Aucun article de statut ne permet d’exclure un député socialiste qui ne vote pas la confiance à un gouvernement qui défend une ligne opposée à celle du parti

et un premier secrétaire pas élu est mal placé pour prétendre faire le père fouettard à la vieille mode stalinienne  Comme dit Gérard Collomb, « avec valls nous pensions le projet socialiste irréaliste » sauf que le projet socialiste a été voté à l’unanimité, tout député socialiste qui refuse la confiance à Valls sur son discours opposé à ce projet est légitime !

20 élus socialistes du 64 s’adressent au gouvernement

La députée Nathalie Chabanne. © Photo

ARCHIVES « SO »

Ils sont 20 élus ou responsables socialistes des Pyrénées-Atlantiques à suivre Nathalie Chabanne, députée de la deuxième circonscription pour rappeler Manuel Valls aux engagements pris par François Hollande lors de son discours du Bourget.

Si on savait la députée béarnaise parmi les « frondeurs » de l’Assemblée nationale, d’autres élus sortent du bois (1) à travers cette lettre, et grossissent les rangs des critiques du tournant libéral du Gouvernement. « La ligne politique réaffirmée par le Premier ministre Manuel Valls apparaît en rupture avec les 60 engagements de campagne de François Hollande », écrivent les co-signataires (1).

« Les récentes décisions du Gouvernement sur le pacte de responsabilité, le CICE, les 50 milliards d’économies sur le budget de l’État, des Collectivités territoriales et de la protection sociale ont été décidées sans un débat approfondi au sein du Parti socialiste. Ces mesures risquent, à terme, d’étouffer toute reprise et d’accroître les difficultés pour nombre de nos concitoyens », poursuit la lettre, qui ajoute : « La gauche a l’obligation de faire preuve d’audace et d’imagination pour proposer des solutions efficaces face aux inégalités indécentes, au chômage qui détruit, à une crise qui brutalise les plus modestes. »

Dissensions

Si au sein du PS national, la fracture menace, la sortie des 20 signataires marque a minima des dissensions au sein de la Fédération du PS, quand on sait que des parlementaires comme David Habib ou Martine Lignières-Cassou s’apprêtent à voter la confiance à Manuel Valls mercredi.

Mais comme l’écrivent les « frondeurs » d’ici : « C’est notre responsabilité, élus socialistes des Pyrénées-Atlantiques, d’interpeller le Gouvernement et de lui exprimer le désarroi et la révolte de nombre de nos concitoyens ».

(1) Parmi les signataires, on trouve les conseillers généraux Marie-Christine Aragon, Marie-Pierre Cabane, Michel Chantre, Kotte Encenaro, Natalie Francq, Christian Petchot-Bacqué, André Berdou, Henri Etcheto, Christophe Martin et Claude Serres-Cousiné. Les conseillers régionaux Bernard Uthurry, Anne Bernard, Pierre Chéret et Mathieu Bergé, ou encore le maire de Billère, Jean-Yves Lalanne.

Intervention au Bn du mardi 9 septembre 2014

 

Je l’avais dit ici, il y a un peu plus d’un an : nous sommes comme dans un TGV, bien installés dans le siège, tranquilles, il y a la lumière, il y a le paysage, nous avons nos ordinateurs, nous roulons à 300 à l’heure, mais… nous allons nous fracasser dans le mur.

J’avais dit cela avant le 30 mars et avant le 25 mai. Nous nous sommes déjà écrasés deux fois, mais on a une orientation qui fait comme si de rien n’était, et on continue dans un train fantôme, à faire comme si… « On » : c’est le gouvernement, c’est la ligne politique qui est devenue carrément libérale, et qui n’a plus rien à voir avec nos projets, nos promesses, notre raison d’être en tant que socialistes. Le gouvernement est plus minoritaire aujourd’hui qu’hier, il a rejeté encore tout un pan du parti socialiste, il se recroqueville sur une politique maintenue de façon volontariste contre tout bons sens.

Est-ce de l’autisme ? Non, le mot n’est pas bon, mais il y a de l’aveuglement, de la surdité à la fois.

Comment le putsch du 25 août a-t-il pu être possible ?  Comment le Président, qui, aux Comores, avait dit que le langage d’Arnaud Montebourg était compatible, s’est-il converti, arrivé à Paris, devant son 1er ministre, à un nouveau gouvernement plus restreint, plus droitier que le précédent ? Pour gouverner, il faut rassembler, donner confiance ; comment en arrive-t-on à un gouvernement qui divise, qui s’isole, et qui, dans les sondages connaît ensuite, sans surprise, cet effondrement ? François Mitterrand disait qu’il fallait d’abord « rassembler les socialistes » ; ce n’est délibérément pas le cas aujourd’hui. Et rien n’a jamais réussi à la gauche sans unité ; or là, ni les Verts, ni le FdG, ni le MRC ne nous soutiennent ni ne participent.

Et voilà qu’en guise de réponse à nos objections, à notre volonté de rester sociaux et socialistes, Manuel Valls nous multiplie les chantages, à la dissolution, à la crise institutionnelle, à Le Pen… Mais d’abord pourquoi menacer de dissoudre ? La majorité existe, c’est notre majorité de gauche.  Seul notre parti a 290 députés, mais avec ses partenaires il y a 340 députés de gauche. Il y a parfaitement place pour une autre politique, et il y a une majorité rose-rouge-verte pour la conduire. Moi, Président, je réunirais toute la gauche, et je dirais : « Nous sommes dans une situation de crise terrible, le patronat ne veut rien entendre, avec Gattaz ça ne marche pas, il se moque de nous de façon irresponsable, refuse toute action positive, en réclame toujours davantage sans rendre rien. Donc il faut réorienter, la gauche doit s’unir et se remobiliser ; appuyons-nous sur le salariat, il n’est pas trop tard, c’est même urgent, travaillons à mettre à jour un programme d’action immédiat, réforme fiscale, taxation des dividendes, redistribution, hausse des salaires… et on fait un gouvernement rose-rouge-vert pour conduite ce nouveau cours de la fin du quinquennat…  On doit pouvoir, ensemble, au moins prendre sur les dividendes et hausser les salaires, non ?

Il ne faut pas « agiter Le Pen » ; elle a fait 9 % des voix des inscrits le 25 mai, elle a perdu 1,2 million de voix, entre mai 2012 et mai 2014. Mais c’est notre faute, ce résultat. Parce qu’on désespère la gauche et que nos électeurs s’abstiennent. C’est à cause du fait qu’on décourage nos électeurs,  qu’ils s’abstiennent et c’est à cause de cette abstention, sans gagner elle-même de voix, par défaut, que Le Pen est en tête. Et si elle est en tête depuis dans les sondages, c’est qu’elle se nourrit de cette situation. Si nous menions une politique de gauche, nous la ferions reculer, ça aurait l’effet attribué à l’ail contre les vampires.

 

Car, comme dit Michel Sapin, c’est « la panne ». Tous les signaux sont au rouge. Chômage, dette, quasi déflation, croissance zéro, et bien sûr, il n’y aura pas 3 % de déficit, objectif inatteignable et absurde, puisque en le recherchant on nourrit la récession qui assèche les recettes fiscales, ce qui creuse le trou des déficits !…

Et c’est là, au milieu de tout ça, au lieu de redonner à nos concitoyens, aux salariés qui produisent les richesses, à nos électeurs, des éléments de confiance, que le premier ministre va faire un discours dithyrambique au Medef, sans donner aux « salariés » la place qu’ils méritent. Alors que le Medef se moque, que Gattaz ment ;  moi, j’ai entendu, de mes oreilles,  Laurence Parisot dire qu’il n’était pas question de contreparties, pas question de signer un « pacte », qu’ils allaient « se sortir de ce piège »… Ce sont des adversaires acharnés de la gauche ; inutile de croire qu’on va les séduire ou les acheter ; seuls leurs intérêts, leurs « marges » les guident, et ils savent qu’ils obtiendront encore mille fois plus de la droite…

Comment dire « j’aime l’Entreprise » ? Il n’y a pas  d’Entreprise ! ça n’existe pas, il existe 1,2 million d’entreprises toutes différentes, rien à voir entre les 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 48 % du Pib et le million de TPE de moins de 10 salariés. Et il est impossible d’aimer LES entreprises sans aimer les salariés, car elles ne valent rien, n’existent pas sans salariés. Ce contre-sens qui consiste à croire qu’en couvrant le Medef de milliards sans contrepartie,  ils vont créer l’emploi pour lequel nous militons. Ils ont intérêt au chômage, ils ne produisent qu’à 70 % de nos capacités productives, ils préfèrent leurs marges à l’emploi. Ils ne cessent de se plaindre sur leurs marges comme un paysan sur les saisons. (et leurs marges sont en moyenne de 28 %, de quoi se plaignent-ils ?  c’est la moyenne des marges pendant les « 30 glorieuses », sauf que la finance exercant son empire se refuse qu’ils s’en contentent aujourd’hui !)

On va voir les négociations par branches comme une litanie de faux semblants, de fausses promesses, d’évitements, d’imprécisions ; partout ils encaisseront, partout, ils licencieront, et il faut dire que les licenciements leur sont facilités depuis l’ANI, la loi du 14 juin 2013. Les Direccte ont même reçu la directive d’arriver à « zéro refus d’homologation » c’est-à-dire d’accepter tous les plans sociaux, ce qui est incroyable quand on prétend lutter contre le chômage.

Et on se sent mal à gauche quand François Rebsamen choisit de dire qu’il faut contrôler les chômeurs. Ça nous casse le moral dès le lundi matin. Ce n’est pas la lutte contre la fraude fiscale de 80 milliards qui est mise en avant, non, mais c’est celle contre la fraude présumée de 28 millions au Pôle emploi. Pourtant, on sait qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, c’est de cela qu’on devrait s’inquiéter, non ? On sait que les aides sociales ne sont pas consommées, à peine à moitié ! Pourtant, on sait que ces aides sociales non consommées sont largement supérieures à la fraude présumée. Pourtant, on sait que Pôle emploi est déjà l’objet de directives très sévères (malgré les carences en personnel) et qu’il y aurait eu 41 000 radiations pendant le seul mois de juin. Les radiations atteindraient 2,5%, mais c’est énorme car il y a 5 992 000 chômeurs toutes catégories confondues, outremer inclus. Non, ce n’est pas quand on échoue à faire reculer le chômage qu’il faut donner l’impression de s’en prendre aux chômeurs : leurs indemnités ne sont pas une aumône, mais un dû, ils ont cotisé, ils ont longuement payé pour une assurance chômage. C’est une assurance, ce qu’ils reçoivent n’est pas un abus.

Et que nous dit la presse d’aujourd’hui ? que la question des « seuils sociaux » est au centre de la rentrée, que le travail du dimanche va être traité par ordonnances, puis que ce n’est pas le cas, mais qu’on va « simplifier le code du travail » alors que celui-ci a déjà été passé à l’acide par la droite et le Medef de 2004 à 2012. Allons : à ne pas être à gauche, à être libéral à contre-vocation, il ne faut pas s’étonner des sondages, ni qu’on aille dans le mur.

les « sans-dents » et nos soins dentaires

François Hollande appelait-il les pauvres, avec ou sans humour noir, les  « sans dents » comme l’écrit Valérie Trierweiler dans son livre « Merci pour ce moment » ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais cela n’a pas la moindre importance.

La seule question pertinente serait plutôt de savoir si la politique menée par François Hollande a amélioré le sort de ceux qui ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux soins dentaires. Plus d’un Français sur trois a déjà dû, l’an dernier, renoncer à ce type de soins pour des raisons financières. Médecins du monde souligne qu’en France, l’état de santé dentaire des plus de 40 ans est « particulièrement dégradé » surtout chez les plus pauvres et que les plus de 60 ans ont, en moyenne, « 15 dents absentes». La Sécurité sociale rembourse plutôt correctement les soins dentaires mais le remboursement des prothèses dentaires n’a, le plus souvent, qu’un lointain rapport avec les tarifs pratiqués par les dentistes.

François Hollande n’a strictement rien fait pour résoudre ce problème, qu’il s’agisse de l’encadrement du prix des prothèses dentaires ou de l’amélioration de leur remboursement. Les contrats souscrits dans le cadre de la CMU et de l’aide à la complémentaire santé sont restés, pour l’essentiel, des contrats « bas de gamme » qui ne permettent pas d’accéder à des soins de qualité. Nombre de services d’urgence hospitalier ont été touchés par les restrictions budgétaires et la réduction de 21 milliards d’euros des dépenses de la Sécurité sociale, prévue par le « pacte de responsabilité », risque d’accroître le nombre de personnes qui devront renoncer à des soins dentaires.

En réponse aux assertions de Valérie Treiweiler, François Hollande affirme l’authenticité de sa « relation humaine avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres ». Il n’y a aucune raison de douter de son affirmation. Mais, là encore, qu’on en doute ou non n’a guère d’importance. Les bonnes intentions ne suffisent pas : l’enfer en serait pavé. La seule question qui se pose est politique : pourquoi François Hollande a-t-il laissé la pauvreté s’approfondir dans notre pays ?

Sans une politique en faveur du Medef et des banques, menée par un Président de gauche qui s’est fait élire sur un programme à l’exact opposé, les propos de Valérie Trierweiler, n’auraient jamais pu rencontrer un tel écho. C’est cette politique qui a rendu François Hollande à ce point vulnérable.

Si l’on cherche à tout prix à trouver une morale à tout cela, elle pourrait être celle-là : peut-être, vaut-il mieux, comme la Finance, faire partie des ennemis de François Hollande plutôt, que, comme les pauvres, être de ses amis.

JJ Chavigné

Quelles entreprises raflent la mise des 41 milliards de Valls ?

Dans un débat sur France 24 un représentant du Medef, Thibault Lanxade me défendait l’Entreprise, « créatrice d’emplois » en des termes que Manuel Valls n’aurait pas renié. Mais tout patron qu’il était, il ne savait pas ce qu’étaient les entreprises de notre pays.

L’Entreprise avec un grand « E » ça n’existe pas, c’est un MYTHE. Il existe 1,2 million d’entreprises très différentes. Elles n’ont rien à voir entre elles : CAC 40, grands groupes, ETI, PME-PMI ou TPE.

Thibault Lanxade s’indignait que je dénonce principalement les 1000 entreprises qui, à elles seules, produisaient 48 % du PIB, décidaient de tout et captaient l’essentiel des 41 milliards que Valls allait distribuer. Il entendait, lui, Medef, nous rebattre les oreilles avec les ETI, PME, et TPE.

Mais les entreprises de taille intermédiaire (ETI, entre 250 et 4999 salariés, 2,8 millions de salariés)) censées être l’épine dorsale des exportations sont en fait sous contrôle des grands groupes. Les ETI « indépendantes » ne jouent qu’un rôle très marginal dans l’économie et dans les exportations avec 166 000 salariés.

Quand aux PME (plus de 10 mais moins de 250 salariés) dont il me rabattait les oreilles, dans 1 cas sur 2 elles n’ont qu’un seul donneur d’ordre, ce sont des filiales des groupes, des unités sans autonomie ni même parfois de consistance. De nombreuses PME  ont été rachetées par les grands groupes sans lesquels elles n’existeraient pas. Elles ont été créées pour « externaliser » un service de l’entreprise-mère ou échapper à des seuils sociaux (11 ou 50 ou 300 salariés) ou faire sortir des salariés du champ d’une convention collective. Les PME sous contrôle d’un groupe emploient 1,450 million de salariés !

Certes les PME « indépendantes » emploient encore 2,070 millions de salariés mais sur un total de 17 millions de salariés, ca ne représente que 12,5 % des salariés du secteur marchand, ce qui est très loin des 50 % à 70 % annoncé par le porte-parole du Medef ! 97 % du total des entreprises ont moins de 50 salariés.

Quant aux TPE (moins de 11 personnes, 4,2 millions de salariés) elles emploient 19 % des salariés du secteur marchand (hors agriculture). Il s’agit, notamment, des artisans et des commerçants. Il n’y a rien à voir entre la faiblesses du million de TPE de moins de 11 salariés et la puissance des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés.

Alors qui est-ce qui rafle les crédit impôts compétitivité (CICE) et les 41 milliards du « Pacte » dit de « responsabilité » ?

Ce sont bel et bien les « groupes », en France,  2 % des entreprises qui emploient 64 % des salariés (50 % dans les groupes français et 14 % dans les groupes étrangers) et réalisent 70 % de la valeur ajoutée. Ce sont les 217 entreprises de plus de 5000 salariés qui emploient 31 % des salariés qui se goinfrent le plus des milliards de l’état. Et pourtant ce sont elles qui ont les marges les plus élevées, qui licencient le plus, qui embauchent le moins !

Affiche Finale

 

à lire dans ma chronique hebdomadaire de l’ Humanité Dimanche n°202

Négociations de branches pour le CICE et le « Pacte de responsabilité » ? Du vent !

« Le patronat n’a pas passé la vitesse supérieure. Il doit aller plus vite. Il faut qu’il fasse son boulot ! » s’insurge Laurent Berger, selon qui « deux branches professionnelles ont signé un accord, vingt ont ouvert des négociations, quatre font un état des lieux sur leur situation économique et sociale, vingt-quatre n’ont rien fait du tout. Ce n’est pas acceptable ! »

Sur les 700 branches, à peine 47 « sont mobilisées ». A peine « une vingtaine devrait finaliser leurs discussions d’ici à la fin octobre » assure le Medef dans un communiqué.

Et encore, ce chiffre est-il contesté par les syndicats, mais aussi par la CGPME : « Nous avons beaucoup de branches en commun avec le Medef, et d’après ce que nous voyons, c’est bien moins. » Pour beaucoup, l’engagement se limite à de vagues discussions.

Ce n’était pas la peine d’introduire dans l’ANI du 11 janvier 2013 que les Comités d’entreprises pourraient demander des comptes sur l’emploi du CICE ! Le patronat se moque impunément de sa propre signature ! (cf. Bilan de l’Ani dans le dernier livre « comment résister à la démolition du Code du travail ? » Ed le vent se lève, 116 p 10 euros Gerard Filoche, préface de Thierry Lepaon)

Les accords tangibles sont au nombre de deux : dans la chimie et dans la métallurgie.

Le ministre des Finances se met donc à expliquer qu’il ne fallait « pas attendre d’effets directs sur les embauches du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi » (CICE).

Cet avantage fiscal est d’après lui destiné « à aider les entreprises à reprendre l’initiative ».

Il ne faut plus selon lui s’attendre à un effet direct du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) sur les embauches » ose dire Michel Sapin lors d‘une visite du site de la société Broc Service Frais à Feyzin, près de Lyon, vendredi 5 septembre :

« Ce n’est pas comme ça que fonctionne l’économie, ce n’est pas comme ça que fonctionne une entreprise : le CICE est là pour aider les entreprises à reprendre de l’initiative », a-t-il affirmé.

« L’initiative cela peut être de sauver une entreprise »

« L’initiative, cela peut être un investissement, cela peut être de sauver une entreprise », a ajouté Michel Sapin.

S’il y a « des entreprises qui grâce au CICE ne vont pas créer un emploi », le ministre considère néanmoins qu’elles « vont éviter d’en détruire ». Et d’ajouter : « Le CICE vient d’être versé, donc on ne sait pas à quoi dans chaque entreprise il peut être utilisé ».

Lire CICE : « Il y a une responsabilité évidente des entreprises françaises » (Sapin)

Tout ça parce que le « Rapport d’évaluation du CICE » est censé être fait rendu bientôt ! le Comité de suivi du CICE, présidé par Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie et à la prospective, doit présenter d’ici la fin du mois ce rapport « d’évaluation de ce dispositif. »

En 2013, le CICE représente 4 % de la masse salariale des salaires inférieurs à 2,5 Smic, et 6 % en 2014. En régime de croisière, il doit représenter un budget de 20 milliards d’euros annuels. Tout ça pour dire qu’il n’y a « pas de relation directe avec la création d’emplois » !

Prenons l’exemple concret de la branche chimie souvent évoqué :

L’industrie chimique en France a perdu 41704 emplois de 2000 a 2013 pour des bénéfices en considérable hausse. Elle est passée de 244 685 à 203 161 emplois selon le patronat de l’UIC (union des industries chimiques). La chimie ca pèse 83 milliards, pour les raffineries, le caoutchouc, la plasturgie, la pharmacie… On cite Sanofi, Arkema, Rhodia, Michelin, Faurecia, Loreal, Alcan-Pechiney…

Alors le CICE puis les milliards du « pacte dit de responsabilité » vont être déversés au secteur : pour la seule branche chimie ce sera 80 millions de C3S, 180 millions de baisse d’impôts, 290 millions de CICE, 80 millions d’exonérations de cotisations patronales. Au total : 685 millions d’euros.

« Ca va être bénéfique pour l’emploi » affirmait le président Hollande le 14 juillet. L’UIC annonce en effet 47 000 recrutements d’ici 2017. Soit environ 15 000 par an pendant 3 ans.

Faut il y voir un exemple fameux de « contrepartie »  patronale aux centaines de millions reçus par cette branche chimie ? (Notons que cela revient très cher : 140 000 euros par emploi).

Mais seront-ce des emplois  » nouveaux » ?

Non, pas du tout affirme à juste titre la branche CGT chimie. Car en 2013 il y a déjà eu 15 689 recrutements « naturels » (8755 en CDI, 6924 en CDD) qui ne compensent d´ailleurs même pas les départs  » naturels » en retraite, les restructurations, fin de CDD, etc. Le « solde » est négatif depuis 2000 de 1,5% par an.  Mais alors ca va continuer : cela correspond simplement, en prolongeant ces calculs, aux 47 064 annoncés sur trois ans.

« Supercherie » crie la CGT ! Mais non, pas du tout, réplique cyniquement l’UIC car ce sont des emplois que nous ne supprimerons pas alors qu’ils l’auraient été !

Y’aura t il tout de même un excèdent de création d’emplois?

Autour de 1000 emplois en plus par an explique candidement l’UIC ! Alors ça coûte encore davantage de subventions publiques en plus pour ces mille emplois privés, le cout est énorme ! rétorque la CGT.

Et chacun de comprendre, à partir de cet exemple industriel concret et précis (mais on peut aussi se remémorer les 3 milliards donnés sans aucun effet emploi pendant 5 ans aux patrons de la restauration, ils auraient financé 100 000 fonctionnaires…) qu’on est pas près d’inverser la courbe du chômage.

On comprend que Berger s’inquiète, le Medef ne se presse pas et fait du vent, Michel Sapin prend les devants en expliquant que si on connaît la vie des entreprises, il ne faut s’attendre à rien.

Si on connaît la vie des entreprises au 2° trimestre, on sait qu’elles ont distribué 30, 3 milliards de dividendes alors qu’elles recevaient 7 milliards de CICE.

On va se faire saigner 50 milliards de nos besoins publics pour en donner 41 milliards aux actionnaires qui se goinfreront tandis qu’on restera avec 5,9 millions de chômeurs toutes catégories confondues.

 

 

 

 

 

Arrêtez le bashing personnel, ce n’est pas François Hollande qui est en cause, c’est la ligne politique d’austérité

Pourquoi ils en font tant contre la personne de Hollande ? C’est pour protéger sa ligne politique. Personnaliser la politique c’est dépolitiser les personnes.

C’est le sens de la grande offensive contre le président, c’est pour ça qu’on ne parle plus des 41 milliards donnés aux patrons, et des 50 milliards arrachés de nos besoins sociaux.

Parlent-ils des dégâts de l’ANI ?  Non ils parlent de la pluie qui mouille le président.

Parlent ils de la hausse du chômage à cause de la facilitation des licenciements de la loi du 14 juin 2013 ?  Non ils parlent de la monture des lunettes du président.

Parlent-ils de l’explosion des CDD et autres contrats précaires ? Non ils parlent du putsch de Valls qui force la main au Président pour éliminer une partie PS du gouvernement.

Parlent-ils des seuils sociaux ? Non il n’y encore eu aucune information et aucun grand débat là-dessus, mais ils discutent tous les jours de la démission ou de la dissolution du gouvernement.

Parlent-ils des déficits et de l’échec à les réduire du fait de l’austérité qui nourrit la récession ? Non pas de débat là-dessus, ils parlent du livre de Trierweiler.

Parlent-ils des dégâts de la politique de la BCE et du suivisme de l’exécutif français à son égard ?  Non ils parlent de l’impétueux Macron.

et pourtant ils sont là, tous les officiels de la pensée dominante, les hauts du pavé, les pseudo économistes atterrants, les petits, les moyens les gros Macron, à « c’dans l’air » ou « mots croisés », totalement engloutis dans cette imbécile politique libérale qui est devenue celle de la gauche, et ils se régalent de pouvoir casser la gauche, eux qui défendent, en pire ce qui la fait échouer

Ainsi, ils ne laissent pas voir que c’est la politique d’austérité qui est rejetée, ils tentent de faire croire que c’est l’homme, que c’est le président, que c’est François Hollande. C’est un leurre.

Ils veulent gommer François Hollande pour… sauver te continuer sa politique.

Ils le font de façon systématique éhontée, ils vont même jusqu’à tronquer des photos quand le Président reste assis ou lève la tête, pour le montrer hésitant ou affaibli ou distrait, ou pas dans le coup. Ils ne lui rendent même pas hommage quand il se force comme son public à rester sous la pluie au cours d’une cérémonie. Rien ne lui est épargné à titre personnel jusqu’à lui faire dire, sans preuve, et de façon non crédible, des mots indignes ou à contre sens.

Moi, je le redis, ce n’est pas l’homme qui est en cause. François Hollande n’est ni Flanby, ni fraise des bois, ni capitaine de pédalo, ni anti pauvres, il est plutôt brillant intelligent avec un grand esprit de synthèse, et il est courageux et déterminé, ferme et décidé pour faire ce qu’il fait.

Mais c’est ce qu’il choisit de faire, pas lui, qui est en cause.

il a choisi les marchés et la courbe des taux d’intérêt, pas son électorat, or on ne gouverne pas contre son électorat

Le problème n’est pas dans la personne du président, il est dans la ligne politique du président.  Il est entouré de banquiers et de libéraux, et il n’entend qu’eux, ne pondérant même plus sa politique d’un vernis de gauche. C’est là qu’est le mal, dans la politique pas dans la personne.

il s’est laissé influencer par Valls et a accepté à plusieurs reprises ses diktats inclus le putsch du 25 aout, or valls lui même defend une ligne plus a droite que Blair, et minoritaire dans le parti socialiste, dans la gauche et dans le pays.

Alors François Hollande peut aussi changer, rien n’est joué, car il n’existe pas qu’une seule politique, il l’avait dit. Il est capable de tenir compte des rapports de force et si Valls est battu demain à la confiance et ou après-demain au budget au Parlement, le président est capable de comprendre ce que cela signifie et de corriger le tir en nommant un autre gouvernement correspondant aux aspirations de sa majorité et de ses électeurs.

A un certain stade, à laisser courir où à reprendre les attaques de la droite contre le président,  on se fermerait la porte de l’alternative qui reste ouverte à l’Assemblée. Oui, le président peut écouter la démocratie, le Parlement, la majorité rose rouge verte.

 

 

Les « sans-dents » ?

François Hollande appelait-il les pauvres, avec ou sans humour noir, les  « sans dents » comme l’écrit Valérie Trierweiler dans son livre « Merci pour ce moment » ? Nous ne le saurons sans doute jamais mais cela n’a pas la moindre importance.

La seule question pertinente serait plutôt de savoir si la politique menée par François Hollande a amélioré le sort de ceux qui ont de plus en plus de difficulté à avoir accès aux soins dentaires. Plus d’un Français sur trois a déjà dû, l’an dernier, renoncer à ce type de soins pour des raisons financières. Médecins du monde souligne qu’en France, l’état de santé dentaire des plus de 40 ans est « particulièrement dégradé » surtout chez les plus pauvres et que les plus de 60 ans ont, en moyenne, « 15 dents absentes». La Sécurité sociale rembourse plutôt correctement les soins dentaires mais le remboursement des prothèses dentaires n’a, le plus souvent, qu’un lointain rapport avec les tarifs pratiqués par les dentistes.

François Hollande n’a strictement rien fait pour résoudre ce problème, qu’il s’agisse de l’encadrement du prix des prothèses dentaires ou de l’amélioration de leur remboursement. Les contrats souscrits dans le cadre de la CMU et de l’aide à la complémentaire santé sont restés, pour l’essentiel, des contrats « bas de gamme » qui ne permettent pas d’accéder à des soins de qualité. Nombre de services d’urgence hospitalier ont été touchés par les restrictions budgétaires et la réduction de 21 milliards d’euros des dépenses de la Sécurité sociale, prévue par le « pacte de responsabilité », risque d’accroître le nombre de personnes qui devront renoncer à des soins dentaires.

En réponse aux assertions de Valérie Treiweiler, François Hollande affirme l’authenticité de sa « relation humaine avec les plus fragiles, les plus modestes, les plus humbles, les plus pauvres ». Il n’y a aucune raison de douter de son affirmation. Mais, là encore, qu’on en doute ou non n’a guère d’importance. Les bonnes intentions ne suffisent pas : l’enfer en serait pavé. La seule question qui se pose est politique : pourquoi François Hollande a-t-il laissé la pauvreté s’approfondir dans notre pays ?

Sans une politique en faveur du Medef et des banques, menée par un Président de gauche qui s’est fait élire sur un programme à l’exact opposé, les propos de Valérie Trierweiler, n’auraient jamais pu rencontrer un tel écho. C’est cette politique qui a rendu François Hollande à ce point vulnérable.

Si l’on cherche à tout prix à trouver une morale à tout cela, elle pourrait être celle-là : peut-être, vaut-il mieux, comme la Finance, faire partie des ennemis de François Hollande plutôt, que, comme les pauvres, être de ses amis.

JJ Chavigné

A lire sur nouvel.observateur.fr : quel vote le 16 septembre ?

Le 16 septembre, le choix est possible, on peut redresser le cours de la gauche !

Comment préparer le gouvernement rose rouge vert de remplacement à celui de Valls ?

L’incertitude est grande à propos du vote dit de « confiance au gouvernement Valls » du 16 septembre. A quoi auraient servi les réunions et les travaux des « frondeurs » si c’est pour voter la confiance ? Les grands espoirs suscités par les députés socialistes conscients de la catastrophe qu’encoure la gauche retomberaient – au moins momentanément – comme un soufflé.

Si on comprend lucidement que la politique d’austérité favorable à la finance et aux marchés mise en place par Valls va échouer et désespérer le peuple de gauche au point de livrer le pouvoir à la droite et à l’extrême-droite lepéniste, c’est maintenant que le sursaut s’impose.

Or le sursaut, il est là, à portée du bulletin de vote, le 16 septembre. Il est possible d’arrêter la course absurde dictée depuis des mois, par les Jouyet, Macron, Boone, Sapin, Valls, et de revenir aux promesses du Président au Bourget, au « projet » socialiste, à l’unité de la gauche.

Nous avons  à « Vive la gauche » les moyens de l’action.

Les moyens de la réussite sont disponibles : il faut batailler pour que suffisamment de députés socialistes votent « non ». Et c’est tout à fait possible.

On entend le mot « abstention » : mais quel sens a t il ? Cela veut dire qu’on n’a pas d’idées encore, qu’on attend, qu’on n’a pas tranché, que ce sera pour le prochain coup ?

C’est inexact : on sait tout ! On n’ignore rien de ce qui va se produire.

L’abstention laisserait la « confiance » triompher et Valls faire ! Le Pacte d’austérité sera mis en œuvre, les milliards iront aux dividendes pas aux salaires ni à nos besoins sociaux. La « panne » sera confirmée : récession, chômage, inégalités. Le mécontentement grandira avec tous les désespoirs, les colères et les haines.

Et alors que nous avions la solution entre nos mains nous ne l’aurions pas saisie ? L’histoire repasse rarement les plats. Le risque c’est de ne pas en prendre.

On nous dit « tout le monde n’est pas prêt, il faut que ça murisse encore ». Dans doute, mais pour convaincre les hésitants, il ne faut pas hésiter soi-même.

Car en fait, tout le monde sait, intuitivement ou consciemment, dans le parti, de quoi il retourne : soit on s’oppose à ce grand tournant libéral, soit on le subit ; on a vu à La Rochelle, la grande disponibilité majoritaire des militants à s’opposer.

Le cœur du parti est à nous ! Mais encore faut-il le faire battre ! C’est la tâche des « vive la gauche », ce n’est pas le moment d’attendre, de ne pas lutter, de ne pas « vivre ». Soyons certains que sinon ce sera « mort la gauche » telle que nous l’aimons.

La politique annoncée par Valls a absolument besoin, pour s’appliquer, de mater le groupe parlementaire et le parti. Il s’est révélé putschiste sans remords le 25 août, il n’a pas hésité à écarter l’essentiel du parti socialiste du gouvernement, il fera encore des « coups » jusqu’à sa victoire finale.

On nous dit : il y aurait 53 ou 54 abstentions possibles parmi les députés et on ajoute, que ce serait peut-être suffisant…  pour que le « non » à la confiance l’emporte. Alors là c’est la mauvaise solution. Il faut assumer, et pas non pas ruser.

La gauche la plus consciente doit prendre ses responsabilités. Imaginez que « vive la gauche » s’abstienne et qu’il manque une voix au non ? Et pourquoi s’abstenir si on espère (secrètement) le non : il faut prendre toutes les responsabilités politiques ! Le risque c’est de ne pas en prendre.

Et pourquoi demander aux « autres », nos alliés potentiels de EELV, FdG, MRC, PRG, de voter non si « vive la gauche » ne le fait pas ? Comment si on s’abstient, prévoir la relève, et en cas de « non » travailler avec nos alliés ?

On nous dit : il faut « attendre » le budget… Mais quel sens ça a… d’attendre ?

Entre temps, le gouvernement Valls triomphera, organisera son offensive, gagnera du temps précieux, préparera mieux sa bataille pour les prochains coups. Il utilisera toutes les procédures parlementaires bien connues, que ce soit les votes bloqués et les ordonnances pour écarter tout ce qui pourrait le gêner de la part de « vive la gauche ».

Ne sous-estimons pas Manuel Valls comme le firent les adversaires de Tony Blair. Comme Blair il forcera la majorité qu’il aura obtenue, il la divisera, la combattra vite et sans hésitations et il a le pouvoir pour le faire.

Il faut s’unir aussi au sein de « Vive la gauche » car sinon notre opposition actuellement majoritaire au sein du PS se fera découper en rondelles avec le temps.

Ne retardons pas le moment où on peut prendre les décisions car nos électeurs attendent des résultats, bien au-delà de nos choix tactiques. Et maintenant, au point ou on en est, chaque jour compte pour sauver et réussir la fin du quinquennat.

Ne nous laissons pas menacer par le chantage à la démission et à la dissolution : il ne saurait avoir lieu en aucun cas. C’est un hoax.

Valls nous fait un autre chantage en substance :«  c’est Le Pen ou moi s’il y a crise institutionnelle si vous ne votez pas la confiance ». Mais Le Pen est déjà en tête depuis le 25 mai et chaque jour de plus de la politique de Valls l’y maintient. Non pas parce que Le Pen monte en voix, (elle a obtenu moitié moins de voix le 25 mai 2014 que le 6 mai 2012) mais c’est la gauche ecoeurée qui s’abstient. Seule une politique de gauche peut faire reculer Le Pen : augmentez les salaires baissez les dividendes cela fera sur Le Pen l’effet attribué à l’ail sur les vampires.

Le Président a écarté la démission. Et une dissolution serait une déroute inouïe : un président qui ferait ça, contre sa propre majorité, ce serait pire que la démission, il se ferait bannir de la gauche, il serait bon pour l’exil.

Donc la mise en minorité de Valls, c’est la porte ouverte aussitôt à un autre gouvernement issu de la majorité parlementaire de gauche.

Cette majorité, elle existe, on l’a vue : à La Rochelle, dans les discours d’Emmanuelle Cosse, et Pierre Laurent, de Jean-Luc Laurent.

Il existe une autre politique et elle est bien connue, et majoritaire elle aussi a gauche.

Il faut précipiter les rencontres rose rouge verte à l’Assemblée et à tous les niveaux pour que se dégage un programme d’action immédiat, au consensus, de « salut public » sur les grandes questions du redressement économique et social : budget de relance, reforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail, renégocier sur un meilleur rapport de force, avec l’Union européenne et avec le patronat – qui devront bien nous entendre alors – pour redonner ses droits au salariat qui est notre base sociale et électorale naturelle.

Il faut augmenter les salaires comme premier signe. C’est rapide et clair, ça donnera confiance.

Plus tôt ou on aura écarté l’anomalie du gouvernement Valls II, plus tôt il y aura un nouveau gouvernement, plus tôt on pourra agir et reconquérir, remobiliser, notre électorat, le peuple, la France.

Il faut en débattre publiquement, pas en secret. Ce n’est surtout pas un complot, ni une manœuvre, ni une intrigue,  mais l’exercice plein et entier de la démocratie parlementaire ! Faisons pénétrer de la VIe République dans la Ve !

Quel(le) premier(e) ministre proposera t on au Président après la mise en minorité du gouvernement Valls ?  Quelle équipe représentant toute la gauche ?  La question n’est pas abstraite, elle est d’actualité pleine. Urgente. Mais facile à résoudre. Là où il y a une volonté, il y a un chemin vite parcouru. C’est ça la sortie de crise. C’est à portée. Osons le Parlement, osons la démocratie, osons la gauche pour qu’elle « vive » !

Gérard Filoche, membre du BN du PS, samedi 6 septembre

tribune in Le Monde.fr Manuel Valls passe en force par ordonnance ? Faire qu’il soit battu | 04.09.2014 à 12h08

 

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Avant son coup de gueule sur le plateau de Michel Field, sur LCI, le 2 avril, Gérard Filoche, l'ancien trotskiste, membre du bureau national du Parti socialiste, était médiatiquement inconnu. Bien des députés socialistes vont être interrogés, secoués, inquiétés par le passage en force annoncé par ordonnances. Faut-il prendre le risque de mettre en minorité « leur » gouvernement ? Ça ne s’est encore jamais fait dans de telles conditions. Que risque-t-on ? 

Ce qui ne s’est jamais fait, c’est qu’un gouvernement socialiste passe en force contre sa majorité de gauche pour faire passer des lois anti sociales. Ce qui ne s’est jamais fait, c’est qu’on ait affaire à un « coup de force » d’une minorité de socialistes qui gouvernent contre leur parti, contre la gauche.

Officiellement notre parti socialiste est contre la remise en cause des seuils sociaux, et contre des ordonnances pour élargir le travail le dimanche à des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés, et aussi contre une prétendue « simplification » du code du travail (il a été déjà « simplifié » pendant 10 ans par la droite, entièrement ré-écrit, avec 500 lois supprimées et 10 % de son contenu enlevé).

Notre « projet » socialiste de 2011 prévoyait de « reconstruire le code du travail », pas de le détruire davantage qu’il ne l’est. « Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-­à-­dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! » François Hollande, le 17 avril 2012 à Lille

Si c’était la droite, nous serions vent debout dans la rue avec les syndicats qui sont tous opposés à ces ordonnances. Nous avons multiplié les communiqués de dénonciation, en tant que PS, et nos dirigeants aussi chaque fois que Sarkozy et ses prédécesseurs utilisaient cette méthode « pour aller plus vite » pour passer en force.

La campagne électorale en 2012 défendait que « la loi devait l’emporter sur le contrat ». Le candidat défendait qu’il fallait « constitutionnaliser » ce principe du débat préalable des partenaires sociaux, du « contrat », qui devait précéder toute loi sociale. Et il passe par ordonnance contre les syndicats eux mêmes, contre la concertation, contre toute sorte de « contrat » et contre la loi ordinaire. Ce n’est pas loyal.

La procédure adoptée par Manuel Valls est profondément anti-démocratique, elle est utilisée seulement pour violer sa majorité. En fait, il n’y a aucune sorte d’argument d’urgence, ni d’efficacité qui justifie des « ordonnances ». C’est donc clairement une façon symbolique de faire taire toute critique, toute opposition. Sur ce sujet sur d’autres. Cela se reproduira donc. Si les députés se laissent faire, sur le principe, cela voudra dire qu’ils abandonnent leur souveraineté et leur mandat.

Il faut bien réfléchir, mais quand on est députés, il y a des heures graves et des responsabilités exceptionnelles.
Si la majorité vote la confiance et vote les ordonnances, elle se dessaisira de ses prérogatives, la démocratie parlementaire sera court-circuitée. Il sera perdu bien plus qu’un simple vote.

Manuel Valls en minorité, il faudra bien que le président écoute sa majorité parlementaire. Il faudra bien qu’il reconstitue un autre gouvernement à présenter au Parlement, dans des conditions ou celui-ci soit normalement capable d’obtenir la confiance et de légiférer.

Nous sommes sociaux-démocrates : sociaux et démocrates. Le président élu par la gauche ne peut dissoudre la gauche. S’il le faisait ce serait un raz-de-marée à droite, et lui-même devait choisir la voie de la démission et même carrément celle de l’exil : il serait exécré à jamais par la gauche, il ne remonterait jamais dans l’opinion avec pareil bilan. C’est pourquoi mettre en minorité Manuel Valls est possible et nécessaire pour la gauche, il n’y a pas d’autre solution pour sauver la fin du quinquennat.

Le président, si Manuel Valls est heureusement mis en minorité, devra redésigner un nouveau premier ministre susceptible d’obtenir la majorité rose, rouge, verte, qui existe à l’assemblée. Un gouvernement capable de « rassembler d’abord les socialistes », comme le disait François Mitterrand, et non pas de les diviser. Un gouvernement capable de rassembler toute la gauche : on a pu entendre, à La Rochelle, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse se dire prêts à une telle politique, elle est là, il est possible de la mettre en œuvre rapidement sur un programme d’action immédiat, consensuel et qui redonnera confiance à notre électorat.

En fait, rejeter le coup de force de Manuel Valls ce n’est pas un risque, c’est une chance. C’est un vote de salut public. C’est même si on y réfléchit la seule chance pour les députés de rester fidèles à leur électorat, à leur mandat, de redonner un espoir et un élan à gauche avant qu’il ne soit trop tard. La seule politique réaliste c’est d’arrêter les dégâts de la ligne d’austérité suivie jusque-là, sinon on perdra tout, les régions, les départements, l’assemblée… et la présidence. Et en perdant tout, on laissera une droite et une droite extrême s’emparer du pouvoir ?

C’est salutaire pour la gauche en pareilles circonstances de ne voter ni les ordonnances ni la confiance.

Gérard Filoche (Membre du bureau national du Parti socialiste)

 

Le 16 septembre, Manuel Valls engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement devant l’Assemblée nationale. Si la position des députés « frondeurs » agite les rangs socialistes, certains, chez Europe Écologie – Les Verts ont déjà fait leur choix et appellent à ne pas voter la confiance à Valls II.

Selon le Journal du Dimanche, deux textes internes à EELV demandent aux parlementaires verts de voter contre la confiance. Le premier d’entre eux, intitulé Gouvernement Valls II : l’impossible confiance, est signé par des cadres du parti réputés proches de Cécile Duflot, note le JDD. Parmi les signataires, on trouve David Cormand, n°2 du parti, ou encore Philippe Meirieu, Jean-Sébastien Herpin, Florence Pelissier, etc.

Et voici ce qu’on peut y lire :

Ce gouvernement a choisi de déchirer le compromis historique de la majorité de 2012 au profit d’une convergence idéologique avec un libéralisme effréné. […]
Notre responsabilité n’est pas de nous compromettre. […] Nous appelons donc tous les parlementaires n’ayant pas abdiqué à changer le réel au profit de la solidarité, de la démocratie, de la justice et de l’écologie, à refuser d’accorder leur confiance à ce gouvernement en votant contre le 16 septembre.

Mais ce n’est pas le seul texte qui appelle à voter contre la confiance. Un deuxième, Nous n’avons plus confiance !, circule également dans les rangs écolos. Celui-ci est signé par l’ancien ministre de l’Environnement Yves Cochet, Françoise Alamartine, le maire du 2e arrondissement de Paris Jacques Boutault, le conseiller de Paris Jérôme Gleizes et l’ancienne porte-parole d’EELV Elise Lowy.

Ils dénoncent « l’orientation du gouvernement Valls II » qui, selon eux, « n’a plus rien à envier aux politiques conduites par la droite« . Ils ciblent également le nouveau patron de Bercy Emmanuel Macron :

La nomination comme ministre de l’Economie d’un ancien banquier d’affaires est à cet égard un symbole fort. […] Nous appelons donc les parlementaires écologistes et de gauche à voter contre la confiance au gouvernement.

Comme le rappelle le JDD, en avril, lors du vote de confiance sur Valls I, un député écolo sur 17 avait voté contre, six s’étaient abstenus.

La France « ne se droitise pas », elle reste à gauche, C’est pour cela que Valls et Hollande chutent en popularité et nous font perdre toutes les élections.

La thèse que tentent de diffuser peu à peu les supporters de la ligne actuelle Hollande-Valls, c’est que « la France se droitise », ce n’est pas la faute à leur politique s’ils baissent dans les sondages et perdent les élections, c’est parce que les Français évolueraient à droite.

« Il n’y a pas désir de gauche » disent leurs éditorialistes.

« La preuve c’est que Mélenchon ne monte pas ».

« Les Français vont vers Le Pen ».

Ainsi s’excusent-ils d’être impopulaires. Ce n’est pas leur faute, c’est la faute au peuple versatile, ingrat, inconstant qui, hier votait à gauche et qui les lâche. Ils ne font donc que suivre en le freinant ce mouvement général lorsqu’ils mènent une politique…  droitière.

Bien que ce soit très grossier comme tentative d’excuse aux choix anti sociaux du gouvernement Valls, répondons y car de temps en temps sur internet, quelques tentatives de reprise de cette argutie, surgissent. Parfois aussi dans la bouche de tenants de l’aile droite du PS.

D’abord, mettons les choses au clair : la déroute aux municipales a bien pour origine des causes nationales et pas locales. Ce n’est pas la faute aux maires, le scrutin a pris le même sens nationalement quasiment partout.

Aux municipales, les 23 et 30 mars, cela a été une déroute catastrophique du Parti socialiste pas de la gestion municipale. Et cela est du a la politique nationale de François Hollande (dite de l’offre, de baisse du cout du travail, d’austérité, de cadeaux aux patrons…) qui a provoquée une abstention massive à gauche. Le PS, à cause de cela, est revenu en arrière sur son implantation acquise depuis 1977. C’est lui qui a été sanctionné par l’électorat.

Mais pas parce que cet électorat est passé vers la droite ! Non la droite n’a pas gagné de voix ! Elle en a même souvent perdu. Si elle gagne c’est en pourcentage pas en chiffre absolu. Il y a nombre de villes où elle perd massivement des voix et gagne au premier tour ! Ce sont les électeurs socialistes qui se sont massivement abstenus.

Nos électeurs socialistes sont fidèles. Ils ne sont pas allés voter ailleurs. Alors s’ils se sont abstenus au contraire de ce qu’ils pratiquaient depuis plusieurs décennies à ces élections, il faut qu’ils soient sérieusement déçus par nous.

Le sens de leur abstention saute aux yeux : électeurs socialistes de longue date, ils ne sont pas versatiles, ce qu’ils attendent des socialistes c’est une politique socialiste, de gauche. Et c’est parce que ce n’est pas le cas qu’ils s’abstiennent pour sanctionner le parti qui est le leur. C’est justement parce qu’il y a un désir de gauche non satisfait.

Et c’est parce qu’ils sont fidèles et qu’on ne les détache pas si facilement que cela d’un parti pour lequel ils votent depuis longtemps, que « Mélenchon ne monte pas ». Mélenchon passe son temps à dénoncer le Parti socialiste en des termes agressifs dont la liste est grande, impressionnante et durable. Il dit du PS que c’est un « astre mort » et de la gauche socialiste qu’elle est « subclaquante », « qu’elle couine et se couche ». Il ne propose pas l’unité de la gauche, il propose la guerre des deux gauches. Il ne propose pas de battre la droite, il propos de battre le PS. Il ne séduit donc pas l’électorat socialiste, il le repousse même si celui-ci avait la velléité de se tourner vers lui.

Des millions d’électeurs qui ont voté Hollande, pensaient la même chose, sur le fond politique, que ce défendait Mélenchon (sur les salaires, le chômage, le partage des richesses…) mais ne le jugeaient pas en situation de gagner ni de réaliser ce qu’il disait. Ils votaient socialistes pour être surs de battre la droite, certains que la gauche gagne, en espérant qu’elle tienne ses promesses. Ils avaient un puissant désir d’une autre politique, de gauche. Mais manifestement cette politique là n’est pas mis en œuvre.

La gauche est toujours là, majoritaire dans le pays, mais stupéfaite que son gouvernement ne fasse pas une politique de gauche. C’est ce qu’on entend le plus souvent exprimer : la déception ! La France ne se droitise pas, sinon elle voterait à droite, c’est précisément parce que son gouvernement la trahit, que la gauche s’abstient.

D’où ce sentiment massif de rejet, de colère, de déception qui s’est installé en deux ans.  C’est un puissant désir de gauche, trahi. C’est une colère accrue à cause de l’ampleur croissante du chômage, des inégalités, de la misère. Ce n’est pas du tout une envie de droite.

Et la droite non seulement n’attire pas mais repousse. Elle ne gagne pas de voix, elle gagne par forfait, par la force de l’abstention à gauche. D’autant qu’elle est divisée et que sa position consiste à faire de la surenchère sur ce fait le gouvernement Valls. La où Valls propose 41 milliards aux patrons, la droite leur propose 100 milliards !
Et là, on peut retourner l’argument, si « la France se droitisait », si les électeurs se retournaient à droite, la politique de Valls devrait l’emporter. Mais ce n’est pas du tout le cas, Valls comme Hollande se minorisent, vis-à-vis de la droite qui ne veut pas d’eux et vis-à-vis de la gauche qui leur reproche d’aller à droite. Ainsi la politique de Valls, qui tente de séduire le patronat et les marchés échoue vis-à-vis d’eux tout en perdant sa base sociale et électorale naturelle.

Le Pen ? Elle profite de la décomposition de la droite. Car pour l’essentiel ses voix ne viennent pas de la gauche, mais de glissements internes à l’UMP.

Elle non plus ne gagne pas de voix en chiffes absolus : du fait de l’abstention, elle est en tête aux européennes du 25 mai 2014, avec moitié moins de voix que ce qu’elle avait à la présidentielle de mai 2012. Sauf que cette arrivée en tête nourrit sa dynamique propre.

L’UMP fait du Valls puissance 10 mais ce n’est pas non plus ce que veut la partie « populaire » mécontente de la droite, alors Le Pen leur fait des propositions démagogiques qui les attirent. C’est pour cela que Le Pen a teint si fortement son programme en « social » et en anti libéralisme, elle fait d’une pierre deux coups : elle se renforce contre la gauche libérale et contre la droite libérale.

En fait on pourrait même dire qu’il y a même une poussée, sous deux formes opposées, à droite et à gauche contre le libéralisme, les banques, l’oligarchie … au point que même à droite, les dirigeants qui épousent  l’antilibéralisme l’emportent sur ceux qui le soutiennent. Dans tous les camps, les électeurs cherchent à se débarrasser de la tutelle faillie du libéralisme. Personne ne supporte plus l’étalage de 1% de riches et de 10 millions de pauvres.

En fait il n’y a guère de déplacement électoraux entre la droite et la gauche. L’électorat, à quelques variantes prés, est stable et fidèle. Il existe deux blocs qui sont l’expression déformée de deux classes sociales fondamentales et antagoniques, le salariat et l’actionnariat.

La gauche est et reste largement majoritaire à la base depuis plus de 30 ans.

Comme l’avait dit François Mitterrand en 1981, « c’est la victoire de la majorité sociologique ».  En 1993 quand la gauche connaît la déroute, c’est a cause de sa politique pas parce qu’il y a glissement à droite. Il ne reste plus que 52 députés de gauche au point que certains parlent de la « mort » du PS sans comprendre que 4 ans plus tard il reviendrait au pouvoir lorsque Lionel Jospin proposerait « les 35 sans perte de salaires ».

Mais en 1993, la droite gagne et connaît un raz de marée mais en obtenant moins de voix en chiffres absolus que ce qu’elle avait obtenu en 1981, 12 ans plus tôt lorsqu’elle avait…  perdu.  Ca veut dire que ce n’est pas la droite qui progresse, c’est la gauche qui s’effondre sur elle-même à cause de la politique si peu à gauche suivie sous les gouvernements Rocard, Cresson, Bérégovoy. C’est ce qui recommence en pire aujourd’hui.

En fait, les « camps » droite et gauche sont installés et varient peu. Mais ça bouge à l’intérieur de chaque camp. A droite ça glisse de l’UMP vers Le Pen. A gauche ça s’abstient pour protester quand les gouvernants ne sont pas à la hauteur.

Et dans les dix dernières années face à la droite, entre 2001 et 2013, la gauche s’était même renforcée au point de donner tous les pouvoirs au parti socialiste : communes, départements, régions, assemblée nationale, sénat, présidence. C’était plus qu’un désir de gauche, c’était une lame de fond venue de loin et consolidée.

Si cette écrasante majorité se tasse aujourd’hui à nouveau, ce n’est parce qu’il y a un retournement d’attentes, c’est parce que ces attentes sont trahies. Et le choix de l’abstention s’explique parfaitement : l’abstention a un sens politique extrêmement clair, il n’est pas difficile à interpréter, toutes les études, y compris celles officielles de la majorité du BN du PS, le 31 mars, reconnaissent les faits : pas de désir de droite, sanction du nationale du PS à cause de sa politique nationale droitière…

C’est pourquoi Valls va dans le mur, il n’existe pas de majorité pour sa politique. Elle fera perdre le Sénat, les cantonales, les régionales, et les législatives.. et le Président. Ce n’est pas une question d’hommes, c’est une question de ligne politique. L’actuelle orientation d‘austérité appliquée au forcing pour plaire aux banques, aux marchés, aux libéraux européens, à Merkel, est suicidaire. Ce sera pire qu’en 1993, la déroute va être totale, la coupe sera bue jusqu’à la lie.

La seule possibilité d’empêcher cela et de sauver le quinquennat, c’est d’en revenir à une politique de gauche capable de mobiliser l’électorat socialiste et de gauche, c’est de renoncer à céder aux libéraux, c’est de rebâtir, sur la majorité parlementaire toujours existante, un gouvernement rose rouge vert, unitaire, qui donne envie ET satisfaction à l’électorat de gauche, pour qu’il appuie et vote à nouveau de façon active contre la droite.