Les ordonnances Macron contre les routiers : huit mois après rien n’est joué. Les routiers auraient intérêt à être avec les cheminots

Un accord, le 4 octobre 2017 avait décidé les routiers à ne pas entrer dans la grève contre les ordonnances Macron. Cet accord avait été vanté comme l’assurance que les ordonnances ne s’appliqueraient pas sur son point essentiel, la possibilité par accord d’entreprise de faire moins pour les salariés que l’accord de branche (convention collective nationale des transports routiers) sur les « accessoires » de salaires (notamment les primes qui forment une part très importante de la rémunération des routiers).

Qu’en est-il en pratique ?

1/ en mai 2018, cet accord dont l’article 7 stipule pourtant que la demande d’extension « sera traitée dans les meilleurs délais » n’est toujours pas étendu. Ce qui veut dire qu’il ne s’applique qu’aux entreprises qui sont adhérentes à une organisation patronale signataire.

 

Si les cheminots ne gagnent pas et qu’à ce moment l’accord n’est toujours pas étendu, la probabilité qu’il ne le soit pas est forte, et certaine alors la course au moins disant salarial dans un secteur où la concurrence fait rage.

 

2/ L’accord assure que les différentes parties annexes de la rémunération seront incluses dans les salaires de base minima conventionnels et interdiront ainsi les accords d’entreprise visant à les réduire (ce que permettent les ordonnances Macron). Mais la lecture de l’accord montre qu’il n’est rien d’autre qu’une suite de promesses patronales sans véritables contraintes :

-       Les articles 1 et 4, non étendus, indiquent que « les parties signataires s’engagent à réviser » les articles relatifs au travail de nuit, dimanches et jours fériés, 13èmemois  pour intégrer ces éléments de salaire dans les minima hiérarchiques. L’engagement est donc simplement un engagement… à négocier.

-       L’’article 3, non étendu, signifie que les salaires minima seront bien, comme avant, garantis par la branche, mais le dernier alinéa de l’article L.2253-1, permet aux accords d’entreprise d’y déroger.

Si on ajoute que la même dérogation par accord d’entreprise est possible, dans le même article L.2253-1, pour les classifications qui ne peuvent être dissociées des salaires minimas pour apprécier leur respect, le champ de la triche s’ouvre très grand pour les entreprises, notamment les plus grosses.

Ainsi Amazon a d’ores et déjà modifié, à la baisse, ses classifications au mépris de la convention collective du commerce de gros qui lui est applicable. Et saisit la justice, face à la fermeté de la commission paritaire de la branche, pour que celle-ci reconnaisse que les garanties apportées par l’accord d’entreprise d’Amazon sont « au moins équivalentes »…

En conclusion cet accord, qui devait beaucoup l’automne dernier à l’incertitude patronale et gouvernementale quant à la mobilisation contre les ordonnances, ne sera, en tout ou partie, appliqué que par un nouveau rapport de forces. Les routiers ont plutôt intérêt à « converger » avec les cheminots.

Gérard Filoche

 

 

 

Même avec des référendum pipeautés les voix des salariés se font entendre

 

Parce que le contrat de travail est un lien de subordination, tout salarié a droit à des contreparties : droit syndical de grève et négociations, institutions représentatives du personnel, justice spécifique du travail, médecine du travail spécialisée, inspection du travail.

El Khomri puis Macron ont mis tout cela à mal. Le Medef veut remplacer la « subordination » par une « soumission librement consentie ».  C’est pour cela qu’ils prônent des « referendums en entreprise » : fin des « contreparties », pour balayer tous les pouvoirs et droits intermédiaires des salariés, le patron souverain, sans obstacle, fait parler directement ses sujets soumis.

Ces « référendum » ont été conçus par les Ordonnances Macron (1), pour contourner les négociations,  intimider les salariés isolés, faire du chantage à l’emploi, et passer par dessus les syndicats majoritaires.

Et puis damnation : le PDG d’Air France Janaillac organise un référendum à ses conditions, avec de multiples pressions dans tous ses services, unités et établissements : il était sur de lui. Avec la loi El Khomri et les Ordonnances, tous les médias le donnaient gagnant. Et hop, il perd spectaculairement, balayé avec 55 % de NON à sa politique salariale. Les salariés ont validé leurs syndicats et l’exigence d’une hausse de 6 % de salaires.

Alors le PDG SNCF  Guillaume Pépy qui avait imprudemment déclaré que 80 % des cheminots étaient en faveur du plan ferroviaire du gouvernement se garde bien de les consulter.

Quand les syndicats reprennent l’idée d’un « vot’action », la direction de la SNCF fait tout pour le déclarer illégitime et le rendre impossible. Et elle perd aussi : 61,15 % de votants exprimés, 94,97 % d’opposants !

Décidément les salariés savent ce qu’ils veulent et parviennent à l’exprimer même quand les patrons truquent le jeu. Sur son arbre perché, Macron, devrait en tirer la leçon : les entreprises ne se gouvernent pas sans ni contre les salariés.

Gérard Filoche (1 : contre les Ordonnances, lire « Macron ou la casse sociale » Ed. L’archipel)

 

D&S 254 255 avril mai 2018 40 pages, 6 euros, dont dossier de 16 p de texte de référence programmatique de GDS

Pour Gérard Filoche, « Macron est une barrière de sable face au Front National »

Pour Gérard Filoche, « Macron est une barrière de sable face au Front National »

Le trublion de la gauche française n’a pas sa langue dans la poche et à Lux devant une poignée de militants, il a réaffirmé sa confiance dans une gauche reconstruite face à la politique libérale du Président Macron.

Interrogé par info-chalon.com, à propos de l’Affaire Cahuzac, Gérard Filoche s’est dit « scandalisé. C’est le summun de l’escroquerie. On ne peut faire pire avec Cahuzac. La peine d’aujourd’hui est plus légère que la dernière fois. Sous forme d’un durcissement, il y a un assouplissement. Je ne suis pas du genre à mettre les gens en prison mais là ! La fraude en France est tellement énorme. Pourquoi on nous retire des gens dans les hôpitaux alors qu’on a plus de 100 milliards d’euros d’évasion fiscale. Je vous rappelle que l’argument sans cesse avancé était si on taxe les riches, ils s’en vont… mais ils sont déjà partis. Mais sachez qu’on peut savoir ou est chaque centime ».

« Si vous me mettez au budget, j’embauche 100 hackers comme dans les films et je vous retrouve l’argent »

« C’est une question de volonté politique. Bien sûr qu’on peut retrouver l’argent. Il suffit juste de menacer, vous allez voir si ils ne vont pas le rendre l’argent ! Qu’est ce qu’ils en font de cet argent ? Les dividendes en France, on pille les fruits du travail alors que jamais cette société n’a été aussi riche. Mais sortez l’idée de crise dans votre tête, on vous ment ». Des propos clairement affichés et qui font mouche au sein d’un certain nombre de militants de gauche qui ont salué son language de vérité.

« Tout va bien si on distribue les richesses et le travail. Ca se fera tôt ou tard ! Je suis du genre à ne pas désespérer. Il y a encore 20 ans la question de l’arrogance de la finance n’était pas un sujet, aujourd’hui c’est une discussion de bistrot. Mon travail est de montrer qu’on peut les avoir ».

« Je suis là par effraction a dit Macron. C’est Thatcher ! »

« C’est Macron qui n’est pas une alternative. Macron c’est l’échec assuré, une barrière de sable face au Front National ! Il y a toutes les raisons de l’échec de Sarkozy puis de Hollande. Le temps que l’effet médiatique, que l’effet jeune-machin passe, le temps va arriver ».

« Sur la question des impôts à la source, c’est comment on va escroquer les gens »

« Ils ont trouvé que le salaire net serait marqué en plus gros et que la déduction des impôts soit en dessous. C’est l’impôt qui va prendre en charge la protection sociale. Vous allez mettre fin directement au régime de la protection sociale de 1945. La particularité des cotisations sociales c’est qu’elles sont pré-affectées. Quand vous avez un budget unique, vous prenez l’argent dans la caisse ! Macron fait une contre-révolution sociale avec la violence. Quand on lit son livre, je prétends en savoir plus que n’importe qui sur lui. Il veut une société post-salariale, certes les gens ont du mal à comprendre.

Macron dit ne cherchez plus les patrons, il veut des indépendants, des contrats commerciaux. Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants, il veut la France start-up. Toutes ces phrases sont une déconstruction de notre modèle sociale. Mais il perdra. Le salariat, c’est 90 % des actifs. Sur la planète entière, le salariat progresse. Ses propositions sont un contre-sens historique ! il veut une société sans statuts, c’est ça les libéraux. C’est un monde à contre-courant ! Sa politique est une agression contre la société. Il n’est là que parce que la gauche a trahi avec Hollande sinon il n’y aurait pas eu d’espaces pour lui.

Il a cette particularité de ne pas avoir de parti. Les Républicains ont les pieds dans la glaise, ils doivent rendre des comptes. Macron est sorti d’une imprimante 3D, c’est une somme de vendeurs de Tupperware les Macronistes. J’ai honte pour les socialistes qui l’ont rejoint. Ils n’ont plus de consistances idéologiques ».

« Si on ne travaille pas ensemble, c’est cuit »

« On gagnait parce que les gens voulaient un changement social. Hollande a fait tout le contraire de ce que les gens attendaient. On a même reculé par rapport à avant. Le socialisme vient du ventre, les gens veulent quelque chose dans leurs assiettes et ils ont raison. Hollande n’a pas donné et en plus il a pris. La gauche s’est effondrée mais rien n’est jamais définitif. La gauche est en dehors du PS aujourd’hui. La nécessité va faire loi ! Je suis militant de l’union des gauches depuis toujours. Je ne veux pas être obligé d’avaler mon chapeau pour être élu. C’est de convaincre qui m’apporte, de créer le rapport de force.

« On a décidé un raz de marée populaire le 26 mai. Ca va peser dans la tête des gens. Normalement tout le monde vient ! Dans la lutte, on essaye pour réunifier la gauche. Depuis deux mois, on a progressé. L’année prochaine pour les européennes, je suis pour une liste européenne unique de gauche. Notre angle d’attaque sera Macron, le chef des libéraux. L’unité, ce n’est pas l’unité de pensée mais l’unité d’action ».

Laurent Guillaumé

 

info chalons sur saone

 

De la marée populaire au front uni permanent de la gauche

 

Pour défendre les services publics, les statuts et conventions collectives, les salaires et l’emploi, un besoin d’unité grandit dans le pays.

Depuis que 12 organisations politiques de gauche se sont prononcées ensemble en solidarité avec la grève des cheminots, l’unité a fait son chemin.

Il y a eu « LaFêteàMacron » le 5 mai. Beaucoup ne croyait pas à la dynamique … Et pourtant, une fois de plus s’est affirmée une réalité : l’unité a permis le rassemblement !

« Rien de grand n’est possible sans unité ! ».

Début mai l’unité s’est élargie à toute la gauche associative, culturelle, intellectuelle, politique, syndicale … pour la marée populaire du 26 mai. C’est la dynamique vertueuse de l’unité, le front uni de la gauche qui s’élargit chaque jour avec plus de 80 organisations, associations, syndicats …

Cette unité n’appartient déjà plus aux états-majors, elle est devenue l’affaire de toutes et de tous tellement l’urgence de stopper Macron se fait pressante.

Cette unité nous devons la préserver, la développer. C’est l’affaire de collectifs locaux, de collectifs de défense des services publics.

Unité pour les luttes ! Unité pour un débouché politique !

Cette unité doit s’incarner dans un projet de rassemblement dans les luttes et dans les élections à venir. C’est la seule voie pour construire une alternative à Macron, une alternative de progrès, démocratique et avec le social au cœur.

Un Front Uni de Gauche contre Macron, c’est de nous qu’il dépend de le faire vivre !

Partout réunissons-nous, prenons des initiatives, débattons et élargissons encore et encore la dynamique.

La Gauche Démocratique et Sociale (GDS) met en débat un texte de référence en direction de toutes les organisations, courants et mouvements politiques. Chacune, chacun avec ses textes peut contribuer au débat et à la construction du projet alternatif dont nous avons besoin.

L’unité à 12, ou davantage encore, doit se consolider ! Elle peut exiger des médias publics la tenue de vrais débats pluralistes en lieu et place des discours monocordes qui ressassent le message thatchérien : « There Is No Alternative. »

Un projet unifiant : la République sociale !

Le projet et le débouché politique unitaire à construire sera démocratique, écologiste, social, féministe, internationaliste. Il portera l’exigence d’une République sociale, qui organise la redistribution des richesses. Il permettra de construire une autre Europe contre celle que veut imposer Macron, contre la finance et l’austérité.

Nous avons l’enjeu de le construire ensemble.

Vous voulez mener ce combat avec nous : rejoignez-nous !               contact@gds-ds.org

 

8 mois après les Ordonnances Macron, les routiers auraient intérêt à se joindre aux cheminots

 

Un accord, le 4 octobre 2017 avait décidé les routiers à ne pas entrer dans la grève contre les ordonnances Macron. Cet accord avait été vanté comme l’assurance que les ordonnances ne s’appliqueraient pas sur son point essentiel, la possibilité par accord d’entreprise de faire moins pour les salariés que l’accord de branche (convention collective nationale des transports routiers) sur les « accessoires » de salaires (notamment les primes qui forment une part très importante de la rémunération des routiers).

 

Qu’en est-il en pratique ?

 

1/ en mai 2018, cet accord dont l’article 7 stipule pourtant que la demande d’extension « sera traitée dans les meilleurs délais » n’est toujours pas étendu. Ce qui veut dire qu’il ne s’applique qu’aux entreprises qui sont adhérentes à une organisation patronale signataire.

 

Si les cheminots ne gagnent pas et qu’à ce moment l’accord n’est toujours pas étendu, la probabilité qu’il ne le soit pas est forte, et certaine alors la course au moins disant salarial dans un secteur où la concurrence fait rage.

 

2/ L’accord assure que les différentes parties annexes de la rémunération seront incluses dans les salaires de base minima conventionnels et interdiront ainsi les accords d’entreprise visant à les réduire (ce que permettent les ordonnances Macron). Mais la lecture de l’accord montre qu’il n’est rien d’autre qu’une suite de promesses patronales sans véritables contraintes :

-       Les articles 1 et 4, non étendus, indiquent que « les parties signataires s’engagent à réviser » les articles relatifs au travail de nuit, dimanches et jours fériés, 13èmemois  pour intégrer ces éléments de salaire dans les minima hiérarchiques. L’engagement est donc simplement un engagement… à négocier.

-       L’’article 3, non étendu, signifie que les salaires minima seront bien, comme avant, garantis par la branche, mais le dernier alinéa de l’article L.2253-1, permet aux accords d’entreprise d’y déroger.

Si on ajoute que la même dérogation par accord d’entreprise est possible, dans le même article L.2253-1, pour les classifications qui ne peuvent être dissociées des salaires minimas pour apprécier leur respect, le champ de la triche s’ouvre très grand pour les entreprises, notamment les plus grosses.

Ainsi Amazon a d’ores et déjà modifié, à la baisse, ses classifications au mépris de la convention collective du commerce de gros qui lui est applicable. Et saisit la justice, face à la fermeté de la commission paritaire de la branche, pour que celle-ci reconnaisse que les garanties apportées par l’accord d’entreprise d’Amazon sont « au moins équivalentes »…

En conclusion cet accord, qui devait beaucoup l’automne dernier à l’incertitude patronale et gouvernementale quant à la mobilisation contre les ordonnances, ne sera, en tout ou partie, appliqué que par un nouveau rapport de forces. Les routiers ont plutôt intérêt à « converger » avec les cheminots.

Gérard Filoche

 

merci a richard abauzit

 

 

Les luttes de classes traversent le peuple, elles imposent de choisir son camp, la gauche, le salariat, unifier la gauche sur le meilleur programme de transformation sociale possible

  1. 2 hil y a 2 heures 

    réponse a l’une des 400 interventions sur le forum de discussion qui a suivi le débat sur « le média »

     

    Sans théorie pas d’action révolutionnaire. Sans apprendre du passé, pas d’avenir. Sans tradition pas de progrès. La « vieille politique » est pleine d’enseignements précieux. Par exemple, l’appartenance a la gauche est déclarative. il n’y a personne de qualifié, pas de « tribunal », pour juger qui est de gauche et qui n’en est pas. Dans le passé, les staliniens décidaient de qui était de gauche ou pas, et excluaient brutalement, causant des ravages terribles dans nos rangs. Les dirigeants sociaux démocrates, eux avaient du mal a délimiter leurs rangs, leurs adhérents, leurs électeurs, et « élargissaient » au point d’instituer la collaboration de classes avec la classe adverse. Ne pas savoir délimiter ni unir la gauche, se fondre dans le « peuple » c’est dangereux, sociologiquement, socialement, organisationnellement, politiquement, programmatiquement.
    Pour vaincre l’ennemi, la classe dominante, le patronat, l’actionnariat, la droite, on a intérêt à ce que la gauche soit la plus forte et la plus large possible. Et la plus unie, la plus solide possible.
    Tous les partis ont une « nature de classe : on peut distinguer ceux de gauche et ceux de droite à partir de critères précis : genèse, histoire, continuité, références programmatiques générales, organisation, liens syndicaux, sociaux, nature de l’électorat. Le parti démocrate américain est un parti bourgeois, pas un parti de gauche. A la différence, le parti de Jaurès est né et a vécu à gauche, jusqu’à très récemment.
    Ensuite parmi ces partis et organisations de gauche, il y en a des « droitiers » des « gauchistes », et des « centristes », la gauche, en son sein, est plurielle, arc en ciel. Le salariat est pluriel, la gauche aussi.
    Les syndicats, eux, sont beaucoup plus larges que les partis car ils visent justement à rassembler tous les exploités quelque soit leur idéologie, leur religion, leur culture, leur niveau professionnel, les syndicats ne sont ni « réformistes », ni « révolutionnaires », contrairement à la façon stupide qu’ont les médias de les présenter, ils sont d’abord et essentiellement des structures de défense du salariat, de ses droits, de ses emplois, de ses conditions de travail, de ses salaires, de sa dignité – par delà le « réformisme » et la « révolution ».
    De toute façon « réformisme » et « révolution » ne s’opposent pas mais se complètent (lire Rosa Luxembourg à ce sujet).
    Il existe huit à dix syndicats, divers, avec divers appareils, mais une base commune, la nôtre, nos frères et soeurs exploités, le salariat bien sur.
    La CFDT est le deuxième syndicat de France, le PS actuel, réduit à peu de choses après la trahison des cinq ans de Hollande, n’a que la direction de la CFDT comme base. Et encore les liens sont distendus. Le PS (qui n’ été divisé à son dernier congrès du 7 avril qu’en deux motions, les hollandais et une survivance de la gauche socialiste) est a la fois marginalisé et sur la lame du couteau, on vit des moments où il peut changer de camp et de classe.
    Pour gagner il faut unifier toute la gauche réelle en une force percutante : le nombre de salariés mobilisés compte, mais le contenu du rassemblement compte aussi. Sur la forme cela peut se faire à travers des assemblées générales, des comités de grève… Il existe au moins 12 organisations de gauche et 25 orientations, le PCF a trois positions politiques en son sein, les Verts en ont cinq, le NPA en a quatre, Générations on ne sait pas encore, FI au moins deux, le PG avait eu quatre textes d’orientation… En fait la bonne orientation, la bonne ligne ça ne se proclame pas, ça se prouve, ça se tranche dans les faits, de façon matérialiste, par le succès. « La preuve du pudding c’est quand on le mange » disait Engels.
    Pour réussir au mieux c’est en principe sur une ligne qui correspond à la fois à la majorité et au coeur du salariat, à ses besoins objectifs.
    Objectivement, « en soi », le salariat est de gauche puisqu’il est exploité. Mais subjectivement il n’en pas conscience. La tâche des partis et militants est d’aider le salariat à parvenir à cette conscience, à être une classe « pour soi ». Pour cela, il faut combiner le discours et l’action, la propagande et l’agitation. La propagande et l’éducation éduquent des milliers de salariés, l’agitation et l’action éduquent des millions de salariés.
    Tout ça pour vous dire surtout que la gauche est le salariat et le salariat est la gauche : c’est d’abord une force sociale avant d’être une idée et un programme. Ensuite, à travers l’histoire il y a eu beaucoup de trahisons mais aussi de succès à gauche (40h, 39 h, 35 h, 5 semaines de congés, IRP, syndicats, code du travail, prud’hommes, inspection du travail, etc..). Car les partis sont des appareils, (les syndicats aussi..) et ils s’érigent au dessus de ceux qu’ils défendent, grâce à des conquêtes partielles, à des « avantages » matériels gagnés grâce aux luttes, et il leur arrive alors de trahir. Il faut le savoir. Se méfier des bureaucraties. pas les nier, pas les ignorer, comprendre. Donner la priorité au mouvement de masse. Les appareils peuvent trahir en changeant de nature et passer dans le camp adverse (est ce le cas du PS actuel ?). Ils peuvent aussi trahir sans changer de nature, en restant dans le camp de la gauche. Et il existe des partis « traditionnels » (comme le PS et le PCF) qui peuvent avoir, ont eu des histoires erratiques (1914, 1921, 1936, 1939, 1945, 1956, 1968, 1981, 1997, 2012, 2017…). C’est l’histoire de la gauche. il n’y a rien de hautain à la connaitre et à l’enseigner patiemment, opiniâtrement.
    GDS existe et lutte pour unifier la gauche, le salariat contre Macron sur le meilleur programme possible : ce programme se lit dans la revue D&S, excellent mensuel d’idées et de luttes depuis 25 ans http://www.filoche.net http://www.gds-ds.org
    J’ai rédigé depuis deux décennies plusieurs études et livres qui analysent au contraire, la force du salariat, et le dernier est « Macron ou la casse sociale » (Ed l’Archipel mars 2018 ) c’est la classe sociale majoritaire révolutionnaire clairement définie. 98 % des salariés (90 % des actifs) gagnent moins de 3200 euros. Macron lutte pour une « société post salariale » pour une « société sans statuts » pour « supprimer les cotisations sociales » lui, il sait bien ce qu’est le salariat : son ennemi.

     

     

    De « quels salariés » je parle ? mais si vous étudiiez un peu vous le sauriez… vous ne m’avez pas bien écouté, encore moins lu, j’ai publié 35 livres sur le salariat, notre revue D&S en a traité pendant 25 ans chaque mois, mais lisez aussi Bernard Friot et quelques autres…. 90 % de la population active est salariée… ça n’a rien de vague ni de confus, c’est l’analyse de notre société, le salariat est la classe sociale majoritaire numériquement, c’est la grande classe sociale révolutionnaire, celle avec laquelle nous pouvons transformer la société, sans elle il n’y aurait jamais de lutte ni jamais de renversement du capitalisme !

    Il n’y a guère de « petits bourgeois » en France, bobos, ça n’existe pas, à part cette petite couche d’indépendants, (professions libérales, commerçants, petits patrons, rentiers…) les « indépendants » tout compris ne sont que 10 % des actifs. Lire « salariés si vous saviez… » Ed la découverte. Lire « Vive l’entreprise ? » Ed Hugo et Cie… ou « Carnets d’un inspecteur du travail » (3 éditions différentes). Le salariat c’est LA classe sociale que nous défendons et incarnons, elle inclue ouvrier, employés, cadres, toutes celles et tous ceux qui sont que leur force de travail à vendre. Exploites et opprimés.

    Le salariat c’est 90 % des actifs. Et 98 % de ces actifs gagnent moins de 3200 euros. Il y a 9 millions en dessous de 900 euros. Et 50 % du salariat gagne moins que 1700 euros, salaire médian. 98 % des salariés gagnent moins de 3200 euros nets. Le salariat est plus homogène, ouvriers, employés, qu’il ne l’a jamais été. Les jeunes sont des salariés en formation. Les chômeurs sont des salariés temporairement prives d’emploi. Les retraités vivent au jour le jour grâce aux salariés qui paient leur retraite. Le salariat n’a jamais été aussi fort numériquement. Le salariat c’est des statuts, des acquis, des droits, une force productive décisive. Les « statuts du salariat se sont rapprochés, les conventions collectives ayant souvent hélas, perdu leurs avantages. Le budget de la Sécu 470 milliards est le plus gros, il est séparé des deux autres budgets du pays, et lié au travail, au salaire. La différence ouvrier/employé s’est estompée. Les cadres se sont « prolétarisés » c’est à dire tous salariés et tirés vers le bas. Le droit du travail s’est dégradé, depuis le 4 mai 2004 et la première loi Fillon qui fait passer le contrat avant la loi et met fin au principe de faveur.

    La gauche qui exprime au plan politique et syndicale ce salariat est diverse, plurielle : elle s’incarne dans des partis, syndicats, appareils. Dans la gauche il existe toutes les nuances, droitières, gauchistes, et centristes. Mais la gauche n’existe que quand elle s’unit assez pour avoir la force de lutter ET de s’imposer contre l’ennemi de classe, la droite et l’extrême droite. Cela ne peut se faire ni sur une plate-forme libérale, ni sur une plateforme gauchiste, cela se fait sur une plate-forme au coeur de la gauche. Je n’ai jamais jamais jamais eu aucune illusion ni complaisance avec les directions du PS et les plateformes qu’il défendait : nous les avons combattues de l’intérieur depuis 1995, avec mes amis de D&S, de GDS, toujours combattu pour les modifier, les changer, les relier au reste de la gauche et à ses luttes. C’était notre choix de combat, et ceux qui ne l’ont pas fait n’ont pas fait mieux. Pour juger de notre politique, il faut suivre D&S qui, pendant 25 ans, est parue, mensuellement (JL Mélenchon a été membre de son comite de rédaction pendant huit ans, de 1996 à 2003) : nous ne sommes pas comptables de ce que faisait la direction du PS mais de ce que nous faisions pour la faire changer. Nous avons toujours, de nov-déc 95 au TCE, des retraites au CPE, contre l’ANI et la loi El Khomri, les premiers souvent, animé, suscité, participé aux combats sociaux.

     

    Pour « dépasser » le salariat il faut se battre chaque jour pour avoir un emploi (en cdi bien sur) et augmenter les salaires (et les conventions collectives), et baisser les dividendes. Défendre le salariat c’est renforcer la classe sociale qui pourra renverser le capitalisme. C’est défendre le code du travail, la médecine du travail, les prud’hommes, l’inspection du travail, les institutions représentatives du personnel, la sécurité sociale basée sur le salaire et payée à la source par les patrons, c’est se battre pour les 32 h par semaine, pour la retraite à 60 ans, pour un Smic à 1800 euros, pour limiter à 5% les précaires par entreprise, pour l’hygiène, la sécurité et de bonnes conditions de travail. Défendre la dignité du salariat c’est préparer la révolution. Renverser le capitalisme c’est la seule façon de construire une société sans exploitation des humains par les humains, sans subordination, autogérée. Pour cela nous avons besoin de nos syndicats, de les renforcer et de les unir. Pour cela nous avons besoin d’une grande maison commune de la gauche, démocratique, pluraliste,  unitaire avec droit de tendance, capable de soutenir à la fois les luttes et de gagner les élections

     

    Vous êtes trop partisan ! Ré écoutez l’émission du début à la fin, et comptez,  j’interrompt moins que je ne suis interrompu, je parle moins que d’autres, c’est vos préjugés à vous, sur le fond…  qui vous font croire le contraire, c’est parce que  mes idées vous dérangent et que vous ne savez pas y répondre, vous vous en arrêter donc a des objections techniques subalterne, mais si vous vous vouliez m’entendre sur le fond, vous regretteriez que je ne parle pas plus et que je ne puisse pas en dire plus…  lisez donc www.filoche.net

     

     

     

Communiqué de presse de la Gauche démocratique et sociale (GDS) Marée populaire le samedi 26 mai

42 Organisations (associations, syndicats et partis) se sont mises d’accord sur un texte d’appel à une « marée populaire le samedi 26 mai pourl’égalité, la justice sociale et la solidarité ». Une conférence de presse unitaire de lancement de cette initiative se tiendra jeudi 17 mai à 11h30 au siège de la confédération CGT à Montreuil. Gérard Filoche y représentera la Gauche démocratique et sociale (GDS), signataire de cet appel.

Communiqué de presse de la Gauche démocratique et sociale (GDS)

Marée populaire le samedi 26 mai

Pourl’égalité, la justice sociale et la solidarité

GDS se félicite de cette convergence contre les réformes de Macron. Les initiatives unitaires se multiplient : conférences de presse dans des gares de 12 formations politiques de gauche en soutien à la lutte des cheminots, publication d’un texte commun de propositions par 9 partis de gauche pour la défense du service public ferroviaire, succès de la « fête à Macron » initiée par François Ruffin…

Les manifestations du 26 mai dans toute la France seront une occasion d’élargir le  rassemblement si nécessaire à la mise en échec de la politique gouvernementale. Le rassemblement populaire que nous voulons construire n’est possible que par le respect mutuel entre toutes les sensibilités de la gauche. Il n’y a pas de grande ou de petite gauche, il y a seulement un front uni de la gauche qui s’est constitué.

Sans unité, rien de grand n’est possible. Unité et démarche collective ont permis des décisions prises en commun pour l’initiative du 26 mai. Nous poursuivrons dans cette voie.

Sybille Fasso, Gérard Filoche, Eric Thouzeau, Claude Touchefeu

Pour tout contact : contact@gds-ds.orget Eric Thouzeau 06 40 59 65 04

 

Pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité, marée populaire le samedi 26 mai

Un constat s’impose, Emmanuel Macron, son gouvernement et le  Medef sont décidés à imposer coûte que coûte une restructuration en profondeur de la société française : politique d’austérité, destruction des droits des salarié.es, introduction de la sélection à l’entrée de l’université, casse des services publics, aggravation du sort des sans emplois, réorganisation aggravant les inégalités en matière d’accès à la justice, réforme fiscale favorable aux plus riches, loi répressive contre les migrant.es, priorité donnée au secret des affaires contre le droit à l’information, introduction de l’état d’urgence dans le droit commun, répression des mouvements sociaux et des jeunes des quartiers populaires, utilisation de l’égalité femmes-hommes comme simple outil de communication, sans moyens financiers, alors que les femmes sont les premières concernées par les régressions sociales… sans oublier une politique militariste au niveau international.La multiplication des mesures prises avec brutalité sur tous les fronts a un objectif, celui de créer un effet de sidération et espérer ainsi empêcher toute riposte. Le patronat profite de la situation pour multiplier les restructurations et rester sourd aux revendications du monde du travail. En s’en prenant aux personnels à statut, en particulier aux cheminot.es, Emmanuel Macron espère, s’il l’emporte, casser tout esprit de résistance.

 

Ce coup de force peut échouer, car les mobilisations se multiplient dans le pays, chacune avec sa spécificité : journée nationale d’action, grèves, occupation d’universités, manifestations… Il appartient évidemment aux organisations syndicales de décider, avec les personnels concernés, de leurs formes d’action. Chacune d’entre elles a, a priori, des ressorts différents, mais au-delà de tel ou tel aspect, ce dont il est question concerne la nature même de la société dans laquelle nous voulons vivre. Voulons-nous vivre dans une société où les droits sociaux seraient réduits à néant, où les services publics et la sécurité sociale auraient disparu, où l’inégalité de traitement des territoires serait la règle, où l’accès à l’université serait de plus en plus réduit, où les lanceuses et lanceurs d’alerte et journalistes seraient bâillonnés, où les défis écologiques seraient soumis aux intérêts de la finance, où le logement, les HLM et les locataires seraient marchandises,où la lutte contre les discriminations se réduit à des discours ? Ou, au contraire, voulons-nous une société plus juste, plus solidaire, plus démocratique, plus égalitaire avec un meilleur partage des richesses ? Tel est l’enjeu.

 

Le gouvernement espère que ces mobilisations sectorielles restent isolées et qu’il pourra les défaire les unes après les autres en tenant bon, en les laissant s’épuiser ou en les réprimant. Affichant sa détermination, il espère ainsi nous décourager. Il se trompe, comme le montre la multiplication des collectifs citoyens en lien avec les salarié.es, les retraité.es et les étudiant.es ainsi que le succès de la solidarité aux grévistes, notamment à ceux de la SNCF. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et, toutes et tous ensemble, d’affirmer dans la rue que des alternatives existent, que nous ne nous résignons pas au sort que nous promet ce gouvernement. Il fait la sourde oreille, il faut le forcer à nous entendre et à retirer ses projets.

 

Dans le respect de nos champs d’interventions respectifs, nous voulons aller au-delà de toutes les mobilisations positives qui existent déjà et rassembler toutes les forces sociales, syndicales, associatives, politiques pour construire et réussir ensemble un grand rendez-vous citoyen. Partout en France organisons le samedi 26 mai une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

 

Signataires :

Alternative et autogestion
Alternative Libertaire
APEIS
ATTAC
Climat social
Collectif des Associations Citoyennes
Collectif National pour les Droits des Femmes
Collectif La Fête à Macron
Confédération Générale du Travail
Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité
Convergence nationale de défense des services publics
DIDF
DIEM25
Droit au Logement
Ecologie sociale
Europe Ecologie Les Verts
Les Effronté.es
Ensemble !
Femmes Egalité
Fondation Copernic
France Insoumise
Gauche Démocratique et Sociale
Génération.s
MJCF
Mouvement Ecolo
Mouvement National des Chômeurs et Précaires
Nouvelle Donne
Nouveau Parti Anticapitaliste
Parti Communiste Français
Parti de Gauche
Parti Ouvrier Indépendant Démocratique
PCOF
PCRF
République et Socialisme
Résistance Sociale
Snesup-FSU
Solidaires
Syndicat des Avocats de France
Syndicat de la Magistrature
UEC
UNEF
Union Nationale Lycéenne

 

GDS se félicite de l’unité de la gauche qui se développe depuis un mois et demi : appel, tribunes, et conférences de presse, le 21 mars, puis le 30 mars gare Lyon et le 5 avril, gare du Tréport, de 12 organisations politiques en soutien à la lutte des cheminots, meeting du 30 avril et surtout plateforme commune de 9 partis de gauche pour la défense du service public ferroviaire, succès du « pot au feu » du 5 mai, élargissement aux syndicats, partis, associations, (comme au temps des batailles unitaires pour défendre les retraites) en faveur d’un raz de marée populaire du 26 mai

 


 

 

 

 

Macron, héritier déclaré des Versaillais

vendredi 11 mai 2018

Dans le documentaire publié lundi soir sur France 3, Emmanuel Macron évoque sa réception de Vladimir Poutine à Versailles. Propension monarchique, lui suggère-t-on ? En aucun cas, répond-il : « Versailles, c’est là où la République s’était retranchée quand elle était menacée ».

Réponse sidérante… Le seul événement qui correspond à l’affirmation présidentielle a lieu le 18 mars 1871. Au petit matin, des troupes régulières dépêchées par le gouvernement d’Adolphe Thiers cherchent à s’emparer des canons de la Garde nationale parisienne regroupés sur la butte Montmartre. Alertés, les Parisiens s’assemblent pour les empêcher de le faire. La troupe fraternise avec la foule. C’est le début de la Commune de Paris. Le même jour, à 15 heures, le gouvernement décide de quitter Paris, avec toutes les forces armées et les fonctionnaires. Le lieu de repli est Versailles. Le 2 avril, l’armée de Versailles lance l’offensive sur Paris. Du 21 au 28 mai, elle se livre au massacre des insurgés parisiens. Plusieurs milliers y perdent la vie lors de la « Semaine sanglante ».

La République menacée ? Le gouvernement qui se réfugie à Versailles a été nommé le 17 février, alors que la France est occupée par les armées allemandes, à l’issue d’élections législatives qui ont donné une majorité écrasante à des monarchistes adversaires de la République. Paris de son côté a choisi d’élire 36 députés républicains (sur 43), qui sont hostiles à la capitulation décidée par la nouvelle majorité. Si Paris se soulève, c’est à l’initiative de républicains, pour des raisons à la fois sociales et patriotiques. Les monarchistes de l’Assemblée pactisent avec l’Allemagne, dont l’unité vient d’être proclamée… à Versailles ; les républicains de Paris s’y opposent. Telle est l’une des causes du conflit. Les communards ne menacent pas la République : ils veulent la protéger de ceux qui la récusent et tournent le dos à ses valeurs.

En choisissant cet aspect symbolique pour valoriser Versailles, Emmanuel Macron fait ce qu’aucun Président de la République n’avait osé faire, quand bien même beaucoup d’entre eux n’eurent aucune sympathie pour la Commune. Il tourne aussi le dos à l’imaginaire de la gauche. Tous, à gauche, ne furent pas des partisans de la Commune. Beaucoup la critiquèrent, parce qu’ils la jugeaient trop radicale, malvenue ou prématurée. Mais la plupart condamnèrent la répression atroce que lui réserva le gouvernement de Versailles. Les républicains, même les plus à gauche, se divisèrent à propos de la Commune, mais bien peu auraient osé affirmer que les communards menaçaient la République.

Par ce détour de phrase d’apparence anodine, le Président actuel déplace de façon inquiétante l’imaginaire officiel de l’histoire française. Les républicains d’autrefois se plurent bien souvent à valoriser la continuité étatique de la monarchie centralisée et de la République. Ils n’allèrent pas jusqu’à encenser le gouvernement de Versailles. Ils tentèrent d’en justifier les actes par l’état d’urgence du moment ; ils n’en firent pas un modèle de sursaut républicain.

Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale votait une résolution qui réhabilitait enfin les communardes et communards durement frappés pendant et après la Semaine sanglante. Elle souhaitait aussi que la Commune soit mieux connue et que ses valeurs soient mises en avant. En choisissant de glorifier le Versailles des soixante-douze jours de la Commune, Emmanuel Macron dit le peu de cas qu’il fait de la volonté majoritaire exprimés par les représentants. Il s’éloigne un peu plus de la gauche. Il tourne le dos à toute une tradition républicaine. Il laisse bien mal augurer de ce que pourrait être, du côté du pouvoir, la commémoration du cent-cinquantenaire prochain de la Commune de Paris. Notre association, pour sa part, veillera à ce que lui soit donné tout son éclat, avec l’appui de tous ceux qui savent que la République s’étiole quand elle oublie les idéaux démocratiques et sociaux qui la fondent.

Les Amies et Amis de la Commune de Paris – 1871