Rien de bon dans le Macron : finalement y’a pas de hausse du smic et puis y a rien d’autre…

Depuis 21 jours de lutte, à la veille de l’action des lycéens (Macron n’en a rien dit) et à la veille de la grève nationale du 14 décembre  et de l’Acte V samedi 15 décembre, il faut démonter le leurre de la prétendue hausse du Smic et du pouvoir d’achat puis bien préciser les revendications :

 

Rien de bon dans le Macron :  finalement y’a pas de hausse du smic et puis  y a rien d’autre…

 

 

Avoir un tel culot et faire patenôtre pour fanfaronner une si grosse arnaque sur le Smic, c’est rare ! Car en fait il n’y a aucune hausse du Smic. Ca va se savoir, ca va se vérifier, attention au boomerang.

Mais ça révèle encore plus le personnage et son mépris pour le peuple, les salariés, les gilets jaunes, il nous prend tous pour des brêles

 

 

1°) Muriel Pénicaud excluait un « coup de pouce au smic »  car « on sait que cela détruit des emplois, ce n’est pas la bonne méthode » puis elle « proposait un Smic à 1210 euros nets » : « cela ferait + 1,8 % du salaire minimum soit plus de 400 euros par an ».

Puis, elle reconnaissait qu’il y a 35 euros de rattrapage automatique de l’inflation (à 1,8 %) et ensuite que le complément annoncé par Macron pour atteindre 100 euros sera une « prime d’activité » déjà prévue – laquelle ne sera pas à la charge des employeurs mais de l’état (donc payée par les impôts des salariés).

Au 1erjanvier 2018  le Smic pour 35 h hebdomadaires et 151, 66 h mensuelles était à hauteur de 1148,47 euros nets et de 1498,47 euros brut mais en octobre 2018 ils ont baissé les cotisations sociales (le salaire brut) et transféré 20 euros au net. Le Smic net est devenu, du fait de cette manipulation, de 1185 euros (1184,93). C’est ce qui explique la différence entre 1148,93 en janvier et 1185 aujourd’hui pour un même montant brut (1498, 47).

Le Smic brut est censé augmenter de 1,8 % mais si l’inflation est de 1,8 % au 31 décembre et ce depuis le 1er janvier soit  1525,44 brut. Certains donnent le montant de 1525,47 bruts. Le net serait entre 1225 et 1227 euros soit une hausse de 40 euros mais l’inflation pourrait être de 2,2 % depuis octobre. On verra en fin décembre.

Est ce que la hausse obligatoire légale pour rattraper l’inflation est dans le chiffre de 100 euros utilisé par Macron ? Oui normalement, mais il a précisé que l’employeur ne paierait rien de ces 100 euros donc on peut aussi supposer que non.

D’où vient le reste ?  Des « primes d’activité » ? Ce n’est pas une « hausse » Elles sont seulement avancées. (Contacté par franceinfo, l’Elysée a confirmé que ces 100 euros d’augmentation comprenaient les hausses déjà prévues de la prime d’activité (30 euros en avril 2019, 20 euros en octobre 2020 et 20 euros en octobre 2021).https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/smic-heures-supplementaires-prime-de-fin-d-annee-csg-les-quatre-annonces-d-emmanuel-macron-pour-calmer-la-colere-des-gilets-jaunes_3094237.html#xtor=CS2-765-[twitter]- … via @franceinfo)  Elles étaient déjà prévues par Pénicaud etc.    Alors ce n’est pas du salaire, pas du smic. C’est soumis à condition : par exemple si vous avez un conjoint a 1300 euros, pas de prime, pas de hausse.

A hauteur de combien ces « primes » ? La différence entre la hausse légale obligatoire et les 100 euros ? Griveaux répond « oui », 80 euros. Mais rien n’est certain non plus. Tout cela enlevé du budget de la Sécu de nos cotisations, de notre salaire brut…

 

Qu’en sera t il de la prime de fin d’année tendant vers 1000 euros ? Elle est  laissée à l’appréciation des employeurs. Elle sera aléatoire, la plupart du temps inférieure. Qu’en sera t il des négociations salariales au dessus du smic ? Car les patrons ne concèdent rien dans les NAO quand ils rencontrent les syndicats !  Bien des conventions collectives ont des minimas en dessous du Smic et peu de choses évoluent sur les qualifications, métiers, niveaux, coefficients, échelons

 

 

2°) Finalement la défiscalisation des heures supp’ est une très mauvaise chose  -  C’est une mesure ennemie de l’emploi qui a déjà couté cher et a déjà échoué sous Sarkozy. Car il s’agit de faire travailler davantage ceux qui ont déjà un boulot, au détriment naturellement de ceux qui n’en ont pas, cela fera des chômeurs en plus. Au lieu d’embaucher, le patron fera faire des heures supplémentaires d’autant plus qu’il n’aura pas à payer de cotisations sociales sur elles. C’estCastaner qui disait cela : « c’est 4 milliards de coût et 100 000 emplois perdus » pour le même système sous Sarkozy.  Qui paiera ce manque à gagner pour la sécurité sociale ? Les salariés eux mêmes par le biais de leurs impôts.L’augmentation du SMIC par la prime d’activité, c’est payé par la CAF, donc la sécu, la cotisation sociale, notre salaire brut.

 

3°) retraites, si peu de chose : Macron dit que la CSG ne sera plus retirée – en 2019 – sur les retraites en dessous de 2000 euros. Sachant que 7 millions de retraités (sur 14 millions) sont en dessous de 1000 euros, combien vont réellement en bénéficier ? Ce qui ne règle pas le problème de l’inflation puisqu’elle est de 2,2 % alors que cette année il n’en a pas été tenu compte dans la revalorisation qui a été limitée, à 0,3 %. Tous les retraités perdent donc 2,2 – 0,3 % soit 1,9 % c’est pire que la question de la hausse 2018 de la CSG !

 

4°) Macron supprime fin janvier le salaire brut c’est à dire nos cotisations sociales : la baisse de la CSG (c’est aussi de l’argent en moins pour la sécu, qui s’ajoute au paiement des heures supplémentaires défiscalisées, et à la prime de activité. Il casse la sécu : sans cotisations sociales, plus de sécu !

Bref, Emmanuel Macron répond (mal) aux Français en dépensant l’argent de la Sécu. De l’argent qui ne lui appartient pas, mais dont l’Etat a repris de force la gestion à l’issue des grandes grèves de 95. La sécurité sociale est principalement financée par les salariés, par leur salaire. Elle est aussi financée par la CSG. Mais surtout, son unique but est de nous protéger : elle paie les hôpitaux, les médicaments, les retraites, les allocations familiales…Cela fait trop longtemps que l’Etat utilise NOTRE sécurité sociale pour palier sa propre incurie. Ce n’est pas à NOTRE sécurité sociale de financer le manque à gagner de la suppression de l’ISF !Comme elle l’était depuis sa création et jusqu’en 1995, il est plus que temps d’exiger que la sécurité sociale redevienne autonome, universelle, pour que les Français gèrent eux-mêmes leur protection, qu’ils financent eux-mêmes par leurs salaires. Sans intervention de l’Etat.

 

4°) Macron refuse avec des arguments éculés et démontés par tous, le rétablissement de l’ISF. Il annonce d’autres baisses d’impôts mais avec la flat tax, l’exit tax, c’est pour les grosses entreprises, pas pour les particuliers : le transfert des impôts des grosses entreprises sur ceux des ménages continue donc.

Or les cotisations et impôts acquittés par les entreprises ne se sont accrus en effet que de 6,4% entre 2008 et 2017, tandis que ceux payés par les ménages augmentaient de 22,3%, plus de 3 fois plus. Quant à ceux sur la consommation, ils se sont accrus également de 18,2%. Ca ne peut plus durer ! La TVA payée par tous représente les deux tiers du total de l’impôt perçu alors que l’impôt progressif sur les riches et les sociétés s’est drastiquement réduit.

Cette injustice fiscale est la cause première du soulèvement des gilets jaunes et Macron n’y répond pas du tout.

Une fois démasquée les ruses grossières de Macron pour faire croire qu’il fait des concessions aux salaires, tout le reste de son discours faussement larmoyant ne trompe personne : sans l’explosion des gilets jaunes et la mobilisation des salariés, des syndicats, des jeunes, Macron aurait continué de nous abreuver de son total mépris.

La réponse est le 14 décembre , et le 15 décembre acte V

 

 

Enfumage sur une non-hausse du Smic

 

Muriel Pénicaud exclut un « coup de pouce au smic »  car « on sait que cela détruit des emplois, ce n’est pas la bonne méthode » puis elle « propose un Smic à 1210 euros nets » : « cela ferait + 1,8 % du salaire minimum soit plus de 400 euros par an ». Puis, elle reconnaît qu’il y a 35 euros de rattrapage automatique de l’inflation (à 2,2 % ?) et ensuite que le complément annoncé par Macron pour atteindre 100 euros sera une « prime d’activité » déjà prévue laquelle ne sera pas à la charge des employeurs mais de l’état (donc payée par les impôts des salariés).

 

Rien ne tient debout dans tout ca !  Au contraire de ce que dit Pénicaud, c’est le Smic et les salaires trop bas qui détruisent des emplois, car les salariés ne peuvent consommer et c’est ça qui fait mourir les entreprises.

 

Même Angela Merkel qui avait fait sa campagne électorale de 2013 sur le thème « smic = chômage » a été obligée de reculer et d’instaurer un Smic à partir de 2015. Même aux Etats-Unis, une grande partie des Etats ont adopté un Smic à 15 dollars de l’heure. Au Portugal et en Espagne le Smic a été récemment augmenté. La France est 6° au niveau de Smic brut en Europe derrière le Luxembourg (1998,50 euros) l’Irlande (1613,95) les Pays bas (1594,20) la Belgique (1562,59) le Royaume Uni (1463,80) avec l’Allemagne (1498).

 

En 2018 le Smic pour 35 h hebdomadaires et 151, 66 h mensuelles est encore à hauteur de 1148,47 euros nets et de 1498,47 euros brut ? L’augmenter à 1248 euros nets le 1erjanvier 2019 janvier stoppe la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis 12 mois, sans la compenser vraiment. Ca ne satisfera pas les besoins légitimes, les gilets jaunes le crient chaque jour.

 

D’autant que Macron veut « en même temps » ôter l’assurance chômage et maladie du salaire brut : combien cela fera t il en moins finalement sur le salaire brut sur le bulletin de paie ?

 

Booster le Smic, est-ce booster tous les salaires en cascade ? Oui, si les patrons acceptent de négocier et si l’indice  de la fonction publique est réévalué !

 

En juin 1968 quand le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) avait été augmenté de 33 % et le Smag (salaire minimum agricole garanti) augmenté de 55 %, cela avait bénéficié à toutes les entreprises et ouvert plusieurs années de prospérité.

 

Il a fallu la grève généralisée de mai 68 et l’occupation, pas seulement des places des villes et des ronds-points des champs, mais de toutes les entreprises pour l’imposer : décembre 2018 le peut aussi !

 

Gérard Filoche

 

 

 

 

 

Quel ras-le-bol ? Celui de l’injustice fiscale

Le social au cœur

Quel ras-le-bol ? Celui de l’injustice fiscale

04/12/2018 | Jean-Jacques Chavigné

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La droite et les médias dominants n’ont pas lésiné sur les moyens. Et pourtant… La tentative du gouvernement, de LR et des néolibéraux de tout poil pour faire de la révolte des gilets jaunes contre une fiscalité injuste une révolte contre la fiscalité en général, au profit des plus riches, est en train d’échouer.

 

La plupart des médias dominants (à l’exception notable du Monde et, dans une moindre mesure, de Libération) se sont rués sur les dernières statistiques de l’Union européenne (Eurostat) pour stigmatiser « la France championne d’Europe des impôts ». La France n’a-t-elle pas consacré, en 2017, 48,4 % de son PIB pour financer « les prélèvements obligatoires », contre une moyenne de 40,2 % pour l’Union européenne ?

 

Haro sur l’impôt

 

Mais en quoi est-ce un problème ? Pour les compagnies d’assurance et les fonds de pension qui perdent ainsi beaucoup d’argent, on comprend que le problème existe, mais certainement pas pour les habitants de notre pays. La part des cotisations sociales (considérées comme un impôt !) s’élève à 18,8 % en France, contre 13,3 % en moyenne pour l’Union européenne. Cela signifie qu’ailleurs, en Europe, il faut souscrire des assurances privées qui coûtent beaucoup plus cher à chaque souscripteur, pour des soins le plus souvent de moins bonne qualité. Il en va de même pour la part du PIB consacré aux retraites financées par les systèmes par répartition et qui échappent, ainsi, aux fonds de pension.

 

Le problème serait plutôt dans le fait que, selon les même statistiques, l’impôt sur le revenu (un impôt progressif à la différence de la TVA dont le taux est le même pour le titulaire d’un RSA et pour Carlos Ghosn) et l’impôt sur le patrimoine (qui privilégie les plus riches) est inférieur de 0,3 % à la moyenne européenne.

 

Les médias dominants ont même ressorti de la naphtaline le « jour de la libération fiscale ». Ce jour se situerait le 27 juillet en France en 2018. Ce jour-là, chaque habitant de notre pays ne travaillerait plus que pour lui-même, alors que les 208 premiers jours de l’année auraient été consacrés à payer l’État. Les médias concernés se gardent bien de préciser que sans ces versements à l’État, chaque habitant de notre pays aurait dû financer son tout-à l’égout, payer un péage pour rouler sur les routes nationales et départementales ou pour franchir un pont quel qu’il soit, financer ses études (depuis la maternelle) et celles de ses enfants, payer ses frais médicaux et hospitaliers (ou souscrire une assurance privée qui ne serait pas une simple complémentaire mais couvrirait tous les frais)… On comprend aisément quels seraient les (très nombreux) perdants et les (quelques) gagnants.

 

Ras-le-bol fiscal ou colère sociale ?

 

Les gilets jaunes ne partagent pas le « ras-le-bol » fiscal des libéraux. Ce qu’ils ne supportent pas, c’est l’injustice fiscale. Leurs déclarations, leurs messages sur les réseaux sociaux, les sondages l’attestent. Combien de pancartes ne reprennent-elles pas, d’une façon ou d’une autre, le mot d’ordre de Ruffin : « Rends d’abord l’ISF ! »

 

Les gilets jaunes sont particulièrement bien placés pour savoir l’importance des services publics (financés par les impôts), car ils les voient régulièrement diminuer, qu’ils habitent dans les zones rurales ou dans les zones périphériques : chemins de fer, hôpitaux de proximité, Poste, écoles…

 

« L’élément de langage » qui tourne en boucle sur nombre de chaînes de télévision ou d’antennes radio n’a aucun sens « Comment peut-on être pour moins d’impôts et plus de services publics ? ». Il n’y a aucune contradiction : il suffit d’augmenter les impôts des riches et des sociétés, d’instaurer une fiscalité progressive et d’arrêter de taxer ceux qui arrivent de plus en plus difficilement à boucler leurs fins de mois.

 

Une double injustice

 

Les gilets jaunes ont parfaitement conscience d’une double injustice. D’un côté, ils ont parfaitement compris que les impôts des riches et des sociétés ne cessaient de diminuer : 38 milliards de cadeaux sous forme d’exonération de cotisations sociales et de CICE pour les entreprises en 2019, flat tax de 30 % pour les revenus du capital, suppression de l’ISF… Tout cela en pure perte (sauf pour les dividendes des actionnaires), car le nombre de chômeurs ne descend pas en-dessous de 6,5 millions. Les gilets jaunes savent aussi que ni le kérosène, ni le carburant maritime (pourtant des plus polluants), ne subissent les mêmes taxes que celles qu’on leur impose.

 

D’un autre côté, leur pouvoir d’achat stagne : les salaires n’augmentent qu’au compte-gouttes, les retraites ne sont plus indexées sur l’inflation, l’augmentation de la CSG frappe 60 % des retraités, la baisse de la taxe d’habitation est bien souvent réduite à néant par l’augmentation des taux car les collectivités locales ne peuvent plus faire face à leurs dépenses, et les prix augmentent en cascade dans tous les secteurs (énergie, alimentation, timbres, contrôle technique des voitures…)

 

Et, en plus de cela, il faut subir la morgue d’un Macron qui affirme que, si l’on veut trouver un travail, « il suffit de traverser la rue » ou de la ministre du Travail qui prend les salariés pour des imbéciles en leur annonçant que bien qu’il n’y ait pas de « coup de pouce » pour le Smic, ce dernier augmentera d’environ 2 % grâce à l’inflation ! Comme si les salariés ne pouvaient pas comprendre que cette augmentation ne faisait que compenser l’augmentation des prix !

 

L’augmentation des taxes sur les carburants a, dans ce contexte, été la goutte qui a fait déborder le vase.

 

Fiscalité punitive

 

La fiscalité sur les carburants est une fiscalité punitive qui n’a rien à voir avec l’écologie. Une très faible partie de l’augmentation de la taxe sur les carburants va en effet à la transition écologique. Mais là n’est pas l’essentiel. La principale question à se poser est celle de savoir si cette augmentation va changer le comportement des habitants des zones rurales et périphériques. Il ne s’agit pas de taxer pour le plaisir de taxer.

 

Le mouvement des gilets jaunes met en lumière ce qui était un impensé d’une bonne partie de la gauche sur la question de la taxe carbone et tout particulièrement sur l’augmentation des taxes des carburants : il n’est pas possible d’utiliser l’arme fiscale tant que les gens qui utilisent une voiture n’ont pas la possibilité de faire autrement. Cette fiscalité est alors uniquement une fiscalité punitive qui aboutit à renforcer ceux qui, à droite et à l’extrême droite, nient le basculement climatique ou s’en soucient comme d’une guigne .

 

Les néolibéraux sont persuadés que la politique fiscale crée des incitations qui influencent le marché et que les « agents rationnels » ne peuvent que fuir l’impôt et adapter aussitôt leur comportement*. Là encore, ce raisonnement se heurte au même roc de la réalité que l’argument précédent : les « agents rationnels » voient leur comportement déterminé par beaucoup d’autres éléments que la fiscalité et notamment par un élément essentiel : la possibilité de choisir ou de ne pas choisir un autre mode de déplacement que la voiture. C’est exactement le cas des habitants des zones rurales et périphériques qui n’ont pas d’autres moyens pour aller au travail et en revenir, amener leurs enfants à l’école, aller chez le médecin, faire leurs courses au supermarché…

 

Que faire ?

 

La voiture électrique n’est pas, aujourd’hui, une solution. Même avec une prime plus importante, il restera encore à financer « tout le reste » comme l’affirmait un gilet jaune à la télévision et « je n’ai pas le premier sou pour le faire »…Beaucoup de gens ont, en effet, difficilement les moyens de payer les réparations de leur (vieille) voiture ou le contrôle technique de leur véhicule.

 

Ce n’est que lorsque les habitants des zones rurales ou périphériques auront la possibilité matérielle d’utiliser d’autres moyens de transports que la voiture à essence ou au diesel qu’il sera possible d’utiliser la fiscalité afin d’inciter à utiliser ces nouveaux moyens de transport. Mais pour que ce choix existe, il faudra des investissements publics massifs (trains, bus électriques confortables et souples), car investir dans ces zones n’est pas rentable d’un point de vue capitalistique.

 

Tant que les conditions d’un choix d’utiliser ou non une voiture n’existeront pas dans les zones rurales ou périphériques, aucune augmentation des taxes sur les carburants n’est acceptable.

 

Toutes celles et tous ceux qui sont persuadés que le basculement climatique est un danger absolu pour la planète devraient accepter ce constat. Le mouvement des gilets jaunes est un moment déterminant pour montrer aux habitants des zones rurales et périphériques que les partisans de l’écologie ne veulent pas d’une fiscalité punitive, et expliquer aux habitants des centres-villes que la transition énergétique ne pourra se faire sans justice sociale.

 

Cet article de notre camarade Jean-Jacques Chavigné est à retrouver dans le numéro de décembre de la revue Démocratie&Socialisme

 

* Voir à ce sujet le savoureux article de Michel Husson sur le site À l’encontre : « Les fondements microéconomiques de la connerie » (http://alencontre.org/economie/les-fondements-microeconomiques-de-la-connerie.html).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

unité syndicale avec les gilets jaunes pour nos salaires

bis Déclaration intersyndicale 43

 

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

A Montpellier, occupation du rond-point du Près d'Arènes le 1er décembre.

A Montpellier, occupation du rond-point du Près d’Arènes le 1er décembre. Photo David Richard. Transit pour Libération

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires ou artistes appellent à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

  • Justice sociale, justice climatique : c’est un changement de cap qu’il faut imposer

Tribune. Le mouvement des gilets jaunes met dans le débat public l’ensemble de la politique sociale du gouvernement. Plus largement ce sont les politiques néolibérales mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis des décennies qui sont en cause. Fins de mois de plus en plus difficiles, précarisation toujours accrue du travail, injustice fiscale, conditions de vie qui se détériorent, telle est la situation subie par la majorité de la population. Ce qui touche en particulier les femmes, très nombreuses à se mobiliser dans ce mouvement. Dans le même temps, l’évasion fiscale n’a jamais été aussi importante et les plus riches se sont vu offrir de multiples allègements d’impôts : suppression de l’ISF, flat tax de 30 % pour les revenus du capital qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif, baisse de l’impôt sur les sociétés… Dans ces conditions, l’augmentation des taxes sur les carburants est apparue comme «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase».

En dépit d’une tentative de mainmise de l’extrême droite sur le mouvement, celui-ci se caractérise par son auto-organisation horizontale et pose l’exigence d’une démocratie réelle contre une présidence autoritaire et méprisante. A l’heure où se déroule la COP 24 en Pologne et où la lutte contre le réchauffement climatique est urgente, ce mouvement met également en évidence le lien entre la question sociale et les impératifs écologiques : les plus grands pollueurs sont exonérés de tout effort, les principales causes du réchauffement climatique ne sont pas traitées, la casse des services publics et des commerces de proximité et l’étalement urbain se poursuivent, les alternatives en matière de transport en commun ne sont pas développées. Le modèle du logement social en France est en mis en péril par sa marchandisation au profit des grands groupes privés. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas aux classes moyennes et populaires de payer la transition écologique.

La politique du gouvernement ne répond ni à la colère sociale ni aux impératifs écologiques. Le gouvernement laisse les multinationales et les lobbys productivistes n’en faire qu’à leur tête en privilégiant toujours plus leur intérêt propre et celui de leurs actionnaires au détriment du plus grand nombre et de l’avenir de la planète. Pendant des jours, le gouvernement a campé sur une posture intransigeante, refusant le moindre geste et clamant qu’il maintenait le cap et ce, malgré le fait qu’une énorme majorité de la population soutenait ce mouvement. Cette attitude a entraîné une exaspération croissante qui a conduit à des actes de violence dont le gouvernement pouvait espérer tirer parti. Cela n’a pas été le cas et le soutien de la population est resté massif.

Le gouvernement vient d’annoncer, entre autres, le gel, puis l’annulation de l’augmentation des taxes sur les carburants. C’est un premier recul mais c’est trop peu, trop tard, car c’est de toute la politique sociale et de ses conséquences économiques et écologiques qu’il faut discuter. Alors même que la jeunesse a décidé de se mettre en mouvement pour contester les choix éducatifs du pouvoir, c’est un changement de cap qu’il faut imposer. Pour commencer, il faut répondre aux revendications syndicales en augmentant le smic et en revenant sur le plafonnement de l’augmentation des retraites à 0,3 %, rétablir l’ISF et taxer les multinationales, dont Total, les Gafa et les banques qui financent les énergies fossiles pour investir massivement dans l’isolation thermique des bâtiments et les énergies renouvelables.

C’est pourquoi, les soussigné·es, syndicalistes, responsables associatifs et politiques, chercheur·es, universitaires, artistes, etc., soutiennent les revendications de justice fiscale et sociale portées par le mouvement des gilets jaunes. Ils appellent la population à se mobiliser pour imposer une politique qui permette de mieux vivre, et à manifester pacifiquement dans la rue massivement le 8 décembre, journée de mobilisation internationale pour la justice climatique, en convergence avec la quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes.

Les signataires

Christophe Aguiton, membre d’Attac ; Verveine Angeli, Solidaires ; Cathy Apourceau-Poly, sénatrice PCF, Pas-de-Calais ; Eliane Assassi, sénatrice, présidente du groupe CRCE ; Antoine Atthalin, militant altermondialiste ; Didier Aubé, Solidaires ; Clémentine Autain, députée LFI ; Geneviève Azam, économiste, ancienne porte-parole d’Attac ; Emmanuel Aze, porte-parole Confédération paysanne 47 ; Albena Azmanova, University of Kent, Brussels ; Marinette Bache, conseillère de Paris, présidente de Résistance sociale ; Daniel Bachet, sociologue ; Sebastien Bailleul, délégué général du Crid ; Jacqueline Balsan, présidente du MNCP ; Louis-Marie Barnier, sociologue du travail, conseil scientifique d’Attac ; Francine Bavay, écologie sociale ; Emmanuelle Becker, conseillère de Paris PCF ; Esther Benbassa, sénatrice de Paris EE-LV ; Nicolas Béniès, économiste ; Ugo Bernalicis, député LFI ; Sophie Béroud, politiste ; Eric Berr, économiste atterré ; Jacques Berthelot, économiste ; Olivier Besancenot, porte-parole du NPA ; Eric Beynel, co-délégué général Solidaires ; Jacques Bidet, philosophe ; Martine Billard, ancienne députée écologiste, oratrice nationale LFI ; Philippe Blanchet, universitaire, Rennes; Catherine Bloch-London, sociologue; Eric Bocquet, sénateur du Nord, PCF; Frédéric Bodin, Solidaires; Julien Boeldieu, syndicaliste CGT; Jérôme Bonnard, Solidaires; Claire Bornais, syndicaliste FSU; Hadrien Bortot, membre du Conseil National du PCF; Nicole Borvo Cohen-Séat, sénatrice honoraire; Paul Bouffartigue, directeur de recherche, CNRS; Edith Boulanger porte-parole du Mouvement de la Paix; Ali Boulayoune, sociologue; Philippe Boursier, professeur de SES, membre de la Fondation Copernic; Omar Brixi, médecin et enseignant en santé publique; Ian Brossat, adjoint de Paris, PCF; Céline Brulin, sénatrice de seine maritime, PCF; Alain Bruneel, député du Nord, PCF; Mireille Bruyère, économiste atterrée; Marie-George Buffet, députée de Seine-Saint-Denis, PCF ; Laurent Cadreils, syndicaliste FSU; Claude Calame, historien, conseil scientifique d’Attac; Sílvia Capanema, conseillère départementale vice-présidente de Seine-Saint-Denis, historienne; Jean-Claude Chailley, secrétaire général de Résistance Sociale; Patrick Chamoiseau, écrivain; Vincent Charbonnier, syndicaliste SNESUP-FSU; Léo Charles, économiste; André Chassaigne, député Puy de Dôme, président du groupe GDR ; Pascal Cherki, conseiller de Paris, Génération·s; Stéphanie Chevrier, éditrice; Patrick Cingolani, sociologue; Laurence de Cock, historienne, Fondation Copernic; Laurence Cohen, sénatrice Val de Marne, PCF; Patrice Cohen-Séat, président honoraire d’Espaces-Marx; Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var; Maxime Combes, membre d’Attac; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alexis Corbière, député LFI; Sergio Coronado, militant écologiste ; Jacques Cossart, économiste; Eric Coquerel, député LFI et co-coordinateur du PG; Alain Couderc, militant AC!; Annick Coupé, secrétaire générale d’Attac; Pierre Cours-Salies, sociologue; Thomas Coutrot, économiste, ancien porte-parole d’Attac; Robert Crémieux, revue partage; Alexis Cukier, philosophe, université de Poitiers; Cécile Cukierman, sénatrice de la Loire, PCF; Alain Damasio, écrivain; Christian De Montlibert, sociologue; Christian Delarue, fonctionnaire d’État, syndicaliste CGT; Christine Delphy, sociologue; Pierre Dhareville, député des Bouche du Rhône, PCF; Cyril Dion, auteur, réalisateur; Emmanuel Dockes, professeur de droit; Jean-Michel Drevon, institut de recherche de la FSU; Clémence Dubois – porte-parole de 350.org France; Vincent Dubois, professeur de science politique, université de Strasbourg; François Dubreuil, EELV, Unis pour le climat; Olivier Dubuquoy, géographe, militant écologiste; Jean-Paul Dufregne, député de l’Allier, PCF ; Cédric Durand, économiste; Simon Duteil, Solidaires; Stéphane Enjalran, Solidaires; Jean Baptiste Eyraud, porte parole du DAL; Colin Falconer, militant d’Ensemble ; Patrick Farbiaz, écologie sociale; Didier Fassin, professeur de sciences sociales, Institut d’étude avancée, Princeton; Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine, PCF; Sélyne Ferrero, militante féministe; Caroline Fiat, députée LFI; Gérard Filoche, membre de la Gauche Démocratique ; Sociale; David Flacher, économiste, porte-parole du Mouvement Utopia; Fabrice Flipo, membre conseil scientifique d’Attac; Fanny Gaillanne, conseillère de Paris; Nicolas Galepides, secrétaire général Sud PTT; Yves-Jean Gallas, Mouvement de la Paix; Jean-Louis Galmiche, Solidaires; Isabelle Garo, enseignante; Pascal Gassiot, activiste; Alain Gaulon, universitaire, président de la fédération CNL du Val-de-Marne; Fabien Gay, sénateur de la Seine-Saint-Denis, PCF; Vincent Gay, syndicaliste Snesup-FSu; Bertrand Geay, sociologue ; Didier Gelot, économiste, Fondation Copernic ; Frédérick Genevée, historien; Susan George, présidente d’honneur d’Attac; Karl Ghazi, syndicaliste CGT ; Vanessa Ghiati, conseillère régionale IDF, PCF – Front de Gauche; Jérome Gleizes, enseignant université Paris-XIII, EELV; Cécile Gondard-Lalanne, co-déléguée général Solidaires; Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère, EELV; Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum National d’Histoire Naturelle ; Michelle Greaume, sénatrice du Nord, PCF; Murielle Guilbert, Solidaires; Victoire Guillonneau – chargée d’organisation à 350.org France ; Janette Habel, politologue, coprésidente de la Fondation Copernic; Jean-Marie Harribey, co-président du conseil scientifique d’Attac et économiste atterré; Marie Haye, syndicaliste FSU; Ingrid Hayes, historienne; Odile Henry, sociologue; Anne Hessel, Nouvelle Donne; Hervé Heurtebize, syndicaliste FSU; Pamela Hocini, animatrice Espace des Luttes LFI; Robert Injey, membre du conseil national du PCF; Lucien Jallamion, République et Socialisme; Kévin Jean, président de Sciences Citoyennes; Fanny Jedlicki, sociologue; Esther Jeffers, économiste, co-présidente du conseil scientifique d’Attac ; Florence Johsua, politiste, Université Paris-Nanterre, membre de la Fondation Copernic; Anne Jollet, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Poitiers; Isaac Joshua, économiste membre du conseil scientifique d’Attac et de la Fondation Copernic ; Samy Joshua, universitaire; Marianne Journiac, République et Socialisme; Sébastien Jumel, député de Seine-Maritime, PCF; Philippe Juraver, orateur national LFI, co-coordinateur Espace des Luttes LFI; Emma Justum, DIEM25; Fadi Kassem, pour le PRCF; Pierre Khalfa, économiste, Fondation Copernic; Michel Kokoreff, sociologue; Isabelle Krzywkowski, universitaire; L’1consolable, chanteur; Bastien Lachaud, député LFI; Marie Lacoste, secrétaire du MNCP; Bernard Lacroix, politiste; Romain Ladent, militant associatif; Jean Lafont, mouvement écolo; Rose-Marie Lagrave, sociologue; Elie Lambert, Solidaires; Sandra Laugier, professeure de philosophie, Paris 1, Institut Universitaire de France; Pierre Laurent, sénateur de Paris, PCF; Michel Larive, député LFI ; Mathilde Larrère, historienne, membre de la Fondation Copernic; Pierre Laurent, sénateur PCF; Hervé Le Crosnier, éditeur; Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député européen, PCF- GUE; Yann Le Lann, président d’Espaces Marx; Serge Le Quéau, membre du conseil scientifique d’Attac, membre de l’Union syndicale des Côtes d’Armor; Catherine Leclercq, sociologue; Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime, PCF; Clément Lefevre, syndicaliste FSU; Remi Lefebvre, politiste ; Sarah Legrain, secrétaire nationale du PG et membre de la Fondation Copernic; Arnaud Lelache, co-président Nouvelle Donne; Paul Lemonnier, FSU; Elliot Lepers, directeur de l’ONG le mouvement; Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris; Daniel Linhart, sociologue; Pierre Lucot, membre du bureau national du mouvement Utopia ; Frédéric Lordon, économiste; Elise Lowy, sociologue, mouvement écolo ; Nicole Lozano, co-présidente Nouvelle Donne; Laurence Lyonnais, Ensemble Insoumis, candidate sur la liste Europe Insoumise; Pascal Maillard, syndicaliste FSU; Jean Malifaud, syndicaliste SNESUP-FSU; Jean-Claude Mamet, Ensemble!; Marc Mangenot, économiste, responsable associatif; Sophia Mappa, professeure honoraire, psychanalyste et consultante internationale; Jean-Christophe Marcel, sociologue; Myriam Martin, Ensemble, élue régionale LFI; Gaëlle Martinez, Solidaires ; Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT; Christiane Marty, féministe, chercheuse; Gustave Massiah, membre du conseil scientifique d’Attac; Sonia Masson, comédienne; Jean-Luc Mélenchon, député LFI ; Marilza de Melo Foucher, économiste et journaliste; Georges Menahem, membre du conseil scientifique d’Attac ; Roland Mérieux, Ensemble!; Julian Mischi, sociologue; Claire Monod, coordinatrice nationale Génération.s; Bénédicte Monville, conseillère régionale Ile-de-France; Corinne Morel-Darleux, militante écosocialiste, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes; Frank Mouly, membre de la direction du PCF; Émilie Moutsis, artiste plasticienne; Erik Neveu, politiste; Evelyne Ngo, Solidaires; Roland Nivet, porte-parole du Mouvement de la Paix; Gérard Noiriel, historien; Alain Obadia, président de la fondation Gabriel Péri; Danièle Obono, députée LFI ; Pierre Ouzoulias, sénateur des Hauts-de-Seine, PCF; Ugo Palheta, sociologue et maître de conférences à l’université de Lille; Guillaume Pastureau, membre du conseil scientifique d’Attac; Mathilde Panot, députée LFI ; Sébastien Peigney, Solidaires ; Willy Pelletier, sociologue, membre de la Fondation Copernic; Stephane Peu, député de la Seine-Saint-Denis, PCF; Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie; Michel Pinçon, sociologue; Monique Pinçon-Charlot, sociologue; Carl Pivet, militant AC!; Dominique Plihon, porte-parole d’Attac; Emmanuel Poilane, président du CRID; Matthieu Ponchel, collectif Climat Social; Jean-François Ponsot, économiste atterré, professeur à l’université de Grenoble; Véronique Ponvert, syndicaliste FSU ; Thomas Porcher, économiste ; Véronique Poulain, Solidaires; Christine Poupin, porte-parole du NPA; Philippe Poutou, porte-parole du NPA; Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac ; Loïc Prud’homme, député LFI; Christine Prunaud, sénatrice Côtes-d’Armor, PCF; Romain Pudal, sociologue; Serge Quadruppani, écrivain; Adrien Quatennens, député LFI; Guillaume Quintin, animateur Espace des Luttes LFI; Josep Rafanell i Orra, psychologue et psychothérapeute; Christophe Ramaux, économiste; Jean-Hugues Ratenon, député LFI; Philippe Reig, République et Socialisme ; Emmanuel Renault, enseignant de philosophie, Université Paris Nanterre; Muriel Ressiguier, députée LFI ; Michelle Riot-Sarcey, historienne; Jean Rochard, producteur de musique ; Daniel Rome, enseignant, militant altermondialiste; Roberto Romero, Responsable National du secteur international de Génération.s; Cécile Ropiteaux, syndicaliste FSU; Sabine Rosset, directrice de BLOOM; Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord; Sabine Rubin, député LFI; François Ruffin, député LFI; Jean-Michel Ruiz, conseiller régional IDF, PCF – Front de Gauche; Gilles Sabatier, membre d’Attac; Jean-Claude Salomon, membre du conseil scientifique d’Attac; Catherine Samary, économiste altermondialiste; Diogo Sardinha, philosophe, ancien président du Collège international de philosophie; Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne, PCF; Luc Schaffauser, syndicaliste CGT, République et Socialisme; Jean-Christophe Sellin, secrétaire national du PG et conseiller régional Occitanie ; Nicolas Sembel, sociologue; Guillaume Sibertin-Blanc, professeur des universités, Paris 8; Denis Sieffert, Politis; Corine Siergé, APEIS; Cécile Sihouette, Ensemble!; Johanna Silva, membre du collectif La Fête à Macron; Patrick Simon, démographe; Danielle Simonnet, co-coordinatrice du PG et conseillère de Paris; Yves Sintomer, membre du conseil scientifique d’Attac; Francis Sitel, Ensemble!; Philippe Sultan, membre de la Fondation Copernic; Bénédicte Taurine, députée LFI; Jacques Testart, directeur honoraire de recherches à l’Inserm; Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Eric Thouzeau, conseiller régional de la Gauche démocratique et sociale (GDS); Michel Thomas, professeur honoraire de médecine interne; Jean Tosti, professeur de lettres; Eric Toussaint, historien, politologue, porte-parole international du CADTM; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac; Christophe Ventura, rédacteur en chef de Mémoire des luttes et chercheur en relations internationales; Marie-Pierre Vieu, députée européenne PCF, Gauche Unie Européenne; Philippe Villechalane, APEIS; Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT; Christophe Voillot, syndicaliste Snesup-FSU; Louis Weber, syndicaliste, éditeur; Hubert Wulfranc, député de la Seine-Maritime; Youlie Yamamoto, membre du collectif La Fête à Macron; Sophie Zafari, syndicaliste, FSU; Laurent Zappi, syndicaliste, FSU; Malika Zediri, militante.

Un collectif de politiques et de personnalités civiles

 

« Fin de monde ?  » par Fréderic Lordon

Fin de monde ?

Frédéric Lordon, 5 décembre 2018 – Blog du Monde Diplomatique

(…)

En tout cas, dans le paysage général de la violence, les médias, surtout audiovisuels, ont toujours pris ce qui les arrangeait en ayant bien soin de laisser le reste invisible, donc la violence incompréhensible, par conséquent à l’état de scandale sans cause : le mal à l’état pur. Mais pourquoi, et surtout au bout de quoi, les Conti envahissent-ils la sous-préfecture de Compiègne, les Goodyear séquestrent-ils leur direction, les Air France se font-ils une chemise de DRH, et certains gilets jaunes sont-ils au bord de prendre les armes ?

 

Qu’est-ce qu’il faut avoir fait à des gens ordinaires, qui ont la même préférence que tout le monde pour la tranquillité, pour qu’ils en viennent à ces extrémités, sinon, précisément, les avoir poussés à toute extrémité ?

Le déni de la violence sociale est cette forme suprême de violence à laquelle Bourdieu donnait le nom de violence symbolique, bien faite pour que ses victimes soient réduites à merci : car violentées socialement, et méthodiquement dépouillées de tout moyen d’y résister « dans les formes » puisque tous les médiateurs institutionnels les ont abandonnées, elles n’ont plus le choix que de la soumission intégrale ou de la révolte, mais alors physique, et déclarée d’emblée odieuse, illégitime et anti-démocratique — normalement le piège parfait.

 

Vient cependant un moment où la terreur symbolique ne prend plus, où les verdicts de légitimité ou d’illégitimité volent à leur tour, et où la souffrance se transforme chimiquement en rage, à proportion de ce qu’elle a été niée. Alors tout est candidat à y passer, et il ne faudra pas s’en étonner : permanences de députés, banques, hôtels particuliers, préfectures, logiquement plus rien n’est respecté quand tout a failli.

Il est vrai qu’à ceux qui ont lié leur position et leurs avantages au cadre du moment, et qui n’ont cessé de répéter qu’il n’y en avait ni de meilleur ni simplement d’autre possible, l’irruption du hors-cadre radical ne laisse aucune autre solution de lecture que « l’aberrant », le « monstrueux », ou mieux encore, quand elle est « avérée », la « violence ». Encore fallait-il qu’elle demeure marginale pour pouvoir être maintenue dans son statut de monstruosité, et puis aussi qu’on occulte systématiquement la responsabilité de celle des forces de police.

 

Mais ce sont ces deux conditions qui sont en train d’être détruites en ce moment.

 

La première parce que les « gilets jaunes » offrent à profusion cette figure incompréhensible pour les pouvoirs, des « braves gens enragés ». « Enragé » normalement c’est « enragé », c’est-à-dire ultra-radical-minoritaire. Ça ne peut pas être « braves gens », qui veut dire majorité silencieuse — ou bien contradiction dans les termes. Or, si. Assez simplement même : on est enragé quand on est poussé à bout. Il se trouve qu’au bout de 30 ans de néolibéralisme parachevés par 18 mois macroniens de guerre sociale à outrance, des groupes sociaux entiers ont été poussés à bout. Alors enragés.

(…)

Croyant que ce dont ils ne parlent pas n’existe pas, les médias ne les avaient pas vu venir ces enragés-là. Mais voilà, ils sont là, produits d’une longue et silencieuse accumulation de colère, qui vient de rompre sa digue. Ceux-là on ne les fera pas rentrer facilement à la maison. Et ceci d’autant moins qu’avec la naïveté des « braves gens », ils ont expérimenté, à l’occasion de leur première manifestation pour beaucoup d’entre eux, ce que c’est que la violence policière. En sont restés d’abord sidérés. Puis maintenant, s’étant repris, dégoupillés pour de bon. Alors on ne compte plus ceux qui, à l’origine « braves gens » certifiés, sont pris dans un devenir-casseur — comme certains autres, débitant des palettes sur un rond-point pour construire une cabane, sont pris dans un étonnant devenir-zadiste.

 

Gageons d’ailleurs que des révisions de grande ampleur doivent être en train de s’opérer dans leurs esprits. Car tous ces gens qui depuis 2016 et la loi El Khomri, jusqu’à 2018 avec Notre-Dame-des-Landes et les ordonnances SNCF, avaient été abreuvés de BFM et de France Info, invités à pleurer les vitres de Necker, se retrouvent aujourd’hui dans la position structurale des casseurs, en vivent la condition de violence policière et médiatique, et savent un peu mieux à quoi s’en tenir quant à ce que ces deux institutions diront désormais des « ultras violents radicalisés ». En tout cas c’est très embêtant pour les chaînes d’information en continu cette affaire : car si le devenir-casseur prend cette extension, que pourra donc encore vouloir dire « casseur » ?

 

L’autre condition est de maintenir les agissements réels de la police hors-champ. Sur ce front-là, on se battra jusqu’au bout dans les chefferies audiovisuelles. Le mensonge par occultation est général, acharné, épais comme de la propagande de dictature. La population basculerait instantanément dans l’indignation si elle avait l’occasion de voir le dixième de ce que les grands médias audiovisuels lui cachent systématiquement, ainsi ces vidéos d’une vieille dame en sang gazéeou d’un retraité matraqué. Quand France Info nous avait saoulés jusqu’à la nausée des vitres de Necker ou du McDo en feu, aucun flash à la mi-journée de lundi n’avait encore informé de la mort d’une octogénaire tuée par une grenade lacrymogène. Les robots de BFM n’opposent jamais aucune image aux syndicalistes policiers qui disent qu’on les « matraque » (sic !) et qu’on les « mutile ». Mais, si les mots ont encore un sens, de quel côté du flashball ou du lanceur de grenades compte-t-on les éborgnés et les mains arrachées

 

On ne sache pas qu’il se soit encore trouvé un seul grand média audiovisuel pour montrer en boucle, comme ils le font d’habitude, aux « braves gens » pas encore devenus casseurs cette vidéo d’un jeune homme roué de coups par huit policiers, qui achèverait de les informer sur le degré de confiance qu’il convient d’avoir en la « police républicaine » quand on met tout ça — ces dizaines de vidéos, ces centaines de témoignages— bout à bout.

(…)

Mais alors quoi ? L’armée ? L’adolescent désaxé qui est à l’Élysée en est très capable : n’utilise-t-il pas contre sa population des grenades qui sont des armes de guerre, et n’a-t-il pas fait placer des snipers avec fusils à lunettes au sommet de quelques bâtiments parisiens, image des plus impressionnantes, étonnamment offerte par Le Mondequi est peut-être en train de se demander lui aussi s’il n’est pas temps de lâcher son encombrant protégé dans un virage ?

(…)

 

Ce pouvoir est honni car il s’est méthodiquement rendu haïssable. Il paye une facture sans doute venue de très loin, mais dont il est le parachèvement le plus forcené, par conséquent l’endosseur le plus logique. Il n’a plus pour se cramponner que le choix de la répression sanglante, peut-être même de la dérive militaire. Il ne mérite plus que de tomber.

 

Halte au déchainement de la repression policière, halte à la violence forcenée de Macron

146 lycéens arrêtes à Mantes, plusieurs jeunes blessés gravement
halte aux tirs tendus, partout agressions, nassage, gazage,
matraquages violents, passages a tabac,
halte au flash ball, halte aux grenades offensives, halte aux passages a tabac,
halte aux jugements expéditifs,
Libération :
GILETS JAUNES

«On n’a rien fait monsieur» : à l’intérieur du Burger King investi par les CRS

Par Robin Andraca — 6 décembre 2018 à 13:07
Manon et son compagnon, à la sortie du Burger King de l'avenue Wagram.Manon et son compagnon, à la sortie du Burger King de l’avenue Wagram. 

Une manifestante de 28 ans a transmis à «Libé» une nouvelle vidéo, filmée depuis l’intérieur du fast-food, où des gilets jaunes ont été matraqués par des CRS samedi 1er décembre à Paris.

  • «On n’a rien fait monsieur» : à l’intérieur du Burger King investi par les CRS

Lors de la journée d’action des gilets jaunes, samedi à Paris, des manifestants se sont réfugiés dans un fast-food, avenue Wagram, pour échapper aux gaz lacrymogènes. Le restaurant a ensuite été investi par les forces de l’ordre, qui ont matraqué les occupants avant de les évacuer. Libération a recueilli un nouveau témoignage, celui d’une femme présente aux moments des faits, qui a filmé toute la scène. Retour sur une intervention des forces de l’ordre qui a provoqué l’indignation sur les réseaux sociaux.

Sur la photo ci-dessus, prise par un photographe de Libération samedi soir, avenue Wagram, en marge des manifestations sur les Champs-Elysées, on voit la femme, avec son gilet jaune, sortir d’un Burger King dans les bras de son mari au visage ensanglanté.

Elle, c’est Manon, 28 ans, mère au foyer. Après la publication d’un article sur CheckNews, où l’on expliquait dans quel contexte des CRS avaient matraqué des manifestants réfugiés dans un Burger King samedi 1er décembre à Paris, elle a contacté Libération par mail.

A LIRE AUSSI La vidéo des gilets jaunes matraqués dans un Burger King est-elle vraie ?

Avec son téléphone portable, elle avait filmé la scène et l’avait diffusée en live sur son compte Facebook.

«C’est des malades»

Dans cette vidéo de huit minutes, que nous publions ci-dessous, on la voit d’abord elle et son mari, ainsi que plusieurs manifestants, s’éloigner de l’Arc de triomphe, que les CRS tentaient de faire évacuer à grands coups de gaz lacrymogènes. Ce qui explique le refrain de Manon, «c’est des malades», qu’on entend plusieurs fois au début de la vidéo.

 

Au bout d’une minute et quarante secondes, on entend un manifestant hurler : «Allez, venez par là, rentrez !» L’image vire alors au noir, on entend des bris de glace, puis l’image réapparaît. On est maintenant à l’intérieur du Burger King, dont l’entrée vient d’être forcée par des manifestants.

On voit alors les manifestants, une grosse dizaine – au vu des images et des témoignages recueillis depuis – tenter de reprendre leur souffle, étouffés par les gaz lacrymogènes, souvent à deux doigts de vomir. L’un des manifestants demande au gérant du magasin d’allumer la ventilation pour tenter de dissiper le gaz, qui avait suivi les gilets jaunes à l’intérieur du fast-food.

On entend ensuite plusieurs personnes demander à Manon si elle va bien, son mari l’appeler «mon cœur». «Je sais pas si vous êtes en live, mais c’est chaud», commente-t-elle face caméra. Manon assure qu’elle était la seule femme présente à l’intérieur du Burger King. Dans la vidéo, elle ajoute : «C’est des malades, y nous ont gazés de fou.» Un homme lui prête son masque à gaz, plusieurs manifestants lui tendent des bouteilles d’eau.

Les CRS commencent alors à encercler le Burger King (à partir de cinq minutes). On entend plusieurs manifestants dire : «Ils vont nous arrêter.» Le mari de Manon déclare alors : «De toute façon, faut lever les mains, on a fait quoi nous ?»

Au moment de la charge des CRS, on entend un manifestant dire «Non, non, non». Puis l’image redevient noire. Ne reste que le son. Celui de Manon qui hurle, puis crie, à destination peut-être de ses amis Facebook : «Ils sont en train de nous taper.» Au-dessus d’elle à ce moment-là pour la protéger, on entend son mari lui dire : «Je suis là, je ne te lâcherai pas.»

Lorsque les CRS la relèvent, elle et son mari, ce dernier répète aux policiers à plusieurs reprises : «On n’a rien fait.»

A la fin de la vidéo, des petites fleurs apparaissent à l’écran avec en fond sonore les cris de Manon. Un filtre Facebook déclenché sans le vouloir par la manifestante, qui assure qu’elle ne pensait plus filmer à ce moment-là.

«La démission de Macron, c’est ce que tout le monde veut»

Contactée par Libération, Manon raconte la suite : «Mon conjoint était sonné, touché à la tête, on est partis dans une autre rue. Là, deux dames nous ont orientés vers une clinique, qu’on n’a jamais trouvée. On a repris le métro, et on est rentrés à Compiègne.»

Pourquoi étaient-ils venus manifester à Paris, ce jour-là ? «On avait fait quelques manifs chez nous à Compiègne [dans l’Oise], mais là on avait envie de venir défendre notre cause à Paris. Mon mari travaille dans le bâtiment depuis quinze ans, il est grutier. Moi, j’ai tenté en 2016 de fonder une petite société de livraison d’apéritif à domicile la nuit, qui nous a foutus dans une belle merde. Y avait trop de charges, j’ai dû mettre la clé sous la porte après treize mois. Depuis, on cherche des solutions. J’ai appelé notre banquier pour essayer d’en trouver, il nous a dit que la seule, c’était de vendre notre maison. Et ça, c’est hors de question.»

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Elle assure qu’elle et son mari ont manifesté pacifiquement tout l’après-midi de samedi, et que les violences policières dans le Burger King étaient absolument injustifiées : «On a marché sur les Champs, c’est tout. Nos déplacements dépendaient des gaz des CRS. On n’est pas du tout venus pour casser». Et ajoute : «On est très classique, on défend juste nos droits, on est neutres, pas extrémistes, on est juste des bons Français classiques.»

Ils reviendront samedi sur Paris, pour manifester à nouveau, et ce malgré les annonces du gouvernement cette semaine, qu’elle juge largement insuffisantes. «Nous, on veut la démission de Macron, c’est que tout le monde veut.»

Robin Andraca

 

Ignominie et duplicité de la novlangue macroniste

La macronie et ses médias aux ordres montrent depuis trois semaines toute l’étendue de leur ignominie et leur duplicité à l’occasion du mouvement des gilets jaunes. Pour démasquer ces tartuffes, voici quelques éléments de langage, accompagnés de leur signification sous-entendue et en regard la réalité qu’il s’agit de nier.

 

novlangue macroniste : « les gilets jaunes ont un sentiment de malaise »

signification sous-entendue : c’est que du ressenti (comme les températures), en clair une fausse perception.

réalité niée : la vraie vie avec des salaires, des pensions de misère, des logements qui sont des taudis pour beaucoup de foyers.

 

novlangue macroniste : « le gouvernement et ses députés doivent faire de la pédagogie »

signification sous-entendue : mais que les gens sont cons (surtout les pauvres), ils ne comprennent rien à rien.

réalité niée : le pouvoir macroniste n’a rien à dire ni à proposer, il ne veut rien entendre et n’aspire qu’à imposer sa politique.

 

novlangue macroniste : « le pouvoir a fait un geste »

signification sous-entendue : vous ne mesurez tout ce que le gouvernement vient de vous donner, c’est énorme.

réalité niée : le pouvoir ne fait que promettre (même pas donner) des miettes, en vérité son geste est un doigt d’honneur au peuple.

 

novlangue macroniste : « les gilets jaunes veulent l’impossible »

signification sous-entendue : il est impossible d’augmenter les salaires, de revaloriser les pensions et de mettre un peu plus de démocratie dans la société avec par exemple la mise en place de la proportionnelle et du référendum populaire.

réalité niée : beaucoup de familles n’ont plus de quoi vivre, payer leurs courses, leurs loyers, leurs factures, le pouvoir refuse de les aider ; quant à la demande démocratique, c’est un non définitif que le pouvoir apporte car il refuse de donner la parole au peuple.

 

novlangue macroniste : « seulement 40 % des ménages paient l’impôt sur le revenu »

signification sous-entendue : mais de quoi les gens se plaignent, pourquoi veulent-ils des baisses d’impôt alors qu’ils ne le paient pas.

réalité niée : 100 % des ménages paient des taxes injustes (le taux est le même quel que soit leur revenu), par ailleurs les grosses sociétés et les riches contribuables pratiquent à fond la fraude et l’évasion fiscale (au moins 80 milliards de pertes de recettes annuelles pour l’État).

 

novlangue macroniste : « il faut augmenter les taxes sur le carburant, tout le monde doit lutter contre la pollution » (on parle ici de « cette France qui roule au diesel et fume des clopes » au cas où on n’aurait pas compris)

signification sous-entendue : les pauvres sont coupables de polluer, ils doivent payer.

réalité niée : ce sont les riches qui polluent le plus, en France, chaque foyer des 10 % des plus riches pollue (émission d’empreinte carbone) vingt fois plus qu’un foyer appartenant aux 50 % les plus pauvres, et ce sont les riches qui paient le moins d’impôt et de taxes en proportion de leurs revenus.

 

novlangue macroniste : « est-ce que vous condamnez les violences des manifestants ? »

signification sous-entendue : en répondant oui à cette question fermée, votre oui sera utilisé pour vous faire dire que vous condamnez le mouvement social, toujours excessif par définition.

réalité niée : la violence du pouvoir, pas seulement celle de Benalla ou celle infligée à la dame de Marseille âgée de quatre-vingt ans tuée par un tir de grenade lacrymogène, mais la violence sociale vécue au quotidien par beaucoup de familles dans des logements insalubres, des quartiers ou des campagnes désertés par les services publics et avec des revenus dérisoires. La violence populaire avant d’être de la violence est de la légitime défense. Pourquoi les médias ne posent-ils pas la question aux représentants du pouvoir : « Est-ce que vous condamnez la violence sociale dont vous êtes à l’origine ? »

 

novlangue macroniste : « on n’a pas de représentants en face pour négocier »

signification sous-entendue : ces cons de gilets jaunes sont même pas foutus de trouver des représentants.

réalité niée : le pouvoir et les médias font semblant de ne pas voir que les gilets jaunes font preuve de vigilance, ils ne veulent pas être représentés par des illuminé(e)s ou des gourous à la recherche de leur minute de célébrité. La démocratie nécessite beaucoup de temps pour se mettre en place, surtout si on ne s’en est pas servi depuis longtemps. Le pouvoir, bien installé lui, a mis trois semaines pour que ses représentants commencent à réagir, alors les gilets jaunes ont droit eux aussi à un peu de temps. Par ailleurs, tout le monde connaît l’essentiel des revendications sur lesquelles s’accordent les gilets jaunes : baisse des taxes injustes, remise à plat du système fiscal pour plus de justice (avec notamment le retour de l’ISF et la mise en place d’un impôt pour les GAFA), revalorisation des salaires, des pensions et des allocations, retour des services publics là où ils ont été supprimés, etc.

 

Voici, un état des lieux synthétique de la communication (la poudre de perlimpinpin) macroniste. Il y aurait bien d’autres « éléments de langage » à ajouter. On remarquera, « dans le même temps » ( !), que le pouvoir et ses médias se montrent plus que discrets sur des aspects très positifs du mouvement populaire en cours : la fraternité, la solidarité, la réflexion, la formation, les échanges, la construction de cahiers revendicatifs argumentés, le souci démocratique, tout un ferment très encourageant pour l’avenir. Alors, toutes et tous ensemble, continuons le combat pour faire triompher nos revendications légitimes de justice sociale et de solidarité.

 

 

 

Trop peu, trop tard, un gouvernement à côté de la plaque ! Agissons pour les salaires, les pensions et la protection sociale

PUBLIÉ LE 4 DÉC 2018
TEMPS DE LECTURE : 3 MIN.
Le Premier Ministre, après 3 semaines de colère sociale que le gouvernement n’a voulu ni voir, ni entendre et après des mois de mépris envers les avertissements lancés par la CGT, vient d’annoncer des mesures pour sortir du conflit et tenter d’apaiser la situation. Si elles montrent les difficultés du gouvernement, ces « mesurettes » ne sont pas de nature à permettre à une majorité de la population de boucler des fins de mois de plus en plus difficiles…

Le Premier Ministre, après 3 semaines de colère sociale que le gouvernement n’a voulu ni voir, ni entendre et après des mois de mépris envers les avertissements lancés par la CGT, vient d’annoncer des mesures pour sortir du conflit et tenter d’apaiser la situation.
Si elles montrent les difficultés du gouvernement, ces « mesurettes » ne sont pas de nature à permettre à une majorité de la population de boucler des fins de mois de plus en plus difficiles.
-    Rien sur la revalorisation des salaires. Pas de coup de pouce sur le Smic : une augmentation de 3% constitue un maintien en euros constants en compensant juste l’inflation.
-    Rien sur la revalorisation des pensions de retraite mais, au contraire, maintien de la non-indexation sur l’augmentation du « coût de la vie ».
-    Rien sur la revalorisation des prestations sociales, si ce n’est un mode de calcul de l’APL qui pourrait sortir de son attribution nombre de bénéficiaires actuels.
-    Rien pour les jeunes, rien sur la garantie d’accès à toutes et tous aux études, quel que soit son milieu, et la répression à la place !
-    Une aggravation des attaques contre les services publics lorsque le gouvernement prévoit de compenser ces mesures par une baisse des dépenses publiques.
Pour la CGT, il y a plus que jamais urgence sociale ! Le gouvernement et le patronat n’y répondent pas.
Jamais la CGT n’agira en commun avec l’extrême droite et condamne ses actes et propos xénophobes, islamophobes ou sexistes.
Mais, lorsque les gilets jaunes dénoncent la précarité, le chômage, l’impossibilité de finir le mois, leurs propos convergent avec les revendications CGT :
-    augmentation du Smic pour le porter à 1800 euros ;
-    augmentation des salaires ;
-    augmentation du nombre d’allocataires de l’assurance chômage et du montant des indemnités ;
-    amélioration de la protection sociale pour atteindre le 100% sécu et la disparition du « reste à charge » ;
-    une politique de relance pour l’embauche plutôt que l’austérité encore et encore ;
-    augmentation des pensions de retraite et retrait des ponctions de CSG ;
-    débat sur la protection sociale et réforme fiscale pour un impôt juste ;
-    rétablissement de l’ISF immédiatement ;
-    amélioration des services publics, notamment dans l’éducation, la santé, les transports, etc. ;
-    amélioration de la démocratie sociale.
L’heure est à la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et les administrations pour élaborer des cahiers revendicatifs.
La CGT invite l’ensemble des salariés du privé et du public, des privés d’emploi, des retraités et des jeunes à participer à cette mobilisation.
Le 14 décembre, jour de la tenue de l’instance chargée de revaloriser (ou pas) le Smic, doit être une grande journée de grève, d’arrêts de la production et d’interpellation sous diverses formes des pouvoirs publics.
Toutes et tous ensemble, ayons comme exigence un autre avenir, un avenir de progrès et de justice sociale !

Montreuil, le 4 décembre 2018

 

Déclaration des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, et FSU se sont retrouvées ce jeudi 6 Décembre pour échanger sur l’actualité sociale. Elles rappellent que, depuis des mois, face aux inégalités sociales et territoriales, elles ont réclamé des politiques publiques permettant de la justice sociale. Elles rappellent aussi que, depuis des mois, elles ont appelé le gouvernement à les écouter à travers un véritable dialogue social. Aujourd’hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l’expression d’une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue. Nos organisations s’y engageront, chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible. Les sujets du pouvoir d’achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l’accessibilité des services publics, de la fiscalité doivent trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d’une transition écologique efficace parce que juste. Le dialogue et l’écoute doivent retrouver leur place dans notre pays. C’est pourquoi nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications. La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations. Cela suppose qu’elles soient larges, ouvertes et transparentes, au niveau national comme dans les territoires.
Paris, le 6 décembre 2018

 

 

 

Du 1er janvier au 31/12/2018 Smic mensuel 35 h (151,67 H)

SMIC Net   1148,47

SMIC Brut  1498,47

Smic horaire 2018 net  7, 58 euros

Smic horaire 2018 brut 9,88

seuil de pauvreté pour une personne seule = 1 026 €

Penicaut propose le 1er janvier 2019 une hausse de 62 centimes, passage de 1148 a 1210 nets

 

 

 

 

 

Marchons aussi le 8 décembre pour la solidarité climatique et le 14 décembre pour les salaires

Nous reproduisons ici une tribune d’une dizaine de formations politiques de gauche, dont la Gauche démocratique et sociale (GDS), appelant aux marches pour le climat. Cette tribune est à retrouver dans le journal Libération.

 

En décembre 2015, lors de la 21ème Conférence mondiale sur le climat, nous célébrions la signature de l’Accord de Paris, qui entendait limiter le réchauffement mondial à 2 °C et si possible viser 1,5 ° C. Trois ans après, le compte n’y est pas. La France pays hôte ne tient pas ses propres engagements, il en est de même de la très grande majorité des pays, certains pays se sont même retirés de l’accord. Par voie de conséquence le climat se réchauffe bien au-delà des objectifs de la COP21.

 

La démission de Nicolas Hulot fin août et la nouvelle publication du GIEC début octobre ont contribué à enclencher un réveil citoyen autour des enjeux écologiques qui deviennent prioritaires. Il s’est exprimé notamment par les deux marches pour le climat le 8 septembre et 13 octobre derniers qui ont réuni des dizaines de milliers de citoyens dans différentes villes françaises.

 

Plus récemment, la problématique de la justice sociale surgit avec force avec le mouvement des « gilets jaunes », né en réaction à la hausse des taxes sur les carburants, perçue comme socialement discriminante. Nous partageons le constat d’injustice sociale de cette mesure. En effet, en France, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient 4 fois plus de taxe carbone en pourcentage de leur revenu.

 

Nous pensons qu’en l’absence de solutions alternatives, cette seule hausse des taxes sera insuffisante pour conduire à des économies d’énergie et la réduction de pollutions, d’autant plus qu’elle ne concerne qu’une petite partie des produits pétroliers et que seule une partie minoritaire des recettes de cette taxe est réellement affectée à la transition écologique.

 

Cela dit, nous sommes tou.te. s convaincu. e. s que l’évolution du climat exige une réduction rapide de nos consommations et pollutions. Face à ces enjeux qui engagent l’avenir de l’Humanité, notre génération va devoir réinventer notre mode de vie et nos mobilités pour mieux articuler justice climatique, sociale et territoriale. C’est un défi sans précédent qui exige de l’intelligence et de l’unité.

 

C’est pourquoi nous nous sommes accordés, sur l’initiative du collectif #Unispourleclimat, sur les revendications suivantes pour lesquelles nous nous engageons :

 

1. Articuler justice climatique, sociale, fiscale et territoriale : la réduction des inégalités économiques et territoriales est nécessaire à la réduction des prédations et pollutions. Il faut compenser la mobilité contrainte des plus pauvres, renforcer les chèques énergie, rétablir la progressivité de l’impôt. Mettre fin à l’évasion fiscale des multinationales et des 1 % les plus fortunés, instaurer une taxation sur les transactions financières,et redistribuer les richesses. Pour faciliter une transition écologique socialement juste, il faut augmenter les salaires, les pensions, les retraites, les indemnités de chômage et les minimas sociaux, plafonner les revenus, rétablir l’ISF.

 

2. Réduire les mobilités contraintes : mettre en place des politiques d’aménagement du territoire qui diminuent les déplacements imposés aux personnes et les transports des marchandises, des circuits courts, des emplois et des services publics plus proches des domiciles, des services mobiles dans les zones rurales. Partager le travail en réduisant le temps de travail. Limiter l’étalement urbain. Abandonner les projets de nouvelles autoroutes qui favorisent l’usage de la voiture, contribuent à l’étalement urbain et à l’artificialisation des sols. Retourner à une gestion publique du réseau autoroutier en affectant les revenus des péages à la transition écologique.

 

3. Appliquer le principe pollueurs-payeurs : mettre fin à toutes les subventions aux énergies fossiles et aux taxes sur les transports en commun peu polluants, mais taxer les transports les plus polluants : avions (kérosène), camions, bateaux (fioul lourd). Nous demandons que l’ensemble de ces recettes soient réinvesties dans la transition écologique des mobilités, pour développer les transports en commun et de nouvelles lignes ferroviaires, le maintien des petites lignes ferroviaires, le covoiturage, le vélo, le fret ferroviaire. Il faut réorienter l’épargne sur les livrets de développement durable vers des activités 100 % durables et solidaires au lieu de l’investir dans les énergies fossiles. Interdire à terme la production et l’importation des véhicules essence et diesel. Par ailleurs, il faut engager une mutation de notre modèle agroalimentaire vers une alimentation biologique, relocalisée et moins carnée.

 

4. Mettre fin à la précarité énergétique : Il faudra investir d’une manière massive dans la rénovation des logements pour une économie de l’énergie et des coûts engendrés. Pour permettre à chacun l’accès à un logement économe en énergie, divers outils sont à mettre en place ou à renforcer : le recours à un système de tiers payant, la prise en charge du coût de l’audit énergétique, le doublement du fonds chaleur pour favoriser une baisse de la consommation dans les habitats collectifs, des prêts à taux réduit ou à taux zéro pour des investissements économiseurs d’énergie à destination des plus précaires, doublement du chèque énergie. Nous demandons que soient développés et améliorés les réseaux de chauffage public.

 

5. Créer des millions d’emplois pour le climat : développer les filières d’avenir (énergies renouvelables, rénovation des bâtiments, réseau de chaleur, économie circulaire, véhicules propres) et accompagner socialement ces mutations.

 

6. Organiser des états généraux décentralisés de la solidarité climatique : ouvrir à tous les échelons territoriaux, des lieux d’échange multi-acteurs autour de cahiers de doléance, pour décider ensemble des politiques de la transition écologique et solidaire à mettre en oeuvre en matière de fiscalité d’urbanisme, de transport, d’énergie, et d’agriculture. Une simple concertation ne suffit pas. Durant ces états généraux, mettre en place un moratoire sur la hausse des taxes pétrolières. Il y a urgence.

 

7. Mettre en place des normes écologiques sous contrôle syndical et citoyen dans les conseils d’administration des entreprises. Le renforcement du poids des salariés et des associations de consommateurs sur la production est la garantie du respect des engagements de l’accord de Paris et plus globalement d’une production compatible avec l’urgence sociale et climatique.

 

8. Exiger que la France tienne les engagements qu’elle a pris lors de la COP 21 en matière de réduction des GES, c’est-à-dire une baisse mesurable dès 2019 dans le cadre d’une stratégie zéro carbone pour 2050 qui nécessite que soit engagée une véritable politique de réduction de la consommation énergétique et de développement des énergies renouvelables. Dans le cadre de la COP 24, nous demandons que la France soit exemplaire et présente une feuille de route nationale bien plus ambitieuse que les dernières annonces de la PPE et défende un accord sur le climat contraignant qui intègre des mesures de solidarité climatique.

 

Sur ces bases, nous appelons à participer aux marches citoyennes pour le climat du 8 décembre organisées par des collectifs citoyens et des ONG #ClimateAlarm.

 

Les signataires : Diem 25, Écologie sociale, Ensemble !, Europe écologie les verts, Réseau coopératif EELV , Gauche démocratique & sociale, Génération·s, Nouvelle donne, Parti communiste français, Parti de gauche, Rassemblement des écologistes pour le vivant