Résultat des lois Hollande, El khomri et Macron Pénicaud

que dire ? ces gens ont cassé un siècle de droit du travail pour prétendument faire de l’emploi et de la croissance. La loi Hollande El Khomri ça fait deux ans, les ordonnances Macron Pénicaud ça fait un an : résultat

 

 

pour se sortir de la « crise » il y a deux forces sociales possibles sur lesquelles s’appuyer : le patronat ou le salariat,

ils ont choisi de s’appuyer sur le patronat, voila le résultat depuis 15 ans,

reste une autre solution s’appuyer sur le salariat

 

Comment Macron-Penicaud trichent avec les chiffres en hausse du chômage

Nous le savons depuis le début, Macron et son gouvernement font en sorte de casser le thermomètre plutôt que d’agir contre le chômage.

Ils ont décidé de retenir, comme indicateur officiel, celui de l’INSEE (calculé selon la méthode du BIT). Ce chiffre, obtenu au moyen d’une enquête menée par l’INSEE, ne prend pas en compte la précarisation de l’emploi puisqu’il considère qu’une personne ayant travaillé 1 heure au cours d’une semaine dite « de référence » n’est pas demandeuse d’emploi.

Selon l’enquête de l’INSEE, le nombre de chômeurs représenterait 9,4 % de la population active de la France entière et 9,1 % de la France métropolitaine, fin juillet 2018.

Ces 9,1 % correspondent à 2,5 millions de chômeurs.

Les chiffres de Pôle emploi sont très différents. Ils ont été publiés le 25 juillet 2018 et concernent les inscrits sur les listes de Pôle emploi fin juin 2018.

Le nombre d’inscrits fin juillet 2018 ne seront connus que le 27 août 2018.
Pour la France entière et pour les inscrits fin juin 2018 :
Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A s’élève à 3 440 500.
Ceux des catégories A, B et C à 5 941 200.
Ceux des catégories A, B, C, D et E à 6 238 900.

Très très loin, dans tous les cas de 2,5 millions de chômeurs de l’INSEE et du BIT.

Muriel Pénicaud a décidé de ne plus commenter que trimestriellement les chiffres de Pôle emploi, en se focalisant, qui plus est, sur les chiffres de la seule catégorie A. La DARES qui publie chaque mois les chiffres de Pôle emploi (Dares indicateurs) est pourtant une direction du ministère du Travail !

Cette utilisation des indicateurs du chômage est à lui seul tout un programme : le salariat précaire n’a rien à faire dans les statistiques du chômage. Si l’on a travaillé une heure au cours de la semaine de référence on n’est plus au chômage. L’objectif est évident : afficher (comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni) un taux de chômage (calculé selon la méthode du BIT)  autour de 5 %, en multipliant le nombre d’emplois précaires, sous-payés et de très courtes durée.

Ils pensent qu’ainsi, ils auront réglé le problème du chômage…

JJ Chavigne

grève le 5 septembre : appel intersyndical pour soutenir l’inspectrice du travail injustement condamnée, défendre les missions de l’inspection du travail et la liberté d’expression

Collaborateurs ?…

 

La DRH : – « Bonjour Monsieur l’inspecteur du travail, je vous présente mes collaborateurs… »
- Ah, vous avez des gens extérieurs à l’entreprise, ils ne sont pas déclarés ?
- Mais non, bien sûr, ils sont salariés. Ici, dans l’entreprise, bien sûr
- Pourquoi vous les appelez collaborateurs ?
- Mais on les appelle comme ça, ce sont des collaborateurs…
- Mais, Madame, vous savez ce qui caractérise un contrat de travail, c’est un « lien de subordination juridique permanente ». Je parle en droit. Tout salarié est « subordonné ». On ne peut à la fois, être « collaborateur » et « subordonné ».
- Monsieur l’Inspecteur on les appelle ainsi, par respect, pour les associer…
- Madame, le mot « collaborateur » n’existe pas une seule fois dans le Code du travail, restez donc sur un plan juridique, c’est clair : un « salarié » !
- Mais enfin monsieur l’Inspecteur, on a le droit d’appeler nos… nos collaborateurs comme on veut.
- Madame, vous faites de l’idéologie. S’il vous plait, pas avec moi.
- Comment ça ?
- C’est de l’idéologie que d’appeler un salarié « collaborateur ». Ça peut faire croire, qu’il est sur un pied d’égalité avec vous dans son contrat mais ce n’est pas le cas. C’est parce qu’il est subordonné qu’il a des droits. Le code du travail, c’est la contrepartie à la subordination. Supprimer la notion de subordination, ça enlève la contrepartie. Ça fait croire que dans l’entreprise, tous ont le même « challenge », le même « défi », sont dans le même bateau. Jusqu’à ce que le patron parte avec le bateau et que le salarié reste amarré sur le quai au Pôle emploi, et il s’aperçoit alors qu’il n’était pas collaborateur mais bel et bien subordonné…Le patron et le salarié n’ont pas les mêmes intérêts. L’un cherche à vendre sa force de travail le plus cher possible, l’autre veut la lui payer le moins cher possible.
- Là, monsieur l’inspecteur, c’est vous qui faites de l’idéologie !
- Vous croyez ? Le Medef veut remplacer la « subordination » par la « soumission librement consentie » (« compliance without pressure ») il espère comme ça enlever toute « contrepartie ». puisqu’il y aurait « collaboration » il n’y aurait plus besoin de droit. Il remplacerait le contrat de travail signé entre deux parties inégales par un contrat entre deux parties présumées égales c’est à dire par un contrat commercial. Tous VTC, tous Deliveroo. Tous Foodora. Tous Ryan air. Bon alors, les mots ont une importance cruciale, je propose d’arrêter tous les deux, Madame la DRH, et pour nous départager, de nous en tenir au droit du travail tel qu’il existe encore, au seul état de droit dans l’entreprise, donc on parle de « salariés » désormais. Uniquement.
- Bien mais c’est dommage, j’utilise « collaborateur » parce que c’est valorisant…
- C’est vous qui le dites ! Vous ne vous demandez pas pourquoi on n’a pas mis le mot « collaborateur » en 1945-46 dans le code du travail ?
- C’est une question de génération…On n’a pas le même sens pour le même mot…
- C’est certain. « Collaborateur », c’est marqué d’infamie. On n’a donc pas la même approche. Allez, n’en parlons plus, mais encore une fois, soyez correcte : appelez vos salariés des salariés…

 

Sauver Mamie Nova à Maromme 76 (groupe Andros)

Adressée à Frédéric Gervoson, Muriel Penicaud
Sauvez MAMIE NOVA à Maromme!
Pétition de jean claude AMAND
> pissy pôville, France
3 642
> Signataires
Je m’appelle Jean Claude Amand, j’ai 50 ans et je travaille comme conducteur de ligne de suremballage chez Novandie (Mamie Nova) depuis 30 ans. En tant que délégué syndical, je ne peux me résoudre à laisser supprimer tous ces emplois alors que des alternatives existent.
>
Pourtant, Andros, actionnaire de Mamie Nova, met des salariés à la rue alors qu’il accumule des milliards !
>
> 116 salariés sur 191 sur le site de Maromme. 116 familles touchées de plein fouet vouées au chômage avec toutes les répercussions que cela implique.
>
> Pourtant, depuis l’année 1949, cette laiterie tient une place importante dans l’industrie agroalimentaire. Elle fait également partie du patrimoine industriel et culturel de la ville de Maromme.
>
> Elle a traversé de nombreuses difficultés mais grâce à l’action des différentes générations de salariés qui y ont travaillé, au soutien des élus locaux de l’époque, elle avait jusqu’à présent résisté à tous les mauvais coups. Elle était passée du lait frais de haute qualité après la guerre aux desserts et yaourts.
>
> Bien que depuis quelques années le groupe Andros limitait volontairement les investissements et l’activité de l’usine, rien ne laissait prévoir qu’il ne resterait plus qu’un petit outil de travail en 2019 (pour combien de temps ?).
> J’en veux pour preuve le rapport annuel de l’expert du comité central d’entreprise qui a précisé que c’était l’usine du groupe la plus productive.
>
Il est faux de dire que les grandes usines sont plus rentables que les petites.
> Cette fermeture n’est donc pas fondée sur des raisons économiques mais politiques.

>
> C’est pour cette raison qu’il est très difficile, pour moi, d’expliquer aux salariés, à l’opinion publique, pourquoi ils veulent boucler aussi rapidement le site de Maromme.
>
> D’après moi, cette usine est victime du choix incompréhensible du groupe Andros de refuser d’investir pour maintenir un outil industriel dans la région. Il y a du lait en abondance de haute qualité, un gros bassin de consommation et c’est là ou est née Mamie Nova qui est aussi noble que Bonne maman.
>
Cette politique laisse sur le carreau les salariés qui ont tant donné et supprime un gros débouché pour les producteurs de lait locaux.
>
> Elle est victime, également, du discours démagogique du gouvernement en matière agricole, qui demande aux industriels de payer le prix plus cher aux producteurs (ce qui est justifié) et dans le même temps, il laisse les grandes surfaces continuer leur chantage sur les prix d’achat industriel afin d’augmenter, encore, leurs énormes profits sans que les consommateurs en profitent.
>
Dans cette affaire, les salariés sont les grands perdants car les industriels, eux aussi, veulent faire du fric et, visiblement, le groupe Andros en veut encore plus (pourquoi faire ?).
>
Alors on licencie à tour de bras. Voilà comment après le textile, la métallurgie, etc. on arrive à la liquidation de l’industrie agroalimentaire dans le bassin d’emploi dans la vallée du Cailly dont les salariés de WILD (ex Bras Foucard) en ont déjà fait les frais.
> En outre, on ne peut pas dire que l’urbanisation à outrance autour de l’usine depuis quelques années, nous ait aidés. J’ en veux pour preuve l’ancien parking face à l’usine de Mamie Nova.
>
- Je refuse tout projet immobilier sur le site de Mamie Nova Maromme.
> Voilà pourquoi je demande le reclassement du PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) afin que ce site soit réservé uniquement pour des activités industrielles ou tertiaires.
> Nous n’avons pas, non plus, besoin d’un supermarché de plus. Il y en a, largement, assez dans la vallée à tel point que certains d’entre eux commence à fermer.
>
- J’exige du riche groupe Andros que les salariés du siège social dont le département technique et pilote soient maintenus sur ce site. C’est possible, il existe des moyens techniques qui le permettent.
>
- Que 3 machines au lieu de 2 soient maintenues afin de maintenir le maximum d’emplois et que ce site ait une taille suffisante pour assurer sa pérennité.
>
> N’oublions pas que de nombreux salariés sont ou arrivent à un âge critique pour se placer sur le marché de l’emploi.
> Le projet qui nous est présenté aujourd’hui, s’il est maintenu, c’est ni plus ni moins qu’une fermeture demain.
> Alors, quel gâchis! Le pire c’est qu’au sommet de l’état on nous répète à longueur de journée que, plus les riches seront riches plus il y aura de travail. On voit le résultat…
>
> Il n’y a pas d’autres perspectives que le combat syndical et citoyen sinon ils vont continuer à licencier des gens et à porter atteinte à leurs revenus.
>
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Baser le niveau de votre retraite sur vos solides annuités acquises par votre travail ou les baser avec Macron sur un système aléatoire de points à valeur variable ?

L’article 75 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, votée le  17 décembre 2008, avait fixé la date limite du 31 janvier 2010 pour la remise d’un rapport du COR aux commissions sociales de l’Assemblée Nationale et du Sénat, sur « les modalités techniques de remplacement»  de notre système de retraite (système par annuité*) « soit par un régime par points, soit par un régime de comptes notionnels de retraite… »

En 2008, une étude d’Antoine Bozio et Thomas Piketty[1]« Pour un nouveau système de retraite » prônant l’adoption d’un régime de comptes individuels notionnels, tentait de démontrer la supériorité d’un tel régime sur le régime de retraites par annuités qui est le nôtre depuis la Libération.

Le rapport du COR concluait à la faisabilité d’un tel changement de système tout en soulignant ses multiples difficultés. Il précisait, surtout, qu’aucun système ne permettait par la simple vertu de la technique, de redresser des comptes déséquilibrés. Pour retrouver l’équilibre, le COR renvoyait donc les décideurs aux trois leviers traditionnels : le niveau des ressources, le niveau des pensions et l’âge moyen effectif de départ en retraite.

Danièle Karniewicz, Présidente de la CNAV soulignait, dans un entretien à l’Express[2], les risques d’un changement de système et notamment «celui de faire baisser les retraites… sans le dire clairement aux Français».

Tous les scénarios du COR étudiant les perspectives d’un tel changement de système estiment, d’ailleurs, à 15 %, en moyenne, la baisse du montant des retraites. Baisse qui viendrait s’ajouter à toutes les régressions programmées par les contre-réformes mises en place entre 1993 et 2013.

Retraite par points ou système de comptes individuels sont-ils des solutions ou est-ce préférable de garder nos repères ?

Ces deux systèmes sont, comme notre système de retraite actuel, des systèmes de retraite par répartition. C’est-à-dire que ce sont les cotisations collectées aujourd’hui qui financent aussitôt les retraites d’aujourd’hui et que les cotisations de demain paieront immédiatement les retraites de demain.

Avec ces deux systèmes, le calcul de la retraite se ferait sur la base de toute la carrière et non plus sur la base des 25 meilleures années dans le secteur privé ou des six derniers mois de salaires dans la Fonction publique. Cet allongement aux durées indéfinies avec des modalités de calcul nouvelles serait un  premier avantage non négligeable pour le MEDEF.

Ces deux systèmes permettraient surtout, une fois mis en place, de changer en douceur les paramètres qui programment l’évolution de nos retraites. Alors qu’avec le système des retraites par annuités qui est aujourd’hui le notre, le MEDEF et la droite savent que s’ils allongent la durée de cotisation, change l’âge légal de la retraite, supprime l’ « âge-butoir » des 65 ans, ils risquent de se retrouver face à une mobilisation d’ampleur du salariat. Ils se rappellent de 2003 et savent que la prochaine mobilisation sociale pourrait être encore plus importante et les obliger à céder ou à céder la place.

Avec l’adoption de l’un de ces deux systèmes, par points ou notionnels, ils n’auraient plus ce type de mobilisation à craindre. Le passage à l’un ou l’autre de ces systèmes leur permettrait, en effet, d’en finir avec les point de repère collectifs que sont l’âge légal de départ en retraite, le butoir des 65 ans et le nombre d’annuités de cotisation. Elle leur permettrait, également, de se débarrasser, de la contrainte d’avoir à assurer un taux de remplacement minimal du salaire.

Ces résultats seraient la conséquence, dans la retraite par points, de la diminution de la valeur du point. Ils seraient obtenus, dans un système par comptes notionnels, en laissant le « libre choix » au salarié de décider, tout seul dans son coin, soit de rester au travail (s’il a la chance d’être au travail…), soit de prendre une retraite, d’un niveau qui ne lui permettrait pas de vivre.

La retraite par points

Dans la retraites par points, l’équilibre financier du régime serait obtenu en jouant sur le prix d’achat des points et sur la valeur du point. Cette dernière, multipliée par le nombre de points acquis au cours de la carrière, permettrait de déterminer le montant de la retraite annuelle.

Le prix d’achat des points, depuis les réformes de 1993-1996 des régimes de retraites complémentaires du secteur privé, à l’exception d’un court intermède 2001-2003, augmente (au mieux) au même rythme que le salaire. La valeur du point*, quant à elle, augmente au rythme de l’augmentation des prix. Or, les salaires augmentent plus rapidement que l’inflation. Selon les dernières statistiques de l’INSEE, une fois neutralisée l’inflation, les salaires nets annuels du secteur privé ont augmenté en moyenne de 0,6 % par an entre 2002 et 2007[3].

Au total, le rendement des sommes collectées actuellement par l’ARRCO et l’AGIRC, a donc réduit, comme peau de chagrin, le montant des retraites complémentaires et programmé une baisse beaucoup plus importante pour les nouvelles générations qui ne bénéficieront pas du même prix d’achat des points que les précédentes. Mais cela n’a entraîné aucune mobilisation salariale. Les seules mobilisations qui ont eu lieu en défense des retraites complémentaires, se sont déroulées en 2001 parce que le MEDEF a voulu lancer le bouchon un peu trop loin et supprimer carrément la retraite complémentaire entre 60 et 65 ans. Il  suffit, en effet, au MEDEF, dans ces régimes gérés paritairement (50 % de sièges pour le patronat et  50 % pour les organisations syndicales) de trouver la complicité d’une ou deux organisations syndicales dites « représentatives » pour faire la pluie et le beau temps.

Le système de comptes notionnels individuels

Ce système singe les fonds de pension. Le salarié est sensé engranger, chaque année, un « capital virtuel » sur un compte. Ce capital n’est que « virtuel »puisque le système reste un système de retraites par répartition dans lequel les cotisations des salariés ne sont pas versées réellement sur un compte mais servent immédiatement à payer les retraites des retraités du moment.  Il n’y a donc pas de constitution d’une véritable épargne. Tout cela n’est que simulé. Comme dans les fonds de pension, ce capital, tout aussi virtuel qu’il soit, est revalorisé chaque année, comme s’il avait accumulé des intérêts. Le montant de la retraite est calculé en fonction du « capital virtuel » accumulé et de l’espérance de vie de la génération du futur retraité au moment de son départ en retraite. Plus cette espérance de vie est importante, moins le montant de la retraite sera élevé. Pour augmenter le montant de sa retraite, la seule solution est de reculer l’âge de son départ. Le système serait ainsi équilibré automatiquement. C’est exactement la logique des assurances privées dont la philanthropie est proverbiale, de leur «  neutralité actuarielle » et de leurs tables de mortalité.

Les contre-réformes depuis 1993 ont cherché à rapprocher notre système de cette logique assurantielle. La réforme proposée par Bozio et Piketty serait le couronnement de toute cette série de contre-réformes.

En Suède, le premier pays d’Europe à avoir mis en place ce type de retraite, en 1998, le système des comptes individuels notionnels n’assure que 60 % des retraites versées. Les 40 % restants sont assurés par une pension publique « de base » et par des fonds de pension. Bozio et Piketty proposent d’ailleurs de laisser tout ce qui relève de la solidarité de notre système de retraite à l’Etat.  Dans le système qu’ils préconisent, les modalités de calcul de la retraite calquées sur celles de la retraite par capitalisation ont une fonction idéologique évidente : faire croire aux salariés que toute retraite ne peut qu’être basée sur l’accumulation d’un capital et qu’adhérer à un fonds de pension ne serait qu’un petit pas supplémentaire.

Les limites et les dangers des retraites par points sont assez largement connus notre pays, puisque les deux régimes de retraites de complémentaires du secteur privé (l’ARRCO et l’AGIRC) fonctionnent selon ce modèle. C’est pourquoi, dans les paragraphes qui suivent, nous nous attacherons à montrer les dangers du système de compte notionnel et de la présentation pour le moins démagogique qu’en font Antoine Bozio et Thomas Piketty.

Quels seraient les gagnants et les perdants dans un système de comptes notionnels ?


Bozio et Piketty posent cette question mais, curieusement, passent complètement sous silence le fait que le grand gagnant de la mise en place d’un tel système serait le patronat puisque les cotisations retraites resteraient figées au taux actuel de 25 % (cotisations patronales plus cotisations salariales)[4]. C’est exactement ce que demande le MEDEF et ce pourquoi il se bat d’arrache-pied depuis tant d’années.

Les cotisations patronales stagnent depuis 30 ans alors que, à l’horizon 2050, le nombre de retraité augmentera considérablement. Mais Bozio et Piketty considèrent que le système qu’ils proposent aura « la même « générosité » globale»[5]que le système actuel. Ils dédouanent ainsi le patronat d’avoir, en priorité, à augmenter sa part des cotisations retraites.

Désigner des gagnants et des perdants pour ces deux auteurs consistent, au sein du salariat, à déshabiller Pierre pour habiller Paul et surtout ne pas toucher aux profits patronaux. Au total, d’ailleurs c’est l’ensemble des retraites qui diminuerait comme le prévoit, d’ailleurs, tous les scénarios du COR. C’est une ruse vieille comme le monde de la domination et du principe de « diviser pour régner »,  camouflé derrière une prétendue réduction des inégalités entre les retraites.

Le nivellement par le bas

Le calcul du montant de la retraite devrait, selon Bozio et Piketty, bénéficier aux salariés qui, durant toute leur carrière, sont restés cantonnés au salaire minimum puisque la retraite ne serait plus calculée sur les 25 meilleures années mais sur la totalité de la carrière[6]. C’est faux ! Le calcul sur toute la carrière ne changerait rien, en apparence, pour ces salariés puisqu’ils n’auraient pas de « meilleures années », toutes étant identiques et au plancher. Mais tout dépendrait, en réalité, des règles d’actualisation des salaires pris en compte. Si les salaires pris en compte étaient actualisées, comme aujourd’hui, en fonction de l’augmentation des prix et non des salaires, le calcul de la retraite sur 40 ou 42 annuités et non plus de 25 (ou sur les six derniers mois dans la Fonction publique) signifierait une baisse importante du montant de la retraite de ceux dont la carrière serait restée bloquée au plus bas.

Ceux dont la carrière a progressé seraient, certes, encore plus fortement pénalisés : Ils subiraient à la fois l’actualisation des salaires en fonction des prix sur la totalité de leur carrière et le calcul de leur retraite non plus sur leurs 25 meilleures années de salaire mais sur la totalité de leur carrière, soit 40 ans et plus.

Belle satisfaction pour les salariés dont les carrières auraient été bloquées : ils perdraient mais les autres salariés perdraient encore plus ! C’est exactement le nivellement par le bas souhaité par le MEDEF.

La perspective offerte par  Antoine Bozio et Thomas Piketty reviendrait, qui plus est, à accepter la situation qui sévit aujourd’hui et qui fait que des millions de salariés restent bloqué au niveau plancher pendant toute leur carrière. Pour justifier la réforme qu’ils proposent, Bozio et Piketty veulent faire jouer à la retraite un rôle compensateur à l’actuelle politique patronale de blocage des carrières et donc ne rien changer à cette politique. Plutôt que de construire un système basé sur la non reconnaissance des qualifications, il nous paraît nécessaire, au contraire de permette que cette qualification puisse évoluer, concrètement, grâce à une formation professionnelle de qualité, tout au long de la carrière de chaque salarié et que cette qualification soit reconnue par le droit du travail et les conventions collectives.

Quant à ceux qui ont eu des carrières incomplètes parce qu’ils ont été au chômage, en longue maladie ou ont eu des difficultés à accéder à un premier emploi, ils seraient lourdement pénalisés puisqu’au cours de ces années le « capital virtuel » accumulé serait nettement moins important que si le salarié était resté au travail. Or, la solidarité serait exclue du système des retraites et  les reconstitutions de carrières ne pourraient plus avoir lieu, comme aujourd’hui, en France.  En Suède, par exemple, le calcul se fait sur la base des allocations versées pendant le temps de chômage ou de maladie.

Mais Bozio et Piketty ont encore une corde à leur arc pour justifier un système qui signifierait une régression pour l’ensemble des salariés au nom de l’ « équité ». Pour ces deux auteurs, le calcul de la retraite devrait s’effectuer en fonction de l’espérance de vie par catégorie[7]. C’est cela qui devrait, selon eux, permettre aux salariés dont l’espérance de vie est moindre du fait de la pénibilité des travaux qu’ils ont effectués de percevoir une retraite plus importante. Les deux auteurs ont quelques difficultés à définir ce que pourrait bien être ces fameuses catégories et sur quels critères les définir. Les Catégories socio professionnelles de l’INSEE seraient trop larges. D’autres catégories risqueraient d’être trop étroites …

Là encore, il est évident qu’il s’agit de diviser pour régner et de construire un système qui tomberait tout à fait sous la critique que Bozio et Piketty réservent pourtant à notre actuel système de retraites : « Un système ou chacun suspecte les autres de mieux tirer parti des avantages en vigueur»[8]. Sur quels critères justifier, en effet, que les modalités de calcul puissent, par exemple, avantager (de façon toute relative) un ouvrier d’usine mais pénaliser une aide-soignante, un salarié de France-télécom ou une caissière de supermarché ?

Pire, le système que préconisent Bozio et Piketty justifierait les conditions de travail imposées par le patronat. La vraie question, que leurs propositions évacuent, est pourtant de permettre à tous les salariés d’avoir une espérance de vie élevée et donc, d’agir en amont, sur les conditions de travail elles-mêmes. Le système qu’ils préconisent justifie à long terme, au contraire, les pratiques patronales déjà si fortement ancrées. Ils reconnaissent d’ailleurs que « la logique de la compensation par la retraite » de la pénibilité de certains travaux ou de la faiblesse de certains salaires leur « semble source d’effets pervers »[9]. C’est pourtant  exactement la logique du système qu’ils proposent de mettre en place.

Le calcul du montant des retraites en fonction de l’espérance de vie pose un dernier problème et non des moindres. L’espérance de vie des femmes est supérieure de 4,8 ans à celle des hommes. Faudra-t-il, au nom de l’ « équité » dont se réclament Bozio et Piketty diminuer proportionnellement le montant de leurs retraites ? La femme qui aura réussi à devenir cadre, malgré toutes les embûches, n’aurait qu’à bien se tenir et prendre sa retraite à 70 ans ou se contenter d’une retraite qui n’aura pas grand-chose à voir avec son salaire d’activité.

La donnée sur laquelle repose tout l’édifice de ce système n’a rien à voir avec la réalité sociale


Le système préconisé par Bozio et Piketty serait un système totalement régressif s’il ne s’appuyait sur une donnée centrale : la revalorisation annuelle de 2 % (en plus de l’inflation) de toutes les années de cotisation[10].

On se demande bien de quel chapeau les deux auteurs ont sorti ce bel oiseau qui leur permet de prétendre, notamment, que les salariés aux carrières cantonnées au Smic, gagneraient à l’adoption de leur système ou que ces mêmes salariés ne perdraient rien à voir leurs retraites calculées sur la base de la totalité de la carrière plutôt que sur les 25 meilleures années.

Le problème est que ce chiffre de 2 % n’a strictement rien à voir avec la réalité sociale. Les 25 années prises en compte pour le calcul du salaire de référence qui sert de base au calcul de la retraite ne sont plus, depuis 1993, indexées sur les salaires mais sur les prix. Le salaire net moyen  a augmenté, nous venons de le voir, entre 2002 et 2007, au rythme moyen de 0,6 % par an, en plus de l’inflation. Mais Bozio et Piketty estiment qu’il serait possible de revaloriser les années de cotisations de 2 points de plus que l’inflation et donc de 1,4 point de plus que les salaires ! Quel rapport de force permettrait de réaliser ce miracle ?

Pour imposer une telle revalorisation annuelle au MEDEF et au gouvernement de Nicolas Sarkozy, il ne suffirait pas de discuter courtoisement dans des salons feutrés mais il faudrait une mobilisation sociale de très grande ampleur. Comment penser que les salariés pourraient se mobiliser pour le système prôné par Bozio et Piketty, c’est-à-dire pour un saut dans l’inconnu où disparaîtraient tous leurs points de repère (âge légal de la retraite, durée de cotisation, âge-butoir des 65 ans, nombre d’années prises en compte pour le calcul de la retraite, taux de remplacement…) ?  Que ceux qui sont prêt à se mettre la tête dans un sac et à faire confiance à Laurence Parisot et à Nicolas Sarkozy pour sauver leurs retraites lèvent la main !

Il est vrai que sans cette esbroufe, la proposition Bozio-Piketty se réduirait à ce qu’elle est en réalité : la perspective d’une régression considérable de nos retraites afin de ne pas augmenter les cotisations patronales et de faire une place de choix aux fonds de pension.


Un système où tous les risques reposeraient sur les salariés

Le système préconisé par Bozio et Piketty nous ferait passer d’un système à prestations définies à un système à cotisations définies. Le contraire exactement de ce pourquoi nous combattons.

Dans le premier système les cotisations doivent augmenter en fonction des prestations à fournir et donc, notamment, en fonction de l’augmentation du nombre de retraités. Ce système a été profondément altéré par le refus du MEDEF d’augmenter les cotisations retraites patronales et par les conséquences de ce refus : l’allongement de la durée de cotisation, la baisse du montant des retraites depuis 1993. Mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain et pour adopter un système à cotisations définies. Il faut au contraire défendre le « bébé » et revenir à un système où les cotisations augmenteraient en fonction de l’augmentation du nombre de retraités et de la reconnaissance par la retraite des qualifications acquises pendant le travail.

Dans un système à cotisations définies, les salariés ne seraient sûrs que du montant – à moyen et à long terme – de leurs cotisations. Le montant de leur retraite dépendrait du nombre du « capital virtuel » accumulé et de l’espérance de vie au moment de leur départ en retraite. La caisse de retraite ne s’engagerait qu’à percevoir les cotisations et ne s’engageraient à rien quant au montant de la retraites (comme le pratiquent la plupart des fonds de pension). L’équilibre financier s’établirait donc automatiquement au détriment des retraités et l’augmentation du nombre de retraités liée à l’allongement de l’espérance de vie serait mise, automatiquement, à la charge exclusive des salariés. Bozio et  Piketty reconnaissent, cependant, que ce système ne permettrait pas de faire face au « papy-boom »[11]et appellent à abonder le Fonds de Financement des Retraites, c’e qui revient, nous l’avons vu, à jouer en Bourse une partie de nos retraites.

Le système préconisé par Bozio et Piketty aurait une autre conséquence soulignée par les deux auteurs : « A partir du moment où dans le nouveau système proposé le taux global de cotisations de retraite est fixé à 25 % dans le public comme dans le privé, il est inévitable que la générosité globale des retraites des fonctionnaires décline »[12] .Pour compenser cette baisse de leur pension, les deux auteurs  proposent que cette baisse soit effectuée « en échange d’une augmentation structurelle de leur salaire »[13]. Mais ils doivent se rendre compte du scepticisme que rencontrerait leur proposition puisqu’ils ajoutent « Nous ne sous-estimons pas le caractère extrêmement délicat d’une telle transition, en particulier en termes de crédibilités des engagements salariaux de l’Etat »[14]. Ce n’est rien de le dire !

Dans un tel système, ce serait également aux salariés, d’assumer les chocs économiques qui pourraient se produire. Ainsi, en Suède, l’indexation des retraites sur la masse salariale (et non sur le salaire moyen) devrait, avec la récession qu’a connu la Suède,  entrainer une baisse catastrophique de 4,5 % des retraites en 2010[15].

Un système qui évacuerait toute solidarité de notre régime de retraite


Aujourd’hui, notre système de retraites est à la fois contributif (lié aux cotisations versées) mais aussi solidaire c’est-à-dire qu’il tient compte des situations de chômage, de maternité, de maladie en validant des trimestres, en attribuant des trimestres par enfant élevé, en majorant les retraites de celles qui ont élevés trois enfants ou plus, il reconstitue des carrières lorsqu’elles ont été par trop malmenées…

Dans le système préconisé par Bozio et Piketty, la solidarité serait, consciemment, totalement évacuée du système de retraite qui ne serait plus qu’un système contributif*. La solidarité serait mise, à part, à la charge de l’Etat : « Tous les avantages de retraites non contributifs sont financés par un budget séparé (un prélèvement distinct ou inclus dans le budget de l’Etat) de celui de l’assurance vieillesse »[16].L’expérience nous montre pourtant ce qu’il en est lorsque la solidarité est prise en charge par l’Etat. Elle devient de l’ « assistance » et ceux qui n’ont pas d’autres moyens pour survivre sont montrés du doigt, stigmatisés, leurs allocations constamment rognées. Avec l’abandon de la solidarité à l’Etat et les contre-réformes de nos retraites déjà mises en place, couronnées par le système prôné par Bozio et Piketty, nous reviendrions dans deux décennies à la situation qui prédominait dans notre pays, lorsque les « vieux » n’étaient  pas encore des retraités, mais des « assistés », lorsque vieillesse signifiait presqu’automatiquement pauvreté.

La désinvolture avec laquelle le gouvernement de Nicolas Sarkozy joue avec l’Allocation Equivalent Retraite (AER), d’abord supprimée au 1er janvier 2010 puis reconduite ensuite pour la seule année 2010 devrait pourtant être un clair avertissement de ce que signifierait laisser au bon plaisir de l’Etat les retraités les plus fragiles.

Un système qui ne serait pas plus lisible

Aujourd’hui, nous disent Bozio et  Piketty, les salariés ne s’y retrouvent pas car il existe 38 régimes de retraites. Il faut donc unifier tout cela.

Certes, ce serait mieux, mais les régimes actuels sont le produit de l’histoire et leur unification ne pourra se faire à la hussarde comme ils le préconisent. D’autant qu’il n’y a quand même pas le feu au lac. Aucun salarié, bien évidemment, ne dépend de ces 38 régimes de retraites à la fois. Dans leur étude, les deux auteurs reconnaissent eux-mêmes que « chaque retraité touche en moyenne des pensions provenant de 2, 3 régimes différents»[17]. C’est un peu différent de 38 !

Les efforts d’information faits par les caisses de retraites commencent à porter leurs fruits. Et surtout, la difficulté de savoir, aujourd’hui, quel sera le montant de sa retraite et à quel âge elle pourra être prise ne vient pas du nombre de régimes mais bien des contre-réformes qui cherchent à faire perdre tous repères aux salariés pour les détourner de la retraite par répartition.

Le régime transitoire durant lequel nous passerions du système actuel au système préconisé par Bozio et Piketty, devrait selon eux  s’étaler entre 10 et 20 ans. Pendant toute cette période, les 38 régimes mis en avant par nos deux auteurs coexisteraient donc avec le nouveau. Belle simplification en vérité au cours des 10 ou 20 prochaines années, les plus cruciales pour l’avenir de nos retraites. Une période où tous les coups seraient permis, tous les repères ayant été brouillés.

Gardons nos repères !

Un système où les  retraités n’auraient plus l’espoir de profiter de l’allongement de l’espérance de vie


La productivité du travail* augmente chaque année et avec elle la richesse de notre pays, le PIB. Avec le système préconisé par Bozio et Piketty, l’augmentation de la richesse de notre pays ne pourrait pas être utilisée pour permettre aux retraités de profiter de l’allongement de l’espérance de vie.

Le montant des cotisations serait plafonné à 25 % du salaire une fois pour toute. Aucune augmentation de ces cotisations ne pourrait desserrer l’étreinte dans laquelle serait pris chaque salarié : ou rester plus longtemps au travail ou partir en retraite avec un montant de retraite réduit proportionnellement à l’augmentation de l’espérance de vie de sa  génération au moment où il prendra sa retraite.

C’est exactement, là encore, la position du MEDEF qui espère bien que la part de la richesse nationale qui devrait revenir aux retraités pourra être captée par les profits des entreprises.

Bien sûr, notre système de retraite n’est pas parfait et souffre de bien des inégalités, d’autant que la droite et le patronat ont tout fait depuis 17 ans pour qu’il en soit ainsi. Nous proposerons au chapitre suivant des mesures concrètes qui permettraient de réduire ces inégalités par le haut et au dernier chapitre les moyens de financer ces mesures.


[1]Antoine Bozio et Thomas Piketty « Pour un nouveau système de retraite – Des comptes individuels de cotisations financés par la répartition » Editions ENS rue d’Ulm 2008.

[2]« Un changement de système ferait baisser les retraites » entretien à l’Express, par Corinne Lhaïk, publié les 28 janvier 2010.

[3]Insee- Les salaires en France, édition 2010. Tableau (P.5) « Le salaire annuel net moyen en 2007 d’un salarié à temps complet et son évolution annuelle moyenne sur la période 2002-2007 »

[4]Antoine Bozio et Thomas Piketty. Ibidem.  P. 17.

[5]Ibidem. P. 18.

[6]Ibidem. P. 37.

[7]Ibidem. P. 44.

[8]Ibidem. P.12.

[9]Ibidem. P. 58.

[10]Ibidem. P. 40.

[11]Ibidem P. 75.

[12]Ibidem. P. 66.

[13]Ibidem P. 66.

[14]Ibidem. P. 67.

[15]Alternatives économiques 26 novembre 2009 – « Retraites : le modèle suédois et ses limites » – Philippe Frémeaux, Wojtek Kalinowski.

[16]Antoine Bozio et Thomas Piketty. Ibidem. P. 15.

[17]Ibidem. « Introduction : pour une refonte générale de notre système de retraite ». P. 11.

 

 

« Le monde Benalla » de Macron ne passera pas

Non, la France n’est pas une « start up » comme le fantasme Emmanuel Macron.

le salariat monte partout, les sociétés sans statut reculent,

les sociétés civilisées développent leurs statuts, ne les suppriment pas

selon l’OIT il y a un milliard de salariés de plus dans les 30 dernières années, c’est l’économie informelle qui recule, Uber, les auto entrepreneurs, et le vendeurs de crêpes reculent, le travail « agile » de  Macron recule,  les débuts sans statuts du salariat remontent à d’anciens temps… depuis 170 ans, le salariat a progressé

le problème avec Macron c’est qu’il nous déphase, il incarne un terrible retour au passé, à contre courant de l’évolution réelle

lors du post esclavage, avant le salariat, il y avait les journaliers, les loueurs de bras, les besogneux, les tâcherons, les appointés, les trimardeurs,

en 170 ans, le salariat a conquis le code du travail, les conventions collectives, les IRP, les CHSCT, la médecine du travail, l’inspection du travail, la justice du travail, les durées du travail limitées, le smic, les qualifications, les grilles de salaires, 180 conventions de l’OIT dans 140 pays… , tout ce que Macron attaque et détruit chez nous

avec Macron c’est le monde Benalla post salarial, sans statut, c’est le retour des startupeurs, des autoentrepreneurs, des incubateurs, des developpeurs, des programmeurs, des pédaleurs, des Uberisés, Ryanisés, franchisés… il en a même à l’Elysée, 11 conseillers non déclarés, 14 barbouzes sélectionnés,

mais le monde réel ne va pas dans ce sens là et c’est pour cela que Macron va connaitre la déroute

 

La prétendue « vieille économie » des grands groupes industriels, du CAC 40, des 58 plus grandes multinationales françaises, règne de façon incontestable. En ce début de XXIe siècle, ce sont les grands secteurs des biens d’équipement, de l’automobile et de la chimie qui tirent la croissance du commerce mondial. La puissance des secteurs de la prétendue « vieille économie » – toujours neuve – est le résultat de deux bouleversements de l’économie mondiale : l’éclatement de la première bulle Internet d’une part, et l’insertion rapide de certains pays émergents dans les échanges mondiaux d’autre part.

Macron ne devrait pas pouvoir ignorer l’extrême centralisation du pouvoir capitaliste : trois chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich l’ont mis en évidence : « Les multinationales forment une structure de nœud papillon géanteet une grande part du contrôle est drainée par un cœur tissé serré d’institutions financières ». Ils identifient 43 060 firmes transnationales (Trans National corps ou TNCs), selon la définition de l’OFCE, et calculent que « à eux seuls, les 737 détenteurs prépondérants « maitres du monde » cumulent 80 % du contrôle sur la valeur de toutes les TNCs ». Ils en tirent la conclusion que « le degré de contrôle du réseau est bien plus inégalement distribué que la fortune ». En particulier, « les acteurs du haut de la liste détiennent un contrôle dix fois plus fort que ce qu’on attendrait sur la base de leur fortune ».

 

Pour ces trois chercheurs, ce ne sont pas les « start up » qui essaiment, c’est la centralisation extrême du pouvoir capitaliste : 147 TNCs « via un réseau complexe de relations de propriété » possèdent 40 % de la valeur économique et financière des 43 060 TNCs. Enfin, au sein de ce conglomérat de 147 multinationales, 50 « super entités » concentrent l’essentiel du pouvoir. Parmi ces « super entités » : Goldman Sachs, Barclays PLC, JP Morgan Chase & Co, Merrill Lynch, Bank of America corporation, mais aussi (en Europe), UBS AG, Deutsche Bank AG, et (en France) AXA en 4èmeposition, Natixis, Société générale, BNP Paribas.

 

Un tel réseau financier « densément connecté devient très sensible au risque systémique » et c’est au final un nombre extrêmement restreint de fonds d’investissements et d’actionnaires, au cœur de ces interconnexions, qui décident de restructurer les grands groupes industriels et de spéculer sur l’immobilier, le pétrole ou les dettes des pays du sud, ou contre la zone euro…

 

Macron nous propose que ces gens-là «  ruissellent » ou bien qu’ils soient nos « premiers de cordée » dans une foultitude de « start up » pour lesquelles il prépare notre pays à être un terrain de jeux dérégulés. Il y a erreur grave.

Le monde Benalla, qui contourne les statuts, les fonctions publiques, qui remplace la démocratie par une société à la Mad Max, qui échappe aux contrôles et triche avec les barèmes des sanctions, ce monde là va être balayé

 

Ca ne tient pas : la puissance du salariat  s’installe progressivement dans tous les pays. Pour fonctionner les entreprises ont besoin de salariés bien formés, bien traités, bien payés. Et même quand elles externalisent, ce besoin redevient vite vital.

 

La mécanisation, l’automatisation, l’informatisation, et la numérisation ont créé plus d’emplois qu’elles n’en ont supprimé en un siècle, dans la mesure ou il y a eu réduction du temps de travail : il y avait 9,5 millions de salariés du privé lors des 40 h du Front populaire de mai juin 1936, environ 11,5 millions lors de mai 68, et 17,5 millions en 2002 lors des 35 h pour tous. En 70 ans, malgré une guerre mondiale et deux guerres coloniales, on a produit plus, gagné plus, doublé le nombre d‘emplois, mais travaillé moins. Pourquoi cela ne continuerait pas ?

 

L’OIT (*agence des nations unies qui regroupe les représentants des gouvernements des employeurs et des salariés de 185 états), on le verra plus en détail ci dessous, estime qu’il y a un milliard de salariés de plus dans les trente dernières années et le salariat a atteint 50 % des actifs, 2,5 milliards des emplois dans le monde. 40 % des travailleurs de la planète bénéficient d’un contrat permanent à temps plein même si le chômage de masse (201 millions de personnes) plombe la situation, et si des contrats à court terme et à horaires irréguliers sont encore plus nombreux.

 

 

Fraude géante aux travailleurs détachés

Une page entière du Monde du 27 juillet, rend compte d’une enquête des services de lutte contre le travail illégal dans l’Ain. Elle a duré 3 ans, de 2015 au 18 juin 2018. 90 gendarmes, 40 fonctionnaires ont durement prouvé que sociétés écrans et patrons voyous trafiquaient 516 salariés victimes d’origine polonaise, qui bossaient pour des gros propriétaires maraichers, entre Valence et Bourg en Bresse, 8 à 9 mois par an, 50 à 60 h par semaine, 5 euros de l’heure, voyage en bus depuis Lodz payé à leurs frais, logés dans des mobil home entre 300 et 600 euros ou dans des  conteneurs d’une chaleur épouvantable, cotisations sociales non versées (un préjudice de 2,5 millions d’euros pour les caisses sociales).

 

« La frontière est poreuse entre travail illégal et traite des humains » titre le journal. Les patrons français complices, donneurs d’ordre, s’exonèrent de payer les cotisations sociales, rognent les salaires, maximalisent les durées du travail, dans des conditions inhumaines. Un trafiquant déjà été condamné en 2007, puis en 2009, a été déféré à un juge, pour « travail illégal par dissimulation d’activité salariée », « marchandage et prêt illicite de main d’œuvre »  et blanchiment de ces infractions (200 comptes bancaires bidons). Le même trafiquant s’apprête pourtant à ré-ouvrir une autre fausse agence d’intérim,  (elle s’appellera sans doute « Pol-térim » à la place de « Pol Service ») et dans le Haut-Bugey des Slovaques viennent pour d’autres activités de bûcheronnage.

 

« En 2017 le montant du préjudice fiscal et social engendré serait de plus de 99 millions d’euros ». La fraude aux « travailleurs détachés » représenterait 45 % des « affaires » sur 18 dossiers locaux traités par les services de contrôle si faibles en effectifs et la justice si faible en moyens.

Quand on sait qu’il y a actuellement 516 000 travailleurs détachés soit mille fois plus que ces contrôles, on crie devant l’ampleur de ces crimes sociaux et l’ampleur des mensonges de Macron qui prétendait y avoir mis fin.

 

Gérard Filoche

 

lire chaque semaine l’humanité dimanche rubrique « au boulot » n°402 8° année

 

Stopper Macron… et l’élection d’un président au suffrage universel, pour une 6° république parlementaire

 

S’il y avait encore un doute sur la nocivité de la constitution de la V° République et d’un président au suffrage universel, l’élection d’Emmanuel Macron l’a levé.

 

On a atteint le summum de la caricature de démocratie qui consiste à mobiliser 46 millions d’électeurs pour en choisir un seul et concentrer absurdement et par là même tous les autres choix politiques. Record d’abstentions au deuxième tour décisif de la présidentielle depuis 1969 : 25,38 %. Auxquels il faut ajouter quatre millions d’électeurs, 11,5 % des votants, qui ont glissé un bulletin nul ou blanc.  Enfin record absolu aux législatives avec 58 % d’abstentions au second tour.

 

Le prolongement, à quelques variantes près, d’une même politique libérale, induisant inégalités aggravées et chômage de masse, a usé les grands partis institutionnels et traditionnels depuis 40 ans. PR et PS se sont effondrés, l’un parce qu’il est trop à droite, corrompu et que même sa base traditionnelle doute et louche vers Le Pen, l’autre parce qu’il s’est libéralisé, a trahi la gauche, et que sa base sociale est sévèrement déçue et amère. La droite, de Balladur à Chirac et de Sarkozy à Fillon, a fini par cesser d’être crédible même aux yeux de son électorat le plus fidèle. La gauche pourtant novatrice des premières années de Mitterrand, et des 35 h sans perte de salaire avec Lionel Jospin, a fini par laisser place à une triste et pâle copie libérale avec François Hollande. Comme le disait Jean D’Ormesson : « Macron n’a pas de socle, il vit de la chute des autres ».

 

 

Du coup,  le putsch d’un homme de cabinet a pu réussir, et Emmanuel Macron s’est fait élire à la surprise générale « Président de la République ». Il a suffi de faire le coup du « neuf », du « renouveau » de l’anti vieux partis. Il a même osé donner ses initiales à son mouvement de circonstance : « EM ». Avec seulement 8 à 13 % d’adhésions à sa personne, avec 24 % de voix au premier tour, Macron a bénéficié, par trois façons, de ceux qui votent « par défaut » :

-                pour lui du fait de la trahison Hollande-Valls et de la division de la gauche Mélenchon-Hamon,

-                pour lui contre Fillon

-                pour lui contre le Pen.

Et hop, le tour est joué.

 

Cela paraît inouï.  C’est arrivé prés de chez vous, dans un grand et vieux pays comme la France.

 

( C’est comme ça qu’on a un apprenti Jupiter, Bonaparte aux petits pieds qui se met en place sa garde prétorienne, les Benalla, Crases, Miserski, etc… )

 

Les seuls oligarques, les chefs des grandes banques, ceux du CAC 40, du Medef, et les 9 milliardaires qui possèdent 95 % des médias ont réussi une martingale : faire élire envers et contre tout un poulain, leur créature intégrale. Ils lui ont donné jusqu’à 16,7 millions d’euros à dépenser pour sa campagne (631 donateurs fortunés auraient versé 3,1 millions selon Médiapart- alors que lui-même, pourtant gagnant de plusieurs millions dans ses ex activités de trader,  ne déclarait curieusement qu’un patrimoine de 35 514 euros, moins que Nathalie Artaud et tout juste un peu plus que Philippe Poutou). Et hop, ils ont pu, grâce à cela, tous, se passer de négocier, soit avec l’UMP, soit avec le PS,  finie l’alternance et ses aléas, ils ont fait élire leur homme à eux comme s’ils l’avaient sorti d’une imprimante 3D.

 

Au « centre »… de la finance.

L’arbre des causes qui a abouti à ce résultat.

 

Lorsqu’en 1962, le général de Gaulle avait imposé ce système présidentiel par referendum, le but affiché était de mettre en place la pièce électorale stabilisatrice pour un pouvoir fort. C’était censé assurer la pérennité de la droite au pouvoir pour des décennies.  Mais on a vite eu la preuve que ce type de scrutin c’était « l’agence tous risques ».

 

Déjà, son inventeur, De Gaulle, qui ne croyait même pas nécessaire de mener campagne pour l’emporter,  avait été mis en ballotage dés décembre 1965. Un certain Jean Lecanuet, qui se voulait déjà un « homme neuf » dans une « France en marche »  ancêtre, déjà aux dents blanches d’Emmanuel Macron y contribua.

 

Puis, la grande grève générale de Mai 68, l’une des plus fortes lames de fond de l’histoire de l’humanité,  avait bousculé tous les calendriers  et rapports de forces. Pompidou, Chaban-Delmas, Giscard d’Estaing, Chirac et Raymond Barre, eurent bien du mal à gouverner. Mitterrand s’y reprit à trois fois, et sa victoire en 1981 fut un effet différé de mai 68 après une décennie de luttes de classes. S’il l’emporta une seconde fois, en 1988, ce fut grâce à sa politique de gauche des années 1981-83.

 

La droite classique, orléaniste et bonapartiste, contaminée par la mode reaganienne et thatchérienne ne cessa de se plaindre d’une gauche au pouvoir, qui, sans aller bien loin à gauche, réussissait quand même à freiner l’arrivée des excès libéraux anglo-saxons.

 

Par deux fois, elle crut y parvenir en 1986, et en 1993, jusqu’à ce qu’elle reçoive le coup de grâce à cause de la fausse manœuvre de la dissolution de l’Assemblée en avril 1997, puis de l’élection de Lionel Jospin qui instaura les 35 h par la loi sans perte de salaire, renforçant le code du travail, et permettant que l’an 2000 soit le meilleur cru de toutes les annales de notre histoire sociale.

 

Le vieux CNPF en mourut, son chef Jean Gandois, allant jusqu’à démissionner, fait sans précédent, en direct, sur le perron de Matignon, le 10 octobre 1997, affirmant qu’il allait nommer à sa place des « tueurs » pour « faire la guerre au gouvernement Jospin contre les 35 h ».

 

Le Medef remplaça le CNPF, tint de 1999 à 2001, de longues « assises » vengeresses de « Refondation » Ils rénovèrent leur corpus idéologique, et ils freinèrent alors et battirent le dernier grand premier ministre de gauche, Lionel Jospin, dans le but d’en revenir à la course forcenée de l’imitation du libéralisme anglo-saxon.

 

Les « écuries » présidentielles, mises en place sur des décennies, eurent de plus en plus de mal à franchir la difficile course d’obstacles qu’était devenu ce scrutin. Jacques Chirac dut aussi s’y reprendre à trois fois pour gagner tardivement en 1995 et encore à la surprise générale en 2002. L’extrême droite et les Pen, profitèrent de cette usure et désaffection. L’activiste et agité Sarkozy réussit à passer en 2007 mais en discréditant encore plus l’institution.

 

Avec le temps, la V° République et ses écuries, sélectionnant des vieux candidats et partis traditionnels blanchis sous le harnais, se montrait d’autant plus fragile que la crise sociale s’intensifiait : des millions d’électeurs se lassaient que les grands élus ne changent rien à leur sort ou se contentent de l’aggraver.  Le chômage de masse et le chantage à la « crise » rongeaient le civisme. Les électeurs votaient chaque fois pour éviter que le libéralisme perdure, mais étaient vite cruellementdéçus de plein fouet parce qu’après la droite, la gauche ne le combattait pas assez ou, pire, y cédait, et que se poursuivaient les pillages de la finance, les corruptions et scandales (Offshore leaks, Luxleaks, Swissleaks, Panama’papers, Paradises papers)dans les paradis fiscaux, les licenciements abusifs et boursiers et le chômage de masse, les inégalités, la précarité, la misère…

 

Le système du « présidentialisme » est ainsi devenu à la fois fort et faillible.

 

Il concentre absurdement les illusions et les faux rejets. Le principe même de la personnalisation de la politique dépolitise les personnes. En prenant le pas sur toutes les autres, cette désignation centralisée écarte, déprécie les forces vives, les corps intermédiaires, les syndicats, les associations, les partis, la vie citoyenne tout simplement. Cela éloigne la majorité du peuple de la volonté et de la capacité démocratique de décider et d’agir. C’est devenu un terrain de manipulation, une occasion de « coups », de sondages auto réalisateurs, et de « grand jeu » asphyxiant, sur-calculés par les puissants médias.

 

Unique en Europe, c’est un système plus monarchique que républicain basé sur un mode de scrutin binaire et une mécanique de sélection-élimination d’un « roi ». C’est un système pervers qui n’a cessé d’élection en élection de révéler des limites risibles. On peut imaginer que dans quelques décennies et  quelques progrès de civilisation,  nos enfants se moqueront du fait que 46 millions d’électeurs aient pu être contraints, à intervalles de 7 ans puis de 5 ans, pendant au moins 55 ans, d’élire de cette façon réductrice, un « chef ». Comme si un grand peuple moderne et éduqué pouvait atrophier ainsi sa conscience démocratique, renoncer à sa liberté collective, abdiquer son indépendance citoyenne.

 

Ce type de système élitiste, conservateur, engendre « à la roulette », aléas et surprises quand il est fragilisé. C’est alors que des aventuriers, des apprentis Bonaparte, Boulanger, Raspoutine, Rastignac ou Tapie de passage,se glissent entre les filtres, échappent aux plus anciens et plus compétitifs des « staffs présidentiels », profitent de la concentration des grands médias, et parviennent à manipuler les classes sociales en présence et à duper les corps intermédiaires traditionnels.

 

L’impensable est arrivé en 2017 avec cette victoire imprévisible, inattendue et spectaculaire de l’aventurier Emmanuel Macron.

 

ceci est extrait de :

 

un livre de 800 000 signes, 400 p, la meilleure et la plus complète des analyses détaillées de toute la politique « post salariale » pour « une société sans statuts » pour la « suppression des cotisations sociales »  de Macron-Thatcher

 

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Records d’audience Macron-Benalla-Crazes-Miserski : 3 051 609 tweets publiés par 203 858 internautes

Plus de 3 millions de tweets en une semaine

En huit jours, 3 051 609 tweets ont été publiés par 203 858 internautes, déclare à franceinfo Visibrain, plateforme de veille des réseaux sociaux. À titre de comparaison, environ 500 000 tweets avaient été publiés, une semaine après le début de l’affaire Fillon,à quelques mois de la présidentielle de 2017.

La plateforme note qu’Emmanuel Macron et son gouvernement sont directement pris à partie sur les réseaux sociaux puisqu’un tiers des messages publiés sur l’affaire interpellent directement le président de la République. De son côté, le spécialiste de l’étude des réseaux sociaux Nicolas Vanderbiest précisait, le 23 juillet, sur son blogque « le volume déployé est tout simplement gigantesque puisque 1,5 million de tweets [autour de Benalla] [ont] été échangé[s] en moins d’une semaine. À titre de comparaison, #MeToo, #BalanceTonPorc et #JeSuisCharlie sont inférieurs ».

Un fort engagement sur Facebook

« Ça fait le buzz sur Twitter, le réseau social du microcosme parisien, mais sur Facebook, où sont tous les Français, ça ne prend pas plus que ça », a avancé un collaborateur du Premier ministre, Edouard Phillipe, auprès du Parisien, samedi 21 juillet.

Là encore, l’argument résiste mal aux chiffres. Certes, sur Facebook, les données exhaustives restent délicates à avoir. S’il est possible, en effet, de quantifier les messages partagés publiquement sur la plateforme, 20 266 posts dans le cas de l’affaire Benalla, une grande partie des posts privés ne peuvent être pris en compte.

Toutefois, d’après des données SocialBakers, qui analyse les réseaux sociaux, la page Facebook du Monde.fr a enregistré une augmentation de 67% des interactions – likes, commentaires, partages – sur les contenus, portés particulièrement par l’affaire Benalla. Ce qui a d’ailleurs permis de dépasser le niveau d’interactions enregistrées le soir et le lendemain de la Coupe du monde. Et sur la page Facebook du Parisien, celles-ci ont augmenté de 57% depuis le début de l’affaire Benalla, par rapport au niveau moyen de la page.

Des recherches en forte en hausse sur Google

Mais l’intérêt des Français dépasse le simple cadre des réseaux sociaux. Ainsi, sur Google, les recherches autour du terme « Benalla » dans la catégorie « Actualités » rattrapent presque celles opérées sur « Coupe du monde » réalisées le soir de la finale. Et le 18 juillet, jour des révélations du Monde, la recherche « Alexandre Benalla » était largement en tête avec plus de 500 000 recherches – 10 fois plus que l’accident mortel de l’A7, deuxième actualité du jour.

France Info. 27/07/2018.

 

et encore on attend : apres Benalla, Crazes reste Mizerski

 

affaire Macron : celle la elle est belle, les 3 la main dans le sac Mizerski, Benalla, Crases 3 des barbouzes recensés directeurs adjoint et « charges de mission » de l’Elysée et de LREM au boulot