A La Rochelle, les leaders des Verts et du Parti communiste ovationnés par les militants socialistes

« Il y a de la place sur la gauche de la salle ». A quelques minutes du début de la conférence sur l’union de la gauche, l’organisateur de l’université d’été du PS, David Assouline, a un petit problème. « Si certains, à droite de la salle, peuvent migrer à gauche, ce serait plus équilibré », insiste le responsable socialiste. La phrase a dû faire sourire ses invités du jour.

Pour cette dernière « plénière » – grande conférence dans le jargon socialiste – de l’édition 2014, le PS a en effet convié l’ensemble des dirigeants de la gauche, du communiste Pierre Laurent au radical Jean-Michel Baylet, en passant par l’écologiste Emmanuelle Cosse, l’ex-communiste Robert Hue, le chevénementiste Jean-Luc Laurent et l’écolocentriste Jean-Luc Bennahmias.

« Le Medef, les promoteurs immobiliers… Cela fait beaucoup pour une première semaine »

Si les autres sont moins critiques, Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse aimeraient justement que le PS attache autant d’importance à rééquilibrer la salle qu’à faire bouger la politique du gouvernement. « Depuis quand la seule feuille de route de la gauche est celle du Medef et des promoteurs immobiliers ? (…) Est-ce à Pierre Gattaz de nous aider à penser le monde de demain ? », feint de s’interroger Pierre Laurent.

 

(FRANCE 2 ET FRANCE 3)

« La politique du nouveau gouvernement conduit par Manuel Valls est une voie sans issue », tonne-t-il, sous les applaudissements du public, ponctués de quelques sifflets. Et d’insister : « Le contrat de 2012 a été rogné jour après jour. Aujourd’hui, il n’est pas rogner bout par bout, il vient d’être déchiré cette semaine devant les Français ». Une militante tente bien un « on est au PS ici, pas au PC, merde », mais ses voisins lui intime de la boucler.

A la fin de son intervention, une partie de la salle, composée d’élus et de militants socialistes, se lève et scande « Unité, unité, unité ! ».

 

intervention Gérard Filoche à l’assemblée de « vive la gauche » à La Rochelle samedi 30 août

Que cela fait plaisir d’être dans une assemblée du Parti socialiste qui parle des salariés…

Il faut y dire : « oui aux 35 h », c’est la loi la plus avancée au monde et nous devons  défendre la réduction du temps de travail… « vive le code du travail » qui doit être reconstruit, et non pas affaibli, car il protège l’état de droit dans les entreprises, la santé, la sécurité et la dignité des salariés, leurs emplois et leurs salaires… oui il faut augmenter les salaires et baisser les dividendes…  la redistribution des richesses, la réforme fiscale cela doit être maintenant pour la relance de l’économie…

Non, nous n’avons pas à céder sur le repos du dimanche, sur les élections prud’hommes, sur l’amnistie des syndicalistes,  sur les seuils sociaux, sur le contrôle des licenciements, sur le combat contre les CDD, la précarité, les temps partiels…

Non, nous ne pouvons laisser faire un dirigeant qui au nom de la gauche, des socialistes, ose parler une heure devant un parterre du Medef sans même mentionner les salariés, nos électeurs !   Ce sont les salariés qui créent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Non, nous ne pouvons assécher nos fonds publics, et nos besoins sociaux de 50 milliards, pour les jeter en CADEAUX dans le puits sans fond des dividendes du Medef dans les iles Caïman.  L’assistanat sans retour aux patrons n’a jamais créé un emploi, le patronat est sous la férule de la finance qui préfère spéculer plutôt que d’embaucher… Il y a 30 % de dividendes le trimestre dernier, trois fois plus que les investissements… Les « aides » aux entreprises, cela est prouvé depuis des décennies,  n’ont jamais crée d’emplois !

Je parle comme membre du Bureau national du parti, nous avons, au BN, un mois après la conférence de presse présidentielle du 14 janvier, c’est à dire le 18 février dernier, initié, discuté, rédigé un texte et un appel contre l’austérité, il a été signé par 40 % du Bn, par 29 membres sur 72, motion 3, motion 4, UMA, et au delà, il y a eu 8000 socialistes signataires, ce texte, appel,  disait déjà qu’il n’y avait pas une seule politique possible, que le Parti n’avait jamais vote la « politique de l’offre », il n’avait jamais vote la « baisse du coût du travail », il n’avait jamais vote les cadeaux aux patrons sans contrepartie… Il avait voté la lutte contre la précarité, le contrôle des licenciements boursiers, la reprise des entreprises en difficulté…

Nous devons faire un front uni « vive la gauche » pour sauver notre parti de la mainmise qui s’annonce… Car il ne faut pas laisser dire que Valls s’est séparé de son  « aile gauche », non il s’est séparé du cœur du parti, et le cœur du parti, c’est nous, ici, avec ses 5 %, Valls est  à la marge du parti, l’aile libérale,  et sa politique n’est même pas sociale libérale, car on y cherche ce qu’il y a de social,

J’attire l’attention de tous ici, regardez bien les films, les livres, étudiez à fond l’histoire, la façon dont, en Grande-Bretagne, le blairisme a mis la main sur l’ « Old Labour », le vieux parti, qui avait ses militants, ses syndicalistes, ses traditions de gauche… Les méthodes utilisées par Blair pour imposer le « New Labour » sont celles de Valls, celles du putsch,  du coup d’état permanent, brutal, avec des avancées fulgurantes mêlées à des reculs faussement apaisants… Les opposants au blairisme, c’est-à-dire nous, ce que nous sommes ici, ont été incrédules, attentistes, paralysés et ont eu l’énorme tort de ne pas faire bloc, ils se sont laissés berner par l’audace et le cynisme de  Blair qui les a divisé et les a vaincu un par un, les uns après les autres… Sidérés, à chaque offensive de Blair ils n’y croyaient pas,  et ont été totalement balayés. Soyons détermines et unis, donc. Blair a gagné le soutien de l’establishment, et de la City et s’en est servi pour écraser toute opposition dans son parti, il a modifié les statuts,  et chassé syndicalistes et militants, et à la fin, il n’est plus resté que des petits Macron, des moyens Macron, des grands Macron, les dirigeants étaient tous devenus des Macron 1, des Macron 2, des Macron 3, des Macron 4…

 

2 septembre : 10 ans après l’assassinat de deux inspecteurs du travail Sylvie Tremouille et Daniel Buffieres

 

Le 2 septembre 2004, à 16 h 30, à Saussignac, en Dordogne, deux inspecteurs du travail sont assassinés froidement, calmement, par un exploitant agricole. L’assassin, ancien militaire, ancien patron d’assurance, chasseur, a tiré en visant bien droit dans l’abdomen de Daniel Buffiére, 47 ans, qui mourra plusieurs heures plus tard, et bien droit dans le dos de la jeune femme de 40 ans, Sylvie Trémouille, qui tentait de s’enfuir et sera tuée sur le coup. L’assassin changera de fusil, tentera de se tirer une balle dans la mâchoire et se ratera.
C’est la première fois depuis 112 ans, dans l’histoire de France et de l’inspection du travail créée en 1892,  qu’un tel crime a lieu contre des agents de contrôle désarmés dont la mission est de protéger les faibles, de faire respecter le droit du travail et des salariés, selon les lois de la République. Daniel Buffière et Sylvie Trémouille opéraient un contrôle de routine au cours de cueillette de prunes et avant les vendanges… dans une exploitation où il y avait déjà eu, deux ans, plus tôt un procès-verbal et une condamnation à 600 euros pour « travail dissimulé ».
Pendant de nombreuses heures et de nombreux jours, un quasi-silence va accompagner ce double meurtre traité comme un « fait divers » par la majorité des médias. Le premier communiqué du Ministre de l’agriculture ne condamne pas le crime mais s’émeut sur toutes les victimes et toutes les familles. Les premières informations parlent de « coup de folie », de « tuerie en Dordogne » et s’apitoient d’abord et surtout sur la « désespérance paysanne », se refusant à enquêter sur la situation réelle du patron-exploitant, sur sa froide préméditation, sur l’idéologie qui l’a poussé au crime. Il faudra des jours et des jours de « bataille » pour convaincre peu à peu les médias, l’opinion, qu’il ne s‘agit pas d’un « fait divers », mais d’un « fait de société » qui ouvre la porte à une situation tragique durable pour le contrôle et le respect des droits des salariés (en l’occurrence, directement des 800 000 saisonniers agricoles, en majorité non déclarés, sous payés, surexploités, travaillant 56 h par semaine, logés comme des bêtes…)
Lors des obsèques des deux victimes, il y aura quelques dizaines de secondes à la télévision où l’on verra un ballet de quatre voitures de quatre ministres anonymes qui ne feront pas de déclaration, on ne saura rien des familles, de la vie des deux inspecteurs, de leurs missions.
Lorsque deux gendarmes sont tués, le ministre de l’intérieur est sur place en deux heures, le président de la République et le Premier ministre s’expriment aussitôt. Pareillement si deux journalistes sont enlevés. Là il faudra une lutte opiniâtre à contre-courant, des manifestations et des grèves isolées du petit corps (1500 inspecteurs et contrôleurs) de l’inspection du travail pour que le scandale éclate au grand jour : le 16 septembre 2004, après 14 jours de forcing pour faire entendre et comprendre la portée exceptionnelle et gravissime, pour la République toute entière de ce crime, les principaux médias finissent enfin par traiter le sujet.
Gérard Filoche est l’un de ces inspecteurs, qui avec tous ses collègues, a contribué à percer le mur du silence qui a bien failli étouffer l’affaire.
Pour autant, rien n’est réglé, la puissance publique n’en a pas tiré les conclusions, les droits des salariés sont plus que jamais menacés, l’inspection du travail, service public, ne dispose toujours ni de la reconnaissance, ni des moyens de ses missions d’intérêt général.
D’où ce livre pour continuer le combat. Pour un sursaut massif de l’opinion.
Pour déboucher sur des mesures concrètes afin que « plus jamais ça »

 

annexe :

CGT

TRAVAIL 

AFFAIRES

SOCIALES

 

 

POUR NE PAS OUBLIER

 

Il y a 10 ans, le 2 septembre 2004, Sylvie Trémouille, contrôleuse du travail, et Daniel Buffière, contrôleur de la MSA, étaient assassinés par un exploitant agricole à Saussignac (Dordogne).

Bien que le meurtrier ait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en 2007, la sanction n’a pas eu l’effet dissuasif que les agents attendaient. En 10 ans, alors que les gouvernements successifs ont poursuivi leurs efforts de délégitimation des contrôles en entreprise et d’affaiblissement de l’inspection du travail, les obstacles, outrages et autres agressions ont été multipliés par 4 !

 

2300 inspecteurs et contrôleurs du travail tentent quotidiennement de faire appliquer la règlementation du travail dans 1,8 millions d’entreprises couvrant 18 millions de salariés du secteur privé. L’inspection du travail, chargée d’une mission de protection des travailleurs à travers la mise en œuvre d’un code du travail encore – un peu – protecteur des salariés est aujourd’hui menacée d’extinction.

Dans un pays qui considère, encore plus en temps de crise, qu’un patron et un délinquant sont deux notions antinomiques, le droit pénal du travail est piétiné de toute part. Les taux de suite judiciaires données aux procès-verbaux relevés par les inspecteurs et contrôleurs du travail sont en chute libre. Mais plutôt que de défendre une véritable réponse pénale face à la délinquance patronale, le gouvernement opte pour des mesures palliatives visant à dépénaliser, à terme, le droit du travail.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que l’inspection du travail est, pour le MEDEF qui trouve des relais idéologiques dans la classe politique dirigeante et dans la haute fonction publique, une contrainte insupportable (droit d’entrée de jour comme de nuit, contrôle inopiné, pouvoir d’enquête et d’audition, etc.) ; qu’elle a un lien direct avec les travailleurs et leurs syndicats ; qu’elle bénéficie d’une indépendance d’action garantie par une convention internationale ; et qu’elle ne peut en cela être formellement supprimée.

Pour en finir avec l’inspection du travail, il faut donc la réorganiser pour la contraindre à devenir un service accompagnant la restructuration des entreprises et oeuvrant à leur compétitivité, obéissant à des « priorités nationales » fumeuses, coupée de la demande sociale, brisée dans son indépendance d’action.

C’est le sens de la réforme de l’inspection du travail que le gouvernement met actuellement en œuvre. Elle détruit encore un peu plus son caractère territorial (un territoire géographique, un agent de contrôle) et généraliste (une compétence sur l’ensemble du Code du travail), et se traduit sur le terrain par une suppression de 10% des postes de contrôle et le renforcement de l’encadrement intermédiaire chargé de mettre au pas les contrôleurs et inspecteurs du travail.

Depuis plusieurs années les agents de l’inspection et du ministère du travail se mobilisent sans relâche pour résister à ces attaques. 10 ans après les meurtres de Saussignac, les agents et les missions de l’inspection du travail restent toujours à défendre parce que les attaques contre l’inspection du travail sont par nature des attaques contre les droits des travailleurs.

Le 2 septembre, rendons hommage à Sylvie TREMOUILLE et à Daniel BUFFIERE.

Ensemble, mobilisons nous pour réaffirmer la légitimité de notre service public, organiser la défense de nos conditions de travail et envisager les mobilisations à venir

25 questions réponses sur les 35 h : un détail, est-ce déjà possible de déroger aux 35 h ?

LA DURÉE DU TRAVAIL LÉGALE (35 H, SEUIL DE DECLENCHEMENT DES HEURES SUPPLÉMENTAIRES) ET LA DUREE MAXIMA (48 H) SONT DES DUREES D’ORDRE PUBLIC SOCIAL.

PEUT ON Y DÉROGER CEPENDANT ? Oui, depuis la loi Bertrand, 2008, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés.

Ce fut le cas à Bosch ou a Continental et dans un certain nombre de cas phares où le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord, ont quand même fermé et licencié.

En fait c’est ce que Copé,  Valls et… l’ovni Macron voudraient imposer à tout le pays : l’accord initial de Continental.

c’est le cas de la loi Warzmann(Sarkozy) du 22 mars 2012 qui autorisait, par accord syndical, une « entreprise en difficultés » à remettre en cause la durée du travail pendant un an.

C’est le cas depuis l’ANI Medef CFDT du 11 janvier 2014 et la loi Sapin du 14 juin qui en est issue : elle permet à une « entreprise en difficultés » par accord syndical d’entreprise de remettre en cause à la fois la durée du travail ET les salaires pendant deux ans.

Ce que Macron propose est, par accord syndical, pas au simple niveau entreprise mais au niveau même de la branche, de remettre en cause à la fois la durée du travail et salaires, sans limite de temps, et sans que l’entreprise soit « en difficultés »…

Avec Macron, ça c’est la fin – exigée par le Medef – de la notion d’ordre public social de « durée légale ». (la durée maxima suivra, et le Smic à 151 h 66 sera de facto remis en cause). La baisse de salaire sera automatique puisque la majoration des heures supplémentaires de la 36° heure et suivantes, sautera.

25 questions-réponses contre l’agressivité idéologique de Manuel Valls, Macron et de quelques autres contre les 35 h

25 questions-réponses rapides sur les 35 h la loi la plus avancée au monde, celle que Valls et Macron ne connaissent même pas, mais qu’il veulent attaquer seulement pour complaire au Medef… qui ne veut plus de durée légale du tout. Il s’agit de remettre en cause la notion même de durée légale du travail, c’est à dire l’ordre public social depuis au moins le Front populaire de 1936

Ici : ci dessous : (presque) tout savoir sur les 35 h

Ce que Manuel Valls avait dit exactement en janvier 2011 :
« Oui, nous devrons déverrouiller les 35 heures, qui n’existent déjà plus réellement. Cela doit permettre aux Français, pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, de travailler davantage en gagnant plus, deux heures, trois heures, sans avoir recours forcément aux heures supplémentaires qui ont beaucoup coûté à l’Etat et à l’économie française ». Pour ceux qui n’ont pas de travail, l’allégement du coût du travail, devra relancer l’embauche (…)  »
« Le monde a changé depuis 1997 et nous aussi (…).… Est-ce que dans le monde tel qu’il est avec la  concurrence que nous connaissons, est ce que nous pouvons nous permettre d’être sur des idées des années 70, 80, 90 ? Non ! il faut donc dépasser la question des 35h au-delà des bénéfices qui ont concerné notamment le temps de vie des salariés, de la flexibilité qui a pu représenter dans les entreprises, Je prône un dépassement des 35 heures, au nom même d’une augmentation des salaires, d’une augmentation du pouvoir d’achat. »  (Europe 1 verbatim)

verrouiller, verbe transitif
Sens 1 Fermer en actionnant un verrou. Anglais to bolt
Sens 2 Bloquer, empêcher le passage.
Sens 3 Contrôler quelqu’un ou quelque chose, bloquer une action ou une situation
verrouiller : 2 synonymes : cadenasser, fermer.

Ce qu’a dit Manuel Valls témoigne de son ignorance et opposition totale en droit du travail, en économie, en histoire aux salariés. Il parle devant le Medef sans défendre une seule seconde les droits de ceux qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent.

Valls ne parle pas des salaires, car faire sauter les 35 h c’est automatiquement baisser les salaires, puisque c’est faire sauter les majorations pour heures supplémentaires qui commencent à la 36° heure

Mais Valls veut casser le code du travail : il s’en prend à la durée légale, au repos du dimanche, au travail de nuit, au portage salarial, aux prud’hommes,  aux seuils sociaux, à l’information des syndicats, aux contrats de travail, aux temps partiels, à la protection des licenciements, à l’inspection du travail.

Macron lui, cet ovni venu directement des planètes banques, propose ce que Sarkozy n’avait pas osé avec la loi Warzmann du 22 mars 2012, non seulement de remettre en cause les contrats de travail en durée, mais aussi en salaire et dans toutes les entreprises au lieu de celles « en difficulté »… une sorte de dérogation permanente à l’ordre public social…

Valls est un idéologue de type blairiste, qui, pour faire carriére, ignore et méprise des millions de salariés : qu’il pense donc à une femme de service dans les écoles de sa circonscription et au bout de quelques mois de la serpillière dans les réfectoires, il sera pour les 35 h et réclamera à coup sur le paiement majoré d’heures supplémentaires…

 


1°) Est-ce que les 35 h sont  « verrouillées » ?

Il n’y a aucun verrou. D’aucune sorte. Les 35 h ne sont que la durée légale du travail. Elles ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le seul verrou existant est la durée maxima qui est de 48 h hebdomadaires. Avec les 35 h il y a place pour 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage qu’avec les 39 h où il ne pouvait y avoir que 9 h supplémentaires par semaine.

2°) Est-ce que les 35 h sont un carcan ?

Copé félicite Valls pour « sortir du carcan dogmatique hérité de Madame Aubry, c’est aussi se donner une arme de plus dans la cruciale bataille contre le chômage».

Il n’y a aucun carcan. D’aucune sorte. (d’une certain façon, hélas !)

C’est ce que Xavier Bertrand a répondu a Copé : il y a une scission sur ce point…  au sein de l’UMP : c’est le le chef de l’UMP qui en profite pour attaquer le ministre du travail UMP en épaulant Valls. (Les grands médias font mine de ne pas le voir pour se concentrer sur la…division du PS). L’UMP hésite : Fillon est pour faire sauter les 35 h, Sarkozy ne l’avait pas fait, le Medef l’exige…

3°) Est-ce que les 35 h n’existent déjà plus réellement ?

C’est malheureusement ce qui avait été dit par Arnaud Montebourg, en réponse à Valls en janvier 2011 alors qu’il était lui aussi candidat aux primaires socialistes : « Les 35 heures n’existent plus, donc évidemment rouvrir ce débat est inutile ». Ce disant, Arnaud Montebourg n’y connaît rien non plus. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs. C’est une durée légale d’ordre public social valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts.

4°) Est-ce que les 35 h empêchent les Français de travailler davantage ?

Emballé par Valls, Yves Jégo déclare : « N’attendons pas 2012 pour déverrouiller les 35 heures qui plombent la croissance française depuis 10 ans et ouvrons à nouveau le débat du + travailler plus + et du + travailler mieux + comme Jean-François Copé l’a proposé à juste titre, suivi par Manuel Valls ».
C’est aussi stupide : la meilleure année depuis un siècle de la croissance française, de l’emploi en France, c’est l’année 2000, année de la mise en place des 35 h. 350 à 400 000 emplois de plus. C’est la meilleure année sociale de toutes les annales. Moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales étaient au vert… Ce, avant que la droite, depuis 8 ans, ne mène notre pays à la catastrophe économique et sociale en revenant en arrière.

5°) Est-ce que les 35 h empêchent de travailler deux ou trois heures de plus ?

Stupide aussi. Il y a place pour 13 supplémentaires mensuelles majorées par semaine.

Quant au contingent annuel maximum d’heures supp’, il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 120 h en général lorsque le patronat signait l’accord du 31 octobre 1995 considérant que les heures supp’ devaient être « exceptionnelles et imprévisibles » et alors que se préparait la 1° loi De Robien finançant les 35 et les 32 h pour les entreprises « volontaires ». (Ce qui coûta très cher, mais resta limité à 35 000 salariés). C’est la droite qui a tenté la première loi de réduction du temps de travail, par accord.

6°) Est-ce qu’à cause des 35 h on travaille moins que les autres pays ?

Mais non bien sûr ! Nous sommes dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures en moyenne dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h). Mais bien moins qu’en Grèce, au Portugal… (Cf. « Salariés si vous saviez.. » Ed. La découverte, GF 2008)

Car, surtout ce sont les pays les plus pauvres qui ont les durées du travail les plus longues !
Et les plus riches les durées du travail les plus courtes !

Le « Sortir de l’euro où sortir des 35 h » selon Gérard Longuet est donc une autre de ces phrases stupides qui ne veulent rien dire.

Nous avons en France le taux de productivité horaire le plus élevé au monde. On produit plus tout en travaillant moins !

7°) Est-ce que le monde (du travail) a changé depuis 1997 ?

Bah oui. Il y a davantage de chômeurs, les records mondiaux sont battus. Le néo-libéralisme et la dictature de la finance tendent à ramener les durées du travail réelles au niveau du XIXe° siècle, avec souffrance, stress, contre la santé et contre l’emploi. Sarkozy est allé chercher le chômage avec les dents : les chiffres de décembre 2010 en France, c’est le plus haut niveau de chômage depuis 15 ans… Il n’y aura pas de réduction du chômage de masse, sans réduction du temps de travail.

8°) Est-ce que les 35 h sont une idée des années 70, 80, 90 ?

C’est un progrès historique. L’histoire du code du travail EST l’histoire de la réduction du temps de travail. De 1840 à 1920, il a fallu 80 ans pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h.  De 1936 à 2000, il a fallu 70 ans pour passer de 40 h à 35 h : en 70 ans, on a réussi en pratique, dans les faits, dans la vie réelle, (malgré une guerre mondiale et deux guerres coloniales) quatre choses en même temps :
-       produire plus
-       créer plus d’emplois
-       travailler moins longtemps
-       gagner plus
Et Valls et Copé voudrait faire tourner la roue de l’histoire à l’envers ? Revenir avec la même logique demain sur les congés payés ? sur la Sécu ? Copé le veut… Valls aussi ?

9°) Est-ce que les 35 h coûtent cher aux entreprises ?

Les 35 h ne devaient pas se faire à « profit constant » mais comme un moyen de redistribuer emplois et richesses. Mais non, le Medef a « mené la guerre » depuis 13 ans aux 35 h (depuis que le 10 octobre 1997 sur le parvis de Matignon, Jean Gandois du CNPF démissionnait en expliquant qu’il fallait des « tueurs » à sa place et cela donna naissance au Medef) . Le patronat ment en prétendant que « les 35 h ça coûte trop cher » : en fait pour refuser de négocier les salaires.  Mais ses profits n’ont jamais été aussi énormes, la France n’a jamais été aussi riche.

10°) Est-ce que les 35 h coûtent cher à l’état ?

Ça coûte à l’état qui prend sur les impôts que paient les salariés : parce que l’état redistribue d’énormes sommes au patronat. L’assistanat dans ce pays, c’est d’abord pour les patrons. Entre 30 et 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales de 1 à 1,3 fois le Smic  ce qui va en premier dans les poches du CAC 40. Pareille pour la loi TEPA qui enlève les cotisations sociales sur les heures supp’.

11°) Est-ce que les 35 h ont déjà été détricotées  ?

Jack Lang :« Les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées». Encore une fois ça ne veut rien dire ! les 35 h c’est un chiffre, un repère unique pour la durée légale. Une loi d’ordre public social. Pour 100 % des salariés. Ça ne peut pas se « détricoter »… le code du travail peut se “détricoter” pas “les 35 h”. Ca existe ou non.

Et Pierre Moscovici qui explique à Valls qu’il n’y a plus rien à faire, car tout a été fait…  : « si vous prenez tout ce que la droite a fait depuis 2002 avec les 35 heures, les verrous, s’il y en avait, ont été totalement levés» (sic – Moscovici) Il n’y connaît rien non plus. Il n’y avait pas de verrous, ils ne sont donc pas levés, tant que les heures supp’ restent majorées dans la loi.

12°) Est-ce que les 35 h ont bloqué les salaires ?

Pas les 35 h ! Lionel Jospin (et c’est ce qui lui a fait gagner les élections le 1er juin 1997)  a proclamé les 35 H HEBDOMADAIRES PAR LA LOI SANS PERTE DE SALAIRES. Ce sont les patrons qui ont bloqué les salaires et tout tenté pour les flexibiliser

Mais même dans les accords, il y a eu des cas infinitésimaux prévoyant un « gel » des salaires en contrepartie des 35 h : c’était là où les syndicats étaient faibles. C’est vrai que le Medef et la droite ont fait forcing pour affaiblir l’application concrète de la loi, son contrôle… mais c’est parce qu’il n’y a pas eu assez de sanctions en cas de non-respect des 35 h pas parce qu’il y en a eu trop… des « verrous », il en aurait fallu plus !

13°)  Est-ce que les 35 h ont été annualisées ?

Ce n’était pas par la loi ! Mais par accord. Dans moins de 0,3 % des cas, il y a eu des accords d’annualisation ou de modulation. Ils sont mauvais : car ils reviennent à rendre les heures supplémentaires invisibles et non majorées. Il fallait que des syndicats acceptent de signer ce genre de recul (mais c’est vrai…  la loi aurait pu et du les interdire) !
En fait le patronat n’aime pas les usines à gaz où il est contraint de signer des accords avec des syndicats. Il cherche toujours à faire autrement et les heures supp’ c’est ce qu’il y a de plus simple, il y  fait recours dans 76 % des cas pour ajuster les horaires…

14°) Est-ce que les 35 h ont été annulées par la flexibilité ?

Mais par définition les 35 h sont inflexibles. La flexibilité s’oppose aux 35 h, elle cherche à moduler la durée légale, la durée maxima, le taux des heures supp’ etc. mais tant qu’il reste un ordre public social avec un chiffre unique de repère, les 35 h sont là.

15°) Est-ce que la loi TEPA a réglé la question des 35 h ?

Non, elle a poussé à des heures supp’ en les faisant payer en partie par l’état (par les impôts de salariés). Cela revient à faire travailler plus ceux qui ont un travail au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ça coûte cher et cela a mal marché : 4 milliards qui vont dans la caisse des patrons et augmentent le nombre de chômeurs non embauchés. En même temps, l’état Sarkozyste versait 300 millions d’euros à 600 000 salariés pour les faire travailler moins, en leur imposant du chômage partiel forcé dans leur entreprise, allez savoir…

16°) Est ce que les 35 h sont fraudées ?

Oui, c’est le principal problème.
Malgré l’offre d‘aubaine de la loi TEPA, le patronat dans sa large majorité a préféré continuer à ne pas reconnaître ni payer les heures supp’ qu’il impose à ses salariés. Il y a un milliard d’heures supp ‘ dans ce pays qui ne sont pas déclarées, pas majorées et même pas payées du tout, ce qui est l’équivalent de 600 000 emplois.
C’est le principal gisement, 85 % du travail dissimulé, la principale fraude ; le principal vol que subisse les salariés, la principale source de délinquance patronale. Là, il faudrait sévir et sanctionner dur ces voleurs.


17°) Est-ce que les 35 h n’ont pas d’effet dans les petites entreprises ?

Mais si ! Elles s’imposent à toutes les petites, moyennes et grandes entreprises. Même Alain Vidalies ne rend pas compte de la vérité quand il écrit : « Par exemple, Valls met en garde [les socialistes] contre une généralisation des 35 heures aux PME. Mais c’est François Fillon, en 2003, qui l’a mise en place. » Non, ça ne s’est pas passé ainsi !

a) D’abord les socialistes envisageaient les 35 h avec heures supp’ à 25 % ensuite, partout, en 1999, puis  des pressions en interne (Guigou, Fabius) ont permis que la majoration à 25 % ne s’applique pas temporairement pour les entreprises de moins de 20 salariés (plus de 5 millions de salariés). Il en fut ainsi, hélas, dans la loi Aubry II.
b) Mais selon la gauche, à partir du 1er janvier 2003, la majoration devait finir par augmenter aussi dans les moins de 20 de 10 % à 25 % pour les heures comprises en 36 et 40 h.
c) C’est la droite (Fillon en 2002) qui a repoussé cette date. Donc 5 millions de salariés des moins de 20, de ce fait, ont continué de 2003 à 2007 à faire des heures supp’ qui n’étaient majorées que de 10 % au lieu de 25 % ailleurs : c’est la droite qui faisait travailler plus en gagnant moins.
d) Puis la loi TEPA a encore modifié cela à partir du 1er octobre 2007 : toutes les heures, même dans les moins de 20, sont devenues majorées à 25 % (Mais défiscalisées et subventionnées).
e) Puis la droite incohérente (silence total des médias), en août 2008, par la loi Bertrand a permis de passer outre à… la majoration de 25 % et d’en revenir à 10 %  « par accord » (elle a failli préciser 0% ). Elle a même voté que tout ce qu’il y avait d’écrit sur le taux des heures supp’ dans les accords et conventions collectives devait être annulé et renégocié (énorme – la loi annulait tous les contrats sur ce point ! sic) : c’est le Conseil constitutionnel in extremis qui a censuré ce vote et heureusement maintenu le contenu des 185 conventions collectives de ce pays qui reprenaient les 25 % de majoration.

18°) Est-ce qu’il est déjà possible de déroger aux 35 h ?

Oui, depuis la loi Bertrand, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés.

Ce fut le cas à Continental et dans un certain nombre de cas phares où le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord,  ont quand même fermé et licencié.
En fait c’est ce que Copé et Valls voudraient imposer à tout le pays : l’accord initial de Continental

et depuis,  la loi Warzmann (22 mars 2012) et la loi Sapin (14 juin 2013) ont étendu les possibilités de déroger. L’ovni Macron propose de déroger tout à fait (cf article suivant « détail » sur ce blog)

19°) Est ce que les RTT ont été supprimées ?

Oui, il y a eu certains textes pour faciliter les « forfaits » sans contrôle et avec moins de jour de RTT parmi les cadres notamment, avec parfois une définition extensive et contestable du statut de « cadre ». Cela a été repris dans des conventions collectives et autres (mauvais) accords sous la pression du patronat.
Mais cela n’existe pas par la loi mais dans des accords dérogatoires (loi Fillon du 4 mai 2004 et de Bertrand d’août 2008) si ces accords sont signés par des syndicats majoritaires (il faut pour cela qu’ils capitulent devant les employeurs), cela reste donc l’exception.

20°) Est ce que les 35 h n’existent plus pour les cadres ?

Les cadres sont aux 35 h, de droit commun comme tous les salariés. En fait, nul ne peut les faire travailler plus de 10 h par jour, ni plus de 48 h par semaine ! Les « forfaits » doivent être contrôlés, ils ne sauraient être implicites, ils doivent être écrits explicitement de façon détaillée avec calendrier si modulation et RTT, signés par des syndicats majoritaires (! la définition de ces syndicats majoritaires a évolué entre la loi Fillon du 4 mai 2004 et la loi Bertrand d’août 2008), et ils ne peuvent servir à ne pas payer les heures supplémentaires. En cas d’annualisation, les heures supp’ dépassant le « forfait » doivent être comptabilisées et payées majorées.

Le contingent annuel d’heures supp’ fixé à 130 heures par la gauche a été porté à 180 puis 220 h par Fillon (avec possibilité de dérogation par branche, c’est 230 heures dans dans la poissonnerie, 380 h dans la restauration…) Au-delà du contingent, la majoration des heures supp’ était de 100 %… ce qui fait qu’en reculant la limite du contingent, la droite a fait travailler plus en gagnant moins.

21°) Est ce qu’il faut « étendre » les 35 h ?

Non, elles sont étendues. Les 35 h art 1 de la loi Aubry sont une loi magnifique, la plus avancée au monde.
Mais on pourrait prendre des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale
-       Abaisser la durée maxima du travail de 48 h à 44 h.
-       Rendre les heures supp’ plus coûteuses que l’embauche en les majorant à 50 % dés la première heure
-       Abaisser le contingent annuel et en revenir à une limite de 120 h (10 h par mois)
-       Imposer deux jours de repos consécutifs incluant le dimanche
-       Soumettre les heures supp’ à un « avis conforme » des IRP (CE ou DP, CHSCT)

-       Rétablir un système de contrôle fiable et transparent des horaires réels, avec contrôle renforcé et sanctions de l’inspection du travail.

Travailler mieux, moins, tous et gagner tous plus, tel est le bon slogan !

22°) Et si on repassait aux 40 h ?

Faire machine arrière toute 70 ans en arrière, cela ne reviendrait qu’à une seule chose : abaisser les salaires
Car des millions de salariés perdraient la majoration de 25 % pour les heures entre 36 et 40.
ET il y aurait un million de chômeurs de plus au bas mot.

23°) Est-ce que supprimer les 35 h ça augmenterait les salaires ?

Ça les baisserait automatiquement pour ceux qui feraient des heures supp’. Et pour tous les autres qui auraient encore moins de travail à se répartir.

24°) Et si on augmentait le nombre autorisé d’heures supplémentaires ?

Il est déjà énorme et parfois heureusement inatteignable. Les Britanniques en effet pratiquent l’opt out. (Article 18 de la directive 93-104) Sarkozy a tenté de faire passer la semaine de 65 et de 72 heures quand il présidait l’Europe en décembre 2008 : il a été battu heureusement par le Parlement européen. Mais la directive sur le temps de travail est toujours sur la table en Europe… Danger !

25°) Et s’il n’y avait plus de durée légale ?

C’est le rêve absolu du Medef.  Il ne cesse de revendiquer cette « solution » … finale. Cela casserait tout repère, aussi bien pour la durée que pour les salaires. Plus de Smic à 151 h 66. Plus de « grilles de salaires « conventionnelles.Faire fluctuer, rendre confus, pour mieux couler tout le droit du travail.

Gérard Filoche, le 3 janvier 2011

Lire :
Balladur et les 5 millions de chômeurs 1993
les 35 h oui, la flexibilité non 1997 et 1999
Négocier les 35 h dans l’intérêt des salariés, 2000
Carnets d’un inspecteur du travail 2004 et 2010
La vie, la santé l amour sont précaires pourquoi le travail ne le serait il pas ? 2009

Manuel Valls « si les députés ne votaient pas, c’en serait fini de notre oeuvre »

Très curieuse expression ! Une menace ? Il n’y aurait que la politique de Valls ou rien ? ou « c’en sera fini de notre oeuvre » ? Notre oeuvre serait le libéralisme, pas question de revenir au socialisme ? Notre « oeuvre » serait l’austérité, pas question de faire relance et redistribution ? Notre oeuvre serait la fatalité du chômage de masse pour longtemps, pas question de contrôler les licenciements ? Notre oeuvre serait de donner des dizaines de milliards aux patrons, pas question de s’en prendre aux dividendes ?

Mais “fini” de quoi ? Fini de la politique et du gouvernement de Manuel Valls ? Ou fini de la majorité de gauche de mai juin 2012 ? Car ce n’est pas du tout pareil ! Si Valls est en minorité, le PS sera… toujours en majorité. Si la majorité du groupe parlementaire met Valls en minorité, elle existera toujours et se retrouvera même en phase avec la majorité de ses électeurs. Un autre gouvernement pourra surgir de la majorité parlementaire qui existe : rose rouge verte.

Nul ne peut penser en ce cas que Valls pousserait le Président à faire un putsch en dissolvant l’assemblée de gauche : quiconque ferait ça ramènerait la droite en force aussitôt ! Dissolution ce serait trahison. Et  ce qui serait “fini” pour de bon dans ce cas là, ce serait le pouvoir du président. Un président élu par la gauche qui chercherait à dissoudre sa majorité parce qu’elle est restée à gauche alors que lui même voulait mener une politique libérale perdrait tout, sa majorité et son poste. La droite ne lui ferait aucun cadeau et le contraindrait au départ illico.

La vérité c’est que le PS et les parlementaires sont sociaux et démocrates, et qu’au cas où Valls serait mis en minorité, ce serait normal, dans un Parlement normal. Ca ne serait pas “fini”, ça recommencerait autrement. Démocratiquement. On serait sauvés. Il y aurait une issue pour la gauche. Elle vivrait. Elle reviendrait dans le bon chemin. Vive la gauche ! Et un président normal devrait nommer un autre gouvernement normal correspondant à la majorité réelle du PS et du Parlement. Et le PS continuerait à exister et à lutter selon le meilleur de ses traditions de gauche.

Le PS n’a pas été consulté, tout ce qui vient d’arriver s’est passé hors de lui – Pour un congrès du Parti socialiste. Démocratie !

Trop facile ! Le Monde écrit : « Le PS doit enfin choisir sa ligne idéologique ». Tous les chantres du libéralisme profitent des événements  pour repartir à l’assaut : faire ployer le premier parti de gauche, le soumettre aux ravages du social libéralisme, le couper de la gauche et du salariat…

Le 26 août, dans le Monde, un de ces “politologues” (Gérard Grunberg) spécialisé en instrument de campagne de propagande libérale y va de sa plume servile : “ Ce qui devait arriver a fini par arriver ! Le Parti socialiste se retrouve face à lui-même, obligé de trancher au plus mauvais moment un débat qu’il a toujours évité de mener au fond : peut-on aujourd’hui être un grand parti de gouvernement, diriger l’une des principales économies du monde et continuer en même temps à véhiculer une idéologie anti-libérale et anti-mondialisation, une idéologie qui considère les chefs d’entreprise plutôt comme des adversaires que comme des partenaires ? Tel est le débat que le Parti socialiste a toujours réussi à éviter jusqu’ici.”

En effet, jamais le PS n’a voté la politique de l’offre, jamais il n’a voté la baisse du coût du travail, jamais il n’a voté la casse du code du travail et de l’inspection du travail, jamais il n’a voté le recul des droits à retraite, la suppression des élections prud’hommes, le gel des seuils sociaux, les ouvertures des magasins le dimanche, la facilitation des licenciements, jamais il n’a voté l’austérité, ni le cadeau de 40 milliards d’euros au Medef, ni la suppression de 50 milliards de nos besoins sociaux, jamais il n’a voté le gel du Sic, ni le transfert des fonds publics de l’emploi au secteur privé…

Si bien que du “Projet” socialiste de 2011 ( dont Valls niait au CN du 14 juin qu’il existait et qu’il avait été discuté, travaillé, adopté) au discours du Bourget qui en découle encore, tout ce qui émane du PS a été balayé par l’exécutif en place depuis mai juin 2012.

Même le rôle du PS a été balayé : alors qu’Harlem Désir à été élu à 61 % des voix au congrès de Toulouse sur un texte de motion (qu’il ferait bon de relire, car même si elle est critiquable à l’époque, elle est devenu elle même une …critique de l’actuelle politique du gouvernement). Harlem Désir à été “déplacé”… non pas par les militants mais par l’Elysée. Lorsque Jean -Marc Ayrault a été remplacé, ce n’est pas le Premier secrétaire du parti majoritaire de l’Assemblée qui a été consulté, non un jeu de chaises musicales a été décidé d’en-haut, hors de toute démocratie liée au Parti et à ses militants. L’actuel nouveau Premier secrétaire “nommé” lui-aussi d’en-haut, souhaitait un vote rapide, un congrès rapide, il a du, comme Harlem Désir, s’incliner devant les exigences du pouvoir personnel.

Les militants sont privés de parole et d’écoute. La seule consultation depuis deux ans qui a eu lieu pour la convention Europe du 16 juin a donné des résultats spectaculaires : 73 % des voix exprimées (sur 59 000 ce jour-là, le 6 juin) ont demandé la “suspension du TSCG signé par Sarkozy avec Merkel, de 65 à 73 % ont pris position contre le TAFTA, pour un Smic européen… mais ce  vote majoritaire a été foulé aux pieds, nul n’en a tenu compte.

Peu à peu les débats et vote du Parti ont été balayés, puis les volontés du groupe parlementaire ont été caporalisées,  puis le gouvernement a été rétréci au point que tout ministre critique soit écarté, le processus impitoyablement antidémocratique de la Ve République a été imposé CONTRE le PS. Il suffit de circuler en province d’une fédération à l’autre, pour mesurer les dégâts : colère, résignation, départs, et fronde.  D’autant que la demande d’un congrès est jusqu’à présent refusée et repoussée jusqu’en 2016.

Et c’est là qu’interviennent les politologues de droite : ils exigent que le PS accepte ces coups de force, il devrait s’incliner, il devrait se soumettre, il devrait éliminer ses principes, sa culture, sa tradition, ses projets, son programme, il devrait accepter le social libéralisme dicté d’en haut.

Y’a t il une résistance ? oui, partout, dans les sections, dans les instances, parmi les militants et les élus, dans le groupe parlementaire.

Et la configuration est telle, en l’absence de congrès, que cela se concentre et se voit de plus en plus dans les instances dirigeantes et au Parlement.

Au Parlement, l’ANI n’ a été approuvé qu’avec 41 abstentions de gauche… et grâce à abstention de toute la droite. La loi contre les retraites ( 43 annuités et 66 ans de facto) a été perturbée à cause de 17 refus de votes socialistes à l’Assemblée : le gouvernement a du passer en force du 17 novembre au 18 décembre par des “votes bloqués”. Puis le gouvernement Valls s’est heurté aux refus de votes de 41 députés, puis de 17 députés puis de 37 députés, ce qui démontre que sa “majorité” est fragile et à la merci d’une fronde.

Au Bureau national du 18 février, un excellent texte contre l’austérité, contre la politique de l’offre, contre la baisse du coût du travail, pour une réforme fiscale et une relance, texte a été signé et défendu par 29 membres sur 72 et il représentait donc 40 % (qui regroupaient les motions 3 et 4 et des parties de la motion 1 liées à Hamon et à Montebourg).

Un “appel pour la retraite à 60 ans” a été lancé en automne 2013 en défense des retraites ( 6000 signatures socialistes) et en mars 2014 autour du texte des 40 % du BN ( 7000 signatures socialistes).

En juin, 100 militants socialistes se sont réunis avec “les socialistes affligés” le 6 juin à Paris 7°, 200 autres avec “UMA” le 14 juin à Paris 11°  et encore 300 “socialistes contre l’austérité” venus de 65 départements à Bellerive-sur-Allier les 20-22 juin.

L’appel “socialistes contre l’austérité” recueille autour de 6000 signatures d’avril à juin.

Puis 100 parlementaires ont  signé un texte similaire contre l’austérité lorsqu’il s’est avéré que le premier gouvernement Valls s’entêtait dans cette voie libérale. (Le gouvernement a essayé d’avoir un texte de soutien mais n’a obtenu derrière Jean-Marie le Guen que 20 députés).

Valls avait fait mine au CN du 14 juin de craindre “la mort de la gauche” : mais ce qu’il entendait par là c’est que la gauche pouvait ne pas survivre si elle lui résistait à lui et à sa politique “blairiste”, à son orientation libérale. Il sommait en quelque sorte ce qu’il appelle “la vieille gauche” (celle qui est “sociale”) de cesser de résister à sa “nouvelle gauche” (“libérale, blairiste, schroderienne”).

C’est donc, c’est vrai un grand choix politique et historique : est-ce que le PS reste ancré à gauche, et recherché l’unité de la gauche, ou bien est ce qu’il se livre aux sirènes du libéralisme comme l’exigent politologues et grands médias pro patronaux.

Cette résistance, dans le parti, ne peut se faire entendre qu’à l’occasion d’un congrès. Normalement celui-ci devait avoir lieu fin 2014. Mais l’exécutif le refuse et cherche le “bon moment” pour essayer de reprendre en main, de caporaliser le parti comme il travaille a le faire chaque jour du groupe parlementaire. Il s’agit de mettre tout le parti à la botte de la politique suivie.

Renommé les 25 et 27 août, avec un gouvernement rétréci, et encore plus nettement libéral, Manuel Valls sait qu’il lui faut affronter la double fronde du PS et de ses parlementaires : alors il menace : “Si la majorité au Parlement n’était pas au rendez vous c’en serait fini”.

Il y a donc un double chantage contre ce qu’est le PS, contre ses principes, ses orientations, ses militants, contre sa démocratie.

Chantage des politologues, propagandistes des grands médias qui veulent libéraliser notre parti, le faire rompre avec ses racines, son histoire, ses références.

Chantage, coup de force institutionnel de l’exécutif : si nos députés ne votent pas “c’en sera fini”.

Mais “fini” de quoi ? Fini de la politique du gouvernement de Manuel Valls ? Ou fini de la majorité de gauche de mai juin 2012 ? Car ce n’est pas du tout pareil ! Si Valls est en minorité, le PS sera… en majorité. Si la majorité du groupe parlementaire met Valls en minorité, elle se retrouvera en phase avec la majorité de ses électeurs, un autre gouvernement pourra surgir de la majorité qui existe : rose rouge verte.

Nul ne peut penser en ce cas que Valls pousserait le Président à faire un putsch en dissolvant l’assemblée de gauche : quiconque ferait ça ramènerait la droite en force aussitôt ! et aussitôt ce qui serait “fini” et pour de bon dans ce cas là, ce serait le pouvoir du président.

La vérité c’est que le PS et les parlementaires sont sociaux et démocrates, et qu’au cas où Valls serait mis en minorité, ce serait normal, dans un Parlement normal. Ca ne serait pas “fini”, ça recommencerait autrement. Et un président normal devrait nommer un autre gouvernement normal correspondant à la majorité réelle du PS et du Parlement. Et le PS continuerait à exister et à lutter selon le meilleur de ses traditions de gauche.

 

 

 

 

Gérard Filoche était sur LCI l’invité d’Audrey Crespo-Mara mardi 26 août 9 h 30

 

Gérard Filoche : « C’est Valls qu’il fallait virer ! »

Le Point – Publié le 26/08/2014 à 17:31

VIDÉO. Connu pour son franc-parler, ce socialiste respecté est catastrophiste : si la ligne Valls est tenue, le Parti socialiste est en danger de mort…

Gérard Filoche, secrétaire national au Parti socialiste, interrogé sur LCI. Gérard Filoche, secrétaire national au Parti socialiste, interrogé sur LCI. © Capture LCI

Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara
  • Par Jérôme Béglé

Invité d’Audrey Crespo-Mara mardi matin sur LCI, Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, ne mâche pas ses mots contre le Premier ministre. Au point de souhaiter que les députés socialistes fassent tomber le nouveau gouvernement.

REGARDEZ Gérard Filoche ci dessus

LCI : Qu’est-ce qu’il fallait faire ? Ça partait dans tous les sens… Virer Valls ? Ou Montebourg ?

Gérard Filoche : Dès que Valls mettait sa démission dans la balance, il suffisait de sauter sur l’occasion pour dire : On va réajuster les choses ! François Mitterrand disait : Il faut d’abord rassembler les socialistes, Valls ne rassemble pas les socialistes, il fait 5 % ! Donc la majorité des socialistes n’est pas représentée dans la politique de Valls.

Il fallait profiter de l’occasion pour dire : moi président, je fais un appel à tous les partis de gauche ! Aux Verts, au Front de gauche, à tout le monde, Mélenchon et Duflot ! Et je dis : On va faire une réunion et on va voir, dans la situation de crise dans laquelle nous sommes, ce que la gauche peut apporter en commun, les points essentiels qui pourraient nous rassembler, malgré nos divergences !

Mais, est-ce que ce n’est pas un peu utopique ? Mélenchon n’a jamais voulu appartenir à un gouvernement de François Hollande. Duflot en est sortie. Est-ce que cette union de la gauche, qui vous est si chère, est possible ?

Je suis sûr que si le président, puisqu’il a tant de pouvoirs personnels, hélas, prenait l’initiative de dire : Je suis élu par la gauche, nous sommes dans une impasse, par conséquent, je demande à ce qu’il y ait des rencontres, une table ronde, et que tout le monde cherche ce que nous avons en commun !, il se dégagerait quoi ? Une augmentation des salaires, plutôt qu’une augmentation des dividendes ! Le trimestre dernier, les dividendes ont pris 30,3 % de plus, au moment même où d’ailleurs les grandes entreprises recevaient le crédit d’impôt compétitivité à hauteur de 7 milliards ! Ce qui fait que, dès que ça commence, on voit qu’ils ne placent pas l’argent dans l’emploi ou dans l’investissement, ils placent l’argent dans les îles Caïmans ! Donc, il y a une impasse ! Le patronat ne veut pas faire le pacte de responsabilité. Gattaz, après-demain, va encore en exiger davantage !

Pour vous, Valls, c’est la gauche Canada Dry ?

Si parce qu’il appartient au Parti socialiste, il est de gauche, comment vous dire… Ça va être l’extrême droite de la gauche ! Mais c’est un tout petit bout maintenant… Je pense aux militants… Majoritairement, leur coeur est blessé ! Ils regardent ça avec stupéfaction !

« L’extrême droite de la gauche », cela correspond à quoi exactement ?

Au fait que, par exemple, on va faire l’ouverture du travail le dimanche. Parce que François Hollande, le 17 avril 2012, pendant sa campagne, il avait un discours pour le repos dominical pour tous… Et maintenant on va ouvrir le dimanche ! Il avait des paroles pour le droit du travail… Et maintenant, on a un ministre, Le Guen, qui dit : « Le code du travail est répulsif »…

Finalement, faire entrer des centristes dans le gouvernement serait plus logique pour vous ? Sauf que Bayrou dit : « C’est trop tard ! »

Oui, mais je m’en fous de ça ! Ce n’est pas le problème ! Est-ce qu’on garde le droit du travail ? Est-ce qu’on augmente les salaires ? Est-ce qu’on réduit la durée du travail ? Le chômage augmente pendant ce temps-là ! Les inégalités se creusent ! La misère s’étend ! Et ce jeu de rôle « Valls I, Valls II »…, est-ce que, oui ou non, on fait une politique de gauche ! Il y a une majorité de gauche au Parlement, rouge, rose, verte, il faut qu’on travaille ensemble !

Mais, vous pensez qu’aujourd’hui, Montebourg, Duflot, Mélenchon, peuvent vraiment s’unir ?

Mais bien sûr que oui !

Duflot, Mélenchon vont s’en laisser compter par Montebourg ?

Mais les alliances à gauche se sont faites, à plusieurs reprises, après des moments de grandes tensions ! En 1934, personne n’aurait pensé que la gauche allait s’unir, mais en 36, il y a eu le Front populaire !

Oui, mais ces personnalités – Duflot, Montebourg, Mélenchon -, vous pensez qu’elles peuvent s’unir, vraiment ?

Mais il le faut ! Sinon, elles se suicident aussi ! À quoi sert Montebourg ? À quoi sert Duflot ? À quoi sert Mélenchon ? S’il n’y a pas une dynamique et des gens derrière, des forces sociales qui attendent ça ! S’il y a une unité de la gauche, vous verrez le climat social se libérer, vous verrez des gens enthousiastes avec une croyance qu’on peut changer les choses ! Au lieu d’aller vers Le Pen !

Ce n’est pas trop tard pour Hollande aujourd’hui ?

Valls II, ça durera ce que ça durera… Mais les députés peuvent et doivent obliger l’exécutif à correspondre à la majorité populaire qui s’est exprimée dans le choix des députés au Parlement !

Mais justement les députés « frondeurs » vont s’ajouter les uns aux autres. Si, lors du vote du Budget dans un mois, ils franchissent le pas de l’abstention au vote-contre, ils vont précipiter la chute du gouvernement !

Bonne question ! Je suis pour que le pouvoir du Parlement l’emporte sur l’exécutif ! Et ce sera une bonne première !

Faire tomber le nouveau gouvernement serait une bonne chose ?

Il faut mettre en minorité la politique fausse ! Si je suis député, c’est un devoir de le faire ! Mettre Valls en minorité ? Oui ! Et qu’est-ce qu’il va arriver ? Eh bien le président doit écouter le Parlement ! Un président qui est démocrate écoute la majorité et forme un gouvernement qui correspond aux aspirations de cette majorité, et du coup ce sera à gauche !

Donc, pour vous, la solution passe par un vote contre le Budget, par exemple, pour que Manuel Valls quitte Matignon et qu’un Montebourg le remplace ?

Je ne donne pas de directives aux députés. Ils se radicalisent comme ils veulent. Mais ceux qui hésitent, à mon avis, n’ont pas raison, parce que le temps qui passe nous nuit ! Il nous conduit dans le mur ! On aura 20 députés à l’arrivée ! Ce sera pire qu’en 1993 ! Le PS suivra le sort du Pasok grec, il est passé de 44 % à 4 % ! C’est ce qui arrivera ! C’est pour ça que toute la gauche doit se retrouver et discuter. C’est ce qui permettra de relancer la machine économique, qui est le contraire de l’absurdité, absurde, absurde, absurde de la politique de Valls aujourd’hui…

La dernière grande crise politique, c’était en 1976, le départ de Chirac, c’était la droite qui était en miettes. Et là, c’est la gauche qui est en miettes !

Remarquez la droite est en miettes aussi de l’autre côté ! J’ose pas regarder l’UMP, ça ne m’intéresse pas trop, j’ai seulement peur qu’ils reviennent. moi je suis de gauche, la droite c’est pire, là ou Valls donne 40 milliards aux patrons, l’UMP donnera 100 milliards et nous y perdrons tous plus  !

La gauche en miettes, ça vous désole davantage…

Rien de grand ne s’est fait, dans ce pays, sans l’unité de la gauche ! Les grands moments de l’histoire, les grands moments des conquêtes sociales, les grands moments de bonheur, les grands moments où la France existe, c’est quand la gauche est unie ! Oui, ça peut arriver, c’est une question de volonté politique ! Et, à La Rochelle, dans quelques jours, je voudrais que ce soit cette idée-là qui passe !

Ce serait une fuite en avant suicidaire que de poursuivre l’austérité avec un Valls bis

Le gouvernement Valls 1 échoue sur sa politique d’austérité. Une politique que 40 % du BN du PS avait désapprouvée, le 18 février dernier, 100 députés l’avaient rejeté dés avril, et maintenant des ministres le faisaient. La « panne » était évidente.

Ce serait une fuite en avant vaine que de poursuivre.

Cette politique d’austérité libérale avait conduit au désastre le 30 mars, et encore pire le 25 mai. Jamais il n’aurait du être mis en place un gouvernement Valls sur cette ligne, il fallait tenir compte des électeurs et choisir un cap à gauche. Le gouvernement Valls reposait sur une tête d’épingle, il ne rassemblait pas les socialistes ni la gauche. Il  n’était pas assuré d’une majorité à l’Assemblée nationale pour le budget 2015. Il était minoritaire dans le pays, dans la gauche, et largement dans le Parti socialiste.

Face à cette crise politique saine et salutaire qui donnait l’occasion de reprendre un cap à gauche, l’entêtement de l’exécutif, s’il se manifeste, Valls étant reconduit, à poursuivre dans ces conditions, la MEME ligne avec une nouvelle équipe du même type, serait un coup de force pour le moins suicidaire. Ne pas changer une orientation qui perd, qui est « en panne », tous feux rouges allumés, est impossible.

Le Parlement doit s’imposer à l’exécutif

Si c’est le cas, ce sera aux députés de faire entendre leur voix. Le Parlement doit l’emporter sur l’exécutif car il y existe la majorité rouge rose verte qui a gagné en mai juin 2012 et elle a mandat pour agir à gauche et rompre avec les choix libéraux. L’austérité doit être mise en minorité, et un gouvernement de gauche unie doit être construit. Il s’agit ainsi de sauver la gauche.

Gouvernement rose rouge vert, gauche unie

il doit y avoir réunions, travail en commun de tous les députés de gauche à l’assemblée pour une alternative qui sauve la gauche. pour un gouvernement qui en soit issu démocratiquement. Dans ces conditions, le Parti socialiste plus que jamais, doit réagir, débattre, et affirmer ses positions de façon indépendante. Cap à gauche ou cap suicide !

Non à la baisse du coût du travail, haussez les salaires, baissez les dividendes

Le Parti socialiste n’a jamais voté la politique de l’offre ni celle de baisse du coût du travail, ni l’austérité. Le projet adopté par le Parti socialiste se retrouvait dans le discours du Bourget, il se retrouvait dans la victoire de mai juin et les attentes des électeurs de gauche : ce n’est pas le cas de l’orientation du gouvernement Valls n°1 et encore moins  s’il est reconduit, ce ne sera naturellement pas le cas du second, car l’austérité est une impasse éprouvée.

Pour un congrès du PS, vite !

Alors il faut convoquer un congrès extraordinaire du Parti socialiste. Il devait avoir lieu vite. Il a été repoussé. Il doit être remis à l’ordre du jour au plus vite. Démocratie ! Les militants doivent avoir la parole, débattre et peser.

 

lundi 25 aout matin, 10 h

Il n’y a jamais une seule politique possible… 40 % du BN du PS, des dizaines de milliers de socialistes, 100 députés, et maintenant même des ministres Hamon et Montebourg se disent « proches des frondeurs »…

La gauche socialiste (MLG, D&S, ONPV  motion 3 et 4) peut se féliciter du combat mené, du travail accompli,  depuis 24 mois, si 40 % du Bn du PS, 100 députés et maintenant des ministres s’opposent à l’absurde austérité qui conduit l’exécutif actuel de la gauche dans le mur. Il apparaît, ainsi et enfin, des chances que Valls ne fasse pas mourir la gauche, que se mette en place un gouvernement rose rouge vert ! Vive la gauche !

Ca n’a pas été facile depuis deux ans.

A commencer au congrès de Toulouse, où Hamon nous avait menacé durement, lors du congrès de Toulouse, en 2012, de nous ramener, nous, la gauche socialiste, à « 4 % ». La motion 3 (MLG D&S) a eu 13,7 % et la motion 4 (OPLV) a eu 11,9 %. Aujourd’hui ces deux motions sont alliées. Peu a peu elles ont pris position contre l’ANI, pour les retraites, contre la politique de l’offre et contre la baisse du cout du travail, contre l’austérité. Peu à peu, on a vu « UMA » qui était initialement lié à Hamon, venir rejoindre notre combat. Puis de 40 à 100 députés, et maintenant même des ministres !

En 2013, nous avons été une poignée à nous battre contre l’ANI et la loi du 14 juin qui en est issue… Pied à pied nous avons démontré que cette loi, en dépit de son titre mensonger sur la « sécurisation de l’emploi », allait faciliter les licenciements, la précarité et faire reculer les droits des salariés. 20 mois après, c’est vérifié, les résultats de l’ANI sont catastrophiques, les licenciements ont augmenté, le chômage aussi, les contrats « courts » ont explosé, le Medef remet même en cause ce qu’il a signé sur les temps partiels, les banques de données uniques, les conseils d’administration…  et exige de nouvelles mesures contre les seuils sociaux, pour le travail le dimanche, contre les prud’hommes… Lors de ce combat contre l’ANI,  Jean-Marc Germain était le rapporteur, Montebourg l’a vigoureusement approuvé, Hamon aussi, seuls 41 députés se sont abstenus…

Nous avons combattu à la convention socialiste sur l’Europe pour obtenir le beau score de 73 % des 59 000 voix socialistes exprimées, le 6 juin 2013 pour « suspendre le TSCG », pour un Smic en Europe, et contre le Tafta.

Fin 2013, nous avons lancé un appel contre les 43 annuités, et la retraite de facto à 66 ans, signé par 7000 socialistes, nous avons trouvé Montebourg, Hamon, Emmanuelli contre nous… et seulement 17 députés qui n’ont pas voté cette loi honteuse contre les retraites.

Le 18 février 2014, nous avons voulu, rédigé, discuté, publié un texte signé par 29 membres du BN sur 72 soit 40 %. Ce texte s’opposait à la politique de l’offre, à la baisse du coût du travail, à la politique d’austérité liée au fameux et prétendu « pacte de responsabilité »… Il y a eu 8000 signatures sur ce texte. Nous y disions qu’il n’y avait pas une « seule politique possible ». Cela nous a valu un « séminaire » du BN mis en scène à la Maison de la Chimie…  Mais il y a eu un grand écho public à ce texte qui a posé davantage les questions cruciales… à la veille des municipales…  Nous l’avions dit des l’été 2013… « nous allons dans le mur ». A ce stade ni Montebourg ni Hamon n’ont donné signe de vie…

Après le désastre des municipales, la réponse a été le gouvernement Valls, dont la « couleur » était claire ! ça allait continuer en pire. Montebourg et Hamon ont échangé leur soutien conte une promotion dans ce gouvernement archi minoritaire qui reposait sur une tête d’épingle, qui ne rassemblait même pas la moitié de la motion majoritaire du PS a Toulouse… Alors que Cécile Duflot (son livre en témoigne fort bien) comprenait bien ce qui se passait et rompait, Hamon et Montebourg passaient compromis et permettait à ce nouveau gouvernement d’exister !

Après le désastre du 25 mai qui met Le Pen en tête aux européennes, (inouï sans précédent !) c’est quasi silence, et lorsque des députés se mettent en mouvement, reprenant les thèmes de la minorité du BN du 18 février, ils sont menacés, isolés face au gouvernement,  et à son représentant au Parlement. Ils osent lancer quand même un « appel des cent », et faire quelques votes opposants, allant jusqu’à 41 abstentions. Ils recommencent courageusement en juin et juillet, à… s’abstenir. (Même si nous, nous expliquons que la situation est si grave et si urgente qu’il faut mettre le gouvernement Valls en minorité afin que surgisse l’alternative d’un gouvernement rose rouge vert,  basée sur la majorité parlementaire).

D’avril à juin, des appels de socialistes contre l’austérité sont lancés avec succès. En juin plusieurs réunions de « socialistes conte l’austérité » se tiennent : le 6 juin avec 100 participants, ce sont les « socialistes affligés », le 14 juin avec 200 personnes c’est UMA à Paris 11°, le 22 juin à Bellerive sur Allier, ce sont 300 socialistes venus avec leurs propres moyens de 65 départements, qui lancent un appel.

Enfin cette rentrée, plusieurs ministres, Montebourg, Hamon, (et Aurélie Filipetti) se disent « proches des frondeurs ». L’expression « frondeur » n’est pas la bonne : ce sont des députés opposés à l’austérité et qui font leur job, qui respectent leur mandat de mai juin 2012, qui respectent les positions votées au parti socialiste et ses militants, qui veulent simplement une politique de gauche, de même que les membres du BN qui les ont précédé, notamment le 18 février.

On ne « fronde » pas on est légitimes à défendre une politique que le parti socialiste n’a jamais votée ! Non à la baisse du cout du travail, augmentez les salaires, baissez les dividendes !

On est face à la panne et à Le Pen. Il faut un congrès rapide du Parti socialiste qui n’a jamais voté cette politique de l’exécutif, ni élu son nouveau premier secrétaire.

En cette circonstance, on se réjouit que Hamon et Montebourg, qui nous ont combattu depuis 24 mois, se rapprochent. Bravo ! Mais il faut défendre une relance, la fin de l’austérité absurde, redistribuer les richesses : stop aux 41 milliards donnés aux patrons, stop aux 50 milliards retirés de nos besoins sociaux, pas touche à la sécu, pas touche aux collectivités territoriales, vite une reforme fiscale qui prennent massivement aux dividendes pas aux salaires, vite puisque le patronat ne veut rien savoir, appuyons nous sur le salariat, car ce sont les salariés qui produisent les richesses et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent… amnistiez les syndicalistes, maintenez les élections prud’hommes, pas touche à l’inspection du travail et aux seuils sociaux, contrôle des licenciements, pas d’ouverture le dimanche, limitation de la précarité, hausse du smic, réduction du temps de travail sur le semaine et sur la  vie…

Si c’est pour ça que Hamon et Montebourg nous rejoignent,  bravo ! Et alors Valls doit être en minorité, et la majorité rose rouge verte au Parlement doit l’emporter sur l’actuel exécutif pour l’intérêt de la gauche, du salariat, du pays. Vive la gauche !