Lettre Macron : Retour à l’envoyeur !

 

La crise sociale actuelle montre le refus majoritaire de la politique de Macron. Pourtant, le contenu de la lettre présientielle montre qu’il entend la  poursuivre. Et même l’aggraver ! La majorité des Gilets jaunes voit combien cette lettre tourne le dos à leurs demandes de rétablissement de l’ISF, d’augmentation des salaires et de pensions pour ne citer que ces exemples.

 

Le vieux monde de Macron

 

Macron s’accroche à la vieille politique libérale : baisse des impôts des riches et baisse de la dépense publique pour confier au privé le maximum d’activités.  Or si la dette publique a augmenté, alors que la part des dépenses publiques dans le PIB est restée constante depuis 30 ans, c’est dû aux baisses des impôts des riches et des grandes entreprises. En l’absence de ces baisses, la dette publique serait environ 20 points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité (1).

 

Dans sa missive de 6 pages, la poursuite de la suppression de services publics est annoncée alors que ceux-ci manquent non seulement dans les banlieues, dans les territoires « périphériques » et ruraux, mais partout quand on pense à la fermeture de toutes les agences EDF, celle de nombreuses boutiques SNCF, de petites trésoreries, de maternité et hôpitaux de proximité …

 

Pour la majorité macroniste, la messe est dite ! Rien sur les questions sociales, rien sur les cadeaux faits aux plus riches, rien sur la fraude fiscale (2) de l’enfumage sur les questions démocratiques pour tenter de faire passer une réforme déjà préparée (moins de députés pour moins de poids des représentants élus, peu de proportionnelle, pas de possibilité de révocation …).

 

Et personne n’a demandé de débats sur l’immigration ou la laïcité. Les maires sollicités pour mener le débat rappellent leurs demandes auxquelles l’exécutif n’a jamais répondu.

 

Le message qui monte est donc clair. C’est retour à l’envoyeur ! Avec l’exigence d’un changement de politique ou un retour aux urnes.

 

La nécessité d’une grande marée populaire !

 

La question essentielle est maintenant celle du rapport de force. La convergence gilets jaunes, gilets rouges, gilets verts est la priorité. La question de la grève, du blocage de la production doit faire partie des discussions à venir dans les villes, dans  les entreprises. C’est une Grande Marée Populaire qu’il faut préparer avec des millions dans la rue et en grève pour que le pouvoir cède ou qu’il parte.

 

Plus que jamais la responsabilité du syndicalisme est engagée. Solidaires s’est exprimée, les débats vont bon train dans la CGT, la FSU, FO … il faut accélérer pour préparer le tous ensemble.

 

Et la gauche doit affirmer sa présence aux côtés des Gilets jaunes dans les prochaines manifestations du samedi. 250  universitaires, intellectuels, artistes appellent la gauche à réagir. Ils ont raison.

 

L’heure est à la mobilisation contre Macron, le Medef et leur monde. Pour une grande explication et gagner sur les revendications.

(1) Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France

 

(2) La fraude fiscale est estimée à 100 milliards d’euros par an en France. Ces sommes « envolées » n’ayant pas été imposées, le surcoût de l’évasion fiscale est de 30% de la dette de l’Etat (Note hussonet n°114, 9 mai 2018).

 

 

Macron : répression violente contre les gilets jaunes et aussi contre les chômeurs

Macron systématise une violente répression contre les revendications sociales légitimes des gilets jaunes. Il systématise aussi une méchante répression contre les chômeurs.

Pour Macron, les chômeurs sont des « rien », il les méprise parce qu’ils « attendent tout de l’autre », qu’ils sont des « fainéants » des « illettrés », des « alcooliques » qu’ils ne « traversent pas la rue pour chercher du travail », qu’ils ne « cherchent pas des clients au lieu d’un patron », qu’ils n’ont « pas le sens de l’effort » !

Macron le dit « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants », il pense que n’importe qui doit accepter n’importe quel boulot, même au détriment de sa qualification, de son salaire antérieur, de sa vie familiale et personnelle. Il prône la fin du droit du travail, l’ubérisation de la société : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains ».

Macron ne fait rien contre les fraudeurs fiscaux et patronaux, comme Ghosn et tant d’autres qui ne paient pas les impôts qu’ils doivent à la République. Macron encourage les heures supplémentaires qui créent du chômage en plus. Macron ne contrôle ni le travail illégal ni les 516 000 travailleurs détachés officiels discriminés surexploités et sous-payés dans le pays.

Macron, a donc publié une lettre de cadrage pour (re)prendre 4 milliards aux assurances chômage. « En même temps » que ses voeux, le 30 décembre il a fait publier un décret afin de sanctionner toutes celles et ceux qui, au chômage, ne bosseraient pas assez.

Le contrôle des « obligations » incombant aux Demandeurs d’Emploi et les sanctions deviennent maximum :

- 1e absence = 1 mois de radiation sans allocation

- 2e absence = 2 mois de radiation sans allocation

- 3e absence = 4 mois de radiation sans allocation

La radiation entraîne de fait la suspension du revenu de remplacement puisque l’inscription est une condition du versement de toutes les allocations versées par Pôle Emploi. C’est la pire des répressions : empêcher de vivre, de se nourrir, de se loger, de circuler. Alors que les chômeurs ont cotisé pour une assurance, que ce n’est pas une aumône mais un dû.

 

Contre Macron, la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, article 23 alinéa 1 précise bien : « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail, et à la protection contre le chômage »

 

Nous revendiquons l’instauration d’un statut du salarié-e avec continuité du socle contractuel et maintien du salaire entre deux emplois ; l’obligation de reclassement des salarié-es sans limite de temps ; le financement patronal mutualisé pour ces droits. Le bon programme anti-Macron, il existe.

Gérard Filoche

 

lire chronique dans l’ Humanité Dimanche « au boulot n° 423″    9° année

 


 

 

Cour d’appel de Paris : les contrats UBER sont des contrats de travail

des 2015, j’avais décelé la proposition de changement de l’article du code civil et du code du travail, par Hollande, Valls, loi Macron, pour remplacer le contrat de travail par un contrat commercial sans droit : le trio maudit du quinquennat précédent commençait a « uberiser » la France. C’était la « révolution » Macron annoncée. Les ordonnances Macron ont continué ce sale travail.

Le Medef planchait a l’époque sur la « soumission librement consentie » (« compliance without pressure ») pour remplacer la subordination. Mais il restait quand meme une définition des contrats dans le code du travail en tant que « subordination juridique permanente  » c’est celle ci qui vient d’être reconnue comme supérieure à tout le reste dans les contrats UBER : d’où la décision de la Cour d’appel de Paris de re-qualifier les contrats UBER en contrats de travail.

De même que l’OIT et les textes européens interdisent de plafonner les reparations en indemnités aux prud’hommes, ce qui a valu a trois Chambres de prud’hommes de dénoncer l’illégalité en la matière des lois El Khomri, Penicaud, Macron, voila de beaux échecs de plus pour Macron !

De toutes façons ces lois anti droit et dignité des travailleurs censées faire de l’emploi depuis trois ans, n’en ont fait aucun… la preuve du pudding c’est quand on le mange, la preuve du Macron c’est quand tout le monde voit que rien n’y est bon et hélas le chômage de masse croit !

il reste aussi à faire condamner Macron quand il dénonce unilatéralement le repos quotidien de 11 h… mais ça va venir, on réduira bientot en cendres la casse des droits qu’il a voulu imposer

 

 

Macron ose refaire ce 11 janvier une 65 ° « macronade » en reprochant aux Français que tous ne fassent » pas assez d’effort »  alors le salariat de notre pays est un des plus productifs aux monde. (C. Tableau de Guillaumde Duval alternative économique :

 

Montbéliard : appel à manifester samedi avec Gilets jaunes, CGT, FO, FSU partout ensemble !

Montbéliard : appel à manifester samedi avec Gilets jaunes, CGT, FO, FSU

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syndicollectif.fr/montbeliard-appel-a-manifester-samedi-avec-gilets-jaunes-cgt-fo-fsu/
syndicoAdmin January 10, 2019

Les syndicats CGT, FO et FSU du pays de Montbéliard (Doubs) répondent positivement à un appel des gilets jaunes à réagir contre les décisions du préfet d’interdire les manifestations et à rejoindre la manifestation prévue le samedi 12 janvier.

Marche citoyenne
Tous ensemble, défendons notre liberté de manifester !

Gilets jaunes

Ces interdictions sont des violations flagrantes du droit de se réunir et de manifester, éléments essentiels d’une réelle démocratie, réaffirmés par l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et l’article 9 de la Convention Européenne.

Ces arrêtés sont parfaitement arbitraires puisque M. le Préfet se contente d’interdire sans donner de raison à cette interdiction. Il serait d’ailleurs bien en peine de justifier une telle entrave aux libertés fondamentales
puisque, dans le Pays de Montbéliard, nous avons toujours veillé à ce que nos rassemblements de gilets jaunes se déroulent de façon pacifique dans le calme et le respect, sans entrave à la circulation.

Ces interdictions préfectorales sont aussi scandaleuses parce qu’ils viennent désavouer les décisions des maires d’Arbouans et d’Audincourt, qui avaient autorisé nos rassemblements, en les entourant des directives nécessaires à la sécurité et à la liberté de tous. C’est une remise en cause des élus locaux au moment où M. Macron prétend leur redonner de la place au sein du débat politique.

Ainsi donc, dans la ligne des directives nationales, M. le Préfet décide d’employer la manière forte et tente de faire disparaitre la contestation en interdisant son expression. C’est une dérive autoritaire extrêmement dangereuse, contraire aux principes affichés de la République et aux droits de chacun.

Vous avez mis un gilet jaune sur votre tableau de bord ? Vous avez klaxonné à un rond-point ? C’est votre mécontentement que M. Macron veut étouffer en nous virant du paysage ! La misère et la précarité ne doivent plus être visibles !

Aujourd’hui, c’est nous qui sommes visés, mais si de telles méthodes sont adoptées, qui en sera victime demain ?

 

Au-delà de ceux qui se reconnaissent au moins en partie dans notre mouvement, une telle attitude des pouvoirs publics ne peut que choquer celles et ceux qui sont attachées aux libertés de se réunir et de manifester, qu’ils soient simples citoyens, salariés, retraités, élus locaux, membres d’associations, de syndicats, de partis politiques.

Les gilets jaunes du Pays de Montbéliard appellent donc toutes celles et tous ceux qui n’acceptent pas l’autoritarisme de M. le Préfet et qui veulent défendre les libertés, à exiger le retrait des arrêtés d’interdiction de manifestation et le respect des décisions des maires.

Nous appelons tous les habitants du Pays de Montbéliard et des environs, les organisations associatives, syndicales, les élus locaux, … à se rassembler

Réponse CGT / FO / FSU à l’initiative des gilets jaunes

Les Unions locales CGT, FO, FSU sont scandalisées par les interdictions de rassemblement et de manifestation qui frappent les gilets jaunes du Pays de Montbéliard.

Plutôt que de répondre aux préoccupations sociales qui s’expriment à travers ce mouvement, le gouvernement de M. Macron choisit la manière forte en tentant d’interdire l’expression du mécontentement.

Cette dérive autoritaire est une menace pour l’expression de toute contestation sociale. Elle va à l’encontre de toutes les valeurs de libertés que nous avons toujours défendues.

Les unions locales CGT, FO, FSU du Pays de Montbéliard, en réponse aux gilets jaunes, se joignent donc à l’appel à :

Se rassembler samedi 12 janvier à 14H au Pied des Gouttes
Se rendre ensemble à la sous-préfecture pour exiger le retrait des arrêtés

Nous appelons la jeunesse, les salariés, les privés d’emplois, les retraités, les autres organisations et associations, les élus locaux à se joindre à cette action pour refuser le diktat de M. le Préfet, pour exiger du gouvernement des réponses sociales à la hauteur des attentes du monde du travail.

Fait à Audincourt le 9 janvier 2019

 

Nantes Lyon et Nantes Bordeaux privatisés : Ils continuent à brader le service public ferroviaire !

Écrit le 9 janvier 2019 par Éric Thouzeau

Ma première réaction à l’annonce faite par la ministre des Transports du gouvernement Macron-Philippe d’ouvrir à la concurrence deux lignes ferroviaires qui concernent directement notre Région.

La ministre des Transports vient d’annoncer  l’ouverture  à la concurrence des lignes ferroviaires Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux , deux lignes déficitaires car il y a longtemps que la SNCF, à la recherche de rentabilité, les a négligées.

Les opérateurs privés y seront assurés de toucher des subventions de l’Etat, voire des Régions. Ils adapteront l’offre à la baisse s’ils estiment que les subventions sont  « insuffisantes » ou augmenteront les tarifs pour les voyageurs. C’est malheureusement ce qui s’est passé dans tous les pays où ces processus de privatisation ferroviaire ont eu lieu.

Les « Trains d’équilibre du territoire » (TET) qui  circulent sur ces lignes sont indispensables à l’aménagement du territoire. Le gouvernement veut s’en débarrasser en les transférant aux Régions ou directement au privé. Alors que le mouvement social pose avec force la question de la présence de services publics sur tout le territoire, le gouvernement continue à brader le service public ferroviaire ! Grand débat national ou pas, le gouvernement s’obstine à poursuivre une politique qui pourtant suscite un rejet massif dans le pays.

Sur les Pays de la Loire, la majorité de Bruno Retailleau et Christelle Morançais a décidé de confier des lignes TER au privé,  et le gouvernement en fait autant avec les TET. On dirait une course de vitesse entre LR et macronistes, deux courants politiques de droite adeptes du libéralisme : à celui qui privatisera le plus vite ! Les usagers n’ont rien à y gagner !

 

Appel aux syndicats adopté par l’assemblée régionale à Lille des Gilets jaunes

(350 Gilets jaunes présents selon un participant, mais estimation « gonflée » selon un autre)

Communiqué de la part des Gilets Jaunes Hauts de France à l’intention des organisations syndicales

Voilà sept semaines que la mobilisation des « Gilets Jaunes » ne connaît pas de répit. Nous sommes au quotidien sur les ronds – points, sur les autoroutes, dans la rue chaque samedi face à une répression des plus violente ! D’aucun pensait qu’avec les fêtes, notre mouvement prendrait fin, mais nous sommes encore là, bien décidés à ne rien lâcher !

Ce mouvement est inédit, intersectoriel, de portée internationale, indépendant de toute structure politique traditionnelle. Mais de la politique, nous en faisons tous les jours. Nous avons enfin compris que nous n’avions besoin de personne pour penser à notre place. Et certainement pas de professionnels de la politique qui prennent des décisions en notre nom mais qui pourtant ne connaissent rien de notre quotidien.

Nous luttons contre l’exploitation que la grande majorité du peuple subit au profit d’une minorité de riches, de plus en plus riches. Alors que les dividendes versés aux actionnaires n’ont jamais été aussi importants, la France d’en bas se crève pour des salaires de misère !

Pour bloquer l’économie et avoir enfin une vie juste, nous avons besoin d’une grève générale. Nous demandons aujourd’hui aux organisations syndicales de se positionner clairement du côté des exploité.e.s, de soutenir notre lutte et d’y prendre part en appelant à une grève générale reconductible dès janvier 2019 afin de permettre à tous les salarié.e.s d’exercer leur droit de grève et de pouvoir se joindre à la lutte.

 

 

 

Deuxième Appel des Gilets Jaunes de Commercy : L’assemblée des assemblées !

Publié le 4 janvier 2019 par aplutsoc

Les Gilets jaunes de Commercy viennent de lancer un deuxième appel dont nous reproduisons le lien.

DEUXIÈME APPEL DE COMMERCY : L’ASSEMBLÉE DES ASSEMBLÉES !

Notre deuxième appel s’adresse :

A tous les Gilets Jaunes. A toutes celles et ceux qui ne portent pas encore le gilet mais qui ont quand même la rage au ventre.

Cela fait désormais plus de six semaines que nous occupons les ronds-points, les cabanes, les places publiques, les routes et que nous sommes présents dans tous les esprits et toutes les conversations.

Nous tenons bon !

Cela faisait bien longtemps qu’une lutte n’avait pas été aussi suivie, aussi soutenue, ni aussi encourageante !

  • Encourageante car nos gouvernants ont tremblé et tremblent encore sur leur piédestal
  • Encourageante car ils commencent à concéder quelques miettes.
  • Encourageante car nous ne nous laissons désormais plus avoir par quelques os à ronger.
  • Encourageante car nous apprenons toutes et tous ensemble à nous respecter, à nous comprendre, à nous apprécier, dans notre diversité. Des liens sont tissés. Des modes de fonctionnement sont essayés. Et ça, ils ne peuvent plus nous l’enlever.
  • Encourageante aussi, car nous avons compris qu’il ne faut plus nous diviser face à l’adversité. Nous avons compris que nos véritables ennemis, ce sont les quelques détenteurs d’une richesse immense qu’ils ne partagent pas : les 500 personnes les plus riches de France ont multiplié par 3 leur fortune depuis la crise financière de 2008, pour atteindre 650 milliards d’€ !!! Les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux plus grandes sociétés s’élèvent également à plusieurs centaines de milliards par an. C’est intolérable !
  • Encourageante enfin, car nous avons compris que nous étions capables de nous représenter nous mêmes, sans tampon entre les puissants et le peuple, sans partis qui canalisent les idées à leur seul profit, sans corps intermédiaires davantage destinés à amortir les chocs, à huiler le système, plutôt qu’à nous défendre.

Nous pleurons aujourd’hui les victimes de la répression, plusieurs morts et des dizaines de blessés graves. Maudits soient ceux qui ont permis cela, mais qu’ils sachent que notre détermination est intacte, bien au contraire !

Nous sommes fiers de ce chemin accompli si vite et de toutes ces prises de conscience qui sont autant de victoires sur leur système écrasant.

Et nous sentons très bien que cette fierté est partagée par énormément de gens.

Comment pourrait-il en être autrement, alors que ce système et ce gouvernement qui le représente n’ont de cesse de détruire les acquis sociaux, les liens entre les gens, et notre chère planète ?

Il nous faut donc continuer, c’est vital. Il nous faut amplifier ces premiers résultats, sans hâte, sans nous épuiser, mais sans nous décourager non plus. Prenons le temps, réfléchissons autant que nous agissons.

Nous appelons donc toutes celles et ceux qui partagent cette rage et ce besoin de changement, soit à continuer à porter fièrement leur gilet jaune, soit à l’enfiler sans crainte.

Il faut désormais nous rassembler partout, former des assemblées citoyennes, populaires, à taille humaine, où la parole et l’écoute sont reines.

Des assemblées dans lesquelles, comme à Commercy, chaque décision est prise collectivement, où des délégués sont désignés pour appliquer et mettre en musique les décisions. Pas l’inverse ! Pas comme dans le système actuel. Ces assemblées porteront nos revendications populaires égalitaires, sociales et écologiques.

Certains s’autoproclament représentants nationaux ou préparent des listes pour les futures élections. Nous pensons que ce n’est pas le bon procédé, tout le monde le sent bien, la parole, notre parole va se perdre dans ce dédale ou être détournée, comme dans le système actuel.

Nous réaffirmons ici une fois de plus l’absolue nécessité de ne nous laisser confisquer notre parole par personne.

Une fois ces assemblées démocratiques créées, dans un maximum d’endroits, elles ouvriront des cahiers de revendications.

Le gouvernement a demandé aux maires de mettre en place des cahiers de doléances dans les mairies. Nous craignons qu’en faisant ainsi nos revendications soient récupérées et arrangées à leur sauce et qu’à la fin, elles ne reflètent plus notre diversité. Nous devons impérativement garder la main sur ces moyens d’expression du peuple ! Pour cela, nous appelons donc à ce qu’ils soient ouverts et tenus par les assemblées populaires !

Qu’ils soient établis par le peuple et pour le peuple !

Depuis Commercy, nous appelons maintenant à une grande réunion nationale des comités populaires locaux.

Fort du succès de notre 1er appel, nous vous proposons de l’organiser démocratiquement, en janvier, ici à Commercy, avec des délégués de toute la France, pour rassembler les cahiers de revendications et les mettre en commun.

Nous vous proposons également, d’y débattre tous ensemble des suites de notre mouvement.

Nous vous proposons enfin de décider d’un mode d’organisation collectif des gilets jaunes, authentiquement démocratique, issu du peuple et respectant les étapes de la délégation.

Ensemble, créons l’assemblée des assemblées, la Commune des communes.

C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition.

VIVE LE POUVOIR AU PEUPLE, PAR LE PEUPLE, ET POUR LE PEUPLE !

 

 

 

 

 

Gilets jaunes, la question sociale au cœur de la colère


 

Macron a choisi la voie de l’affrontement avec les gilets jaunes. Il se refuse à toute modification de sa politique, entend maintenir le cap de ses réformes néo-libérales (assurance-chômage, retraites,…). Son grand débat national est donc mort-né.

 

Le mouvement des gilets jaunes est l’expression d’une lutte de classes qui s’est durcie. Depuis plus de trente ans, les classes dominantes ont mené une offensive tous azimuts contre le salariat et ses conquêtes. Malgré de nombreuses luttes de résistance, le mouvement ouvrier a subi des reculs tout en réussissant à préserver en France l’essentiel d’un modèle social qui est insupportable aux yeux des libéraux de tous poils. L’élection de Macron et la politique qu’il avait inspirée dès le mandat précédent visaient à adapter définitivement notre pays au néo-libéralisme. C’est ce qui explique la brutalité des mesures prises contre les salariés (loi Travail, code du travail, suppression des cotisations sociales,…) et des mesures fiscales immédiates prises en faveur des très riches.

 

Lutte des classes, la question des salaires

 

Mais la lutte des classes, ce n’est pas que la lutte des dominants contre les dominés. Aujourd’hui, ce sont les exploités qui sont à l’offensive. La majorité des gilets jaunes sont des salarié.e.s, celles et ceux qui font tourner l’économie sans recevoir en retour la part des richesses qu’ils méritent. 50% des salariés perçoivent moins de 1700 euros nets de salaire (salaire médian). La question sociale, c’est d’abord la question des salaires. Quant aux salariés à la retraite, leurs pensions ont été gelées alors que la pension moyenne est inférieure à 1300 euros nets. Voila les vraies raisons du mouvement social actuel, un des plus puissants depuis Mai 68 et novembre-décembre 1995. Il n’est pas prêt de s’arrêter !

 

Convergences pour la justice sociale

 

Le gouvernement pense que la répression brutale des manifestations et les violences que cela suscite en retour vont suffire à amoindrir le soutien populaire aux gilets jaunes. Il espère bien que le besoin d’ordre sera plus fort que l’aspiration à la justice sociale. Rien n’est joué. Il faut plus que jamais travailler aux convergences. Les militants syndicaux et tous les militants de gauche ont une responsabilité : celle de renforcer leur présence aux côtés des gilets jaunes sur les ronds-points, dans les manifestations. Contre Macron mais aussi contre le Medef qui se tait de peur de voir l’exigence d’augmentation des salaires monter dans le pays… et se traduire par des grèves dans les entreprises qui, elles, bloqueraient efficacement le pays et imposeraient des reculs patronaux.

 

Crise sociale et crise démocratique

 

La crise actuelle est aussi le signe d’une crise démocratique. Tout le monde sent bien que ce sont les intérêts d’une petite minorité qui expliquent la politique gouvernementale au détriment de la majorité sociale. Les institutions de la  5ème République confortent ce pouvoir absolu dont Macron se veut le champion. Redonner la parole aux citoyens devient incontournable en cette année 2019. Cela commence dans les localités par des réunions pour établir des cahiers de doléance (en écho à ceux qui ont préparé les états-généraux qui ont permis la Révolution française), tout en n’accordant aucune confiance au « grand débat national » fait pour enterrer le mouvement. Au plan national, il faut redonner corps à l’exigence d’une 6ème République sociale et démocratique, appuyée sur de nouvelles formes de recours à l’initiative citoyenne.

 

Référendum, dissolution de l’assemblée ? La droite et l’extrême-droite s’y préparent pensant pouvoir profiter de l’affaiblissement accéléré du macronisme. Les forces de gauche seraient irresponsables si elles ne s’y préparaient pas aussi. Cela nécessite un sursaut à gauche pour en finir avec une dispersion mortifère !

 

GDS 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Généralisation du droit de mourir à 68 ans sur un toit

Toute la presse s’est émue à juste titre de l’accident du travail mortel survenu à 18 h, le 3 janvier, à cet ouvrier âgé de 68 ans qui nettoyait les chenaux de la Préfecture de Versailles. Auto entrepreneur, sous-traitant d’une entreprise ayant un contrat public avec le Préfet des Yvelines, il était seul sur le toit quand il est tombé du 3° étage. Il est décédé avant l’arrivée des pompiers et de la police.

Des dizaines d’articles s’étonnent de son âge et de ses conditions de travail : mais que faisaient donc tous ces journaux, rédacteurs en chef, lors des réformes anti-retraites de MM. Balladur, Fillon, Chirac, Sarkozy, Hollande et Ayrault ?  N’est ce pas l’ultime réforme du gouvernement Ayrault qui a repoussé l’âge du départ à 63 ans et celle du taux plein à 66 ans ? N’était il pas clair qu’on allait depuis 25 ans, vers de genre de cas, où la pauvreté forcerait des vieux à travailler plus longtemps dans des conditions de plus en plus périlleuses ?  Qui s’est opposé sérieusement, contre MM. Madelin, Raffarin, Novelli, Sapin, El Khomri, Macron  à la sous-traitance en cascade, au statut « d’auto entrepreneur », et à ce qu’il représente comme disparition de tout droit du travail ?

 

L’auto entreprise, c’est le monde de Mad Max. L’autoexploitation sans frein. Tout est permis, rien n’est possible. Il existe 1,18 million d’AE sur le papier. Mais 39 % sont « bidons » et seulement 61 % existent dans les faits soit 729 000.  Moyenne de chiffre d’affaires 1200 euros par mois. Sur ce chiffre d’affaire le revenu touché médian mensuel est de 250 euros. 25 % ont moins de 70 euros. 10 % ont plus de 1160 euros.

Or c’est le moment  de s’indigner : le député LREM Aurélien Taché propose justement, ce même 3 janvier, d’aggraver et de généraliser le statut d’auto entrepreneur en un « régime universel » pour tous les actifs : «  Je ne fais pas partie de ceux qui veulent sacraliser le travail salarié, qui, rappelons-le, a été inventé par le patronat pour capter la main d’œuvre (sic). Le travail indépendant est donc une forme de liberté, de progrès ». «  Je ne suis pas favorable au versement de cotisations par le donneur d’ordre ou les plates-formes car cela créerait un statut de travailleur, ni vraiment salarié, ni vraiment indépendant, qui serait encore plus marginalisé » « Je soutiens plutôt l’idée d’un régime universel, payé par  l’impôt qui assurerait un socle minimum de protection, auquel s’ajouteraient des cotisations du micro-entrepreneur pour accéder à une mutuelle, se couvrir contre tel ou tel risque…  L’intérêt d’avoir un système universel est de pouvoir passer d’un statut à l’autre, ce qui deviendra de plus en plus courant dans le futur »

Aurélien Taché, celui voulait sortir, en juillet dernier, la « Sécurité sociale » de la Constitution, est l’un des plus acharnés à faire passer le projet libertarien de Macron, une « société sans statuts », sans salariés, sans droit du travail, sans cotisation sociale, la généralisation du droit de mourir seul à 68 ans, en s’auto-exploitant, sans limite, ni protection.

Gérard Filoche

 

chronique hebdomadaire n°422 9° année   »au boulot »  Humanité Dimanche

 


 

 

De quoi sera faite 2019 ?

D’un nouvel effondrement du Nasdaq, du Dow Jones où la folie des banques cassera nos vies ?

Du blocage de nos salaires et de la montée des spéculations et dividendes ?

Des « primes d’activité » remplaçant le Smic ?

Des heures supplémentaires promues au lieu du partage du travail ?

De la casse des cotisations sociales, de la fin du salaire brut, et de la mort du budget séparé de la Sécurité sociale ?

Passerons nous fin janvier de Bismarck a Beveridge, d’un système de protection sociale basé sur notre travail à un système basé sur l’impôt ?

De la casse de la retraite par répartition selon nos annuités cotisées, de son remplacement par un « système par points » ajustable selon leurs desiderata financiers ?

De la fin de l’état de droit dans les entreprises et des conventions collectives ?

Des ordonnances faisant fondre toutes les institutions représentatives du salariat, les CES, les CHSCT, les DP, DS, la médecine du travail, les prud’hommes, l’inspection du travail ?

N’y aura t il bientôt plus que 200 000 salariés élus, mandatés et protégés au lieu de 425 000 ?

Après la SNCF, perdrons nous les HLM, la RATP ?

L’école sera t elle sélectionniste, privatisée avec des programmes réactionnaires, les lycées professionnels sans culture, le système Parcours sup institutionnalisé, l’accès à l’université soumis à des tarifs inabordables ?

Notre santé conçue pour  limiter les soins,  faire mourir les patients dans des lits dans les couloirs des hôpitaux,  avec des infirmières  débordées et démoralisées ?

Des fonctionnaires diminués et remplacés par des contractuels soumis ?

D’une constitution remaniée à l’américaine avec moins d’élus à tous les échelons, mais des notables plus puissants au service des multinationales ?

D’une société post-salariale, start up nation macronisée, ubérisée, sans statuts ?

Serons-nous soumis à cela ou bien nous révolterons nous avant qu’il soit trop tard et réussirons nous à nous débarrasser de Macron au plus vite ?

Aurons nous le sursaut nécessaire, nous le salariat pour occuper les entreprises, au moins les 1000 qui font 50 % du Pib ?

Car on le sait, après les « places des villes » Nuit Debout, après les « ronds points des champs » des meilleurs des Gilets Jaunes, après les tentatives de blocage de la distribution, c’est seulement le blocage de la production qui leur fera peur, stoppera la casse sociale en cours et leur imposera de redistribuer les immenses richesses du pays, celles que nous produisons et dont nous ne recevons pas la part que nous méritons ?

Avec tous nos syndicats, nos associations, tous nos partis, serons nous capables de nous unir à gauche pour cela ?

Gérard Filoche

 

 

 

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20 déc : Gérard Filoche à Montpellier meeting Gilets jaunes et salaires bruts et nets http://gds-ds.org/gerard-filoche-a-montpellier-debat-sur-le-salaire/ … #GDS

Gérard Filoche à Montpellier débat sur le salaire brut et net http://gds-ds.org/gerard-filoche-a-montpellier-debat-sur-le-salaire/ … #GDS