Macron fait des lois contre les chômeurs 15 ans après l’échec des lois « Hartz »

François Hollande, en janvier 2014, en déplacement en Allemagne les avaient vantées. Macron dans le gouvernement Valls aussi.  Il s’agit des « lois Hartz », lesquelles entre 2003 et 2005, sous Gerald Schröder avaient réduit les droits des chômeurs allemands. Reparlons-en puisque Edouard Philippe est en train de reprendre le même genre de lois contre les chômeurs français.

 

Les quatre lois de Peter Hartz  (du nom d’un DRH de Volkswagen qui avait ensuite fini en prison pour corruption)  préconisaient l’assouplissement du travail intérimaire, limitaient les possibilités d’un chômeur de refuser un emploi, réduisaient les allocations chômage avant de les suspendre. Elles encourageaient les mini jobs, avec un salaire minimum dérogatoire en diminuant les cotisations sociales : cela a frappé 4 millions de sous-salariés. Elles instauraient un système de performances des agences de l’emploi avec primes par chômeur « placé ».  Elles avaient imposé une baisse drastique des revenus des chômeurs, 60 % de l’ancien salaire (67 % pour une personne avec enfants). Et les « Ein-euro-jobs » les boulots à « 1 euro » que les chômeurs longue durée ne pouvaient pas refuser sauf à perdre leurs allocations : la « contrepartie à  l’ aide sociale » selon l’actuel gouvernement français.

 

Plus de 10 ans après, une étude approfondie a été faite de de ces lois Hartz, et à partir d’un fichier de 430 000 personnes travaillant au sein de 340 000 entreprises, entre 2000 et 2007, deux chercheurs, Bradley et Kügler  en concluent qu’elles ont conduit, en moyenne, à une baisse, très faible, du chômage (– 0,16 %), mais surtout à une diminution, beaucoup plus substantielle, des salaires (– 4 %).

Ni emploi, ni salaire : le bilan des réformes Hartz est « intégralement négatif » pour les salariés. Et très grave pour les moins qualifiés, dont l’emploi a diminué de 0,6 %, et le salaire moyen de… 10 %. Au delà d’un an de chômage, les personnes basculaient dans un système d’assistance avec seulement 370 euros par mois. Le nombre d’emplois n’a guère augmenté entre 1000 et 2016 : 9,3% (contre 8,3 % en France, mais en France, la population active s’est augmentée de 5,9 % contre 2,2 % en Allemagne). Tout au plus, des CDI ont-ils été remplacés par des contrats temporaires et de contrats de travail à temps partiel.

Alors pourquoi Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’apprêtent ils à imposer des lois Hartz contre le chômage en France si on sait que ça n’a pas marché là bas ?

Au lieu d’adapter, 10 ans après, des mesures qui se sont révélées catastrophiques, il vaudrait mieux partager le travail avec une semaine de 32 h, une retraite à 60 ans, et hausser massivement les salaires de 300 euros pour relancer l’économie, ca sera plus bien utile contre le chômage.

Gérard Filoche

 

 

 

16 mars, fin de « son pseudo grand débat » : le temps des mesures d’urgence

Le temps est venu de mesures d’urgence

11/03/2019 | la rédaction

La liste est longue des revendications portées depuis 4 mois. Le débat devra se poursuivre pour apporter des réponses et des solutions sur l’ensemble des problèmes soulevés. Il faut en prévoir les modalités pour que rien ne soit enterré. Mais il faut maintenant des mesures d’urgence.

La politique doit servir les intérêts de la majorité de la population. C’est ce que disent les gilets jaunes depuis 4 mois. Il faut un débouché au mouvement.

Des mesures d’urgence doivent être prises dès maintenant sur les salaires, les pensions, les allocations, la fiscalité. Nous mettons en débat 12 mesures immédiates.

 

D’abord les salaires, les pensions, les allocations pour vivre

Première mesure : porter le Smic à 1800 euros, augmenter tous les salaires de 300 euros par mois, mettre un terme au gel du point d’indice des fonctionnaires, plafonner les salaires à 20 fois le Smic

Seconde mesure : augmenter le minimum vieillesse de 300 euros par mois, ré-indexer les pensions de retraites sur la hausse des prix, suspendre la réforme des retraites

Troisième mesure : revaloriser en proportion l’allocation adulte handicapé et tous les minima sociaux, indexer les allocations familiales sur l’inflation

 

Fiscalité juste, partage des richesses et solidarité, des services publics partout et pour tous.

Quatrième mesure : supprimer la TVA sur les produits de première nécessité.

Cinquième mesure : suspendre les exonérations de cotisations sociales.

Sixième mesure : rétablir immédiatement l’ISF, convoquer une conférence nationale sur la réforme fiscale avec un impôt direct et progressif, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale.

Septième mesure : suspendre les privatisations envisagées (barrages hydrauliques, autoroutes) dont celle des Aéroports de Paris dans la loi Pacte.

Huitième mesure : Geler toutes les fermetures de services publics et de réduction d’effectifs (transports, hôpitaux, école, fonction publique, etc..)

 

Engager la transition écologique

Neuvième mesure : Taxer le kérosène des avions et le fioul lourd des super tankers

Dixième mesure : Rétablir les « petites lignes » de train et développer le ferroutage, taxer les entreprises de transport qui pratiquent le dumping social à l’intérieur de l’Europe

Onzième mesure : mettre en place un plan massif de rénovation énergétique des bâtiments

 

La nécessité d’une profonde réforme démocratique

La 5èmeRépublique ne permet pas une représentation réelle et démocratique des citoyens. Il faut aller vers une 6ème République démocratique et sociale …

Douzième mesure : Organisation d’États Généraux à partir de juin ou septembre 2019 représentatifs de tous les départements et composés à l’image de la population avec des ouvriers, des employés etc

Les États Généraux auront pour tâche :

-de travailler à une réforme constitutionnelle avec l’introduction de la proportionnelle, et la suppression de l’élection d’un président au suffrage universel. Mieux vaut un pouvoir collectif qu’un pouvoir personnel.

Ce travail devrait déboucher sur l’élection d’une Assemblée Constituante pour permettre l’instauration d’une 6èmeRépublique parlementaire.

-d’approfondir toutes les questions soulevées dans la société ces derniers mois par les gilets jaunes, la jeunesse lycéenne, étudiante, les syndicats et associations …

Ces États Généraux devraient se décliner au niveau local.

Unis pour être plus forts

Quatre mois de mouvement et de débats doivent déboucher sur des changements profonds. Ils doivent associer le plus grand nombre, faire l’objet d’échanges partout.

Mettons, tous ensemble, ces propositions en débat pour les enrichir et les porter collectivement.

 

Pour la Gauche démocratique et sociale (GDS)

Gérard Filoche

 

15 % d’Inspection du Travail en moins

Quand Macron prononce de belles paroles en faveur de l’égalité salariale femmes-hommes ne le croyez  surtout pas ! Quand Macron s’agite à propos de la directive discriminant les « travailleurs détaches » ne le croyez pas davantage ! Quand Macron prône des « bonus malus » à propos des « contrats courts », c’est encore du pipeau.

Parce que cela ne peut pas se faire en supprimant 15 % des effectifs de l’inspection du travail cette année !  Or, chacun l’a lu dans la (bonne) presse, c’est l’annonce que vient de faire la ministre du travail, Pénicaud. Les inspecteurs du travail sur le terrain sont autour de 1600 pour 1,2 million d’entreprises et 19 millions de salariés concernés. Une entreprise a une chance d’être visitée une fois tous les 10 ans. Mais, depuis, les lois Sapin, Macron, El Khomri, Pénicaud ont ratiboisé l’indépendance  de l’inspection (et laminé les prud’hommes).  Comment, en supprimant encore 15 % des effectifs, contrôler et sanctionner les infractions aux inégalités salariales, aux fraudes aux travailleurs « détachés », aux contrats précaires injustifiés ?

Pour l’inégalité salariale sexiste, il est possible de l’éradiquer en moins d’un an : si on oblige toutes les entreprises à tenir un registre, si on contrôle ces registres et si les inspecteurs peuvent en référé saisir le juge pour que celui-ci impose une astreinte, ce sera vite réglé. C’est faisable mais il faut s’en donner les moyens. C’est là que Macron est démasqué, il retire ces moyens.

Pour les « travailleurs détachés » Macron avait fait semblant de s’agiter dans l’Union européenne pour modifier leur statut. En pratique il avait confirmé la discrimination principale qui permet aux patrons français de les surexploiter en les  payant moins cher, c’est à dire sans le salaire brut, sans les cotisations sociales françaises.  La Cour des comptes vient d’appeler « à une plus grande fermeté » car  elle estime que « le système de sanctions de la France est trop faible contre la fraude aux travailleurs détachés ». Toutes les procédures de l’inspection sont chronophages et difficiles faute de moyens : comment vérifier à Sofia ou Varsovie si le complément des salaires est payé !

Pour les millions de « contrats courts », qui croit qu’une inspection du travail affaiblie pourrait contrôler un système complexe de « bonus malus » et sanctionner les centaines de milliers de patrons qui en abusent ? Il faut les interdire ! Mais Macon et le Medef ne veulent pas.

Alors quand Muriel Pénicaud, déclare que « d’ici 2022, la section comptera un agent de contrôle pour 10 000 salariés » soit 15 % de moins et avec diminution du nombre d’assistants de contrôle chargés de l’accueil du public, on sait à coup sur que Macron ment.

Gérard Filoche

 

La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés

 

Les revendications sociales des gilets jaunes, dans 95 % des cas sont celles de la gauche : les 42 revendications du 17 novembre, celles de Toulouse adoptées et classées une à une, celles de « l’Assemblée des assemblées » de Commercy, celles qui se discutent en vue de la prochaine coordination des ronds-points à Saint Nazaire les 5, 6 et 7 avril. Augmentation massive du smic et des salaires, des retraites, des minimas sociaux, redistribution des richesses, chasse à la fraude fiscale, rétablissement de l’ISF, renationalisation des services, autoroute, rail, eau, électricité, gaz ; gratuité des transports en commun, égalité salariale femmes-hommes, états généraux pour la transition écologique, l’énergie verte et la protection de la biodiversité, etc.

Dans les meetings dans la Drôme ou dans les Yvelines ce sont les mêmes débats : par exemple, les retraités demandent la suppression des 1,86 % de CSG, l’indexation totale des pensions sur l’indice du coût de la vie, la garantie des pensions de réversion et un rattrapage de 3 % compte tenu des pertes passées.

La bataille des gilets jaunes est celle de tous les salariés.

C’est comme la « Prime Macron » qui est, en fait, une « Prime Gilet jaune ». Si les gilets jaunes bloquent Macron, ce sera une victoire pour tous.

Mais l’inverse menace : si elle gagne, la Macronie envisage d’en profiter pour aller plus loin.

La voilà donc qui s’interroge sur un « second jour de solidarité » c’est à dire un jour férié en moins pour les patrons et aussi sur la suppression de la 5° semaine de congés payés. Elle vise à faire de l’auto-entreprise un contrat universel qui pourrait remplacer le contrat de travail. Elle baisse de plus de 4 milliards les indemnités des chômeurs, et vise à supprimer l’allocation chômage pour les ruptures conventionnelles. Elle met à l’ordre du jour la rupture conventionnelle dans la fonction publique. Elle veut augmenter les seuils sociaux, pour faire passer à 100 salariés l’existence d’un comité d’entreprise. Elle parle d’un nouveau jour de carence en cas de maladie.  Elle force le pas sur la casse des retraites et le système par points. Elle désengage les patrons de payer les cotisations sociales maladie dans le salaire brut. Elle ré envisage même à nouveau une fiscalité sur l’essence et le diesel.

La contre révolution Macron serait sans limite : « Les puissants ne cèdent jamais rien, ni la liberté, ni le pain » (in « La guerre des pauvres ») Eric Vuillard (Ed Actes sud)

« Qui ne casse rien n’a rien » répondent désespérément des Gilets jaunes. Mais pour gagner ce qui compte ce n’est pas la casse, c’est la masse. L’ensemble des salariés est dos au mur. Il y a des moments dans l’Histoire ou ne pas lutter ensemble, c’est perdre tout.

Gérard Filoche

 

 

Nous, Macron, l’UE, le Brexit, Corbyn, et le nouveau referendum en GB

Depuis une dizaine d’années, l’idée est apparue à gauche que l’UE n’est pas réformable et qu’il faut en sortir pour pouvoir mettre en œuvre un programme socialiste.

C’est évidemment juste, c’est une union capitaliste, faite par des capitalistes, pour des capitalistes. Ce sont les marchés capitalistes qui la dirigent pas la démocratie citoyenne. C’est pourquoi nous avons voté contre les traités de Maastricht au TCE jusqu’au TSCG.

Mais comment sortir du capitalisme européen et français sans briser la perspective de l’unité européenne ? En combinant luttes sociales et politiques, réformes et révolutions dans chaque pays ou le mouvement social le met à l’ordre du jour et le permet. Jusqu’à bouleverser pour la reconstruire,  l’Europe entière.

Est-ce que ca commence par « sortir » pays par pays de l’UE ?

A qui ça servirait de « sortir » la France de l’UE en ayant Macron à sa tête ?  1°) c’est impossible 2°) C’est Macron qui codirige l’Europe, il est même devenu le pire leader ordo-libéral de celle-ci. Il incarne totalement, le Medef-CAC40-banques. Certains voudraient faire croire que Macron est un « pantin » entre les mains de l’UE. C’est une bien mauvaise façon d’excuser et défendre Macron. La France n’est pas la Grèce, elle fait un quart de l’UE à elle toute seule, aucune institution, aucune pseudo « unanimité », ni Malte ni l’Estonie, ne peuvent l’empêcher d’agir si elle le décide. Or ce que décide Macron c’est de faire le pire de ce que les marchés exigent de lui, pire que les recommandations de l’UE quand il casse le code du travail, casse la SNCF, casse la sécurité sociale, il va plus loin, plus brutalement, en France, dans les attaques anti sociales. C’est le Thatcher français. C’est lui, le mal. C’est lui le poison. Notre ennemi n’est pas ailleurs, dans un autre pays ou d’ans l’UE, il est chez nous. Ce n’est pas de l’UE qu’il faut sortir, c’est de Macron. Macronxit ! D’ailleurs,  les anglais qui sont sortis de l’UE se rendent compte du problème, il ne leur reste que le système Thatcher, le capitalisme en profite pour les écraser.

L’impasse de la sortie de l’UE

L’exemple du Brexit démontre l’impasse que constitue la stratégie qui consiste à sortir pays par pays. Le Brexit est le projet de l’aile réactionnaire du Parti Conservateur. Il ne s’appuie pas que sur le rejet populaire de l’austérité, ni de l’ordo-libéralisme de l’UE, il s’appuie sur la nostalgie pour l’empire britannique, la haine des immigrants et le nationalisme anglais le plus étroit. Et plus le temps passe, plus l’alignement des forces montre comment la droite trouve une cohérence politique et intellectuelle dans un tel projet : les partisans les plus résolus du Brexit se regroupent autour des Conservateurs tandis que les syndicats et l’écrasante majorité des adhérents et électeurs du Parti Travailliste en concluent qu’il faut remettre en cause cette décision.

Mis devant la perspective de redéfinir la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, les dirigeants syndicaux et travaillistes ont pu vérifier que plus les multi-relations existantes sont remises en cause, plus leur propre bourgeoisie en tire des conséquences néfastes pour l’emploi, les finances publiques et s’en sert pour chantage réduisant les marges d’une éventuelle politique de gauche  d’un gouvernement.

On estime que le Brexit, bien qu’il n’ait toujours pas eu lieu, coûte déjà à l’économie britannique environ 930 millions d’euros par semaine[1]tandis que les projections du gouvernement britannique estiment que dans tous les cas, l’économie se portera moins bien qu’aujourd’hui après la sortie[2]. Il devient plus difficile et non pas plus facile de vouloir argumenter pour remettre en cause l’austérité dans de telles conditions.

La réaction du mouvement syndical et du Parti Travailliste :

Face à cette réalité, le mouvement syndical et le Parti Travailliste ont adopté la position qu’il fallait préserver au maximum la relation actuelle, en demeurant dans l’union douanière voire le marché unique. Faute de quoi, il faudrait un nouveau référendum avec l’option de pouvoir rester dans l’UE.

Nous y sommes. Lundi 25 fevrier, Corbyn a fait savoir que son parti soutiendra l’organisation d’un nouveau référendum où les électrices auraient à choisir entre l’accord négocié par Theresa May (massivement rejeté par le parlement britannique en janvier) et le maintien dans l’UE. Dans une telle campagne, l’alignement des forces politiques sera clair : d’un côté le Parti Conservateur, de l’autre les autres partis avec Corbyn à leur tête et le mouvement syndical en soutien. Voilà qui clarifie les choses.

Remain and reform

La perspective de Corbyn n’est officiellement pas de défendre le statu quo ni l’UE actuelle : le slogan des travaillistes sera Remain and reform – « Rester et réformer ». C’est la bonne ligne : il faut que la gauche européenne redouble d’efforts pour obtenir la réorientation de l’UE. Un gouvernement Corbyn à Londres pourra être un allié de poids dans cette bataille : nous – le reste de la gauche européenne – avons tout à gagner d’une victoire du maintien dans un éventuel second référendum outre-Manche.

Bien sur, il faut être clairs : rester ce n’est pas faire du Hollande ni du Tsipras, si nous voulons « sortir de Macron » c’est pour engager une véritable politique de gauche, sur le programme que nous croyons juste et nécessaire de mettre en œuvre, et vite : 1800, 60, 32, 20, 5… La mise en œuvre déterminée  d‘un tel programme, en parallèle avec le retour d’une politique sociale en GB, avec le Portugal, l’Espagne, etc. c’est ça qui changera l’Europe, mettra fin à l’austérité, forcera à la re-discussion des traités, à la rupture avec l’UE capitaliste pour une ré orientation vers l’Europe sociale que nous voulons.


[1]https://www.theguardian.com/business/2019/feb/14/brexit-has-cost-uk-economy-at-least-80bn-since-vote-bank-of-england-rate-setter

[2]https://www.theguardian.com/politics/2018/nov/28/uk-significantly-worse-off-under-all-brexit-scenarios-official-forecast-gdp

 

Déclaration : Netflix et le gouvernement russe unis dans la calomnie anti-Trotsky

Lire hors-ligne :
Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky, et le Centre d’Etudes, de Recerches et de Publications-CEIP León Trotsky d’Argentine et du Mexique s’élèvent, aux côtés de dizaines de personnalités du monde universitaire et politique pour réfuter les calomnies portées contre le révolutionnaire russe dans la série « Trotsky », retransmise par Netflix.

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Netflix, entreprise étatsunienne, propose la série Trotsky, réalisée par Alexander Kott et Konstantin Statsky. Rossiya 1, la chaîne la plus regardée en Russie, l’avait sortie en novembre 2017. Pour le centenaire de la Révolution russe, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et contrôlant, par conséquent, Rossiya 1, avait choisi Trotsky comme sujet principal de cette superproduction en huit épisodes.

Compte-tenu du passé stalinien de Poutine, à la tête du KGB, et du fait qu’il ne cache pas sa nostalgie à l’égard de la Grande-Russie tsariste, on ne pouvait attendre qu’une telle série présente de façon honnête et objective la personnalité et l’œuvre de celui qui, avec Lénine, a été le plus important dirigeant de la Révolution d’Octobre. En ressortant les vieilles calomnies anti-Trotsky, quel est l’objectif de Poutine ? Pourquoi falsifier le passé et les révolutionnaires, alors que le pays a avancé dans la restauration capitaliste et que rien ne semble s’opposer à la nouvelle bourgeoisie russe ni à Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans ? Pourquoi Netflix, dont l’audimat se compte en millions d’abonnés, a choisi de retransmettre cette série ?

Voici quelques-unes des falsifications qu’elle véhicule :

1. D’après les réalisateurs, il ne s’agit pas d’un documentaire, même s’ils affirment s’être inspirés de faits réels pour écrire Trotsky. Cependant, la série a recours aux mêmes falsifications qu’utilisaient les impérialistes, le tsarisme ou le stalinisme pour calomnier Trotsky et ses partisans alors qu’avançait la bureaucratisation de l’URSS. Toutes ces calomnies ont été réfutées par la Commission Dewey réunie spécialement à Mexico, en 1937, et constituée de personnalités indépendantes.

2. A l’encontre de la vérité historique et de la vision que pouvaient avoir de lui, à l’époque, ses proches mais y compris des personnes ne lui étant pas favorables, Trotsky est dépeint comme une personnalité égocentrique, messianique, autoritaire, inhumaine, envieuse, autant de caractéristiques qui seraient liées à ses origines juives, sans cesse rappelées dans la série. Au cours de sa vieillesse, il souffre d’hallucinations, étant rongé par le remord des crimes qu’il aurait commis pendant la révolution.

3. Jacson (Ramón Mercader) est présenté comme un stalinien honnête, doté d’esprit critique et de sensibilité, et qui établit un rapport réel avec Trotsky dans l’idée d’écrire sa biographie, ce à quoi ce dernier accède, dans la série. En réalité, Trotsky ignorait tout des liens de Jacson avec le stalinisme. Leurs rapports n’ont jamais été que très brefs, toujours sur demande de Mercader qui, en tant qu’agent du NKVD, avait été chargé par Staline d’assassiner Trotsky.

4. Au cours des deux révolutions russes la série montre des ouvriers, des paysans, des soldats, le peuple russe, manipulés par des dirigeants ambitieux tels que Lénine ou Trotsky et qui prennent des décisions en leur nom. En 1905, les soviets sont présentés comme de simples théâtres pour y faire entendre leurs discours. La lutte de classes n’existe pas. Tout est affaire d’affrontement et de vengeance entre individus. Mais la révolution de 1917 n’a pas seulement été l’un des mouvements de masses les plus importants et radicaux de l’histoire contre le tsarisme, mais également contre le gouvernement bourgeois provisoire et face à la contre-révolution de Kornilov. Elle a restauré le pouvoir des soviets, qui ont vu la participation centrale des exploité.es et des opprimé.es, dirigés par le Parti Bolchévique. La série, à l’inverse, présente la révolution comme une lutte mesquine pour le pouvoir, et les révolutionnaires comme des psychopathes manipulateurs.

5. La série ment également sur les rapports de Trotsky aux femmes. Une grande bolchévique comme sa première épouse, Alexandra, est dépeinte comme une femme au foyer que Trotsky aurait abandonné avec ses deux filles. Natalia, sa seconde épouse, conquiert Trotsky grâce à sa beauté. Après leur mariage, elle se transforme, tour à tour, en sa secrétaire personnelle et, elle aussi, en femme au foyer, absorbée par l’éducation de ses enfants dont Trotsky ne s’occupe aucunement et qu’il utilise y compris comme bouclier humain lors d’une tentative d’assassinat qui aurait eu lieu pendant la révolution. Alors que la série occulte le rôle du stalinisme dans la mort de ses quatre enfants, leur disparition serait l’une des fautes qui poursuivent Trotsky jusqu’à son propre assassinat. Larissa Reisner est présentée comme une femme fatale, accompagnant (sexuellement, surtout) Trotsky dans le train blindé et faisant office de secrétaire particulier. La réalité est tout autre. Alexandra Sokolovskaïa était la dirigeante du premier cercle marxiste auquel Trotsky adhéra alors qu’il avait seize ans. Tous deux furent déportés en Sibérie avec leurs deux filles. C’est Sokolovskaïa qui aida Trotsky à s’évader, choisissant, elle, de rester en Russie. Natalia Sedova appartint au commissariat soviétique à l’Education après la révolution. Les enfants soutinrent toujours le militantisme de leurs parents, notamment Léon Sédov, l’un des principaux collaborateurs de Trotsky et l’un des principaux organisateurs de l’Opposition de Gauche russe dans la clandestinité. Larissa Reisner, elle, écrivit à propos de la guerre civile, mais pas à partir du train blindé. Elle joua un rôle important au sein de la Cinquième armée, tout comme au cours de la révolution. Elle s’embarqua avec la flotte de la Volga, prit part aux combats et participa à la révolution allemande. Ce fut l’une des principales militantes bolchéviques jusqu’à sa mort, en 1926.

6. La relation entre Trotsky et Lénine, avant la révolution, est présentée comme une lutte entre égos faite d’accords de circonstances, au point où Lénine tente de faire chuter Trotsky d’un balcon. Staline, dans la série, est présenté quant à lui comme le secrétaire de Lénine. Au moment de l’insurrection d’Octobre, Lénine, caché, ne refait son apparition que lorsque Trotsky se demande où il se trouve, et après la victoire de la révolution. La série occulte le fait que Lénine menait un combat au sein du Comité Central du Parti bolchévique à propos du lancement nécessaire et immédiat de l’insurrection, de même que son accord avec Trotsky au sujet du fait qu’il s’agirait-là du début de la dictature du prolétariat. On songera au fait que, historiquement, à la suite de la prise du pouvoir et en attendant l’ouverture du Congrès des soviets, c’est côte-à-côte que Lénine et Trotsky règlent les derniers détails. Pour ce qui est de la véritable vision de Lénine au sujet de Staline, il suffit de lire son « Testament », ainsi que ses critiques au sujet des méthodes « chauvinistes grand-russes », à propos de la question géorgienne.

7. Au cours des négociations de Brest-Litovsk avec l’Empire allemand, Trotsky, dans la série, donne l’ordre de distribuer des tracts subversifs afin de provoquer une révolte contre le Kaiser, ce qui aurait échoué et justifié l’offensive allemande. Les principaux opposants à la signature du traité sont, toujours dans la série, les anciens généraux tsaristes et non, comme cela a été véritablement le cas, les Socialistes Révolutionnaires. Jacson accuse Trotsky de ne pas avoir défendu la Russie avec les Cosaques. La série oublie que c’est le Congrès des Soviets qui avait approuvé le décret sur la paix pour mettre fin à la guerre, l’une des grandes revendications des masses ; et que face à l’absence de réponse des alliés la Russie soviétique dut engager des négociations avec l’Allemagne où la social-démocratie appuyait le bellicisme de son propre impérialisme. Lénine autant que Trotsky voyaient les négociations de Brest-Litovsk comme une tribune en faveur de la révolution mondiale, notamment de la révolution en Allemagne.

8. Lorsqu’on lui demande de construire l’Armée rouge, Trotsky est présenté, depuis le train blindé, comme une sorte de rock-star, à mi-chemin entre le sex-symbol et l’assassin qui approuve même un massacre de civils au cours d’un enterrement. En 1918, selon la série, une révolte se prépare à Kronstadt. La révolte, en tant que telle, éclata en 1921. Dans la série, cependant, Trotsky invente des accusations et présente de faux témoins pour faire appliquer la peine de mort contre son dirigeant. Pour ce qui est de la guerre civile, la série ne fait mention que de l’offensive tchèque sans parler des quatorze armées impérialistes et des armées blanches pro-tsaristes contre lesquelles l’Armée rouge dut combattre sur l’immensité du territoire soviétique. Aucune mention, non plus, des années de blocus économique impérialiste, ou du fait que la flotte ennemie a pu n’être qu’à 30 km de Petrograd. Pour ce qui est de Kronstadt il faut prendre en compte que la composition de la garnison, lors de la révolte, était absolument distincte de celle de 1917, lorsque ses marins avaient été l’avant-garde de la révolution. L’une des confirmations du caractère contre-révolutionnaire de la révolte était le fait qu’elle avait été annoncée, deux semaines à l’avance, dans la presse internationale et les gazettes d’exilés russes. Trotsky signalera également la réaction haussière des marchés lorsque fut faite l’annonce du soulèvement de Kronstadt.

9. A aucun moment la série ne fait mention de la fondation de la III° Internationale. Trotsky déclare cependant que son objectif est de conquérir le monde. Pour la série, toujours, l’histoire de la révolution s’achève avec la mort de Lénine. L’Opposition de Gauche, la contre-révolution stalinienne, les procès de Moscou, rien de cela n’existe, pas plus que l’arbitraire carcéral, les tortures, les déportations en camps de concentration et les assassinats que subirent la quasi-totalité des dirigeants bolchéviques de la révolution et toutes celles et tous ceux qui étaient soupçonnés de défendre une ligne oppositionnelle vis-à-vis du régime bureaucratique. Renversant l’histoire, tous les crimes sont attribués à Trotsky, y compris l’exécution des Romanov. Il s’agit d’un énième mensonge puisque ni Lénine ni Trotsky ne donnèrent cet ordre.

10. Ce n’est qu’au dernier épisode qu’apparaît la véritable identité de Jacson. Trotsky, malade, demande à Jacson d’entrer chez lui alors qu’un télégramme en provenance de l’ambassade du Canada l’informe de son identité. Trotsky frappe alors Jacson-Mercader, qui lui répond en saisissant un piolet qui est pendu au mur de la chambre où se trouvent les deux hommes. La série suggère par conséquent que c’est le révolutionnaire russe qui aurait tout fait pour que le soi-disant journaliste l’attaque. La manière dont l’attentat est présenté est donc une nouvelle falsification. En effet, on sait que Staline souhaitait faire assassiner Trotsky avant le début de la Seconde Guerre mondiale dans la mesure où il savait qu’un conflit aurait pu engendrer une révolution politique en URSS. C’est pour cette raison et en fonction de la perspective de la révolution sociale dans les pays capitalistes que Trotsky et ses partisans fondèrent la IV° Internationale. On songera au fait que lors d’une entrevue, en août 1939, entre Hitler et l’ambassadeur français à Berlin, Coulondre, le Führer avait déclaré qu’en cas de guerre, « le vrai gagnant [serait] Trotsky ». C’est le nom que les bourgeoisies impérialistes avaient donné au spectre de la révolution. La série, par conséquent, est la justification de l’assassinat du soi-disant monstre appelé Trotsky.

Les signataires de ce texte rejettent ces falsifications de l’histoire qui tentent d’enterrer l’évènement le plus important du point de vue de la lutte pour l’émancipation des classes laborieuses de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, de même qu’elles cherchent à occulter le legs de ses principaux dirigeants.

 

Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky

Centre d’Etudes, de Recherches et de Publications-CEIP León Trotsky (Argentine-Mexique)

 

Premiers signataires

Fredric Jameson, Duke University (Etats-Unis)

Slavoj Žižek, philosophe

Mike Davis, écrivain, UCLA, (Etats-Unis)

Nancy Fraser, sociologue, New School for Social Research, New York (Etats-Unis)

Edwy Plenel, journaliste, directeur de Mediapart (France)

Isabelle Garo, philosophe (France)

Sebastian Budgen, éditeur, Verso (Londres-New York)

Michel Husson, économiste (France)

Catherine Samary, économiste, Université Paris Dauphine

Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College (Angleterre)

Tithi Bhattacharya, professeure d’histoire, Purdue University (Etats-Unis)

Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS (France)

Cinzia Arruzza, New School for Social Research, New York (ETATS-UNIS)

Jean-Jacques Marie, historien (France)

Andrea D’Atri, militante féministe, fondatrice de Pan y Rosas (Argentine)

Bhaskar Sunkara, rédacteur en chef de Jacobin (Etats-Unis)

Suzy Weissman, professeur de science politique, Saint Mary’s College, Californie (Etats-Unis)

Ricardo Antunes, sociologue, Universidad Estadual de Campinas, Unicamp (Brésil)

Robert Brenner, historien, Directeur du Centre d’histoire sociale et d’histoire comparée, UCLA (Etats-Unis)

Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College (Angleterre)

Christian Castillo, sociologue, Université de Buenos Aires et Université Nationale de La Plata (Argentine)

M. Tamás, philosophe, Central European University (Hongrie)

Eric Toussaint, historien, Université de Liège (Belgique)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Patrick Silberstein, éditeur, Éditions Syllepse, Paris (France)

Beatriz Abramides, enseignante-chercheuse, Université Pontificale de Sao Paulo (Brésil)

Valerio Arcary, enseignant-chercheur, Instituto Federal de São Paulo (Brésil)

Vera Aguiar Cotrim, philosophe, USP (Brésil)

Manuel Aguilar Mora, historien, Université Autonome de Mexico, (Mexique)

Silvia Aguilera, éditrice LOM (Chili)

Claudio Albertani, professeur, Université Nationale Autonome de Mexico (Mexique)

Jorge Alemán, psychanalyste et écrivain (Argentine/État Espagnol)

Ademir de Almeida, acteur (Brésil)

Jean Georges Almendras, journaliste (Uruguay)

Guillermo Almeyra, historien (UNAM y UAM-X/Mexique, UBA/Argentine)

Pablo Anino, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Checchino Antonini, journaliste, directeur de L’Anticapitalista (Italie)

Anthony Arnove, éditeur, Haymarket Books (ETATS-UNIS)

Eric Aunoble, historien, Université de Genève (Suisse)

Paula Bach, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Raquel Barbieri Vidal, Théâtre Colón de Buenos Aires (Argentine)

Emmanuel Barot, philosophe, Université Toulouse Jean Jaurès (France)

John Barzman, historien, Université du Havre (France)

Corrado Basile, historien, Editions Altergraf (Italie)

Jean Batou, professeur d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Bernhard H. Bayerlein, professeur d’études romanes, Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne)

Elaine Behring, UFRJ (Brésil)

Hebert Benítez Pezzolano, enseignant-chercheur, Université de la République (Uruguay)

Maria Silvia Betti, enseignante-chercheuse, USP (Brésil)

Alma Bolón, Université de la République (Uruguay)

Pablo Bonavena, sociologue, UNLP/UBA (Argentine)

Mathieu Bonzom, MCF études nord-américaines, Université Paris 1 (France)

Simon Bousquet, président du Centre Culturel Gabriela Mistral (Chili)

Nick Brauns, historien et journaliste, Berlin (Allemagne)

Hernán Camarero, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Pedro Campos, historien, UFRJ (Brésil)

Miguel Candioti, enseignant-chercheur, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Francisco Cantamutto, économiste, Sociedad de Economía Crítica (Argentine)

Aldo Casas, anthropologue, revue Herramienta (Argentine)

Paolo Casciola, historien, directeur du site aptresso.org (Italie)

Yurij Castelfranchi, sociologue, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Hugo Cavalcanti Melo Filho, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Leónidas Ceruti, historien, Rosario (Argentine)

Nora Ciapponi, militante socialiste (Argentine)

Alfonso Claverías, député de Podemos pour Huesca (État Espagnol)

Osvaldo Coggiola, historien, Université de Sao Paulo (Brésil)

Eurelino Coelho, historien, Universidade Estadual de Feira de Santana (Brésil)

Martín Cortés, enseignant-chercheur, UAB (Argentine)

Lívia Cotrim, sociologue, UPC-SP (Brésil)

Tatiana Cozzarelli, militante féministe, Left Voice (ETATS-UNIS)

Helmut Dahme, sociologue, Vienne (Autriche)

Juan Dal Maso, Casa Marx, Neuquén (Argentine)

Mercedes D’Alessandro, docteure en économie (Argentine)

Max Delupi, journaliste et acteur, Córdoba (Argentine)

Luiz Antonio Dias, enseignant-chercheur, PUC-SP (Brésil)

Ariane Díaz, UBA (Argentine)

Savana Diniz Gomes Melo, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Felipe Demier, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Juan Duarte, enseignant, Université de Buenos Aires (Argentine)

Jean-Numa Ducange, historien, Université de Rouen-Normandie (France)

Elsa Drucaroff, écrivaine (Argentine)

Andy Durgan, historien, Université de Londres (Royaume-Uni)

Samuel Farber, historien, CUNY (Etats-Unis)

Juan Fajardo, directeur de la section en langue espagnole de Marxist Internet Archive

Susan Ferguson, enseignante associée, Wilfrid Laurier University (Canada)

Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite

Grijalbo Fernandes Coutinho, juge du travail et doctorant, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Brais Fernández, magasine Viento Sur (État Espagnol)

Esteban Fernández, professeur de philosophie, Université du Costa Rica (Costa Rica)

Olga Fernández Ordoñez, fille de Carlos Fernández, garde-du-corps de Trotsky pendant son exil à Mexico (Mexique)

Wladek Flakin, historien, Berlin (Allemagne)

Leonardo Flamia, journaliste (Uruguay)

Virgínia Fontes, historienne, UFF (Brésil)

Alfredo Fonticelli, journaliste (Uruguay)

Franck Gaudichaud, politiste, Université Grenoble Alpes (France)

Daniel Gaido, historien, Université Nationale de Córdoba (Argentine)

Francesca Gargallo Celentani, écrivaine féministe (Mexique)

Alejandro Gálvez Cancino, professeur de l’Université Autonome Métropolitaine (Mexique)

Gabriel García Higueras, historien, Université de Lima (Pérou)

Manuel Garí, économiste (État Espagnol)

Diego Giachetti, historien, Turin (Italie)

Mike Goldfield, enseignant-chercheur, Wayne State University (ETATS-UNIS)

Horacio González, sociologue, ex-directeur de la Bibliothèque Nationale (Argentine)

Jorge Gonzalorena Döll, historien et sociologue (Chili)

Isabella de Faria Bretas, doctorante, Universidade Nova de Lisboa (Portugal)

Eduardo Grüner, sociologue, Université de Buenos Aires (Argentine)

Gastón Gutiérrez, journaliste, Ideas de Izquierda (Argentine)

Pepe Gutiérrez-Álvarez, Fondation Andreu Nin (État Espagnol)

Alejandro Horowicz, sociologue, UBA (Argentine)

Srecko Horvat, philosophe (Croatie)

Claudio Katz, économiste, UBA (Argentine)

Paul Le Blanc, professeur d’histoire, La Roche College, Pittsburgh (Etats-Unis)

Renato Lemos, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Gabriela Liszt, chercheuse au CEIP León Trotsky (Argentine)

Antonio Liz, historien, Madrid (Etat espagnol)

Diego Lotito, journaliste, IzquierdaDiario.es (État Espagnol)

António Louçã, historien et journaliste (Portugal)

Cynthia Lub, docteure en histoire, Université de Barcelone (État Espagnol)

Filippo Del Lucchese, Université Brunel (Royaume-Uni)

Eduardo Lucita, membre de Economistas de Izquierda (Argentine)

David McNally, professeur d’histoire, Université de Houston (Etats-Unis)

Javier Maestro, enseignant-chercheur, Université Complutense de Madrid (État Espagnol)

Matías Maiello, sociologue, Université Nationale de Buenos Aires (Argentine)

Rosa Maria Marques, économiste, PUC-SP (Brésil)

Josefina L. Martínez, journaliste et historienne (État Espagnol)

Jamila M.H. Mascat, philosophe, Université de Utrecht (Pays-Bas)

Claudia Mazzei Nogueira, enseignante chercheuse, Université Fédérale de Sao Paulo (Brésil)

Reginaldo Melhado, juriste, Universidade Estadual de Londrina (Brésil)

Demian Melo, historien, UFF (Brésil)

Luciano Mendonça, historien, UFGG (Brésil)

Esteban Mercante, économiste, rédaction de Ideas de Izquierda et la Izquierda Diario  (Argentine)

Massimo Modonesi, historien, sociologue et politiste, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Rodrigo Quesada Monge, historien retraité (Costa Rica)

Warren Montag, Occidental College, Los Angeles (Etats-Unis)

Luís Carlos Moro, avocat du travail (Brésil)

Antonio Moscato, historien, Université du Salento-Lecce (Italie)

Bill V. Mullen, enseignant chercheur, Purdue University (ETATS-UNIS)

Lucía Nistal, enseignante-chercheuse, UAM (État Espagnol)

Rosana Núbia Sorbile, historienne, IFSP (Brésil)

Ángel Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Antonio Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Pablo Oprinari, sociologue, coordinateur de Ideas de Izquierda (Mexqiue)

Joel Ortega Juárez, professeur de journalisme retraité, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Pelai Pagès, enseignant-chercheur, Université de Barcelone (État Espagnol)

Gilbert Pago, historien, ex directeur de l’IUFM de Martinique (Martinique)

Ugo Palheta, sociologue, Université de Lille (France)

Jaime Pastor, politiste, Université Nationale d’Enseignement à Distance (Etat espagnol)

António Pavón Cuellar, psycologue et philosophe, Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo (Mexique)

Ariel Petruccelli, historien, UNCo (Argentine)

Charles Post, sociologue, Université de la Ville de New York (CUNY) (Etats-Unis)

Pablo Pozzi, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Stéfanie Prezioso, professeure d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Sean Purdy, historien,USP (Brésil)

Gastón Remy, économiste, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Fábio Resende, acteur (Brésil)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Universidad Nacional de Rosario (Argentine)

Darren Roso, chercheur indépendant, Melbourne (Australie)

Andrea Robles, éditrice, Editions IPS-CEIP (Argentine)

Carlos Rodríguez, journaliste, Página 12 (Argentine)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Gonzalo Adrian Rojas, enseignant-chercheur, Universidade Federal de Campina Grande (Brésil)

Alicia Rojo, historienne, Université de Buenos Aires (Argentine)

Fernando Rosso, journaliste, La Izquierda Diario (Argentine)

Pierre Rousset, Europe Solidaire et sans Frontières (France)

Maxwell Santos Raimundo, acteur et musicien (Brésil)

Franklin Jones Santos do Amarante, animateur culturel (Brésil)

Alejandro Schneider, historien, UNLP/UBA (Argentine)

Gustavo Seferian, juriste, Universidade Federal de Lavras (Brésil)

Joseph Serrano, doctorant, UC Berkeley (ETATS-UNIS)

Paulo Slachevsky, éditeur LOM (Chili)

Laura Sotelo, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Héctor Sotomayor, enseignant-chercheur, Université Autonome de Puebla-BUAP (Mexique)

Jorge Luiz Souto Maior, USP (Brésil)

Ted Stolze, philosophe, Cerritos College, Norwalk (ETATS-UNIS)

Fabiane Tejada, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Pelotas (Brésil)

Juliana Teixeira Esteves, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Jean Baptiste Thomas,  MCF études hispaniques, Ecole polytechnique, Paris (France)

Iuri Tonelo, éditeur de Esquerda Diário, doctorant en sociologie, Unicamp (Brésil)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Edison Urbano, directeur de Ideas De Esquerda (Brésil)

Paula Varela, politiste et enseignante, Université de Buenos Aires (Argentine)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Livia Vargas González, philosophe, UCV-UFOP (Vénézuéla/Brésil)

Omar Vazquez Heredia, docteur en sciences sociales, UBA (Vénézuela)

Miguel Vedda, enseignant-chercheur, Faculté de Philosophie et Lettres, Université de Buenos Aires (Argentine)

Romero Venancio, philosophe, Universidade Federal de Sergipe (Brésil)

Gabriel Eduardo Vitullo, enseignant-chercheur, Universidade Federal do Rio Grande do Norte (Brésil)

David Walters, éditeur de Marxist Internet Archive

Florian Wilde, historien, Berlin

Rolf Wörsdörfer, enseignant-chercheur, Université Technique de Darmstadt (Allemagne)

 

Organisations politiques, premiers signataires

Nicolás del Caño, Myriam Bregman, Emilio Albamonte, pour le Parti des Travailleurs pour le Socialisme (PTS-Argentine) ; Santiago Lupe pour le Courant révolutionnaire des Travailleuses et des Travailleurs (CRT-Etat espagnol) ; Sulem Estrada, Miriam Hernandez et mario Caballero, pour le Mouvement des Travailleurs Socialistes (MTS-Mexique) ; Ángel Arias, pour la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS-Venezuela); Javo Ferreira, Violeta Tamayo et Elio Aduviri pour la Ligue Ouvrière Révolutionnaire pour la Quatrième Internationale (LOR-CI, Bolivie) ; Juan Cruz Ferre, pour Left Voice (Etats-Unis) ; Simone Ishibashi, Diana Assunção et Maíra Machado pour le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT-Brésil) ; Stefan Schneider, pour l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (RIO-Allemagne) ; Damien Bernard, Daniela Cobet et Juan Chingo pour Révolution Permanente (France) ; Sebastián Artigas pour le Courant des Travailleurs Socialistes (CTS-Uruguay) ; Dauno Tótoro pour le Parti des Travailleurs Révolutionnaires (PTR-Chili) [Fraction Trotskyste pour la Quatrièmle Internationale (FTQI), à l’origine du réseau en six langues (allemand, anglais, catalan, espagnol, français et portugais) des journaux en ligne La Izquierda Diario]

Giacomo Turci, Scilla Di Pietro, Fraction Internationaliste Révolutionnaire (FIR)-La Voce delle Lotte, Massimo Civitani, SI-Cobas, coordination de Rome (Italie)

Romina del Plá, Néstor Pitrola, Jorge Altamira, Marcelo Ramal, Gabriel Solano, membres de la direction nationale du Parti Ouvrier (PO) d’Argentine.

Rafael Fernández, Natalia Leiva, Lucía Siola et Nicolás Marrero, membres de la direction nationale du PT (Uruguay)

Philippe Poutou, Olivier Besancenot, Alain Krivine et Christine Poupin, pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, France).

Gérard Filoche Gauche démocratique et sociale,  GDS France

Gaël Quirante, Sud Poste 92, Anasse Kazib, Sud Rail et Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse, Nouveau Parti Anticapitaliste (Francia).

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale, Arlette Laguiller, Armonia Bordes et Chantal Cauquil, anciennes euro-députées, pour Lutte Ouvrière (France)

Guilherme Boulos, ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Parti Socialisme et Liberté (PSOL) et coordinateur du Mouvement des Travailleurs Sans-Abri (MTST) (Brésil)

Marcelo Freixo, député fédéral du PSOL pour Rio de Janeiro et Tarcisio Motta, conseiller du PSOL de Rio de Janeiro (Brésil).

Pour le Mouvement Gauche Socialiste (MES) : Juliano Medeiros, président national du PSOL, Luciana Genro, ancienne candidate à l’élection présidentielle, députée pour le PSOL, Roberto Robaina, direction nationale du PSOL, Israel Dutra, secrétaire RI du PSOL, Pedro Fuentes, rédacteur en chef du site Izquierda em Movimento, membre de la direction du MES, Fernanda Melchionna, David Miranda, Sâmia Bomfim, députés fédéraux du PSOL (Brésil)

Pour le Courant Socialiste des Travailleurs/PSOL : Babá, conseiller de Rio de Janeiro, Pedir Rosa, dirigeant du SINTUFF et du CST/PSOL, Rosi Messias,  membre de la direction exécutive du PSOL et de la direction nationale du CST/PSOL (Brésil).

Alan Woods, Tendance Marxiste Internationale (TMI), rédacteur en chef de In Defence of Marxism, et Rob Sewell (TMI), rédacteur en chef de Socialist Appeal (Grande Bretagne)

Juan Carlos Giordano et Mercedes Petit, membre de la direction nationale de Gauche Socialiste, (IS, Argentine) ; Orlando Chirino, Parti Socialisme et Liberté (PSL, Venezuela) ; Enrique Fernández Chacón (UNIOS, Pérou) ; Enrique Gómez Delgado, Mouvement au Socialisme (MAS, Mexique) [Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)]

Alejandro Bodart, Sergio García, Celeste Fierro, Vilma Ripoll, Guillermo Pacagnini, Mariano Rosa pour le Mouvement Socialiste des Travailleurs (MST) d’Argentine et pour Anticapitalistes en Réseau-IV Internationale

Brais Fernández (Viento Sur) ; Paula Quinteiro (deputée au Parlement galicien) ; Manuel Garí (économiste) ; Raul Carmago (député à l’Assemblée de Madrid) ; Jesús Rodríguez (économiste); Ángela Aguilera (députée au Parlement andalou) ;  Ana Villaverde (députée au Parlement andalou); Mari García (députée au Parlement andalou); Sonia Farré (députée au Parlement espagnol). [Anticapitalistes, Etat espagnol]

Franco Turigliatto, ancien sénateur pour le Parti de la Refondation Communiste, membre de la direction nationale de Gauche Anticapitaliste (SA-Italie)

Thiess Gleiss, membre de la direction nationale de Die Linke et Lucy Redler, membre de la direction nationale de Die Linke et porte-parole de SAV (Allemagne)

Edgard Sanchez, membre de la direction nationaledu Parti Révolutuionnaire des Travailleurs (PRT, Mexique)

Roman Munguia Huato, Ismael Contreras Plata pour la Ligue d’Unité Socialiste (LUS) et pour le Mouvement de reconstruction du syndicat enseignant (Mexique)

José Luis Hernández Ayala, Pedro Gellert, Heather Dashner Monk, Marcos Fuentes, Emilio Téllez Contreras y Héctor Valadez George, membres de la Coordination Socialiste Révolutionnaire (CSR, Mexique)

Collectif Communisme et Liberté (CCeL) de Rio de Janeiro (Brésil)

Comuna, Rio de Janeiro (Brésil)

 

Vive la prime gilet jaune

 

La prime gilet jaune

Macron mentait le 10 décembre devant 23 millions de téléspectateurs quand il annonçait que les smicards allaient recevoir 100 euros. Les smicards n’ont pas reçu un centime de salaire.  Seuls ceux dont le revenu du foyer était trop bas, ont eu une « prime d’activité » (payée par leurs impôts, pas par leurs patrons)  ladite prime, prévue sur les trois ans à venir, étant versée de façon anticipée.

 

Ce même 10 décembre,  Macron, de crainte que le mouvement des gilets jaunes ne contamine le reste du salariat, a demandé aux patrons des entreprises qui le pouvaient, selon leur gré, de verser une « prime de fin d’année jusqu’à 1000 euros ».

A contrario de la vulgate  libérale dominante,  ca se passe comme dans une économie administrée bureaucratique : c’est le président qui décide des primes ! Quand il prend peur, il fixe la date et le niveau des « primes » à accorder. Exit les négociations patronat-syndicats, les grilles  conventionnelles de salaires, d’« en haut » Macron impose tout… quand on le pousse !  (Si les fonctionnaires n’ont pas eu de primes, c’est sans doute parce qu’ils n’ont pas « poussé » assez)

 

Selon Europe 1 dans un sondage, 74 % des entreprises les salariés ont donc reçu une prime grâce aux gilets jaunes.

 

Certes, pas très élevée :en moyenne 532 euros par salarié. Dans les moins de 50 salariés, une moyenne de 687 euros. Dans les entreprises de 50 à 300 salariés, 530 euros en moyenne. Entre 300 et moins de 1.000 employés, la prime tourne autour de 467 euros.

Les très grands groupes qui se sont pourtant goinfrés de 57 milliards de dividendes l’an passé, se sont montrés radins : 583 euros dans les entreprises de plus de 1.000 salariés, par exemple 200 euros chez Carrefour ou chez Auchan. Exception chez l’archi-riche  Total : prime de 1.500 euros.

 

On sait que c’’est dur d’arracher du salaire aux patrons, ca tombe pas tout cuit dans le bec. Mais là,  c’est le résultat de la trouille que les gilets jaunes ont collé à Macron. « Bravo les gilets jaunes » « Merci  les gilets  jaunes ! » En quinze jours, leur occupation des ronds points a été efficace y compris pour tous les salariés qui n’avaient pas bougé et ne les avaient pas soutenu. Quelle leçon ! La lutte paie !

 

La conclusion : on pourrait avoir de vraies hausses de salaires, disons 300 euros pour toutes et tous. Mais une seule solution, il faut faire comme les gilets jaunes occupant les ronds points, et occuper les entreprises, surtout les 1000 de plus de 1000 salariés qui font 50 % du PIB. Si on se remue tous ensemble, salariat et « GJ », ils auront tellement peur que les 300 euros on les aura vite.

 

Gérard Filoche

 

Attention vérifiez vos bulletins de paie

 

Exiger vos bulletins de paie en version papier. Le Code du Travail  prévoit dans les articles R3243 -1 à R3243 – 6 les éléments obligatoires, facultatifs et interdits sur le bulletin de salaire- Etudiez les fin janvier en détail. Faites vous expliquer ce que vous ne comprenez pas. N’hésitez pas à saisir votre syndicat et l’inspection du travail. Les mentions obligatoires du bulletin de salaire sont les suivantes :

  • informations relatives à l’employeur (nom, adresse, numéro d’immatriculation, code APE, numéro Siret, etc.) ;
  • informations relatives au salarié (nom, emploi occupé, position dans la classification de la convention collective), informations relatives à l’Urssaf ou à la MSA (Mutualité sociale agricole) auprès de qui les cotisations sont versées ;
  • convention collective applicable ;
  • éléments composant la rémunération brute : nombre d’heures de travail, quantité d’heures payées au taux normal et celles majorées (pour heures supplémentaires ou travail de nuit, par exemple) en mentionnant le ou les taux appliqués, les accessoires du salaire soumis à cotisations (prime d’ancienneté, de bilan, pourboires, indemnité de précarité, etc.) ;
  • nature et volume du forfait pour les salariés dont la rémunération est déterminée sur la base d’un forfait hebdomadaire ou mensuel en heures, d’un forfait annuel en heures ou en jours ;
  • prélèvements sociaux et fiscaux : CRDS, CSG, cotisations salariales ;
  • sommes non soumises à cotisations (remboursement de frais professionnels) ;
  • montant de la somme effectivement versée au salarié (« le net à payer ») ;
  • date de versement du net à payer ;
  • dates de congés payés éventuellement compris dans la période de paie et le montant de l’indemnité correspondante ;
  • montant de la prise en charge des frais de transport ;
  • montant de la réduction de cotisations salariales sur les heures supplémentaires ou complémentaires effectuées par le salarié, venant en déduction des retenues opérées au titre des cotisations salariales ;
  • mention relative à la conservation, par le salarié, du bulletin de paie sans limitation de durée.

En cas d’absence d’une des mentions obligatoires, les représentants du personnel peuvent intervenir, à la demande du salarié, auprès de l’employeur afin qu’il y remédie et le cas échéant auprès du conseil de prud’hommes qui pourra accorder des dommages et intérêts au salarié.  Des informations inexactes (nombre d’heures rémunérées inférieur au nombre d’heures réellement effectuées, par exemple) sont susceptibles d’entraîner une condamnation pénale de l’employeur pour travail dissimulé. Saisir l’inspection du travail.

 

Danger : télétravail sans limite

On ne suit pas assez, tellement la procédure est longue et complexe, mais la ratification des ordonnances Macron-Pénicaud anti code du travail ne cesse de donner lieu à de nombreux soubresauts juridiques.

En 2018, le télétravail a encore progressé. 29 % des salariés y auraient recours contre 25 % en 2017 selon un sondage pas forcement fiable de l’Ifop mené pour Malakoff Médéric Humanis. La pratique est plus développée dans les grandes entreprises. Première motivation: passer moins de temps dans les transports. « Travailler plus » utiliser le temps de transport par plus de  boulot c’est la grande motivation des patrons…

Du coup ça redevient du « travail à domicile » comme les dentellières et ou les fabricants de vêtements à domicile du XIX° siècle, (cf le livre de Gérard Noiriel)

6,7 millions de salariés sont éligibles au télétravail. Ce dont on est certains, par un autre sondage, c’est que 16, 7 % le pratiquent occasionnellement.

Pour eux, le contrat de travail peut désormais être remplacé par un accord collectif ou une « charte ».  L’exigence de contrôle du temps de travail est supprimée. Le paiement par le salarié de l’ensemble des coûts du travail à domicile et du matériel informatique utilisé, est « permis ».

Article L.1222-9 du Code du travail modifié par Ordonnance n°2017-1387

… le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication.

En l’absence de charte ou d’accord collectif, …  le salarié et l’employeur conviennent de recourir de manière occasionnelle au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen.

Ca  permettra de ne plus compter les heures et de casser les collectifs de travail ou les grèves (ça pourra être « habillé » puisqu’il devient aussi légal de recourir au télétravail en cas d’ « épisode de pollution »).

Combattre  « l’absentéisme » sera aisé :

- « Ah, t’es malade,  tu ne peux pas venir ? »  dira le patron au téléphone – « – Bah, travailles chez toi. »

Les ordonnances de l’automne 2017, qui ont cassé le Code du travail ont  simplifié le recours au télétravail, « sont plutôt une incitation à étendre le télétravail » là où « il existait » déjà, a-t-elle ajouté.

Plus de cinq télétravailleurs sur dix (51%) sont des cadres, quasiment tous (97%) sont en CDI, 45% sont âgés de 35 à 49 ans, et plus de trois sur dix (34%) vivent en Ile-de-France.

Ce sondage a été réalisée en ligne, du 30 novembre au 11 décembre 2018, auprès d’un échantillon de 1.604 salariés, dont 581 managers, représentatif de la population active salariée du secteur privé travaillant dans des entreprises d’au moins 10 salariés.

A t on de quoi s’étonner dés lors si le Premier ministre ouvre une porte de plus au télétravail « après certains arrêts maladie afin d’éviter une reprise brutale et favoriser ainsi un retour progressif à l’emploi »… et « pour minimiser les arrêts de travail de plus de six mois, trop coûteux pour l’assurance maladie » ! Même si Edouard Philippe  en convient : « C’est une question délicate. Favoriser le télétravail, oui », mais « ne pas mélanger l’arrêt de travail et le travail. »

Gageons que ce sera aisément mélangé.

Gérard Filoche