Un accord Mélenchon Hamon était évidemment possible

Ceci est un projet de texte commun entre hamon et melenchon, il a été écrit et proposé « à temps », il y a plus d’un mois…

Les deux candidats avaient 80 % de points communs et il n’y avait aucun problème réel à s’emparer d’un texte de gouvernement commun, de le travailler, discuter, peaufiner, des deux cotes, en 72 h,  et de mener une campagne unitaire et gagnante

 


Le ticket Hamon Mélenchon défendra :

Un avenir désirable,

Une République sociale et démocratique

 

 

 

Des sous ! Des salaires !


1°) priorité à la la feuille de paie par la hausse du smic  à 1300 euros net et 1600 brut, de la hausse immédiate de 10 % des points d’indice du bas de l’échelle de la fonction publique, des minimas sociaux, des allocations handicapées, des petites retraites, du revenu universel pour les jeunes de 18 à 25 ans, de l’allocation dépendance, comme branche de la sécurité sociale, et création d’un salaire maxima à 20 fois le Smic.

 

 
Du travail Et de l’emploi pour tous


2°) abrogation de la loi El Khomri et reconstruction d’un droit du travail d’ordre public social,  basé sur le principe de faveur, tout activité de travail dépend du code du travail et des droits sociaux qui sont liés (non à l’uberisation), réduction progressive et massive du temps de travail (35 vers 32 h ?) sur la semaine et sur la vie (60 ans ?), du contrôle administratif des licenciements abusifs, quotas (5% ?) limitant la précarité (CDD CDII intérim saisonniers) , renforcement des institutions représentatives du personnel, CE, DP, CHSCT, DS, participation des salariés aux CA, droit syndical, retour aux conventions collectives négociées, renforcement de l’économie sociale et solidaire, de la justice prud’homale, de l’inspection du travail (doublement des effectifs et indépendance), de la médecine du travail (et scolaire), reconnaissance du burn out, et meilleure reconnaissance et réparation des maladies professionnelles et réparation)  régulation de la sous-traitance, statut de la fonction publique, grand service public de formation professionnelle continue.

 

 

 

 

De la santé Gratuité pour tous


3°)  Protection sociale renforcée pour toutes et tous, priorités aux politiques de prévention, médecin scolaire et du travail, hôpitaux, maison de santé, maisons de retraite, autour de LA grande mutuelle la sécurité sociale (fin du RSI) fin du millefeuille des complémentaires, prévoyances, etc., remboursement des médicaments et des lunettes et de la dentisterieDéveloppement de la pratique d’activité physiques et sportives (équipements) facilitation) améliorer la qualité des soins, maintien a domicile, aider les aidants, allocation dépendance suffisante, places d’accueil handicapés, procréation médicalement assistée, soins palliatifs et droit à mourir dans la dignité

 

 
Education prioritaire et vive la culture


4°) Service public de la petite enfance, congé paternité des 6 semaines, droit aux allocations familiales dés le premier enfant, et ensuite calculées par enfant,  scolarisation pour les handicapés, instruction obligatoire des 3 ans,  maximum de 25 éléves par classe, mixite sociale et scolaire, et groupes ad hoc pour les « décrocheurs », formation continue des enseignants, plus 40 000 enseignants en cinq ans, priorité budgétaire à l’enseignement supérieur et à la recherche,  favoriser la mobilité internationale, service public de la formation professionnelle continue, effort public à la culture à 1% du Pib,  arts à l’école, statut de l’artiste,

 

 
De l’impôt direct et progressif      D’abord sur ceux d’en-haut


5°) Réforme fiscale en profondeur : faire sauter le verrou de Bercy, traquer massivement la fraude fiscale, contre les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale, augmenter l’IS des 58 multinationales et des 1000 plus grosses sociétés, conforter l’ISF, 20 tranches d’impôt, taxes sur les dividendes, diminuer la TVA, fiscalité plus verte.

 

 
Contrôle, transparence et taxation des banques et de la rente


6°) Réforme bancaire en profondeur, séparation des banques de dépôts et d’affaires, taxe dite Tobin, taxe bancaire,  taxe sur les dividendes, audit public de la dette, et renégociation de celle-ci, la BCE doit pouvoir prêter directement aux états,  BPI puissante (nationalisation d’une des 4 grandes banques ?)

 

 
Réorientation économique Par la demande, pour nos besoins


7°) réforme budgétaire :  budget participatif, chiffrage des dépenses/recettes globales, 1°) développement massif des services publics, de l’énergie, l’eau, l’air, des transports, de l’école, de la santé, de la justice, de la police de proximité, des éducateurs, des soins aux personnes, maisons de service publics.   2°) investissements 100 milliards dans la transition écologique, numérique, la recherche… contribution sur les robots ( ?) 3°) défense et reprise y compris par nationalisations de nos grandes industries 50 % aux marchés publics 4°) Contrôles des grandes entreprises par la puissance publique, les salariés, les usagers « made in France » 5°) 150 000 logements sociaux, encadrement des loyers,  garantie universelle pour les loyers, bouclier énergétique,  plan de renouvellement urbain dans les quartiers populaires  6°) priorité et maillage du réseau ferroviaire public, très haut débit partout, fonds d’égalité pour les Outremer

 

 
Le choix d’une planification pour une économie verte


8°) Soutien planifié à la transition énergétique, sortie du nucléaire en 25 ans et énergies renouvelables et durables avec programmation, agenda pour des investissements soutenus à la défense des mesures de la COP 21, de la biodiversité, de l’environnement, contre la pollution, les particules fines, les pesticides, les perturbateurs endocriniens, sobriété énergétique – économie « bleue » de la mer – haut débit numérique – économie du loisir, de la culture.  Préservation des biens communs, conférence des territoires, protection du maillage des départements, des communes et des élus, défense notamment de nos petits et moyens agriculteurs, conditions de travail, droits sociaux, dans le cadre d’une PAC prévoyant la régulation des marches et des risques. Pour le respect du bien être animal.

 

 
Sécurité, libertés et justice vont de pair


9°)  Pour la sécurité enquêteurs et éducateurs, renforcement des moyens de la police (5000 postes, zones de sécurité prioritaires), récépissés de contrôles d’identité,  légalisation du cannabis. Justice, fin de tout statut d’exception, peines alternatives, prévention de la récidive,  action de groupe, spécificité de la justice des mineurs (pas de pénal sans droit) contre toutes les discriminations raciales, ethniques, homophobes, sexistes (IVG, planning familial,  contre les violences faites aux femmes, égalité salariale imposée, partage face aux métiers, parité en politique). Accessibilité pour les handicapés, maisons départementales pour les handicapés Loi sur la presse contre les concentrations, statut des journalistes et des sources, respect pour lanceurs d’alerte, service public audiovisuel réellement pluraliste.Souveraineté garantie, budget et moyens, pour nos forces armées en défense de notre territoire.

 
En avant vers la VI° République,


10°) Pour une république sociale, démocratique, parlementaire, écologique, féministe, laïque, internationaliste et pacifiste, La laïcité respectueuse et bienveillante selon la loi 1905,  49 3 citoyen, reconnaissance du vote blanc, droit de vote aux étrangers,  élections à la proportionnelle, conférence pour une VI° république, élection d’une constituante avant la fin du quinquennat, contrôle des conflits d’intérêts,  pas d’élus sans casier vierge, transparence dans les revenus des élus,

 

 
L’Europe sera sociale ou périra


11°) Défense acharnée de l’Europe des peuples contre les nationalismes, les xénophobies, les replis identitaires, combat contre l’UE libérale actuelle et ses terribles dégâts sans fin, dénonciation et renégociation de la directive travailleurs détachés, et aussi de celle contre le secret des affaires, bataille contre les choix austéritaires, aller le plus loin possible dans le Plan A de changement sous menace de plan B de rupture (car de toute façon l’UE est fragilisée et menacée dans son existence). Aller le plus loin possible dans le rassemblement de forces, de majorités pour  démocratiser l’Europe, s’opposer aux diktats de la finance et des banques, reconstruire une Europe harmonisée par le haut sur le plan social et fiscal. Traite de démocratisation de la zone euro, vers un smic européen contre le dumping social, pour le juste échange, le droit du travail constitutif du droit de la concurrence, coopération européenne dans la défense et la lutte contre le terrorisme.

 

 
Monde multipolaire et pacifique


12°) Pour un monde multipolaire,  contre tout impérialisme et néo-colonialisme, soutien à la bataille de l’Onu pour le recul de la fabrication et des ventes d’armes, pour le désarmement généralisé, pour les coopérations internationales, mondiales et régionales, contre les interventions militaires ingérentes, pour le respect de légalité des droits entre les peuples, reconnaissance de l’état palestinien.

 

 

Personne ne se retire devant personne, personne ne se soumet à personne, il est défendu un principe complet d’égalité entre les partenaires signataires

Et ce sont les deux candidats qui en décident,


Respect et unité

Marche en avant, et dynamique pour gagner


C’est un accord global, indissociable

Il inclut

1°) ce programme commun de gouvernement

2°) un gouvernement de toute la gauche unie dans toutes ses sensibilités

3°) une majorité de députés, respectueuse de toutes les sensibilités de gauche,  en soutien à ce gouvernement, à son programme et à son action politique pour le mettre en oeuvre

Celui des deux candidats qui défendra ce programme le fera dans un scrupuleux respect publiquement affirmé du candidat qui appellera à le soutenir, l’un sera président, l’autre premier ministre, ils gouverneront en accord selon des principes et des méthodes appelant à la participation massive et la plus active possible des citoyens, engageant ainsi la rupture avec la V° République à bout de souffle, et la marche à la VI° République sociale, à laquelle nous aspirons tous ensemble.


Cet accord audacieux et sans précédent ouvre une page historique sans précédent de la gauche, des travailleurs, de la France, de l’Europe et du monde.

 

ce que Hamon aurait pu et aurait du répondre à la lettre de Jean-Luc Melenchon

Benoit Hamon, a peine élu, le 29 janvier 2017 a trahi sa parole. Il avait promis pour avoir nos voix d’appeler jean luc melenchon des qu’il serait élu et de lui proposer un programme commun de gouvernement, en expliquant qu’il ne faisait pas de sa candidature un « préalable » dans la discussion d’unité. Mais benoit hamon a trahi sa parole, ce qui n’incite pas a avoir confiance en lui. Il a recommence quand Melenchon lui a écrit, il devait répondre. Il devait profiter du voyage au Portugal pour en faire un exemple unitaire. Enfin, cette indispensable unité ne pouvait se solder en catimini, secrétement, dans le dos de millions d’électeurs et de militants, dans un restaurant en tete à tete, caricature du fonctionnement de la V° république. Pas la peine de faire des discours sur la VI ° république et de trahir, par ce genre de pratique,  ainsi la gauche, et de la faire perdre.

Il était possible a partir de la lettre de mélencjon d’engager a toute vitesse le dialogue et faire l’unité.

S’ils l’avaient fait, cette unité, quelque soit le candidat maintenu, ils seraient en tête aujourd’hui et on aurait l’un président et l’autre Premier ministre, mais à cause de leur bêtise partagée, de leur arrogance, ils ne sont rien, rien rien exils ont brise nos espoirs légitimes

 

PROJET ECRIT SUR LE MOMENT ET PROPOSE A BENOIT HAMON

Bonjour Jean Luc,

Tu le sais très bien, je suis le candidat qui a été désigné par plus d’1,2 million d’électeurs lors de la primaire du 29 janvier ouverte à la gauche et aux écologistes. Je l’ai été sur une orientation opposée à celle du candidat qui défendait le bilan du quinquennat sortant. Je l’ai été dans une dynamique qui englobe le parti socialiste et le dépasse. Les résultats du vote s’appliquent  à la direction du parti socialiste et je souhaite utilement qu’’elle soit impliquée dans la campagne que je dirige librement. Je suis libre et je m’adresse librement au peuple français

Bien sur, il faut fédérer et additionner des forces existantes à gauche, mais je ne veux pas être enfermé dans des logiques d’appareils.  La dynamique de rassemblement pour laquelle je milite, est la recherche d’un avenir désirable, dans un imaginaire éloigné de ce qui échoué les 5 ans passés, avec une mobilisation populaire.  J’ai été clair avec le bilan du Président Hollande et lui-même aussi puisqu’il en avait tiré la conclusion qu’il ne pouvait pas se représenter.

Et tu le sais forcément, car tu as suivi ce que j’ai développé depuis les primaires, pour répondre précisément à tes questions, j’abrogerais la loi El Khomri, je refuserais ce CICE sans contre partie, j’ai déjà voté contre la prolongation de l’état d’urgence.

La lettre que tu m’as adressée n’était donc pas, balayons une bonne fois pour toutes ce genre de choses,  destinée à un « corbillard » : soyons sérieux en ces graves moments de choix, il nous faut nous respecter si nous voulons parvenir à un accord et, pour ma part, je le veux toujours.

Les socialistes exigent le respect comme toi tu es en droit de l’exiger d’eux.

Je suis plus que jamais pour le rassemblement entre nous tous. Il s’agit de l’intérêt de la gauche toute entière pour gagner les 23 avril et le 7 mai. Victoire qui est d’autant plus à portée de la main que nous serons unis.

Et c’est toi même qui propose de « fédérer des partis de la gauche traditionnelle ».  Il n’est pas question d’un accord avec Emmanuel Macron, qui en n’étant « ni de gauche ni de gauche »… est de droite, et il suffit d’étudier ses éléments de langage pour que cela saute aux yeux tous les jours. Non, il s’agit de trouver une base commune à toute la gauche, c’est à dire entre nos positions que tu estimes « voisines » et avec celles, notamment, de nos amis EELV et PCF.

 

Si nous voulons le succès dans un processus qui nous rapproche, nul ne doit se soumettre à personne, nul ne dictera rien à personne, pas de conditions, pas de préalables, le respect est essentiel entre partenaires, nous ne pouvons y parvenir qu’avec un élan sincère et une volonté affichée et forte de réussir, en levant tous les obstacles, écartant les  préjugés, en sélectionnant ce qui nous rassemble et en écartant ce qui nous divise.

Depuis ma récente désignation, j’ai bâti ma campagne, ses thèmes, mes équipes, et, avec l’appui du Parti socialiste, elle a décollé,  elle se déploie. Ce qui fait qu’on va se croiser de plus en plus et que des millions d’électeurs, du fait de la configuration à la fois exceptionnelle et inquiétante de ce scrutin, vont se demander pourquoi nous ne sommes pas unis, toi, Yannick Jadot, Pierre Laurent et moi

 

Oui, il s’agit d’ouvrir une page nouvelle de la gauche et de l’histoire de notre grand pays.

Oui, nous voulons tourner la page de tout pouvoir personnel des hommes providentiels pour avancer vers une 6° République parlementaire, démocratique, laïque, écologique, féministe, internationaliste, pacifique. J’ai proposé que nous passions à la 6° République au cours même du quinquennat et en mettant en place des mesures qui nous en approchent, avec des députés ayant un pouvoir constituant.

Oui nous sommes d’accord pour la hausse des salaires, du smic, des minimas sociaux, le partage des richesses, un salaire maxima, et non seulement le retour aux 35 h mais la réduction de la durée du travail sur la semaine, et sur la vie, afin de réduire le chômage de masse.

Auxquels, tu le sais j’ajoute notamment, le contrôle des salariés sur les Conseils d’administration des grandes entreprises, un nouveau contrôle des licenciements, la reconstruction d’un droit du travail, avec la hiérarchie des normes, le principe de faveur, l’état de droit dans l’entreprise.

 

Et tu le sais je suis pour la mise en place d’une première étape d’un revenu universel, nouveau pilier de la sécurité sociale, qui assure l’autonomie des jeunes de 18 à 25 ans mais aussi pour une allocation dépendance qui permette de respecter dignement nos personnes âgées.

Oui, bien sur, à la transition écologique, avec une planification qui permette de sortir progressivement du nucléaire pour passer aux énergies renouvelables et durables. J’en ai déjà longuement discuté à notre ami Yannick Jadot. Car je veux aussi qu’on traite des lourdes questions des perturbateurs endocriniens, de la pollution des particules fines, des transports, d’un monde avec un environnement protégé pour nos enfants.

Je me suis déjà prononcé contre le CETA. Oui, bien sur,  nous protégerons l’indépendance énergétique, industrielle, numérique, agricole de notre pays et tous les emplois qui vont avec

Pour ce qui est de l’Union Européenne, je pense qu’avant d’envisager un plan « B » (je ne conteste pas, comme Thomas Piketty qu’il puisse en falloir un) il faut se battre pour un plan « A » : batailler avec une majorité potentielle des pays européens, contre l’austérité, pour que ce ne soit plus l’euro-groupe informel qui dirige notre monnaie, pour que ce soit un parlement ad hoc à la proportionnelle des pays, pour que la BCE prête directement aux états, et que soient ainsi remises en cause les diktats du monétarisme et du TSCG, contre lequel, je te rappelle, j’ai voté en 2012.

Je l’ai souvent dit, je ne suis pas pour nous enfermer dans ce traité qui limiterait à 3 % les déficits, il faut investir, relancer, renégocier les « dettes ». Je ne suis pas pour commencer par dénoncer les traités en préalable, ni pour risquer d’exploser dangereusement l’Union européenne mais je suis pour un réel combat en son sein pour la transformer, en faire une véritable Europe des peuples, pas des banques. Mon estimation, quand je t’écoute, est que nous n’avons pas la même méthode, la même diplomatie, mais nous pouvons avoir, quant au but le même objectif, de sauver l’Europe du désastre où les politiques libérales l’entrainent.

Encore que je suis favorable dés le début à la dénonciation unilatérale immédiate de la directive « travailleurs détachés ».

Je te le dis, quelques points clefs, comme la réforme fiscale, la réforme bancaire, la marche à la VI° République, des mesures immédiates sur la répartition des richesses, les salaires, le droit du travail, la priorité à la Sécurité sociale et à la santé, les retraites, des mesures importantes de transitions écologiques, une réorientation énergétique, une reprise en main collective de notre destin économique et industriel, tout cela nous rapproche pour gouverner ensemble.

Je ne réponds là qu’aux seuls points évoqués dans ta lettre. Tu as aussi tous les documents programmatiques sur mon site qui sont à ta disposition.

Mais je veux dire franchement et tout aussi directement que toi, qu’à partir de ces points d’accord, on peut avancer et trouver les solutions gouvernementales et la majorité parlementaire qui vont avec.

Il nous faut pour cela être assurés l’un l’autre d’une volonté commune d’y parvenir, de balayer tous les obstacles et  les diversions, et nous rencontrer de façon urgente mais dans des conditions de travail sereines et efficaces.

J’ai bien noté que tu envisageais les choses sérieusement puisque tu évoques le temps de consulter tes 250 000 personnes « followers ».

Si nous voulons y parvenir, il nous faut donc aller vite, d’autant qu’il nous faut associer respectueusement mais intégralement nos autres partenaires, d’EELV ou du PCF. C’est un très grand défi : mais là ou il y a une volonté il y a un chemin. La gauche, dans sa longue histoire à su réaliser de telles unités et quand c’est arrivé cela a provoqué d’extraordinaires dynamiques qui ont bousculé dans le bon sens la vie de notre pays, fait avancer puissamment les causes du progrès, du socialisme et de la démocratie.

Avec mes sincères salutations socialistes,

 

 

Jean-Luc et Benoit les deux candidats de gauche les plus bêtes du monde

La gauche pouvait gagner ce 23 avril 2017 au moins par l’un de ses deux candidats principaux, s’ils s’étaient unis.

 

On l’a tous senti, le peuple de gauche, le salariat de gauche était majoritaire et en avait envie. Si la gauche avait obtenu, et c’était à portée de main, un candidat en tête, elle  aurait gagné le 7 mai, et elle aurait, enfin, redistribué les richesses, augmenté les minimas sociaux, les salaires et les retraites, baissé les dividendes,  abrogé la scélérate loi El Khomri, réduit la durée du travail, contrôle les licenciements, impose une réforme bancaire et fiscale, marché vers la VI° République, une autre Europe, sociale, et l’émancipation du salariat.

 

La gauche aurait ainsi pu se relever pour le bien de l’immense majorité du salariat, du sinistre bilan du quinquennat Hollande.

 

Le président sortant ne s’est pas contenté de trahir ses électeurs de toute la gauche de mai juin 2012.  Alors que la gauche avait tout gagné électoralement dans le pays, en cinq ans, ce président lui a honteusement fait perdre cinq élections, municipales, européennes, sénatoriales, territoriales, régionales !  Et il a jusqu’au bout, cyniquement, sans vergogne, avec ses poulains, Valls et Cie, profondément saboté la campagne du candidat de la gauche socialiste qui avait été désigné démocratiquement et largement le 29 janvier aux primaires citoyennes ouvertes à la gauche et aux écologistes.

 

Mais si la gauche est éliminée dès le premier tour ce n’est pas seulement à cause du bilan sinistre du quinquennat et du sabotage du président sortant.

 

C’est parce qu’elle s’est divisée entre deux candidats qui se sont révélés les plus bêtes du monde en étant incapables de chercher à s’unir en pareille circonstance. On est dans un cas d’école historique inouï ou il suffisait de réaliser l’unité pour être en tête ce 23 avril autour de 30 % et de gagner largement contre Le Pen le 7 mai.

 

L’un a cru qu’une campagne solitaire triomphaliste et vengeresse suffirait à arracher in fine une victoire sans se préoccuper d’écouter, d’unifier, de rassembler, de tisser les liens, de mobiliser en profondeur tous les partis, les syndicats, les associations et de s’appuyer sur les élus les plus dévoués. Il a préféré « le peuple » à l’unité de la gauche comme si l’unité de la gauche n’était pas la condition de la mobilisation du peuple. Il a dés le 21 janvier 2016 refusé toute coopération, solidarité, jusqu’au bout, allant jusqu’à se  vanter dans les derniers jours d’avoir su « résister à l’unité ». Et comme on ne peut gagner sans unité, sans respect de toutes les composantes de la gauche, il a perdu et nous fait tous tragiquement perdre avec lui. Ce sont les plus démunis qui vont payer sa suffisance, livrés maintenant au joug brutal de la droite ultralibérale macronienne.

Grâce à l’action de la gauche socialiste depuis deux décennies, et surtout depuis le congrès de Toulouse 2012, grâce à ce combat qui a été mené pied à pied contre l’ANI, la loi Sapin, la loi Ayrault, les lois Macron, la déchéance de nationalité, la grande mobilisation sociale unitaire contre la loi El Khomri, Hollande a pu être légitimement écarté et  Valls, battu,  s’est mis hors du Parti socialiste.

Mais le candidat élu n’a pas su saisir sa chance et à commencé par manquer gravement de façon inexcusable à sa parole :  alors qu’il avait promis de téléphoner à Jean-Luc Mélenchon des le 29 janvier, pour passer un « accord politique pour « un programme commun de gouvernement », « sans faire de sa propre candidature un préalable », Benoit Hamon s’est aussitôt dédit, et lancé à son tour dans une compétition diviseuse qui l’a conduit à une sévère défaite dont il est, à ce titre, pleinement responsable. Il n’a pas non plus rassemblé la gauche qui était d’abord préoccupée des salaires, de l’emploi, de la réduction du temps de travail et des richesses, ce qui est la politique de l’avenir. Choisir de parler de la fin du travail et des revenus de substitution, ça, c’est plutôt « vieille politique ». Il faut un salaire pour tous, un emploi pour tous, un partage des richesses, un fort code du travail, un contrôle des entreprises, ça c’est la « nouvelle politique » pour la jeunesse.

 

Avec la gauche socialiste, avec toute la gauche qui doit tirer ensemble ces bilans, se rencontrer, se rassembler, D&S défend  plus que jamais l’unité, comme méthode de reconstruction de la gauche, comme stratégie durable et profonde, comme base  de résistance et de réorientation  face  aux politiques ultra-libérales qui nous menacent maintenant. Préparer les législatives de juin le plus vite et le mieux possible sous un sigle commun de gauche unie, tenter de rassembler autour d’une plate forme, et en faisant des accords de désistement de partage des circonscriptions, est le meilleur des choix dans les semaines immédiates.

 

 

Le Pen est une fasciste et à ceux qui disent « il faut l’essayer » nous conseillons « de ne pas essayer Hitler » en lui donnant l’article 16 de la V° République. Ce serait la guerre civile et la haine diviseuse contre les immigrés, dans le seul intérêt des banquiers et il ne sortirait que de la barbarie du désordre de sa victoire éventuelle.

 

Macron c’est le libéralisme débridé, le prédicateur libertarien sans frein social, le pire ennemi de notre protection sociale, de notre salaire brut, de nos cotisations payées sur le salaire par le capital. Ce n’est pas le centre, c’est la droite. Ce n’est pas compatible avec la gauche et le socialisme. Ce n’est pas une barrière à Le Pen, c’est un marche pied pour la prochaine fois.

 

Macron propose de continuer à supprimer toutes les cotisations sociales comme il a commencé à le faire avec Hollande qui a enlevé déjà 35 milliards d’allocations familiales. Il veut enlever l’assurance maladie, l’assurance chômage du bulletin de paie. Et il propose de faire passer la retraite par répartition en retraite par capitalisation en un système de « points ».  Avec le Medef, le CAC 40, ils instaurent le prélèvement à la source, manipulent la CSG, rendent le bulletin de paie non obligatoire, et le « simplifient » pour qu’on ne voit plus ce qu’il y a dessus, C’est un vrai hold up géant de 450 de milliards de notre protection sociale : au lieu que ce soit les patrons les actionnaires qui la paient en direct avec notre salaire ce sera… nous-mêmes par l’impôt par la TVA, par l’impôt sur le revenu (sauf l’ISF supprimé bien sur !). On a en face de nous l’offensive la plus dangereuse et la plus globale depuis 70 ans contre ce qui est le meilleur de notre pays : la protection sociale basée sur le salaire et le travail.

Ce personnage est anormalement arrivé là par surprise, grâce aux manipulations du système, et 200 « une «  de medias détenus par 9 milliardaires, grâce au Medef, au CAC 40, c’est la prise du pouvoir directe par l’argent et les financiers les plus dangereux.

 

Gérard Filoche dimanche 23 avril, 17 h 24

Le monde selon Macron

 

Macron le répète aux jeunes : « - Ne cherchez pas un patron cherchez des clients ». C’est un truc pour dire « Il n’y a pas de contrat de travail, passez-vous en, et bossez à votre compte, vendez vous vous-mêmes ». Et il le justifie : « Je n’interdirais pas Uber pour ne pas renvoyer les jeunes VTC dealer à Stains ». Il rajoute, cynique  : « que les jeunes aient envie de devenir milliardaires« .

 

Ne cherchez plus un travail, faites comme les VTC avec Uber, une transaction commerciale, libre de droits et de lois, un donneur d’ordre en plateforme, un pourcentage en guise de paiement, finies les feuilles de paie, les horaires, le smic, les salaires bruts et nets, bienvenue aux trafics des auto-entrepreneurs.

 

Vous connaissez cette dernière trouvaille du capitalisme ? Ce que font les « marques » avec nos lycéens ? Par exemple, il fabriquent 1500 paires de baskets de la marque Suprâne. 1500 seulement, ils en mettent 800 en vente aux USA, 300 à Paris, 300 à Londres et le font savoir, lieu et date. Informés par les réseaux les jeunes se battent pour les acheter 300 euros pièces en se collectant pour la mise de fond. La rareté permet le prix fort. Par Internet, la « marque » organise la convoitise. D’autres compétiteurs sont demandeurs. Les premiers revendent à des jeunes allemands, des jeunes japonais, des jeunes chinois, 500, 1000, 3000 euros pièces. Et à leur tour, ils revendent encore plus cher cette fantaisie devenue luxe à Tokyo, Shanghai ou Dubaï. Quand un signal de vente est lancé, des jeunes viennent camper dés la veille au soir, se relayant devant le magasin pour être les premiers acheteurs et revendeurs.

 

Et commencent les heurts : ceux qui ont acheté un basket et se le font voler par des bandes organisées qui prélèvent leur dime. Et hop,  le lycée bruisse selon les rumeurs : il y a des t’shirts là, des baskets là, des casquettes-là. Il faut s’organiser en bandes par rotation, pour être surs d’être en tête de la queue des achats. Il y a des lieux de rendez vous balisés pour la revente, de la main à la main, il faut y aller à 5 ou 10 pour ne pas se faire dépouiller soit de la marchandise, soit de l’argent liquide. Le prix se négocie à l’esbroufe, à l’ampleur flexible de la commande. Des « pros » rackettent en coupe-circuit. Vaut mieux des « costauds » lors des transactions secrètes car il y a des violences ce qui est logique, c’est la concurrence libre et non faussée made in Macron. Ca va plus vite que de bosser à Mac Do’. Les plus forts achètent plus de baskets, selon la « règle » établie par la « marque » : un par personne, selon les âges (interdiction aux mineurs non respectée). On revient au lycée triomphant : « j’ai gagné 1200 euros ». on se partage.. ou pas. Le caïd prend plus, les assistants moins. Ca fait des envieux, ça contamine.

 

Pas besoin d’aller à Stains pour être en phase avec Macron. C’est sa société sans statut, Mad Max. Ca se passe à coté de chez vous, avec vos jeunes, près du Bataclan ou au Forum des Halles.

 

Gérard Filoche

 

Au boulot n°338 (lire chaque semaine chronique « au boulot » dans l’Humanité Dimanche)

 

 

 

78 à 93 % pour l’unité à gauche pour gagner

Dans cet entretien accordé au Parisien, nous sommes au cœur du problème.

Jean-Luc Mélenchon choisit de proclamer une semaine avant le 1er tour  :   « l’unité avec Hamon, j’ai bien fait de ne pas céder »
Mélenchon illustre parfaitement la démarche qui mènera probablement la gauche au désastre dimanche prochain, autrement dit à son élimination du premier tour, même si nous faisons tout, tout et tout pour faire gagner la gauche.
Une journaliste lui demande : « vous ne regrettez pas de ne pas avoir fait une alliance avec Hamon ? ».

Mélenchon répond : « Benoît Hamon est un garçon très intéressant, mais c’est le PS. Je ne me sens pas capable d’aller voir les gens et d’aller leur dire attendez, j’ai trouvé un nouvel emballage ».

Bah non, justement ce n’est pas, ce n’est plus le PS.  Ce n’est pas le PS sortant. Ce n’est pas le PS du quinquennat désastreux. Hollande a été obligé de se retirer sinon il aurait été écrasé aux primaires. Tout comme Valls.
Ce mépris pour la vie réelle du Parti socialiste est choquant. On peut faire beaucoup de reproche aux primaires du PS, mais pas celui de n’avoir pas sanctionné la politique de François Hollande en éliminant Manuel Valls à la primaire.
Pour la première fois, en cent ans de son histoire, le Parti socialiste s’est doté d’une candidature aux présidentielles issue de son aile gauche, et JLM est bien placé pour le savoir et le comprendre et l’expliquer puisqu’il est lui-même issu de cette sensibilité politique.
Refuser délibérément de prendre en compte ce changement, de l’expliquer et d’en tirer le maximum de chances, le maximum de dynamique, c’est nier aux militants et sympathisants PS (2,1 millions !) la capacité de décider de leurs orientations politiques.
Or ils sont 2,1 millions à être venu voter, ce n’est pas rien !
au point que Hamon était monté à 16 % est Mélenchon tombe à 9 % après un an de campagne !
Le courage d’un homme politique, ce n’est pas d’appeler ça un « nouvel emballage » mais de regarder les faits, d’éclairer les évolutions, et de les saisir, de les faire fructifier, de trouver, grâce à eux, des accords politiques élargis, fortifiés, rassembleurs.
En partant de la REALITE et non pas en la niant  : la gauche socialiste a battu l’aile droite, et neutralisé l’appareil. Et en cas de victoire, chacun sait que l’appareil aurait été, serait battu à son tour.
D’expliquer qu’un parti de gauche n’est pas monolithique et qu’après avoir été trahi par sa direction, quand il arrive, avec ses adhérents et ses sympathisants, à retrouver le sens de son engagement, alors il convient de s’en féliciter, discuter et travailler avec lui. C’est une clé assurée pour la victoire. C’est une erreur grave que de ne pas s’en servir.
Mieux : c’est une occasion unique qui a tout changé, une « fenêtre de onze semaines  » historique, sans précédent, entre le 29 janvier et le 23 avril 2017 qui offre une opportunité extraordinaire de refondre une nouvelle gauche majoritaire ! Une nouvelle gauche plurielle, collective, derriere un excellent programme voisin à 80 % pas derrière un seul chef, un seul plébiscite.
La journaliste poursuit : « aujourd’hui vous seriez sûr d’être au second tour… »

Mélenchon répond : « non Madame, c’est le contraire, regardez où il en est ».

Cette réponse n’a aucun sens, puisque nous savons très bien que les déboires de la campagne de Benoît Hamon n’ assurent pas à Mélenchon pour autant l’accession au second tour, avec le risque que Hamon fasse un bien meilleur score que ce que lui prédisent les sondages. C’est jouer le danger, l’incertitude, le risque. Il y avait plus de chances avec un accord politique global, de plateforme, de gouvernante, et de majorité.
Et si Hamon a baissé ce n’est pas à cause des limites de  sa campagne et de son contenu, mais justement et surtout parce qu’il a été obligé de faire face à l’opposition, au lâchage, à la trahison de l’aile droite du PS. C’est aussi parce qu’il n’y a pas eu symétriquement d’unité Mélenchon-Hamon, comme prévu le 29 janvier, car sinon ce serait cette dynamique qui aurait figé ses adversaires droitiers. Valls (et les autres) ont attendu un mois et demi pour se parjurer et aller vers Macron ! Pourquoi ?  Parce qu’au début ils craignaient l’accord Hamon Mélenchon et sa dynamique gauche. C’est quand ils ont vu que ça ne prenait pas qu’ils ont largué la gauche, leurs amarres, leurs anciennes références, et ont annoncé leur jonction avec Macron : ça leur semblait mieux garantir leurs sièges.
Mélenchon se justifie un peu plus loin en disant : « Hamon veut faire une majorité présidentielle avec des députés qui ont voté le contraire de ce qui est écrit dans notre programme ».`

Jamais Benoît Hamon n’a souhaité faire une majorité présidentielle avec Valls, El Khomri, Collomb, Ferrand, Castaner, Le Guen…  Ce n’est pas dur à comprendre, ni difficile à reconnaitre et à vérifier. La question des investitures PS (elles remontent au 8 décembre 2016 !) a d’ailleurs été ré ouverte et renvoyée spécifiquement à après les élections présidentielles et aujourd’hui les transfuges vers Macron seront exclus, et affronteront des candidats socialistes aux législatives. La situation serait devenue claire et aurait permis la construction d’un label unitaire pour les législatives afin d’établir la sélection d’une large majorité plurielle et rassemblée  avec des investitures en soutien à un gouvernement Hamon, Jadot, Laurent Mélenchon.
Mais l’argument le plus préoccupant de JL Mélenchon reste celui-ci : « Les électeurs c’est du bétail ? On leur dit, allez les gens sautez-vous dans les bras ! Mélenchon et Hamon sont d’accord alors vous aussi ! Les gens m’auraient envoyé balader, en me disant ce n’est pas ce que tu nous avais dit. Ce n’est pas ça que tu nous as demandé de faire ».

La réalité est tout autre. Comment peut-on être si éloigné de son électorat ? 71 % de l’électorat de Mélenchon demande une candidature commune, pour 93 % dans le camp de Benoît Hamon, voilà ce qu’auraient pu répondre les journalistes, s’il ne fallait désespérer de cette profession.
Et si Mélenchon doute à ce point des sondages, il lui suffit de consulter sa base. Le PS a consulté ses militants à travers la primaire, les Verts ont consulté leurs militants avant de rejoindre la candidature de Benoît Hamon, le PC a consulté ses militants avant de rejoindre la candidature de Mélenchon. Quand Mélenchon a-t-il consulté les militants de la France Insoumise ? : jamais ! Mélenchon affirme des contre-vérités, car à part quelques sectaires enragés que l’on trouve dans les deux camps, l’immense majorité du peuple de gauche souhaite raisonnablement une candidature commune.
Un cas d’école historique où l’on sent que la gauche est toujours majoritaire et qu’elle peut gagner et où la division, sans raisons réelles de programmes, la sépare. Moralité de cette histoire, c’est que nous avons toutes les chances de perdre ces élections sur la simple croyance à cause de ces affirmations péremptoires erronées. Quel que soit le résultat de dimanche soir : sans démocratie, pas de socialisme. Sans unité pas de victoire certaine ni durable.
http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/video-melenchon-face-aux-lecteurs-du-parisien-l-alliance-avec-hamon-j-ai-bien-fait-de-ne-pas-ceder-14-04-2017-6854994.php

30 des pires déclarations d’Emmanuel Macron

1. « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »

2. « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »

3. « Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »

4. « Il y a dans cette société (Doux) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »

5. « Le libéralisme est une valeur de gauche »

6. « Les salariés français sont trop payés » « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »

7. « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »

8. « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »

9. « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »

10. « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler. »

11 « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »

12 Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »

13 « La France est en deuil d’un roi »

14 « Je suis pour une société sans statuts »

15 « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »

16 « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »

17 : Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa loi (308 articles réactionnaires dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux » ou de « fainéants ». « Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. »

18 : « Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs » ( l’article 27 de la loi fondamentale dispose que  »tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel »)

19 : Finie la protection sociale basée sur le salaire. Macron propose ainsi un transfert géant de 450 milliards de cotisations sociales du salaire brut payé par le capital (eux) sur celui de l’état payé par l’impôt (nous).

20 : « Je vais faire un CICE durable »

21 : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains »

22 : « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs »

23 : « Il n’y a pas de culture française »

24 : « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité » (à Davos !)

25 : « La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est »

26 : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur » d’une campagne électorale » « La politique c’est mystique »

27 : « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez »

28 : « Je vous ai compris » dit-il aux pieds-noirs à Toulon

29 : « La politique c’est mystique »

30 : «  une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ».

 

 

 

 

 

 

Pour Historia : quel est l’homme du 20 °siècle ? Jules Durand

La revue Historia m’a sollicité pour un article répondant à la question  quel est l’homme du 20° siècle selon vous ?  J’ai envoyé ce texte,  et une version du même plus réduite.

A mes yeux, c’est Jules Durand.  Un modeste charbonnier du Havre. Oublié aujourd’hui alors qu’il fut une très grande figure nationale et internationale du mouvement ouvrier français du XX° siècle.

J’ai découvert sa vie et son histoire, alors que j’avais moi-même 20 ans, au milieu des années 60, à travers la belle pièce d’Armand Salacrou « Boulevard Durand » lorsqu’elle fut jouée au « Petit théâtre » de Rouen, rue des Carmes.

Elle m’est furieusement remontée à la gorge en juin 2016, alors que j’assistais à l’une des nombreuses et magnifiques manifestations au Havre, contre la scélérate loi El Khomri.  2500 dockers, gilets rouges, étaient là, en carré, en force, bras croisés, tambours en tête, derrière leur banderole, résolus et impressionnants. Ils ne savaient pas encore que deux d’entre eux seraient, à tort, interpellés par la police de Manuel Valls au petit matin, ce Premier ministre qui traita, depuis l’Arabie saoudite, les grévistes d’Air France de « voyous », en septembre, les grévistes d’Air France accusés d’avoir bousculé des policiers qui leur barraient le chemin.

Il n’en fallait pas plus pour raviver mes propres souvenirs : mon père était chaudronnier-menuisier au dépôt de Rouen, j’avais 8 ans, je le revois rentrant à la maison, en août 1953, choqué, alors que les CRS avaient « gazé » les cheminots manifestant à hauteur du Champ des Oiseaux.

 

 

 

 

Jules Durand, né en 1880, secrétaire du syndicat des dockers charbonniers du port du Havre, a été la victime tragique, symbole et martyr, d’un spectaculaire crime social, de ce qui reste comme la plus grande manipulation anti ouvrière de la Justice en France.

Le transport du charbon par mer (sea coal) avait au début du XX° siècle un caractère stratégique. La Seine Inférieure était le département qui en importait le plus, à partir des Iles Britanniques, via le port du Havre ; les négociants, armateurs et compagnies Evan Thomas Radcliffe, Cory and Son, Tinel, Worms et cie, et la « Transat » (Compagnie Générale Transatlantique) étaient puissamment coalisées contre tout action ouvrière qui tentait de freiner leurs activités et profits. En octobre 1909, le « comité central des armateurs » se constitua et se dota le 8 mai 1910, d’une assurance pour contrer les grèves de marins et dockers.

Or la CGT au Havre était puissante et combative : dès le 15 aout 1900, elle imposait la journée de huit heures en deux vacations de quatre heures séparées par une pause de deux heures, temps marqué par la célèbre « cloche des dockers ».

Le métier de docker charbonnier consistait à porter des sacs ou paniers du pont des bateaux aux quais, ainsi que des opérations dans les parcs à charbon, ou dans les cales, spécialité la plus pénible dite « choulage ». Ces taches de coolies s’effectuaient avec des outils simples, sacs, hottes, cordes, poulies, passerelles, échelles, pelles. Le patronat mécanisait avec des pontons, des bennes, élévateurs, convoyeurs, diminuant le nombre et les possibilités de revendications des 600 charbonniers du port. L’apparition en 1910 du dernier engin mécanique géant, le « Tancarville », précipita la grève cet été-là.

Jules Durand fut élu secrétaire du syndicat des charbonniers par une assemblée générale qui établit un cahier de revendications le 16 août : révision des salaires, douches sur les quai, baisse du nombre d’heures de travail pour compenser l’arrivée de la machine, respect du repos hebdomadaire. Les négociants importateurs de charbon répliquèrent par un lock-out, activèrent le Tancarville, et importèrent des « jaunes » pour y travailler.

La grève dura du 17 août au 14 septembre (dans une année, 1910, où il y eut 1502 grèves d’une durée moyenne de 12 jours).

Jules Durand, 30 ans, fut arrêté le 11 septembre, avec pour objectif de briser cette grève, par une machination de la « Transat » et de la police. Le prétexte fut qu’il y avait eu la veille au soir, quai d’Orléans, une rixe entre gens alcoolisés, et qu’un contremaitre, par ailleurs « un renard », un « jaune », Louis Dongé, alors qu’il y agitait un revolver, avait été désarmé par les trois hommes qu’il menaçait, frappé, sa tête avait cogné le sol, et il était décédé le lendemain d’une fracture du crâne. Jules Durand, leader syndical de la grève en cours, membre de la ligue des Droits de l’homme et de la Ligue antialcoolique, n’était même pas là, mais il fut accusé de « responsabilité morale » du décès de Dongé, et jugé en moins de deux mois, avec une instruction bâclée, des faux témoins payés par les patrons de la Transat,  et, bien que défendu par un jeune avocat de 28 ans, René Coty, et la Cgt, il est condamné le 25 novembre 1910, au terme d’un procès inique, à la guillotine (tandis que les assassins directs du contremaitre sont envoyés au bagne).

 

Commence son calvaire : Jules Durand tombe en syncope lorsque la sentence est rendue, il est transféré dans l’horrible cellule des condamnés à mort, à la prison de Rouen (« Bonne Nouvelle »), isolé, camisole de force, fers aux pieds et aux mains, lumière permanente mais affublé d’une cagoule noire quand il sort. C’est là que, sous les coups de la maltraitance, il perd la raison. Après un rejet de son pourvoi le 22 décembre 1910, il est partiellement gracié le 31 décembre. La peine de mort est commuée en sept années de prison. La campagne pour sa libération et sa réhabilitation s’amplifie, Jean Jaurès, en tête, l’indignation soulève, dans le monde entier, ses frères, les salariés,  mais aussi les militants des droits de l’homme, les intellectuels, et plus largement les démocrates.

Mais Jules Durand, s’enfonce dans les ténèbres dont il ne sort pas même dans les six semaines de liberté accordées à partir du 16 février 1911. Quand il sera vraiment libéré, il est trop tard : devant tant d’injustices, de souffrance endurées, de désespoir, sa raison l’a quitté. De l’hôpital Pinel du Havre, à Sainte-Anne à Paris, la folie le ronge, il ne saura ni l’annulation de ses condamnations ni le 15 juin 1918 son acquittement définitif, par la Cour de cassation. Il meurt, oublié de presque tous, à l’Hôpital psychiatrique de Quatre-Mares à Sotteville lès Rouen, le 20 février 1926.

Jules Durand a été triplement victime d’une machination judiciaire destinée à briser l’action syndicale, fatale pour sa santé et sa vie, d’un procès inique dont tous les rouages sont, depuis, connus dans le détail, et d’une absence de réparation et de condamnation de la Transat et des organisateurs des faux témoignages, les ingénieurs Ducrot et Delarue, clairement identifiés depuis.

Dans le prologue de la pièce d’Armand Salacrou, jouée au Havre pour la première fois en 1961, le prologue est un cri : « Or ton histoire, Durand, qui fut vivante, recommence à vivre tous les jours, à toutes les heures, à travers le monde sous de nouveaux costumes, dans d’autres villes, avec de nouveaux visages ; dans la ville où tu as souffert, un boulevard porte ton nom, « Boulevard Durand ». On honore ton souvenir. »

Gérard Filoche

 

Pour honorer Jules Durand, en plus de la pièce de Salacrou (1961), il faut notamment lire « L’affaire Quinot » d’Emile Danoen, (1951), « Un nommé Durand » d’Alain Scoff (J.-C. Lattès, 1984), « Les quais de la colère » roman de Philippe Huet (Albin Michel, 2005), « Jules Durand, un crime social et judiciaire » (L’Harmattan, 2015) par John Barzman et Jean-Pierre Castelain.

 

Macron marche pied de Le Pen

 

La bataille contre Macron est une bataille indispensable. Nous proposons trois courts textes ci-dessous permettant d’alimenter les réseaux sociaux, de rédiger des tracts pour démystifier la candidature Macron.

Macron-Estrosi : rien de bon ne peut sortir de cet attelage !

La rencontre de Macron et Estrosi n’est pas qu’une entrevue entre un président de région et un candidat en déplacement dans cette même région. Emmanuel Macron veut illustrer par là son orientation politique. Pour lui la voie à prendre c’est celle d’une grande coalition droite-gauche. Pas toute la droite et pas la gauche bien entendu.

Mais une coalition pour imposer des contre-réformes.

-          Il s’agit de casser encore plus le droit du travail présenté comme une contrainte et d’attaquer l’indépendance des organisations syndicales.

-          Il s’agit de casser le système de retraite en laissant à chacun-e la « possibilité » de travailler plus pour avoir plus de points (alors que 60% des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité). Il s’agit d’ouvrir le marché des retraites aux assureurs. Il s’agit de casser les régimes plus avantageux conquis dans la Fonction publique et plusieurs secteurs. Il s’agit de décharger les patrons de la responsabilité  de l’assurance chômage

-          Il s’agit d’abîmer un peu plus les services publics en réduisant le nombre de fonctionnaires.

Ce projet doit être combattu !

Macron ? Quelle majorité ?

Avec Fillon, on aurait une majorité LR/UDI. C’est cohérent. Les électeurs amplifieraient le vote de la présidentielle. Avec un seul candidat de gauche, nous pourrions avoir, en surmontant la division, une majorité de gauche. Il faudrait une plateforme commune, des candidats labellisés.

Avec Macron, on aurait également une majorité de droite. Macron formerait un gouvernement de coalition soutenu par En Marche !, le libéral Madelin, par le centriste Bayrou, par Valls et Le projet. Drian qui ont rompu avec la gauche. Ce gouvernement n’aura guère de difficulté à trouver le renfort de LR et de l’UDI lorsqu’il voudra faire voter toutes les attaques que Macron a programmées contre le salariat et qui constituent l’épine dorsale de son programme.
Macron, rempart contre Le Pen et le FN ?

Le danger Le Pen est certain. Le minimiser serait une erreur. Les affaires qui minent la campagne Fillon peuvent amplifier le vote Le Pen et le bilan du quinquennat est le premier responsable du vote « pour essayer autre chose ».

Macron n’est pas le rempart qu’on veut bien nous présenter. Son libéralisme économique peut certes lui amener des électeurs de droite. Mais pour la droite de la Manif pour tous, de Sens commun, Macron est trop libéral sur les questions de société, ce qui pourrait amener, d’après certains sondages, 40% de l’électorat de Fillon à voter Le Pen au deuxième tour.

Présenter Macron comme un bouclier anti-Le Pen relève d’un habillage pour masquer un accord avec ses thèses libérales et la perspective de la grande coalition de droite. Installer Macron, c’est prendre le risque de mettre en place un gouvernement qui mènera une politique de chômage, de précarisation,  de croissance des inégalités qui, demain, nourrira encore plus le vote Le Pen.

 

Un accord politique Hamon-Mélenchon augmenterait les chances de gagner

Le trio des candidats du fric est toujours aussi agressif, dangereux, et menaçant au fur et à mesure de cette campagne présidentielle. Faire front commun à gauche contre eux est donc plus que jamais nécessaire. Encore faut-il se donner les moyens de construire ce front uni et vainqueur.

 

Les sondages donnent les deux candidats de gauche Melenchon et Hamon, respectivement à 18 % et 9 %, ce qui pousse à argumenter plus que jamais pour additionner leurs voix, et porter le mieux placé à hauteur de 27 %, voire, s’il y a une dynamique, à plus de 31,5 % (comme indiqué par un sondage de février), c’est à dire nettement en tête du premier tour et donc bien placé, face à Le Pen – si c’est elle qui lui fait face.

Cela nous va bien, car cela correspond à nos analyses politiques en profondeur et à notre praxis : la France est majoritairement de gauche, le salariat aussi, notre combat tout au long du quinquennat (ANI, Sapin, Ayrault, Macron, El Khomri) a été payant, nous avons pu écarter Hollande et battre Valls nettement,  c’est la gauche socialiste qui a gagné, et c’est l’occasion historique exceptionnelle à la fois de gagner la présidentielle et de transformer la gauche entière, enfin, il est normal que, jusqu’au bout, la  gauche se cherche une voie unitaire car elle ne peut être sûre de gagner que comme cela.

Aujourd’hui comme hier, une même démarche

Nous avons toujours bataillé pour une plate-forme commune, pour construire un candidat commun, une majorité commune des les 21 janvier 2016, puis pour des grandes primaires, puis pour que les primaires de la gauche ouverte aux écologistes soient l’occasion de battre la politique de Hollande-Valls-Macron, et encore pour l’unité, dés le premier soir, la première heure, le premier jour, la premier semaine lorsque, le 29 janvier 2017, Hamon fut élu largement par des primaires de 2,1 millions d’électeurs, et qu’il était donné à 16 % et Mélenchon à 9 %.

Nous n’avions pas demandé à Mélenchon de se retirer mais nous avions appelé à un accord politique global entre les deux, sur une plateforme de gouvernement, un accord de gouvernance, et une majorité à l’assemblée.

Nous avions suggéré que l’un, à l’époque Hamon, soit président et que l’autre, à l’époque Mélenchon, soit premier ministre. C’était une manière de garantir spectaculairement accord et dynamique donc de réussir.

Nous avions même proposé, alors que Hamon était largement en tête, que Mélenchon accueille Hamon place de la République le 18 mars, et que Hamon accueille Mélenchon à Bercy le 19 mars. Vous imaginez l’impact formidable qu’aurait eu cette double initiative ?

Nos raisons étaient qu’il fallait garantir les chances de la gauche, qu’un programme commun de gouvernement était possible,  un gouvernement Hamon, Jadot, Laurent, Mélenchon  et un accord de gouvernance, Président-Premier ministre,  permettrait une dynamique forte, gagnante et, donc, une majorité parlementaire dans la foulée.

À l’époque nous aurions eu le temps d’expliquer le sens de l’accord et sa solidité.

Aujourd’hui cette démarche de l’époque et les raisons de la réussir existent plus que jamais, mais différemment et dans un délai plus court.

 

Plus que jamais une démarche unitaire et un accord politique sont indispensables

Pour franchir  les 6 % qui séparent JL Mélenchon de Macron et Le Pen, un simple retrait du candidat Hamon à 9 % ne suffirait pas

Car il faut une dynamique pour entraîner et convaincre. Les contradictions et les désillusions dans le camp Hamon seraient aussi importantes qu’elles l’auraient été hier dans le camp Mélenchon.

Des arguments polémiques obscurciront évidemment la construction de la nécessaire unité,  face à la droite et l’extrême droite. C’est pourquoi, ce que nous avions proposé hier, une démarche unitaire et un accord politique nous semblent encore plus nécessaires aujourd’hui – surtout quand il ne reste plus que 10 jours d’explications.

Sans unité pas de victoire ! Les conditions ne sont pas réunies, il manque 6 % pour arriver au 2° tour… Même si Hamon descendait… disons de 9 % à 5 %, les derniers 5 % seraient les plus « accrochés » et les plus décisifs et ne viendraient voter qu’avec un accord politique !

Avec un accord politique global (plateforme, gouvernance, majorité …), chaque partie se sentirait respectée, associée, et partie prenante, les réticences sauteront plus facilement et plus massivement et il ne restera que la dynamique unitaire. C’est facile à faire en…  48 h.

 

Que Hamon, Jadot et Mélenchon discutent tout de suite

 

Mélenchon devrait donc accepter ce qu’il a refusé depuis plus de 18 mois : ça veut dire discuter avec Hamon et Jadot pour emporter la victoire. À moins qu’il ne préfère perdre, il est devenu plus facile pour lui de nouer accord. S’il ne le faisait pas et qu’il échouait à moins de 1 % d’accéder au 2° tour, il s’en mordrait les doigts cruellement.

Nous aussi. Toute la gauche aussi. Le salariat surtout.

Voilà pourquoi nous redoublons d’efforts à chaque heure pour parvenir à un accord politique global au sein de la gauche avant le premier tour.

 

Démasquer Macron

Cinq courts textes

ci-dessous permettant d’alimenter les réseaux sociaux, de rédiger des tracts pour démystifier encore et encore la candidature du prédicateur de la finance, Macron.


 

Macron-Estrosi : quel attelage !

La rencontre de Macron et Estrosi n’est pas qu’une entrevue entre un président de région et un candidat en déplacement dans cette même région. Emmanuel Macron veut illustrer par là son orientation politique. Pour lui la voie à prendre c’est celle d’une grande coalition droite-gauche. Pas toute la droite et pas la gauche bien entendu.

 

Déjà Valls en novembre 2015 avait proposé de voter Estrosi des le premier tour…

une coalition de droite pour imposer des contre-réformes.

-          Il s’agit de casser encore plus le droit du travail présenté comme une contrainte et d’attaquer l’indépendance des organisations syndicales.

-          Il s’agit de casser le système de retraite en laissant à chacun-e la « possibilité » de travailler plus pour avoir plus de points (alors que 60% des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité). Il s’agit d’ouvrir le marché des retraites aux assureurs. Il s’agit de casser les régimes plus avantageux conquis dans la Fonction publique et plusieurs secteurs. Il s’agit de décharger les patrons de la responsabilité  de l’assurance chômage

-          Il s’agit d’abîmer un peu plus les services publics en réduisant le nombre de fonctionnaires.

Ce projet dangereux doit être combattu  frontalement !

Macron ? Quelle majorité ?

Avec Fillon, on aurait une majorité LR/UDI. C’est cohérent. Les électeurs amplifieraient le vote de la présidentielle. Avec un seul candidat de gauche, nous pourrions avoir, en surmontant la division, une majorité de gauche. Il faudrait une plateforme commune, des candidats labellisés.

Avec Macron, on aurait également une majorité de droite. Macron formerait un gouvernement de coalition soutenu par En Marche !, le libéral Madelin, par le centriste Bayrou, par Valls et Le projet. Drian qui ont rompu avec la gauche. Ce gouvernement n’aura guère de difficulté à trouver le renfort de LR et de l’UDI lorsqu’il voudra faire voter toutes les attaques que Macron a programmées contre le salariat et qui constituent l’épine dorsale de son programme.
Macron, rempart contre Le Pen et le FN ?

Le danger Le Pen est certain. Le minimiser serait une erreur. Les affaires qui minent la campagne Fillon peuvent amplifier le vote Le Pen et le bilan du quinquennat est le premier responsable du vote « pour essayer autre chose ».

Macron n’est pas le rempart qu’on veut bien nous présenter.

Son libéralisme économique peut certes lui amener des électeurs de droite. Mais pour la droite de la Manif pour tous, de Sens commun, Macron est trop libéral sur les questions de société, ce qui pourrait amener, d’après certains sondages, 40% de l’électorat de Fillon à voter Le Pen au deuxième tour.

Présenter Macron comme un bouclier anti-Le Pen relève d’un habillage pour masquer un accord avec ses thèses libérales et la perspective de la grande coalition de droite. Installer Macron, c’est prendre le risque de mettre en place un gouvernement qui mènera une politique de chômage, de précarisation,  de croissance des inégalités qui, demain, nourrira encore plus le vote Le Pen.

 

Fillon, Macron et les retraites

Par Jean-Jacques Chavigné

François Fillon et Emmanuel Macron veulent tous les deux qu’« un euro cotisé donne les mêmes droits » dans tous les régimes mais tous les deux veulent imposer l’« égalité » en alignant ces droits vers les bas. Ils veulent aligner les régimes des fonctionnaires, de la SNCF, de la RATP ou d’EDF sur le régime des salariés du privé, en calculant le montant des retraites sur les 25 meilleures années.

Le programme de Fillon est aussi une attaque frontale contre nos retraites

François Fillon veut reculer l’âge de la retraite à 65 ans. Il veut également, même s’il est très évasif sur la question, reculer à 67 ou 70 ans l’âge-butoir, à partir duquel le montant de la retraite ne serait plus amputé de cette néfaste «  décote » qui diminue  considérablement le montant des retraites, en particulier celles des femmes.

Il reprend le même refrain des néolibéraux : l’espérance de vie augmente et il n’y aura pas, dans les 50 années à venir, assez d’actifs pour payer les retraites.

L’espérance de vie à la naissance augmente mais l’espérance de vie après 60 ans (la seule qui intéresse vraiment les retraités…) augmente beaucoup moins rapidement et, avec le recul de l’âge du départ en retraite, il y aurait de fortes probabilités pour qu’elle recule.

En 2016, le nombre de cotisants s’élève à 1,7 pour un retraité et devrait s’élever à seulement 1,35 cotisant dans 50 ans. Mais Fillon « oublie » de prendre en compte l’augmentation de la productivité du travail. Pourtant, selon les chiffres du scénario le plus pessimiste du Conseil d’orientation des retraites, la productivité du travail serait multipliée par 1,65 en 50 ans. 1,35 cotisants en 2066 produirait autant que 2,3 cotisants actuels et donc beaucoup plus que 1,7 cotisants aujourd’hui !

Le programme de Macron est encore pire

Il commence par un mensonge : ne pas diminuer le montant des retraites alors qu’il ne parle nulle part de faire cesser le gel de la majorité des retraites (de base et complémentaire) imposé depuis plus de 3 ans et qu’il veut augmenter la CSG de la grande majorité des retraités pour financer la suppression des cotisations chômage et maladie des actifs.

Il termine par une supercherie : après avoir, dans un premier temps, tout comme Fillon, nivelé vers le bas nos système de retraite il veut, dans un second temps, transformer notre système de retraite en « système universel de retraites », à la suédoise. Ce système, selon lui, permettrait à chacun de « choisir librement » son âge de départ à la retraite. Ce nouveau système serait adopté à la fin du quinquennat mais mis en place au cours du quinquennat suivant.

Dans ce système, le montant de la retraite serait calculé en fonction de deux critères. Le premier serait la totalité des versements de cotisation effectués mais sans, surtout, augmenter la part patronale. Le second serait l’espérance de vie de la génération du futur retraité au moment de son départ en retraite. Plus cette espérance de vie serait importante, moins le montant de la retraite serait élevé.

L’espérance de vie des femmes est supérieure de 4,8 ans à celle des hommes. Faudrait-il, au nom de l’ « égalité » dont se réclame Macron diminuer proportionnellement le montant de leurs retraites ?

Tous les éléments de solidarité (prise en compte des situations de chômage, de maternité de maladie, du nombre d’enfants élevés…) seraient évacués de ce « système de retraite universel ». L’État pourrait, éventuellement, les prendre en charge.
Macron n’aurait donc nul besoin de reculer l’âge de la retraite ou d’augmenter le nombre de trimestres de cotisation. Chaque salarié pourrait « choisir », tout seul dans son coin, son âge de départ à la retraite dans une plage qui varierait de 50 ans à 70 ans. Cela aurait le grand mérite d’éviter les mobilisations qui avaient eu lieu en 2003 ou 2010…

En réalité, ce choix n’existerait pas. Aujourd’hui, avant même que l’augmentation du nombre de trimestres de cotisation, décidée en 2013, ait commencé ses ravages, 60 % des salariés du privé ne sont plus au travail quand ils prennent leur retraite : ils sont au chômage, en maladie ou en invalidité.

La proposition de Macron de « choisir de travailler davantage pour avoir une pension plus élevée ou de partir plus tôt avec une pension moindre » n’a donc rien à voir avec la réalité sociale. La plupart des salariés seraient obligés de prendre leur retraite, quel qu’en soit le montant, quand ils n’auraient plus la possibilité de travailler. Ils seraient d’autant plus obligés de s’y résigner que Macron veut réduire drastiquement les droits des demandeurs d’emploi.

 

Macron, Fillon et le temps de travail

Par Jean-Jacques Chavigné

Emmanuel Macron et François Fillon jouent tous les deux les matamores en clamant sur tous les tons qu’ils vont aller beaucoup plus loin que la Loi El Khomri. Macron ne veut en aucun cas être comptable du quinquennat de François Hollande (dont il a pourtant été l’un des principaux artisans) et François Fillon veut « la rupture ».

En réalité, tout ce qu’ils proposent figure déjà à 95 % dans cette loi, dont l’article 1 prévoit que l’ensemble du code du travail sera réécrit en accordant une place centrale à la négociation collective, aux dépens de la loi.

La seule solution, pour le salariat, est celle que préconisent Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon : son abrogation.

Négocier dans l’entreprise

Le prétexte invoqué par El Khomri, comme Macron et Fillon, c’est de privilégier la négociation d’entreprise. Mais rien n’empêchait, avant la loi El Khomri,  de négocier dans l’entreprise. Simplement, l’accord d’entreprise ne pouvait pas déroger au principe de faveur, à la hiérarchie des normes : pour les salariés concernés, un accord d’entreprise ne pouvait pas être moins favorable qu’un accord de branche ou, a fortiori, que la loi.

La volonté de négocier « au plus près du terrain » n’est donc qu’un prétexte pour retirer toute protection aux salariés d’une entreprise, obligés de négocier là où le rapport de forces leur est le plus défavorable et où ils le feront avec un revolver sur la tempe : la menace de voir leurs emplois supprimés.

Jean-Luc Mélenchon avait parfaitement raison de souligner, dans le débat du 20 mars sur TF1, qu’instaurer un code du travail par entreprise était aussi stupide que mettre en place un code de la route par rue.

Les 35 heures et les heures supplémentaires

Le rôle essentiel des 35 heures légales est de fixer à partir de combien d’heures de travail seront payées des heures supplémentaires. La loi El Khomri conserve cette référence mais la vide d’à peu près tout son contenu.

Cette loi permet, par accord de branche, de moduler les heures de travail pendant 3 ans. Les heures supplémentaires pourront donc n’être payées qu’après la 4 822ème heure : nous voilà très loin du paiement des heures supplémentaires à partir de la 36ème heure hebdomadaire ! Les heures supplémentaires qui étaient majorées d’au moins 25 % pourront ne plus être majorées que de  10 %, par un simple accord d’entreprise.

Macron et Fillon n’avaient pas grand-chose à ajouter.

Fillon veut supprimer toute référence légale aux 35 heures, la seule référence légale à la durée du temps de travail serait donc la durée légale maximale de travail prévue par l’Union européenne : 48 heures.  Les heures supplémentaires disparaîtraient purement et simplement.

Le programme d’Emmanuel Macron affirme que la loi fixera toujours l’horaire légal à 35 heures mais ne dit pas un mot du tarif auquel seraient payées les heures supplémentaires, ni sur combien de temps elles pourraient être « modulées ». Avec un tel flou, il n’y a aucune garantie qu’un accord d’entreprise ne puisse fixer la majoration des heures supplémentaires à 0 % ou de les moduler sur 5 ans fin de ne les payer qu’à partir de la 8 036ème heure. Toutes les possibilités sont ouvertes, en fonction du rapport de forces, entreprise par entreprise puisque c’est là où s’écrira le droit du travail et que l’employeur pourra prendre l’initiative d’un référendum pour imposer un accord.

L’objectif commun de Macron et Fillon : un taux de chômage à 7 %

Pour François Fillon, comme pour Emmanuel Macron et le Medef, le chômage serait dû à un manque de « flexibilité du travail ». Ils citent à l’appui les taux de chômage, calculés selon les critères du Bureau International du Travail (BIT) : 10,2 % en France mais seulement 5 % au Royaume-Uni et 4,3 % en Allemagne.

Le problème est que le taux de chômage calculé selon les critères du BIT n’a plus aucun sens. Alors que le patronat généralise le travail à temps partiel imposé, le mode de calcul retenu considère que si un salarié a travaillé pendant une heure au cours de la semaine précédente, il n’est pas demandeur d’emploi.

Ce que veulent Macron et Fillon, c’est généraliser le travail précaire, le travail à temps partiel, les travailleurs pauvres, les travailleurs « ubérisés ». L’avenir qu’ils nous réservent est celui des 8 millions de salariés qui subissent les « mini jobs » à 450 euros par mois en Allemagne ou celui des salariés « bénéficiant » d’un contrat « zéro heure » au Royaume-Uni, laissant le temps de travail d’un salarié à la totale discrétion de son employeur, tant en ce qui concerne la durée (zéro heure, 1 heure, 10 heures, 48 heures par semaine…) que l’organisation du temps de travail.

Les pays qu’ils nous donnent en exemple sont significatifs des buts qu’ils poursuivent. En France, le nombre de salariés travaillant moins de 20 heures par semaine représentent 5,9 % du total des emplois. Au Royaume-Uni, il est de 12,7 % et de 12,4 % en Allemagne.

 

Macron ennemi N° 1 de la protection sociale, sur ce terrain pire que Fillon et Le Pen :

 

 

Contre le trio des candidats  du fric

Afflelou a déclaré qu’il soutenait Fillon : il faut s’attendre a ce que ce dernier reçoive des somptueuses lunettes gratuitement.  Le candidat de la droite et du fric est de plus en plus rigide, brutal, ecoeurant et menaçant.

La milliardaire Le Pen bénéficie d’une immunité parlementaire, dont elle se sert pour masquer ses turpitudes spéculatives, ses emplois fictifs. Celle-là n’a jamais un mot contre les banquiers ni conte les actionnaires, et pour cause,  elle réserve ses coups contre les pauvres immigrés.

Macron commence à lasser avec ses meetings évangélisateurs sans contenu. Malgré le soutien de 95 % des medias détenus par les 7 milliardaires du CAC 40, on s’aperçoit de plus en plus du caractère creux et contradictoire du financier illuminé. Mais le fond de ses discours demeure le plus dangereux sur cette question de la protection sociale.

 

En fait ils  ont un point commun tous les trois : c’est la haine des cotisations sociales, du salaire brut, de la protection sociale basée sur le salaire. Le haut de la feuille de paie les indispose. Ils ne veulent plus que ce soit le capital qui paie en direct chaque mois, sur notre bulletin de paie, le coût de la reproduction de notre force de travail.

 

Le Pen veut diminuer le salaire brut pour donner davantage au salaire net. « le peu qu’on te donne tout de suite, on te le reprendra en plus et plus tard ». Un tour de passe-passe, de bonneteau, espérant que les naïfs ne s’en apercevront pas.

Fillon veut diminuer ce qui prétend appeler « les charges sociales » jusqu’à, 1,9 fois le Smic, accordant ainsi 100 milliards aux patrons d’entreprises, soit le double du cadeau du CIVE d’Hollande.

Mais Macron est pire que les deux précédents parce qu’il  propose de continuer à supprimer toutes les cotisations sociales comme il a  commencé a le faire avec Hollande qui a  enlevé déjà 35 milliards d’allocations familiales.

 

Macron veut enlever l’assurance maladie, l’astrance chômage du bulletin de paie. Et il propos e faire passer la retraite par répartition en retraite par capitalisation en un système de « points ».

Pour masquer cela, il instaurent le prélèvent a la source, manipule la CSG, rendant le bulletin de paie non obligatoire, et le « simplifiant » pour qu’on ne voit plus ce qu’il y a dessus,

C’est un vrai hold up géant de 450 de milliards de notre protection sociale : au lieu que ce soit les patrons les actionnaires qui la paient ce sera… nous-mêmes par l’impôt par la TVA, par l’impôt sur le revenu.

On a en face de nous l’offensive la plus dangereuse et la plus globale depuis 70 ans contre ce qui est le meilleur de notre pays : la protection sociale basée sur le salaire et le travail.

 

Gérard Filoche

 

 

Macron ne tire aucune leçon de la crise européenne

Par Eric Thouzeau

Dans un entretien à Libération (1), Emmanuel Macron livre sa vision de l’Europe. Comme tout Bonaparte, même au petit pied, Macron tente de tenir un propos apparemment équilibré. Pourtant, son projet est bel et bien celui de poursuivre et d’accentuer les politiques menées depuis près de 20 ans et qui ont pourtant entraîné une crise du projet européen.

Emmanuel Macron n’hésite pas à fustiger les courants ultralibéraux. Il déclare même qu’au niveau « de la zone euro, il faut avancer sur l’harmonisation fiscale et sociale ». Combien de fois n’avons-nous pas entendu ces propos lors de différentes campagnes électorales notamment depuis la victoire du non en 2005 au TCE ?

Le traité de Lisbonne ne permet pas, par exemple, d’instaurer une harmonisation fiscale par le haut. Il faudrait pour cela l’unanimité des États européens. C’est pourquoi d’ailleurs, Macron anticipe cet alignement par le bas en proposant de diminuer de 8 points l’Impôt sur les sociétés.

Un autre exemple : le scandale dû aux conditions dans lesquelles 450 000 travailleurs européens sont détaches dans notre pays n’a fait que s’aggraver rendant compte de la réalité du dumping social au sein de l’Union européenne.

Poursuite des réformes structurelles

Le principal dans les propos de Macron n’est pas là. Mais bien dans sa volonté réaffirmée de poursuivre une politique dite de « réformes ». C’est exactement ce qu’il dit dans son entretien à Libération : « Pour notre part, nous n’avons pas fait la totalité des réformes nécessaires pour renforcer l’économie française : je pense notamment à celles du marché du travail, de la formation professionnelle et de l’éducation. Parce qu’elles nous renforceront, ces réformes nous permettront aussi de rétablir notre crédibilité dans le dialogue avec l’Allemagne. C’est aussi pour cela que la France doit avoir une trajectoire de réduction de ses déficits crédible, tout en menant un effort d’investissement ».

Il est toujours question de réformes. Mais comme le disait Henri Emmanuelli, les partisans du social-libéralisme «ne regardent pas du côté de la réforme mais de la régression. La réforme quand on est socialiste, ça veut dire plus et mieux pas moins et moins payé» (2). On sait maintenant que les réformes « structurelles » sont avant tout des contre-réformes car elles sont, non seulement régressives sur le plan social,…mais le plus souvent inefficaces sur le plan économique. Ces politiques ont plongé l’Europe dans une quasi-stagnation et ont accru le chômage de masse. Pour les tenants de la pensée économique dominante, ce serait parce qu’il n’y a pas eu suffisamment de « réformes » ! Le remède ne marche pas, il faut pourtant en augmenter les doses !

Pour  Romaric Godin, rédacteur en chef-adjoint à La Tribune : « Emmanuel Macron applique sa « grammaire » apprise lorsqu’il était banquier d’affaires : le problème de l’investissement est un problème lié à la compétitivité coût et à la fiscalité. Baissez le coût du travail et la fiscalité sur les entreprises et vous verrez abonder les investissements. Sauf que rien n’est moins sûr (…).Faut-il rappeler que la crise de 2007 n’est pas une crise de la dépense publique excessive ou de la compétitivité de la France (…) la financiarisation de l’économie et la prédominance de la priorité donnée à l’actionnaire, a conduit à un recul de l’investissement productif et à un affaiblissement généralisé de l’économie réelle. » (3). Nous partageons totalement cette analyse.

Projet d’une « grande » coalition droite-gauche

Macron ne propose ni plus ni moins que la poursuite de la politique menée toutes ces dernières années. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’une fraction grandissante de la classe dirigeante française en est arrivée à la conclusion qu’il faut une grande coalition pour aller plus loin et imposer au pays encore plus de réformes structurelles, en prenant exemple sur l’Allemagne de Schroëder (4). Macron est l’instrument de ce projet bien exprimé par l’ancien PDG de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa  « Tous les pays qui réussissent … le font car il existe une union de la droite et de la gauche, dans des positions centristes très différentes des idéologies un peu extrêmes qu’on peut avoir en France » (5).

Au Parti socialiste, certains préfèrent rejoindre directement Macron, d’autres font le choix d’attendre pronostiquant, si le candidat d’En Marche! est élu en mai prochain, il n’y aura pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. « C’est l’heure de la coalition » comme le dit Manuel Valls (6). Ce qui est certain, c’est que le projet de soutenir une coalition droite-gauche signifierait, de la part d’une fraction du Parti socialiste, une rupture avec ce qui a constitué un des fondements de l’orientation du PS en France depuis le congrès d’Epinay (1971).

Unité de la gauche indispensable

Rassemblement de la gauche ou collaboration avec  la droite. Ce débat risque bien d’être celui des prochains mois. Au sein du Parti socialiste, mais plus largement dans toute la gauche. La division de la gauche, l’absence de candidature commune de la gauche à la présidentielle est dans ce cadre une terrible erreur qui ne peut que renforcer le projet de Macron et des forces sociales qui le soutiennent. Est-il trop tard pour que la raison l’emporte à gauche ?

 

(1) http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/03/23/emmanuel-macron-on-ne-peut-pas-etre-timidement-europeen-sinon-on-a-deja-perdu_1557953

(2) Le travail du dimanche, je peux voter contre  http://www.liberation.fr/video/2014/12/02/henri-emmanuelli-invite-de-mardi-politique_1154996

(3) « Emmanuel Macron et la finance : plus qu’un problème personnel »

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/emmanuel-macron-et-la-finance-plus-qu-un-probleme-personnel-652325.html

(4) Macron ou l’idée d’une grande majorité centriste (article de Chritakis Georgiou dans Démocratie&Socialisme de mars 2014)

(5) La France doit agir Jean-Louis Beffa Paris, Seuil, 2013 pp 95-140.

(6) Valls n’apportera pas son parrainage à Hamon http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Valls-n-apportera-pas-son-parrainage-a-Hamon-1209305