Quelles sont les raisons qui ont poussé Macron à faire ses déclarations en GB sur un référendum de sortie de l’UE ?

Je m’appelle Elliot Lelievre, je suis journaliste chez Sputnik News à Paris et je vous écris ce jour pour vous demander si vous accepteriez de nous livrer vos réactions quant aux déclarations d’Emmanuel Macron sur un éventuel Frexit au micro de la BBC.
Travaillant sur ce sujet, je voulais vous poser les questions suivantes :
1/ Quelles sont les raisons qui ont poussé M. Macron à faire ces déclarations sur un référendum de sortie de l’UE ?

Parce qu’il sent bien que c’est la réalité dans le pays, le « non » du 29 mai 2005 est sans aucun doute renforcé depuis 13 ans… et en cas de referendum cela se confirmerait. Non pas parce que les français sont contre l’Europe, mais ils rejettent l’Europe libérale et l’ordo libéralisme chaque fois qu’ils peuvent s’exprimer librement. Ils ont battu Sarkozy, Hollande, parce que ceux ci cautionnaient cette Europe libérale et ses règles destructrices, qui provoquent d’un côté chômage, inégalités, austérité, misères… et de l’autre, fortunes accumulées, finances pléthoriques rapaces et totalitaires.

2/ Au vu de la taille réduite de sa base électorale, n’est-ce pas un aveu de faiblesse ?

Bien sur, Macron repose sur une tête d’épingle. Il n’a, en fait, et en dépit des apparences sondagières, d’ailleurs fluctuantes, pas de base sociale ni à droite, ni à gauche. Macron est une créature du CAC 40, du Medef, des banques, et des 9 milliardaires qui détiennent 95 % des grands médias. Comme disait Jean d’Ormesson: « Macron n’a pas de socle, il vit de la chute des autres. »… et surtout de la division de la gauche qui est restée majoritaire dans le coeur du salariat.

3/ Si oui, quelle est sa légitimité à mener une politique européenne ?

Autant et donc pas plus que Mme Merkel qui est minoritaire en Allemagne, aussi bien en 2013 qu’en 2017. Il existe en Europe une forme de dictature de la finance qui ne reflète pas la réalité des aspirations de peuples. Les élections, avec de fortes abstentions partout, se font sous chantage à l’emploi, à la crise, aux immigrés, etc… C’est de cette contradiction non résolue que surgissent des monstres, le chômage et l’extrême droite, le nationalisme et l’obscurantisme.

Si non, en quoi les contextes dont il parle étaient-ils différents en France et au Royaume-Uni ?

Ils ne le sont pas tant, car le leadership dynamique et conquérant de Jeremy Corbyn à la tête du Labour party ( il pourrait bientôt être Premier ministre, et Mme May est déstabilisée et peut perdre à tout moment) révèle l’aspiration profonde du peuple britannique : en votant pour le Brexit, il y avait ambivalence, confusion, c’était un vote contre le libéralisme et contre l’UE parce que précisément l’UE est libérale, technocratique, austéritaire, mais une autre Europe sociale et démocratique, aurait surement pour effet d’inverser et d’annuler ce vote. En France également, le rejet qui existe est celui de l’UE telle quelle est mais pas de l’Europe.

4/ Ne pensez-vous pas que le fait que la France soit un membre fondateur de l’UE et l’attachement des français à l’euro sont des données qui rendent une comparaison France-Royaume-Uni difficile à établir ?

Si un Jérémy Corbyn avait pu l’emporter à la tête du PS français, on aurait vu que les différences n’étaient pas si grandes. Et si Jeremy Corbyn l’emporte en GB nous en verrons aussi des effets positifs chez nous et bien des rapprochements. Une autre politique est possible en Europe, elle existe au Portugal avec l’unité PSP, PCP, BdG. Ce qui nuit à l’Europe c’est essentiellement les choix économiques anti sociaux comme ceux de Macron, Merkel, Renzi, Rajoy et cie…

5/ Les difficultés du FN à se positionner sur l’Europe et l’euro n’illustrent-elles pas l’attachement de la grande majorité de la population française au projet européen ?
Non, elles illustrent ce que j’ai dit précédemment : il n’y a pas de rejet de l’Europe, il y a un rejet de l’UE telle qu’elle est.
Or le FN manipule entièrement le rejet de l’UE pour défendre un nationalisme xénophobe dangereux anti européen –  comme ses partenaires d’extrême droite en Autriche et ailleurs.
Il faut donc renverser le cours destructeur de l’ordo-libéralisme qui  casse l’Europe au delà de l’UE. il faut notamment mettre fin au dumping anti social des « travailleurs détachés ». Il faut opposer une autre Europe sociale, redistributrice, réductrice des inégalités, condition de la relance économique, de la transition écologique – sans glyphosate – des services publics, d’un recul du chômage de masse, pour le plein emploi de qualité et un smic européen.

Jo, venu de Sierra Leone

Jo est venu de Sierra Leone. Il a mis un an et demi pour venir en France. Il a tout traversé, tout subi. Les longues marches, le cabotage en camion et en bateau. Les attentes interminables, le pillage de ses maigres ressources, les mauvais traitements de tous cotes, police, milice, mafias. La peur, les humiliations, le risque ont été permanents. Il a d’abord réussi à remonter en Afrique du Nord, en Libye, puis il a réussi à s’embarquer au péril de sa vie, il est arrivé à Lampedusa. Il était encore temps, il a pu traverser l’Italie. Il visait la Grande Bretagne. Il est passé par Menton. Puis il est arrivé à Calais. Après 18 mois de voyage, il a été évacué de force avec la grande liquidation de la « jungle ». On l’a transféré du côté de Clermont-Ferrand, il ne savait pas bien ou il était. Mais il s’y est posé, il a cherché du boulot. De chantiers en chantiers, il s’est accroché pour avoir de quoi redevenir décent et vivre a minima. Il a pu envoyer quelques sous à sa famille. Il a rencontré de la solidarité ouvrière, par le syndicat, les militants proches de la CGT. Ils l’ont aidé à faire valoir ses droits élémentaires : obtenir une feuille de paie, avec un respect de ses horaires réellement effectués, ce qui était énorme. Parce que quand vous êtes sans papiers, le patron se croit tout permis en heures supplémentaires non payées. Il a commencé à avoir un vrai toit, un studio à peu prés correct, et il a, en économisant, envoyé davantage à sa famille qui lui avait donné un petit pécule à l’origine de tout ça.

Dans le bâtiment c’est dur chaque jour, Macron ne le sait pas, mais la pénibilité au travail ca existe partout. Encore plus qu’ailleurs dans la démolition. C’est ce que racontaient les salariés de la fédération du Bois, lundi 15 janvier, au 32 rue Kleber devant le siège patronal, venus défendre leurs dirigeants traduits en justice pour leur action syndicale. La liste des victimes du travail s’allonge dans des conditions rendues encore plus risquées par la disparition des CHSCT, par les cadences exigées, les durées du travail allongées, par la fin des protections du code du travail.

Jo a enfin réussi à obtenir des papiers. Au bout de deux ans de feuille de paie, il a pu se placer dans une situation légale, évitant la crainte de l’arrestation et de l’expulsion à chaque coin de rue. De quoi respirer et envisager mieux l’avenir pour lui et les siens. A Clermont-Ferrand, ils ont fait un petit « pot » pour fêter ca, la fraternité entre travailleurs. C’était juste pour marquer le coup. C’était le vendredi dernier en fin d’après-midi, tout le monde s’est congratulé. Jo a appelé ses proches en Sierra Leone et leur a communiqué la bonne nouvelle. Et puis lundi, sur le chantier, il n’y avait pas de protection ni garde corps, ni filets, ni éventail, il n’y avait pas de baudrier, il était au 6° étage, il y a eu une fausse manœuvre avec la grue et la lourde banche, Jo s’est trouvé déséquilibré, il a chuté, il est tombé, il est mort. Il avait trente ans, Jo.

 

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Travaux en hauteur, pas droit à l’erreur

Ce sont des données peu connues qui font froid dans le dos. Toutes les quinze secondes, dans le monde, un travailleur meurt d’un accident ou d’une maladie liée à son emploi, selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail (OIT). Toutes les 15 secondes, 153 personnes sont victimes d’un accident lié à leur activité. Au total, 6 300 personnes par jour, soit 2,3 millions par an, décèdent à cause de leur travail.

 

Un double accident mortel a eu lieu sur un chantier de réhabilitation à Paris. Le responsable de l’entreprise MPM (92 Gennevilliers) travaillait à la déconstruction d’un toit avec deux de ses salariés. Ils ont fait une chute de 15 m en déposant la charpente. Deux sont décédés, la 3ème victime est gravement blessée. L’enquête révèle une absence de méthode dans le plan de sécurité et de protection contre les chutes de hauteur.

 

Sur un chantier de rénovation à Varreddes (77), le co-gérant de l’entreprise RODRIGUES LEMOS (77 Ocquerre) travaillait sur le toit d’un petit hangar quand il a chuté à travers le faux plafond, faisant une chute mortelle de 5 m sur la dalle en béton en contrebas. Aucun dispositif de protection contre les chutes de hauteur n’était prévu.

 

En France, si la première cause d’accident du travail est la manutention manuelle (52 % des accidents avec arrêt), elle est suivie des chutes de hauteur (17%), responsables de 25 % des invalides de la branche, principale cause de décès dans le BTP. Plus de 10 % des accidents du travail sont dus aux chutes de hauteur : 3e cause d’accidents du travail avec ou sans incapacité permanente, 2e source de journées de travail perdues par incapacité temporaire.

 

Le BTP représente près d’un quart du total des arrêts de travail, un tiers des cas d’incapacité permanente, et plus de la moitié des décès par chute de hauteur : entre 2010 et 2014, le seul secteur du BTP a été à l’origine de 1 008 décès. Les chutes de hauteur dans la seule année 2012 avaient entraîné :

  • 52 décès
  • 71 925 accidents du travail avec arrêt de travail, soit 11,2 % des accidents du travail
  • Plus de 6 millions de journées de travail perdues
  • 6 239 incapacités de travail avec invalidité permanente

Les accidents sont majoritairement de 3 types :

  • Chute à travers un toit dont le matériau est fragile.
  • Chute dans le vide sur les extérieurs.
  • Chute dans un trou/trémie fenêtre, ou dans un  escalier

Les principales causes des chutes de hauteur sont :

  • L’absence de protections collectives (échafaudages, plateformes sans garde-corps)
  • L’absence de protections individuelles (harnais antichute).
  • Un dispositif défectueux ou mal utilisé (point d’ancrage non conforme par exemple).

Enfin, 47% des intérimaires ayant eu un accident grave en 2014 travaillaient dans le BTP. Signalons qu’en Allemagne l’intérim est interdit dans le bâtiment. Et puis on peut vaincre Macron et réimposer des CHSCT.

 

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65 % des 20 896 votants (23,34 % des 89 527 inscrits) auraient voté pour un coup de force anti statutaire le 18 janvier selon la « direction provisoire dite collégiale » du Parti socialiste

Ainsi c’est la « direction collégiale provisoire » (« DCP » sic) du PS (non statutaire, non proportionnelle), qui a annoncé les résultats du 18 janvier probablement aussi « bidonnés » que ceux du 28 septembre dernier.

Elle annonce 20 896 votants sur 89 527 inscrits. personne ne croit qu’il y a 89 000 inscrits. La DCP a parlé de « 40 000″ ce qui est aussi surévalué. On peut légitimement mettre en cause les chiffres, penser qu’ils sont « doublés »  probablement reste t il moins de 10 000 adhérents ayant payé une cotisation pour voter et se mettre à jour.

Notons au passage que les 23,34 % officiels affichés le 18 janvier 2018 sont moins que les 24,87 % de votants affichés le 28 septembre 2017.

Car, en fait dans la fédération de Paris, la plus grosse du pays, on avait décompté en septembre 908 votants sur 6578, dont 10 % de « non » et autant de « nuls » et il est peu probable que le score ait été supérieur dans les autres fédérations. Et s’il a diminué ce coupe ci…

D’ailleurs un jugement du tribunal saisi par un militant a interdit à la  DCP de se réclamer de ce votre anti-statutaire et minoritaire du 28 septembre.

(Pour comparer il y avait eu 87 898 votants officiels déclarés au congrès de Toulouse en octobre 2012 et 71 140 votants au congrès de Poitiers en juin 2015 (congrès qu’il avait fallu leur imposer au tribunal).

À Paris encore, le 7 décembre 2017, point culminant des travaux dits de « refondation », il y eut un maximum de 416 votants, dont 221 «oui» et 121 «non» et 32 abstentions (toujours sur 6578 adhérents théoriques) pour consacrer l’enterrement de toute démocratie par la « suppression intégrale des motions, remplacées par un court texte d’orientation générale présenté par la direction ».

Le Conseil national déserté du 9 décembre n’est pas allé jusque-là, mais il a arrêté des dispositions tout aussi anti statutaires, puisque seul un congrès peut disposer du pouvoir de changer les statuts. Ce sont ces dispositions anti-statuaires qui viennent officiellement d’être « validées » (sic)… par 23,34 % de votants (présumés) dont il faut souligner que  35 % (!) ont quand même dit : « non » (alors que les propositions de modification de statuts étaient UNANIMES à  la DCP : il y a donc au moins 35 % de membres sur 20 000, dans ces circonstances difficiles et troubles, qui ne se reconnaissent le 18 janvier dans aucun secteur de la direction, dans aucun candidat !!! ).

Ces dernières semaines ce sont des milliers de militants qui partent avant même le congrès, ce qui atteste du degré de dislocation statutaire et politique.

Le vote du 18 janvier est donc, de  tous points de vue, légal et chiffre en mains, anti-statutaire, Delphine Batho a raison de le dire : c’est un « coup d’état anti-statutaire« , puisqu’il est interdit par les statuts de changer les statuts en dehors d’un congrès. Et un changement de statuts ne peut s’appliquer que pour le congrès suivant.

Et changer les statuts en restreignant la démocratie pour empêcher le débat à la veille d’un congrès, c’est sans doute le plus haut degré de manipulation et  de cynisme de la part d’un appareil bureaucratique  et Marie-Noëlle Lienemann n’a pas raison de condamner brutalement comme elle l’a fait Delphine Batho, ni Emmanuel Maurel et quelques autres d’approuver et de servir de ce coup d’état.

La démocratie n’est pas une technique, ni une affaire d’opportunité, elle n’est pas une méthode subordonnée ni aléatoire, la démocratie est une affaire de principes.  Ceux qui, comme Lienemann, et Maurel, cautionnent des malhonnêtetés et malfaisances de ce type, en seront victimes un autre jour. Et en plus ils nuisent à la sincérité de leur projet politique affiché. Ils font eux mêmes mourir statutairement Epinay. Qui va croire à l’honnêteté des positions politiques prises avec cette pratique là ?

La démocratie est et sera un élément constitutif décisif de toute société réellement socialiste, et le parti qui prétend combattre pour le socialisme doit la respecter de la façon la plus scrupuleuse. si vous jouez à violer vos statuts vous violerez les lois. Si vous utilisez des méthodes bureaucratiques, vous finirez corrompus. La démocratie est garante de l’éducation, de la pédagogie, de l’émancipation, elle est le levain de toute mobilisation de masse, elle doit être exemplaire. La démocratie est la soeur jumelle de la liberté, de la dignité, de la loyauté. Le respect des statuts dans un parti, c’est le Ba Ba de l’existence de tout parti, de sa capacité à attirer, à rassembler, à agir.

Le PS avait cette spécificité d’organiser le débat en organisant un échange de contributions qui permettaient à tout militant de s’exprimer et d’échanger,  puis en permettant que ces contributions générales se regroupent, déposent des motions soumises au vote, les militants pouvaient choisir sur ces textes de fond, indiquer les lignes de forces de l’orientation et designer les directions à partir de là. Le débat politique sur des textes écrits prédominait ainsi sur les personnes.

En supprimant les contributions générales, puis en exigeant qu’il y ait d’abord un groupe de dirigeants qui s’assemble avant tout débat, exigeant 40 puis 16 signatures préalables avant d’ouvrir la discussion, les coups d’état du 28 septembre, 9 décembre et 18 janvier, ont figé à l’avance tout choix, toute initiative militante, seuls des morceaux de la direction ont accès au dépôt de motion et ainsi à leur propre ré élection, comme si par exemple le quinquennat Hollande n’avait pas eu lieu entre temps.

D’où l’obligation assez affreuse et magouilleuse pour les uns et les autres de procéder depuis des semaines, par regroupement soit sur Carvounas, soit sur Faure, soit sur le Foll, soit un autre nom, avant de parler de fond politique. Car c’est le premier nom du dépositaire du texte « collectif » cosigné qui sera le premier secrétaire. Le coup d’état statutaire change tout, toute la règle de débat, du congrès, de la proportionnelle est dénaturée.

Cette restriction de la démocratie, ce coup d’état anti-statutaire, aide à placer encore davantage le PS sous la coupe des Macroniens. Macron s’était plaint en 2016 d’un « foyer infectieux » contre la loi El Khomri au sein du PS ( c’était nous, bien sur). Pour subordonner le PS à Macron, il leur  fallait exclure, sectariser, mentir, manipuler violemment sans foi ni loi. Peu leur importe le triste spectacle révulsant que donne le PS, ils en ont choisi d’en payer le prix.  Ils font mine de croire  imperturbablement qu’ils vont remonter la pente.

Or ils  réduisent  le PS en fait, pour Macron, à un garde-flanc sans prestige, seulement capable de diviser la gauche, et de protéger la mise en oeuvre de sa politique anti sociale. Olivier Faure qui semble tenir la corde depuis son soutien (hélas) par Martine Aubry, s’est abstenu sur la confiance à Macron et explique qu’il n’est pas contre toutes les ordonnances anti travail mais seulement « contre quelques lignes rouges » de celles-ci (lesquelles ??) : on devine toute la politique ultérieure, qui en découlera. Ce sera au mieux la défense des « modérations » de Hollande contre les « excès » de Macron.  Il n’y a pas de chance de redressement ni d’unité de la gauche, avec cela. C’est Max Lejeune qui gagne contre Epinay.

En concret Emmanuel Maurel a accepté ce processus depuis le 8 juillet (en s’en faisant le promoteur puisqu’il répétait, à l’envie, avec l’appui de JC Cambadelis, que ce serait un « congrès avec 6 motions et 25 000 votants », une façon de ridiculiser par avance la méthode et de contribuer à la faire changer) – malgré mes objections. Dés le 8 juillet je voulais avec mes amis forcer au débat ouvert, franc, loyal. Ils n’en voulaient à aucun prix. Depuis le 8 juillet 2017,  ils voulaient tous empêcher que je dépose une motion et soit candidat, comme je le proclamais,  à la « Jeremy Corbyn », et, par peur,  ils ont tous appuyé Témal en ce sens, et ils ont aussi voté, pour la même raison, la seule vraie,  ma « suspension provisoire » du BN (elle même aussi anti-statutaire, mais ils s’en moquaient ; on a hésité à aller en justice, mais on n’avait pas de sous et plus de motivation suffisante pour continuer dans ce cadre pourri bureaucratiquement).

C’était la façon pour E. Maurel de s’assurer de l’éventuel « contrôle » (car c’est le premier signataire des motions qui décide de tout pour la motion) de ce qui restait à gauche au parti. Le prix à payer de cette complicité dans la manœuvre est élevée puisque des milliers de militants l’ont compris et s’en vont depuis… même des proches de MLG qui lui reprochent d’être allé  jusque là. Et si tout cela est, comme le dit Luc Carvounas, dans le but caché de rejoindre ensuite FI en vue des européennes, la démarche n’est pas la nôtre, nous ne sommes pas en quête de cette manière de sauvegarde de poste. Nous y opposons une démarche unitaire constructive honnête et dynamique de toute la gauche comme nous l’avons toujours fait, et c’est ainsi que nous travaillons à l’illustrer par le lancement de GDS.

Nous nous sommes posés la question de la dénonciation nous-mêmes des coups de forces antistatutaires devant la justice, c’était parfaitement justifié et gagnable, comme Delphine Batho se propose de le faire pour son propre compte.

Mais pour cela, il fallait beaucoup d’argent et nous n’en avons pas les moyens, et nous avons choisi en cours de route, pressionnés par les nombreux militants qui ne voulaient plus batailler dans ce cadre,  de dire que ce n’était plus notre priorité (d’où l’ITV du JDD et ses suites). Nous restons orientés en priorité dans les luttes sociales contre Macron, contre l’application des ordonnances anti travail, contre les ruptures conventionnelles collectives à PSA, contre la fraude fiscale, contre la politique anti-migrant (laquelle fait plus de ravages encore que la « déchéance de nationalité »). Voyez donc les documents de notre réunion de travail fondatrice  issus de ce week-end des 20 et 21 janvier, l’avenir, la suite, l’action à gauche se poursuit – sainement.

 

 

 

 

 

Je t’envoie le présent courrier pour te signaler ma démission du Parti Socialiste à compter de ce jour

Alain BERNARD

Ancien secrétaire fédéral

Membre de la CEF. Fédération Catalane du PS.

Secrétaire de Section de Corneilla de la Rivière.                           Le 20 Janvier 2018

Je t’envoie le présent courrier pour te signaler ma démission du Parti Socialiste à compter de ce jour,

Pourquoi cette lettre parce que je souhaite m’expliquer et ne pas partir sur la pointe des pieds comme l’ont fait nombre de camarades d’ici ou d’ailleurs.

Le parti Socialiste, c’est une bonne partie de ma vie puisque j’y ai adhéré en 1974 et, j’ai toujours été très investi comme militant de base dans ce que je considérais vraiment comme mon parti.

J’ai beaucoup milité un peu partout, notamment à Vitrolles commune bien connue pour être une des premières à avoir élu un maire  FN.

C’est avec grand enthousiasme que j’ai participé avec mes camarades aux distributions de tracts, colleur d’affiche de jour, de nuit, dans des secteurs qui n’étaient pas toujours de toute sécurité, surtout  dans les Bouches du Rhône, tenue des bureaux de vote etc etc, et j’ai même terminé comme adjoint au maire de cette commune où les batailles étaient très rudes.

J’ai rencontré à cette occasion des camarades qui sont devenus plus que des amis, des frères et des exemples  pour moi.

Puis, je suis venu dans ce département, et j’ai rencontré un autre homme de grande qualité avec lequel je n’étais pas d’accord tout le temps, mais que j’ai respecté profondément pour ses prises de position vraiment en faveur de son pays et de bien d’autres choses encore.

C’est donc tout naturellement que j’ai également occupé la fonction de secrétaire fédéral durant de nombreuses années à la fédé catalane du PS, militant de l’ombre comme disait Christian Bourquin,

Je me demande souvent, comme beaucoup d’autres, quel aurait été sa vision et son comportement s’il avait assisté à ce délitement de notre parti auquel nous assistons impuissants depuis au moins 5 années.

Nous avions tout le gouvernement, l’Assemblée, le Sénat, les régions, les départements et nous avons tout perdu par notre faute, en appliquant une politique pour laquelle nous n’avions pas été élus et contraire à nos idéaux de Socialistes.

Les Français nous ont justement sanctionnés, parce que nous n’avons pas su en plus rassembler la  gauche et même défendre correctement notre candidat.

A cette occasion nous avons encore nous, les militants de base oeuvrés énormément pour que se tiennent dans de bonnes conditions les primaires de notre parti partout dans les plus petites communes.

Force est de constater que nous ne reconnaissons plus notre parti  dans ce « salmigondis » de personnalités, qui vont même jusqu’à cohabiter avec un Président de droite, et qui ne sont  pas exclus du Parti ou qui ont fait campagne pour la majorité présidentielle avec Macron.

A la défaite politique, au reniement démocratique, s’est ajoutée la faiblesse morale quand un de nos responsables politiques membre du bureau national, a été jeté en pâture pour un tweet  dont il ne nie pas le caractère anti sémite, mais qu’il a retiré dès qu’il s’en est rendu compte, et pour lequel il s’est excusé. Le parti tout entier aurait pu faire bloc pour le défendre, mais l’occasion était trop belle de tenter d’éliminer un opposant interne en injuriant le camarade autant que l’homme.

Pour nous, militants de la gauche du Parti, c’est la goutte qui a fait déborder le vase déjà bien plein.

Par contre, aucune mesure n’a été prise à l’encontre de celles ou ceux qui ont voté et appelé à voter pour le candidat Emmanuel Macron, dès le premier tour de l’élection présidentielle.

Donc, voilà la coupe est pleine, et je pourrai encore faire long sur la tristesse de voir mon parti celui de Jaurès, celui de tous les combats du monde ouvrier, devenir le vague « truc mou » qu’il est devenu, prêts à soutenir un Président de droite, défenseur du grand capital, dès qu’il lèvera le petit doigt.

Par contre, j’assure de mon estime beaucoup de camarades qui considèrent que leur investissement au sein du PS demeure encore l’engagement le plus utile pour nos concitoyens, et c’est avec très grand plaisir que je les retrouverai pour les combats à venir.,

Pour ma part j’ai décidé de faire vivre G.D.S. (Gauche Démocratique et Sociale) avec beaucoup d’autres camarades du PS,  mais aussi d’autres partis, mouvements de gauche, et d’utiliser mon temps et mon énergie là ou je les crois plus utiles, mais je reste profondément Socialiste.

Voilà, je t’adresse l’expression de mes meilleures salutations Socialistes et Républicaines, et je te remercie donc de prendre acte de ma démission.

Alain BERNARD

 

 

 

« Pourquoi je quitte le Parti socialiste » Sybille Fasso, membre du CN du PS

 

J’aurais pu partir sur la pointe des pieds, comme tant d’autres l’ont fait auparavant. Mais il me faut revenir sur la faillite actuelle du Parti socialiste, un parti dans lequel j’ai investi du temps, un parti au sein duquel je retrouvais des camarades de qualité avec lesquels j’ai  écumé marchés et bouches de métro.

Et pourtant je pars, convaincue que nous ne pourrons rien refonder sans tirer le bilan du quinquennat. C’est une erreur politique que de penser qu’il est possible de gommer cinq années d’errements, de reniements, de désenchantement de notre électorat. Le quinquennat Hollande a été un échec. Il nous a coupé de notre base sociale, il nous a divisés, il a même conduit François Hollande lui-même à devoir se retirer de la vie politique ! Il a enfin mené dans le mur  le candidat socialiste Benoît Hamon, lâché par une partie de nos grand·e·s élu·e·s, parti·e·s sans vergogne aucune chez l’écurie Macron. Ce quinquennat a rendu le PS incapable de rassembler l’ensemble de la gauche.

Avec des camarades de la gauche du PS, nous avons acquis la certitude que nous ne pourrons pas discuter réellement l’orientation du parti les mois prochains. Début décembre, on nous a présenté le cadre général de l’organisation du Congrès à venir. Plus de textes généraux sur lesquels engager des discussions politiques. La « direction collégiale », peu encline aux débats, préfère que nous répondions à des « thèmes ». Elle est aussi en train de préparer un rehaussement des seuils permettant de déposer une motion. Dans ce contexte, ne pourront s’exprimer que celles et ceux qui y auront été invité·e·s : « l’opposition de Sa Majesté ».

Ce n’est donc pas un Congrès qui se prépare mais la continuité d’une machine qui perd des adhérent·e·s, qui perd les élections. Où cela conduira-t-il le Parti socialiste ? A devenir un allié – faible – du parti présidentiel ? Pourtant le bilan des six premiers mois d’Emmanuel Macron a clairement établi que son camp était celui du libéralisme économique le plus odieux, celui du CAC 40 et du mépris des petites gens.

J’étais attachée à ce parti qui pensait le socialisme comme un projet de réduction permanente des inégalités, un parti qui organisait le débat d’idées, qui ne le craignait pas. Son objectif induisait de se ranger du côté des exploité·e·s, des opprimé·e·s, des laissé·e·s pour compte, des dominé·e·s. J’appartenais à une force politique qui se situait au centre des discussions de la famille de la gauche.

Force est de constater que le Parti socialiste ne répond plus à ces exigences.

À la défaite politique, au reniement démocratique, s’est ajoutée la faiblesse morale quand un de nos responsables politiques, membre du Bureau national, a été jeté en pâture pour un tweet dont il ne nie pas le caractère antisémite mais qu’il a retiré dès qu’il s’en est rendu compte et pour lequel il s’est excusé. Le parti tout entier aurait pu faire bloc derrière un homme qu’on ne peut soupçonner d’antisémitisme. La direction a fait l’inverse, orchestrant, son exclusion de la façon la plus cynique, injuriant le camarade autant que l’homme.

Par contre, aucune mesure n’a été prise à l’encontre de celles et ceux qui ont voté et appelé à voter pour le candidat Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle. La responsabilité de notre organisation devait s’engager afin de condamner fermement ce qui affaiblissait notre candidat choisi dans le cadre d’un processus démocratique auquel nous avions nous-mêmes adhéré.

Je rejoins les centaines de camarades partis ces derniers mois, tout en décidant de continuer à militer autour des grands enjeux actuels : les questions sociales et écologiques.

Défendant les salarié·e·s de ce pays, battant le pavé pour garantir le niveau des retraites et le droit à l’éducation, à la santé, pour préparer un avenir meilleur, hissant toujours haut les couleurs de la gauche et de son nécessaire rassemblement.

 

 

 

Lettre sur les modifications illégales et injustes des statuts du PS

Michel DEBOUT

Président du CESEC

Anne-Juliette TILLAY

Membre du CN

A   Rachid TEMAL

Coordinateur National

Parti Socialiste

10, rue de Solferino

75007 Paris

 

Paris le 3 Janvier 2018

 

 

Cher camarade,

Cher Rachid,

 

A la suite du Conseil National du 9 décembre et du Bureau National du 19, nous voulons t’exprimer notre vive préoccupation concernant la préparation du « Congrès de la Refondation » et surtout  la réforme statutaire que la direction nationale souhaite mettre en œuvre à cette occasion.

L’ensemble des adhérents va être appelé à voter sur des modifications statutaires qui représentent  pour nous une régression sans précédent de notre démocratie interne. Et ce au moment  où le Parti a besoin de propositions venant de tous ses adhérents pour pouvoir définir ensemble, ses nouveaux fondements après la débâcle électorale du printemps dernier.

Les modifications statutaires que vous présentez vont supprimer la phase des contributions générales qui permettent à tous les adhérents de s’exprimer sur l’ensemble des problèmes politiques et de présenter une orientation cohérente. Il n’a été donné, comme seule explication à cette suppression, que le trop grand nombre de textes, souvent ignorés des militants;  Dans la dernière période, le Parti n’a pas été victime d’un trop plein d’idées  mais il a plutôt manqué d’une pluralité d’analyses et de propositions.

En supprimant cette première phase du débat, les adhérents seront d’emblée saisis des différentes motions rebaptisées «  Texte d’Orientation Générale ». Il faudra au moins 5% des membres du Conseil National sortant ( 16 camarades ) pour valider le texte. Ainsi le débat du Congrès futur ( celui d’Aubervilliers en  Avril 2018 ) va dépendre directement des choix politiques du Congrès passé ( celui de Poitiers en  Juin 2015 ) alors qu’entre ces deux congrès, la situation politique nationale et celle de  notre Parti auront subi un véritable séisme. Le débat sera ainsi confisqué entre ceux qui ont soutenu l’action de François HOLLANDE et de son gouvernement et ceux qui l’ont contestée, qualifiés de frondeurs; Or, pendant cette période, beaucoup d’adhérents n’étaient totalement d’accord, ni avec les uns ni avec les autres, et ce sont justement ces militants qui seront privés de parole !

Si votre proposition est retenue, elle créera deux catégories d’adhérents dans le Parti  :

-        celle des membres du Conseil National sortant, qui, dès lors qu’ils seront au nombre de 16, pourront présenter un texte d’orientation générale

-        celle de tous les autres adhérents qui, quel que soit leur nombre, en seront empêchés

 

Le caractère inégalitaire de cette disposition est inacceptable pour un Parti qui s’est toujours présenté comme un exemple de fonctionnement démocratique. D’autant que, tous les citoyens de notre pays veulent désormais participer, à travers les réseaux sociaux et les pétitions citoyennes, à l’ensemble des décisions politiques .

Pourtant, dans les statuts actuels, il n’y a aucune condition restrictive qui empêche les adhérents qui le souhaitent d’écrire ou de présenter une motion .

C’est pourquoi, pour éviter une éventuelle inflation des textes, nous proposons que l’amendement suivant soit soumis au vote de tous les adhérents lors de la consultation nationale du 18 Janvier : « Tout texte d’orientation générale soumis au vote des adhérents, à l’occasion de chaque Congrès, doit être signé par au moins 100 adhérents répartis entre 3 régions différentes ».

Un large débat militant sur ce point devra être organisé avant le vote du 18 Janvier, conformément à l’article 3-1-2 de nos statuts, qui dispose que : « chaque vote doit être précédé d’un débat assurant l’égalité des partis en présence ».

Nous saisissons sur ce différend la Haute Autorité Ethique en ce qu’elle doit,  par son Article 6 -3, donner son avis « sur la régularité des procédures suivies par les instances du Parti Socialiste ». Cette Autorité est chargée dans son Article 6-1, de faire respecter « les règles d’éthique et de droit commun aux sociétés démocratiques qui s’imposent au Parti Socialiste et à ses adhérents».

Il s’agit pour nous d’un enjeu décisif qui va déterminer l’avenir de notre Parti car, comme les statuts le déterminent, c’est le vote sur les textes d’orientation générale qui, lui seul, permet de désigner les futurs dirigeants du Parti Socialiste au niveau national comme à celui de chaque fédération .

 

Nous te prions de croire, cher camarade, cher Rachid, à notre amitié socialiste.

 

 

Michel DEBOUT                                                        Anne Juliette TILLAY

 

 

PS : Merci de bien vouloir transmettre ce courrier aux membres de la direction nationale

 

 

Un flot de démissions contre le congrès truqué par la direction du PS

Nantes : trente militants claquent la porte du Parti socialiste

Publié le 15/01/2018 à 18:35

  • Des militants du PS écoeurés...Des militants du PS écoeurés… | Ouest-France

Arnaud WAJDZIK

Juste avant le prochain congrès, ces élus ou militants de Loire-Atlantique ont annoncé ce soir qu’ils ne feront plus partie du PS.

« C’est Francois Hollande qui a produit Emmanuel Macron ! Ce n’est plus le PS auquel on a adhéré. » , témoigne Eric Thouzeau, militant depuis 24 ans. Une trentaine de militants du Parti socialiste en Loire-Atlantique, dont beaucoup vivent dans la métropole de Nantes, ont décidé de quitter le parti. Ils ont rendu leur carte ou vont le faire.

« Nous aurions pu partir sur la pointe des pieds. C’est pourtant collectivement que nous faisons le choix de revenir sur la faillite du PS. »

La fédération de Loire-Atlantique reconnaît 500 départs depuis les élections présidentielles et législatives.

« Le PS n’est plus un cadre pour entraîner. Et puis la gauche ne gagnera pas sans être réunie » , estime la conseillère départementale Catherine Touchefeu.

Les militants disent « ne plus se retrouver dans les valeurs du PS » et ne comprennent pas « pourquoi le parti n’a pas fait le bilan du quinquennat passé » .

 

Les grandes entreprises doivent être contrôlées par le public, par les salariés et par les usagers

L’affaire Lactalis est grave et scandaleuse mais elle n’est qu’une affaire parmi tant d’autres.

Laisser ces grands trusts et multinationales (en France, mais aussi les célèbres Samsung, Monsanto, Lafarge ou les fameux « GAFA ») sans contrôle public, c’est laisser  leurs grands patrons faire ce qu’ils veulent sous la pression de leurs actionnaires, de leurs banquiers, et de leurs egos. Ca les place hors de la démocratie, de la citoyenneté, de la collectivité. Elles dictent leurs propres lois à la place des lois.

C’est ainsi que le scandale Lactalis doit être perçu et compris.  Les dirigeants se sont fait une réputation d’opacité et de mépris. Ils ont mis en danger des centaines de milliers d’enfants, par arrogance avec les règlements et les contrôles.

Mais cela s’inscrit dans une longue liste de scandales comme celui, énorme,  de Volkswagen (et Fiat Chrysler ? et Renault ?) organisant pour des dizaines de millions de ses véhicules, la triche délibérée face aux contrôles de ses pots d’échappement, producteurs de pollution mortelle (48 000 morts) à travers les particules fines.

Mille entreprises produisent près de 50 % du PIB, et font travailler 3,5 millions de salariés. Elles sont donneuses d’ordre pour des centaines de milliers de sous traitantes.

Veolia, a elle seule, dispose de 10 000 sous-traitantes selon son PDG, Antoine Frérot.

Au lieu de déréglementer sans bornes de façon laxiste, l’état devrait se donner les moyens de contrôler les géants économiques qui nous gouvernent et s’imposent à la république, a nous, ses citoyens.

Que le contrôle soit fiscal (et les empêche autant d’optimiser que de frauder)  qu’il soit en santé hygiène sécurité (et la liste est longue, de Total à Servier) qu’il soit en droit des salariés (et PSA qui engrange 3 milliards de plus de bénéfices et supprime 2200 emplois) et des usagers (victimes de la mal bouffe agro alimentaire ou des accidents et pollutions), il est nécessaire.

Comme du temps des mines de Courrières on ne peut laisser les patrons décider, car leurs intérêts vont contre l’intérêt général et commun.

Renforcer le contrôle public, l’emprise des lois de protection et de sauvegarde publique des salariés et des usagers, doit être au cœur du programme anti Macron.

 

info :

 

Usine Bosch de Rodez : les syndicats craignent un «désastre économique»


Le ParisienLe Parisien avec AFP · 16 janv. 2018

Les syndicats, recus mardi par des conseillers du gouvernement, ont exprime leur « inquietude » quant a l’avenir du site d’Onet-le-Chateau, premier employeur prive de l’Aveyron avec 1600 salaries.
Usine Bosch de Rodez : les syndicats craignent un «desastre economique» L’intersyndicale de l’usine Bosch de Rodez a mis l’Etat en garde mardi face au « desastre economique » que representerait la fermeture du site specialise dans les moteurs diesel, ou entre 300 a 800 emplois sont menaces a court terme, selon elle.

Les syndicats (SUD, CGT, CFE/CGC, CFDT), recus mardi a Paris par des conseillers du gouvernement, ont exprime leur « inquietude » quant a l’avenir du site d’Onet-le-Chateau (Aveyron), premier employeur prive du departement avec 1600 salaries, selon eux.

« 700 a 800 » salaries « sur la paille »

L’equipementier allemand doit moderniser ses deux lignes de production pour pouvoir fabriquer des injecteurs diesel nouvelle generation, la technologie actuelle devant « disparaitre a l’horizon 2020/2021 », selon Julien Rul (SUD). Quelque 700 personnes travaillent sur ces deux lignes, precise-t-il.

« Le projet actuel de la direction – qui n’est pas acte – serait de modifier une ligne sur deux », avec pour consequence un sureffectif de « 350 a 450 » salaries. Sans aucun investissement, « 700 a 800 » personnes se retrouveraient « sur la paille », selon lui, et « la perennite du site (serait) en jeu ».

Scenario noir

Selon Pascal Raffanel (CFE-CGC), ce scenario noir « condamnerait » en effet l’usine en raison des couts fixes trop eleves, ce qui constituerait un « desastre economique », le site representant « 8500 a 10 000 emplois indirects sur un bassin de vie de 80 000 habitants ». Soit l’equivalent de « la fermeture d’Airbus pour la region toulousaine ou la disparition de Peugeot sur la region de Sochaux ».

La direction de Bosch se deplacera le 26 janvier a Onet-le-Chateau pour y faire « des annonces », selon les syndicats. « Si les investissements ne sont pas decides la, ce sera trop tard », affirme Yannick Anglares (CGT). A l’inverse, une modernisation de l’appareil de production offrirait « un delai de 4 a 5 ans pour envisager une mutation industrielle du site ».

Un appel au « patriotisme industriel »

En attendant, l’Etat doit intervenir aupres des constructeurs automobiles francais pour qu’ils fassent « un peu de patriotisme industriel » en passant des commandes, ajoute-t-il. « L’Etat et les contribuables sont venus a la rescousse » de Renault et PSA quand ils etaient en grandes difficultes, a eux de renvoyer l’ascenseur « maintenant qu’ils se portent mieux », abonde Julien Rul.

L’avenir du diesel s’est assombri apres le scandale des moteurs diesel truques de Volkswagen. Son impact sur la sante est egalement regulierement mis en avant. En visite a l’usine Bosch de Rodez, durant l’ete 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie et de l’Industrie, avait dit ne pas vouloir « faire la chasse au diesel », relevant toutefois que son avenir « pass(ait) par l’innovation ».