Campagne contre la loi Macron pour sauver nos dimanches : réunions Ageca à Paris le 4 décembre, dans le 19° le 9 décembre, dans le 4° le 12 décembre ,

« Nous aurons nos dimanches » JJ Goldmann

le 4 décembre à Paris « Assemblée populaire » sur le projet d’extension du travail du dimanche et en nocturne, prévu dans la loi Macron.

débat éclairant et contradictoire  à 17h30 jeudi 4 décembre, salle AGECA, 177 rue de Charonne, 11ème arrondissement  (métro Charonne ou Alexandre Dumas). La soirée durera trois heures environ.

déroulement en deux « moments » :

-  Premier moment : questions économiques et sociales. Travail du dimanche vu et défendu comme « relance économique », « création de richesses » avec augmentation de salaire promise ; dans ce cadre, seraient abordés : l’argumentation touristique, les Puces, etc. Ainsi que précarité, travail des femmes, travail des étudiants, santé au travail (nuit…)

- Deuxième moment, les questions de société : quelle société voulons-nous ? Avenir  des commerces de proximité au centre-ville ou les quartiers, « liberté » des consommateurs, rythmes de vie choisis ou imposés (horaires, crèches, décalages divers…), coûts écologiques divers.

prises de paroles animées par un journaliste.

Nous proposons qu’interviennent dans le premier moment : un-e représentant du CLIC-P (intersyndicale CGT, UNSA, SUD, CFDT),  M. Eric Heyer (économiste OFCE), un-e représentant de la CGT inspecteurs du travail), M. Gérard Bohelay de la  CGPME (section commerce), M. Gérard Filoche (inspecteur du travail retraité),  un-e élu-e de Paris.

Et dans le deuxième moment : association Femmes-Egalité, CLIC-P (1), Confédération des commerçants de France, association contre Europacity à Gonesse, l’UNEF, un-e élu-e de Paris, l’Association Les Amis du Dimanche, l’Indecosa-CGT (structure intervenant sur les questions de consommation).

Une Conférence de presse aura lieu le mardi 2 décembre à 11h au Café le Cadran, 79 rue du Faubourg Saint-Denis (métro Gare de l’Est ou Château d’Eau).

à votre disposition pour recevoir vos remarques et suggestions.  Jean-Claude Mamet

 

Ensuite, je parlerai du dimanche dans le 19° arrondissement avec Vive la gauche Ps le mardi 9 décembre

et encore avec Evelyne Zarka  dans le 4° arrondissement avec des représentants du BHV le vendredi 12 décembre

Etats généraux du PS 6 décembre : nous refusons de voter pour une (trés mauvaise) « charte » dont la fonction est de faire diversion au débat du congrès du PS de juin 2015

Nous ne voterons pas pour cette « charte » mauvaise, esquivant les débats en cours sur la politique du gouvernement, ignorant les positions des militants, et moins correcte que la déclaration de principes du PS de 2008. Tout cela est une opération baratin, fumée, non démocratique à la veille du Congrès de juin 2015.

 

on nous fait voter du vent pendant que passe la loi Macron et son cortège de réaction

Le Parti socialiste traverse une grave crise politique. La majorité de ses membres est vraisemblablement en désaccord avec la politique de baisse du « coût de la force de travail » que le gouvernement Valls met en œuvre et qu’il prétend conduire en leur nom.  L’opposition à cette politique se manifeste par des résolutions critiques et notamment par l’exigence de l’organisation rapide du congrès.

Nous préparons le congrès du PS

Celui-ci permettrait d’élire une nouvelle majorité de direction, représentative de la majorité de la base et favorable à une politique socialiste, en remplacement de la direction actuelle qui, majoritairement, soutient la politique néolibérale du gouvernement Valls.

Statutairement, ce congrès aurait dû se tenir en ce quatrième trimestre 2014. Mais, pour les dirigeants actuellement majoritaires, son report au delà de cette date avait une double fonction : d’une part, attendre l’inversion de la courbe du chômage, pour justifier la politique suivie mais en vain, et d’autre part, décourager les opposants, pour en pousser suffisamment à la démission avant la tenue du congrès. Ce plan connaît seulement une demi réussite puisque la majorité du bureau national a dû concéder qu’il se tienne les 5, 6 et 7 juin 2015.

Une charte pour faire diversion

Pour meubler le temps en attendant un congrès qu’elle voulait organiser en 2016, la majorité du BN a décidé d’organiser des états généraux socialistes. Pour tenir leur rôle de rideau de fumée, ces états généraux devaient déboucher sur un texte qui refuse de se prononcer sur la politique actuelle et prétende synthétiser les contributions militantes.

C’est pourquoi les questions soumises aux socialistes désireux d’écrire une contribution étaient d’une grande généralité qui les invitait à écrire des textes « hors sol ». Pour rester conforme à cette exigence, le texte de « synthèse », adopté par le BN du 18 novembre (24 voix à 9) et soumis au vote des socialistes le 3 décembre, se situe à mille lieux au dessus des contributions militantes et est interdit d’amendements.

Il se présente comme une charte et constitue une nouvelle « déclaration de principes », aussi inutile que celle de 2008, plus de deux fois plus longue mais plus succincte en ce qui concerne le Parti socialiste et sa trajectoire historique. Le terme de « nouveau progressisme » y devenait l’identité du Parti socialiste.

Unité de la gauche ou stratégie de troisième force ?

Ce mot de « progressisme » est passe-partout. Il est creux et partagé autant par la gauche que par le MoDem, l’UDI et l’UMP. Mis à la place de « socialisme », il servait Manuel Valls qui veut faire disparaître notre identité de « socialistes » et annonce que la gauche va mourir.

Ce « nouveau progressisme » a été censuré par le BN mais restent les références au « progrès humain » qui ont la même fonction : le congrès de juin devra choisir entre, d’une part, l’unité de la gauche qui nous conduisit au pouvoir, et d’autre part, l’alliance avec la droite libérale (de Bayrou à Juppé et Le Maire). Celle-ci fut la stratégie de Guy Mollet et conduisit la SFIO à descendre à 5 % lors de la présidentielle de 1969.

Cette charte est une liste des droits et libertés pour lesquels se prononce le mouvement socialiste comme toute la gauche. Elle évite soigneusement toute formulation précise qui s’opposerait à des mesures gouvernementales récentes. Mais elle ne peut pas cacher les contradictions entre le dire et le faire.

Qu’on en juge.

La charte de l’identité socialiste affirme le « primat du politique sur l’économisme », mais le gouvernement confie les clefs de l’économie française au MEDEF !

Elle met en avant la « solidarité », mais les ressources de la Sécurité sociale, des retraites, de l’assurance chômage stagnent ou diminuent alors que le chômage, la précarité et la pauvreté ne cessent d’augmenter !

Elle regrette la « détérioration du rapport de forces entre le capital et le travail ». Mais la loi Sapin de 2013 précarise l’emploi et sécurise les licenciements, l’affaiblissement continu du  Code du travail fragilise toujours plus les salariés au profit du patronat, alors que les pactes de « compétitivité » et de « responsabilité » redistribuent les richesses à l’envers : des salariés, chômeurs et retraités vers les entreprises dominées par les grands groupes !

Elle veut un « Etat stratège ». Mais l’Etat cède une à une ses participations dans les entreprises publiques, la SNCF est mis en concurrence avec le secteur privé, le budget de l’Etat est sous la surveillance étroite de Bruxelles, le bilan de la Banque Publique d’investissement représente moins de 3 % de celui de la BNP-PARIBAS et l’investissement public est sacrifié !

Elle souhaite l’« encadrement de la Finance ». Mais la loi bancaire  ne cantonne que 1,5 % des activités des banques dans des filiales spécifiques alors même que la spéculation représente 78 % du total des activités du secteur bancaire et notre ministre des Finances cherche à vider de son contenu la taxe européenne sur les transactions financières (déjà peu consistante) !

Elle considère que l’Europe n’est pas suffisamment « démocratique ». Mais elle ne remet pas en question la ratification du traité de Lisbonne grâce aux voix de la majorité des parlementaires socialistes !

Elle souligne le besoin de « démocratie », mais elle oublie la Constitution de la Ve République et les pouvoirs exorbitants qu’elle attribue au président de la République, au détriment du Parlement !

Dès maintenant, ouvrons le débat du congrès socialiste !

Résoudre la crise de la gauche, c’est remettre la direction du PS sur le droit chemin : c’est la politique gouvernementale que nous devons mettre en cause.

Nous ne votons pas contre une charte dont le contenu est rédigé pour ne déplaire à personne.

Mais nous refusons de voter pour une charte dont la fonction est de faire diversion pour retarder le débat d’orientation.

Nous refusons de participer à ce vote, nous pouvons glisser dans l’urne un bulletin vierge où aucune case n’est cochée.

 

Pierre Ruscassie

D&S n°219 est paru + agenda 2014 finalisé

 

Agenda Gérard Filoche 2014

1er semestre :

Tous les mardis de 17 h à 19 h bureau national du PS

Samedi 8 février : réunion PS municipales à Cabourg (14) (70 Personnes)

Mercredi 12 février : réunion municipales PS à Feurs (42) (75 personnes)

Jeudi 13 février : réunion Attac à Arras (62) (90 personnes)

Jeudi 6 mars : Prud’hommes et Cie, Courbevoie 19 h  (35 personnes)

Jeudi 13 mars : formation CGT à Orléans (60)

Vendredi 14 mars : réunion à 18 h 30 Paris 10° (45)

Lundi 17 mars : réunion CGT à Annecy répression syndicale, inspection du travail (110)

Jeudi 27 mars : réunion à Colmar 68 (60)

Jeudi 1er mai : CGT Carcassonne (200 + 30)

Vendredi 16 mai : réunion dans les Yvelines 78 (80)

Lundi 26 mai : séminaire La Rochelle 17 (70)

Samedi 31 mai : plateau des Glières 74 (2000)

Mercredi 4 juin : réunion PS MJS Dunkerque 59  (60)

Samedi 7 juin : « les socialistes affligés » (80)

Jeudi 12 juin : Itrac Aurillac Cantal PS 15 (150)

Vendredi 13 juin : Périgueux Attac 24 (60)

Vend 20, sam 21, dim 22 juin : rassemblement socialiste contre l’austérité Bellerive sur Allier 03 (300)

Samedi 28 juin : Réunion gauche et PCF à Argelès 66  200

Jeudi 28 août : réunion socialiste à Cognac (110)

Vend sam dim 29, 30, 31 septembre : La Rochelle : université d’été du PS

Vend sam dim 12 13 14 : fête de l’Huma

Dernier trimestre 2014

Tous les mardis BN du PS de 17 h à 19 h 30

jeudi 2 octobre : banquet républicain PS à St-Etienne-du-Rouvray (76) (220)

Samedi dimanche 4 et 5 octobre : réunion MLG à Bierville 91 (220)

6 au 14 octobre : réunions FSU  UNEF ATTAC  à La Réunion 97 (200 + 200 + 250)

Vendredi 17 octobre : réunion CGT à Dives-sur-Mer (14) avec Thierry Lepaon (230 p)

Lundi 20 octobre : réunion à Clermont-Ferrand (Librairie Les Volcans) 63 (80)

Mercredi 22 octobre : avec la CGT jour Nîmes le soir à Alès (30) (200 + 250)

Jeudi 23 octobre : réunion PS à Reims (51) (80)

Lundi 3 novembre : avec la Cgt et la librairie la Renaissance à Toulouse (200)

Vendredi 7 novembre : intervention à la Maison des Potes Ageca Paris

Merc 12 nov : Cercle Condorcet Roanne (42) « vraie retraite à 60 ans » (130)

Samedi 15 novembre : Conseil national du PS

Lundi 17 novembre : Réunion CGT à Auch dans le Gers (32) (130)

Jeudi 20 novembre : 18 h Réunion à Lyon, club de DRH sur droit du travail (69) (60)

Vendredi 21 novembre : matinée, réunion FSU Bobigny (170)

Samedi 22 novembre : réunion « cap à gauche » à Tulle en Corrèze (19) (45)

Mercredi 26 novembre : Réunion à Marseille 19 h Théâtre Tourski (180)

Samedi 29 novembre : matin Réunion 9 h 30 PS Le Perreux (94) et à 15 h 30 à Cormeilles en Parisis +  Réunion « Vive la gauche » gymnase du Cdt Mouchotte Paris 14° entre 11 h et 14 h 30

Lundi 1er décembre : 9 h pré convocation rapporteur de la « Haute autorité » près Censier (reportée au 5 decembre)

Jeudi 4 décembre : Réunion Ageca Paris « collectif » sur travail du dimanche  + réunion gauche à Verrières (78)

Samedi 6 décembre : états généraux du PS (75) + 18 h Boulogne 92 formation MJS

Lundi 8 décembre : Formation sur le syndicalisme Paris MLG

Mardi 9 décembre : PS Paris 19° réunion VLG

jeudi 11 décembre : convocation « haute autorité » reportée à… ?

Vendredi 12 décembre : Réunion Paris PS 4° 19 h travail du dimanche

Samedi 13 décembre : de 14 à 17 h CN du PS   +   CR D&S

 

Paul Alliès : Maupassant à Solferino ?

 

je reproduis ici l’excellent texte de Paul Allies paru sur son blog à Médiapart

23 novembre 2014 |  Par Paul Alliès

La direction du Parti socialiste vient d’adopter une « Charte des socialistes pour le progrès humain ». C’est un texte de dix pages qui prétend faire la synthèse de 5600 contributions. Il sera adopté par un vote des militants puis par les Etats Généraux réunis le 6 décembre à Paris. Tant sur la forme que sur le fond, le compte n’y est pas. Voilà un texte qui procède plus d’un exercice littéraire que de l’écriture d’une nouvelle perspective politique. Maupassant plutôt que Jaurès.

Sur la forme, le style d’abord veut s’émanciper de la lourdeur des documents habituels, de congrès ou autres réunions militantes. Il y a un abime entre la langue des contributions recueillies et l’envol primesautier de leur soi-disant synthèse. Les jeux de mots sont nombreux  dans un genre très « communiquant » que chérit le Premier ministre, par exemple: « l’individu ne doit pas être solitaire, il doit être solidaire ». Des affirmations peuvent surprendre: « L’Etat-providence est la plus grande conquête réalisée en faveur du développement humain ». Ou encore: « Nous travaillons à rendre l’économie fonctionnelle ». Et encore: « Nous agissons dans le respect des droits de l’Homme dans le cadre des Nations Unies ». Encore une: « Les  salariés doivent avoir voix au chapitre dans l’entreprise ».

Sur le fond, c’est la logique du catalogue qui l’a emporté. Du droit de vote des étrangers aux élections locales jusqu’à « l’écoute des associations » (sic), tout y passe dans un travail de désincarnation remarquablement réussi. Un exemple: il est écrit que « le référendum d’initiative populaire sera facilité »; cela le jour même où les députés socialistes suppriment à l’Assemblée Nationale  les référendums locaux tels que prévus dans la loi du 16 décembre 2010 pour ce qui concerne les projets de réforme territoriale. Les deux derniers chapitres (« Nous voulons la République toujours recommencée » et « Nous voulons la démocratie accomplie« ) atteignent des sommets himalayens de généralités sans conséquence: il s’agit de « renouer avec l’esprit public« , de « rendre la démocratie plus représentative« ,  avoir « des institutions plus rééquilibrées »… Rien qui permette de désigner quelques enjeux pour relever les défis de la crise démocratique que nous connaissons.

Ce texte est bien ce qu’on pouvait craindre que soient ces Etats Généraux: une opération de diversion où l’on ne parle de rien de ce que font les socialistes au pouvoir ni de leur manière de l’exercer depuis deux ans et demi. Il est bien une « Charte », terme qui sous-entend, dans l’histoire et le vocabulaire politiques, qu’il est octroyé par le souverain à la différence d’une Constitution délibérée et acceptée par le peuple et ses représentants. Le vote des adhérents le 3 décembre prochain est une de ces palinodies dont Proust disait qu’ « elles tiennent moins à un excès d’ambition qu’à un manque de mémoire« . Mais c’est plutôt chez Maupassant que nous sommes: celui du maitre des « nouvelles » par lesquelles le romancier voulait « produire l’effet c’est-à-dire l’émotion de la simple réalité, un groupement adroit de petits faits d’où se dégagera le sens définitif de l’oeuvre« . Pas sûr que chez les socialistes, ce genre d’oeuvre résiste au temps et à l’épreuve d’un simple congrès

 

 

Quelques « perles »  de plus extraites de la « charte » proposée  (par 24 membres du BN contre 9) au vote des militants socialistes sans que ceux ci ne puissent amender ni déposer un autre texte  :

 » Des classes sociales diffuses n’empêchent pas que les rapports de classes perdurent. » sic

 » L’individualisme étend son empire » sic

 » Les grands récits hérités du 19° siècle sont brouillés »  sic

 » le droit des votes des étrangers aux élections locales » (ils le suppriment la ou il existait nationalement, aux prud’hommes)

etc

Pour une majorité rose rouge verte. Un gouvernement Cambadélis, Laurent, Cosse, Mélenchon, vite !

je suis  Dylan Gamba et je suis étudiant en histoire. Je souhaite créer un blog politique et vous êtes ainsi la première personne interviewée. Je souhaite rentrer en contact avec plusieurs socialistes (ou anciens) en rupture avec la ligne économique du gouvernement et comment peuvent-ils influer sur les décisions actuelles.

Mes questions sont donc les suivantes:

-Quelles sont les différences économiques entre l’actuelle majorité et la précédente?

- Réponse Gérard Filoche : C’est le gouvernement actuel qui est en rupture avec le « projet socialiste », pas l’inverse. Ensuite, là ou Manuel Valls veut donner 41 milliards aux salariés, l’UMP veut en donner 110. Tout serait pire avec la droite. Là où Valls veut 50 milliards d’économies sur les besoins publics, l’UMP promet le double. Là ou Emmanuel Macron propose 12 dimanches travaillés, l’UMP en propose le double ; pareil pour le travail de nuit, les licenciements, etc. Disons que l’UMP défend tout ce que veut le Medef et le gouvernement Valls ne lui cède que la moitié de ce qu’il veut. Quant à l’austérité, aux déficits et à la dette, c’est pareil, sauf que la droite prétend qu’elle en fera plus, plus vite et mieux : mais jamais, jamais, jamais la « dette » ne sera remboursée, ni par la gauche, ni par la droite, elle sert pour les deux comme instrument de chantage pour faire passer des mesures anti sociales impopulaires. Avec l’Europe, la politique serait la même, dominée par celle de Mme Merkel, modèle de l’UMP, sauf le Smic imposé par le SPD. En matière de fiscalité, la droite ferait encore plus de cadeaux aux riches et aux 1 % de l’oligarchie.

-Pensez vous qu’il est possible de constituer une majorité alternative à l’assemblée?

- Bien sur, elle existe et elle est la seule solution à la crise pour éviter une fin catastrophique du quinquennat. Le gouvernement Valls repose sur une minorité, une tête d’épingle et ne tient que par la force et la menace de la Ve République : il est imposé par le haut, il exclue la majorité des socialistes et la majorité de la gauche. Il a fallu que F. Hollande menace de « dissolution » l’assemblée et JC Cambadélis menace « d’exclusion » les députés pour contenir les « frondeurs ». Mais la « dissolution » est impossible, elle ramènerait 90 % de députés UMP et FN, et le Président qui ferait ça serait haï aussi bien de la droite que massivement de la gauche. Quand à l’exclusion, JC Cambadélis, a annoncé à la « Haute autorité » (une curieuse construction statutaire disciplinaire sans démocratie ni appel) qu’elle aurait sans doute à s’occuper des « députés frondeurs » : mais pourra t il casser le parti pour le soumettre au coup de force de Valls ? Rien n’est moins sur.

Contre les mauvaises lois et mauvais budgets de Valls, un travail d’amendements a commencé entre les Verts EELV, le FdG et la gauche des députés PS, c’est la bonne voie. mais cela urge, chaque jour compte. Car si on veut sauver le quinquennat, il vaut mieux ne pas connaître d’autres déroutes aux territoriales et aux régionales. Et pour cela, il faut un tournant, un changement de cap.

-Quels sont les points de convergence entre Vive la gauche  (en faveur d’une politique de la demande) et le Pôle des réformateurs (politique de l’offre), dont les membres font partie du PS?

- Il n’y en a pas d’évident. Nous voulons augmenter les salaires et baisser les dividendes, ils veulent augmenter les dividendes et baisser les salaires. Ils veulent enrichir les actionnaires pour qu’ils nous sortent de la crise ce qu’ils ne feront jamais vu que la finance dirige et que le spéculation rapporte plus que l’investissement dans l’industrie. Ils font l’austérité prétendument pour relancer la machine, mais en fait cette austérité conduit à la récession, et à la déflation. Nous voulons prendre l’argent aux pilleurs de travail, aux 1% de l’oligarchie, et partager les richesses qui existent pour relancer l’économie. Ils ont cédé à la finance et nous voulons faire plier la finance. Depuis mai juin 2012, les inégalités, la misère, le chômage de masse s’accroissent, nous voulons le contraire de cette politique droitière.

-Le PS est il en voie de « Pasokification » (sur le modèle du Pasok grec)?

- Oui. Le PS avait une majorité écrasante partout, sans précédent  : il dirigeait 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, 61 départements sur 100, le Sénat, l’Assemblée, et la présidence, avec cette politique contraire a l’attente de ses électeurs, il est en train de tout perdre.

-Elections partielles, municipales, européennes, sénatoriales. Une énumération à la Prévert des défaites du PS. Est-il déjà trop tard pour réagir?

- Non, je vous l’ai dit, il n’est pas trop tard. mais chaque jour de plus du gouvernement Valls est un jour néfaste pour sauver le quinquennat. C’est une course de vitesse entre la marche au suicide et un tournant cap à gauche. Il faut une majorité rose rouge verte, vite. Un gouvernement Cambadélis, Laurent, Cosse, Mélenchon, vite !

-Quelles seraient les mesures d’urgence à prendre?

- Nous les avons décrites de façon précise et concise dans un « quatre pages » de la revue D&S de novembre 2014, que j’ai aussi déposé comme contribution aux etats généraux du PS : une vraie reforme fiscale, une vraie loi bancaire, baisser le cout du capital, augmenter les salaires et les minimas sociaux de 10 %, encadrer les loyers, reconvertir les sources d’énergie, revenir a la retraie à 60 ans sans décote et renforcer la protection sociale, développer l’investissement public et les emplois publics, reconstruire le code du travail, contrôler les licenciements, réduire massivement le temps de travail légal et maxima. Marcher ainsi vers une remobilisation pour une VIe république .

-Que pensez vous des déclarations de Gérard Collomb pour instituer une période d’essai du CDI?

- Villepin avait déjà tenté, CNE et CPE ont déjà été balayés, et le Medef veut maintenant licencier sans motif et sans limite de durée. Rien à voir ni avec la crise, ni avec la productivité ni avec la compétitivité, seulement avec la menace de mort permanente sur les droits liés au contrat de travail, avec la soumission des salariés. Gérard Collomb ne doit pas savoir qu’il faut pour cela dénoncer la convention de l’OIT n°158 signée par 40 autres pays.

-Envisagez vous de quitter le PS ou bien considérez vous que la stratégie de l’entrisme fonctionne?

- Mais monsieur, l’alternative curieuse et fermée contenue dans votre question n’a aucun sens. Je suis socialiste. Nous sommes fiers et nous aimons notre parti et ses militants. Mes amis sont socialistes. Nous sommes la gauche socialiste depuis plus de 20 ans. Lisez notre excellente revue mensuelle D&S, 22° année, elle dit tout. Clairement. Fondamentalement. Nous voulons ancrer notre parti à gauche, dans l’unité de la gauche, nous voulons un grand parti de gauche majoritaire et en aucun  cas une scission, une division, ni un régression minoritaire. Sans unité de toute la gauche, sans unité syndicale, il n’existe aucune issue et il n’y aura pas de transformation socialiste de la société.

Un « nouveau progressisme » ou le.. socialisme ?

Pour les états généraux, la direction du PS a soumis au Bureau national (BN) un texte intitulé « Pour un nouveau progressisme ». Les dix chapitres se terminaient un peu comme un catéchisme avec la formule « ainsi vit le nouveau progressisme ». On sentait la patte de ce Premier ministre qui veut changer le nom du Parti socialiste, considéré comme « la gauche passéiste » ou du ministre de l’Economie qui le caractérise comme « une étoile morte » tout en remettant en cause tout le droit du travail.

Au BN, les amendements proposés par la gauche socialiste ne passaient donc pas : impossible de défendre une « économie mixte », des nationalisations, ni de restituer l’action du parti dans la gauche, inscrite dans la lignée de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Libération, Mai 68, de l’Union de la Gauche…

Le « chef » de la majorité gouvernementale en avait décidé autrement, il voulait faire main basse à la hussarde sur le Parti à l’occasion du prochain congrès… Evidemment, il n’était pas question pour lui de se soumettre à un débat de fond : lorsque Guillaume Balas (Un Monde d’Avance) au Conseil National (CN) du PS samedi 15 novembre, s’écrie « il  n’y a pas de honte à être troisième voie, blairiste, clintonien, schrödérien… dites-le, défendez-le, et débattons clairement »… il n’obtient pas de réponse !

Au contraire, le premier secrétaire, s’empresse, devant le même CN, de préciser les limites du congrès de juin 2015 : « pas question que l’aile droite batte l’aile gauche, ni que l’aile gauche cherche une revanche sur l’aile droite ».

Paix mes camarades, pas question de sortir de la bienséance, et si on ne peut pas imposer au parti de voter pour la politique actuelle du gouvernement, il n’est pas question non plus qu’il la critique ! Neutralisons le congrès, tel semble être la consigne de ceux qui voulaient le reporter en 2016…

D’où la conclusion de la discussion du BN du PS le mardi 18 novembre : les rédacteurs retirent le mot « progressisme » et en retour, ils refusent le mot « nationalisation ». Fermez le ban, les états généraux peuvent se tenir, ils n’ont plus d’enjeu ! Reste une « charte » soumise au vote des militants le 3 décembre (sans aucune possibilité d’amendements).

Cette « charte des socialistes pour le progrès humain », nous ne saurions l’avaliser : parce qu’on ne pourra pas voter pour savoir si on fait cadeau de 41 milliards au Medef et si on retire 50 milliards de nos besoins sociaux, parce qu’on ne pourra pas voter pour savoir si on s’en prend à la tricherie Juncker en Europe, ou si on la laisse courir…

Il va falloir regrouper les forces nécessaires pour imposer qu’on débatte au fond, et débattre au fond, ce n’est pas discuter du sexe des anges, c’est ré-orienter – ou non – le gouvernement : cap à gauche ou cap suicide !

 

Adhérez maintenant au Parti socialiste, et votez pour le congrès des 5, 6 et 7 juin 2015

Chers amis,

En juin prochain, le Parti socialiste se réunira en congrès afin de redéfinir son programme, sa pensée politique et ses instances dirigeantes

C’est enfin l’occasion, pour l’ensemble des militants, de s’exprimer sur la politique menée au gouvernement depuis l’élection de François Hollande. Cette politique, qui s’est substantiellement écartée des promesses de campagne de 2012 n’a en effet jamais été entérinée par les socialistes.

L’aile gauche du PS milite depuis des mois pour qu’il y ait un congrès de clarification. Le Parti socialiste soutient-il ou non la politique de l’offre, les subventions aux entreprises, la baisse des dépenses publiques, l’austérité salariale… ?

C’est ce congrès qui décidera ou non de ce soutien. Mais il sera encore plus important, car il décidera aussi de la stratégie du Parti socialiste jusqu’en 2017 et décidera de la ligne politique dominante lors des investitures pour ceux qui se présenteront aux élections nationales, notamment les députés.

Autant dire qu’une victoire de ceux qui contestent la politique actuelle obligerait le gouvernement à revoir entièrement sa politique. Elle contraindrait le gouvernement à négocier sérieusement avec l’Allemagne pour réformer profondément l’Union européenne. Elle changerait beaucoup de choses pour la gauche, pour la France et pour l’Union européenne.

Pour participer à ce débat et, si j’ose dire, à ce combat, il ne suffit que d’une chose. Adhérer ou réadhérer d’ici jeudi. Oui jeudi 20 novembre. Après, il sera trop tard. Car seuls ceux qui sont adhérents depuis plus de six mois peuvent voter au Congrès.

Adhérer c’est simple. Très simple. Cela coûte 20 euros. On peut le faire en ligne sur le lien suivant:

https://www.parti-socialiste.fr/agissons-ensemble/adherez-au-ps

N’hésitez pas à transférer ce message à toute personne qui souhaite s’impliquer et changer la politique.

David

Mon intervention au CN du PS, samedi 15 novembre « le socialisme est une idée neuve »

chers camarades, bonjour,

Le socialisme est une idée neuve,

C’est une idée du XXIe siècle, la société de l’avenir, opposée au capitalisme que nous subissons avec son cortège de misères, d’inégalités, de chômage et de guerres. Nous n’avons pas à renoncer à notre nom : socialistes, il est beau, nous n’avons pas à renoncer à notre histoire, nous avons publié un livre en 2005 qui relatait un siècle d’histoire, de combats de 1905 à 2005, nous avons célébré Jean Jaurès, nous avons adopté une déclaration de principes avec François Hollande, en 2006, elle situait notre parti dans la longue tradition de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Libération, de mai 68… C’est avec notre parti dans l’Union de la gauche, avec tous les salariés, que nous avons gagné les 40 h, les 39 h, les 35 h, les congés payés, la sécurité sociale, les retraites, à 60 ans… Nous avons à être fiers de cela. Et nous avons à continuer ce combat.

 

Bien sur, il faut réussir le quinquennat. Il reste deux ans et demi. Il faut le sauver de l’échec. Car se serait un échec pour toute la gauche. Pire qu’en 1993. Et la droite reviendrait en faisant encore pire, elle détruirait tout ce qui reste de conquêtes du programme du Conseil national de la résistance.

Mais pour sauver le quinquennat, on l’a bien vu, il faut changer de ligne politique. C’est la ligne politique d’austérité du gouvernement, celle qui cherche le soutien du Medef au détriment des salariés, qui nous a fait perdre aux municipales les 23 et 30 mars, et le 25 mai, et a permis que Le Pen soit en tête. La France est de gauche, nos électeurs sont majoritaires, mais ils attendent depuis mai-juin 2012 une politique de gauche et faute de la voir venir, ils s’abstiennent, ce qui fait mécaniquement monter, sans qu’ils progressent en voix, la droite et l’extrême droite.

Le président, jusque là, expliquait que c’était parce qu’on ne voyait pas les résultats de sa politique, et qu’il fallait attendre ces résultats, mais lors de sa dernière conférence de presse, il a changé en affirmant qu’il n’y aurait pas de résultats avant 2017, mais qu’il fallait quand même poursuivre la… même politique, que les « résultats » seraient pour son successeur !

Ce n’est plus le « changement maintenant » ni demain, mais après demain. Evidemment cela n’aidera pas à sauver le quinquennat, nous perdrons massivement les territoriales et les régionales, comme les premiers sondages l’indiquent. C’est malheur de comprendre cela, et de le dire, car cela ne plait à personne, de prévoir une catastrophe, de jouer les Cassandre, on veut la victoire, pas la défaite.

 

Mais pour la victoire, il faut rassembler sur une politique à gauche. Rassembler, c’est ce que ne fait pas l’actuel gouvernement.  Pour rassembler, il ne faut pas exclure des ministres, il faut au contraire, comme le disait François Mitterrand, « rassembler d’abord les socialistes ». Pas leur dire qu’il sont la « gauche passéiste », pas leur dire qu’il sont « une étoile morte », pas leur demander de changer de nom, pas les menacer de « mourir ». Pour gagner il faut rejeter toute tentation putschiste de prendre le Parti à la hussarde à l’occasion de son congrès. Il ne faut pas exclure les ministres du gouvernement, ni les députés du groupe parlementaire, ni les militants du parti. Le moment n’est pas à exclure quiconque, mais à prendre le soin d’intégrer tous les socialistes. Et cela ne peut se faire sur une politique libérale, évidemment. Mais sur une politique socialiste bien sur.

 

Pareil pour la gauche. On ne peut gagner sans l’unité de la gauche. Sans l’unité rose, rouge, verte. La majorité existe ainsi au Parlement. Nos électeurs l’ont voulu ainsi. L’heure n’est pas d’aller chercher ailleurs une majorité avec l’UDI ou l’UMP. L’heure est à reconstruire, consolider l’unité de la gauche, sinon nous perdrons tous, toutes les élections à venir et il ne faut pas le faire avec un seul accord de sommet au dernier moment, sans contenu nouveau.  Il faut un contenu pour des listes communes qui soit perçu par les électeurs comme une changement dynamique, unitaire, ré orienté a gauche, avec des éléments spectaculaires, attendus, souhaités, en matière de reforme fiscale, de hausse des salaires, de redistribution des richesses, de reconstruction du droit du travail.

 

Et là je veux, comme l’a fait Benoit Hamon tout à l’heure, prendre exemple dans l’actualité.

Et dans l’actualité, il s’est passé un énorme évènement qui n’a pas été souligné par nous comme il aurait dû l’être. C’est le scandale Juncker. Il a été révélé que le chef de la commission européenne, qui dirigé l’Europe de fait, avait pendant des décennies trafiqué avec des centaines de multinationales, des détournements d’impôts. Cet homme qui exige rigueur budgétaire,  la baisse des déficits, et le paiement des dettes, a travaillé à désorganiser cette rigueur, à saboter les équilibres budgétaires. L’Europe entière est en cause et toute cette politique d’austérité qui lui porte malheur. C’est une affaire Cahuzac à la puissance 10 000, il ne s’agit pas de 600 000 euros, mais de centaines de milliards, on parle de 3800 fonds de pension qui déposaient 2400 milliards d’euros,  en tout cas cela concerne 340 multinationales, dont 58 françaises. C’est à dire 58 grandes entreprises françaises qui blanchissaient là-bas leur argent pour ne pas payer d’impôt à notre République. Il ne s’agit pas de 400 millions  ou de 800 millions dont on parle de ci de la pour les prélever sur les allocations familiales ou sur nos petites retraites. Il ne s’agit pas de 9 milliards retirés à notre Sécurité sociale, à notre santé, ou de 11 milliards retirés aux collectivité territoriales, mais de centaines de milliards de détournement, de fraude, on parle de 60 milliards par an, dans l’enquête Luxleaks. Des milliards qui manquent à la France, à notre budget, à notre protection sociale, à nos salaires…

 

Et pendant ce temps-là, on donne 41 milliards à ce patronat, à ces 58 multinationales, au Medef, à Pierre Gattaz, mais celui-ci, s’enhardit par nos offres sans contre parties, il n’entend partager aucune responsabilité, il se permet, sentant notre faiblesse, maintenant, d’exiger le licenciement sans motif,  la suppression des délégués du personnel, des comités d’entreprises, des CHSCT, la fin de toute durée légale du travail, la fin des 35 h, la suppression de jours fériés, la fin du Smic, la fin du code du travail, des prud’hommes, la fin des contrôles et la casse de l’inspection du travail, la fin de la médecine du travail, le contrôle accru des chômeurs, la fin du paiement des cotisations sociales… Jamais, sentant qu’on le courtise, il ne s’était tant permis, alors, pour sauver la fin du quinquennat,  il serait peut être temps de lui dire « stop », à lui et à ses semblables, tous ces PDG qui, alors que les salaires sont bloqués, se goinfrent de centaines de Smic…

 

(cf le prononcé de cette intervention sur le site du PS en vidéo).

 

Le débat de congrès du Parti socialiste des 5, 6 et 7 juin commencera-t-il par des mesures disciplinaires ?

Convoqué le 11 décembre devant une « haute autorité »

Peu de gens sauront vous expliquer ce qu’est la « Haute autorité » du Parti Socialiste. Elle n’a encore jamais été saisie à l’encontre d’un membre de notre parti. La composition de cette « Haute autorité » est pourtant en contradiction avec deux principes de base du Parti socialiste. D’une part, ses membres ne sont pas élus à la proportionnelle issue des votes des Congrès puisque plusieurs d’entre eux ne sont pas membres du Parti socialiste. D’autre part, selon la liste actuelle de ses membres, telle qu’elle m’a été communiquée, cette instance n’est pas paritaire puisqu’elle compte six hommes pour trois femmes. Une autre particularité de cette « Haute autorité » est qu’elle permet à des personnes « non membres du Parti socialiste » de décider de sanctionner des membres de ce parti. Les éventuelles sanctions prises par cette « Haute autorité » ne sont pas,  qui plus est, susceptibles d’appel !

La liste actuelle, qui m’a été communiquée est celle-là : « Jean-Pierre Mignard (Président) -Raphaëlle Parizot – Rémy Pautrat – Catherine Barbaroux – Roland Kessous -  Pascale Idoux – Thomas Clay – Jean-Pierre Deschamps – Christian Lestournelle. »

Son président, Jean-Pierre Mignard, se prononce pour une alliance du PS et de l’UMP : « Un État en faillite, on ne peut pas le redresser tout seul. Étant donné la gravité de la situation, il fallait une forme d’union nationale, comme après la guerre. François Hollande peut encore la réaliser, créer une large coalition, soumettre cela à référendum. Des gens comme François Bayrou, Bruno Le Maire et même Alain Juppé, auraient leur place avec nous. »

Comment croire à la neutralité du président d’une « Haute autorité » qui n’hésite pas à prendre de telles distances avec le devoir de réserve qui devrait être le sien, en exprimant dans les médias des convictions politiques aussi tranchées ?

Comment croire, après de telles déclarations, à l’objectivité d’un procès organisé à l’ouverture du débat de congrès du Parti socialiste, à l’encontre d’un des animateurs de la gauche socialiste. Quelqu’un qui, lui, refuse toute alliance avec la droite et défend une toute autre orientation, celle d’un gouvernement Rose-Rouge-Vert, appuyé sur la majorité de gauche à l’Assemblée nationale ?

Cette « Haute autorité » n’a jamais été « saisie » pour juger du respect de la « Charte éthique » du Parti socialiste pour Jérôme Cahuzac ou Jean-Noël Guérini. Pourtant, cette charte stipule « Aucun comportement pouvant être assimilé à un abus de pouvoir, à un conflit d’intérêt ou à l’utilisation à des fins personnelles des moyens du Parti, de l’Etat ou d’une collectivité publique quelle qu’elle soit, ne sera toléré ». Pourtant, cette charte affirme que « le respect de la Loi de la République s’impose à tous et à toutes ».

Qu’ai-je fait, moi, à côté de cela ? En quoi ce qui m’est reproché est-il contraire à la loi de la République ? En quoi ce dont on m’accuse est-il contraire à la Charte éthique du Parti socialiste dont aucun article n’est, heureusement, consacré à la « bienséance » ? Car ce qui m’est reproché n’est, en définitive, qu’un manquement à la « bienséance » envers un PDG, alors que le gouvernement de Manuel Valls ne cesse de courtiser le patronat. Aucune fausse note, venue des rangs du Parti socialiste, ne devait donc venir fausser le concert de louanges adressées à celui qui fut l’un des membres les plus puissants de ce patronat.

Est-ce vraiment moi qui ne respecte pas la déclaration de principes du Parti socialiste qui  affirme « La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des chances » ? La « Haute autorité peut, selon les statuts du Parti socialiste, être saisie « de manière exceptionnelle lorsque la gravité des faits l’exige et au regard des conséquences pour la vie du parti ». La politique menée par Manuel Valls est en complète contradiction avec la déclaration de principes du Parti socialiste puisqu’elle pratique une redistribution des richesses à l’envers, du salariat vers les entreprises, avant tout vers les grands groupes. Cette politique est autrement grave pour la vie du parti que le « tweet » qui m’est, à tort, reproché, puisqu’elle divise profondément, jusqu’à l’Assemblée nationale, le Parti socialiste. Pourquoi le premier secrétaire du Parti socialiste ne juge-t-il pas opportun de saisir la Haute autorité à l’encontre de ceux qui mènent cette politique ?

La saisine de cette « Haute autorité » par le premier secrétaire du Parti socialiste fait  référence à la fois  à « la promotion de l’éthique du débat », à  « l’atteinte à la dignité des personnes », à la « violence verbale », à la « violence des mots », au « cadre acceptable du débat démocratique ». Cette saisine est éminemment politique, étroitement liée, à la politique de soumission aux exigences du Medef menée par le gouvernement de Manuel Valls, étroitement liée à la volonté de donner, une fois de plus, des gages au MEDEF. Cette saisine n’a aucun fondement statutaire. Elle ne s’appuie sur aucun article des statuts du Parti socialiste, sur aucun paragraphe de sa « Charte éthique » ou de sa « Déclaration de principes ». Elle ne cite, d’ailleurs, aucun d’entre eux.

Le Premier ministre et le premier secrétaire du Parti socialiste veulent imposer une ambiance d’ordre moral et de délit de blasphème, de lèse-majesté. Il s’agit de faire savoir que le serf que je suis aurait manqué de respect au seigneur qui dirigeait Total.

Alors je le redis, je conteste toute cette procédure et toutes les accusations portées contre moi. Je ne suis pas accusé, ni accusable, je ne me défends pas. Je n’ai tenu aucun propos qui soit justiciable. Je n’ai pas de leçons de morale ni de bienséance à recevoir.  Il n’y a pas « d’affaire Filoche ». Et s’il y a une affaire, c’est une affaire Total !

Ce que j’ai écrit à l’occasion du décès tragique du PDG de Total, a été dit cent fois, et sous des formes bien plus incisives, ce jour là, par tous les médias. Pas seulement par les « Guignols » et les journaux satyriques mais aussi dans des nécrologies publiées par Le Monde. Tout cela était souvent très féroce, beaucoup plus féroce que ne pouvait l’être un « tweet » de 140 signes.

Je ne me suis jamais « réjoui » du décès de M. de Margerie ni de quiconque. Je ne suis ni ministre, ni député, ni élu. Je ne connais pas ces gens-là, c’est vrai, on n’est pas du tout du même monde, et je n’ai pas de rôle ni aucune mission particulière pour formuler des condoléances officielles. J’ai pourtant manifesté ce jour là, et bien des micros et caméras en témoignent, mes respects aux quatre familles endeuillées. L’hôtesse de l’air était russe, le pilote et le copilote étaient français. Il a été révélé que le pilote Yann Pican était normand (de Cabourg – Calvados), il avait fait ses études à Caen, il avait 45 ans, était marié, père de trois filles. Il n’a guère été fait allusion dans les grands médias à ces morts-là.

Il a fallu beaucoup de temps pour que, au nom du gouvernement, des condoléances soient présentées à la famille de Rémi Fraisse. Certains dirigeants du Parti socialiste, beaucoup de ministres ont  été bien plus rapides, plus mobilisés, plus éloquents pour le grand patron que pour le jeune militant. Pour des raisons éminemment politiques dans les deux cas. Pour appuyer la politique d’allégeance au patronat dans le premier cas, pour ne pas s’opposer à la politique la politique disproportionnée de « maintien de l’ordre » menée par Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, dans le second.

Je ne me réjouis jamais de la mort des gens. La mort est désespoir pour toutes et tous, toujours. Mais, à l’annonce de la mort de Christophe de Mergerie, il est vrai que mes pensées sont d’abord allées aux victimes de la dictature militaire birmane qui ne devait sa survie qu’à la perfusion financière que lui faisait Total et aux familles endeuillées des victimes d’AZF.

Quand Margaret Thatcher est morte, 2 millions de Britanniques ont sablé le champagne a-t-on dit ; moi je garde le champagne pour la vie.

Quand on a appris la mort d’Augusto Pinochet, j’étais en direct à la télévision, en débat, en face de Sarkozy, à « Ripostes », décembre 2007, avec Serge Moatti. Ce dernier, prévenu par son oreillette, nous fait signe « Pinochet est mort », puis il demande à Sarkozy une réaction. Celui-ci hésite plusieurs secondes et répond « pas de réaction », moi, je dis que « Pinochet ayant commis de nombreux crimes contre le peuple chilien je regrette qu’il n’ait pas été jugé, que justice n’ait pas été faite ». Ça passera abondamment au zapping. Le lendemain Sarkozy, fera paraître mais trop tard un communiqué rectificatif.

Lorsque Hugo Chavez est décédé de son cancer, le communiqué d’un élu socialiste au Parlement européen, Pierre Schapira, a été plus choquant, envoyant « ses pensées très amicales pour les Vénézuéliens enfin libérés ». Curieusement, aucun dirigeant du Parti socialiste n’a trouvé bon de saisir la « Haute autorité ».

Rappelons que la cabale à propos de mon tweet bien plus mesuré, a été initiée et orchestrée par Eric Ciotti député de l’UMP qui a demandé « mon exclusion du PS » ! Comme s’il y avait matière et si c’était à lui de demander cela… Et c’est en réponse et en accord avec un autre député UMP, que Manuel Valls a osé approuver Eric Ciotti  et se permettre de dire devant la représentation nationale que je ne « méritais » pas d’être membre du PS.  J’avais pourtant fait savoir que des centaines de tweets avaient été diligentés contre moi, ce matin là, par les mêmes sources UMP d’Eric Ciotti, et que ceux-là, par contre, dépassaient toutes les limites acceptables de la violence verbale, de l’appel au lynchage, à la violence et au meurtre, contre ma famille et moi. J’ai publié une partie de ces horribles messages dignes de « Gringoire », de « Je suis partout », sur le forum de mon blog, pour que l’on se rende compte de ce qui se passait, et je n’ai reçu aucune solidarité de ceux qui me font procès et qui font silence sur ces graves attaques à la personne, notamment de la part du Premier ministre et du premier secrétaire actuel du Parti socialiste.

C’est une faute indigne d’un régime démocratique d’Assemblée et de notre parti, qu’un Premier ministre ose publiquement, directement, décider de qui « mérite » ou pas d’être membre de « son » parti, en même temps, vive coïncidence, qu’il demande à ce que « son » parti change de nom, en outre au moment où le congrès de celui-ci s’ouvre !

Enfin nul ne fera faire silence ni à d’autres, ni à moi, sur ce qu’est, ce que représente un PDG de Total dans la société française. Nous sommes là au cœur de l’oligarchie dominante.

N’y a-t-il pas de quoi s’étonner, quand on entend les ministres de l’Économie et des Finances dénoncer les grandes entreprises qui parviennent à échapper à l’impôt, grâce aux lois internationales et ce qu’on appelle avec pudeur « l’optimisation fiscale », mais qui encensent leurs dirigeants quand ils disparaissent.

Comment peut-on reprocher à Total de contribuer largement à polluer la planète, notamment lors des opérations de raffinage et écouter sans réagir les éloges funèbres qui n’en disent pas un mot ?

J’ai toujours, toute ma vie, défendu les salariés face aux grands patrons qui pillaient leurs salaires.

Un PDG qui se paie 300 fois le Smic en une année, extorque forcément cet argent à ceux qui travaillent sous ses ordres, dans sa société. Aucun humain ne peut gagner 300 Smic par son travail. Aucun. Pour gagner 300 Smic, il faut  exploiter violemment le travail des autres.  Cela ne peut se faire honnêtement, ni moralement, ni légitimement, cela ne peut se faire que par un terrifiant abus, une écrasante surexploitation qui frappe l’humanité entière et que tout socialiste se doit de dénoncer.

87 hommes possèdent 50 % des richesses de la planète. 3 hommes possèdent plus que les 48 pays les plus pauvres. En France, pays si bien pourvu en milliardaires et millionnaires, 1 % de la population possède 25 % des richesses. Mme Bettencourt et M. Arnaud, à eux deux, possèdent plus que 20 millions d’habitants de notre pays. Comment peut-on être socialiste et accepter un tel siphonnage des richesses aux dépens de ceux qui les produisent ?

M. Gérard Mestrallet (GDF-Suez) s’attribue 21 millions d’euros de retraite chapeau soit 78 000 euros, 70 Smic par mois. La privatisation de GDF a servi à cela… Le PDG de Sanofi supprime 1 800 emplois alors que son entreprise gagne des milliards et que, lui-même, reçoit 5,8 millions d’euros de prime de départ. La liste est longue.

Je m’interrogeais dans le « tweet » qui m’est aujourd’hui reproché sur ce que ces féodaux allaient faire après la mort du PDG de Total : la réponse n’a pas tardé. Comme avant, la société allait continuer à ne pas payer d’impôts en France. Rappelons, pourtant, que François Hollande fut ovationné quand, dans son discours du Bourget, il s’écriait à destination de la « délinquance financière » : « la République vous rattrapera ! »

Le scandale Juncker vient d’éclater : c’est un scandale Cahuzac à la puissance 10 000. A l’échelle européenne, le chef de la Commission européenne organisait, depuis trente ans, à Luxembourg, la captation des fonds pour les blanchir vis à vis du fisc des différents Etats européens. Et en même temps « les yeux dans les yeux », il se faisait le chantre des rigueurs budgétaires, des traités d’orthodoxie monétaires !

Tout cela vient d’être projeté au grand jour : 340 multinationales trafiquaient avec le Luxembourg, pour faire disparaître suffisamment de fonds pour ne pas payer d’impôts dans leur pays respectif. 3 800 fonds sont domiciliés au Luxembourg et abritent plus de 2 400 milliards d’euros. 58 grandes banques et entreprises françaises sont concernées par ces détournements sous couvert « d’optimisation fiscale ». Doit-on souligner que Total est le 1er employeur du secteur pétrolier et le seul à être présent dans tous les métiers de ce secteur d’activité au Grand Duché ?

Derrière « l’optimisation fiscale » dont se réclamait le PDG de Total pour ne pas payer d’impôts sur les bénéfices en France, c’est la pratique de toutes ces multinationales qui commence, maintenant, à apparaître au grand jour.

Et on nous impose l’austérité ? Et on distribue 41 milliards à ces siphonneurs d’argent qui ne créent pas d’emplois et jouent contre les impôts de leur propre pays ? 50 % de nos retraités ont moins de 1 000 euros par mois pour vivre, le salaire médian baisse à 1 650 euros ! Et ceux qui organisent cela se paient des 300 Smic ?

Voilà l’indignation qu’il y avait ce matin-là dans mon « tweet », et j’en suis fier, je n’en retirerai rien, et j’exprime ma colère qu’on ose m’en faire grief. Tous les socialistes, moralement, éthiquement, politiquement, devraient partager cette indignation.

Gérard Filoche, le vendredi 14 novembre 2014

 

 

Non à Gattaz : il n’existe ni trop de congés payés, ni trop de « ponts ». Il n’y a qu’un seul jour férié chômé, le 1er mai.

Le Medef nous bassine avec ces fameux « ponts » du mois de mai, ou quand le 11 novembre est un mardi ou un jeudi, et que cela créerait prétendument un « pont ». En fait, la plupart du temps, il n’y a pas de « pont » et les salariés bossent les jours fériés, souvent sans majoration

Gattaz prétend que  ces ponts  « paralyseraient » l’économie française. C’est un sujet récurent, ce qu’on appelle familièrement un « marronnier » en langage journalistique. Tous les ans ça revient, et les journaux économiques libéraux, surtout, s’en emparent, le Medef gémit.

Il y a 6 millions de chômeurs, et au lieu de partager le travail, ils veulent faire travailler davantage ceux qui ont déjà un boulot. Et cela, alors qu’ils n’usent, en France, que de 70 % du taux d’utilisation des capacités productives, ils spéculent des milliards au Luxembourg et cherchent à nous siphonner, en plus, des dizaines de millions sur nos jours fériés.

Question : – Vous ne croyez pas que cette abondance de « ponts », ce ne sont plus des « ponts » mais des « viaducs », c’est exagéré ?
Réponse : – Ah, non, quand on voit le nombre écrasant d’heures supplémentaires faites par les salariés, ce n’est pas de trop qu’ils puissent profiter un peu du printemps et des beaux jours.  Il y a un milliards d’heures supplémentaires dissimulées, l’équivalent de 600 000 emplois.

 

– Mais n’y a t il pas d’abus ?
- Oh, non s’il y a des abus c’est que trop peu de salariés ont réellement ces « ponts », surtout dans les petites entreprises, dans les bas salaires et les métiers pénibles : dans la majorité des cas, dans le privé, les salariés ont perdu depuis plus de quinze ans leurs « deux jours de repos consécutifs », notamment dans le commerce, mais dans beaucoup de professions de services, et parfois d’industrie. Ils n’ont pas plus de 5 ou 6 jours fériés dans le meilleur des cas.
– Oui, mais, le mois de mai, cette année, il a trois ponts, parfois de trois ou quatre jours ? Et là cette année 2014 le 11 novembre ?
- Il y a des années comme cela ! Et des années ou les jours fériés tombent un samedi. Mais vous savez, seul le 1e 1er mai est un jour férié et chômé (et ce jour-là, il y a des infractions quand même ! Comme si des employeurs méprisaient à ce point le droit du travail qu’ils imposent à des salariés de travailler aussi ce jour-là. Combien payent réellement les majorations prévues ? Ils profitent de leur position dominante et du chantage à l’emploi pour imposer des violations de droit.

En pratique les jours fériés sont de moins en moins nombreux et de moins en moins majorés et de moins en moins respectés.

Hors le 1er mai,  les autres jours ne sont pas légaux, ils sont conventionnels. Et toutes les conventions ne sont pas bonnes pour les salariés en la matière

C’est quand il y a de bons accords « RTT » grâce à des 35 h bien appliquées, que certaines catégories de salariés profitent de quelques jours de repos groupés. Ils ne s’agit pas de « cadeaux » mais de droits acquis, de congés en retard, parfois même de tardives compensation ou des simples rattrapages !  Parfois même, les fameux « ponts » sont récupérés à des jours qui intéressent davantage l’employeur ! Dans le privé, les « ponts » sont très loin d’être la majorité des cas. Et dans le public, c’est souvent parce que les salariés n’ont pas pu prendre leur congé quand ils le souhaitaient, et les voilà obligés de les prendre avant la fin du mois de mai sous menace de les perdre… Dans les hôpitaux, avec le manque d’effectifs, qui peut croire qu’il y a des « ponts » en plus ? au contraire ce sont des millions d’heures supp’ qui restent dues.
- Mais ça désorganise les activités économiques, même le service public ?

 

- Ça désorganise… quand ce n’est pas organisé et quand les directions, faute d’effectifs suffisants, sont incapables à la fois de respecter les droits à congé et la continuité du service public. De façon générale, les gains de productivité en France sont parmi les plus élevés au monde, même avec ces fameux « ponts » de mai. Des salariés qui se sentent bien et qui ont des bons congés, c’est bon pour l’économie, pas l’inverse.

 

- Vous ne croyez vraiment pas que le nombre de jours fériés concentrés en mai est abusif ? et que c’est scandale d’avoir autre jours le 11 novembre ?
- Quatre jours c’est rien, c’est comme Thanks giving… Écoutez, le 1er mai a été déclaré férié par… Pétain, qui redoutait le sens historique de cette journée de manifestations sociales, mondialisées depuis 1886. L’Ascension et le lundi de Pentecôte sont des fêtes religieuses. Le 8 mai, ce n’est pas le jour « revanchard » de la « victoire contre l’Allemagne » mais celui de la victoire contre le nazisme… Est-ce ce genre de manifestation et de tradition que l’on veut supprimer ?

 

– Mais n’y a t il pas trop de jours fériés en France par rapport à l’Europe ?
- Non, pas du tout, nous sommes dans une honnête moyenne par rapport aux grands pays qui ont entre 7 et 13 jours fériés. Nous avons onze jours fériés dans l’année, mais cela varie selon qu’ils tombent en semaine ou un week-end. En fait, on a 9,33 jours fériés en moyenne dans meilleure des réalités (dans la fonction publique, malheureusement pas dans toutes les conventions !) Cela fait des décennies qu’il en est ainsi, et cela n’a pas empêché, au contraire, la France d’être devenue cinq fois plus riche qu’en 1945 et d’être la cinquiéme puissance industrielle du monde. Ils n’ont donc pas assez de profits, les actionnaires, qu’ils veuillent aussi rogner les jours fériés du printemps ?

 

– Mais en Italie, ils sont revenus sur leur nombre de jours de congés…
- Oui Berlusconi, comme le Medef n’en avait pas eu assez, ils veulent revenir sur tout, allonger la durée du travail sur la semaine, casser les 35 h, allonger la durée du travail sur la vie, casser les retraites à 60 ans, nous refaire travailler tous 45 h sans gain de salaire jusqu’à 70 ans…
– Je n’arriverais pas à vous faire dire qu’il y a un problème avec ces « ponts » ?
- Non, et puis quand il y a des « ponts » c’est bon pour l’économie, du loisir, du tourisme, des spectacles, des transports…  Non, le vrai problème, c’est qu’il y ait une délinquance patronale et que dans trop de secteurs, les horaires légaux et conventionnels, les durées maxima « d’ordre public social » ne soient pas respectées. Le vrai problème c’est que les effectifs des services publics et hospitaliers, transports, équipements, par exemple, ne soient pas suffisants. Et puis, je vais vous dire, quelques jours de gagnés sur l’exploitation quotidienne, comme disait Prévert, c’est toujours une belle journée ensoleillée qu’on ne perdra pas à cause du stress et des « flux tendus ».

 

- C’est votre dernier mot ?
- En mai, et en novembre, ce qui « désorganise » l’économie, ce n’est pas les ponts, mais la politique libérale, la déréglementation du code du travail,  qui organise le chômage de masse, facilite les licenciements, viole les 35 h (en fait on travaille en moyenne 41 h), facilite la flexibilité donc la baisse de la productivité…

Travaillons mieux, moins, tous pour gagner plus ! Au contraire, partageons le travail : réduction de la durée hebdomadaire à 32 h et sur la vie à 60 ans ! du boulot pour nos jeunes !