Pierre Joxe contre la déconstruction du code du travail

Dans un débat sur Médiapart   http://blogs.mediapart.fr/blog/la-redaction-de-mediapart/121214/travail-en-miettes-chomage-de-masse-ce-soir-20h30-en-direct-de-mediapart

Pierre Joxe s’exprime dans une excellente vidéo de 36′

extraits par http://antennerelais.canalblog.com/archives/2014/12/19/31169204.html

Une déconstruction du droit du travail

à 8’02 de la vidéo :

Pierre Joxe : « Le mouvement qui a lieu en ce moment en France (pas seulement en France, pas seulement depuis deux ans) est un mouvement je dirais de déconstruction du droit du travail. Le droit du travail est un droit d’exception, c’est un droit qui dit « non » au code du civil, qui dit « non » au droit classique, au droit du libéralisme, qui dit « non la liberté n’est pas complète » : on ne peut pas embaucher des enfants dans les usines (1834), on ne peut pas embaucher des femmes dans les mines, etc. C’est un droit d’exception qui repose sur une action collective, on l’a vu depuis un siècle : tout le droit du travail a progressé sous la pression d’actions syndicales. »

à 9’25 :

Pierre Joxe : « Aujourd’hui depuis quelques années, en France, on assiste à une déconstruction. Pas un recul, pas une démolition c’est un mot exagéré : déconstruction, effritement du droit du travail. C’est plus avancé dans d’autres pays (en Angleterre c’est très avancé), mais en France il y a une espèce d’accélération récente – on va je pense en parler de cette loi qui concerne souvent le droit du travail et qui n’associe même pas le ministre du Travail. »

à 9’55 :

Pierre Joxe : « Le droit du travail est un droit qui ne met pas la priorité au contrat, mais qui dit : la loi s’impose au contrat. C’est la loi qui protège, car le contrat peut asservir (dans le Code civil il était dit que le patron était cru sur sa parole alors que l’ouvrier devait apporter la preuve, ça a duré un demi-siècle comme ça). Le droit du travail est un droit qui dit : non le contrat n’est pas la loi des parties, sauf si ce contrat respecte la loi. Quelle loi ? La loi qui limite la durée du travail ; les enfants, le repos hebdomadaire etc. On assiste à un mouvement inverse, voulant rendre au contrat (de travail ou collectif) la fonction qui a été conquise par le droit du travail, par la loi. Et ça c’est un phénomène étrange! »

 

La « loi Macron »

à 10’50 :

Pierre Joxe : « On parle d’une loi sous son nom (« loi Aubry », « loi Auroux ») lorsqu’elle a été votée et promulguée. Pour l’instant on a un projet de loi [...]. »

à 12’24 :

Pierre Joxe : « [...] Il y a eu des éléments précurseurs. On aurait du s’alarmer lorsqu’on a lu dans un journal il y a un an, signé par un certain nombre de députés socialistes (3) – dont Le Guen qui est devenu ministre des Relations avec le Parlement -, je cite : « Il faudra que Hollande s’attaque à un redoutable tabou national, celui des rigidités d’un code du travail qui est devenu un puissant répulsif de l’emploi ». Qu’une dizaine de députés socialistes puisse signer – un siècle après la création par Clémenceau du premier ministère du Travail, un siècle après le premier code du travail, un siècle après les premières grandes lois sur le repos hebdomadaire, sur la durée du travail – puisse signer un document disant que le code du travail est un « puissant répulsif » et que c’est un « tabou national » qu’il faut démolir, c’est stupéfiant. »

(3) Pacte: dix parlementaires PS saluent le « pari audacieux » de Hollande (AFP)

à 13’34 :

Pierre Joxe : « Quelques années auparavant, Madame Parisot alors présidente du MEDEF disait : « Nous préconisons une réforme de la Constitution afin de reconnaitre le droit à la négociation, et de permettre aux représentants des employeurs et des salariés de fixer les modalités d’application des principes fondamentaux du droit du travail, du droit syndical et de la sécurité sociale. » ça c’était il y a une dizaine d’années. Donc cette idée qu’il faut retirer au règne de la loi, aux représentants de la souveraineté nationale, la responsabilité, le devoir de fixer les règles dans le domaine du droit du travail, c’est une idée qui chemine lentement en France depuis quelque temps. »

à 14’18 :

Pierre Joxe : « [...] avec cette nouvelle loi ["Macron"] on est d’autant plus stupéfait qu’on y trouve des choses ahurissantes [...]. Par exemple concernant la pénalisation de l’entrave. Le délit d’entrave [c'est] empêcher des délégués syndicaux, des représentants du personnel, de remplir leur mission, c’est un délit – le droit du travail c’est aussi en partie un droit pénal : le patron qui fait entrave au fonctionnement du droit du travail, en particulier aux institutions représentatives qui ont été développées depuis la Libération, il peut être condamné à des peines, y compris de prison (c’est très rare). L’article 85 du projet de loi ["Macron"] prévoit que par ordonnance (donc évitant le débat public), le gouvernement pourrait réviser la nature et le montant des peines et des sanctions applicables en cas d’entrave. C’est à dire qu’on envisage de réduire le système des pénalités d’entrave, alors que ni la loi d’amnistie de 1981, ni la loi d’amnistie de la droite en 1995, ni la loi d’amnisite de 2002, n’ont porté atteinte à cette espèce de règle un peu mythique mais qui quand même dit que si un employeur viole le droit du travail dans certaines conditions, en particulier en faisant entrave au fonctionnement des institutions, il peut être condamné. ça va être retiré. Moi je ne comprends pas. Je pense que le débat aura lieu, mais là comme c’est prévu par ordonnances, on voit bien que ça veut fuir le débat. Je pense que ce débat doit être porté très largement [...]. »

 

Le travail le dimanche

à 19’22 :

Pierre Joxe : « [...] L’existence du travail le dimanche est nécessaire ; parce qu’il y a les hôpitaux, les transports en commun, sans parler de la police etc. Mais le développement du travail du dimanche, dans le commerce (le commerce est la grande activité principale dans laquelle il y a les salariés les plus faibles, les moins qualifiés, les plus nombreux, les plus « remplaçables »), le développement du travail du dimanche est exclusivement destiné aux intérêts des groupes de la grande distribution. Exclusivement ! Pas principalement : exclusivement ! [...] Là aussi on ne comprend pas très bien. [...] »

 

Manuel Valls Premier ministre

à 21’13 :

Pierre Joxe : « [...] les conditions dans lesquelles fonctionne le gouvernement actuel sont aussi surprenantes, puisque le Parti Socialiste avait choisi un candidat (pas parmi trois), un seul avait eu un résultat très faible dans l’investiture primaire, c’était Valls, avec 5%. Evidemment deux ans après quand il gouverne la France, beaucoup de gens sont surpris. C’est comme ça, ça fait partie du jeu institutionnel et des surprises que l’on peut avoir. Mais la gauche dans son programme n’a jamais envisagé des réformes du droit du travail [comme celles] envisagées aujourd’hui. »

 

« à contre-emploi de notre histoire »

à 22’05 :

Pierre Joxe : « Les problèmes fondamentaux du droit français sont très anciens, c’est les droits de l’Homme. Mais les droits de l’Homme ont été considérablement transformés au cours du 19ème et du 20ème siècle avec l’introduction du droit social. La démocratie libérale n’aime pas le droit social. La France a progressé dans la voie du droit social avec Jaurès, avec Clémenceau, avec les assurances sociales, avec le Front Populaire, avec la Libération etc. C’est une construction continue, par étapes, par palliers, qui va dans le sens d’un progrès – à tel point que quand on va à l’étranger, les manuels français du droit du travail, l’histoire du droit du travail, elle est connue. Là on est à contre-emploi de notre histoire, on est dans une phase qui héberlue n’importe qui. On est à contre-emploi car la gauche n’a pas été élue pour faire une politique aussi surprenante. Surprenante parce que elle ne va pas du tout dans le sens de l’histoire de la gauche. Je pense que c’est quelque chose qui va se débattre dans les semaines qui viennent [...]. Je n’ai pas d’explication sur ce qui se passe en ce moment. Une grande partie des français, même pas seulement de gauche, ne comprend pas très bien ce qui se passe. [...] Je pense qu’il va y avoir une profonde réflexion [...] qui commence seulement maintenant, en particulier avec ces lois qui sont tellement à contre-courant de l’histoire de notre droit social. »

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Selon Manuel Valls : le bonheur est dans la « pré-distribution »

 

Par Jean-Jacques Chavigné

Dans son discours du 10 décembre, devant la Fondation Jean Jaurès, Manuel Valls tentait de sauver le soldat Macron, en volant au secours de sa « loi pour la croissance et l’activité ». Il faisait donner l’artillerie conceptuelle lourde, en reprenant à son compte la notion de « pré-distribution », empruntée au discours du dirigeant travailliste britannique, Ed Miliband.

Devant une dizaine de ministres socialistes, faisant tapisserie sur l’estrade pour bien montrer que cette loi n’était pas celle du seul Emmanuel Macron, Manuel Valls assénait trois affirmations.

Chacune de ces affirmations s’avère erronée ou en complète contradiction avec la réalité économique et sociale, et surtout, avec la politique menée par Manuel Valls.

1ère affirmation : « Je vois un manque d’ambition, et même une impasse stratégique, à ne penser l’égalité qu’à travers la redistribution fiscale »

Pourquoi pas ? Mais quel rapport peut bien avoir cette affirmation avec la réalité politique de ces 15 dernières années et la politique menée par Manuel Valls ? Loin de rechercher « l’égalité à travers le redistribution » c’est une redistribution des richesses à l’envers, des salariés, des chômeurs, des jeunes, des retraités, des familles vers les grandes sociétés, que nous subissons depuis plus de 12 ans et que la politique de Manuel Valls ne cesse d’aggraver.

Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, ce n’est pas l’augmentation des dépenses qui a provoqué l’augmentation de la dette publique

Les dépenses publiques n’ont que très légèrement augmenté, en pourcentage du PIB, du fait de la crise économique provoquée par l’éclatement de la bulle financière, en 2007-2008. Sans cette légère augmentation, la crise économique aurait été beaucoup plus grave et la dette publique encore plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui.

C’est la baisse continue depuis plus de 15 ans des impôts des riches et des sociétés qui est à l’origine de l’augmentation de la dette publique.

C’est grâce à l’« optimisation » fiscale qui coûte 80 milliards d’euros, chaque année, aux finances publiques.

Grâce, aussi, aux niches fiscales accordées aux grandes entreprises car, contrairement au 9ème engagement de François Hollande, les plus importantes niches fiscales des sociétés n’ont pas été remises en question. Elles représentent pourtant des manques à gagner d’une ampleur considérable pour les finances publiques[1] : 34 milliards d’euros (en 2009) pour le « régime des sociétés mères-filiales » ; 18 milliards d’euros pour le « régime d’intégration fiscale »… Pire, le « pacte de compétitivité » de Jean-Marc Ayrault et le « pacte de responsabilité » de Manuel Valls ont créé une nouvelle niche fiscale et sociale (exonérations de cotisations sociales pour les entreprises) de 41 milliards d’euros supplémentaires !

L’augmentation de la TVA (l’impôt le plus injuste) à la fin de 2012, participe, elle aussi, de cette redistribution fiscale à l’envers.

Quant à la rente, dont Manuel Valls, se prétend l’ennemi, elle n’a jamais été aussi prospère

L’Etat a versé 52 milliards d’euros (le 2ème budget de l’Etat), en 2014, pour payer les intérêts d’une dette publique qui est le produit de la baisse des impôts des riches et des sociétés.

L’Etat a dû emprunter aux rentiers ce que les riches et les sociétés (souvent les mêmes que les rentiers) ne payaient plus sous forme d’impôt. L’Etat doit maintenant payer les intérêts de ces emprunts.  L’Etat a donc, en toute connaissance de cause, perdu sur tous les tableaux !

Il est évident que « penser l’égalité » à travers une telle redistribution fiscale à l’envers ne pouvait mener qu’à « l’impasse stratégique »  évoquée par Manuel Valls.

 

2ème affirmation : « Il nous faut intervenir en amont, prévenir les inégalités plutôt que nous contenter de les corriger, toujours en retard et souvent à la marge »

Là encore, pourquoi pas ? C’est d’ailleurs ce que propose le véritable créateur du concept de « pré-distribution », l’universitaire de Yale, Jacob Hacker[2]. Mais en quoi la politique de Manuel Valls a-t-elle quelque chose à voir avec les propositions de cet universitaire : « une meilleure régulation financière, un contrôle accru des salariés sur la gouvernance des entreprises, des droits sociaux pour les travailleurs, le plein emploi.. »

La politique menée par Manuel Valls est à l’exact opposé de ces préconisations

 

A cause de l’intervention du gouvernement français, la taxe européenne sur les transactions financières a été vidée de son contenu. La loi bancaire ne cantonne que 1,5 % de l’activité des banques dans des filiales spéculatives. Voilà pour la « régulation financière » !

 

Le chômage ne cesse d’augmenter du fait des politiques d’austérité et de « réformes structurelles ».  Manuel Valls n’est pas vraiment, non plus, en première ligne pour exiger que le plein emploi soit le principal objectif de la Banque centrale européenne.

 

Ce n’est pas la désignation de deux représentants des salariés dans 229 entreprises de plus de 5 000 salariés, prévue par la loi Sapin de juin 2013, qui changera quoi que ce soit à la « gouvernance » des entreprises. Le projet de loi Macron prévoit, d’ailleurs, de réduire le rôle des instances représentatives du personnel et donc le « contrôle des salariés ».

 

La loi Macron, après toutes les concessions déjà faites au Medef par la loi Sapin de juin 2013, s’attaque de nouveau aux droits sociaux des salariés du secteur privé : nouvelle facilitation des licenciements ; augmentation des possibilités de faire travailler des salariés le dimanche ou la nuit, sans aucune contrepartie prévue par la loi ; mise à mal de l’indépendance de l’inspection du Travail et des tribunaux prud’homaux…

 

Si Manuel Valls ne se payait pas seulement de mots, il prendrait, comme il le prétend, la question de l’égalité à la racine

Il s’attaquerait à la répartition primaire des revenus entre salaires et profits. Il rétablirait ce qu’était cette répartition avant que la politique néolibérale ne permette aux profits, entre 1983 et 1989, de gagner 9 points de la richesse nationale annuelle (180 milliards d’euros en 2014) aux dépens des salaires et de les conserver, vaille que vaille, depuis.

 

3ème affirmation : « L’égalité, c’est bien sûr corriger. Mais c’est aussi, et je dirais surtout, donner à chacun les mêmes chances »

L’égalité des chances est une notion de droite. Ce qui est de gauche, c’est l’égalité des droits.

L’égalité des droits

L’égalité des droits, c’est le droit à un travail et à un salaire décent, le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes, le droit à un véritable logement, le droit à un accueil décent pour tous les immigrés, le droit à l’égalité entre les territoires, le droit à un travail stable, le droit à une retraite qui ne se réduise plus comme une peau de chagrin, le droit à l’égalité des soins, le droit à des services publics de qualité, le droit à l’enseignement…

Des droits qui ne doivent pas rester formels mais qui doivent s’exercer concrètement. Le droit à l’enseignement, par exemple, exige que des moyens supplémentaires considérables soient mis en œuvre pour permettre à des jeunes issus de milieux défavorisés de suivre le même cursus scolaire que ceux qui sont issus de milieux où le capital culturel est bien plus important. Le contraire de la politique des « pôles d’excellence ».

 

L’égalité des chances

L’égalité des chances, c’est considérer qu’une fois que tout le monde a été mis sur la même ligne de départ, l’égalité est réalisée. Qu’importe si certains ont un handicap de 100 kilos sur les épaules ou s’ils doivent emprunter des chemins infiniment plus difficiles !

L’égalité des chances, c’est ce que préconise, par exemple, le projet de loi Macron pour que chacun ait les mêmes « chances » de pouvoir voyager : ceux qui en ont les moyens voyageront en TGV, en 1ère ou en 2ème classe. Pour ceux qui n’ont pas ces moyens, le projet de loi réintroduit la 3ème classe : les voyages en autocar, sans souci du confort, de la rapidité, de la pollution ou des accidents de la route.

La seule politique d’égalité dans ce domaine est une politique de gauche qui permette à chacun de voyager dans le confort et la sécurité à des prix abordables. Cette recherche de l’égalité dans le transport en commun exige l’arrêt de la privatisation larvée de la SNCF, de sa mise en concurrence avec un secteur privé qui n’a qu’un unique objectif, le profit. Seule la redistribution, grâce à l’impôt, peut assurer l’égalité en assurant des transports en commun à des prix qui soient à la portée de tous.

L’utilisation de la notion de « pré-distribution » a une double utilité pour Manuel Valls

Elle lui permet, tout d’abord, de continuer la redistribution des richesses à l’envers en prétendant que la redistribution des richesses à l’endroit, des riches et des sociétés vers les salariés, les retraités, les jeunes, les chômeurs et les pauvres, ne permettrait pas de faire reculer les inégalités.

Elle ne l’engage, ensuite, à strictement rien de concret en termes de « pré-distribution ». La seule proposition de Manuel Valls est un « compte social universel qui rassemblerait pour chaque individu l’ensemble des droits portables destinés à sécuriser son parcours professionnel ». » Nul doute qu’un tel compte connaîtrait le sort réservé au « compte pénibilité ». Ce dernier, adopté en contrepartie de l’allongement de six mois de la durée de cotisation pour la retraite, est progressivement vidé de tout contenu par le gouvernement de Manuel Valls, sous la pression du Medef. Le « compte social universel » de Manuel Valls revient, à demander aux salariés de lâcher la proie pour l’ombre.

Ce détournement de la notion de « pré-distribution » n’est en fin de compte, pour Manuel Valls, qu’un très vague habillage prétendument « de gauche » pour masquer la politique néolibérale menée par son gouvernement.

 


[1] Assemblée nationale – Rapport d’information déposé par la Commission des Finances, présenté par M. Gilles Carrez, rapporteur général, député, 30 juin 2010.

 

[2] Voir, à ce propos, l’article de Mathieu Magnaudeix dans Médiapart, le 11 décembre 2014.

Mon intervention au CN du PS samedi 13 décembre 2014

Reconquérir les municipalités pour 2020 ? Recruter 500 000 adhérents pour 2017 ?  Bien, bien, il faut s’organiser ! Toujours s’organiser, mieux… notre parti doit être un parti de militants, pas d’adhérents virtuels, qui viennent voter une fois tous les trois ans. Il faut convaincre, influencer physiquement la société,  à commencer par les entreprises, les bureaux, les quartiers, banlieues, villes et villages… Je suis pour les beaux organigrammes qui nous ont été présentés,  mais vous savez comme moi que ça ne fonctionne pas sans dynamique politique : le carburant, c’est les idées de gauche, les désirs de gauche, les avancées sociales…  et je le dis, ça me chagrine qu’on renonce à ce que les militants soient présentés en section avant de pouvoir être membres réellement. Je proposerai même l’inverse : que les militants aient au moins participé à deux réunions de débat, sur les contributions et les motions. Sinon, s’ils n’ont pas participé au débat, qu’ils n’aient pas le droit de voter pour le congrès… Trop facile de venir en touriste ou en client, et de voter sans militer, sans échanger avec les autres socialistes… Ce n’est pas la télé qui forge nos idées, mais les discussions entre nous.

 

Bien ; mais pour gagner 500 000 adhérents, combien en avons-nous aujourd’hui ? Et si nous en perdons alors que nous sommes au pouvoir et  qu’il y a à peine plus de deux ans, nous dirigions tout le pays, c’est que nous rencontrons  un problème qui n’est pas d’organisation… mais bel et bien politique. On ne peut pas influencer et recruter en faisant une politique contraire à nos idéaux, à notre projet socialiste, à nos traditions, à nos électeurs. Voilà pourquoi nos électeurs se réfugient dans l’abstention : ils sont mécontents et ça va s’aggraver avec la loi ou ordonnance Macron. C’est une loi qui dérégule, et on sait tous que la dérégulation, ça veut dire chômage, reculs de droits et de salaires. Ce sont les pays pauvres qui dérégulent. Ce sont les pays riches qui régulent. Déréguler, flexibiliser, c’est nuire à la compétitivité, à la productivité, c’est seulement augmenter les dividendes des actionnaires au détriment des salariés, ce qui produit toujours du chômage.

 

D’ailleurs, la preuve du pudding c’est quand on le mange. On l’a vérifié. La loi Macron nous vante le travail de nuit : mais le travail de nuit, il a été dérégulé en France,  par nous, en 1992, et autorisé pour les femmes. Ce, en suivant des directives erronées de l’UE et de la CJCE, et alors même que l’OIT nous préconisait avec justesse, autorité et légitimité, de ne pas le faire. Mais bon, le travail de nuit a été autorisé pour les femmes, Un million de femmes ont été frappées de plein fouet par cette nuisance. Elles sont aujourd’hui plus de 9 % à être des travailleuses de nuit : deux fois plus qu’il y a 20 ans ! Et il y a un million et demi de chômeurs de plus ! Et Macron nous propose, dans sa nouvelle et maudite loi libérale, de travailler « en soirée » : ça n’aura pas plus de résultats !

 

Il en va de même pour le dimanche : nous nous étions opposés à la loi Giraud, dite « loi quinquennale »,  en 1993, qui devait créer de l’emploi en passant de 3 dimanches d‘ouverture à 5. Résultats : ni emplois, ni chiffres d’affaires, ni meilleurs salaires. Alors pourquoi en proposer 12  ou 7 ? Notre parti a fait de très belles campagnes contre la loi Maillé, dix de nos actuels ministres l’ont combattu, on a défendu la civilisation en défendant le repos du dimanche collectif, commun, convivial, familial, associatif, culturel, (sauf pour les métiers contraints, nécessaires ce jour-là). Il faut un temps de rencontre, de vie commune qui rythme la semaine de toute société ; sinon elle régresse, se renferme, s’atomise…  Sinon, des femmes pauvres et précaires et des étudiants désargentés qui s’y colleront, ce sera le caddie pour les salariés au supermarché, et le caddie au golf pour leurs patrons et actionnaires… Les conséquences pour la famille, les enfants, vous les mesurez ?

On sait tous que ça n’aura aucune portée économique, ça n’élèvera aucun chiffre d’affaires ; même les magasins déjà ouverts actuellement en infraction vendent moins le dimanche que les autres jours. Si tous sont ouverts, ils seront vides, et puis ce qui sera vendu le dimanche ne le sera pas le lundi, un emploi précaire créé le dimanche sera supprimé le mardi… D’ailleurs si la loi Macron REFUSE de prévoir une majoration de salaire le dimanche, c’est bien pour ça. Car elle le REFUSE ! Qu’on n’essaie pas de manipuler l’opinion en faisant croire à un salaire majoré, alors que c’est renvoyé à  la négociation, à des accords ultérieurs et il n’en sera rien, bien sûr…

On nous dit que c’est pour le tourisme, mais la mairie de Paris a  fait l’analyse : les touristes chinois restent 6 jours et demi, et leurs tours opérateurs prévoient, comme pour les Occidentaux qui vont à Pékin, une matinée ou un après-midi pour faire des courses, et pas le soir. Et s’ils achètent  du parfum ce ne sera pas le soir aux Champs-Elysées, mais en duty free à l’aéroport, surtout si en plus on vend les aéroports à des fonds chinois…

Faire vendre du parfum le soir, est-ce utile ?  Le seul résultat c’est que les vendeuses rentreront à 2 h du matin en banlieue, bien après que leurs patrons auront fini de souper après le théâtre…

Mais la loi Macron, ce n’est pas seulement faire bosser des pauvres gens le dimanche et la nuit ; c’est faciliter les licenciements, c’est accroître les concessions déjà faites dans l’ANI et la loi du 14 juin 2014, pour licencier sans procédure et sans motif, de façon boursière et abusive. L’ANI et la loi du 14 juin n’ont pas « sécurisé l’emploi » du tout : il y a 250 000 chômeurs de plus, les plans sociaux ont été systématiquement homologués sur ordre du ministère, à un point tel que même les TA les jugent expéditifs, illégaux et les retoquent. L’ANI avait modifié l’ordre des critères sociaux de licenciement individuels qui étaient quatre, critères sociaux, critères d’ancienneté, critères de qualification, critères de postes ; la loi Macron supprime ces critères carrément ! On a mis 25 ans à ce qu’il y ait une jurisprudence pour qu’un plan social soit apprécié au niveau du groupe et pas de l’établissement, et voilà que la loi Macron supprime ce progrès et décharge les groupes de leurs responsabilités, puisque c’est renvoyé à l’entité de base. Et même si le salarié parvient encore à saisir les prud’hommes, (car les prud’hommes et l’inspection du travail sont mis à mal, le droit pénal du travail est défait), si le contrat de travail n’est pas, par la loi Macron,  ramené à un contrat de droit civil, ordinaire de gré à gré, ce salarié ne pourra plus être réintégré dans son poste. On dira qu’« il ne l’était pas ou rarement » : oui, mais ça lui permettait de négocier au moins, dans une meilleure position, des indemnités plus élevées…

 

Je n’ai plus de temps pour dire comment Uber va déréguler la G7, comment les firmes juridiques US vont se ruer sur les ex officines des notaires (qui devraient être des services publics à 100%) ; je ne peux pas non plus vous parler de l’archaïsme des autocars contre les TGV Il paraît que l’UE et Merkel jugent que la loi Macron ne va encore assez loin dans la dérégulation : l’UE et Merkel veulent-elles qu’on en revienne aux diligences ?

Mais ma conclusion sera que déréguler ne crée pas de l’emploi mais du chômage : il faut aller dans le sens exactement contraire à celui de la loi Macron si on veut regagner des électeurs et des adhérents, parce qu’enfin nos électeurs c’est notre « carnet de commande » à nous. Pour pour avoir plus d’électeurs, pour recruter, on le voit bien, il faut s’organiser ; alors pourquoi faire le contraire, dans les entreprises, déréguler ? Avec des salariés flexibles, précaires, aléatoires, elles produiront moins bien, et elles recruteront moins, il y aura moins d’affaires et moins d’emplois… Ce n’est pas ce qu’il faut, ni pour le parti, ni contre le chômage…

 

Macron une loi faiseuse de chômage

Ils nous disent tous les matins dans les radios officielles, qu’il faut « déréguler pour libérer les énergies et créer de l’emploi ». C’est l’inverse. Chez nous, cela fait dix ans qu’ils dérégulent. Et depuis dix ans, le chômage s’accroit. L’ANI du 11 janvier 2013 et la loi qui en est issue du 14 juin 2013, devaient, en assouplissant les licenciements, « sécuriser l’emploi » : on a 250 000 chômeurs de plus. Et la loi Macron propose d’assouplir encore plus les licenciements, cela fera encore plus de chômeurs, bien sur. La loi Macron ce n’est ni pour la relance, ni l’économie, c’est pour casser le droit, c’est pour plaire aux libéraux, au Medef.

Les intégristes libéraux de l’UE à Bruxelles ont levé le pied sur les déficits et la dette : ils donnent « des délais’, en fait ils s’en moquent, ils savent que jamais, jamais, jamais, la « dette » ne sera remboursée, mais elle leur sert de prétexte pour casser les droits du travail, déréglementer partout en Europe, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et Belgique, et chez nous, en France. C’est ce qu’ils appellent impudiquement « les réformes structurelles ». Ces gens-là, le chômage, ils ne luttent pas contre, ça les arrange, ça fait peur, ça sert d’instrument de chantage. Ils disent que le chômage c’est à cause de la crise, et de la dette, mais ça leur sert surtout à remplir leurs poches et à retirer le maximum de marrons du feu.

En 1992, le travail de nuit a été autorisé pour les femmes, Un million de femmes ont été frappées de plein fouet par cette nuisance. Elles sont aujourd’hui plus de 9 % à être des travailleuses de nuit : deux fois plus qu’il y a 20 ans ! Et il y a un million et demi de chômeurs de plus ! Et Macron nous propose, dans sa nouvelle et maudite loi libérale, de travailler « en soirée » (sic)…

Ce qui est grave c’est l’opportunisme de responsables socialistes qui, du coup, capitulent sur des thèmes de société, de gond, comme le repos dominical, avec des arguties incrédibles. Alors que le PS avait d’excellentes campagnes bien argumentées pour le principe du repos collectif, socialisé du dimanche, en voila qui se renient sans dignité : 10 ministres socialistes qui avaient signé un beau texte en faveur du dimanche, et tous les 10 se plient aux intégristes de l’UE sans barguigner. Les voilà même qui minorent le problème, explique que c’est peu de différences entre 12 et 7 dimanches… Ont ils oublié que nous nous étions élevés contre la loi quinquennale de Giraud qui faisait passer le nombre de dimanches « ouverts » de 3 à 5 en 1993 ?

En fait, déjà, même pour les magasins ouverts le dimanche en fraude, le chiffre d’affaires est le plus bas de la semaine. Les magasins qui ont tenté l’ouverture, après 19 h puis après 19 h 30 puis après 20 h y ont renoncé , leurs rayons étant vides. Une ouverture généralisée aggravera cela. Quand les allées des grands magasins seront vides le dimanche et le soir, il ne sera plus du tout question de primes pour les salariés. C’est bien pour cela que Macron ne prévoit aucune majoration de salaire par la loi le dimanche ni « en soirée ». Il n’y a aucun intérêt économique, ni en emplois, ni en salaires à ouvrir de façon dérégulée, alors s’ils veulent l’imposer, c’est pour des raisons idéologiques, pour casser la journée de 8 h et de 10h, la semaine de 35 h et de 48 h.

C’est grotesque de chercher à faire venir des femmes pauvres et précaires, qui n’ont pas le choix, vendre des parfums « en soirée » ou le dimanche ?  Ca ne marchera pas, et elles seront obligées de rentrer chez elles en banlieue à 2 h du matin, ou de ne pas voir leurs enfants le dimanche. Le dimanche, ce ne sera pas le même caddie pour tout le monde, ce sera celui de l’hyper pour les salariés, et celui du golf pour  les actionnaires. Ce sera une fracture sociale de plus.

La déréglementation à la Macron frappe tout, l’inspection du travail, la médecine du travail, la justice du travail, le droit pénal du travail, les institutions représentatives du personnel, et même le bulletin de paie qui deviendra opaque. Elle s’en prend aussi à toutes les professions de droit, avocats, avoués, notaires, huissiers, greffiers, afin de les soumettre aux « firmes » juridiques anglo-saxonnes qui s’empareront ainsi du traitement de nos successions et des ventes. Alors qu’il aurait fallu  transformer ces officines en service public et contrôler leurs actes et leurs couts, elles vont, au contraire, être éclatées et davantage soumises aux puissantes et rapaces multinationales juridiques.

Tout comme, les taxis : Macron pousse la G7 à se saborder pour le compte de la multinationale Uber low cost qui fait main basse sur les « VTC » (voiture tourisme avec chauffeur) et vous trouverez bientôt des chauffeurs philippins aux horaires mortels, et aux prix négociés au cas par cas sans compteur. C’est le principe d’Air France et de Transavia… ça consiste à réserver la sécurité et le confort des services aux riches et créer des alias de seconde zone et second prix pour les pauvres ! Macron ré invente la « troisième classe » des trains à la SNCF, ce seront les autocars pour les jeunes pauvres qui ne peuvent plus se payer le TGV.

 

Loi Macron : le délit d’entrave moins sanctionnable

Est-ce si choquant qu’un patron qui fait entrave aux lois d’ordre public social concernant l’instauration et le fonctionnement des institutions représentatives du personnel, (comité  d’entreprise, délégués du personnel…) soit punissable de peines de prison ? Cette peine figurait dans le Code du travail.

Non seulement la loi Macron veut la supprimer, mais de façon générale, elle veut casser, en même temps que l’inspection du travail,  ce qu’on appelle « le droit pénal du travail », (et le remplacer par des sanctions administratives, aléatoires, négociées sous forme de « ‘plaider coupable », sans juges…)

En fait, les juges n’ont jamais prononcé de peine de prison pour délit d’entrave. ( La dernière fois qu’on a vu un patron les menottes aux poignets pour faute inexcusable, n’était-ce pas en 1973, avec le juge de Charette, et depuis, jamais…  Les patrons Lombard et Richard de France Télécom, poursuivis pour « faute inexcusable » ne sont toujours pas, après plus de 75 suicides, jugés..).  Mais la menace existait quand même – au moins dans les textes de loi.

En mai 2010 deux dirigeants de l’usine Molex, appartenant à un groupe américain, avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse pour ne pas avoir informé les représentants du personnel avant d’annoncer la fermeture de l’usine.

Certains grands patrons étrangers auraient dit leur inquiétude face à ce risque pénal, exceptionnel et si peu appliqué. Leurs avocats auraient souvent agité ce chiffon rouge, prétendent certains, leur conseillant la plus grande prudence et les mettant en garde contre « la tentative de délit d’entrave ». Evidemment on nous raconte, sans preuve, non pas que cela aurait dissuadé certaines entreprises de violer nos droits républicains, mais que cela les aurait empêchées de s’installer en France.

Aussi, le président de la République lui-même a t il annoncé que cet article du droit pénal du travail serait annulé. « Les peines pénales associées au délit d’entrave, qui parfois même pouvaient être des peines de prisons qui n’étaient bien sûr jamais prononcées mais qui néanmoins pouvaient inquiéter, seront remplacées par des sanctions financières, et c’est mieux qu’il en soit ainsi« , a déclaré François Hollande lors du deuxième « conseil stratégique de l’attractivité » ouvert aux patrons étrangers qui s’est tenu le dimanche 19 octobre à l’Elysée.

Alors la loi Macron s’exécute et supprime cette menace. Les actionnaires et employeurs qui violeront les droits des salariés, CE, DP, ne seront plus menacés de peines de prison comme c’était le cas depuis 1945.

En contrepartie de la suppression de cette peine, le ministre du Travail envisage que les contraventions, aille au-delà des modestes 3.750 euros actuels. Mais quel niveau d’amende sera assez dissuasif envers des actionnaires milliardaires lointains pour leur faire respecter notre droit du travail ?

Poser la question c’est y répondre : si la menace de prison n’était qu’un chiffon rouge, l’amende les fera rire. Une fois de plus, on est loin du François Hollande au Bourget, menaçant la délinquance financière : “La République vous rattrapera”. Au moment de prendre leur décision de fermer, pour causes boursières, des entreprises, rien ne sera plus capable, même à l’état de menace, d’empêcher les spéculateurs de ne pas consulter les salariés.

C’est une loi qui insécurise les délégués et représentants du personnel et rassure les patrons sur leurs pleins pouvoirs dans le champ clos de leur entreprise.

Ce serait un crime que de supprimer les CHSCT

On m’a transmis une note du ministère du travail sur « la négociation relative à la qualité et à l’efficacité du dialogue social dans l’entreprise et à l’amélioration de la représentation des salariés ». Franchement elle est effrayante.  Mais émane t elle du ministère ou du Medef ? On ne sait plus trop par les temps qui courent. Mais l’acceptation ces jours-ci dans les « négociations » de la fin des CE, des DP et des CHSCT par des directions syndicales serait crime. Là aussi, on a de quoi redouter tellement il semble que les dites directions se considèrent dans un rapport de force négatif… ce qui contribue à le rendre ainsi. Plutôt que de s’enfermer dans des polémiques internes, l’heure est pourtant de prendre des initiatives unitaires et mobilisatrices contre la scandaleuse loi ou ordonnance Macron. Sinon « ils » vont nous ramener au moyen-âge en droit du travail.

Nous ne devons pas nous défendre, nous devons attaquer ceux qui sont à la manoeuvre derrière les Macron et Cie. Leur arrogance, leur brutalité doivent rencontrer plus qu’une résistance. La France est pourtant majoritairement de gauche. C’est parce que les dirigeants de gauche osent trahir comme jamais et parce que les syndicats semblent tétanisés en face, que nous vivons une situation incertaine. Mais cette situation incertaine peut et doit à tout moment se transformer en explosion sociale et mettre un terme à la descente aux enfers dans laquelle la politique du gouvernement Valls nous entraine.

 

Du courage en souvenir de  Maurice Kriegel-Valrimont : pour sauver le quinquennat c’est maintenant, vite

« Regardez en 34, les fascistes sont sur le point de prendre le pouvoir, manifestent, vont prendre l’assemblée. Si j’avais dit aux copains dans les manifs : dans deux ans, y aura le front populaire, on aura les congés payés et les 40h, ils auraient rigolé !
Mais ça c’est rien ! Si en 1943, au moment où je me trouve dans une cellule aux cotés de mes amis résistants, si je leur avais dit : dans deux ans la France sera libérée, on instaurera les retraites et la sécurité sociale, ils m’auraient pris pour un fou !
Ce qui veut dire qu’en deux ans, beaucoup de choses peuvent se passer, simplement, il a fallu des humains pour le vouloir, il a fallu des humains pour s’organiser, pour que leurs volontés deviennent réalité. »

entreprise « décadenassée »: 2,22 euros de l’heure

C’est moderne hein, la transition énergétique ? C’est nécessaire de mettre en oeuvre des énergies renouvelables, n’est ce pas ? A ce titre, par exemple, à Arsac en Gironde, à la frontière du Médoc et de la banlieue bordelaise, le chantier d’une ferme photovoltaïque présente beaucoup d’intérêt : commencé en juillet, il s’étale sur 160 hectares et devait être achevé en début d’année 2015.

Mais ce qui n’est pas « moderne », c’est que la société « Solaire direct » maitre d’ouvrage, prenne en sous-traitance une entreprise hongroise, Olp Tech elle-même sous-traitante d’une entreprise allemande Krinner, ce qui aboutit à ce que 31 ouvriers hongrois « détachés » y travaillaient à des prix défiant toute concurrence. Leur “rémunération” reposait sur une base quotidienne de 8 heures pour une durée effective de travail de 11 h 30, 6 jours sur 7 soit un salaire de 2,22 € par heure effectuée.

Selon le Préfet : « Le fait que des salariés d’autres pays, comme la Hongrie qui est dans l’Union européenne, viennent chez nous, n’est pas en soi critiquable. Ce n’est pas ça. C’est le détournement des règles. Et derrière cela, des prix tirés vers le bas dans tous les appels d’offres. C’est un dumping social que l’on ne peut pas cautionner ».

Mais qui fait ce dumping social ? En Hongrie, le montant du Smic mensuel est de 344, 24 euros. En France, il est de 1 445, 38 euros. Il ne faut pas s’en prendre à “l’Europe” qui, hélas, est libérale, pas sociale et n’a pas de Smic européen. Mais bel et bien au fraudeur, là, qui est bien un patron français lequel opère sciemment un “montage” entre des “sociètés-écrans” hongroise et allemande pour réduire à un quasi esclavage des salariés qui n’ont pas le choix.

Monsieur le Préfet, ça, “c’est en soi critiquable” !  Ca s’abrite derrière la scandaleuse notion de  “travailleurs détachés” : la directive européenne du 16 décembre 1996 précisait bien « que les États membres de l’Union doivent veiller à ce que les entreprises garantissent aux travailleurs détachés sur leur territoire les conditions de travail et d’emploi qui sont fixées dans l’État sur le territoire duquel le travail est exécuté ». Mais il a été accepté ensuite que le paiement du salaire brut, des cotisations sociales, soit aligné, lui, sur le taux des cotisations du pays d’origine. Autrement dit, la partie sociale du salaire est payée au niveau hongrois, polonaise, bulgare ou roumain. C’est artificiel et ce n’est pas contrôlable. Après, il ne reste plus qu’à ne pas compter les heures supplémentaires. On en arrive à 2,22 euros de l’heure. Ce qui fait qu’en France, les patrons se ruent sur l’occasion : il y a 350 000 travailleurs détachés – au moins – selon les chiffres officiels du Ministère du travail. Et c’est avec ça que les “grands majors” du bâtiment, “nos” Bouygues, Vinci, Eiffage, etc… se font des montagnes d’or. Ce n’est pas une affaire de mondialisation, sinon à l’envers. Ce n’est pas une affaire de “crise”. Non c’est une affaire de pillage cynique, violent et de gros sous.

Parions qu’en plus ils reçoivent le CICE, et qu’ils réclament de “dé-cadenasser” leur entreprise, qu’ils veulent encore moins de code du travail, moins de contrôle, qu’ils veulent simplifier leur feuille de paie, et qu’ils manifestent contre le gouvernement !

 

 

chronique à lire dans l’Humanité-Dimanche chaque semaine

ANALYSE DETAILLEE DU PROJET DE LOI MACRON : En route pour le « régressisme » ?

Dire qu’ils ont essayé, lors des « Etats généraux » du 6 décembre 2014 de faire plaisir à Valls en remplaçant de facto le mot « socialisme » par le mot « progressisme » ! Quant on découvre la loi Macron il faut au moins inventer le mot « régressisme ». Jamais sans doute, un gouvernement issu de la gauche n’a osé proposer une loi aussi rétrograde, libérale, en tout point destructrice des droits des salariés.

C’est un projet qui porte sur le droit du travail, fait par un ministre de l’économie. C’est un retour au milieu du XIXème siècle, avant qu’on invente un ministère du travail.

Un projet dont le titre III, étonnamment intitulé « TRAVAILLER » donne toute la mesure. On ne fera pas l’injure de penser qu’une loi dite  « Pour la croissance et l’activité »  montre du doigt les fainéants de chômeurs ou l’indolence des travailleurs dans un pays où leur productivité est une des plus fortes du monde, mais on peut sans doute y voir le vivre pour travailler opposé au travailler pour vivre.

Ils la justifient tous les matins dans les radios officielles, en affirmant qu’il faut « déréguler pour libérer les énergies et créer de l’emploi ».  C’est évidemment l’inverse. C’est là ou il y a le moins de réglementation qu’il y a le plus de chômage.

La preuve, on l’a : cela fait dix ans qu’ils dérégulent et depuis dix ans, le chômage s’accroit. L’ANI du 11 janvier 2013 et la loi qui en est issue du 14 juin 2013, devaient, en assouplissant les licenciements, « sécuriser l’emploi » : on a 250 000 chômeurs de plus. Et la loi Macron propose d’assouplir encore plus les licenciements, cela fera encore plus de chômeurs, bien sur.

En 1992, le travail de nuit a été autorisé pour les femmes, il paraît que c’était pour l’égalité professionnelle hommes femmes et pour l’emploi. Vingt ans plus tard, 7,4 % des salariés travaillent de nuit en 2012, contre 3,5 % en 1991 soit un total de 3,5 millions de personnes. Un million de femmes ont été frappées de plein fouet par cette nuisance. Elles sont aujourd’hui plus de 9 % à être des travailleuses de nuit : deux fois plus qu’il y a 20 ans ! Et il y a un million et demi de chômeurs de plus ! Et Macron nous propose, dans sa nouvelle et maudite loi libérale, de travailler « en soirée » (sic)…

C’est grotesque de chercher à vendre du parfum à minuit ou le dimanche à des touristes chinois présumés alors qu’ils restent en moyenne 7 jours à Paris et que leurs « tours opérators » ont planifié d’avance une demie journée d’achats en plein jour de semaine ! Les touristes chinois de toute façon achètent du parfum en duty free à l’aéroport surtout si l’aéroport a été vendu à une société chinoise !  Alors pourquoi faire venir des femmes pauvres et précaires, qui n’ont pas le choix, vendre des parfums « en soirée » ou le dimanche ?  Ca ne marchera pas, et elles seront obligées de rentrer chez elles en banlieue à 2 h du matin, ou de ne pas voir leurs enfants le dimanche. Pour rien, car maintenant Macron l’avoue, sa loi ne prévoit aucune majoration de salaire le dimanche ni « en soirée ».

La déréglementation à la Macron, (et de ses annexes Mandon, Rebsamen) on va l’étudier ci dessous,  frappe tout, l’inspection du travail, la médecine du travail, la justice du travail, le droit pénal du travail, les institutions représentatives du personnel, et même le bulletin de paie qui deviendra opaque. Elle s’en prend aussi à toutes les professions de droit, avocats, avoués, notaires, huissiers, greffiers, afin de les soumettre aux « firmes » juridiques anglo-saxonnes qui s’empareront ainsi du traitement de nos successions et des ventes. Alors qu’il aurait fallu  transformer ces officines en service public et contrôler leurs actes et leurs couts, elles vont, au contraire, être éclatées et davantage soumises aux puissantes et rapaces multinationales juridiques.

Tout comme, les taxis : Macron pousse la G7 à se saborder pour le compte de la multinationale Uber low cost qui fait main basse sur les « VTC » (voiture tourisme avec chauffeur) et vous trouverez bientôt des chauffeurs philippins aux horaires mortels, et aux prix négociés au cas par cas sans compteur. C’est le principe d’Air France et de Transavia… ça consiste à réserver la sécurité et le confort des services aux riches et créer des alias de seconde zone et second prix pour les pauvres ! Macron ré invente la « troisième classe » des trains à la SNCF, ce seront les autocars pour les jeunes pauvres qui ne peuvent plus se payer le TGV.

Disons le avec force : moins de code du travail c’est moins de travail et plus de chômeurs.

Le seul moment depuis trente ans où l’on a fait reculer le chômage de masse c’est quand on a fait les 35 h sans perte de salaires. Même imparfaitement imposées, même trop compensées par de la flexibilité, elles ont crée 400 000 emplois de plus qu’ailleurs.  Ce qu’il y a de bien dans des durées du travail fixes et fermes, c’est qu’elles sont inflexibles : or la flexibilité crée du chômage, ce sont les salariés, bien formés, bien protégés, bien payés qui produisent le plus et le mieux, pas les flexibles !  Si on veut créer de l’emploi il faut faire reculer la flexibilité !

La loi Macron n’est même pas « sociale libérale » comme le prétendent certains elle est libérale, elle n’a rien de social…

Et comme on va le voir, elle ouvre des champs nouveaux aux revendications les plus intégristes du Medef. Il faut l’analyser soigneusement – comme l’ANI en 2013 – car le diable est dans les détails.

La grande presse, comme pour l’Ani en 2013 va masquer ces détails et empêcher qu’ils soient connus, appréciés par les salariés et syndiqués. Ils vont prétexter que c’est trop compliqué, trop difficile, peu médiatique, et ils vont faire de la propagande générale sur le texte qui « débloque » « assouplit », « modernise » « casse les corporatismes » etc.… A nous de faire percer la vérité, dans les détails, sur le fond.

 

 

 

1° )  Subordination ou soumission ?

Le plus incroyable : MODIFICATION article 2064 du CODE CIVIL et ABROGATION article 24 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative : retour à la loi LE CHAPELIER et au code civil de 1804 ?

Il y a peu de doute que la modification de l’article 2064 du code civil soit une tentative de supprimer, rien de moins, le droit du travail :

en effet, l’article 1529 du code de procédure civile explique que, pour la résolution amiable des différents, les dispositions du code de procédure civile s’appliquent « sous les réserves prévues par les articles 2064 du code civil (qui exclut jusqu’ici le doit du travail des conventions amiables) et de l’article 24 de la loi du 8 février 1995 » (qui limite jusqu’ici la médiation conventionnelle dans les différents qui s’élèvent à l’occasion d’un contrat de travail aux seuls cas des transfrontaliers).

Et l’ordonnance MACRON supprime la restriction de l’article 2064 et abroge la limitation de la loi de 1995…

Suppression du deuxième alinéa de l’article 2064 du code civil (« Toutefois, aucune convention ne peut être conclue à l’effet de résoudre les différends qui s’élèvent à l’occasion de tout contrat de travail soumis aux dispositions du code du travail entre les employeurs, ou leurs représentants, et les salariés qu’ils emploient. ») qui exclut la convention entre les parties pour le règlement des litiges en droit du travail qui depuis qu’il existe un droit du travail reconnaissant l’inégalité entre le patron et son subordonné, le salarié, a confié à la juridiction prud’homale le soin de limiter cette inégalité.

Désormais reste de l’article 2064 : « Toute personne, assistée de son avocat, peut conclure une convention de procédure participative sur les droits dont elle a la libre disposition, sous réserve des dispositions de l’article 2067. »

La convention de procédure participative est une convention « par laquelle les parties à un différend qui n’a pas encore donné lieu à la saisine d’un juge ou d’un arbitre s’engagent à œuvrer conjointement et de bonne foi à la résolution amiable de leur différend. »

Cette convention est conclue pour une durée déterminée dont le contenu est fixé par l’article 2063 : « La convention de procédure participative est, à peine de nullité, contenue dans un écrit qui précise :

1° Son terme ;

2° L’objet du différend ;

3° Les pièces et informations nécessaires à la résolution du différend et les modalités de leur échange.

Convention engagée, prud’hommes interdits : selon l’article 2065 « Tant qu’elle est en cours, la convention de procédure participative rend irrecevable tout recours au juge pour qu’il statue sur le litige. Toutefois, l’inexécution de la convention par l’une des parties autorise une autre partie à saisir le juge pour qu’il statue sur le litige. »

S’il y a accord sur la convention, les parties peuvent (article 2066) soumettre, s’ils le veulent l’accord à l’homologation d’un juge. Lequel ?

S’il n’y a pas accord, les parties peuvent soumettre le litige à un juge mais l’article 2066 supprime la phase de conciliation…

Là on est en pleine interrogation : les équipes autour de Macron sont forgées dans la culture Medef, pas dans celle de la gauche, elles lui ouvrent là une voie radieuse qu’il recherche depuis des années afin de supprimer le concept de « subordination » qui caractérise le contrat de travail.

Car si le contrat de travail est un « lien de subordination juridique permanent » il donne en contre partie des droits, contenus dans le code du travail. Pour supprimer ces droits, il faut supprimer les concepts qui les justifient.  Laurence Parisot avait organise dans les locaux du Medef à Wagram, un colloque de trois jours sur « la soumission librement consentie ». De même lorsqu’elle disait « la liberté de penser s’arrête là ou commence le code du travail ». S’agit-il de tout envoyer au civil, comme aux USA où le code fait 36 000 pages de ce fait ? Où il n’y a donc pas de protection particulière au contrat de travail. Le contrat sera comme entre bailleur et locataire, ou entre voisins égaux, pas entre un employeur et un subordonné, et les droits que donne le code du travail en contrepartie de la subordination seront non-invoquables. Est-ce cela qu’il faut débusquer en douce dans l’ordonnance ?

Soumis librement de votre plein gré, vous n’êtes plus en situation de réclamer des droits. Le contrat de travail qui est spécifique parce que les deux parties signataires sont réputées ne pas être égales serait requalifié en un contrat civil où elles le deviendraient. Il n’y aurait donc plus matière à invoquer un droit spécifique de protection des « contrats ».

———–

 

2°)  Bosser le dimanche pour pas un rond de plus !

Travail dominical et « en soirée »

Art.75 : AUTORISATION du PREFET pour « préjudice au public » ou au «  fonctionnement normal de l’établissement »

L’ancien article L.3132-21 (« Les autorisations prévues à l’article L. 3132-20 ne peuvent être accordées que pour une durée limitée. »), abrogé par la loi n°2009-974 du 10 août 2009, devient : « Les autorisations prévues à l’article L. 3132-20 sont accordées pour une durée qui ne peut excéder trois ans »

Art. 76 : DECISION DES MINISTRES

L’article L. 3132-24 (« Les recours présentés contre les décisions prévues aux articles L. 3132-20 et L. 3132-23 ont un effet suspensif. »), abrogé par décision du Conseil constitutionnel du 4 avril 2014, est réécrit avec une tout autre signification : ouverture le dimanche dans les « zones touristiques internationales » qui seront décidées par « les ministres du travail, du tourisme et du commerce »

Art.77 : Par la suppression des deux premiers alinéas de l’article L.3132-25 et son remplacement, on obtient :

Suppression de la procédure de détermination des « communes d’intérêt touristique » et des zones « touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente » par le Préfet, « après proposition de l’autorité administrative (maire ou préfet de Paris), après avis du comité départemental du tourisme, des syndicats d’employeurs et de salariés intéressés, ainsi que des communautés de communes, des communautés d’agglomération, des métropoles et des communautés urbaines, lorsqu’elles existent »

Alignement sur les zones « internationales » des conditions de l’autorisation de travailler le dimanche dans des zones désormais simplement nommées « touristiques ».

Ce qui, en clair, permet d’avoir le travail du dimanche à tous les coups : soit par un « accord collectif ou territorial », soit par « décision unilatérale de l’employeur », certes prise après référendum, mais on sait d’expérience quelle sera la marge de résistance possible des salariés dans un référendum organisé par l’employeur.

A noter la nouvelle notion d’ « accord territorial » qui est sans doute la plus défavorable pour les organisations syndicales du point de vue du rapport de forces (il s’agit des organisations syndicales « les plus représentatives dans la région concernée », comment seront-elles décidées ?)

Art. 78 : par la modification de l’article L.3132-25-1,

Les dérogations accordées par le Préfet dans les « unités urbaines de plus de 1 000 000 habitants » pour les « établissements de vente au détail qui mettent à disposition des biens et des services dans un périmètre d’usage de consommation exceptionnel caractérisé par des habitudes de consommation dominicale, l’importance de la clientèle concernée et l’éloignement de celle-ci de ce périmètre » deviennent  des dérogations pour « les établissements de vente au détail qui mettent à disposition des biens et des services situés dans des zones commerciales, caractérisées par un potentiel commercial » et cette dérogation se fera par « accord collectif ou territorial » ou « décision unilatérale de l’employeur »

Art. 79 : Modification de l’article L.3132-25-2.

La création (délimitation, modification) des zones « touristiques » (L.3132-25) et des zones « commerciales » (L.3132-25-1) est faite sur demande du maire ou du président de l’établissement public de coopération intercommunale et elle est décidée par le Préfet après plusieurs avis.

Art. 80 : Les contreparties pour les salariés fixées par l’actuel article L.3132-25-3 (repos compensateur, salaire doublé) sont modifiées.

Pour les autorisations d’ouverture le dimanche pour « préjudice au public » ou au «  fonctionnement normal de l’établissement », pour les « zones internationales », les « zones touristiques » et les « zones commerciales »,

Il faudra soit un « accord collectif ou territorial », soit une « décision unilatérale de l’employeur » qui fixe les contreparties.

Contrairement aux dispositions de l’actuel article L.3132-25-3, en cas de décision unilatérale de l’employeur le salaire ne sera pas doublé automatiquement pour les entreprises de moins de 20 salariés dans les « zones touristiques » (« Dans les établissements de moins de vingt salariés situés dans les zones définies à l’article L. 3132-25, la décision unilatérale de l’employeur peut fixer des contreparties différentes de celles mentionnées au III.). Et même si elles franchissent le seuil des 20 salariés (tiens, là ils veulent bien des seuils), elles auront droit au minimum à trois ans de délai… (application « à compter de la troisième année consécutive au cours de laquelle l’effectif de l’entreprise employé dans la zone atteint ce seuil »).

Art. 81 et 82 : pas de changement

Art. 83 : Modification de l’article L.3132-25-6

Le nouvel article ajoute encore une catégorie d’établissements qui pourront ouvrir le dimanche avec accord collectif ou décision unilatérale de l’employeur : les « établissements situés dans les emprises des gares ». »

Soit parce qu’ils sont dans une zone touristique internationale ou une zone touristique à potentiel soit une zone commerciale. Soit par « arrêté conjoint des ministres chargés des transports, du travail et du commerce »

Art. 84 : Modification de l’article L.3132-26

Le nombre de dimanches pouvant être supprimés par le maire passe de 5 à 12 !

Un ajout peu clair : « Cette suppression, est de droit pour cinq de ces dimanches. ». Cela veut-il dire que pour 5 dimanches, les établissements n’auront pas à demander la suppression ? Sans doute si on se réfère aux dispositions transitoires pour 2015 (Art. 86), où il est prévu que sur les 8 dimanches pouvant être supprimés par le maire, 3 devront être fixés par arrêté du maire « dans un délai maximum de deux mois après la promulgation » de la loi. Il est sans doute utile de rappeler que pour ces dimanches, le volontariat des salariés n’est pas de droit.

Art. 86 : Rien ne se perd.

Les anciennes zones créées par la loi n° 2009-974 du 10 août 2009 ne sont pas oubliées : Les « communes d’intérêt touristique ou thermales et les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente » deviennent « de plein droit » des « zones touristiques à potentiel » ; les « périmètres d’usage de consommation exceptionnelle » deviennent « de plein droit » des « zones commerciales ».

Art. 85 : Le travail de nuit devient « travail de soirée ». Plus belle la vie.

Ajout d’un article L.3122-29-1 qui permet aux établissements de vente au détail dans les « zones touristiques internationales » de faire travailler de nuit (de 21h à 24h) des salariés « volontaires » dès que l’employeur a obtenu un « accord collectif ».

 

 

Encart : en gros

« Le combat de 2012, c’est de préserver le principe du repos dominical, c’est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j’y veillerai ! »  François Hollande, le 17 avril 2012. A Lille.

 

 

“Nous aurons nos dimanches” Jean Jacques Goldmann

N’y a t il pas désordre dans les lois actuelles sur le repos dominical ?

Les décisions de justice sur le travail du dimanche, c’est vrai, sont contradictoires, les juges ont des opinions personnelles différentes sur l’ouverture du dimanche, et le laissent transparaître dans leurs décisions. Cela est rendu possible parce que le principe du repos dominical existe toujours, mais il y a trop de dérogations disparates et injustifiées depuis la loi Maillé-Sarkozy. On en arrive à ce que des juges condamnent les infractions à l’ouverture du dimanche, mais avec des astreintes insuffisamment dissuasives. D’autres donnent raison à un patron qui porte plainte contre les autres, et d’autres annulent ce jugement… Avant la loi quinquennale de décembre 1993-janvier 1994 il n’y avait que 3 dimanches d’ouvertures autorisés. Cette loi Giraud avait envisagé 12 puis 8 puis 7 puis 5 au lieu de 3. C’est donc un débat hasardeux et artificiel. Rappelons que c’était avant « la crise » cela n’est donc absolument pas nourri par l’actualité économique ou sociale. La loi Maillé, c’était pareil, il s’agissait en 2008 de déréguler pour déréguler afin de plaire au Medef, qui vise à casser « la semaine de 35 h » et de façon plus générale le « temps légal de travail ». Pareil pour le travail de nuit dans le commerce, qui n’a aucun intérêt économique, sauf de contribuer à « casser » les références journalières de limitation du temps de travail. Pour « simplifier » il faut rétablir le principe « interdiction du travail dominical » sauf dérogations nécessaires et motivées, contrôlées.

Quelle est actuellement la réalité du travail le dimanche ?


Sur 700 000 commerces, 22 000 sont ouverts légalement avec des dérogations préfectorales et municipales (zones touristiques, périmètres d’usage commercial exceptionnel…). Après ça, il y en a quelques milliers ouverts illégalement. L’enjeu du « oui » ou « non » au travail du dimanche dans tout le secteur du commerce concerne 4 millions de salariés concernés avec emplois induits. C’est énorme pour la vie de ces 4 millions de salariés.
5 % des salariés travaillent le dimanche de façon régulière (hôpitaux, feux continus, transports, loisirs, là ou c’est indispensable…) et 25 % travaillent occasionnellement. On dit que plus de 75 % des « sondés » seraient favorables à l’ouverture le dimanche, mais 85 % des « sondés » disent aussi qu’eux-mêmes ne veulent pas travailler ce jour là…  Les salariés de Leroy Merlin et Castorama ont été totalement organisés par leurs patrons : séances de formation avec des communicants sur leur temps de travail, déplacements payés, jours payés, transports et repas payés, T-shirts, banderoles, tracts payés. Ils habillent cela du mot « volontariat », mais le volontariat n’existe pas en droit du travail. Ce qui caractérise un contrat de travail est un « lien de subordination juridique permanent ». Aucun salarié de ce pays ne travaille le dimanche par « volontariat », mais parce que le patron le veut. En fait, mettre en avant des salariés qui « veulent » travailler le dimanche, c’est une manipulation complète.

Patrons et ministres invoquent relance de la consommation. Alibi ou réalité ?


C’est hors sujet. Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le samedi ou le lundi. Les portes monnaies ne sont pas extensibles en ces temps d’austérité. Les magasins ouverts en fraude, claironnent des chiffres d’affaires mirobolants majorés de 20 %… mais justement c’est parce qu’ils fraudent, violent la « concurrence » et se font de la « pub » en plus. Banalisé le travail du dimanche sera vite démonétisé, avec des magasins vides, ça coûtera plus cher et n’aura plus qu’un effet négatif pour les salariés, sans même une contre partie financière.

Et la sauvegarde des emplois ?

L’ouverture généralisée profiterait aux grandes chaînes contre les petits commerces qui en subiraient le contre coup : il a été calculé (DARES) que ce serait un solde négatif de 30 000 emplois perdus.

Un emploi du dimanche sera un emploi de moins le lundi.

Les grandes chaînes s’en tireront en embauchant des femmes pauvres et précaires ou des étudiants désargentés en turn-over permanent façon McDonald’s.
Ils « tenaient » les salariés pauvres en leur donnant des primes de 25 %, 30 %, 50 % parfois mais très rarement 100 % : ces primes n’étaient pas inscrites dans la loi. Il était question pour appâter les salaries de légiferer en leur faveur… Vu que les salaires sont trop bas, les pauvres n’ont pas le choix, ils courent après 30 euros et ça se comprend.

Mais c’est fini. L’ordonnance Macron prévoit qu’elles ne seront pas majorées légalement dans les entreprises de moins de 20 salariés, les plus nombreuses. (97 % des salaries à Paris…)

Et au-delà de 20 salariés une éventuelle majoration de salaire le dimanche ou en soirée, ce sera du domaine de la négociation, de l’accord..  donc aléatoire puis instable puis supprimable. Quand il sera certain que le dimanche le chiffre d’affaires est le plus bas de la semaine, quand les chalands ne viendront plus, les patrons diront que ca coute cher d’ouvrir le dimanche et refuseront toute prime.

Une nécessité économique dans les secteurs concernés ?

Il n’y a rien d’économique là-dedans, c’est idéologique : le patronat veut surtout déréguler la semaine et les durées du travail hebdomadaires. C’est pareil pour les ouvertures de nuit genre Sephora. Les touristes chinois qui restent six jours et demi à Paris en moyenne, ont tout le temps d’acheter dans la journée… ou en duty free à l’aéroport (surtout si l’aeroport est racheté par des fonds chinois) !  Ca ne fera pas un centime de chiffre d’affaire supplémentaire ! Ce qui sera acheté le dimanche ne le sera pas le lundi.

Le but réel du travail le dimanche est de remplacer la semaine de 35 heures par des horaires « à la carte » comme l’exige le Medef. Toutes les activités commerciales et annexes peuvent être concernées par la déréglementation voulue par le Medef : vendre du parfum et de la fringue le dimanche, quel sens cela a-t-il ?

Une question de société, de civilisation

Le dimanche, c’est un jour de repos collectif, socialisé, facilitant les rapports humains pour toutes les activités de loisirs, culturelles, associatives, citoyennes, familiales et même sportives ou religieuses. Il arrive qu’un étudiant veuille travailler le dimanche, mais ce ne durera pas pour lui, et plus tard, qui gardera les enfants, qui fêtera leur anniversaire si les parents travaillent le dimanche ? c’est un vandalisme anti social que de supprimer un jour de repos commun, collectif, point de rencontre POUR TOUTES ET TOUS dans la société.

Remplacer la civilisation du loisir par celle du caddie : le caddie du 7° jour pour les salaries a Auchan, et le caddie pour le patron au golf ce jour là.

Qui sont « les bricoleurs du dimanche » ?

Des braves gens qui pourraient faire leurs courses le vendredi après-midi s’ils bénéficiaient vraiment des 35 heures ou de la semaine de quatre jours.

Que défendent les syndicats hostiles au travail du dimanche ?


Le respect du principe du repos dominical voté en 1906 à l’unanimité par l’Assemblée nationale, et des dérogations limitées strictement aux nécessités. En vérité, on devrait réclamer le retour aux deux jours de repos consécutifs, dont le dimanche. La semaine de 5 jours (vers quatre jours de 8 heures) serait un minima et seule la réduction du temps de travail peut faire reculer le chômage de masse. Quant au salaire du dimanche dans les secteurs ou il est contraint et nécessaire ( santé, transports, loisir, restauration, alimentation, feux continus, etc…)  oui, le salaire devrait être doublé par la loi avec repos compensatoire.

Bien sur, il y a des travaux indispensables le dimanche, mais comme ceux de nuit, donc des « dérogations » précise et motivées doivent être accordées, à condition qu’elles soient bien encadrées, il faut qu’ils soient restreints et limités à ceux qui sont nécessaires et indispensable.

 

 

3°)  Vivent les prud’hommes

Les prudh’ommes c’est une belle justice spécifique du travail. C’est un lieu méconnu, inouï, incroyable, dont vous n’entendez jamais parler sur TF1. C’est une justice paritaire, de proximité, pauvre, longue, lente, en principe orale, elle est proscrite, dénigrée, négligée, grinçante, cruelle, elle n’intéresse pas les grands médias, pas même les romanciers ou les conteurs. Il s’agit pourtant de la justice du droit du travail..

« Des tribunaux qui insécurisent les employeurs » comme aime à dire Laurence Parisot. Des Cours de justice (élues par tous les salariés, y compris les immigrés) sur lesquels Sarkozy, Fillon, Dati, Larcher, puis Sapin et Rebsamen s’acharnent depuis dix ans, en limitant leur audience, en raccourcissant  les délais de saisine, en supprimant des moyens et du temps aux juges, en instaurant des plafonds de réparation des dols, et en supprimant les élections des conseillers syndicaux.

Chaque année, prés de 200 000 apprentis, salariés, en CDI, en CDD, intérimaires, ou licenciés, saisissent les 210 conseils de prud’hommes répartis sur le territoire français et leurs 14 512 conseillers. (Un tiers des conseils prud’hommes ont été supprimés par Rachida Dati, sous Sarkozy). 200 000 c’est peu, vu la fréquence réelle de la délinquance patronale, de l’exploitation et l’arbitraire qui règne. La justice du travail ne connaît pas de répit, elle rame, faute de moyens, de reconnaissance, elle est reléguée et maltraitée, à l’écart, aux confins des cités judiciaires. Pas de sang, pas de hurlement, pas d’assassin mais ça n’empêche pas la douleur, l’angoisse, la détresse face à un licenciement abusif, face à une sanction disciplinaire injuste, au non-paiement d’éléments de salaires ou de primes  indispensables à la vie au jour le jour. On y réclame des gros ou des petits dommages et intérêts, des jours de congés ou des heures supplémentaires impayées, parfois le simple paiement d’une carte Navigo (ce qui fut rendu impossible quand Sarkozy obligea le 1er octobre 2011 tout plaignant à payer une taxe préalable de 35 euros… pour accéder au tribunal. Ce qui a été heureusement supprimé par Christiane Taubira le 1er janvier 2014).

 

 

Encart

Lire « au cœur des prud’hommes » livre qui vient de paraître de Véronique Brocard (chez Stock) raconte ces audiences, pour tous ces anonymes, manutentionnaires, chef-coiffeuse, plongeur, prothésiste dentaire, masseuse, gardiens de musée,  prof, attachée de direction, représentants de commerces, femmes de chambre, maitres chiens, bonne de curée, nounou, artiste, maçon, employé ou cadres…  Plongez-vous vite dans ces bonnes pages … de la vie de notre salariat, vous savez, cette grande classe sociale qui produit toutes les richesses et qui n’en reçoit pas la part qu’elle mérite ! Car elle mérite de bons emplois solides, de bons salaires… et de la dignité.

 

Macron contre les Conseils de prud’hommes

 

De façon inattendue car on pensait avoir tout vu ou presque dans la volonté patronale d’étouffer la juridiction prud’homale, on a dans le projet MACRON un nouvel arsenal pour casser plus encore ce qui reste souvent le seul recours pour les salariés.

Les conseillers prud’homaux se voient soumis à un contrôle plus fort, une vraie tutelle ; leurs conditions de travail ainsi que le rapport de force pour les conseillers salariés sont dégradés ; se met en place une justice expéditive et forfaitaire répondant ainsi aux demandes constantes du MEDEF déjà avancées dans l’ANI du 11 janvier 2013 et la loi qui les ont consacrés :

1/ extension du pouvoir des juges départiteurs : « A sa demande, le juge départiteur assiste au moins une fois par an à l’assemblée générale du conseil de prud’hommes.

Par ailleurs, il peut réunir le président et le vice-président du conseil de prud’hommes ainsi que, le cas échéant, les présidents et vice-présidents de section. » (nouvel article L.1423-3)

Au point que la mise en extinction des prud’hommes est désormais prévu par le code du travail : « En cas d’interruption durable de son fonctionnement ou de difficultés graves rendant ce fonctionnement impossible dans des conditions normales et lorsqu’il n’a pas été fait application de l’article L. 1423-11, le premier président de la cour d’appel désigne le juge départiteur pour connaître des affaires inscrites au rôle du conseil de prud’hommes » (nouvel article L.1423-11-1)

2/ extension de la formation restreinte (2 conseillers au lieu de 4), sur demande du bureau de conciliation (rebaptisé pour ce faire « bureau de conciliation et d’orientation » par les nouveaux articles L.1235-1, L.1454-2, L.1454-4). Cette formation restreinte sur demande du bureau de conciliation et d’orientation (nouvel article L.1454-1-2) nécessite certes « l’accord des deux parties » mais sachant que cette éventualité est réservée aux cas où « le litige porte sur un licenciement ou une demande de résiliation judiciaire », soit 92% des cas de saisie des prud’hommes et que le projet a prévu comme carotte l’espoir (illusoire) de réduction des délais (« Le bureau de jugement statue dans un délai de trois mois. »), il est vraisemblable que cette nouvelle procédure sera largement utilisée. Avec comme conséquence inéluctable un engorgement supplémentaire et des jugements expéditifs encore plus défavorables aux salariés (outre que le temps d’examen joue en faveur des salariés, il n’est pas rare qu’un des conseillers salariés parvienne à convaincre l’autre de ne pas se rallier aux deux conseillers patronaux qui eux sont très rarement en désaccord).

3/ suppression possible de la case « bureau de jugement » au complet

a)                 si le bureau de jugement estime que la formation restreinte ne s’imposait pas, le salarié n’aura pas droit à un bureau de jugement au complet ! L’affaire sera renvoyée directement en formation de départage. (« En cas de partage ou lorsque le bureau de jugement estime que le dossier ne relève pas de la formation restreinte, l’affaire est renvoyée devant la formation de départage » nouvel article L.1454-1-2)

b)                si le bureau de conciliation et d’orientation le décide, le renvoi directement en formation de départage est de droit si « toutes les parties le demandent » ou bien en cas de partage du bureau de conciliation ! (« En cas d’échec de la conciliation, le bureau de conciliation et d’orientation peut, même d’office, en raison de la nature du litige, renvoyer l’affaire devant la formation de jugement présidée par le juge désigné en application de l’article L. 1454-2. Ce renvoi est de droit si toutes les parties le demandent

Lorsque la demande de renvoi formée en application de l’alinéa précédent n’émane pas de toutes les parties, l’affaire est de plein droit renvoyée devant la formation de jugement visée à l’alinéa précédent en cas de partage du bureau de conciliation et d’orientation sur cette demande » nouvel article L.1454-1-3)

 

Et, dans tous les cas, cette décision du bureau de conciliation et d’orientation se fera « par simple mesure d’administration judiciaire » en clair par oral, sans motivation obligatoire, sans jugement et sans recours possible ! (« Dans tous les cas, le bureau de conciliation et d’orientation se prononce par simple mesure d’administration judiciaire » nouvel article L.1454-1-3)

On peut aussi se demander quelle sera la composition de la formation de départage en cas d’absence d’un conseiller prud’homal car les dispositions actuellement prévues par décret sont supprimées par le nouvel article L.1454-1-3  (« L’article L. 1454-4 n’est pas applicable lorsque l’affaire est renvoyée devant la formation composée comme il est indiqué au premier alinéa »)

4/ Contrôle et organisation de la « démission » des conseillers prud’homaux

Par la modification de l’article L.1442-1, la loi MACRON organise un nouveau contrôle des conseillers prud’homaux : désormais, à l’agrément déjà prévu des organismes de formation des organisations syndicales (article R.1442-2) s’ajoute un contrôle des conseillers prud’homaux eux-mêmes sur leur formation initiale et même continue (« Les conseillers prud’hommes sont soumis à une obligation de formation initiale et continue. »).

La sanction est même prévue. Pas n’importe laquelle, en violation des principes fondamentaux du droit du travail, le conseiller prud’homal dont il sera estimé qu’il n’a pas rempli ses nouvelles obligations de formation sera considéré comme « démissionnaire » ! (« Tout conseiller prud’homme qui n’a pas satisfait à l’obligation de formation initiale dans un délai fixé par décret est réputé démissionnaire »)

Il peut ici être utile de se souvenir que l’ANI du 11 janvier 2013 avait déjà inauguré cette innovation juridique (pour la mobilité externe) qui décrète une démission en dehors de la volonté du salarié et sans passer par la case justice pour l’appréciation de cette « démission ». Chaque recul porte en germe le suivant.

5/ Une suspicion et un contrôle institutionnalisés (nouvel article L.1442-11)

Aux exigences d’indépendance et d’impartialité requises pour tout juge, la loi MACRON ajoute, pour les conseillers prud’homaux la « dignité » ( ?), la « probité » ( ?) et l’obligation de soumettre leur « comportement » à des exigences dont on appréciera la saveur : les conseillers prud’homaux devront agir de sorte qu’on (qui on ?) ne puisse nourrir le moindre doute « légitime » (c’est quoi le légitime ici ?) (« Les conseillers prud’hommes exercent leurs fonctions en toute indépendance, impartialité, dignité et probité, et se comportent de façon à prévenir tout doute légitime à cet égard. ») et de sorte qu’aucun « acte ou comportement à caractère public » ne vienne mettre à mal un devoir de « réserve » qui, jusqu’ici, n’était prévu par aucun texte. (« Ils s’abstiennent de tout acte ou comportement à caractère public incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions. »)

Pour le cas où les conseillers prud’hommes voudraient exprimer leur mécontentement de voir la justice prud’homale faire l’objet de tant d’entraves à son bon fonctionnement, la loi MACRON prévoit d’appliquer l’ordonnance du 22 décembre 1958 qui limite le droit de grève des juges professionnels (hormis les juges administratifs) d’une formule qui permet de sanctionner toute action : « Leur est interdite toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement des juridictions. »

Et pour corseter le tout, la loi MACRON prévoit tout simplement l’écriture, encadrée par un décret, d’un « recueil des obligations déontologiques des conseillers prud’hommes ».

6/ Des sanctions renforcées (nouveaux articles L.1442-13-1, L.1442-13-2, L.1442-13-3, L.1442-14, L.1442-16, L.1442-16-1, L.1442-16-2)

Les conseillers prud’hommes sont considérés par la loi MACRON comme des salariés soumis au pouvoir disciplinaire d’un employeur :

Le terme de « faute disciplinaire » est employé pour qualifier tout manquement grave ; une sanction nouvelle est créée, l’ « avertissement », censée ne pas être une sanction et étant donnée sans recours possible par le premier président de la cour d’appel (nouvel article L.1442-13-1) ; une procédure disciplinaire pour les actuelles « peines » (censure, suspension, déchéance), transformées en « sanctions disciplinaires », est organisée avec la création d’une « commission nationale de discipline » qui pourra y ajouter une nouvelle sanction, le « blâme ». La « déchéance » est également durcie puisqu’un conseiller prud’homme peut actuellement demander à en être relevé au bout de 5 ans (actuel article .L1442-18) alors que les nouvelles dispositions prévoient à la fois une déchéance définitive et une déchéance provisoire pouvant aller jusqu’à 10 ans.

Cela ne suffisait pas, le projet de loi MACRON introduit l’équivalent de la mise à pied à titre conservatoire pour les conseillers prud’hommes : le président de la commission nationale de discipline peut suspendre un conseiller pendant 6 mois s’il est soupçonné d’être passible de sanctions disciplinaires (dont une suspension de 6 mois…)

7/ La représentation deviendrait obligatoire en appel ! (nouvel article L.1461-1) et les défenseurs syndicaux, déjà très peu nombreux, pourraient avec un nouveau statut être introuvables aussi bien aux prud’hommes qu’en appel (nouveaux articles L.1453-4 à L.1453-4-5)

Un des prétextes pour cette nième attaque contre la juridiction prud’homale est qu’il y aurait trop d’appel des procédures engagées. Avec la représentation désormais obligatoire, on peut penser que le but recherché sera atteint : désormais les salariés devront soit prendre un avocat, soit trouver un défenseur syndical correspondant à la nouvelle mouture prévu par la loi MACRON.

Dans des conditions que fixerait un décret, les défenseurs syndicaux devraient désormais être présentés sur un liste par les organisations syndicales, ils devraient ensuite être acceptés par « l’autorité administrative » (on peut parier qu’il s’agira du fameux D.I.R.E.C.C.T.E). Et, pour les défenseurs syndicaux qui sont salariés dans une entreprise, alors même qu’ils n’ont pas de protection à ce titre contre leur licenciement, la loi MACRON prévoit qu’ils sont tenus au « secret professionnel pour toutes les questions relatives au procédé de fabrication » et tenus à une « obligation de discrétion à l’égard des informations présentant un caractère confidentiel et données comme telles par l’employeur. ». De ces obligations floues et dont on cerne mal le rapport avec les fonctions de défenseur syndical, la loi MACRON donne à l’employeur qui les juge méconnues la possibilité de faire radier, par l’autorité administrative, le défenseur syndical de la liste.

8/ Moins de juges pour juger et des juges « mieux » choisis (nouveaux articles L.1458-1 –étonnant car l’article L.1458 n’existe pas- et L.1454-2)

Outre les formations restreintes, la loi MACRON (sériel killer ?) innove en créant la notion de « litiges sériels ».

A discrétion du premier président de la cour d’appel ou du président de la chambre sociale de la cour de cassation (« simple mesure d’administration judiciaire »), sans possibilité de recours, il pourra ainsi être décidé de faire juger plusieurs affaires par un seul conseil de prud’hommes. Pour ce faire, il suffira d’invoquer « l’intérêt d’une bonne justice ».

A discrétion des mêmes, la désignation de ce superconseil de prud’hommes.

Et, pour faire bonne justice sans doute, ce superconseil pourra de lui-même renvoyer devant la formation de départage, renvoi qui sera « de droit si toutes les parties le demandent. »

Dans ce départage, les juges départiteurs qui relèveraient du T.G.I et non plus du tribunal d’instance seraient choisis sur critères par le président du tribunal de grande instance, critères dont on appréciera le souci incontestable d’une « bonne justice » : « prioritairement en fonction de leurs aptitudes et connaissances particulières ».

Le MEDEF peut être satisfait.

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4°)  Inspection du travail

L’inspection du travail a déjà vu son indépendance foulée au pied par le décret SAPIN de mars 2014.

Le projet d’ordonnance MACRON en est la suite que SAPIN n’avait pas eu le temps de terminer. Aussi est-il facile de voir ce que cache les intentions affichées par l’ordonnance à venir

(« 1° Renforcer le rôle de surveillance du système d’inspection du travail et réviser les modes de sanction en matière de droit du travail ; 2° Réviser la nature et le montant des peines applicables en cas d’entrave au fonctionnement des institutions représentatives du personnel de façon à créer un nouveau régime de sanctions dont l’application sera plus effective ; 3° Abroger les dispositions devenues sans objet et assurer la cohérence rédactionnelle des renvois au sein des codes. »).

Le changement pour les sanctions consiste, sous prétexte d’une meilleure efficacité, à passer des amendes pénales aux amendes administratives. Et le pouvoir de sanction passerait des mains de l’inspecteur du travail dans ceux du D.I.R.E.C.C.T.E dont il est nécessaire de cerner nomination, fonctions, et profil qui en découle pour voir le sourire du MEDEF derrière cette prétendue avancée. Le D.I.R.E.C.C.T.E, créé en 2009 est le Directeur Régional des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi, un titre qui résume la place que l’inspection du travail occupe désormais (les agents de contrôle ne représentent qu’un quart des effectifs) et sa subordination aux intérêts des employeurs. Les Directeurs régionaux de ce regroupement interministériel sont choisis pour leur aptitude à servir les entreprises et à accompagner leurs objectifs : sur les 22, 9 ne viennent pas de la filière Travail-Emploi, et les 13 de cette filière, quand ils ne sont pas issus de l’ENA ou n’ont pas été manager chez Arcelor-Mittal, ont depuis longtemps quitté la section d’inspection pour les soutiens divers aux entreprises. Et la recodification scélérate du Code du travail en 2008, soigneusement rédigée pendant deux ans par les petites mains du Medef, leur a transféré des pouvoirs autrefois attribués aux Directeurs Départementaux et même aux Inspecteurs du travail.

 

Pour les peines applicables pour entrave aux fonctions des délégués du personnel, des membres du comité d’entreprise, du C.H.S.C.T et des délégués syndicaux, changer la « nature » des peines fait craindre le pire quand on le rapproche de « l’application sera plus effective ». Plaider coupable, amende administrative ?  Dans les deux cas, le patronat échappe au procès-pénal et accède à tous les arrangements possibles entre amis.

 

Enfin, l’expérience de la recodification en 2008 permet de prévoir que l’abrogation des dispositions « devenues sans objet » vaut qu’on y regarde de plus près, ainsi que les « renvois au sein des codes », la recodification de 2008 ayant éclaté le code du travail en de multiples codes, permettant ainsi de ne plus assurer le même droit pour tous les salariés.

 

La loi MACRON n’oublie pas de supprimer d’ores et déjà quelques attributions des inspecteurs du travail.

 

Ce qu’elle ne donne pas encore, aux D.I.R.E.C.C.T.E, elle l’octroie aux juges qui vont remplacer « l’autorité administrative » (nouveaux articles L.2312-5, L.2314-11, L.2314-31, L.2322-5, L.2324-13, L.2327-7) ou même directement « l’inspecteur du travail » (nouveaux articles L.2314-20 et L.2324-18)

 

Ces transferts de décision ne sont pas anodines :

 

L’actuel article L.2312-5 permet à « l’autorité administrative » de décider de la mise en place de délégués du personnel dans les établissements de moins de 11 salariés, mais sur un site où sont employés plus de 50 salariés (centres commerciaux par exemple). Jusqu’à la recodification de 2008, l’autorité était le directeur départemental du travail, depuis ce pouvoir a été transféré à l’indispensable D.I.R.E.C.C.T.E.  A défaut d’accord électoral avec les organisations syndicales, le D.I.R.E.C.C.T.E décide du nombre et de la composition de collèges électoraux ainsi que du nombre de sièges et de leur répartition entre les collèges. Des questions souvent très importantes qui font souvent la différence entre avoir un délégué qui soit vraiment un délégué du personnel ou bien un délégué du patron.

Transférer ces décisions relatives aux élections à un juge n’est sans doute pas de bon augure : outre l’asphyxie judiciaire, les décisions de la hiérarchie de l’inspection du travail étaient au moins préparées par les agents de contrôle compétents.

 

Le même transfert (nouveaux articles L.2314-11, L.2324-13) est prévu pour toutes les élections de délégués du personnel dans les établissements de plus de 11 salariés et pour les élections au comité d’entreprise dans les entreprises de plus de 50 salariés

 

Passerait également à l’autorité judiciaire (nouveaux articles L.2314-31, L.2322-5, L.2327-7) la reconnaissance d’un « établissement distinct » qui permet d’organiser dans une entreprise autant d’élections de délégués du personnel ou de membres de comité d’établissement qu’il y a d’établissements considérés comme distincts du point de vue de la gestion du personnel. Un enjeu parfois important dans de grandes ou moyennes entreprises, pouvant permettre à l’employeur de peser sur le choix des délégués.

 

Enfin, l’inspecteur du travail perd au profit du « juge judiciaire » (une formule nouvelle introduite dans la recodification de 2008 qui, déjà, prévoyait derrière ce terme générique la disparition à terme des juges prud’homaux, car dans la plupart des articles du code, juge judiciaire voulait évidemment dire juge des tribunaux d’instance ou de grande instance) les décisions de dérogation aux conditions d’ancienneté pour les électeurs et les éligibles aux élections de délégués du personnel et des membres du comité d’entreprise. Au passage, le juge ne sera apparemment plus obligé pour cette décision de consulter les organisations syndicales pour les élections de délégués du personnel et seulement pour les éligibles pour les élections aux comités d’entreprise.

 

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« Dialogue social »

 

Derrière cet euphémisme qui cache depuis des lustres le monologue patronal ou le duo qu’il forme avec le gouvernement, le projet de loi MACRON a inscrit : les dispositions précédentes de dessaisissement de l’inspection du travail, qui n’a aucun rapport ; un gadget (la transmission rapide des PV des élections professionnelles aux organisations syndicales), destiné sans doute à nourrir les divisions et distractions qui sont l’effet des nouvelles règles de représentativité ; et enfin l’ajout de la possibilité pour les entreprises, conséquences de l’ANI du 11 janvier 2013, de réduire désormais le « dialogue social », par exemple pour les licenciements pour motif économique à la fourniture au comité d’entreprise de la « base de données unique » dont le contenu limitatif est fixé par décret. Il eut été plus logique de verser ce prétendu progrès dans la rubrique intitulée par le projet MACRON « Simplifications pour les entreprises »

 

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« Simplifications pour les entreprises »

Pour pouvoir se soustraire à l’obligation d’embaucher des travailleurs handicapés, les employeurs pouvaient déjà passer des contrats à des « entreprises adaptées », des « centres de distribution de travail à domicile », des « établissements ou services d’aide par le travail.

Le projet de loi MACRON voit plus loin (articles L.5212-6 et L.5212-7-1) : désormais, il suffirait de faire appel :

-  à des personnes que l’employeur ne paierait pas et qu’il n’aurait pas l’obligation d’embaucher (« personnes handicapées pour des périodes de mise en situation en milieu professionnel dans les conditions fixées par les articles L. 5135-1 et suivants » – la mise en situation en milieu professionnel est issue d’une loi scélérate du 5 mars 2014 qui permet de fournir de la main d’œuvre gratuite sous couvert de « découvrir un métier »,  de « confirmer un projet professionnel » ou d’ « initier une démarche de recrutement »)

-  ou à des non salariés (« travailleurs indépendants handicapés »), ce qui constituera sans nul doute une occasion supplémentaire de travail non déclaré.

 

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Lutte contre la prestation de service internationale illégale

On en est à 350 000 « travailleurs détachés » sur le territoire francais, faute de contrôles suffisants et de sanctions assez fortes. On trouve à Clermont-Ferrand des ouvriers du bâtiment pour 2,86 euros de l’heure, et en Gironde on vient d’en découvrir à 2,22 euros de l’heures payés 7 jours sur 7,  travaillant 11 h 30 payés 8 h. Ce sont des salariés que des patrons français surtout du bâtiment, qui touchent du CICE, et des millions d’aides de l’état, font venir de Hongrie, de Bulgarie, ou de Roumanie en les payant, au tarif de là-bas en matière de salaire brut, de cotisations sociales. C’est illégal au regard du droit francais, mais le gouvernement le ministre du travail et de l’intérieur laissent faire. Il parait tous les jours des annonces de pseudo agences d’intérim qui proposent aux « employeurs » (délinquants) des salariés roumains ou bulgares « souples, à faibles couts », et « en toute qualité et légalité ». Elles ecrivent sans etre sanctionnées : c’est « la solution pour vos recrutements » par le « détachement de personne » au titre de l’article L 1262-1 du Code du travail. Elles affirment que l’utilisateur n’aura « rien à gérer » et qu’elles se chargent de toutes les formalités, dont la déclaration de détachement auprès de l’inspection du travail ». Elles mentent : « vous n’aurez aucune formalité à accomplir, pas de bulletin de salaire, pas de déclaration URSSAF, pas de cotisation sociale ». Les règlements se feraient sur la base d’une « facture hebdomadaire » et cela serait possible, dans les métiers du bâtiment (carreleurs, plaquistes, maçons, couvreurs, plombier, électriciens), de l’hôtellerie (femmes de ménages, serveurs, plongeurs) les métiers du bois (menuisier, charpentiers..) les métiers de service (aide soignante, chauffeur, jardinier, secrétariat) les métiers de l’industrie…

En fait elles jouent les intermédiaires entre des sociétés bidon de là-bas (que parfois, elles créent elles mêmes) et des sociétés d’ici pour court-circuiter l’emploi local. Parfois ce sont des cache sexe de grands patrons français. Elles imposent que ne soit payé ici qu’un Smic net, et non pas le Smic brut sous prétexte que la partie liée à la protection sociale serait prise en charge dans le pays d’origine…

En fait, on pourrait les contrôler, les sanctionner et empêcher ce grossier trafic de main d’œuvre à bas prix. On peut en effet, partir du fait que c’est le droit du travail français qui s’applique sur notre territoire, qu’il faut des « déclarations préalables à l’embauche », respecter les conventions collectives en matière de salaire, et forcément payer le Smic brut sur le bulletin de paie personnalisé (lequel n’est pas une facture hebdomadaire). On peut, en effet… avoir une inspection du travail forte et indépendante avec des effectifs et moyens suffisants pour dresser suffisamment de procès-verbaux suivis de condamnations des tribunaux correctionnels assez massives et brutales pour dissuader ces trafiquants.  Mais encore faut-il en avoir la volonté politique : car il s’agit de s’en prendre aux donneurs d’ordre notamment les gros « majors » du bâtiment qui tirent fortune de ce trafic infâme. Qu’attend-on pour mener une campagne combinée, syndicats, inspection du travail, police, juges et mettre fin à ce scandale en renforçant la loi. En allant jusqu’au bout, viser le donneur d’ordre, en haut : quand un pseudo travailleur détaché est découvert dans un chantier Bouygues que ce soit Bouygues qui soit sanctionné ! Mais non Macron rend plus compliqué la traque de ce trafic, et supprime les sanctions pénales contre les employeurs.

Le projet de loi MACRON a eu raison de ne pas inscrire cette question dans la rubrique « Simplification ». Il s’agit ici (nouveaux articles L. 1263-3 et L. 1263-4) de l’organisation du laisser-faire pour les infractions au détachement illégal de salariés.

 

Si un agent de contrôle constate des infractions au salaire minimum, à la durée du travail ou « des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », il doit…donner un « délai » (qui sera fixé par décret…) à l’employeur pour se mettre en règle !

Si rien n’est fait au terme du délai, l’agent de contrôle doit…faire un « rapport administratif » à l’ « autorité administrative » (non désignée par le projet de loi, mais ce sera le D.I.R.E.C.C.T.E).

Celui-ci, au vu de ce rapport et « eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés » pourra, par « décision motivée » suspendre la prestation en question pour « une durée ne pouvant excéder un mois » ; il met bien sûr fin à la mesure si l’employeur justifie de la cessation de ses manquements ; et si l’employeur refuse de suspendre son activité, il peut fixer une amende administrative mais avec circonspection : il doit en effet tenir compte, non seulement les « circonstances et la gravité du manquement » mais aussi le « comportement de son auteur ainsi que ses ressources et ses charges ». Les employeurs ne sont décidemment pas des citoyens comme les autres.

5°)  Médecine du travail

Macron avait prévu de supprimer la médecine du travail, mais cela, semble t il est renvoyé a une loi parallèle de Thierry Mandon dite « de simplification » du code du travail et qui supprime celle-ci en douce.

La médecine du travail a été progressivement usée, déconsidérée, et le Medef veut l’abattre totalement.

Tous les arguments sournois et stupides sont utilisés : la médecine du travail serait déjà inutile ou asphyxiée, les médecins du travail seraient déjà en voie de disparition ou bien déjà vendus au patronat, la santé au travail serait déjà tellement mise à mal que ce serait un combat d’arrière-garde, il faudrait tellement la « moderniser » que, finalement, elle serait à ranger au rayon des vieilleries !

Hé, bien non, il faut une médecine de prévention, une  spécialité médicale, ancrée sur l’étude, le suivi des conditions de travail au sein même des entreprises. La médecine du travail n’est pas « généraliste » c’est une spécialité concentrée sur la connaissance pratique des postes, des atmosphères, des cadences, des risques psychosociaux au travail. Oui, la médecine du travail est déjà mal en point, oui, il manque déjà 600 médecins, et 1700 d’entre eux partent en retraite de façon imminente, oui certains centres font des visites de routine, ou bien « ratent » des gros problèmes de santé, faute de moyens et de suivi… mais cela provient d’une mauvaise gestion délibérée, du numerus clausus, de la démobilisation idéologique et pratique orchestrée par le patronat autour de la santé au travail.

Gattaz ne veut il pas aussi supprimer les CHSCT ?

Pourtant depuis 1998, c’est aux patrons de payer les conséquences des risques qu’ils font courir à leurs salariés ! Ce n’est pas à eux de contrôler la façon dont ces risques sont pris en charge,   combattus, et soignés !  Il faudrait davantage de médecins, davantage de visites, davantage de moyens, d’examens, au plus près de chaque entreprise, de chaque branche, de chaque métier, il faut dépister les maladies professionnelles et chaque accident sur le terrain, et tout cela doit échapper totalement au contrôle des patrons ! Ce n’est pas aux profiteurs de diriger les services de santé au travail, c’est aux exploités et à leurs syndicats, leurs institutions représentatives de les gérer. Les médecins doivent être totalement libres et indépendants dans l’exercice déontologique de leurs fonctions.

Voilà pourquoi PCF, PS, Europe-Ecologie Les VERTS, PG, NPA, LO, FASE, GU, CGT IEG, Solidaires, FSU, SNPTS, SSMT, Attac, Copernic, appel des 21 000 dont 1100 médecins et inspecteurs du travail bataillaient en 2011 pour défendre la médecine du travail ! (Cf D&S en 2001 :  http://www.non-mort-médecine-travail.net/

Des considérations générales du projet de loi Macron (« mesures relevant du domaine de la loi relatives à la constatation de l’inaptitude médicale et à ses conséquences au regard du salarié et de l’employeur, ainsi qu’au regard de l’organisation des services de santé au travail et des missions des personnels concourant à ces services, notamment celles des médecins du travail en vue de déterminer des priorités d’intervention au bénéfice d’une application plus effective du droit du travail dans les entreprises. ») ainsi que de l’ « étude d’impact » de la loi MACRON, on peut déduire le sort réservé à la médecine du travail.

L’étude d’impact a l’avantage de donner à voir les soubassements des changements législatifs :

-  il est expliqué clairement que l’obligation légale de la visite d’embauche ne peut être effectuée car il manque de médecins du travail et que « les employeurs sont donc dans une situation d’insécurité juridique » car la Cour de cassation sanctionnerait « lourdement » le non respect de l’obligation de sécurité.

-  La larme vient également aux paupières quand il est expliqué que les médecins du travail rédigent beaucoup trop d’avis d’aptitude comportant des restrictions d’aptitude ou des aménagements de poste (plus d’un million par an), pas toujours clairement (« difficultés d’interprétation ») et surtout empêcheraient par ce biais tout licenciement ! (« Tant que l’avis mentionne l’« aptitude », aucun licenciement ne peut être envisagé même si l’employeur est dans l’incapacité de suivre les recommandations et propositions du médecin du travail.”).

 

Dès lors, les « enjeux » selon l’étude d’impact, sur ces deux points : « Sécuriser les employeurs » et les solutions qui sont envisagées : moins de visites, moins de visites faites par les médecins (on ferait appel à « d’autres professionnels ») ; des avis d’aptitude faits par des « collaborateurs médecins » et un encadrement voire une suppression des « réserves ».

Au total, licencier plus et plus vite pour inaptitude, tel est la sécurisation recherchée par le projet de loi.

Mandon propose pour « simplifier »… des visites tous les quatre ans, et qu’elles puissent etre faites par les médecins généralistes..

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6°)  Amélioration du dispositif de « sécurisation de l’emploi » sic ?

L’ANI du 11 janvier puis la loi du 14 juin 2013 facilitaient déjà les licenciements. Le 5 juillet 2013, les personnels des DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) ont été formés sur les nouvelles règles d’encadrement des PSE découlant de la loi du 14 juin de « sécurisation de l’emploi » issue de l’ANI.

Ce jour-là, sous l’autorité de Pierre-André Imbert, Conseiller au cabinet de Michel Sapin et de Jean-Denis Combrexelle, Directeur général du travail (DGT), Nadine Richard, chef de mission au fonds national de l’emploi (DGEFP), avait détaillé l’article 18 de la loi relative à la refonte du licenciement économique collectif et les DIRECCTE ont reçu pour consigne de se tenir à la disposition des entreprises pour qu’un accord puisse exister face a chaque PSE (plan de licenciements). L’objectif a été fixé : « zéro refus d’homologation ou de validation des PSE ».

C’est là que s’est mis en place une complicité assez inouïe et scandaleuse du ministère du travail avec les licenciements et l’extension du chômage. Michel Sapin et François Rebsamen, a contrario de leurs discours officiels qui prétendaient « inverser » la courbe du chômage, en fait, ont opté pour donner des « preuves d’amour » aux patrons : accepter tous leurs plans de licenciements. Zéro refus !

Pour la loi Macron, il s’agit en effet d’améliorer la loi scélérate du 14 juin 2013 qui a copié-collé l’ANI du 11 janvier 2013 qui, sur cette question, avait déjà beaucoup sécurisé…les licenciements. Le projet MACRON améliore cette sécurité-là.

En effet, après avoir dessaisi la justice civile et transféré à l’administration (le D.I.R.E.C.C.T.E) le soin de mettre dans un délai expéditif un coup de tampon (validation si accord collectif ou sinon « homologation »  du plan unilatéral de l’employeur), le but du MEDEF semblait atteint tant il craignait peu un simple regard sur la procédure de la part d’un directeur Régional si peu indépendant. Hélas, quelques tribunaux administratifs, saisis par des recours, ont osé critiquer ces coups de tampon trop expéditifs. Qu’à cela ne tienne, ce que MEDEF et Commission européenne veulent doit être exaucé sans traîner ; alors, si des tribunaux appliquent la loi d’une façon qui leur déplaît, on change la loi.

 

1/ Grâce à la loi du 14 juin 2013, l’employeur pouvait déjà, sur les quatre critères de choix des licencié(e)s, retenir prioritairement le critère qu’il voulait, par exemple le critère arbitraire de la « qualité professionnelle » au détriment des critères sociaux (charges de famille, âge, handicap, ancienneté). Le projet MACRON permet à l’employeur, en modifiant l’article L.1233-5 du Code du travail, de moduler même les critères choisis en  les fixant « à un niveau inférieur à celui de l’entreprise ». En clair, pouvoir choisir de licencier qui on veut, où on veut.

2/ Le projet MACRON simplifie les « petits licenciements » (de 2 à 9 salariés) dans les entreprises de plus de 50 salariés : plus besoin pour le D.I.R.E.C.C.T.E de vérifier si les représentants du personnel ont été « réunis, informés et consultés » selon les dispositions légales et conventionnelles, si les obligations relatives aux mesures sociales ont été respectées, et si les mesures pour éviter les licenciements et pour faciliter le reclassement « seront effectivement mises en œuvre » (nouvel article L.1233-53)

 

3/ Le projet MACRON simplifie les efforts de reclassement pour les grandes entreprises implantées sur plusieurs pays : elles n’auront plus l’obligation de chercher un reclassement en dehors du « territoire national » (nouvel article L.1233-4).

Le lien avec la disposition suivante qui est modifiée est peut-être subtil : en effet, le projet MACRON n’impose plus à ces grandes entreprises de demander au salarié dont le licenciement est envisagé  s’il accepte de recevoir des « offres de reclassement » à l’étranger, il impose une humiliation supplémentaire au salarié à qui il revient désormais de « demander à l’employeur » de recevoir des « offres d’emploi situés hors du territoire national disponibles dans l’entreprise ou dans le groupe auquel elle appartient. »

Outre l’humiliation, un décret doit préciser les modalités d’application de ce nouvel article L.1233-4-1 du Code du travail : recevoir une offre de reclassement est-elle la même chose que recevoir une offre d’emploi disponible ?

4/ Le projet MACRON simplifie beaucoup les licenciements dans les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire en modifiant l’article L.1233-58.

En effet, «  au regard des moyens dont dispose l’entreprise », en clair au regard de son expertise en trémolos, elle pourra désormais s’exonérer de ses obligations prévues par les pourtant tout récents articles L.1233-61 à L.1233-63 : faciliter le reclassement des salariés, notamment des âgés et des fragiles.

En outre, pour les entreprises qui font partie d’un groupe, il n’y aura plus d’obligation de formation, d’adaptation et de reclassement au niveau du groupe, mais seulement « dans l’entreprise ». L’employeur, l’administrateur ou le liquidateur est simplement invité à « solliciter » les entreprises u groupe pour avoir une liste de postes disponibles.

 

5/ Le projet MACRON simplifie beaucoup le licenciement sans retour et sans indemnités des salariés pour lesquels le tribunal administratif aurait annulé la décision de validation ou d’homologation du plan de licenciement.

L’actuel article L.1235-16 prévoit qu’en dehors du cas où le tribunal administratif annule la décision du D.I.R.E.C.C.T.E pour « absence ou insuffisance » du plan de sauvegarde de l’emploi (ce qui entraîne la nullité de la procédure de licenciement), l’annulation pour un autre motif entraîne soit la réintégration du salarié, soit, en cas de refus de l’employeur, le versement d’une indemnité qui ne peut être inférieure aux salaires des six derniers mois.

Désormais, par la modification de ce tout récent article L.1235-16, si la décision de l’administration a été cassée pour « insuffisance de motivation », on est un peu dans Ubu : la loi prévoit benoîtement que l’administration « prend une décision suffisamment motivée »…( !) ; que le jugement du tribunal administratif ne modifie pas la « validité du licenciement »… et donc « ne donne pas lieu au versement d’une indemnité à la charge  de l’employeur ».

7°)   Insécurisation des représentants du personnel

Le dossier de presse remis le 10 décembre pour la présentation du projet MACRON permet de savoir, enfin, ce qui se cachait derrière la volonté, discrètement affichée, de modifier la sanction pénale pour les entraves au droit syndical et aux fonctions de représentant du personnel (DP, CE , CHSCT) : rien de moins que la suppression de la peine d’emprisonnement associée jusqu’ici au délit d’entrave (« susceptible de dissuader les sociétés étrangères d’investir dans les entreprises françaises… »).

 

Et, peut-être plus encore, suppression de toute peine pénale, la formulation du dossier de presse (« les sanctions pénales associées au délit d’entrave au fonctionnement des instances représentatives du personnel seront remplacées par des sanctions financières. ») pouvant laisser entendre que les sanctions financières pourraient n’être plus qu’administratives…

 

Le délit d’entrave devient moins sanctionnable

Est-ce si choquant qu’un patron qui fait entrave aux lois d’ordre public social concernant l’instauration et le fonctionnement des institutions representatives du personnel, (comité d’entreprise, délégués du personnel…) soit punissable de peines de prison ? Cette peine figurait dans le Code du travail.

En fait, les juges n’ont jamais prononcé de peine de prison pour délit d’entrave. Mais la menace existait quand même. En mai 2010 deux dirigeants de l’usine Molex, appartenant à un groupe américain, avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse pour ne pas avoir informé les représentants du personnel avant d’annoncer la fermeture de l’usine.

Certains grands patrons étrangers auraient dit leur inquiétude face à ce risque pénal, exceptionnel et si peu appliqué. Leurs avocats auraient souvent agité ce chiffon rouge, leur conseillant la plus grande prudence et les mettant en garde contre « la tentative de délit d’entrave ». Evidemment on nous raconte, sans preuve, non pas que cela aurait dissuadé certaines entreprises de violer nos droits, mais que cela les aurait empêchées de s’installer en France.

Aussi, le président de la République lui-même a t il annoncé lors du deuxième « conseil stratégique de l’attractivité » ouvert aux patrons étrangers qui s’est tenu le dimanche 19 octobre à l’Elysée. que cet article du droit pénal du travail serait annulé. « Les peines pénales associées au délit d’entrave, qui parfois même pouvaient être des peines de prisons qui n’étaient bien sûr jamais prononcées mais qui néanmoins pouvaient inquiéter, seront remplacées par des sanctions financières, et c’est mieux qu’il en soit ainsi »,

Macron execute cette volontés présidentielle pro patronale. En contrepartie de la suppression de cette peine, le ministre du Travail avait envisagé que les contraventions, aille au-delà des modestes 3.750 euros actuels. Mais quel niveau d’amende sera assez dissuasif envers des actionnaires milliardaires lointains pour leur faire respecter notre droit du travail ?

Poser la question c’est y répondre : si la menace de prison n’était qu’un chiffon rouge, l’amende les fera rire. Une fois de plus, on est loin du Francois Hollande au Bourget, menacant la délinquance financière : “La République vous rattrapera”. Au moment de prendre leur decision de fermer, pour causes boursières, des entreprises, rien ne sera plus capable, même à l’état de menace, d’empêcher les spéculateurs de ne pas consulter les salariés.

 

8°)  On peut gagner dans l’unité et battre le projet de loi Macron :

Il y a cette fois des centaines de députés qui peuvent voter contre. Plus de 120 députés dont 10 ministres actuels, se sont opposés au travail du dimanche en décembre 2008. On vient de le leur rappeler. Mais il faut argumenter serré, sur le fond. En detail.

Le rejet du travail du dimanche, ce n’est qu’une accroche, une approche de la loi. Mais c’est aussi une entrée : on peut convaincre aussi contre le “travail en soirée”. Et pour proteger les prud’hommes et l’inspection… On peut souligner que faciliter les licenciements, c’est faciliter le chômage…

Donc il y a possibilité de victoire à l’Assemblée. Certes la menace de dissolution avait été formulae par Francois Hollande et la menace d’exclusion par Jean-Christophe Cambadelis au moment du possible non-vote sur le budget 2015 et sur la LFSS… (cf argumentaire ci après sur la possibilité d’équilibrer les comptes de la sécu…)

Mais là, contre la loi Macron, un coup de force retrograde par ordonnance, il doit être possible de rassembler assez de députes conscients et courageux pour la rejeter. C’est donc significatif que le gouvernement envisage de procèder par ordonnance et menace de 49-3.

Mais cette fois, le PS, en tant que tel, est officiellement opposé à l’ordonnance et à son contenu sur plusieurs points : le travail du dimanche et en soirée notamment. Et, derriere sur les questions des seuils sociaux, de la déréglementation du droit du travail… Il y a aussi de fortes oppositions et contradictions : la Mairie de Paris par exemple, à reculons, recherche le compromis à 7 dimanches, cinq de moins.

Et la pression syndicale est grande, et il y a une certaine unité là-dessus. Comme sur le reste de l’ordonnance Macron, il y a place pour une réaction unitaire syndicale. C’est souhaitable, comme en Belgique.

La preuve de la faiblesse de l’ordonnance où loi Macron c’est qu’elle a déjà été épurée lorsqu’elle est passée une premiére fois en Conseil des ministres :  elle a été diminuée de 160 articles à 107, et probablement ca va continuer. Ce qui n’enleve pas les dangers : ils annoncent des lois ad hoc sur l’inspection du travail, ou sur la medecine du travail qui complèteront le dispositif, mais elles seront votes à part, pour masquer les plus méchants des projets.

Et si cette loi Macron est cadeau au Medef, si elle est le complement des 41 milliards de CICE… le Medef n’en est pas du tout reconnaissant au gouvernement ! Il manifeste même contre lui ! Contrairement à ce que prétend Manuel Valls sur les televisions  (démentant Macron qui, lui, a reconnu, un temps, l’échec du Pacte de responsabilite) il n’y a pas 7 signatures de branches mais une seule (la branche chimie et elle n’apporte aucun emploi).

Enfin, la loi va arriver sur le bureau des Assemblées vers les 20 ou 22 janvier 2015. Elle sera discutée tout au long de février et mars. Or on est à deux mois des cantonales. Des metiers et branches vont se mobiliser pendant les mois a venir…Une poussée syndicale a de fortes chances d’être entendue. Encore faut il que toutes les forces de gauche s’associent pour créer un climat d’indignation et de lutte dés janvier.

La gauche socialiste sera en pointe, c’est une occasion pour elle de s’unifier en pratique, sur le terrain, à la veille du depôt des motions pour le congrès du Parti socialiste des 6 et 7 juin.

 

 

SECURITE SOCIALE : LE DEFICIT DE LA BRANCHE MALADIE DU « PIPEAU »

Les médias régulièrement nous parle du déficit de la branche maladie de la sécurité sociale pour l’année 2013 il serai de 14 milliards  c’est du pipo .

Le plus important de nos trois budgets, le budget de la protection sociale, 450 milliards ne génère de toute façon que 10 % de la dette présumée du pays.

Mais même ces modestes 10 %, (le budget de l’état, c’est 78?5 % de la dette présumée, faute de recettes) ça peut se régler.

Tout le monde sait que l’état et les grandes entreprises doivent de l’argent à la sécurité sociale ; mais même avec ses dettes et avec le chômage tel qu’il est aujourd’hui la sécurité sociale pourrai tout rembourser a cent pour cent et tout prendre en compte les frais de santé sans qu’il en coute un centime de plus ni aux salariés ni aux patrons

Ceci a été démontré par le professeur André  GRIMALDI lors d’un débat en décembre 2012 il suffirait que touy ce que particuliers et employeurs donnent aux complémentaires santé (assurances et mutuelles) ils le donnent à la branche maladie

DEMONSTRATION : il y a en France 30 millions de personnes qui ont une complémentaire santé et qui payent en moyenne 100 € par mois de cotisation (certain payent moins mais d’autre bien plus) dans ses 100 € compter ce que certaines entreprises prennent en charge une partie de la cotisation (ce sera obligatoire à compter du 1 Janvier 2016, 50 % par le patron 50 % par le salarié)

ALORS 100€ X 30 millions  d’adhérents = 3 MILLARDS PAR MOIS SOIT 36 MILLIARDS PAR AN

Il le disait dans son interview : pourquoi la sécurité sociale ne pourrait pas faire ce que font les complémentaires santé ?

D’autant- qu’il rappelait que les frais de fonctionnement sont de 4 % pour la sécurité sociale alors qu’ils sont de 15 a20 % pour les complémentaires santé

OUI MAIS VOILA CE SERAIT LA DISPARITION DES ASSURANCES QUI SE FONT PASSER POUR DES MUTUELLES ET CELA LES LOBBYES N’EN VEULENT PAS

N’OUBLIONS PAS QUE CETTE PROPOSITION N’EST NI PLUS NI MOINS QUE CE QUE VOULAIT LE CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE ET QUI N’A PAS PU ETRE MIS EN PLACE A CAUSE DE L’OPPOSITION DES « MUTUELLES »

Si vous voulez plus d’informations pour ceux qui ont internet tapez sur votre moteur de recherche :  YOUTUBE CONFERENCE DE CHARLES RAMAIN SUR LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE

IHS CGT RHôNE BOURSE DU TRAVAIL PLACE GUICHARD LYON 69003

 


REPONSE A JEAN- CHRISTOPHE CAMBADELIS (JDD, 7 déc)

Ce dimanche 7 décembre 2014, le JDD publie une interview de JC Cambadélis, 1er secrétaire du Parti Socialiste. Je voudrais répondre point par point.

Jusqu’ à ce jour, Cambadélis prenait bien soin de distinguer le parti dont il est le 1er secrétaire de l’Exécutif, en apportant son appui au gouvernement, quelque fois exprimant des divergences, à Martine Aubry, tout en ménageant les « frondeurs ».

Il faisait tout pour apparaitre comme l’homme d’un rassemblement allant de Manuel Valls à Martine Aubry en passant par Fabius et envisageait  une motion de l’ensemble du secrétariat national où se trouvent d’ailleurs des aubrystes éminents par ailleurs membres du collectif Vive la Gauche.

J’étais de ceux et je n’étais pas le seul parmi mes amis de Vive la gauche à refuser ce rassemblement des contraires, mais c’était habile de la part de Cambadélis. Je mesurais les trésors de pédagogie qu’il aurait fallu déployer auprès de certains militants qui auraient pu se laisser abuser par cette manœuvre.

Avec l’interview du JDD Cambadélis lève le masque et c’est un tout autre langage.

Jean-Christophe Cambadélis : « Ce qu’il faut, c’est se tourner vers la réussite de ce quinquennat ».

réponse : On est tous d’accord sur ce point, mais nous, Vive la gauche, pensons que si la politique du gouvernement Valls-Macron continue, c’est vers un échec de ce quinquennat que nous allons. Le rejet de la politique gouvernementale s’est déjà marquée avec force lors des élections municipales, européennes et des législatives partielles.

Nous estimons que seul un changement de politique qui aurait dû avoir lieu beaucoup plus tôt, mais il n’est pas encore trop tard, doit intervenir avec une relance, des investissements publics et une hausse du pouvoir d’achat, en un mot en revenir à nos fondamentaux les 60 engagements de François Hollande et le discours du Bourget

Jean-Christophe Cambadélis : « Une victoire d’une ligne alternative serait un référendum anti-Valls».

réponse : Pourquoi une telle victoire constituerait-elle un référendum anti Valls? Si le 1er ministre, en démocrate, s’inclinait devant la ligne nouvelle de son parti  et décidait en lien avec le Président d’appliquer cette politique, après avoir remanié son gouvernement, il pourrait rester. Si, comme on peut le penser, il n’estimait pas cela possible, il démissionnerait et le Président nommerait un nouveau ou une nouvelle premier(e) Ministre.

Jean-Christophe Cambadélis : Il y aurait alors « une crise institutionnelle à quelques mois des régionales »

réponse : Pourquoi y aurait- il une crise institutionnelle? De quelle crise institutionnelle, d’ailleurs, parle Cambadélis ?

S’agirait-il d’une crise dans le Parti socialiste ? Dans un grand parti démocratique comme le PS, un congrès comme celui de juin 2015 déterminera la ligne politique et élira ses dirigeants en fonction de cette ligne. Si cette ligne n’est pas celle du 1er secrétaire sortant, ce sera la loi de la démocratie. Jean-Christophe Cambadélis imagine-t-il qu’il sera le seul candidat à cette fonction ? Il sait très bien que ce ne sera pas le cas,  alors inutile de brandir des sabres de bois.

S’agirait-il d’une crise au sommet de l’Etat ? Périodiquement (par exemple lors du vote de confiance) il est fait un chantage à la dissolution. Ce chantage n’a aucun fondement à moins d’estimer que François Hollande procéderait à une dissolution, dans une situation pire que celle de 1993, avec pour résultat l’élection de quelques 30 ou 40 députés socialistes. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian, imageait dans un raccourci saisissant la dissolution de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac en 1997 : « On était dans un appartement avec une fuite de gaz. Chirac a craqué une allumette pour y voir clair… »  Peut-on imaginer que François Hollande ferait le choix, dans la conjoncture actuelle,  de craquer une allumette ?

Comment laisser entendre que la victoire d’une motion alternative à la politique de Manuel Valls pourrait avoir une influence néfaste sur les régionales de fin 2015, alors que c’est précisément la perpétration de la politique actuelle qui serait la cause d’un nouvelle déroute électorale

Enfin Jean-Christophe Cambadélis utilise des expressions inadmissibles pour qualifier les militants et les propositions de cette motion alternative.

Ce serait des « gauchos » (on dirait du Le Guen) ? Est- il besoin de dire qu’il n’y a rien de « gauchiste » dans les propositions par exemple de Vive la gauche. J’attends avec intérêt les réactions d’un Jean-Marc Germain, membre de Vive la gauche, qualifié ainsi de « gaucho ». Mesuré à la même toise, le Hollande du Bourget aurait été un « gaucho », pour Cambadélis.

Nos propositions seraient  » futiles« , enfourcheraient  » un cheval fou » alors que ses propositions à lui, Cambadélis, seraient  » utiles et justes ».   Ben voyons !!!!!  Nous avons sous les yeux le résultat de leur utilité et de leur justesse.

Pour terminer Cambadélis assène : Ce serait « censurer un gouvernement Valls auquel tout le monde- ou presque a participé ».

réponse : Je n’ai pas le souvenir d’y avoir vu ni Martine Aubry ni Emmanuel Maurel ni Marie-Noëlle Lienemann, ni le Front de gauche, ni EELV. Et s’il s’agit de Benoît Hamon, d’Arnaud Montebourg ou d’Aurélie Filipetti, Jean-Christophe Cambadélis sait très bien dans quelles conditions ils sont partis.

 

JP (merci à…)