Reconstruire la gauche par la mobilisation sociale et le débat

Comme c’était prévisible, Macron donne tous les garanties possibles à la classe dirigeante : son gouvernement est clairement orienté à droite avec des ministères-clés pour des personnalités LR. Quant à la ministre du travail, qui a siégé dans de nombreux conseil d’administration, elle connaît bien les « relations sociales » … plus du côté patronal (Dassault, Danone…) que du côté syndical. Et qui prend-elle comme directeur de cabinet  ? Un homme qui vient du Medef.

En Allemagne, c’est aussi un DRH, celui de Volkswagen, qui a été à l’origine des réformes du marché du travail de 2003 à 2005 avec notamment les mini-jobs à 400 euros, le licenciement assoupli, la réduction des indemnités du chômage, le durcissement des conditions d’indemnisation… La hausse de la pauvreté en Allemagne est telle que même le FMI vient de s’en inquiéter dans son rapport annuel !

La flexibilité : un discours archaïque

Macron s’attaque tout de suite, comme il l’avait promis, au Code du travail en mettant en avant une vieille lune libérale : si le chômage est élevé c’est que les salariés sont trop protégés. Depuis 2002, plus d’une dizaine de réformes ont remis en cause la hiérarchie des normes et remis en cause les droits des salariés (1.) Cela n’a pas fait diminuer le chômage ! Bien au contraire !

Le discours est archaïque, le même depuis 30 ans : on va d’abord « flexibiliser » , puis on développera le volet « sécurité ». Or fait remarquer Patrick Artus, économiste de Natixis :  « comme il sera plus facile de licencier, les entreprises vont commencer par ajuster leurs effectifs et on va perdre des emplois…il faut prévenir les français que l’on aura d’abord une montée du chômage et une rotation vers des emplois bas de gamme » (2.) Avec les économistes atterrés, nous disons :  « si les entreprises n’embauchent pas suffisamment, c’est faute de demande. Les salaires stagnent, or l’activité et la croissance économique dépendent des salaires. Ce n’est pas en précarisant davantage les salariés qu’on remplira les carnets de commande des entreprises ». (3)

Macron trouve que la loi El-Khomry n’allait pas assez loin. Le Medef, par la voix de l’un de ses vice-présidents appelle à donner une majorité à Macron  « pour que les ordonnances puissent passer. Le débat a assez duré » (4.) Macron et ceux qui veulent s’inscrire dans la majorité présidentielle candidats du Medef ? Oui assurément.

Se mobiliser aujourd’hui pour reconstruire la gauche

La reconstruction d’une gauche sociale passera d’abord par la participation aux mobilisations initiées par les organisations syndicales de salariés : dès le mois de juin en défense du Code du travail et pour une protection accrue des salariés déjà fragilisés par la montée de la précarité.

Il faudra aussi débattre, entre toutes les sensibilités de la gauche : de l’analyse du capitalisme contemporain, de l’actualité de l’opposition Capital-Travail, des formes actuelles de la lutte des classes, tout en y intégrant pleinement la question écologique.

Dans l’immédiat, nous lançons un appel pour que pas une voix de gauche n’aille vers les candidats qui soutiennent ou s’apprêtent à soutenir la politique du gouvernement ou qui se cachent derrière le « ni-ni » : ni dans la majorité présidentielle, ni dans l’opposition.

Pour nous, c’est clair ! Nous sommes résolument dans l’opposition à ce gouvernement. Nous appelons à ce qu’il n’ait pas de majorité à l’Assemblée en votant pour les candidat-e-s clairement positionnés à gauche contre les attaques contre le droit du travail et pour le social au cœur, la transition écologique et des avancées démocratiques.

La Gauche démocratique et sociale, le réseau militant construit dans la foulée de la campagne Filoche2017 et regroupé autour de la revue Démocratie&Socialisme, prendra tout sa place dans les semaines et mois à venir aux mobilisations ainsi qu’aux débats à gauche. Elle propose à tous ses sympathisants de préparer son Conseil national qui se tiendra à Paris les 24 et 25 juin.
Ce Conseil national est ouvert à 2 représentants par départements, adhérents à GDS. Inscriptions, renseignements : bernard@democratie-socialisme.org

(1) Anne Frétel : La réforme du droit du travail : le nouvel impératif économique
(2) Juliette Collen AFP 19 mai
(3) Anne Eydoux du collectif des économistes atterrés (source AFP)
(4) Thibault Lanxade France Inter le 21 mai

 

Du contenu scélérat des nouvelles ordonnances de Macron anti code du travail

MACRON, derviche tourneur autour d’un axe fixe

Du contenu social de son programme écrit

« En même temps » ; « Je suis d’accord avec vous » … et ses allers retours sur la plupart des questions importantes, le tout noyé dans un verbiage technocratique. Avec Macron, on pourrait penser que rien n’est figé et partant que quelques progrès pourraient être grappillés sous la présidence d’un président si ouvert à tous les changements.

Oui, on pourrait sauf si l’on n’est ni amnésique ni analphabète.

Tous les actes politiques de Macron, sans exception, sont ceux de la régression sociale.

Et ils ont l’autonomie de pensée d’une photocopieuse délivrant à tour de bras des copies des exigences du conseil d’administration des multinationales (la Commission Européenne) et de son bras local (Le Medef et l’Institut Montaigne) : de la co-rédaction du rapport Attali qui faisait pour Sarkozy la liste des dérèglementations, demandées par la dite Commission, à la loi qu’il a signée directement (loi Macron) et à celles qu’il a dû par souci de faisabilité politique laisser signer à Rebsamen (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/260515/rebsamen-jusquau-bout-de-lani) et à El Khomri (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/120616/loi-uberel-khomri-48-reculs-avant-le-senat),

Macron force le respect, à voir tant d’énergie et de constance déployées au service de ses commanditaires.

On ne peut d’ailleurs attribuer à rien d’autre qu’à cet attachement à ne pas les décevoir l’annonce tactiquement risquée de faire passer par ordonnance en trois mois une loi travail puissance dix.

Ceux qui ont suivi l’histoire et le contenu des lois précitées (lois ANI/Sapin, Macron, Rebsamen et El Khomri) n’ont aucun mal à décrypter le programme de Macron apres les présidentielles, celui qui est écrit, et à y distinguer ce qui n’est que la reprise de régressions déjà intervenues dans ces lois (une photocopieuse manque de mémoire), ce qui relève de dispositions prévues par les projets de loi mais que la lutte avait permis de faire retirer, et enfin de nouvelles et très importantes régressions.

La grille de lecture de ce programme est la même depuis les débuts du capitalisme : on retrouve invariablement les trois mêmes objectifs TGV, Travailler plus longtemps (faire travailler plus longtemps), Gagner Moins (raboter les salaires), Virer plus vite et à pas cher. Le tout en s’assurant la plus grande impunité.

Quel sera le contenu de l’ordonnance, déjà écrite, qui doit intervenir dès le mois de juillet ? On peut imaginer que, compte tenu du délai, l’essentiel tiendra dans la reprise des grands « principes » de la commission Badinter, destructeurs du droit existant (https://blogs.mediapart.fr/richard-abauzit/blog/280116/rapport-badinter-peine-de-mort-pour-le-droit-du-travail), que la lutte contre la loi travail avait permis de faire retirer.

 

  1. A. TRAVAILLER PLUS

1/ Reprendre la tentative inachevée de la loi travail sur la durée légale

Le programme Macron reprend l’idée qui structure toutes les règlementations urbi et orbi depuis que le capitalisme financiarisé étend son règne sur l’ensemble de la planète :  une loi floue, réduite à quelques grands principes n’induisant aucune obligation, des règles fixées par accords (si possible par accord collectif d’entreprise plutôt que par accord de branche et mieux encore par « accord » individuel du salarié), et à défaut d’accords, un plancher bien bas de droits minima qu’on qualifiera volontiers d’ « universels » pour transformer un recul en progrès.

Sur la durée légale (35 h), la lettre de mission d’El Khomri pour Badinter insistait bien sur le grand soin qu’il devait prendre à ne pas entrer en contradiction sur ce point avec les volontés gouvernementales.

L’affaire était délicate car il fallait à la fois mettre à bas la durée légale du travail tout en affirmant le contraire. Le résultat fut, dans les premières moutures de la loi travail jusqu’au mois d’avril 2016 où il fut retiré, un projet d’article de loi maintenant la durée légale et une introduction au code du travail faite de grands principes destinés à structurer toute sa réécriture (prévue pour deux années) qui supprimait la durée légale discrètement : elle était remplacée par une « durée normale » que des accords d’entreprise pourraient modifier (« La durée normale du travail est fixée par la loi. Celle-ci détermine les conditions dans lesquelles les conventions et accords collectifs peuvent retenir une durée différente. Tout salarié dont le temps de travail dépasse la durée normale a droit à une compensation »).

Une grossière manœuvre que le Conseil d’Etat avait relevée mais non censurée.

On verra dans l’ordonnance express prévue par Macron pour cet été si la manœuvre revient. La chose est probable car Macron a déjà annoncé que l’ordonnance édicterait les grands principes du droit du travail destinés à être mis en musique par des accords.

2/ Des apprentis à vie

Le contrat d’apprentissage sera supprimé (« le contrat d’apprentissage est trop rigide ») et fusionné avec le contrat de professionnalisation.

A quel âge ? Tout petits déjà : « nous développerons les périodes de pré-apprentissage ».

A quel niveau ? Toute la fac : « Demain, l’alternance pourra se faire sur les trois années de la licence professionnelle »

Et jusqu’à quand (la limite aujourd’hui est de 25 ans et, à titre « expérimental » depuis la loi travail, de 30 ans) ?

No limit : « Nous ferons converger les deux contrats d’alternance qui existent aujourd’hui en un contrat unique, souple, adapté à la demande des entreprises et des branches, sans borne supérieure d’âge ».

 

3/ Plus d’heures supplémentaires

« Nous rétablirons les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires »

4/ Des services publics extensibles

« Nous élargirons les horaires d’ouverture des services publics pour les adapter aux contraintes des usagers : certains services publics ouvriront le samedi et en soirée »

« Nous ouvrirons les bibliothèques en soirée et le week-end »

 

  1. B. GAGNER MOINS

1/ Avancer sur la suppression des salaires minima de branche

Dans les grands principes qui doivent continuer à relever de la loi, le programme Macron ne cite dans la partie « Dialogue social » de son programme que « durée légale du travail, salaire minimum, égalité professionnelle… ». Les salaires minima conventionnels au dessus du SMIC qui sont la hantise de l’Union européenne (conventions collectives supprimées en Grèce, décimées en Espagne) ne sont pas mentionnés. Mais le programme Macron prévoit de passer de 700 conventions collectives actuellement à un nombre compris entre 50 et 100 (« nous pouvons viser d’en avoir entre 50 et 100 »). Et il semble bien que, contrairement à aujourd’hui, les salaires minima seront fixés par accord d’entreprise, la branche n’intervenant qu’à défaut : « C’est seulement à défaut d’accord d’entreprise que la branche interviendra. Ainsi, les conditions de travail et lessalaires notamment seront négociés au plus près du terrain ».

2/ Avancer sur la dilution du SMIC

La formulation utilisée pour la définition du SMIC par la commission Badinter (« Un salaire minimum est fixé par la loi »), retirée discrètement en avril 2016 lors de l’examen de la loi travail, pourrait revenir. Elle faisait l’impasse sur les critères actuels de fixation : l’obligation de le réévaluer en fonction du coût de la vie, et celle de garantir une augmentation au moins égale à la moitié de celle des salaires réels moyens (sans même parler des « coups de pouce » annuels que le gouvernement, bras courts et poches profondes, oublie depuis des lustres).

3/ Des apprentis à vie (voir A 2) à pas cher

« Nous unifierons la grille de rémunération des alternants et confierons aux branches le soin d’augmenter par accords les montants des planchers fixés par la loi »

4/ Des chômeurs moins indemnisés

Plus de radiation :

« Si plus de deux emplois décents, selon des critères de salaire et de qualification, sont refusés ou que l’intensité de la recherche d’emploi est insuffisante, alors les allocations seront suspendues »

Des indemnités chômage dont le montant ira decrescendo au fur et à mesure de la reprise de l’assurance chômage par l’Etat, privé des cotisations sociales destinées à son fonctionnement, le début de la fin de l’assurance chômage solidaire :

« Parce qu’il assume en dernier ressort la responsabilité du chômage et de la précarité, l’État prendra en charge le système d’assurance-chômage »

 

Une prise en charge supplémentaire, les démissions de salariés (sous certaines conditions) :

« Ce droit ne sera utilisable qu’une fois tous les cinq ans. En contrepartie, l’insuffisance des efforts de recherche d’emploi ou le refus d’offres raisonnables entraîneront la suspension des allocations »

Une autre prise en charge supplémentaire, l’assurance chômage pour tous :

« Les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs disposeront, comme les salariés, de cette protection »

 

5/ Une Sécurité sociale en miettes

Des salaires socialisés (cotisations sociales versées à la Sécurité sociale) qui retournent par dizaine de milliards d’euros dans les poches des patrons :

« Aujourd’hui, pour beaucoup d’employeurs, il est difficile d’embaucher parce que le coût du travail pour les salariés peu qualifiés est trop élevé »

« Nous rétablirons les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires »

« Nous simplifierons la vie des entreprises, en transformant le CICE en allégement permanent de cotisations sociales de 6 points »

 

« Nous faciliterons l’embauche des salariés peu qualifiés, en atteignant zéro charge générale au niveau du SMIC » « Pour les entreprises, c’est une baisse de charges de près 1800 euros par an et par salarié »

« La majeure partie des contributions actuelles des entreprises pour la formation sera progressivement converti en droits individuels pour les actifs »

 

Des salaires socialisés (cotisations salariales) qui ne seront plus versés à la sécurité sociale, non totalement compensées par une hausse de la CSG :

 

« Demain, nous ferons moins peser la protection sociale sur le travail pour soutenir leur pouvoir d’achat » « Nous augmenterons le revenu net de chacun, en réduisant les cotisations sociales » « Ces mesures seront financées par une hausse de moindre ampleur de la CSG »

 

Le début de la fin des régimes de retraites spécifiques et l’instauration d’un régime unique (par points) beaucoup moins favorable aux salariés du privé et du public, injuste, non solidaire, totalement individualisé, et ouvrant la voie à un régime de retraite par capitalisation :

 

« Nous créerons un système universel de retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé » « Il faudrait regrouper l’ensemble des régimes sociaux en un seul, commun aux salariés, employeurs et indépendants » « Les cotisations, aux régimes de base comme aux régimes complémentaires, qu’elles soient versées sur les bases de revenus ou acquises au titre de la solidarité (pour les chômeurs par exemple) seront inscrites sur un compte individuel et revalorisées chaque année selon la croissance des salaires. Ainsi, chaque euro cotisé accroîtra de la même manière la pension future »

« Le total des droits accumulés sera converti au moment de la retraite en une pension, à l’aide d’un coefficient de conversion fonction de l’âge de départ et de l’année de naissance. L’allongement de l’espérance de vie est donc pris en compte en continu »

« On saura que, quand des personnes ont une retraite plus élevée, c’est qu’elles-mêmes, leurs employeurs, ou l’Etat au titre de la solidarité, ont cotisé davantage »

« Les taux de cotisation pourront rester différents. Par exemple, les indépendants pourront continuer à cotiser moins que les salariés et à avoir en conséquence une pension de retraite moindre : ils ont souvent constitué, en parallèle, une épargne qui peut être par exemple leur fonds de commerce et servira à leur assurer un revenu »

 

 

Diminution des cotisations versées par les indépendants et petits entrepreneurs qui passeront du RSI à la Sécurité sociale (« Nous supprimerons la caisse qui gère le Régime Social des Indépendants (RSI) pour l’adosser au régime général ») :

 

« Nous réduirons nettement les cotisations sociales qui pèsent sur les indépendants (professions libérales, commerçants, artisans, agriculteurs…) : 500 euros de moins par an pour un revenu de 3000 euros nets par mois »

« Nous supprimerons les charges des micro-entreprises (nouveau nom des auto-entrepreneurs) la première année et doublerons les plafonds pour permettre à plus d’entreprises de bénéficier de cette mesure et du régime fiscal de la micro-entreprise »

 

 

  1. C. VIRER PLUS VITE et À PAS CHER

1/ Le rêve patronal enfin à portée

Une mesure déjà tentée par Macron ministre, mais si scandaleuse qu’elle avait été annulée par le Conseil constitutionnel :

« Nous réduirons l’incertitude sur les coûts de licenciement » « Nous instaurerons un plafond et un plancher pour les indemnités prud’homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse »

2/ Une dissolution de la procédure prud’homale

« Nous créerons, dans chaque département, un tribunal de première instance qui fusionnera l’ensemble des tribunaux locaux spécialisés de première instance. Ce tribunal traitera l’ensemble des matières dans des pôles dédiés : pénal, social, affaires familiales, commercial, civil »

« Nous ramènerons le nombre de modes de saisine de 15 à 2 pour les procédures civiles. Aujourd’hui, chaque juridiction, chaque contentieux, a sa propre procédure. Cette complexité ne permet pas un accès fluide au juge. Elle génère des lenteurs, et peut même être source de nullités. Nous fusionnerons donc les procédures civiles en deux : une avec avocat obligatoire pour les affaires complexes, et l’autre sans avocat obligatoire pour les contentieux du quotidien »

 

« Nous favoriserons la création de plateformes de règlement amiable des litiges qui lorsqu’elles seront tenues par des professionnels associant avocats huissiers ou notaires pourront conclure des accords ayant la force d’un jugement »

 

3/ Des démissions bienvenues

Les salariés démissionnaires pourront toucher le chômage. Que du miel pour les employeurs qui devaient dépenser énergie voire monnaie pour se débarrasser de salariés refusant de céder aux pressions pour obtenir cette démission.

 

  1. D. MILLE SUCRERIES

ET AUTRES MESURES DE DESARMEMENT DES TRAVAILLEURS

1/ Sous couvert d’ « égalité des chances »…

« Lorsqu’une entreprise, où qu’elle soit située, embauchera un habitant des quartiers prioritaires de la politique de la ville en CDI, elle bénéficiera d’une prime de 15 000 euros, étalée sur les trois premières années : ce sera comme si elle ne payait plus de charges. En CDD, la prime sera de 5000 euros sur les deux premières années »

2/ Une formation professionnelle sous totale dépendance patronale :

« Nous ferons converger les contrats existants et impliquerons pleinement les branches professionnelles dans la définition des programmes et l’organisation des formations »

« Les formations professionnelles doivent être davantage basées et conditionnées par les exigences des métiers et filières professionnelles et l’excellence de celles-ci porter sur  l’employabilité »

« Nous rendrons publics les taux d’insertion professionnelle et le salaire à l’issue des formations en apprentissage en vue d’une labellisation des CFA et des lycées professionnels »

3/ Dissolution des représentants du personnel

Toutes les entreprises (les moins de 200 salariés avant la loi travail, les moins de 300 salariés après la loi travail) pourront, sur décision de l’employeur, réduire le nombre de représentants du personnel, le nombre de réunions, le nombre d’heures de délégation et dénaturer leurs anciennes attributions en fusionnant délégués du personnel, comité d’entreprise et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail dans une délégation unique du personnel :

« Une instance unique de représentation reprenant l’ensemble des attributions des comités d’entreprises, délégués du personnel et CHSCT sera mise en place dans toutes les entreprises et tous les groupes sans limitation de plafond »

Les employeurs pourront contourner entièrement les organisations syndicales majoritaires en décidant seuls de recourir à un référendum auprès des salariés :

« Tout accord d’entreprise résultera soit d’un accord majoritaire avec les syndicats, soit d’un référendum à l’initiative de l’employeur ou des syndicats sur la base d’un accord minoritaire »

Des représentants des salariés désarmés idéologiquement :

« Nous renforcerons la formation des représentants des salariés. Au-delà des compétences en droit social, ces formations doivent aussi porter sur les enjeux spécifiques de la gestion d’une entreprise, pour que syndicats et employeurs parviennent à mieux se comprendre et aboutir à des solutions communes plutôt que de confronter des positions stériles »

Des syndicats dépendants financièrement :

« Nous permettrons à chaque salarié d’apporter des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix »

4/ Dissolution de l’inspection du travail

A la longue liste des mesures de casse de ce service public (loi et décret Sapin du 14 juin 2013 et du 30 mars 2014, loi Macron du 6 août 2015, loi Rebsamen du 17 août 2015, loi travail du 8 août 2016, ordonnance du 7 avril 2016, décret du 12 avril 2017 qui créé un « code de déontologie pour les inspecteurs du travail), Macron ajoute le déclin de son rôle dans la  sanction des discriminations :

« Nous demanderons au Défenseur des Droits, en partenariat avec des associations et les partenaires sociaux, de favoriser des campagnes de testing, de contrôles aléatoires et imprévus à grande échelle, et de rendre publics les résultats » « Nous renforcerons les prérogatives du Défenseur des Droits en matière d’accompagnement des personnes discriminées afin qu’il assure pleinement son rôle de médiateur entre la victime et l’entreprise pour une résolution plus rapide du litige »

5/ Une haute administration triée par le CAC40

« D’ici la fin 2017, les directeurs d’administration centrale et les principaux dirigeants des organismes publics seront nommés ou confirmés au terme d’une procédure transparente, après revue de compétences et entretien »

« Nous recruterons un quart au moins des directeurs d’administration centrale en dehors de la fonction publique sur la base d’appels à candidatures ouverts visant à identifier les meilleures compétences techniques et managériales »

6/ Des services publics définitivement transformés en entreprises et voués à la désespérance

« Chaque service accueillant du public (hôpital, école, tribunal, caisse d’allocations familiales…) devra afficher, trimestriellement au moins, ses résultats en termes de qualité de service sur la base d’indicateurs concrets (délai de traitement d’un dossier, qualité de l’accueil au guichet, taux de remplacement des enseignants à l’école…). Les usagers seront associés à leur définition »

« Nous demanderons à chaque lycée professionnel et université de publier ses résultats(débouchés, salaires, etc.) sur les 3 dernières années »

« Nous mettrons fin à l’évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques afin de mieux prendre en compte les spécificités de chacune »

« Les ministres seront comptables du respect des objectifs de dépense publique qui leur auront été assignés. Ils auront le choix des moyens pour les atteindre (investissement, réorganisations, évolution des effectifs, rationalisation des achats…). Une loi fixera pour la durée du quinquennat les objectifs de dépense de chaque grand secteur d’administration. Les ministères qui dépassent leurs objectifs se verront reverser une partie des gains réalisés »

« …le secteur public est trop fermé sur lui-même. L’action publique gagnerait à s’ouvrir beaucoup plus à l’expérience de profils variés issus de la sphère de l’entreprise, du monde associatif, de la recherche ou des organisations internationales »

« Nous introduirons plus de souplesse dans la gestion des carrières avec des rémunérations plus individualisées et la promotion des mobilités »

Des services publics réduits à des interfaces informatiques :

« D’ici 2022, 100% des démarches administratives pourront être effectuées depuis Internet »

« Nous redéploierons les effectifs de la fonction publique pour créer des postes dans les services qui répondent à l’évolution des besoins des citoyens. Nous les réduirons là où des réorganisations et le numérique permettent de rendre le même service avec un moins grand nombre d’agents »

« Nous réduirons le nombre d’agents publics de 120 000 emplois sur la durée du quinquennat. Cela correspondra à un volume de 50 000 postes non-renouvelés dans la fonction publique d’Etat et d’environ 70.000 dans la fonction publique territoriale »

« Nous lancerons un plan pour la justice numérique. Nous permettrons notamment de dématérialiser toutes les procédures concernant des litiges inférieurs à 4000 euros »

« Nous établirons dans chaque département un tribunal de première instance qui sera le guichet unique permettant un accès facilité au juge »

« Les procédures en matière pénale seront progressivement numérisées du début de l’enquête jusqu’au jugement définitif »

« Nous mettrons à la disposition des gestionnaires publics les moyens de financer et de conduire des réorganisations génératrices de gains d’efficacité et de qualité de service »

Des services publics transformés en fournisseurs d’études de marché :

« Les administrations chargées d’autoriser des activités (l’ouverture d’un hôtel, ou l’obten­tion d’une licence de chauffeur privé, …) devront mettre à disposition leurs données. Face aux géants étrangers, des nouvelles start-ups pourront ainsi s’adresser par exemple à tous les hôteliers pour leur offrir de nouveaux services »

Des universités toujours plus « autonomes » :

« Elles pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations »

7/ Hormis la retraite, un statut des fonctionnaires prétendument non touché… mais « en même temps »… :

« Nous renforcerons la mobilité dans et vers la fonction publique » « Le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause, mais il sera modernisé et décloisonné, par un assouplissement du système rigide des corps » « Nous mettrons en particulier fin au système des grands corps en les rapprochant de corps existant et exerçant des fonctions similaires »

Fin progressive du statut de fonctionnaire pour ceux qui ne sont ni soldat, ni flic, ni juge :

« Nous développerons le recrutement sur contrat dans les fonctions non-régaliennes, afin de permettre au service public d’attirer des professionnels d’expérience en fonction des besoins »

8/ Suppression du statut de contractuels de la fonction publique

Pas pour les titulariser… :

« Nous alignerons le statut des contractuels publics sur le droit du travail commun »

9/ Institutionnalisation de la guerre de tous contre tous

Tout à sa campagne électorale, Macron n’a peut-être pas vu qu’une de ses propositions était déjà mise en œuvre par le gouvernement auquel il a participé, pendant sa présence (loi Rebsamen et loi El Khomri) et tout récemment (décret n°2017-351 du 20 mars 2017) : le fichier de données personnelles « Compte Personnel d’Activité » est déjà logé auprès de la Caisse des dépôts et consignations et celui dénommé « Portail numérique des droits sociaux » l’est auprès de la Caisse Centrale de la Mutualité Sociale Agricole. Ces fichiers organisent le marché des travailleurs, leur mise en concurrence et la destruction progressive de la Sécurité sociale, en individualisant les droits (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/201216/le-compte-personnel-d-activite-lurgence-du-debat-citoyen).

« Nous créerons un compte citoyen en ligne (site et application), qui rassemblera sur une même interface tous les droits, notamment ceux liés à la santé, à la trajectoire professionnelle, à la formation, à la situation fiscale, aux droits civiques »

10/ Des départements supprimés ou rendus exsangues

« Nous supprimerons au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés de l’une de nos grandes métropoles »

« En concertation avec les élus, nous simplifierons l’administration territoriale en confiant aux services des métropoles les compétences des conseils départementaux où elles se situent »

« Nous apporterons un soutien à la performance des collectivités locales et un appui à leur modernisation »

11/ Des services publics-privés pour les employeurs

La mise en œuvre d’une disposition déjà prévue dans la loi travail… :

« Un site Internet unique donnera à chaque TPE ou PME les obligations légales et conventionnelles qu’elle doit respecter en fonction de sa situation »

… avec une nouveauté, l’assurance impunité :

« Les réponses fournies en ligne seront valables face à l’administration »

12/ ISF maintenu, mais plus pour tous

L’Impôt Sur la Fortune devient « Impôt sur la Fortune Immobilière », les revenus mobiliers échapperont demain à cet impôt. Enfin !

« L’Impôt de Solidarité sur la Fortune ne concernera plus l’investissement qui sert l’économie (actions, parts, titres d’entreprises) »

13/ Un Impôt sur les sociétés réduit

Il passera de 33 à 25 %. Aujourd’hui les grandes entreprises qui optimisent ne paient en réalité que 8%. Combien paieront-elles demain ?

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PS : les extraits du programme de Macron, disponible sur Internet (http://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme), sont en italique

 

 

Richard Abauzit

 

 

Intervention au BN du PS lundi 22 mai Comment mener campagne contre Macron-Philippe ?

Il ne faut pas laisser dire « donnons leur une chance » ou « attendons de voir ce qu’ils vont faire ». Ils ne connaissent aucun état de grâce, ils commencent avec des sondages très bas.

Pourquoi ? Parce qu’en fait seulement 6 % des gens ont voté en positif « pour » la personne illuminée de Macron, et 16 % pour ce que les gens croyaient être son programme. La vérité c’est que la majorité des gens ont voté pour lui « contre » Fillon puis pour lui « contre » Le Pen. Par défaut, mais pas par adhésion.

Et évidemment, ceux qui n’avaient bien compris, ouvrent les yeux devant Philippe, Lemaire, Darmanian, Blanquer, et Cie… C’est un gouvernement de droite à 100 %. Et tout le monde sait ce que ca veut dire un gouvernement de droite, qui annonce des ordonnances en plein été contre le droit du travail, pour éviter le débat au Parlement et la mobilisation sociale.

Mais c’est à nous d’aller chercher au fond ce que leur projet cache… à peine. Prenons des exemples concrets, fouillons les argumentaires :

1°) On ne souffre pas en France de trop de droit du travail, au contraire, ce qui existe est inappliqué, il y a un milliard d’heures supplémentaires fraudées, dissimulées, non payées, non majorées, c’est l’équivalent de 600 000 emplois, c’est la principale délinquance patronale de masse, ce n’est pas en les payant pas, en ne les contrôlant pas, c’est à dire en appauvrissant les salariés les plus exploités, que ca se règle ! Au contraire contrôlons le travail dissimulé,  et donnons nous de meilleurs outils pour le sanctionner

2°) La France bat les records européens d’accidents mortels du travail, le chiffre est de 547 en 2015,  il faut davantage de regels, de contrôles et de sanctions. D’ailleurs de façon générale les pourfendeurs des prétendues rigidités du code du travail ne font jamais rien en matière de sécurité, hygiène, et conditions de travail, ils n’en parlent jamais, pire ils affaiblissent  les protections, les CHSCT, on a 4500 handicapés du travail en plus chaque année, il y a 650 000 accidents du travail avec arrêt chaque année, les maladies professionnelles augmentent en nombre de façon spectaculaire parce qu’on ne contrôle pas assez les entreprises, lesquelles sont motivées par les profits/dividendes et pas par l’intérêt général ( Volkswagen, Samsung, Fiat, Chrysler…). Par exemple formulons une proposition phare : interdire l’intérim dans le bâtiment et dans les 1200 entreprises Seveso. Interdire l’intérim dans le bâtiment comme en Allemagne (ou le code du travail est plus gros et plus précis que le notre). Les intérimaires, sont, en France ceux qui ont le plus d’accidents en proportion, et dans le bâtiment encore plus. Pas d’intérim dans le bâtiment ! Comme en Allemagne ! C’est une façon de contre attaquer toutes leurs théories contre le droit du travail

3°) Ils veulent un referendum partout dans les entreprises : il faut démontrer pourquoi c’est anti démocratique. D’abord parce que dans les entreprises, les salariés sont subordonnés. Un contrat de travail est un lien de subordination juridique permanent. Il n’y a pas d’égalité, de citoyenneté, dans les entreprises. C’est l’employeur qui décide unilatéralement de la  naissance du contrat de la gestion du contrat, de la rupture du contrat. Un référendum dans ces conditions ce n’est pas démocratique. Et, par exemple, les syndicats pour être élus au premier tour, doivent obtenir un quorum de 50 % de votants. 50 % ! Faire comprendre aux gens que ce n’est pas le cas des politiques ! S’il fallait un quorum de 50 % dans les élections politiques, il n’y aurait pas beaucoup d’élus. Donc les syndicalistes sont bien élus. Mais pour un referendum, il n’y a pas de quorum ; le patron organise lui même le referendum comme il veut, exemple le samedi matin et tant pis s’il y a 20 % de participants.

4°) La constitution prévoit que  « les salariés s’expriment par l’intermédiaire de leurs délégués et participent ainsi à la gestion des entreprises ». Or, dans les faits, 80 % des salariés n’ont pas d’IRP, pas de délégués, pas de syndiques, pas d’élus. Il faut renforcer l’application de la constitution, pas l’affaiblir.

5°) Pourquoi un « barème aux prud’hommes » : le principe de la justice c’est que ce sont les juges qui fixent les pénalités, c’est anticonstitutionnel d’enlever aux juges prud’hommes le droit de juger, d’apprécier les peines. Et puis la droite réclame de la sévérité contre la délinquance, elle a même inventé des « peines planchers » conte les petits délinquants, pourquoi inventer des « peines plafonds » pour la délinquance patronale, deux poids deux mesures ?

6°) Rappeler que le droit du travail est un droit fondamental de l’homme et de la femme. Il ne se négocie pas. C’est l’état de droit dans l’entreprise. C’est l’ordre public social. C’est la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. C’est la déclaration de Philadelphie. C’est la charte européenne des droits humains de 1999. Il existe l’OIT : elle incarne le droit universel du travail, le droit planétaire. On ne veut du travail des enfants nulle part, ni chez nous  ni au Portugal, ni au Bangladesh. Ca ne se négocie pas boutique par boutique. Le droit du travail est d’essence supérieure aux intérêts des entreprises, boite par boite. Idem pour les durées du travail, pour les salaires minima. Idem, les conventions collectives de branches l’emportent sur le dumping social à l’intérieur des branches et même la majorité du congrès de Poitiers avait appelé à restaurer la hiérarchie des normes.

 

Nous avons à faire, de façon démonstrative, convaincante, dans la campagne législative pour dénoncer l’offensive n° 1 de ce gouvernement de droite, du Medef, et ainsi opposer concrètement nos candidats socialistes aux sombres projets réactionnaires de Macron-Philippe-Pénicaud. Pourquoi Macron veut il commencer par cette loi phare scélérate ?  Pour se venger de n’avoir pu l’imposer totalement à Hollande et Valls à travers la loi El Khomri qui ne s’est pas appelée « Macron 2 » ? C’est la réalité. Mesquine. Menaçante. Absurde. Intolérable. On peut faire un « carton » contre ces ordonnances si on concentre nos coups contre elles.

Mais aussi contre les 120 000 fonctionnaires en moins : qu’est ce que ca veut dire dans les hôpitaux, les écoles, la police, la justice, les contrôles d’application des lois  ? L’autre jour, j’étais dans une réunion avec des camarades socialistes, une femme s’effondre en pleurs, elle nous explique « – excusez moi, je suis infirmière, j’ai failli laisser mourir deux personnes aujourd’hui, ça me prend comme ça ». Tout le monde sait qu’il manque des dizaines de milliers de personnels dans les hôpitaux.

Alors évidemment ça ne peut pas aller du tout, entre autre, par exemple, avec les candidatures de Marisol Touraine et de Myriam El Khomri. Elles ont été particulièrement hypocrites, elles ont sollicité l’investiture socialiste et après, elle se réclament sur leurs tracts et affiches de la « majorité présidentielle de Macron » qui ne met pas de candidat en face d’elles. Il y a une certaine honte à cela.

Non seulement il faut leur interdire de se réclamer du PS, mais puisqu’il est trop tard, à cause de leur manœuvre, pour leur envoyer un candidat socialiste, il faut appeler à les faire battre, et soutenir des candidats de gauche en face, qui, eux s’opposent aux ordonnances, et s’opposent à la suppression des 120 000 fonctionnaires et de l’ISF, et du tiers payant, etc.

Non seulement on combat la politique de la majorité Macron, mais on doit appeler clairement à battre celles et ceux qui veulent y participer et  la soutenir, qu’ils aient été ministres n’est surtout pas une excuse, au contraire,  c’est une exigence encore plus forte. Car si on ne fait pas ça clairement, ça sabote les campagnes positives de nos camarades socialistes, qui eux défendent la gauche contre Macron.

Gérard Filoche

 

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Suite la longue douloureuse et complète trahison des gouvernements Hollande, et de cette longue séquence de 18 mois qui a abouti à l’élection de l’extrême financier Macron, on retiendra que la majorité du peuple a été manipulée, flouée, et ses aspirations piétinées. Le duel final entre Le Pen et Macron ne représentait pas la réalité politique et sociale du pays ;  ses forces vives ont été écartées en cours de route, ses plus anciens partis se sont décomposés, l’incroyable putsch d’un trader inconnu, homme de cabinet propulsé directement par le Medef, le CAC 40, et les 9 milliardaires qui détiennent 95 % des médias, a réussi.

En fait Macron ne dispose que d’un petit capital de soutien, de 8 % à sa personne et de 16 % aux idées qu’il a peu ou prou développées. Il a gagné par défaut, les électeurs votant pour lui, d’abord pour ne pas avoir Fillon, puis pour ne pas avoir Le Pen.

Le Pen a fini à des scores relatifs de 23 % et à 32 % dans un scrutin caractérisé par un fort taux de votes nuls, blanc et d’abstentions. Partis politiques et démocratie ont reculé, apprentis Bonaparte et partis plébiscitaires ont progressé.

Le véritable affrontement entre les deux classes fondamentales opposées, entre gauche et droite, entre ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre, les salariés, 93 % des actifs, et ceux qui l’achètent et l’exploitent, l’oligarchie, n’a pas pu avoir lieu.

Macron, quelle que soit la composition de son gouvernement, c’est la droite à 100 %. Même s’il feint de se cacher derrière, il n’y a pas de « centre ». C’est la dictature de la finance qui commence par de nouvelles ordonnances de casse du droit du travail et de la protection sociale, en plein été pour court-circuiter le Parlement et le mouvement social.

 

Si la gauche s’était unie, elle aurait pu gagner largement. Elle aurait gagné des millions d’électeurs qui, par défaut, sont allés vers Macron dés le premier tour. Elle aurait polarisé des millions d’électeurs si Hamon et Mélenchon (avec Jadot et Laurent) s’étaient mis d’accord – comme D&S l’a proposé avec acharnement pendant 18 mois –  sur un programme de gouvernement, un mode de gouvernance VIieme République et une majorité parlementaire.

Le PS sortant a payé pour l’immense trahison du quinquennat Hollande, et encore pour n’avoir pas soutenu Benoit Hamon comme il l’aurait du. C’était la première fois depuis un siècle grâce aux primaires du 29 janvier que la gauche socialiste l’emportait, en rupture avec l’appareil. Il y avait une « fenêtre de 11 semaines » entre le 29 janvier et le 23 avril, pour unir et refonder toute la gauche tout en remportant une victoire historique sans précédent. La face de la France, de l’Europe et du monde en auraient été bouleversée.

Le désastre s’est joué dés le premier tour, le soir du 23 avril à 20 h, parce que, du seul fait de la division Hamon-Mélenchon, la victoire de la gauche était sabotée. Sans unité, sans accord politique, il était impossible de rassembler suffisamment. Peu importe ensuite le score, entre 6,5 % et 19, 5 %, quand c’est perdu, c’est perdu. Les programmes sont partis à la poubelle, tout est à refaire.

L’électorat de Hamon et celui de Mélenchon étaient pourtant le même, leur programme était le même à 80 %, l’accord était théoriquement aisé, des millions de voix ont d’ailleurs glissé de l’un à l’autre, de Hamon à Mélenchon pour essayer de compenser par une dynamique spontanée et désespérée, le refus d’unité construite consciemment des deux côtés.

Mais les 2,4 millions de voix finales de Hamon, (6,5 %) ne pouvaient pas s’additionner aux 7 millions de Mélenchon, 19 % des voix, sans qu’il y ait un accord politique global, explicite. Il aurait été dit : « L’un sera président l’autre premier ministre, le programme sera revu et finalisé par les deux côtés, le gouvernement sera unitaire, les députés seront labellisés » nous aurions gagné à coup sûr, et nous serions au pouvoir.

C’est un cas d’école, une tragédie historique.

 

Constater cela est à la fois un désespoir, un espoir et une leçon incontournable.

Désespoir d’avoir eu deux dirigeants de la gauche, les plus bêtes du monde, qui ont refusé d’avoir, la carrure, la grandeur, et la conscience nécessaires pour faire le choix gagnant dans notre interêt à toutes et tous.

Espoir, parce qu’en fait, on sait toujours que dans ce pays, la gauche est majoritaire et peut gagner si elle est unie.

Leçon incontournable : la gauche ne peut gagner sans unité.

La gauche, ça ne peut pas être et ne sera pas le bonapartisme,  ce n’est pas seulement les estrades et les harangues, la gauche, c’est un maillage militant des partis, des syndicats, des associations, des élus, dans les territoires, les entreprises, les bureaux,  quartiers. La gauche est pluraliste, diverse, comme le salariat. La gauche, sans passé, n’a pas d’avenir. La gauche sans respect, sans écoutes, sans négociation, ni association entre ses composantes, ne vaut rien.

C’est pourquoi, aux législatives, la gauche ne corrigera la défaite du 23 avril qu’à la condition d’être unie.

Elle doit se fixer le cap d’avoir un groupe parlementaire rouge-rose-vert, uni et indépendant, pour résister et combattre la terrible politique anti sociale que le trader Macron et le Medef nous annoncent. Pas une voix pour Macron, pas une voix pour Philippe. Toutes nos forces pour la gauche unie, seule méthode, seul moyen, pour résister, avancer et reconstruire.

 

Gérard Filoche

 

 

 

 

El Khomri a fait une loi scélérate anti travail anti salariés en 2016 et s’apprête à revoter des ordonnances scélérates Macron aggravées en 2017

Menucci se plaint sur tweeter des « petites manoeuvres de FI « qui rajoute malhonnêtement à Marseille des bandeaux sur ses affiches « pour Macron » à la place de « un depute de gauche pour Marseille  »
et à Paris, El Khomri, auteure de la fameuse loi scélérate anti travail, anti salariés, elle, rajoute Macron sur ses affiches

idem pour Marisol Touraine qui s’est fait designer par le PS mais se presente comme « majorité présidentielle » ! La honte n’a pas de limite ? si, car la fédération 37 vient de l’exclure, quand même !

C’est Menucci qui a raison du point de vue de la ligne officielle du PS !  Etre à « en marche » est au PS est incompatible. On ne peut pas être socialiste et pour la droite Macron.

 

pré bilan : l’unité en 18 mois et en 10 points, texte provisoire, en travail – a paraitre

texte provisoire, extrait d’un livre à paraitre beaucoup plus détaillé :

 

L’unité en dix épisodes

épisode 1 : ça commence le 21 janvier 2016, tous les dirigeants de la gauche sont là dans la même pièce, à Paris dans le 20°, on est quarante et on discute deux heures, pour construire une plateforme commune et une candidature commune pour la présidentielle, tout est cassé par Mélenchon qui nous dit « il n’y a pas de débat, la plate-forme c’est celle de 2012, la mienne, et il faut un candidat expérimenté, qui sache faire, il faut 9 millions, qui ait l’argent, c’est moi » cette position brutale de refus d’unité s’avérera quels que soient nos efforts ensuite, immuable.

épisode 2 : février avril : Melenchon ira tout seul s’auto proclamer sur TF1 et refusera ensuite toute alliance, toute discussion. Il s’opposera et dénoncera activement des grandes primaires de toute la gauche, prévues par toute la gauche, et même un moment proposées à toute la gauche PCF et Vert, par le PS les 4 et 11 décembre, dans le but de parvenir à une plateforme et à un candidat commun. Il découragera le PCF, les Verts, le PS lui même de les organiser, alors qu’au départ toute la gauche (et bien au delà, Libé, etc) les voulait. L’argument était qu’Hollande les emporteraient : je disais urbi et orbi que « non », il serait perdant et perdu, et qu’il ne se présenterait pas. Et je disais aussi que si c’était Valls il serait battu, il n’y aurait rien a craindre, ce serait un candidat de gauche et non pas un candidat du quinquennat qui l’emporterait. La preuve en a été faite. Les rapports de force issus notamment de la grande mobilisation sociale anti loi El Khomri étaient favorables à ce qu’un candidat de la gauche unie l’emporte après avoir écarté Hollande et Valls. Macron n’y va pas, alors que Hollande les a accepté : si Macron y était allé il aurait été battu lui aussi, comme Valls. Probablement que Mélenchon les aurait emportées s’imposant sans conteste à gauche : seul un candidat valable de la gauche socialiste aurait pu été en concurrence avec lui.

épisode 3 : juin – octobre : le temps passant faute de primaires, et en dépit de nos efforts et appels pour l’unité, les congrès des Verts et du PCF y renoncent  (début juin), même si on en débat lors des universités d’été des verts et du PCF (où je vais à Angers et Lorient fin août), puis à celle de la motion B ( La Rochelle, 11 septembre) Le CN du PS renonce à ces grandes primaires de décembre le 2 octobre et les convoque en janvier. En fin 2016, Melenchon enregistre des « ralliements », du PCF, de « Ensemble, » les Verts font leur propre primaire et choisissent Jadot. Tout en refusant de discuter de sa campagne, en refusant tout accord, toute plateforme, tout collectif, Mélenchon accepte les ralliements en traitant fort mal les « ralliés« . Il confirme à chaque étape manifestement son choix d’une campagne plébiscitaire et non pas « unitaire ». Il refuse toute campagne collective (nous l’aurons critiqué tout au long de l’an 2016, espérant modifier ses convictions, à l’usage des faits et débats, sans être jamais entendus, et c’est ce qui causera la défaite finale sur laquelle nous ne cessons d’alerter).

épisode 4 : octobre – janvier : quand, par défaut, des primaires plus petites du point de vue de leur périmètre sont organisées les 22 et 29 janvier par le PS « ouvertes de la gauche et des écologistes » – mais épurées par Cambadélis, j’en suis écarté alors que je pouvais les gagner), Mélenchon les raille, sort un livre de Corbières contre leur principe, publie des affiches pour les saboter et appeler ouvertement à les boycotter, Mélenchon explique à ce moment là qu’il préfère Valls ou Hollande.

En effet sans primaires, Hollande y serait peut être « allé » et sans primaires le PS aurait désigné Valls. C’est le vote de 2,1 millions d’électeurs militants qui va en décider autrement de façon démocratique, en dépit de l’hostilité des amis de Mélenchon.

épisode 5 : janvier : la gauche socialiste réussit pour la 1e fois depuis un siècle à battre la majorité de l’appareil du PS, après avoir réussi à ce que Hollande ne soit pas candidat, elle gagne les primaires en éliminant Valls. Hamon est le candidat élu. Un million et demi de voix, 60 % c’est sans conteste. Valls s’incline alors. Hamon (comme Montebourg), a promis d’appeler JL Mélenchon le 29 janvier et de faire avec lui un programme commun de gouvernement, et, de lui même il ajoute « j’irais à cette discussion sans faire de ma candidature un préalable ». Au lieu de se féliciter de la victoire de la gauche socialiste, de saisir la perche, Corbières la conteste, tente de la ridiculiser. Mélenchon encaisse le coup les premiers jours : il a fait campagne solitaire depuis un an, il a 250 000 supporters et 9 % des voix, Hamon a 1,2 million d’électeurs et 16 % des voix. Mélenchon accuse alors Hamon d’être resté sous tutelle de l’appareil, de ses candidats députés. Ses amis nient à Hamon l’autorité d’être de la gauche socialiste et le traitent comme s’il était comptable de la trahison du quinquennat. Ils font l’amalgame au lieu de se réjouir que la gauche socialiste ait gagné : un clivage lourd polémique et sectaire, va s’installer qui contribuera à faire perdre ensuite le 23 avril.

Hamon met en place un organigramme de campagne où figurent peu à peu les notabilités du quinquennat sortant, il veut amadouer le parti, mais pas nous, la gauche socialiste ni D&S, qui avions combattu le quinquennat depuis le début, (congrès de Toulouse, ANI, lois Sapin, Ayrault, Macron El Khomri, ce que n’avait pas fait avec autant de force Hamon) nous pouvions contribuer à lui donner visibilité et autorité, Hamon ne nous utilise pas une seule fois en trois mois. Pourtant nous n’allons cesser d’être actifs et de prendre des initiatives, y compris en donnant notre version du revenu universel, et en incitant sur le « candidat de la feuille de paie ».Et surtout en menant le combat jour et nuit pour l’unité et éviter le désastre du 23 avril à 20 h.

épisode 6 : Mélenchon dit qu’il ne peut y avoir accord s’il n’y a pas épuration des députés de droite du PS. Hamon refuse de « couper des têtes » à juste titre. Je fais aussitôt la proposition personnelle puis publique sur RMC, qu’il y ait un accord global, un programme de gouvernement commun, que Hamon soit président et Mélenchon premier ministre, et qu’il y ait une nouvelle convention PS pour redésigner les députés après la présidentielle. Cambadelis accepte évidemment la convention. Et Cambadelis dit « Hamon est libre de sa campagne » : ce qui est vrai. Personne ne dicte à Hamon ses choix. Hamon a été libre de sa campagne de bout en bout. Il commet l’énorme erreur de ne pas tenir sa parole et de ne pas appeler Melenchon pour le contraindre à un accord à chaud après le 29 janvier. Personne ne relaie ma proposition « Melenchon premier ministre ». Dans l’équipe autour de Hamon, certains parient que Mélenchon va baisser à 7 %, moi j’affirme qu’après un an de campagne ce ne sera pas le cas et qu’il garde les 11 % et ira au dessus, et que nul ne peut gagner sans accord, que ce soit à 15/15 ou à 17/7 ! Mais les jours s’écoulent sans que Hamon, donné par les sondages à 16 ou 17 % tandis que Mélenchon baisse à 9 %, n’engage le travail pour une candidature unique, je me bats comme un beau diable à côté de Hamon, au repas du 4 février, au comité politique du 11 février, auprès de ses amis Cherki, Hanotin, Germain, Balas, par contacts, téléphones, réunions, par lettre, par mail, puis par un « appel » puis par des pétitions unitaires, pour qu’il le fasse, sur mon blog, avec tous le réseau D&S mobilisé. Mais Hamon n’écoute pas et ne saisit pas l’opportunité, ne tient pas sa promesse faite au cours des primaires, il a totalement tort et il va perdre a cause de cela. Il signe avec Jadot seul, prétendant aborder Mélenchon avec une meilleure position.

épisode 7 : Mélenchon écrit à Hamon une lettre que je caractérise comme « ouverte » contrairement aux apparences, et je propose à Hamon d’y répondre. J’en écris un brouillon (publié sur ce blog remontez après le 23 avril -idem pour un projet de programme commun). Hamon commet une nouvelle erreur, il aurait du y répondre. Cependant il va au Portugal, chercher l’excellent exemple du gouvernement unitaire de là-bas. Bonne intention, mais au lieu de revenir avec le bon exemple, Mélenchon depuis Paris traite pile poil le PS de « corbillard », et depuis Lisbonne, la délégation Hamon rompt à cause de cela. Maladroitement. Nouvelle erreur grave et définitive car c’est là que commencent la crise et la descente.

épisode 8 : je cherche à renouer les liens avec JLM, j’obtiens un quitus pour le faire de façon discrète, j’écris un projet de programme commun, mais le soir du jour ou un RV est esquissé, JLM et BH vont se voir directement pendant deux heures dans un restaurant chilien du 20°. Et là ils se quittent sans accord, même si avec une « clause de revoyure » (mentionnée par JC Cambadelis en BN). Façon 5° République, ils décident à deux en tète à tète du sort de millions de gens et du pays tout entier, sans débat, sans écoute, sans expliquer. C’est foutu. Mélenchon a imposé à Hamon qui ne se bat pas, l’absence d’accord dont il ne voulait à aucun prix depuis le début. Hamon acquiesce sans combattre car lui même n’en a pas la force. Mélenchon croit passer en puissance : nous disons, nous crions :  c’est impossible, ca va être le désastre.

épisode 9 : Voyant cela, l’aile droite du PS crie « ouf » et se détache, Valls comprend que sans alliance avec Melenchon, Hamon et la gauche ont perdu. Il sait qu’il peut alors retourner sa veste sans risque et trahit donc en s’en allant chez Macron, avec les Delanoë, Le Foll, Ferrand, Castaner, Collomb, Le Drian, etc.… ils vont chez Macron quand ils comprennent qu’il n’y a pas d’accord, car, avant, la perspective d’un accord les tétanisait. Cela a un résultat immédiat, à chaque coup de poignard, Hamon commence à baisser et Mélenchon à monter dans les sondages, la courbe s’inverse. Le sabotage distillé jour après jour affaiblit encore plus Hamon qui recule derrière Melenchon. Tout cela nourrit abondamment Macron, qui, sinon, commençait à reculer.

épisode 10 : nous savons que la progression de Mélenchon ne sera pas suffisante pour franchir l’obstacle de 3, 4 ou 5 points qui le sépare de Le Pen, Macron, Fillon. Pour cela il y faudrait l’unité. On va multiplier les efforts jour et nuit, semaine après semaine, pour arriver à un accord politique global. Nous faisons des manifs, délégations, téléphones, quatre samedi de suite, nous multiplions les appels déclarations de personnalités. Nous sommes certains que sans unité on ne peut gagner. (Il eut été possible de faire un peu comme Le Pen Dupont-Aignan en « 72h » ou en « 48 h »).

Jamais il n’a été question de ralliement, de retrait, de désistement, de soumission de l’un à l’autre ! Pourquoi ? Parce que,  pour que ça marche, il fallait un accord politique afin de permettre le transfert du maximum de voix. D’ailleurs le maximum de transfert de voix s’est produit, vers la fin Mélenchon a gagné deux ou trois millions voix socialistes qui ne voulaient pas perdre et votaient « utiles ». Mais cela n’a évidemment pas suffi et il est resté 2,4 millions de voix socialistes, qui se seraient reportées et auraient permis la victoire s’il avait été signé un accord politique global. Sans accord politique, ces voix n’ont pas été « spontanément » vers le vote utile, la dynamique a été insuffisante.  La majorité de D&S n’a pas voulu faire croire ni céder à la superstition, à la magie, à la dernière chance, le désastre était théoriquement prévisible, inscrit, inévitable sans unité. Mais Melenchon a refusé et coulé toutes les « chances »  jusqu’au bout puisqu’à la fin il s’est même vanté dans « le Parisien  » vendredi 14 avril d’avoir eu « raison de résister à l’unité ». Il confirmait, par défi, pour lui -même et pour les autres,  son impossible et folle théorie initiale du 21 janvier 2016, de passer seul au forcing, sans alliance.

Voila le drame de cette présidentielle qui fait des deux « chefs » Jean-Luc et Benoit les deux dirigeants de gauche les plus bêtes du monde.

 

S’ils s’étaient mis d’accord par un accord global le 29 janvier la gauche aurait gagne, non seulement on aurait gagne la présidentielle, mais en plus, on aurait refonde une nouvelle gauche unitaire en une circonstance historique qui lui aurait donné un caractère exceptionnel

 

En défense des partis démocratiques et pluralistes Contre les mouvements plébiscitaires, verticaux et centralistes

Une relative démagogie anti partis politiques est en train de percer dans tous les grands médias sans que cela soit acceptable pour la démocratie.

Chaque fois que la démocratie est mise à mal, il y en a toujours pour s’en prendre aux partis politiques.

Les partis sont pourtant ce qui, dans l’histoire humaine, a été trouvé de mieux pour organiser la réflexion, l’élaboration et l’action politique collective.

Le malheur est qu’immanquablement la critique des partis politiques donne naissance à d’autres mouvements caricaturaux généralement rassemblés autour d’un « chef ».

 

On vient d’en subir trois d’un coup, il est vrai dans une élection qui est propice à cela, l’élection présidentielle, elle même organisée dans la V° République pour son caractère bonapartiste.

Le « FN », « En marche » et la « France insoumise » sont trois mouvements d’essence plébiscitaire, personnalisés, verticaux, non démocratiques.

Là où l’on personnalise la politique les personnes se dépolitisent.

Au lieu des idées, on vote sur un homme ou sur une femme.

 

Ce n’est pas la première fois en France, que des mouvements de type surgissent et prolifèrent depuis Napoleon III, Boulanger  et De Gaulle.

 

Ce type de regroupements « bonapartistes » sont parmi les moins bienveillants, les moins fructueux, les moins durables et respectueux, et souvent, car il y a un lien entre la forme et le fond, les plus réactionnaires : ils n’attirent pas et ne mobilisent pas les militants, ils sont faits selon les cas, de courtisans, « godillots », de supporters,  de « marcheurs », de « helpers », de « clicks » de « ralliements ».

La façon dont « En marche » est créé avec un système de marketing, de sélection et un conseil d’administration à sa tête est épouvantable, caricatural,  et cela apparaîtra comme tel quand les analystes et historiens se pencheront sur ce phénomène anti démocratique.

La façon dont « FI » fonctionne de haut en bas, allant même jusqu’à tirer au sort ses membres chargés de son programme est aussi en rupture avec les traditions  démocratiques de la gauche, maillage social, couverture du terrain, partis, syndicats, associations.

On peut parfaitement comprendre que la dégénérescence avancées de partis anciens, vieillis sous le harnais, comme d’un coté « LR » ex UMP, ou le PS, explique le rejet des formes traditionnelles, et la recherche de formes « nouvelles » (mais hélas aussi traditionnelles, anciennes et dégénérées malgré leur apparente nouveauté).

 

Ce ne sont pas les partis en général, pourtant, qui sont en cause.

Mais plus exactement les défauts des partis existants déclinants.

Le rejet de « LR » qui s’est accroché à Fillon, et à ses corruptions en série, incapable de rejeter son indéfendable candidat et d’en choisir un autre malgré des primaires pourtant dynamiques.

Le rejet du PS qui a été tétanisé, soumis par l’omni présidence de Hollande, à la trahison de tous ses idéaux, programme, espérances, au cours d’un quinquennat qui ne lui a laissé aucune autonomie, aucun espace, seule une minorité ( de 13 ,7 % à 30 %) essayant de façon chaotique de résister à cette déroute). Même quand la gauche socialiste réussit imparfaitement à sauver l’honneur en faisant gagner les primaires du 29 janvier par l’un de ses candidats, l’appareil fait preuve encore, d’un coté de trahison, de l’autre de sabotage, et assure l’échec final de la tentative.

 

 

Quand  ainsi des partis s’épuisent, s’assèchent, s’éloignent de leur histoire, de leurs référents génétiques, historiques, de leur continuité organisationnelle, de leur dynamique interne et démocratique, de leur base sociale, de leur rôle et fonction politique, évidemment, l’appareil s’autonomise, ne fonctionne plus que pour lui même, et devient une caricature périssable.

 

Si c’est une structure verticale de haut en bas, il meurt.  Si c’est une parodie horizontale sans colonne vertébrale, il meurt aussi.

 

Pourtant comme tout parti traditionnel, il ne disparaît pas sans être physiquement remplacé. Sinon il se ressource, et retrouve dans sa base sociale, des énergies nouvelles.

 

Cote classe dominante, « orléanistes » et « bonapartistes » ont survécu ainsi, avec différentes variantes depuis deux siècles.

Cote classe dominée, socialiste et communistes, survivent depuis plus d’un siècle. Et il est normal que la classe dominée,  justement parce qu’elle est dominée s’accroche encore plus à ses organisations traditionnelles.

 

Un parti exprime d’abord une force sociale,  même de façon déformée, les idées n’en étant que l’émanation. Les idées politiques ne « volent » pas, ne sont pas désincarnées, ni fortuites, ni hasardeuses, elles sont le produit de rapports de forces sociaux,  entre les deux  classes sociales fondamentales, exploiteuse et exploitée.

 

Tout parti a une « nature de classe » que l’on peut étudier à coup sur avec une combinaison de critères objectifs et subjectifs. La genèse, l’histoire, la référence théorique, la continuité organisationnelle, la base sociale, les liens syndicaux, associatifs, le rôle social, permettent de ne pas se tromper quant à l’appréciation de cette nature de classe.

 

Ce qui ne veut pas dire  que la politique suivie correspond forcément à ce critère de classe. Bien des partis dans l’histoire, le temps, le monde, et en France, ont trahi un ou plusieurs de ces critères sans changer pour autant de nature de classe. Disons que l’appareil trahit sa propre base, sans forcément couper toutes ses racines, tous ses repères, ni sa continuité.

 

Lénine disait du Labour Party de Lloyd Georges qu’il était un « parti ouvrier bourgeois »,  permettant avec cette apparente contradiction,  de décrire le lien avec le haut de l’appareil corrompu avec la classe dominante, et le bas de celui-ci enraciné dans le mouvement ouvrier.  Quiconque voit le film « les suffragettes » comprend in vivo cette analyse.

 

Les syndicats ont aussi leur « bureaucratie » : voir « we want sex equality » et plusieurs films de ken Loach

 

Plusieurs fois, tout ou partie de la gauche française a trahi sans que ses partis changent de nature : au cours de la guerre de 14 après l’assassinat de Jaurès, au cours de la guerre d’Espagne, ou en 1939 face à Vichy, au cours de la guerre d’Algérie ou les deux partis PS et PCF ont voté les pouvoirs spéciaux, aggravant une guerre hideuse et des centaines de milliers de morts.

Mais ces mêmes partis se sont redressés, tant bien que mal, et son redevenus un instrument des combats sociaux, et des batailles politiques opposant les classes sociales, droite et gauche.

Le PS est mort déjà en 1958, 1968, 1969, 1983, 1993, 2002, 2007, 2012, et il sera peut être  encore obligé de voter pour lui en 2022,  comme en 2015 au Portugal par exemple, ou 5 ans après Socrates ceux qui juraient que le PS était mort se sont alliés avec lui, ou comme en Allemagne ou le Spd peine à s’allier à gauche avec Die Linke et les Grünen. Le PSOE est divisé. Le Pasok est quasi disparu parce lui, a été remplacé… par Syriza. Sans oublier le Labour ou Jérémy Corbyn a remplacé les blairistes, s’engageant à gauche et gagnant 600 000 adhérents nouveaux.

Ce n’est donc pas la « forme parti » qui est en cause. C’est son fonctionnement et son expression, selon les rapports de force entre classes, en tant que force sociale.

En fait le meilleur d’un parti c’est quand il a une théorie solide et un caractère de masse, quand il plonge ses racines profondément dans la classe sociale qu’il tend à représenter, c’est quand il l’exprime de façon pluraliste, démocratique, créatrice, vivante.

C’est quand il a des statuts qui permettent le débat, la création, l’action, le pluralisme. Sans démocratie pas de parti. Sans pluralisme, pas de parti.

Un parti ce n’est pas l’unité de pensée, c’est l’unité de référence et d’action. Point besoin de scission et surtout pas d’épuration à chaque désaccord, un parti doit permettre la plus grande liberté de débat, la représentation à la proportionnelle, le respect inclusif envers ses minorités.

Sinon il y a déjà 19 partis de gauche et 30 orientations en France et 8 syndicats, ce qui est normal, car le salariat, 93 % des actifs est lui même pluriel. La tendance doit être non pas à nier, ou écraser cet état de fait par l’autorité, elle doit être a respecter, à écouter, à unir,  associer, a construire, rassembler, unifier.

Un parti ce n’est pas « je t’aime ou je te quitte », tout ou rien, sinon il y aura cent partis, au contraire, c’est un partenariat rassembleur, assembleur, sur la base d’un ligne générale, d’une philosophie générale, et d’un programme général.

Un parti c’est une forme de cohabitation et d’association à la fois, de défiance et de confiance mêlées, c’est un corps vivant où chaque sensibilité peut et doit alimenter la pensée et l’action. Les statuts sont extrêmement importants, précis, ouverts, pour permettre, garantir protéger les minorités jusque dans les moindres détails de leurs droits et représentations.

Un parti sans sensibilités et minorités est aussi un parti mort.

Et le rapport entre majorités et minorités doit être traité avec le maximum de délicatesse, et de respect humain collectif :  si une majorité se moque de la minorité, et si une minorité se moque de la majorité, bien que les deux parties se comportent mal, c’est la majorité qui a tort, car c’est elle qui a le pouvoir de faire cesser cela, et d’apporter remède.

 

Notre objectif à D&S est lointain et peut paraitre utopique : mais il est celui d’un grand parti de masse, de classe, democratique et pluraliste de toute la gauche, avec droit de tendance et proportionnelle.

 

 

 

 

Mon intervention au BN du PS du lundi 15 mai 2017 : pas une voix pour Macron, pas une voix pour Edouard Philippe

 

Bien sûr, qu’est-ce qui se dit à gauche, en ce moment ? Il se dit que le PS incline vers Macron.  La faute en revient à la formule sortie du dernier BN : « On souhaite la réussite du quinquennat ». Forcément si on souhaite la réussite de Macron, les gens vont voter Macron. On les encourage à voter pour l’original et pas pour la copie.

Cela revient à saboter la campagne des socialistes, et de la gauche, personne, aucun candidat ne s’en tirera en mettant sur ses affiches ou ses tracts la photo de Macron et en se réclamant de la « majorité présidentielle ».

Didier Guillaume, président du groupe socialiste du Sénat, se voit dans la « majorité présidentielle ». Des dizaines d’élus et dirigeants PS sortants le font. C‘est mortifère.

 

Pour augmenter les chances de retrouver des voix, il ne faut pas s’adresser à ceux qui ont des illusions envers Macron mais à ceux, des millions, la majorité, qui n’en ont pas et qui n’ont voté pour lui que par défaut.

Mettre Macron sur son affiche, c’est à courte vue, c’est dissuader de voter pour soi, pour nous, les socialistes. Se réclamer de la majorité présidentielle, c’est discréditer notre parti et reculer encore dans les élections de juin.

Pour regagner des voix il faut combattre clairement la droite Macron et Philippe. Il faut dénoncer leur programme, leurs projets, pas s’en réclamer. Il faut redonner envie à nos électeurs d’être librement, démocratiquement à gauche, avec les socialistes redevenant des socialistes. Et aussi en recherchant l’unité à gauche comme dans le Jura.

Moi, je vous le dis, j’explique dans les médias qu’on ne peut être à la fois socialistes et pour Macron, que c’est incompatible.

C’est clair et compréhensible.

Et pour ceux qui ne le comprendraient pas encore, cela va le devenir vite.

Ceux qui vont à contre-courant arrivent souvent avant les autres. Je vous assure que ça aide

mieux nos candidats ! Ça aide le PS à redevenir socialiste.

 

Alain vient de dire que « c’est compliqué parce que Macron part de la gauche ».

Non, Macron ne « part pas de la gauche ». C’est à nous de démystifier cela : il n’a jamais été dans un parti, dans un syndicat, ni militant à gauche. Nulle part, jamais. Rien à voir avec nous. C’est un obscur et détestable trader, devenu homme de cabinet, putschiste contre le président qui l’avait nommé et contre le gouvernement auquel il a appartenu, soutenu par la finance, les banques, le Medef et la curée médiatique des 9 milliardaires possesseurs de 95 % des médias.

Il est de droite, de droite et de droite, et il a nommé, comme prévisible, un premier ministre de droite.

 

D’ailleurs je ne comprends pas que le président sortant lui montre de l’affection, comme s’il était l’organisateur en deus ex machina de la victoire de Macron, alors qu’il s’agit de sa défaite, à lui, Hollande, président sortant..

De la même façon, il faut arrêter de dire « merci » au quinquennat sortant.

Ce quinquennat nous a fait tout perdre.

Tout. Cinq élections. Une sixième.

Et une septième si on ne se distingue pas du bilan.

A cause de lui, et injustement, le PS, notre parti, est haï.

Nous ne nous reconstruirons en tant que socialistes, qu’en nous en distinguant de ce quinquennat 2012-2017.

Les électeurs peuvent nous redonner du crédit si on en tire le bilan et qu’on s’en sépare clairement : il faut plus qu’un inventaire, il faut une rupture.

Prenons l’exemple du droit du travail : ici, plusieurs viennent de dire qu’ils vont sans état d’âme combattre les ordonnances Macron qui annoncent la casse du droit du travail ! Bien sûr ! Tant mieux !

Nos députés, si on en a, vont voter contre toute confiance au gouvernement, contre ses ordonnances scélérates de début juillet 2017.

On va manifester, je l’espère, avec tous les syndicats.

Mais croyez-vous qu’on va échapper à la question : quid de la loi El Khomri ?

Notre candidat à la présidentielle, Benoît, a fait campagne pour l’abroger.

Ce n’est pas une petite question, l’avenir immédiat : est-ce que le PS veut abroger [ou : est favorable à l’abrogation de] la loi El Khomri ?

Dans mon milieu, quelques milliers d’inspecteurs et agents publics du travail, par exemple, oui, il va falloir dire que le PS se bat contre les ordonnances Macron, il va falloir être clairs : car on vient de recevoir en cadeau de fin de mandat, un décret « déontologique » scélérat du gouvernement Cazeneuve-El Khomri, daté du 12 avril (du 12 avril !) qui casse l’inspection du travail en donnant les moyens aux patrons de contrecarrer ses contrôles.

 

Et que va-t-on dire dans notre campagne et en juillet ensuite ?

Qu’il faut faciliter les licenciements ? Ou contrôler les licenciements afin de les empêcher au maximum ?

Que va-t-on dire contre Uber ? Qu’il faut laisser passer le retour aux loueurs de bras ? Ou qu’il faut imposer des contrats de travail, avec un salaire brut et net ?

Que va-t-on dire ? Qu’il faut le repos du dimanche ou travailler le dimanche ?

Que va-t-on dire ? Qu’il faut renforcer les IRP, ou les affaiblir ?

Que va-t-on dire ? Que la loi doit l’emporter sur le contrat ? Qu’il faut rétablir la hiérarchie des normes ?

Moi, je le dis, si on veut regagner des voix, reconstruire, il faut défendre le droit du travail universel et pas boutique par boutique, il faut défendre les droits républicains, l’ordre public social, l’état de droit dans l’entreprise, les hommes et les femmes au travail et pas les soumettre au cas par cas au despotisme entrepreneurial privé.

 

Et puis on me dit qu’il n’y aurait « pas de place entre Macron et Mélenchon ».  Ça, c’est totalement faux, il y aura toujours une grande place pour un socialisme authentique démocratique, pluraliste, unitaire. Mais, bien sûr, à condition qu’il soit socialiste, démocratique et unitaire à gauche !

 

Aller vers Macron, c’est abdiquer sans dignité, se renier, abandonner un siècle d’histoire et disparaitre, comme le PRG.  Macron va faire pschitt plus vite qu’on ne croit.

 

Mais n’ayez pas « peur » non plus, comme vous le dites, ici ou là, de « FI », c’est conjoncturel. Les mouvements plébiscitaires sans ancrage théorique, historique, refluent vite.

Sur les 19 % de Mélenchon, nombreux sont NOS électeurs, l’électorat d’ailleurs est exactement le même entre les 6,5  % et les 19 %, ce sont des vases communicants.

Nous avons perdu à cause du quinquennat et à cause de la division.

Mais l’aspiration unitaire est toujours très forte sinon majoritaire pour une gauche unie rose-rouge-verte, indépendante de Macron et le combattant. Ça va remonter vite.

 

Et pour ce qui est de « FI », soyons respectueux, patients, attentifs et unitaires, mais en sachant qu’un parti ne peut pas fonctionner dans l’opposition, sans tradition, sans statut, sans programme historique, sans démocratie, de façon plébiscitaire, en se faisant passer pour « peuple » et pas pour « classe », pour « insoumis et patriote » et pas pour « salarié et syndiqué ».

 

Le clivage droite-gauche est impitoyable, car c’est un clivage de classes, et il ressort toujours, le reste est faribole.

La gauche n’est pas réductible aux estrades et aux harangues, même talentueuses, elle est un maillage de nombreux partis, syndicats, associations, clubs, élus de terrain, luttes, grèves, occupations d’entreprises, et institutions.

Le « centre », ça n’existe pas.

La gauche renaîtra si on le veut, si on redevient socialistes, démocratiques et unitaires pour de bon.

 

 

 

 

UN seul clivage existe entre droite et gauche, entre patronat et salariat, le reste est faribole. Pas une voix pour Macron, pas une voix pour Edouard Philippe.

Macron est de droite, il a choisi, sans surprise un 1er ministre de droite, combattons frontalement leur politique qui va être mensongère, agressive, et dangereuse pour tous les salariés

Battez la droite les 11 et 18 juin, battez LR, EM, FN

Votez pour la gauche unie rose rouge verte independante et anti Macron

Pas une voix pour Macron, pas une voix pour Edouard Philippe

 

 

 

Les médias et leurs commentateurs patentés nous abreuvent de cent mille bêtises à l’heure sur le chamboule tout politique, qui recomposerait le pays. Tout serait changé, changeable, différent, bouleversé. Plus de gauche plus de droite, un centre qui dévorerait tous les clivages.

Ne vous laissez pas distraire, c’est du vent. Il n’y a que deux classes sociales, et deux camps, le centre n’existe pas, et, aussi gonflé qu’il soit, explosera, comme cela a toujours été le cas. La droite c’est les 1 % de l’oligarchie, la gauche, c’est le salariat qui produit l’essentiel des richesses et n’en reçoit pas la part qu’il mérite.

Nous sommes deux catégories de citoyens :

-       Ceux qui n’ont que leur force de travail a vendre. Vous, nous, moi, toutes et tous, 93 % des actifs sont salariés. On vend notre force de travail au meilleur prix, avec le meilleur salaire possible, brut et net, pour vivre le mieux qu’on peut avec notre famille et nos enfants.

-       Ceux qui achètent notre force de travail, et font du profit et des dividendes dessus, ce sont les employeurs, actionnaires, rentiers, banquiers.

Nous on est exploités, et eux, ils sont exploiteurs.

Ce n’est ni moral ni scandaleux, c’est ordinaire, ça se passe comme ça dans toutes les entreprises, entre toutes les commerces et échanges.

Pour que ca se passe bien, de façon civilisée, efficace, solidaire, démocratique, sans heurts, ni violences, ni barbarie, il faut des lois, des règles.

Au travail, il faut un code du travail, pour partager les salaires, le temps de travail, les conditions de travail et l’emploi lui même.

Ceux qui sont obligés de vendre leur  force de travail ont besoin du maximum de règles, de protection, de garanties, d’un bon code du travail garant de l’emploi.

Ceux qui l’achètent on besoin du maximum de dérégulation, du moins de droit du travail possible, de chantage sur l’emploi pour baisser les salaires.

Il n’y a pas  de « centre ».

Il n’y a pas de « classe moyenne ».

Il n’y a que deux classes sociales fondamentales.

93 % d’actifs donc sont salariés.

98 % des salariés gagnent moins de 3200 euros.

2 % sont des patrons ou assimilés classes supérieures dites « bobos ».

Sur 7% d’actifs dits indépendants, près de la moitié, auto-entrepreneurs ou agriculteurs, gagnent moins que le Smic,

Les autres peuvent gagner jusqu’à 600 fois le Smic, possèdent l’immobilier et la rente

Environ 1 % possède la moitié du pays,

1000 entreprises produisent 50 % du Pib,

500 familles possèdent 450 milliards, une fois et demi le budget de l’état,

58 multinationales blanchissent 100 milliards par an qui échappent à nos impôts

Il existe 600 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, 2 fois le budget de l’état.

La France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées

Ce qui s’appelle la « crise » et le chômage » ça vient des inégalités, des surcroits de dividendes, ce n’est pas le cout du travail qui est trop élevé, c’est le cout du capital.

Le problème n’est pas que ca ne « ruisselle » pas, c’est qu’ils « pompent » trop.

Or pour sortir de la crise il faut partager, redistribuer.

Le contraire de ce que veulent faire Macron et Philippe,  donc ils vont nous faire mal, et ils vont donc échouer, leur politique fera des résultats pire que ce que nous vivons,

Il ne nous reste qu’à les empêcher au maximum, nous défendre au maximum et puisque les élections ont été dénaturées, puisque Macron a été élu malgré lui, il faut lutter.

Ils annoncent « l’épreuve de la rue » : non, la seule façon de gagner, on le sait après les 14 manifestations de la loi El Khomri,  sera, comme en 36, en 45, en 68 d’occuper les entreprises,  il n’y a que cela qui fera entendre la puissante majorité travailleuse, productrice, salariée du pays.

Pour gagner cette fois, il  faudra occuper les entreprises

 

 

dernier acte scélérat du gouvernement sortant : CODE DE DÉONTOLOGIE DE L’INSPECTION DU TRAVAIL : UN MOYEN DE DÉFENSE ET D’ATTAQUE POUR L’EMPLOYEUR

Comment Hollande, Gattaz, Cazeneuve, Sapin, Macron, Denys Robillard et  El Khomri,ont muselé l’inspection du travail :

 

26 AVRIL 2017 emprunte au talentueux signataire

Un décret du 12 avril 2017 (D. nº 2017-541 du 12 avril 2017, JO 14 avril) pris en application de la loi Travail du 8 août 2016 prévoit les dispositions du nouveau Code de déontologie du service public de l’inspection du travail (C. trav., art. R. 8124-1 et s.).

Ces dispositions s’appliquent à tous les agents du service public de l’inspection du travail, du directeur général du travail aux agents de contrôle en passant par les médecins inspecteurs du travail.

Elles portent notamment sur les obligations, les prérogatives et les garanties prévues pour l’exercice de leurs missions telles que la garantie d’indépendance, la prévention des conflits d’intérêts, les obligations de se consacrer à ses fonctions, de discrétion, de secret professionnel et de confidentialité, les devoirs de neutralité, d’impartialité et d’information des usagers du service public. Le Code prévoit que tout agent exerçant l’autorité hiérarchique doit veiller au respect de ces règles par les agents placés sous son autorité.

Les employeurs vont enfin disposer d’un moyen efficace d’attaquer l’Inspection du travail lorsqu’elle est indélicate et non respectueuse de ces principes.

Voici une liste des moyens de défense de l’employeur issus du Code de déontologie :

1.      Faire intervenir la hiérarchie lorsqu’un Inspecteur ou Contrôleur ne respecte pas ses obligations déontologiques

Si un agent de contrôle ne respecte pas les règles : écrivez à la hiérarchie pour déposer plainte (des demandes spécifiques peuvent être formulées : mise à l’écart de l’enquête du contrôleur, etc.)

Art. R. 8124-6. – Tout agent exerçant l’autorité hiérarchique est garant du respect des règles déontologiques applicables à l’ensemble des agents placés sous son autorité. A cet effet: (…)
« 3° Il intervient en cas de méconnaissance des principes et règles déontologiques, tant dans les actions menées par les agents du service que dans les relations entre les agents ;

4° Il veille à ce que ses instructions assurent le respect des droits reconnus aux agents par les dispositions du présent code ainsi que des garanties d’indépendance dans l’exercice de leurs missions ;
(…) « 8° Il rend compte à la direction générale du travail de toute difficulté rencontrée dans la mise en oeuvre du présent code de déontologie.

2.      Lorsque vous êtes contrôlés, vérifiez les conflits d’intérêts de l’Inspecteur ou du Contrôleur

Art. R. 8124-14. – Les agents du système d’inspection du travail ne peuvent avoir un intérêt quelconque direct ou indirect dans les entreprises qu’ils contrôlent ou entrant dans leur champ de compétence.

3.      Vérifier le profil de l’Inspecteur ou Contrôleur

Art. R. 8124-15. – Chaque agent veille à prévenir ou à faire cesser immédiatement toute situation d’interférence entre l’exercice de son activité professionnelle et des intérêts publics ou privésy compris l’exercice d’un mandat politique, de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions selon les modalités prévues à l’article 25 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée.

Une simple vérification sur internet peut suffire à mettre lumière une violation de cet article par le contrôleur.

4.      Vérifier la neutralité et l’impartialité de l’Inspecteur ou Contrôleur

Art. R. 8124-18. – Les agents du système d’inspection du travail exercent leurs fonctions de manière impartiale sans manifester d’a priori par leurs comportementsparoles et actes.

Ils font bénéficier les usagers placés dans des situations identiques, quels que soient leur statut, leur implantation géographique et leur activité, d’une égalité de traitement.

Toute petite phrase déplacée ou partisane dans un contrôle pourra donner lieu à une plainte contre le contrôleur et à sa mise à l’écart.

5.      Interdiction des paroles déplacées de l’Inspecteur ou Contrôleur : menace ou autre

Art. R. 8124-19. – Dans l’exercice de leurs missions, les agents s’abstiennent de toute expression ou manifestation de convictions personnelles, de quelque nature qu’elles soient.

« En dehors du service, ils s’expriment librement dans les limites posées par le devoir de réserve. Ils ne peuvent notamment tenir des propos de nature à nuire à la considération du système d’inspection du travail.
« Ils ne peuvent se prévaloir de la qualité d’agent du système d’inspection du travail dans l’expression publique de leurs opinions personnelles ».

Toute petite phrase déplacée ou partisane dans un contrôle pourra donner lieu à une plainte contre le contrôleur et à sa mise à l’écart.

6.      Informer l’employeur et le salarié

Art. R. 8124-20. – Les agents du système d’inspection du travail fournissent des informations et des conseils aux usagers sur le droit applicable, sur sa portée et sur les moyens d’assurer son respect.
Ils répondent aux demandes d’information selon les formes et les moyens les plus adaptés à leur interlocuteur, dans un délai raisonnable compte tenu de la complexité de la question.

L’Inspecteur ou le Contrôleur ne peut refuser de prendre position sur une demande de conseil juridique de l’employeur.

7.      Obligations de discrétion, de secret et de confidentialité

Art. R. 8124-22. – Soumis au devoir de discrétion professionnelle, les agents du système d’inspection du travail s’abstiennent de divulguer à quiconque n’a le droit d’en connaître les informations dont ils ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions, sous réserve de l’article 8 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.

Art. R. 8124-24. Les agents respectent l’obligation de confidentialité des plaintes dont ils sont saisis et s’abstiennent de révéler à toute personne l’identité d’un plaignant et de faire état de l’existence de plaintes signalant une infraction ou un manquement aux dispositions des articles L. 8112-1 et L. 8112-2, sauf lorsque le plaignant a informé par écrit son employeur qu’il sollicitait l’intervention des agents de contrôle pour faire cesser l’infraction signalée par sa plainte.

A utiliser notamment lorsque l’employeur retrouve des pièces dans des dossiers prud’homaux venant de contrôle de l’inspection du travail. Une plainte est alors à envisager.

8.      Contrôle et Courtoisie

Art. R. 8124-25. – L’agent de contrôle pénètre librement, sans avertissement préalable, à toute heure du jour et de la nuit dans tout établissement assujetti à son contrôle.
Lors d’une visite d’inspection, inopinée ou non, l’agent de contrôle informe de sa présence l’employeur ou son représentant, à moins qu’il n’estime qu’un tel avis risque de porter préjudice à l’efficacité du contrôle.
L’agent de contrôle doit être muni de sa carte professionnelle afin de justifier de sa qualité.

Art. R. 8124-26. L’agent reste, en toute circonstance, courtois à l’égard des personnes présentes sur le lieu de travail ou dans le local affecté à l’hébergement des travailleurs soumis à son contrôle.

Toute petite phrase déplacée ou partisane dans un contrôle pourra donner lieu à une plainte contre le contrôleur et à sa mise à l’écart.

9.      Le serment de l’Inspecteur ou Contrôleur

Art. R. 8124-31. – Les agents de contrôle prêtent serment de remplir leurs missions conformément au présent code.
La prestation de serment intervient, lors de leur première affectation en unité de contrôle, en audience publique, devant le président du tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve leur lieu d’affectation.

La formule du serment est la suivante :
Je m’engage à exercer mes fonctions de contrôle avec dignité, impartialité, intégrité, neutralité et probité.
Je m’engage à ne pas révéler les secrets de fabrication et les procédés d’exploitation dont je pourrais prendre
connaissance dans l’exercice de mes fonctions.”

Benjamin Louzier
Avocat Associé