Encouragé par tous les lâchages idéologiques actuels, le Medef ne se sent plus et propose de supprimer délégués du personnel et CHSCT

Le Medef vient de formuler une proposition choc (cf AFP, 28 oct. 2014)  en suggérant de ne conserver qu’une seule instance de représentation du personnel (IRP) dans les entreprises. Dans un document transmis aux cinq organisations représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC), les trois organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) proposent de créer un « Conseil d’entreprise » dans les entreprises de plus de 50 salariés, qui serait « l’instance unique de représentation du personnel ».

 

 

PS : la derniere en date, le medef propose de supprimer le motif du licenciement, je l’avais prédit c’est leur but ultime pour revenir à l’esclavage, denoncer la convention 158 de l’OIT !

Les salariés seraient consultés tous les 4 ans pour savoir s’ils veulent ou non mettre en place cette instance, qui reprendrait l’ensemble des prérogatives dévolues jusqu’ici au Comité d’entreprise, au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), aux délégués du personnel et aux délégués syndicaux.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, le patronat entend aussi supprimer l’obligation d’élire des délégués du personnel, arguant qu’elle n’est déjà pas respectée.

 

Mesurons ce que cela veut dire :

1°) 97 % des entreprises ont moins de 50 salariés. Elles font travailler plus de 8 millions de salariés. Il n’y aurait plus aucune forme de représentation pour ces salariés.

C’est déjà le cas pour le million d’entreprises de moins de 11 salariés. C’est à dire que 4,2 millions de travailleurs des TPE n’ont aucun droit â être représentés. (en fait il faudrait corriger cela avec des délégués de site ou, mieux, par extension des pouvoirs des « conseillers du salarié »).

Par ailleurs c’est vrai, l’ordre public social n’est pas respecté, dans les plus de 11 salariés car prés de 80 % des employeurs y violent la loi sur la mise en place des délégués du personnel.

Mais c’est dans ces entreprises qu’il y a le plus de précarité, le plus de turn over, le plus de dépassement illégaux des durées du travail, le plus d’heures supplémentaires impayées, les plus bas salaires, le plus d’accidents du travail, le plus de maladies professionnelles, le plus de licenciements sans cause réelle et sérieuse, abusifs, le plus de travail dissimulé, le plus de fraude patronale aux droits sociaux, les conventions collectives les moins respectées…

C’est donc là qu’il faudrait faire porter l’effort pour les droits des salariés, pour l’état de droit dans les entreprises…Les questions de sécurité sont si graves qu’il faudrait des CHSCT à partir de 20 salariés.

…Mais non, le patronat veut tout supprimer en dessous du seuil de 50.

(Le patron joue sur de velours, il flatte tous les petits employeurs,  mais si la gauche était de gauche, la bonne riposte serait de réguler la sous-traitance, responsabiliser les donneurs d’ordre, aligner les sous-traitants sur la convention collective du donneur d’ordre, faciliter la reconnaissance des UES… pour nous mettre les petits employeurs avec nous… contre les gros patrons !)

(Rappelons pour les admirateurs du « modèle » allemand, qu’il y a des délégués à partir du seuil de 5 par entreprise. Et que les conseils d’administration y sont composés à 50 % de salariés.)

2°) dans les entreprises de plus de 50 salariés, le Medef propose qu’il n’y ait plus qu’un « conseil d’entreprise ».

Une seule instance c’est la mort des fonctions dévolues sagement à chacune de celles qui existaient :

-       les DP sont censés schématiquement s’occuper prioritairement des contrats et situations individuelles des salariés

-       les CE sont censés schématiquement s’occuper prioritairement des situations collectives et des évolutions de l’entreprise, socialement et économiquement

-       les Chsct comme leur nom l’indique s’occupent des conditions de travail, de la santé de l’hygiène de la sécurité, ce qui est un immense domaine, allant des risques physiques aux risques psycho-sociaux.

Chacune de ces instances beaucoup de mal a fonctionner, car le patronat met des bâtons dans les roues, aussi bien à l’information qu’à la prévention, à la médecine du travail qu’à l’inspection du travail.

Exit donc les CHSCT : plusieurs décennies de protection de la santé, des conditions de travail, hygiène et sécurité pris en main par les salariés eux mêmes vont donc être jetés à la poubelle. (CF « 20 ans de CHSCT », Journal officiel, avis du CES, Gérard Filoche 2001)

 

Même la présidente de la CGC affirme qu’on « en revient à un dialogue social préhistorique » .

Pourtant c’est le fruit d’une lutte acharnée depuis 30 ans du patronat contre tout ce qui est issu du conseil national de la résistance, perfectionné après mai 68 et ensuite par les lois Auroux et Aubry.

Avant les élections des CE/DP étaient tous les ans, ensuite tous les deux ans, puis tous les 4 ans. Avant les DP et CE étaient séparés, ils les ont déjà fusionné dans des « DUP » (délégations uniques du personnel) dans un certain nombre d’entreprises ou les syndicats se laissaient faire. A chaque fois, ils y gagnent des élus et des heures de délégation en moins. Chaque fois ils y gagnent en absence de contrôle,  de vigilance et de possibilités de se défendre des salariés.

Déjà dans 25 % des entreprises qui devraient avoir un CE, 25 % n’en ont pas. 25 % ont un CE « bidon », pro patronal, propulsé sans syndicat : exemple le CE de Quik Ile de France ou règne un « syndicat » baptisé « énergie pétillante » et qui regroupe les « managers » désignés à cette fonction, dans des « après midi dansants »

Enfin dans les 25 % où il existe de vrais CE, le patronat, grâce à l’ANI du 11 janvier et la loi du 14 juin 2013 a diminué de façon drastique les obligations de communiquer des informations. (Cf. livre « Comment résister à la démolition du code du travail ? » page 51)

« Dans les grandes entreprises avec plusieurs établissements et plusieurs CHSCT, l’ANI permet désormais pour ces différents CHSCT de limiter les éventuelles expertises et les principales consultations à une seule expertise et une seule consultation, en instituant une « instance de coordination des CHSCT ». Et là encore, avec des délais impératifs. C’est un affaiblissement des CHSCT d’établissement, de terrain : l’explosion d’AZF aurait plutôt poussé à renforcer ceux-ci. »

Les CE ont été aussi « contournés » dans l’élaboration des plans sociaux, les juges dessaisis, pas à pas, de « sommets sociaux » en « sommets sociaux », hélas sous la gauche, le droit des IRP et le droit syndical reculent.

Mais là, il ne s’agit plus de « recul » mais de quasi disparition.

Les « seuils » n’ont jamais empêché d’embaucher. Mais sans C.E., le patron évite un budget de fonctionnement limité à 0,2 % de la masse salariale et un budget des œuvres sociales négociable, en moyenne de 0,7 à 0,9 % de la masse salariale. Sans DP ni C.E., le patron évite aussi un contrôle et un dialogue avec ses salariés : ça diminue des droits, baisse le coût du travail, évite ou masque des emplois.

extrait « carnets d’un inspecteur du travail » :

Je me souviens encore d’un patron d’une brasserie de la place de la République à Paris qui « préférait vendre plutôt que d’avoir un comité d’entreprise ». Donc il s’en tenait à 47, 48 ou 49 salariés et refusait de passer le seuil de 50. En fait son arrogance masquait son refus d’avoir des interlocuteurs salariés en face de lui et de rendre des comptes à un CE. Car il ne cessait de prendre, dés que son activité l’exigeait, des « extras », CDD, intérims, qu’il maltraitait, sous-payait, ou dissimulait, en s’efforçant surtout de ne pas les compter dans ses effectifs. Comme lesdits effectifs s’appréciaient sur une durée de 12 mois pendant 3 ans, l’inspecteur prit le temps de « recompter » toutes les entrées et sorties sur le registre du personnel et le livre de paie, puis lui imposa, car il était largement au dessus du seuil, d’organiser – enfin – des élections pour mettre en place un CE. Ce patron-là était un vulgaire délinquant qui voulait faire du fric, en se passant de respecter les lois de la République concernant les institutions représentatives du personnel : ça n’avait rien à voir avec l’emploi.

 

Comme le dit fort bien Thierry Lepaon, s’en prendre aux seuils sociaux, c’est « considérer les représentants du personnel, les droits des salariés, le syndicalisme comme un frein au développement de l’entreprise, alors qu’au contraire c’est une chance ».

 

Et la présence de salariés aux conseils d’administration ou de surveillance, ce n’était pas un progrès fixé par l’ANI et la loi du 14 juin 2013  ?

Cela ne concerne que très peu d’entreprises : celles de plus de 10 000 salariés dont 5 000 en France, soit autour de 250. Il s’agit de l’éventuelle participation restreinte de un ou deux salariés dont on ne sait comment ils seront désignés, mais leur fonction sera incompatible avec celle de membre du CE, du CHSCT, de DP ou de délégué syndical et ils ne seront pas « pro- tégés ». Ils auront voix délibérative mais seront soumis aux règles de confi- dentialité… Le délai pour la mise en place est de 26 mois…

Sur les 40 entreprises du CAC, 10 se considèrent comme « hors périmètre d’application de la loi »… sous prétexte que la société de tête du groupe serait une holding comptant moins de 50 salariés. Il s’agit d’Alcatel-Lucent, Axa, Cap Gemini, Carrefour, Legrand, LVMH, Sanofi, Schneider, Technip, Unibail Rodamco et Vallourec. Sous réserve d’un inventaire plus précis, plus d’un quart des entreprises du CAC 40 entendent donc échapper à l’ANI et à la loi du 14 juin 2013 qui prévoit qu’avant le 30 juin 2015, « le gouvernement remette au Parlement un rapport portant sur le bilan de la mise en oeuvre de l’obligation de représentation des salariés au conseil d’administration ou de surveillance ». Déjà le patronat, se moquant encore une fois du « contrat » comme de la loi, prend ses dispositions pour l’éviter.

 

 

Pour l’utilité des DP:   lire « tabourets de bois ronds » infra sur ce même blog

 

Tabourets de bois rond

C’était rue Notre Dame de Nazareth. Elles étaient huit. Des femmes assises, le dos courbé, les fesses endolories, sur des tabourets de bois ronds autour d’une grande table métallique. Toute la journée. 8 heures par jour, 35 h par semaine, 151 h 66 par mois, et les heures supplémentaires pas comptabilisées.  A peine plus que le smic. Avec de petites mains, elles faisaient de la petite bijouterie fantaisie, des petits assemblages, des enchâssements méticuleux. A côté d’elles quelques hommes, aux bras plein d’eczéma, trempaient des métaux dans divers « bains » d’acide. Au total la petite entreprise, comptable inclus, était composée de 14 salariés

Ce qu’elles voulaient, ces huit femmes, c’était des vrais sièges, si possible ergonomiques, avec un rembourrage, un dossier, des accoudoirs, équilibrés avec cinq roulettes. Juste pour moins souffrir.

Après avoir timidement une par une demandé au patron, elles avaient fini par faire une pétition. Signée à 8. Même les hommes à côté n’avaient pas osé signer. Le patron s’était aussitôt emporté ! Un colérique : «  – Ca on ne me la fera jamais, moi je suis un ancien ouvrier, je sais ce que c’est, j’en ai bavé, elles me l’auraient demandé poliment, d’accord, mais là avec une pétition, pourquoi pas une grève pendant qu’on y est ! Jamais, jamais je ne céderai pas à ce genre de chantage ! ».

Elles saisissent l’inspection du travail (c’était avant le plan Sapin, l’inspecteur pouvait encore décider d’y aller, en opportunité). L’inspecteur demande des sièges, le patron s’empourpre, refuse. Lettre recommandée, mise en demeure. Le patron conteste encore. Puisqu’il y a plus de dix salariés, l’inspecteur demande de mettre en place des élections de délégué du personnel. Le patron refuse toujours : «  Des délégués chez moi, jamais, si on veut me parler, ma porte est ouverte, des élections, on est 14, grotesque, ridicule, pas la peine, pas ici ». Nouvelle lettre recommandée, nouvelle mise en demeure, menace de procès verbal. Pourtant c’était par là qu’il fallait passer.

Il faudra trois mois, trois lettres, trois visites, pour arriver à des élections qui soient réelles. L’inspecteur doit menacer à plusieurs reprises le petit patron irascible. Il doit expliquer aux salariées elles-mêmes comment faire. Les huit femmes se mettent d’accord. A la fin, il y a une date, une candidate, une suppléante, une urne, des bulletins de vote, et enfin deux élues. Le patron dut s’incliner.

Je me rappelle, en retard dans un nombre trop important de visites, je revins dans cette entreprise, en coup de vent, peu après, car la déléguée élue des femmes m’avait appelé. Et comme j’arrivais à l’atelier, bêtement distrait, la tête ailleurs, elles me dirent éclatantes de sourires : « - Alors, alors, vous avez vu, vous avez vu ? » Elles étaient toutes assises sur des fauteuils confortables, appropriés, avec dossiers et accoudoirs. Elles avaient gagné !

L’ANI et la loi Medef qui en est issue, ont reculé les délais avant qu’un patron soit obligé d’organiser des élections de délégués du personnel.

Puis Jean-François Copé l’avait dit : si la droite revient, elle modifiera les seuils sociaux, au lieu que les délégués du personnel soient obligatoirement élus à partir de 11 salariés, ce sera à partir de 50. Le Medef a hâte d’accélérer le processus. Vals, Macron, Rébsamen, maintenant hélas vont au devant de ses voeux.

 

 

 

Interwiew préalable au meeting de Toulouse lundi 3 novembre

ITV Questions de Gilles de Ré, 28 octobre 2014

1- Le « J’aime les entreprises » de Manuel VALS pouvait difficilement supporter  le « suceur de sang » de G. FILOCHE. Le moindre fait est donc utilisé pour marteler l’évolution du PS vers le libéralisme ?

C’est vrai bien sur. Il faut pour séduire le Medef, aller jusqu’au bout de l’adoration des « entrepreneurs » Les chefs d’entreprise sont présentés, comme les sauveurs suprêmes. Dire qu’il y a parmi eux des spéculateurs, des fraudeurs, des rapaces, des délinquants et des suceurs de sang, est devenu impossible. Certes des patrons respectent le code du travail, respectent la dignité des salariés et paient bien, mais ce n’est pas la majorité du genre. La majorité du genre suit Gattaz et ses énormités dignes du XIXe siècle.

Le mythe de l’Entreprise est cultivé à fond. L’entreprise n’existe pourtant pas, il existe 1,2 million d’entreprises très différentes. Et 1000 de ces entreprises produisent 50 % du PIB. 80 % des PME PMI ETI font partie d’un groupe. L’entreprise est un lieu d’exploitation de l’homme par l’homme, de plus en plus dur, et elle sert aujourd’hui de plus en plus à extraire des dividendes au détriment des salaires.  C’est  le coût du capital qui est cher, pas celui du travail. Expliquer que ce sont ces gros patrons qui organisent le chômage, la dette, les inégalités pour asservir les salariés et se servir eux mêmes, c’est une vérité bannie.

Dire que le Medef ne participera en rien à la politique de la gauche et attend mille fois plus de cadeaux de la droite est interdit. Pourtant l’indignation est légitime quand des patrons se goinfrent de 300 ou 660 smic comme C. de Margerie ou de 21 millions d’euros, 78 smic par mois comme Gérard Mestrallet. Oui, ce sont des suceurs de sang et de sueur. Oui la surexploitation, la souffrance au travail, le management brutal, les licenciements abusifs, les heures supplémentaires impayées, l’arbitraire, le burn out, les accidents du travail et maladies professionnelles, les bas salaires, la précarité, c’est intolérable. C’est tout ça qui est « inqualifiable » quand on a 6 millions de chômeurs et 10 millions de pauvres.

2-Hommages multiples, donc au patron de Total mais pas un mot, à Toulouse en particulier, pour rappeler que Total a tué des hommes et de femmes détruit une partie de la ville…et il a fallu attendre 48h avant que le gouvernement ne s’exprime  sur le jeune manifestant tué sur le site du barrage de Sivens. Ces silences lourds de conséquences, ne vont ils  pas d’éloigner encore un peu plus le PS de son électorat ?

Bien sûr. Toute cette politique est une impasse pour le parti socialiste, les militants socialistes, les électeurs socialistes, la gauche, toute la gauche. C’est une tragédie qui se passe actuellement dans notre pays avec cette politique du gouvernement Valls à contre sens de celle pour laquelle nous avons été élue et qui a été tellement attendue en mai juin 2012

3-Le PS est caractérisé de social libéral,  et il s’en défend de plus en plus mollement. Est ce que cette caractérisation te convient ? A quand dates tu le tournant social libéral du PS ?  M. VALS a proposé de changer de nom et de passer à la maison commune avec une partie de la droite. C’est la cohérence même. Ces batailles (le nom, et l’ouverture à droite) ont-elles un sens et que peut comprendre l’électorat de gauche de vouloir continuer à appeler socialiste un parti qui fait une politique de droite ?

Le PS est un parti de gauche. Le premier et le plus fort en France. Sa genèse, son histoire, sa continuité organisationnelle depuis un siècle, ses références générales, sa perception par 20 à 30 millions d’électeurs, ses liens avec le mouvement syndical, avec les associations, avec le salariat (qui vote pour lui à plus de 70 %) confirment bien qu’il s’agit d’un parti de gauche. Il avait tout pour agir, il dirigeait tout. Hélas, il fait le contraire de ce qui était espéré par des millions d’électeurs. Ses dirigeants mènent une politique droitière contraire a celle attendue par sa base sociale. Au point que le Premier ministre issu de ses rangs s’aventure à proposer de changer le nom du parti… Mais il ne le peut pas. Il échoue et échouera. Car l’immense majorité du parti reste choquée et opposée à cette politique libérale. Car les autres forces de gauche enserrent et pressionnent le parti. Même le syndicat qui le soutient dans sa voie libérale, la direction de la CFDT, a de plus en plus de mal. De 40 à 100 députés s’opposent à ce qui est sans précédent dans la Ve République. 40 % du BN du PS depuis le 18 février s’oppose à l’austérité. « Vive la gauche » se développe. Il y a soif d’espoir. Les rencontres et débats à gauche se développent partout.

4-Ceux qu’on appelle les Frondeurs mènent une bataille qui les conduit à s’abstenir sur une série de question lors des votes au parlement. Pourquoi rester à mi-chemin et ne pas voter contre une politique avec laquelle ils ont des désaccords ? Ne croies tu pas que cette attitude renforce la confusion pour l’électorat ?

Mais les députés qui se soulèvent et osent défendre leur mandat, les espoirs de mai juin 2012, ont un immense courage. Ils évoluent ensemble, murissent leurs arguments et sont de plus en plus nombreux. Il ne faut pas les critiquer mais les encourager, les soutenir, créer les conditions de leur succès dans les luttes sociales, dans la rue et dans les entreprises. C’est l’issue politique qui est en train de se construire. Il existe une majorité rose rouge verte au parlement, c’est l’avenir, il faut qu’elle se rencontre, se construise, se consolide, elle présente des amendements communs, et bientôt, espérons des éléments de programme communs pour un nouveau gouvernement.

5-Quel est le sens de cette bataille: infléchir la politique du gouvernement ou se mettre en ordre de bataille pour le congrès à venir ? Il est peu probable qu’il renverse le cours des choses, le choix des présidentiables semble l’attester. Crois tu possible qu’il y ai dans le PS un coup d’arrêt à la politique social libérale? Crois-tu que Vals peut être mis sur la touche ?

Chaque jour de plus de la politique du gouvernement Valls mine le succès – encore possible – du quinquennat. Les temps sont comptés. Cette politique d’austérité, de soumission au Medef conduite si effrontément, de façon arrogante, par Valls va dans le mur. Avec elle 80 % des départements et 12 régions sur 13 sont annoncés perdues. Et ce sera la déroute à la fin aux législatives. Il faut changer cela. Vite. Il faut une autre politique, de gauche celle-là, de relance, de redistribution des richesses d’abord. Valls est minoritaire en fait, tout le monde le sait, si cela se traduit dans un vote, comme c’est souhaitable, il y a place, il faut pour un autre gouvernement de gauche. Ni dissolution, ni exclusion. La majorité au Parlement doit l’emporter sur le pouvoir personnel. La démocratie des aspirations des électeurs doit l’emporter sur l’oligarchie. Il faut qu’il y ait un congrès du PS, vite, que la réelle majorité s’exprime et l’emporte contre la minorité de Valls, qui rappelons-le encore, avait, voté le « projet socialiste », avait soutenu le discours du Bourget, et n’avait obtenu que 5 % à la primaire.

6- Ne faut il pas se saisir de cette situation,  les clarifications sont à l’œuvre du coté du PS, pour poser les jalons pour une nouvelle force à gauche avec le Front de Gauche et les écologistes ?

Il faut l’unité de toute la gauche. Jamais rien de grand ne s’est fait sans unité. L’unité ça n’est pas une scission. Rien a craindre de l’unité. Elle ne peut se faire qu’à gauche. L’unité est un combat de transformation sociale. L’unité ne peut se faire que sur un programme au cœur de la gauche. L’unité c’est forcément un rassemblement dynamique qui l’emporte et dépasse le social-libéralisme. Elle inclue toutes les forces de gauche et le PS aussi bien sur.

7- Nous avons constaté que ceux qui ne votent pas le dimanche, ne font plus grève et ne manifestent plus le jeudi. La démoralisation est profonde. Et ceux qui ne votent plus pour le PS, ne votent pas pour autant pour le Front de gauche et encore moins pour l’extrême gauche. D’une certaine façon toute la gauche est mise dans le même sac, n’est-ce pas une raison supplémentaire pour aller maintenant jusqu’au bout des clarifications ?

La démoralisation existe mais elle n’est pas si profonde. La gauche est majoritaire en France. Les électeurs de gauche s’abstiennent et ne votent pas à droite : lorsque la droite gagne c’est en pourcentage et en perdant des voix en chiffres absolus. Mais le sentiment de trahison est évidemment très fort. Il y a une vive attente d’une occasion pour sortir de l’impasse actuelle où nous enferme le gouvernement social-libéral de Valls. Cette occasion surgira, c’est certain. Elle transformera toute la gauche et l’unifiera. Clarifier c’est réaliser l’unité, la force du salariat tout entier, une dynamique sociale.

Là, le gouvernement a monté une cabale autour du décès de C. de Margerie, dans le but d’empêcher que Total ne soit mis en cause. Mais Total est et sera  mis en cause et devra payer des impôts en France aussi tôt ou tard. Quand aux procès pour bienséance en cette occasion, chacun a vu comment ils faisaient long feu face au décès de Rémi Fraisse à Sivens. A être plus à l’écoute du Medef que des luttes sociales, le gouvernement accroit ses problèmes.

Citons Maurice Kriegel Valrimont :  « Regardez en 34, les fascistes sont sur le point de prendre le pouvoir, manifestent, vont prendre l’assemblée. Si j’avais dit aux copains dans les manifs : dans deux ans, y aura le front populaire, on aura les congés payés et les 40h, ils auraient  rigolé !
Mais ça c’est rien ! Si en 1943, au moment où je me trouve dans une cellule aux cotés de mes amis résistants, si je leur avais dit : dans deux ans la France sera libérée, on instaurera les retraites et la sécurité sociale, ils m’auraient pris pour un fou !
Ce qui veut dire qu’en deux ans, beaucoup de choses peuvent se passer, simplement, il a fallu des hommes pour le vouloir, il a fallu des hommes pour s’organiser, pour que leurs volontés deviennent réalité. »

 

La mort de Rémi Fraisse 21 ans

 

Ah, ils ne réagissent pas au quart de tour de la même façon quand il s’agit du décès d’un oligarque contesté au cœur du pouvoir politico-financier et celle d’un jeune homme mort d’une « explosion » dans un champ alors qu’il manifestait pour une cause environnementale.

Une grenade ? Ces armes non létales ? « La déflagration a été forte puisque le jeune homme a été projeté au sol de façon violente » et « selon le médecin légiste, la mort a été instantanée ».

Rémi Fraisse, 21 ans, était « un garçon très calme, un peu effacé. Il était parti là-bas [dans un état d'esprit] bon enfant pour apporter son soutien à ce combat environnemental. Il était sans protection, c’est pour cela qu’il a été mortellement blessé »

Même si les autorités pensaient qu’il fallait absolument imposer le barrage de Sivens,  la contestation de celui-ci est légitime et le débat qu’elle suscite a réussi visiblement à ouvrir de stupéfiantes questions de fond sur sa nécessité. Un rapport d’expertise interroge sur la validité du projet. Ce rapport n’aurait jamais été entendu sans ces manifestations. Il y est même dit que ce projet n’aurait pas du avoir lieu, mais que des finances étant engagées on ne pouvait plus l’arrêter ! (N’a t on pas arrêté récemment, hélas, bien d’autres projets – légitimes ceux là – faute de « finances » ?)

La démocratie doit jouer normalement en pareil cas. Les manifestants de Sivens n’étaient pas violents… sans la présence excessive des forces policières. Les responsables écologistes avaient d’ailleurs alerté à temps sur les nombreux signes et risques de ces interventions policières violentes ?

Pourquoi envoyer la police en masse, « 70 policiers » dit le Procureur, (pour 100 manifestants, dit il) Pourquoi bombarder avec des flash-ball, lancer des centaines de grenades et autres projectiles dangereux en plein champ entre…  2 h et 2 h 30 du matin ?

Pourquoi ne pas laisser se dérouler normalement la protestation ? Parce qu’il y aurait des « violents » dedans ? En plein champ ça ne tient pas, pareils « violents » s’épuiseraient bien vite et tout naturellement. Et quant la police en rajoute et utilise des moyens disproportionnés, les conséquences suivent souvent.

L’autopsie du jeune homme s’est faite attendre, avant qu’il ne devienne clair que la mort était directement due aux brutalités policières. Mais les paroles aussi se sont fait attendre, et on ne peut pas dire que les autorités aient été à la hauteur du drame qu’elles ont provoqué. Promptes à s’émouvoir pour le pétrolier Christophe de Margerie, il n’en est pas du tout de même pour un jeune manifestant écologiste de 21 ans .

Tout ce que Thierry Carcenac président du conseil général du Tarn a trouvé à déclarer, c’est : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ». Aucun ministre, aucun officiel ne s’est déplacé, ne s’est prononcé, n’est allé parler aux manifestants, laissant désespoir et rage s’installer. Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse ont donc autorité pour incriminer les autorités. Il manque au gouvernement un état d’esprit ouvert aux mouvements sociaux, il ne semble décidément ouvert qu’aux grands patrons.

Que reproche-t-on à Gérard Filoche ? D’être socialiste ! par Philippe Marliére (repris sur Médiapart)

22 octobre 2014 |  Par Philippe Marlière

Après une erreur d’arbitrage manifeste, John McEnroe avait pour habitude d’apostropher vivement l’inepte individu perché sur la chaise haute : « You can’t be serious ! » Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire intérimaire du Parti socialiste, vient de « déférer » devant la Haute autorité du parti Gérard Filoche, dirigeant socialiste et membre du Bureau national du PS. Cambadélis reproche à Filoche d’avoir tenu des propos « inqualifiables » et « intolérables » à l’encontre de Christophe de Margerie, le PDG du groupe Total, décédé accidentellement il y a quelques jours. « You can’t be serious, Camba »…

 

Les propos de Gérard Filoche sont qualifiables et s’ils sont intolérables à ceux qui gouvernent ou dirigent le parti, c’est parce que l’ex-inspecteur du travail a énoncé quelques vérités politiques qui dérangent. En d’autres termes, Valls, Cambadélis et les élus socialistes qui appellent aujourd’hui à purger le PS de son socialiste indésirable, sont en train de fabriquer de toute pièce un procès en sorcellerie de gauche. Accusé Filoche, levez-vous : le premier ministre et la direction du parti vous reprochent d’être socialiste, de penser, d’agir et de vous exprimer en tant que socialiste fidèle à ses idéaux socialistes ! En 2014, le PS juge ses dévoués dirigeants pour délit d’opinion de gauche.

Il faut relire ce tweet qui a mis ces dirigeants du PS en émoi et provoqué l’habituelle tempête dans un verre d’eau médiatique. Il n’insulte ni ne diffame, ni la mémoire, ni la personne privée de M. de Margerie. Ce message va à l’essentiel (normal, c’est un tweet) : il remarque ironiquement que l’oligarchie politique et économique du pays accuse le coup, et sous-entend que derrière les louanges particulièrement appuyés dont M. de Margerie a fait l’objet depuis l’annonce de sa mort, il y a la défense d’une entreprise, d’un système aux ramifications économiques et géopolitiques importantes.

 

Un peu de recherche montre que ce groupe industriel a, à plusieurs reprises, contrevenu au droit international et au respect des droits de l’Homme. Gérard Filoche ne fait que rappeler ce qui est de notoriété publique : M. de Margerie, en tant que dirigeant de Total, était un homme à la tête d’un groupe aux pratiques parfois douteuses. Sous sa présidence, le groupe pétrolier a fait face à plusieurs procès mettant en cause sa probité et sa réputation : marée noire après le naufrage de l’Érika (condamnation de Total à payer de fortes indemnités en 2010) ; accusation des familles des victimes d’avoir tout fait pour « camoufler la vérité » après l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, (2001) ; mise en cause dans le cadre de versements occultes dans l’affaire « pétrole contre nourriture » en Irak (1996-2003) ; critiques d’associations des droits de l’Homme pour sa coopération avec la junte dictatoriale au pouvoir en Birmanie jusque 2011, et condamnation pour avoir fait travailler des personnes sans les payer lors de la construction d’un gazoduc.

Il n’est pas évident que les dirigeants du groupe Total apprécient le tohu-bohu provoqué par Valls et Cie. Leur condamnation (trop) empressée de Filoche est gênante car elle risque de braquer de nouveau les projecteurs sur les pratiques discutables de ce groupe pétrolier. Les intérêts capitalistes détestent ce genre de déballage public. Ils préfèrent mener leurs affaires dans le confort de l’anonymat le plus complet possible. Ironie de l’histoire ; à l’heure actuelle, les dirigeants de Total sont peut-être en train de maudire l’artificielle indignation de Valls et de Cambadélis.

La France de Hollande et de Valls est-elle à ce point thatchérisée pour que tout rappel de faits avérés suscite une telle réaction hostile ? Est-il encore permis sous un gouvernement socialiste de débattre des actions de grands patrons dans l’exercice de leurs fonctions ? Le patron est-il devenu dans la Hollandie un être modèle, intouchable et indiscutable ?

Devant la Haute autorité du PS, Gérard Filoche s’étonnera probablement de l’empressement avec lequel son parti souhaite traiter cette affaire. D’autres dirigeants éminents qui, pour le coup, avaient commis des infractions graves et répétées, n’ont jamais reçu d’ordre à comparaître : Jean-Noël Guérini, lassé peut-être de ne pas être expulsé par le PS, a fini par rejoindre de son propre chef le camp de Jean-Claude Gaudin ; Jérôme Cahuzac, le ministre qui chassait les fraudeurs du fisc en les regardant droit dans les yeux ; Thomas Thévenoud, l’homme qui cauchemarde la nuit lorsqu’il rêve de sa feuille d’impôt ; Jean-Marie Le Guen, le « Grand socialiste de l’immobilier » (Didier Porte) ou encore Dominique Strauss-Kahn, le féministe. Aucun de ces Saints socialistes n’a été appelé devant cette Haute autorité. Vous avez dit bizarre ?… Il est vrai que Filoche détonne dans ce petit monde : il n’a jamais touché le moindre salaire du PS, et il a travaillé toute sa vie en dehors de la politique. Quand je dis travail, j’entends vrai travail… Filoche demandera à ses chers camarades si les dirigeants socialistes ci-dessus mentionnés ont été exclus du parti. Il y aura peut-être quelques surprises.

Aux âmes (faussement) sensibles qui reprocheront à Filoche la « violence » de ses propos, il leur répondra qu’après les violentes déclarations de Valls sur les Roms et les musulmans ou celles de Macron sur les ouvriers, il est à la bonne école du parti !

L’analyse de Gérard Filoche est politique. Elle s’inscrit dans une séquence historique plus large. Dans un premier temps, Hollande-Valls mettent en œuvre les réformes structurelles néolibérales ; dans un deuxième temps, ils célèbrent le Medef et les patrons, nouveaux héros du socialisme français ; dans un troisième temps, ils font monter le volume de la musique antisocialiste et promettent « d’en finir avec la gauche passéiste ». Dans un dernier temps, ils liquident l’identité socialiste, changent le nom du parti et font alliance avec le MoDem. Politique fiction ? Non, Valls annonce cela clairement dans une interview parue aujourd’hui dans Le Nouvel Observateur [1].

Note

Manuel Valls, « Il faut en finir avec la gauche passéiste », Le Nouvel observateur, 23 octobre 2014, nouvelobs.com/politique/20141022.OBS2779/exclusif-manuel-valls-il-faut-en-finir-avec-la-gauche-passeiste.html

Twitter : @PhMarliere

Lettre d’un militant à Bernard Roman

Jacques VUILLEMIN  25000 Besançon

LETTRE A BERNARD ROMAN  DEPUTE

Monsieur le député,

Votre chronique dans la dernière édition de Marianne : « Ce que ne voient pas les frondeurs » a retenu toute mon attention. Dès les premiers mots on a compris. Vous êtes en mission, en service commandé pour défendre et justifier les choix du gouvernement. Mission noble, respectable mais rude tant sont grandes les difficultés à la remplir.

Dire que le retour de Sarkozy est une bonne nouvelle pour la gauche c’est, pardonnez moi, enfoncer une porte ouverte et reconnaître l’absence de vrais arguments pour rassembler la gauche.

Pour remplir au mieux votre difficile mission vous utilisez des arguments ressassés par tous les gouvernements depuis le début de la crise.

Les Français sont parmi les peuples les plus protégés d’Europe et la France ne connaît pas l’austérité. Donc, les français n’ont aucune raison de se plaindre. Désolé, monsieur le député, mais pour parler d’austérité il ne suffit pas de consulter des experts qui ne savent rien des difficultés de la vraie vie. Pour comprendre l’austérité, il faut interroger ceux qui connaissent des fins de mois difficiles, ceux qui sont au chômage depuis trop longtemps, ou ceux qui ont peur de perdre leur emploi.

Il faut consulter ceux de plus en plus nombreux qui renoncent à cotiser à une mutuelle tant sont faibles leurs revenus, ou encore ceux qui après avoir hésité vont s’inscrire aux restaurants du cœur. C’est pour eux, pour les protéger que vous et vos collègues avez été élus, pas pour faire plaisir au MEDEF.

Comment osez vous parler, Monsieur le député, d’une prime exceptionnelle pour les petits retraités sans avoir le courage d’en indiquer le montant : 40 euros par an, c’est-à-dire 3,30 euros par mois, de quoi s’acheter deux paquets de pâtes.

Un député socialiste peut-il présenter cette aumône comme une victoire sur la pauvreté ? Faut-il vraiment dire «  merci » à Manuel ?

Comment osez vous parler de réforme fiscale quand l’engagement du candidat Hollande à séparer les banques de crédit des banques de marché n’a pas été tenu ? Rédigée par des banquiers, la loi a été vidée de ses objectifs.

Pendant longtemps l’impôt sur le revenu était un marqueur de gauche, il symbolisait la participation citoyenne de chacun selon ses ressources à l’effort collectif. Aujourd’hui, le PS tient le même discours que la droite.

Comment pouvez vous dire que le pouvoir d’achat des salariés et des retraités est maintenu alors que les salaires, les retraites sont gelés. Dans le même temps, le gaz, l’électricité, le loyer, les transports augmentent ! La vie est dure pour les plus modestes, monsieur le député.

Non, monsieur le député, le cap n’est pas maintenu depuis 2012, sinon comment expliquez vous la chute du Président dans les sondages, le désastre des municipales et des européennes ?

Pour conclure, je veux vous rassurer. Les députés frondeurs ne sont pas tous frappés de cécité ; Il n’y a pas d’un côté ceux qui ont la vérité et de l’autre ceux qui sont dans l’erreur. Les choses ne sont jamais aussi simples.

Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent, rarement ceux qui croyant l’avoir trouvée, se cachent derrière leurs certitudes

Il est encore temps de sauver le quinquennat. Il suffit pour cela, Monsieur le député, d’ouvrir les yeux.

Cordialement. Jacques  VUILLEMIN

 

 

Le Premier fédéral du Jura demande à Manuel Valls de partir » :

Dans le Jura, le président PS du Conseil général s’en prend très directement à Manuel Valls. Christophe Perny estime que «Manuel Valls doit partir pour la gauche, pour la France». Dans un communiqué, il écrit que, selon lui, la ligne politique de Manuel Valls est «inefficace économiquement et socialement et (…) elle installe comme alternative possible le Front national et Marine Le Pen».

Christophe Perny appelle même à la «résistance» face au locataire de Matignon. «Les hommes et les femmes de gauche, les socialistes en particulier, ont un devoir de désobéissance face à ce désastre politique conduit par le Premier ministre», a ajouté l’élu local.

Il dénonce un Manuel Valls «ultra-minoritaire» dans le parti

Le président du Conseil général du Jura s’inquiète alors que les élections cantonales se profilent comme un véritable «calvaire», comme le redoute Jean-Christophe Cambadélis. «Le PS se vide de ses militants et de ses élus. À chaque élection, nous donnons les pouvoirs locaux et nationaux à la droite».

Il ne comprend pas le poids politique du premier ministre à gauche, se référant au score réalisé lors de la primaire socialiste en 2011. «Le scandale est que cet homme ultra minoritaire au PS et à gauche porte la ligne politique gouvernementale. À ce rythme, le PS portera bientôt, non seulement les idées, mais aussi le score de Manuel Valls», prédit Christophe Perny.

… Depuis plusieurs jours, et l’arrivée des textes budgétaires à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste se déchire entre la politique du gouvernement et son aile gauche. Jeudi, le chef du gouvernement a fait un nouveau pas vers l’ouverture au centre, avec des propositions de «formation politique commune» des «progressistes» et un changement de nom du PS.

Des idées qui ont reçu un accueil glacial dans sa famille politique. » sic

 

 

Vite, un congrès – démocratique – du Parti socialiste !

Les débats font rage entre responsables socialistes, le congrès commence sur les chapeaux de roue mais sans que, malheureusement, aucune date officielle ait encore été fixée. Nos statuts prévoient un congrès à mi-mandat présidentiel. C’est maintenant. Alors ne tardons plus. Les militants doivent être consultés sur la ligne politique du gouvernement, de plus en plus ouvertement libérale et en contradiction avec toutes les orientations débattues et adoptées par le Parti socialiste, comme avec les « 60 engagements de François Hollande ». Jean-Christophe Cambadelis a raison : « les courants socialistes doivent débattre sans se battre. » Sans le cadre organisé d’un congrès, avec dépôt de texte de contributions puis de motions, le débat risque de ne se dérouler que par médias interposés et sans que les militants puissent y participer. Vite, vite un congrès !

Une politique gouvernementale passéiste

Manuel Valls est passé à l’offensive contre une gauche qui serait  « passéiste » , alors que lui serait un « pragmatique moderne ». Or, si l’on regarde de près, sa politique n’a rien de moderne mais reproduit, sous la pression du Medef et de la Commission européenne, presque point par point la politique qui était menée en Europe à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, notamment durant les années 1920 et 1930. Une politique qui avait mené, faut-il le rappeler, à une crise économique d’une incroyable violence et à l’arrivée au pouvoir des nazis, d’abord en Allemagne, puis sur tout le continent européen.

La confiance faite à la toute puissance des marchés, à sa « main invisible » qui produirait nécessairement l’harmonie économie et sociale redevient le dogme dominant. Il avait, en pratique, abouti à la crise de 1929 et à celle de 2007-2008 après qu’aient éclaté les bulles spéculatives que cette confiance béate avait laissées gonfler démesurément.
La bride sur le cou laissée aux banques et à la finance internationale était à l’origine de la crise de 1929 et de celle de 2007-2008. Rien n’a changé depuis cette dernière crise et tous les ingrédients d’une nouvelle crise financière se rassemblent de nouveau. Les derniers soubresauts des bourses mondiales sont l’expression de ces mouvements souterrains, prêts à produire une nouvelle irruption volcanique. Tout ce passe, en effet, comme si l’on avait recommencé à construire une nouvelle centrale nucléaire sur le site de Fukushima sans même avoir pu arrêter la fusion des précédents réacteurs. La fusion de ces réacteurs continue sous la forme d’une dette privée transformée en une gigantesque dette publique qui hypothèque gravement la possibilité de sortir de la crise économique et sociale que nous subissons aujourd’hui.
La mondialisation financière qui dominait déjà l’économie à la fin du XIXe siècle nous est, aujourd’hui présentée, après la parenthèse des « 30 glorieuses » entre 1945 et 1975, comme un horizon indépassable, qui serait, de surcroît, d’une incroyable modernité.
La politique de restriction des déficits budgétaires n’est plus aujourd’hui menée sous le fouet de l’étalon-or et du « Franc fort » mais sous celui de l’euro cher, de la Commission européenne et des ses dogmes.
La politique déflationniste de baisse des salaires (gel du point d’indice de la Fonction publique, absence de coup de pouces pour le Smic, baisse des prestations sociales) menée par Manuel Valls est dans la lignée de la politique menée dans les années 1930 par Heinrich Brüning en Allemagne et Pierre Laval en France. La politique du « New Deal » conduite par Franklin D. Roosevelt, à peu près au même moment, se situait à l’exact opposée de la politique allemande et français. C’est pourtant, sans le moindre souci de cohérence, du « New Deal » que se réclame Manuel Valls.
Débat : oui ! Invectives et menaces : non !

On a entendu des demandes d’exclusion de Gérard Filoche parce qu’il rappelle la responsabilité de Total dans les affaires et son soutien à la dictature militaire birmane. Benoît Hamon et Aurélie Filippetti reçoivent l’injonction de quitter le PS parce qu’ils se sont abstenus lors du vote du Budget à l’Assemblée. Stop ! Arrêtons ces faux procès ! Le délit d’opinion n’existe pas chez les socialistes, pas davantage que dans notre République. Ni Jérôme Cahuzac, ni Thomas Thévenoud, ni Jean-Noël Guérini n’ont été l’objet de tant d’attention !

S’agit-il de faire taire des voix de gauche et de faire diversion pour ne pas reconnaître que la majorité qui soutient la politique menée s’étiole chaque jour davantage au sein même de l’Assemblée nationale ?

Ouvrons le débat sur le fond, c’est-à-dire sur l’écart qui se creuse entre la politique mise en œuvre et les attentes des électeurs de gauche. C’est ce qu’attend la gauche ! C’est ce qu’attendent les Socialistes !

 

 

D&S

Stéphane Le Foll : « Pour Gérard Filoche, être patron veut dire qu’on n’est plus humain » (sic – sur RMC) – Réponse

Apolline de Malherbe recevait Stéphane Le Foll mercredi 22 octobre sur BFMTV et RMC. « Dans la tête de Gérard Filoche, quel est le problème ? C’est qu’être patron, ça veut dire qu’on n’est plus humain », a-t-il réagi à propos de Gérard Filoche qui a qualifié Christophe de Margerie de « suceur de sang ». « Moi je dis le contraire, il faut arrêter avec ça », a ajouté le porte-parole du gouvernement :

 

Pour Stéphane Le Foll , dés qu’on dit la vérité, c’est à dire que le principe du système actuel c’est forcément, naturellement, qu’un patron est un exploiteur de la force de travail de ses salariés, il en déduit que ça veut dire que le patron n’est plus ‘humain » !

Mais pas du tout ! ce sont bel et bien des hommes qui exploitent d’autres hommes, ils sont tout ce qu’il y a de plus humains !

N’empêche qu’ils exploitent la force de travail sinon leur entreprise ne fonctionnerait pas une seconde.

L’entreprise est un lieu d’exploitation, ou s’extraient le profit et les dividendes. Et c’est pour cela qu’il faut des lois, des protections, un ordre public social pour les salariés !

En fait c’est Stéphane Le Foll en parlant ainsi, qui permet de nier l’exploitation patronale et tous ses abus et il aboutit ainsi par la suite à diminuer le droit du travail (ANI du 11 janvier 2013, loi du 14 juin, future loi Macron…)

Au contraire, le gouvernement doit cesser de détruire le code du travail, au contraire il doit le renforcer car l’exploitation s’intensifie, la souffrance au travail aussi, les profits et dividendes augmentent, la délinquance patronale s’accroit, les salaires sont bloqués et la durée du travail s’allonge, hélas.

Et quand un patron gagne 300 à 600 smic, ou 21 millions d’euros de « retraite chapeau » comme Gérard Mestrallet, oui, c’est un voleur et un suceur de sang et de sueur !  Car ce n’est en aucun cas son travail qui lui apporte cette somme, c’est le vol du fruit du travail des autres. Nul ne gagne pareille somme par son mérite ! Il ne faut pas laisser faire les suceurs de sang et de sueur, il faut au contraire limiter les revenus à 20 fois le smic comme le revendique la Confédération européenne des syndicats. Il faut des contreparties à la subordination des salariés… Il faut imposer et protéger  l’état de droit dans les entreprises, et le moins possible de travail du dimanche, de nuit, le minimum d’heures supplémentaires, le maximum d’institutions représentatives du personnel, de justice prud’homale.

Pour Stéphane Le Foll, les patrons sont tellement « humains » qu’ils ont tous les droits et que rien ne doit les mettre en cause, il faut le maximum de flexibilité et le minimum de freins à l’exploitation (seuils sociaux…)  : en fait c’est le dada banal de tous les libéraux et patrons de combats depuis toujours. Mais c’est ça qui est inhumain, indigne. C’est ça qui depuis 1841 et le rapport du docteur Willermé, caractérise l’exploitation sans borne du travail par le capital. Et c’est ça qui, en plus d’être immoral, est inefficace : car ce sont les salariés les mieux formés, les mieux traités, les mieux payés qui sont les plus « compétitifs », les plus productifs… en restant les plus humains.

Et cela fait 170 ans que tous les socialistes luttent contre cette exploitation. C’est notre identité.

En fait c’est Stéphane le Foll qui en revient implicitement à défendre le patronat de droit divin (a croire ou faire croire que c’est lui qui va sauver l’économie, et qu’il faut donc lui donner 41 milliards sans contre parties) c’est ça qui est archaïque et intolérable du point de vue des droits humains !

 

 

 

 

ré éedition opportune d’une tribune dans l’Humanité Dimanche début 2014

 

L’entreprise est un dancing

« L’entreprise, ce n’est pas un lieu d’exploitation, ce n’est pas un lieu d’accumulation de profits, de richesses » a affirmé de façon assez novatrice, le ministre du budget, Bernard Cazeneuve inaugurant brillamment l’an 2014 alors que le « pacte de responsabilité » surgissait et remplaçait le « pacte de compétitivité »

C’est bien connu, l’entreprise est un dancing, un club de rencontre, un centre de repos, un institut de thalasso, Pâques tous les jours et le soleil y brille.

Ne le dites pas aux 98 % de salariés qui gagnent moins de 3200 euros nets, aux 50 % d’actifs occupés qui gagnent moins de 1680 euros, ne répétez pas les propos du ministre aux 10 millions de travailleurs pauvres en dessous de 900 euros : dans l’entreprise on n’est pas là pour faire des profits mais pour se marrer

Ne le dites pas aux 20 millions de salariés dont les heures supplémentaires ne sont pas payées, mais c’est pour leur bien, ils en ont de la chance de rester plus longtemps que payés dans un chouette lieu où on rigole tous, matin, midi et soir. Vivement les 39 h payées 35.

Ne le dites pas aux 4 millions de temps partiel subis, aux CDD renouvelés, aux contrats « atypiques », aux 3 X 8, aux 4 X 8, aux 5 X 8, aux travailleurs de nuit et du dimanche, aux femmes pauvres et précaires, aux étudiants désargentés, ils douteraient de tout.

Ne le dites pas aux accidentés, handicapés, aux discriminés et harcelés, aux malades, tués ou suicidés du travail. La souffrance au travail ça n’existe pas. En fait l’entreprise, c’est le paradis, c’est désintéressé, on a la chance d’y être tous copains et copines.

Ne le dites surtout pas aux patrons qui se sont octroyés 210 milliards de dividendes ce sont tous des altruistes, ils savent, eux, combien l’entreprise est généreuse. Arrêtez de croire que le travail n’enrichit personne et que ce qui enrichit c’est l’exploitation du travail des autres, c’est un radotage dépassé.

Ne dites plus que votre patron est un taulier, c’est un bienfaiteur. Cessez de croire aux vieux clichés selon lesquelles les salariés sont obligés de vendre leur force de travail : ils le font avec enthousiasme. En fait vos heures de boulot, c’est ça le vrai bonheur. Ce n’est pas de la « subordination », c’est de la soumission librement consentie. Ce sont les patrons qui vous aident à vivre et non pas vous qui les faites vivre.

Et puis c’est vrai, ce qu’on vous ôte de vos salaires n’est pas ré investi. Ce n’est pas dans l’entreprise que « s’accumulent les richesses »,  c’est dans la spéculation sur l’argent dérivé de votre travail, dans les casinos des paradis fiscaux et les caves à subprimes : ça découle de ce que Bernard Cazeneuve, nouveau théoricien de l’Entreprise vous enseigne.

 

 

Entre les deux T : le T de Total et un Tweet, c’est Total qui compte

Le premier T, un tweet suivi de milliers d’autres, pas du même genre

Mardi 21 octobre, je rentre à Paris après une séance de dédicace de mon dernier livre en défense du droit du travail, à la librairie les Volcans, à Clermont-Ferrand et d’une réunion de militants socialistes, qui s’est tenue la veille au soir.

A 5h 58, à peine installé sur mon iPhone et sur mon ipad, j’apprends la mort de Christophe de Margerie, dans un accident d’avion à Moscou, avec trois autres personnes qui seront, par la suite, le plus souvent ignorées.

Je réfléchis donc, et je m’attends à ce qui va se passer dans la journée, je devine les hommages, les louanges, l’encensement du « grand patron » etc. La propagande pour faire croire que ces gens-là nous sauvent alors que ces puissants-là nous coulent, siphonnent nos salaires, bloquent nos emplois, polluent, détruisent l’environnement,  tournent le dos aux choix citoyens…

Je pense, aussi, à toux ceux qui, dans le monde ont été victimes de la politique de Total, notamment aux milliers de morts causés par la junte dictatoriale Birmane dont Total a été le soutien financier pendant tant d’années. Je me remémore des films, des livres, des articles, de Péan, d’Eva Joly, des enquêtes, et tout défile dans ma tête.

Je ne connais pas l’homme ni son entourage, même s’il était plus que célèbre. Il ne m’était pas sympathique. Je ne pouvais ni ne voulais le dissocier de la politique du groupe pétrolier qu’il dirigeait. Je ne pouvais pas, non plus oublier qu’il gagnait environ 300 Smic par an et que personne ne peut gagner une telle somme aussi choquante sans exploiter violemment le travail des autres.

Je pense bien sûr aux quatre familles endeuillées. Mais je ne vais pas communiquer là-dessus par tweet, support totalement inapproprié, car que dirais-je ? Je ne suis pas ministre ni député et je n’ai aucune autorité pour envoyer des condoléances aux familles de ce tragique accident. Cela aurait même semblé très déplacé et impudique. « Filoche qui envoie sa compassion a la puissante famille Margerie » :  aucun sens. J’ai choisi, en quelques mots, de parler politique, à la fois du passé et du futur de la multinationale du CAC 40 : Total. Car tel est mon rôle et je suis persuadé d’avoir eu raison de le faire. Cela concerne des millions de nos concitoyens.

Les tweets qui se sont, alors, multipliés venaient, en formation serrée, de militants et sympathisants de l’UMP à l’initiative de Eric Ciotti. Ils répandaient non pas le contenu de mes propos mais inventaient, dénaturaient en se faisant la courte-échelle les uns les autres, prétendant que je m’étais «  réjoui »  (sic) de la mort de Margerie et autres délires… Des FN se sont joints à la fête pour défendre l’entreprise, la grosse entreprise, et le grand patron… Pour couvrir Total, ils instruisaient un procès…  en bienséance.

En trois heures de Clermont-Ferrand à Paris, j’ai vu le rythme des attaques s’accélérer jusqu’à ce que le dirigeant UMP Eric Ciotti demande carrément au PS de m’exclure. Le Premier ministre, Manuel Valls, s’est alors empressé de saisir la balle que lui lançait aussi opportunément l’UMP. Quelques uns de ses proches s’y sont mis : la cabale s’appuyait sur celle de l’UMP. Il m’a mis en cause à l’Assemblée nationale, dans un jeu de rôle où il répondait aussi  à la demande d’un député UMP. Il osait affirmer que je n’étais pas digne d’être dans « son » parti. L’accord entre le Premier ministre socialiste et l’UMP pour défendre Total, la multinationale pétrolière, était parfait. Manuel Valls avait bien besoin, aussi, d’une diversion pour tenter de faire oublier la marge très étroite dont disposait le vote de la partie « recettes » de son budget et le fait que 3 de ex ministres, expulsés par lui, refusaient de le voter.

Sur les réseaux sociaux, c’est alors que la tendance s’est inversée, et que la gauche, toute la gauche, socialiste, verte et Front de gauche a commencé à réagir. Une sorte de grande barrière protectrice s’est opérée, des milliers d’internautes me défendant. Cela s’est fait spontanément quand ils ont compris ce qui se passait. Et là, la qualité des arguments, le sérieux des citations était beaucoup plus élevé.

Cela n’a pas empêché Jean-Christophe Cambadélis de faire deux choses, lors de la réunion du Bureau national du Parti socialiste, à 17 h, le 21 octobre :

1°) de désavouer le Premier ministre en soulignant que lorsque celui ci s’en était pris a moi à l’Assemblée nationale, il n’avait pas applaudi. Il avait désapprouvé, considérant que c’était à lui, le Premier secrétaire du Parti socialiste, de traiter la question, pas au Premier ministre.

2°) de prendre lui, Premier secrétaire, l’initiative de saisir la « Haute autorité du parti » pour examiner mes propos et voir ce qu’il convenait de faire.

Sans doute n’a-t-il pas bien compris que ce ne serait pas un mauvais procès à Gérard Filoche qui se tiendrait, en dissertant sur des normes très subjectives de « bienséance », mais bien le procès public de la politique de Total et du soutien sans faille que lui apporte le gouvernement de Manuel Valls.

Nous en sommes là pour le moment.

Mais la vérité, c’est que c’est le débat du congrès du Parti socialiste qui commence, sans même que nous sachions la date de celui-ci. Nous l’exigeons tôt, pour des raisons démocratiques, ils le veulent tard pour des raisons antidémocratiques.

Et ils annoncent la couleur sur la façon dont la minorité de Valls entend essayer de s’imposer dans ce débat de congrès : de force. C’est donc le tour de Benoit Hamon : il lui est aussi demandé de quitter le parti. Si toute la gauche socialiste ne fait pas bloc, elle sera battue séparément. Macron avait qualifié le Parti socialiste « d’étoile morte ». Valls n’hésite pas pas à le traiter de « gauche passéiste » et demande qu’il abandonne l’étiquette « socialiste ». C’est historique  ce qui se passe, on est bien au delà d’un artificiel procès en bienséance.

 

 

 

Le deuxième T : Total

La carrière de Christophe de Margerie est entièrement liée au groupe Total dans lequel il est entré en 1974.

Le concert de louanges qui a entouré la mort tragique de celui qui était devenu le PDG de Total remplit une double fonction : encenser ces « héros modernes » que sont devenus (pour la droite comme pour le gouvernement de Manuel Valls) les PDG ; éviter que des questions gênantes soient posées à propos de la politique suivie par ce groupe.

Il n’est, heureusement, pas évident, pour tous ceux qui subissent la crise économique et sociale causée par les banques et les multinationales, de faire des PDG leurs « héros modernes ».

Par contre, les questions portant sur la politique de Total et donc sur le rôle de Christophe Margerie, qui est très vite devenu l’un de ces principaux dirigeants, puis son PDG, ont déjà commencé à émerger. Elles ne peuvent que provoquer de profondes interrogations sur les tombereaux de louanges déversées sur ce « chevalier blanc » des temps modernes, sur ce « père » dont les salariés de Total seraient aujourd’hui « orphelins ».

L’ONG américano-thaïlandaise EarthRights international (ERI), dans son rapport de juillet 2010, portait des accusations très précises contre Total. Elle accusait Total, pièce centrale de l’’exploitation du gisement gazier sous-marin de Yadana,  d’être la « principale source de revenus d’une dictature militaire notoirement répressive » et de « complicité d’assassinats ciblés, de travail forcé ». En 2006, la justice avait reconnu la réalité de ce travail forcé mais Total avait échappé à la condamnation, les faits n’étant pas sanctionnés en droit français !

En 2009, ERI écrivait déjà que « Yadana  a été un élément décisif permettant au régime militaire birman d’être financièrement solvable ». Pour ERI, cette manne financière lui aurait permis « à la fois d’ignorer la pression des gouvernements occidentaux et refuser au peuple birman toute demande démocratique ». La France de Monsieur Sarkozy avait d’ailleurs fait tout ce qu’elle pouvait pour atténuer ces pressions.

Le cyclone « Nargis » avait provoqués la mort de 80 000 Birmans et la disparition de 50 000 autres, en 2008. Les Etats-Unis, l’Union européenne ont débloqué des fonds importants pour venir en aide aux populations dévastées. Ces fonds ont, en grande partie, été détournés par la junte militaire qui empêcha les secours internationaux d’avoir accès aux zones dévastées et de pouvoir, ainsi, vérifier l’utilisation qui était faite de l’aide internationale.

C’est cette loi de la junte que Total a maintenu sous perfusion financière pendant des années.

Il n’est sans doute pas difficile de comprendre que mes toutes premières pensées aient pu aller aux innombrables victimes de la junte birmane.

Dans sa lettre à Christophe de Margerie, publiée dans Le Monde du 13 avril 2012, Eva Joly qui était alors la candidate de EELV à l’élection présidentielle accusait le groupe Total d’être « devenu une arme de corruption massive ». Elle écrivait « Vous polluez les rues des villes où je respire, vous empoisonnez les côtes de l’Atlantique où j’aime vagabonder. Vous soutenez des régimes, en Birmanie ou en République du Congo, que je combats ». Elle accusait Total de n’avoir payé aucun impôt sur les sociétés en France en 2011, sous prétexte que ses activités françaises étaient « déficitaires », alors que Total avait engrangé 12 milliards d’euros de bénéfices.

Total avait été condamné en septembre 2012 par la Cour de Cassation qui avait confirmé sa responsabilité dans le naufrage de l’Erika et de la marée noire qui s’en était suivie sur 400 kilomètres de côtes bretonnes, causant des milliards de dégâts.

La Cour d’appel de Toulouse avait mis Total hors de cause après l’explosion de l’usine AZF qui avait causé la mort de 31 personnes. Pourtant cette usine appartenait jusqu’en 2005 à la société Grande Paroisse qui regroupait depuis la fusion de Total et d’Elf Aquitaine une partie des activités chimiques du groupe Total. Pourtant, le directeur de la société Grande Paroisse avait été déclaré coupable d’homicides involontaires « par négligence et imprudence ».

L’Association des familles endeuillées, dénonçait « la volonté du groupe Total de (…) troubler la manifestation de la vérité (…) Total s’est épuisé à camoufler la vérité ».

Il n’est, sans doute, là encore, pas très difficile de comprendre que mes pensées soient, d’abord, allées à ces « familles endeuillées ».

Christophe de Margerie, en tant que PDG de Total, avait, également, été mis en examen pour « corruption d’agents publics étrangers » et « abus de bien sociaux » dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » avec l’Irak de Saddam Hussein. En juillet 2013, le Tribunal correction de Paris avait relaxé Total et Charles Pasqua. Mais le parquet de Paris a fait appel et Total devra répondre de ces accusations, en 2014 ou 2015.

Christophe de Margerie, à la tête de la plus grande entreprise française, n’avait pas hésité à faire  pression sur François Hollande pour qu’il change sa politique fiscale et qu’il épargne les grands groupes. L’adoption des « pactes » de « compétitivité » et de « responsabilité » qui accordent une gigantesque niche fiscale de 41 milliards d’euros annuels aux entreprises, particulièrement aux plus grandes, indique qu’il avait su, avec ses compères du CAC 40, être persuasifs. Tant pis pour les services publics et la Sécurité sociale puisqu’il fallait bien économiser de ce côté-là ce qui était, de l’autre, distribué aux actionnaires des grandes entreprises et à leurs dividendes.

Il n’est, sans doute, là encore, pas très difficile de comprendre que mes pensées soient d’abord allées à tous les salariés victimes de ce capitalisme cynique et prédateur dont Total est l’un des plus beaux fleurons.

Au cœur des prud’hommes : élections democratiques des conseillers

Tous les journalistes qui ont essayé ce reportage en sont revenus transformés et leurs lecteurs ont été médusés. C’est un lieu méconnu, inouï, incroyable, dont vous n’entendrez jamais parler sur TF1. C’est une justice paritaire, de proximité, pauvre, longue, lente, en principe orale, elle est proscrite, dénigrée, négligée, grinçante, cruelle, elle n’intéresse pas les grands médias, pas même les romanciers ou les conteurs. Il s’agit de la justice du droit du travail..

« Des tribunaux qui insécurisent les employeurs » comme aime à dire Laurence Parisot. Des Cours de justice (élues par tous les salariés, y compris les immigrés) dont il faut limiter l’audience et l’accès selon les ministres Sapin et Rebsamen qui ont raccourci les délais de saisine, instauré des plafonds de réparation des dols et qui veulent en supprimer les élections.

Dans un temps ancien, Libération eut une chronique judiciaire sur les prud’hommes. Puis Siné hebdo et mensuel en ont publié une avec Véronique Brocard, (ex de « Libé », ex de « Télérama ») laquelle vient d’en faire un livre au Seuil : elle s’est installée pendant deux ans dans les salles d’audience et en 45 histoires triées,  elle vous fait tout revivre.

Chaque année, prés de 200 000 apprentis, salariés, en CDI, en CDD, intérimaires, ou licenciés, saisissent les 210 conseils de prud’hommes répartis sur le territoire français et leurs 14 512 conseillers. (Un tiers des conseils prud’hommes ont été supprimés par Rachida Dati, sous Sarkozy). 200 000 c’est peu, vu la fréquence réelle de la délinquance patronale, de l’exploitation et l’arbitraire qui règne. La justice du travail ne connaît pas de répit, elle rame, faute de moyens, de reconnaissance, elle est reléguée et maltraitée, à l’écart, aux confins des cités judiciaires. Pas de sang, pas de hurlement, pas d’assassin mais ça n’empêche pas la douleur, l’angoisse, la détresse face à un licenciement abusif, face à une sanction disciplinaire injuste, au non-paiement d’éléments de salaires ou de primes  indispensables à la vie au jour le jour. On y réclame des gros ou des petits dommages et intérêts, des jours de congés ou des heures supplémentaires impayées, parfois le simple paiement d’une carte Navigo (ce qui fut rendu impossible quand Sarkozy obligea le 1er octobre 2011 tout plaignant à payer une taxe préalable de 35 euros… pour accéder au tribunal. Ce qui a été heureusement supprimé par Christiane Taubira le 1er janvier 2014).

Véronique Brocard (1) raconte ces audiences, pour tous ces anonymes, manutentionnaires, chef-coiffeuse, plongeur, prothésiste dentaire, masseuse, gardiens de musée,  prof, attachée de direction, représentants de commerces, femmes de chambre, maitres chiens, bonne de curée, nounou, artiste, maçon, employé ou cadres…  Plongez-vous vite dans ces bonnes pages … de la vie de notre salariat, vous savez, cette grande classe sociale qui produit toutes les richesses et qui n’en reçoit pas la part qu’elle mérite ! Car elle mérite de bons emplois solides, de bons salaires… et de la dignité.

Gérard Filoche

« Au cœur des prud’hommes » Véronique Brocard, Stock, 160 p, 18 euros

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Les 316 « décisions » de la Commission Attali… et Macron (2008)

Étonnant comment ces 316 « décisions » émises pour Sarkozy sont les unes après les autres reprises par Hollande. Même si avec le « pacte de responsabilité » Hollande est allé nettement plus loin que ce qu’Attali proposait à Sarkozy.

Le pot-pourri du libéralisme

Nous reproduisons ici l’article de JJ Chavigné du jeudi 24 janvier 2008  –   Comme quoi il faut lire et garder les revues D&S qui depuis 21 ans font la critique du libéralisme et proposent une voie socialiste.

La Commission « Pour la libération de la croissance française » mise en place par Nicolas Sarkozy, présidée par Jacques Attali ancien conseiller de François Mitterrand et nouveau transfuge socialiste a rendu sa copie, un pavé de 334 pages.
Censée être « composée de 43 personnalités de différentes sensibilités », cette commission représentait surtout (à de très rares exceptions près) les différentes sensibilités libérales. Elle ne compte pas moins de 17 PDG ou anciens PDG (AXXA, Nestlé, Crédit Agricole SA, Essilor, Volvo, Areva, Orange, Cetelem…). Des ultralibéraux comme les anciens commissaires européens Mario Monti et Ana Palacio, les journalistes Eric Le Boucher du Monde et Yves de Kerdrel du Figaro ou Michel de Virville, maintenant DRH de Renault. Jean Kaspar, présenté comme ancien secrétaire général de la CFDT, est le seul qui ait ou ait eu des liens avec le mouvement syndical, même s’il « gère depuis dix ans son propre cabinet de conseil ».

Laissant entendre que ce rapport était équilibré, Attali s’est empressé d’affirmer : « Aucune des mesures qui est là ne peut s’appliquer sans être fait dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite ». L’image est doublement erronée. D’abord parce qu’il paraît pour le moins inepte de recommander de rouler dans une voiture sans frein. Ensuite, parce que si l’on voit bien les freins qu’Attali préconise de supprimer sur la « roue gauche », il est difficile, même avec une loupe, de percevoir les freins qu’il propose de supprimer sur la « roue droite ». La dérèglementation tous azimuts des professions juridiques (avoués, notaires….) ne doit pas faire illusion, elle n’a qu’un objectif : permettre la concentration du capital dans ce secteur. Aucune proposition (sur 316) n’est faite pour diminuer la précarité du travail ou améliorer le pouvoir d’achat des salariés.

Nicolas Sarkozy d’accord avec l’essentiel

Nicolas Sarkozy a aussitôt déclaré : « Si certains sont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnable dans l’essentiel ». Le contraire eût étonné tant ces propositions reprennent tous les poncifs, toutes les idées reçues du sarkozysme à l’exception de la recommandation de ne pas respecter le « principe de précaution » et la suppression progressive des départements avec lesquelles le président de la République a pris ses distances. Il s’est donné bien garde, par contre, de commenter l’idée que 250 000 nouveaux immigrés par an pourraient donner à notre pays 0,5 % de croissance en plus.

Abaisser le « coût du travail ». Déréglementer. Retirer le maximum de protection aux salariés. C’est le modèle anglais-saxons. Une catastrophe pour les salariés anglais ou américain. Le paradis pour le patronat des deux pays. C’est la direction que nous indique Attali dans un geste de ciment armé. Car la commission Attali ne propose pas, elle décide ! Cet aréopage de libéraux, de technocrates et de quelques autres n’a que faire du suffrage universel : elle décide et veut nous imposer ses 316 « décisions ».

Le florilège du libéralisme

Beaucoup de commentateurs de ce rapport se sont contentés des 20 propositions phares mises en avant par la Commission. Il n’était pourtant pas intéressant de lire l’intégralité du rapport. .

Education

Permettre aux parents de choisir librement le lieu de scolarisation de leurs enfants (décision 6). C’est la fin de la carte scolaire, sereinement assumée par la commission.

Développer le tutorat des élèves des ZEP par des étudiants (dans le cadre d’un service civique hebdomadaire : le travail non rémunéré obligatoire) et des enseignants retraités. (décision 151)

Renforcer les formations en alternance (décision 13)

Renforcer l’autonomie des universités et faire émerger 10 grands pôles universitaires de niveau mondial (décision 19)

Développer les financements privés pour l’Université (décision 22) Etendre le modèle de l’alternance à tous les niveaux de formation. Et développer les formations professionnalisantes à l’université (décision123)

C’est la reprise de la vieille lune libérale qui voudrait que le chômage des jeunes soit du à une inadéquation entre l’offre et la demande d’emploi alors que la réalité est toute autre : notre pays ne crée pas suffisamment d’emplois et le surtravail des uns (les heures supplémentaires) crée le chômage des autres. La preuve : les 400 000 emplois supplémentaires créés par la diminution du temps de travail en 2000 et 2001. Mais pour la commission Attali, cette période n’a jamais existé.

Les PME

Toutes les solutions préconisées sont tournées contre les salariés. Mais le fait que la grande majorité des PME fassent partie d’un grand groupe ou soient sous-traitantes d’entreprises donneurs d’ordre (qui dans les deux cas siphonnent leurs bénéfices) disparaît complètement du paysage.

La commission « décide » d’assouplir les seuils sociaux, de doubler pour 3 ans les seuils de 10 et 50 salariés en les faisant passer respectivement à 20 et à 100. Elle « décide » également de mettre en place dans les entreprises de moins de 250 salariés une représentation unique sous la forme d’un conseil d’entreprise exerçant les fonctions du comité d’entreprise, des délégués du personnel, du CHSCT, des délégués syndicaux. (décision 37)

La prévention en matière de santé

Développer massivement la prévention (décision 66) mais à budget constant et sans revenir sur le passage, imposé par la Droite et le Medef avec l’accord de la direction de la CFDT, de la visite médicale obligatoire dans les entreprises non plus tous les ans, mais tous les deux ans.

La représentativité syndicale

Fonder la représentativité syndicale sur les résultats aux élections professionnelles. Ce qui est positif mais aussitôt assorti d’une condition qui retire beaucoup d’intérêt à cette mesure : la représentativité d’un syndicat national serait liée à l’obligation d’être signataire d’au moins un tiers des 50 conventions collectives les plus importantes. (décision 116).

Réduction de la dépense publique (20)

Réduire dès 2008, la part des dépenses publiques dans le PIB. Cette réduction devra atteindre 1 % du PIB par an et à partir de 2009, soit 20 milliards d’euros de réduction par rapport à la tendance par an pendant 5 ans (décision 20).

Emploi des « seniors »

Faire sauter le verrou de la retraite à 65 ans (décision 121) avancé sous la forme plus prudente de « permettre à chacun de retarder, s’il le désire, son départ à la retraite ». Lever toutes les interdictions au cumul emploi-retraite. (décision 134) Dans les deux cas, tant pis pour les jeunes qui ne trouvent pas de travail !

Durée du travail

Permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail par accord de branche ou accord majoritaire d’entreprise (décision 136) Autoriser plus largement le travail du dimanche (décision 137)

La Sécurité sociale

Supprimer, dans la Constitution, la distinction entre le PFLSS (Loi de financement de la sécurité sociale) et la loi de finance (décision 224). Nous n’aurions plus alors aucune garantie que les sommes collectées pour l’assurance-maladie ou les allocations familiales ne soient pas utilisées à la construction, par exemple, d’un deuxième porte-avions.

Conditionner les prestations familiales aux revenus des ménages (décision 268). C’est la méthode en deux temps pour en finir avec les prestations familiales : attaquer d’abord le salariat à plein temps, ensuite le salariat pauvre.

Moduler la franchise médicale en fonction du revenu (décision 269). C’est la même méthode en deux temps pour en finir avec une bonne partie de l’assurance-maladie obligatoire.

Organiser une gestion régionale de la carte sanitaire (décision 273). Cela signifie que la carte sanitaire nationale supprimée par le plan Hôpital 2007 ne serait pas rétablie et que l’inégalité sanitaire entre régions aurait de beaux jours devant elle.

Fusionner la part salariale et la part patronale des cotisations sociales (décision 299)

Supprimer 3 points de cotisations sociales en les finançant par 0,6 point de CSG et 1,2 point du taux normal de TVA (décision 300). Non seulement il n’y a rien pour augmenter le pouvoir d’achat mais la commission « décide » de le diminuer en augmentant la CSG et en instaurant la TVA sociale.

Supprimer le numerus clausus à l‘installation des pharmaciens. (décision 212). Malgré la présence de la social-démocrate allemande Evelyne Ghebhardt, parlementaire européenne et rapporteur de la directive « Mac Creevy », la commission Attali ignore que cette disposition est déjà contenue dans cette directive et sera applicable en France dans moins de deux ans. Curieusement, la commission ne s’intéresse pas au numérus clausus des professions médicales, pourtant cruciales pour l’avenir.

Fonction publique

Mettre en œuvre de façon systématique le principe du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partants à la retraite (décision 252) Augmenter la part des promotions au choix dans la fonction publique (décision 253).

Mettre en place des primes liées à la performance (collective et individuelle) des agents (décision 254).

Retraites

Non seulement le rapport accepte tous les allongements (venus et à venir) de durée de cotisations mais il en tire la conclusion chère à tout libéral en estimant : « La montée en puissance de l’épargne retraite individuelle ou collective est donc nécessaire » (décision 305)

La méthode Coué poussée à son comble

De l’ensemble des ces 316 décisions, la commission Attali attend une croissance de 1 point supplémentaire chaque année. C’est la méthode Coué dans toute sa splendeur. Le simple fait, par exemple, de diminuer de 1 point par an la dépense publique alors que s’annonce une récession ou au moins un fort ralentissement de la croissance américaine ne pourrait avoir que des effets négatifs sur la croissance.

« Ce point de PIB pourrait signifier chaque année, par exemple, tout à la fois, 500 euros de pouvoir d’achat en plus par ménage, 150 000 créations d’emplois supplémentaires, 90 000 logements sociaux de plus, 20 000 enfants handicapés scolarisés, 20 000 place d’hébergement d’urgence créées en plus pour les sans abris…. » ajoute la commission.

Elle a raison d’écrire « pourrait signifier » car le plus probable est que, si la potion amère de la commission aboutissait par quelque miracle, à une augmentation de la croissance, ce même remède de cheval permettrait aux profits de confisquer l’essentiel de ce surcroît de croissance

La droite à l’affut avec sa loi de « modernisation économique »

Ce pot-pourri des idées libérales pourrait paraître un laborieux exercice d’école. Il n’en est rien. La loi de « modernisation économique » qui sera présentée par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, s’appuiera sur ces 316 propositions pour amplifier l’offensive contre le salariat.

Sarkozy ne reprendra que ce qui l’intéresse, que ce qu’il estime pouvoir faire passer en fonction de l’état de l’opinion, du rapport de forces social, du rapport de force électoral. Pour freiner, stopper l’offensive de la Droite, la mobilisation sociale mais aussi victoire de la gauche dans une grande majorité de municipalités et de cantons sont donc décisives.

Jean-Jacques Chavigné

 

Emmanuel Macron, le banquier qui ne veut pas qu’on l’appelle banquier, n’était -il pas le rapporteur de la Commission Attali ? En tout cas il met tout cela allégrement en oeuvre…