Wauquiez : sa grotesque « clause Moliére » annulée en justice ce 13 décembre

dans le Progrès de Lyon

Le tribunal administratif de Lyon vient d’annuler la délibération du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes prévoyant l’introduction d’une clause de langue française, communément appelée « clause Molière » dans les marchés publics de la région.

  • Le 13/12/2017 à 12:50
 

 

« Aux termes de cette clause, « le titulaire du marché s’engage (ait) à ce que tous ses personnels, quel que soit leur niveau de responsabilité et quelle que soit la durée de leur présence sur le site, maîtrisent la langue française ». C’était le Préfet, la veille de son départ à Paris, qui avait saisi le tribunal.  La délibération du conseil régional est annulée pour « détournement de pouvoir » car adoptée « non pour assurer la protection de la santé et la sécurité des salariés mais pour exclure les travailleurs détachés des marchés publics régionaux et favoriser les entreprises régionales en méconnaissance des principes de liberté d’accès à la commande publique et d’égalité de traitement des candidats ».

Le tribunal administratif de Lyon est la première juridiction à juger de la légalité d’une telle délibération. En effet la décision récente du Conseil d’Etat du 4 décembre 2017 portait sur la légalité d’une clause d’interprétariat dans un marché public et non sur la légalité d’une délibération mettant en place un dispositif de lutte contre le travail détaché. »

in « Le Progres » ce jour…

 

 

dans l’humanite dimanche, le 19 mars 2017 :

Au boulot n°333

La clause Tartuffe

 

Combien de mots prononce t on sur un chantier dans une journée ? Très peu ! Les conducteurs de travaux règnent sur la division du travail ; ils ont 20 entreprises sous-traitantes de  1er rang et encore 30 sous-traitantes de 2° rang !  Et ils ont encore autant d’entreprises intérimaires, qui elles mêmes fournissent des « extras » de dernière minute dont « l’avare » chef de chantier n’a même pas idée et ne cherche surtout pas à en avoir ! Ce sont les jeunes roumains ou polonais « détachés » acteurs isolés, sous payés, maltraités. Personne ne se connaît sur la même scène de travail.

 

En France, les « majors » du bâtiment se font des milliards sur le dos de ces « travailleurs détachés » dont ils ne paient même pas les cotisations sociales : il y a un « chef de chantier », un, dans l’endroit propre et chauffé, avec des plans et des téléphones. Et il y 99 % d’ouvriers atomisés à la tâche qui parlent tous des langues différentes et communiquent par signes.

Un inspecteur du travail met 2 heures à identifier les 65 entreprises et leurs 250 salariés qui ne se connaissent pas entre eux,  n’ont pas de vestiaire, craignent chacun pour leurs propres outils, et n’ont qu’une vue parcellaire d’un coin du chantier. Même à la pause, les ouvriers ne se parlent pas, par petits groupes avec leurs gamelles, la table est une planche posée sur des briques de fortune. Leurs petits chefs, le patron de 2 ou 3 ouvriers, ne vient au CISSCT que pour ne pas payer l’amende, il ne cesse de regarder sa montre tellement ca l’ennuie, il n’écoute pas et n’intervient jamais, surtout s’il a des problèmes de sécurité. Quand il n’y a pas assez de garde-corps, ils sont dérobés et transportés d’un endroit à l’autre, toujours sans paroles.

Au lieu d’interdire les sous-traitances sur plus d’un niveau, au lieu d’imposer que les donneurs d’ordre soient responsables de ce qui se passe sous leurs ordres, au lieu d’aligner les conventions collectives des entreprises intervenantes sur celles des entreprises utilisatrices, quelques incompétents « Président de régions », Mme Pécresse et M. Wauquiez, font du théâtre et imposent une « clause Molière » : il faut « parler français sur les chantiers ».

 

Ces Tartuffe ne savent même pas qu’il est difficile d’imposer que les notices sécurité soient rédigées en français par…  les fournisseurs. Cette « Précieuse ridicule » qui dirige l’Ile de France ne sait pas que tout, gâchis, travail dissimulé, fraudes, y compris les barrières de la langue, est de la volonté délibérée des patrons car cela les aide à mieux mater et moins payer les ouvriers en les divisant.

 

Le Trissotin du Lyonnais ignore que les accidents du travail viennent de cette désorganisation volontaire du travail, et que, plus on est précaire, intérimaire, flexible, moins on parle et plus on risque sa vie. « Comment peut on être Persan ? » sur les chantiers pendant que les Fâcheux, Bouygues, Eiffage, Vinci, Pecresse, Wauquiez jouent à l’Etourdi ?

 

Gérard Filoche

 

 

 

Avec l’affaire JJ Urvoas-Thiérry Solére, les (ex?)socialistes hollando-macroniens atteignent des sommets

Ainsi, un « garde des sceaux » en poste dit de gauche, donne des informations à l’un de ses amis député de droite, sur l’avancement du dossier de fraude fiscale, blanchiment et trafic d’influence le concernant.

Comme le précise le Canard enchaine, c’est un exploit inédit ! « Au mépris du secret professionnel inhérent à sa fonction, le ministre de la justice, envoie à un justiciable, une note confidentielle, émanant de la direction des affaires criminelles et des grâces, détaillant les investigations en cours à son sujet ».

Urvoas l’a fait, en se croyant impuni, par le système crypté « Télégram » mais le réceptionnaire Solére a oublié de supprimer le message, et la police le retrouve le 26 juin dernier.

« Cahuzac n’a qu’à bien se tenir, il est « dépassé » !

Là, ça indique le type de rapport réel qui existe avec LR, la façon de poignarder dans le dos tout militantisme socialiste, toute unité de la gauche, tout espoir progressiste.

On est là au cœur de la liquidation de tout honneur et dignité, par les amis macroniens (ex ?) socialistes de François Hollande. Tous ces gens, Cahuzac hier, et aujourd’hui les Ferrand, Urvoas, qui ont trusté avec Le Drian, les postes en Bretagne, et au pouvoir, ont trahi les idéaux et l’histoire du PS, de la gauche, se sont vendus à la droite macronienne, sont en plus des corrompus piétinant allégrement et spectaculairement tous les principes.

Ce sont ces gens-là qui tentent de garder le contrôle de l’appareil du PS, de justifier le bilan du quinquennat Hollande, et de rester, corrompus, au pouvoir avec Macron.

Copains et coquins, il n’y a pas de barrière pour eux, entre droite et gauche, ils se préviennent, ils s’épaulent, ils s’aident à frauder, à se protéger des enquêtes les visant : le ministre de la justice trahit la justice, comme Cahuzac ministre du budget, trahissait la lutte contre la fraude fiscale. Ils le font sans scrupules.

Qu’ils soient sanctionnés, au ban de la gauche, au ban de la citoyenneté, de leur honte sans borne !

 

 

 

Halte à la baisse des « experts » du smic, au contraire il faut l’augmenter massivement

Ca y est, depuis le début cette fameuse commission d’experts, mise en place sous Sarkozy et confirmée sous Hollande, veut atteindre son but, « baisser le cout du travail ».

Pourtant pour calmer ces « experts », il suffirait de les payer au Smic, ça reglerait le problème. Et vite.

et il faudrait un gouvernement de gauche vraiment, qui hausserait les salaires et baisserait le cout du capital, car « hausser le smic et baisser les dividendes » telle est la solution à tous nos maux.

c’est l’inégalité dans la société qui provoque la « crise », réduire les inégalités c’est en sortir.

Nous défendons un Smic à 1800 euros, un partage du travail à 32 h par semaine, et une taxation des dividendes car la France n’a jamais été aussi riche et les richesses aussi mal partagées.

Hausser le Smic, baisser les dividendes

Même du point de vue invoqué pour faire l’actuelle mauvaise politique de Macron (« croissance », rétablissement des équilibres, réduction des déficits, inversion de la fameuse « courbe » du chômage) les objectifs ne sont pas atteints. Ils ne pouvaient pas être atteints comme cela ni sous Hollande, encore moins avec le « traitement de cheval » sous Macron..

Il faut  rompre avec toutes ces théories affichées ou honteuses,  de la fameuse « baisse du coût du travail », de la réduction des dépenses publiques, de la diminution de la protection sociale, de la fin « des statuts » et droits (dont on a pu vérifier que Nicolas Sarkozy, François Fillon, comme Emmanuel Macron au cours de leur campagne présidentielle,  en avaient fait leur cheval de bataille : qu’est ce qui a fait que des responsables de gauche ont cru à cela, sinon qu’Hollande les avait entrainé dans cette voie sans issue).

Au contraire, il faut repartir tout à fait autrement, il faut augmenter les salaires, il faut redistribuer les fruits du travail et ceux qui doivent payer pour la relance, pour la sortie de la crise, ce sera les riches, les actionnaires, les banquiers, les rentiers. Leur taux de marge, leurs profits scandaleusement élevés doivent être plafonnés, imposés, revenir dans le giron collectif. Le symbole sera que, en proportion du Smic, du salaire minima, nous instaurerons un salaire maxima. Nous instaurerons des tranches d’impôt directes qui corrigeront les criantes inégalités engendrées par la rapacité sans limites des financiers. Rien que cela est l’amorce d’un changement de société., la seule issue.

Contre Macron, avec le salariat, nous voulons une société de partage, une société d’économie mixte secteur privé et public, nous voulons contrôler les entreprises et non pas « laisser faire » leurs chefs et actionnaires.

Il est utile de bien comprendre que « les inégalités sont les meilleures ennemies de la croissance » ( dixit Eric le Boucher, lui même, Le Monde, 27 06 2015). Ce n’est pas parce que les riches sont plus riches qu’ils vont se décider à sauver le monde et qu’un jour… ils vont généreusement se décider à investir et à faire de l‘emploi. Mieux vaut rapprocher les premièrs de cordée des derniers de cordée, en solidarité, plutôt qu’étirer la cordée et ses risques.

Il faut faire le contraire de la propagande de ce que défendent les  libéraux : le ruissellement bidon, aidez ceux d’en haut et ceux-ci aideront ensuite ceux d’en bas. ça, ça ne marche jamais. Il s’agit de la fameuse sottise connue sous le nom de théorème de Schmidt (Helmut Schmidt, un ancien chancelier allemand) « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain ».  Depuis que cette ânerie malintentionnée a été prononcée (et trop souvent et complaisamment citée comme aphorisme incontournable), on a bien vu les profits, mais guère les investissements et pas les emplois : tout ça s’est arrêté en route.

Comme ceux qui osent défendre ouvertement la théorie du ruissellement : versez du champagne dans le verre du haut de la pyramide de verres et ca coulera dans les verres qui sont en-dessous. La vérité est que ça ne ruisselle pas, les verres du bas de la pyramide attendent toujours le champagne. Au contraire, ça siphonne, les profiteurs du dessus sont comme les célèbres Shadocks, ils pompent, ils pompent, ils pompent et n’en ont jamais assez. Quand les riches sont devenus riches, ils veulent devenir encore plus riches et la compétition, c’est entre eux. Sinon comment comprendre le monde actuel avec ses 62 hommes qui possèdent plus que la moitie des humains de la planète ?

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait estimé en octobre 2015 que « l’énorme augmentation des inégalités globales de revenus » dans le monde était « l’aspect le plus significatif – et le plus inquiétant – du développement de l’économie mondiale au cours des 200 dernières années ».

Or même le FMI a publié une étude qui montre que les inégalités sont l’une des causes importantes du « mystérieux » ralentissement tendanciel de la croissance mondiale et des profits mondialement. Selon cette étude, augmenter de 1 point de PIB les revenus des 20 % les plus riches fait baisser la croissance de 0,08 point dans les cinq années qui suivent. En revanche, augmenter de 1 point les 20 % les plus pauvres l’accélère de 0,38 point. La raison est que les plus pauvres consomment plus de ce qu’ils gagnent que les plus riches, qui, eux, épargnent plus. Cette publication en confirme d’autres. L’OCDE a calculé que «le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, de 6 à 7 points aux États-Unis, à l’Italie et à la Suède»

Où commence donc tout ça ? Quand ils vous disent que le « coût » du travail est trop élevé, que votre salaire est trop haut et qu’il les empêche de faire des profits ce qui les empêche de faire des emplois…

Pour le smic à 1800 euros

Les rumeurs prêtaient à Macron l’intention de céder au Medef et d’accepter des Smic par branches ou par régions, y compris en mettant fin aux « coups de pouce » de revalorisation. Cela entre dans sa logique.

Les « experts » proposent de le faire. Plus de « revalorisation automatique ». Finie. Baisser le Smic faute de le supprimer.

La logique opposée, celle  des 1800 euros n’est ni excessive, ni révolutionnaire, ni spoliatrice, c’est simple justice, et en même temps simple régulation économique et sociale : ni la droite ni l’extrême droite, ni le capitalisme ne mettront cela en place naturellement, mais la gauche doit le faire, et c’est son rôle de le proposer, son idéal, son efficacité de le réaliser.

Des journalistes non informés mais qui se croient chargés d’informer osent écrire d’un trait de plume que « la hausse du smic est une « solution simpliste ».

C’est d’autant plus facile et rapide à faire, en échappant aux pressions des lobbys, que la hausse du smic et des minimas sociaux dépend du gouvernement. Cela ne suffira pas mais cela donnera confiance tout de suite à des millions de gens sur le fait que leur vie change, que le nouveau pouvoir vraiment de gauche, agira pour eux.

Les actionnaires et financiers, et leurs 95 % de médias, organiseront une campagne immédiate contre cette mesure, mais cela aura l’avantage d’être clair : dans une bataille droite, Macron, Medef, banques, contre la gauche au pouvoir, la vie politique nationale se réorganisera,  camp contre camp, salariat contre patronat et la suite des choix politiques que nous proposerons obtiendra un intérêt massif et un appui populaire.

En 2016, un salarié payé au SMIC pour un temps plein (35 h hebdomadaire, 151 h 66 mensuel) touche moins de 1.150 euros net par mois, 1 466,62 euros brut, ce qui porte le Smic annuel brut à 17.600 euros.

Il a été revalorisé au 1er janvier 2017 de seulement + 0,6 % pour passer à 9,67 euros brut (contre 9,61 euros en 2015) Pour rappel, en 2015, la revalorisation a été de 0,8 % (contre +1,1 % en 2014). En vérité, les gouvernements  Hollande, Ayrault, Valls ont déjà gelé le Smic aux seules augmentations légales.

Le SMIC ou salaire minimum interprofessionnel de croissance est le salaire horaire en dessous duquel l’employeur n’a pas le droit de descendre pour rémunérer un salarié et ce, quelle que soit la forme de sa rémunération (travail à la durée, au rendement, à la tâche, à la pièce, à la commission ou au pourboire). Le SMIC assure aux salariés dont les salaires sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d’achat. Mais il y a près de 2,8 millions de temps partiels. Même si 85 % des contrats sont en Cdi (95 % entre 29 ans et 54 ans).

Nous refusons la façon dont Macron veut reproduire ce qui se passe en Allemagne ou des “mini jobs” sont proposés aux immigrés, réfugiés à 80 centimes de l’heure. Nous refuserons aussi que les patrons appellent des “travailleurs détachés” sur notre sol, pour casser ce smic brut, avec des salaires bruts plus bas, fixés au niveau de leur pays d’origine. Le Smic brut s’appliquera à nouveau à tout salarié travaillant sur le territoire français. A travail égal salaire égal.

Nous refuserons aussi qu’existent des conventions collectives et accords de branches ou d’entreprises, ayant des minima conventionnels inférieurs au Smic. La loi l’emportera, pas de minimas conventionnels inférieurs, pas d’accord de branche inférieurs a la loi, principe de faveur.

Pareillement pour les indices de base du statut de la fonction publique. Tout revalorisation du Smic l’emportera aussitôt sur toutes les négociations : la loi l’emportera sur le contrat, et celles ci devront reprendre à partir des niveaux du smic. Ce qui aura pour effet de booster les négociations salariales annuelles obligatoires et pousser les grilles de salaire a la hausse.

Le Smic net – qui correspond au salaire que perçoit effectivement le salarié – est en effet obtenu en déduisant du smic brut les différentes cotisations sociales salariales : ce ne sont pas  “de charges” ce sont des “cotisations” et du “salaire brut”. Cela ne fait pas partie (contrairement aux “théories” et vocabulaire courant en usage chez les libéraux) des impôts ni des prélèvements obligatoires puisqu’il s’agit d’une part du salaire mutualisée entre tous les travailleuses et travailleurs, mise dans un pot commun, les organismes – de droit privé – de la protection sociale, collectés et redistribués pour la protection sociale, familles, logement, chômage, maladie, accidents du travail, retraite.

 

Macron, ennemi farouche du salaire net et brut,  propose aussi de réfléchir sur la « participation » et « l’intéressement » : ce sont des mesures qui prétendent faire profiter les salariés des « bons résultats » d’une entreprise. Ce procédé est déjà obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés quels que soient leur secteur d’activité ou leur effectif.

La participation concerne tous les salariés, quel que soit leur contrat, elle se conclue par accord avec les délégués syndicaux, le CE et en outre l’accord doit être approuvé par les 2/3 du personnel. Le calcul de la participation se fait selon une formule complexe. Les sommes sont bloquées pendant 5 ans. S’il n’existe pas d’accord dans l’entreprise, elles sont même bloquées pendant 8 ans.

La participation permet à l’employeur et aux salariés de bénéficier d’avantages sociaux et fiscaux. Ainsi, pour l’employeur, les sommes de la réserve de participation :

- sont exonérées de la taxe sur les salaires ;

- sont déductibles de l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu.

La réserve de participation est exonérée de cotisations sociales et patronales.

Pour les salariés, les sommes dues au titre de la participation :

-   sont exonérées de cotisations sociales ;

sont soumises à la CSG et la CRDS après un abattement de 5 % ;

-   sont non imposables.

Pourquoi choisir la participation, et ne pas augmenter les salaires là où il y a en a le plus besoin : 23,6 % des salariés des TPE, (moins de 11 salariés, 18,6 % des salariés) sont rémunérés au Smic : commerce, restauration, tourisme, jeunes de moins de 25 ans, CDD, saisonniers, peu ou pas diplômés, femmes précaires, temps partiels…  27,4 % des employés et 20,2 % des ouvriers non qualifiés sont au Smic !

La participation n’est pas du salaire, pas davantage que l’intéressement : elle ne donne pas matière à cotisations,  et ne contribue pas à remplir les caisses de protection sociale au même titre que le salaire brut. Elle est difficile à mettre en oeuvre et longue à donner des fruits. Au contraire, la hausse des salaires à cet effet bénéfique entre tous, d’aider à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale puisqu’une partie de l’augmentation du salaire brut va alimenter notamment les caisses de retraite et d’assurance- maladie.

En les employeurs jouent à faire varier la participation et l’intéressement, en présentant leurs comptes de résultats différemment, en investissant, vendant, échangeant ou en rachetant leurs actions, être leurs différentes sociétés, au sein du groupe etc. ce qui fait qu’un salaire est plus « sûr ».

 

Le sens des 1800 euros

Et la hausse du Smic a un effet en cascade : elle bouscule la hiérarchie des grilles de salaires, niveau coefficient, échelon, et obligeant à renégocier, concerne tous les salariés et pas seulement ceux du bas de l’échelle. Ce que ne ferait pas la participation !

Faire tout de suite du bien aux gens.

Attacher la sympathie populaire au gouvernement de gauche unie que nous voulons substituer  au gouvernement de droite extreme thatcherien de Macron. Etre capable ainsi de résister aux campagnes de matraquage d’opinion anti hausse du Smic que les 95 % des grands médias des 7 milliardaires ne manqueront pas de faire aussitôt. (Avant qu’on ait le temps de faire une loi réglementant la presse, empêchant les concentrations, et le cumul des titres de journaux et des marchés publics, et privés : des mesures de démocratisation institutionnelle vers une 6° République).

Le Smic à 1800 euros c’est le meilleur gage de popularité, de dynamique garantie pour marcher ensuite par la loi vers le retour de la retraite à 60 ans, vers les 32 h, vers un salaire maxima à 20 fois le smic.

Macron a « l’argent au cœur », nous voulons  « le social au cœur », c’est s’appuyer sur les acteurs principaux du pays, les salariés soit 93 % des actifs. C’est donner des garanties liées aux jeunes, aux chômeurs, aux handicapés, aux retraités, avec la hausse des minimas sociaux.

C’est pour cela que le Medef veut légiférer pour ôter au gouvernement la capacité de fixer le taux du Smic – à la façon dont ils lui ont déjà enlevé le contrôle de la monnaie et des banques. Il voulait une commission d’experts, puis des mécanismes incontournables à la façon dont l’ordo libéralisme a fixé des « principes » (inflation à 1,5 %, déficit à 3 puis 0 %, dette à 60 %). Le choix politique de peser sur les salaires au nom d’impératifs économiques supérieurs (de droit divin ?) fixés par les patrons, (ses profits et dividendes) c’est un rêve de Medef.

Nous sommes au contraire avec un Smic brut à 1 800 € (ce qui était la proposition de la Cgt, laquelle a ajusté en 2016 sa revendication à 2000 euros) par mois pour un travail à temps plein ce qui signifie un Smic net de 1 386 € par mois ce qui n’est pas très élevé contrairement aux cris du patronat.

En 2016, le Smic brut s’élève à 1 467 € par mois : il augmentera donc de 333 €

Le Smic net s’élevant alors à 1 129 € par mois : il augmentera donc de 257 euros

Le Smic n’a pas eu de coup de pouce depuis 10 ans, à l’exception de celui, dérisoire, de 0,6 % au 1er juillet 2012 : 6,46 € par mois et l’équivalent de moins de deux baguettes de pain par semaine. Le pouvoir d’achat du Smic n’a pas augmenté depuis 2007.

Or les femmes représentent 80 % des salariés au Smic et sont particulièrement touchées. Entre juin 2012 et mai 2016, le Smic a augmenté de 11,5 %, quasiment la même évolution que celle de l’indice des prix à la consommation : + 10,5 %.

Ce retard doit être rattrapé.

Objectif carnets de commande remplis

Nous fixerons donc l’objectif de permettre, tout d’abord, aux salariés de vivre décemment s’ils travaillent à temps plein mais aussi s’ils travaillent à temps partiel. Le seuil de pauvreté étant égal à 60 % du revenu médian, soit 975 euros par mois pour une personne seule, nous voulons déjà sortir 1,9 million de travailleurs… des travailleurs pauvres.

A ceux qui disent c’est impossible, rappelons-leur qu’en juin 1968 qu’en juin 1968 le salaire minimum a augmenté de 33 % et même de 55 % dans l’agriculture. Les entreprises s’en sont trouvées mieux !

La hausse des salaires est consommée immédiatement par les salariés les plus pauvres. A l’artisan qui se plaindra d’avoir du mal à augmenter son seul compagnon, on lui dira, que si tous les salariés sont augmentés en même, certains feront enfin réparer leur gouttière, ce qu’ils avaient différé jusque-là.  Pareil pour le petit éditeur qui souffre de ne pouvoir augmenter ses neuf salariés, il vendra plus de livres.

L’élément moteur de la croissance économique, reste l’augmentation de la consommation malgré la pression ininterrompue sur les salaires. Immédiatement des millions de salariés achèteront massivement des produits de première nécessité.  C’est cela, les fameux « carnets de commande » des entreprises.

L’augmentation du Smic mettrait de l’énergie dans ce moteur et permettrait aux PME, notamment à celles qui sont indépendantes des grands groupes, de trouver un débouché à leur production et d’embaucher. On ne peut calculer le coût de l’augmentation du Smic sans tenir compte de la dynamique qu’elle entrainerait. On connaît le résultat tout au long des 4 dernières années : car le Smic a été bloqué et le chômage a quand même augmenté. Mais une hausse du Smic donnerait des retours en cotisations, impôts, commandes

En Allemagne, le Smic, ça marche

«  Le smic, c’est le chômage ». C’était le slogan de la campagne électorale d’Angela Merkel en septembre 2013 !

Mais elle a perdu l’élection et obtenu 8 sièges de moins et 800 000 voix de moins que le total gauche SPD, Die Linke, et les Grünen. C’est parce que les leaders de la gauche allemande n’ont pas voulu faire une coalition ensemble qu’Angela Merkel est restée Chancelière : le Spd a préféré gouverner avec la droite qu’avec la gauche (ce qui s’est mal terminé pour lui aux élections suivantes en septembre 2017), mais, au moins a t il mis dans la balance la création d’un Smic allemand.

Les économistes libéraux prévoyaient des licenciements massifs si ce Smic était mis en place. Ils se sont encore trompés !

Le patronat allemand prétendait que cela aboutirait à la suppression de 200 000 emplois en 2016. Contrairement à ces mauvaises prophéties, le salaire minimum en Allemagne fixé à 8,50 euros de l’heure, depuis le 1er janvier 2015, n’a ni pénalisé l’emploi ni favorisé l’inflation, selon une étude de l’IAB, institut de Nuremberg de recherche pour le marché du travail et l’emploi. L’institut a interrogé environ 16.000 entreprises, 20 % seulement ont affirmé avoir été affectées directement ou indirectement par la mise en place du salaire minimum. Seulement 18 % des entreprises ont augmenté le prix de leurs produits ou services. Seules 4,7 % des entreprises, soit moins de 1 entreprise sur 20, ont choisi de réduire leur personnel.

Voilà une expérimentation grandeur nature en faveur du Smic dont Macron devrait s’inspirer au lieu, chaque fois, de chercher dans un autre pays ce qu’il de pire comme exemple.

La même étude montre que de nombreuses entreprises, par contre, ont tenté de déroger au Smic pour payer moins leurs salariés : apprentis, stagiaires et chômeurs chroniques, peuvent, temporairement, percevoir moins de 8,50 euros de l’heure. Beaucoup d’entreprises ont opté pour la sous-traitance, le CDD ou la réduction des heures de travail. Et enfin se sont multipliés les « travailleurs détachés » qui sont de facto une fraude aux Smic.

Ce smic doit être adopté par tous les employeurs, hormis ceux évoluant dans certains secteurs, ayant signé des accords préalables. Les stagiaires et les personnes embauchées suite à un chômage de longue durée, ne sont pas pris en compte pour ce smic. Mais il a augmente els salaires pour 3,7 millions de travailleurs en 2015 et pour 4,7 millions de travailleurs en 2017.

Le SMIC allemand doit être réajusté tous les deux ans, en fonction des prix du marché. Il est passé à 8,84 brut de l’heure. Et la grande nouvelle c’est qu’il a dépassé celui de la France et atteint 1498 euros.

Ce qui n’empêche pas les patrons français de prétendre que  « la France est malade du smic » et Macron de leur tendre l’oreille attentive.

Salaires minimum dans l’Union européenne et aux Etats-Unis

L’Allemagne n’est pourtant pas seule à avoir introduit une loi pour le salaire minimum : 22 États membres de l’UE sur 28 ont un Smic. Seuls Chypre, Danemark, Autriche, Italie, Finlande et Suède n’ont pas de Smic.

En 2017, les pays ayant le Smic horaire le plus élevé sont le Luxembourg, avec 1998,59 euros, l’Irlande avec 1563,25 euros, la Belgique avec 1531,93 euros, les Pays-Bas avec 1551,60 euros, l’Allemagne, on l’a vu avec 1498 euros, et la France, en 7° position avec 1480,27 euros. (Le Smic du Royaume uni atteint 1396,90).

Ensuite viennent l’Espagne 825,65 €, la Slovénie 804,96 €, Malte 735,63 €, la Grèce 683,76 €, le Portugal 649,83 €, l’Estonie 470,00 €, la Pologne 453,48 €, la Slovaquie 435,00 €, la Croatie 433,35 €, la Hongrie 411,52 €, la République tchèque 407,09 €, la Lettonie 380,00 €, la Lituanie 380,00 € , la Roumanie 275,39 €, la Bulgarie 235,20 €.

L’Italie a pris la décision d’instaurer un Smic, elle aussi.

Première réflexion, en 7° position, la France, paie 10 ans de blocage du Smic.

Mais pour rendre la comparaison possible, Eurostat a calculé ce que représentent les salaires minima allemands et français en standard de pouvoir d’achat. Résultat : 1443,17 euros de l’autre côté du Rhin contre 1391,18 en France. Le salaire minimum allemand est donc plus élevé que le Smic français ce qui contredit bien des idées macroniennes reçues.

Ensuite, l’écart est de 1 à 9 entre le smic luxembourgeois et le smic bulgare.  Encore faut-il les comparer en « parité de pouvoir d’achat » : là les écarts sont plus resserrés, de 1 à 5, et surtout la France se trouve en 12° position (situation qui n’est compensée que de façon relative grâce à de meilleures prestations sociales, liés au cotisation sociales… que Macron veut supprimer !) !

Dans ce contexte, l’augmentation du Smic que nous préconisons en France sera « en phase » et aura un effet stimulant sur la mobilisation de tous les salariés européens qui ne supportent plus l’austérité sans fin et l’accroissement inouï des inégalités.

Revendiquer un Smic européen, comme « perspective » unificatrice, joue un rôle : cela sert à combattre le « dumping social » et donc les déplacements frauduleux de population salariée type travailleurs détachés. Si le niveau des salaires se rapproche dans l’UE, à quoi bon s’exiler ? A quoi bon délocaliser ?

On peut et on doit « aimer » le plombier polonais, le maçon portugais, l’ouvrier du bâtiment letton, le sidérurgiste tchèque, le chauffeur bulgare, le docker maltais, les aimer au point de vouloir qu’ils gagnent autant qu’un salarié français sans que celui-ci perde son niveau de salaire. Cela revient à lutter pour un « Smic européen » aligné progressivement et de façon dynamique par le haut

Pour un Smic unique européen :

En Europe, encore, où l’essentiel de notre sort économique se joue, (c’est pourquoi nous sommes favorables à des États unis d’Europe, à une Europe fédérale, mais avec harmonisation fiscale et sociale « par le haut », pas par le bas à la façon Macron), non seulement notre salaire brut annuel moyen est proche de celui de l’Europe des 27 et inférieur à celui de l’Europe des 15, mais les écarts avec les plus « compétitifs » diminuent de moitié si l’on tient compte du pouvoir d’achat respectif des salaires, et sont encore plus réduits si l’on « rapporte les coûts salariaux à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité de travail » ! Si l’on introduit une dimension temporelle depuis dix ans, on constate qu’une dynamique de rattrapage est à l’oeuvre.

Car si les écarts sont grands (de 1 à 9) entre les salaires moyens de l’UE des 15 et ceux des 10 nouveaux entrés en 2004, ils s’atténuent de 1 à 5 si l’on compare en « parité de pouvoir d’achat »,

Ils sont divisés de moitié lorsque les salaires sont exprimés en « unités de standard de pouvoir d’achat ».

Avec ce mode de calcul, le salaire moyen polonais qui était de 6,6 fois inférieur au salaire moyen britannique exprimé en euros n’est plus « que » 3,3 fois inférieur à ce même salaire exprimé en « unités de standard de pouvoir d’achat ».

Si ces écarts salariaux sont appréciés « par rapport à la valeur ajoutée produite pour obtenir une mesure de la productivité du travail », ils sont encore considérablement réduits.

C’est réaliste (et nécessaire) de combattre pour un  Smic européen. De même qu’il est réaliste de combattre pour un droit du travail européen aligné vers le haut, selon le principe de faveur, et d’empêcher le « dumping social » que Macron, lui, veut généraliser. Le désordre de la pensée que Macron traine sur tous les sujets que nous sommes en train d’examiner, le chômage, l’emploi, les salaires, l’empêche d’avoir une quelconque vision à proposer contre les libéraux à l’Europe, il se situe même a leur tête, « premier de cordée ».

 

Pour mémoire, exemple et réflexion, il existe une tentative de quasi Smic mondial… pour les marins. Étonnant, non ? Et avant-gardiste. Reconnu par seulement 48 pays, il a été négocié entre la Fédération patronale des armateurs et la Fédération internationale des transports, et installé en 1994. Il est réajusté tous les deux ans en « parité de pouvoir d’achat » et il atteignait 600 dollars à son origine. Sur les 48 pays signataires (ce n’est pas assez) 18 pays sont européens : il existe donc une ébauche de Smic européen, au moins dans une branche.

Ce n’est qu’un exemple de ce qui pourrait être (mieux) fait dans bien des secteurs : par exemple les routiers. Si la perspective en était politiquement tracée, (quand nous aurons minorisé et battu Macron c’est ce que nous ferons) un calendrier de négociations et de lois pourrait être planifié et mis en œuvre par branches puis par régions, puis par pays, dans l’Europe des 27  pour aligner les différents Smic progressivement au niveau le plus élevé, d’abord en parité de pouvoir d’achat puis en euros.

Dés qu’une telle perspective existe, délocalisations et « principe du pays d’origine » (ex-directive Bolkestein devenue à 80 % la directive MacCreevy, puis des « travailleurs détachés ») perdraient de leur intérêt : pourquoi emmener les machines là-bas s’il est prévu que le salaire de là-bas rattrape celui d’ici ? Pourquoi s’exiler pour venir travailler de Pologne en France, si le salaire polonais est programmé pour un même Smic européen ?

 

Si le seul horizon d’un Smic européen était fixé, par exemple pour 2025 ou 2030… tout change en Europe : le dumping social perd de son intérêt, délocalisations et trafic de main d’œuvre sont condamnés à reculer à terme… Ensuite, négocier par branche, par paliers, par zone géographique, par groupes de pays, dans la perspective d’un Smic, cela s’est toujours fait ainsi : le Smig en France a pris du temps avant de devenir le Smic, les abattements de zones ont été supprimés et nationalement le Smic a été aligné, mensualisé, hier sur 173 h 33 h, puis sur 169 h, aujourd’hui sur 151 h 66.

En 2004, le programme du Parti socialiste défendait encore « l’harmonisation progressive des droits sociaux au niveau le plus haut et l’instauration d’un salaire minimum européen et l’Europe des 35 h« . Il appelait aussi à une « nouvelle hiérarchie des règles internationales, des droits environnementaux, sociaux et humains devant être prioritaires sur le droit des affaires et de la concurrence ». Il obtint alors 30 % des voix aux élections européennes du 13 juin 2004. Hélas, il renonça à cette juste et populaire position lors du débat, en 2005, sur le « TCE » (traité constitutionnel européen) ce qui lui valut d’en payer le prix électoral en 2007. Revenu au pouvoir en 2012, il renonça, avec Hollande et Macron, a tout objectif progressiste et il perdit les élections européennes de 2014, où le Front national fut pour la première fois en tête.

 

Il faut tirer l’humanité et l’Europe vers le haut, et non pas l’abaisser au nom de la prétendue « concurrence » et du pseudo « libre-échange ». « L’OIT et l’OMC doivent devenir deux organismes agissant à parité de façon à introduire le droit du travail comme élément constitutif du droit de la concurrence ». (In « Avis » du Conseil économique et social, pour Seattle, nov. 1999). L’OMS (organisation mondiale de la santé) et une OME (organisation mondiale de l’environnement) devraient voir, au même titre que l’OMC, leurs recommandations s’imposer, et susceptibles de sanctions.

 

Qui ne voit pas la dynamique salariale possible dans l’Europe des 15 puis des 25 et 27 ? Qui croit que l’impressionnante envolée de la croissance en Chine, Inde ou en Russie ne va pas déboucher sur des revendications des salariats de ces pays ? Le choix est partout entre une politique qui fait régresser et épouse les pires déréglementations de la mondialisation financière libérale et une politique qui contrecarre les ravages antisociaux, les pillages des richesses produites par les salariés, qui défende protection sociale et environnement.

Faute d’ouvrir de telles perspectives, ce sont celles du désespoir et du nationalisme, de la « concurrence internationale » qui resurgissent : l’UE après le Brexit s’en trouve menacée d’éclatement. faire reculer les smic au lieu de les unifier vers le haut c’est la mort de l’UE.

Raisons de plus pour rompre avec Macron et l’étroitesse de ses visions de start up européennes, de baisse du cout du travail, de soumissions aux critères des libéraux et des banques.

La compétitivité ne se limite pas au coût du salaire

L’argument est toujours le même : « votre hausse du smic à 1800 euros portera atteinte à la compétitivité ». Mais la compétitivité par les coûts des produits ne se limite pas au coût du salaire, elle doit intégrer le coût du capital, celui des dividendes distribués.

Et tout dépend encore des choix des 1000 entreprises de plus de 1000 salariés qui produisent 50 % du PIB, et des 80 % des PME, PMI, ETI, nous ne cessons de le dire, en dépendent. Et le million de petites entreprises TPE de moins de 11, dépendent aussi davantage de celles d’en-dessus, des donneurs d’ordre que de la part direct des salaires dans leur chiffre d’affaires. Ces choix c’est à l’état social, et stratège de les encadrer,

La compétitivité est liée à la qualité, au niveau de gammes des produits et donc aux investissements de recherche et développement réalisés par les entreprises.

Et, de ce point de vue, notre pays est très en retard sur l’Allemagne. En 2010, les entreprises allemandes ont consacré 31 milliards d’euro à la recherche- développement, les entreprises françaises seulement 15 milliards. Entre 2001 et 2010, trois fois plus de brevets ont été déposés en Allemagne qu’en France. Les grandes sociétés françaises ont fait le choix d’augmenter la distribution de dividendes plutôt que d’augmenter la recherche-développement.

Cette dernière s’élevait à 42 % des dividendes versés en 1992 et seulement à 25 % en 2010. Comment s’étonner, dans ces conditions,  du manque de compétitivité de l’économie française ? les patrons français coutent trop cher ! Le rôle de l’État est déterminant pour remédier à cette situation. Verser 61 milliards de crédit d’impôts sans « contrepartie », sans contrôle des embauches correspondantes, c’est du « laisser faire », et ce laisser-faire, on en a le résultat, employeurs et actionnaires n’ont pas embauché mais spéculé.

Et la responsabilité du patronat français, du Medef, de ceux là meme qui ont mis en place Macron, est terrible ! C’est le plus rapace, le plus assisté, toujours à se plaindre toujours à  réclamer, toujours a menacer, mais le plus médiocre quant aux résultats obtenus.

La compétitivité « hors coût » est, enfin, très importante. Cette compétitivité passe par les infrastructures, les transports, l’enseignement, les services publics et donc par les investissements publics. Le rôle de l’État, là encore, est déterminant. Les 61 milliards donnés l’ont été à court terme au secteur privé au détriment du secteur public – ce qui à long terme affaiblira l’environnement des entreprises.

Cette hausse du smic à 1800 euros va t elle « nous affaiblir dans la mondialisation » ?

S’il y a bien une bêtise répandue, c’est celle là : a-t-on remarqué que la précarité et les bas salaires étaient s’installés dans des secteurs qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale ? C’est le cas pour les 850 000 salariés de la restauration, de même que pour les 1,1 million de salariés du bâtiment, ou les 1,7 million de la grande distribution, et pour quantité de services aux personnes.

Le secteur ou il y a la précarité la plus grande, le turn over le plus important, les durées du travail les plus longues, les flexibilités les plus fortes, les maladies professionnelles et la pénibilité parmi les plus élevées, et les salaires les plus bas… n’est pas soumis a la compétition internationale, ce sont les HCR (hôtels, cafés, restaurants) et la grande distribution.

Comment les « majors » du bâtiment, les Bouygues, Vinci, Eiffage, Lafarge,  extraient-ils tant de milliards d’euros des… travailleurs du bâtiment ? Eux non plus ne sont pas soumis à la mondialisation ! Au contraire, ils l’organisent à l’inverse, en faisant venir des centaines de milliers d’immigrés sous-payés, et « détachés » sans cotisations sociales de notre niveau.

En matière de concurrence internationale et d’emploi, les entreprises ne sont pas, en France, défavorisées par le poids de prétendues « charges sociales » !

Surtout quand la France est au 7° rang du smic européen au 12° rang en pouvoir d’achat.

Des milliards d’exonérations de cotisations sociales ont été accordées depuis vingt ans aux entreprises françaises : elles n’ont nullement débouché sur la baisse du chômage. Pas plus avec le CICE de 61 milliards. Toues les études montrent que cela a été une gabegie, un fiasco total.

On pourrait faire autrement : « - Haussez les salaires, baisser le poids des dividendes » et les entreprises françaises resteraient aussi « compétitives » pour le coût de leurs produits, non ? Au lieu que ce soit les salariés qui se serrent la ceinture, ce serait les capitalistes qui le feraient. Envisageable, non ?

Guillaume Duval d’Alternatives économiques l’écrivait : « Si, à niveau de richesse comparable, le chômage est le plus important chez nous que chez nos voisins, c’est justement parce que ceux qui ont un emploi en France, sont particulièrement productifs. »

Rajoutons : c’est aussi parce que leurs employeurs sont particulièrement rapaces.

Ce sont en effet, les salariés français qui sont les plus productifs au monde selon les chiffres du BLS, Bureau of Labor Statistics, organisme américain peu suspect de sympathie syndicale, ni de francophilie. « Un Français produit 71 900 dollars de richesse en moyenne au cours de l’année 2005, certes moins que les 81 000 dollars produits par un salarié américain mais beaucoup plus que les 64 100 dollars d’un Anglais, les 59 100 des Allemands, les 56 300 dollars des Japonais ». (Article dans Libération le 7 mai 2007 : « Les Français ne sont pas des paresseux »).

Aux Etats-Unis, la Californie (devenue, en 2016, la 6ème  puissance économique mondiale, devant la France) a décidé d’augmenter son salaire minimum de moitié, à 15 euros de l’heure à l’horizon 2022. L’État de New-York s’est fixé le même objectif pour 2018. Les démocrates d’Hillary Clinton, il est vrai sous la pression de Bernie Senders, ont proposé proposent une hausse de 44,7% du Smic américain en le portant à 15 dollars. Six états américains ont vote en faveur de cette proposition en novembre 2016, dont la Californie, New York, le Michigan, le Wisconsin…

Qui peut prendre de haut, qui a des arguments pour refuser notre proposition circonstanciée anti Macron  et anti Medef : augmenter massivement les salaires ?

Peu importe qu’il n’y ait aucun risque de « délocalisations », le chantage de la propagande totalitaire façon Medef et Macron est utilisé quand même : il faut flexibiliser l’emploi pour « s’adapter à la mondialisation ». Il faut « adapter le droit du travail aux besoins des entreprises » (F Hollande conférence de presse septembre 2015).

Elle a bon dos, la mondialisation !

Si nous pouvons renverser Macron et sa politique,  nous proposerons d’augmenter le smic à 1800 euros et par exemple d’interdire dans toute entreprise, sauf dérogation préalable et exceptionnelle de l’inspection du travail, plus de 5 % de CDD ou d’intérim : la précarité reculerait aussi rapidement qu’elle a progressé.

Si au lieu de reprendre le discours fataliste de la précarité induite par la mondialisation, la prochain quinquennat  réglementait le temps partiel, réinstaurait un contrôle de la puissance publique sur les licenciements abusifs et boursiers, encadrait la sous-traitance et prenait des mesures législatives pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale (en rendant les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche et en instaurant les deux jours de repos consécutifs pour tous), le progrès de la précarité s’inverserait.

En quoi la mondialisation nous empêcherait-t-elle de hausser le smic et de mieux partager les richesses… en France ? Le présent plaidoyer écarte tous les mauvais arguments de la propagande libérale et de l’horreur économique qu’elle impose à notre monde.

Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les impôts justes, c’est-à-dire les impôts sur le revenu, progressifs et redistributifs (et l’impôt sur la fortune, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur les profits pétroliers) et de baisser les impôts injustes (TVA, taxe d’habitation, redevances diverses) ?

Qu’est-ce qui nous empêche de majorer les salaires, de restaurer ainsi nos caisses de protection sociale et de relancer la consommation, l’économie du pays ?  Sinon l’égoïsme du patronat et des banquiers français ?

Rien en Europe, rien dans le monde ne nous contraint à développer la précarité, à attaquer le droit du travail et à liquider nos services publics…

C’est criminel de favoriser les 363 000 familles riches payant l’impôt sur la fortune (ISF), et aucune exigence « mondiale » ne nous l’impose : même pas le chantage à leur « départ », car s’ils fraudent ou fuient, nous les rattraperons, aucun n’échappera au fisc, aujourd’hui chaque centime est localisable, identifiable dans n’importe quelle banque de la planète.

En quoi, alors, le refus d’augmenter le Smic serait-il dicté par les impératifs de la mondialisation ?

La France est le deuxième ou troisième pays importateur et exportateur de capitaux, tant la confiance mondiale dans son économie est grande.

Cinquième puissance mondiale, jamais elle n’a été aussi riche : il serait possible, redisons-le face aux chantage a la mondialisation, de redistribuer ces richesses – par le smic à 1800 euros, les 32 heures, la retraite à 60 ans – pour sortir nos banlieues du chômage et de la misère, relancer l’emploi, soutenir la santé pour tous, l’école, la formation, la recherche, la culture et l’ensemble des services publics.

Ce n’est pas la concurrence internationale qui nous impose des choix politiques contraires, mais une conversion idéologique au néolibéralisme régnant outre-Atlantique et à l’ordo-libéralisme allemand.

Ce ne sont pas seulement les effets de la mondialisation qui expliquent le développement de la précarité en France depuis vingt ans, mais des choix politiques.

D’ailleurs, on va le vérifier, Macron fait du zèle, plus que ce que les libéraux européens lui demandent ; on va le prouver, « les recommandations européennes du 27 mai 2017 concernant la France sont bien en deçà des ordonnances scélérates « anti travail » que Macron impose à notre pays.

Oui l’état peut beaucoup.

Oui les lois et les décisions juridiques peuvent s’imposer aux entreprises. Oui, la puissance publique peut encadrer celles ci (puisque le patronat en est incapable). Le volontarisme mérite un éloge.

Prenons l’exemple, de l’entrée des femmes sur le marché du travail dans les années 1970, progressivement et assez rapidement, mais à temps plein, jusqu’à aujourd’hui.

Si un changement est intervenu, si, aujourd’hui, 85 % des temps partiels sont dévolus à des femmes à 80 % non qualifiées, c’est essentiellement à la suite de mesures juridico-politiques.

À la veille des élections législatives de 1993, Pierre Bérégovoy croyait pouvoir baisser le taux de chômage en autorisant 50 % d’exonérations de cotisations sociales pour tout emploi à temps partiel. Même Édouard Balladur, en lui succédant, trouvera la mesure excessive et ramènera l’exonération à 30 %. Mais le mal était fait, et l’on passa, entre 1993 et 1995, de 11 % de temps partiels à 17 % : des métiers entiers sont concernés comme dans la branche de la grande distribution qui se rue sur l’aubaine.

On ne dit plus « caissier » mais « caissière » et le temps partiel y devient la règle avec tous ses aléas (des journées d’une amplitude de 12 heures pour 6 heures réellement payées au Smic).

De même, ce sont les « allers retours » juridiques sur la définition et l’usage des CDD, entre les lois Auroux, les lois Chirac-Séguin (1986-1988), les lois Rocard (1989), la loi quinquennale Balladur-Giraud (janvier 1994) qui ont facilité leur expansion. La loi Sapin du 14 juin 2013, fait mine de modifier cela et impose (en apparence, pour plaire à la direction CFDT, mais celle ci s’est fait « rouler ») des temps partiels « plancher à 24 h par semaine », mais les lois Macron (8 août 2015) puis El Khomri (loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels, dite loi El Khomri) suppriment à leur tour cela. Il s’agit bel et bien de mesures politiques successives, pas de fatalité ni d’impératifs catégoriques économiques.

Pareillement, le travail de nuit des femmes, a été imposé par la Cour de justice européenne en 1990, au nom « de l’égalité professionnelle femmes-hommes ». Le ministère du travail français en 1992 avait cédé à tort sur ce point, à la pression de l’UE. Cette flexibilité cruelle a créé de l’emploi. Pourtant cette égalité professionnelle aurait du se réaliser en limitant encore le travail de nuit des hommes aux seules contraintes absolue où il était impossible de faire autrement. Et voilà, depuis plus de 25 ans, il y a un million de salariés de plus la nuit et ce sont des femmes. Et il y a davantage de souffrance au travail (le travail de nuit ça nuit et ça fait mourir plus tôt) et aussi davantage de chômage.

Dans un livre collectif de débat Travail flexible, salariés jetables [1], le mensuel Alternatives économiques jugeait bon d’écrire qu’il n’y avait que « Gérard Filoche qui croyait que la lutte contre la précarité et la flexibilité pouvait se régler par des mesures juridiques ». C’est pourtant bien de cette façon qu’elles se sont développées et, réciproquement, c’est par volontarisme politique que le gouvernement Jospin est parvenu, un temps, à les faire reculer avec les 35 h.

Quand on veut, on peut.

Surtout quand les mesures qu’on prend vont dans l’intérêt de dizaines de millions de salariés. Quand elles vont à l’encontre, comme les mesures libérales a répétition de ces dernières décennies, elles échouent toutes.

Si, de 1997 à 2001, la France a accumulé les records de créations d’emplois et de baisse du chômage avec 2,1 millions d’emplois créés et 750 000 chômeurs en moins, si elle a connu une période de croissance plus importante que des pays de même niveau et si le taux de chômage des jeunes est passé de 28 % en 1997 à 18,7 % en 2000, c’est bien le résultat de mesures politiques et juridiques. Les trois années 1998-1999-2000, sous Lionel Jospin, sont les plus exceptionnelles de l’histoire du XXe siècle en matière d’emploi, de droit du travail, de développement du salariat et de recul de la précarité. Si bien que lorsqu’on souligne les reculs des trente ans écoulés, il faut préciser : en dépit de ces trois années-là. Au cours de cette période, la masse salariale a augmenté, les caisses de protection sociale sont devenues excédentaires, la précarité a même légèrement reculé (- 0,4 % environ), de même que les CDD (- 33 000, soit une baisse de 1,5 % entre mars 2000 et mars 2001), les temps partiels (- 0,6 %) et les emplois aidés (qui sont passés de 455 000 à 408 000), le chômage partiel a quant à lui fortement baissé (- 64 % en 1999). L’intérim baissait au début de 2001 mais il avait ré-augmenté au second semestre 2001.

Dans le mouvement socialiste mondial de l’époque, le gouvernement « rouge-rose-vert » de Lionel Jospin avait des caractéristiques plus avancées qui le distinguaient significativement des tenants de la « troisième voie » Clinton-Blair et aussi totalement opposé dans l’esprit et la pratique, à toute la politique conduite à partir de 2012.

Davantage proche de ce que fut le premier gouvernement de la gauche en 1981-1982, Lionel Jospin avait opéré certains choix volontaires que le reste de la social-démocratie européenne avait refusés : les 35 heures sans perte de salaire, des droits nouveaux du travail, le maintien des retraites, la couverture maladie universelle (CMU), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour les personnes âgées…

En 2002, la France était alors, de façon relative, l’un des pays au monde les plus avancés socialement. La droite se plaignait qu’il y ait trop d’argent dans les caisses, et brocardait, tout le monde l’a oublié,  la « cagnotte publique » du gouvernement Jospin. Selon la droite, il y avait trop d’argent dans les caisses ! Pas assez de dettes sans doute ?

Cette parenthèse heureuse a été refermée à partir de 2002 avec l’avènement d’une « droite décomplexée » appuyée par un patronat Medef « refondé », financiarisé, décidé à imposer un aggiornamento en matière de droit du travail.

Et c’est François Hollande trahissant tous les espoirs liés au retour de la gauche en mai juin 2012 qui a cassé tout cela, et sur certains points, le code du travail, de façon plus terrible que les droits de Chirac et Sarkozy revenant sur les 40 h de Blum, les 39 h de Mitterrand, et les 35 h de Jospin.

Il faut pour résister à la mondialisation, non pas déréglementer mais au contraire un droit du travail strict, contrôle et sanctionné qui appuie et s’appuie sur le rapport de force social, et abroger pour cela la scélérate loi El Khomri de 2016.

Cette question du code du travail, de l’ordre public social ou non, aggravée par Macron, est maintenant un enjeu social, théorique, pratique, entre la gauche et la droite, elle a crée un fossé entre socialistes et ex-socialistes, ceux qui se sont adaptés quasi totalement aux théories libérales macroniennes, et ceux, la gauche socialiste qui se sont acharnés à essayer de sauver un minimum de transformations sociales.

Hollande lui, a choisi, avec Macron, de casser ce qu’avaient fait Léon Blum, François Mitterrand et Lionel Jospin en matière de réduction du temps de travail, des 40 h aux 39 h et aux 35 h. Macron a entrainé un certain nombre d’ex socialistes, vite désarçonnés, repentants mais trop tard. La gauche socialiste, avec le reste de la gauche maintient l’alternative : 1800 euros, 60 ans, 32 h, 5 % de précaires, pas de salaires supérieurs à 20 fois le Smic…

 

Appel pétition en cours de signature et meeting du samedi 9 décembre entre 14 h et 18 h Bourse du travail de Paris

Ce message contient des images qu‘il vous faut accepter de télécharger pour profiter pleinement de la mise en forme.
Si vous rencontrez des problèmes pour afficher ce courriel, vous pouvez le visualiser directement sur ce lien : http://list.filoche.net/message-659-4325-040ae6810812147f945c7c563508db21.

 

Pétition pour Gérard Filoche

L’honneur d’un militant

Oui, Gérard Filoche a retweeté un montage photo mettant en cause Emmanuel Macron dont, dans la précipitation, il n’a pas immédiatement perçu le caractère antisémite. Il s’est rapidement rendu compte de son erreur, a retiré le tweet, s’est excusé publiquement, a répondu aux journalistes.

L’affaire aurait pu s’arrêter là mais le tweet a été relayé sur la Toile pendant plusieurs jours au point de devenir une affaire d’État. Les condamnations, sans la moindre prise de recul, ont abondé. Le PS qui, ces temps-ci, peine tant à parler d’une seule voix, a retrouvé son unité pour exclure à bon compte une de ses dernières voix de gauche, sans autre forme de procès.

Voilà le plus inquiétant : les réseaux sociaux sont devenus le procureur le plus expéditif et le plus implacable, et derrière eux certains médias aussitôt aboient à l’unisson.

Filoche est donc antisémite : la sentence de Facebook est tombée. Qu’il disparaisse sur-le-champ !

Nous ne pouvons accepter cette accusation scandaleuse, cette atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le code du travail, à lutter contre le racisme et l’antisémitisme (il fait partie des fondateurs de SOS Racisme) .

Cette polémique, comme celle qui oppose Charlie Hebdo et Mediapart, témoigne d’une extraordinaire dégradation du débat public. Journalistes et politiques rivalisent dans la surenchère et dans l’anathème. Il faudrait admettre une bonne fois que Twitter ne favorise pas l’intelligence dans le temps long, qui est celui de toute pensée politique digne de ce nom. Gérard Filoche a aujourd’hui l’occasion cuisante de s’en rendre compte, tandis que ses détracteurs continuent de tapoter furieusement sur les claviers de leurs smartphones.

Pendant ce temps, l’antisémitisme et le racisme répandent leur poison. Manuel Valls, si prompt à dénoncer l’antisémitisme, affirmait cette semaine encore que les musulmans « sont un problème ». Ce n’est pas la première fois, et il n’a jamais été inquiété pour ce type de propos.

Ça suffit.

Je signe

 

Premiers signataires : Guy Bedos (artiste) , Jacques Bidet (philosophe) , Christine Blum (consultante) , Patrick Brody (syndicaliste) , Patrick Chamoiseau (écrivain) , Annick Coupé (syndicaliste) , Jean-Baptiste Del Amo (écrivain) , Christine Delphy (sociologue) , Christian de Montlibert (sociologue) , Annie Ernaux (écrivain) , Karl Ghazi (syndicaliste) , Jean-Marie Harribey (économiste) , Anne HesselDaniele Kergoat (sociologue) , Pierre Khalfa (économiste et syndicaliste) , Jean-Marie Laclavetine (écrivain) , Philippe Marlière (politiste) , Gus Massiah (économiste) , Gérard Mauger (sociologue) , Christiane Marty (altermondialiste) , Jean-Pierre Mercier (syndicaliste) , Gérard Mordillat (écrivain) , Gérard Noiriel (historien) , Willy Pelletier (sociologue) , Michel Pialoux (sociologue) , Michel Pinçon-Charlot (sociologue) , Monique Pinçon-Charlot (sociologue) , Louis Pinto (sociologue) , Patrick Raynal (écrivain) François Ruffin (député, réalisateur)

Pour vous désinscrire :c’est ici

15 000 signatures le samedi 9 décembre

Sont aussi signataires parmi les 15 000

 

Gilbert Achcar universitaire

Etienne Adam, syndicalsite, 14

Danielle Auroi, ancienne deputée EELV

Marinette Bache conseillère de Paris,

Francine Bavay écologie sociale

Jean Claude Chailley Attac

Marie-Laure Dufresne-Castet avocate

Alain Dugrand écrivain

Ian Dufour, inspecteur du travail CGT

Michelle Ernis, conseillère municipale St Etienne du Rouvray

Pascale Fautrier écrivain

Jo Forcadell, dessinateur,

Bernard Friot réseau salariat

Bruno Gaccio

Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle

Jiho dessinateur,

Stéphane Kadri, avocat

Marcel Francis Kahn

Jérôme Lambert, député,

Hervé Le Corre, écrivain,

Jacques Laborit, psychanaliste

Stéphane Maggi

Edgar Morin

Daniel Mermet,

Gilles Perret, réalisateur,

Denis Robert

Barbara Romagnan, ex députe PS

Danielle Simonnet

Aizzedine Taibi maire de Stains

Chloé Verlhac Tignous

Michael Warcharwski

Maryse Wolinski

 

 

 

 

 

Les chiens sont lâchés Par Gilles Houdouin, conseiller régional de Normandie

 

Mercredi 22 Novembre 2017

Les chiens sont lâchés. Mardi 21 Novembre 2017, Gérard Filoche a été exclu du Parti Socialiste. Le Parti Socialiste aurait eu des dizaines de raisons d’exclure Gérard Filoche depuis très longtemps. Car ce dernier n’a jamais manqué une occasion de pointer les faiblesses, les dérives et les trahisons du Parti Socialiste. Seulement voilà, exclure Gérard Filoche pour des désaccords politiques, c’était s’exposer à des répliques et à devoir débattre sur le fond et sur le programme. Sans doute que Gérard Filoche en serait sorti vainqueur.

Le Parti Socialiste a donc choisi l’occasion la plus dégueulasse, profiter que Gérard Filoche est en difficulté pour avoir, une fois dans sa vie militante, fait une connerie, et profiter qu’il lui est très difficile de se défendre à cause du déferlement médiatique. Décidément, le Parti Socialiste n’aura jamais brillé par son courage.

Je tiens à apporter mon soutien à Gérard Filoche car je sais et je suis persuadé que ce tweet qui défraie la chronique est, comme il l’avoue lui-même, une connerie et une inattention de sa part sur un montage qu’il n’ a sans doute même pas trouvé lui-même mais qui lui a été présenté et qu’il a repris sans l’analyser à fond. C’est le revers des moyens de communication actuels. Cela va vite. Cela va trop vite. Et quand on a appuyé sur le bouton, c’est trop tard.

Les chiens sont lâchés. Je connais Gérard Filoche depuis 1976 lorsque j’ai adhéré à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), dont il était à l’époque un des dirigeants. Jamais, tant dans sa bouche que dans ses écrits, je n’ai lu ou entendu un quelconque propos antisémite ou raciste. Lui faire un tel procès est une honte. Entendre une journaliste qui n’a sans doute pas le dixième de son intelligence et de sa culture le traiter d’imbécile ou de salaud est proprement insupportable.

Gérard Filoche est de notre camp, le camp des travailleurs, des sans-grades et des exclus. Il a été et il sera sans doute encore, car il en faut plus pour l’abattre, de tous les combats, de tous les meetings et de tous les soutiens. Au Havre, nous nous en souvenons. Il était au meeting intersyndical du 2 juin 2016, combatif comme jamais. Il est revenu le 12 octobre 2016 soutenir les grévistes de la poste.

Ce déchainement contre un militant ouvrier, de la part de gens qui, au fond d’eux-mêmes, savent bien que ce dont ils l’accusent est faux, est tout simplement une attaque de la bourgeoisie contre la classe laborieuse. Tous et toutes, nous pouvons être à la place de Gérard Filoche un jour car nous sommes des empêcheurs de faire du fric tranquillement entre gens de bonne compagnie.

Gérard Filoche a donc besoin de notre soutien et il a le mien. Que celui ou celle qui pense que, parce que je le soutiens, je serais raciste et antisémite, qu’il ose me l’écrire.

Je le soutiens car je sais qu’il n’est rien de tout cela, au contraire. C’est juste un militant infatigable de la cause ouvrière. Aux ouvriers de le défendre.

 

Ce sont bien les capitalistes allemands qui ont permis l’accession d’Hitler au pouvoir

Ce sont bien les capitalistes allemands qui ont permis l’accession d’Hitler au pouvoir

Laurent Joffrin, dans l’une de ses récentes « Lettre politique » me fait dire que « s’il y a des antisémites, c’est la faute du capitalisme ». Il aurait dû mieux écouter ce que j’avais dit sur i24news la veille. Il faut dire, à sa décharge, que ce qui s’était passé ce soir là ressemblait plus à une tentative de lynchage médiatique qu’à un entretien cherchant à cerner la moindre vérité.

Loin de moi l’idée que le capitalisme ait été, historiquement, le seul responsable de l’antisémitisme.

Je n’ignore bien sûr pas les massacres que les Juifs qui se trouvaient sur le chemin de la première croisade, à la fin du XIème siècle, avait eu à subir, particulièrement en Rhénanie.

Je sais que le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, avait frappé les Juifs de multiples interdits, qu’il avait ordonné que des milliers d’exemplaires du Talmud soient brûlés en place publique, qu’il avait obligé les Juifs, dès l’âge de 12 ans, à porter une « rouelle » jaune, les désignant à la haine publique.

Je ne méconnais pas, non plus, ce que les juifs ont eu à subir en Espagne au XVème siècle : les conversions forcées, les centaines de milliers de personnes condamnées au bannissement, les tortures et les exécutions des Marranes par l’Inquisition.

J’ai toujours, par ailleurs, condamné l’antisémitisme de Staline qui fit aux juifs des procès aussi répugnants que ceux qu’il fit aux trotskistes et à tous ceux qui n’acceptaient pas l’écrasement de la révolution d’octobre 1917 par la contre-révolution stalinienne de la fin des années 1920 et des années 1930.

Mais il existe une  différence qualitative entre ces formes d’antisémitisme et l’antisémitisme d’Hitler.  En les mettant sur le même plan, dans son pamphlet, Laurent Joffrin en vient, malheureusement, à banaliser Auschwitz.

L’antisémitisme du Moyen Age ou de la Renaissance était un antisémitisme  de type essentiellement religieux.

L’antisémitisme de Staline était un relent de la Russie tsariste, la Russie des pogroms. Il l’utilisait pour conserver son pouvoir en flattant les sentiments antisémites de la partie la plus arriérée de la population russe, tout en continuant à organiser la terreur qui était le fondement de ce pouvoir.

L’antisémitisme nazi était d’une toute autre nature. Il combinait l’idéologie raciale se réclamant de la biologie et du darwinisme social, avec la froide rationalité instrumentale et la technologie meurtrière du capitalisme. L’aboutissement de cette combinaison fut le massacre de 6 millions de Juifs. Pour les nazis, à la différence de Torquemada, aucune conversion n’était possible, c’était la « race biologique » qui déterminait le sort des individus qui avaient le malheur de tomber entre leurs mains.

Hitler ne serait jamais parvenu au pouvoir, si les capitalistes allemands n’avaient pas vu en lui, le seul rempart capable leur permettant de conserver le pouvoir économique, après la crise de 1929 et les formidables bouleversements sociaux qu’elle provoquait.

Le livre d’Éric Vuillard, couronné par le dernier prix Goncourt, « L’ordre du jour »,  décrit avec une amère précision, comment, le 20 février 1933,  les vingt-quatre plus importants capitalistes allemands (les dirigeants de BASF, de Bayer, d’Agfa, de Krupp, d’IG Farben, de Siemens, d’Allianz, de Telefunken…) avaient décidé de mettre dans la balance, tout leur poids financier, économique, politique et social pour permettre à Hitler d’accéder au pouvoir. Sans eux, Hitler ne serait devenu ni Chancelier du Reich, ni Führer.

Laurent Joffrin qui commençait son petit pamphlet contre moi par « Le trotskisme mène à tout, à condition d’en sortir » aurait sans doute mieux fait de réfléchir aux mots prophétiques que Trotsky, exilé au Mexique, écrivait  en 1938 :   « Il est possible d’imaginer sans difficulté ce qui attend les Juifs dès le début de la future guerre mondiale. Mais, même sans guerre le prochain développement de la réaction mondiale signifie presque avec certitude l’extermination des Juifs. »  Qui d’autre, alors qu’il était minuit dans le siècle, avait su faire preuve d’une telle perspicacité ?

 

ADRESSE AUX DIRIGEANTS DES GAUCHES DU PARTI SOCIALISTE

 

Laurent Baumel, Gérard Filoche, Mathieu Hanotin, François Kalfon, Marie-Nöelle Lienneman, Emmanuel Maurel, Christian Paul.

POUR UN SOCIALISME REPUBLICAIN ET ANTI-LIBERAL. POUR UNE MOTION COMMUNE AU CONGRES DU PARTI SOCIALISTE EN 2018

Chère et chers camarades,

La France est confrontée à l’issue des présidentielles et législatives de 2017 au gouvernement le plus droitier qu’ait connu la cinquième République.

Emmanuel Macron à la tête d’une coalition improbable de personnalités venues de la droite traditionnelle et du Parti socialiste s’attache à défaire avec méthode et brutalité le modèle social français.

Son ambition est claire : adapter la société française aux normes du capitalisme anglo-saxon, responsable en 2008 de la crise financière la plus grave depuis 1929.

Les Peuples européens continuent à en payer l’addition sous la forme d’une austérité permanente génératrice d’un chômage de masse et d’une pauvreté galopante. Partout, avec la bénédiction de l’Union européenne, les protections du salariat acquises de haute lutte reculent : flexibilisation du marché du travail, recul de l’âge de la retraite, remise en cause de la sécurité sociale, concurrence organisée entre les salariés européens par la directive sur les travailleurs détachés.

Crise sociale, crise démocratique, crise écologique se conjuguent que le néo-libéralisme ne peut qu’aggraver, ouvrant la porte à tous les dévoiements nationalistes autoritaires et d’extrême droite.
De ce point de vue, les premiers pas du gouvernement Edouard Philippe sont sans surprise sur la politique suivie : Cadeaux aux plus riches par la suppression de l’ISF, diminution des allocations logement, augmentation de la CSG, déconstruction du code du travail dans le prolongement de la loi El Khomry.

Les prochaines attaques se préparent au grand jour : Hold-up sur la sécurité sociale par le transfert des cotisations salariales maladie sur la CSG élargissant ainsi le champ d’action des assurances privées, étatisation de l’Unédic avec à la clé une baisse des indemnités de chômage.

Pour l’instant Emmanuel Macron ne rencontre aucune opposition crédible tant la gauche française est sidérée, fragmentée, divisée. Il avance sans rencontrer d’obstacles dans la mise en œuvre de sa
« révolution », succession de contre-réformes, puisées dans le monde patronal et chez certains hauts fonctionnaires ayant perdu le sens de l’État.

La social-démocratie vogue de défaites en défaites, en France, en Allemagne, en Espagne car elle s’est convertie au social-libéralisme, oublieuse de son histoire et des valeurs qui la fondent.

Seuls le PS portugais et le Parti travailliste avec Jérémy Corbyn échappent à cette débâcle. Les socialistes portugais ont accepté une alliance avec la gauche radicale, desserrant le garrot austéritaire posé par l’ordo-libéralisme allemand. Bien leur en a pris, l’économie portugaise a repris des couleurs, ils viennent de remporter haut la main les élections municipales.

Jérémy Corbyn a tourné la page du blairisme. Le Parti travailliste a progressé électoralement, disputant l’hégémonie aux conservateurs. Il a connu une vague d’adhésions sans précédent.
Nous avons au premier tour des primaires citoyennes de 2017 pour les uns soutenus Benoit Hamon, pour les autres Arnaud Montebourg.

Nous nous sommes tous félicités de la victoire nette de Benoît Hamon. Elle était la promesse d’un renouveau, rompant avec cinq années de hollandisme, marquées par la renonciation aux engagements pris en 2012. Non seulement François Hollande et ses soutiens ont contribué au rejet par les classes populaires et moyennes de l’idée même de socialisme. Mais ils sont aussi sortis par la petite porte de l’histoire, tombés dans le déshonneur lorsqu’ils tentèrent de faire voter la déchéance de nationalité en réponse à l’horrible vague terroriste qui frappa le pays.

Nous avons constaté, consternés, comment la candidature de Benoît Hamon fut piétinée par des pans entiers du Parti socialiste. Des dirigeants du parti, des élus nationaux et locaux au mépris du verdict démocratique des primaires ont sans vergogne appelé à voter Emmanuel Macron dès le premier tour. Ce faisant, ils préparèrent la défaite des présidentielles, puis celle cuisante des législatives.

La Direction nationale provisoire invite à refonder le parti socialiste. Or la majorité qui la compose reste étonnamment silencieuse sur les premiers pas du groupe des députés socialistes : abstention lors du vote de confiance demandée par le Premier Ministre, approbation de la loi introduisant un état d’urgence permanent.

La refondation proposée est un simple ravalement de façade : Mettre de nouveaux visages à la direction du Parti socialiste à la place des anciens.

Qui pourrait s’opposer à ce renouvellement générationnel ? Mais est- ce là la réponse de fond à la crise idéologique et politique que traverse le PS ?

Le PS est menacé de devenir un acteur subalterne de la vie politique, son existence est en jeu. Personne ne peut croire sérieusement que le balancier reviendra comme par magie vers les socialistes à l’occasion des prochains rendez-vous électoraux.

Enjamber le bilan du quinquennat Hollande pour ne pas reconnaître ses erreurs, c’est se condamner à les reproduire.

Ceux qui ont conduit notre parti dans le fossé veulent continuer à le diriger. Leur grille de lecture est simpliste. Les affrontements entre son aile gauche et son aile droite expliqueraient nos déboires. Haro sur les frondeurs, que la Direction nationale provisoire n’hésite pas à exclure du parti, montrant une grande tolérance vis-à-vis des pro-macronistes et saboteurs des campagnes présidentielles et législatives.

Elle imagine notre futur à égale distance de la France Insoumise et de La République en marche, comme si l’une et l’autre s’équivalaient. Pure chimère qui prépare la marginalisation à marche forcée du PS.
En mars 2018 Le PS tiendra un de ses congrès les plus importants depuis celui d’Epinay en 1971. Votre responsabilité, comme la nôtre est engagée. Pouvons-nous accepter de voir le socialisme français aspiré dans cette spirale mortifère ?

Le PS est face à une bifurcation :

Soit il se livre à un bilan sans concessions du quinquennat précédent et se dote d’un programme répondant aux urgences sociales, démocratiques et écologiques de l’heure, et il retrouvera sa place à gauche.

Soit il s’enferre dans le déni, se replie sur un pseudo pragmatisme social- libéral au nom d’une gauche moderne mythique, et la pâle étoile qu’il est devenu se transformera en un astre mort, instrumentalisé selon le bon vouloir d’Emmanuel Macron.

Nous soutiers du PS, militants et sympathisants prenons nos responsabilités, en vous appelant à vous présenter unis autour d’une motion commune au prochain congrès.

Nous voulons une nouvelle majorité qui redonne du souffle à un projet de transformation sociale et s’inscrive sans ambigüités dans une opposition résolue à l’imposture macroniste. Ce qui nous sépare étant infime par rapport à ce qui nous rassemble, la tâche n’est pas insurmontable dès lors que la volonté existe.

Nous vous demandons d’organiser dans les plus brefs délais les assises départementales puis nationales de la reconstruction du Parti socialiste afin d’élaborer une motion commune au prochain congrès.

Ces assises seront ouvertes à toutes ceux et toutes celles qui partagent la conviction suivante :

Le socialisme n’a de sens que lorsqu’il s’affirme anti-libéral et républicain.

Nous invitons les hommes et les femmes, socialistes de cœur et de raison qui partagent cet appel à le signer et à le faire signer.

Jérôme SULIM

Conseiller Fédéral PS 44

Vincent GRENIER

Secrétariat Fédéral PS 44

 

Tribune : Je hais et combat le racisme et l’antisémitisme

J’ai fait une erreur, vendredi soir 17 novembre 2017, en fin de soirée. Par fatigue, inattention, absence de vigilance mélangées,  en fin de  journée de travail, où je corrigeais les épreuves d’un livre de 750 000 signes contre la politique de Macron, destiné à paraître le 20 janvier 2018, j’ai re-tweeté  en annexe d’un message visant Macron, une image qui ne venait pas de moi, et dont, sur le coup, je n’avais pas perçu la nocivité.

Alerté rapidement par un proche, je l’ai revue, et découvert qu’elle n’était pas banale du tout, mais c’était un photomontage à deux niveaux, où des figures se superposaient, l’une éclairée, les autres dans le noir, ce qui en faisait un tableau aux tonalités antisémites comme l’extrême droite, par les temps actuels, sait en faire. Au point qu’ils ont su encore la faire évoluer depuis, et ont éclairé davantage l’arrière plan rendant le caractère antisémite encore plus évident.

Dés que j’ai été réveillé, alerté et que j’ai compris mon erreur, moins de 40 minutes après, j’ai supprimé ce re-tweet, puis j’ai assumé et clos en m’excusant publiquement.

Ceci a été fait de ma part, de façon rapide, claire et sans ambiguïté. « C’était une connerie ». Ma faute est réelle mais circonscrite à cela.

Personne ne peut me reprocher une quelconque complaisance avec le fond de ce tweet. C’est un montage antisémite, dont on m’a alors appris qu’il venait d’un site d’extrême droite. C’est un danger public, car s’il peut tromper un court temps des gens comme moi, il est susceptible d’en tromper beaucoup d’autres.

La preuve c’est que si, moi, je l’ai vite enlevé, certains le reproduisent à l’envie, et font ainsi le jeu de l’extrême droite qui a conçu ce piège. Alors que sans doute peu de gens étaient allés sur ma tweet liste au cours des quarante minutes de vendredi soir, depuis, voilà que d’autres malintentionnés ou naïfs lui font publicité. Dont une grande partie des gros médias de mauvaise foi.

Je n’ai commis aucun délit, selon la loi, il n’y a point de délit sans intention de le commettre (article 121-3 du Code pénal) heureusement pour toutes celles et ceux qui, hélas, reproduisent ce photomontage depuis (et qui ne devraient pas non plus, surtout ceux qui « éclairent » davantage le deuxième plan, accroissant la luminosité du fond du montage : pourquoi le font-ils ? dans quel but ? S’il s’avérait que ce soit dans le but de nuire, ils seraient en cause).

 

 

Je hais le racisme et je hais l’antisémitisme, de toute ma vie, hier comme aujourd’hui. Je suis un militant depuis  plus de 50 ans, contre ces maux. Je n’ai pas raté, pendants des décennies, une action, une affiche, un tract, un défilé, un concert, j’ai contribué avec énergie  à d’immenses manifestations, Je suis un des co-fondateurs de SOS racisme, J’ai défendu chaque fois que possible nos frères immigrés,  Je suis de toutes les fibres de mon corps,  internationaliste. Un passionné de la fraternité, de l’égalité. Et quand il s’agit de la question juive, pour mille raisons intimes et personnelles que je ne raconte pas ici, je suis juif de coeur au moindre risque d’oppression.

Je n’ai pas à être défensif sur ce sujet, tout ceux, très nombreux, qui me connaissent, savent que je suis un combattant de toujours, obstiné, confirmé, contre toutes les formes de racisme. Ceux qui ne le savent pas, ont, certes, été choqués, je le comprends, par le re-tweet et ce montage que j’ai maladroitement mais brièvement reproduit. Mais une fois que les circonstances sont expliquées, si on se charge de les éclairer et de les informer sur la vérité, ils comprennent.  Avec tous ces gens qui ont bien compris ce qui s’est passé, je demande de tourner la page,  pour sortir en confiance de l’épreuve.

 

Il y a déjà des débats, périlleux, entre Charlie Hebdo et Médiapart.  C’est de l’intérêt de la gauche entière, de ne pas alimenter des querelles que nous pouvons éviter et qui nous détournent de nos vrais et terribles ennemis, les racistes et antisémites, et nos exploiteurs, liés à la droite et à l’extrême droite.

Nous avons d’autres enjeux, affronter et battre Macron dans son travail de destruction de 100 ans de notre droit du travail, défendre notre protection sociale telle qu’elle existait depuis 1945 et en voie d’être abolie,  nous battre pour nos salaires contre la hausse spectaculaire des dividendes et des fraudeurs de la finance, en faisant  face aux campagnes d’intimidation, de dénigrement, d’insultes en provenance de l’Elysée.

Nous avons, pour cela, besoin d’une gauche unie, d’une coordination de toutes les forces capables et déterminées à résister et à gagner.

Gérard Filoche.

 

 

Un procès d’intention

L’exclusion « conservatoire » de Gérard Filoche par l’unanimité des membres présents du Bureau National du Parti Socialiste relève du règlement de comptes. Le moins que l’on puisse dire, en effet, est que cette exclusion ne s’appuie sur aucune base juridique sérieuse.

En droit français, pour qu’un délit (ou un crime) soit considéré comme tel, trois éléments doivent être réunis.

Un élément légal : l’infraction doit être prévue par une loi. La loi française sanctionne les actes anti sémites. Cet élément est constitué puisque Gérard Filoche reconnait lui-même que le photomontage qu’il a tweeté était antisémite.

Un élément matériel : il ne peut s’agir d’une simple pensée. Cet élément est, lui-aussi, constitué puisque Gérard Filoche a effectivement tweeté ce photomontage.

Un élément intentionnel : il faut que l’auteur du délit (ou du crime) ait intentionnellement enfreint la loi. Cet élément est déterminant. Il n’est, à l’évidence pas constitué dans ce qui est reproché à Gérard Filoche.  Ce dernier n’avait en aucun cas l’intention d’enfreindre la loi en tweetant un photomontage qu’il n’avait tout simplement pas examiné avec suffisamment d’attention pour  en apprécier le caractère antisémite.

Cet élément intentionnel n’existe pas pour deux raisons essentielles.

Tout d’abord, si Gérard Filoche avait eu l’intention délibérée d’accomplir un acte antisémite, pourquoi aurait-il effacé son tweet dès qu’il fut averti du caractère antisémite du photomontage et de son origine ? Pourquoi se serait-il aussitôt excusé ? Pourquoi aurait-il, dés le lendemain, réalisé une vidéo dans laquelle il expliquait qu’il avait fait une « connerie » ? Un antisémite aurait persisté et signé, se serait battu pour que l’on reconnaisse son droit à exprimer ses opinions antisémites.

Ensuite, il faudrait démontrer que cet acte n’était pas isolé, qu’il ne s’agissait pas d’un orage dans un ciel serein mais qu’il s’inscrivait dans une série d’autres actes démontrant que Gérard Filoche était ou devenait antisémite. On ne devient pas subitement antisémite. Or, il n’est pas possible de faire une telle démonstration, Gérard Filoche n’a jamais tenu le moindre propos antisémite, n’a jamais écrit la moindre ligne qui prête à confusion sur ce sujet. Il est vain de chercher dans les 37 livres qu’il a rédigés ou dans la revue (Démocratie & socialisme) dont il a été le rédacteur en chef pendant 23 ans, une seule phrase qui puisse être qualifiée d’antisémite. Pendant toute sa vie militante, il s’est, au contraire, battu contre le racisme et l’antisémitisme et cela, bien des pages peuvent le prouver. Le BN du PS a préféré croire à la génération spontanée.

L’élément intentionnel, délibérément oublié pour condamner Gérard Filoche est déterminant. Il faut avoir conscience des résultats auxquels aboutirait l’absence de prise en considération de cet élément intentionnel. Tous ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont repris le photomontage dans l’intention de démontrer que le photomontage envoyé par Gérard Filoche était antisémite, auraient (quelque soit leur intention) commis un délit. S’ils sont au PS, en particulier au BN du PS, ils auraient dû être exclus. De la même façon tous les journalistes qui ont publié le photomontage dans l’intention de démonter que ce dernier était bien antisémite devraient être soupçonnés d’être les auteurs d’un délit et devraient donc faire l’objet d’une enquête judiciaire. Si l’on ne prend pas en compte l’élément intentionnel, en quoi ne seraient-ils pas lourdement coupables d’avoir propagé et aider à propager un montage antisémite ? L’élément légal et l’élément matériel sont réunis. Ne sont-ils pas, de facto, les meilleurs propagateurs de ce photomontage antisémite ?

Il faut donc raison garder et prendre en considération ce que tout le monde sait (en particulier tous ceux qui viennent, tout honte bue, de le condamner au BN du PS) : Gérard Filoche n’a pas intentionnellement tweeté un photomontage antisémite car Gérard Filoche n’est pas et n’a jamais été antisémite.

Les membres du BN du PS qui ont voté l’exclusion du Gérard Filoche ont tout simplement mis en application l’adage bien connu « quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage ». La pire des choses pour eux serait l’émergence d’un Jérémy Corbin à la française. Tous les moyens sont bons pour lempêcher et comme, selon un autre adage « l’occasion fait le larron », les larrons ont unaniment sauté sur l’occasion.

JJC

 

 

 

 

Mercredi 22 novembre : malgré cette décision affligeante et scandaleuse, le combat continue plus que jamais

La décision violente, bureaucratique, du BN du PS hier soir, 21 novembre, en mon absence, sans procédure ni débat contradictoire, est affligeante et scandaleuse. Ils ont pris un prétexte de faussaire pour exclure l’aile gauche du parti socialiste.

C’est affligeant parce que tout le monde sait que je n’ai absolument rien à voir avec l’antisémitisme.

Je hais et combat tous les racismes depuis plus de 50 ans, et chaque jour avec la même force et conviction militante. Je n’ai raté aucune manifestation, aucune mobilisation, aucun meeting, aucun concert, aucune action pour combattre l’antisémitisme. J’en ai souvent été à l’initiative et continue de l’être.  Je suis juif de cœur au moindre danger d’oppression. Je suis solidaire de tous mes camarades immigrés. Je suis internationaliste et je suis anticapitaliste car je sais, en théorie et en pratique, que c’est le capitalisme qui engendre les pires et plus violentes compétitivités, le chômage et la misère, donc les boucs émissaires, le fascisme, le racisme et les guerres dans le monde entier. Et je sais de façon aigue combien le monde actuel est dangereux en cela. Le retweet d’un photo montage qui n’était pas de moi, que j’ai effectué par manque de vigilance vendredi à 23 h, je l’ai enlevé aussitôt en découvrant sa nocivité antisémite et m’en suis excusé. Il est resté moins d’une heure. La faute était circonscrite et réparée, et devait donner lieu, pour moi comme pour les autres, à une vigilance accrue face à tous les pièges de l’extrême droite. A la direction du PS ils le savaient tous, je suis insoupçonnable sur le fond de la moindre trace d’antisémitisme,  ils ont fait comme s’ils l’ignoraient, ils s’en sont servis comme des faussaires. C’est avec une mauvaise foi affligeante et honteuse qu’ils ont fait cela au service d’un tout autre but.

 

C’est scandaleux parce que cette opération vise en fait, essentiellement à éviter un débat sur le fond dans le congrès du parti socialiste qui devait venir.

Cela faisait des semaines, nous l’avions noté, ici sur ce blog, dans la revue mensuelle D&S, a chacune de mes interventions en BN, au fur et à mesure, qu’ils cherchaient à faire barrage à l’expression de nos idées, celles de la gauche socialiste, au bilan nécessaire du quinquennat sortant, a la ré orientation à gauche vitale du parti, et à son retour au sein d’une gauche unie anti Macron.

Ils imaginaient toutes sortes de manoeuvres pour y parvenir : changer les statuts avant même le débat du congrès, supprimer les contributions politiques générales, supprimer les « motions » sur lesquelles les militants votent, supprimer la représentation des sensibilités à la proportionnelle. A la dernière réunion Rachid Temal proposait carrément d’exiger 40 signatures de membre du CN pour avoir le droit de déposer une motion politique générale au congrès alors que les statuts en cours prévoient qu’une seule signature d’un seul membre du CN suffit. Rien que cela nous écartait du droit de parole et nous chassait du congrès. Ils envisagent aussi de modifier le périmètre des votants, en acceptant que les membres ne se mettent pas a jour de cotisations de 2014 à 2017 et ne versent que 20 euros pour 2018 (moins de 10 % des militants ayant vote lors de la consultation sur une « feuille de route » le 28 septembre dernier).

Déjà nous voyions cela, et nous interrogions sur les capacités de la gauche socialiste  d’aller jusqu’au bout, dans ces étranges conditions, dans ce débat de congrès qui trainait et trainait depuis juin dernier.

Beaucoup nous disaient « Laissez tomber, ce parti n’est pas redressable, vous n’y arriverez pas ». Beaucoup de nos camarades étaient partis devant les purges, les viols de statuts, la mort de sections, de fédérations, la désertification des militants, la protection accordé souvent aux « macronistes ».

Nous ne voulions pas y croire sans avoir tout essayé. Nous avions le souci de la priorité au débat politique de fond. Car nous estimons, hier, et encore, que la perte du parti socialiste à gauche sans clarification est un recul pour toute la gauche. Car des millions d’électeurs socialistes désemparés se sont abstenus mais cherchent une voie. Car nos propres militants, dedans et dehors, nombreux, sont tous favorables à l’unité de la gauche.

Nous avions quand même, devant le désastre imminent,  anticipé, en construisant le réseau « GDS » gauche démocratique et sociale » autour de la revue de la gauche socialiste depuis 25 ans « démocratie et socialiste ». Nous avions re-dynamisé depuis cet été, notre site GDS, nos blogs, nos tracts à chaque manifestation contre les ordonnances anti travail de Macron, nous avions publié un matériel argumenté et mobilisateur en défense de 100 ans de code du travail, de la Sécurité sociale, du salaire brut, nous avions prévu une grande réunion nationale de l’appel des 1100 socialistes, le week end des 20 janvier 2018.

Nous défendions déjà et aussi une « coordination permanente »  de la gauche (FI, PCF, EELV, M1717, GDS… ) au niveau national et partout au plan local. Nous croyions pouvoir y parvenir dans le parcours qui nous séparait du congrès du PS prévu en fin mars. Mais là, ils ont mis fin brutalement, bureaucratiquement, artificiellement à ces espoirs et tentatives. Un parti de ce type sous un prétexte faussaire qui se permet cette brutalité pour écarter son aile gauche, n’est pas seulement malade, c’est hélas, un geste suicidaire. Il repose sur un mensonge et une mise en scène désespérante, à nos yeux et pour toute la gauche.

Cela ne nous fera pas taire, aucune hésitation, nous continuons, cela ne me fera pas arrêter tous les combats en cours pour faire échec par l’unité de la gauche et vaincre Macron.

Tellement de choses se faisaient en dehors de ce parti paralysé que cette exclusion n’empêchera rien. De nombreux meetings sont en préparation, ils auront lieu, revue, articles, livres, continueront, réunions unitaires et manifestations auront lieu.

La Gauche démocratique et sociale, vit et vivra,  et elle donnera à toutes et tous, tous les moyens de continuer le combat.

 

hier 21 novembre Gerard Filoche au congrès de la CGT FNAT

Mardi 21 novembre : congrès CGT alimentaire à Angers (400)

Jeudi 23 novembre : film dans St Ouen l’Aumône  sur Octobre  avec JJ Rue

Vendredi 24 novembre : réunion en Suisse Genève puis Lausanne canton de Vaud

Mercredi 29 novembre : à 20 h : avec Attac à Carcassonne

Jeudi 7 décembre ; réunion à Brest

Lundi 11 décembre : réunion à St Etienne

jeudi 14 décembre : équipe animatrice de D&S

Agenda Filoche 1er semestre 2018

Mardi 10 janvier : Sciences Politiques Lyon  colloque de 10 h à 18 h

Vendredi 19 janvier 2018 :  réunion Vaucluse 84 Attac

Lundi 22 janvier : impression du livre anti Macron, L’archipel

Samedi 20 janvier : réunion nationale GDS Paris

Mercredi 7 février : livre Macron et la casse sociale   Ed. L’Archipel en librairie