouvoir rembourser les titres arrivant à échéance. Pour le ministère de l’Economie et des finances, une hausse de 1 point de ces taux signifie une hausse de 2 milliards la première année, mais (au fur et à mesure de l’émission de nouveaux titres de la dette publique) 4 milliards la deuxième année et près de 14 milliards en 10 ans. C’est à nous qu’il va vouloir faire payer cela, et non pas aux riches rentiers bien sûr.

Quant aux espoirs que cherchent à semer les soutiens de Sarkozy en prenant l’exemple des USA ou du Japon, ils sont illusoires. Ces deux pays disposent d’une Banque centrale qui, à la différence de la Banque centrale européenne, joue le rôle de prêteur en dernier ressort des Etats. Les bons du Trésor américains ont constitué, paradoxalement, le seul point fixe existant encore malgré la dégradation de la note des USA par Standard & Poor’s. Il n’y a strictement aucune chance qu’il en soit de même pour les obligations publiques françaises. Quant au Japon, bien que sa dette représente 229 % de son PIB, il se moque de la dégradation imposée par les officines de notations : 95 % de sa dette publique est détenue par les banques et des institutions japonaises, contre 35 % pour la France.

L’Union européenne dans une très mauvaise passe

La perte du Triple A de la France et la dégradation de la note de 8 autres pays de la zone euro intervient au pire moment.

La Grèce et ses créanciers privés n’arrivent pas à trouver d’accord sur les modalités de restructuration de la dette grecque. Jamais la Grèce ne paiera l’abyssale dette qui lui a été imposée. Les créanciers privés (en particulier les banques) exigent que les nouveaux titres de la dette grecque qu’ils recevront en contrepartie d’un abandon de leur créance leur permettent de percevoir un taux d’intérêt de 5 % alors que la Grèce ne veut pas dépasser 4 %. Si cette crise perdure, elle allumera l’incendie dans toute la zone euro et les marchés financiers augmenteront les taux d’intérêts qu’ils exigent de l’Espagne, de l’Italie, de la France, de l’Autriche, de la Belgique…

Les banques européennes, au bord de l’insolvabilité et de la crise de liquidités ne sont maintenues en vie que par la perfusion en dollars des six principales banques centrales du monde et par la perfusion en euros de la BCE.

Le Fonds européen de stabilité financière qui avait financé une partie de l’aide aux créanciers (banques et assurance essentiellement) de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal va se trouver privé d’une partie de ses ressources. Il disposait théoriquement de 440 milliards. Avec la rétrogradation de la note de la France et de la Belgique, qui apportent 25 % des garanties, il ne disposera plus (après les prêts accordés à l’Irlande, au Portugal et à la Grèce) que de moins de 100 milliards d’euros. Il sera donc dans l’incapacité de faire face à une demande de crédit destinés à financer les créanciers de l’Italie et de l’Espagne. D’ailleurs S&P le dégrade à son tour le FESF.

L’Union européenne, dont le Royaume-Uni s’est déjà éloigné, se morcelle de plus en plus entre un noyau autour de l’Allemagne et les pays à la périphérie de l’Europe : Europe du Sud, Europe centrale et de l’Est. La France, l’Italie, la Belgique sont entre les deux groupes, mais penchent de plus en plus vers le second. C’est la rançon d’une Union européenne inachevée sans banque centrale jouant son rôle de prêteur en dernier ressort des Etats, sans budget fédéral digne de ce nom (1 % du PIB de l’UE contre 20 % pour le budget fédéral des Etats-Unis) et sans la moindre solidarité entre Etats. Avec un budget du même type, une dizaine d’Etats dont le Maryland, la Virginie, la Floride, le Nouveau Mexique se trouveraient dans la même situation que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal.

Rassurer les marchés et les agences de notation, cela ne fonctionne pas

Depuis mai 2010, le premier prêt à la Grèce et la création du FESF, Sarkozy et Merkel ont « sauvé » l’Europe et l’euro une bonne dizaine de fois. Mais à chaque fois, malgré les cris de triomphes de la droite et des néolibéraux, après une courte pause, les marchés ont repris leurs attaques contre les pays les plus vulnérables de la zone euro. C’est ce qui vient de nouveau d’arriver.

La dégradation de la note de 9 pays européens enfonce un clou de plus dans le cercueil de cette politique. L’Italie qui vient de chasser Berlusconi et de se donner un gouvernement dirigé par un ancien de la banque Goldman Sachs…  pour rassurer les marchés voit quand même sa note abaissée de deux crans. Il en va de même pour l’Espagne et le Portugal qui ont déjà tout avalé : plans d’austérité, « règles d’or », gouvernement de droite. Les plans d’austérité pleuvent dans toute l’Europe, notamment en France et dans tous les pays qui viennent d’être dégradé par Standard & Poor’s. Quelle crédibilité peut avoir, dans ces conditions, une politique qui vise à « rassurer » les marchés et les officines de notation ?

Combien de temps faudra-t-il pour que les citoyens demandent des comptes et refusent que la BCE prêtent 489 milliards d’euros à 1 % d’intérêt à 523 banques européennes alors que l’Italie, l’Espagne et demain d’autres pays sont obligés de payer aux marchés financiers des taux d’intérêt supérieurs à 6 % pour refinancer leurs dettes ?

Combien de temps faudra-t-il pour que les peuples européens exigent que la politique qui cherche à « rassurer les marchés » soit remplacée par une autre politique qui vise à leur casser les reins ? En obligeant la BCE à acheter directement les titres des dettes publiques européennes et en refusant de rembourser les dettes illégitimes dues au sauvetage sans contrepartie des banques ou des baisses d’impôts des sociétés et des ménages les plus riches ?

Une voie qui mène à la catastrophe

Multiplier les plans de rigueur pour « rassurer les marchés » est en train de plonger l’Europe dans la récession. Et, qui dit récession dit baisse des recettes et hausses des dépenses et donc augmentation du déficit et de la dette publique. Ce qui, bien sûr, ne peut appeler que de nouveaux plans de rigueur qui accentueront la récession et entraînera une nouvelle augmentation de la dette publique…

Plutôt que d’appliquer les préceptes néolibéraux ineptes qui nous ont conduits dans la situation où nous nous trouvons aujourd’hui, il vaudrait mieux regarder la réalité en face. Tout particulièrement la réalité des pays qui ont subi les plans d’austérité imposés par le FMI et l’Union européenne. Non seulement ces pays vivent une véritable catastrophe sociale mais leur dette a considérablement augmenté. Pour la seule année 2011, la dette publique de la Grèce est passée de 143 milliards à 163 milliards d’euros, celle de l’Irlande de 96 % à 108 %, celle du Portugal de 93 % à 102 %.

Mais c’est pourtant dans cette voie que Sarkozy veut continuer à nous mener. Il affirmait, lors de ces vœux du 31 décembre : « Je le dis pour que chacun l’entende : ce ne sont ni les marchés ni les agences qui feront la politique de la France ». Mais il fait exactement le contraire en décidant de mettre en œuvre un 3e plan d’austérité (l’augmentation de la TVA et les réformes qu’il annoncera à la fin du mois) pour répondre aux injonctions des marchés financiers et des obscurs bureaux de notations.

D’où vient le pouvoir des officines de notation ?

Alain Minc lui-même l’affirme. « On n’a plus affaire à des pompiers pyromanes, mais à des pervers graves ». Les pompiers pyromanes ne seraient donc pas des « pervers graves » selon Minc. C’est bizarre, mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est de savoir pourquoi ces « pompiers pyromanes » ont toute liberté de pouvoir mettre le feu à l’Union européenne.

Il suffit d’un rapport de deux individus, n’ayant pas la moindre relation avec le suffrage universel, pour qu’un comité « schmolldu » de 7 membres décide de dégrader la note de la France avec toutes ses conséquences. Car, selon les Echos du 13/01/2012, « Chez Standard & Poor’s, c’est une équipe de … deux analystes qui suivent et gèrent la note souveraine de la France, un Slovène, Marko Mrsnik, qui réside à Madrid et un Allemand, Moritz Krämer, qui vit à Francfort »1

D’où vient l’étrange pouvoir de ces individus ? Comment peuvent-ils dicter leur loi à des gouvernements élus, à la république, aux citoyens  ?

Ils ne tirent leur audience que des pouvoirs qui ont été accordés aux marchés financiers par les traités Européens et notamment par trois articles.

- L’article 123 §1 du traité de l’Union européenne qui interdit à la BCE d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux administrations centrales des Etats-membres. Il interdit également l’acquisition directe par la BCE de titres de la dette publique de ces Etats.

- Larticle 125 §1 du même traité qui interdit à l’Union européenne de prêter à un Etat-membre ou à un Etat-membre de prêter à un autre Etat-membre.

- L’article 63 qui instaure la libre circulation des capitaux, non seulement à l’intérieur de l’Union européenne, mais entre l’Union européenne et le reste du monde.

Sans ces trois articles qui ont consciemment construit la dictature des marchés sur les Etats européens, les obscures officines de notation n’auraient plus aucun pouvoir. Pour abolir le pouvoir de ces officines de notation, il faut abolir le pouvoir des marchés sur les Etats européens en abrogeant ces trois articles.

 

Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné auteurs de « DETTE INDIGNE » Ed. JC Gawsewitch 240 p, 14,9 euros

 

 

1 Les Echos – 13/01/2012 « Les 7 questions que soulève la dégradation »

 

Plutôt Le Pen que Hollande ?

Je fais l’objet d’assauts sur mon blog, sur le site, à la limite  du harcèlement  pour dénoncer ma volonté, celle de D&S, de poursuivre le combat historique de la Gauche socialiste en appelant à voter François Hollande. Parfois j’ai envie de  leur dire « arrêtez, consacrez vous plutôt à convaincre quelques des 15, 16, ou 17 millions d’électeurs de droite de ne pas voter Sarkozy »… Mais in fine, je résiste fort bien, j’ai confiance, je sais qu’à la fin c’est moi qui les convaincrais de voter Hollande ne serait ce que le 6 mai, sinon dés le 22 avril).

J’ai aussi reçu du courrier de Gilbert : – « Voter avec Hollande pour qu’il gouverne avec Bayrou ? Non merci. Peu de temps après, ce sera une droite encore plus dure que celle de Sarkozy qui reviendra. Si, si, c’est possible. Le parti frère grec des « socialistes » gouverne bien avec l’extrême droite. Le seul vote utile, c’est celui pour ses idées. Dans « Les Ritals », François Cavanna racontait que son père lui disait (en substance) : « il faut voter le plus rouge possible au premier tour de l’élection. Ce sera suffisamment rose par la suite »...  m’écrit Gilbert qui ne veut jamais entendre parler de voter socialiste, ni de front uni. Il a raison sur une partie de ce qu’il dit : que Papandréou et Papademos, le PASOK  gouvernent avec le LAOS ( = FN  = Le Pen là bas) c’est intolérable… C’était comme quand Schroder gouvernait avec Merkel (c’était l’unité nationale dont rêvent  Bayrou – et Cahuzac ? -  une sale politique, ça a donné les pires lois anti sociales)

Il est triste et désespéré Gilbert, inlassablement il m’ »accuse » d’être au PS, il me tourmente chaque jour sur internet, il me reproche, me met au pied du mur parce que je suis un militant socialiste sincère, parce que je suis au PS, parce que je veux 20 millions d’électeurs pour François Hollande les 22 avril et 6 mai…

Relisons-le : « Si si, c’est possible »…  même Hitler peut revenir  ?  Je partage ta désolation, Gilbert, à cette idée…

Mais on n’en a pas les prémices à ce jour. Fort heureusement on en est encore loin. Rien de comparable dans les situations de 1933 et de 2013. La pire menace aujourd’hui c’est Sarkozy-Reagan-Thatcher. C’est déjà la droite la plus dure qu’on ait eu. Ce n’est pas Hilter-Le Pen. La pire menace en 2012, c’est les banksters, pas les SA/SS.  Et puis en 1935 les fascistes étaient 600 000 à défiler dans Paris en chemises brunes, et en ordre militaire. De quoi avoir peur !  Heureusement, à côté, les Le Pen sont des schmolldus : aujourd’hui quand il y a 8 millions de manifestants en France,  ils se planquent sous la table, en 2010 nul ne les a vu dans la rue. La Le Pen réunit quelques centaines de vieilles barbes ou de tondus devant Jeanne d’Arc ou dans un banquet poussif, c’est tout et pour le reste, elle n’a pas de réseau et dépend des grands médias sarkoystes.

Pour Gilbert, face à cette éventuelle menace « le seul vote utile »,  ce n’est pas un large front antifasciste, non, il ne veut « voter que pour ses idées »…. Même si elles font 1%, 2 %, 3%, 6 ou 8 % ?

T’es sûr, Gilbert, que d’une part, une « droite plus dure » et le fascisme menacent et que d’autre part c’est l’heure d’un vote minoritaire « pour les idées » coûte que coûte ? T’es sûr qu’un vote PS rapprocherait l’heure du fascisme, même dans sa version schmolldu vieux schnock Le Pen ? T’es sûr que ca serait « plus dur que Sarkozy » ? Tu ne crois pas que c’est Sarkozy qui fait le boulot de Le Pen ? T’es sûr que ce n’est pas Sarkozy qui est capable de prendre Le Pen dans son gouvernement (comme Berlusconi avec Fini) et que sans Sarkozy, Le Pen n’y arriverait jamais ? Et tu préfères ne pas voter Hollande à ce jour parce que ça fait courir le risque d’une « droite encore plus dure » qui arriverait… demain ?

En 1933, les staliniens allemands attaquaient les meetings de sociaux démocrates qu’ils appelaient « sociaux fascistes » par une porte tandis que les nazis les attaquaient par une autre porte (Lire : Ian Valtin « sans patrie ni frontière » ) : Staline qui pensait que l’avènement d’Hitler hâterait la révolution socialiste en Allemagne, (sic) avait décrété que les pires ennemis à écraser d’abord étaient les « sociaux-fascistes » parce qu’ils faisaient écran, qu’ils empêchaient la lutte finale contre les nazis… Ils ont voté pour leurs seules idées, ils n’ont pas voté les uns pour les autres, entre socialistes et communistes, et résultat, dans la triangulaire, Hitler est passé sans avoir la majorité…

Gilbert n’est donc pas pour l’unité, il est pour défendre SES idées. « Le seul vote utile c’est pour ses idées ».

Oui, moi aussi, d’ailleurs. Mais comment ? Parce qu’on peut voter Hollande en pensant que c’est pour faire gagner ses idées…

Je ne fais moi même jamais de compromis sur mes idées, on me le reproche assez, je défends les 60 ans sans décote. 35 60 1700 20… au PS, certains voudraient que mes idées, celles de D&S, soient minoritaires, ils préfèrent Valls ou Cahuzac.
Au fait quelles idées ? Je suis pour une hausse massive des salaires. Un Smic à 1700. Martine Aubry avait fini par préciser un Smic à 1650 euros dans les primaires. OU commence le compromis ?
Gilbert me demande d’arrêter de capituler. Il ne veut pas entendre mes arguments, que c’est une élection binaire, pas démocratique, faut pas avoir trop d’illusions, ni être trop électoraliste avec la « présidentielle » c’est un scrutin fait pour qu’on ne puisse  justement pas voter sur le fond, ni sur le programme, elle ne sert qu’à éliminer l’autre, alors servons nous en pour chasser  ce pourri de Sarkozy, ensuite on sera dans une meilleure dynamique pour LUTTER tous ensemble…

Non, Gilbert exige, même au risque de perdre,  que  je  vote désormais que pour un candidat sur le fond… entièrement, entièrement. A 100 % « rouge » comme disait le NPA. Un vote « pur » ou rien.

Pas à 99 % rouge. Non,  car à 99%…  pas question. Un gars qui ne défend qu’à 99 % mes idées, pas question de voter pour lui. Ni pour un gars qui les défend à 50 %. Même si ce gars est le seul à pouvoir gagner contre mon ennemi lequel est à 100 % contre mes idées…

Et s’il y en a un, Hollande, qui ne veut augmenter le Smic qu’à 1500 euros je devrais, selon Gilbert, voter contre. On « ne vote que pour ses idées »  Sinon on rosit, hein ? Même si Sarkozy lui, ré élu, on le sait, c’est le Smic qu’il supprimera…

L’important pour Gilbert c’est de voter pour un programme pur – même s’il reste au placard.
Mon beau père, Marcel Le Toullec, au chemin des Dames, congres de Tours, bête humaine SNCF machine à vapeur, PCF, résistant, me disait aussi en 1962  « - sois le plus rouge possible, pas comme les radicaux qui sont rouges dehors et blanc dedans », il a démissionné du PCF en 1964 quand j’ai été exclu (pour maoisme ! les bureaucrates de la fédé PCF 76 en face de moi ne savaient pas la différence avec le trotskisme, même à l’UEC, ils savaient mal, bon allez c’est du passé tout ça, il y a prescription, je me suis réconcilié depuis avec Claude Mazauric, et j’écris de bon coeur dans l’Humanité Dimanche chaque semaine),

Moi je suis content quand Jean Luc Mélenchon réussit une bonne émission à la télé, je regarde, j’admire l’artiste, je me dis que j’aurais dit « comme cela » ou « plutôt comme cela », mais je me réjouis au nom de TOUTE la gauche quand il est bon. Pareil quand il réunit 6000 personnes à Nantes c’est un bon signe pour TOUTE la gauche. Unité ! Bon, quand il parle des Dalton cela me fait rire, surtout quand il dit que « le plus petit est le plus méchant et la plus grande est la plus bête ». Mais ils sont quatre et il met Hollande dans les Dalton, ça j’aime moins. Je préfère quand il dit « je n’ai pas d’ennemi à gauche seulement des concurrents ». Sur le fond, en fait, les Dalton, c’est moyen, car je sais qu’Olivier Besancenot disait :  » Je n’appelle pas à voter, c’est au PS de convaincre mes électeurs » et je n’étais pas d’accord, il faut un désistement républicain, un vote de classe, réciproque, inconditionnel au sein de la gauche pour battre la droite. Dés 1979, je rouspétais et luttais parce que Krivine et Laguillier dénonçaient la « bande des quatre » ( RPR, UDF, PS, PCF) j’essayais déjà de séparer la droite RPR UDF de la gauche PS PCF. Et de construire une front unique de la gauche contre la droite… Je sais aussi que je ne suis pas d’accord quand Jean Luc Mélenchon dit « je ne participerais qu’à un gouvernement que je dirigerais ». Ca, par contre, c’est pas bon. Il faut au contraire qu’il participe, qu’il EXIGE un gouvernement unitaire rouge, rose, vert… sur une bonne plateforme, 35 60, 1700, 20 par exemple. Le débat sur le « front unique » est un débat depuis 40 ans, ceux qui se trompent s’y brûlent.

Au fait pourquoi je raconte cela ?

Je reviens de la réunion contre la « dette » à Reuilly Paris 12 e, (gros succès, 1000 personnes) ou le CADTM, Plenel Médiapart organise avec Attac Copernic une brillante réunion… sans avoir invité complétement la gauche du PS…

Gilbert, t’as lu mon livre « Dette indigne » ? Les idées te plaisent ? A 100 % ? A 50 % ?

En marge de cette réunion, un mec, la soixantaine, remonté, m’a vivement agressé  » – Qu’est ce que tu fous au PS » ? Il faut voter pour tes idées ! Il défendait Mélenchon…
« A quoi tu sers au PS ? » m’a t il demandé ce matin. Ca m’est venu comme une bonne blague et j’ai répondu : « - La première bonne chose que j’ai faite en arrivant au PS, j’ai servi à convaincre Mélenchon de renoncer à Maastricht, ca a pris deux ans, ça a été très dur, on a failli éclater à Brioude, où on étaient réunis tous ensemble, mais on y est arrivé, on a fait un texte pédagogique « Tourner la page de Maastricht » qu’il a fini par signer, pas mal hein ? On a eu la majorité absolue des militants du PS, 52 % des voix à la convention de février 1996 pour ce texte de la gauche socialiste… »

ça ne le convainquait pas. J’ai failli lui parler de notre rôle au sein du PS  sur les 35 h, le TCE, le CPE, la campagne des retraites à 60 ans…  mais j’ai voulu aller trop vite,  trop rapide et trop sûr de moi : « - Allez, tu voteras bien Hollande  le 6 mai ».  Il m’a dit « - Jamais ». Ca m’a fâché. Je lui ai dis « - Là, ça ne va pas, l’abstention, tu le sais, fait le jeu de Sarkozy  ! »
Il est entré en colère féroce :  « - Ah ça suffit le vote utile »
Je lui ai dis « - Ce n’est pas le vote utile dont il est question, moi je ne parle jamais de vote utile, je parle de vote de classe..  je parle du 6 mai. Classe contre classe, on ne peut pas s’abstenir » !
- « Je ne voterais jamais Hollande ni au 1er ni au 2e tour » me répond-il violemment.     Là je lui ai dis qu’il me mettait en colère et qu’on arrêtait la discussion. Terminé ! ça va quoi, patient je suis, mais il y a des limites…
Il revient et me demande  : « - Mais si c’est Sarkozy Le Pen au 2 e tour qu’est-ce que tu votes ? »  Je réponds : « - Je ne vote pas dans ce cas là ».  ( Je n’ai pas appelé à voter Chirac en 2002, je ne suis pas DSK)
Il me dit « - Moi je vote Le Pen, je chamboule tout »
On n’avait plus rien de commun. C’était un ennemi. Hitler peut revenir,  il a chamboulé tout en Allemagne après tout, c’est avec des cons comme ça, en effet.
On était devant une vingtaine de personnes à écouter ce dialogue à la réunion sur la  Dette où je vendais mon livre… on est resté bouche béée.

Je crie :  Unité, unité, unité de toute la gauche, arrêtez les ravages ! Partout !  A gauche et à gauche unie ! sinon on va perdre le 6 mai.

Prélèvements progressifs, redistribution égalitaire et… quotient familial

Ce n’est pas si compliqué que ça d’expliquer qu’il faut une révolution fiscale en se faisant comprendre de dizaines de millions de salariés.

Il faut défendre la hausse des impôts justes et proposer de baisser les impôts injustes.

Les impôts justes sont directs et progressifs

Les impôts injustes sont indirects et proportionnels.

Sarkozy a baissé les impôts justes : il a baissé les impôts des riches et des sociétés. C’est la première cause des déficits et de la dette dans laquelle il a plongé le pays.

Il faut les ré augmenter et reprendre ce qui doit être repris aux riches, aux actionnaires rentiers et CAC 40. Augmenter les impôts des plus grosses sociétés (lesquelles sont moins imposées que les petites) et augmenter les impôts des rentiers et des plus gros possédants. Il faut restaurer des tranches fines d’impôts progressives disons un barème progressif de 1 à 20 (la droite les a réduit de 13 à moins de 5 tranches). C’est un impôt redistributif, pas simplement proportionnel. Il faut que celui qui a une jaguar paie davantage d’impôts que celui qui a une mobylette. Cet impôt est fait pour corriger des inégalités. Aussi bien dans l’héritage que dans la rente et au travail. Il doit, en ces temps de crises exceptionnelles, s’attaquer particulièrement à tous les revenus supérieurs à 20 fois le Smic. Aucun humain quelque soit son génie, ne mérite de gagner plus de 20 fois qu’un autre : à l’école on vous note de 1 à 20 pourquoi vous paierait-on de 1 à 600?  Au-delà de cette limite de 20 fois le Smic, un impôt à 90 % prend tout, comme du temps de Roosevelt lors de la grande crise précédente du capitalisme.

Sarkozy a haussé les impôts injustes, les taxes, sur les sodas comme sur les mutuelles, la TVA, et la TIPP frappant à égalité tous les consommateurs. Un smicard paie deux mois d’impôts en TVA lorsqu’il va au super marché.  Il faut tendre à baisser ces impôts injustes, autant qu’on le pourra progressivement et parallèlement à la hausse des impôts justes. Il faut commencer par baisser la TVA sur les produits de première nécessité et premiers besoins. Ce n’est pas normal qu’un jeune qui met de l’essence dans sa mobylette paie autant d’impôts que celui qui en met dans sa jaguar.

Ensuite, il faut expliquer que les cotisations sociales ne sont pas des impôts mais qu’elles alimentent un budget spécifique basé sur le travail et le salaire. Ce ne sont pas des prélèvements obligatoires mais des prélèvements volontaires. Elles ne sont pas étatisées, ni fiscalisées, c’est une part du salaire mutualisé, indirect, c’est exprès et c’est bien ainsi.

En France, il y a deux budgets. Sur le premier, celui de l’Etat, qui fait autour de 300 milliards, il y a 78,5 % de la dette. Sur le second, le budget des caisses de protection sociale, qui fait 450 milliards, il y a moins de dettes, soit 10,5 %

On peut et l’on doit régler facilement le budget de notre protection sociale, en haussant les salaires bruts et, du même coup, les cotisations sociales patronales qui sont bloquées depuis plus de 20 ans

Enfin on doit expliquer qu’il faut redistribuer égalitairement les droits sociaux, que chacun soit traité de la même façon face à la maladie, à l’hôpital, face au chômage, au coût des familles nombreuses, au logement, aux accidents ou a la retraite.

Il n’y a pas trop de dépenses publiques dans ce pays, au contraire il en manque : car de 1996 à 2008 les dépenses publiques ont baissé, trop baissé, alors que la France s’enrichissait, les dépenses publiques  ne sont donc pas à l’origine de la dette. Il faut RE-DIS-TRI-BUER ! Et cela permet de comprendre le sens, l’utilité de l’impôt comme celui de la cotisation.

Par exemple : les allocations familiales et les aides aux enfants, aux familles nombreuses doivent être les mêmes pour toutes et tous de la naissance à l’âge adulte. Mais, dira t on alors, il va être donné autant d’argent à celui qui a une jaguar ou une mobylette. Là, oui, car il s’agit de redistribution. Et c’est normal puisque celui qui a une jaguar paie beaucoup plus d’impôts que celui qui a une mobylette. On a entendu « oui mais alors on va donner des allocations familiales à l’héritière Bettencourt » : ce n’est pas grave car on va lui donner quelques centaines d’euros multipliés par son nombre d’enfants mais on lui aura pris quelques centaines de millions d’euros auparavant. Leur foyer “fiscal” est calculé pour tous en même nombre de parts selon le nombre d’enfants ?  Oui, mais l’ensemble de leur revenu est soumis à un impôt qui, lui, est progressif ! Ce n’est pas au niveau de la redistribution qu’on corrige les inégalités mais au niveau du prélèvement. De même que ce n’est pas au niveau des retraites qu’on corrige les inégalités antérieures de salaires.

Autre exemple : Raffarin expliquait qu’il ne fallait pas rembourser de la même façon le bras cassé de celui qui était aux skis et le bras cassé de celui qui tombe sur son trottoir d’en face. Si !  Il faut les rembourser de la même façon, ils ont absolument droit aux mêmes soins, dans le même hôpital, côte à côte, dans la même chambre. Sinon il finira par y avoir un hôpital pour les bras cassés des riches et un hôpital pour les bras cassés des pauvres.

Autre exemple : Alain Minc explique volontiers que lorsque son vieux père de 102 ans a été soigné, cela ne lui a rien coûté, il a été pris en charge, et qu’il aurait pourtant eu les moyens de payer lui-même. Il dit le regretter (c’était dans une émission récente sur LCP en face de moi, et hélas, Serge Moatti lui concède « être d‘accord avec lui sur ce point »). Eh, bien non, car s’il y a une prise en charge de la dépendance, elle doit être demain la même pour tous, sinon il y aura des mouroirs pour les pauvres et des hôtels de luxe pour les riches. Il faut que le vieux conducteur de jaguar et le vieux conducteur de mobylette perçoivent la même aide.

 

Prélèvements progressifs.

Hausse des impôts justes, baisse des impôts injustes.

Redistribution égalitaire.

Ce sont des slogans faciles. Clairs, mobilisateurs pour des millions d’électeurs : il y a 20 millions d’électeurs à gagner le 6 mai.

Ce ne sont pas des explications emberlificotées dans de la vieille dentelle sur les retraites ou sur les impôts qui permettront de gagner

Il faut que chacun reçoive le message en positif : pas question d’opposer des catégories à d’autres, ni ceux qui gagnent 4000 euros à ceux qui en gagnent 1000. Il y a assez a faire en s’attaquant aux hautes fortunes, aux grands du CAC 40, aux rentes, aux patrimoines géants. Il n’y a pas de courage à s’attaquer à ceux qui perçoivent 4000 euros, si on ne s’attaque pas à ceux qui ont plus de 20 fois le Smic c’est à dire plus de 20 000 euros.

pourquoi donc prendre la révolution fiscale par le bout du « quotient familial » ? Si l’on veut augmenter les impôts des riches pourquoi ne pas le faire franchement en augmentant le nombre de tranches et le taux de la dernière tranche. Avec 20 tranches d’imposition et une dernière tranche taxée à 90 % personne ne poserait plus le problème. Ensuite parce que traiter différemment les enfants ne présage rien de bon pour les allocations familiales : ça ouvre le risque est qu’elles ne soient plus versées que sous condition de ressources. Jospin avait déjà mis ça sur le tapis puis il avait réfléchi et reculé. Carter l’avait fait et Reagan n’avait plus eu qu’à mener campagne contre « ces femmes noires célibataires avec plusieurs enfants nés de partenaires différents qui mangent des steaks moelleux alors que vous êtes obligés de vous contenter d’un hamburger » (en substance) pour rayer les allocations familiales de la carte. Les couches moyennes du salariat, déjà privées d’allocations familiales, n’avaient pas fait un geste pour défendre celles des plus pauvres.

De toute façon dans ce pays, 98 % des salaires sont inférieurs en net à 3200 euros. : il n’y a pas de « classe moyenne », il y a un haut, un milieu et un bas du salariat, il faut des solutions unifiantes, compréhensibles en termes d’impôts comme de cotisations sociales. Nous les avons dites ici.

Encore et toujours rassembler la gauche ! Unité

Les conflits Seafrance, Petroplus, Lejaby … font la « une » de l’actualité.
Les attaques se multiplient pour abaisser le coût du travail, alléger les cotisations patronales, transférer le financement des entreprises vers les salariés via la TVA, préparer de nouveaux arbitrages entre salaire et emploi au détriment des deux, raboter encore plus le code du travail. Et la règle d’or va revenir avec un traité européen nouveau imposé à marche forcée, plus grave encore que le TCE de 2005 car il constitutionalisera l’austérité.

Cette situation appelle une riposte sociale et politique.

La riposte sociale, elle appartient aux syndicats. Unis, ils peuvent prendre des initiatives dans toutes les entreprises du pays pour dire non à la TVA sociale, non au blocage des salaires, non aux licenciements : ce n’est pas aux salariés de payer la crise mais aux financiers et aux banques qui l’ont provoquée.
La riposte sociale, c’est aussi l’action européenne. Dans tous les pays d’Europe des millions de jeunes et de salariés ont manifesté, sur les mêmes mots d’ordre contre la rigueur. A l’heure où les dirigeants européens prétendent constitutionnaliser la rigueur, il faut construire une riposte européenne.

La riposte politique est tout aussi indispensable. Elle est le prolongement, la traduction des exigences sociales sur le plan politique. Elle doit être unitaire. Hollande a invité les responsables syndicaux à discuter. Très bien sur la forme. Sur le fond, une majorité qui regarde à gauche attend des réponses plus nettes sur les questions sociales, contre les marchés financiers, pour une Europe sociale, pour la retraite à 60 ans, pour un autre partage des richesses.

Proposer et rassembler à gauche pour combattre le FN

La remontée du FN qui s’est manifestée depuis les régionales, affirmée aux cantonales … peut mordre davantage sur une partie de l’électorat. Le discours économique et social tenu par le FN depuis plusieurs mois a cette fonction. Et on entend clairement dire « au moins elle parle de nos problèmes », ce qui signifie tout autant à l’adresse de la gauche : « Parlez de nos problèmes ! ».
Sarkozy est, bien sûr, le premier responsable de cette remontée du FN. Il a banalisé le discours d’extrême-droite (identité nationale, immigration, délinquance). Les grands médias ont aussi largement contribué à répandre le mythe du « changement » du FN. Pour répondre, il ne suffit pas de dire « je prends çà au sérieux ». Il faut des propositions susceptibles de briser la montée des intentions de vote pour Le Pen et il faut l’unité. C’est possible et c’est même attendu !

Hollande seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy

Si  tous les possédants sont derrière Sarkozy par intérêt, la bourgeoisie peut à tout moment, si c’est son intérêt, appuyer une alliance Sarkozy-Le Pen. Si une grosse majorité soutient Sarkozy, des interrogations existent qui se manifestent par la multiplication des candidatures à droite peu crédibles aujourd’hui, si ce n’est la tentative Bayrou. Car Bayrou, qui se nourrit aussi des insuffisances de la gauche, attire à droite ceux qui commencent à douter de la victoire de Sarkozy. Ces éléments épars sont le signe d’une crise de représentation politique à droite. Ils se transformeraient en une crise profonde si la gauche gagnait en mai et juin 2012. A contrario, une réélection de Sarkozy serait catastrophique pour la situation de millions de salariés ! C’est pourquoi D&S soutient sans réserve la candidature de François Hollande, seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy.

Pour l’unité PS-Verts-Front de Gauche

Pour ancrer la campagne à gauche, il faut répondre aux salariés confrontés aux fermetures d’entreprises, confrontés aux difficultés de pouvoir d’achat, de soins médicaux, de mal logement…Il y a des initiatives où toute la gauche se retrouve pour débattre comme sur le logement à l’initiative de la Fondation Copernic et du DAL. Les syndicalistes débattent sur salaires, retraites, emploi … c’est cela qu’on doit mettre au centre de la campagne. C’est cela qui unifie.

Il faut dès à présent préparer une  majorité PS, EELV, Front de gauche à l’Assemblée. Elle doit se constituer pour répondre aux urgences sociales et environnementales. Il faut poser la question d’un accord de gouvernement. Une rencontre des 3 forces pour un programme de législature partagé, pour un programme de gouvernement est nécessaire.  C’est surtout le signal qu’attendent des millions d’électeurs pour s’engager pour le changement maintenant. Il y a une base pour construire un tel programme partagé, c’est de partir des projets des 3 forces politiques à gauche et d’en discuter.

Sans unité rien de grand ne sera possible ! Il ne s’agit pas seulement d’une unité arithmétique, il s’agit de créer une dynamique aussi puissante que celle qui a mis 8 millions de salariés dans la rue pour la retraite à 60 ans. Et alors, la victoire électorale sera au rendez-vous avec la mobilisation nécessaire pour le changement.

 

édito de la lettre de D&S n° 101 le 11 janvier 2012