Déclaration : Netflix et le gouvernement russe unis dans la calomnie anti-Trotsky

Lire hors-ligne :
Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky, et le Centre d’Etudes, de Recerches et de Publications-CEIP León Trotsky d’Argentine et du Mexique s’élèvent, aux côtés de dizaines de personnalités du monde universitaire et politique pour réfuter les calomnies portées contre le révolutionnaire russe dans la série « Trotsky », retransmise par Netflix.

***

Netflix, entreprise étatsunienne, propose la série Trotsky, réalisée par Alexander Kott et Konstantin Statsky. Rossiya 1, la chaîne la plus regardée en Russie, l’avait sortie en novembre 2017. Pour le centenaire de la Révolution russe, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie et contrôlant, par conséquent, Rossiya 1, avait choisi Trotsky comme sujet principal de cette superproduction en huit épisodes.

Compte-tenu du passé stalinien de Poutine, à la tête du KGB, et du fait qu’il ne cache pas sa nostalgie à l’égard de la Grande-Russie tsariste, on ne pouvait attendre qu’une telle série présente de façon honnête et objective la personnalité et l’œuvre de celui qui, avec Lénine, a été le plus important dirigeant de la Révolution d’Octobre. En ressortant les vieilles calomnies anti-Trotsky, quel est l’objectif de Poutine ? Pourquoi falsifier le passé et les révolutionnaires, alors que le pays a avancé dans la restauration capitaliste et que rien ne semble s’opposer à la nouvelle bourgeoisie russe ni à Poutine, au pouvoir depuis dix-huit ans ? Pourquoi Netflix, dont l’audimat se compte en millions d’abonnés, a choisi de retransmettre cette série ?

Voici quelques-unes des falsifications qu’elle véhicule :

1. D’après les réalisateurs, il ne s’agit pas d’un documentaire, même s’ils affirment s’être inspirés de faits réels pour écrire Trotsky. Cependant, la série a recours aux mêmes falsifications qu’utilisaient les impérialistes, le tsarisme ou le stalinisme pour calomnier Trotsky et ses partisans alors qu’avançait la bureaucratisation de l’URSS. Toutes ces calomnies ont été réfutées par la Commission Dewey réunie spécialement à Mexico, en 1937, et constituée de personnalités indépendantes.

2. A l’encontre de la vérité historique et de la vision que pouvaient avoir de lui, à l’époque, ses proches mais y compris des personnes ne lui étant pas favorables, Trotsky est dépeint comme une personnalité égocentrique, messianique, autoritaire, inhumaine, envieuse, autant de caractéristiques qui seraient liées à ses origines juives, sans cesse rappelées dans la série. Au cours de sa vieillesse, il souffre d’hallucinations, étant rongé par le remord des crimes qu’il aurait commis pendant la révolution.

3. Jacson (Ramón Mercader) est présenté comme un stalinien honnête, doté d’esprit critique et de sensibilité, et qui établit un rapport réel avec Trotsky dans l’idée d’écrire sa biographie, ce à quoi ce dernier accède, dans la série. En réalité, Trotsky ignorait tout des liens de Jacson avec le stalinisme. Leurs rapports n’ont jamais été que très brefs, toujours sur demande de Mercader qui, en tant qu’agent du NKVD, avait été chargé par Staline d’assassiner Trotsky.

4. Au cours des deux révolutions russes la série montre des ouvriers, des paysans, des soldats, le peuple russe, manipulés par des dirigeants ambitieux tels que Lénine ou Trotsky et qui prennent des décisions en leur nom. En 1905, les soviets sont présentés comme de simples théâtres pour y faire entendre leurs discours. La lutte de classes n’existe pas. Tout est affaire d’affrontement et de vengeance entre individus. Mais la révolution de 1917 n’a pas seulement été l’un des mouvements de masses les plus importants et radicaux de l’histoire contre le tsarisme, mais également contre le gouvernement bourgeois provisoire et face à la contre-révolution de Kornilov. Elle a restauré le pouvoir des soviets, qui ont vu la participation centrale des exploité.es et des opprimé.es, dirigés par le Parti Bolchévique. La série, à l’inverse, présente la révolution comme une lutte mesquine pour le pouvoir, et les révolutionnaires comme des psychopathes manipulateurs.

5. La série ment également sur les rapports de Trotsky aux femmes. Une grande bolchévique comme sa première épouse, Alexandra, est dépeinte comme une femme au foyer que Trotsky aurait abandonné avec ses deux filles. Natalia, sa seconde épouse, conquiert Trotsky grâce à sa beauté. Après leur mariage, elle se transforme, tour à tour, en sa secrétaire personnelle et, elle aussi, en femme au foyer, absorbée par l’éducation de ses enfants dont Trotsky ne s’occupe aucunement et qu’il utilise y compris comme bouclier humain lors d’une tentative d’assassinat qui aurait eu lieu pendant la révolution. Alors que la série occulte le rôle du stalinisme dans la mort de ses quatre enfants, leur disparition serait l’une des fautes qui poursuivent Trotsky jusqu’à son propre assassinat. Larissa Reisner est présentée comme une femme fatale, accompagnant (sexuellement, surtout) Trotsky dans le train blindé et faisant office de secrétaire particulier. La réalité est tout autre. Alexandra Sokolovskaïa était la dirigeante du premier cercle marxiste auquel Trotsky adhéra alors qu’il avait seize ans. Tous deux furent déportés en Sibérie avec leurs deux filles. C’est Sokolovskaïa qui aida Trotsky à s’évader, choisissant, elle, de rester en Russie. Natalia Sedova appartint au commissariat soviétique à l’Education après la révolution. Les enfants soutinrent toujours le militantisme de leurs parents, notamment Léon Sédov, l’un des principaux collaborateurs de Trotsky et l’un des principaux organisateurs de l’Opposition de Gauche russe dans la clandestinité. Larissa Reisner, elle, écrivit à propos de la guerre civile, mais pas à partir du train blindé. Elle joua un rôle important au sein de la Cinquième armée, tout comme au cours de la révolution. Elle s’embarqua avec la flotte de la Volga, prit part aux combats et participa à la révolution allemande. Ce fut l’une des principales militantes bolchéviques jusqu’à sa mort, en 1926.

6. La relation entre Trotsky et Lénine, avant la révolution, est présentée comme une lutte entre égos faite d’accords de circonstances, au point où Lénine tente de faire chuter Trotsky d’un balcon. Staline, dans la série, est présenté quant à lui comme le secrétaire de Lénine. Au moment de l’insurrection d’Octobre, Lénine, caché, ne refait son apparition que lorsque Trotsky se demande où il se trouve, et après la victoire de la révolution. La série occulte le fait que Lénine menait un combat au sein du Comité Central du Parti bolchévique à propos du lancement nécessaire et immédiat de l’insurrection, de même que son accord avec Trotsky au sujet du fait qu’il s’agirait-là du début de la dictature du prolétariat. On songera au fait que, historiquement, à la suite de la prise du pouvoir et en attendant l’ouverture du Congrès des soviets, c’est côte-à-côte que Lénine et Trotsky règlent les derniers détails. Pour ce qui est de la véritable vision de Lénine au sujet de Staline, il suffit de lire son « Testament », ainsi que ses critiques au sujet des méthodes « chauvinistes grand-russes », à propos de la question géorgienne.

7. Au cours des négociations de Brest-Litovsk avec l’Empire allemand, Trotsky, dans la série, donne l’ordre de distribuer des tracts subversifs afin de provoquer une révolte contre le Kaiser, ce qui aurait échoué et justifié l’offensive allemande. Les principaux opposants à la signature du traité sont, toujours dans la série, les anciens généraux tsaristes et non, comme cela a été véritablement le cas, les Socialistes Révolutionnaires. Jacson accuse Trotsky de ne pas avoir défendu la Russie avec les Cosaques. La série oublie que c’est le Congrès des Soviets qui avait approuvé le décret sur la paix pour mettre fin à la guerre, l’une des grandes revendications des masses ; et que face à l’absence de réponse des alliés la Russie soviétique dut engager des négociations avec l’Allemagne où la social-démocratie appuyait le bellicisme de son propre impérialisme. Lénine autant que Trotsky voyaient les négociations de Brest-Litovsk comme une tribune en faveur de la révolution mondiale, notamment de la révolution en Allemagne.

8. Lorsqu’on lui demande de construire l’Armée rouge, Trotsky est présenté, depuis le train blindé, comme une sorte de rock-star, à mi-chemin entre le sex-symbol et l’assassin qui approuve même un massacre de civils au cours d’un enterrement. En 1918, selon la série, une révolte se prépare à Kronstadt. La révolte, en tant que telle, éclata en 1921. Dans la série, cependant, Trotsky invente des accusations et présente de faux témoins pour faire appliquer la peine de mort contre son dirigeant. Pour ce qui est de la guerre civile, la série ne fait mention que de l’offensive tchèque sans parler des quatorze armées impérialistes et des armées blanches pro-tsaristes contre lesquelles l’Armée rouge dut combattre sur l’immensité du territoire soviétique. Aucune mention, non plus, des années de blocus économique impérialiste, ou du fait que la flotte ennemie a pu n’être qu’à 30 km de Petrograd. Pour ce qui est de Kronstadt il faut prendre en compte que la composition de la garnison, lors de la révolte, était absolument distincte de celle de 1917, lorsque ses marins avaient été l’avant-garde de la révolution. L’une des confirmations du caractère contre-révolutionnaire de la révolte était le fait qu’elle avait été annoncée, deux semaines à l’avance, dans la presse internationale et les gazettes d’exilés russes. Trotsky signalera également la réaction haussière des marchés lorsque fut faite l’annonce du soulèvement de Kronstadt.

9. A aucun moment la série ne fait mention de la fondation de la III° Internationale. Trotsky déclare cependant que son objectif est de conquérir le monde. Pour la série, toujours, l’histoire de la révolution s’achève avec la mort de Lénine. L’Opposition de Gauche, la contre-révolution stalinienne, les procès de Moscou, rien de cela n’existe, pas plus que l’arbitraire carcéral, les tortures, les déportations en camps de concentration et les assassinats que subirent la quasi-totalité des dirigeants bolchéviques de la révolution et toutes celles et tous ceux qui étaient soupçonnés de défendre une ligne oppositionnelle vis-à-vis du régime bureaucratique. Renversant l’histoire, tous les crimes sont attribués à Trotsky, y compris l’exécution des Romanov. Il s’agit d’un énième mensonge puisque ni Lénine ni Trotsky ne donnèrent cet ordre.

10. Ce n’est qu’au dernier épisode qu’apparaît la véritable identité de Jacson. Trotsky, malade, demande à Jacson d’entrer chez lui alors qu’un télégramme en provenance de l’ambassade du Canada l’informe de son identité. Trotsky frappe alors Jacson-Mercader, qui lui répond en saisissant un piolet qui est pendu au mur de la chambre où se trouvent les deux hommes. La série suggère par conséquent que c’est le révolutionnaire russe qui aurait tout fait pour que le soi-disant journaliste l’attaque. La manière dont l’attentat est présenté est donc une nouvelle falsification. En effet, on sait que Staline souhaitait faire assassiner Trotsky avant le début de la Seconde Guerre mondiale dans la mesure où il savait qu’un conflit aurait pu engendrer une révolution politique en URSS. C’est pour cette raison et en fonction de la perspective de la révolution sociale dans les pays capitalistes que Trotsky et ses partisans fondèrent la IV° Internationale. On songera au fait que lors d’une entrevue, en août 1939, entre Hitler et l’ambassadeur français à Berlin, Coulondre, le Führer avait déclaré qu’en cas de guerre, « le vrai gagnant [serait] Trotsky ». C’est le nom que les bourgeoisies impérialistes avaient donné au spectre de la révolution. La série, par conséquent, est la justification de l’assassinat du soi-disant monstre appelé Trotsky.

Les signataires de ce texte rejettent ces falsifications de l’histoire qui tentent d’enterrer l’évènement le plus important du point de vue de la lutte pour l’émancipation des classes laborieuses de l’exploitation et de l’oppression capitalistes, de même qu’elles cherchent à occulter le legs de ses principaux dirigeants.

 

Esteban Volkov, petit-fils de Trotsky

Centre d’Etudes, de Recherches et de Publications-CEIP León Trotsky (Argentine-Mexique)

 

Premiers signataires

Fredric Jameson, Duke University (Etats-Unis)

Slavoj Žižek, philosophe

Mike Davis, écrivain, UCLA, (Etats-Unis)

Nancy Fraser, sociologue, New School for Social Research, New York (Etats-Unis)

Edwy Plenel, journaliste, directeur de Mediapart (France)

Isabelle Garo, philosophe (France)

Sebastian Budgen, éditeur, Verso (Londres-New York)

Michel Husson, économiste (France)

Catherine Samary, économiste, Université Paris Dauphine

Stathis Kouvélakis, philosophe, King’s College (Angleterre)

Tithi Bhattacharya, professeure d’histoire, Purdue University (Etats-Unis)

Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS (France)

Cinzia Arruzza, New School for Social Research, New York (ETATS-UNIS)

Jean-Jacques Marie, historien (France)

Andrea D’Atri, militante féministe, fondatrice de Pan y Rosas (Argentine)

Bhaskar Sunkara, rédacteur en chef de Jacobin (Etats-Unis)

Suzy Weissman, professeur de science politique, Saint Mary’s College, Californie (Etats-Unis)

Ricardo Antunes, sociologue, Universidad Estadual de Campinas, Unicamp (Brésil)

Robert Brenner, historien, Directeur du Centre d’histoire sociale et d’histoire comparée, UCLA (Etats-Unis)

Alex Callinicos, professeur d’études européennes, King’s College (Angleterre)

Christian Castillo, sociologue, Université de Buenos Aires et Université Nationale de La Plata (Argentine)

M. Tamás, philosophe, Central European University (Hongrie)

Eric Toussaint, historien, Université de Liège (Belgique)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Patrick Silberstein, éditeur, Éditions Syllepse, Paris (France)

Beatriz Abramides, enseignante-chercheuse, Université Pontificale de Sao Paulo (Brésil)

Valerio Arcary, enseignant-chercheur, Instituto Federal de São Paulo (Brésil)

Vera Aguiar Cotrim, philosophe, USP (Brésil)

Manuel Aguilar Mora, historien, Université Autonome de Mexico, (Mexique)

Silvia Aguilera, éditrice LOM (Chili)

Claudio Albertani, professeur, Université Nationale Autonome de Mexico (Mexique)

Jorge Alemán, psychanalyste et écrivain (Argentine/État Espagnol)

Ademir de Almeida, acteur (Brésil)

Jean Georges Almendras, journaliste (Uruguay)

Guillermo Almeyra, historien (UNAM y UAM-X/Mexique, UBA/Argentine)

Pablo Anino, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Checchino Antonini, journaliste, directeur de L’Anticapitalista (Italie)

Anthony Arnove, éditeur, Haymarket Books (ETATS-UNIS)

Eric Aunoble, historien, Université de Genève (Suisse)

Paula Bach, économiste, Université de Buenos Aires (Argentine)

Raquel Barbieri Vidal, Théâtre Colón de Buenos Aires (Argentine)

Emmanuel Barot, philosophe, Université Toulouse Jean Jaurès (France)

John Barzman, historien, Université du Havre (France)

Corrado Basile, historien, Editions Altergraf (Italie)

Jean Batou, professeur d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Bernhard H. Bayerlein, professeur d’études romanes, Université de la Ruhr à Bochum (Allemagne)

Elaine Behring, UFRJ (Brésil)

Hebert Benítez Pezzolano, enseignant-chercheur, Université de la République (Uruguay)

Maria Silvia Betti, enseignante-chercheuse, USP (Brésil)

Alma Bolón, Université de la République (Uruguay)

Pablo Bonavena, sociologue, UNLP/UBA (Argentine)

Mathieu Bonzom, MCF études nord-américaines, Université Paris 1 (France)

Simon Bousquet, président du Centre Culturel Gabriela Mistral (Chili)

Nick Brauns, historien et journaliste, Berlin (Allemagne)

Hernán Camarero, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Pedro Campos, historien, UFRJ (Brésil)

Miguel Candioti, enseignant-chercheur, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Francisco Cantamutto, économiste, Sociedad de Economía Crítica (Argentine)

Aldo Casas, anthropologue, revue Herramienta (Argentine)

Paolo Casciola, historien, directeur du site aptresso.org (Italie)

Yurij Castelfranchi, sociologue, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Hugo Cavalcanti Melo Filho, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Leónidas Ceruti, historien, Rosario (Argentine)

Nora Ciapponi, militante socialiste (Argentine)

Alfonso Claverías, député de Podemos pour Huesca (État Espagnol)

Osvaldo Coggiola, historien, Université de Sao Paulo (Brésil)

Eurelino Coelho, historien, Universidade Estadual de Feira de Santana (Brésil)

Martín Cortés, enseignant-chercheur, UAB (Argentine)

Lívia Cotrim, sociologue, UPC-SP (Brésil)

Tatiana Cozzarelli, militante féministe, Left Voice (ETATS-UNIS)

Helmut Dahme, sociologue, Vienne (Autriche)

Juan Dal Maso, Casa Marx, Neuquén (Argentine)

Mercedes D’Alessandro, docteure en économie (Argentine)

Max Delupi, journaliste et acteur, Córdoba (Argentine)

Luiz Antonio Dias, enseignant-chercheur, PUC-SP (Brésil)

Ariane Díaz, UBA (Argentine)

Savana Diniz Gomes Melo, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Felipe Demier, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Juan Duarte, enseignant, Université de Buenos Aires (Argentine)

Jean-Numa Ducange, historien, Université de Rouen-Normandie (France)

Elsa Drucaroff, écrivaine (Argentine)

Andy Durgan, historien, Université de Londres (Royaume-Uni)

Samuel Farber, historien, CUNY (Etats-Unis)

Juan Fajardo, directeur de la section en langue espagnole de Marxist Internet Archive

Susan Ferguson, enseignante associée, Wilfrid Laurier University (Canada)

Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite

Grijalbo Fernandes Coutinho, juge du travail et doctorant, Universidade Federal de Minas Gerais (Brésil)

Brais Fernández, magasine Viento Sur (État Espagnol)

Esteban Fernández, professeur de philosophie, Université du Costa Rica (Costa Rica)

Olga Fernández Ordoñez, fille de Carlos Fernández, garde-du-corps de Trotsky pendant son exil à Mexico (Mexique)

Wladek Flakin, historien, Berlin (Allemagne)

Leonardo Flamia, journaliste (Uruguay)

Virgínia Fontes, historienne, UFF (Brésil)

Alfredo Fonticelli, journaliste (Uruguay)

Franck Gaudichaud, politiste, Université Grenoble Alpes (France)

Daniel Gaido, historien, Université Nationale de Córdoba (Argentine)

Francesca Gargallo Celentani, écrivaine féministe (Mexique)

Alejandro Gálvez Cancino, professeur de l’Université Autonome Métropolitaine (Mexique)

Gabriel García Higueras, historien, Université de Lima (Pérou)

Manuel Garí, économiste (État Espagnol)

Diego Giachetti, historien, Turin (Italie)

Mike Goldfield, enseignant-chercheur, Wayne State University (ETATS-UNIS)

Horacio González, sociologue, ex-directeur de la Bibliothèque Nationale (Argentine)

Jorge Gonzalorena Döll, historien et sociologue (Chili)

Isabella de Faria Bretas, doctorante, Universidade Nova de Lisboa (Portugal)

Eduardo Grüner, sociologue, Université de Buenos Aires (Argentine)

Gastón Gutiérrez, journaliste, Ideas de Izquierda (Argentine)

Pepe Gutiérrez-Álvarez, Fondation Andreu Nin (État Espagnol)

Alejandro Horowicz, sociologue, UBA (Argentine)

Srecko Horvat, philosophe (Croatie)

Claudio Katz, économiste, UBA (Argentine)

Paul Le Blanc, professeur d’histoire, La Roche College, Pittsburgh (Etats-Unis)

Renato Lemos, enseignant-chercheur, UFRJ (Brésil)

Gabriela Liszt, chercheuse au CEIP León Trotsky (Argentine)

Antonio Liz, historien, Madrid (Etat espagnol)

Diego Lotito, journaliste, IzquierdaDiario.es (État Espagnol)

António Louçã, historien et journaliste (Portugal)

Cynthia Lub, docteure en histoire, Université de Barcelone (État Espagnol)

Filippo Del Lucchese, Université Brunel (Royaume-Uni)

Eduardo Lucita, membre de Economistas de Izquierda (Argentine)

David McNally, professeur d’histoire, Université de Houston (Etats-Unis)

Javier Maestro, enseignant-chercheur, Université Complutense de Madrid (État Espagnol)

Matías Maiello, sociologue, Université Nationale de Buenos Aires (Argentine)

Rosa Maria Marques, économiste, PUC-SP (Brésil)

Josefina L. Martínez, journaliste et historienne (État Espagnol)

Jamila M.H. Mascat, philosophe, Université de Utrecht (Pays-Bas)

Claudia Mazzei Nogueira, enseignante chercheuse, Université Fédérale de Sao Paulo (Brésil)

Reginaldo Melhado, juriste, Universidade Estadual de Londrina (Brésil)

Demian Melo, historien, UFF (Brésil)

Luciano Mendonça, historien, UFGG (Brésil)

Esteban Mercante, économiste, rédaction de Ideas de Izquierda et la Izquierda Diario  (Argentine)

Massimo Modonesi, historien, sociologue et politiste, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Rodrigo Quesada Monge, historien retraité (Costa Rica)

Warren Montag, Occidental College, Los Angeles (Etats-Unis)

Luís Carlos Moro, avocat du travail (Brésil)

Antonio Moscato, historien, Université du Salento-Lecce (Italie)

Bill V. Mullen, enseignant chercheur, Purdue University (ETATS-UNIS)

Lucía Nistal, enseignante-chercheuse, UAM (État Espagnol)

Rosana Núbia Sorbile, historienne, IFSP (Brésil)

Ángel Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Antonio Oliva, enseignant, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Pablo Oprinari, sociologue, coordinateur de Ideas de Izquierda (Mexqiue)

Joel Ortega Juárez, professeur de journalisme retraité, Université Autonome de Mexico (Mexique)

Pelai Pagès, enseignant-chercheur, Université de Barcelone (État Espagnol)

Gilbert Pago, historien, ex directeur de l’IUFM de Martinique (Martinique)

Ugo Palheta, sociologue, Université de Lille (France)

Jaime Pastor, politiste, Université Nationale d’Enseignement à Distance (Etat espagnol)

António Pavón Cuellar, psycologue et philosophe, Universidad Michoacana de San Nicolás de Hidalgo (Mexique)

Ariel Petruccelli, historien, UNCo (Argentine)

Charles Post, sociologue, Université de la Ville de New York (CUNY) (Etats-Unis)

Pablo Pozzi, historien, Université de Buenos Aires (Argentine)

Stéfanie Prezioso, professeure d’histoire internationale, Université de Lausanne (Suisse)

Sean Purdy, historien,USP (Brésil)

Gastón Remy, économiste, Université Nationale de Jujuy (Argentine)

Fábio Resende, acteur (Brésil)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Universidad Nacional de Rosario (Argentine)

Darren Roso, chercheur indépendant, Melbourne (Australie)

Andrea Robles, éditrice, Editions IPS-CEIP (Argentine)

Carlos Rodríguez, journaliste, Página 12 (Argentine)

Gloria Rodríguez, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Gonzalo Adrian Rojas, enseignant-chercheur, Universidade Federal de Campina Grande (Brésil)

Alicia Rojo, historienne, Université de Buenos Aires (Argentine)

Fernando Rosso, journaliste, La Izquierda Diario (Argentine)

Pierre Rousset, Europe Solidaire et sans Frontières (France)

Maxwell Santos Raimundo, acteur et musicien (Brésil)

Franklin Jones Santos do Amarante, animateur culturel (Brésil)

Alejandro Schneider, historien, UNLP/UBA (Argentine)

Gustavo Seferian, juriste, Universidade Federal de Lavras (Brésil)

Joseph Serrano, doctorant, UC Berkeley (ETATS-UNIS)

Paulo Slachevsky, éditeur LOM (Chili)

Laura Sotelo, enseignante-chercheuse, Université Nationale de Rosario (Argentine)

Héctor Sotomayor, enseignant-chercheur, Université Autonome de Puebla-BUAP (Mexique)

Jorge Luiz Souto Maior, USP (Brésil)

Ted Stolze, philosophe, Cerritos College, Norwalk (ETATS-UNIS)

Fabiane Tejada, enseignante-chercheuse, Universidade Federal de Pelotas (Brésil)

Juliana Teixeira Esteves, juriste, Universidade Federal de Pernambuco (Brésil)

Jean Baptiste Thomas,  MCF études hispaniques, Ecole polytechnique, Paris (France)

Iuri Tonelo, éditeur de Esquerda Diário, doctorant en sociologie, Unicamp (Brésil)

Charles-André Udry, A L’Encontre (Suisse)

Edison Urbano, directeur de Ideas De Esquerda (Brésil)

Paula Varela, politiste et enseignante, Université de Buenos Aires (Argentine)

Mihai Varga, sociologue, Université Libre de Berlin (Allemagne/Roumanie)

Livia Vargas González, philosophe, UCV-UFOP (Vénézuéla/Brésil)

Omar Vazquez Heredia, docteur en sciences sociales, UBA (Vénézuela)

Miguel Vedda, enseignant-chercheur, Faculté de Philosophie et Lettres, Université de Buenos Aires (Argentine)

Romero Venancio, philosophe, Universidade Federal de Sergipe (Brésil)

Gabriel Eduardo Vitullo, enseignant-chercheur, Universidade Federal do Rio Grande do Norte (Brésil)

David Walters, éditeur de Marxist Internet Archive

Florian Wilde, historien, Berlin

Rolf Wörsdörfer, enseignant-chercheur, Université Technique de Darmstadt (Allemagne)

 

Organisations politiques, premiers signataires

Nicolás del Caño, Myriam Bregman, Emilio Albamonte, pour le Parti des Travailleurs pour le Socialisme (PTS-Argentine) ; Santiago Lupe pour le Courant révolutionnaire des Travailleuses et des Travailleurs (CRT-Etat espagnol) ; Sulem Estrada, Miriam Hernandez et mario Caballero, pour le Mouvement des Travailleurs Socialistes (MTS-Mexique) ; Ángel Arias, pour la Ligue des Travailleurs pour le Socialisme (LTS-Venezuela); Javo Ferreira, Violeta Tamayo et Elio Aduviri pour la Ligue Ouvrière Révolutionnaire pour la Quatrième Internationale (LOR-CI, Bolivie) ; Juan Cruz Ferre, pour Left Voice (Etats-Unis) ; Simone Ishibashi, Diana Assunção et Maíra Machado pour le Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT-Brésil) ; Stefan Schneider, pour l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (RIO-Allemagne) ; Damien Bernard, Daniela Cobet et Juan Chingo pour Révolution Permanente (France) ; Sebastián Artigas pour le Courant des Travailleurs Socialistes (CTS-Uruguay) ; Dauno Tótoro pour le Parti des Travailleurs Révolutionnaires (PTR-Chili) [Fraction Trotskyste pour la Quatrièmle Internationale (FTQI), à l’origine du réseau en six langues (allemand, anglais, catalan, espagnol, français et portugais) des journaux en ligne La Izquierda Diario]

Giacomo Turci, Scilla Di Pietro, Fraction Internationaliste Révolutionnaire (FIR)-La Voce delle Lotte, Massimo Civitani, SI-Cobas, coordination de Rome (Italie)

Romina del Plá, Néstor Pitrola, Jorge Altamira, Marcelo Ramal, Gabriel Solano, membres de la direction nationale du Parti Ouvrier (PO) d’Argentine.

Rafael Fernández, Natalia Leiva, Lucía Siola et Nicolás Marrero, membres de la direction nationale du PT (Uruguay)

Philippe Poutou, Olivier Besancenot, Alain Krivine et Christine Poupin, pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, France).

Gérard Filoche Gauche démocratique et sociale,  GDS France

Gaël Quirante, Sud Poste 92, Anasse Kazib, Sud Rail et Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse, Nouveau Parti Anticapitaliste (Francia).

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale, Arlette Laguiller, Armonia Bordes et Chantal Cauquil, anciennes euro-députées, pour Lutte Ouvrière (France)

Guilherme Boulos, ancien candidat à l’élection présidentielle pour le Parti Socialisme et Liberté (PSOL) et coordinateur du Mouvement des Travailleurs Sans-Abri (MTST) (Brésil)

Marcelo Freixo, député fédéral du PSOL pour Rio de Janeiro et Tarcisio Motta, conseiller du PSOL de Rio de Janeiro (Brésil).

Pour le Mouvement Gauche Socialiste (MES) : Juliano Medeiros, président national du PSOL, Luciana Genro, ancienne candidate à l’élection présidentielle, députée pour le PSOL, Roberto Robaina, direction nationale du PSOL, Israel Dutra, secrétaire RI du PSOL, Pedro Fuentes, rédacteur en chef du site Izquierda em Movimento, membre de la direction du MES, Fernanda Melchionna, David Miranda, Sâmia Bomfim, députés fédéraux du PSOL (Brésil)

Pour le Courant Socialiste des Travailleurs/PSOL : Babá, conseiller de Rio de Janeiro, Pedir Rosa, dirigeant du SINTUFF et du CST/PSOL, Rosi Messias,  membre de la direction exécutive du PSOL et de la direction nationale du CST/PSOL (Brésil).

Alan Woods, Tendance Marxiste Internationale (TMI), rédacteur en chef de In Defence of Marxism, et Rob Sewell (TMI), rédacteur en chef de Socialist Appeal (Grande Bretagne)

Juan Carlos Giordano et Mercedes Petit, membre de la direction nationale de Gauche Socialiste, (IS, Argentine) ; Orlando Chirino, Parti Socialisme et Liberté (PSL, Venezuela) ; Enrique Fernández Chacón (UNIOS, Pérou) ; Enrique Gómez Delgado, Mouvement au Socialisme (MAS, Mexique) [Unité Internationale des Travailleurs – Quatrième Internationale (UIT-QI)]

Alejandro Bodart, Sergio García, Celeste Fierro, Vilma Ripoll, Guillermo Pacagnini, Mariano Rosa pour le Mouvement Socialiste des Travailleurs (MST) d’Argentine et pour Anticapitalistes en Réseau-IV Internationale

Brais Fernández (Viento Sur) ; Paula Quinteiro (deputée au Parlement galicien) ; Manuel Garí (économiste) ; Raul Carmago (député à l’Assemblée de Madrid) ; Jesús Rodríguez (économiste); Ángela Aguilera (députée au Parlement andalou) ;  Ana Villaverde (députée au Parlement andalou); Mari García (députée au Parlement andalou); Sonia Farré (députée au Parlement espagnol). [Anticapitalistes, Etat espagnol]

Franco Turigliatto, ancien sénateur pour le Parti de la Refondation Communiste, membre de la direction nationale de Gauche Anticapitaliste (SA-Italie)

Thiess Gleiss, membre de la direction nationale de Die Linke et Lucy Redler, membre de la direction nationale de Die Linke et porte-parole de SAV (Allemagne)

Edgard Sanchez, membre de la direction nationaledu Parti Révolutuionnaire des Travailleurs (PRT, Mexique)

Roman Munguia Huato, Ismael Contreras Plata pour la Ligue d’Unité Socialiste (LUS) et pour le Mouvement de reconstruction du syndicat enseignant (Mexique)

José Luis Hernández Ayala, Pedro Gellert, Heather Dashner Monk, Marcos Fuentes, Emilio Téllez Contreras y Héctor Valadez George, membres de la Coordination Socialiste Révolutionnaire (CSR, Mexique)

Collectif Communisme et Liberté (CCeL) de Rio de Janeiro (Brésil)

Comuna, Rio de Janeiro (Brésil)

 

Vive la prime gilet jaune

 

La prime gilet jaune

Macron mentait le 10 décembre devant 23 millions de téléspectateurs quand il annonçait que les smicards allaient recevoir 100 euros. Les smicards n’ont pas reçu un centime de salaire.  Seuls ceux dont le revenu du foyer était trop bas, ont eu une « prime d’activité » (payée par leurs impôts, pas par leurs patrons)  ladite prime, prévue sur les trois ans à venir, étant versée de façon anticipée.

 

Ce même 10 décembre,  Macron, de crainte que le mouvement des gilets jaunes ne contamine le reste du salariat, a demandé aux patrons des entreprises qui le pouvaient, selon leur gré, de verser une « prime de fin d’année jusqu’à 1000 euros ».

A contrario de la vulgate  libérale dominante,  ca se passe comme dans une économie administrée bureaucratique : c’est le président qui décide des primes ! Quand il prend peur, il fixe la date et le niveau des « primes » à accorder. Exit les négociations patronat-syndicats, les grilles  conventionnelles de salaires, d’« en haut » Macron impose tout… quand on le pousse !  (Si les fonctionnaires n’ont pas eu de primes, c’est sans doute parce qu’ils n’ont pas « poussé » assez)

 

Selon Europe 1 dans un sondage, 74 % des entreprises les salariés ont donc reçu une prime grâce aux gilets jaunes.

 

Certes, pas très élevée :en moyenne 532 euros par salarié. Dans les moins de 50 salariés, une moyenne de 687 euros. Dans les entreprises de 50 à 300 salariés, 530 euros en moyenne. Entre 300 et moins de 1.000 employés, la prime tourne autour de 467 euros.

Les très grands groupes qui se sont pourtant goinfrés de 57 milliards de dividendes l’an passé, se sont montrés radins : 583 euros dans les entreprises de plus de 1.000 salariés, par exemple 200 euros chez Carrefour ou chez Auchan. Exception chez l’archi-riche  Total : prime de 1.500 euros.

 

On sait que c’’est dur d’arracher du salaire aux patrons, ca tombe pas tout cuit dans le bec. Mais là,  c’est le résultat de la trouille que les gilets jaunes ont collé à Macron. « Bravo les gilets jaunes » « Merci  les gilets  jaunes ! » En quinze jours, leur occupation des ronds points a été efficace y compris pour tous les salariés qui n’avaient pas bougé et ne les avaient pas soutenu. Quelle leçon ! La lutte paie !

 

La conclusion : on pourrait avoir de vraies hausses de salaires, disons 300 euros pour toutes et tous. Mais une seule solution, il faut faire comme les gilets jaunes occupant les ronds points, et occuper les entreprises, surtout les 1000 de plus de 1000 salariés qui font 50 % du PIB. Si on se remue tous ensemble, salariat et « GJ », ils auront tellement peur que les 300 euros on les aura vite.

 

Gérard Filoche

 

Attention vérifiez vos bulletins de paie

 

Exiger vos bulletins de paie en version papier. Le Code du Travail  prévoit dans les articles R3243 -1 à R3243 – 6 les éléments obligatoires, facultatifs et interdits sur le bulletin de salaire- Etudiez les fin janvier en détail. Faites vous expliquer ce que vous ne comprenez pas. N’hésitez pas à saisir votre syndicat et l’inspection du travail. Les mentions obligatoires du bulletin de salaire sont les suivantes :

  • informations relatives à l’employeur (nom, adresse, numéro d’immatriculation, code APE, numéro Siret, etc.) ;
  • informations relatives au salarié (nom, emploi occupé, position dans la classification de la convention collective), informations relatives à l’Urssaf ou à la MSA (Mutualité sociale agricole) auprès de qui les cotisations sont versées ;
  • convention collective applicable ;
  • éléments composant la rémunération brute : nombre d’heures de travail, quantité d’heures payées au taux normal et celles majorées (pour heures supplémentaires ou travail de nuit, par exemple) en mentionnant le ou les taux appliqués, les accessoires du salaire soumis à cotisations (prime d’ancienneté, de bilan, pourboires, indemnité de précarité, etc.) ;
  • nature et volume du forfait pour les salariés dont la rémunération est déterminée sur la base d’un forfait hebdomadaire ou mensuel en heures, d’un forfait annuel en heures ou en jours ;
  • prélèvements sociaux et fiscaux : CRDS, CSG, cotisations salariales ;
  • sommes non soumises à cotisations (remboursement de frais professionnels) ;
  • montant de la somme effectivement versée au salarié (« le net à payer ») ;
  • date de versement du net à payer ;
  • dates de congés payés éventuellement compris dans la période de paie et le montant de l’indemnité correspondante ;
  • montant de la prise en charge des frais de transport ;
  • montant de la réduction de cotisations salariales sur les heures supplémentaires ou complémentaires effectuées par le salarié, venant en déduction des retenues opérées au titre des cotisations salariales ;
  • mention relative à la conservation, par le salarié, du bulletin de paie sans limitation de durée.

En cas d’absence d’une des mentions obligatoires, les représentants du personnel peuvent intervenir, à la demande du salarié, auprès de l’employeur afin qu’il y remédie et le cas échéant auprès du conseil de prud’hommes qui pourra accorder des dommages et intérêts au salarié.  Des informations inexactes (nombre d’heures rémunérées inférieur au nombre d’heures réellement effectuées, par exemple) sont susceptibles d’entraîner une condamnation pénale de l’employeur pour travail dissimulé. Saisir l’inspection du travail.

 

Danger : télétravail sans limite

On ne suit pas assez, tellement la procédure est longue et complexe, mais la ratification des ordonnances Macron-Pénicaud anti code du travail ne cesse de donner lieu à de nombreux soubresauts juridiques.

En 2018, le télétravail a encore progressé. 29 % des salariés y auraient recours contre 25 % en 2017 selon un sondage pas forcement fiable de l’Ifop mené pour Malakoff Médéric Humanis. La pratique est plus développée dans les grandes entreprises. Première motivation: passer moins de temps dans les transports. « Travailler plus » utiliser le temps de transport par plus de  boulot c’est la grande motivation des patrons…

Du coup ça redevient du « travail à domicile » comme les dentellières et ou les fabricants de vêtements à domicile du XIX° siècle, (cf le livre de Gérard Noiriel)

6,7 millions de salariés sont éligibles au télétravail. Ce dont on est certains, par un autre sondage, c’est que 16, 7 % le pratiquent occasionnellement.

Pour eux, le contrat de travail peut désormais être remplacé par un accord collectif ou une « charte ».  L’exigence de contrôle du temps de travail est supprimée. Le paiement par le salarié de l’ensemble des coûts du travail à domicile et du matériel informatique utilisé, est « permis ».

Article L.1222-9 du Code du travail modifié par Ordonnance n°2017-1387

… le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication.

En l’absence de charte ou d’accord collectif, …  le salarié et l’employeur conviennent de recourir de manière occasionnelle au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen.

Ca  permettra de ne plus compter les heures et de casser les collectifs de travail ou les grèves (ça pourra être « habillé » puisqu’il devient aussi légal de recourir au télétravail en cas d’ « épisode de pollution »).

Combattre  « l’absentéisme » sera aisé :

- « Ah, t’es malade,  tu ne peux pas venir ? »  dira le patron au téléphone – « – Bah, travailles chez toi. »

Les ordonnances de l’automne 2017, qui ont cassé le Code du travail ont  simplifié le recours au télétravail, « sont plutôt une incitation à étendre le télétravail » là où « il existait » déjà, a-t-elle ajouté.

Plus de cinq télétravailleurs sur dix (51%) sont des cadres, quasiment tous (97%) sont en CDI, 45% sont âgés de 35 à 49 ans, et plus de trois sur dix (34%) vivent en Ile-de-France.

Ce sondage a été réalisée en ligne, du 30 novembre au 11 décembre 2018, auprès d’un échantillon de 1.604 salariés, dont 581 managers, représentatif de la population active salariée du secteur privé travaillant dans des entreprises d’au moins 10 salariés.

A t on de quoi s’étonner dés lors si le Premier ministre ouvre une porte de plus au télétravail « après certains arrêts maladie afin d’éviter une reprise brutale et favoriser ainsi un retour progressif à l’emploi »… et « pour minimiser les arrêts de travail de plus de six mois, trop coûteux pour l’assurance maladie » ! Même si Edouard Philippe  en convient : « C’est une question délicate. Favoriser le télétravail, oui », mais « ne pas mélanger l’arrêt de travail et le travail. »

Gageons que ce sera aisément mélangé.

Gérard Filoche

 

 

 

De Commercy à Saint-Nazaire

 

 

 

 

La campagne de calomnies contre les gilets jaunes atteint des sommets totalitaires ! Il sont accusés de tout, violents, incultes, analphabètes, homophobes, fascistes, antisémites, alcooliques, incompétents, paresseux,  fauteurs  de fermetures de  magasins,  « jojos » incultes, «  gitans » manipulés, tous ne sont que des « riens » au yeux de Macron, de sa bande, et de la finance qui a main mise sur le gouvernement et la presse du pays.

Ils sont réprimés avec une violence sans précédent, 8500 arrestations, 3500 condamnations, des milliers de blessés des centaines de mutilés, aveuglés, tabassés.

La justice fait de l’abattage, les gros médias font du bourrage de cranes digne d’une dictature,  des « intellectuels » se déchainent et les dénaturent avec des gros mots à faire honte. Des notabilités se lâchent de façon porcine, viscérale, « ils me font chier ».

La campagne de calomnies contre les gilets jaunes atteint des sommets totalitaires ! Il sont accusés de tout, violents, incultes, analphabètes, homophobes, fascistes, antisémites, alcooliques, incompétents, paresseux,  fauteurs  de fermetures de  magasins,  « jojos » incultes, «  gitans » manipulés, tous ne sont que des « riens » au yeux de Macron, de sa bande, et de la finance qui a main mise sur le gouvernement et la presse du pays.

Ils sont réprimés avec une violence sans précédent, 8500 arrestations, 3500 condamnations, des milliers de blessés des centaines de mutilés, aveuglés, tabassés.

La justice fait de l’abattage, les gros médias font du bourrage de cranes digne d’une dictature,  des « intellectuels » se déchainent et les dénaturent avec des gros mots à faire honte. Des notabilités se lâchent de façon porcine, viscérale, « ils me font chier ».

Les uns, Ferry, appellent même à « tirer », d’autres, Ciotti, à les « interdire », Gaspard Gantzer parle de leur QI de « cons », Val dit qu’ils sont « une honte » et Apathie aussi.  Quatremer parle d’un « mouvement de beaufs d’extrême droite, factieux, et rouges bruns ». Brice Couturier : « Foutez-les en taule ! Rétablissez l’ordre. Simples citoyens ? Mon œil ! Des factieux et des fascistes. »  Christophe Barbier : « Il faut supprimer la redevance télé. Beaucoup de Gilets Jaunes regardent la télé, car ils n’ont pas beaucoup d’autres distractions dans la vie. » BHL : « Les Gilets Jaunes se situent entre l’histoire de France et la poubelle. » « l’antisemitisme est au cœur des GJ ». Dassier dit qu’ils sont « islamo gauchistes ». Calvi qu’ils sont « au Venezuela ». Gorce dessine dans Le Monde « un « troupeau d’abrutis ».

Tous appellent a leur disparition, comme s’ils pouvaient les effacer avec rage.

Castaner diminue les chiffres de manifestants en les divisant par 10, façon de les mépriser, de dire qu’ils ne seront pas entendus.  Toutes les semaines l’essoufflement du mouvement est annoncée, de pseudos sondages sont fabriqués pour les isoler artificiellement.

Et pourtant le mouvement des GJ dure depuis trois mois, il est ancré socialement en profondeur dans le pays, il compte parmi les plus importants depuis 50 ans, il est unique au monde, il est extraordinairement basiste, créatif, opiniâtre, collectif, unitaire, il concerne de facto des millions de salariés, 70 % des français le soutiennent encore malgré l’avalanche de « fake news » « officielles » déversées. Les syndicats associations, organisations de gauche les plus dynamiques l’ont rejoint, y participent depuis longtemps (tout comme nous GDS depuis le 17  novembre, « nous sommes gilets jaunes ! »).

 

Au cours de l’acte XIV, samedi 16 février, il y avait davantage de monde, il y avait du soleil, tout allait bien, les cortèges étaient plus gros, 99 % des manifestations des GJ se passant sans racisme ni antisémitisme et même sans violences, mais ils ont réussi à trouver un incident de quelques secondes, qu’ils ont grossi, et manipulé en l’instrumentalisant jusqu’à la moelle pour discréditer ce beau mouvement social (tout en affaiblissant hélas, du même coup l’efficacité de la juste cause qu’ils prétendent défendre, le combat contre l’antisémitisme).

Ils disent que les Gilets jaunes ont dégénéré, mais c’est pour mieux refuser d’écouter. Macron se répand fanatiquement en propagande d’état tout azimut, abusant par diversion de tous les gros médias des 9 milliardaires à sa disposition, il ne parle que de sujets secondaires, de la culture des fraises, ne prononce jamais le mot salaire, refuse de hausser les retraites et minimas sociaux et surtout pas de la répartition des richesses pourtant le sujet principal au coeur de cette immense et profonde  révolte.

En fait les Gilets jaunes ont tenu bon contre les tentatives  de manipulation, de scission, de dévoiement, ils écartent leurs arrivistes, l’extrême droite et c’est parce qu’ils défendent toujours le « social au coeur », retraite, salaire,  qu’il font peur au pouvoir  et que celui-ci se déchaine. Toutes les enquêtes, livres, sondages, et études, universitaires, sociologiques, historiques,  géographiques, démographiques,  linguistiques, journalistiques, (même Le Monde)  démontrent la puissance et la volonté sociale de la mobilisation : 95 % à gauche et moins de 5 % de fachos, racistes, que les médias macroniens mettent en avant.

Les listes de revendications les plus complètes, les plus discutées, amendées sont celles du 17 novembre (42 revendications) et celles de Toulouse et Commercy, recoupant les programmes de la majorité des partis de gauche. Hausse des salaires, baisse des dividendes, redistribuer les richesses.

L’auto organisation progresse, « l’assemblée des assemblées » de Commercy du 9 février a été une réussite avec la participation de délégués de 75 ronds-points, débattant d’une plateforme commune, pendant 7 heures,  et prévoyant une réunion plus nationale, plus avancée a Saint-Nazaire les 5 et 6 et 7 avril à leur « Maison du peuple » : 2000 délégués s’y inscrivent au inscriptionassemblee@riseup.net.

On marche vers un printemps géant.

Le film de Ruffin-Perret  est un succès de masse et doit être projeté diffusé partout avec débats et meetings, si possible avec toute la gauche unie.

Macron et ses épigones sont d’autant plus violents, sectaires, arrogants, qu’il sont désemparés : au fond, Macron tâtonne sur un referendum à 5, 6 ou 10 questions, en mai ou en octobre, il ne sait s’il faut faire diversion ne parlant qu’institutions, ou s’il doit aussi concéder des questions sociales, il ne sait s’il faut lâcher du lest ou foncer encore dans sa « contre révolution pro  France start up ubérisée, post salariale. »

Cet affrontement de classe a  pris un caractère central : quitte ou double, le reste du salariat pas encore engagé dans le combat, a le dos au mur. C’est la révolution permanente ou la contre révolution gagnante. Si elle l’emporte la macronie envisage désormais cyniquement et ouvertement de rogner les congés payés, la gratuité des soins, les niveaux et l’âge des retraites, tout ce qui reste du droit du travail.  C’est le sort historique du salariat tout entier qui est en jeu, c’est son combat généralisé, pas seulement sur les ronds-points mais dans toutes les entreprises qui est à l’ordre du jour.

 

 

 

 

« Les puissants ne cèdent jamais rien, ni la liberté, ni le pain » « pour eux la négociation c’est la guerre » (in « La guerre des pauvres ») Eric Vuillard Ed Actes sud pour Macron son « grand débat » totalitaire fourre tout, c’est la continuation de la répression
Pierre Perret sur les #GiletsJaunes: « Le gouvernement est à des années-lumière de leur quotidien. Il a charge d’âmes auxquelles il ne comprend rien. (…) On n’a pas le droit de traiter les gens comme ça quand on dirige un pays. »
« Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre… il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan. » in Le Point 1er fév. ces propos d’E. Macron : racisme et haine de classe
« Ami, entends-tu le vol noir de la finance sur nos paies / Ami, entends-tu la souffrance populaire sans pareille / Ohé, villageois, citadines et banlieusards, c’est l’alarme… » Par les ‪#GiletsJaunes de Commercy
ci dessous la   »une » du calendrier 2019 original édité par les gilets jaunes de St Nazaire pour financer la réunion d’avril :

 

437 000 ruptures conventionnelles en 2018 : une tragédie pour les salariés

Oui, bien sur, 437 000 salariés ont signé une « auto rupture » de leur contrat de travail en 2018. Les services du ministère du travail et le Medef s’en vantent. C’est une hausse de 3,9 % en 12 mois.  53 % sont des employés,  18 % d’ouvriers, 11 % de techniciens et contremaitres, 18 % de cadres.

Ce dispositif rappelons-le, permet la rupture INDIVIDUELLE du contrat de travail  SANS MOTIF entre patron et salarié, ce dernier ayant quand même droit  à des indemnités de départ et aux allocations que son assurance chômage doit lui assurer.

Jadis il existait des « transactions », elles étaient écrites et négociées mais elles devaient être « motivées » ce qui impliquait des « concessions réciproques ». Mais ça, c’était « jadis ».

En échange de leur acceptation et départ volontaires, maintenant, ouvriers et employés touchent respectivement autour de 1128 euros et 950 euros d’indemnités en moyenne. Epsilon. Avec seulement 3 ans d’ancienneté cela ne fait plus que 510 et 573 euros.  17 % des indemnisés par Pole Emploi le sont après une rupture conventionnelle (et ca coute, nous dit on,  5,3 milliards d’euros aux caisses d’assurance chômage pour 262 000 de ces « ruptures »).

C’est tout bénéfice pour le patronat.

Il n’y a plus de procédures, plus d’obligations, ces « ruptures conventionnelles » remplacent les anciens licenciements économiques.

Pourtant dans 2/3 des cas ce sont les patrons qui sont à l’initiative et provoquent le départ de leurs salariés un par un, sous pression, menace, chantage, dégoût. Pas de plan social. Pas de plan de formation ni de projet de ré emploi. Finies les obligations sociales des entreprises : l’état leur donne tout avec les impôts des salariés et elles n’ont pas de contreparties à rendre.

Ca augmente le chômage, car la Dares reconnaît que de 5 à 15 % des « ruptures » n’auraient pas eu lieu sans ce système entièrement à la main du patron.

Le député Macronien Sylvain Maillard se réjouit, et propose même qu’à l’avenir il n’y ait plus d’indemnités puisque le salarié est censé signer « de son plein gré »…

Le secrétaire d’état Dussopt propose même la création d’une rupture conventionnelle version secteur public  pour les agents contractuels en CDI.

Ca fait mal tout ça.

Le salariat est le dos au mur. Sur ce point comme sur tant d’autres.

La convention 158 de l’OIT signée par la France précise pourtant que toute rupture de contrat doit être motivée et comme pour les plafonds d’indemnité, les prudhommes ont une brèche juridique pour remettre en cause ce système … Mais pour cela il faut que les salariés eux mêmes, avec leurs syndicats, se battent et refusent.

 

Gérard Filoche

 

interdiction des contrats courts

 

Le salariat de France compte parmi les deux ou trois plus productifs au monde, c’est un magnifique salariat.

 

Le problème c’est le patronat français, son bilan est catastrophique, il a laissé  reculer massivement l’industrie, il a laissé creuser le chômage de masse tout en dévorant des centaines de milliards d’aides de l’état, il préfère spéculer dans les paradis fiscaux plutôt que d’investir et d’embaucher.  Il maintient un niveau artificiel global de 15 à 18 % de précaires (jeunes, femmes, immigrés), alors, que même en Allemagne, un quota maximal de 2,5 % est de précaires est instauré dans les entreprises de plus de 300 salariés.

 

Et puis dans les services, il multiplie les « contrats courts » de moins d’un mois, 2,7 % des contrats, pour « jouer » avec une flexibilité maximale, en faisant payer les « creux » par l’assurance chômage. Ce système odieux est en hausse depuis plusieurs décennies, et cela vaut pour l’hôtellerie, la restauration, les activités de services administratifs, l’événementiel, le commerce et la réparation automobile, le transport et la logistique.

Qui peut vivre à la merci de contrats successifs de moins d’un mois ?

 

La principale Fédération patronale des cafés, hôtels, restaurants, l’UMIH, (740 000 salariés dont 380 000 contrats de moins d’un mois) propose d’aggraver cette situation avec un nouveau contrat de travail baptisé « contrat de mobilités». Ce serait un contrat à durée indéterminée, porté par une plate-forme agréée par la branche et qui regrouperait les différentes missions d’un salarié pour différents établissements. Une durée maximum de recours serait imposée pour un même employeur. Le cout de cette flexibilité serait assumé par l’employeur via un double abondement : une cotisation à l’assurance-chômage au taux classique de 4,05 % du salaire brut, à laquelle s’ajouterait une contribution « sécurisation » sur un compte en euros dont le travailleur pourrait disposer librement lorsqu’il est en intermissions.

 

En fait c’est le choix d’une ubérisation de plus dans la profession des serveuses et serveurs.

 

Les patrons confirment qu’ils sont incompétents pour recruter, former et garder leurs personnels, ils ne savent plus ni s’attacher les salariés, ni bien les payer, ils les traitent comme des pions. Menacés d’un « bonus-malus » (ça fait 20 ans qu’on en parle), ils se lancent dans une fuite en avant vers la flexibilité plutôt que dans le retour à des CDI.

 

Une seule solution :les contraindre à renoncer à leur facilités, leurs désengagements, leurs mépris, encadrer sévèrement leur laisser-aller, par la loi et la sanction pécuniaire. Interdire les contrats courts, majorer fortement les salaires des  CDD et de l’intérim, limiter le renouvellement des contrats successifs, interdire aux entreprises d’avoir plus de 5 % de précaires en même temps.

 

Gérard Filoche

 

lire l’humanité dimanche chaque semaine chronique « au boulot

 

 

 

Combattre le racisme et l’antisémitisme

 

L’antisémitisme est l’une des formes du racisme, ce système dont le fondement idéologique est une prétendue hiérarchie ou de supposées différences infranchissables, imposées par la « nature », entre des « races », des  « civilisations » ou des « cultures ». En réalité, l’antisémitisme est, comme toutes les autres formes de racismes, le produit d’une construction sociale, même si cette dernière est, comme pour toute forme de racisme, spécifique.

 

I-Antijudaïsme et antisémitisme

 

L’antisémitisme est apparu au XIXème siècle, en même temps que le déterminisme biologique dont la principale fonction était de justifier l’entreprise de colonisation mais, aussi, de légitimer, dans les métropoles, l’assignation de chacun et de chacune à la position sociale que la « nature » lui avait dévolue. Cet antisémitisme a pour ancêtre l’antijudaïsme religieux mais il s’en distingue fortement.

.1-L’antijudaïsme religieux européen a engendré de nombreux crimes

Les Juifs qui se trouvaient sur les chemins de la première croisade, à la fin du XIème siècle, ont subi d’odieux massacres, particulièrement en Rhénanie. N’étaient-ils pas, aux yeux des croisés, les descendants des « déicides », des Juifs qui auraient crucifié Jésus, le fils de Dieu ?

Le roi de France Louis IX, dit Saint Louis, avait frappé les Juifs de multiples interdits, ordonné que des milliers d’exemplaires du Talmud soient brûlés en place publique et obligé les Juifs, dès l’âge de 12 ans, à porter une « rouelle » jaune, les désignant à la haine publique, causant ainsi de multiples morts et mutilations.

En 1306, le roi de France Philippe Le Bel, après avoir dépouillé les Juifs de France de leurs biens, les expulsa par dizaines de milliers.

La haine des Juifs ne se limitait pas aux catholiques, Martin Luther publia en 1543 Des Juifs et de leurs mensonges. Il y affirmait : « Aussi nous sommes même coupables si nous ne vengeons pas tout ce sang innocent de notre Seigneur et des Chrétiens qu’ils ont répandu pendant les trois cents ans après la destruction de Jérusalem, et le sang des enfants qu’ils ont répandu depuis lors (qui brille encore de leurs yeux et de leur peau). Nous sommes fautifs de ne pas les tuer. »

Dans l’Espagne de la « Reconquête », les Juifs ont subi les conversions forcées, la condamnation d’au moins 120 000 d’entre eux au bannissement (avec les milliers de morts qui l’ont accompagné), après le décret du 31 mars 1492, les tortures et les exécutions des Marranes par l’Inquisition.

Cependant, la différence entre l’antijudaïsme religieux et l’antisémitisme d’Hitler est d’ordre qualitatif. Les mettre sur le même plan en viendrait à banaliser Auschwitz. 

L’antijudaïsme du Moyen Âge ou de la Renaissance était essentiellement religieux. L’antisémitisme nazi était d’une tout autre nature. Il combinait l’idéologie raciale se réclamant de la biologie et du darwinisme social (seuls les plus forts peuvent survivre), avec la froide rationalité instrumentale et la technologie meurtrière du capitalisme. L’aboutissement de cette combinaison fut le génocide de 6 millions de Juifs européens. Pour les nazis, à la différence de Torquemada, aucune conversion, même faisant l’objet d’une suspicion constante,  n’était possible : c’était la « race biologique » qui déterminait le sort des Juifs.

 

2-En France, comme dans toute l’Europe, l’antijudaïsme religieux s’est transformé en antisémitisme

  • Le rôle de certains socialistes « utopiques » et de certains anarchistes

De nombreux socialistes n’ont pas pris parti pour l’antisémitisme. Ce fut notamment le cas de Claude-Henri Saint-Simon, Étienne Cabet, Constantin Pecqueur, Louis Blanc. Mais d’autres n’y ont pas échappé. Les trois principaux furent Charles Fourrier, Pierre-Joseph Proudhon et surtout, Alphonse Toussenel.

Charles Fourrier, dans sa Théorie de l’unité universelle(1822), voyait les Juifs comme des parasites improductifs, « s’adonnant exclusivement au trafic, à l’usure et aux dépravations mercantiles ».

Dans ses Carnets de décembre 1847, Pierre-Joseph Proudhon écrivait, à propos des Juifs : « Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer. »

Alphonse Toussenel reprendra dans son livre  Les Juifs rois de l’époque. Histoire de la féodalité financière, paru en 1845, en les exacerbant, les éléments antisémites disséminés dans l’œuvre de Charles Fourrier. Il écrivait, notamment : « La répulsion universelle que le juif a inspirée si longtemps n’était que la juste punition de son implacable orgueil, et nos mépris les représailles légitimes de la haine qu’il semblait porter au reste de l’humanité ».

Les écrits de Charles Fourier constituaient une critique féroce de la société capitaliste en train de naître, l’antisémitisme était très loin d’y occuper une place centrale. Il en allait de même pour Pierre-Joseph Proudhon dont les écrits avaient, avant tout, pour objet la critique de la propriété. Toussenel ne limitait pas sa critique aux Juifs mais l’étendait aux protestants : « Genevois, Hollandais, Anglais, Américains ».

Ce sont pourtant ces penseurs socialistes anarchistes, auxquels il faudrait ajouter Auguste Chirac, Pierre Leroux ou Élisée Reclus, qui créent le mythe du Juif « roi de la finance ». La gauche française, comme toute la société, baigne alors dans un imaginaire judéophobe qui trouve son origine dans la culture catholique de l’époque. Pour écrire La France Juive, Édouard Drumont puisera sans vergogne dans le brûlot antisémite de Toussenel. Michel Dreyfus le souligne : « Formulée entre 1844 et 1847, les conceptions de Toussenel et Proudhon anticipent d’une quarantaine d’année l’antisémitisme moderne[1] ».

  • L’antisémitisme d’extrême droite

A l’extrême droite, l’antisémitisme connut d’importantes poussées.

D’abord, lors de l’aventure du Général Boulanger, de 1885 à 1899, qui mobilisa aussi une partie de la gauche et de l’affaire Dreyfus entre 1894 et 1906.

Maurice Barrès servit de lien entre l’ancien antijudaïsme et ce nouvel antisémitisme en qualifiant la cérémonie de dégradation du capitaine Dreyfus de « parade de Judas »et en décrétant : « Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race ». Edouard Drumont, auteur de l’un des livres antisémites les plus ignobles La France juive, dirigeait La libre parole qui titra, lors de la condamnation de Dreyfus « Le traître condamné – Mort aux Juifs ! ». L’auteur de la chanson Le clairon, Paul Déroulède,  tenta même de faire un coup d’État en cherchant, en vain, à faire marcher une unité de cavalerie contre le parlement de la République honnie.

La deuxième montée de l’antisémitisme, avant la Seconde Guerre mondiale, fut celle des ligues fascistes dans les années 1920 et surtout 1930 : Solidarité française du très riche parfumeur François Coty, le Francisme de Marcel Bucard, le Parti populaire français de l’ancien communiste Jacques Doriot, la Cagoule d’Eugène Deloncle, les Chemises vertes d’Henry Dorgères, le fasciste paysan…

La mobilisation des syndicats et des forces de gauche, la victoire du Front populaire et la dissolution des « ligues factieuses » donnèrent un coup d’arrêt à la montée du fascisme mais la victoire des armées hitlériennes en 1940 permit une nouvelle éclosion des partis fascistes et antisémites et la mise en place d’une politique de persécution des Juifs.

Dans la zone occupée par les nazis, le PPF de Doriot, le MSR de Deloncle, le RNP de l’ancien socialiste Marcel Déat, chacun se voulant plus antisémite que l’autre, avaient, à Paris, pignon sur rue. L’administration française, qui s’était mise progressivement sous les ordres de l’occupant à partir de l’armistice de 1940, participait activement (comme lors de la rafle du Vel d’Hiv en 1942) à la traque des Juifs et à leur envoi vers les camps d’extermination.

Dans la zone non-occupée, le gouvernement du maréchal Pétain mettait en place, dès octobre 1940, un premier statut des Juifs, sans que l’Allemagne ait même eu à en faire la demande. Un second statut, en juin 1941, aggravait le premier. Au total, les Juifs français étaient chassés de la fonction publique, de l’armée, de l’enseignement, de la presse, de la radio, du cinéma, et voyaient leur nombre limité à 3 % à l’université et à 2 % dans les professions libérales. En juillet 1941, ils durent céder les droits qu’ils détenaient sur des entreprises à des « Aryens ». Quant aux Juifs étrangers, ils furent parqués dans les camps de concentration, d’internement ou de déportation, à Gurs, à Rivesaltes ou aux Milles, avant d’être, pour la plupart, livrés aux nazis.

Plus que toute autre organisation d’extrême-droite, l’Action française de Charles Maurras, illustra la trajectoire de l’antisémitisme militant en France pendant ces presque 50 ans. Créée en 1899, au moment de l’affaire Dreyfus, cette organisation s’illustra aussitôt par son antisémitisme virulent. Le 5 juin 1936, lors de l’arrivée de Léon Blum à la tête du gouvernement, son journal titrait : « La France sous le Juif ». En 1945, condamné à la réclusion perpétuelle pour sa conduite pendant l’occupation allemande, Charles Maurras s’écriait : « C’est la vengeance de Dreyfus ». La boucle était bouclée.

3-Le mythe du « complot juif »

L’antisémitisme a, comme toute forme de racisme, une dimension systématique. Mais il est, de surcroît, lié à une forme de « complotisme » qui trouve son expression la plus achevée, dans le faux réalisé par l’Okhrana, la police tsariste, Le protocole des sages de Sion, en 1901. Ce faux prétend rassembler les  comtes rendus de plusieurs réunions secrètes visant à instaurer un pouvoir juif sur le monde et établissant les moyens d’y parvenir. Il s’agissait en fait d’un décalque, notamment, d’un pamphlet contre Napoléon III, datant de 1864. Ce fut l’une des pièces maîtresses de la propagande antisémite, tout particulièrement celle des nazis et d’Hitler lui-même, qui s’appuya sur ce faux dans Mein Kampf pour étayer ce qu’était, à ses yeux, le « complot juif ».

L’antisémitisme prétend interpréter un monde de plus en plus complexe, de plus en plus injuste et inégalitaire en identifiant les Juifs à l’argent, au capital et tout particulièrement au capital financier. Il cherche au moyen de cet imaginaire, à personnifier la domination abstraite du capital. Cette identification est évidemment fausse et trompeuse.

Fausse, tout d’abord parce qu’elle prétend faire de tout Juif un capitaliste, un financier, alors que l’immense majorité des Juifs sont, comme tout le monde, employés, ouvriers, cadres, enseignants, fonctionnaires, petits artisans ou petits commerçants, ont des professions intermédiaires, libérales…

Trompeuse, ensuite, parce cette identification du capital aux Juifs permet de laisser au second plan la quasi-totalité des capitalistes et de faire, ainsi, diversion à la lutte anticapitaliste.

4-L’antisémitisme est toujours là en France et il tue

De l’injure à la violence, en passant par la menace, il peut prendre bien des aspects dont les plus effrayants sont l’assassinat d’Ilan Halimi, le 13 février 2006, un jeune homme de 23 ans, retrouvé agonisant, brûlé et supplicié parce qu’il était Juif ; l’assassinat, le 19 mars 2012, par Mohammed Merah, de quatre personnes dont trois enfants, à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse ; le viol d’une femme sous les yeux de son mari, lors d’un cambriolage le 19 mars 2012 à Créteil (« puisqu’ils sont Juifs, ils devaient avoir de l’argent » expliquent les auteurs du viol et du cambriolage) ; l’assassinat de quatre personnes, au Musée juif de Bruxelles, le 24 mai 2014 par un Français, Mehdi Nemmouche ; l’assassinat, par un terroristes se réclamant de l’ « État islamique », Amedy Coulibaly, de quatre personnes dans une supérette casher de la porte de Vincennes, à Paris, le 8 janvier 2015…

 

II- Antisémitisme et antisionisme

 

La question de savoir s’il est possible d’assimiler antisémitisme et critique de la politique d’Israël se pose avec acuité dans notre pays.

Le 20 juillet 2014, le Premier ministre, Manuels Valls, fustigeait un antisémitisme nouveau qui se serait caché « derrière la haine de l’Etat d’Israël ». Il n’avait pas mené cette charge à n’importe quelle occasion mais lors de commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv, des 16 et 17 juillet 1942.

Lors de la cérémonie du 75e anniversaire de cette rafle,  le 16 juillet 2017, le tout nouveau président de la République, Emmanuel Macron, faisait un pas de plus dans l’amalgame en déclarant : « Nous ne cèderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme ». 

Mais de quel « antisionisme » parlait-il ? Il est au moins possible d’en distinguer trois formes, si l’on ne considère pas qu’une pensée simpliste soit préférable à une pensée un tant soit peu complexe. La première forme prise par l’antisionisme est historique, les deux autres formes sont contemporaines.

1-L’antisionisme à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle

Cet antisionisme était celui qui opposait la grande majorité des Juifs de Russie et d’Europe orientale ou centrale, au sionisme à la fin du siècle dernier. Le sionisme, en effet, est un mouvement politique moderne né à la fin du XIXème siècle, alors limité à l’Europe. Il était au départ extrêmement minoritaire et se heurtait à une quadruple opposition.

D’abord, celle du Bund (Union générale juive en Russie et Pologne) qui luttait à la fois contre l’oppression nationale dont les Juifs étaient victimes et contre l’oppression sociale subie par l’ensemble du prolétariat russe et polonais.

Ensuite, celles de la très grande majorité des rabbins qui considéraient que la venue du « Messie » devait précéder le retour à « Sion ».

Puis, celle des Juifs qui se considéraient comme assimilés, en Allemagne, notamment.

Enfin, une quatrième opposition se manifestait alors, très concrètement lors du départ massif (un tiers des Juifs européens entre 1880 et 1920) pour une « Terre promise », loin des vexations, des discriminations multiples et des violences qui étaient leur lot quotidien en Europe de l’Est, culminant dans d’atroces pogroms comme ceux de Kishinev, en 1903 et 1905. Une infime minorité (3 % seulement) de ces migrants, de ces réfugiés choisirent comme destination la Palestine, malgré les exhortations du mouvement sioniste. La très grande majorité (90 %) choisit les Etats-Unis.

Ces Juifs qui s’opposaient au sionisme dans les débats d’idées et dans les faits quand ils choisissaient d’émigrer aux États-Unis ou en France et non en Palestine étaient-ils antisémites ?

2-Les deux formes contemporaines de l’antisionisme

  • Un antisionisme qui ne reconnaît pas le fait national juif et l’État d’Israël

Cette forme d’antisionismeconsidère que les Juifs n’auraient rien à faire, en tant que peuple, en tant que nation et surtout en tant qu’État, dans ce qui était la Palestine historique. Cette forme d’antisionisme n’est évidemment pas acceptable.

Il est impossible, en effet, de nier l’existence d’une nation israélienne, d’un État israélien qui a été reconnu par l’ONU, il y a 70 ans, et qui a été le refuge de populations juives persécutées par les nazis, les régimes nationalistes ou les monarchies arabes, les régimes staliniens, les militaires éthiopiens …

  • Un antisionisme qui reconnaît le fait national juif et l’existence de l’État d’Israël

Cette forme d’antisionisme n’est pas celle du refus d’un État israélien, mais celle du refus d’un État supposant un « droit au retour » pour tous les Juifs du monde en Israël.

Ce « droit au retour » implique, de facto, l’impossibilité d’un « droit au retour » pour les Palestiniens expulsés de Palestine et pour leurs descendants, contrairement aux très nombreuses résolutions de l’ONU, notamment à la résolution 194 de son Assemblée générale, adoptée le 11 décembre 1948.

Pendant des décennies, l’État d’Israël a nié l’expulsion des Palestiniens des terres qu’ils occupaient en 1948, et affirmé que la Palestine était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». « Les nouveaux historiens israéliens », Benny Morris et Lian Pappe[1] en particulier, ont mis à mal ce mythe et établi que la guerre de 1948 avait provoqué l’expulsion de 800 000 Palestiniens d’Israël. 250 000 autres avaient, au mépris du droit international, été obligés de prendre le chemin de l’exil en 1967. En 2010, l’UNRWA (Office de l’Onu pour les réfugiés de Palestine) comptabilisait 4,7 millions de Palestiniens condamnés à l’exil.

Ce « droit au retour » de tous les Juifs, voulu par l’État d’Israël, implique également une colonisation continue des terres palestiniennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Ce n’est pas un hasard si Israël n’a pas de frontières définies : la colonisation les modifierait sans cesse.

En 2010, l’UNRWA (Office de l’ONU pour les réfugiés de Palestine) comptabilisait 4,7 millions de Palestiniens condamnés à l’exil.

Le grand historien israélien, spécialiste du fascisme, Zeev Sternhell, donnait son opinion sur cette question en écrivant, le 18 février 2018 dans une tribune du Monde[3] : « Pour les Smotrich[2], Shaked[3]et Zohar[4], un juif de Brooklyn qui n’a peut-être jamais mis les pieds sur cette terre en est le propriétaire légitime mais l’Arabe qui y est né, comme ses ancêtres avant lui, est un étranger dont la présence est acceptée uniquement par la volonté des juifs et de leur humanité. »

3-À qui profite la confusion entretenue entre ces deux formes d’antisionisme ?

La réponse est simple : au gouvernement dominé par la droite et l’extrême droite israéliennes de Benjamin Netanyahou,

Lorsque ce dernier remerciait Emmanuel Macron, le 16 juillet 2017, il précisait : « On ne peut pas dire : je n’ai rien contre les Juifs mais je ne veux pas que leur pays existe ». Tout le problème était dans la signification du mot « leur ». S’agissait-il d’un pays qui garantirait un retour pour tous les Juifs du monde, interdisant ainsi le retour des Palestiniens qui avaient été chassés ou s’agissait-il d’un pays qui accepterait l’existence d’un État palestinien indépendant et réellement viable ?

Si le Premier ministre israélien avait choisi la deuxième option, il aurait cherché à bénéficier de la neutralité (même très vigilante) d’une partie des antisionistes, ceux qui reconnaissent le fait national israélien et son droit à disposer d’un État. La confusion qu’il a soigneusement entretenue entre les deux formes d’antisionisme indique clairement que la solution qu’il retenait était celle du « droit au retour » de tous les Juifs du monde en Israël. Un « droit au retour » qui interdit l’existence d’un État palestinien indépendant et viable. Une solution parfaitement conforme, d’ailleurs, à la politique menée par tous les gouvernements que Benjamin Netanyahou a dirigés ou auxquels il a participé depuis 2002, l’année où il devint le ministre des Affaires étrangères d’Ariel Sharon.

  • Empêcher toute critique de la politique d’Israël

La confusion entre les deux formes d’antisionisme et leur assimilation à l’antisémitisme a une fonction précise : empêcher toute critique de la politique d’Israël.

Dominique Vidal, collaborateur du Monde diplomatiqueécrit dans Médiapart : « L’antisionisme critique l’idéologie sioniste selon laquelle les Juifs, inassimilables dans les pays où ils vivent, devraient être rassemblés dans un État qui leur soit propre. Il s’agit donc d’une opinion, qu’on peut approuver ou rejeter, mais qui ne saurait constituer un délit. » Il ajoute : « D’ailleurs, imagine-t-on les communistes demander l’interdiction de l’anticommunisme, les gaullistes celle de l’antigaullisme, les néolibéraux celle de l’altermondialisme ? »

Fallait-il renoncer à critiquer l’agression israélienne contre Gaza durant l’été 2014 ? D’un côté, 2 143 tués palestiniens dans la bande de Gaza, selon les chiffres du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. 70,3 % des Palestiniens tués sont des civils, dont 250 femmes et 480 enfants et adolescents de 10 jours à 17 ans, selon l’Unicef. De l’autre côté, 64 soldats israéliens ont été tués ainsi que 4 civils, dont un enfant de 4 ans. 375 civils palestiniens tués pour un civil israélien.

Fallait-il renoncer à critiquer la nomination d’un dirigeant d’extrême droite, Agvidor Liebermann, au poste de ministre de la Défense ? Un individu qui, selon Marianne (30/05/2016) considérait que la bombe nucléaire serait une solution lorsqu’il déclarait : « Nous devons combattre le Hamas comme les Etats-Unis ont combattu les Japonais. Les Américains ont vaincu le Japon sans invasion terrestre, rendant une occupation militaire absolument superflue. »

Zeev Sternhell devait-il se taire ou critiquer la politique d’Israël, pour tenter d’éviter sa dérive vers un régime d’apartheid, comme il l’a fait dans sa tribune du Monde, le 20 février 2018 ?  Il a choisi de ne pas se taire et de critiquer la politique israélienne. Qui oserait, cependant,  prétendre que ce grand historien, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem, est un antisémite ?

4-Ne pas banaliser l’antisémitisme

Pascal Boniface écrit[2] : « Il y a des antisémites qui s’opposent à Israël, c’est-à-dire des gens qui s’opposent systématiquement à Israël parce que – et uniquement parce que – c’est un État juif. Il ne faut pas nier l’antisémitisme. Il faut le combattre encore et toujours parce qu’il n’a pas disparu. Mais il ne faut pas non plus l’instrumentaliser ». D’autant, ajoute-t-il, que cette instrumentalisation est dangereuse car elle « revient à banaliser l’antisémitisme. Si tout le monde est antisémite, alors personne ne l’est ».

Pierre Vidal-Naquet, l’historien qui a été le fer de la lutte contre le négationnisme, contre ceux qui « assassinent la mémoire » en niant la réalité du génocide juif pendant la Seconde Guerre mondiale écrivait, en 1995 : « Si une pierre jetée par un garçon ou une fille des territoires occupées (…), si même une bombe jetée sur un bus par un terroriste palestinien est la continuation du génocide, le résultat immanquable de ce type d’affirmation est que certains de ceux qui estiment que les Palestiniens ont de bonnes raisons de se rebeller penseront tout naturellement que la Shoah elle-même n’a pas été la terrifiante tragédie que nous connaissons.[5]»

 

5-La gauche, l’antisémitisme et l’antisionisme en France

  • L’antisémitisme ne fait plus, depuis l’Affaire Dreyfus, partie du programme de la gauche

Depuis la bataille menée par Jean Jaurès, l’antisémitisme est désormais clairement classé à droite et à l’extrême-droite. L’antisémitisme n’est plus considéré comme le « socialisme des imbéciles » (selon la formule du président de la IIème Internationale, August Bebel), mais comme le masque de la droite, de l’extrême droite, du capitalisme catholique.

L’antisémitisme, à gauche, ne sera plus repris que par des groupes marginaux, tels les partisans de Georges Sorel, l’auteur de Réflexions sur la violence.

Cependant, dans les années 1930, la SFIO sera divisée entre sa majorité, dirigée par Léon Blum, et une minorité de pacifistes qui renoue avec l’antisémitisme en même temps qu’elle dénonce le « bellicisme » de Léon Blum, accusé de vouloir précipiter la France dans une guerre contre Hitler dans le seul but d’aider les Juifs allemands.

  • Les procès antisémites en URSS et dans le « bloc de l’Est » avant la chute du mur de Berlin

Lors du « procès Slansky » dans la Tchécoslovaquie de 1952, 11 des accusés sur 14 étaient Juifs. La très grande majorité de ceux qui ont été condamnés l’étaient également, notamment l’ancien secrétaire général du parti communiste tchécoslovaque, Rudolf Slansky.

Comme l’a montré la suite de l’histoire et le récit de d’Arthur London, l’un des rares accusés à avoir été gracié, le procès contre ces « trotskistes-sionistes-titistes », était été monté de toutes pièces et les aveux arrachés par la torture et le chantage. Le film de Costa-Gavras, L’Aveu (1970), avec Yves Montand et Simone Signoret en rend lumineusement compte.

La dénonciation d’un « complot des blouses blanches » dans l’URSS stalinienne entraîna l’arrestation de plusieurs centaines de Juifs, médecins et pharmaciens. La mort de Joseph Staline, le 1ermars 1953, leur permit d’avoir la vie sauve et d’être réhabilités.

Dans un cas comme dans l’autre, les responsables de ces attaques antisémites étaient la bureaucratie stalinienne qui avait réussi sa contre-révolution à la fin des années 1920 en URSS et liquidé les acquis démocratiques de la révolution d’Octobre 1917. Cette caste bureaucratique n’était pas de gauche. Elle n’eut d’ailleurs aucune difficulté, après l’éclatement de l’URSS, à se transformer en un classe de capitalistes dirigeant la Russie. L’ancien officier du KGB, Vladimir Poutine, en est un parfait exemple.

En dehors du bloc de l’Est, les partis de gauche qui, tels le PCF, avait soutenu les accusations portées contre les accusés de ce procès et de ce « complot » ont tous reconnu, depuis, qu’ils avaient fait là une terrible erreur.

  • La question du négationnisme

Certains des négationnistes (ceux qui nient l’existence de la Shoah, de l’existence des chambres à gaz dans les camps d’extermination nazi) étaient au départ des militants de gauche ou d’extrême gauche.

Paul Rassinier fut communiste, socialiste, résistant, déporté à Buchenwald. Serge Thion fut militant du PSU. Roger Garaudy fut un dirigeant important du PCF. Alain Soral fut adhérent du PCF pendant un peu plus de trois ans.

Mais ils avaient coupé tout lien avec le Parti socialiste, le Parti communiste ou le PSU quand ils se mirent à développer leur théorie négationniste. Robert Faurisson fut soutenu par la Vieille Taupe mais c’était une secte de l’ultragauche, totalement marginale et comptant au plus une vingtaine de militants que son soutien au négationnisme fit rapidement passer du côté de l’extrême droite.

Le chef d’orchestre des négationnistes fut, en fait, un homme d’extrême droite, Maurice Bardèche. Il en avait été, en France, leur précurseur lorsqu’il publia en 1948 Nuremberg ou la terre promise. Il dirigeait une revue néo-nazie Défense de l’Occident, dans laquelle il donnait la parole aux négationnistes venus de la gauche mais surtout aux négationnistes d’extrême droite : lui-même, Richard Harwood, Ties Christophersen, François Duprat…. Il sut parfaitement instrumentaliser Paul Rassinier et son livre Le mensonge d’Ulysse ainsi que les autres négationnistes venus de la gauche. Il édita leurs écrits et fit en sorte que ce soit les groupes d’extrême droite et leurs organes de presse qui se chargent de faire leur publicité et de les utiliser à leurs fins.

Les négationnistes venus de la gauche, n’avaient plus rien à voir avec la gauche ou l’extrême gauche. 

  • Les mobilisations en défense des Palestiniens

Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherche au CNRS, constatait en 2009 : « L’hypothèse d’une « nouvelle judéophobie » qui permettrait un retour de l’antisémitisme sous couvert de critique de la politique israélienne, et qui traduirait un déplacement de l’antisémitisme de l’extrême droite vers l’extrême gauche, est invalidée également par les travaux scientifiques. Ces derniers montrent en effet que, dans les opinions d’extrême droite, on observe bien une conjonction ou un amalgame entre antisémitisme et anti-israélisme, mais que c’est le contraire dans les opinions de gauche et d’extrême gauche : les plus hostiles à la politique de l’Etat d’Israël sont souvent en même temps les moins antisémites.[4]»

Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Israéliens et Palestiniens organisait une série de manifestations, notamment à Paris le 23 juillet 2014, qui ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes. Ce collectif réunissait de nombreuses organisations de gauche (dont 33 députés socialistes), antiracistes ou de défense des Palestiniens (dont l’Union des Juifs français pour la paix). Toutes ces organisations se s’étaient prononcées pour la création de deux États indépendants et viables : un État israélien et un État palestinien Ces organisations s’opposaient à l’agression israélienne contre la population de Gaza, mais aucune d’entre elles ne remettait en cause l’existence d’un État israélien.

6-Antisémitisme et antisionisme dans la jeunesse des quartiers populaires

Le soutien de ces jeunes Français à la cause palestinienne ne serait pas, pour certains, politique mais « religieux », « culturel » ou « communautariste », ces jeunes ne pouvant accéder à la pensée politique.

Le soutien au peuple palestinien n’est pas une nouveauté. Le début de la décennie 1970 avait vu son développement dans l’immigration. Les « Comités de soutien à la résistance palestinienne » alors créés, étendirent rapidement leur lutte à celle contre le racisme en France et liaient, ainsi, la défense des travailleurs immigrés et celle des Palestiniens.

Les jeunes des quartiers populaires comprennent aisément les similitudes, même si elles sont d’un autre degré, entre les discriminations qu’ils subissent et celles dont souffrent les Palestiniens. Ils comprennent aussi, intimement, ce que peut signifier la colonisation infligée aux Palestiniens car chacune de leurs familles continue à en porter la douloureuse mémoire.

Le rapport « Un refus croissant de l’autre[5] », rédigé par d’éminents chercheurs, notamment Nonna Mayer et Vincent Tiberj, considère cependant que « le rejet des Juifs est plus structuré par les stéréotypes classiques du pouvoir, de l’argent, l’accusation de communautarisme que par les perceptions d’Israël » Un antisémitisme qui a donc moins à voir avec la politique d’Israël qu’avec Charles Maurras, Edouard Drumont ou certains fondateurs du Front national.

Tous ces gens-là ayant, eux-mêmes, beaucoup plus à voir avec l’extrême droite nationaliste israélienne qu’avec la cause de ces jeunes prolétaires exploités des quartiers populaires de notre pays. Des jeunes prolétaires dont les conditions de travail et de vie ne sont guère éloignées de celles de certains Juifs salariés et pauvres d’Israël, exploités eux aussi par le capitalisme, comme les autres salariés du monde entier.

 

III- La dangereuse articulation des racismes

Lors de la manifestation « Jours de colère » le 26 janvier 2014, l’alliance entre les racismes, s’était affichée sans la moindre retenue. Les partisans de Dieudonné et de ses provocations antisémites défilaient aux côtés d’une ultra-droite identitaire qui hurlait (entre autres slogans) « Najat à la batte », « Taubira casse-toi » mais aussi « Israël hors d’Europe », « Faurisson a raison, la Shoah c’est bidon ».

A Varsovie, lors des manifestations de novembre 2017 contre les quotas de réfugiés de l’Union européenne, une banderole fixée sous l’un des ponts de la ville, faisait une ignoble synthèse entre l’antijudaïsme religieux, l’antisémitisme et le racisme anti-musulmans : « Priez pour un holocauste musulman » ! Les Tsiganes n’étaient, bien sûr, pas oubliés dans ce sinistre paysage raciste.

« Ceux qui dénoncent les actes antisémites (…) mais ne disent rien des exactions anti-arabes portent une part de responsabilité dans la communautarisation des esprits et dans le renforcement de l’antisémitisme, car ce n’est pas le racisme, quel qu’il soit et d’où qu’il vienne, qu’ils combattent, mais uniquement le racisme de l’autre », affirmait, en 2003, Michel Warscharsky (6)

Le professeur de philosophie de Frantz Fanon à Fort-de-France avertissait ses élèves martiniquais : «  Quand vous entendez dire du mal des Juifs, dressez l’oreille, on parle de vous. » La réciproque est vraie, quand on dit du mal d’un Martiniquais ou d’un Maghrébin, c’est aussi des Juifs dont on dit du mal.

L’antisémitisme doit être fermement combattu partout, et par toutes et tous. Les combats antiracistes, cependant, ne se hiérarchisent pas. Les statistiques des violences racistes, recensées depuis des années par la Commission nationale consultative des droits de l’homme, indiquent, d’ailleurs, une progression et une régression simultanées des actes de violences racistes, anti-juifs et anti-maghrébins.

 

 


[1] Lian Pappe « Le nettoyage ethnique de la Palestine » Fayard – 2004.

[2] « Est-il possible de critiquer  Israël ? » – Éditions Robert Laffont – 2003.

[3]  Zeev Sternhell : « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts » – Le Monde 18/02/2018.

[4] Laurent Mucchielli « Le pseudo retour de l’antisémitisme : un rituel du diner annuel du CRIF » – Rue 89 – 06/03/2009

[5] « Un refus croissant de l’autre » – In « La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobieAnnée 2013 ». Commission nationale consultative des droits de l’homme – La Documentation française – 03/2014.

[6] Michel Warscharsky – « Antisémitisme » – Mai 2003 – Site de la LDH de Toulon.

 


[1]Michel Dreyfus L’antisémitisme à gauche. Histoire d’un paradoxe- Ed La Découverte – 2009.

[2]Bezahel Smotrich, élu à la Knesset, membre du «  Foyer juif », une organisation religieuse, d’extrême-droite participant au gouvernement de Benjamin Netayahu.

[3]Ayet Shaked, membre du «foyer juif », ministre de la Justice du gouvernement Netanyahou.

[4]Miki Zohar – Élu du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahou, à la Knesset.

[5]Pierre Vidal-Naquet : Réflexions sur le génocide. Les juifs, la mémoire et le présent. Qui sont les assassins de la mémoire ? La Découverte 1995.

 

 

in « Manifeste contre le racisme et l’antisémitisme » G Filoche avril 2018

Appel des 500 pour l’unité de la gauche aux Européennes : 1 seule liste de gauche, pas 7 ! signez…

 

1 seule liste de gauche, pas 7 !

 

Face à l’éparpillement de la gauche lors des prochaines élections (européennes), l’aspiration à l’unité est croissante. Nous reproduisons ci-dessous le texte d’une pétition à retrouver et signer sur change.org. Parmi les premiers signataires des syndicalistes et des responsables politiques de différentes sensibilités de la gauche.

Européennes : 1 seule liste de gauche, pas 7 !

La mobilisation des Gilets jaunes s’ajoute à celles de centaines de milliers de salariés contre la loi Travail et la réforme de la SNCF. Elle s’ajoute aux luttes dans les hôpitaux, l’enseignement, les entreprises privées, aux luttes des salariés « ubérisés », aux mobilisations des retraités et aux marches pour le climat. Tout cela prépare les conditions d’une mobilisation sociale généralisée.

Macron s’entête et reste sourd pour défendre sa « France start-up », bloquer les salaires, les retraites et nourrir les dividendes. Pire, il entend accélérer sa politique au profit des plus riches. Son « grand débat » n’est là que pour lui servir de tribune en vue des élections européennes.

Une défaite de la gauche aux prochaines élections permettrait à Macron d’imposer plus facilement les lois extrêmement dangereuses qu’il prépare. Ces lois s’attaqueront aux retraites, aux chômeurs, à la Fonction publique.

Il ne faut céder sur aucun terrain à la droite et à l’extrême droite : ni sur le terrain de la mobilisation sociale et démocratique, ni sur le terrain électoral.

Il faut une liste de gauche et pas 7 ! Une convergence est possible si on écoute les militants et électeurs. 4-5 questions-clés sur le social, la fiscalité, l’écologie, la démocratie, la citoyenneté peuvent unifier.

Pour gagner, une seule liste de gauche est indispensable. Il y a urgence !

Signons cet appel : « Européennes : 1 seule liste de gauche, pas 7« , participons à des comités locaux unitaires. Sollicitons et discutons avec tous les mouvements et partis de gauche pour une liste unitaire de toute la gauche.

 

Parmi les premiers signataires :

Paul Alliès – professeur émérite université de Montpellier, Guillaume Balas – député européen, Génération.s, Philippe Batoux – ancien maire de Mérindol (84), Gérard Berthiot, ancien premier vice-président de la région Champagne-Ardenne, Jean-Claude Branchereau – syndicaliste, Patrick Brody – syndicaliste, Michel Cahen – directeur de recherche CNRS, Bordeaux, Jean-Jacques Chavigné (80), syndicaliste, cadre de banque retraité, Pierre Cheret – Conseiller régional Nouvelle Aquitaine, Fethi Chouder – adjt au maire d’Aubervilliers (93), Jean-François Claudon – syndicaliste enseignant, Tuncay Cilgi – syndicaliste, Anne De Haro – syndicaliste, Michel Descormes – adjoint au maire de St Valier (26), Gilles Desseigne – syndicaliste, Michelle Ernis – conseillère municipale Ensemble !, Saint Etienne du Rouvray (76), Sybille Fasso – adjointe au maire de Paris 10èmeGérard Filoche (75), Gauche démocratique et sociale (GDS), Christakis Georgiou, chercheur en études européennes, Université de Genève, Christian Gourdet (95) – syndicaliste, ouvrier du Livre retraité, Anne Hessel – Nouvelle Donne, Jean-Yves Lalanne – maire de Billère (64), Patrick Leborgne- ancien premier fédéral PS (35), Frédéric Lutaud – ancien membre du BN du PS (motion Hessel), Raymond Macherel - chargé de distribution cinéma, Philippe Marlière – politiste, Georges Martel – ancien responsable socialiste, secteur entreprises, Cap à gauche 19, Carine Ménage – conseillère régionale pays de la Loire (72), Bernard Motto-Ros syndicaliste (42),  Franck Noury – conseiller municipal de Nantes (44), Michel Reydon – Maire de Vialas Lozère (48), Denis Robert - écrivain, Patrice Siard – secrétaire de République et Socialisme, Catherine Touchefeu – 1ere Vice Présidente du département de Loire Atlantique, Eric Thouzeau – conseiller régional Pays de la Loire (44), Stéphane Valette – conseiller municipal d’opposition, St Chamond (42)

 

Sur change.org : « Européenne : 1 seule liste de gauche, pas 7″