Utiliser le bulletin Macron, en se pinçant le nez, pour barrer la route à l’extrême droite

 

Cet article paraîtra, mardi, dans la lettre hebdomadaire de D&S.

J’ai pensé, cependant, qu’il serait bon qu’il puisse contribuer, grâce aux camarades de D&S qui seraient d’accord avec les arguments développés, à alimenter les discussions, lors des manifestations du 1er mai.

Cela m’a paru d’autant plus nécessaire que je ne suis pas du tout sûr qu’il serait possible d’avoir beaucoup de discussions, le 1er mai 2018 si, par malheur Marine Le Pen l’emportait.  Les seules manifestations autorisées auraient toutes les chances d’être celles qui auraient pour objet la glorification de Jeanne d’Arc et les seules banderoles admises, celles des syndicats « Front national ». A moins, bien sûr, de prendre au sérieux la « dédiabolisation » du Front national.

Il est possible, également, d’espérer que la grève générale balaierait l’extrême-droite aussitôt son arrivée au pouvoir. Je ne suis pas sûr, cependant, que cette perspective soit le fruit d’une bonne appréciation du rapport de force entre les classes sociales, aujourd’hui, dans notre pays. Il me paraît impossible de faire courir un risque aussi considérable au salariat. La politique du pire est toujours la pire des politiques et je suis persuadé qu’aucun camarade de D&S ne la défend.

Amicalement,

JJ C

 

 

Utiliser le bulletin Macron, en se pinçant le nez, pour barrer la route du pouvoir à l’extrême droite

Par Jean-Jacques Chavigné

 

Beaucoup, à gauche et dans les syndicats, s’interrogent sur la possibilité de voter blanc ou de s’abstenir. C’est un point du vue parfaitement respectable. Tout le monde réfléchit et peut changer d’avis jusqu’au 7 mai, avant 19 h ou 20 h.

 

Nous sommes, de toute façon, d’accord sur un point essentiel : si Macron l’emporte, l’unité contre lui, devra se faire entre tous ceux qui s’opposent à sa politique d’agression contre le salariat,  qu’ils aient décidé de voter Macron ou qu’ils aient décidé de voter blanc, comme de s’abstenir.

 

La question de fond qui se pose, cependant, à nous, dans l’immédiat, est de décider s’il faut considérer que la dangerosité de Macron est la même que celle du Front national. L’objectif de cet article est de montrer que ce n’est pas le cas et que le Front national est beaucoup plus dangereux que Macron pour l’indépendance des organisations syndicales, les libertés publiques et les droits des salarié(e)s, des jeunes, des retraité(e)s, des minorités déjà discriminées.

 

Il n’y a, pour autant, aucune illusion à se faire et il faut appeler un chat un chat et une calamité une calamité. Les dirigeants de la gauche ayant été incapables de s’unir au 1er tour de la présidentielle, les électeurs de gauche, n’ont plus le choix, au second, qu’entre deux calamités : Le Pen et Macron.

 

 

Les calamités Le Pen et Macron sont loin, cependant, d’avoir la même dangerosité

Macron taperait à coups redoublés sur le salariat, les chômeurs, les jeunes, les retraités, imposerait la baisse des dépenses publiques et la hausse des dividendes. En accentuant les politiques néolibérales de Sarkozy et de Hollande, il généraliserait la pauvreté, la précarité et ouvrirait un boulevard au Front national en 2022. Mais, même divisées et affaiblies, les organisations syndicales indépendantes pourraient continuer à s’exprimer et le mouvement social aurait, encore, la possibilité de se mobiliser contre Macron. La gauche aurait le temps de se reconstruire et de s’unir pour opposer une alternative à l’extrême droite.

Les coups de Le Pen contre le salariat seraient encore plus durs.  Le FN s’acharnerait à le diviser et à  démanteler les organisations syndicales indépendantes du patronat et de l’État. Son objectif est la construction d’un « État fort » qui mettrait danger nos libertés publiques.  Le mouvement social serait tétanisé par la prolifération de syndicats Front national, l’interdiction et la répression violente de toute manifestation. La reconstruction de la gauche aurait toutes les chances de devoir se faire dans les catacombes ou, pour le moins, dans des conditions extrêmement difficiles. Il deviendrait de plus en plus difficile de faire lâcher le pouvoir à l’extrême droite : il n’y a guère d’exemples, dans l’histoire, où elle y a renoncé de son plein gré.

 

Macron et la calamité néolibérale

Il n’y a pas la moindre illusion à se faire sur Macron. C’est un homme politique de la droite néolibérale la plus dure, économiquement et socialement. Les marchés ne s’y sont pas trompés : le lendemain de son arrivée en tête au 1er tour de la présidentielle, le CAC 40 augmentait de 4 % (sa hausse la plus importante depuis 2013) et les valeurs bancaires de 8 %.

L’ancienne présidente du Medef, Parisot, se voit déjà à la tête du premier gouvernement de Macron.

 

Le programme de Macron prévoit une baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % à 25 %, une exonération d’impôt sur la fortune pour les patrimoines de valeurs mobilières, une pérennisation du CICE sous la forme d’une diminution de 6 à 10 points des cotisations sociales patronales. La lutte contre l’optimisation fiscale et les paradis fiscaux n’y a aucune place.

Macron aligneraient les régimes de retraites de la fonction publique et des services publics, sur le régime général, c’est-à-dire vers le bas, pour obéir aux injonctions de la très néolibérale Commission européenne. Les salaires bruts ne seraient pas augmentés et la baisse des cotisations sociales des salariés serait financée par une augmentation du taux de la CSG sur les retraites. L’exonération de la taxe d’habitation ne pourrait être financée que par une augmentation de la TVA. Un chômeur ne pourrait pas refuser plus de deux emplois « décents », même s’il est payé 25 % de moins que son précédent salaire et Macron a toujours refusé de se prononcer sur le montant des allocations chômage, leur durée et leur dégressivité.

Dès juillet, Macron aggraverait, par voie d’ordonnances, la catastrophique loi El Khomri.

 

Le nombre de fonctionnaires diminuerait de 120 000 : 70 000 pour les collectivités territoriales, 50 000 dans la fonction publique d’État. Les dépenses publiques diminueraient de 60 milliards d’euros, aux dépens de la Sécurité sociale, des allocations chômage et des services publics.

L’objectif de Macron est de généraliser le travail précaire, le travail à temps partiel, les travailleurs pauvres, les travailleurs « ubérisés », pour augmenter, toujours plus, les dividendes des actionnaires.

L’avenir qu’il nous réserve est celui des huit millions de salariés qui subissent les « minijobs » à 450 euros par mois en Allemagne ou celui des salariés « bénéficiant » d’un contrat « zéro heure » au Royaume-Uni.

 

Le Pen et la calamité identitaire, liberticide

Après l’élection de Marine Le Pen à la tête du FN, en 2011, les médias dominants s’extasiaient sur la « dédiabolisation » de ce parti. Au même moment, sa nouvelle présidente consolidait ses positions à l’intérieur du FN, en s’alignant sur l’orthodoxie frontiste : rôle central de la « préférence nationale », dénonciation du « remplacement pur et simple de la population française »… [if !supportFootnotes][1]

La filiation du FN permet de comprendre pourquoi, malgré de nombreuses difficultés, ce dernier a pu tenir le choc pendant plus de 40 ans.

Les fondateurs du FN, en 1972, incarnaient (au sens propre du terme) cette filiation : des vétérans du PPF de Doriot et de la Waffen-SS, aux militants d’Ordre nouveau, en passant par les anciens de l’OAS et l’Union et Fraternité Française de Pierre Poujade.

C’est cette filiation qui a fourni au FN son ossature idéologique et son encadrement militant : de Victor Barthélémy (ancien bras droit de Doriot) au GUD, en passant par le « néofasciste » François Duprat, l’ancien d’Occident et d’Ordre nouveau Carl Lang, le « révisionniste » Bruno Gollnish … [if !supportFootnotes][2][endif] En catastrophe, avant le second tour de la présidentielle, le FN a dû changer de « président par intérim », Jean-François Jalkh se retrouvant publiquement accusé d’avoir tenu des propos négationnistes.

 

Ces racines du Front national se sont nourries de deux terreaux. D’abord, les politiques néolibérales menées depuis 30 ans, qui n’ont cessé (à l’exception de l’intermède Jospin) d’alimenter le chômage de masse. Ensuite, le terreau d’un imaginaire « sudiste » analogue à celui des « petits Blancs » aux États-Unis. Cet imaginaire imprègne toute la société française, du nord au sud. Il est le signe « d’un état d’esprit, d’une mentalité particulière apparue en France dans les combats désespérés pour la sauvegarde de l’Algérie française » Une mémoire coloniale, reconstruite et embellie, va progressivement se muer en une mémoire de revanche et d’exigence d’un « retour » de tous les « Arabes », qu’ils soient ou non Français pour l’état-civil : « Puisque les Algériens ont voulu l’indépendance de l’Algérie, pourquoi sont-ils en France et comment osent-ils réclamer encore l’égalité citoyenne » [if !supportFootnotes][3][endif]

Le programme social des « 144 engagements de Marine Le Pen » n’est qu’un miroir aux alouettes.

Son 10ème engagement, en supprimant l’obligation d’être un syndicat « représentatif » pour pouvoir se présenter au premier tour des élections professionnelles, a pour fonction essentielle de permettre la construction de syndicats FN dans les entreprises et la fonction publique. Le FN a essayé, en vain, d’y parvenir pendant des années, mais la loi s’y opposait. Il veut donc changer la loi.

Après avoir divisé en profondeur le salariat avec la « priorité » nationale et s’être employé à démanteler les syndicats indépendants du patronat et de l’État (en l’occurrence, l’État FN) le Front national n’aurait plus, comme l’a toujours fait l’extrême droite, qu’à jeter ses mesures « sociales » aux oubliettes.

Ces mesures n’auraient eu  pour seule fonction que de lui permettre d’arriver au pouvoir. Marine Le Pen aurait pourtant laissé de nombreux indices de ce qui adviendrait de ses mesures « sociales » : en appelant, par exemple, à interdire les manifestations contre la loi El Khomri ou, sur le parking de Whirpool, le 26 avril, en tirant dans le dos de l’intersyndicale (CFDT, CGT, CGC…) qu’elle qualifiait de « deux ou trois personnes qui ne représentent qu’eux-mêmes ».

 

Le FN n’est pas l’UKIP britannique qui s’est effrayé de sa victoire au Brexit et n’a pas cherché à arracher le pouvoir aux Conservateurs. Le FN veut le pouvoir. Si Le Pen l’emportait à la présidentielle, le FN utiliserait la menace d’une « vague bleu Marine » aux élections législatives, pour recomposer la droite, sous son hégémonie.

Le principal objectif du FN est l’instauration d’un « État fort ». La France serait « libre »… mais pas ses habitants. C’est le leitmotiv de toutes les extrêmes droites, pour lesquelles l’individu doit s’effacer devant une entité supérieure : la nation, l’État, une identité nationale fantasmée…

La Constitution de la Vème République a été élaborée et ratifiée sous la pression du coup d’État militaire de 1958 à Alger. Elle comporte de nombreux articles qui permettraient de remettre en cause les libertés publiques, bien au-delà de l’état d’urgence, notamment l’article 16. Le FN ajouterait à cette effrayante panoplie la possibilité de multiplier les « référendums » à l’initiative de seulement 500 000 citoyens, sur tous les sujets, y compris la peine de mort. Comment envisager de laisser le pouvoir au Front national avec une telle Constitution ?

 

L’opposition virulente entre le « eux » et le « nous », a toujours été le fondement de la politique du FN, de son « identité nationale ». Il a rompu avec l’antisémitisme de ses débuts, mais c’est pour mieux opposer les « Français de souche » aux « Musulmans ».

Avec l’arrivée du FN au pouvoir, le danger serait grand de voir passer à l’action les adeptes de la théorie du « Grand Remplacement » [if !supportFootnotes][4][endif] qui agitent le fantasme de la substitution d’une population d’origine maghrébine et sub-saharienne à une population d’origine européenne. Le « plan de désarmement des banlieues » du FN ne pourrait qu’encourager tous les nostalgiques de la « bataille d’Alger » à passer à l’action. Les menées de tous ces fanatiques, combinées à la politique discriminatoire du FN, risqueraient fort d’embraser les « banlieues » et les « quartiers ». La menace d’une véritable guerre civile serait omniprésente.

Ne pas attendre des autres qu’ils fassent ce qu’on ne fait pas soi-même

Certains, à gauche, estiment que de très nombreuses forces politiques appellent à voter Macron et que Le Pen ne pourra qu’être battue. Il serait donc possible de s’abstenir ou de voter blanc. C’est une position difficile à défendre : comment demander aux autres de faire ce qu’on ne veut pas faire soi-même ?

Le résultat n’est pas acquis d’avance, loin s’en faut.

Comme l’a montré son intervention sur le parking de Whirpool, Marine Le Pen est une agitatrice qu’il ne faut pas sous-estimer. Une agitatrice qui n’hésite pas à utiliser, avec cynisme et démagogie, le désarroi de salariés menacés de perdre leurs emplois.

Le Pen a beau jeu de qualifier Macron de « trader » et d’épingler son mépris pour tous ceux qui ne portent pas de « costard ».

Que Dupont-Aignan se rallie à Le Pen, c’est aussi un évènement qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer.  Dans un paysage politique qui semblait quelque peu figé, ce ralliement fait bouger les lignes et peut déclencher un effet « boule de neige ».

Une bonne partie des électeurs de Fillon voteront Le Pen, même si certains hésitent encore.  L’Église catholique, contrairement à 2002, se refuse à prendre position. « Sens commun » et « La manif pour tous » clament à tout vent qu’il n’est pas possible de voter Macron.

 

Le score obtenu par Le Pen, même battue, aurait indubitablement une grande importance.

Avec plus de 40 % des suffrages, le FN ferait plus que doubler ses résultats de 2002, réussirait à percer le fameux « plafond de verre » et pourrait commencer à recomposer la droite sous sa direction, afin d’aborder l’élection présidentielle de 2022, dans de bien meilleures conditions qu’en 2017. Le ralliement de Debout la France est un signe de très mauvais augure : c’est la première fois qu’au second tour de la présidentielle, un parti de droite annonce son soutien au FN. En 2002, seul le MNR de Bruno Mégret, une autre organisation d’extrême droite, avait appelé à voter pour lui.

 

Surtout, pas de « front républicain » !

Toutefois, mettre un bulletin Macron dans l’urne pour battre le FN, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen pour y parvenir, n’implique en rien un soutien à ce politicien de droite ou un quelconque « front républicain ».

Voter pour Macron le dimanche et le combattre dès le lundi nous est imposé par les institutions de la Vème République qui ne permettent qu’à deux candidats d’être présents au second tour de la présidentielle.

Valls appelle à donner les moyens de gouverner à Macron, lors des élections législatives qui suivront. Si Macron était élu, il faudrait tout faire, au contraire, pour qu’il n’ait pas de majorité à l’Assemblée nationale. Il utiliserait aussitôt cette majorité (obtenue, sans doute, avec l’appui d’une partie de la droite) pour taper à bras raccourcis sur le salariat.

La meilleure façon de l’empêcher d’obtenir cette majorité serait de ne pas reproduire l’erreur de la présidentielle et de rassembler la gauche, de Hamon à Mélenchon.

[if !supportFootnotes]

 

[endif]

[if !supportFootnotes][1][endif]- Voir : « Les faux-semblants du Front National » – Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Meyer – Édition SciencesPo – 2015.

[if !supportFootnotes][2][endif]- Voir : « Dans l’ombre des Le Pen – Une histoire des numéros 2 du FN » – Nicolas Lebourg, Joseph Beauregard – Édition nouveau monde 2012.

[if !supportFootnotes][3][endif]- « Les mémoires dangereuses - De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui » – Benjamin Stora avec Alexis Jenni – Éditions Albin Michel 2016.

[if !supportFootnotes][4][endif]- Voir : Renaud Camus « Le Grand Remplacement » – Éditions David Reinharc – Novembre 2011.

 

 

le « vrai » travail ? pour le 1er mai cinq ans après

Le « vrai » travail ?

Le “vrai” travail ? Celui des 600 accidents mortels, des 700 suicides, des 4500 mutilés au travail par an ? Celui des droits violés, des licenciements sans motif et des heures supp’ impayées ?

Le « vrai » travail ?  Celui des maladies professionnelles, des 100 000 morts de l’amiante, TMS, surdité, cancers, qui augmentent, sont sous-déclarées, sous réparées.

Le « vrai » travail ? Celui dont Sarkozy a diminué le niveau des indemnités journalières en cas d’arrêt forcé pour accident du travail ?

Le “vrai” travail ? 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents vasculaires par an dont entre 1/3 et 50 % liés au travail…

Le “vrai” travail ? Ce jeune ascensoriste de 26 ans écrasé par l’engin qu’il réparait, à cause de la compétition sauvage « libre et non faussée » entre Otis, Koné, Schindler et Thyssen

Le “vrai” travail ? Et les milliers d’ouvriers désamianteurs que Sarkozy laisse en ce moment mourir sans protection par refus d’un moratoire alors que de récentes études scientifiques ont découvert des nouvelles fibres cancérogénes ?

Le « vrai » travail ? Celui de l’ouvrier de 55 ans devant son marteau piqueur ?   De l’instituteur de 62 ans pour sa 41e rentrée devant sa classe d’enfants ?   De l’infirmière qui soigne encore à 65 ans ?   De ceux pour lesquels le travail est devenu si pénible physiquement et mentalement depuis le report de l’âge de la retraite ?

Le “vrai” travail ? Celui des mini-jobs, des stages, des 800 000 emplois saisonniers, des millions d’intérims et de CDD à répétition ?  Celui des millions de précaires ? « La vie, la santé, l’amour sont précaires…  pourquoi le travail ne le serait-il pas? » (Parisot)

Le « vrai » travail ? Celui des millions de travailleurs pauvres qui n’arrivent pas à se loger et à vivre décemment avec leurs salaires, ceux qui dorment dans mobiles homes, qui mangent des pâtes à partir du 10 du mois, et n’ont de la viande que 3 fois par mois, que les « franchises » empêchent d’aller chez le toubib, et qui ne peuvent se payer ni le dentiste ni des lunettes  ?

Le “vrai” travail ? Celui des travailleurs handicapés exclus du dispositif retraite anticipée et pour lesquels les patrons paient une faible taxe plutôt que de les embaucher

Le « vrai » travail ? Celui du milliard d’heures supplémentaires non déclarées, non majorées, non payées attribuées à ceux qui ont un boulot au détriment de ceux qui n’en ont pas ?

Le « vrai » travail ? Celui des femmes qui gagnent 27 % de moins que les hommes ?  85 % des temps partiels sont des femmes non qualifiées, ont elles un « vrai » travail ?

Le « vrai » travail ? Celui des jeunes à 25 % au chômage et à 80 % en CDD ?

Le « vrai » travail ? Celui des immigrés, forcés à bosser sans droits et sans papiers par des esclavagistes et marchands de sommeil bien franchouillards ?

Le « vrai » travail  ? Celui des seniors licenciés, 2 sur 3 à partir de 55 ans et qui ne peuvent cotiser que 35 annuités alors que 42 sont exigés dorénavant pour une retraite décente ?

Le « vrai » travail ? Celui du partage féroce et forcé du temps de travail entre sur-travail sous-travail et sans-travail, avec des centaines de millions d’heures supplémentaires, trois millions de temps partiels à 60 % subi,  cinq millions de chômeurs ?

Le « vrai » travail ? Celui des 1 à 4 millions de travailleurs du dimanche (essentiellement des femmes pauvres et précaires), des 4,3 millions qui travaillent de nuit, de ceux qui subissent des horaires postés, 3X8, 4X8, modulés, annualisés, flexibilisés au détriment de leur vie de famille ?

Le « vrai » travail ? Celui des restaurateurs dont 1 sur 4 utilisent des clandestins, non déclarés dans le fond de leur cuisine ?

Le “vrai” travail ? Celui  d’exploitants agricoles qui tuent des inspecteurs du travail pour pouvoir abuser d’immigrés clandestins ?  Tandis que des petits agriculteurs et ouvriers agricoles exploités par les intermédiaires et grands commerces survivent dans la misère.

Le “vrai” travail ?  Celui des manœuvres, la « viande » que méprisent les contremaîtres dans les grosses entreprises de BTP ?

Le “vrai” travail contre le droit du travail ?  Celui qui ne fait jamais grève, qu’on ne voit jamais manifester, qui n’est pas syndiqué, qui piétine son collègue ? Le pauvre exploité apeuré qui  souffre, se tait, et approuve son patron comme une dinde qui vote pour Noël ?

Le “vrai” travail « sans statut » ? « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail » selon Mme Parisot. Et la mise à mort du statut de la Fonction publique par une « RGPP » indigne ?

Le « vrai » travail ? Pas celui des fonctionnaires, car naturellement ces gens-là ne travaillent pas… ce sont des boulets improductifs selon Sarkozy.

Le « vrai » travail… sans loi ?  Celui sans état de droit dans les entreprises,  sans protection des contrats,  sans promotion dans les carrières, sans garantie de l’emploi ?

Le « vrai » travail sans protection sociale ? Sans salaire brut, sans cotisations, ce que Sarkozy rebaptise « charges sociales » et qu’il veut abaisser, le Medef réclamant leur suppression?

Le « vrai » travail ? Celui des conventions collectives, vieillies, foulées aux pieds par un patronat qui ne les négocient plus ?

Le “vrai” travail sans syndicat ?  Mais sans syndicat,  il n’y aurait rien, pas de Smic, pas de durée légale, pas de congés payés, pas de sécurité sociale, pas de code du travail

Le « vrai » travail  ?  Sans CHSCT, sans hygiène sécurité, sans médecine du travail renforcée et indépendante, sans inspection du travail, alors que Sarkozy a affaibli toutes ces institutions  ?

Le « vrai » travail ? Celui sans délégué du personnel, sans comité d’entreprise, sans CHSCT, sans institution représentative du personnel ?

Le “vrai” travail ? à France Télécoms, des dizaines de suicides, faute inexcusable du patron de combat qui licencie, stresse, harcèle, casse.

Le “vrai” travail ? Parlons en ! Stress, risques psychosociaux, harcèlement, souffrances, suicides, chantage à l’emploi, management de combat ?

Le « vrai » travail ? Celui sans justice qui remet en cause les élections prud’hommes et taxe de 35 euros ceux qui sont obligés de les saisir pour faire valoir leurs droits

Le “vrai” travail ? Les travaux les plus durs sont les plus mal payés, restauration, nettoyage, transports, entretien, industrie.  Dans le bâtiment, 1,1 million bossent surexploités, maltraités, mal payés, accidentés, et meurent sans retraite.

Le « vrai » travail ? Celui des 900 000 foutus dehors par « rupture conventionnelle » de gré à gré sans motif et sans mesure sociale ?

Le « vrai » travail ?  Celui soumis au chantage à l’emploi, aux licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, boursiers et incontrôlés ?

Le « vrai » travail ? Celui soumis à la spéculation de la finance, des fonds de pension cyniques et rapaces, celui des Molex, de Sea France, de Gandrange et Florange, de Continental, Freescale, de Lejaby, de Pétroplus, ou des Fonderies du Poitou, de toutes celles et ceux qui ont du se battre pour le garder ?

Le « vrai » travail ? Celui des auto-entrepreneurs, un million en théorie, la moitié en réalité, qui se font exploiter comme faux salariés, à bas prix et sans protection sociale ?

Le « vrai » travail ?  Celui des fausses externalisations, de la fausse sous-traitance, du marchandage, du prêt illicite de main d’oeuvre, des marchés truqués  ?

Le “vrai” travail ? Celui qui bosse dur pour survivre misérablement ou celui qui exploite dur les autres pour vivre dans des villas dorées, avec des millions d’euros cachés aux Iles Caïman ?

Le “vrai” travail ? Celui des actionnaires, des rentiers, des riches, des spéculateurs, traders ou autres banksters du Fouquet’s qui gagnent 600 SMIC par an en dormant ?

Le travail n’a jamais enrichi personne, ce qui enrichit c’est d’exploiter le « vrai » travail des autres.

Le « vrai » travail ? Celui de Maurice Lévy patron qui se ramasse 16 millions d’euros d’argent de stocks option de poche pillés sur les richesses produites par les salariés et des patrons qui s’augmentent de 30 % par an.

 

Les « 144 engagements » de Marine Le Pen : un volet social, un volet identitaire, un volet TPE-PME, un volet État fort, un volet à l’usage de la Finance et des grands groupes.

La lecture du programme présidentielle de Marine Le Pen a un goût de déjà vu, quelque chose de banal qui devrait nous inquiéter. Ses « 144 engagements » se déclinent en 7 parties : de « Une France libre » (sic) à « la France durable » où le Front national s’essaie au patriotisme écologique, tout en refusant la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Une lecture transversale de ce programme permet d’y voir beaucoup plus clair dans ce catalogue, volontairement insipide, en mettant en évidence les cinq véritables volets qui le structurent : un volet social, un volet identitaire, un volet TPE-PME, un volet État fort, un volet à l’usage de la Finance et des grands groupes.

1-Le volet social

Le programme de Marine Le Pen n’a plus grand-chose à voir avec celui de son père dans les années 1980, son électorat ouvrier et employé l’oblige à avancer des mesures très différentes.

Les « 144 engagements » préconisent : la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation, le retrait de la loi El Khomri, le maintien des 35 heures, le dégel et la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, la préservation du statut de la fonction publique, le maintien de la SNCF et de la Poste dans le service public, la garantie du remboursement des soins,  l’augmentation des effectifs de la fonction publique hospitalière, la création d’un 5ème risque pour la Sécurité sociale (la dépendance), le refus de toute hausse de la TVA et de la CSG, le maintien de l’ISF, une baisse de 10 % sur les trois premières tranches de l’impôt sur le revenu…

Pour trois raisons, ces mesures n’auraient, cependant, pas la moindre chance d’être mises en place.

1-Aucun moyen de financer ces mesures n’est prévu

Les 144 mesures prévoient la baisse de l’impôt sur les sociétés, la baisse de l’impôt sur le revenu, la baisse des droits de mutation, la baisse des cotisations sociales… La dette publique et ses intérêts continueraient à être payés rubis sur l’ongle. Comment les mesures sociales du Front national pourraient-elles être financées ?

Leur financement repose sur trois fantasmes : le « coût » de l’immigration, une taxe de 3 % sur les importations (les autres pays liraient le journal et n’instaureraient pas une taxe du même type…), la possibilité pour la Banque de France de distribuer la nouvelle monnaie nationale, par hélicoptère.

2- Le salariat serait profondément divisé et affaibli par la mise en œuvre du volet identitaire du FN

Or, aucune mesure sociale importante n’a eu lieu sans qu’elle ait été accompagnée de luttes sociales de grandes ampleurs (40 heures en 1936, Sécurité sociale en 1945, délégués syndicaux en 1968, 39 heures et retraite à 60 ans en 1981, 35 heures en 1999).

3-  L’indépendance des syndicats subirait une attaque brutale

L’ « engagement n°10 » supprime l’obligation d’être un « syndicat représentatif » pour pouvoir présenter des candidats au 1er tour des élections professionnelles. Ce serait la porte grande ouverte aux syndicats patronaux et aux syndicats FN.

Le FN cherche à reprendre le rôle qui a été toujours dévolu à l’extrême droite par la classe dominante : mettre fin à l’indépendance des syndicats vis-à-vis du patronat et de l’État.

2-Le volet identitaire

Ce volet reprend toutes les mesures préconisées par le FN depuis des dizaines d’années : fin de l’« automaticité » du regroupement familial et de l’acquisition de la nationalité par le mariage, suppression du droit du sol, inscription dans la Constitution de la « priorité nationale », attribution des logements sociaux en priorité aux Français, allocations familiales réservées aux familles françaises, suppression de l’Aide médicale d’État…

La laïcité identitaire, très loin de la loi de 1905 qui est une loi de tolérance, frapperait avant tout les musulmans en « étendant la laïcité à l’ensemble de l’espace public », ce qui signifierait l’interdiction du foulard islamique à l’Université, dans la rue ou les entreprises.

Le diable se niche dans les détails. Le FN se soucie du bien-être animal mais c’est uniquement pour « interdire l’abattage sans étourdissement préalable », sans dire un mot des pratiques courantes dans bien des abattoirs qui ne fournissent pas de viande halal. Quand à l’oppression des femmes, elle ne peut être que de la responsabilité d’un « islamisme », jamais défini.

L’application de ces mesures discriminatoires ne pourrait que faire le jeu de Daesh qui entend creuser le plus profondément possible le fossé entre les musulmans et les autres habitants de notre pays.

3-Le volet « petite bourgeoisie »

La petite bourgeoisie (petits commerçants, patrons de TPE et PME, artisans) a toujours servi de base sociale de l’extrême droite. Aujourd’hui, cette petite bourgeoisie ne regroupe plus que 7 % de la population active, mais la nostalgie de cette base sociale, massivement mobilisée dans les années 1950 par Pierre Poujade, est tenace au Front national. D’autant plus tenace que cet électorat lui est très fidèle.

Les « 144 engagements » multiplient les mesures en faveur des TPE-PME, des artisans et des commerçants : abaisser leurs cotisations sociales, créer un taux intermédiaire de l’impôt sur les sociétés à 24 %, instaurer un bouclier social pour les indépendants après refonte totale du RSI, geler les autorisations accordées aux grandes surfaces, autoriser l’apprentissage à partir de 14 ans, fusionner les organisations représentatives des salariés pour les PME entre 50 et 300 salariés…

Les agriculteurs ne sont pas oubliés : soutien du « modèle français des exploitations familiales », arrêt de « l’explosion des normes administratives »…

Le FN n’omet pas non plus les titulaires de patrimoines importants, en permettant à chaque parent de transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfant tous les 5 ans (encore mieux que Fillon !)

4-Le volet État fort

Lorsque le FN parle de liberté, il ne s’agit presque jamais de libertés individuelles. Ces dernières ne sont traitées que sous l’angle des « libertés numériques » et du libre choix de scolarisation des enfants par leurs parents.

La France serait « libre » mais pas ses habitants. C’est le leitmotiv de toutes les extrêmes droites pour lesquelles l’individu doit s’effacer devant une entité supérieure : la nation, l’État, une identité nationale fantasmé…

La liberté est ramenée, selon un des piliers de la pensée FN, à la seule  « sécurité » : au rétablissement des frontières nationales et à la sortie de l’espace Schengen, à l’extension de la « légitime défense » pour la police et la gendarmerie et au « désarmement des banlieues ».

L’arme décisive du FN dans ce domaine est l’instauration d’un « véritable référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500 000 électeurs ». Avec un tel référendum pouvant traiter de toutes les questions, il ne serait pas difficile au FN de rétablir la peine de mort, sans que les « 144 engagements » aient à reprendre (« dédiabolisation » oblige) cette mesure revendiquée par le FN depuis 1972.

Le catalogue répressif pourrait continuer à s’égrener avec l’instauration du port d’un uniforme à l’école, la création de 40 000 places supplémentaires dans les prisons, la mise en place de « peines planchers »…

Enfin, sans expliquer, là encore, comment leur financement serait possible, l’État fort du FN embaucherait 50 000 militaires supplémentaires, construirait un deuxième porte-avion, porterait le budget militaire annuel à 3 % du PIB, pérenniserait la force de dissuasion nucléaire et rétablirait un service militaire obligatoire d’« au moins 3 mois ».

5-Le volet à l’usage de la Finance et des grands groupes

Ce volet ne figure bien sûr pas explicitement dans les « 144 engagements », c’est un volet « en creux ». Comment pourrait-il en être autrement pour un parti qui se prétend antisystème ?

Ce volet est pourtant décisif pour le FN qui sait fort bien qu’il ne parviendra pas au pouvoir ou ne pourra s’y maintenir, sans l’accord de la classe dominante, de la Finance et des grands groupes.

La Finance n’est jamais attaquée dans les « 144 engagements ». Les risques que font courir à notre économie le maintien du modèle d’un système bancaire ne séparant pas le financement de l’économie réelle des investissements spéculatifs, ne sont  jamais évoqués.

Les cotisations sociales des entreprises continueraient à diminuer et le patronat continuerait à être le premier «  assisté » du pays avec un CICE que le programme du FN propose de pérenniser.

Aucun impôt supplémentaire ne viendrait frapper le capital.

Alors qu’en 2012 Marine Le Pen proposait une augmentation de 200 euros nets pour les salaires jusqu’à 1 500 € mensuels, les « 144 engagements » ne prévoient aucune augmentation des salaires. L’augmentation des salaires de 2012 est remplacée par une prime de pouvoir d’achat (PPA) financée par une très hypothétique contribution sociale de 3 % sur les importations. Ce changement indique clairement la volonté du FN de ménager les intérêts des grands groupes.

Les mesures en faveur des PME se gardent bien de distinguer les PME indépendantes de celles qui dépendent des grands groupes. Pourtant les PME dépendantes des grands groupes  emploient 40 % des salariés des PME et, à chaque fois qu’elles perçoivent une subvention ou une baisse de « charges », ces dernières finissent dans la poche des actionnaires des grands groupes.

Le FN prend toutes ses précautions pour indiquer à la Finance et aux grands groupes qu’ils n’ont rien à craindre de son éventuelle arrivée au pouvoir.

Les « 144 engagements » font très attention à ne pas employer les formules de  « sortie de l’euro ou de « sortie de l’Union européenne », mais avancent l’idée de « négociations » qui serait « engagée avec nos partenaires européens », le référendum sur l’appartenance à l’Union européenne ne venant qu’après ces « négociations ».

Le FN offre ses services au système, à la classe dominante au cas où l’Union européenne, minée par la politique de ses dirigeants, menacerait d’exploser : il serait alors encore plus urgent pour la Finance et les grands groupes de mettre au pas le salariat dans notre propre pays.

JJC

 

Cher Benoit cher Jean-Luc (à lire in nvel obs)

Le comédien s’adresse au leader de La France insoumise et au candidat du Parti socialiste.

Philippe Torreton Philippe Torreton Publié le 27 avril 2017 à 06h53
Cher Benoît, cher Jean-Luc,

Voilà, c’est fait, on a perdu.

La gauche regarde le deuxième tour de cette élection présidentielle sur le banc de touche. Je vous imagine travaillant déjà sur l’autre vote, les législatives, l’un s’arrachant les cheveux pour espérer survivre et l’autre planifiant sa revanche.

L’acteur Philippe Torreton. (Matt Carr/AFP)

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C’était prévisible et nous étions quelques-uns à le craindre. Nous avons écrit, interpellé, manifesté, chroniqué, éditorialisé mais rien n’y a fait.

Lettre ouverte de Philippe Torreton à Hamon et Mélenchon : « Et nous, on fait quoi ?

Je n’ai jamais souhaité que l’un se retire pour l’autre, je n’ai jamais souhaité la capitulation de l’un devant l’autre. Vous incarnez tous les deux des idées, des idéaux, des priorités, vous représentez des hommes et des femmes, des engagements, des années de lutte et de militantisme.

Je voulais, avant toute chose, un programme commun et je pensais bêtement que deux candidats qui pourfendent le régime présidentiel de la Ve République, ainsi que la personnalisation des campagnes électorales qui en découlent, s’entendraient pour reconnaître qui était le mieux placé pour incarner ce programme dans ce système à bout de souffle.

Je voulais une addition d’intelligences.

Je voulais, c’est bête à dire aujourd’hui, que la gauche gagne.

Nous sommes des millions à ne pas être fans de vous, des millions à vous trouver des qualités indéniables à l’un comme à l’autre, et c’est difficile de ne pas être fan, c’est beaucoup plus pratique intellectuellement de projeter tous ses espoirs sur quelqu’un.

Je ne vais pas faire ici l’inventaire de ce qui ne me plaît pas chez l’un et chez l’autre, d’autant que, par miracle, une chose était différente cette fois-ci, et cette chose, j’étais venu modestement te la dire, cher Jean-Luc, en direct et en face sur France 2 : pour la première fois, dans l’histoire de la Ve République, deux grandes forces de gauche avaient placé l’écologie au centre de leur programme.

Les urgences écologiques étant criantes, hurlantes même, j’espérais que celles-ci vous imposeraient de faire front commun. Après tout, l’imminence d’un danger qui menace une collectivité unit, en principe, les membres de cette collectivité pour le combattre, qui que nous soyons et quelles que soient nos divisions, l’histoire nous l’a prouvé à maintes reprises : Valmy, la Résistance, la demi-finale France Allemagne en 1982, etc… mais cela, ce n’est que le bon sens et visiblement le bon sens en politique passe après les poitrines bombées et les mentons relevés.

Il va falloir expliquer aux gosses que la lutte contre la pollution et le combat contre des choix de société contre nature attendront au moins encore cinq ans, qu’il y avait visiblement une urgence plus impérieuse encore, mais cette urgence-là, je vous laisse le soin de l’expliquer à nos enfants, chers Benoît et Jean-Luc.

Maintenant que c’est fini pour la gauche, il reste un second tour. L’extrême droite est là, à un scrutin de l’Elysée, comme en 2002, sauf qu’en 2002 nous étions abasourdis, choqués et dans la rue pour faire front commun, c’était au temps où le sentiment du danger commun nous regroupait encore.

Dimanche soir, j’ai vu Benoît appeler à faire barrage au Front national sans ambiguïté mais nous avons été des millions à constater que La France insoumise est mauvaise perdante : elle boude et fait la gueule et se retrouve incapable d’appeler à voter Macron, comme son leader délégué général avait appelé du temps où il était cadre sup au PS à voter Chirac. Pourtant, en termes de probité et de batterie de cuisine aux fesses, entre Chirac et Macron, il y a un monde.

Si la gauche avait été unie, la soirée de dimanche 23 avril n’aurait pas permis de montrer ce visage crispé de La France insoumise car, unie, la gauche aurait battu le Front national et nous aurions dansé et chanté place de la République jusqu’aux premières lueurs du jour…

Un point me questionne : si Marine Le Pen et Emmanuel Macron c’est pareil, blanc bonnet et bonnet blanc comme disent les anciens, alors que dire de vous deux ? C’est de la gémellité ? Deux clones tristes? Alors pourquoi ne vous êtes-vous pas unis pour le premier tour ? Vous si proches ?

Encore une interrogation pour vous Jean-Luc, ça fait quoi de voir ses électeurs dragués par l’extrême droite ? C’est le plan B européen qui se met en marche ?

Je vous salue du fin fond de ma déception et de mon absence totale d’autosatisfaction d’avoir eu raison.

Philippe Torreton

 

43 700 chômeurs de plus, c’est la finance française, l’oligarchie française, le CAC 40 français, le Medef français qui sont coupables

 

Ainsi Macron, bousculé, annonce hier que le plan social de Whirlpool ne sera pas « homologué »

tout le monde laisse passer ça sans savoir ce que ça veut dire : c’est la loi Sapin du 14 juin 2013 , issue de l’ANI du 11 janvier 2013 :

a l’époque Sapin et Macron avait réuni en juillet 2013 tous les directeurs du travail (devenus « direccte ») a l’INT de Lyon pour leur passer la consigne  » objectif zéro refus d’homologation des licenciements » : c’est comme ça que ces fauteurs de chômage (Hollande, Sapin, Macron El Khomri, ) ont laissé le patronat français licencier a tour de bras

et là, un petit mot, lui qui n’est plus aux affaires, affirme que le plan social de Whirlpool ne sera pas « homologué » : il y a donc, et c’est  dans le droit français une petite brèche pour contrôler les licenciements de façon administrative et les empêcher. J’avais utilisé en temps utile les exemples de UMP à Docelles (au congrès de Poitiers du PS) et aussi celui de Arjjo Wiggins.

On peut si on veut contrôler les licenciements et ça permet de « tenir » les patrons qui licencient de façon boursière : ils doivent continuer à payer les salaires aussi longtemps que la puissance publique le veut. Et ça permet tout le temps en maintenant les salariés de trouver les solutions,  les relances, les cessions, fusions, reprises : là c’est facile, le patron US touche à lui seul plus que tous les salariés réunis, il peut donc les payer, et ils peuvent donc continuer à travailler… si on interdit les licenciements financiers dans tous ces cas-là. Et on le peut !

 

 

 

Le chômage en France ne vient pas d’ailleurs il vient du patronat, de la finance, de l’exploitation féroce des patrons et banquiers français

le chômage il vient de la loi scélérate El Khomri

Macron n’est pas un danger parce qu’il est mondialisé ou européen, il est un danger parce qu’il sert à 1000 % le patronat et la finance française

davantage de droit du travail, contrôle des licenciements, davantage d’ordre public social, le mal n’est pas étranger il est français

Macron c’est le licencieur français, il a facilite les licenciements, il a casse la protection des emplois, il a désorganisé la production : l’ennemi est chez nous

Plus il y a de droit du travail, plus il y a d’emploi, moins il y a de droit du travail plus il y a de chômage

Le Pen n’attaque pas Macron comme il faut : elle le vise comme « mondialiste » alors que Macron est un sale prédateur français de chez français

Contrôle des licenciements il faut que les patrons paient les salaires jusqu’a à ce qu’ils trouvent une solution reclassent ou renoncent

Contrôle de l’inspection du travail sur les licenciements ! faire payer les patrons du CAC 40 jusqu’au bout le prix de leurs forfaits

La finance française est une des plus violente et égoïste du monde, le patronat français aussi, le Medef fabrique le chômage

Le chômage ne vient pas de l’Europe ni du monde, il vient des exploiteurs féroces d’ici, licencieurs féroces, financiers féroces français

Le chômage ? la restauration française a encaissé des milliards français et a exploité plus que d’autres, précarisé plus que d’autres

Le chômage ne vient pas d’ailleurs, il vient de la férocité de la classe dominante française, de l’oligarchie française, des patrons d’ici

43 700 chômeurs de plus, c’est la finance française, l’oligarchie française, le CAC 40 français, le Medef français qui sont coupables

Les faiseurs de chômage ce n’est pas l’Europe ni le monde, ce sont les patrons français, le Medef, le CAC 40 et Hollande, Sapin El Khomri

Deux monstres face a face, le racisme xénophobe, et la finance féroce française destructrice d’emplois

Halte aux mensonges 70 % des ouvriers votent a gauche ou s’abstiennent,

43 700 chômeurs de plus, bravo Hollande El Khomri Macron, facilitateurs de licenciements, facilitateurs de chômage !

43 700 chômeurs de plus, en cassant le droit du travail Hollande El Komri ont été des fauteurs de chômage

Moins il y a de droit du travail, plus il y a de chômage ! plus les licenciements sont facilités, plus le salariat souffre

Le patron de Whirlpool gagne plus que tous ses salariés : pas de salaire supérieur à 20 fois le Smic !

Mensonge : l’Union Européenne n’a rien à voir avec Whirlpool, c’est le patron US, la loi française et Hollande et Macron !

L’Union Européenne ne peut pas empêcher qu’on fasse payer au maximum les patrons licencieurs

Vive Francois Ruffin quand il se prononce pour le contrôle des licenciements !

Ni Florange, ni Sanofi, ni PSA, ni Alstom, Whirlpool ne sont des « anecdotes » sauf pour l’oligarchie française cynique qui se goinfre

 

Appel au 1er mai par les syndicats unis de Haute-Loire et par « l’appel des cent » à Paris

Tract Intersyndical 1er mai 2017 Haute Loire

Unité de la gauche rouge rose verte, d’abord pour battre Le Pen puis combattre Macron et ses futures lois scélérates contre le code du travail et la protection sociale

N’en ayons pas contre les personnes de Benoit et Jean-Luc  (une fois unitaires ils sont bienvenus), mais contre leur choix stupéfiant  qui a causé le désastre le 23 avril à 20 h : ils pouvaient faire gagner la gauche et l’ont condamnée, en ne s’entendant pas, alors que 80 % de leur programme était commun

Melenchon « nous a tuer » en refusant l’unité de la gauche, lors de la présidentielle ,

Hamon aussi à sa façon. Chacun sa part. L’unité était possible. Ils ne l’ont pas voulu.

Mélenchon est à 100 % depuis le début, depuis le 21 janvier 2016, par la méthode qu’il a choisi, responsable de la défaite, il l’a refusé l’unité depuis 18 mois, et on savait tous que cela conduisait au désastre et que seule l’unité pouvait permettre de gagner, les estrades ne pouvait pas  permettre seules de gagner

Hamon a manqué à sa parole de la primaire, qui était claire et qui devait lui faire appeler Mélenchon dés le 29 janvier, écrire un  programme commun sans faire de sa candidature un préalable.

Et les deux qui ont choisi d’aboutir à cela sont responsables ET coupables, c’est leur faute de ne pas s’être mis d’accord et de nous avoir conduit à tout perdre, et nous oblige à tout reconstruire.

C’est comme ça, c’est grave et c’est déjà derrière nous, et il faut faire avec, car ils nous ont donc tous les deux, en refusant de s’entendre à temps, livré aux loups Le Pen Macron.

Ce ne sont pas les deux camarades, pas les deux « personnes », préservons l’avenir,  qui sont en cause mais leur stratégie

Et ça sera pareil durablement, si continue à se déverser de la haine sectaire et groupusculaire à la façon de certains FI,  sur les réseaux sociaux, cela doit cesser si on veut un jour nous en sortir, en commun.

Il faut donc arrêter et crier : vive l’unité de la gauche sans laquelle rien n’est possible,

Il ne faut plus incriminer « c’est la faute  de l’autre »  il faut assumer et dépasser.

Il faut proposer insister, recommencer, jusqu’à l’unité, pas pour « tuer l’autre » mais pour faire avancer la cause de toute la gauche , car ce sera forcément ensemble ou rien

En attendant, une bonne fois pour toutes, le résultat est incontestable   : 6,5 % ou 19 % c’est pareil, c’est zéro, zéro, zéro c’est perdu, c’est la défaite, le désastre, et on a donc le seul réel,  et c’est Le Pen Macron

Comment remonter la pente ?

Pour le 2° tour, du 7 mai  désarmons d’abord en votant contre Le Pen,

Macron veut nous empoisonner, Le Pen appuie un revolver contre notre tempe. Si l’un de mes ennemis m’empoisonne et que l’autre veut me tirer un coup de revolver, je tente d’abord d’arracher le revolver des mains de mon deuxième ennemi, ce qui me laissera une possibilité d’en finir avec le premier. Cela ne signifie pas que le poison est un « moindre mal » en comparaison du revolver.

Pour les législatives, des 11 et 18 juin

c’est mécaniquement « cuit », à la façon haïssable du calendrier de la V° République :  essayons de préserver un groupe parlementaire rose rouge vert, uni, indépendant anti Macron.

Nous, D&S,  avons  lancé un appel au PCF, aux Verts, aux socialistes qui le veulent et à la gauche socialiste, à la FI,  pour nous entendre sur un  sigle commun, parrainant le plus grand nombre de candidats possible anti Le Pen, anti Macron, avec une plateforme commune rose rouge verte

 

 

Enfin alerte !  car il se peut aussi que rien ne se passe comme prévu : Macron est un poison dangereux et  haïssable alors Le Pen a hélas un boulevard… du crime. Lisez ce compte rendu effrayant des camarades d’Amiens :

Bonjour,

Il faut regarder ce mercredi 26 avril  le 13 heures en direct de BFMTV. (replay)

J’ai été averti par un camarade de D&S, Éric M qui n’en croyait pas ses yeux. J’ai allumé la télé et la première image que j’ai vue est celle de quelqu’un qu’Éric et moi connaissons depuis 25 ans et qui a toujours voté à gauche, toujours dit qu’il était de gauche  : il tenait MLP par dessus le cou.

Macron n’avait pas osé se rendre sur le parking de Whirpool (300 salariés menacés de licenciement sur un site qui s’appelait d’abord Philips, et qui est passé de 2000 salariés à  300 en 20 ans.) en affirmant qu’il n’allait pas (référence à Hollande à Goodyear en 2012…) « monter sur un camion ». Il discutait avec l’intersyndicale à la CCI (terrain connu et hospitalier), pendant que MLP était au milieu des ouvriers. Elle avait, évidemment, bien orchestré son coup et imité François Ruffin, mais avec la crédibilité d’être au second tour de l’élection présidentielle.

C’est absolument consternant de voir des syndicalistes (CFDT, CGT, FO) venir la saluer avec déférence, amitié, enthousiasme. C’est consternant de voir les salarié(e)s faire des selfies avec elle (parfois en pleurant), des salarié(e)s l’embrasser, l’applaudir, rire… Mais cela montre aussi la nature du danger. Le FN n’est pas un parti fasciste parce que la base sociale du FN (la petite bourgeoisie qui représentait plus de 50 % de la population active dans les années 1930 a fondu comme beurre au soleil et ne représente plus que 7 % population). Mais c’est un parti d’extrême droite qui sait comment utiliser la combinaison de national et de socialisme pour imposer son « État fort » et dont la dirigeante est une agitatrice dont il ne faut surtout pas minimiser le talent.

Le contraste des images est saisissant. D’un côté MLP qui se dit (et qui le montre concrètement) aux côtés des ouvriers, dans une atmosphère de kermesse. De l’autre, Macron et Barbara Pompili à la CCI, devant l’intersyndicale de Whirpool, dans une salle aseptisée où personne d’autre n’est admis. Ce que montre BFMLTV est exactement ce que voulait montrer MLP : d’un côté le peuple avec, au beau milieu, MLP entièrement partie prenante de ce peuple, de l’autre côté Macron et Pompili, compassés, coupés du peuple et ayant peur de lui.

MLP ne défend plus le programme libéral de son père. Il faut en prendre conscience (je vous joint ce que j’avais écrit pour la Revue D&S sur le programme en 144 mesures du FN. Même si nous savons, nous, qu’entre les deux classes sociales elle ne choisira bien sûr pas le salariat mais le capital. Elle dit qu’il faut trouver un repreneur pour Whirpool et qu’en attendant, il faut une nationalisation temporaire (même si elle n’emploie pas le terme). En face, Macron se contente d’affirmer qu’il faudra trouver un repreneur et tous ceux qui se rappellent des promesses de Hollande en 2012, le croient sur parole…

Le délégué CFDT de Whirpool avait déjà prévenu dans la presse locale que la majorité des ouvriers de l’usine étaient prêts à voter Le Pen au second tour. Il voulait certainement faire pression sur Macron, mais il constatait, aussi, une réalité qu’il n’est plus possible de nier.

Ces images seront dévastatrices, partout en France. Les autres chaînes de TV essaieront sans doute de les montrer de façon plus distanciée mais les réseaux sociaux, le site du FN, se chargeront de les reprendre. Si elle a obtenu 30,4 % des voix dans la Somme, MLP n’a obtenu que 18,4 % à Amiens (28 % à Macron et 24,9 % à JLM). Difficile de penser que ces images ne réduiront pas l’écart.

Il va falloir ramer pour rattraper les dégâts, et pas seulement à Amiens.

Amicalement,

JJ C

 

 

Mon intervention au BN du PS lundi 24 avril au matin

Le résultat du scrutin d’hier soir 23 avril est cruel à double titre : parce qu’il sanctionne le bilan désastreux du quinquennat, et parce qu’il sanctionne l’incapacité de la gauche à s’unir alors qu’elle aurait gagné la présidentielle si elle l’avait fait.

Oui, le quinquennat a été catastrophique de bout en bout. Nous avions tout en mai juin 2012, l’assemblée, le sénat, la présidence, les villes, les régions, les départements,  nous avions un mandat pour combattre la finance et redistribuer les richesses, il a été trahi notamment par François Hollande et Manuel Valls, et nous avons en conséquence perdu nos électeurs cinq scrutins de suite, aux municipales, aux européennes, aux sénatoriales, aux territoriales, aux régionales. La politique d’austérité suivie, les casses successives et gravissimes du code du travail de l’Ani à la loi El Khomri,  le CICE donnant 41 milliards au Medef plutôt qu’à l’emploi et aux services publics, tout cela a conduit nos électeurs, notre base sociale, à  nous quitter.

Nous allions retrouver une chance unique de tourner cette triste page, de nous réorienter quand même à gauche, lors de cette présidentielle, grâce au résultat des primaires du 29 janvier 2017, mais une partie du PS a choisi sciemment de savonner la planche au candidat de la gauche socialiste, et d’appeler à soutenir Macron. Ainsi ceux qui ont trahi les électeurs socialistes et de gauche de 2012 entre 2013 et 2016, ont encore poignardé dans le dos nos électeurs de la primaire de janvier 2017. Comment s’étonner du résultat ?

Et comme la gauche Hamon Mélenchon divisée par la politique libérale droitière du quinquennat n’a pas su saisir l’opportunité, n’a pas eu le courage de se rassembler entre le 29 janvier et le 23 avril, nous avons tous, tout perdu, et nous nous retrouvons devant le sinistre choix entre Macron et Le Pen.

Que cela soit clair : ils sont tous les deux nos ennemis. Il n’y a pas de bonne solution.

Mme Le Pen est une fasciste, même si nombre de ses électeurs ne s’en rendent pas compte à ce stade. J’ai entendu certains me dire «  Il faut essayer le Pen » j’ai répondu « n’essayez pas Hitler, vous aurez un ticket aller mais pas de billet retour ». Ce sera la guerre civile, la chasse aux facies, des pogroms, des bandes qui se combattront dans les rues selon la couleur de la peau, la traque aux militants de gauche.

Mr Macron est un OVNI, parvenu jusque là de façon incroyable, stupéfiante, honteuse pour un grand pays comme le notre, propulsé par la haute finance mondialisée et les centaines de « une » des grands médias des milliardaires, un prédicateur évangéliste dangereux qui veut en finir avec notre protection sociale payée directement en cotisations sociales par le capital dans le cadre de nos salaires bruts.  Son parti est de droite, comme l’UDF de Giscard mais en plus fanatiquement ultra libéral. Il n’a rien de gauche et rien du centre,  et nous avons à le combattre, pas à nous allier ni à nous subordonner à lui.

Donc si nous nous résignons à  nous servir de son bulletin de vote pour faire barrage à Le Pen, comme le propose JC Cambadelis c’est sans ambiguïté : c’est en nous pinçant le nez qu’on l’utilisera.

D’ailleurs nous savons les limites de ce geste, car Macron n’est pas un barrage sérieux à Le Pen, ce n’est qu’une barrière de sable, sa politique servira à aggraver la situation et in fine de marche pied à Le Pen.

L’utilisation du bulletin de vote Macron ne sert qu’a gagner du temps, pas à empêcher la montée du FN.

Et ce sera par nos luttes et la reconstruction de la gauche que nous pourrons arrêter le pire.

Qui croit qu’on fait reculer Le Pen et le FN avec des mots et des bulletins de vote ? On ne la fera reculer qu’avec une politique de redistribution des richesses, qu’en donnant des choses dans l’assiette aux gens, de l’emploi, du salaire, qu’en faisant reculer massivement les inégalités.

Et pour faire cela, il faut l’unité de toute la gauche, il faut encore et encore aller chercher Mélenchon, Jadot, Laurent, et toute la gauche politique et syndicale qui maille majoritairement notre pays ; qui croit maintenant que le PS revivra sans unité de la gauche, sans accord avec Mélenchon ?  et il faut choisir l’accord avec Melenchon, clairement, contre la politique de Macron : car ceux qui ne le feront pas dériveront sans rivage comme des « néos » des  anciens temps, bientôt il faudra des mobilisations de masse contre les ordonnances Macron anti ce qui reste du code du travail, bientôt il faudra défendre notre protection sociale pied à pied, arracher nos salaires à l’impitoyable finance qui va gouverner, en nous appuyant sur notre classe sociale, le salariat.

Si le PS ne le fait pas, il implosera et de disloquera davantage.  Sa seule chance avec ses 6 % d’hier soir est de revenir à gauche et de s’unir à tout le reste de la gauche. C’est aussi la seule chance de notre peuple, de nos électeurs, de toute la gauche, avant que la haute finance ne finisse par choisir Le Pen, contre son commis Macron, quand elle l’aura usé.

 

Gérard Filoche

 

Un accord Mélenchon Hamon était évidemment possible

Ceci est un projet de texte commun entre hamon et melenchon, il a été écrit et proposé « à temps », il y a plus d’un mois…

un simple brouillon pour mémoire

Les deux candidats avaient 80 % de points communs et il n’y avait aucun problème réel à s’emparer d’un texte de gouvernement commun, de le travailler, discuter, peaufiner, des deux cotes, en 72 h,  et de mener une campagne unitaire et gagnante

 


Le ticket Hamon Mélenchon défendra :

Un avenir désirable,

Une République sociale et démocratique

 

 

 

Des sous ! Des salaires !


1°) priorité à la la feuille de paie par la hausse du smic  à 1300 euros net et 1600 brut, de la hausse immédiate de 10 % des points d’indice du bas de l’échelle de la fonction publique, des minimas sociaux, des allocations handicapées, des petites retraites, du revenu universel pour les jeunes de 18 à 25 ans, de l’allocation dépendance, comme branche de la sécurité sociale, et création d’un salaire maxima à 20 fois le Smic.

 
Du travail Et de l’emploi pour tous


2°) abrogation de la loi El Khomri et reconstruction d’un droit du travail d’ordre public social,  basé sur le principe de faveur, tout activité de travail dépend du code du travail et des droits sociaux qui sont liés (non à l’uberisation), réduction progressive et massive du temps de travail (35 vers 32 h ?) sur la semaine et sur la vie (60 ans ?), du contrôle administratif des licenciements abusifs, quotas (5% ?) limitant la précarité (CDD CDII intérim saisonniers) , renforcement des institutions représentatives du personnel, CE, DP, CHSCT, DS, participation des salariés aux CA, droit syndical, retour aux conventions collectives négociées, renforcement de l’économie sociale et solidaire, de la justice prud’homale, de l’inspection du travail (doublement des effectifs et indépendance), de la médecine du travail (et scolaire), reconnaissance du burn out, et meilleure reconnaissance et réparation des maladies professionnelles et réparation)  régulation de la sous-traitance, statut de la fonction publique, grand service public de formation professionnelle continue.

 

 

 

 

De la santé Gratuité pour tous


3°)  Protection sociale renforcée pour toutes et tous, priorités aux politiques de prévention, médecin scolaire et du travail, hôpitaux, maison de santé, maisons de retraite, autour de LA grande mutuelle la sécurité sociale (fin du RSI) fin du millefeuille des complémentaires, prévoyances, etc., remboursement des médicaments et des lunettes et de la dentisterieDéveloppement de la pratique d’activité physiques et sportives (équipements) facilitation) améliorer la qualité des soins, maintien a domicile, aider les aidants, allocation dépendance suffisante, places d’accueil handicapés, procréation médicalement assistée, soins palliatifs et droit à mourir dans la dignité

 
Education prioritaire et vive la culture


4°) Service public de la petite enfance, congé paternité des 6 semaines, droit aux allocations familiales dés le premier enfant, et ensuite calculées par enfant,  scolarisation pour les handicapés, instruction obligatoire des 3 ans,  maximum de 25 éléves par classe, mixite sociale et scolaire, et groupes ad hoc pour les « décrocheurs », formation continue des enseignants, plus 40 000 enseignants en cinq ans, priorité budgétaire à l’enseignement supérieur et à la recherche,  favoriser la mobilité internationale, service public de la formation professionnelle continue, effort public à la culture à 1% du Pib,  arts à l’école, statut de l’artiste,

 
De l’impôt direct et progressif      D’abord sur ceux d’en-haut


5°) Réforme fiscale en profondeur : faire sauter le verrou de Bercy, traquer massivement la fraude fiscale, contre les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale, augmenter l’IS des 58 multinationales et des 1000 plus grosses sociétés, conforter l’ISF, 20 tranches d’impôt, taxes sur les dividendes, diminuer la TVA, fiscalité plus verte.

 
Contrôle, transparence et taxation des banques et de la rente


6°) Réforme bancaire en profondeur, séparation des banques de dépôts et d’affaires, taxe dite Tobin, taxe bancaire,  taxe sur les dividendes, audit public de la dette, et renégociation de celle-ci, la BCE doit pouvoir prêter directement aux états,  BPI puissante (nationalisation d’une des 4 grandes banques ?)

 
Réorientation économique Par la demande, pour nos besoins


7°) réforme budgétaire :  budget participatif, chiffrage des dépenses/recettes globales, 1°) développement massif des services publics, de l’énergie, l’eau, l’air, des transports, de l’école, de la santé, de la justice, de la police de proximité, des éducateurs, des soins aux personnes, maisons de service publics.   2°) investissements 100 milliards dans la transition écologique, numérique, la recherche… contribution sur les robots ( ?) 3°) défense et reprise y compris par nationalisations de nos grandes industries 50 % aux marchés publics 4°) Contrôles des grandes entreprises par la puissance publique, les salariés, les usagers « made in France » 5°) 150 000 logements sociaux, encadrement des loyers,  garantie universelle pour les loyers, bouclier énergétique,  plan de renouvellement urbain dans les quartiers populaires  6°) priorité et maillage du réseau ferroviaire public, très haut débit partout, fonds d’égalité pour les Outremer

 
Le choix d’une planification pour une économie verte


8°) Soutien planifié à la transition énergétique, sortie du nucléaire en 25 ans et énergies renouvelables et durables avec programmation, agenda pour des investissements soutenus à la défense des mesures de la COP 21, de la biodiversité, de l’environnement, contre la pollution, les particules fines, les pesticides, les perturbateurs endocriniens, sobriété énergétique – économie « bleue » de la mer – haut débit numérique – économie du loisir, de la culture.  Préservation des biens communs, conférence des territoires, protection du maillage des départements, des communes et des élus, défense notamment de nos petits et moyens agriculteurs, conditions de travail, droits sociaux, dans le cadre d’une PAC prévoyant la régulation des marches et des risques. Pour le respect du bien être animal.

 
Sécurité, libertés et justice vont de pair


9°)  Pour la sécurité enquêteurs et éducateurs, renforcement des moyens de la police (5000 postes, zones de sécurité prioritaires), récépissés de contrôles d’identité,  légalisation du cannabis. Justice, fin de tout statut d’exception, peines alternatives, prévention de la récidive,  action de groupe, spécificité de la justice des mineurs (pas de pénal sans droit) contre toutes les discriminations raciales, ethniques, homophobes, sexistes (IVG, planning familial,  contre les violences faites aux femmes, égalité salariale imposée, partage face aux métiers, parité en politique). Accessibilité pour les handicapés, maisons départementales pour les handicapés Loi sur la presse contre les concentrations, statut des journalistes et des sources, respect pour lanceurs d’alerte, service public audiovisuel réellement pluraliste.Souveraineté garantie, budget et moyens, pour nos forces armées en défense de notre territoire.
En avant vers la VI° République,


10°) Pour une république sociale, démocratique, parlementaire, écologique, féministe, laïque, internationaliste et pacifiste, La laïcité respectueuse et bienveillante selon la loi 1905,  49 3 citoyen, reconnaissance du vote blanc, droit de vote aux étrangers,  élections à la proportionnelle, conférence pour une VI° république, élection d’une constituante avant la fin du quinquennat, contrôle des conflits d’intérêts,  pas d’élus sans casier vierge, transparence dans les revenus des élus,

 
L’Europe sera sociale ou périra


11°) Défense acharnée de l’Europe des peuples contre les nationalismes, les xénophobies, les replis identitaires, combat contre l’UE libérale actuelle et ses terribles dégâts sans fin, dénonciation et renégociation de la directive travailleurs détachés, et aussi de celle contre le secret des affaires, bataille contre les choix austéritaires, aller le plus loin possible dans le Plan A de changement sous menace de plan B de rupture (car de toute façon l’UE est fragilisée et menacée dans son existence). Aller le plus loin possible dans le rassemblement de forces, de majorités pour  démocratiser l’Europe, s’opposer aux diktats de la finance et des banques, reconstruire une Europe harmonisée par le haut sur le plan social et fiscal. Traite de démocratisation de la zone euro, vers un smic européen contre le dumping social, pour le juste échange, le droit du travail constitutif du droit de la concurrence, coopération européenne dans la défense et la lutte contre le terrorisme.

 
Monde multipolaire et pacifique


12°) Pour un monde multipolaire,  contre tout impérialisme et néo-colonialisme, soutien à la bataille de l’Onu pour le recul de la fabrication et des ventes d’armes, pour le désarmement généralisé, pour les coopérations internationales, mondiales et régionales, contre les interventions militaires ingérentes, pour le respect de légalité des droits entre les peuples, reconnaissance de l’état palestinien.

 

 

Personne ne se retire devant personne, personne ne se soumet à personne, il est défendu un principe complet d’égalité entre les partenaires signataires

Et ce sont les deux candidats qui en décident,


Respect et unité

Marche en avant, et dynamique pour gagner


C’est un accord global, indissociable

Il inclut

1°) ce programme commun de gouvernement

2°) un gouvernement de toute la gauche unie dans toutes ses sensibilités

3°) une majorité de députés, respectueuse de toutes les sensibilités de gauche,  en soutien à ce gouvernement, à son programme et à son action politique pour le mettre en oeuvre

Celui des deux candidats qui défendra ce programme le fera dans un scrupuleux respect publiquement affirmé du candidat qui appellera à le soutenir, l’un sera président, l’autre premier ministre, ils gouverneront en accord selon des principes et des méthodes appelant à la participation massive et la plus active possible des citoyens, engageant ainsi la rupture avec la V° République à bout de souffle, et la marche à la VI° République sociale, à laquelle nous aspirons tous ensemble.


Cet accord audacieux et sans précédent ouvre une page historique sans précédent de la gauche, des travailleurs, de la France, de l’Europe et du monde.

 

ce que Hamon aurait pu et aurait du répondre à la lettre de Jean-Luc Melenchon

Benoit Hamon, a peine élu, le 29 janvier 2017 a trahi sa parole. Il avait promis pour avoir nos voix d’appeler jean luc melenchon des qu’il serait élu et de lui proposer un programme commun de gouvernement, en expliquant qu’il ne faisait pas de sa candidature un « préalable » dans la discussion d’unité. Mais benoit hamon a trahi sa parole, ce qui n’incite pas a avoir confiance en lui. Il a recommence quand Melenchon lui a écrit, il devait répondre. Il devait profiter du voyage au Portugal pour en faire un exemple unitaire. Enfin, cette indispensable unité ne pouvait se solder en catimini, secrétement, dans le dos de millions d’électeurs et de militants, dans un restaurant en tete à tete, caricature du fonctionnement de la V° république. Pas la peine de faire des discours sur la VI ° république et de trahir, par ce genre de pratique,  ainsi la gauche, et de la faire perdre.

Il était possible a partir de la lettre de mélencjon d’engager a toute vitesse le dialogue et faire l’unité.

S’ils l’avaient fait, cette unité, quelque soit le candidat maintenu, ils seraient en tête aujourd’hui et on aurait l’un président et l’autre Premier ministre, mais à cause de leur bêtise partagée, de leur arrogance, ils ne sont rien, rien rien exils ont brise nos espoirs légitimes

 

PROJET ECRIT SUR LE MOMENT ET PROPOSE A BENOIT HAMON

Bonjour Jean Luc,

Tu le sais très bien, je suis le candidat qui a été désigné par plus d’1,2 million d’électeurs lors de la primaire du 29 janvier ouverte à la gauche et aux écologistes. Je l’ai été sur une orientation opposée à celle du candidat qui défendait le bilan du quinquennat sortant. Je l’ai été dans une dynamique qui englobe le parti socialiste et le dépasse. Les résultats du vote s’appliquent  à la direction du parti socialiste et je souhaite utilement qu’’elle soit impliquée dans la campagne que je dirige librement. Je suis libre et je m’adresse librement au peuple français

Bien sur, il faut fédérer et additionner des forces existantes à gauche, mais je ne veux pas être enfermé dans des logiques d’appareils.  La dynamique de rassemblement pour laquelle je milite, est la recherche d’un avenir désirable, dans un imaginaire éloigné de ce qui échoué les 5 ans passés, avec une mobilisation populaire.  J’ai été clair avec le bilan du Président Hollande et lui-même aussi puisqu’il en avait tiré la conclusion qu’il ne pouvait pas se représenter.

Et tu le sais forcément, car tu as suivi ce que j’ai développé depuis les primaires, pour répondre précisément à tes questions, j’abrogerais la loi El Khomri, je refuserais ce CICE sans contre partie, j’ai déjà voté contre la prolongation de l’état d’urgence.

La lettre que tu m’as adressée n’était donc pas, balayons une bonne fois pour toutes ce genre de choses,  destinée à un « corbillard » : soyons sérieux en ces graves moments de choix, il nous faut nous respecter si nous voulons parvenir à un accord et, pour ma part, je le veux toujours.

Les socialistes exigent le respect comme toi tu es en droit de l’exiger d’eux.

Je suis plus que jamais pour le rassemblement entre nous tous. Il s’agit de l’intérêt de la gauche toute entière pour gagner les 23 avril et le 7 mai. Victoire qui est d’autant plus à portée de la main que nous serons unis.

Et c’est toi même qui propose de « fédérer des partis de la gauche traditionnelle ».  Il n’est pas question d’un accord avec Emmanuel Macron, qui en n’étant « ni de gauche ni de gauche »… est de droite, et il suffit d’étudier ses éléments de langage pour que cela saute aux yeux tous les jours. Non, il s’agit de trouver une base commune à toute la gauche, c’est à dire entre nos positions que tu estimes « voisines » et avec celles, notamment, de nos amis EELV et PCF.

 

Si nous voulons le succès dans un processus qui nous rapproche, nul ne doit se soumettre à personne, nul ne dictera rien à personne, pas de conditions, pas de préalables, le respect est essentiel entre partenaires, nous ne pouvons y parvenir qu’avec un élan sincère et une volonté affichée et forte de réussir, en levant tous les obstacles, écartant les  préjugés, en sélectionnant ce qui nous rassemble et en écartant ce qui nous divise.

Depuis ma récente désignation, j’ai bâti ma campagne, ses thèmes, mes équipes, et, avec l’appui du Parti socialiste, elle a décollé,  elle se déploie. Ce qui fait qu’on va se croiser de plus en plus et que des millions d’électeurs, du fait de la configuration à la fois exceptionnelle et inquiétante de ce scrutin, vont se demander pourquoi nous ne sommes pas unis, toi, Yannick Jadot, Pierre Laurent et moi

 

Oui, il s’agit d’ouvrir une page nouvelle de la gauche et de l’histoire de notre grand pays.

Oui, nous voulons tourner la page de tout pouvoir personnel des hommes providentiels pour avancer vers une 6° République parlementaire, démocratique, laïque, écologique, féministe, internationaliste, pacifique. J’ai proposé que nous passions à la 6° République au cours même du quinquennat et en mettant en place des mesures qui nous en approchent, avec des députés ayant un pouvoir constituant.

Oui nous sommes d’accord pour la hausse des salaires, du smic, des minimas sociaux, le partage des richesses, un salaire maxima, et non seulement le retour aux 35 h mais la réduction de la durée du travail sur la semaine, et sur la vie, afin de réduire le chômage de masse.

Auxquels, tu le sais j’ajoute notamment, le contrôle des salariés sur les Conseils d’administration des grandes entreprises, un nouveau contrôle des licenciements, la reconstruction d’un droit du travail, avec la hiérarchie des normes, le principe de faveur, l’état de droit dans l’entreprise.

 

Et tu le sais je suis pour la mise en place d’une première étape d’un revenu universel, nouveau pilier de la sécurité sociale, qui assure l’autonomie des jeunes de 18 à 25 ans mais aussi pour une allocation dépendance qui permette de respecter dignement nos personnes âgées.

Oui, bien sur, à la transition écologique, avec une planification qui permette de sortir progressivement du nucléaire pour passer aux énergies renouvelables et durables. J’en ai déjà longuement discuté à notre ami Yannick Jadot. Car je veux aussi qu’on traite des lourdes questions des perturbateurs endocriniens, de la pollution des particules fines, des transports, d’un monde avec un environnement protégé pour nos enfants.

Je me suis déjà prononcé contre le CETA. Oui, bien sur,  nous protégerons l’indépendance énergétique, industrielle, numérique, agricole de notre pays et tous les emplois qui vont avec

Pour ce qui est de l’Union Européenne, je pense qu’avant d’envisager un plan « B » (je ne conteste pas, comme Thomas Piketty qu’il puisse en falloir un) il faut se battre pour un plan « A » : batailler avec une majorité potentielle des pays européens, contre l’austérité, pour que ce ne soit plus l’euro-groupe informel qui dirige notre monnaie, pour que ce soit un parlement ad hoc à la proportionnelle des pays, pour que la BCE prête directement aux états, et que soient ainsi remises en cause les diktats du monétarisme et du TSCG, contre lequel, je te rappelle, j’ai voté en 2012.

Je l’ai souvent dit, je ne suis pas pour nous enfermer dans ce traité qui limiterait à 3 % les déficits, il faut investir, relancer, renégocier les « dettes ». Je ne suis pas pour commencer par dénoncer les traités en préalable, ni pour risquer d’exploser dangereusement l’Union européenne mais je suis pour un réel combat en son sein pour la transformer, en faire une véritable Europe des peuples, pas des banques. Mon estimation, quand je t’écoute, est que nous n’avons pas la même méthode, la même diplomatie, mais nous pouvons avoir, quant au but le même objectif, de sauver l’Europe du désastre où les politiques libérales l’entrainent.

Encore que je suis favorable dés le début à la dénonciation unilatérale immédiate de la directive « travailleurs détachés ».

Je te le dis, quelques points clefs, comme la réforme fiscale, la réforme bancaire, la marche à la VI° République, des mesures immédiates sur la répartition des richesses, les salaires, le droit du travail, la priorité à la Sécurité sociale et à la santé, les retraites, des mesures importantes de transitions écologiques, une réorientation énergétique, une reprise en main collective de notre destin économique et industriel, tout cela nous rapproche pour gouverner ensemble.

Je ne réponds là qu’aux seuls points évoqués dans ta lettre. Tu as aussi tous les documents programmatiques sur mon site qui sont à ta disposition.

Mais je veux dire franchement et tout aussi directement que toi, qu’à partir de ces points d’accord, on peut avancer et trouver les solutions gouvernementales et la majorité parlementaire qui vont avec.

Il nous faut pour cela être assurés l’un l’autre d’une volonté commune d’y parvenir, de balayer tous les obstacles et  les diversions, et nous rencontrer de façon urgente mais dans des conditions de travail sereines et efficaces.

J’ai bien noté que tu envisageais les choses sérieusement puisque tu évoques le temps de consulter tes 250 000 personnes « followers ».

Si nous voulons y parvenir, il nous faut donc aller vite, d’autant qu’il nous faut associer respectueusement mais intégralement nos autres partenaires, d’EELV ou du PCF. C’est un très grand défi : mais là ou il y a une volonté il y a un chemin. La gauche, dans sa longue histoire à su réaliser de telles unités et quand c’est arrivé cela a provoqué d’extraordinaires dynamiques qui ont bousculé dans le bon sens la vie de notre pays, fait avancer puissamment les causes du progrès, du socialisme et de la démocratie.

Avec mes sincères salutations socialistes,