A quoi va servir le regain de popularité du Président ?

La cote de popularité de l’exécutif progresse dans les sondages. François Hollande est malgré tout « conscient que ce sera toujours sur les questions de résultats économiques  et sociaux que les Français exprimeront le moment venu leur choix. » (*). A quoi va-t-il utiliser ce regain de popularité ?

A répondre aux aspirations à la liberté, à l’égalité, à la fraternité qui se sont exprimées massivement les 10 et 11 janvier ?

Après les manifestations de plus de 4 millions de personnes, les 10 et 11 janvier, il serait aujourd’hui plus facile de bâtir un nouveau  rapport de forces face à Angela Merckel et à la Commission européenne. Il serait plus facile d’exiger la fin de la réduction des déficits publics à marche forcée pour répondre à l’exigence immédiate d’un plan Marshall pour les banlieues et les cités (services publics, Éducation nationale, associations….). Ce serait la meilleure façon de refaire société, comme l’exigeaient les manifestants, et de nous débarrasser du terreau dont se nourrit le djihadisme. Merckel et Juncker auraient sans doute quelques difficultés à refuser une telle exigence et François Hollande beaucoup plus de facilité à mobiliser en France et dans l’Union européenne pour obtenir satisfaction.

Il serait plus facile, également, de reconstruire un rapport de forces face au Medef dont les exigences visant à réduire, les uns après les autres, les droits sociaux fragilisent la République, tant ces droits lui sont consubstantiels.

Le regain de popularité de l’exécutif serait alors durable et se traduirait dans les prochaines élections, dès cette année 2015.

A continuer la même politique économique et sociale ?

C’est malheureusement ce que François Hollande laisse entendre, lorsqu’il affirme que ce qui vient de se passer dans notre pays « doit nous donner encore plus d’audace dans l’action réformatrice que j’ai engagée avec le premier ministre » (*).

Le pire serait pourtant d’utiliser le regain de popularité de l’exécutif pour continuer et même accélérer la même politique d’alignement sur les exigences de la Commission européenne et du Medef.

Les contre-réformes du Medef nourrissent le chômage et les discriminations qui l’accompagnent quand l’emploi devient une denrée rare.

L’austérité voulue par la Commission ne fera qu’accroître l’ « apartheid territorial, social, ethnique en France » que dénonce Manuel Valls. Comment espérer financer un « plan Marshall » pour les « banlieues », les « quartiers », les zones périurbaines en ne cessant pas de diminuer les dépenses publiques, de l’État ou des collectivités territoriales ?

Pour Jean-Christophe Cambadélis, « le débat sur la République doit retrouver sa place première et la question économique doit lui être subordonnée » (**).  Cette affirmation renvoie à une question à laquelle il faut absolument répondre : la République peut-elle retrouver sa place première en laissant la Commission européenne étrangler les budgets publics, en cédant aux exigences du Medef de réduire, toujours plus, les droits sociaux qui sont partie prenante de notre République ?

Dès aujourd’hui, notre réponse à la situation passe par le soutien à la lutte des salariés routiers pour une légitime hausse de leurs salaires, par le refus de la loi Macron et par l’affirmation de notre solidarité avec la gauche grecque, représentée par Syriza.

(*) François Hollande, Le Monde du 20 janvier

(**) Jean-Christophe Cambadélis, discours des vœux à la presse du 14 janvier

D&S n°221 janvier 2015 vient de paraitre 23° année excellente revue de la gauche socialiste

 

sur abonnements  chèques à l’ordre de « D&S »   C/O  85 rue Rambuteau 75001 Paris, 30 euros pour un an, 10 n° de 24 p.

avec à l’intérieur, la contribution des amis de  D&S au débat du congrès de Poitiers du Parti socialiste  les 6 et 7 juin 2015

 

Sommaire

D&S n° 221 Janv. 2014 Le 19 janv. 2014

P.2: abos,prélèvement,livre
P. 3 : édito
P. 4 : les unes que vous avez ratées

DOSSIER

P 5 à 24 :

Sauver le Parti socialiste ! Redistribuer
les richesses d’abord

Contribution de D&S pour le congrès du Parti socialiste de juin 2015

P. 25 : Suisse : Unia a réussi son pari
P. 26 : International – Justice pour tous
P. 27 : Post-it Palestine – DE L’IMPUNITÉ P.

28 : Sauver la Grèce, en avant Syriza

Coup de vieux avec le projet de loi Macron: enrichissez vous, devenez milliardaires

Le 26 janvier 2015 l’Assemblée Nationale engagera le débat sur les 106 articles du projet de loi dite « pour la croissance et l’activité » et sur 19 projets d’ordonnances contournant le Parlement.

C’est comme un « coup de vieux ». Retour vers le passé : au XIX° siècle. Adieu le TGV, revoilà la troisième classe dans les trains, les autocars… presque les diligences. Ca sent « L’argent » de Zola. Dans les Rougon-Macquart, il y a Macron : d’ailleurs il imite Guizot « Français, réussissez et enrichissez vous » (s’est-il écrié le 11 décembre 2014 in La Tribune).

N’allez pas croire qu’il s’agit d’enrichir les travailleurs, non, chacun sait que le travail n’enrichit personne, tout juste s’il permet de vivre. Ce qui enrichit, c’est d’exploiter le travail des autres.

La France est le pays d’Europe qui a le plus de milliardaires : elle en a 78. Deux d’entre eux (Arnaud et Bettencourt) possèdent plus que 20 millions de français. Il est impossible d’être riches à ce point sans avoir pillé, détourné, spéculé contre les fruits du travail de centaines de milliers de salariés.

Depuis Las Vegas, Macron en rajoute : il dit aux jeunes « ayez envie de devenir milliardaires ».  Proposer cela à la jeunesse, dont 25 % est au chômage, c’est l’insulter grossièrement. Si l’avenir c’est d’exploiter au maximum les autres pour faire partie du 1 % qui se goinfre du travail des 99 %, il est certain que la crise des idéaux dans la jeunesse va s’accroitre. Au lieu de liberté, égalité, fraternité, il n’est pas sûr que compétitivité exacerbée, inégalité forcenée et richesse illimitée soit des objectifs très attractifs.

« Mon obsession, lorsque je regarde le CAC 40 aujourd’hui, est de créer le CAC 40 de dans dix ans et d’avoir des milliers de grandes entreprises qui puissent remplacer le CAC 40 actuel. Ce serait une grossière erreur de protéger les entreprises et les jobs existants » dit encore Macron.

Vous avez bien lu : « Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs ». Il ne lutte pas contre le chômage, ni pour les « insiders » qui ont du boulot, il est pour les « outsiders » qui vont le casser, en vous faisant travailler le dimanche et de nuit, en facilitant les licenciements, en affaiblissant les délégués du personnel, en déréglementant le droit du travail.

D’ailleurs l’extension du travail du travail  le dimanche et de nuit ce n’est pas pour protéger les entreprises ni les jobs existants, c’est pour casser tout ce qui bride l’enrichissement, en l’occurrence la durée légale du travail. La facilitation des licenciements, c’est pour mieux vous remplacer, vous les « insiders » par les « outsiders ». L’insécurisation des délégués du personnel, c’est pour que personne ne s’y oppose. La casse de l’inspection du travail, de la médecine du travail et des prud’hommes, nous ramène un siècle en arrière. Les CHSCT sont une des plus grandes avancées depuis 30 ans en matière de santé, sécurité, hygiène, conditions de travail, les supprimer serait un crime.

Mais ce n’est pas foutu : si nos syndicats s‘y mettent tous ensemble dans le maximum d’unité, on peut créer l’état d’esprit, le rapport de force, pour que ce « coup de vieux » soit rendu impossible, pour qu’il y ait une majorité de votes « contre » au Parlement.

Ni 12, ni 7 dimanches : pas un dimanche de plus ! De fortes compensations doivent être imposées par la loi pour ceux qui sont dans l’obligation de travailler ce jour-là.  Non à l’extension du travail «  en soirée ». Depuis que le travail de nuit a été étendu en 1992, un million de femmes de plus le subissent et l’effet sur l’emploi global est nul. Non à la facilitation des licenciements ! Les obligations de reclassement doivent être maintenues au niveau des groupes, les critères pour établir les listes de licenciements aussi ! Non à l’abandon des handicapés au travail ! Non à l’abandon des poursuites pénales dans le travail illégal !

Il faut plus de règles et non pas moins de règles pour protéger les salariés. Les règles c’est de l’emploi en plus, des dividendes en moins. La déréglementation c’est du chômage en plus et des salaires plus bas.

 

 

Interview réponse à 3 questions de Syriza : l’unité de la gauche est essentielle

- En Europe, la victoire à venir de Syriza est perçue comme catastrophique, ou comme une bouffée d’oxygène. Avec laquelle de ces opinions êtes vous en accord ?

 

Oui, les grands médias libéraux ont commencé à pousser des hauts cris contre la victoire « d’une extrême gauche qui veut liquider l’euro » et va « plonger à nouveau la Grèce dans d’un grand chaos » d’où elle était censée « sortir » à force de rigueur. Ils ont menacé, calomnié, puis ils ont commencé à expliquer que de toute façon même une extrême gauche victorieuse serait « obligée » de se plier à la réalité, de se confronter à la « dette » et aux lois de l’économie vues par les libéraux, en gros, elle serait obligée de « trahir » comme toute les autres gauches accédant au pouvoir avant elle.

Nous, la gauche socialiste, avons milité et applaudi avec enthousiasme à l’arrivée de la gauche française en mai et juin 2012.  Puis lentement nous avons été déçus, puis mécontents, puis hostiles, puis très en colère contre la politique droitière conduite par François Hollande. Peu à peu il nous a installé une austérité que nous ne croyions pas possible au début. Il a attaqué les droits du travail, en douceur puis de plus en plus violemment, au point que les reculs pour les salariés sont sur plusieurs questions, devenus plus graves que du temps de la droite.

Nous combattons pied à pied, en interne au Parti socialiste, cette politique et ses résultats car le chômage a augmenté de 500 000, les inégalités se sont accrues et la misère concerne près de 10 millions de personnes en-dessous du seuil de pauvreté. Le PS recule d’élection en élection, un peu comme le Pasok chez vous. Mais pour le moment, toute la gauche recule aussi avec lui : le Front de gauche et les Verts reculent aussi, dans le même mouvement. L’électorat de gauche ne va pas vers la droite, il s’abstient. Il nous faut renverser cette spirale négative et à votre image, créer un regroupement de la gauche assez fort et unitaire pour susciter une nouvelle dynamique. C’est pourquoi nous nous réjouissons de votre victoire annoncée.  

 

- Jusqu’à maintenant, François Hollande n’a pas fortement remis en question la politique d’austérité allemande, appliquée aux pays européens ayant un problème de dette publique. La victoire de Syriza et la montée en puissance de Podemos vont-t-ils modifier l’attitude du président français envers cette politique ?

 

François Hollande s’est rendu sans combattre à la politique d’austérité exigée par Angela Merkel. Pourtant sa politique de baisse des déficits échoue comme partout ailleurs : depuis deux ans la « dette » présumée du pays a augmenté de 10 points en passant de 86 % du Pib à 96 % du Pib. L’austérité étouffe l’économie, l’argent qui va aux banques manque à l’emploi. Rembourser la dette en priorité c’est comme un jardinier qui arrose la rivière, pendant que son jardin dépérit. Nous mettons chaque jour François Hollande devant cette contradiction et exigeons un plan de « relance » avec une puissante réforme fiscale, une hausse des salaires, une reconstruction du droit du travail. Pour nous sortir de la crise, il faut dépenser plus, investir, et pour cela il faut frapper l’oligarchie française qui se goinfre comme jamais. Car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées, le mal vient de là. L’exemple de Syriza doit nous aider à montrer qu’une alternative est possible. Et si les peuples d’Europe qui se révoltent avec Podemos ou la mobilisation anti-troika au Portugal commencent à l’emporter, cela aura un effet bénéfique sur la gauche française pour l’aider à surmonter ses divisions. Et si ce mouvement s’impose à gauche, si le prochain congrès du PS  le 6 juin, tout comme les élections départementales le 29  mars, les élections régionales le 6 décembre 2015 démentent la politique de François Hollande, si les luttes sociales pour les salaires montent, nous pouvons espérer.    

 

- La coopération entre les différentes forces de gauche, des socialiste jusqu’à la gauche radicale et anticapitaliste, est-t-elle possible ? Sur quelle base ?

 

Le drame de la gauche française politique et syndicale est sa division qui la paralyse face à l’austérité des gouvernements Hollande. Un des grands syndicats suit aveuglément le gouvernement, la CFDT. Un autre des grands syndicats le combat, la CGT. Mais sans unité, rien de grand ne se fera. Certains éléments du Front de gauche, lui même constitué de 8 partis, semblent donner la priorité au combat contre le PS plutôt que contre la droite. Les mêmes pensent qu’il y a deux gauches et que l’une doit l’emporter sur l’autre avant toute avancée. Pourtant la « gauche socialiste » que nous animons à réussi à obtenir 40 % des voix au BN du PS, et 60 députés socialistes sur 289 ont au moins une fois voté contre l’austérité voulue par le gouvernement, nous pesons entre 25 % à 50 % pour le prochain congrès du PS selon l’évolution du débat et des rapports de force. Ni les Verts, ni le Front de gauche ne sont au gouvernement qui lui-même ne rassemble qu’une toute petite partie des socialistes. En fait, au sein de la gauche, ce qui règne à la base, c’est l’abstention à 70 ou 80 %. C’est pourquoi toutes ses composantes devraient mener une grande bataille unitaire de rassemblement qui minoriserait d’un côté les libéraux, de l’autre les ultra-gauches. Le programme c’est facile : grande réforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail et reconstruction des droits des salariés. C’est au coeur de la gauche unie que les espoirs se trouvent. Mais encore faut il qu’il y ait des luttes sociales, car sans ces luttes, aucun des appareils des partis ne sera bousculé et aucune transformation sociale ne sera garantie.

- En Europe, la victoire à venir de Syriza est perçue comme catastrophique, ou comme une bouffée d’oxygène. Avec laquelle de ces opinions êtes vous en accord ?

 

Oui, les grands médias libéraux ont commencé à pousser des hauts cris contre la victoire « d’une extrême gauche qui veut liquider l’euro » et va « plonger à nouveau la Grèce dans d’un grand chaos » d’où elle était censée « sortir » à force de rigueur. Ils ont menacé, calomnié, puis ils ont commencé à expliquer que de toute façon même une extrême gauche victorieuse serait « obligée » de se plier à la réalité, de se confronter à la « dette » et aux lois de l’économie vues par les libéraux, en gros, elle serait obligée de « trahir » comme toute les autres gauches accédant au pouvoir avant elle.

Nous, la gauche socialiste, avons milité et applaudi avec enthousiasme à l’arrivée de la gauche française en mai et juin 2012.  Puis lentement nous avons été déçus, puis mécontents, puis hostiles, puis très en colère contre la politique droitière conduite par François Hollande. Peu à peu il nous a installé une austérité que nous ne croyions pas possible au début. Il a attaqué les droits du travail, en douceur puis de plus en plus violemment, au point que les reculs pour les salariés sont sur plusieurs questions, devenus plus graves que du temps de la droite. Nous combattons pied à pied, en interne au Parti socialiste, cette politique et ses résultats car le chômage a augmenté de 500 000, les inégalités se sont accrues et la misère concerne près de 10 millions de personnes en-dessous du seuil de pauvreté. Le PS recule d’élection en élection, un peu comme le Pasok chez vous. Mais pour le moment, toute la gauche recule aussi avec lui : le Front de gauche et les Verts reculent aussi, dans le même mouvement. Il nous faut renverser cette spirale descendante et à votre image, créer un regroupement de la gauche assez fort et unitaire pour susciter une nouvelle dynamique. C’est pourquoi nous nous réjouissons de votre victoire annoncée.

 

- Jusqu’à maintenant, François Hollande n’a pas fortement remis en question la politique d’austérité allemande, appliquée aux pays européens ayant un problème de dette publique. La victoire de Syriza et la montée en puissance de Podemos vont-t-ils modifier l’attitude du président français envers cette politique ?

 

François Hollande s’est rendu sans combattre à la politique d’austérité exigée par Angela Merkel. Pourtant sa politique de baisse des déficits échoue comme partout ailleurs : depuis deux ans la « dette » présumée du pays a augmenté de 10 points en passant de 86 % du Pib à 96 % du Pib. L’austérité étouffe l’économie, l’argent qui va aux banques manque à l’emploi. Rembourser la dette en priorité c’est comme un jardinier qui arrose la rivière, pendant que son jardin dépérit. Nous le mettons chaque jour devant cette contradiction et exigeons un plan de « relance » avec une puissante réforme fiscale, une hausse des salaires, une reconstruction du droit du travail. Pour nous sortir de la crise, il faut dépenser plus, investir, et pour cela il faut frapper l’oligarchie française qui se goinfre comme jamais. Car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées, le mal vient de là. L’exemple de Syriza doit nous aider à montrer qu’une alternative est possible. Et si les peuples d’Europe qui se révoltent avec Podemos ou la mobilisation anti-troika au Portugal commencent à l’emporter, cela aura un effet bénéfique sur la gauche française pour l’aider à surmonter ses divisions. Et si ce mouvement s’impose à gauche, si le prochain congrès du PS en le 6 juin, tout comme les élections départementales le 29  mars, les élections régionales le 6 décembre 2015 démentent la politique de François Hollande, si les luttes sociales pour les salaires montent, nous pouvons espérer.

 

 

- La coopération entre les différentes forces de gauche, des socialiste jusqu’à la gauche radicale et anticapitaliste, est-t-elle possible ? Sur quelle base ?

 

Le drame de la gauche française politique et syndicale est sa division qui la paralyse face à l’austérité des gouvernements Hollande. Un des grands syndicats suit aveuglément le gouvernement, la CFDT. Un autre des grands syndicats le combat, la CGT. Mais sans unité, rien de grand ne se fera. Certains éléments du Front de gauche, lui même constitué de 8 partis, semblent donner la priorité au combat contre le PS plutôt que contre la droite. Les mêmes pensent qu’il y a deux gauches et que l’une doit l’emporter sur l’autre avant toute avancée. Pourtant la « gauche socialiste » que nous animons à réussi à obtenir 40 % des voix au BN du PS, et 60 députés socialistes sur 289 ont au moins une fois voté contre l’austérité voulue par le gouvernement, nous pesons entre 25 % à 50 % pour le prochain congrès du PS selon l’évolution du débat et des rapports de force. Ni les Verts, ni le Front de gauche ne sont au gouvernement qui lui-même ne rassemble qu’une toute petite partie des socialistes. En fait, au sein de la gauche, ce qui règne à la base, c’est l’abstention à 70 ou 80 %. C’est pourquoi toutes ses composantes devraient mener une grande bataille unitaire de rassemblement qui minoriseraient d’un côté les libéraux, de l’autre les ultra-gauches. Le programme c’est facile : grande réforme fiscale, hausse des salaires, réduction du temps de travail et reconstruction des droits des salariés. C’est au coeur de la gauche unie que les espoirs se trouvent. Mais encore faut il qu’il y ait des luttes sociales, car sans ces luttes, aucun des appareils des partis ne sera bousculé et aucune transformation sociale ne sera garantie.

 

Salle Jappy 19 h 30 lundi 19 janvier : soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin

Soutenons le droit du peuple grec à prendre en main son destin

Nous, organisations politiques et syndicales, associations citoyennes françaises, souhaitons alerter l’opinion publique au sujet de la situation politique et sociale en Grèce aujourd’hui. Nous sommes unis par le souci de voir la démocratie et la transformation sociale progresser à nouveau en Europe.

A l’issue de près de cinq années d’austérité imposée par la troïka de la Commission Européenne, de la BCE et du FMI, qui ont conduit le pays dans un désastre économique et social sans précédent, les

Grecs sont appelés à exprimer leur volonté dans les urnes. Tout laisse présager le désaveu des politiques austéritaires qui ont été appliquées et la montée électorale des forces qui les contestent.

La victoire de SYRIZA peut ouvrir la voie à la fin de la politique néolibérale d’austérité mise en œuvre par les gouvernements grecs et à la tutelle de la Troïka, au rétablissement de la souveraineté populaire et du cadre démocratique, à la sauvegarde des services publics et du patrimoine public, à la redistribution des richesses en faveur de la population. Comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, l’injonction de rembourser aux détenteurs de capitaux des dettes illégitimes au prix de la destruction d’un modèle social ne passe plus.

Une telle rupture avec les recettes néolibérales est aujourd’hui nécessaire dans l’ensemble des pays européens et notamment en France. Les Mémorandums, la mise sous tutelle des pays les plus fragiles par la Troïka doivent cesser immédiatement. Aujourd’hui, le poids de la dette publique sert de justification aux politiques austéritaires. C’est pour cela que nous considérons qu’il faut soutenir l’exigence portée par Syriza d’annulation de la plus grande partie de la dette publique et conditionner le remboursement de l’autre partie à la satisfaction effective des besoins de la population en matière d’alimentation, d’habillement, de santé, de logement, d’éducation, d’emploi, d’environnement et de sécurité publique qui représentent autant de droits fondamentaux. Ces mesures, qui sont une nécessité urgente pour les Grecs, sont un exemple à diffuser et à débattre. Elles doivent s’accompagner d’un audit citoyen de l’ensemble des dettes souveraines en France comme en Grèce et dans le reste de l’Europe, audit que sommes nombreux à avoir porté depuis 2011.

C’est au peuple grec de prendre en main son destin. Nous nous opposons fermement à toutes les tentatives actuelles d’ingérence dans la vie politique grecque de certains dirigeants européens que ce soit par des déclarations publiques ou par des mesures visant à créer un climat de peur et d’intimidation. Nous dénonçons également toute tentative de désinformation concernant l’état réel de la Grèce et les positions soutenues par les forces qui rejettent les Mémorandums. Nous nous opposerons demain avec la même fermeté à toute tentative de chantage et d’isolement à l’encontre d’un gouvernement grec qui prendrait le contrepied des choix actuels.

Nous vivons un moment historique. Les mouvements sociaux massifs dans le pays ont construit une solidarité contre la crise. L’arrivée au gouvernement d’une force de rupture avec l’austérité en Grèce peut ouvrir la voie à un bouleversement politique à l’échelle européenne. Cela contribuerait à donner un souffle nouveau aux mobilisations sociales et citoyennes, à faire reculer l’abstention et à donner un coup d’arrêt à la montée de l’extrême droite. C’est pour cela que dans les semaines et les mois qui viennent nous manifesterons partout en France notre solidarité avec le peuple grec, avec l’espoir qui émerge en Grèce et qui est aussi le nôtre.

SIGNATAIRES

Organisations Politiques

Altra Europa con Tsipras France, Bloco de Esquerda France, Club des Socialistes affligés, Ensemble!, Gauche Unitaire, Isquierda Unida France, Jeunes Ecologistes,Mouvement des Jeunes Communistes de France, Nouvelle Donne, Parti Communiste Français, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de la Gauche Européenne, Parti de Gauche, Parti Démocratique desPeuples de Turquie (HDP) France, République etSocialisme, Rifondazione Comunista France,

Organisations syndicales Fédération Nationale des Industries Chimiques CGT, Sud BPCE, Sud Santé Sociaux, Union Syndicale de la Psychiatrie

Associations

ATTAC, Collectif Roosevelt, Collectif Solidarité France ,Grèce pour la Santé, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde, Compagnie Errina, Femmes Egalité,Fondation Copernic, Journal électronique ReSPUBLICA,Les Désobéissants, Les efFRONTé-e-s, Marcheseuropéennes contre le chômage, Mouvement du Christianisme social, REP Réseau Education Populaire,Transform Europe

Personnalités

ANGELI Verveine (Solidaires), BAYOU Julien (porte-parole Europe Ecologie Les Verts), BACHE Marinette (Conseillère de Paris, Présidente Nationale de Résistance Sociale), FILOCHE Gérard (membre du bureau national du PS), GASSER Philippe (Psychiatre, Union Syndicale de la psychiatrie), KAHANE Claudine (syndicaliste universitaire du SNESUP), KAKI M’hamed (Militant associatif), LETOURNEUR Yves (philosophe et poète), HOANG NGOC Liêm (ancien député européen co-rapporteur du rapport au parlement européen sur la Troïka), SABADO François (membre de la direction de la IVème Internationale), STERDYNIAK Henri (Economistes atterrés)

 

Décryptage des menaces sur le contrat social – Le projet de loi Macron c’est retour au XIXe siecle

D & S DOSSIER MACRON

Macron se moque des jeunes :  « devenez milliardaires » leur dit il

et il leur ressort des autocars privés dangereux et polluants parce que le TGV public a été rendu trop cher pour eux…

 

« Ce serait une grossière erreur de protéger les entreprises et les jobs existants »  a déclaré Emmanuel Macron    «Mon job n’est pas d’aider les entreprises établies mais de travailler pour les outsiders, les innovateurs »

 

Il va donc faciliter encore plus les licenciements (après l’ANI et la loi dite de « sécurisation de l’emploi » du 14 juin 2014)

Il va faire travailler des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés le dimanche et « en soirée » sans même une majoration de salaire fixée par la loi

Il va supprimer l’éphémère « plancher » de 24 h pour les temps partiels

Il va permettre que le contrat de travail n’en soit plus un et devienne comme un contrat civil ordinaire

Il va vulnérabiliser les institutions représentatives du personnel et dépénaliser les risques encourus par les employeurs lorsqu’ils les entravent

Il va casser l’indépendance de l’inspection du travail et le droit pénal du travail : indulgence pour la délinquance patronale

il va supprimer de facto  la médecine du travail

A terme il va supprimer les prud’hommes (après avoir supprimé les élections  prud’homales, les seules élections nationales où les immigres votaient)

IL VEUT SUPPRIMER LES CHSCT, LES DP, LES CE : c’est la plus grande attaque conte le code du travail depuis 1945

Il va diminuer et vise à supprimer ce que les entreprises devaient payer quand elles ne prenaient pas de handicapés

il restaure aussi les  » ventes à la découpe  » des appartements pour le compte des lobbies immobiliers

Il va privatiser pour quelques milliards éphémères des entreprises qui rapportent durablement à l’état (comme l’aéroport de Blagnac, demain ceux de Lyon et Nice et demain les gares, comme les autoroutes hier qui ont fait perdre des milliards à l’état et aux usagers pour le compte des seuls actionnaires ravis de la manne)

Il va déréguler des professions juridiques livrées à des « firmes » multinationales au lieu d’en faire des services publics

Même les taxis seront livrés à une multinationale rapace low cost « Uber » (Comme la SNCM à Corsica, comme Air France à Transavia, comme les trains au autocars…)

 

DÉRÉGULER, ON LE SAIT, CA AUGMENTE LE CHOMAGE,  CA NUIT AUX SEULS SALARIÉS

ET ÇA SERT LES SEULS PROFITS ET DIVIDENDES

 

La « théorie du ruissellement » ça ne fonctionne jamais. Plus les riches sont riches plus ils veulent être riches. Concrètement ils ne connaissent que la « théorie du siphon » : ils siphonnent nos salaires au maximum. Ils ne redistribuent jamais les richesses sans y être contraints.

 

La loi Macron, c’est tout pour les profiteurs du Medef qui se goinfrent du chômage et spéculent dans les paradis fiscaux et rien pour ceux qui travaillent et produisent les richesses, les salariés.

 

Le vrai but est  d’AUGMENTER DÉLIBÉRÉMENT LE CHÔMAGE, POUR BAISSER LE COUT DU TRAVAIL, AUGMENTER LES MARGES DU CAPITAL,  AFIN DE  PLAIRE AUX BANQUES ET A LA COMMISSION EUROPÉENNE INTÉGRISTE QUI PRÔNE « DES RÉFORMES STRUCTURELLES » RÉACTIONNAIRES PARTOUT EN EUROPE, AVEC UNE AUSTÉRITÉ SUICIDAIRE ÉCONOMIQUEMENT


Mensonges sur le dimanche

Deux gros mensonges : que le travail le dimanche sera volontaire et qu’il sera payé majoré par la loi

 

La gravité de la loi Macron pour faire travailler des femmes pauvres et précaires ou des étudiants désargentés le dimanche et de nuit n’est pas encore perçue dans toute son ampleur. Parce qu’il est prétendu que c’est le règne du volontariat. Le Président a officialisé ce mensonge : or AUCUN salarié ne peut décider de travailler le dimanche, c’est le toujours le patron qui décide seul. Essayez d’être volontaires si votre patron ne veut pas ! Essayez de n’être pas volontaires si votre patron veut !

Désormais ce sont ministres, préfets et maires qui vont accorder des dérogations au repos dominical :

• 1/ pour éviter un préjudice « au public » ou « au fonctionnement de l’entreprise ». Avant le critère juridique c’était : « si cela ne portait pas préjudice »… aux salariés ». C’est fini : plus question du préjudice à la santé, à l’équilibre familial… Désormais c’est le « préjudice au fonctionnement de l’entreprise » ou « public ».

• 2/ dans des « zones touristiques internationales ». Là, ce sont les Ministres par dessus tous les échelons, régions, départements, villes, qui vont décider que des femmes travaillent le dimanche… pour faire plaisir à une administration du quai d’Orsay, à des chinois imaginaires, ou à la femme du président américain de passage ? Et dans ces « zones touristiques internationales », la loi décide que, dans ces zones, la nuit commence après 24 h, il sera possible de bosser jusqu’à à 23 h 59 en « soirée ». Seule « contrainte » : l’employeur « veille » à ce que le salarié « dispose d’un moyen de transport pour regagner son domicile ». Qui y croit une seconde ?

• 3/ dans des « zones touristiques » : c’est le Préfet qui décide par-dessus les petits commerçants eux-mêmes et sans même être contraint de vérifier que ce sont des touristes qui sont les chalands du dimanche. Et toute la Nationale 7 peut devenir une « zone touristique »…

• 4/ dans des « zones commerciales » : là aussi, c’est le Préfet qui décide sous la pression des lobbies des « chaines » qui forceront l’ouverture contre les petits commerçants.

• 5/ dans les établissements situés dans les gares elles-mêmes situées dans les trois zones précédentes ce sont les Ministres qui décideront !

• 6/ dans les établissements de la commune c’est le Maire qui pourra désormais autoriser l’ouverture pendant 12 dimanches et devra l’autoriser au minimum pour 5 dimanches : jusqu’ici le maire pouvait autoriser le travail au maximum 5 dimanches, il n’y était pas obligé.

L’autre énorme mensonge officiel, c’est qu’il y aurait des majorations de salaire. Faux ! La loi n’en fixe AUCUNE. Le projet Macron renvoie au « dialogue social » aléatoire : soit des organisations syndicales signent un accord que l’employeur souhaite (« accord collectif ou territorial ») soit, comme pour les plans de licenciement, l’employeur décide seul (« décision unilatérale de l’employeur »). Mais en aucun cas, nulle part, le doublement du salaire ne sera une obligation légale.

 

 

 

 

lire dans les Echos en complément :

 

Le travail du dimanche fait toujours débat au PS

Réunis hier en séminaire, les députés socialistes regimbent encore sur la réforme du travail dominical.

L ‘actualité parlementaire est ainsi faite que, un peu moins d’une semaine après les attentats de Paris, les députés socialistes ont dé- battu hier matin en séminaire à huis clos de la loi sur la croissance et l’activité en présence du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, ainsi que de ses collègues François Rebsamen (Travail) et Carole Delga (Commerce, Artisanat et Consommation). Beaucoup de parlementaires s’étaient fait excuser pour assister à l’hommage rendu à la préfecture de police de Paris aux policiers assassinés. Et, de l’avis de plusieurs participants, le ton était plus apaisé qu’il y a quelques semaines.

Gravité du moment ou absence de presque tous les animateurs de la fronde ? Malgré tout, la réforme du travail dominical reste un sujet sensible parmi les élus socialistes. Même après la proposition du rapporteur général du texte, Richard Ferrand, de lever l’obligation faite aux maires d’autoriser l’ouverture des commerces cinq dimanches par an, tout en leur laissant la possibilité d’aller

jusqu’à douze. Le député de Gironde Philippe Plisson a été applaudi par ses collègues lorsqu’il a dit « ne pas comprendre » que la gauche réforme le travail dominical et a jugé l’évolution du PS sur le sujet « pas acceptable ». Une critique reprise au vol par l’ex-ministre Benoît Hamon qui a demandé, avec malice, à Emmanuel Macron s’il avait « une évaluation » de l’impact en termes d’emplois d’une telle réforme une fois disparus les cinq dimanches obligatoires. « Je fais confiance aux maires », a répondu le ministre, rappelant aussi que, dans les zones touristiques, les commerces seraient ouverts tous les di- manches. Lorsque l’élu de Meurthe- et-Moselle Dominique Potier a encore jugé que « douze dimanches, c’est trop », le rapporteur Richard Ferrand a perdu patience. Jugeant la question « microscopique » au regard de l’ensemble du projet de loi, il a tranché : « Si quelques socialistes se saisissent de ce sujet pour gagner sur d’autres, ce n’est pas au niveau ! »

« Question d’un autre  âge »

Compte tenu de la période, il est difficile de prendre la température du groupe majoritaire. Les tiraillements demeurent, mais les élus ont trop la tête ailleurs pour en mesurer l’ampleur. Frondeur et keynésien convaincu, Pierre-Alain Muet cite l’économiste américain Joseph Stiglitz, présent hier à Paris : « Avant de se préoccuper de déréguler, il faut se préoccuper de savoir pourquoi on a jugé utile de réguler par le passé. » Le député juge le projet de loi « pas adapté à la situation » de quasi-déflation actuelle et regrette cette « capacité à oublier les grands sujets macroéconomiques, pour se concentrer sur des questions d’un autre âge ». Lundi soir, un autre frondeur, Régis Juanico, avait interpellé Manuel Valls, jugeant qu’«il y a d’autres priorités pour mobiliser le Parlement dans les prochaines semaines ». La question est demeurée en suspens. ■

par Elsa Freyssenet

Quid de la Haute autorité du PS dans l’affaire Total ?

 

Bernard Maris, Oncle Bernard, : « Un seul socialiste ( Filoche) osa dire que monsieur de Margerie ressemblait à un vampire suçant la rente du pétrole et la transformant en bénéfices colossaux tout en ruinant la planète. Et quel tollé ! Cambadélis, patron du P.S., veut le virer. Mais où sommes-nous, dans quel pays, pour qu’un socialiste ne puisse plus critiquer un patron de multinationale ? » (in numéro du 29 octobre 2014 de Charlie hebdo)

On m’interroge, indépendamment de tous les évènements bien plus importants qui surviennent,  sur « ou en est la procédure vis à vis de la haute autorité du PS? »

Les faits en raccourci :

Le 21 octobre : 6 h Gérard Filoche fait un tweet à l’annonce de la mort du PDG de Total ou il pose une question : « son successeur nous volera t il autant ? »

Vers 9 h : des tweets UMP s’indignent du tweet de GF

Vers 9h 30 GF répond dans plusieurs tweets qu’il ne met pas en cause l’humain décédé mais le PDG Total « suceur de sang »

Vers 10 h : Eric Ciotti demande au PS d’exclure Gérard Filoche et il déclenche des centaines de tweets en ce sens du réseau UMP.

A partir de 10 h une campagne de presse de droite (le Point, le Figaro, l’Express, …) démarre dans toutes les gros médias officiels contre GF. Toute la presse nationale et locale sera touchée.

Vers 15 h : l’Ump à l’Assemblée pose une question au Premier ministre sur GF

Vers 15 h + : Le Premier ministre Valls, en complicité publique avec l’UMP, se permet de dire devant l’AN  que Gérard Filoche « ne mérite pas d’appartenir au Parti socialiste »

A 17 h : au Bureau national, le premier secrétaire du PS JC Cambadelis, tout en disant qu’il n’a pas applaudi le Premier ministre à l’assemblée sur ce point, informe le Bn qu’il « traduit » Gérard Filoche devant la Haute autorité.

Le 22 octobre, GF fait paraitre une explication complète sur cette affaire Total sur son blog et s’exprime dans la presse, sur toutes les télés, en direct sur canal +, RTL, Europe, dans la PQR, la Dépêche, l’Union, etc.. et il reçoit plus de 20 000 mels de soutien…

En même temps, on apprend que le Congrès du PS sera fixé en juin 2015.

Et le porte-parole du gouvernement déclare que Benoit Hamon doit quitter le PS parce qu’il a osé dire que « la politique du gouvernement mettait en danger la République ». Puis le Premier ministre se prononce pour que le Parti socialiste change de nom tout en dénonçant en « une » du Nouvel observateur « la gauche passéiste »

Quid à partir de ce moment-là de la procédure devant la Haute autorité ?

Personne ne sait bien ce qu’est la Haute autorité. Elle semble composée de « Jean-Pierre Mignard (Président) – Raphaëlle Parizot – Rémy Pautrat – Catherine Barbaroux – Roland Kessous -  Pascale Idoux – Thomas Clay – Jean-Pierre Deschamps – Christian Lestournelle. »

La Haute autorité est théoriquement composée de 12 membres mais 3 ont démissionné. Elle s’est occupée des « primaires », mais depuis, de rien.  Elle a juste répondu en novembre que le congrès du PS devait se tenir à une date statutaire.

L’examen de ses 9 membres montre qu’elle n’est pas paritaire, qu’elle n’est pas composée à la proportionnelle des courants, et qu’elle est composée pour moitié de non-membres du parti…

La saisine par le premier secrétaire contre Gérard Filoche est faite courant novembre par une lettre non datée.

Cambadelis qui va la voir, explique à la Haute autorité qu’elle « aura à traiter des frondeurs ». C’est le moment où F.  Hollande menace de dissolution et JC Cambadelis d’exclusion les dits députés.
Le 20 novembre les défenseurs de Gérard Filoche contestent les conditions, les bases de la saisine de la haute autorité et sa compétence (LRAR du 19 novembre)

Ces réponses de l’avocat de GF  et d’un de ses défenseurs de la commission des conflits, semblent poser problème.

L’annonce qu’il y aura des témoins et la demande que l’audience soit publique, aussi.

Le Premier secrétaire fait rédiger lâchement par son directeur de cabinet Maurice Braud un violent pamphlet pour charger Gérard Filoche en date du 24 novembre : quatre pages incendiaires. Assez grossières et insupportables juridiquement sinon politiquement et humainement.

La Haute autorité informe GF et ses deux défenseurs qu’elle nomme un rapporteur, Roland Kissous.

Daté du 25 novembre le journal le Monde, Reuters, informent que le PDG de Total Christophe de Margerie, mort le 20 octobre est renvoyé en correctionnelle a titre posthume avec le groupe français Total pour « corruption d’agents publics étrangers » dans l’enquête sur des contrats pétroliers et gaziers avec l’Iran, selon une source judiciaire (et une information de Charlie Hebdo). Un porte-parole du groupe confirme ce renvoi. Le parquet de Paris avait requis le 16 mai 2013 le renvoi en correctionnelle de la société et de son PDG pour corruption d’agents publics étrangers et abus de biens sociaux.

Le Conseil National du 13 décembre prévoit un point à son ordre du jour sur la Haute autorité. Un point qui change d’intitulé puisqu’il est successivement question de sa « composition » puis de son « règlement intérieur », point qui sera finalement annulé de l’ordre du jour.

Le scandale de Luxleaks éclate : 340 sociétés ont blanchi de l’argent au Luxembourg pendant des décennies, à hauteur de 2400 milliards d’euros. Parmi elles 58 entreprises françaises dont Total au premier rang, ce qui équivaudrait selon le député Yann Gallut à une centaine de milliards volés aux caisses de notre République.

La date prévue par la Haute autorité pour que le rapporteur qu’elle nomme, Roland Kissous, rencontre GF  est d’abord celle du 1er décembre,

En raison d’indisponibilité des défenseurs, elle est reportée par lettres recommandées, au 5 décembre,

Puis par la Haute Autorité elle même au 11 décembre

Puis toujours en recommandé par la Haute autorité au 9 janvier

Puis encore par recommandé par la Haute autorité au 16 janvier, alors que la date du 9 janvier n’est pas encore arrivée.

Et finalement le matin du 6 janvier par une autre lettre recommandée de la Haute autorité signée du rapporteur informant qu’elle est « reportée sine die ».

le 11 janvier nous sommes tous des Charlie, on défend le droit au blasphème de ceux qui insultent Dieu et Mahomet mais pas de Margerie ?

(tout dossier à disposition, et sur ce blog en amont)

 

15 janvier : tentative de Medef Rebsamen Macron pour tuer les CHSCT

Si notre liberté d’expression est un bien précieux toujours à défendre, la sauvegarde de notre santé l’est aussi :

Il y a 30 ans, les lois AUROUX ont donné aux CHSCT (1) un pouvoir dont ne dispose aucune autre instance élue du personnel : celui d’appeler à des expertises sur les postes et conditions de travail, de dire et de réclamer en justice, au nom des salariés, l’application de toute mesure destinée à protéger la santé des travailleurs,  lorsqu’il arrive que  celle ci est mise à mal par des méthodes de management ou des objectifs d’entreprise. Le CHSCT traite de tout hygiène, et conditions de travail, risques psycho sociaux, harcèlement, ambiances, ergonomie, pénibilité physique et mentale…

Sans ces lois, sans ce droit et sans les expertises des CHSCT qui l’appuient, Didier Lombard (ex PDG d’ORANGE) n’aurait jamais pu être mis en examen pour les méthodes de « management par la terreur » dénoncées par les salariés de l’entreprise.

Aujourd’hui le  ministère du travail et le MEDEF font pression sur les dirigeants syndicaux pour leur faire accepter un projet supprimant l’autonomie et les droits des CHSCT :

Comment ? tout simplement en  réintégrant les CHSCT dans les CE (rebaptisés « conseils d’entreprise »), sous forme de commissions.

Ces commissions  n’auront  plus qu’à émettre des « avis consultatifs »  - seule production autorisée des CE  : les chefs d’entreprise seront en dernier ressort  (comme pour tout avis CE) les seuls décideurs  de la validité  de ces « avis », en fonction du seul  intérêt qu’ils représentent pour eux-même.

C’est la fin de l’obligation de résultat en matière de santé et de protection des conditions de travail.

Cette attaque contre les CHSCT et contre le droit à la santé au travail suscite une réaction de tous les chercheurs, journalistes, responsables et militants politiques ou syndicaux, soucieux de ce que la santé des travailleurs – la leur – ne se dégrade pas ou pas davantage :

 

Ce jeudi 15 janvier 2015 les dirigeants syndicaux doivent se positionner sur ce projet : Il est toujours temps de leur rappeler que  la défense de la santé des travailleurs – avec les conquêtes sociales acquises en 1981 – fait partie de leurs missions.

1.  (1) Comités élus pour s’assurer de l’Hygiène, de la Sécurité et des (bonnes) Conditions de Travail en entreprise.

AZF 

cf JL Bally  jlbally68@gmail.com 06 5254 8899

Ancien secrétaire de l’Observatoire du stress à France Télécom

Pour aller plus loin :

Le projet du ministère du travail et du MEDEF comprend bien d’autres remises en cause des possibilités de défense des travailleurs, comme la suppression du rôle actuel des délégués du personnel…  fusionnés comme les CHSCT dans l’instance consultative des CE.

 

NEGOCIATION SUR LE « DIALOGUE SOCIAL »
Refusons la remise en cause des droits économiques et sociaux des salariés Défendons le droit à l’expertise indépendante pour les CE et les CHSCT

Grâce aux grandes conquêtes sociales de l’après-guerre (1946, 1968, 1982), les experts sont aux côtés des représentants du personnel pour faire face aux enjeux économiques, stratégiques, sociaux et de santé au travail au sein des entreprises. L’accès à l’expertise, cet outil à leur disposition, est aujourd’hui directement attaqué par le MEDEF dans les négociations interprofessionnelles en cours sur le « dialogue social ».

Ce que veut imposer aujourd’hui le MEDEF :

  •   la suppression des CHSCT qui deviendraient de simples commissions des CE,
  •   la co-désignation de l’expert entre l’employeur et les représentants du personnel,
  •   le financement d’au minimum 20% des frais d’expertise par le budget des Comités d’entreprise,
  •   la restriction des recours à l’expertise, avec la suppression de l’analyse annuelle des comptes et descomptes prévisionnels et la suppression du droit d’alerte économique.Ce projet menace directement la possibilité pour tous les CE et CHSCT de recourir à des expertises indépendantes :
  •   les principales expertises disparaîtraient du Code du travail,
  •   du fait de leur budget limité, de nombreuses instances ne pourront plus faire appel à l’expertise oualors de manière très dégradée,
    la co-désignation fragilisera l’indépendance vis-à-vis des directions d’entreprise, indépendance 

    d’autant plus importante que les experts interviennent dans des situations critiques et souvent conflictuelles (restructurations avec plans de sauvegarde de l’emploi, cessions et consolidations…).

    Ce projet conduirait ainsi à un désarmement des instances représentatives du personnel dans l’exercice de leurs prérogatives économiques et sociales, et au droit d’intervention des salariés sur la marche de leur entreprise et leurs conditions de travail.

    Ce projet menace l’existence des métiers d’experts auprès des CE et des CHSCT, soit plus de 1500 emplois en France.

    Pour garantir les moyens d’information et d’intervention des salariés et de leurs représentants, il est indispensable de préserver et même d’améliorer :

  • -  le financement intégral par l’entreprise de l’ensemble des missions d’expertises, seul moyen d’en préserver un accès large et démocratique,
  • -  la désignation de l’expert par les seuls représentants du personnel, garantie de son indépendance par rapport aux directions d’entreprise,
  • -  la mission récurrente d’analyse de la situation économique et financière de l’entreprise,
  • -  le recours au droit d’alerte, seul moyen formel d’action des représentants face aux menaces pouvantpeser sur l’entreprise,
  • -  le CHSCT et ses prérogatives notamment en matière de recours à l’expertise.

Montreuil, le 13 janvier 2015

 

Bonjour,

Depuis de longues années, par-delà les étiquettes syndicales,  j’interviens pour aider les représentants du personnel qui siègent dans les CHSCT à être plus efficaces. Le CHSCT est un outil syndical original. Il est une aide efficace au service de l’action revendicative spécialisée dans l’amélioration de conditions de travail, dans la protection de la santé et de la sécurité. Le CHSCT a sauvé des vies, il mérite d’être défendu.

L’ancêtre du CHSCT, est le comité de sécurité établit par un décret de 1941 signé du maréchal Philippe Pétain. Il a fallu attendre 1982 et la quatrième loi AUROUX (loi n° 82-1097 du 23 décembre 1982) pour que le CHSCT devienne une Institution représentative du personnel à part entière. Institution délibérative au sujet de ses modalités de fonctionnement et de l’organisation de ses travaux, le CHSCT est devenue un puissant outil au service de la santé et de la sécurité.

Aujourd’hui, le MEDEF aidé par le ministère du travail veut organiser des pressions sur les négociateurs de votre syndicat pour leur faire accepter comme un moindre mal, la dissolution des CHSCT dans une commission du Conseil d’entreprise qui se substituera aux DP, aux CE et surtout au CHSCT. C’est le retour au décret du maréchal Pétain

Derrière la perte de l’autonomie des CHSCT, l’enjeu véritable et la perte de la capacité financière des CHSCT. Comme dans un tour de prestidigitation, miroir aux alouettes, les regards sont volontairement orientés sur la conservation de la capacité des CE et CHSCT à recourir aux expertises externes financées par l’entreprise et sur les différents niveaux d’effectifs donnant droit à une vie syndicale. C’est un leurre ! Les employeurs français n’ont jamais réellement accepté le fait syndical libre. Ils veulent tout maîtriser, surtout les syndicalistes. Leur véritable but est de supprimer l’institution qui menaçait le plus la sécurité judiciaire des employeurs le CHSCT du fait de sa personnalité morale, des sujets traités et de la capacité des CHSCT à agir sur le terrain et à ester en justice. Cet abandon de l’autonomie et de la personnalité civile des CHSCT, c’est en fait la fin de l’obligation de sécurité de résultat en matière de santé, aucune compensation ne pourra réparer ce recul. L’amélioration durable de la productivité des entreprises doit passer par l’amélioration concrète des conditions de travail, par la reconnaissance du rôle des IRP et des syndicalistes en la matière et non par une dérèglementation.

Vous pouvez lire  une analyse détaillée du projet et de ses conséquences faite par un avocat de droit social dans Miroir Social : http://lc.cx/Lo9

La capacité, pour le conseil d’entreprise, de signer des accords collectifs est un autre élément qui devrait empêcher des syndicalistes d’accepter ce grave recul social qui complète la loi sur la représentativité syndicale et qui sera complété par la lourde loi Macron.

A titre individuel et en ma qualité d’expert CHSCT (à une quinzaine de jours de mon départ à la retraite), je suis très touché par ce recul social grave. J’ai lancé une pétition qui a été signée par certains de vos adhérents (je vous joins la liste des signataires). Votre syndicat est porteur de propositions positives aucune ne justifie la fin des CHSCT en tant qu’IRP autonome et spécifique centrée sur la santé et la sécurité. Aussi, je vous exhorte à agir au sein même de votre organisation pour que les négociateurs qui vous représentent, n’acceptent pas cette dilution des IRP dans un quelconque conseil d’entreprise.

Je vous remercie déjà du temps que vous avez bien voulu consacré à mon écoute.

Bien cordialement,
Gérard Brégier.

PS. Je me permets encore de vous adresser le premier chapitre du livre le CHSCT en pratique publié le 8 janvier 2015 par les éditions Eyrolles.

Gérard Brégier
Ingénieur Conseil Prévention Sécurité Environnement
13450 GRANS
http//www.gerard-bregier.fr/

http://urlz.fr/15Xk