L’article du Monde du 17/01/2017 « Comment Benoît Hamon a raboté son « revenu universel » ne manque pas d’intérêt.

Bonjour,

L’article du Monde du 17/01/2017 « Comment Benoît Hamon a raboté son « revenu universel » ne manque pas d’intérêt.

L’article indique les trois moments de ce « rabotage » :

1ère version : 750 € mensuels pour tous

Le 16 novembre 2016, un premier tract publié sur le site de campagne de Benoît Hamon fige la promesse de fixer un revenu universel de 750 euros par mois pour toute personne majeure :

 

Deuxième version : 750 euros mensuels pour tous… « à terme »

C’est la proposition qu’on trouvait encore sur le site de Benoît Hamon le 8 janvier :

Troisième version : plus question de 750 euros mensuels pour tous

Mardi 17 janvier, on ne trouve plus trace de la version de sa proposition sur le revenu universel, qui était encore visible le 8 janvier. A la place, on trouve cette nouvelle formulation :

 

Si l’on regarde avec un peu d’attention cette nouvelle formulation, il n’est pas difficile, non plus, de constater que, le montant du « revenu d’existence » versée à tous les jeunes n’est pas précisé.

Contrairement à ce qu’écrit l’article du Monde, le projet de Benoît Hamon, dans sa dernière version,  n’est cependant pas l’équivalent du « revenu décent » de Manuel Valls. Il a un point commun avec ce dernier : il ne s’agit plus d’un « revenu universel » puisqu’il propose seulement l’augmentation du RSA, qui est une allocation versé sous conditions de ressources. Mais le projet de Hamon est différent sur deux points de celui de Valls : à la différence du projet de Manuel Valls qui se contente de regrouper les minima sociaux et les aides existantes, le projet de Benoît Hamon propose une augmentation de 10 % le RSA pour atteindre 600 € par mois. Il propose la création d’un « revenu d’existence » pour tous les jeunes de 18 à 25 ans, même si le montant n’en est pas précisé.

La création d’un « revenu universel » est renvoyée à une « grande conférence citoyenne » qui permettra d’en « fixer le périmètre ».

Le but de mon mail n’est pas d’alimenter une quelconque campagne publique contre Benoît Hamon. Il est simplement, entre nous, de constater que son projet de « revenu universel » ne tenait pas la route : déplacer de 350 milliards à 480 milliards d’euros annuels la répartition de la richesse en France n’est guère concevable dans le rapport de forces actuel, au-delà même de la discussion sur les avantages et les inconvénients d’un projet de « revenu universel ».

Benoît Hamon, me semble-t-il, a adopté ce projet dans le but de convaincre une partie de la jeunesse de voter pour lui à la primaire. Aujourd’hui, il le vide subrepticement de son contenu en espérant, ainsi, à la fois garder le vote de certains jeunes et de répondre aux critiques sur le financement de son projet. Entre temps, il a abandonné la bataille pour les 32 heures par semaine qu’il défendait en septembre 2016.

Amicalement,

Jean-Jacques Chavigné

 

Tribune dans Le Monde : Montebourg, Martinez, Généreux, Mailly, Laurent, Cocquerel, Thibault : « Redonnons la priorité à l’industrie »

 

La France a perdu près d’un million d’emplois industriels depuis 2001. Plusieurs responsables politiques et syndicaux appellent à réorienter l’économie.

LE MONDE | 18.01.2017 à 06h44 • Mis à jour le 18.01.2017 à 10h37

 

Ce chiffre-là glace d’effroi. Et même en pleine campagne électorale, où les discours doivent donner de l’élan, il faut bien le citer. Peut-être même le crier : depuis 2001, l’industrie française a perdu chaque jour, en moyenne, 165 emplois. Une ville comme Lourdes ou Fontainebleau « rayée » chaque trimestre, et cela pendant quinze ans. Au total, près d’un million d’emplois directs perdus. Ça suffit ! Si enclin à fustiger de « démagogue » tout discours à rebours de ses idées austéritaires, le patron des patrons, Pierre Gattaz, promettait effrontément de créer « un million d’emplois » si le coût du travail baissait suffisamment.

Selon la même magie de l’appauvrissement, François Fillon, assure lui de diviser par deux le taux de chômage. Ils trompent les Français ! Pour retrouver le sentier du développement et de l’emploi, le pays ne doit pas jouer les Pères Fouettards du salariat mais s’appuyer sur la mère de toutes les batailles productives : l’industrie. Même à l’heure du numérique et de la robotique, l’industrie entraîne avec elle toute l’activité, la recherche, l’investissement et, au final, l’emploi.

Réorientons les activités industrielles et productives. Dans une dynamique nouvelle de développement, les activités industrielles devront être vigoureusement stimulées et réorientées de manière à répondre aux besoins fondamentaux tels qu’une alimentation saine, respectueuse de la rareté des ressources naturelles (terre, eau, air), une santé protégée et des logements économes en énergie… Cette réorientation s’inscrit pleinement dans la perspective de la nécessaire transition écologique et ne pourra être opérée qu’avec des travailleurs mieux formés.

Changeons la place du travail et favorisons un nouvel entrepreneuriat dans l’économie et la société. La place du travail dans notre société et dans notre économie est fortement questionnée aujourd’hui. Le chômage et le mal emploi se répandent, les compétences sont globalement mal valorisées. Or l’innovation n’est pas le fruit spontané des nouvelles technologies mais bien le résultat des interactions humaines.

Le développement industriel a besoin de salariés innovants, aux compétences reconnues, bien rémunérés, occupant des emplois stables et prenant une part active aux décisions. Seuls des salariés compétents et impliqués sont, en effet, en mesure de donner aux entreprises les capacités d’innover. Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible.

Remettons la finance à sa place

De concert avec une organisation du travail fortement rénovée, de nouvelles formes de travail et d’entrepreneuriat devront être stimulées. L’innovation ouverte, l’externalisation ouverte, les tiers lieux, les « fab lab », les très jeunes entreprises devront être soutenus. L’économie sociale et solidaire devra être encouragée et l’économie collaborative promue et protégée afin de ne pas devenir un avatar « ubérisé » du capitalisme financiarisé.

Remettons la finance à sa place. La finance continue d’étouffer l’industrie. Le temps des marchés financiers et celui des publications de résultat trimestriel ne sont pas ceux de l’entreprise et des projets industriels. Sans parler des exigences excessives de rendement des capitaux propres qui privent les entreprises de nombreuses opportunités industrielles et commerciales. Le principe même de cette finance folle est profondément inégalitaire puisqu’il rémunère les « facteurs » selon leur propension à la mobilité.

Ancrons également les activités dans les territoires. C’est un autre enjeu essentiel de la nouvelle dynamique de développement. Un tel ancrage repose sur les différentes dimensions de la proximité territoriale : compétences, ressources et valeurs. Si le renforcement des différentes dimensions de la proximité trouve naturellement sa place dans une dynamique nouvelle de développement, il en va de même de l’économie circulaire ou encore de l’économie de la fonctionnalité.

L’économie circulaire élimine la notion de « déchet » en considérant, dès la conception des produits, leur recyclage et leur réparabilité dans une perspective opposée à l’obsolescence admise, voire programmée. L’économie de la fonctionnalité met, elle, l’accent sur une utilisation raisonnée et le plus souvent partagée des services que peuvent rendre les biens, plutôt que leur propriété individuelle.

Nous ne croyons pas que la politique d’austérité suivie depuis des années soit de nature à donner à la France la perspective et le dynamisme dont elle a besoin. Les coupes claires budgétaires ne peuvent que provoquer la récession et la contraction des débouchés des entreprises. Seul un développement des activités productives soutenu par une politique publique de relance et des dispositifs financiers tournés vers l’investissement dans l’industrie – et non au versement de dividendes accrus – permettra de retrouver le chemin de la prospérité. Il s’agit d’un enjeu collectif qui engage tous les Français, et qui doit être au cœur des débats qui vont animer les campagnes électorales à venir.

 

 

 

 

Signataires : Jean-Baptiste Barfety, fondateur de la Conférence Gambetta ; Gabriel Colletis, professeur de sciences économiques (Toulouse 1-Capitole) ; Eric Coquerel, Parti de gauche ; Franck Dedieu, délégué général République moderne ; Jacques Généreux, Parti de gauche ; Gaëtan Gorce, sénateur PS ; Pierre Laurent, secrétaire national PCF ; Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche ; Jean-Claude Mailly, secrétaire national du syndicat FO ; Philippe Martinez, secrétaire national du syndicat CGT ; Bernard Thibault, ancien secrétaire national de la CGT.

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/18/redonnons-la-priorite-a-l-industrie_5064389_3232.html#kbF5vLdLzsYlhKzW.99

 

De « fight for fifteen » à vendredi 13 : 13 et 13

13 euros de l’heure  13 ° mois

 

Depuis décembre 2012, un mouvement exceptionnel voit le jour aux Etats-Unis dans le secteur de la restauration rapide. Au tout début, une petite centaine de travailleurs assez courageux pour se mettre en grève et exiger un salaire décent. Décent ? Oui mais combien ? Quelques AG auront suffi pour trancher : ils fixent 15 dollars par heure. C’est un salaire juste, nécessaire et possible. La revendication est claire, unifiante. 15 dollars de l’heure, c’est à la fois énorme par rapport aux 9 dollars versés à cette époque dans ce secteur. 15 dollars, c’est en même temps très raisonnable. Pour réussir à vivre avec 9 dollars de l’heure, il faut travailler jusqu’à 80 heures par semaine, parfois dans plusieurs restaurants.

 

Très vite le mouvement prend de l’ampleur. Des actions collectives, un soutien actif des syndicats, une médiatisation du mouvement et surtout une rage profonde pour remporter la bataille : en quelques mois la mobilisation devient nationale. Pour aider les salariés en lutte, la solidarité s’organise. Les travailleurs d’autres secteurs n’hésitent pas à aider, à soutenir, à organiser la lutte. Mais impossible de faire céder les grandes entreprises qui dominent le secteur comme Mac Do ou Burger King. La mobilisation se poursuit et trois Etats décident d’appliquer de manière progressive ce salaire minimum. C’est une victoire large et incontestable. Il faut évidemment s’en réjouir. Mais le combat n’est pas terminé. Comment faire plier « Ronald » pour que les 4000 restaurants répartis sur le territoire américain puissent servir d’exemple aux autres fast-food ? Tout accord d’entreprise est absolument écarté par la firme qui n’hésite pas à licencier les salariés les plus véhéments.

 

Le mouvement « Fight for fifteen » lance alors une campagne « Come take my vote » (« Venez cherchez mon vote »). Stratégie habile que de contraindre les candidats à l’élection présidentielle américaine à se positionner. Trump refuse « par principe » de payer un salarié plus de dix dollars de l’heure. Mais victoire, Bernie Sanders soutient. Et ça force Hillary Clinton à soutenir à son tour. 15 dollars de l‘heure c’est une hausse du smic de 44,7 %. Les travailleurs en lutte saventt rappeler à Hillary Clinton, dès 2017 l’urgence d’appliquer un salaire minimum digne au niveau fédéral.
Mieux, lors des élections de novembre 2016, il y a des votes dans au moins six états pour « fifteen » ! C’est à dire que des grands états comme la Californie mais aussi New York et le Michigan et le Wisconsin approuvent des lois pour un Smic à 15 dollars de l’heure !

 

Janvier 2017 : évidemment cela stimule les salariés français, qui se sont mis en mouvement plusieurs fois ces derniers mois et semaines. Ils ont réclamé 13 euros de l’heure. Et le vendredi 13 janvier, ils ont fait « le loto de Mac Do », grève à Mac Do gare du Nord et dans six autres Mac Do de Paris

 

pour « 13 et 13 » : « 13 euros de l’heure et le 13° mois ».

 
En France, les salariés de Mac Do n’ont pas de meilleur salaire que leurs collègues américains. 1380 restaurants Mac Donald’s, 70 000 salariés, 80 % des contrats sont des CDI d’au moins 22 h. La firme transnationale sait très bien contourner le droit du travail, éviter tout comité central d’entreprise, et même au niveau de ses restaurants d’en moyenne 54 personnes – qui dégagent pourtant des bénéfices records en métropole. Mac Do pratique l’optimisation fiscale pour payer le moins possible de ses énormes bénéfices. Mac Do lutte ces dernières années pour redorer son image : sauront-ils la préserver en refusant de négocier avec les salariés français ?
Et comme aux Etats-Unis, se posent les problèmes de sous-traitants, franchisés : en Californie, il a été décidé par la justice que les salariés des franchisés devaient toucher le même salaire et bénéficier des mêmes conditions et avantages au travail que les salariés de la maison mère. Voilà un bon principe à importer ! (et que tous les admirateurs de la si riche et performante Californie s’en inspirent !).

 

Nous étions ensemble Arnaud Montebourg et moi,  mardi 17 janvier 2017, à 9 h au Mac do de Gare du nord, avec les syndicalistes CGT qui ont mené le mouvement

 


VTC et taxis : pour un statut salarié respectueux de toutes et tous

Retour de la Nième manifestation des Voiture-Tourisme-Chauffeur, VTC, place de la Bastille lundi 16 janvier, il faut absolument re-dénoncer ici l’ « Uberisation ». Il s’agit d’un combat fondamental en défense du statut du salariat : un combat historique anti Macron, anti Valls, et contre toute la droite.

Uber c’est ce pillard, qui en trichant avec les lois de notre République et avec la dignité des humains, détourne des milliards sans rien produire : au lieu de passer des contrats de travail avec des milliers de jeunes sans emploi, il passe des accords commerciaux, les oblige à se mettre à leur compte, à se déclarer « auto entrepreneurs » et il donne des « courses » sur lesquelles il extirpe des commissions. A son gré, il vient de les augmenter de 20 % à 25 %. Comme ce sont des transactions commerciales et pas des contrats de travail, il n’y a pas de smic, pas de salaire fixe, pas d’horaires, pas de bulletins de paie, pas de formation, pas de médecin du travail, pas d’inspection du travail… et pas de licenciement. Ils sont à 3 euros de l’heure pour 110 h par semaine. On est revenu au temps des tâcherons, des loueurs de bras, des journaliers, du XIX° siècle, avant que le salariat ne conquière non seulement un salaire net qui paie la force de travail mais aussi un salaire brut qui permette de reproduire ladite force de travail.

Normalement, comme c’est le cas dans de nombreux pays du monde,  Uber devrait être poursuivi, arrêté, interdit en France, obligé par tribunal en référé de payer des centaines de millions aux URSAAF et autant de millions aux impôts, sans parler des amendes pénales et des poursuites judiciaires qui méritent prison.  Normalement les pseudo contrats commerciaux devraient tous être requalifiés en contrats de travail. Normalement l’entreprise devrait mettre en place des élections de délégués du personnel, de comité d’entreprise, de CHCST, reconnaître des délégués syndicaux et leur payer des « crédits d’heures ».

Mais le prédicateur Macron est l’ami d’Uber, la loi El Khomri a légalisé Uber (et Ryan Air et d’autres plateformes) et le gouvernement français de Valls-Cazeneuve a encouragé ce pillage de travail humain, de cotisations sociales et d’impôts. Fraude que les avocats et les juges saisis tentent de condamner en dépit des contradictions des différentes lois, mais que le  gouvernement laisse faire sciemment.

Au reste, il faudrait créer par la loi une société d’économie mixte, coopérative, dans toute l’ile de France avec un statut unique de salariat pour tous les taxis, voitures privées, assurances et essence prises en charges, avec une seule grande plateforme numérique performante, avec respect du code du travail, des plannings horaires et une durée maxima à 48 h.

Gérard Filoche

 

Le 22 janvier, voter pour Arnaud Montebourg, pour battre Manuel Valls, son 49 3, son CICE, sa loi El Khomri, ses 1,3 million de chômeurs de plus

Dans 8 jours aura lieu le premier tour de la primaire. J’appelle à une participation massive pour signifier à Manuel Valls le rejet de ses politiques, le rejet de son bilan –partagé avec Macron.

J’ai été empêché de participation. J’aurai défendu les petits salaires et les petites retraites. 1800,  60, 32, 20, .. J’aurais appelé à l’abrogation de la loi El Khomri et à mettre le social au cœur. J’aurais appelé au rassemblement de toute la gauche pour battre Fillon et Le Pen.

Toutes ces exigences, je les maintiens. Je continuerai à les défendre.

Dans 8 jours, deux candidats peuvent être en situation de battre Manuel Valls et d’engager la construction d’un socle commun à gauche. Il faut qu’un des deux soit présent au second tour pour l’emporter.

J’ai avec Benoit Hamon et Arnaud Montebourg de nombreux points d’accord. Je leur ai dit et écrit. L’un et l’autre peuvent se compléter. Ils doivent se désister réciproquement l’un pour l’autre.

Mais il faut choisir. Dimanche 22 janvier j’ai choisi le vote utile. Ce sera Arnaud Montebourg. Ce ne sera pas un vote contre Benoit Hamon, je souhaite le rassemblement ! Ce ne sera pas non plus un vote d’adhésion à l’ensemble des propositions d’Arnaud Montebourg car je maintiens mes propositions. Je les crois utiles pour discuter ensuite d’une plateforme commune de toute la gauche.

Arnaud Montebourg veut abroger la loi El Khomri. Il est partisan de l’union de la gauche. Il a précisé – et c’est très important à mes yeux – que ce serait sans Macron ! Il veut être le candidat de la feuille de paye, c’est un marqueur qui compte pour moi qui suis pour un salaire pour toutes et tous !  Il se prononce aussi pour une VI ème république.

Nous nous sommes rencontrés et poursuivons les échanges.

Dans cette campagne je suis résolument pour augmenter le smic, les salaires, les minimas sociaux, pour un revenu d’autonomie pour la jeunesse dès 18 ans et une allocation dépendance . Je suis pour mettre le social au cœur. Je veux une gauche rassemblée pour répondre aux urgences sociales, écologiques, démocratiques. Il faut refuser de se laisser imposer des règles qui ont conduit à une triple catastrophe : économique, sociale et financière. Il faut au contraire une Europe sociale et démocratique.

Avec toutes celles et tous ceux qui m’ont soutenu, nous tiendrons une conférence nationale le 4 février à Paris pour tracer des perspectives pour une gauche démocratique et sociale.

 

Non au leurre du CPA Non a la Carte Personnelle d’Activités Non au nouveau livret ouvrier

93 % des actifs sont salariés. 85 % des contrats de travail sont en CDI. Et même entre 29 ans et 54 ans, 95 % des contrats dont des CDI. Le CDI est la norme. Le CDI s’allonge, il est passe de 9,5 ans en moyenne à 11,5 ans en moyenne. Les entreprises ont besoin de CDI pour fonctionner pas de précaires ni de flexibles. Ce sont les salariés bien formés bien traités bien payés qui produisent le plus.

 

Mais ils ont besoin de nous faire croire que nous sommes tous menacés de précarité pour mieux déstabiliser nos droits, nos salaires, nos conditions de travail.

La précarité est voulue, autorisée, développée délibérément pour des raisons politiques pas à cause de prétendues nécessites économiques.

Les voila qui inventent donc une carte  CPA  » bouche-trous » spécial précaires, appelée  » carte personnelle d’activité » comme s’il en était besoin pour occuper nos périodes de chômage, de turne over, d’exclus de l’emploi. En fait cette carte à puce personnelle  » ad vitam » compterait nos « points pénibilité » nos points « épargne temps » nos « heures de formation » nos « indemnités chômage » tout ce qui est subsidiaire à nos droits du travail collectifs, ce qui serait déduit des cotisations sociales et de nos salaires nets et bruts.

Cette carte suivrait notre carrière individualisée, nous soumettrait un par un à une comptabilité de petites allocations, aléatoires et supplétives à l emploi et à ses présumées vicissitudes. Isolante et peu attractive, cette CPA, « carte piégée d assisté » aurait surtout pour fonction de contrôler nos vies de travail et de les soumettre aux employeurs : car à quoi et à qui servira t elle sinon à être contrôlée et fliquée par les patrons lors de l’embauche comme l’ancien  » livret ouvrier » aboli en 1856 par Napoléon III ?

Gardons nous de croire à ce leurre agite par Valls, El Khomri et Cie qui prétendent, parle CPA, compenser les côtés scélérats de la loi de casse du code du travail : c’est une propagande creuse, vide de sens, un piège de plus pour casser nos droits sociaux collectifs.

Rien ne vaut le code, l’état de droit, le contrôle ferme des licenciements, nos cotisations sociales et notre salaire brut.

 

 

Jusqu’alors obscur, le Compte Personnel d’Activité (C.P.A), qui voit le jour, hélas, s’étoffe peu à peu sous la houlette du Ministère du Travail, des syndicats d’employeurs, des représentants des professions libérales, de l’Etat et des régions.

Méga plateforme informatique, le C.P.A permettra un traitement automatisé des données personnelles, centralisé par la Caisse des dépôts et consignations, de l’ensemble de la population active et inactive (apprentis, salariés du privé et du public, privés d’emploi, non salariés, retraités). Un vrai « livret ouvrier » comme au 19° siècle.

Chaque citoyen âgé de 16 ans et jusqu’à l’âge de la retraite devra s’ouvrir un Compte Personnel d’Activité, s’il veut pouvoir prétendre à ses droits sociaux.

Le C.P.A, c’est d’abord un immense fichier. Tout fraichement sorti des tuyaux de la Caisse des dépôts, un PowerPoint remis lors du « conseil d’orientation du CPA » expose la déclinaison de l’interface. De la page «  Mon profil », nous pouvons accéder à « Mon parcours », « Mes compétences », et même jusqu’à « Mes traits de personnalité » appréhendés par un test de 2-3 mn. Dans une autre fenêtre, l’utilisateur trouve « Mes droits », puis accède à d’autres comme : « les droits de mon Compte Personnel de Formation », « les droits de mon Compte d’Engagement Citoyen » et « les droits de mon Compte Prévention Pénibilité »…  Les droits à la retraite, au chômage, à l’épargne-temps, à la santé, aux allocations Familiales, au RSA… devraient progressivement être intégrés à l’interface.

Conçu à l’occasion de la Loi El Khomri, le C.P.A est censé sécuriser les parcours professionnels frappés par les mutations du marché de l’emploi, faciliter l’insertion professionnelle, permettre une continuité de droits malgré des changements fréquents des situations de vie et de travail, et une « valorisation » des différents temps de la vie (hors de l’emploi).

Mais derrière ces objectifs affichés, le C.P.A marque une liquidation des derniers principes mutualistes de protection sociale et une technicisation poussée pour accéder à l’ensemble des droits contenus. Le C.P.A ne créé aucun droit supplémentaire et aucun financement supplémentaire n’est prévu ; et sa mise en place donne l’occasion de transformer les droits eux-mêmes. Devenus virtuels, ils se comptabilisent en points et sont obtenus selon de nouveaux critères. En témoigne, les récents seuils règlementaires du « Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité » qui dans les faits, entérinent une régression majeure dans le refus de prendre en compte la dangerosité de certains métiers en renvoyant la pénibilité à une mesure individuelle.

 

 

Contrôler les travailleurs détachés par une « carte personnelle d’activité » ? de qui se moque t on ? Il y en a 450 000 en France le patronat en fait venir chaque jour. Ce n’est pas une question de contrôle, c’est incontrôlable ! C’est une vaste escroquerie à grande échelle qu’il faut interdire vite !

Et pas par la prétendue « carte personnelle d’activité » inaugurée ce  2 janvier 2017

Elle est un danger aux libertés du travail, un flicage de l’ouvrier entre les mains des patrons fraudeurs. Elle va jouer le rôle d’un nouveau « livret ouvrier » comme avant 1856. Elle ne servira évidemment pas pour les 450 000 contrôles mais contre des millions d’ouvriers du bâtiment en France et en Europe.

Parce ce que 450 000 « détaches » à bas prix, dont les cotisations sont prétendument payées au tarif du pays d’origine, ça ne peut pas se contrôler pas, ça s’abroge ou pas.

Et ça fait des années que ça traine : le gouvernement doit dénoncer immédiatement unilateralement la directive « travailleurs détachés », elle est base d’un trafic massif de main d’oeuvre, de concurrence déloyale, d’une surexploitation accrue dans toute l’Europe et en France.

Ainsi en tant que premier ministre Manuel Valls avait « menacé » en septembre 2016 l’Union européenne de ne « plus appliquer la directive concernant les travailleurs détachés » ! Quelle audace ! Quel crâne discours !

On pourrait donc ne pas appliquer des directives européennes ? Tiens donc ! En voilà une idée qu’elle est bonne ! Surtout quand elle ronge de façon scandaleuse les droits fondamentaux de tous les salariés concernés !

Car cette question-là monte en puissance depuis longtemps et concerne autour de 450 000 salariés exploités sauvagement par des patrons français sur le territoire français en concurrence déloyale avec d’autres salariés, français ceux-là. Ce ne sont pas les salariés qu’il faut opposer entre eux, mais combattre le système patronal des libéraux de l’UE qui les spolie.

Les grands « majors » du bâtiment notamment, les Bouygues, Vinci, Eiffage, et cie se font des milliards en ne payant pas au tarif français les cotisations sociales de ces ouvriers importés de Hongrie, de Bulgarie, de Pologne, de Tchéquie… Ils sont censés les payer au tarif de leur pays d’origine… Mais nul ne sait ce qu’il en est, vu que le montage des filières de sous-traitance crée d’opaques écrans contre toute tentative de contrôle des inspections du travail.

Ainsi le cynisme patronal fausse le droit de la concurrence et réalise le triple objectif de baisser le coût du travail, celui de la protection sociale et d’augmenter le taux de chômage.

Mais ça, on le sait depuis des années ! Est-ce suffisant de « menacer » de dénoncer ce système pourri ? Quand il s’agit de casser le code du travail, Valls était  catégorique «  Ce ne sera pas une réformette mais une révolution ». Quand il s’agit d’empêcher une fraude établie et prolongée contre les salaires et cotisations de 450 000 salariés surexploités, il « menace »

Dans la casse du code du travail, il y a le CPA

La « carte personnalisée d’activité » infalsifiable, et plastifiée fabriquée à Douai à 10 millions d’exemplaires, mise en service ces jours-ci est un des maillons de tout ce qui s’appelle « CPA »  carte personnalisée d’activité : un piège individualisé pour remplacer et supprimer les droits collectifs, Big brother à la place du code du travail et des conventions collectives.

 

 

 

 

D&S l’excellente revue de la gauche socialiste, 24° année, n°241 de janvier 17

UNE D & S N°241 deF

 

A lire dans Politis du 12 janvier : « Oui, voter massivement aux primaires, battre Valls c’est la seule chance pour que la gauche se réunisse et gagne la présidentielle! »

« Evidemment, si on est de gauche, il faut voter à la primaire citoyenne puisqu’elle est ouverte à toute la gauche et aux écologistes ! Voter Les 22 et 29 janvier, c’est d’abord une opportunité de battre Manuel Valls, de battre la casse de 100 ans de code du travail par la loi El Khomri, les 49-3, le CICE… C’est aussi l’occasion unique de réveiller la gauche et la seule chance pour qu’elle accède au second tour de la prochaine présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon ne peut gagner seul en souhaitant l’échec de la primaire : vouloir la mort du PS ne peut constituer une orientation politique pour son mouvement de La France insoumise. Ce serait une erreur fatale de ne pas chercher à additionner les voix de toute la gauche ! Le PS est encore, pour le moment, la formation de gauche ayant le plus important réseau d’élus susceptible de constituer une majorité. Même en payant le lourd tribut de l’échec du quinquennat, un tel parti ne disparaît pas sans être physiquement remplacé et cela ne peut se produire sans une dynamique sociale et politique qui entraine, brasse et unisse ses millions d’électeurs, toute la gauche, tous ses partis, ses syndicats, ses militants, ses élus de terrain.

Sous le quinquennat de François Hollande, le PS a été kidnappé par son aile droite minoritaire qui a totalement trahi mais qui s’accroche. J’ai subi une scandaleuse élimination de la primaire, mais il reste à mobiliser des millions d’électeurs pour voter Arnaud Montebourg ou Benoit Hamon, devenus la seule possibilité de faire revivre ce parti, de faire en sorte que le PS de Jaurès batte le PS de Valls.

On l’a vu en Grande-Bretagne : après le désastre des années Blair, Jeremy Corbyn, a gagné deux fois la primaire du Labour Party pour y faire une vraie politique de gauche, il a redonné l’espoir et le nombre d’adhérents a été multiplié par six !

Si je dis cela, ce n’est surtout pas pour défendre un appareil politique que j’ai combattu pas à pas sur le fond (l’ANI, les scélérates lois Macron et El Khomri) depuis quatre ans. C’est parce qu’en redessinant le PS, en redonnant confiance à ses militants et électeurs, c’est l’avenir de la gauche entière que l’on va sauver, reconstruire, unifier. En cela cette primaire est donc historique. Si par malheur, Manuel Valls la remportait, aucune unité de la gauche ne sera possible. Il aura assez de voix pour nuire pas assez pour gagner. S’il n’est pas écarté avant, la présidentielle sera perdue dès le 23 avril à 20 h par toute la gauche. Ce sera un désastre pour les plus vulnérables des nôtres face à Fillon et Le Pen. Ensuite, Valls prendra le « PS » (ou ce qu’il en restera) transformé cette fois définitivement en un obstacle redoutable à la victoire d’une gauche unie.

En revanche, si l’aile gauche gagne le 29 janvier, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre.

Dès le 30 janvier, le candidat de la gauche socialiste élu rencontrera Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot [candidat d'EE-LV, NDLR], pour construire un programme de gouvernement rouge, rose, vert. S’il y a programme commun, la répartition des rôles sera possible et un candidat unique. Alors, pourra survenir un scénario comme au Portugal : là-bas, le PCP, le PS Portugais et le Bloc de gauche ont réussi à s’entendre après un demi-siècle de désaccords profonds, et à gouverner, ensemble.

Je veux croire cela possible en France, car sinon la situation deviendra tragique. Pour faire face à la droite, la gauche doit se respecter et s’unir, au-delà des querelles d’égos : il est impératif et très facile de mettre en stand by les divergences programmatiques générales et de trier ce qui peut faire une base commune d’actions immédiates pour gouverner pour un changement social radical par la redistribution rapide des richesses, en premier lieu la hausse des salaires et la taxation des dividendes.

 

 

Le travail ne se raréfie pas, c’est une comète en expansion infinie

 

Un article intéressant sur le dernier rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (le COE, où siègent des « personnels qualifiées, des représentants syndicaux et patronaux) qui, de fait, s’inscrit en faux contre le chiffre de 43 % d’emplois (cité par Benoît Hamon) qui devraient être détruits par l’économie numérique et la « robotisation ».

La « fin du travail » ou au moins sa raréfaction est donc loin d’être assurée et le revenu universel perd sa principale justification. Cette justification est d’ailleurs contradictoire. En effet, la proposition d’un « revenu universel » part de l’idée que le rapport de forces social ne permet pas au salariat de s’opposer à la raréfaction rapide de l’emploi mais qu’il pourrait imposer un revenu universel. Or, si ce revenu universel est d’un niveau permettant de dépasser le seuil de pauvreté (1 000 euros nets mensuels en France, 60 % du revenu net médian) ou même égal aux 750 € du projet de Hamon, il implique, pour pouvoir être instauré, un rapport de forces autrement plus important que celui qui serait nécessaire pour imposer les 32 heures et un renforcement-extension de notre Sécurité sociale permettant de répondre aux besoins des jeunes, des retraités, des précaires et des chômeurs qui ne perçoivent aucune allocation-chômage.

Il faudrait arracher à la classe dominante 350 à 500 milliards d’euros par an. Sur un blog de Médiapart, un soutien de Hamon écrivait qu’il s’agissait d’une « révolution sociale et pacifique ». Sur le papier, sans doute. Mais, dans la réalité, comment imaginer que la classe dominante acceptera « pacifiquement » un transfert de 20 ou 25 % du PIB à ses dépens ?

Le rapport du COE se situe en droite ligne des travaux de David Autour qui distingue « emploi » et « tâche ». Alors que le chiffre de Hamon s’inscrit (43 %) en droite ligne du rapport de Frey et Osborne qui ne s’intéresse qu’aux emplois et qui chiffrait à 47 % les emplois menacés de suppression par l’évolution technologique aux États-Unis. Le rapport met en garde « contre des analyses frustres et partielles qui ne s’intéressent qu’aux destructions brute d’emplois et contre l’idée que le progrès technique s’attaque à des métiers dans leur globalité : non, il a un impact sur le contenu de certaines tâches« . Ce sont pourtant ces analyses « frustres et partielles » que Hamon qualifie de « seules analyses sérieuses« , pour le besoin de la cause.

Le COE précise également que « des mécanismes de compensation » peuvent réduire, voire compenser intégralement les pertes d’emplois initiales« . Ce qui signifie que les 10 % d’emplois « très exposés » aux mutations technologiques peuvent parfaitement être compensés et l’emploi global ne pas diminuer, voire augmenter. C’est exactement ce qui s’était passé dans les banques : l’emploi y avait augmenté de 25 % en 30 ans alors que le rapport Nora-Minc prévoyait, du fait de l’informatisation, une hécatombe d’emplois dans ce secteur.

De toute façon, la seule réponse à ce risque est la réduction du temps de travail, comme cela a toujours été le cas depuis la révolution industrielle et les révolutions technologiques qui ont suivi.

Il ne faut pas négliger, cependant, un fait : la proposition de revenu universel trouve un appui réel dans ce « mélange de frayeur sur un futur sans emploi et du rêve d’une société où on ne travaillerait pas » et ce mélange est particulièrement prégnant dans la jeunesse.

La proposition de Hamon affaiblit le salariat d’un double point de vue.

D’abord en alimentant, à son corps défendant sans doute,  la frayeur sur ce « futur sans emploi » qui a pour fonction de tétaniser les salariés et de les empêcher de riposter en imposant une forme d’organisation du travail qui respecte et améliore leurs conditions de travail et surtout de réduire le temps de travail. Il est significatif que Hamon qui défendait les 32 heures en septembre affirmait en décembre 2016 qu’on lui avait prêté à tort cette idée, mais que son projet était bien différent : celui d’un revenu universel.

Ensuite, en ouvrant un boulevard aux propositions des libéraux d’un revenu universel « pour solde de tout compte » qui permettrait, une fois un filet minimum de sécurité mis en place de ne plus avoir à se soucier du droit à l’emploi ou à la sécurité sociale et de « marchandiser » tout ce qui, aujourd’hui, est socialisé.

Ce n’est pas un hasard si le revenu universel prend une telle place dans les débats : les médias dominants en profitent pour avancer sous le même appellation de « revenu universel » un tout autre contenu que ce que propose Hamon. Ainsi La Tribune du 7 janvier, dans un article intitulé « Le revenu universel : une propositions réaliste ? » surmonté d’une grande photo de Benoît Hamon, ne dit pas un seul mot du contenu du projet de ce dernier. L’article se contente de reprendre la proposition d’un « think tank » très libéral » « GérérationLibre » : un « Liber« , « un revenu de liberté pour tous ». Ce revenu ne couvrirait que les besoins de base (habillement, nourriture, transport, énergie, télécommunications). Il serait d’un montant de 480 euros par mois pour les adultes, de 270 euros pour les 14-18 ans et de 200 euros pour les moins de 14 ans et remplacerait nombre de minima sociaux. En contrepartie, le thinktank propose la mise en place d’une Libertaxe, soit un impôt à taux unique de 23%, une « flat-tax », qui remplacerait l’impôt sur le revenu. « Gérnérationlibre » aurait ainsi, selon l’article de la Tribune,  répondu aux critiques de l’OFCE sur le projet d’Hamon, alors que le projet de GénérationLibre et celui d’Hamon n’ont rien à voir, si ce n’est l’appellation de « revenu universel ».

Le but de Hamon est, à l’évidence, de gagner des voix dans la jeunesse pour l’emporter dans la primaire. Mais à quel prix  ?

Jean-Jacques Chavigné

 
Automatisation : peu d’emplois risquent de disparaître

Moins de 10% des emplois sont « très exposés » aux mutations technologiques et présentent donc le risque d’être supprimés, mais près de la moitié devront évoluer, estime le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dans un rapport publié jeudi. Seule une « faible part », soit « moins de 10% », des emplois ont « un indice d’automatisation élevé »: ils « cumulent des caractéristiques qui les rendent vulnérables au vu des avancées technologiques actuelles », c’est-à-dire qu’ils présentent un « risque de suppression », explique le COE dans une vaste étude sur les impacts de la nouvelle vague d’innovations (intelligence artificielle, robotique, objets connectés, impression 3D, traitement des données de masse dit « big data »…).

Ces emplois « très exposés » aux technologies d’automatisation sont le plus souvent des métiers manuels et peu qualifiés, notamment de l’industrie: ouvriers non qualifiés, agents d’entretien, caissiers, énumère le Conseil, instance rattachée au Premier ministre. A eux seuls, les agents d’entretien représentent 21% de l’ensemble des emplois exposés (320.000), détaille-t-il. Une part bien plus grande des emplois, près de 50%, pourraient en revanche « voir leur contenu évoluer ». Il s’agit aussi de métiers peu qualifiés mais davantage dans le secteur des services: conducteurs, agents d’exploitation des transports, agents de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration, aides à domicile…

« Notre rapport met en garde contre des analyses frustres et partielles qui ne s’intéressent qu’aux destructions brutes d’emplois, et contre l’idée que le progrès technique s’attaque à des métiers dans leur globalité: non, il a un impact sur le contenu de certaines tâches », explique à l’AFP Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.  »Il s’agit des mêmes personnes, mais elles feront des choses différentes, et les évolutions vont dans un sens de complexification et d’addition de compétences », ajoute-t-elle. Pour le COE, des « mécanismes de compensation » peuvent « réduire, voire compenser intégralement les pertes d’emplois initiales ». Le potentiel de créations d’emplois directs est, selon lui, « significatif » dans le numérique, « plus mesuré à court terme » dans la robotique, « compte tenu principalement de la faible taille du secteur actuellement en France ».

Ce volume des créations d’emplois n’est néanmoins pas chiffrable. « On sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne. Mais au cours des vingt dernières années, où l’on assiste déjà à une numérisation accélérée, le volume global de l’emploi sous l’effet des technologies a plutôt augmenté », analyse Mme Carrère-Gée. Le fait d’assister à des progrès technologiques « qui défient l’imagination » créent dans le débat public « un mélange de frayeur sur un ‘futur sans emploi’, et de rêve d’une société où l’on ne travaillerait pas », poursuit-elle. Selon elle, « ce n’est ni l’un, ni l’autre, rien n’est écrit ».

 

 

Cher Arnaud, cher Benoit

Paris, le 11 janvier

Cher Arnaud, cher Benoit

 

Avec mes amis nous avons bien reçu vos deux courriers et avons travaillé collectivement à partir d’eux. Dans chacun de vos projets, nous avons relevé de nombreux points convergents avec les propositions que j’ai moi-même formulées et que nous avons souvent défendues ensemble ces dernières années.

La question de la VI ème République et de la démocratie figure en bonne place, la réforme fiscale, la lutte contre la finance, la rénovation thermique des bâtiments, la nécessité de dé-carboner et de développer les énergies renouvelables, la question de l’Europe …

 

Tous les deux, vous avez pris l’engagement d’abroger la loi travail, et vous déclarez la nécessité de salaires réévalués.

 

Tous les deux vous proposez un programme de gouvernement commun avec Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

 

Voila qui fait que vous êtes clairement notre choix et qu’on doit gagner tous ensemble le 29 janvier.

 

Nous avons aussi – au-delà des nuances bien naturelles – des différences qui méritent débat. Pour éclairer notre choix fraternel entre vous deux pour le 22 janvier

 

 

1°) Ainsi, je ne suis pas d’accord avec la façon de donner une place centrale dans cette campagne au revenu universel d’existence.

La façon dont cette question est présentée s’apparente, à mes yeux, à, nos yeux, à une remise en cause du modèle de protection sociale auquel nous tenons. Remplacer le salaire brut, les cotisations sociales sur le travail, par la fiscalisation, l’impôt, c’est renoncer à faire payer la protection sociale par le capital, les actionnaires, les employeurs, et dériver vers un simulacre de revenu payé en fait par les travailleurs eux-mêmes. Un  revenu de 550 à 850 euros échelonné dans un lointain 2020 et qui mobilise des centaines de milliards, bien plus qu’il ne faut pour faire reculer le chômage immédiatement en haussant le smic à 1800 euros, revenant à la retraite à 60 ans, à une semaine de 32 h, à la limitation de la précarité à 5 % et au contrôle des licenciements. C’est lâcher la proie pour l’ombre. C’est la fin des principes du programme du CNR ce qui réjouit tous les libéraux. Le succès médiatique de cette réflexion devrait inquiéter  ceux qui se sont jetés imprudemment, à nos yeux, dans sa défense. Cela oppose le renforcement de notre système de protection sociale à nouveaux droits très incertains.

Il faut bien sûr en débattre, d’autant que la discussion existe dans la société. Mais cela ne peut pas être à nos yeux l’engagement majeur pour les 5 prochaines années, dans une élection présidentielle emportée dans une confusion plus proche de Milton Friedman que de John Maynard Keynes.

On peut améliorer en urgence notre système de minimas sociaux, le faire évoluer comme le Smic, créer une allocation  autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans sans ressources. Comme l’allocation d’études universitaires, elle devra être soumis aux cotisations sociales pour ouvrir des droits tant à la santé qu’à la retraite dans le cadre d’une Sécurité Sociale étendue et renforcée. Le montant de cette allocation sera porté à 80 % du Smic (Cf. Appel des 100).

 

 

 

2°) L’heure n’est pas, et n’a jamais été à baisser le coût du travail mais à augmenter les salaires bruts et nets, notre smic est plus bas qu’en Allemagne, qu’en Grande-Bretagne et même que dans de nombreux états aux Etats-Unis…

Nous proposons de réfléchir et de relativiser cette affaire de revenu universel, ce qui sera forcément le cas avec le reste de la gauche, en rediscutant sans préalable d’augmenter le Smic, les minima sociaux, la hausse des petits salaires et petites retraites, l’attribution à la jeunesse d’une allocation d’autonomie et aux seniors d’une allocation dépendance,  qui comptent pour la protection sociale toute la vie.

Nous sommes aussi pour supprimer progressivement le millefeuille de complémentaires, assurances prévoyances, mutuelles qui coûte cher et est injuste et inefficace, revenir à une seule cotisation universelle, proportionnée, et à une « grande sécurité sociale » gérée démocratiquement par tous les salariés.

La question de la « raréfaction » du travail est discutable et discutée. Il nous semble plutôt que le travail est une comète en expansion, il y en a pour toutes et tous s’il est partagée, ainsi que les richesses qu’il produit. Ce qui est certain c’est que la réduction massive du temps de travail interrompue au début des années 2000 doit se poursuivre. Elle est un marqueur de gauche ! Le travail humain – quand bien même sa quantité peut évoluer à la baisse – va rester une constante des prochaines années parce qu’il est la source des profits de quelques-uns.

Or nous connaissons les effets d’un boom démographique avec environ  850 000 naissances annuelles depuis l’an 2000. Mécaniquement, cela va amener, en tenant compte des jeunes en formation, 350 000 demandeurs jeunes sur le marché du travail chaque année. Si rien n’est fait, ces jeunes s’ajouteront aux 1,3 millions de demandeurs d’emploi de plus que connaît notre pays depuis 2012. Le partage du travail est donc urgent et impératif, non seulement vers 32 h mais vers 30 h, etc. Voila ce qu’il faut indiquer comme direction générale. Travailler mieux, moins, tous et gagner plus.

Le projet à porter doit, à mon sens, à notre sens, à D&S, parler aux millions de salariés (jeunes ou moins jeunes) avec ou sans emploi, aux millions de retraités. Il doit se concentrer en quelques points en travaillant leur visibilité.

Salaires et retraites font partie des premières questions qui intéressent des millions de nos concitoyens car c’est leur vie au quotidien.

De ce point de vue, je ne crois pas qu’il faille augmenter le salaire net des feuilles de paie ou des pensions en réduisant la CSG ou les cotisations sociales. Le salaire brut est en réalité un ensemble de droits et besoins : immédiats pour les uns, indirects pour les autres.

Je crois nécessaire de parler davantage du salaire. Augmenter les salaires au delà de l’évolution du coût réel de la vie est nécessaire pour celles et ceux qui ne parviennent pas « à joindre les deux bouts ». A prendre sur les dividendes et le capital comme moyen de redistribuer les richesses d’abord. Les profits ont pris 7 points aux salaires, il s’agit de corriger cela

L’Etat doit donner le « la ». Cela peut passer par une initiative à l’échelle européenne. Ce niveau d’action est de toute manière indispensable ! Mais il faut annoncer qu’au-delà d’un délai court, des mesures unilatérales seront prises pour le Smic, les minima de branches, l’égalité femmes-hommes, le point d’indice de la fonction publique, les pensions de retraite etc. …(Tout comme pour dénoncer immédiatement la directive « travailleurs détachés »).

Pour avoir l’oreille des salariés, il faut ce type de proposition forte sur les salaires et les pensions de retraite ainsi que sur une réelle allocation dépendance. Pour avoir l’oreille de la jeunesse, il faut lui assurer les moyens de son autonomie dès 18 ans. La question d’un service civil ou national obligatoire ne constitue pas une attente de la jeunesse. Sa faisabilité et son coût sont discutables. Le développement d’un service civil et national sur la base du volontariat avec des formations qui lui soient liées me semble amplement suffisant pour la prochaine législature.

 

3°) Quant à l’union de la gauche, il me semble qu’il faut préciser que l’objectif est d’aboutir à un socle commun de propositions pour gouverner.

On ne résoudra pas toutes les divergences, il faut un programme commun de gouvernement. Quelques axes clairs pour toutes et tous. Dégagés au consensus. Dès le lundi 30 janvier.

Cette méthode pour faire l’unité à gauche permet de conduire à la candidature unique sans laquelle la gauche ne peut gagner en 2017. Et de régler le « casting » qui va avec.

Un tel rassemblement ne peut se construire en allant jusqu’à Macron. Emmanuel Macron lui-même ne se dit pas de gauche. Nous ne combattons pas pour une unité de la gauche avec le centre, une partie de la droite, car cela nuit immédiatement à l’unité de la gauche elle même. Il faut écarter, minoriser Macron l’homme du centre tout autant que Valls, l’homme de la droite de la gauche. Ils sont les deux visages d’un même projet qu’ils ont appliqué en commun !

Enfin, permettez-moi de vous dire qu’il faut commencer à travailler la convergence entre vous, entre nous, pour préparer la victoire le 29 janvier. Afficher ces convergences aidera à préparer les discussions avec Yannick Jadot et Jean Luc Mélenchon dès le 30 janvier auxquelles toute la gauche doit être associée – condition de la dynamique et de la réussite.

Je suis disponible pour discuter avec vous, de tout cela, ce serait le mieux.

Et pour m’engager davantage, avec tous mes amis de D&S, participer à des réunions publiques dès maintenant.

J’ai bien conscience qu’en fonction de nos échanges, cela peut signifier l’engagement auprès de l’un de vous deux seulement d’ici le 22 janvier. C’est pourquoi je pose, nous posons dès maintenant toutes les questions de convergences entre nous.

 

Pour qu’on se comprenne tous bien, je défends avec clarté, franchise, nos idées, celles de Démocratie & socialisme et de ses militants, mais je n’en fais évidemment pas des préalables à l’action commune. Un accord restreint mais clair vaut mieux que mille discussions pourvu que ce soit franc. A quoi serviraient des programmes aussi excellents soient ils qui resteraient dans les tiroirs si nous n’avons que le choix entre LR et le FN au 2° tour ?

Il faut rassembler et donc choisir donc les axes qui peuvent le permettre. L’unité est impérative et ne peut se faire qu’avec cette méthode du consensus gagnant et dynamique.

Notre préoccupation principale est, au delà du débat, de sélectionner ce qui permet de parvenir à une entente : c’est la seule façon de gagner le 23 avril en additionnant assez de voix pour être et gagner au deuxième tour du 7 mai.

De la même façon, je veux vous dire notre disponibilité pour le travail nécessaire et les discussions pour rassembler toute la gauche sans Valls…  ni Macron. Le travail engagé au sein de l’Appel des 100 (et ses 50 mesures) peut s’avérer utile en ce sens.

Je souhaitais vous faire ce retour avant le premier débat télévisé et me tiens à votre disposition pour poursuivre ces échanges.

 

Dans l’attente, je vous adresse, cher Arnaud, cher Benoît, l’expression de mon amitié socialiste, unitaire et combattive et aussi celle de tous mes amis de D&S.

 

Gérard Filoche