Sarkozy menace de revenir – L’anti social au cœur !

Nicolas Sarkozy vient d’annoncer sa troisième candidature à une élection présidentielle, celle de 2017 et pour cela il publie un livre de plus : « Tout pour la France » où il chasse sur les terres du Front national, avec une politique éculée façon Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

On ne croyait pas qu’après le lourd échec de son quinquennat 2007-2012, et avec tous les dossiers  qu’il a sur le dos, il oserait réessayer de nuire. Hé, bien si !

Il refait le coup de « j’ai changé » mais c’est incontestablement le même et en pire ! Voyez plutôt :

- Suppression des 35 heures : « Il n’y aura plus une durée unique du travail hebdomadaire»

- Aggravation de la loi El Khomri, et priorité absolue à la négociation d’entreprise contre la loi, les branches et le « paritarisme ».

- Retraite à 64 ans à partir de 2025

- Casse brutale et définitive de la fonction publique et services publics : non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : il ne propose rien de moins que de réduire l’investissement public de 150 milliards. Autant d’argent en moins pour la santé, l’école la justice, les collectivités locales.

- Baisse drastique des dépenses publiques et inscription dans la Constitution d’un plafond de 50 % pour celles ci

- Abrogation de l’impôt sur la fortune, baisse de 10 % l’impôt sur le revenu

- Referendum après les législatives : suppression d’un tiers des parlementaires, restauration du cumul des mandats.

Cela se résume : casse du service public, de la protection sociale, tout pour les riches privés, pour l‘oligarchie et contre la démocratie.

Ce retour de Sarkozy serait l’aggravation de la crise, des inégalités, du chômage, de l’austérité anti sociale.

Raison de plus pour en appeler à tous les candidats de gauche : face au candidat unique que prépare la droite, il nous faut un candidat unique pour une politique de gauche alternative.

Et pour cela, il nous passer par une grande primaire de toute la gauche et des écologistes, en décembre ! Ainsi nous aurons une plateforme alternative commune, et nous choisirons démocratiquement un candidat unique qui nous ressemble et nous rassemble. Il n’y a pas d’autre voie si nous voulons être au rendez-vous de 2017 en position de l’emporter.

Gérard Filoche,

mardi 23 août 2016

www.filoche2017.fr

 

Le Ps officiel reste disponible pour une primaire de toute la gauche en décembre comme envisagé avec les EELV et le PCF

« Sans primaire de toute la gauche, nous courrons au désastre » lire in LE MONDE IDEES |18.08.2016

in

LE MONDE IDEES |  18.08.2016 à 16h08 • Mis à jour le 18.08.2016 à 17h03 | Par  Gérard Filoche (membre du bureau national du Parti socialiste)

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La gauche est face à une tragédie pour 2017. Soit elle se dote d’un candidat unique, soit c’est le désastre et le second tour de la présidentielle sera un face-à-face entre le parti Les Républicains et le FN. En juin, le choc de l’échec sera tel qu’il ne restera à la gauche que quelques dizaines de députés sans doute socialistes, aucun EELV, zéro PCF, zéro PG : pire qu’en 1993.

Alors que la gauche avait une majorité en 2012 (la présidence, l’Assemblée, le Sénat, 20 régions sur 22, 61 départements sur 100, 2 villes sur 3), l’injuste « politique dite de l’offre » lui a fait perdre cinq élections de suite. Tout a été concédé au patronat. La base naturelle de la gauche constituée par les salariés – en activité, en retraite ou privés d’emploi – a été sacrifiée.

L’acte final approche. Ce sont ceux qui souffrent le plus qui en paieront le prix le plus élevé : car quand la gauche va à droite, la droite va encore plus à droite et les reculs sociaux seront évidemment démultipliés. Casse de la République, mainmise aggravée et barbare de la finance, ou sursaut victorieux pour défendre et reconstruire notre modèle social républicain, tel est l’enjeu. Ceux qui ne s’en inquiètent pas sont des nantis qui croient égoïstement avoir du temps devant eux. Ceux qui estiment qu’on bâtit sur les défaites n’ont rien appris de l’histoire. Les meilleurs veulent sauver des idées de gauche et écologistes, espérant des jours plus favorables. Pourtant, à condition de prendre ensemble conscience…

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/18/sans-primaire-de-toute-la-gauche-nous-courrons-au-desastre_4984580_3232.html#kKSs9suRqHv784gO.99

 

Licenciée pour 0,85 centimes chez Auchan

Pour deux paquets de pâtes et une petite boite de sauce tomate de 85 centimes, une caissière de 41 ans, mère de trois enfants, à Tourcoing a été licenciée pour « faute grave » après 5 ans et demi d’ancienneté.

« Qui vole un œuf vote un bœuf », ont dit les représentants de la famille des milliardaires Milliez qui dirigent Auchan. « On ne peut pas lui faire confiance » !

Samedi 7 juin 2015, depuis le congrès de Poitiers, Manuel Valls avait pris un Falcon pour aller la « Ligue des champions » à Berlin. Pris la main dans le sac, il avait tenté de faire croire qu’il était allé, non pas voir le match avec ses enfants mais assister à une réunion – annulée – de l’UEFA, ce qui était d’autant plus invraisemblable que Platini s’était rendu à l’Elysée le lendemain. Platini,  accusé de corruption depuis, avait pourtant tenté de couvrir le Premier ministre en disant qu’il l’avait invité… mais les 17 000 euros du voyage étaient de l’argent public. Combien ça fait de petites boites de sauce tomate et de promotion sur les paquets de pâtes ? Valls s’en était tiré en remboursant 2500 euros la présence de ses enfants dans le Falcon, et en s’excusant, « si c’était à refaire je ne le ferais pas ».

Mais ce n’est pas visiblement pas la même chance donnée à la caissière d’Auchan qui perd tout et est obligée d’aller aux prud’hommes pour se défendre.

Les cas Jean Valjean sont plus fréquents qu’on ne croit de nos jours.

Dans le film « La loi du marché » avec Vincent Lindon, primé à Cannes en 2015, la vendeuse a 50 ans, son salaire est si bas qu’elle a le besoin de récupérer en douce des « bons » d’achat d’un euro destinés aux clients, oubliés par eux et périmés : la direction du supermarché la surveille, la coince, la convoque, l’humilie, et la vire sans indemnités pour faute grave en dépit de ses 25 ans d’ancienneté. La vendeuse du film a peu de chances de retrouver du boulot. Elle se suicide.

Comme un salarié de Lidl, récemment à Rousset, dans les Bouches-du-Rhône.

C’est plus courant qu’on ne croit :

Sarah, une ancienne caissière d’un supermarché de Lidl à Nancy, virée le 11 septembre 2012 pour avoir prétendument mangé un pain au chocolat d’une valeur de 0,39 euro vient de gagner, un an après, aux Prud’hommes et obtenu 8800 euros de dommages et intérêts pour licenciement abusif. Il faut dire que le patron lui avait imposé 40 contrats en CDD avant de lui concéder un légitime CDI.

Les exemples fourmillent, ainsi à Alès, Nicolas, un agent de sécurité du supermarché Cora, après 6 ans d’exercice professionnel avait été mis à pied, « pour faute grave » : il aurait consommé 2 croissants pour 0,70 euros. Le patron voulait diminuer le nombre d’agents de sécurité sans frais…

La direction d’un autre supermarché dans le 4° arrondissement de Paris s’était débarrassée de tous les salariés à « temps pleins » pour les remplacer par des femmes à temps partiels, vulnérables et corvéables. La déléguée syndicale qui résistait s’était vue accuser d’avoir mangé un croissant de la veille, démarqué, et la direction demande son licenciement pour vol : l’inspecteur du travail qui refuse, se voit désavoué par le cabinet du ministre qui casse sa décision. Les licenciements abusifs sont décidément trop faciles !  Elle va aux prud’hommes qui lui donnent raison, en vérifiant que c’était un « usage » pour les personnels de manger ces croissants périmés : le patron fait appel, entre temps la loi Macron aura fait voter que gagner au tribunal ne donne pas lieu à indemnité ni réintégration, Valls aura baissé les plafonds des indemnités. Elle aussi, va se retrouver à 55 ans sans boulot, pour un croissant. C’est la logique de la loi El Khomri.

Un haut responsable de la sécurité, au siège des Nouvelles Galeries, était venu à la permanence de l’inspection du travail, parce qu’à son tour, il était licencié :

« - Et pourtant j’en ai fait beaucoup pour eux…

-        Quoi ?

-        Beaucoup, beaucoup, j’oserais même pas vous dire…

-        Mais dites !

-        Bah je l’ai fait évidemment…

-        Mais quoi ?

-        J’ai placé des objets qu’on disait volés, dans les placards de délégués…

-        Comment ?

-        Bah, j’avais les clefs pour accéder à tous les placards, il suffisait de mettre des trucs dans leurs sacs et on les coinçait à la sortie… » (extrait de « Carnets d’un inspecteur du travail » E JC Gawsewitch)

C’est surtout dans la grande distribution que ces méthodes sont terribles, voire « Carrefour de l’exploitation », (livre de Grégoire Philonenko), chez Casino, Franprix… Chez Lidl c’est la schlague à tout moment : « « Des contrôleurs piègent les caissières en glissant des saumons sous des packs d’eau dans leurs chariots ; si elles ne soulèvent pas tout pour vérifier, elles sont immédiatement convoquées par la hiérarchie. »

Hé oui, les licenciements sont trop faciles ! Pour « faute grave » et « faute lourde », ça permet des mises à pied immédiates et des licenciements sans indemnités. Et l‘accusation de « vol » c’est toujours une tache pour retrouver un travail. Et puis même si le patron perd aux prud’hommes, le salarié est viré quand même, pour quelques euros d’indemnités, c’est rien, et si ça fait quelqu’un de moins qui défend le code du travail :  le Medef est toujours là pour dire que c’est la faute à la grosseur du Code, « ennemi n°1 des patrons », El Khomri fait passer la loi TGV : « travailler plus, gagner moins, viré plus facilement ». Et le Conseil constitutionnel la ratifie à la louche.

Et, sous Valls, ces grosses chaines de distribution qui licencient pour 85 centimes, bénéficient du « Vive l’entreprise » et reçoivent des dizaines de millions du CICE, font des milliards avec des exonérations de cotisations sociales, tandis que l’inspection du travail est matée et que les prud’hommes sont menacés.

Ca sert à indiquer aux 900 000 caissières de ce pays qu’il faut qu’elles courbent l’échine, que leur « job » c’est la soumission,  85 centimes d’un côté, des milliards de dividendes de l’autre.

Gérard Filoche, 4 aout 2016

 

(signez la pétition sur change.org concernant la défense de cette caissière :  disponible à l’adresse suivante : https://www.change.org/p/auchan-city-tourcoing-pour-la-réintégration-de-la-caissière-licencié-pour-0-85-centimes

 

post : le 12 aout : Auchan a ré intégré la caissière, sur ce point victoire…

 

 

 

Adama Traore, 24 ans, est mort par asphyxie, écrasé par 3 gendarmes

Le procureur a tout fait pour ne pas dire les faits, pire il a parlé pour les cacher, et n’a pas utilise le mot « asphyxie » alors que le médecin légiste en faisait état dés son premier rapport. Telle est la vérité apparue en dépit de la dissimulation volontaire et scandaleuse des faits, des deux autopsies des 21 et 26 juillet,  par le Procureur de la République de Pontoise.

Voilà le récit du Monde :

« A trois dessus pour le maîtriser »

Le 19 juillet à 17 h 15, à Beaumont-sur-Oise, des gendarmes ont d’abord interpellé le frère et la compagne du frère d’Adama Traoré dans le cadre d’une enquête sur une extorsion de fonds. Présent lors de la scène, Adama Traoré a pris la fuite. Un appel radio est alors passé, sollicitant des renforts pour le retrouver.

Grâce à un signalement, trois gendarmes le localisent. Ils pénètrent alors dans l’appartement où Adama Traoré se cache. Un sous-officier présent explique que le jeune homme « résiste à son interpellation ». « Nous contrôlons avec le poids de notre corps l’homme afin de l’immobiliser », dit-il aussi. Un autre gendarme présent corrobore cette déclaration : « Il a commencé à se débattre et je lui ai fait une petite torsion de sa cheville gauche. Il a commencé à nous dire qu’il avait du mal à respirer. On se trouvait à trois dessus pour le maîtriser. » Ce même gendarme précise : « J’étais sur ses jambes. Mes deux autres collègues contrôlaient chacun un bras. » Cette technique correspond à un plaquage ventral.

Dans un rapport paru en mars, l’ONG française de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) appelle à son interdiction car elle « entrave fortement les mouvements respiratoires et peut provoquer une asphyxie », un risque accentué par l’agitation dont peut faire preuve la personne interpellée lorsqu’elle suffoque et que les personnes renforcent la pression exercée sur elle. D’après l’ACAT, plusieurs morts ont été provoquées ces dernières années par cette technique.

 

Et l’enquête de la journaliste du Monde (Julia Pascual) ajoute :

 

« Tel que le rapporte le sous-officier présent ce jour-là, Adama Traoré a bien signalé « avoir des difficultés à respirer ». Mais, au lieu d’appeler les secours, les trois gendarmes embarquent le jeune homme dans leur voiture et le conduisent à la gendarmerie, toute proche, pour « lui signifier sa garde à vue ». En y arrivant, Adama Traoré « s’assoupit et a comme une perte de connaissance », déclare un des gendarmes. « Quand on l’a sorti du véhicule, il était inconscient », confirme son collègue, qui explique aussi que, craignant qu’il simule, ils l’ont laissé menotté. Les secours sont dépêchés sur place, en vain. Le décès est déclaré peu après 19 heures.

Un examen plus poussé du cœur, dit « anatomopathologique », fait le 26 juillet, a permis de déceler un « ensemble lésionnel compatible avec une cardiomyopathie hypertrophique » chez Adama Traoré, c’est-à-dire une maladie du cœur pouvant être « potentiellement la cause directe de la mort ». A ce stade, rien ne permet cependant d’en être certain. Cette maladie a pu provoquer un arrêt cardiaque puis l’asphyxie d’Adama. Mais elle peut aussi y être totalement étrangère.

Elle peut encore expliquer une fragilité chez Adama Traoré, qui ne se serait pas révélée fatale si les gendarmes n’avaient pas plaqué le jeune homme au sol. Sa famille veut aujourd’hui obtenir des réponses. Dans un éditorial du 29 juillet consacré à cette affaire, le quotidien The New York Times met en garde : « Black lives matter in France, too ».

 

« Adama Traoré a-t-il manqué d’oxygène parce qu’il souffrait d’une pathologie cardiaque ? A-t-il manqué d’oxygène parce que trois gendarmes l’ont plaqué au sol, en usant d’une technique dangereuse ? Est-ce la conjonction de sa probable maladie et de son immobilisation qui a précipité sa mort ? »

 

Il faut arrêter de manipuler la vérité, de mentir et dissimuler, la maladie est « probable », l’ « asphyxie » est certaine.

 

Et il faut permettre à la famille d’organiser la mobilisation et de porter plainte, pas la faire taire, ni elle, ni les manifestations, « nassées », encore, l’autre soir, Gare du Nord.

 

Comme le dit Philippe Marliére : « Adama Traore, Zyed Benna, Bouna Traore, Wissam El-Yamni, Lamine Dieng, Hakim Ajimi, Amadou Koumé, Ali Ziri : la liste continue de s’allonger. C’est curieux, quand la police ‘interpelle’ les minorités ethniques en France, cela se termine souvent en ‘bavures’… c’est surtout le refus d’accepter que ces jeunes sont morts du fait de leur origine ethnique. Le logiciel républicain français ne permet pas à une certaine gauche une telle lecture.

 

Jean-Christophe Greletty réagit :  « Absolument. La différence, c’est qu’aux USA beaucoup ont compris qu’ils étaient victimes d’une chasse à l’homme, style far-west raciste. Et que dans quelques cas, rares mais réels, les flics criminels sont en prison. En France, on impute ces morts à pas de chance mais pas à une volonté. Et l’impunité judiciaire et étatique est totale. Enfin, les élites en France restent majoritairement blanches et anti populaires. Aussi ces morts leur sont largement indifférents. Celles et ceux qui veulent défendre les discriminés des quartiers sont taxés de communautarisme. »

 

 

 

Saint-Etienne du Rouvray

Saint Etienne du Rouvray entre Oissel et Sotteville les Rouen. Chez moi quoi. Le maire d’Oissel Maurice Gauthier fut sympathisant de l’opposition de gauche trotskiste en 1927. Le futur maire socialiste de Sotteville les Rouen Pierre Bourguignon m’emmenait dans sa « deux chevaux » aux séances de formation du PCI en 1965. Entre les deux, dans ma banlieue de la boucle de la Seine, pas loin du chemin du halage, Saint Etienne du Rouvray a toujours été communiste, même que les activistes de la gauche prolétarienne en 1972, étaient venus y provoquer les  » révisionnistes » et mettre le feu au commissariat un 14 juillet pour y  » sauver le peuple».

C’est pourtant dans cette petite ville que les journalistes de BFM n’arrivent à situer ni géographiquement ni politiquement, c’est là que ce dernier horrible drame a eu lieu : un môme du coin âgé de 19 ans a, Perpccompagné d’un copain a égorgé dans la vieille et petite église un vieux vicaire de 86 ans sous prétexte de religion. Une initiative insensée, atroce, une prise d’otage caricaturale, au terme de laquelle les deux jeunes gens ont été impitoyablement abattus dans un climat de crise nationale.

Des fanatiques intégristes appelés  » Daesh » à l’autre bout du monde dans l’Irak détruite ont revendiqué son acte insensé et l’on salue comme un geste héroïque d’un de leur « soldat ». Comment 25 ans et 13 ans après, les conséquences des deux abominables guerres d’Irak viennent-elles frapper la ? A Saint Étienne du Rouvray la foudre a frappé par le truchement de mômes tueurs illumines et sans avenir ? Tous les gens d’ici se demandent encore pourquoi et comment cela a été possible que la barbarie frappe ainsi près de chez eux ?

C’est un glas d’outre-tombe, d’outre guerre du golfe, du fin fond de l’histoire des religions qui a frappé par-delà la misère, les crimes impérialistes, les folies fanatiques. Mais même après Charlie, après le Bataclan, après Nice, ce n’est pas une guerre, ce n’est pas une affaire de « nation » que ça se passe à Orlando, à Bagdad, à Kaboul, à Bruxelles, c’est une suite de crimes attentats contre l’humanité. Ils n’appellent ni la loi du talion, ni la barbarie-retour, ni la guerre vengeance, ni les haines religieuses, nationalistes mais au contraire la foi envers les humains, l’émancipation des femmes et des hommes. Le maire communiste de Saint Etienne l’a dit le mieux. La meilleure défense c’est l’intelligence et la culture, la fraternité et l’égalité.

 

Gerard Filoche le 27 juillet 2016

 

Appel : pour une grande primaire de toute la gauche et des écologistes les 4 et 11 décembre

 

Pour une grande primaire de toute la gauche et des écologistes

Plateforme commune, pour un candidat unique

 


Le social au cœur, avec Gérard Filoche

 

François Hollande, utile en 2012 pour chasser Sarkozy, a pendant ces 4 dernières années tourné le dos aux espoirs de la majorité écrasante de l’électorat de gauche. Avec Manuel Valls, il a même repris et au-delà une partie des propositions de la droite. Le bilan est hélas lourd : adoption sans réserve du traité d’austérité de l’union européenne, 1,3 million de chômeurs de plus, proposition inacceptable de déchéance de nationalité, 41 milliards donnés sans contrepartie essentiellement aux grosses entreprises, projet de casse de 100 ans de droits du travail

Les dividendes ont battu les records, la « dette » présumée a grossi de 12 points, les hyper revenus et la fraude fiscale ont bondi, les inégalités sont cruellement aggravées.

Alors que la gauche était totalement majoritaire en 2012, et détenait tous les pouvoirs, elle les a, de ce fait, perdus, en cinq élections tragiques : municipales, européennes, sénatoriales, départementales, régionales. Ce n’est pas parce que l’électorat a basculé à droite, c’est parce que la majorité des électeurs de gauche se sont abstenus, déçus par la politique droitière de Hollande et Valls.

Cette dernière année le mouvement social persistant et profond contre la loi El Khomri et son monde a rejeté cette politique. Une majorité du salariat s’y retrouve : les salariés, les jeunes, les syndicalistes, les femmes, les retraités. Cela ouvre une nouvelle chance qu’il faut saisir.

 

Dans l’unité avec tous les citoyens, les militants de la gauche et de l’écologie peut s’élaborer une base commune de mesures d’urgence sociales, écologiques, démocratiques. Une plateforme qui permette de gouverner en 2017…. à gauche.

Sans cette unité, la gauche ne peut ni gagner ni agir.

Sans choix collectif et démocratique au travers de primaires de toute la gauche, sans candidat unique, ce sera le désastre. Dès qu’il y a deux candidats nous serons éliminés du 2° tour de l’élection et devrons choisir entre droite et extrême droite.

Or, on peut et il faut gagner en 2017 pour empêcher la casse supplémentaire sociale, écologique, démocratique annoncée par la droite. Avec une participation citoyenne massive, la dynamique sera au rendez-vous, c’est possible de l’emporter.

Au cœur de tout cela, petites retraites, précaires, petits salaires doivent être défendus et représentés : chômage de masse, misère accrue, inégalités sont intolérables.

 

C’est le sens de la proposition de candidature de Gérard Filoche.

 

Nous la soutenons pour aboutir à un-e seul-e candidat-e de toute la gauche face à la droite et à l’extrême droite à la Présidentielle puis aux législatives.

 

 

Je soutiens et je signe :

 

Nom, prénom, adresse, profession, fonction, mel, téléphone

 

 

Agenda Gérard Filoche 1er semestre complet 2016

Agenda Gérard Filoche 1er semestre 2016

Tous les lundis 18 h : BN du PS

Jeudi 21 janvier : Metz 57 formation CHSCT (35)

Samedi 23 Janvier 2016 : Louviers 27 (100)

Lundi 25 janvier : Europe n°1 de 10 à 11 h

Mardi 26 janvier : conférence de presse CQFD et manif – soir France info de 20 à 21 h

Samedi 30 janvier : réunion AGPG MLG, D&S

Dimanche 31 janvier : réunion sections PS  Paris Mutualité

Mardi 2 février : Lycée Agen 47 (100)

Jeudi 4 Février : Moulins UD-CGT Allier 03 14 h 21 h (150)

Samedi 6 février : + CN du PS =MLG + D&S

Mardi 9 février : Montpellier 14 h  30 + CGT Perrier 25 + Repères à Vauvert 30 (130)

Jeudi 11 février : 15 h 30 – 17 h 30  université Paris 5 (70)

Vendredi 12 février : 20 h 30 Bruyères le Châtel 91 (35)

Samedi 13 février : 20 h 30 Concarneau (300)

Lundi 15 février : France bleue Corse 12 h 10 à 12 h 58 puis BN

Vendredi 19 février : 17 h à Wizermes St-Omer (62) (35)

Lundi 22 février : RMC Bourdin 3 400 000 vues

Jeudi 25 février : Daniel Mermet ITV 300 000 vues + cinéma Louxor « merci patron » (300)  Paris 19° 300

Lundi 29 février : RFI 7 h 50 + soir Bn

Mardi 1 er mars : RV gauche unitaire

Mercredi 2 mars : 20 h 30 Paris 4°  cercle Utopia, CQFD (40)

Jeudi 3 mars : CR de Siné mensuel, 18 h  cinéma St Michel Merci patron 21 h 30

Lundi 7 mars : BN à 18 h avec El Khomri  + 20 h CQFD Bourse du travail MLG Paris

Mardi 8 mars : CQFD Morlaix 22 congrès CGT CHPM de 14 à 17 h (50)

Mercredi 9 mars : mobilisation

Jeudi 10 mars : Toulouse CGT PCF 31/ D&S 31  (250)

Vendredi 11 mars : Toulouse 31 AM Fac du Mirail (250) et le soir collectif JOB (160)

Samedi 12 mars : CQFD Tarbes 65 (9à)

Bouclage D&S 233  + Sortie du livre contre Macron el Khomri et Cie

Lundi 14 mars : BN – I télé 18 h 15 – les lundis de gauche au PCF Fabien Paris 75019 (150)

Mardi 15 mars : 12 h  13 h 30 : CE Renault-Lardy – (70)  Cercle E. Pailleron Paris 19° de 19 à 21 h (15)

Mercredi 16 mars : France bleue 7 h + CQFD réunion 20 h à Sens 89 (100°

Jeudi 17 mars : 9 h 30  - 12 h congrès architectes Paris 120   19° arrêt sur image + + 18 h Le Havre 76 200

Vendredi 18 mars : CQFD Dieppe 12 h à 14 h 150  puis  18 h CQFD Sotteville les Rouen 76 150

Samedi 19 mars : CQFD Tulle Corrèze 19 à 15 h  50

Lundi 21 mars : midi Alcatel Au Ulis Essonne 91 (90) – 18 h + Bn

Mardi 22 mars : CQFD 9 h 30 à 17 h UD CGT 34 Montpellier (220) + Ps (90)

Mercredi 23 mars : 19 h meeting central parisien Montreuil 93 CQFD (350)

Jeudi 24 mars : manif + Huma Agora 120

Vendredi 25 mars : CQFD 20 h 30 Audincourt 25 PSA-Sochaux (170)

Samedi 26 mars : PS AGPG Arras Isbergues 15 h (90)

Lundi 28 mars : 20 h 30  PCF a Ivry (70)

Mardi 29 mars : 12h Meudon sur Seine Gemalco (30), CQFD soir 19 h à Aubervilliers (70)

Jeudi 31 mars : grève manifestation +  17 h 08 vers Rennes 35 (100)

Vendredi 1er avril : PS à Brest 29 (250)

Samedi 2 avril : à  Margat (50) PS puis LdH  à Quimper 29 (130)

Mardi 5 avril : réunion lycée Dorian, à 9 h 30 (200) puis réunion FdG à Plessis-Trevise 78 (50)

Mercredi 6 avril : ministère du travail à 17 h avec F Ruffin + réunion CQFD  salle Jean Damme Paris 75 002 (50)

Jeudi 7 avril : PS Asso citoyenne à Malaucène 84 (180)

Vendredi 8 avril : CQFD à Manosque 04 Asso citoyenne (150)

Samedi 9 avril : à Péage du Roussillon (200) CQFD

Lundi 11 avril : LCP Sénat à 15 h (diffusée dimanche soir)

Mardi 12 avril : réunion midi à université de Pontoise (170) puis soir  à Nanterre (40)

Mercredi 13 avril : CQFD à Clermont-Ferrand  63 (300) + Fédé PS (70)

Jeudi 14 avril : Réunion UD-CGT du Var Toulon 83 à 14 h (70)

Vendredi 15 avril : Réunion PS 13 Marseille (65)

Samedi 16 avril : de 9 h 30 à 18 h théâtre de la Porte St Martin (500)

Lundi 18 avril : réunion 12 h DRJSCS (40) + réunion PS à Vandoeuvres (57) (50)

Mardi 19 avril : CQFD PS Noailles Oise 60 (50)

Mercredi 20 avril : réunion GRDF a Nice (75) 06 puis a Menton (90) MJS

Jeudi 21 avril : Réunion PS dans les Ardennes 08 avec Christophe Léonard (100)

Vendredi 22 avril : réunion à Nantes CGT FO Solidaires FSU Unef  (400) nuit debout 500

Samedi 23 avril : réunion socialistes le matin + CQFD 14 h à La Roche-sur-Yon (100)

Lundi 25 avril : midi Snecma Evry Bras de fer (50) – CQFD Chalons en Champagne 51 (130)

Mardi 26 avril : réunion 10 à 17 h UNEF Fac de Rouen 76 – 50 ans de mai 68 + PS Bosc le Roger + soir Elbeuf

Jeudi 28 soir : Metz Briey UD CGT 57 (100)

Vendredi matin de 9 à 13 h : UL CGT Metz : formation droit travail (50)

Vendredi 29 avril : nuit debout République Paris 19 h (500)

Lundi 2 mai 7 h 50 RFI + mardi 3 sur France info + mercredi 4 sur LCI

Mardi 3 mai : CQFD à Champigny 94 (80)

Jeudi 5 mai : CR sine mensuel non car Bob est parti ce matin

Lundi 9 mai à 19 h salle mairie 2° arrondissement appel des 100 (50)

Mardi 10 mai : réunion gauche avec JP Mercier Gennevilliers 93 (80)

Mercredi 11 mai : réunion à Mende 18 h annulée pour enterrement de Bob Siné

Jeudi 12 mai : réunion à Limoges (87) (600)

Mardi 17 mai : réunion 21 h CQFD à Niort 79 (300)

Vendredi 20 mai : réunion 20 h Le Mans 72 (400)

Lundi 23 mai : formation Paris 9 h-16 h Bourse du w pôle emploi  FSU (400)

Mardi 24 mai : réunion à Fontenay sous Bois 94 (130)

Mercredi 25 mai : réunion à Orléans 45 (250)

Lundi 30 mai : Bn du PS

Mardi 31 mai : 17 h EHESS (50) + Fakir soir (400)

Jeudi matin à 10 h 30 : + meeting au Havre (600)

Vendredi 3 juin : 17 h 30 : UL CGT Beauvaisis (200)

Les 3, 4 et 5 juin : congrès du PCF

Lundi 6 juin : Bn du Ps

Mardi 7 juin : 11 h RATP Pavillons sous Bois (50)

Mercredi 8 juin : réunion PS D&S à Nevers (100)

Jeudi 9 juin : réunion PS Saint Paul les Dax 40 (100)

Vendredi 10 juin : réunion avec Bizi Bayonne (200)

Dimanche 12 juin : meeting Copernic au Dejazet (350)

Lundi 13 juin : de 12 a 14 h institut Gustave Roussy (30)  + Mermet + Bn du PS

Mardi 14 juin : RTL 8 h + 14 h manifestation à Paris  + France 24 à18 h 30 + 20 h 21 h les informés France info + BFM

Jeudi 16 juin : LCI + H Europe 1 10 h + avion pour réunion Nice 06 (200)

Vendredi 17 juin : Attac Moret 77 (60)

Lundi 20 juin : 20 h FdG Fleury-Mérogis 91 (65)

Mercredi 22 juin : Meeting à Rouen  (80)

Jeudi 23 juin : Attac Gisors 27 (70)

Vendredi 24 juin : 93 unitaire gauche Saint-Ouen (100)

Lundi 27 juin : de 10 h à 18 h séminaire de la motion B (70) + BN du PS

Mardi 28 juin :  manifestation puis meeting 18 h 30 Paris 10° appel des cent (35) puis 21 h tele

Jeudi 30 juin : journée avec SAF avocats Dieppe 76 (80)

Vendredi 1er juillet : UL CGT 76  Harfleur (90)

Les 2 et 3 juillet : week-end de D&S (50)

Le 4 juillet jusqu’au 30 : vacances dans le 66

Le 8 juillet : à Avignon  120 + 80 + 80

Le  20 juillet : à Perpignan (50)

Le 21 juillet : Sainte-Marie la mer 66  (12)

 

 

 

 

Brexit : un désaveu majeur pour l’Union européenne de Merkel et Hollande

par Jean-Jacques Chavigné

 

 

51, 9 % des électeurs du Royaume-Uni se sont prononcés pour le « Leave », la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) et 48,1 % pour le « Remain » le maintien dans l’Union Européenne (UE). La participation était importante : 72,2 % des électeurs inscrits. Depuis 1973, le Royaume-Uni était membre de la CEE puis de l’Union européenne, même s’il n’avait cessé d’exiger et d’obtenir des « exceptions » de l’UE. Sa sortie est donc un évènement considérable.

Le Brexit ne doit surtout pas être relativisé

Le Royaume-Uni est le premier État à quitter l’UE. Le Groenland était sorti de la CEE en 1985, mais il ne s’agissait pas encore de l’UE et surtout ce pays (qui n’est pas un État indépendant) n’avait bien sûr pas le poids économique et politique du Royaume-Uni.

Le processus d’élargissement de l’UE a pris fin alors qu’il semblait irréversible. Déjà les tergiversations face à la demande de l’Ukraine de rejoindre l’UE avait marqué un coup d’arrêt à cet élargissement. Mais là, c’est bien différent, c’est la 2ème ou 3ème économie européenne (tout dépend de la valeur de la livre qui a tendance à dégringoler en ce moment), après l’Allemagne et peut-être la France, qui rompt avec l’UE.

Le scénario de la peur utilisé par les dirigeants de l’Union, « l’UE ou le saut dans l’inconnu », ne fonctionne plus. La politique de l’Union est connue et face à ce risque connu, beaucoup ont préféré choisir l’inconnu. Même si l’on est en désaccord avec eux, il est difficile de ne pas le comprendre. Et le phrase vengeresse du Parti socialiste européen : « L’Angleterre est redevenue une île » est, de ce point de vue, inepte.

Angela Merkel évacue ses responsabilités

Angela Merkel estime que le Brexit est un désastre. Elle a raison ; mais pourquoi oublie-t-elle que la responsabilité de ce Brexit incombe avant tout à la politique néolibérale européenne dont elle est le fer de lance ?

L’UE néolibérale a imposé des désastres financiers, économiques, sociaux aux peuples et en premier lieu à ceux de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, des pays de l’Europe centrale et orientale.

Totalement aveuglée par son idéologie ordo-libérale, Angela Merkel s’étonne maintenant que les crises économiques et sociales qu’elle a créées trouvent leur expression sur le terrain politique !

Les partis d’extrême droite ou de la droite de la droite sont à la manœuvre !

En Italie, la Ligue du Nord estime que les Britanniques ont donné « une grande leçon à l’Europe ».

Aux Pays-Bas, le dirigeant de la droite de la droite, Geert Wilders, propose le « Nexit» : « Hourra pour les Britanniques ! Maintenant c’est à nous. Il est temps d’organiser un référendum aux Pays-Bas ! » 54 % des Néerlandais aimeraient s’exprimer par voie référendaire et 48 % seraient en faveur d’un Nexit.

En France, le vice-président du FN, Florian Philippot exige : « François Hollande doit annoncer un référendum en France sur notre appartenance à l’Union européenne ». Le résultat serait-il différent du référendum britannique ? Il est possible d’en douter, tant est grande l’exaspération contre l’UE d’Angela Merkel et de François Hollande. Un sondage réalisé par Odoxa pour iTélé et Paris Match indique, certes, que 64 % des Français souhaitent le maintien de la France dans l’Union européenne. Mais ce chiffre est le même que le chiffre du « oui » un an avant le référendum français de 2005, qui avait vu la victoire du « non » au référendum sur le Traité constitutionnel européen avec 54,7 % des suffrages. Et surtout, toujours selon le sondage Odoxa, seul un quart des Français voient dans l’Union européenne une source d’espoir !

De quelle UE le RU est-il sorti ?

Le Royaume-Uni n’est pas sorti d’une Union européenne démocratique où la réalité du pouvoir appartiendrait au Parlement, élu au suffrage universel dans le cadre d’élections européennes. Le Parlement européen n’est que la 5ème roue de la charrette de l’UE. Le pouvoir est aux mains des Chefs d’État ou de gouvernement réunis dans le Conseil européen, et d’institutions qui n’ont qu’un très lointain rapport avec le suffrage universel : la Commission, la Cour de Justice, la BCE …

Le Royaume-Uni n’est pas sorti d’une UE sociale avec un salaire minimum européen de haut niveau, un droit du travail européen réellement protecteur et instaurant un « principe de faveur » qui permette aux États-membres de voter des lois protégeant mieux leurs salariés que le droit européen. L’UE a accepté, au contraire, que le patronat britannique puisse, par une clause d’ « Opt out », faire travailler leurs salariés 65 heures par semaine, alors que le maximum autorisé par l’UE était de 48 heures par semaine.

Le Royaume-Uni n’est pas sorti d’une Union européenne luttant contre les inégalités, instaurant une fiscalité frappant les hauts revenus et les profits des grands groupes, combattant l’évasion fiscale, mettant les banques et la finance sous le contrôle des citoyens et édifiant des services publics de qualité.

Non : le Royaume Uni est sorti d’une Europe libérale qui s’oppose avec virulence à tout ce qui précède. Une UE dans laquelle la politique est totalement évacuée. Seuls sont pris en compte les intérêts de la Finance et des patronats européens. La possibilité d’une autre orientation politique, économique et sociale n’existe pas. C’est la définition même du néolibéralisme : « There is no alternative », le TINA de Margaret Thatcher.

La démocratie n’a plus d’existence pour cette UE néolibérale. A quoi bon, de toute façon,  puisqu’ IL N’Y A PAS D’ALTERNATIVE ! Le président de l’Eurogroupe l’avait parfaitement exprimé lors de la victoire de Syriza aux élections grecques : « Il n’est pas question de changer les traités européens à chaque élection ». L’avertissement de Jean-Claude Juncker, actuel président de la Commission européenne, allait dans le sens de cette négation de la démocratie : « Un vote ne peut aller contre les traités ». La nouvelle cure d’austérité imposée à un pays, la Grèce, rendu totalement exsangue par cinq ans d’austérité, a manifesté crument le mépris de la souveraineté populaire par des institutions qui n’ont souvent qu’un rapport très lointain avec le suffrage universel.  La façon dont les gouvernements français et néerlandais s’étaient délibérément assis sur les « non »  au référendum de 2005, l’obligation imposée à l’Irlande de revoter jusqu’à ce qu’elle vote « oui » étaient d’autres manifestations de cette dictature de l’oligarchie qui considère l’UE comme sa propriété privée.

Il n’est qu’à lire les recommandations plus qu’appuyées de la Commission européenne sur le droit du travail dans les États européens pour comprendre que le projet de loi El Khomri est une parfaite émanation des exigences de cette Commission. Non pas que la Commission européenne ait imposé quoi que ce soit au gouvernement français ou au Medef : elle n’est en l’occurrence que l’instrument des volontés de la Finance et du Medef,  et le Président et le Premier ministre français n’en sont que les exécutants.

L’Europe sociale  a toujours été repoussée à des lendemains qui chantent. Au milieu des années 1980, il fallait d’abord assurer la libre circulation des capitaux, initiée par l’« Acte unique ». En 1992, la priorité était à la création de la monnaie unique européenne. Au début des années 2000, elle était à l’élargissement de l’UE. A chaque fois l’Europe sociale devait suivre, promettaient les dirigeants sociaux-libéraux dont l’un des lors, Jacques Delors avaient pourtant présidé la  Commission européenne pendant 10 ans. Or cette Europe sociale n’a jamais vu le jour. Au contraire, avec les cures d’austérité imposées aux pays du Sud et de l’Est de l’Union, les droits sociaux ont été écrasés. Avec le projet de loi El Khomri en France et son équivalent belge, la loi Peters, l’UE continue son œuvre de démolition des droits sociaux. Matteo Renzi, en Italie, avec son « Jobs act » tant vanté par François Hollande, vient de perdre Rome et Turin. Les  candidats du Parti démocrate ont été battus, aux dernières élections municipales, par ceux du Mouvement 5 étoiles (M5S).

C’est cette Europe là, celle d’Angela Merkel et de François Hollande, qu’il est nécessaire de radicalement changer si nous voulons sauver l’Union européenne. Les États européens, pris isolément n’ont pas un poids suffisant pour s’opposer à la mondialisation libérale. Seuls, le poids économique de l’UE, la taille de son marché des capitaux impossibles à contourner, l’importance de son marché intérieur, peuvent permettre de résister à la mondialisation libérale. À une condition toutefois, c’est qu’elle n’en soit pas, comme aujourd’hui, le vecteur.

Le Brexit va-t-il améliorer le sort des salariés du Royaume-Uni ?

Le vote des salariés du Royaume-Uni (plus de 90 % de la population active, comme en France) est compréhensible, et il serait erroné de le ramener à un « vote anti immigration »,  à un seul « vote de repli sur soi ». Cependant, cette dimension a malheureusement sans doute été déterminante, même si les salariés britanniques qui ont vu en l’immigré plutôt que dans leur patronat les responsables de leurs problèmes se sont trompés de cible.

Les salariés britanniques qui ont voté pour le « Leave » ont, en grande partie, voté pour sortir de l’étau de l’UE libérale, mais ils se retrouvent, aujourd’hui, dans l’étau de la mondialisation libérale. Ils sont sous la coupe de la City, de Conservateurs à la Boris Johnson, partisans d’une politique ultralibérale et de la destruction des derniers droits sociaux qui subsistent au Royaume-Uni. Ils subissent également l’influence de l’UKIP de Nigel Farage et de son discours anti-immigration. Leur vote n’apporte pas de solution, au contraire, aux problèmes auxquels ils sont confrontés.

La même question se poserait en France, Allemagne, Italie, Espagne, bref dans tous les États-membres de l’UE.

Une chance pour les nations qui souhaitent leur indépendance tout en restant dans l’Union européenne

Les électeurs d’Écosse et d’Irlande du Nord ont voté en majorité (62 % en Écosse, 56 % en Irlande du nord) pour le maintien dans l’UE.  C’est aussi parce qu’ils voyaient dans le vote contre le Brexit, un moyen de parvenir à l’indépendance, si le Brexit l’emportait.

La Première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon, déclare que l’Écosse voit « son avenir au sein de l’Union européenne » et souhaite réorganiser un second référendum sur l’indépendance écossaise. En Irlande, le Sinn Fén a aussitôt appelé à un référendum sur une Irlande unifiée, dans le cadre de l’UE, après la victoire du Brexit.

Le président indépendantiste de l’Assemblée nationale de Catalogne, Jordi Sanchez, s’est appuyé sur la demande de Nicola Sturgeon pour réclamer une nouvelle fois la tenue d’un référendum sur l’indépendance catalane : « Alors que l’Écosse se prépare pour discuter avec l’UE d’un second référendum, nous devons dire sans peur que l’heure de NOTRE référendum est arrivée aussi« .

Le président de la République appelle à un « sursaut »

Il est vrai qu’il est obligé de tenir compte d’un sentiment largement partagé « Il n’est pas possible de continuer comme avant », mais c’est pourtant ce qu’il est en train de faire, en pire.

Le « sursaut » en question ressemble plutôt à une convulsion. Ce qu’il propose, une nouvelle fois, c’est de différer l’Europe sociale. Ce coup-ci, ce sera au nom de la sécurité européenne et de la protection des frontières contre l’immigration. Sa priorité est clairement exprimée : « la sécurité et la défense de notre continent pour protéger nos frontières et pour préserver la paix face aux menaces ». « L’investissement pour la croissance et l’emploi » n’arrive qu’en 2ème position et « l’harmonisation fiscale et sociale » en 3ème position seulement. Les deux dernières ne sont là, comme d’habitude, que pour le décorum.

Rien décidément ne peut servir de leçon à François Hollande : le refus de l’UE d’assumer un minimum d’humanité lors de l’arrivée de millions de réfugiés à ses frontières, sa propagande contre les « passeurs » qui n’étaient que le produit de la fermeture des frontières, tout cela a encouragé les Britanniques à voter pour le Brexit. L’alignement de François Hollande sur les positions sécuritaires du FN (déchéance de la nationalité) ne cesse de faire progresser l’organisation d’extrême droite, mais il continue de plus belle. En essayant de donner une réponse aux préoccupations de ceux qui sont de plus en plus tentés par un vote xénophobe ou un repli identitaire, sa politique renforce leurs convictions.

Alain Juppé affirme : « Faire entrer aujourd’hui la Turquie dans l’Europe, c’est la disloquer définitivement ». Nicolas Sarkozy demande un « nouveau traité » européen, qui prévoit notamment le rétablissement des contrôles aux frontières et l’arrêt du processus d’élargissement de l’Union européenne. Avec ses déclarations sur la sécurisation des frontières de UE, François Hollande participe activement au « concours Lépine » sécuritaire de la droite.  

Dans son discours du 24 juin, Jean-Christophe Cambadélis appuie cette orientation suicidaire : « Recommencer l’Europe, c’est concentrer son action sur les questions qui nécessitent la mutualisation des nations : la sécurité, la défense face au terrorisme ». Il ne dit pas un mot, lui non plus, sur l’Europe sociale, mais ajoute : « Nous voilà instruits, en revanche, de ce qui arrive lorsqu’on sème le vent du populisme, on récolte la tempête du nationalisme. Lorsqu’on agite l’immigration on récolte la xénophobie. L’expérience des conservateurs britanniques devrait inspirer la droite française ». Il devrait expliquer tout cela à Manuel Valls et à François Hollande.

JJC

 

 

Parabole sur le dumping social El Khomri

 

Voyons ce que serait l’application de la loi EL Khomri, dans 3 entreprises d’habillement du 3° arrondissement de Paris.

La première entreprise est rue St Martin :  45 salariés, patron de combat, il a jamais voulu dépasser 50 pour ne pas avoir de comité d’entreprise, l’atelier c’est 4 rangées de 10 femmes, chacune travaille nez baissé sur les machines, la contremaîtresse les surveille sur une estrade, pas le droit de parler, il faut lever le doigt pour aller faire pipi… Dans cette boite, avec la loi El Khomri, le patron va monter sur l’estrade, à côté de la contremaîtresse et va dire : « Nous ne pouvons plus payer les heurs supp’ 25 % ; dorénavant, ce sera 10 % ». Et il va « négocier » : « Y’a quelqu’un qui est contre ? ». Personne ne va broncher, évidemment. Elles vont toutes baisser le nez sur leur machine. Elles vont calculer dans leur tête : elles en ont énormément besoin de ces heures supp’ à cause de leur petit salaire mais elles ne vont rien dire.

La 2° entreprise est rue Meslay, habillement aussi, 35 salariés, patron plus empathique, pas de délégué du personnel pour autant, il décide de rester à 25 %, il dit qu’il a assez de marge et que ses salariées, qu’il aime bien, en ont besoin. Mais, dans ce cas, c’est le banquier qui va arriver et dire au patron que son « ratio » salaire/emploi ne dégage pas suffisamment de marges. Or, le banquier aime les entreprises qui ont des marges fortes comme rue St Martin. Il va rappeler au patron, qu’à la fin de ce trimestre il a des difficultés de trésorerie, qu’il a besoin de lui, banquier, pour passer ce cap. Il veut bien l’aider mais s’il s’aide lui-même. Avant El Khomri, le patron pouvait dire « non » au banquier ; car c’était la loi qui fixait le taux des heures supp’ à 25 % ; mais après la loi El Khomri, désormais, ça se négocie. Le « patron gentil » va voir ses salariées et leur dire « - On est obligés sinon le banquier nous lâche ; si je ne vous mets pas à 10%, on est tous foutus, je ferme la boite. Ça me fend le cœur, mais …10% ».

La 3° boite est rue Notre-Dame de Nazareth, 15 salariées, patron voyou, il emploie déjà des clandestins, ne paie pas les heures, le comptable est aussi voyou que lui, l’inspection du travail a déjà dressé plusieurs procès verbaux. Le comptable fait remarquer au patron que, selon la nouvelle loi, les heures supp’ peuvent être soit « majorées » soit « compensées ». Alors il vont « compenser » et donner un blouson à leurs salariés à la fin du mois.

Tel sera le dumping social organisé par la loi El Khomri quand la négociation aura remplacé la loi. Dans une même branche, dans 3 entreprises situées à 3 rues d’intervalle du même arrondissement de Paris, la concurrence déloyale défavorable organisée fera baisser les salaires. Et ce qui vient d’être dit pour les heures supp’ se produira ensuite dans tous les domaines.

Gérard Filoche

 

 

(chaque semaine chronique « au boulot » dans l’Humanité dimanche depuis 5 ans, celle ci est la n°298)